00:00Alors, cette emprise du calendrier électoral français sur la Nouvelle-Calédonie se voit depuis toujours, puisque 88, donc les deux
00:11tours des élections présidentielles ou VA entre les deux, avant le ministre Ponce, le docteur Ponce, qui a voulu justement
00:19éradiquer tout ce qui faisait le statut particulier des Canaques pour éradiquer le peuple canaques dans toute sa spécificité, qui
00:25a mené donc à OUVEA.
00:29Là, 2021, si ça a été avancé aussi, c'était parce que Macron voulait en finir avant la fin de
00:34son mandat et de faire en sorte que son futur mandat, s'il était réélu, soit débarrassé du problème de
00:40la dépendance de la Nouvelle-Calédonie.
00:42Aujourd'hui encore, on peut dire que si on est arrivé maintenant, on reparlera de Valls après à Bougival, c
00:52'est aussi parce qu'on veut en finir avant la fin du mandat du président Macron,
00:57parce que tout le monde s'inquiète de ce qui va advenir de la France aux prochaines élections présidentielles en
01:032027, ce qui explique d'ailleurs une partie de la scission des indépendantistes
01:08par rapport à Bougival, Élysée Oudino. Donc du coup, on est toujours dans la Calédonie, toujours pied et poing liée
01:17à la politique intérieure française.
01:19On n'arrive pas à en sortir et les non-indépendantistes jouent de ça, parce que c'est leur intérêt
01:27pour garder la Calédonie française et leur pouvoir.
01:31Il y avait une nécessité de retravailler les textes après le troisième référendum. On est dans une espèce de no
01:46man's land juridique avec un congrès qu'on pourrait réélire,
01:52mais qu'on ne veut pas réélire, et donc qui se prolonge indéfiniment avec des reports qui sont sans arrêt
01:59votés en catastrophe.
02:01Donc il y avait une nécessité, sinon une urgence, juridique à travailler le dossier.
02:12Ce qui a, dans la phase de l'année dernière, il y a eu un moment intéressant avec la présence
02:20de Manuel Valls au ministère des Outre-mer,
02:23où on a, dans le langage et pour partie dans les propositions que l'État a pu faire à ce
02:29moment-là, renoué avec l'esprit de Nouméa.
02:32Et je mets ça sur le compte du fait que, premièrement, Manuel Valls a été Premier ministre.
02:39Et de 1988 à 2021, la Nouvelle-Calédonie, c'était l'affaire du Premier ministre.
02:45Et ce n'était pas juste le souvenir historique du fait que c'était Michel Rocard qui avait fait les
02:51accords de Matignon.
02:52C'est aussi parce que, dans une démarche de décolonisation, c'est l'État tout entier qui doit conduire ce
03:03processus.
03:05Et l'État tout entier, c'est le gouvernement.
03:07Donc c'est le chef de gouvernement.
03:08Ce n'est pas le ministre de l'Intérieur ou le ministre des Outre-mer, c'est le gouvernement tout
03:12entier.
03:13Et donc placer le suivi de ce dossier-là à Matignon, c'était témoigner du fait que c'est l
03:19'État tout entier qui est engagé dans le processus.
03:22Et vis-à-vis des acteurs locaux, c'est aussi une marque de respect de leur mettre en face d
03:27'eux le chef du gouvernement.
03:28Et pas un ministre parmi les autres qui n'a pas la main sur Bercy, qui n'a pas la
03:33main sur tel ou tel autre ministère dont on aurait besoin pour les affaires du territoire.
03:38Donc ça a joué.
03:39Et possiblement que le fait qu'il ait été...
03:46Je ne sais plus s'il avait été à Matignon à l'époque de Michel Rocard, mais proche de Michel
03:51Rocard,
03:52à cette époque-là, et conseiller de Lionel Jospin, ensuite Premier ministre.
03:57Je pense que ça lui a donné, comme d'ailleurs à tous les premiers ministres de 88 à 2021,
04:05une certaine compréhension de ce qui se passait là-bas.
04:08À partir du moment où on a retiré le dossier à Matignon,
04:14les choses sont passées dans la sphère du ministère de l'Intérieur.
04:19Et donc ça a réduit le champ.
04:22Et il s'est réélargi pendant quelques mois quand Manuel Valls était à Udino.
04:33Mais avec...
04:36Enfin, sa liberté n'était pas totale.
04:40Parce qu'il y a eu plusieurs projets.
04:41Un premier qui était plus dans la ligne de Nouméa
04:45et qui conduisait plus que ce que Bougival fait vers la voie de l'indépendance.
04:53Et le...
04:56Toujours dans les questions de délai,
04:59la négociation de Bougival s'est faite dans des circonstances d'urgence, de tension, etc.
05:05qui n'ont pas permis sans doute de faire jouer toutes les marges qu'il fallait faire jouer
05:13et qui a conduit, quand la copie a été renvoyée au FLNKS dans le territoire,
05:23à la sortie du FLNKS, du processus.
05:26C'est ça.
05:27Tous les acteurs engagés dans le processus, à l'exception des loyalistes,
05:33l'ont regretté depuis.
05:34Sans forcément partager la position du FLNKS de sortie.
05:40Ils ont regretté qu'il n'y a jamais vraiment eu de consensus.
05:45Mais en tout cas, la volonté collective d'avancer ensemble a été perdue
05:51et qu'on n'ait pas cherché à renouer les fils
05:54et à faire revenir le FLNKS à la table.
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