- il y a 1 semaine
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale et député RN du Nord.
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00:02Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. On parle toujours de cette canicule et on devrait
00:06connaître aujourd'hui de nouvelles mesures proposées par le gouvernement. Hier entre
00:09autres le Premier ministre a confirmé le doublement de l'enveloppe pour la rénovation énergique des
00:13hôpitaux. Aujourd'hui on le sait les services d'urgence sont saturés. Face à un phénomène
00:18de telle ampleur dans l'immédiat qu'est ce que l'on pourrait faire de plus ? Aujourd'hui on
00:23voit
00:23bien que le gouvernement est pris de court d'abord. Il n'y a pas eu d'anticipation, il n
00:27'y a pas de
00:27pilote non plus. Avant l'anticipation, excusez-moi je vous coupe, qu'est-ce qu'on ferait dans l'immédiat
00:30?
00:31Aujourd'hui il faut aller vers un plan de climatisation qui soit le plus large possible.
00:36C'est ça l'objectif à atteindre. Mais maintenant tout de suite ? Oui d'accord mais c'est facile
00:40quand on est
00:40devant le précipice de se demander si on saute ou on ne saute pas. Le gouvernement n'a pas mobilisé
00:46les moyens, c'est du rafistolage. Alors moi je prends ceci comme tout ce qui va dans ce sens de
00:51climatisation va dans le bon sens en réalité mais on n'est pas au niveau. C'est-à-dire qu
00:55'ils ont fait
00:56perdre beaucoup de temps, ils n'ont pas anticipé, il n'y a pas de pilote dans l'avion, il
01:00n'y a même
01:00pas de ministre de l'écologie. Vous avez déjà croisé Madame Barbu, la ministre de l'écologie,
01:04elle est déjà venue à votre micro, vous parler des priorités en matière de réchauffement
01:08climatique. Donc ils sont totalement à côté de la plaque. D'autres sont allés beaucoup plus vite.
01:13Je rappelle que d'autres pays, je pense à l'Italie ou aux Etats-Unis, sont climatisés
01:17depuis très longtemps. Mais par exemple dans les collectivités, vous me dites qu'est-ce qu'il faudrait
01:20faire tout de suite ? Il y a quelqu'un qui a été élu à Nice, Éric Ciotti, il a
01:24il y a trois mois
01:25déjà enclenché un plan de climatisation pour ces écoles qui sera efficient évidemment sur l'année
01:302027. Donc évidemment qu'on peut aller très vite lorsqu'on anticipe. Ils n'ont pas anticipé,
01:36ils font du bricolage.
01:37Alors, rafistolage, bricolage, dites-vous.
01:40Mais pas seulement.
01:41Pas seulement. Vous dites que le gouvernement n'a pas anticipé. Est-ce que vous, au Rassemblement
01:44national, vous avez anticipé un phénomène encore une fois d'une telle ampleur ? Aujourd'hui,
01:50vous vous êtes converti, on en parlait tout à l'heure en parlant des prévisions du
01:54CO2, au finalement à ce que dit le GIEC il y a quelques années, vous étiez sceptique,
02:00Marine Le Pen disait elle-même qu'elle jugeait le GIEC, les prévisions du GIEC très
02:04alarmistes. Est-ce que vous admettez que vous avez changé d'avis là-dessus ?
02:06Non, on était d'accord sur les analyses, c'est-à-dire les constats, mais on pouvait
02:10avoir des divergences sur les portes de sortie, en tous les cas les préconisations.
02:15Il y a des préconisations qu'on trouve très intéressantes, il y a des préconisations
02:17et notamment, il y avait au GIEC un débat, il y a toujours un débat au GIEC sur
02:22la climatisation. Nous, ça fait très longtemps qu'on défend la climatisation. La
02:26climatisation, ce n'est pas idéologique, c'est-à-dire qu'on pense que c'est une réponse
02:29concrète, que c'est une réponse...
02:31Mais c'est le remède, c'est une réponse. Moi, je parle plutôt des causes de...
02:34Mais sur les causes, le réchauffement climatique, on ne le nie pas, ça, ce sont des constats.
02:39Mais sur les remèdes, sur les portes de sortie, oui, il pouvait y avoir, et il y a même au
02:44sein du GIEC un débat, puisque je vous rappelle que François Gemmène, je crois, qui est un
02:48des présidents d'un des groupes de travail du GIEC, défend lui-même la climatisation,
02:52alors que GIEC, vous aviez un certain nombre de scientifiques qui ne la défendent pas.
02:55Mais il y a un blocage idéologique, je vais vous dire, sur la climatisation.
02:58Le gouvernement refuse d'aller vers la climatisation par idéologie.
03:02Dans leur fond vert, ils ne l'avaient pas mis, ils avaient sorti la climatisation.
03:05Il y a un blocage idéologique.
03:06Je vous parle encore une fois des causes, et vous me répondez sur la climatisation,
03:10et on va y venir, et notamment sur les solutions que vous préconisez.
03:12Mais est-ce que vous pouvez, en quelque sorte, vous battre avec la climatisation
03:16pour la réparation du climat abîmé, et défendre tout ce qui contribue,
03:22finalement, à continuer à l'abîmer ? Je pense en particulier à votre défense
03:26des énergies fossiles, lorsque vous réclamez la baisse de la fiscalité
03:29sur les carburants, et je ne parle pas de la guerre en Iran,
03:31vous le faisiez cet hiver au moment de la vague de froid.
03:34Est-ce que, pour vous, c'est cohérent ? Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe ?
03:36Nous, ce qu'on défend, c'est le localisme, c'est-à-dire consommer proche de chez soi,
03:41ce n'est pas de vivre avec des importations qui abîment, évidemment,
03:45la couche d'ozone, qui abîment l'environnement.
03:48Nous, on veut un patriotisme économique, on veut réindustrialiser le pays
03:52pour que cette consommation, ce localisme, il se fasse au plus près.
03:55Parce que c'est ça qui, évidemment, abîme beaucoup,
03:57c'est cette mondialisation qu'on nous a vendue comme heureuse.
04:00Donc, nous, on a toujours cette philosophie qui est de dire
04:02plus on consomme, plus on produit ici, plus on lutte contre le réchauffement climatique.
04:07Néanmoins, je me permets de reposer cette question.
04:09Est-ce qu'on peut défendre la continuation, en quelque sorte, des énergies fossiles,
04:13notamment par la baisse des prix du carburant via les taxes,
04:19tout en constatant les dégâts du réchauffement climatique ?
04:21Il y a deux choses. Nous, on défend le nucléaire, là aussi encore.
04:24Oui, mais là, je vous parle des énergies fossiles.
04:26Est-ce qu'elles peuvent coexister ?
04:27Bien sûr qu'elles peuvent coexister.
04:29Et c'est parce qu'on défend le nucléaire et une France
04:31avec une économie décarbonée grâce au nucléaire
04:33qu'on peut défendre une baisse de la TVA.
04:35Parce qu'en fait, en réalité, c'est complémentaire
04:38et ça permet d'avoir surtout une vision à long terme
04:41et pas réagir au coup par coup.
04:43Nous, quand on défend la baisse de la TVA sur les carburants,
04:45c'est parce qu'on considère que les carburants, ce sont des énergies.
04:48On ne peut pas vivre sans énergie.
04:49C'est un bien de première consommation.
04:51Mais est-ce que ça n'incite pas les Français, les consommateurs,
04:54à ne pas changer de véhicule et passer au véhicule électrique, par exemple ?
04:57Qui peut s'acheter, un, aujourd'hui, un véhicule électrique.
05:00Ensuite, on voyait bien que l'obsession de l'électrique à marche forcée,
05:05c'est la ruine de la production de véhicules en France
05:08parce qu'on n'est pas adapté, on ne se donne pas le temps d'eux.
05:10Il faut aller vers cela, probablement,
05:12mais il ne faut pas aujourd'hui obliger, avec un coup près qui tombe,
05:15notre industrie automobile a changé, finalement, d'orientation au risque de perdre des emplois.
05:22– Donc il faut continuer, pour qu'on vous comprenne bien,
05:24à rouler avec des voitures thermiques, tant que c'est nécessaire.
05:27– Non, il faut aller vers l'électricité, évidemment,
05:30mais simplement accompagner, se donner le temps,
05:32parce que tout ce qui est obsessionnel,
05:34comme le souhaite l'Union européenne, en réalité, ça cause des dégâts.
05:37Mais surtout, il faut avoir des politiques pérennes,
05:40une vision des choses, les énergies,
05:42c'est des biens de première nécessité,
05:44il faut faire baisser la TVA dessus,
05:45et de l'autre côté, il faut continuer le nucléaire.
05:48Là aussi, le gouvernement a fait perdre beaucoup de temps aux Français sur le nucléaire.
05:54Et vous voyez, finalement, c'est parce que nous avons cette vision d'ensemble
05:57qui est une démondialisation.
05:59Nous, on ne croit pas à la mondialisation heureuse,
06:01qu'on peut aujourd'hui avoir des réponses cohérentes.
06:02– Vous en avez parlé à plusieurs reprises,
06:04vous prônez la climatisation généralisée,
06:07votre ami Jean-Philippe Tanguy, notamment,
06:10préconise un plan 100% Rénov', je le cite,
06:13chiffré à 20 milliards d'euros.
06:14En revanche, sur la climatisation, proprement dite pour tous,
06:16on n'a pas bien compris ce que vous vouliez,
06:18et combien ça allait coûter, finalement, et qui allait payer ?
06:20– J'y viens, j'y viens, j'y viens.
06:37– C'est une politique du GIEC qui dit qu'effectivement,
06:38les débats étaient un peu, je reprends son mot,
06:40enquistés avec des analyses qui ont 10 ou 15 ans
06:42et que c'est en train d'évoluer au sein du GIEC.
06:44Nous, on reprend le rapport Pisaniféri sur combien ça coûte.
06:48Le rapport Pisaniféri dit qu'il faudrait mobiliser
06:50à peu près 20 milliards d'euros, mettons, 3 milliards et demi par an
06:53pour climatiser, isoler l'ensemble des bâtiments publics.
06:573 milliards et demi par an, c'est le coût de la journée de solidarité.
07:01– C'est votre préconisation.
07:03– Ça, c'est en investissement ce que l'État pourrait mettre.
07:06De l'autre côté, il faut aider les Français à se climatiser
07:08à travers des prêts à taux zéro.
07:10– Et les études qui montrent, par exemple,
07:12que si tout Paris était climatisé,
07:14la température dans les rues augmenterait d'environ 1 degré
07:17ou 1 degré et demi ?
07:18– Non, 0,5 degré.
07:20– Ça dépend des études.
07:20– Ce n'est pas si tout Paris était climatisé,
07:22c'est si toute l'île de France était climatisée,
07:25il y aurait une hausse d'un demi degré à Paris.
07:27Mais en revanche, il y aurait une mortalité bien moindre,
07:30un coût en vie et un coût économique,
07:32les deux vont de pair, en l'occurrence,
07:34qui seraient bien moins importants.
07:35Donc il y a des choix à faire.
07:36– On en vient à un autre sujet,
07:38le compte à rebours avant le 7 juillet,
07:40c'est dans 11 jours, le 7 juillet,
07:41c'est le jour où la Cour d'appel rendra sa décision
07:45concernant Marine Le Pen,
07:46sera-t-elle ou non éligible pour l'élection présidentielle ?
07:50Comment on vit cette période au Rassemblement National ?
07:53J'imagine que vous vous préparez aux deux scénarios ?
07:55– Oui, bien sûr, parce que nous,
07:56nous avons la chance d'avoir deux personnalités
07:58dans notre mouvement qui peuvent concourir
08:01et qui peuvent assumer les plus hautes charges de l'État.
08:03– Mais ce n'est pas du tout la même chose, selon que ce soit elle ?
08:04– Non, bien sûr, ce ne sont pas les mêmes,
08:05mais Marine Le Pen est notre candidate,
08:08elle est notre candidate naturelle, historique,
08:11et Jordan Bardella s'apprête à pouvoir diriger son gouvernement.
08:14Mais nous avons dit aux Français
08:15que si la justice privait Marine Le Pen
08:17de ce rendez-vous avec les Français,
08:19c'est quand même étrange que dans une démocratie,
08:21ce soit les juges qui décident
08:22de qui pourra être le candidat d'un parti politique,
08:25du premier parti politique de France.
08:26Eh bien, si la justice prive Marine Le Pen,
08:29eh bien Jordan Bardella prendra la relève.
08:31Nous, le scénario, il est assez clair,
08:33et je pense que ce n'est pas le cas
08:34dans les autres familles politiques
08:35qui n'ont même pas de candidats
08:36au moment où nous nous parlons
08:37ou qui en ont 50 sous la même étiquette politique.
08:40– M. Chenu, je reprends ce que vous venez de dire.
08:41C'est étrange que les juges...
08:43– Oui.
08:43– Mais est-ce qu'ils doivent rendre une décision politique
08:46ou une décision juridique, judiciaire,
08:48en fonction des faits qui, selon eux,
08:50méritent ou pas une sanction ?
08:52– Je pense qu'effectivement, en fonction des faits,
08:54ils ne peuvent pas empêcher Marine Le Pen
08:55d'être candidate à l'élection présidentielle.
08:57Elle a démontré la nonne intentionnalité.
09:03Elle n'a jamais eu l'intention
09:05de commettre une faute ou un délit.
09:07Je crois que ça a été reconnu par beaucoup
09:09et par conséquent, elle est aujourd'hui
09:10celle qui porte les espoirs de beaucoup de Français.
09:12– On a appris hier qu'il allait y avoir
09:15une fête champêtre tout près de chez vous
09:17à Liévin, dans le Pas-de-Calais, le 4 juillet,
09:19juste avant la décision de la Cour d'appel,
09:22avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.
09:24Là, c'est une façon de montrer qu'ils sont unis
09:26parce qu'il y a des divergences aujourd'hui.
09:27Personne ne les conteste, par exemple,
09:29sur le dossier des retraites.
09:30– Ce ne sont pas des divergences,
09:31ce sont des candidats qui ne sont pas les mêmes,
09:33ils n'ont pas la même personnalité.
09:34Ce ne sont pas des clones,
09:35mais ils défendent les mêmes idées,
09:36ils défendent le même programme.
09:37Ils seront à Liévin chez Dany Paiva,
09:39le nouveau maire de Liévin,
09:40évidemment, début juillet,
09:42parce qu'ils seront au milieu des militants,
09:44au milieu des adhérents.
09:45Mais ils ont toujours défendu le même programme.
09:47– Le même programme sur les retraites ?
09:48Pardon, au Frankfurter Allgemeine Zeitung,
09:50M. Bardella a dit qu'il était prêt à examiner
09:52un allongement de la durée de la retraite.
09:54– Non, non, il était prêt à examiner
09:56le financement de ce coût des retraites
09:59en regardant comment on fait.
10:00– Il n'y a pas de divergence entre le nature.
10:01– Non, et Marine Le Pen l'a rappelé d'ailleurs
10:02dimanche chez vos confrères de France Culture.
10:04Elle est attachée.
10:05Quand vous avez commencé à travailler avant 20 ans
10:07et que vous avez vos 40 annités,
10:09vous pouvez partir à 60 ans
10:10et à 62 ans avec 40 annités.
10:12– Et Jordan Bardella aussi, M. Chenu ?
10:13– Bien entendu, Jordan Bardella aussi.
10:14C'est notre programme.
10:16Maintenant, ça se finance en faisant entrer
10:19plus de jeunes sur le marché du travail.
10:21– Merci beaucoup Sébastien Chenu,
10:23vice-président du RN, député du Nord.
10:25Et c'est la suite de Télématin.
10:26Merci beaucoup.
10:26– Merci à vous.
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