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  • il y a 5 mois
La rencontre histoire coloniale sur l'histoire et la situation en Kanaky - Nouvelle Calédonie en intégral

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Éducation
Transcription
00:00:05– Bonsoir à tous, bienvenue sur le débat d'Histoire coloniale.
00:00:12Aujourd'hui nous allons débattre avec Pierre-Yves Boquet,
00:00:17suite à son article qu'il a publié sur le site d'Histoire coloniale,
00:00:21qui s'appelle « De Nouméa à Bougival, l'interminable fin de l'histoire coloniale française,
00:00:26bilan critique de la politique française en Canakie-Nouvelle-Calédonie ».
00:00:30Dans cet article il remet en avant l'esprit décolonisateur de l'accord de Nouméa.
00:00:35Aujourd'hui la Calédonie est dans l'actualité,
00:00:38puisque l'Assemblée nationale est en cours de débat après le Sénat
00:00:42sur le dernier projet de loi constitutionnel suite à l'accord de Bougival
00:00:48et complété par Élisée Oudino.
00:00:54Donc on est en plein dans l'actualité et donc il n'est pas inintéressant
00:00:58de revenir avec Pierre-Yves sur cette histoire.
00:01:01Donc moi je suis Isabelle Leblic, anthropologue spécialiste de la Nouvelle-Calédonie
00:01:05depuis de nombreuses années et qui suit cette actualité de très près depuis très longtemps.
00:01:12– Merci Isabelle, bonsoir à tous.
00:01:15Donc moi-même je suis Pierre-Yves Boquet,
00:01:18je suis actuellement directeur adjoint de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.
00:01:23À la base je suis inspecteur général des affaires sociales.
00:01:27J'ai divergé à partir d'un certain moment sur des questions notamment mémorielles.
00:01:36J'ai été conseiller mémoire de François Hollande pendant un peu plus de trois ans,
00:01:42entre 2014 et 2017.
00:01:43Et cet article, je l'ai écrit du point de vue de quelqu'un qui regarde l'histoire de France,
00:01:52j'allais dire avec une très large focale,
00:01:55qui est très intéressée par l'histoire coloniale.
00:01:59À la Fondation pour la mémoire de l'esclavage,
00:02:00on n'est plus particulièrement intéressé par l'histoire du premier empire colonial français,
00:02:06mais on traite aussi des héritages de cette histoire.
00:02:11Et j'ai été très intéressé en fait en découvrant,
00:02:16et le fait que je le découvre montre sans doute que ce texte n'est pas suffisamment connu,
00:02:22l'accord de Nouméa de 1998, que je connaissais bien sûr,
00:02:26mais dont je n'avais jamais lu le texte, et notamment pas le préambule.
00:02:29Et ce que j'y ai lu m'a semblé dire des choses très importantes en fait pour la France
00:02:37toute entière.
00:02:38Elle dit des choses très importantes et elle pose des principes et des mécanismes très importants
00:02:44pour la Canecie Nouvelle-Calédonie elle-même, naturellement.
00:02:47Mais il dit aussi des choses plus fondamentales en fait sur ce qu'est la colonisation,
00:02:53ce qu'est le rapport d'un pays colonisateur
00:02:55vis-à-vis d'une population d'origine qu'il a subjuguée.
00:03:01Et tout ça dans un texte qui est un texte qui a une nature constitutionnelle,
00:03:08puisqu'il a été inscrit dans le bloc de constitutionnalité,
00:03:13donc dans les textes qui sont de même niveau que la constitution française,
00:03:18par la révision constitutionnelle de 1998-1999.
00:03:24Et donc tout ce qui est écrit, y compris ce qui est écrit dans le préambule,
00:03:30appartient à notre constitution.
00:03:31Et on y reviendra sans doute, mais ce préambule, ce texte dit des choses très importantes
00:03:38et qu'il est bien de connaître, dont il est bien de se rappeler,
00:03:41alors que les questions coloniales aujourd'hui font l'objet de polémiques incessantes
00:03:47et que le spectre du colonial plane sur la France et que notre pays a bien du mal à s
00:03:54'en défaire.
00:03:55Oui, alors justement, ça fait quand même par l'histoire de la Nouvelle-Calédonie
00:04:01qui est arrivée brutalement dans notre histoire de France par les événements de 1984,
00:04:05quand les canacs indépendantistes ont refusé un énième statut qu'on leur proposait alors,
00:04:10qui était celui de M. Lemoyne,
00:04:14alors que le candidat Mitterrand avait promis au canac indépendantiste
00:04:20que lui, président, il donnerait l'indépendance.
00:04:24Donc cette actualité qui revient, l'actualité de la Nouvelle-Calédonie revient sans cesse
00:04:28au gré des projets de loi, des statuts qui font un pas en avant, deux pas en arrière.
00:04:34C'est toujours un peu la même histoire malheureusement.
00:04:36Et aujourd'hui, on peut constater qu'avec l'actualité sur l'accord de Bougival complété par Élisée Oudino,
00:04:44qu'on est dans les pas en arrière.
00:04:46Et c'est aussi l'intérêt de votre texte, c'est de rappeler ce qui était dans l'accord de
00:04:52Nouméa
00:04:52et qui aurait pu déboucher sur quelque chose de bien plus avancé que ce qu'on a aujourd'hui.
00:04:59Et ce qui m'a frappé le plus dans l'accord de Nouméa,
00:05:03c'est qu'il a répondu pour moi à une question que je me posais depuis très longtemps
00:05:08et à laquelle j'avais du mal à répondre en tant que fonctionnaire d'État de la République française.
00:05:16Donc soumis dans l'expression sur les choses de l'État.
00:05:23Et quand on parle du lien entre l'État et certains de ses territoires,
00:05:26on est vraiment sur la base de ça.
00:05:30La question que je me posais et à laquelle je n'avais pas vraiment de réponse rigoureuse,
00:05:36c'était quand est-ce que s'arrête l'histoire coloniale française ?
00:05:41Et quand on pose la question, certains disent 1962, l'indépendance de l'Algérie,
00:05:46oui mais Djibouti, les Comores, ça vient après.
00:05:50D'autres disent mais elle n'est pas terminée parce que les départements d'outre-mer,
00:05:54les collectivités d'outre-mer sont toujours des colonies et on peut,
00:05:59quand on est militant, adopter un discours comme ça.
00:06:02Mais rigoureusement, du point de vue de l'État, qu'est-ce qu'on peut répondre à cette question-là
00:06:06?
00:06:07Et s'agissant de la Kanaki Nouvelle-Calédonie, l'accord de Nouméa apporte une réponse
00:06:11qui vaut encore jusqu'à aujourd'hui parce que dans le préambule de cet accord,
00:06:16il est dit que le processus qui suit les accords de Matignon de 1988,
00:06:22c'est un processus de décolonisation.
00:06:25C'est écrit dans le texte.
00:06:26Ça veut dire que l'État, et l'État à l'époque c'était le Premier ministre,
00:06:31Lionel Jospin, c'était aussi le président de la République
00:06:33qui était d'un autre bord politique, Jacques Chirac,
00:06:36ont accepté de mettre dans la Constitution une affirmation
00:06:41selon laquelle il y avait en France, en 1998, un territoire à décoloniser.
00:06:47Et on ne décolonise pas autre chose qu'une colonie.
00:06:50Et comme l'accord de Nouméa s'applique toujours aujourd'hui,
00:06:55on peut en toute rigueur dire que l'histoire coloniale française n'est pas terminée.
00:07:00Et quand on regarde l'économie de cet accord,
00:07:06il est assez étrange parce qu'il dit
00:07:10il permet deux choses en même temps.
00:07:13Il trace une voie vers l'indépendance,
00:07:17c'est l'issue logique qu'on a en tête
00:07:20quand on parle de décolonisation,
00:07:23mais il autorise d'autres voies à l'intérieur de la République.
00:07:28Et c'est là ce que dans l'article je dis,
00:07:34c'est le chat de Schrödinger qui se cache dans cet accord
00:07:37parce qu'il est à la fois un accord de décolonisation
00:07:40et un accord d'affirmation de l'appartenance de la Nouvelle-Calédonie à la République française.
00:07:48Il dit les deux choses en même temps.
00:07:50Et pourquoi j'ai trouvé ça fascinant ?
00:07:54C'est parce que cette ambiguïté, elle a longtemps été féconde.
00:07:58Parce qu'elle a permis à deux groupes qui étaient opposés
00:08:01et qui ont failli être entraînés dans une guerre civile mortifère
00:08:07à la fin des années 80, avec des morts nombreux entre 84 et 88,
00:08:13elle leur a permis de cheminer sur le même chemin
00:08:15en allant dans la même direction,
00:08:19ou en tout cas en allant parallèlement,
00:08:21mais vers des buts différents.
00:08:23Alors on se dit c'est absurde, c'est pas possible.
00:08:26Et cette absurdité-là est en fait, je trouve,
00:08:30la sagesse des rédacteurs
00:08:31qui a permis de remettre de la paix civile
00:08:37et de recréer les conditions d'un futur dans ce territoire
00:08:43avec une énorme ambiguïté
00:08:44qui est que si on peut aller à deux buts différents
00:08:49antithétiques sur le même chemin,
00:08:51à un moment, il faudra choisir.
00:08:54Et qu'est-ce qui se passera si on doit choisir ?
00:08:56C'est-à-dire si le chat de Schrödinger
00:08:58doit sortir de sa zone d'indétermination
00:09:00et doit devenir vivant ou mort.
00:09:03Et cette mécanique extrêmement subtile,
00:09:12en fait, elle ne fonctionne que si on a des acteurs
00:09:15qui maîtrisent cette ambiguïté
00:09:18et qui en usent à des fins de concorde générale.
00:09:24Si on a des acteurs qui ne jouent plus le jeu,
00:09:27qui ne sont plus loyaux à l'esprit
00:09:29de ce texte très particulier,
00:09:31alors à ce moment-là,
00:09:33il y a des subtilités qui disparaissent
00:09:35et il y a des consensus qui reposaient
00:09:39sur ces subtilités,
00:09:40voire sur ces contradictions qui disparaissent.
00:09:43Et le risque, c'est que le tissu du territoire se déchire.
00:09:46Et c'est ce qu'on a vu,
00:09:49c'est ce qui s'est passé en 2024
00:09:52où il s'est déchiré dans le sang
00:09:55et avec des dégâts considérables pour le territoire.
00:10:01Oui, parce que ce qu'on peut reprocher à cet accord de Nouméa,
00:10:06c'est justement que, comme vous le dites,
00:10:08il y avait les deux choses incluses dans l'accord.
00:10:11Et que donc, en fait, de mon point de vue à moi,
00:10:15si les indépendantistes, les Canaques ont joué le jeu de l'accord,
00:10:19du destin commun pour arriver à construire le pays
00:10:23et arriver à convaincre de la nécessité de l'indépendance
00:10:27à travers les trois référendums,
00:10:29de l'autre côté, ce qu'on appelle en Calédonie les loyalistes,
00:10:32c'est-à-dire les anti-indépendantistes,
00:10:33n'ont pas du tout joué le jeu.
00:10:35C'est-à-dire, eux, ils se sont dit,
00:10:36bon, on a 20 ans devant nous
00:10:40pour continuer à faire nos petites affaires,
00:10:42pour faire prospérer nos entreprises, etc.
00:10:46Et puis, de toute façon,
00:10:49l'indépendance ne passera jamais
00:10:50et donc, on est tranquille.
00:10:52Et ce qui a permis, moi, c'est ce que j'appelle
00:10:54la recolonisation de la Nouvelle-Calédonie, finalement,
00:10:56ce temps de paix.
00:10:57Parce que, quand je suis revenue en Calédonie en 2019,
00:11:00après un long moment d'absence,
00:11:01j'ai constaté qu'on était revenu très en arrière
00:11:04par rapport à la situation, justement, de 1998,
00:11:07où il y avait eu la signature de l'accord de Nouéa
00:11:10et où les camps étaient très tranchés.
00:11:14Le racisme était anti-canat
00:11:16qui s'était redéveloppé très fortement.
00:11:19J'ai assisté à une réunion au Congrès
00:11:21avec des entrepreneurs de Nouvelle-Calédonie
00:11:23qui disaient ouvertement,
00:11:25nous, on préfère faire venir
00:11:28des diplômés de France
00:11:29pour voir aux postes qu'on a à offrir
00:11:31en leur payant le voyage
00:11:32plutôt que d'engager localement
00:11:34et notamment des canaques
00:11:35parce qu'on ne peut pas compter sur eux.
00:11:36Donc, c'était dit publiquement, ouvertement.
00:11:39Et donc, ce résultat était, entre guillemets,
00:11:45un peu prévisible parce qu'on n'a jamais pu faire confiance,
00:11:48finalement, aux anti-indépendantistes en Calédonie
00:11:52pour essayer de rentrer dans cet accord
00:11:56et en faire quelque chose qui mène le pied à l'indépendance.
00:11:59Parce que si on regarde bien,
00:12:00l'indépendance, c'est l'intérêt de tout le monde
00:12:02en Nouvelle-Calédonie.
00:12:03Parce que tous les gens qui sont installés
00:12:04en Nouvelle-Calédonie,
00:12:05ce qu'on appelle les quatre doges,
00:12:06c'est-à-dire les descendants des Bagnards et autres
00:12:09qui sont installés depuis très longtemps en Calédonie,
00:12:13la France, pour eux, c'est quelque chose
00:12:15de très lointain, quasiment inexistant.
00:12:18Eux, leur pays, c'est la Calédonie.
00:12:20Donc, il y a beaucoup de gens localement
00:12:22qui voudraient construire leur pays correctement.
00:12:26Donc, l'esprit des colonisateurs
00:12:28de l'accord de Nouméa
00:12:30est quelque chose qui a toujours été
00:12:32un peu sujet à caution
00:12:37quand on regarde en tant qu'anticolonialiste secte à corps.
00:12:41Et malheureusement, l'histoire nous l'a montré.
00:12:45Je pense qu'il y a trois acteurs dans ce jeu-là.
00:12:49Il y a les deux acteurs locaux.
00:12:51Et d'ailleurs, les choses ne sont pas si tranchées que ça
00:12:54parce qu'il y a des nuances.
00:12:55On le voit d'ailleurs autour de Bougival.
00:12:57Il y a une gradation de position.
00:13:00Et à côté des canaques, il y a par ailleurs
00:13:03les autres communautés océaniennes
00:13:06qui vivent là.
00:13:08Mais il y a les acteurs locaux.
00:13:09Et puis, il y a l'État.
00:13:11Et l'État, dans l'esprit initial de Nouméa,
00:13:15devait être neutre.
00:13:17Et cette neutralité, elle est très intéressante
00:13:22parce qu'elle amène,
00:13:26dans un contexte de décolonisation,
00:13:29ça pose théoriquement l'État français
00:13:32comme un tiers qui se considérerait lui-même,
00:13:38parce que c'est lui le colonisateur,
00:13:41et en train de préparer la fin de ce statut.
00:13:47C'est quelque chose qui est très difficile
00:13:50pour un État de, un, dans le monde contemporain,
00:13:57s'entendre dire qu'il est colonisateur aujourd'hui.
00:13:59Et ce qui me frappe, c'est que ce qui a été dit
00:14:02dans les accords de Nouméa n'est plus dit aujourd'hui.
00:14:04L'a été un tout petit peu quand Manuel Vasse
00:14:08est redevenu ministre des Outre-mer.
00:14:10Il a redit que le processus en route
00:14:12était un processus de décolonisation.
00:14:16Mais avant et après, le mot est rarement utilisé,
00:14:21voire pas du tout dans les débats parlementaires de 2024,
00:14:25du côté de l'État.
00:14:28Donc il y a un oubli de ce statut.
00:14:32Et quand on oublie ce statut,
00:14:35on considère les choses à ce moment-là
00:14:37à l'intérieur du cadre de la République.
00:14:40Et tout à coup, quand on fait ça, comme ça,
00:14:43tous les mécanismes se rigidifient.
00:14:48Parce qu'il y a ce principe d'indivisibilité de la République,
00:14:52l'égalité, etc.
00:14:53C'est les arguments qui ont été employés.
00:14:57Mais ces arguments-là,
00:14:59c'est ce que j'explique à un moment dans le papier.
00:15:03Quand on est un État colonisateur,
00:15:06affirmer la liberté et l'égalité
00:15:08à l'intérieur du cadre de l'État colonial,
00:15:12c'est en fait nier les droits distincts
00:15:16de ceux de l'État du peuple premier.
00:15:19Et c'est ce que cette distinction,
00:15:24elle est très explicitement posée
00:15:26dans le préambule de l'accord de Nouméa.
00:15:29D'ailleurs, sur la prise de possession du territoire,
00:15:33dans le premier paragraphe du préambule,
00:15:35l'accord de Nouméa, il dit,
00:15:37oui, il y a eu un accord,
00:15:39mais cet accord, en fait, il était unilatéral.
00:15:42Donc on le prive de...
00:15:44Enfin, le préambule lui-même
00:15:47prive la prise de possession du territoire
00:15:49de la base juridique
00:15:51qu'on lui a toujours donnée jusqu'à présent.
00:15:53Donc il y a eu cet effort de reconnaissance
00:15:55qu'a fait l'État à la fin des années 90
00:15:58au terme d'un processus de 10 ans
00:16:00après les événements de 1988,
00:16:03qui a été un peu oublié.
00:16:05Et cet oubli,
00:16:07je l'associe dans l'article
00:16:09à la difficulté qu'on voit progresser
00:16:12dans la France d'aujourd'hui
00:16:14à aborder les questions coloniales.
00:16:16Quand on considère la façon
00:16:18dont on traite le sujet
00:16:20de la Kanakie Nouvelle-Calédonie aujourd'hui,
00:16:23on peut dire qu'il y a une régression
00:16:26dans la perception que la France d'ici,
00:16:29la France hexagonale,
00:16:31a de ce sujet-là
00:16:32par rapport à ce qu'elle a su dire
00:16:34par les plus hautes autorités de l'État
00:16:36dans le préambule de Nouméa.
00:16:38Et si on oublie cette réalité-là,
00:16:40avec toutes les conséquences que ça a,
00:16:42et la nécessité de penser
00:16:44des cadres juridiques particuliers,
00:16:46à ce moment-là,
00:16:47on revient à une norme
00:16:50de l'État centralisé,
00:16:55uniforme, etc.,
00:16:56qui écrase en fait
00:16:58les droits du peuple d'origine
00:17:01qui lui avait été reconnu
00:17:02dans l'accord de Nouméa.
00:17:05Et la situation dans laquelle
00:17:06on est là,
00:17:09à mon sens,
00:17:10elle illustre
00:17:11cette difficulté
00:17:14qu'ont aujourd'hui
00:17:16les Français
00:17:16et les responsables français
00:17:18d'aujourd'hui
00:17:19de percevoir
00:17:21ce que ça veut dire
00:17:23que d'être encore
00:17:24un État colonial aujourd'hui
00:17:25et ce que ça impose
00:17:29à l'État,
00:17:30à la République,
00:17:31de sortir de ce statut.
00:17:33Oui, d'ailleurs,
00:17:35c'était important
00:17:36de revenir effectivement
00:17:37sur le troisième partenaire
00:17:38qu'est l'État
00:17:38et sur son rôle impartial
00:17:41qu'il devait jouer
00:17:42face aux deux protagonistes
00:17:44qui étaient les indépendantistes
00:17:45et les non-indépendantistes.
00:17:47Le problème,
00:17:47c'est que depuis 2021,
00:17:49l'État est complètement sorti
00:17:50de son rôle d'impartialité.
00:17:52Déjà,
00:17:53en avançant d'un an,
00:17:54la date du troisième référendum
00:17:55contre l'avis des indépendantistes,
00:17:57puisque le premier référendum
00:17:59avait eu lieu en 2018
00:18:00avec 43,6%, 7%,
00:18:04je ne me rappelle plus exactement,
00:18:05de voix de oui
00:18:06pour l'indépendance.
00:18:07Le deuxième,
00:18:08deux ans après,
00:18:09avait progressé de trois points,
00:18:10était arrivé à 47 et quelques.
00:18:12Et donc, logiquement,
00:18:14deux ans après,
00:18:15on serait arrivé,
00:18:16on aurait dépassé les 50%.
00:18:18Et donc,
00:18:19il y a eu volonté,
00:18:20d'une part,
00:18:20d'avancer le référendum d'un an
00:18:23pour éviter que les nouveaux inscrits
00:18:24qui, en majorité,
00:18:26on peut supposer,
00:18:26sont très favorables
00:18:27à l'indépendance
00:18:28parce qu'ils veulent prendre en main
00:18:29leur avenir,
00:18:30leur destin
00:18:30et administrer eux-mêmes
00:18:32leur propre pays.
00:18:35Cette avancée en plein deuil canaque,
00:18:38c'est-à-dire en pleine période de Covid
00:18:39en Nouvelle-Calédonie,
00:18:41dont la population canaque
00:18:43a fait les frais en première ligne,
00:18:47il y a eu beaucoup de morts.
00:18:48Et quand on sait ce que c'est
00:18:49qu'un deuil en pays canaque
00:18:50et ce que ça signifie,
00:18:52c'était pour eux inconcevable
00:18:54de participer à ce troisième référendum.
00:18:58Ils n'ont pas boycotté,
00:19:00ils ont appelé à une non-participation
00:19:01pour dire que nous,
00:19:03on est en deuil canaque,
00:19:03on ne peut pas participer,
00:19:05on ne peut pas faire de campagne électorale.
00:19:07Et puis, en plus,
00:19:07il y a toujours le Covid
00:19:08qui dissuade les gens
00:19:09de se déplacer,
00:19:11de faire des réunions publiques.
00:19:13Et du coup,
00:19:14ils n'ont pas participé.
00:19:15Et donc,
00:19:15le troisième référendum,
00:19:17dont tout le monde s'est gaussé,
00:19:18que la Calédonie avait choisi
00:19:20à 97% de rester française,
00:19:22en fait,
00:19:23c'est sur une part très peu importante
00:19:25du corps électoral
00:19:27puisqu'il y a eu,
00:19:27je ne sais plus,
00:19:2850 et quelques pourcents d'abstention.
00:19:3056% je crois.
00:19:32Plus de 50%.
00:19:32Et donc,
00:19:34tout ça.
00:19:34Et c'est là où la machine s'est enrayée.
00:19:37C'est-à-dire qu'on est devenu
00:19:39ouvertement,
00:19:41contre l'indépendance.
00:19:43C'est d'ailleurs les arguments
00:19:44du député Mesdorff
00:19:45à l'Assemblée nationale.
00:19:46Il n'est plus question
00:19:47de décolonisation,
00:19:49d'indépendance.
00:19:49Le problème est réglé définitivement
00:19:52puisque ce troisième vote
00:19:54a été non à l'indépendance,
00:19:56sans prendre en compte
00:19:58le fait qu'ils n'avaient pas participé,
00:20:00les indépendantistes
00:20:01n'avaient pas participé.
00:20:02Il y a une chose
00:20:05qui est frappante
00:20:06quand on écoute
00:20:07les acteurs néo-calédoniens
00:20:09quand ils s'expriment
00:20:11sur le rôle de l'État.
00:20:13C'est qu'ils insistent tous
00:20:17sur...
00:20:17Enfin, en tout cas,
00:20:18la plupart d'entre eux
00:20:19insistent sur la nécessité
00:20:21de décorréler
00:20:22le calendrier local
00:20:24du calendrier national français.
00:20:27Et ça,
00:20:29ça renvoie
00:20:31à l'expérience
00:20:33des années 80.
00:20:34Moi, j'étais ado
00:20:36dans les années 80,
00:20:37mais je me souviens très bien
00:20:38des événements
00:20:39de Nouvelle-Calédonie.
00:20:4084,
00:20:42Éloi-Machoro,
00:20:43etc.
00:20:4488,
00:20:46la grotte d'Ouvera.
00:20:48Et
00:20:50le territoire
00:20:52a chèrement payé
00:20:53les accélérations
00:20:55de calendrier,
00:20:57les coups de menton
00:20:58et les coups de boutoir
00:20:59qui ont pu être faits
00:21:01par certains gouvernements
00:21:03pour régler le problème
00:21:06entre guillemets
00:21:07avant une échéance majeure.
00:21:08En 1988,
00:21:10c'est ce qui s'est passé
00:21:11avec Ouvéa.
00:21:14Et j'ai souvent entendu
00:21:15les acteurs politiques
00:21:17locaux du territoire
00:21:19insister auprès de l'État
00:21:21pour dire
00:21:22prenons le temps.
00:21:23Alors, il y a
00:21:24toute la question
00:21:24par ailleurs
00:21:25de la conception du temps
00:21:27qu'on peut avoir
00:21:28et en l'occurrence,
00:21:31il y a
00:21:32le temps du deuil,
00:21:34des choses comme ça.
00:21:34c'est des notions
00:21:37anthropologiques
00:21:40qu'un État
00:21:41futile colonial
00:21:42a le devoir
00:21:44de respecter
00:21:45parce que c'est
00:21:46le respect qu'on doit
00:21:48à des populations,
00:21:50à leurs pratiques,
00:21:51à des choses
00:21:52intimes et profondes.
00:21:54Et quand ce calendrier-là,
00:21:55ce télescope
00:21:56avec des échéances
00:21:58électorales lointaines,
00:22:00enfin nationales,
00:22:02en tout cas,
00:22:02décorréler des enjeux,
00:22:03là,
00:22:05il risque d'arriver
00:22:07des problèmes.
00:22:10Ça avait été dit
00:22:10en 2021
00:22:13à l'époque,
00:22:14ça a été redit
00:22:15à plusieurs reprises,
00:22:17y compris par
00:22:17les anciens premiers ministres
00:22:18qui ont été auditionnés
00:22:20en 2023-2024
00:22:23lors de l'examen
00:22:25de la première loi constitutionnelle.
00:22:27et le déraillement
00:22:31du processus
00:22:34s'explique notamment
00:22:35par cette mauvaise gestion
00:22:36du temps
00:22:37et cette mauvaise prise en compte
00:22:38de la spécificité
00:22:40du territoire
00:22:41qui est ce qu'un État
00:22:43doit aux populations
00:22:45de territoires particuliers,
00:22:47avec une histoire particulière.
00:22:52l'État doit s'adapter
00:22:56à ces réalités-là.
00:22:58Et c'est un peu le paradoxe
00:22:59de toute cette histoire,
00:23:01c'est que tout le droit colonial
00:23:03depuis l'origine
00:23:04repose sur cette idée
00:23:06d'adaptation,
00:23:07sur cette idée
00:23:07que là-bas,
00:23:08c'est différent.
00:23:09Alors évidemment,
00:23:10pendant longtemps,
00:23:12cette adaptation-là,
00:23:13ça a été une adaptation
00:23:14des droits à la baisse,
00:23:15des statuts dérogatoires,
00:23:17l'indigénat,
00:23:18le travail forcé,
00:23:19sans même parler
00:23:20de l'esclavage colonial
00:23:21avant 1848.
00:23:24Mais ce qui est intéressant
00:23:25dans l'expérience
00:23:26de la Nouvelle-Calédonie,
00:23:28c'est qu'il y a des outils
00:23:30qui sont des héritiers
00:23:32d'outils coloniaux
00:23:34d'avant,
00:23:35enfin du temps,
00:23:36des colonies
00:23:36qui sont aujourd'hui
00:23:39utilisés
00:23:40pour mettre
00:23:41de la diversité,
00:23:42de la complexité
00:23:43dans la République française
00:23:46sans que celle-ci
00:23:47ne s'effondre.
00:23:48Par exemple,
00:23:49le statut civil
00:23:50des Kanaks
00:23:50qui les protège
00:23:51aujourd'hui,
00:23:52c'est un héritier
00:23:53du statut civil
00:23:54des populations indigènes
00:23:56qui les discriminer,
00:23:57qui les mettait à côté
00:23:59en temps colonial
00:24:00parce que
00:24:02ce droit-là
00:24:03est un droit
00:24:04qui cherche
00:24:04à s'adapter
00:24:05à la réalité.
00:24:06Et c'est ce que
00:24:08la République
00:24:09aujourd'hui,
00:24:10en ayant oublié
00:24:11qu'elle est coloniale
00:24:12comme le dit
00:24:13l'accord de Nouméa
00:24:15dans ce territoire-là,
00:24:17en essayant
00:24:18d'aligner les choses
00:24:19sans respecter le temps,
00:24:20sans respecter
00:24:21les statuts,
00:24:22etc.,
00:24:23on détruit
00:24:24des choses,
00:24:25des liens,
00:24:26des mécanismes
00:24:27de régulation
00:24:28et on crispe
00:24:29dans le territoire.
00:24:32Et c'est pour ça
00:24:33que je trouve
00:24:36ma découverte
00:24:38de l'accord de Nouméa,
00:24:41j'ai été frappé
00:24:44par la subtilité
00:24:47de ce texte
00:24:50et le soin
00:24:52qu'il a eu
00:24:53à faire rentrer
00:24:54la spécificité
00:24:55notamment
00:24:56de l'histoire
00:24:57kanak
00:24:59qui est reconnue
00:25:00dans ses parts
00:25:01de souffrance.
00:25:02Le statut
00:25:03du peuple kanak
00:25:04en tant que peuple
00:25:05d'origine
00:25:05est reconnu
00:25:07alors même
00:25:08que la constitution
00:25:09et le conseil constitutionnel
00:25:11a interdit
00:25:11et qu'on considère
00:25:12qu'il y a un peuple corse,
00:25:14il y a une décision
00:25:15du conseil constitutionnel
00:25:16de 1991
00:25:17là-dessus,
00:25:19mais on peut dire
00:25:19qu'il y a un deuxième peuple
00:25:20dans la République française,
00:25:23le peuple kanak
00:25:23qui est défini
00:25:24comme peuple d'origine
00:25:26différent des autres
00:25:27dans l'accord de Nouméa.
00:25:30Et là,
00:25:30on voit
00:25:30de la flexibilité,
00:25:32en tout cas
00:25:33une certaine flexibilité
00:25:35qu'ont eu
00:25:35les rédacteurs
00:25:36de l'accord
00:25:37et les responsables
00:25:39politiques
00:25:39de 1998
00:25:42qui a été perdu
00:25:44depuis.
00:25:45Ça ne veut pas dire
00:25:45que le texte
00:25:46à l'époque
00:25:47faisait consensus
00:25:48parce que
00:25:49je suis allé retrouver
00:25:50les délibérations
00:25:51du conseil constitutionnel
00:25:52de 1999
00:25:53sur ce texte-là
00:25:54et il y a
00:25:55un professeur
00:25:56de sciences politiques
00:25:56qui a été
00:25:57le directeur
00:25:58de Sciences Po
00:25:58quand j'y étais
00:25:59au début des années 90
00:26:00à la Lancelot
00:26:01qui a des propos
00:26:03absolument stupéfiants
00:26:04de racisme
00:26:06et d'esprit colonial
00:26:10dans les débats
00:26:11du conseil constitutionnel
00:26:13parce qu'il est horrifié
00:26:14justement
00:26:15par toutes ces innovations
00:26:16qu'apporte
00:26:17l'accord de Nouméa
00:26:19et dans une espèce
00:26:20de prurite
00:26:21digne de CNews
00:26:22il dit
00:26:23oui mais si on commence
00:26:24après
00:26:24on ne sait pas
00:26:25où ça va s'arrêter
00:26:26les polynésiens
00:26:27les femmes
00:26:28les juifs
00:26:29je cite
00:26:30je cite
00:26:33sa colère
00:26:35dans les délibérations
00:26:37du conseil constitutionnel
00:26:38français
00:26:39alors
00:26:40cette
00:26:41emprise
00:26:43du calendrier
00:26:44électoral français
00:26:45sur la Nouvelle-Calédonie
00:26:46se voit depuis toujours
00:26:48puisque
00:26:4888
00:26:50donc
00:26:50les deux tours
00:26:52des élections présidentielles
00:26:53ouverts entre les deux
00:26:54avant
00:26:55le ministre
00:26:56Ponce
00:26:57le docteur Ponce
00:26:58qui a voulu justement
00:26:59éradiquer tout ce qui faisait
00:27:00le statut particulier
00:27:01des Canaques
00:27:02pour éradiquer
00:27:03le peuple canaques
00:27:04dans toute sa spécificité
00:27:05qui a mené donc
00:27:06à Ouvéa
00:27:08
00:27:08le
00:27:092021
00:27:09si ça a été avancé aussi
00:27:11c'était parce que
00:27:11Macron voulait en finir
00:27:13avant la fin de son mandat
00:27:15et de faire en sorte
00:27:16que
00:27:17son futur mandat
00:27:18s'il était réélu
00:27:19soit débarrassé
00:27:20du problème
00:27:20de la dépendance
00:27:21de la Nouvelle-Calédonie
00:27:22aujourd'hui encore
00:27:23on va
00:27:25on peut dire
00:27:26que si on est arrivé
00:27:27maintenant
00:27:27on reparlera
00:27:29de Valls
00:27:30après Abou Jival
00:27:31c'est aussi
00:27:32parce qu'on veut
00:27:33en finir
00:27:34avant la fin
00:27:35du mandat
00:27:35du président Macron
00:27:37parce que
00:27:37tout le monde
00:27:38s'inquiète
00:27:40de ce qui va
00:27:40advenir
00:27:40de la France
00:27:41aux prochaines élections
00:27:42présidentielles
00:27:43en 2027
00:27:44ce qui explique
00:27:45d'ailleurs une partie
00:27:46de la scission
00:27:47des indépendantistes
00:27:48par rapport
00:27:48à Abou Jival
00:27:49et les Zéoudina
00:27:51donc du coup
00:27:52on est toujours
00:27:53dans la Calédonie
00:27:55toujours pied et poing
00:27:56lié à la politique
00:27:57intérieure française
00:27:58on n'arrive pas
00:27:59à en sortir
00:27:59et les non-indépendantistes
00:28:04jouent de ça
00:28:05parce que
00:28:06c'est leur intérêt
00:28:07pour garder
00:28:08la Calédonie française
00:28:09et leur pouvoir
00:28:11Il y avait une nécessité
00:28:15de retravailler les textes
00:28:17après le troisième référendum
00:28:23on est dans une espèce
00:28:25de no man's land juridique
00:28:27avec un congrès
00:28:28qu'on ne peut pas
00:28:30qu'on pourrait réélire
00:28:31mais qu'on ne veut pas réélire
00:28:33et donc qui se prolonge
00:28:35indéfiniment
00:28:36avec des reports
00:28:37qui sont sans arrêt
00:28:39votés en catastrophe
00:28:40donc il y avait
00:28:42une nécessité
00:28:45sinon une urgence
00:28:46juridique
00:28:48à travailler
00:28:48le dossier
00:28:51ce qu'il y a
00:28:52dans la phase
00:28:54de l'année dernière
00:28:56il y a eu
00:28:56un moment intéressant
00:28:57avec la présence
00:29:00de Manuel Valls
00:29:01au ministère
00:29:02des Outre-mer
00:29:03où on a
00:29:04dans le langage
00:29:06et pour partie
00:29:07dans les propositions
00:29:08que l'État
00:29:08a pu faire
00:29:09à ce moment-là
00:29:10renouer avec l'esprit
00:29:11de Nouméa
00:29:12et je mets ça
00:29:13sur le compte
00:29:14du fait que
00:29:16premièrement
00:29:17Manuel Valls
00:29:17a été premier ministre
00:29:18et de 1988
00:29:21à 2021
00:29:22la Nouvelle-Calédonie
00:29:23c'était l'affaire
00:29:24du premier ministre
00:29:25et ce n'était pas juste
00:29:26le souvenir historique
00:29:28du fait que
00:29:29c'était
00:29:29Michel Rocard
00:29:30qui avait fait
00:29:31les accords
00:29:31de Matignon
00:29:32c'est aussi
00:29:33parce que
00:29:34dans une démarche
00:29:35de décolonisation
00:29:36c'est l'État
00:29:36tout entier
00:29:37qui doit
00:29:41conduire
00:29:44ce processus
00:29:45et l'État
00:29:45tout entier
00:29:46c'est le gouvernement
00:29:47donc c'est le chef
00:29:47de gouvernement
00:29:48ce n'est pas
00:29:49le ministre de l'Intérieur
00:29:50ou le ministre
00:29:50des Outre-mer
00:29:51c'est le gouvernement
00:29:52tout entier
00:29:52et donc placer
00:29:53le suivi
00:29:54de ce dossier-là
00:29:55à Matignon
00:29:56c'était témoigner
00:29:58du fait que
00:29:59c'est l'État
00:29:59tout entier
00:30:00qui est engagé
00:30:01dans le processus
00:30:01et vis-à-vis
00:30:02des acteurs locaux
00:30:03c'est aussi
00:30:03une marque de respect
00:30:04de leur mettre
00:30:06en face d'eux
00:30:07le chef du gouvernement
00:30:08et pas un ministre
00:30:09parmi les autres
00:30:10qui n'a pas la main
00:30:11sur Bercy
00:30:11qui n'a pas la main
00:30:12sur tel ou tel autre
00:30:14ministère
00:30:15dont on aurait besoin
00:30:15pour les affaires
00:30:17du territoire
00:30:18donc ça a joué
00:30:18et possiblement
00:30:20que le fait
00:30:22qu'il ait été
00:30:25je ne sais plus
00:30:27s'il avait été
00:30:28à Matignon
00:30:29à l'époque
00:30:29de Michel Rocard
00:30:30proche de Michel Rocard
00:30:31à cette époque-là
00:30:33et conseiller
00:30:34de Lionel Jospin
00:30:35ensuite Premier ministre
00:30:37je pense que ça lui a donné
00:30:38comme d'ailleurs
00:30:39à tous les Premiers Ministres
00:30:42de 88 à 2021
00:30:44une certaine compréhension
00:30:46de ce qui se passait là-bas
00:30:48à partir du moment
00:30:49où on a retiré
00:30:50le dossier
00:30:52à Matignon
00:30:54les choses sont passées
00:30:56dans la sphère
00:30:57du ministère
00:30:58de l'Intérieur
00:30:59et donc ça a réduit
00:31:00le champ
00:31:01et il s'est réélargi
00:31:05pendant quelques mois
00:31:06quand Manuel Valls
00:31:08était à Udino
00:31:13mais avec
00:31:17sa liberté n'était pas totale
00:31:19parce qu'il y a eu
00:31:20plusieurs projets
00:31:21un premier qui était
00:31:22plus dans la ligne
00:31:23de Nouméa
00:31:25et qui conduisait
00:31:27plus que ce que
00:31:28Bougival fait
00:31:29vers la voie
00:31:31de l'indépendance
00:31:32et le
00:31:36toujours dans les questions
00:31:37de délai
00:31:38la négociation
00:31:40de Bougival
00:31:40s'est faite
00:31:41dans des circonstances
00:31:43d'urgence
00:31:44de tension
00:31:45etc.
00:31:45qui n'ont pas permis
00:31:48sans doute
00:31:48de faire jouer
00:31:49toutes les marges
00:31:52qu'il fallait faire jouer
00:31:53et qui a conduit
00:31:54quand la copie
00:31:56a été renvoyée
00:31:57au
00:31:59FLNKS
00:32:00dans le territoire
00:32:02à la sortie
00:32:04du FLNKS
00:32:05du processus
00:32:06c'est ça
00:32:06tous les acteurs
00:32:08engagés dans le processus
00:32:10à l'exception
00:32:11des loyalistes
00:32:12l'ont regretté
00:32:14depuis
00:32:14sans forcément
00:32:15partager
00:32:16la position
00:32:17du FLNKS
00:32:19de sortie
00:32:20ils ont regretté
00:32:21que
00:32:23il n'y a jamais
00:32:24vraiment eu
00:32:24de consensus
00:32:25mais en tout cas
00:32:26la volonté
00:32:27collective
00:32:28d'avancer ensemble
00:32:29a été perdue
00:32:31et qu'on n'ait pas
00:32:32cherché
00:32:32à renouer les fils
00:32:34et à faire revenir
00:32:35le FLNKS
00:32:36à la table
00:32:37c'est à dire que
00:32:38renouer les fils
00:32:39était impossible
00:32:40à partir du moment
00:32:41où la droite
00:32:42locale en Calédonie
00:32:44disait qu'il était
00:32:44hors de question
00:32:45de revenir à Deva
00:32:46parce que c'est ça
00:32:47qui était dans la bouche
00:32:49de Nicolas Metzdorf
00:32:50ou de Sonia Bacchès
00:32:52en permanence
00:32:52c'était
00:32:53on ne reviendra pas
00:32:54à Deva
00:32:54il est hors de question
00:32:55et d'où
00:32:56et donc le projet
00:32:57de rediscuter Bougival
00:32:59qui aurait été
00:33:00une
00:33:00Deva c'est le premier projet
00:33:02Deva c'était le projet
00:33:02voilà c'est ça
00:33:03qui a été fait en Calédonie
00:33:04qui a d'ailleurs été fait sur place
00:33:06parce qu'il y a aussi
00:33:06le fait de négocier à Paris
00:33:08ou de négocier en Calédonie
00:33:09ce qui est complètement différent
00:33:10dans l'esprit
00:33:11et donc Deva c'était donc
00:33:13au mois de mai
00:33:14au mois de mai 2025
00:33:17et donc
00:33:19ça a été abandonné
00:33:21parce que Metzdorf
00:33:22a pris son téléphone
00:33:22pour téléphoner
00:33:23pour appeler Macron
00:33:24pour dire
00:33:24il n'est pas question
00:33:25que ce projet soit maintenu
00:33:27parce qu'il a la ligne directe
00:33:29avec le président Macron
00:33:30et donc c'est pour ça
00:33:31qu'il y a eu Bougival
00:33:32au mois de juillet
00:33:33et Bougival est revenu
00:33:35complètement en arrière
00:33:36parce qu'avec ce qu'il y avait
00:33:38alors ça a été présenté
00:33:39comme un projet
00:33:40pas comme un accord
00:33:41et ça a été transformé
00:33:42en accord au mois de septembre
00:33:44en étant publié
00:33:44au journal officiel
00:33:45sans signature
00:33:47voilà
00:33:47et donc du coup
00:33:49c'est pour ça aussi
00:33:50que le FNK
00:33:50parce que déjà
00:33:51pour les accords de Matignon
00:33:53Jean-Marie Chibaou
00:33:54quand il avait signé
00:33:55il a dit
00:33:56moi je signe un projet d'accord
00:33:58qu'il faut que je le présente
00:33:59aux militants sur place
00:34:00pour qu'il soit validé
00:34:01il est hors de question
00:34:02que je sois tout seul
00:34:03à décider de l'avenir
00:34:04de la Nouvelle-Calédonie
00:34:05et c'est ce qu'a fait
00:34:07Emmanuel Chibaou
00:34:07et la délégation
00:34:08qui était présente
00:34:09à Bougival
00:34:10pour le FNK
00:34:11c'est-à-dire
00:34:11bon on signe pour l'instant ça
00:34:13on rentre en Calédonie
00:34:14on le présente sur place
00:34:16aux militants
00:34:17et on voit ce qu'on en fait
00:34:18et donc s'il y avait eu
00:34:20la possibilité
00:34:21de rediscuter
00:34:22mais même les militants
00:34:24de l'Uni
00:34:25qui ont signé
00:34:25et qui ont maintenu
00:34:26leur signature
00:34:26ont dit après
00:34:28au bout d'un certain temps
00:34:29avant Élisée
00:34:30et Oudinou
00:34:31il y a nécessité
00:34:32de préciser des choses
00:34:33et donc on vient là pour ça
00:34:35mais finalement
00:34:36à part de réintroduire
00:34:37l'identité canaque
00:34:38une fois dans le dernier accord
00:34:41il n'y a pas grand chose
00:34:42qui a été fait
00:34:42c'est-à-dire
00:34:43on reste toujours
00:34:44sur un projet
00:34:45qui est très en deçà
00:34:47de ce qu'on aurait pu
00:34:48avoir dans la suite
00:34:49de l'accord du Nouméa
00:34:50qui ne poursuit pas du tout
00:34:52la décolonisation
00:34:53parce qu'on nous parle
00:34:54d'un État dans l'État
00:34:55mais c'est quoi
00:34:55un État dans l'État
00:34:57aujourd'hui ?
00:34:58Ce n'est pas un État indépendant
00:34:59une citoyenneté
00:35:00qui est liée
00:35:01à la citoyenneté française
00:35:02donc citoyenneté calédonienne
00:35:04on ne peut l'avoir
00:35:04que si on est citoyen français
00:35:05on ne peut pas l'avoir
00:35:06autrement que ça
00:35:07donc tout ça
00:35:08sont des éléments
00:35:09qui
00:35:10plus une hyper-provincialisation
00:35:12qui est prévue
00:35:13dans cet accord
00:35:14qui renforce
00:35:15les pouvoirs
00:35:16de la province sud
00:35:17donc des anti-indépendantistes
00:35:18et qui à terme
00:35:19tout projet
00:35:20de rétrocession
00:35:22des cinq compétences régaliennes
00:35:23qui reste à rétrocéder
00:35:24aujourd'hui
00:35:25est soumis
00:35:26au vote
00:35:27des trois cinquièmes
00:35:28du congrès
00:35:29donc à partir du moment
00:35:30où les loyalistes
00:35:32vont être majoritaires
00:35:33au congrès
00:35:34c'est-à-dire
00:35:34ça n'arrivera jamais
00:35:35donc plus
00:35:37cette hyper-provincialisation
00:35:38qui est à terme
00:35:40avec une fiscalisation
00:35:41par province
00:35:42donc toute la richesse
00:35:44est concentrée
00:35:44en province sud
00:35:45donc les provinces nord
00:35:47et îles
00:35:48vont avoir des miettes
00:35:49puisqu'il n'y aura plus
00:35:49la péréquation
00:35:50qu'il y a aujourd'hui
00:35:51donc tout ce projet
00:35:52est vraiment
00:35:54on comprend
00:35:55que les FLNKS
00:35:56ne le valident pas
00:35:58et on se demande
00:35:59comment les autres
00:36:00indépendantistes
00:36:01ont pu le valider
00:36:02parce que d'ailleurs
00:36:03ils le payent aujourd'hui
00:36:04dans les élections municipales
00:36:05c'est-à-dire qu'on voit bien
00:36:06que dans le grand Nouméa
00:36:08où se sont passés
00:36:10les événements
00:36:10de mai 84
00:36:11mai 2024
00:36:12c'est les pires déloyalistes
00:36:15qui arrivent en tête
00:36:16partout
00:36:16c'est-à-dire les plus
00:36:17les plus ultra
00:36:21limite extrême droite
00:36:23locale
00:36:23qui sont en tête
00:36:25sur les municipales
00:36:26et en termes indépendantistes
00:36:29c'est l'U.C.
00:36:30qui arrive
00:36:31l'U.C.
00:36:32FNKS
00:36:32qui arrive en tête
00:36:33à peu près partout
00:36:35au détriment
00:36:36de l'Unipalika
00:36:37donc on a encore fait
00:36:40là on a transformé
00:36:41on a fait des élections municipales
00:36:43un enjeu bougival
00:36:46pro ou contre bougival
00:36:48ce qui n'était pas du tout
00:36:49l'objet des municipales
00:36:50parce que l'objet des municipales
00:36:51c'est quand même
00:36:52d'avoir des gens
00:36:53qui sont capables
00:36:53de gérer une commune
00:36:55pour le bien des administrés
00:36:57C'est d'ailleurs
00:36:58je trouve
00:36:59une des grandes apories
00:37:01de la situation
00:37:04dans laquelle on est aujourd'hui
00:37:06c'est qu'on ne voit pas
00:37:08quelle société
00:37:11le projet loyaliste
00:37:14pour prendre les plus maximalistes
00:37:15dessine
00:37:16et si on le voit
00:37:19il est effroyable
00:37:21Sonia Bacchès
00:37:23l'année dernière
00:37:23outre des déclarations racistes
00:37:26contre les Canaques
00:37:28elle a présenté
00:37:31un projet de scission
00:37:32du territoire
00:37:33qui était explicitement
00:37:39explicitement interdit
00:37:41par l'accord de Nouméa
00:37:42et par la constitution
00:37:44et par la constitution
00:37:45et dont on sait
00:37:46qu'il est explicitement interdit
00:37:48dans une logique de décolonisation
00:37:49on ne découpe pas
00:37:51les territoires
00:37:52qu'on décolonise
00:37:53les Anglais
00:37:54viennent de restituer
00:37:56les îles Chagos
00:37:57enfin vont restituer
00:37:58dans le cadre
00:37:59d'un accord
00:38:01qui a été passé
00:38:01les îles Chagos
00:38:03à l'île Maurice
00:38:05pour cette raison-là
00:38:06ils ont perdu
00:38:06devant les institutions
00:38:08enfin les juridictions internationales
00:38:11là-dessus
00:38:11donc ce projet
00:38:13qui reposerait
00:38:14sur
00:38:14une espèce de système
00:38:17de séparatisme
00:38:19à l'intérieur du territoire
00:38:22et avec
00:38:23une logique
00:38:25de séparation
00:38:27des communautés
00:38:27aussi de fait
00:38:28sinon de droit
00:38:30on ne voit pas
00:38:31en quoi
00:38:31ce projet-là
00:38:34est compatible
00:38:35avec l'idée
00:38:36qu'on se fait
00:38:36même de la République française
00:38:38même de la République française
00:38:42il y a quelque chose
00:38:43de
00:38:45de
00:38:47de
00:38:48problématique
00:38:49là-dedans
00:38:50et
00:38:52le peuple premier
00:38:54il est là
00:38:54il est là
00:38:56il est nombreux
00:38:57pas majoritaire
00:38:59mais nombreux
00:38:59il parle
00:39:00il vote
00:39:01il ne disparaîtra pas
00:39:03à partir de ce moment-là
00:39:04le contraindre
00:39:05à un système
00:39:06comme ça
00:39:07où il est perdant
00:39:10on ne voit pas
00:39:12comment une société
00:39:13comme celle-là
00:39:14peut tenir
00:39:15sur
00:39:16des injustices
00:39:18on sait
00:39:18ce que deviennent
00:39:19les sociétés
00:39:20qui reposent
00:39:21sur des injustices
00:39:23l'Afrique du Sud
00:39:23les territoires
00:39:25occupés
00:39:26en Palestine
00:39:27la colonisation
00:39:29de façon
00:39:30générale
00:39:31ces sociétés-là
00:39:33elles
00:39:34elles ne sont pas stables
00:39:37elles génèrent
00:39:38de la violence
00:39:39des deux côtés
00:39:41elles génèrent aussi
00:39:43des processus
00:39:44psychologiques
00:39:45chez les gens
00:39:46qui ont des effets
00:39:48gravissimes
00:39:49Fanon, Mémy
00:39:51l'ont écrit
00:39:52il y a déjà
00:39:54longtemps
00:39:55donc on ne voit pas
00:39:56le modèle
00:39:57de société
00:39:58pour l'avenir
00:39:59qu'un tel projet
00:40:02est susceptible
00:40:03de dessiner
00:40:04Bougival est
00:40:05entre les deux
00:40:07moi je ne suis pas
00:40:08qualifié
00:40:09pour
00:40:11apprécier
00:40:12ce que ça donnerait
00:40:14ce que je vois
00:40:15c'est que
00:40:17le projet
00:40:18se construit
00:40:19sur une base
00:40:20qui est branlante
00:40:21parce qu'il manque
00:40:22un acteur
00:40:23et
00:40:23tous les acteurs
00:40:25raisonnables
00:40:27dans le territoire
00:40:28voient bien
00:40:29que c'est
00:40:30que c'est branlant
00:40:31et
00:40:32en Nouvelle-Calédonie
00:40:34quand c'est branlant
00:40:34à un moment
00:40:35ça tombe sur la tête
00:40:36des gens
00:40:37et c'est ça
00:40:38qui est quand même
00:40:39problématique
00:40:40et du point de vue
00:40:41de l'État
00:40:44on ne voit pas
00:40:45l'intérêt
00:40:47bien compris
00:40:48pour la France
00:40:49pour les habitants
00:40:51du territoire
00:40:52pour notre image
00:40:53dans le monde
00:40:54de
00:40:55de
00:40:57de
00:40:58de
00:40:58de
00:40:58de
00:40:59de
00:41:00de
00:41:00de
00:41:00de
00:41:00de
00:41:00de
00:41:00de
00:41:01de
00:41:05d'irrésolution
00:41:07dans un
00:41:08dans un territoire
00:41:09qui a déjà
00:41:10tant souffert
00:41:13on parlait
00:41:13tout à l'heure
00:41:14de
00:41:15des élections
00:41:16provinciales
00:41:16qui sont
00:41:17reportées
00:41:17s'inédillées
00:41:18sans arrêt
00:41:19elles devaient
00:41:19avoir lieu
00:41:20en 2024
00:41:20mais avec
00:41:21les événements
00:41:22de mai 2024
00:41:22elles n'ont pas eu lieu
00:41:23et aujourd'hui
00:41:24le but
00:41:25des reports
00:41:26c'est d'arriver
00:41:26à faire passer
00:41:27la réforme
00:41:28du corps électoral
00:41:29permettant
00:41:30l'élection
00:41:31des élus
00:41:32au provincial
00:41:33c'est à dire
00:41:33de supprimer
00:41:34le gel du corps électoral
00:41:35qui avait été donné
00:41:36par Jacques Chirac
00:41:37à l'époque
00:41:37suite à l'accord
00:41:38de Nouméa
00:41:39et de façon
00:41:40à permettre
00:41:41à des populations
00:41:42plus larges
00:41:43de voter
00:41:44notamment des gens
00:41:45arrivés depuis
00:41:45pas si longtemps
00:41:46que ça
00:41:46sur le territoire
00:41:47et ce qui noie
00:41:49encore plus
00:41:50la population canaque
00:41:50parce que c'est ça aussi
00:41:51l'histoire de la Nouvelle-Calédonie
00:41:53de la colonisation
00:41:54en Calédonie
00:41:54c'est de noyer
00:41:55le peuple premier
00:41:56il y avait la directive
00:41:57mesmer en 1971
00:41:59qui disait
00:42:00il faut faire du blanc
00:42:00en Nouvelle-Calédonie
00:42:01pour contrecarrer
00:42:02toute volonté d'indépendance
00:42:03et ça revient
00:42:05sans arrêt
00:42:06sur le devant
00:42:07de la scène
00:42:07et c'est pour ça
00:42:08que les canaques
00:42:10sont très attachés
00:42:11à ce gel
00:42:12du corps électoral
00:42:13qui permet
00:42:14que ce ne soient pas
00:42:15des nouveaux venus
00:42:16qui décident
00:42:17de l'avenir
00:42:18de cette décolonisation
00:42:19qui doit se faire
00:42:21aujourd'hui
00:42:22en 2026
00:42:22on doit faire
00:42:23la décolonisation
00:42:24de la Nouvelle-Calédonie
00:42:25et l'accord de Bougival
00:42:26est loin d'y arriver
00:42:27et c'est pour ça
00:42:28que là
00:42:29puisque le Conseil constitutionnel
00:42:31a dit au dernier report
00:42:32que ce serait le dernier
00:42:34aujourd'hui
00:42:35l'objet
00:42:36de la loi constitutionnelle
00:42:37qui doit passer là
00:42:38aujourd'hui
00:42:38c'est aussi d'inclure
00:42:41l'énième report
00:42:42le quatrième
00:42:43si je ne m'abuse
00:42:44des élections provinciales
00:42:46au lieu de les faire là
00:42:47avant juin
00:42:49ce qui était prévu
00:42:50dans le dernier report
00:42:51de les reporter
00:42:52quand on aura réussi
00:42:53à changer
00:42:54le corps électoral
00:42:55donc on est toujours
00:42:57soumis
00:42:58à des échéances
00:43:00c'est cette réforme
00:43:02du corps électoral
00:43:04qui a mis le feu
00:43:05aux poudres
00:43:05en 2024
00:43:06est-ce qu'on veut
00:43:07recommencer ça
00:43:07aujourd'hui ?
00:43:08cette question
00:43:10du corps électoral
00:43:10est très importante
00:43:12et parfois difficile
00:43:13à comprendre
00:43:14vu d'ici
00:43:15parce que
00:43:16notre conception
00:43:16de la démocratie
00:43:17qui est son énoncé
00:43:19le plus simple
00:43:19c'est de dire
00:43:20un homme une voix
00:43:21c'est d'ailleurs
00:43:22sur la base
00:43:23de ce slogan-là
00:43:24qu'on a abattu
00:43:25l'apartheid
00:43:25en Afrique du Sud
00:43:27donc on se dit
00:43:28pourquoi il n'y a pas
00:43:29un homme une voix
00:43:30en Nouvelle-Calédonie
00:43:32pourquoi une personne
00:43:33qui vient de l'Hexagone
00:43:35et qui s'installe
00:43:35en Nouvelle-Calédonie
00:43:36ne peut pas voter
00:43:38le lendemain
00:43:39enfin six mois
00:43:41un an
00:43:41après son arrivée
00:43:42dans le territoire
00:43:42ne peut pas voter
00:43:43aux élections provinciales
00:43:46mais pour comprendre ça
00:43:48il faut se souvenir
00:43:50que la Nouvelle-Calédonie
00:43:51ça a été une colonie
00:43:52de peuplement
00:43:53une colonie
00:43:54où la puissance
00:43:57coloniale
00:43:58a souhaité
00:44:00noyer
00:44:00effectivement
00:44:01le peuple premier
00:44:03avec
00:44:04des nouveaux arrivants
00:44:06et
00:44:07en privilégiant
00:44:09ces nouveaux arrivants
00:44:10leur donnant les terres
00:44:11etc.
00:44:13l'histoire de la colonisation
00:44:14repose sur cette subjugation
00:44:16de la population d'origine
00:44:18par des nouveaux venus
00:44:19et la justice historique
00:44:21dans des situations
00:44:22comme celle-là
00:44:23ça n'est pas
00:44:24un homme
00:44:25égal une voix
00:44:26en oubliant
00:44:27l'injustice initiale
00:44:29qui est
00:44:29la prise
00:44:31du territoire
00:44:32illégal
00:44:32c'est précisément
00:44:34de remonter
00:44:35à l'origine
00:44:35de l'injustice
00:44:36d'affirmer
00:44:38les droits
00:44:38du peuple premier
00:44:40et
00:44:41de restreindre
00:44:42les droits
00:44:43des populations
00:44:44qui arrivent
00:44:45pour éviter
00:44:46qu'on utilise
00:44:48ces populations-là
00:44:49pour consolider
00:44:51la colonisation
00:44:53ce mécanisme-là
00:44:55il a été reconnu
00:44:56par l'accord
00:44:56de Nouméa
00:44:57il a été reconnu
00:44:59par la constitution
00:44:59par le conseil constitutionnel
00:45:01qui a validé
00:45:02les corps électoraux
00:45:05restreints
00:45:06parce qu'il y a
00:45:07une logique
00:45:09là-dedans
00:45:10et on a donc
00:45:11la confrontation
00:45:12qui d'ailleurs
00:45:13s'est vue
00:45:13dans le débat
00:45:14parlementaire
00:45:15en 2024
00:45:16entre deux logiques
00:45:17et l'universel
00:45:20étant dans la bouche
00:45:21des deux côtés
00:45:21d'un côté
00:45:23ceux qui disaient
00:45:24avec les loyalistes
00:45:26l'universel
00:45:27c'est un homme
00:45:28une voix
00:45:28point
00:45:29c'est ça la logique
00:45:31et de l'autre
00:45:32ceux qui rappelaient
00:45:34la nature coloniale
00:45:35du territoire
00:45:36et qui disaient
00:45:36l'universel
00:45:38c'est le respect
00:45:39du peuple premier
00:45:41et la considération
00:45:43du fait
00:45:44qu'on est dans
00:45:44un territoire colonisé
00:45:45et donc
00:45:46qu'il est logique
00:45:47d'appliquer
00:45:48des restrictions
00:45:50au droit de vote
00:45:52des populations
00:45:53qui viennent
00:45:55dans le cadre
00:45:56du peuplement
00:45:57pour prendre un mot
00:45:58bien attaché
00:46:00à l'histoire coloniale
00:46:01du peuplement
00:46:02du territoire
00:46:03ça c'est difficile
00:46:04à comprendre
00:46:04et c'est d'autant
00:46:07plus difficile
00:46:08à comprendre
00:46:08qu'on a oublié
00:46:10ou qu'on a
00:46:11ou qu'on a ignoré
00:46:13ce qu'a été
00:46:15le phénomène
00:46:15coloniale
00:46:16et moi je mets
00:46:17cette difficulté
00:46:19des journalistes
00:46:21d'une partie
00:46:21des dirigeants
00:46:24français
00:46:25à considérer
00:46:26la situation
00:46:27coloniale
00:46:29de la
00:46:30Canaqui
00:46:30Nouvelle-Calédonie
00:46:31sur un oubli
00:46:33ou un déni
00:46:34de l'histoire
00:46:35coloniale française
00:46:36tout entière
00:46:37quand on voit
00:46:37qu'on a du mal
00:46:40aujourd'hui
00:46:42parfois
00:46:43quand on est
00:46:44un responsable
00:46:45public
00:46:45à qualifier
00:46:46la nature
00:46:47de la colonisation
00:46:48quand on a du mal
00:46:49à la borner
00:46:51temporalement
00:46:53quand est-ce que ça
00:46:54commence
00:46:54quand est-ce que ça
00:46:55se termine
00:46:56quand
00:46:58le premier réflexe
00:47:00quand on parle
00:47:00de la colonisation
00:47:01c'est de reprendre
00:47:02les poncifs
00:47:03de la
00:47:04de la propagande
00:47:06coloniale
00:47:07les trains
00:47:07les hôpitaux
00:47:09etc
00:47:10et pas la réalité
00:47:11de la colonisation
00:47:13ce qui fait
00:47:13qu'aujourd'hui
00:47:14elle est condamnée
00:47:15par tous les textes
00:47:16des Nations Unies
00:47:17l'ordre juridique
00:47:18qu'on a bâti
00:47:19après 1945
00:47:20il repose
00:47:22sur l'idée
00:47:22du droit des peuples
00:47:23à disposer d'eux-mêmes
00:47:24et c'est au nom
00:47:25de ce droit-là
00:47:25que la France
00:47:26a fini par
00:47:27donner l'indépendance
00:47:28ou à reconnaître
00:47:30l'indépendance
00:47:31que les populations
00:47:33demandées
00:47:34de ces colonies
00:47:35donc l'ordre juridique
00:47:36qu'on défend aujourd'hui
00:47:37en tant que France
00:47:38il repose
00:47:40sur cette idée-là
00:47:42mais on a
00:47:43du mal
00:47:44parce que
00:47:45de notre empire
00:47:46il ne reste plus
00:47:47que des confettis
00:47:48avec des statuts juridiques
00:47:50qui ne sont maîtrisés
00:47:52que par les spécialistes
00:47:53en vérité
00:47:54et ils sont très peu nombreux
00:47:55donc
00:47:55on ne perçoit plus
00:47:58ce qu'a été
00:47:59cette logique-là
00:48:01et quand on est confronté
00:48:03à une réalité coloniale
00:48:04en plein XXIe siècle
00:48:06en 2026
00:48:07on ne sait plus
00:48:07la reconnaître
00:48:08et
00:48:09on est perturbé
00:48:12par
00:48:12les questions
00:48:15qu'on doit se poser
00:48:16ah bah tiens
00:48:16il y aurait deux peuples
00:48:17sur le territoire
00:48:19de la République française
00:48:20tiens
00:48:20il y a
00:48:21des corps électoraux
00:48:23spéciaux
00:48:24il y a des statistiques ethniques
00:48:26en Canaqui Nouvelle-Calédonie
00:48:28qui ont été rétabli
00:48:30voilà
00:48:30et pourquoi il y en a-t-il
00:48:31parce que
00:48:32les discriminations
00:48:34contre le peuple premier
00:48:35ont été telles
00:48:36que
00:48:37le statut
00:48:38d'inégalité
00:48:39a été reconnu
00:48:40par les accords
00:48:41de Nouméa
00:48:42et
00:48:42il y a eu
00:48:43un engagement
00:48:44à les corriger
00:48:44et pour pouvoir
00:48:45les corriger
00:48:46il faut pouvoir
00:48:46les mesurer
00:48:47et donc
00:48:48dans ce cadre-là
00:48:49il y a une dérogation
00:48:51qui a été
00:48:52et qui explique
00:48:53qu'on a
00:48:54des statistiques
00:48:55ethniques
00:48:55et qu'on sait
00:48:56effectivement
00:48:57mesurer
00:48:57les injustices
00:48:59les inégalités
00:49:00dont les Canaques
00:49:00sont encore aujourd'hui
00:49:01victimes
00:49:02sur tout un tas
00:49:03d'aspects
00:49:05de la vie
00:49:05politique
00:49:06économique
00:49:06et sociale
00:49:07du territoire
00:49:08oui
00:49:08et d'ailleurs
00:49:09en parlant
00:49:10du droit international
00:49:11la Nouvelle-Calédonie
00:49:12est toujours inscrite
00:49:13sur la liste
00:49:14des territoires
00:49:14décolonisés
00:49:15à l'ONU
00:49:16et le droit
00:49:18aurait été
00:49:19que seul le peuple autochtone
00:49:20se prononce
00:49:21sur l'avenir
00:49:22du territoire
00:49:23les Canaques
00:49:23ont toujours admis
00:49:25les autres peuples
00:49:26qui vivent en Calédonie
00:49:27depuis notamment
00:49:29juillet 83
00:49:30avec Naville-les-Roches
00:49:31où ils ont
00:49:34donné le droit
00:49:35de vote aussi
00:49:36à ce qu'ils ont appelé
00:49:36les victimes
00:49:37de l'histoire
00:49:37c'est-à-dire
00:49:38toutes les populations
00:49:39qui sont arrivées
00:49:39en Calédonie
00:49:40entre guillemets
00:49:41sans le vouloir
00:49:42que ce soit
00:49:42les descendants
00:49:43des bagnards
00:49:44des déportés
00:49:44des transportés
00:49:45ou les premiers colons
00:49:46installés en Calédonie
00:49:47qui ont fait souche
00:49:48qui ont fait famille
00:49:49et donc on ne peut pas dire
00:49:51qu'ils refusent
00:49:54que d'autres populations
00:49:56qu'eux-mêmes
00:49:57s'expriment
00:49:57sur l'avenir
00:49:58du pays
00:49:59et là
00:50:00aujourd'hui
00:50:01quand on entend
00:50:02Mesdorff
00:50:03dire à l'Assemblée nationale
00:50:04qu'il n'y a plus
00:50:05de problème
00:50:05de colonisation
00:50:06en Nouvelle-Calédonie
00:50:07que tout ça
00:50:08est réglé
00:50:08etc.
00:50:09c'est une négation
00:50:11flagrante
00:50:11de l'histoire
00:50:12de la Calédonie
00:50:14et même
00:50:14de l'histoire
00:50:15internationale
00:50:16C'est ça
00:50:18qui rend ce territoire
00:50:19je trouve
00:50:20très intéressant
00:50:21même fascinant
00:50:26quand on est ici
00:50:28dans l'Hexagone
00:50:29parce que
00:50:31le degré
00:50:32de réflexion
00:50:34que les acteurs
00:50:35ont eu
00:50:35et d'invention
00:50:38d'inventivité
00:50:39qu'ils ont eu
00:50:39pour traiter
00:50:40cette situation-là
00:50:41en essayant
00:50:43de se sortir
00:50:43du piège
00:50:44de la guerre civile
00:50:46en 83
00:50:47en 88
00:50:48en 98
00:50:50etc.
00:50:51il est remarquable
00:50:52et les questions
00:50:54les ajustements
00:50:55les compromis
00:50:56qui ont été faits
00:50:58à ces différentes étapes
00:51:00disent des choses
00:51:01qui sont en fait
00:51:03universelles
00:51:03sur la différence
00:51:05sur les blessures
00:51:07de l'histoire
00:51:08ça raconte quelque chose
00:51:10qui va au-delà
00:51:11du territoire
00:51:13et ça enrichirait
00:51:15la France
00:51:16et ses dirigeants
00:51:17de capter
00:51:21un peu
00:51:21de cette sagesse
00:51:22comme
00:51:22Michel Rocard
00:51:24avait su le faire
00:51:24en 88
00:51:25et les négociateurs
00:51:28de Nouméa
00:51:28en 98
00:51:31ça les enrichirait
00:51:32de faire ça
00:51:33il y a d'ailleurs
00:51:34je citais tout à l'heure
00:51:35Alain Lancelot
00:51:36et ses éructations
00:51:39dans le PV
00:51:40du Conseil constitutionnel
00:51:42mais il y a
00:51:42une autre voie
00:51:43dans ce même PV
00:51:45d'Yves Guéna
00:51:46qui était un ancien ministre
00:51:48du général de Gaulle
00:51:48qui a connu
00:51:49la décolonisation
00:51:50et en réponse
00:51:52à
00:51:56Alain Lancelot
00:51:57il dit
00:51:57il ne faut pas oublier
00:51:58de quoi on parle
00:51:59on parle d'un processus
00:52:00de décolonisation
00:52:01et ces processus-là
00:52:03juridiquement
00:52:04ne sont jamais impeccables
00:52:06et il dit
00:52:07celui-là
00:52:08me semble
00:52:09ce que j'ai vu
00:52:10de mieux
00:52:11en la matière
00:52:11et il rappelle
00:52:12que lui
00:52:13donc membre du RPR
00:52:15à l'époque
00:52:15avait été un des rares
00:52:17à demander
00:52:19à son parti
00:52:20en 1988
00:52:21de voter
00:52:24oui
00:52:25au référendum
00:52:26sur les accords
00:52:26de Matignon
00:52:27en 1988
00:52:29parce que lui
00:52:29avait le souvenir
00:52:31de ce qu'est
00:52:32une décolonisation
00:52:33il avait vu
00:52:34le territoire
00:52:35au bord
00:52:36de l'abîme
00:52:37voire même
00:52:37quasiment
00:52:38au-dessus du vide
00:52:39après les événements
00:52:41de 1984
00:52:411988
00:52:42et il avait compris
00:52:44que les accords
00:52:45de Matignon
00:52:45étaient la seule
00:52:47issue possible
00:52:48pour faire revenir
00:52:50le territoire
00:52:50du côté de la paix civile
00:52:51et le faire avancer
00:52:52de nouveau
00:52:53vers un avenir
00:52:54qui devait être
00:52:54un avenir
00:52:55de décolonisation
00:52:56et que ça soit
00:52:56un ancien ministre
00:52:57gaulliste
00:52:58avec l'histoire
00:52:59de la décolonisation
00:53:02qu'il portait
00:53:03dans sa carrière
00:53:04qu'il dise ça
00:53:05de l'accord
00:53:06de Nouméa
00:53:07et puis des textes
00:53:08autour
00:53:08je trouve que c'est remarquable
00:53:10ça témoigne
00:53:11du fait
00:53:12qu'à l'époque
00:53:12en France
00:53:13il y avait des responsables
00:53:15y compris des responsables
00:53:16de droite
00:53:16qui étaient capables
00:53:18de saisir
00:53:19cette sagesse
00:53:21ou cette inventivité
00:53:23que les négociateurs locaux
00:53:26avaient su trouver
00:53:27dans ce texte là
00:53:29et donc
00:53:30c'est pas impossible
00:53:31de la même manière
00:53:32que la république
00:53:33indivisible
00:53:34est capable
00:53:34d'absorber
00:53:35un peuple d'origine
00:53:36des statistiques ethniques
00:53:38un statut civil particulier
00:53:40etc.
00:53:40sans s'effondrer
00:53:41on avait des responsables
00:53:44ici
00:53:45du parti gaulliste
00:53:46de droite
00:53:47qui savaient voir
00:53:48une décolonisation
00:53:49là où il y avait
00:53:50une décolonisation
00:53:51et qui reconnaissaient
00:53:53l'originalité
00:53:55et l'intérêt
00:53:55de la démarche
00:53:56qui était
00:53:58dessinée
00:53:59en 98
00:54:01Mais aujourd'hui
00:54:01on est loin de ça
00:54:03parce que nos
00:54:04ministres actuels
00:54:05ne sont pas du tout
00:54:06sur cette ligne
00:54:08de Guéna à l'époque
00:54:09par rapport
00:54:10à la Nouvelle-Cahédonie
00:54:11et bien d'autres
00:54:12bien d'autres sujets
00:54:14qui nous touchent
00:54:15nous en France
00:54:17aujourd'hui
00:54:17avec ce
00:54:18enfin je ne sais pas
00:54:19ce qui va arriver
00:54:20le Sénat a déjà voté
00:54:22le projet de loi constitutionnelle
00:54:23je ne sais pas
00:54:24ce qui va se passer
00:54:24à l'Assemblée nationale
00:54:25dans les semaines
00:54:26qui viennent
00:54:27si ça va passer ou pas
00:54:30il est question
00:54:31enfin je sais que
00:54:33certains disent
00:54:34qu'il va y avoir
00:54:34des amendements
00:54:35pour faire passer
00:54:36le texte
00:54:36aussi à l'Assemblée nationale
00:54:37auquel cas
00:54:37il devra repartir
00:54:38au Sénat
00:54:39puisqu'il ne peut pas
00:54:40passer de façon
00:54:41différente
00:54:42entre les deux
00:54:43chambres
00:54:43pour passer
00:54:44au congrès de Versailles
00:54:49là on est coincé
00:54:50par le calendrier
00:54:51parce qu'il y a
00:54:51de fortes chances
00:54:52quand même
00:54:52que quel que soit
00:54:54l'avenir
00:54:54de ce futur texte
00:54:56on ne puisse pas
00:54:56repousser les élections
00:54:58provinciales
00:54:59et qu'elles doivent se tenir
00:55:00d'ici juin
00:55:01et puis il faut se souvenir
00:55:02que même si c'est voté
00:55:03dans les mêmes termes
00:55:05par l'Assemblée nationale
00:55:06et le Sénat
00:55:07ensuite soit
00:55:08on fait un référendum
00:55:09on voit mal
00:55:10le président de la république
00:55:11convoquer un référendum
00:55:13pour tous les français
00:55:14pour ça
00:55:15soit le texte
00:55:17doit aller au congrès
00:55:18et au congrès
00:55:19il faut qu'il ait
00:55:19une majorité
00:55:20des deux tiers
00:55:21et les conditions
00:55:23de majorité
00:55:24actuelles
00:55:25avec l'opposition
00:55:27du parti socialiste
00:55:28qui est le groupe
00:55:30un peu charnière
00:55:31sur ce sujet là
00:55:32tant au Sénat
00:55:33qu'à l'Assemblée nationale
00:55:36il a annoncé
00:55:37qu'il voterait contre
00:55:38il a annoncé
00:55:39qu'il ne voterait pas
00:55:41là il y a une ambiguïté
00:55:42c'est à dire
00:55:43il ne vote pas
00:55:43c'est à dire
00:55:44qu'il s'abstient
00:55:44ou il vote contre
00:55:45moi là dessus
00:55:48je ne sais pas
00:55:49mais il n'est pas
00:55:51du tout certain
00:55:52que la majorité
00:55:53des deux tiers
00:55:54puissent être
00:55:56atteintes
00:55:58et donc
00:56:00l'issue
00:56:00de ce texte
00:56:03est très incertaine
00:56:05oui surtout
00:56:05que quand on est
00:56:06en Calédonie
00:56:07tous les jeunes
00:56:08qui ont grandi
00:56:09depuis les années 80
00:56:11qui sont nés
00:56:12bien après les événements
00:56:13même après 88
00:56:14ils ont tous
00:56:15grandi dans l'idée
00:56:16que de toute façon
00:56:16le terme de l'accord
00:56:17de Nouméa
00:56:18c'était l'indépendance
00:56:19et donc
00:56:20on l'a vu d'ailleurs
00:56:21la mobilisation des jeunes
00:56:22pour les deux référendums
00:56:24était énorme
00:56:26alors que c'était
00:56:26une grande interrogation
00:56:27est-ce que les jeunes
00:56:28vont aller voter
00:56:29mais les jeunes
00:56:29sont allés voter
00:56:30ils ont voté
00:56:31pour l'indépendance
00:56:32et donc aujourd'hui
00:56:33le fait d'avoir fait
00:56:34ce référendum
00:56:37avorté en 2021
00:56:38pour balayer
00:56:39la question de l'indépendance
00:56:41font aussi
00:56:42que les jeunes
00:56:42qui sont les laissés
00:56:43pour compte
00:56:44en Calédonie
00:56:44surtout les jeunes
00:56:46océaniens
00:56:46canards
00:56:46aqualisiens
00:56:47etc
00:56:48on fait ces émeutes
00:56:49en 2024
00:56:50mais si on repart encore
00:56:52sur un énième statut
00:56:55moi en 80
00:56:55dans les années 90
00:56:57j'avais écrit
00:56:57la valse des statuts
00:56:58pour décrire
00:56:59parce qu'on change
00:57:00de statut tout le temps
00:57:00et puis on fait
00:57:01un pas en avant
00:57:02deux pas en arrière
00:57:02un peu plus d'autonomie
00:57:04un peu moins d'autonomie
00:57:05etc
00:57:05si on repart encore
00:57:06pour un énième statut
00:57:07qui ne donne
00:57:08pas l'indépendance
00:57:10moi je
00:57:11j'ai peur
00:57:12de ce qui peut arriver
00:57:12en Calédonie
00:57:13c'est ce que je disais
00:57:14tout à l'heure
00:57:14sur l'absence
00:57:16de sens
00:57:18qu'on voit
00:57:19à une issue
00:57:22autre
00:57:22que l'indépendance
00:57:23et d'ailleurs
00:57:25on disait
00:57:26tout à l'heure
00:57:26l'accord de Nouméa
00:57:28il a des ambiguïtés
00:57:29et vous soulignez
00:57:32plus ces ambiguïtés
00:57:34que moi
00:57:35et je reconnais
00:57:36qu'elles y étaient
00:57:38mais quand on le lit
00:57:39et qu'on essaye
00:57:40de réfléchir
00:57:41à qu'est-ce qui se passe
00:57:43s'il y a trois noms
00:57:44au référendum
00:57:45l'accord de Nouméa
00:57:46n'apporte pas de réponse
00:57:48et alors que
00:57:52il dessine clairement
00:57:53une voie
00:57:54vers l'indépendance
00:57:56et il dit
00:57:57les partis vont se réunir
00:57:59il insiste
00:58:00sur le fait
00:58:01qu'on ne peut pas séparer
00:58:02le territoire
00:58:03en aucun cas
00:58:04donc on voit
00:58:06que dans l'esprit
00:58:07des rédacteurs
00:58:08il y avait quand même
00:58:10une ligne de plus forte pente
00:58:11et le fait
00:58:12que la situation actuelle
00:58:14ne suive pas
00:58:15cette ligne
00:58:15de plus forte pente
00:58:17des accords de Nouméa
00:58:18explique aussi
00:58:19les difficultés
00:58:21juridiques
00:58:21dans lesquelles
00:58:22on est
00:58:22parce qu'on est
00:58:23dans un no man's land
00:58:25et sur le plan politique
00:58:26le projet alternatif
00:58:29à celui
00:58:30d'une indépendance
00:58:32ou d'une indépendance
00:58:32d'association
00:58:33parce qu'en plus
00:58:34il y a plusieurs notions
00:58:34il y a eu un rapport
00:58:36je crois
00:58:37d'un juriste
00:58:38M. Soukramanian
00:58:39qui montrait d'ailleurs
00:58:41que ce n'était pas binaire
00:58:42qu'il y avait
00:58:43toute une gamme
00:58:43de scénarios possibles
00:58:49le scénario alternatif
00:58:51on ne le voit pas
00:58:53dessiner
00:58:54une société stable
00:58:56et juste
00:58:56pour le territoire
00:58:58et une société
00:59:00qui est injuste
00:59:01c'est une société
00:59:02qui est intrinsèquement
00:59:03violente
00:59:04et instable
00:59:07oui
00:59:07ça
00:59:08c'est un peu
00:59:09le problème
00:59:10je ne sais pas
00:59:10si nous avons reçu
00:59:12des questions
00:59:13oui
00:59:13elles ont été exprimées
00:59:14sur le chat
00:59:16la première
00:59:18c'est
00:59:21par rapport
00:59:22à la cécité
00:59:24de la droite française
00:59:25dans son ensemble
00:59:26au moment
00:59:28de la guerre d'Algérie
00:59:29par exemple
00:59:29à la fin de celle-ci
00:59:30il y a eu une division
00:59:32dite un des auditeurs
00:59:35de la droite
00:59:36entre les OAS
00:59:38en gros
00:59:38et puis les gaullistes
00:59:39voilà
00:59:40sur la reconnaissance
00:59:41de l'indépendance
00:59:42et là
00:59:43la promotion
00:59:44de Mme Bacchès
00:59:46donc anti-indépendantiste
00:59:50emblématique
00:59:51de ce courant
00:59:52dans la province sud
00:59:54comme ministre
00:59:56ministre de la citoyenneté
00:59:57même
00:59:57est un symptôme
01:00:00de l'aveuglement
01:00:02de la droite française
01:00:02dit
01:00:03un des auditeurs
01:00:05alors
01:00:06l'aveuglement
01:00:08dans l'histoire
01:00:10de la colonisation
01:00:10l'aveuglement
01:00:12du pouvoir colonial
01:00:14c'est quelque chose
01:00:15qui
01:00:16ne date pas
01:00:17d'aujourd'hui
01:00:18quand on prend
01:00:19l'histoire
01:00:19de la révolution française
01:00:20et la position
01:00:21du parti colonial
01:00:23dans l'assemblée nationale
01:00:25à l'époque
01:00:26où il y avait
01:00:27notamment la question
01:00:29du statut
01:00:30des libres de couleur
01:00:31qui étaient
01:00:32donc
01:00:32des personnes
01:00:35issues
01:00:35de métissages
01:00:37ou des anciens
01:00:39esclaves libres
01:00:40qui étaient devenus
01:00:41des soutiens
01:00:42de la société
01:00:44coloniale
01:00:44parce qu'ils avaient
01:00:45eux-mêmes des esclaves
01:00:46quand ils ont demandé
01:00:47l'égalité des droits
01:00:48que les colons blancs
01:00:49leur refusaient
01:00:50on a continué
01:00:52de leur refuser
01:00:53malgré la déclaration
01:00:54des droits de l'homme
01:00:54et du citoyen
01:00:55et ils se sont révoltés
01:00:56et ça a été une des étincelles
01:00:58de la grande révolte
01:00:59des esclaves
01:01:00donc il y a eu
01:01:00et on pourrait reprendre
01:01:02l'exemple similaire
01:01:05sur l'Algérie
01:01:07et ce qu'on a fait
01:01:08des revendications
01:01:10des premiers leaders nationalistes
01:01:12des revendications
01:01:14d'égalité
01:01:14au nom des principes
01:01:15de la république
01:01:16dans les années 30 et 40
01:01:19pour illustrer
01:01:20quand même
01:01:22pour le coup
01:01:23l'amnésie
01:01:24de la droite française
01:01:25sur ces questions coloniales
01:01:26je vais prendre
01:01:27un souvenir personnel
01:01:28de l'époque
01:01:28où j'étais
01:01:29conseiller mémoire
01:01:30de François Hollande
01:01:31le 19 mars 2016
01:01:34François Hollande
01:01:35a prononcé
01:01:36un discours
01:01:36pour marquer
01:01:40la journée nationale
01:01:43je ne sais plus
01:01:44exactement
01:01:44son intitulé
01:01:45mais qui marque
01:01:46les accords déviants
01:01:48et il a prononcé
01:01:49un discours
01:01:49pour reconnaître
01:01:53l'importance
01:01:53de cette date
01:01:54etc
01:01:55le matin
01:01:56de ce discours là
01:01:58il y a eu
01:01:58une tribune
01:01:59de Nicolas Sarkozy
01:02:00dans le Figaro
01:02:02qui critiquait
01:02:03François Hollande
01:02:04parce que
01:02:05le 19 mars
01:02:06c'est une date
01:02:06qui ne plaît pas
01:02:08aux communautés
01:02:09rapatriées
01:02:11c'est la date
01:02:12des anciens combattants
01:02:13de la FNACA
01:02:14etc
01:02:15enfin bon
01:02:15il y a tout un tas
01:02:16de divisions
01:02:18mémorielles
01:02:19mais ce qui m'a frappé
01:02:20c'est que
01:02:21dans sa tribune
01:02:22il n'y avait pas
01:02:23une seule fois
01:02:23le nom du général
01:02:24de Gaulle
01:02:25et
01:02:27il citait
01:02:28Abdelkader
01:02:29on ne sait pas
01:02:29trop pourquoi
01:02:30mais
01:02:31quand on est gaulliste
01:02:33le 19 mars
01:02:35c'est le moment
01:02:36où le général
01:02:38de Gaulle
01:02:38assume
01:02:39de donner
01:02:40l'indépendance
01:02:41parce que c'est ça
01:02:42le processus
01:02:42qui se dessine
01:02:43à l'Algérie
01:02:44et de faire sortir
01:02:45la France
01:02:46de son ornière
01:02:47coloniale
01:02:48et tout ce qui s'est passé
01:02:49après dans la diplomatie
01:02:50française
01:02:50la reconnaissance
01:02:51de la Chine
01:02:52le discours de Phnom Penh
01:02:53vive le Québec libre
01:02:54tout ce qui fait
01:02:55aujourd'hui
01:02:58les restes
01:02:59de grandeur
01:03:00de la diplomatie française
01:03:01est possible
01:03:03par ce geste
01:03:04du général de Gaulle
01:03:05qui est
01:03:06d'assumer
01:03:07l'indépendance
01:03:08de l'Algérie
01:03:08il va risquer sa vie
01:03:09pour ça
01:03:10il va manquer
01:03:11de se faire assassiner
01:03:12pour ça
01:03:12que celui
01:03:13qui était censé
01:03:14être son héritier
01:03:15efface totalement
01:03:16cet héritage
01:03:18du général de Gaulle
01:03:20et on voit bien
01:03:21pourquoi
01:03:22par souci
01:03:23électoraliste
01:03:24de caresser
01:03:25l'électorat
01:03:26des rapatriés
01:03:28qui sur ces questions-là
01:03:30domine le discours
01:03:32de la droite
01:03:33et notamment
01:03:34dans le sud-est
01:03:35de la France
01:03:36
01:03:37je dois avouer
01:03:38que les bras
01:03:39m'en ont tombé
01:03:39parce que
01:03:42on ne peut pas
01:03:42se dire gaulliste
01:03:45et se souvenir
01:03:46que le général de Gaulle
01:03:47a risqué sa vie
01:03:48pour avoir donné
01:03:50l'indépendance
01:03:51enfin pas avoir donné
01:03:52avoir reconnu
01:03:53l'indépendance
01:03:54de l'Algérie
01:03:57et passer par
01:03:58perdre ses profits
01:03:59ce qui a été
01:04:00une de ses décisions
01:04:01majeures
01:04:02et qui a permis
01:04:04de sortir la France
01:04:06ma conviction
01:04:07c'est que si le général
01:04:08de Gaulle
01:04:08était mort en 57
01:04:09la France
01:04:11se serait enfoncée
01:04:12dans les guerres
01:04:12coloniales
01:04:13comme le Portugal
01:04:14l'a fait
01:04:14et on serait sorti
01:04:16de tout ça
01:04:16en lambeaux
01:04:17dans les années 70
01:04:19et en étant réduit
01:04:21à la taille
01:04:21de la Belgique
01:04:22qui a perdu le Congo
01:04:24dans les années 70
01:04:25si la France
01:04:26a pu conserver
01:04:27une certaine autonomie
01:04:29etc
01:04:30c'est parce que
01:04:34elle a su
01:04:36avec plein de drame
01:04:37sortir de la guerre
01:04:38d'Algérie
01:04:39et que les héritiers
01:04:40du général de Gaulle
01:04:41oublient ça
01:04:42je trouve que ça témoigne
01:04:44de leur manque
01:04:44de compréhension
01:04:47ou leur cynisme
01:04:48est appliqué
01:04:50à la Nouvelle-Calédonie
01:04:51et bien on retrouve
01:04:53la même myopie
01:04:55ou le même cynisme
01:04:57Alors la deuxième question
01:04:59qui est posée
01:05:00c'est à propos
01:05:01de la notion
01:05:02qui vient de ressurgir
01:05:06un petit peu
01:05:07en pointillé
01:05:08pas vraiment formulé
01:05:09d'une partition
01:05:10du territoire
01:05:12de la Nouvelle-Calédonie
01:05:13avec une séparation
01:05:15de la province sud
01:05:16qui est contrôlée
01:05:17par les anti-indépendantistes
01:05:19et du reste
01:05:21du territoire
01:05:22et notamment
01:05:22de la province nord
01:05:23voilà
01:05:24et ça
01:05:25ça rappelle
01:05:26certaines idées
01:05:28exprimées
01:05:29à la fin
01:05:29de la guerre d'Algérie
01:05:30y compris
01:05:31des ministres
01:05:32du général de Gaulle
01:05:33je pense
01:05:34même au premier ministre
01:05:35Michel Debré
01:05:36ou à
01:05:37Alain Perfit
01:05:39étaient favorables
01:05:41à s'orienter
01:05:43vers une séparation
01:05:44non pas reconnaître
01:05:46globalement
01:05:47l'indépendance
01:05:47de l'Algérie
01:05:48mais en séparer
01:05:50certains territoires
01:05:51côtiers
01:05:51voilà
01:05:53voilà
01:05:54cette volonté
01:05:55de séparation
01:05:56elle est plus le fait
01:05:58des politiciens
01:06:00de Nouméa
01:06:01que de
01:06:02que de
01:06:04que de nos ministres ici
01:06:06c'est à dire que
01:06:07je
01:06:07enfin je sais pas
01:06:08mais je pense pas
01:06:09que personne ici
01:06:10ne pourrait défendre
01:06:11une partition
01:06:12mais c'est les idées
01:06:13de Nicolas Mesdor
01:06:14de Sonia Paquets
01:06:15etc.
01:06:16pour éliminer
01:06:17le problème
01:06:18comme Canac
01:06:19entre guillemets
01:06:19et ben
01:06:20on fait une partition
01:06:22moi je me rappelle
01:06:23en 2023
01:06:23avoir entendu
01:06:24sur les ondes
01:06:25de radio
01:06:25en Calédonie
01:06:27soit Sonia Paquets
01:06:28soit Nicolas Mesdor
01:06:29dire
01:06:29la province sud
01:06:30devrait être
01:06:31un département français
01:06:33comme ça
01:06:33on élimine le problème
01:06:35et depuis les événements
01:06:37de 2024
01:06:38Sonia Paquets
01:06:39présidente de la province sud
01:06:40a pris
01:06:40plusieurs mesures
01:06:42qu'on pourrait dire
01:06:43d'apartheid
01:06:44c'est à dire
01:06:44limitant les bourses scolaires
01:06:46aux enfants
01:06:46qui doivent être
01:06:49résidant avec leur famille
01:06:50depuis plus de 10 ans
01:06:51à Nouméa
01:06:53limitant les inscriptions scolaires
01:06:54des choses
01:06:55alors que quand on connaît
01:06:57la société
01:06:57en Nouvelle-Calédonie
01:06:58notamment la société Canac
01:06:59nombre d'enfants
01:07:01arrivent à Nouméa
01:07:02pour faire des études
01:07:03en étant hébergés
01:07:04chez un oncle
01:07:05un cousin
01:07:06un grand-père
01:07:08parce que c'est la famille élargie
01:07:09et que donc
01:07:10quand on ne peut pas faire
01:07:11les études
01:07:12là où on est
01:07:13d'origine
01:07:14dans l'intérieur
01:07:14ou dans les îles
01:07:15on se fait héberger
01:07:16par un parent
01:07:18mais qui
01:07:19selon Sonia Bakest
01:07:21n'est pas la famille nucléaire
01:07:23donc ça ne marche pas
01:07:24les enfants n'ont plus le droit
01:07:25donc ces mesures-là
01:07:27ont été prises
01:07:27des mesures sur la santé
01:07:29aussi
01:07:29enfin
01:07:30c'est vraiment
01:07:32sous prétexte
01:07:33de faire des économies
01:07:34parce que l'économie
01:07:35est à terre
01:07:35avec les événements
01:07:36de mai 2024
01:07:37on prive
01:07:38les plus démunis
01:07:40de tout
01:07:40et puis séparer
01:07:42les territoires riches
01:07:43du reste
01:07:44des territoires
01:07:46c'est une figure
01:07:47aussi imposée
01:07:48dans les décolonisations
01:07:50qui se passent mal
01:07:51l'année dernière
01:07:52ceux qui sont allés voir
01:07:53le film
01:07:53Sun Tracto
01:07:54beaucoup d'États
01:07:55ont vu quelque chose
01:07:57du même ordre
01:07:58au Congo
01:07:59dès que le Congo
01:08:00a déclaré son indépendance
01:08:03la société minière
01:08:04qui contrôlait les mines
01:08:05du Katanga
01:08:06a déclaré l'indépendance
01:08:10du Katanga
01:08:11sous contrôle occidental
01:08:13donc c'est des choses
01:08:15qu'on retrouve
01:08:16de façon récurrente
01:08:18dans les histoires
01:08:20de décolonisation
01:08:21qui se passent mal
01:08:21et les îles Chagos
01:08:22dont je parlais tout à l'heure
01:08:24c'est la même chose
01:08:24parce que les Anglais
01:08:26y avaient implanté
01:08:27la base
01:08:28qu'ils partagent
01:08:28avec les Américains
01:08:29de Diego Garcia
01:08:31et parce qu'ils avaient viré
01:08:32tous les habitants
01:08:33de ces îles
01:08:35on les a séparés
01:08:36au moment de l'indépendance
01:08:38de Maurice
01:08:39contre le droit international
01:08:40et le droit international
01:08:42là pour une fois
01:08:43a prévalu
01:08:44et les îles
01:08:46sont en train de revenir
01:08:47à l'île Maurice
01:08:49là dans les temps qui viennent
01:08:52Une dernière question
01:08:54elle porte sur la notion
01:08:56d'universel
01:08:56vous y avez fait référence
01:08:59et l'un des auditeurs
01:09:04a pensé
01:09:05à rapprocher
01:09:06cette notion d'universel
01:09:08à la compréhension
01:09:10qu'on avait
01:09:11Jean-Marie Chibaou
01:09:12quand il a évoqué
01:09:14la part d'universel
01:09:16qu'il y avait
01:09:16dans la culture française
01:09:17qu'il avait étudiée
01:09:19il a fait des études
01:09:20en France
01:09:21etc
01:09:22il avait fait des études
01:09:23en France
01:09:23Jean-Marie Chibaou
01:09:24et en même temps
01:09:26il a dit
01:09:27il faudrait que la France
01:09:27reconnaisse
01:09:29la part d'universel
01:09:30qu'il y a dans la culture canaque
01:09:32voilà ce que fait remarquer
01:09:34cet auditeur
01:09:35et c'est là
01:09:37où les propos
01:09:38d'Alain Lancelot
01:09:39font dresser
01:09:41les cheveux
01:09:41sur la tête
01:09:43parce que
01:09:44tu rappelles
01:09:46la pensée
01:09:48subtile
01:09:49humaniste
01:09:50ambitieuse aussi
01:09:52et courageuse
01:09:53de Jean-Marie Chibaou
01:09:55et un représentant
01:09:56de la population française
01:09:58Alain Lancelot
01:09:59disait
01:10:01quand on parlait
01:10:02de la culture canaque
01:10:05que dans l'accord de Nouméa
01:10:08il voyait
01:10:09donc c'était pas
01:10:10à l'époque le wokisme
01:10:11c'était le politiquement correct
01:10:13mais c'était la même chose
01:10:14et il y voyait
01:10:15l'ethniquement correct
01:10:16qui veut que
01:10:17toutes les cultures se valent
01:10:18ce qui est vrai
01:10:19pour l'ethnologue
01:10:20mais non pour l'historien
01:10:21il est dangereux
01:10:22de croire
01:10:22que la culture canaque
01:10:24est un modèle
01:10:24pour l'humanité
01:10:25quand on parle d'universel
01:10:27moi je vois l'universel
01:10:28dans la parole
01:10:29de Chibaou
01:10:29et je vois
01:10:30la bêtise
01:10:32au front de Taureau
01:10:33comme on dit
01:10:34et le nationalisme
01:10:36étroit
01:10:37et l'obscurantisme
01:10:38dans les paroles
01:10:39d'Alain Lancelot
01:10:40membre du conseil constitutionnel
01:10:42français
01:10:45je crois qu'on peut conclure
01:10:47sur cette
01:10:48merci à vous
01:10:50et merci à Histoire colonial
01:10:51d'abord
01:10:52merci à Histoire colonial
01:10:53on en fera d'autres
01:10:58merci à vous
01:10:59et merci à vous
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