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Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.

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00:00Bonsoir à tous et bienvenue à l'heure des pros. Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, est avec nous ce
00:04soir.
00:04Merci, monsieur le ministre, d'être avec nous. Vous suivez régulièrement notre émission et vous savez que nous avons nos
00:10invités qui étaient prévus ce soir.
00:12Donc, finalement, comme ils étaient avocats, je me suis dit qu'ils pourraient intervenir, puisqu'ils connaissent a priori...
00:18Son sens et l'être.
00:21Maître Gondadel, Maître Garbarini et Johan Ouzahi.
00:24Merci d'être avec nous au lendemain du rapport qui a été publié concernant le drame de Liana.
00:32Vous avez réclamé dans un communiqué hier, vous avez engagé une procédure disciplinaire visant un substitut du parquet d'Auche
00:41pour défaillance grave avant le meurtre de la jeune Liana.
00:45Et dans l'attente des conclusions attendues avant la fin de l'été, le magistrat concerné s'est vu retirer
00:49son habilitation à mener des enquêtes et traiter des dossiers s'agissant des mineurs.
00:53En clair, elle ne peut plus nous intervenir sur les sujets judiciaires. C'est ça que je retiens.
00:57Mais c'est vous qui aviez personnellement commandé ce rapport.
00:59Alors, selon vous, quelle est la conclusion la plus accablante ?
01:03Est-ce une erreur humaine ? Est-ce un système ? Est-ce que le système a déraillé ?
01:09Ou est-ce un manque peut-être d'absence de contrôle qui a fait que nous en sommes arrivés à
01:16ce drame ?
01:18D'abord, avec le drame ignoble et absolu qui concerne Liana et sa famille, on a essayé de comprendre comment
01:24les plaintes précédentes,
01:25et notamment celles d'août 2025, qui concernent la petite Rosa, n'a pas été conclusives au point de mettre
01:32hors d'action M. Barrella,
01:37qui manifestement serait l'auteur de tous ces viols et de tous ces drames.
01:42Et j'ai commandé un rapport que j'ai rendu public. Voilà qu'un jour, je l'ai annoncé.
01:46Et désormais, tous les Français peuvent constater le dysfonctionnement grave de la justice et de la gendarmerie,
01:52puisque le rapport dit bien que le dysfonctionnement vient des deux côtés, que ce n'est pas un problème de
01:56moyens.
01:57Il y avait moins d'activité au Parc-et-Doche, même s'il y a évidemment de l'activité, il
02:01y a beaucoup de travail au Parc-et-Doche,
02:02mais il y en avait moins en 2025, en 2024. Et que par ailleurs, il n'y avait pas des
02:06plaintes pour crimes sur les enfants tous les jours,
02:09et qu'il y avait renforcement de magistrats, puisqu'un quatrième magistrat est arrivé en septembre dernier.
02:13Donc il y avait quatre magistrats au parquet.
02:15Et je pense que la conclusion que l'on peut en tirer en laissant ce rapport, et j'invite les
02:19Français à le faire,
02:20c'est une preuve de transparence dans une démocratie, de voir comment fonctionnent les services judiciaires,
02:24les enquêteurs comme les magistrats.
02:26Je pense qu'on a traité cette plainte, ce que je disais, il n'y a qu'un jour, comme
02:29une plainte ordinaire.
02:30Donc erreur humaine ?
02:31Donc on a pris le temps, trop de temps, alors que le parquet de Toulouse a fait admirablement bien son
02:36travail,
02:37les gendarmes de Haute-Garonne ont fait admirablement bien leur travail, qu'on avait une plainte circonstanciée,
02:41une enfant qui a été écoutée dans une salle Mélanie que j'ai créée quand j'étais ministre de l
02:44'Intérieur,
02:44c'est-à-dire un endroit pendant cinq heures où on entend l'enfant,
02:48des experts médicaux qui constatent les viols, incontestablement.
02:51On connaît l'auteur, ce n'est pas Contrix, on sait quelqu'un à l'antécédent judiciaire,
02:55ses antécédents sont bien inscrits dans les fichiers numériques du ministère,
02:58qui évidemment était à jour et qui fonctionnait.
03:00Par ailleurs un expert psy, les avocats ils sont ici, on sait qu'il n'y a pas toujours des
03:05experts psy
03:05qui en moins de trois semaines arrivent à constater que la parole de la petite fille évidemment est crédible,
03:10alors que tout le monde signale l'urgence, et notamment les enquêteurs de la Gendarmerie nationale de Haute-Garonne,
03:16et bien en fait on traite cette plainte comme une plainte ordinaire, c'est ce qu'a dit l'inspection,
03:20alors qu'on avait tous dit, Éric Dupond-Moretti avant moi, Didier Migaud après moi,
03:25moi deux fois dans mes cercles de politique pénale, le législateur, je pense la société,
03:29et qu'on prend très bien quel crime sous l'enfant c'est prioritaire, et bien on a pris son
03:32temps.
03:33Et on a fait des erreurs factuelles, je ne vais pas les détailler ici, mais enfin elles sont nombreuses,
03:38dans la Gendarmerie comme auprès du parquet,
03:41et puis évidemment on n'a pas su protéger cette petite fille dans la chaîne judiciaire,
03:45enquêteur de Gendarmerie et magistrat.
03:47Et la question qu'il faut se poser, c'est une double question,
03:51c'est est-ce que ces erreurs graves auraient pu être évitées si la hiérarchie de la Gendarmerie nationale
03:56et si la hiérarchie de la justice avaient pu remarquer que des gens,
04:00et ça peut tout à fait arriver dans un monde humain, font des erreurs ?
04:04Pourquoi on n'a pas su remarquer qu'il y avait ces erreurs ?
04:07C'est ce que va nous dire aussi le rapport d'inspection dans les semaines qui viennent,
04:10parce qu'il va continuer ce rapport d'inspection.
04:12Il me sera rendu le 10 juillet pour savoir plus globalement comment ça fonctionne,
04:16indépendamment de la plainte sur laquelle on a demandé un premier rapport.
04:19Et puis il y a un deuxième problème, c'est y a-t-il d'autres dysfonctionnements ailleurs ?
04:23Y a-t-il d'autres affaires Rosa et Eliana ailleurs ?
04:26Donc j'ai demandé à tous les procureurs généraux, et je remercie leur travail,
04:30ceux des parquets aujourd'hui, il y a beaucoup de magistrats qui travaillent beaucoup,
04:32des policiers, des gendarmes, vous avez vu qu'il y a eu plus de 1300 gardes à vue
04:36qui ont été faites en une semaine pour les auteurs de viols ou de crimes commis sur les enfants,
04:42c'est deux fois plus que d'habitude, ce qui montre l'activité des services de police et de gendarmerie,
04:46on peut se demander pourquoi ça n'a pas été fait plus tôt, mais en tout cas maintenant c'est
04:49fait,
04:50donc il y a un avant et un après Eliana, et la question de savoir c'est ce qu'il
04:52y a d'autres affaires comme celle-ci.
04:53Est-ce qu'il y a des plaintes ailleurs, qui pendant 9 mois ne connaissent quasiment pas d'actes d
04:57'investigation,
04:58et pas de garde à vue pour quelqu'un qui est manifestement un prédateur sexuel ?
05:02Et ça c'est une question auxquelles j'aurai une réponse personnelle le 15 juillet prochain,
05:06puisque je rendrai publique la revue de toutes les plaintes que j'ai demandées à tous les procureurs généraux,
05:11et pour lesquelles ils travaillent ardemment aujourd'hui, je les remercie.
05:14Alors à lire ce rapport et à vous écouter, on a le sentiment, et c'est terrible de le dire
05:18comme ça,
05:18que ce drame aurait pu être évité, il y aura donc des sanctions,
05:23et puis il y a les magistrats, et on a le sentiment, les français ont le sentiment,
05:28que les politiques sont condamnés parfois, que les chefs d'entreprise sont poursuivis,
05:32que n'importe quel citoyen doit rendre des comptes, mais les magistrats non.
05:37C'est quelque chose qui dans l'opinion est extrêmement présent.
05:40Et je lis les premières réactions, notamment du syndicat de la magistrature,
05:47qui après votre décision a écrit ceci,
05:50« Nous regrettons qu'une fois de plus le garde des Sceaux fasse le choix,
05:54sans attendre les conclusions de l'enquête administrative,
05:56qui a à peine commencé, sans avoir même consulté le conseil supérieur de la magistrature,
06:01de désigner une responsable et d'annoncer des sanctions,
06:04plutôt que de s'attaquer aux causes structurelles et documentées qui conduisent à ce type de drame. »
06:09Je rappelle simplement que la magistrate s'est vue retirer son habilitation à mener des enquêtes,
06:14et qu'elle est écartée durant le temps de l'enquête.
06:16C'est en tout cas comme ça que je l'interprète.
06:19Donc je vois un syndicat de la magistrature qui s'oppose à cette décision.
06:23Nous nous insurgeons contre le retrait de l'habilitation mineure, etc.
06:27Et évidemment, nous interprétons cela.
06:29Il y a également l'USM qui est quasiment sur la même ligne.
06:32Nous regrettons que cette inspection ait été diligentée dans un contexte de forte pression politique,
06:36au plus haut niveau de l'État.
06:37C'est un autre syndicat de la magistrature.
06:40Et on a le sentiment d'un corporatisme XXL chez les magistrats qui, au fond, ne veulent pas de rendre
06:47des comptes
06:47et qui se moquent du ministre, je ne sais pas, mais en tout cas qu'ils veulent régler leurs comptes
06:54entre eux.
06:56D'abord, il est très difficile de réformer le ministère de la Justice.
07:00Chacun le sait.
07:01Et ça fait un an que je suis ministre de la Justice et j'essaye de le faire.
07:04En créant des prisons de haute sécurité, en changeant la politique carcérale,
07:09en organisant différemment la politique contre le narcotrafic,
07:12et j'espère en remettant un peu de bon sens au ministère de la Justice.
07:16Est-ce qu'une majorité de magistrats pense comme le syndicat de la magistrature ?
07:19Personnellement, je ne le crois pas.
07:20J'ai eu beaucoup d'échanges avec eux.
07:22Il y a des gens qui se posent des questions.
07:23Il y a des gens qui peuvent être découragés dans leur travail.
07:26Il y a des gens qui disent, attendez, il y a eu un problème à Hoche,
07:28il n'y en a pas partout en France.
07:29Et ils ont raison.
07:30Et ils font très bien leur travail.
07:32Mais est-ce que nous avons une confrontation ?
07:35Ce matin, j'ai dit sur France Info, en écoutant l'une des responsables du syndicat de la magistrature,
07:40qui a dit, oui, le rapport est accablant,
07:42oui, le rapport me désigne des fautes,
07:43mais il ne faut pas sanctionner notre collègue pour ça.
07:46Là, j'ai une opposition, j'ai dit frontale,
07:48une opposition complète avec le syndicat de la magistrature.
07:52Évidemment que lorsque des magistrats,
07:54mais comme les policiers, comme les gendarmes,
07:56comme les ministres, comme les gardiens de phare,
07:58comme les pharmaciens, comme les médecins,
07:59quand quelqu'un fait une faute professionnelle,
08:02il ne s'agit pas de ne pas respecter les procédures, je les respecte.
08:05Je saisis un rapport d'inspection, je saisis une enquête administrative,
08:08on saisira le concessionnaire de la magistrature.
08:10Il n'y a pas de mouvement abirato, contraire à l'État de droit, dans ce que je dis.
08:13Je fais mon rôle de chef.
08:15Quand quelqu'un, il est désigné qu'elle fait des fautes professionnelles,
08:19évidemment qu'il faut attirer des conclusions.
08:21Parce que si personne ne contrôle les magistrats,
08:22qui les contrôle ?
08:24Alors, on peut avoir un débat démocratique,
08:26pour savoir si c'est le ministre qui doit les contrôler.
08:28Si ce n'est pas le ministre, ça doit être quelqu'un d'autre.
08:29Est-ce que c'est une autorité administrative indépendante ?
08:31Est-ce que c'est le Conseil supérieur de la magistrature ?
08:33Est-ce que c'est le Parlement ?
08:33On peut discuter de ce pouvoir.
08:35Moi, dans 11 mois, je ne suis plus ministre de la Justice.
08:37Mais quel est précisément ce pouvoir ?
08:38Vous avez le pouvoir de révocation ?
08:40Vous avez le pouvoir de sanction, vous, tout seul.
08:43Vous n'êtes pas obligé de passer par le Conseil ?
08:46En ce qui concerne les magistrats du parquet.
08:48Oui, du parquet, je parle.
08:49Puisqu'il s'agit bien des magistrats du parquet,
08:51c'est-à-dire qu'ils sont sous l'autorité hiérarchique
08:53des procureurs généraux, donc du ministre de la Justice.
08:55C'est la Constitution et la loi organique.
08:57Nous respectons l'état de droit.
08:58Oui, j'ai le droit de proposer des sanctions au CSM.
09:02Ils me donnent un avis.
09:03Et je suis, ou je ne suis pas, l'avis du Conseil supérieur de la magistrature.
09:06Il est consultatif.
09:07Donc c'est vous qui prenez la décision.
09:09Et j'ai envie de dire quand même que dans cette affaire,
09:11si vous me permettez, vous jouez gros.
09:13Parce que s'il n'y a pas de sanctions,
09:15les Français auront le sens,
09:17le sentiment d'une sorte d'irresponsabilité de la magistrature.
09:21Mais ce n'est pas personnellement moi qui, à mon avis, joue gros.
09:24Quand j'ai dit vous jouez gros,
09:25ou le ministère de la Justice joue gros.
09:29Si je peux me permettre, l'idée qu'on se fait de la séparation des pouvoirs,
09:31du fait que les magistrats doivent être indépendants,
09:33ce qui ne veut pas dire irresponsables,
09:35et qu'il est nécessaire d'avoir un équilibre dans les pouvoirs,
09:38c'est ça qui se joue.
09:40Si personne ne contrôle les magistrats,
09:42qui ont un pouvoir très important,
09:44de mettre des gens en garde à vue,
09:45de mettre des gens en détention provisoire,
09:47si personne ne contrôle ce pouvoir,
09:50évidemment, on se pose la question de la démocratie,
09:52de son fonctionnement.
09:53Et du coup, ça donne raison à ceux qui disent,
09:54il ne faut pas de séparation des pouvoirs,
09:56il ne faut pas d'indépendance des magistrats.
09:57Donc vous avez parfaitement raison.
09:59Moi, j'ai pris mes ressources.
10:00Moi, j'ai le sentiment que les Français attendent,
10:01après cette séquence-là,
10:03qu'il y ait effectivement des sanctions qui soient prises,
10:06et que ces sanctions soient, entre guillemets, exemplaires.
10:09Monsieur Pong, avouez que cet exercice de transparence
10:13n'avait été fait par personne jadis.
10:16Les Français peuvent voir comment fonctionne leur justice.
10:18Dans la majorité, ils fonctionnent avec des gens
10:20qui travaillent jour et nuit dans des conditions très difficiles,
10:22et il se peut qu'une fois de temps en temps,
10:24les gens fassent des erreurs professionnelles,
10:26et il faut les sanctionner.
10:28Ce n'est pas nouveau que ce débat n'est pas transparent ou démocratique.
10:32Je vous rappelle que dans l'affaire Outreau,
10:35le principal magistrat concerné a eu un blâme,
10:38un simple blâme.
10:39Il a fait une commission d'enquête parlementaire
10:40pour savoir ce qui s'était passé.
10:42On a progressé quand même en 20 ans.
10:44Ça fait quand même 20 ans où on se pose cette question,
10:46comme garde des Sceaux,
10:47tout en respectant profondément les magistrats,
10:49en sachant que l'immense majorité d'entre eux
10:51font bien leur travail,
10:52mais comme les policiers et les gendarmes,
10:54lorsqu'il y a des erreurs professionnelles.
10:55Il est normal que le ministre de l'Intérieur
10:58sanctionne de façon temporaire,
11:00puisqu'on attend les enquêtes administratives finales,
11:02les gendarmes.
11:03Il l'a fait,
11:04et Laurent Nunez a eu raison de le faire.
11:06Je l'ai fait quand j'étais ministre de l'Intérieur.
11:07Et il est normal,
11:08à titre conservatoire,
11:10de prendre des procédures disciplinaires
11:11quand ce qui concerne les magistrats.
11:13C'est sûr que c'est quelque chose d'assez...
11:18Je ne dirais pas nouveau, le terme serait...
11:20Il n'y a aucune révocation d'un magistrat
11:23pour des raisons professionnelles
11:25sous la Vème République.
11:26Il y en a eu pour des raisons déontologiques.
11:28Exactement,
11:28mais pour des raisons professionnelles.
11:30Donc c'est quand même...
11:33Donc je pense que le souci démocratique...
11:35Et vous savez,
11:35je pense qu'on protège la justice
11:36en agissant comme je le fais,
11:38je pense.
11:38C'est-à-dire qu'on dit
11:39qu'il y a des gens qui peuvent être sanctionnés
11:41lorsqu'ils font des fautes.
11:43Voilà.
11:43Et ça ne veut pas dire
11:44que tous les magistrats font des fautes.
11:45Comme vous devez votre temps
11:47et vous n'allez pas rester ici
11:49quelques minutes simplement,
11:51nos amis avocats ont peut-être
11:52une réflexion, une remarque,
11:55un commentaire,
11:55parce que vous êtes des gens qui...
11:56Par exemple, vous, vous dites
11:58j'ai vu la justice mourir.
12:00Oui, c'est un peu exagéré,
12:02mais enfin je suis un avocat très malheureux.
12:04Et pas seulement sur les problèmes,
12:07sur les questions de délinquance sexuelle.
12:10Je pense que la justice fonctionne très mal
12:13depuis au moins 15 ans.
12:14Je ne pense pas que vous jouez gros
12:15parce que vous n'êtes pas
12:17ministre de la justice depuis 20 ans.
12:19Personne ne peut vous reprocher
12:20l'état lamentable de la justice française.
12:23Cela étant, on ne peut pas nier
12:25que les juges ont un sentiment légitime
12:28d'impunité.
12:29Et ça peut, d'une certaine manière,
12:31c'est une réaction humaine,
12:32quand vous vous sentez un peu impunissable,
12:34vous pouvez peut-être agir à votre guise.
12:38Ça joue.
12:38C'est un élément déclencheur,
12:41si j'ose dire.
12:41Non, mais la question qui se pose
12:43en vérité, c'est que, très sincèrement,
12:45pour les magistrats en général,
12:47ils ne tremblent pas devant
12:48le Conseil supérieur de la magistrature.
12:51Ce n'est pas quand même une institution
12:54extrêmement périlleuse.
12:55Est-ce que vous ne pensez pas
12:56qu'il est indispensable,
12:58véritablement, de réformer cette institution ?
13:01Je vais compléter la question,
13:02si vous voulez bien.
13:03Vous dites qu'il y a eu faute.
13:04Vous semblez déterminé à sanctionner
13:06cette faute.
13:07à l'issue de l'enquête administrative,
13:09vous allez donc probablement proposer
13:11des sanctions au Conseil supérieur
13:12de la magistrature.
13:13Si le CSM rend un avis défavorable,
13:16est-ce que vous pourriez aller
13:17contre leur avis,
13:18ce qui serait inédit, disons-le ?
13:20Ça fait 35 ans
13:23qu'aucun garde des Sceaux
13:24n'a réformé une décision
13:26du Conseil supérieur de la magistrature,
13:28considérant, pour les magistrats du parquet,
13:30qu'il fallait faire un avis conforme.
13:33L'État de droit, la Constitution,
13:34la loi organique, me permet de le faire.
13:36Ce n'est pas contre l'État de droit
13:38et contre la séparation des pouvoirs.
13:40Je ne souhaite pas le faire
13:42si nous avons une enquête administrative
13:44qui montre des défaillances graves,
13:47qui confirme le rapport d'inspection,
13:48qui est fait par des magistrats indépendants.
13:49Le rapport d'inspection,
13:50ce n'est pas le ministre ou son cabinet
13:52qui l'a fait.
13:52C'est des magistrats indépendants.
13:53D'ailleurs, c'est le chef de l'inspection
13:55qui a présenté son rapport,
13:56ce qui est tout à fait inédit.
13:58Si l'enquête administrative
13:59confirme cette défaillance grave,
14:01je proposerai une sanction
14:02à la hauteur de cette défaillance grave.
14:03Et je suis certain,
14:04pour en avoir discuté
14:05avec les représentants
14:08du Conseil supérieur de la magistrature,
14:09qu'ils ont conscience
14:10de ce qui se joue.
14:12Après, c'est normal
14:12qu'il y ait une procédure...
14:13C'est comme les prud'hommes.
14:15Au fond, il est normal
14:16qu'il y ait un avocat,
14:19qu'elle fasse valoir le contradictoire.
14:21Il faut respecter ces procédures.
14:22C'est tout à fait logique.
14:23Mais bien sûr que je proposerai des sanctions
14:25si l'enquête administrative
14:26confirme ce qui est dans le rapport.
14:28Et évidemment que j'attendrai
14:30ce que me dira
14:30le Conseil supérieur de la magistrature.
14:32Et nous en verrons à ce moment-là.
14:33Est-ce qu'il faut réformer,
14:34disait cette institution,
14:36le syndicat de la magistrature,
14:38disait G. William ?
14:39Le Conseil supérieur de la magistrature,
14:40je pense qu'il est normal
14:41qu'il y ait un.
14:42Et c'est normal
14:43que le ministre de la Justice
14:44ne soit pas seul décisionnaire
14:46des décisions
14:46qui concernent les nominations,
14:48notamment au siège, bien sûr,
14:50mais aussi au parquet,
14:51pour éviter la grande politisation
14:54des magistrats
14:55ou leur incompétence
14:56nommée par un pouvoir politique.
14:58Cependant,
14:59je constate que le législateur
15:00a souhaité,
15:01et le peuple souverain
15:02quand il a fait la Constitution,
15:03qu'il n'y ait pas de majorité
15:05de magistrats
15:06au Conseil supérieur de la magistrature.
15:07Et c'est les nominations extérieures
15:09qui ont parfois renommé
15:10des magistrats
15:11ou des anciens magistrats
15:13dans ce Conseil.
15:14Je ne pense pas
15:14qu'il faille donc changer
15:15nos institutions.
15:16Je pense que la pratique,
15:18en revanche,
15:18nous amènerait à nommer
15:20dans ce Conseil
15:21un ancien policier,
15:22un ancien gendarme,
15:24un président
15:25d'association de victimes.
15:25Aujourd'hui, il n'y a que des magistrats ?
15:27Il n'y a pas que des magistrats,
15:28il y a un avocat,
15:29il y a deux professeurs,
15:29je crois, d'université,
15:31mais je pense,
15:32mais la loi,
15:33le Constitution le permet,
15:34c'est juste les nominations
15:34qui ont été faites
15:35par les différents présidents
15:36de l'Assemblée,
15:37du Sénat.
15:38Non, mais il faut juste
15:38que l'on nomme des gens
15:39qui, à mon avis,
15:40sont extérieurs au corps.
15:42Mais c'est normal
15:42qu'il y ait des magistrats
15:43qui jugent leurs collègues.
15:44Moi, je ne trouve pas ça anormal.
15:45J'entends des propos démagogiques
15:46pour dire qu'il faut tout changer.
15:47Non, c'est bien l'ordre des médecins
15:48qui juge les médecins.
15:49Mais qu'il y ait, en revanche,
15:51un peu plus de gens extérieurs
15:53qui apportent un point de vue
15:54différent de la société,
15:55je pense que c'est légitime.
15:56Et je pense même
15:56que les dirigeants,
15:57les plus hauts magistrats
15:58de ce pays,
15:59sont d'accord avec...
16:00À 20h24,
16:01Pascal-Pierre Garbarini.
16:02Oui, monsieur le garde des Sceaux,
16:04moi, j'ai beaucoup apprécié
16:08votre présence.
16:09Lorsque l'affaire Liana
16:11est apparue au public,
16:12vous n'avez pas hésité
16:14à courir les plateaux de télévision
16:16et les radios pour expliquer.
16:19Moi, je trouve que,
16:20de votre part,
16:21c'est une responsabilité forte
16:23que vous avez acceptée immédiatement.
16:26Donc, vraiment,
16:26je pense que ça,
16:28c'est une image
16:30d'un garde des Sceaux
16:31tout à fait volontaire
16:32et qui n'a pas peur
16:33d'expliquer les dysfonctionnements.
16:37Le souci que j'ai,
16:38là, sur le rapport
16:39que j'ai bien évidemment lu
16:41avec attention cet après-midi,
16:43c'est que c'est vrai
16:44qu'on parle de fautes personnelles
16:47qui ont été commises,
16:48pas de dysfonctionnements,
16:49on parle de fautes
16:50qui ont été commises
16:52tant par des gendarmes
16:53et un magistrat.
16:56Moi, je suis au quotidien avec eux
16:58et vous avez raison de dire
16:59que la très grande majorité,
17:01voire la quasi-majorité
17:02des magistrats
17:03et des policiers,
17:04des gendarmes,
17:05ils font le boulot
17:05et ils ne comptent pas les heures.
17:07Et surtout, en plus,
17:08ils n'ont pas intérêt
17:09à les compter
17:09puisqu'ils ne sont pas payés.
17:10Donc, tout ça, on le sait.
17:13Et pourtant, je rejoins
17:14Gilles William,
17:15il y a une vraie difficulté.
17:16Et il n'y a pas que la faute
17:18du magistrat.
17:19Il y a également
17:19un problème structurel.
17:21C'est qu'aujourd'hui,
17:22la justice, elle ne fonctionne pas.
17:23Je ne vais pas donner d'exemple,
17:24mais j'en ai 150,
17:25vous vous en doutez,
17:27où, en fait,
17:28il n'y a pas assez de magistrats.
17:30Les magistrats,
17:30ils ne sont pas assez formés.
17:32Là, je crois que c'est
17:33une jeune magistrate,
17:34en plus,
17:35qui a été...
17:35Et dans les petits parquets,
17:37même, vous dites,
17:38ils étaient quatre.
17:38Mais dans les petits parquets,
17:39qu'est-ce qu'ils gèrent ?
17:41Donc, les flagrances,
17:42donc les comparutions immédiates,
17:44les problèmes de stupes,
17:46les vifs,
17:47c'est-à-dire les violences
17:48intrafamiliales
17:48où il y en a de plus en plus.
17:51C'est-à-dire qu'un magistrat,
17:52il est protéiforme.
17:55C'est-à-dire,
17:56c'est un Shiva,
17:57c'est un Shiva
17:58qui doit tout gérer.
18:00Donc, forcément,
18:02par moment,
18:02il y a des dossiers
18:03qui vont être laissés de côté.
18:05Et là,
18:05ce n'est pas de chance.
18:06C'est que le dossier
18:07qui n'a pas été traité en urgence,
18:09parce que je pense que,
18:10outre la faute du magistrat,
18:13il y a tout un problème
18:14parce qu'il n'y a pas suffisamment
18:16de moyens
18:17et humains et matériels.
18:19Et ça,
18:19nous le savons au quotidien.
18:21Eh bien,
18:21je pense que,
18:22là,
18:23c'est la faute à pas de chance
18:24et pardon à la famille
18:25de parler comme ça.
18:27Mais il y aura d'autres problèmes
18:28qui interviendront
18:29et il y aura d'autres difficultés,
18:31d'autres fautes.
18:31Parce que ça ne va pas.
18:33Et vous n'avez pas de chance.
18:34Et la question ?
18:34La question,
18:35c'est que comment pensez-vous
18:37gérer tout ça
18:38parce qu'il n'y a plus d'argent ?
18:40Il n'y aurait pas de budget.
18:41Vous n'avez pas de budget.
18:42Donc,
18:42comment vous faites ?
18:43Évidemment,
18:43la faute à pas de chance,
18:44c'est inaudible.
18:45Voilà.
18:46Bien sûr,
18:46c'est inaudible.
18:47Inaudible.
18:48Alors ça,
18:48on arrive sur les budgets.
18:50Je crois que quand 1 000 euros
18:52d'argent public
18:52est dépensé en France,
18:534 euros simplement
18:54va à la justice,
18:56alors qu'il y a 250 euros
18:57qui va dans le social
18:58et 250 euros
18:59qui va directement
19:00dans les retraites.
19:014 euros simplement
19:01dans le régulier.
19:03Non mais que notre justice
19:04manque de moyens,
19:05je le dis depuis
19:05un an et demi,
19:06je me suis battu,
19:07j'ai eu 700 millions d'euros
19:08de plus et je suis le ministre
19:09qui a le plus gros budget
19:10de l'histoire
19:10de la justice française.
19:11Est-ce que ça suffit ?
19:12Non.
19:12Vous avez parfaitement raison.
19:13Pour former un magistrat,
19:14c'est 4 ans et demi.
19:16Donc,
19:16quand même,
19:16on en déclencherait
19:18500 ou 1 000
19:19ou 2 000
19:19à recruter cette année
19:20où on ne les aurait pas
19:20avant 4 ans et demi.
19:22Donc oui,
19:22il faut plus de greffiers,
19:23il faut plus de magistrats,
19:25incontestablement,
19:26mais je voudrais quand même
19:27attirer votre attention
19:27sur le fait que
19:28quand on a beaucoup d'affaires,
19:30il faut prioriser.
19:32Aujourd'hui,
19:33si je prends l'exemple
19:33du parquet d'oches,
19:34et ça va vers ce que vous dites,
19:3630% du contentieux
19:37du parquet d'oches,
19:38c'est les délits routiers.
19:3930% de l'activité du parquet,
19:41ce sont les délits routiers.
19:43Et ce que nous disons
19:44quand on prend
19:44des circulaires de politique pénale,
19:45puisque l'article 30
19:46de code de procédure pénale
19:47me donne comme pouvoir
19:48de décliner la politique pénale
19:50et de dire
19:50qu'est-ce qui est prioritaire,
19:51moi j'ai dit que
19:52deux choses étaient prioritaires,
19:54les stups, la drogue
19:56et les violences faites
19:57aux femmes et aux enfants.
19:58Ça veut donc dire
19:58que si c'est prioritaire,
19:59c'est ça dont on s'occupe
20:00en premier.
20:01Et on met de côté
20:02les délits routiers,
20:03les escroqueries,
20:04les vols de câbles
20:05pour les agriculteurs,
20:07on le fait après.
20:09Le crime,
20:11dans le rapport
20:12que vous avez lu,
20:13il est écrit qu'en 2025
20:14il y a eu 72 plaintes
20:16plaintes pour crimes
20:17sur mineurs
20:18dans le parquet d'Oche,
20:1972.
20:20Il est écrit qu'une vingtaine,
20:21c'était le dessaisissement,
20:23c'est-à-dire que
20:23ce n'était pas Oche
20:24qui devait s'en occuper,
20:24c'était un autre parquet.
20:25Donc il n'y en a plus
20:26qu'une cinquantaine.
20:27Il y en a une vingtaine
20:28qui sont cassées sans suite
20:29parce qu'on ne connaît pas l'auteur,
20:30parce qu'il n'y a pas assez de preuves,
20:31parce qu'on connaît...
20:32Donc il y en avait,
20:33si vous faites le calcul,
20:3550 moins 20, 30.
20:36Il y a donc une trentaine
20:37de crimes sur enfants
20:38en 2025
20:38dans le parquet d'Oche.
20:39C'est-à-dire,
20:40si on fait le calcul rapidement,
20:41deux à trois par mois.
20:43C'est ça qu'on doit prioriser.
20:44C'est ça l'objet
20:45de la circulaire politique pénale.
20:46C'est-à-dire que
20:46si vous devez faire des choix,
20:47parce que oui,
20:48vous avez raison,
20:48les magistrats sont des chivas,
20:49ils ont beaucoup,
20:50beaucoup de travail
20:51et ils ne sont pas assez,
20:52mais on fait des priorités.
20:54Et ce qu'on reproche,
20:55ce qui a été dit
20:55par le rapport d'inspection lui-même,
20:57c'est que cette plainte
20:57a été traitée
20:58alors que la gamine,
20:59elle avait eu la plainte
21:01sur une cinquantaine de viols
21:02qui le concernaient,
21:03qu'on connaissait l'auteur,
21:04qu'on savait qu'il était réitérant,
21:05qu'on avait l'examen médical,
21:07qu'on avait l'expert,
21:08que les gendarmes de Haute-Garonne
21:09avaient fait très bien leur travail,
21:10que le parquet de Toulouse
21:11qui est débordé.
21:12À Toulouse,
21:13ils sont débordés.
21:14Ça, c'est tout à fait vrai.
21:15Ils avaient fait leur travail.
21:16Je pense que la difficulté,
21:17c'est qu'ils n'ont pas priorisé.
21:19Ce qui ne veut pas dire
21:20qu'il ne faut pas davantage de moyens,
21:21pas davantage d'informatique,
21:22pas davantage de magistrats.
21:24Mais quand on a plusieurs dossiers,
21:27on priorise.
21:28Et aujourd'hui,
21:29ce n'est pas jeter l'opprobre
21:30ni sur les gendarmes que j'aime beaucoup,
21:31ni sur les magistrats
21:32que j'aime beaucoup
21:32et que je respecte,
21:33que de dire qu'il y a eu
21:35des erreurs,
21:35des dysfonctionnements des fautes
21:36et il faut savoir les sanctionner.
21:38Je vous remercie,
21:40Monsieur le Ministre.
21:41C'est vrai que dans cette affaire,
21:42le manque de moyens
21:43n'est sans doute pas la raison.
21:45Mais je me souviens avoir reçu
21:46le procureur de mots.
21:47Bien sûr.
21:48Qui est vraiment remarquable.
21:49Il était venu un matin à Europe 1.
21:51J'oublie son nom à l'instant,
21:52le procureur de mots.
21:53Il m'avait expliqué
21:53qu'il avait 15 magistrats
21:55dans son parquet
21:58et il y en avait 27 ou 28 ou 29
22:02en Allemagne
22:03pour quelqu'un
22:03qui faisait la même chose que lui
22:05et qui avait deux fois plus de moyens.
22:07Donc il faut aussi entendre ça.
22:08Je vous remercie grandement.
22:10Merci à vous.
22:11Merci.
22:11Je vois que ce soir,
22:12la voix a été rétablie.
22:15En revanche,
22:15il fait un petit peu chaud
22:16dans ce studio
22:20parce que manifestement,
22:21nous avons voulu être à l'aune
22:23de ceux qui nous regardent,
22:24sans doute,
22:25et de supprimer la clim ce soir.
22:27C'est un bel exemple de solidarité.
22:28Voilà, je tiens à le dire.
22:29Je remercie vraiment.
22:32Et si vous me le permettez,
22:33puisqu'on parle de gens
22:33qui travaillent beaucoup,
22:34sans doute à cette heure-ci,
22:35il y a des policiers,
22:35des gendarmes et des parquetiers
22:37qui sont dans les commissaires
22:38et brigades de gendarmerie
22:39et qui étudient 100 000 plaintes
22:41en ce moment.
22:42Ils font un travail très important
22:44et je vous la remercie.
22:45Eh bien, puisque vous en parlez,
22:46quand j'ai entendu ce matin
22:49Sébastien Lecornu
22:50expliquer que ça s'était
22:51relativement bien passé,
22:52la fête de la musique.
22:53Non, je parlais des plaintes
22:54sur les viols des mineurs.
22:56J'entends, mais je fais
22:59ceux qui travaillent sur le terrain,
23:00les policiers sur le terrain
23:02qui ont été caillassés,
23:03qui ont passé une dure fête
23:06de la musique.
23:06Et quand j'en ai entendu ce matin,
23:08on va en parler dans une seconde,
23:09M. Lecornu dire
23:11ça s'est relativement bien passé,
23:13alors qu'il y a eu des viols,
23:14il y a eu des seringues,
23:15il y a eu des piqûres,
23:16il y a eu etc.
23:17Je l'assure,
23:17j'étais un peu étonné.
23:20Si je peux me permettre,
23:21avec Sébastien Lecornu,
23:22on porte une mesure
23:23qui n'a jamais été portée
23:24par personne,
23:25puisque vous parlez des gens
23:25qui attaquent des policiers
23:26et des gendarmes,
23:27c'est une peine minimum
23:27pour ceux qui s'en prennent
23:28à des policiers et des gendarmes.
23:29C'est dans le texte que je porte
23:30et j'espère qu'il sera adopté.
23:31Eh bien, tant mieux.
23:32Merci en tout cas.
23:33Merci à vous.
23:34Merci à 20h31,
23:35on va marquer une pause,
23:36se rafraîchir quelques secondes
23:37et nous revenons
23:38dans une minute.
23:43Maï-Hallaine Trémolet
23:45nous a rejoint
23:45et Yoann Ozaï
23:47était déjà là,
23:48mais en revanche,
23:49Éric Revelle
23:50nous a rejoint aussi.
23:52Et vous avez écouté,
23:55bon,
23:55il n'y a pas grand-chose
23:57à débriefer
23:58sur ce qu'on a entendu
23:59dans ces 20 premières minutes,
24:00sinon la volonté
24:01de Gérald Darmanin
24:02d'aller jusqu'au bout.
24:03C'est ça que je retiens.
24:04Clairement.
24:04D'aller jusqu'au bout.
24:06Et qu'effectivement,
24:07c'est la première fois
24:08que ça se fait.
24:08Ils comptent peut-être
24:09de s'opposer au CSM.
24:12Mais pourquoi pas ?
24:13Non, non, non.
24:14J'ai entendu dire
24:15que c'était jamais...
24:16Mais là,
24:16il a l'air de vouloir
24:17jusqu'au bout...
24:18Mais pourquoi pas ?
24:19Tenir le sien.
24:20Pourquoi pas ?
24:21Bon, je vais vous parler
24:21de la fête de la musique
24:22parce que vraiment,
24:23on en a parlé hier.
24:25C'est assez choquant.
24:27Alors, on ne va pas redire
24:28et redire encore
24:29tout ce que nous disons
24:30qu'on est les seuls
24:30à en parler.
24:31Mais ce matin,
24:32Sébastien Lecornu,
24:33vous allez entendre
24:34Sébastien Lecornu
24:36qui explique
24:37que ça s'est relativement
24:38bien passé.
24:39Ben non.
24:41Ben non.
24:42Je ne partage pas cet avis.
24:43Je pense que
24:44quand on voit le bilan
24:45de ce qui s'est passé,
24:47quand on dit
24:48que le parquet de Paris
24:49a indiqué dans un bilan
24:50publié ce dimanche
24:51que 107 personnes
24:51ont été placées
24:52en garde à vue
24:53dans l'agglomération parisienne,
24:55qu'il y a eu un viol,
24:56qu'il y a eu également,
24:56vous allez l'entendre,
24:57des jeunes filles,
24:58des femmes qui ont été
24:58piquées avec des seringues.
25:00Je trouve que c'est même
25:03respectueux vis-à-vis
25:04de ces gens-là
25:04qui ont été en difficulté
25:06d'ailleurs que ça s'est
25:07relativement bien placé.
25:08Écoutez le Premier ministre.
25:10En préambule quand même,
25:12saluer l'ensemble
25:13de la mobilisation
25:13des services de l'État.
25:15Il y a beaucoup
25:15de préfets de zones
25:15qui sont connectés,
25:17les agences régionales
25:18de santé.
25:19Saluer aussi objectivement
25:20le comportement
25:21de nos concitoyens
25:22et de nos concitoyens
25:23à l'occasion
25:23de la fête de la musique
25:24qui s'est relativement
25:26bien passée.
25:27Et je le redis
25:28à l'ensemble des collègues,
25:30preuve en est que
25:30faire confiance aussi
25:31à l'intelligence locale,
25:33aux maires,
25:34aux organisations locales
25:35n'est jamais une mauvaise méthode
25:36avec évidemment
25:38un critère de proximité.
25:40Écoutez Axel Ronde
25:41qui est un syndicat
25:43de policiers
25:43qui était avec nous
25:44cet après-midi
25:44sur Europe 1.
25:45Écoutez ce qu'il dit
25:46de cette soirée.
25:47Tout dépend où on met
25:48maintenant le curseur
25:49au final
25:50parce qu'on sait très bien
25:52que quand vous avez
25:52des événements
25:53vous avez énormément
25:54de débordements.
25:56Alors oui,
25:56ça a été plus
25:58on va dire relativement calme
25:59que quand il y a eu
26:01la Champions League
26:02avec le PSG
26:04où ça a été
26:04une nuit de chaos.
26:06Donc oui,
26:07là,
26:07la fête de la musique
26:08il y a eu
26:09énormément de débordements.
26:11Une nuit
26:12assez compliquée
26:13sur Paris
26:14et la région parisienne.
26:16mais on a réussi
26:18à maîtriser le phénomène.
26:19Mais vous avez eu
26:20énormément de victimes.
26:21Vous avez des femmes
26:23qui ont été agressées
26:24sexuellement,
26:25violées.
26:26Vous avez eu des piqûres
26:27effectivement.
26:28Ce phénomène
26:29qui prend de l'ampleur
26:30à chaque fête
26:31de la musique
26:32avec peut-être
26:33même certains produits
26:34mis dans certaines seringues
26:36puisque les produits
26:37ont été analysés.
26:38Des individus
26:39ont été interpellés.
26:41Encore une fois,
26:43il y a eu
26:44oui,
26:45beaucoup,
26:45beaucoup de dégâts.
26:46Des véhicules
26:48dégradés.
26:48Vous imaginez
26:49des personnes
26:50qui ont fait la fête
26:51qui ont dansé
26:52sur des capots
26:52de voitures
26:53sur les pas-brisses
26:54qui ont défoncé
26:54ces véhicules.
26:55Donc oui,
26:56ça s'est relativement
26:57bien passé.
26:58Mais encore une fois,
26:59à quel prix ?
27:00Écoutez précisément
27:02Tanguy Hamon,
27:03le bilan.
27:05La fête de la musique
27:06a été marquée
27:07par des faits
27:08de piqûres
27:09et d'agressions sexuelles
27:10sur mineurs.
27:11Notamment concernant
27:12les piqûres à Paris,
27:13pas moins de doux
27:14signalements ont été
27:14effectués.
27:15Dans le 9e arrondissement,
27:17une jeune femme
27:17dit avoir été piquée
27:18et violée au domicile
27:20d'un individu.
27:21Toujours à Paris,
27:22boulevard de la Madeleine,
27:23une femme piquée
27:24au niveau de la fesse
27:25qui a souffert
27:25de vomissements
27:26et qui s'est évanouie
27:27en pleine rue.
27:28Ailleurs qu'à Paris,
27:30à Lyon,
27:30Toulouse,
27:31Nancy,
27:31Nice
27:32ou encore Antibes.
27:33Là encore,
27:33des faits de piqûres
27:35et puis des faits
27:36d'agressions sexuelles
27:37contre des mineurs
27:38a gagné par exemple
27:39une adolescente
27:40âgée de 12 ans seulement
27:42qui rapporte avoir été
27:43embrassée de force
27:44sur le front
27:45et à qui on a touché
27:46les parties intimes.
27:47A nos gens sur Marne,
27:49une adolescente
27:49âgée de 15 ans
27:50cette fois-là
27:51qui dit avoir été violée
27:53en pleine rue
27:53sur le trottoir.
27:55Et enfin,
27:55à Fontainebleau,
27:56une jeune femme
27:57âgée de 17 ans
27:59à qui on a offert
28:00un verre
28:00qui s'est sentie très mal
28:01et pendant qu'elle était
28:03dans cet état,
28:04un individu lui a touché
28:05la poitrine
28:06et les parties intimes.
28:08Et puis au-delà de ça,
28:09il y a ces images
28:10que vous avez vues
28:11qui fracturent
28:12la confiance sociale.
28:13C'est-à-dire que vous n'avez
28:14pas envie de vous balader
28:15dans Paris
28:16quand vous êtes
28:18possiblement
28:19pris à partie
28:20par des hordes sauvages.
28:23Je ne sais pas comment
28:23on les a appelées autrement.
28:24Donc moi, sur le fond,
28:25quand un Premier ministre
28:27dit ça s'est relativement
28:28bien passé
28:29au regard de ces images,
28:32évidemment que je trouve
28:33ça choquant
28:34parce que c'est le déni.
28:35Donc tu ne peux pas
28:36résoudre le problème
28:38si tu dis que ça s'est
28:39relativement bien passé.
28:40Ce n'est pas vraiment
28:40le déni.
28:41Il le dit.
28:42Il relativise.
28:44D'une certaine manière,
28:45c'est qu'il accepte
28:47cette situation.
28:48Ça pourrait être pire.
28:50C'est une acceptation.
28:52Voilà.
28:53C'est terrible.
28:54Vous avez raison
28:54de le relever.
28:55Et on leur en parlait
28:56déjà hier soir.
28:57Et ce matin,
28:58on a passé sur Europe 1
28:59l'éditorial de Laurent Tessier.
29:02Pas un mot
29:03dans le journal de TF1.
29:04Pas un mot dans le journal
29:05de France 2.
29:06Il y a quelque chose
29:07qui ne va plus
29:09si on ne rapporte pas
29:12simplement la réalité
29:13des faits.
29:14Ça, ça a toujours été
29:15comme ça.
29:15C'est les autorités
29:16d'occultation.
29:17C'est autre chose.
29:17Mais le discours ministériel,
29:20ça pourrait être pire.
29:21On en a parlé hier.
29:23Les autorités
29:24d'occultation, non.
29:27France Inter, peut-être.
29:28Mais pas nos confrères
29:29que j'ai cités,
29:30pas de TF1
29:30ou de France Télévisions.
29:32Ils ont montré ça ?
29:33Non.
29:36Je constate
29:38qu'il n'y a pas
29:38de constatation.
29:39Moi, je suis très mal
29:40à l'aise d'entendre
29:41le Premier ministre
29:41qui s'adresse
29:42à un satisfait site
29:43à lui-même
29:43et à son ministre
29:44d'un autorrière
29:44qui est juste à droite.
29:46Comme si, en fait,
29:48relativiser,
29:48c'était accepter l'idée
29:49qu'on s'habitue,
29:51finalement.
29:51Quand il y a
29:51d'énormes émeutes,
29:54alors là,
29:55tout le monde en parle.
29:56Mais là,
29:57il vous dit,
29:57il ne s'est pas passé grand-chose.
29:59Mais tous les faits
29:59qui ont été rapportés
30:00sont extrêmement graves.
30:02Mais l'organisation
30:03elle-même
30:03de cette fête de la musique,
30:04Pascal,
30:04je ne sais pas si vous l'avez noté,
30:05mais c'était branquignolesque.
30:07Vous avez,
30:08je crois que c'était sur Europe 1,
30:09un cafetier qui témoignait,
30:11qui disait,
30:11bon,
30:12moi,
30:12ma terrasse d'été,
30:13elle est sur l'espace public.
30:15Donc,
30:15j'ai le droit
30:15de vendre de l'alcool.
30:16Mais le trottoir d'en face,
30:17c'était interdit.
30:19Ça nous rappelle quoi ?
30:19Ça nous rappelle,
30:20au moment du Covid,
30:21vous aviez le droit
30:21de prendre un verre debout,
30:22mais pas assis.
30:24Et puis,
30:24la façon dont l'État
30:25a refilé la patate chaude,
30:27très chaude,
30:28au maire,
30:29en disant,
30:29c'est votre responsabilité.
30:30D'ailleurs,
30:31en creux,
30:31il le dit,
30:31le Premier ministre,
30:32il dit,
30:33ah,
30:33c'est bien de confier
30:34aux élus locaux
30:35cette responsabilité.
30:37Non.
30:37Maï-Hélène Trémolet.
30:39Moi,
30:39je suis assez d'accord avec vous,
30:40mais déjà,
30:40je voudrais relever
30:41que le Premier ministre
30:42emploie le terme objectivement.
30:43Donc,
30:44en fait,
30:44je pense qu'il pense
30:45ce qu'il dit
30:45et qu'il minimise effectivement,
30:47c'est la force de l'habitude.
30:48Ensuite,
30:49ce que vous disiez
30:50sur les maires est vrai,
30:50mais il parle de la responsabilité
30:52des citoyens.
30:52À Paris,
30:53ils avaient prévu le coup.
30:54Il y avait énormément
30:54de forces de l'ordre
30:55qui avaient été mobilisées.
30:56Il y avait plusieurs spots
30:58où les forces de l'ordre
30:58craignaient qu'il y ait des violences,
31:00notamment le concert
31:01de la France insoumise.
31:02Et on voit que
31:03des voitures brûlées aujourd'hui
31:04et quelques piqûres
31:05ne suffisent plus,
31:06alors qu'il y a aussi
31:07des agressions sexuelles
31:08et des viols
31:08ne suffisent plus
31:09à indigner le Premier ministre.
31:11Et si la force de l'habitude
31:12reste comme ça,
31:13eh bien,
31:13vous verrez qu'il y aura
31:15exactement
31:15et le même discours
31:16au moment du 14 juillet
31:18qui est le prochain
31:18grand rendez-vous des Français
31:20et peut-être une fête
31:21de la Coupe du Monde
31:21où on attendra
31:22des débordements.
31:22Oui, attendez,
31:23parce que vous allez voir
31:23France-Norvège vendredi.
31:25C'est à 21h.
31:25Oui, c'est vrai,
31:26ça commence par la Coupe du Monde.
31:27Voilà,
31:28France-Norvège
31:28est à 21h vendredi.
31:30Je plains les policiers
31:31qui sont sur le terrain,
31:32je vous assure,
31:32je plains les policiers
31:33qui sont sur le terrain
31:34qui doivent affronter ça
31:36et on leur dit
31:36l'Hourmos
31:37que c'est relativement bien passé.
31:38Non, mais ce qui est vrai,
31:39ils ont des tirs de mortiers
31:41au sommet de l'État.
31:42Allez-y,
31:43allez-y,
31:44monsieur Lecornu,
31:44allez avec les policiers,
31:45vous allez voir
31:46la soirée qu'ils vont passer.
31:48Dans l'actualité,
31:49Marc Bloch,
31:49l'historien et résistant Marc Bloch
31:51entre ce mardi au Panthéo
31:52au comté de son épouse Simone.
31:54La cérémonie de panthéonisation
31:55sera ponctuée de musique
31:57et d'un discours d'Emmanuel Macron,
31:59évidemment.
32:00Et il faudra,
32:02j'imagine,
32:03lire à travers les lignes
32:04du discours d'Emmanuel Macron
32:05qu'il nous parle
32:06de la France de 2026.
32:08Et en attendant,
32:10je vous propose peut-être
32:10d'écouter Suzette Bloch
32:12qui a été ce matin
32:12sur France Inter.
32:13C'est la petite fille
32:15de Marc Bloch
32:17et son intervention
32:18a créé la polémique,
32:20disons-le.
32:20Écoutons-la.
32:22L'ERN sont les héritiers
32:24des Waffen et SES
32:25qui ont assassiné
32:25mon grand-père.
32:27Vous faites référence
32:28à ceux qui ont fondé
32:29le Front National
32:30avec Jean-Marie Le Pen ?
32:30Voilà.
32:31Mais jusqu'à présent,
32:32il n'y a pas eu reniement
32:34de ce qu'a dit
32:35Jean-Marie Le Pen.
32:36Donc, il faut être clair.
32:39Il y a Marc Bloch
32:41qui était antifasciste.
32:42Alors que maintenant,
32:44l'ERN,
32:45l'extrême droite,
32:46a toujours utilisé
32:48en se revêtant
32:50de ses habits
32:51de n'importe qui
32:52pour pouvoir justifier
32:53une idéologie raciste
32:55et antidémocratique.
32:57Donc, nous avons demandé
32:58et nous avons dit non.
32:59et l'ERN,
33:01Jordan Bardella,
33:02a indiqué
33:02qu'il n'y aura
33:03aucun représentant
33:04normalement
33:04à la cérémonie
33:05de ce soir.
33:06Donc, je trouve
33:07que c'est bien.
33:09Il y a...
33:09Sarah Knafo
33:10a indiqué qu'elle tendrait.
33:11Bon, elle essaye
33:12de faire du buzz.
33:14Mais c'est un scandale.
33:16C'est un scandale.
33:16C'est un parti
33:18qui est temps
33:19de réhabiliter Pétain.
33:22Non, mais objectivement,
33:24j'aime beaucoup
33:25Benjamin Duhamel.
33:26Mais cette interview
33:27est juste honteuse.
33:28Le fait que cette dame
33:30dise
33:30« Personne n'a démenti
33:32Jean-Marie Le Pen ».
33:33Marine Le Pen
33:34a toujours dit
33:35que ce qu'avait pu dire
33:36son père
33:36sur les chambres à gaz,
33:37elle ne partageait en rien
33:38ses habits-là.
33:39Elle s'est fâchée avec lui.
33:39Elle a exclu
33:41son propre père
33:42du parti
33:43à cause
33:43de ses prises
33:44de position.
33:46Que ça n'ait pas été relevé
33:47sur France Inter,
33:48franchement,
33:49c'est un scandale
33:50absolu.
33:50Que personne ne rappelle
33:52à cette dame
33:53qu'aujourd'hui
33:53les collabos
33:54ne sont pas à l'extrême droite,
33:55ils sont à l'extrême gauche.
33:56Ceux qui collaborent
33:57avec les islamistes
33:58sont les membres
33:58de la France Insoumise.
33:59Les islamistes
34:00sont les nouveaux nazis.
34:01Les islamistes,
34:02ils veulent éradiquer
34:03les juifs.
34:03Les islamistes,
34:04ils veulent éradiquer
34:05les homosexuels.
34:06Et in fine,
34:06tous ceux qui ne partagent
34:07pas leur idéologie.
34:08Que personne n'ait rappelé
34:10cela ce matin
34:10à une heure de grande écoute
34:12sur France Inter
34:12montre que nous avons assisté
34:14ce matin uniquement
34:15à de la propagande.
34:16Et vous pensez
34:20qu'il allait s'assurer.
34:20Les paroles n'ont pas été modérées.
34:22Mais c'est une fake news.
34:23C'est une fake news.
34:24Les paroles n'ont pas été modérées.
34:26C'est-à-dire,
34:26qu'est-ce que le RN peut...
34:29Mais le RN a dit
34:30en tout cas
34:30qu'ils allaient saisir l'arche.
34:31J'ai l'air qu'ils vont le faire.
34:32Sur le fait qu'il n'y avait pas
34:33eu de réaction
34:33de Benjamin Duhamel.
34:35Non, mais c'est pour moi,
34:36je l'ai vécu très très mal.
34:38J'aime bien par ailleurs
34:38que nous aimons bien
34:40Benjamin Duhamel.
34:40Ça me surprend beaucoup.
34:41Mais ce matin,
34:42ce n'était pas acceptable.
34:42Oui, mais il commence
34:44à prendre un tout petit peu
34:45la couleur de la radio.
34:47Moi, c'est un garçon
34:48que j'aime beaucoup.
34:49Mais ces derniers temps,
34:50je trouve qu'il file
34:51un mauvais coton.
34:52Ceci posé,
34:53bon, je crois aux limites
34:54de la génétique.
34:55Je ne suis pas sûr
34:55que la petite fille
34:56ait hérité
34:57toute la clairvoyance
34:58du grand-père,
34:59très sincèrement.
35:00Parce que je signale aussi
35:02au passage
35:02que ceux qui se sont saisis
35:05du malheureux
35:08M. Bloch,
35:10ce sont les communistes.
35:12Ce sont des anciens communistes
35:13qui faisaient partie
35:14de la Gestapo française.
35:15Francis André,
35:16qui milita pour le Parti
35:17communiste français
35:18dans les années 30
35:19avant de suivre
35:20l'un de ses dirigeants,
35:21Jacques Doriot,
35:21au sein du Parti populaire français.
35:23Il a été dénoncé
35:24par Francis André
35:25qui mal milita
35:26pour le Parti communiste français
35:27dans les années 30.
35:28Donc ça serait,
35:28il me semble,
35:29que ça aurait dû être dit.
35:31Mais oui.
35:31Y compris...
35:32Mais vous croyez
35:32qu'il va le dire ce soir
35:33Emmanuel Macron ?
35:34Je ne le sens pas.
35:35Je ne le sens pas
35:35de la même manière
35:37que,
35:39effectivement,
35:40sur le plateau,
35:41après qu'on ait posé
35:42le problème du RN,
35:43quelqu'un n'ait pas pensé
35:45à la légitimité
35:46de la présence
35:47du Parti antisémite
35:48actuel,
35:49effectivement,
35:50dans cette cérémonie,
35:52ça ne sent pas
35:52l'esprit de résistance.
35:53Pardon de vous le dire.
35:54Moi,
35:55je n'aurais pas
35:55l'outre-cudence
35:56puisqu'on célèbre
35:57un très grand intellectuel,
35:59un homme engagé,
36:00un résistant,
36:01Marc Bloch,
36:02un historien hors pair.
36:04Et quand il publie
36:05l'étrange défaite,
36:06il y a une phrase,
36:07peut-être que sa petite-fille
36:09pourrait relire
36:09et avoir en mémoire.
36:10Il écrivait,
36:11il y a deux types
36:12de Français
36:12qui ne comprennent rien
36:13à l'histoire de France,
36:15ceux qui ne vibrent pas
36:17au sacre de Reims
36:18et ceux qui n'éprouvent
36:19pas d'émotion
36:20à la fête de la Fédération.
36:21Je rappelle que la fête
36:22de la Fédération,
36:23c'est en 1790,
36:26Talleyrand,
36:27évêque d'Autun,
36:28célèbre une messe
36:29sur le champ de masse
36:30auquel assistent
36:31Louis XVI
36:31et sa famille.
36:32On est encore
36:33en pleine concorde,
36:34on est avant
36:35les Robespierre
36:37et ceux qui vont
36:38mettre en place
36:38sa terreur.
36:39Donc peut-être
36:40que cette phrase,
36:41la petite-fille
36:42de Marc Bloch
36:43pourrait,
36:43et peut-être
36:44que le président
36:44de la République
36:45la mettra dans son discours.
36:46Vous avez peut-être
36:47lu ce matin
36:48l'excellent éditorial,
36:50comme toujours,
36:50de Vincent Trémolet de Villers
36:51dans le Figaro,
36:52qui commence comme ceci,
36:54chef vieilli,
36:55chargé d'honneur,
36:56gâté par une longue vie
36:57de bureau et d'habileté,
36:59on s'était accoutumé
37:00durant de longues années
37:01de bureaucratie
37:01à beaucoup d'insuffisances
37:02qui prenaient rarement
37:04un caractère tragique.
37:06Ce ne sont pas
37:06des extraits du rapport
37:07sur l'IANA,
37:08mais des phrases
37:08tirées de l'étrange défaite
37:10de Marc Bloch.
37:11Alors je répète,
37:12chef vieilli,
37:14chargé d'honneur,
37:15gâté par une longue vie
37:16de bureau et d'habileté,
37:18on s'était accoutumé
37:19durant de longues années
37:20de bureaucratie
37:21à beaucoup d'insuffisances
37:22qui prenaient rarement
37:24un caractère tragique.
37:25Ça fait peur,
37:26tellement c'est clairvoyant,
37:28ça fait peur.
37:28C'est la France d'aujourd'hui.
37:30Dans l'actualité également,
37:32Boilem Sansal,
37:32il a été invité ce matin
37:33sur Europe 1,
37:34il a affirmé
37:34que le gouvernement français,
37:35par son laxisme,
37:37contribuait à l'islamisation
37:38et à l'arabisation
37:40du pays.
37:41Et les mots
37:42de Boilem Sansal
37:43sont évidemment
37:44très forts.
37:45Je vous invite d'ailleurs
37:45à lire son livre
37:46qui est absolument formidable,
37:48que vous avez sans doute
37:49lu d'une traite
37:50et qui est sorti
37:51le 5 jan,
37:53je crois,
37:54et qui est édité
37:56chez Fayard.
37:58Écoutez ce qu'il disait
37:59ce matin.
38:01La mexicité vous gêne ?
38:02Ah très bien,
38:03on va séparer
38:03les filles et les garçons.
38:04Il y aura une université
38:05pour le truc.
38:07Le français vous gêne ?
38:09Ah très bien,
38:09on va arabiser.
38:12Les femmes travaillent.
38:14Bon,
38:15on va trouver une solution.
38:16On va trouver
38:17et ainsi de suite.
38:19De concession
38:20en concession,
38:21finalement,
38:22qui a islamisé le pays ?
38:23C'est le pouvoir.
38:25Qui a islamisé la France ?
38:27Ce n'est pas les islamistes.
38:28C'est le gouvernement
38:29qui cède.
38:32Et les islamistes,
38:33ils te demandent,
38:34ils ne l'ont jamais fait
38:36avec de la force.
38:37Ils viennent,
38:38ils vont voir le maire,
38:39monsieur le maire,
38:39voilà les piscines,
38:40les filles.
38:41Ah très bien,
38:42ok,
38:42on va faire deux piscines.
38:44Qui islamise la France ?
38:46Qui arabise la France ?
38:47C'est le pouvoir lui-même.
38:48C'est la France elle-même.
38:50Et là,
38:51ça nous renvoie
38:51à l'étroge des fêtes.
38:52C'est toujours les mêmes mots,
38:53mais il a raison.
38:54Avec l'appoint quand même
38:55de la France insoumise.
38:56Mais non,
38:57ça fait 40 ans,
38:57c'est le pouvoir.
38:58Ça commence s'écréer.
39:00Parce que la France insoumise...
39:01La France insoumise,
39:02ça fait quand même
39:03une vingtaine d'années
39:04qu'elle explique
39:06aux jeunes des banlieues
39:07que les Français,
39:07c'est des salons de racisme.
39:09Ça n'arrange pas.
39:11Ça ne fait pas 20 ans.
39:12Ah bon ?
39:13Non.
39:14Le discours,
39:14écoutez-moi.
39:15Le discours de Mélenchon,
39:16c'est 2017.
39:17Le discours de l'extra-mauche
39:18et même à partir
39:19de SOS Racisme,
39:20des potes qui expliquent
39:21que les Français,
39:22c'est des beaufs
39:23avec un béret pétainiste.
39:25Ils ont,
39:25ils ont,
39:26pardon,
39:26éduqué
39:28les héritiers
39:29des immigrés
39:30qui n'avaient rien
39:31contre la France
39:32à devenir,
39:33pardon,
39:34des antifrançais
39:34pour beaucoup.
39:35Le premier renoncement...
39:36Pascal Garbaray.
39:37Le premier renoncement,
39:38c'est Creil.
39:39Oui,
39:39c'est le pouvoir.
39:40C'est Jospin.
39:41C'est Jospin.
39:42Mais vous avez parfaitement raison
39:43de le dire.
39:44Ça part de là.
39:45Ça part de là.
39:47C'est le pouvoir.
39:48J'ai désolé.
39:49Jospin, pardon.
39:50On va en retraite
39:50sur les valeurs françaises.
39:53Oui,
39:55Jospin,
39:56l'ancien trotskiste,
39:57c'est quand même,
39:58pardon,
39:58l'idéologie d'extrême-gauche.
40:00Oui,
40:00mais il est premier venu.
40:01Pardon.
40:02Il disait qu'il ne voyait
40:03aucun inconvénient finalement
40:04à ce que les musulmans
40:06soient majoritaires en France.
40:07Non,
40:07mais sans aller jusque-là,
40:08pardon,
40:08mais plus récemment,
40:09il y a quelques semaines,
40:10on a un ministre de l'Intérieur
40:11qui a dit qu'il voulait
40:12développer l'islam en France.
40:13Complètement.
40:13Il l'a dit,
40:14c'est Laurent Dunez
40:14qui a dit ça.
40:15Emmanuel Macron.
40:17Exactement.
40:17Alors,
40:17il s'est repris.
40:18Il s'est repris,
40:18mais il l'a dit quand même.
40:19Pardon,
40:19il l'a dit.
40:20Oui.
40:21Bon,
40:23Monsieur l'Ajaccien,
40:30on voit contre 202,
40:31une réforme constitutionnelle
40:32visant à accorder
40:33une autonomie
40:34au sein de la République
40:34à la Corse,
40:36une perspective
40:36qui divise au sein
40:37de la classe politique
40:37et qui devra ensuite
40:38passer l'épreuve du Sénat.
40:40Vous voulez qu'on voit
40:40le sujet de Kylian Salé
40:42pour...
40:43Ah,
40:44on ne voit pas
40:44le sujet de Kylian Salé.
40:46Bon,
40:46ce matin,
40:46je posais la question
40:47qu'est-ce qui vraiment change ?
40:49Bon,
40:50je comprends
40:50et ça peut s'entendre,
40:52mais je ne sais pas
40:52si on a besoin
40:53de changer la Constitution
40:53pour ça,
40:54pour tout vous dire.
40:55On nous dit,
40:56il faut des lois
40:58spécifiques à la Corse
40:59parce que c'est
41:00une région spécifique.
41:01Alors,
41:02ça peut être des lois,
41:02des règlements,
41:03que sais-je.
41:04Ça,
41:04je peux l'entendre.
41:05Je peux l'entendre.
41:07Alors,
41:07il faut peut-être aussi
41:07des lois spécifiques
41:08pour la Bretagne,
41:09des lois pour l'Alsace,
41:10des lois pour ceci.
41:10Bon,
41:11c'est possible aussi.
41:11Et à Normandie,
41:12monsieur,
41:12qu'est-ce que vous faites
41:13de la Normandie ?
41:13Non,
41:14mais ce que je veux vous dire,
41:15c'est que la décentralisation
41:18est possible,
41:19que tout le monde
41:20ne soit pas gouverné
41:22de la même manière,
41:23mais en fonction
41:24de particularités locales,
41:26il y ait des petites différences.
41:27Je peux l'entendre,
41:29mais sur,
41:30effectivement,
41:31les grands principes,
41:32il faut que la République
41:33ait une indivisible.
41:34Oui,
41:34mais le peuple corse,
41:36en 1975,
41:37il a agi
41:39parce que
41:40les spécificités corse,
41:41elles étaient gommées.
41:44Nous,
41:44on a une histoire.
41:46Attention,
41:46je ne me permets pas
41:47de dire que les Bretons
41:49et les Basses
41:49n'ont pas d'histoire.
41:50Certainement pas.
41:50Ils ont aussi
41:51une très forte identité.
41:52Mais nous,
41:53en 1975,
41:53il y a des gens
41:55qui se sont levés.
41:56C'est Aléria.
41:58Et c'est la création
41:59du FLNC.
42:00Il y a des gens
42:00qui se sont levés
42:01en disant
42:01« Baste,
42:02on ne va pas
42:03continuer comme ça
42:03à gommer
42:04nos spécificités
42:05historiques,
42:05culturelles. »
42:06voilà.
42:07Donc,
42:07aujourd'hui,
42:08il y a eu
42:09des combats
42:09qui ont été menés.
42:11Qu'est-ce que ça change
42:12concrètement
42:13pour l'Ajaccien
42:14ou le Bastier
42:15au quotidien ?
42:16Qu'est-ce que ça change
42:17cette autonomie ?
42:18Au quotidien,
42:19au quotidien,
42:20aujourd'hui,
42:22les lois,
42:22elles ne sont pas
42:24adaptées.
42:25La loi française,
42:27lorsqu'elle doit
42:27s'appliquer en Corse,
42:29souvent,
42:30elle est inadaptée
42:31parce qu'elle ne fonctionne pas.
42:33Et c'est souvent...
42:34Certaines lois,
42:35j'imagine,
42:36mais pas toutes les lois.
42:37mais c'est ce que je dis.
42:38Mais il ne s'agit pas
42:39aujourd'hui
42:39de donner le pouvoir
42:40à la collectivité
42:41territoriale de Corse
42:42pour tout gérer
42:43avec des lois spécifiques
42:45Corse.
42:46Ce n'est pas du tout cela.
42:47C'est qu'il y en a certaines
42:48qui font obstacle
42:49et lorsque...
42:50Par exemple,
42:51donnez un exemple
42:52pour que les téléspectateurs
42:53comprennent.
42:54Eh bien,
42:54par exemple,
42:55la loi littorale
42:56et la loi montagne.
42:59Je l'ai déjà expliqué.
43:00Vous avez des villages en Corse.
43:01Vous savez comment ça fonctionne
43:02en Corse.
43:03En Corse,
43:03vous avez un village
43:04en montagne
43:05qui, en fait,
43:06descend sur la mer.
43:09Le tracé,
43:10la limitation géographique
43:12d'un village
43:12sont comme ça.
43:12Et alors ?
43:14Sur le domaine maritime,
43:18sur le littoral,
43:19vous ne pouvez pas construire.
43:20Vous ne pouvez rien faire
43:22parce que vous êtes soumis
43:23à la loi littorale.
43:24Donc, vous me dites
43:25que ce n'est pas grave
43:26puisque, ensuite,
43:27vous avez l'autre partie
43:29du village
43:30qui, elle,
43:31peut légiférer,
43:33peut, comment dirais-je,
43:35faire des actes
43:36et construire, etc.
43:37Ce n'est pas possible non plus
43:38puisque, comme la Corse,
43:40c'est une montagne
43:41dans la mer,
43:42la deuxième partie
43:43du village
43:43est soumise
43:44à la loi montagne
43:45où vous ne l'avez pas
43:46construire non plus.
43:47Mais j'entends.
43:48Ça, c'est un point.
43:49Vous me donnez un exemple.
43:50La liste n'est pas encore faite.
43:51Si vous voulez,
43:51ça passera par une loi organique
43:52qui sera examinée
43:53par les députés plus tard.
43:54Mais il y a surtout
43:55beaucoup de ce qu'on a compris
43:56pour l'instant.
43:57C'est beaucoup une question
43:58de normes
43:58et puis une question aussi
43:59de reconnaissance
44:00d'une histoire,
44:01d'une langue, etc.
44:02Il faut déjà
44:03que le Congrès le valide.
44:04Enfin, pardon.
44:05Le Congrès va être
44:06réunis à la faille éventuellement.
44:09Ce matin,
44:10j'étais avec le maire
44:11de Bonifacio.
44:12Je lui ai posé
44:12les mêmes questions.
44:13À l'arrivée,
44:13tu changes la constitution
44:14pour des choses
44:15qui me paraissent,
44:15pardonnez-moi,
44:16non pas dérisoires,
44:17mais qui peuvent être faites
44:18sans passer par la constitution.
44:20Les deux exemples
44:21que vous donnez
44:22me paraissent
44:23des exemples
44:24de bon sens
44:24où on peut s'adapter
44:26à une particularité locale.
44:28Moi, ma position,
44:29elle n'est pas cela.
44:31Moi, l'autonomie,
44:32elle est nécessaire.
44:34C'est un progrès.
44:35Pas de problème.
44:36Et je l'ai déjà dit ici.
44:37Moi, le fait
44:38qu'on mette
44:38dans la constitution
44:39que je fais partie
44:40d'une communauté,
44:41je ne fais pas partie
44:43d'une communauté.
44:44Moi, je fais partie
44:45du peuple corse.
44:46Vous comprenez ?
44:47Moi, je ne suis pas
44:48une communauté.
44:49Je l'ai déjà dit.
44:49Et je suis contre
44:50la communauté de destin.
44:51Je ne suis pas
44:52pour la communauté de destin.
44:54Ça ne fonctionne pas,
44:55la communauté de destin.
44:56Je suis contre.
44:58Voilà.
44:58La communauté de destin,
45:00moi, j'ai mon histoire,
45:03ma tradition, ma foi.
45:05Et celle-ci, elle est corse.
45:07Voilà.
45:07Les autres personnes
45:08qui n'ont pas cette histoire,
45:11n'ont pas cette spécificité,
45:12etc.,
45:13je ne suis pas.
45:14Ce n'est pas
45:15la grande porte ouverte.
45:16Voilà.
45:17Il n'y a pas
45:17la grande porte ouverte.
45:18Tout le monde
45:18ne fait pas ce qu'il veut
45:19en Corse.
45:20Parce qu'on a nos règles,
45:22nos traditions,
45:23notre culture
45:23et notre foi.
45:25Voilà.
45:26Point.
45:26Voilà.
45:27Donc, très bien.
45:28Mais moi,
45:29avoir dans la Constitution
45:30le fait que la Corse,
45:31ça soit une communauté...
45:32Non, mais je...
45:33Je savoue que ça...
45:34Vous retrouvez l'accent corse
45:35quand vous énervez.
45:37Ça arrive.
45:37Quand vous parlez...
45:40Tranquillement,
45:41vous parlez comme un Parisien,
45:42mais quand vous parlez
45:43avec un peu plus de passion...
45:48Vous avez raison.
45:50Qu'est-ce que vous voulez
45:50que je vous dise ?
45:51Enfin, moi, je...
45:51Voilà, vous défendez
45:52votre histoire,
45:53votre culture,
45:54votre identité.
45:55Et quand on vous entend,
45:56on se dit que si en France,
45:58sur le continent,
45:58on avait fait la même chose,
46:00ça irait peut-être mieux.
46:01Voilà.
46:01C'est ça, la vérité.
46:02C'est pour ça que ça nous touche,
46:03ce que vous nous dites.
46:04Et c'est pour ça qu'on est touchés
46:05quand on va en Corse.
46:06Il y a sûrement des défauts,
46:07bien sûr,
46:08il ne faut jamais idéaliser.
46:09Mais il y a quelque chose
46:10qui est préservé
46:11de l'ordre de l'identité
46:13et qui nous touche
46:14parce qu'on a le sentiment,
46:15ici en France,
46:16sur le continent,
46:17que ce n'est plus le cas.
46:18Oui, mais je suis assez accessible
46:21à l'idée qu'on puisse faire partie
46:22d'un peuple
46:22et qu'on se sente en même temps
46:23très français.
46:24Oui, mais...
46:25Pardon, mais...
46:26Pascal, vous avez soulevé
46:27un problème énorme quand même.
46:28Éric Crevel et Gauthier Lebrecht
46:29vont pouvoir entrer.
46:30Les Bretons ont une histoire...
46:33Si, mais si, l'Alsace.
46:34À Nantes, moi je l'ai à Nantes.
46:35Non, mais attendez,
46:36mais c'est peut-être pas la Bretagne.
46:37Non, c'est peut-être pas la Bretagne profonde.
46:39C'est peut-être pas la Bretagne profonde.
46:41En Alsace, en Alsace.
46:42En termes d'histoire,
46:43vous avez aussi la Vendée.
46:44Moi, je crains...
46:45Alors, ce que j'ai vu dans le texte
46:47qui est proposé maintenant
46:48à l'écure du Sénat,
46:49ils ont retiré le lien
46:52à la terre Corse.
46:53Ils ont enlevé Corse
46:54pour laisser terre.
46:55Pourquoi ?
46:55Parce qu'ils craignent
46:56ce que vous venez de dire, Pascal.
46:57C'est-à-dire que d'autres entités régionales
46:59demandent aussi
47:00une certaine forme d'autonomie.
47:01Et là, il n'y a plus de République.
47:02Bon, Maya Lenk a un attachement
47:05également important,
47:05je peux le dire, à la Corse.
47:07Une partie de votre famille est en Corse.
47:08Non, mais exactement.
47:09Moi, je trouve que c'est intéressant,
47:12mais j'attends de voir
47:13ce qui va se passer,
47:13notamment ce qui concrètement
47:16changera quelque chose.
47:18Et puis d'abord,
47:18ça doit passer par le Congrès,
47:19évidemment.
47:20Après, sur la reconnaissance
47:22d'une forme d'identité,
47:23d'une langue, etc.,
47:25je ne vois pas le problème,
47:26pour le coup,
47:27là où il y a d'autres régions aussi
47:28qui pourraient demander ça,
47:29comme le Breton, par exemple.
47:31On va terminer cette émission
47:32en rendant hommage à Éric Roy.
47:34The King, comme il était appelé,
47:35il avait 58 ans,
47:36il était un entraîneur de Brest,
47:37et ses obsèques ont eu lieu
47:38aujourd'hui à Nice.
47:39Et on aurait une pensée
47:40pour Laetitia, son épouse.
47:42Ils étaient mariés depuis 36 ans.
47:44Depuis 36 ans.
47:45Éric Roy souffrait
47:46d'un cancer du parcréas,
47:49et il est décédé le 17 juin.
47:51Vous reconnaissez Jérôme Alonso.
47:53Tous ses amis footballeurs
47:54étaient venus.
47:56Antoine Camboiré,
47:57vous reconnaissez Laurent Blanc.
47:59Tous avaient fait le voyage,
48:00parce qu'Éric Roy était
48:01unanimement aimé,
48:03respecté, admiré,
48:04par l'homme qu'il était d'abord,
48:08le cœur qu'il avait,
48:09Alain Roche,
48:10mais aussi par le footballeur
48:12qu'il avait été,
48:13un grand footballeur
48:13et puis un entraîneur.
48:15Et son Daniel Bravo,
48:17que vous voyez là.
48:19Laetitia, son épouse,
48:20ils ont deux enfants magnifiques.
48:23Ils sont restés mariés
48:2436 ans ensemble.
48:25Et il est mort
48:27le jour anniversaire
48:31de la date de mariage.
48:33et sans doute avait-il attendu
48:34cette journée-là
48:35pour envoyer un signe,
48:38en l'occurrence à son épouse
48:39qui a été admirable,
48:41et à cette vie
48:43qu'il aura eu belle
48:45jusqu'à ce cancer du pancréas
48:47qui s'était déclenché.
48:50Donc, tout Nice
48:51était évidemment en deuil
48:53parce que c'était un enfant de Nice.
48:55Vous voyez Jérôme Alonso.
48:57Et on en avait parlé
48:58la semaine dernière
48:58et parfois le destin
48:59est extrêmement cruel
49:00puisque son père, Serge Roy,
49:03est décédé en décembre dernier.
49:06Son père,
49:06qui avait été un ancien joueur
49:07de football également,
49:08son père est décédé
49:09à 93 ans.
49:11Et six mois plus tard,
49:12son fils le rejoint.
49:15Donc, on peut avoir
49:16une pensée pour lui.
49:18Vous reconnaissez David Ginola,
49:19bien sûr,
49:20qui était extrêmement ému.
49:23David, comme tous ceux
49:25qui l'ont connu.
49:25Et je vous propose peut-être
49:27d'écouter Jérôme Alonso.
49:30qui parle de lui.
49:32Et on écoutera également
49:32Olivier Chouafni,
49:33un de ses partenaires,
49:35un de ses coéquipiers,
49:36et puis Christophe Galtier
49:38qui a joué avec lui.
49:39Je crois qu'il faut se rappeler
49:39de ce qu'il incarnait
49:40pendant la maladie
49:42et pendant ces trois
49:43dernières années et demie
49:44où il a côtoyé
49:46le bonheur et le malheur
49:48avec cette aventure incroyable
49:50avec le Strat-Brestois
49:51et quasiment la même semaine,
49:53l'annonce de la maladie.
49:55L'histoire,
49:55elle est incroyable.
49:57Et on en parlait souvent.
49:58J'y lui disais
49:59mais ça va sortir,
50:00fais gaffe.
50:00Et il me disait
50:00non, j'ai confiance.
50:02Moi, pas du tout.
50:03Je n'avais pas confiance.
50:03J'étais persuadé
50:04que ça allait sortir.
50:05Et lui avait confiance
50:07en vous,
50:07en la presse,
50:08en ses amis de la presse.
50:09Et pendant trois ans et demi,
50:11tout le monde,
50:13joueur, presse, suiveur,
50:14tout le monde a gardé le secret.
50:15Et je trouve que ça,
50:16c'est génial
50:16parce qu'il a pu vivre
50:17son aventure sereinement.
50:20Et il a pu partir sereinement aussi
50:22parce qu'imaginez,
50:24quand vous voyez tout ça,
50:25imaginez le remue-ménage médiatique
50:27si ça avait été su.
50:28Je crois que c'est bien
50:29qu'il a pu partir en paix sereinement,
50:31juste entouré des siens
50:32et dans le calme,
50:33ce calme qui le caractérise des temps.
50:36C'est mon ami de 30 ans.
50:39C'est mon ami,
50:41c'est mon ancien coéquipier,
50:43c'est mon dernier entraîneur.
50:46Moi, ça a toujours été un exemple,
50:48un exemple à l'image
50:50de ce que les gens aujourd'hui
50:52ont,
50:54la façon dont ils lui ont rendu hommage,
50:56ça montre aussi
50:57la personne qu'il était.
50:59Beaucoup de gens
51:00se sont déplacés de très, très loin,
51:02tous ces joueurs aussi.
51:05Ma première pensée
51:06va bien sûr à Letty,
51:08aux enfants,
51:08parce qu'ils partent.
51:10C'est trop tôt,
51:11c'est beaucoup trop tôt
51:12et il va vraiment nous manquer,
51:15il va me manquer.
51:16L'honnêteté,
51:17la simplicité
51:19et l'amitié.
51:20En dehors du grand technicien,
51:22tacticien qu'il était,
51:24ça a été tout d'abord pour moi
51:26un de mes partenaires,
51:27on a joué ensemble,
51:28ensuite on a joué contre
51:30et après on a très souvent échangé
51:33pour notre passion,
51:34le football.
51:36C'était quelqu'un
51:38que j'ai soutenu dès le début.
51:41J'étais très content de le voir
51:43à la tête de Brest,
51:44rapidement et je ne suis pas étonné
51:47des performances qu'il a pu avoir.
51:50Je répète avant toute chose,
51:51c'est un grand homme,
51:53grand.
51:54Ses ATE sont à l'image
51:56du grand homme qu'il était,
51:58dans la simplicité,
51:59mais aussi dans la fidélité,
52:01dans l'honnêteté,
52:02j'insiste sur l'honnêteté,
52:03parce que dans ce milieu-là,
52:04il n'y en a pas beaucoup.
52:05Il incarnait tout ça
52:08et c'était l'amende des choses
52:09de venir lui rendre hommage,
52:11évidemment,
52:12et aussi d'être très proche
52:13à la fois de son épouse
52:14et de ses deux enfants
52:16dans cette période très difficile.
52:19Christophe Galtier
52:19qui est sans doute fait
52:21de la mémo,
52:22qui récroît,
52:23comme tous ceux qui étaient présents
52:25dans cette église.
52:28Guillaume Gauthier-Lebret,
52:29ça va être à vous,
52:30dans une seconde.
52:30Guillaume,
52:31vous ne m'aviez encore jamais appelé Guillaume.
52:32C'est pas mal à la chose.
52:33J'aime bien Guillaume.
52:34Mais le nom de famille était bon.
52:36Non, Gauthier-Lebret.
52:38Non, mais c'était
52:39quelqu'un vraiment de bien,
52:40Éric.
52:41On va se retrouver
52:42pendant deux heures de débat
52:44sur l'état incapable
52:45de protéger nos enfants.
52:46Vous aviez Gérald Darmanin
52:47il y a une seconde.
52:48Ça va être dans la continuité.
52:49On va revenir sur tous ces noms
52:50qui se sont enchaînés
52:52dans l'actualité,
52:52tous ces cas d'enfants tués
52:54qui auraient pu être évités.
52:55C'est Elia, c'est Lola,
52:56c'est Philippine, c'est Liana
52:57pour des raisons différentes.
52:58Donc il n'y a pas de publicité
53:00entre vous et nous.
53:01Il y a un sommaire
53:02qui va présenter l'émission
53:03et ensuite on part
53:04pour deux heures de débat
53:05avec des invités très différents
53:06de 21h à 23h.
53:08Eh bien, merci à Mickaël Thomas
53:09qui était à la réalisation,
53:10à Jules Bertin
53:11qui était à la vision,
53:11merci à Raphaël Lissac
53:13qui était au son
53:13et puis à Benjamin Naud,
53:15André Mallet
53:16et Tesla Fetter
53:17qui étaient avec nous.
53:18Merci également
53:18à la climatisation
53:19ce soir
53:20qui nous a permis
53:22de passer un bon moment ensemble
53:24et c'est important.
53:25Elle était revenue
53:26en fin d'émission.
53:26Elle n'avait rien d'excessif
53:27quand même.
53:28Non, il est 21h06,
53:30c'est à vous.
53:32L'État peut-il encore
53:34protéger nos enfants ?
53:36Liana, 11 ans,
53:38le 29...
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