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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Philippe Brun, député PS de l'Eure.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour Philippe Brun.
00:02Bonjour.
00:03Et vous êtes aussi le monsieur budget en quelque sorte du Parti Socialiste.
00:07Et le Parti Socialiste c'est la clé de survie plus ou moins longue,
00:10la survie politique bien sûr, du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu,
00:13puisque, on le rappelle, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale.
00:16Comment vous jugez ces premiers pas ?
00:18Il parle peu, il est discret, est-ce que ça tranche avec François Bayrou, son prédécesseur ?
00:21Écoutez, on a toujours tort, je crois, de résumer la crise politique que nous connaissons à des questions de style.
00:26Le problème de François Bayrou ou de Michel Barnier, c'était pas leur style.
00:30Ils étaient affables, sympathiques, cordiaux en privé.
00:33Le problème, c'est la situation politique.
00:35Le Président de la République qui décide de nommer un Premier ministre qui est son dernier et plus proche collaborateur,
00:39c'est une situation où il fallait au contraire ouvrir le jeu.
00:42Donc a priori plutôt défavorable.
00:43Il y a eu déjà deux censures du gouvernement macroniste, car aucun élargissement n'est possible du macronisme.
00:48Il faut aujourd'hui ouvrir le jeu avec un autre gouvernement, ce que nous avons proposé,
00:52un gouvernement, nous, de gauche et de défense républicaine, c'était il y a quelques semaines.
00:55Mais ce gouvernement n'a pas été écouté.
00:57Comment vous jugez Sébastien Lecornu ?
00:59Vous êtes prêt à le rencontrer, par exemple ?
01:00C'est une question très concrète.
01:01Alors, nous avons dit très clairement, comme d'ailleurs les écologistes et les communistes,
01:04on ira évidemment rencontrer Sébastien Lecornu, nous répondons toujours aux invitations qui nous sont faites.
01:08Nous le redisons, toute continuation du macronisme aboutira au même résultat.
01:14La censure, on l'a vu lors des deux derniers gouvernements.
01:17Mais rentrons dans le vif du sujet, dans le concret.
01:19Ça veut dire quoi la continuation du macronisme par rapport au budget qui était présenté par François Bayrou ?
01:23On entend, ces dernières heures, que par exemple, la piste des deux jours fériés supprimés serait abandonnée.
01:30Est-ce que ça, ça serait un pas dans la bonne direction si Sébastien Lecornu confirmait cette piste ?
01:36Écoutez, il faut tout abandonner.
01:37Il n'y avait à peu près rien à garder dans le plan Bayrou.
01:40Nous nous disons une chose simple, nous n'irons pas négocier avec Sébastien Lecornu tant qu'il n'aura pas dit ce qu'il souhaite faire,
01:47tant qu'il n'aura pas dit les grands chantiers qu'il souhaite ouvrir, tant qu'il n'aura pas dit les propositions du budget socialiste qu'il souhaite reprendre.
01:54Nous les avons présentées il y a trois semaines, elles sont publiques.
01:57Tout le monde connaît les positions des socialistes sur la fiscalité, sur le pouvoir d'achat, sur les retraites, sur le plan de relance que nous proposons.
02:02Mais il n'y a rien à discuter, il faut prendre tout au bloc ?
02:04À lui de dire d'abord les chantiers qu'il souhaite ouvrir. On ne va pas participer à une parodie de négociation.
02:09On irait pendant des semaines et des semaines aller discuter pour qu'à la fin, on nous donne une micro-taxe sur les plus riches
02:16et qu'on maintienne un jour férié sur deux. Cela serait inacceptable.
02:20Alors qu'est-ce que vous voulez Philippe Brun ?
02:21Donc nous irons négocier une fois.
02:23Négocier ça veut dire quoi ? Par ailleurs, vous venez de parler de la taxe sur les plus riches,
02:27qu'on appelle donc la taxe Zuckman, du nom de son promoteur Gabriel Zuckman,
02:30qui consisterait pour vous à taxer à 2% les plus hauts patrimoines, ceux qui sont supérieurs à 100 millions d'euros.
02:39C'est ça ou rien pour vous ? Il faut faire cette taxe ou rien du tout ?
02:42Au prémice d'abord de dire ce qu'il souhaite ouvrir.
02:44On a vécu ça déjà plusieurs fois. On a vécu avec François Bayrou.
02:47Donc on nous fait venir dans des réunions qui durent pendant des heures.
02:50On fait semblant, on rentre dans les caméras et puis à la fin, la montagne accouche d'une souris.
02:54Les gens, ils veulent un vrai changement, un vrai changement économique.
02:57Il y a un problème de croissance aujourd'hui. On est seulement à 0,8%.
03:00La consommation, elle baisse d'un pour cent.
03:02Les gens n'arrivent pas à finir leur fin de mois.
03:04Il faut impérativement relancer la machine économique et donc prendre un tournant.
03:08Ce tournant, c'est d'abord soutenir la consommation, le pouvoir d'achat des gens,
03:11soutenir les salaires et aussi mettre à contribution ceux qui peuvent se le permettre pour redresser les finances publiques.
03:16Par cette taxe, telle que je viens de la décrire, 2% pour les plus hauts patrimoines.
03:21Est-ce que c'est ce que vous voulez ? Est-ce que c'est ce que vous allez négocier ?
03:24Par exemple, Raphaël Glucksmann disait, c'est indiscutable.
03:28Je veux dire, on ne peut pas faire sans ça, disait-il.
03:31Il faut en tout cas de la justice dans l'effort.
03:33On ne peut pas demander aux gens, on ne peut pas dérembourser leurs médicaments.
03:36On s'y opposera.
03:36On s'opposera à tout, d'ailleurs, effort sur les classes populaires et les classes moyennes
03:40qui ont déjà payé un lourd tribut de la crise.
03:42Et on dit, il faut qu'on répartisse l'effort.
03:44Il faut que ceux qui ont été privilégiés durant les 8 dernières années,
03:48qui ont été exonérés totalement d'efforts, 62 milliards de baisse d'impôt par an pour les plus riches,
03:52il faut qu'ils puissent contribuer.
03:54La taxe Zuckmann, ça ne concerne que 2000 contribuables en France.
03:58C'est donc, finalement, très peu de gens, y compris personne sur ce plateau, ne paieraient la taxe Zuckmann.
04:03Mais que répondez ? On ne sait pas, peut-être qu'il y a des très riches.
04:05Oui, il cache bien l'enjeu.
04:06On ne sait jamais.
04:07L'argument des économistes qui consiste à dire que cela pourrait pénaliser la croissance,
04:11notamment en pénalisant les propriétaires d'entreprises qui ne versent pas encore de dividendes.
04:16C'est un peu technique.
04:17Mais il y a des entreprises comme celle-là qui seraient incitées peut-être à aller investir plus tôt à l'étranger.
04:22Est-ce que vous l'entendez, cet argument ?
04:24Vous êtes un spécialiste de l'économie.
04:26Oui, alors dans la taxe Zuckmann que nous, on propose, on exclut de l'assiette.
04:29L'assiette, c'est ce sur quoi on calcule l'impôt.
04:31On exclut ce type d'entreprise, justement.
04:33Donc, il faut qu'on discute ces sujets-là.
04:35On exclut les start-up, par exemple, qui ne versent pas encore de dividendes,
04:40qui ne gagnent pas encore d'argent.
04:41Tout cela est déjà prévu, en vérité, dans le dispositif que nous proposons.
04:44Et l'exil des grandes fortunes, vous ne le craignez pas ?
04:47Écoutez, l'exil des grandes fortunes, on fait le coup à chaque fois.
04:50Ce que je constate, c'est que la France n'est pas un enfer fiscal,
04:52puisque c'est le pays d'Europe occidentale qui compte le plus de milliardaires.
04:56C'est donc bien la preuve qu'on peut aussi investir et réussir dans notre pays,
04:59malgré la générosité de notre système social et malgré un système fiscal qui est assez redistributif.
05:04Ce gouvernement, il tient, si vous lui accordez votre mensuétude et que vous n'appuyez pas sur le bouton de la censure,
05:10est-ce que vous êtes prêt à ce, pardon pour cette expression anglaise, à ce deal,
05:15si jamais vous obtenez certaines concessions ?
05:17La question est simple, en fait.
05:18Écoutez, nous, on a toujours fait prévaloir l'intérêt du pays devant les intérêts partisans,
05:21et on l'a fait au moment du budget avec François Bayrou en janvier.
05:25Et on a permis au pays de le faire.
05:27Je vous dis une chose, c'est que la délimination de Sébastien Lecornu nous inquiète.
05:29Pourquoi ? Parce qu'elle est un signe de fermeture du régime, de fin de règne en vérité.
05:34Mais non, pour nous.
05:34Et nous avons bien peur que la montagne accouche une souris.
05:37Donc s'il n'y a rien sur les retraites, nous demandons la suspension de la réforme des retraites.
05:40S'il n'y a rien sur la mise à contribution des très riches, en disant des grandes fortunes.
05:46S'il n'y a rien pour réduire l'effort qu'est demandé à l'hôpital,
05:50qu'est demandé aujourd'hui à l'Udité nationale,
05:51qu'est demandé à tous nos services publics qui sont à l'os,
05:53alors ce sera sans nous, et notre main ne tremblera pas pour censurer ce gouvernement.
05:57Pour censurer, et donc pour aller vers de nouvelles élections législatives,
06:00qui, elles non plus, ne vous font pas peur.
06:02Là non plus, vous ne tremblerez pas lorsqu'il faudra aller de nouveau devant les électeurs,
06:06sans alliés forts comme la France insoumise,
06:08puisqu'aujourd'hui, vous êtes quand même assez désunis.
06:11Écoutez, nous, on n'a pas peur de la dissolution.
06:12On n'est pas là pour défendre des postes, on est là pour défendre des gens.
06:16Et nous, on ne laissera pas passer un budget où on dérembourse des médicaments,
06:18où on gèle les retraites des gens qui ont 700 euros par mois,
06:22où on met en difficulté les classes populaires et les classes moyennes.
06:25On ne laissera pas passer ça.
06:26Mais si on en croit les sondages, c'est le Rassemblement national
06:28qui profiterait aujourd'hui d'une dissolution et de nouvelles élections législatives,
06:31qui aurait peut-être une majorité même.
06:32Oui, alors les sondages disent aussi que l'alliance PS-PC-Vert
06:36serait dans 70% des circonscriptions au second tour,
06:39très nettement devant et pourrait même d'ailleurs gagner ses élections législatives.
06:43Donc, un jour, si nous censurons,
06:45ce sera parce que nous ne sommes pas d'accord avec le budget qui est présenté
06:48et parce que nous nous estimerons que l'intérêt des gens que nous défendons,
06:51les ouvriers, les employés, est supérieur à toute autre considération.
06:54Philippe Brun, vous êtes resté, vous le Parti Socialiste,
06:56plutôt en retrait ou en tout cas en spectateur de la grande journée de mobilisation
07:00« Bloquons tout » qui a eu lieu le mardi 10 septembre.
07:03Est-ce que ce sera la même chose la semaine prochaine, le 18,
07:07lorsqu'il y aura cette fois-ci des syndicats qui appellent à une grande mobilisation ?
07:11Est-ce que vous allez soutenir et participer éventuellement à ce mouvement ?
07:13Écoutez, il y a une règle, c'est pas de récupération politique,
07:16sinon ça met en danger le mouvement.
07:18Il y a des socialistes qui sont allés dans les mobilisations du 10 septembre,
07:21c'était le cas dans mon département dans l'heure,
07:23mais sans récupérer.
07:24Il y avait très peu de mobilisation, mais nous nous sommes allés officiellement,
07:29moi je suis le patron du Parti Socialiste dans l'heure,
07:32nous sommes allés soutenir, écouter les gens qui étaient mobilisés le 10 septembre.
07:35C'est la même chose de ce que nous ferons le 18 septembre.
07:38Nous serons présents, mais derrière les syndicats.
07:40Pas de récupération politique, les syndicats devant, les politiques derrière pour écouter.
07:44Mais ce mouvement social, vous voulez qu'il ait une ampleur, qu'il force aussi le gouvernement ?
07:47Oui, mais nous souhaitions aussi que le 10 septembre ait une ampleur,
07:49et nous souhaitons que le 18 ait une ampleur,
07:51car on a besoin d'être aidés dans notre combat.
07:53Nous, on se bat pour les salariés, on se bat pour les gens qui travaillent dur,
07:56on se bat pour les gens qui, à la fin du mois, n'ont rien.
07:58Il y a le 15 du mois, c'est déjà compliqué.
07:59Il faut que dans la rue aussi, on ait ce soutien pour que le Président
08:02enfin entende qu'il faut changer de politique économique,
08:05qu'il faut changer de politique tout court d'ailleurs, pour le bien des gens.
08:09Merci Philippe Brun, député socialiste de l'heure.
08:11Et donc la semaine prochaine, vos représentants rencontreront,
08:13si j'ai bien compris, le Premier ministre.
08:16Ce sera à Matignon.
08:16C'est la suite de Télématin. Merci.
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