00:00– Voilà, il faut attendre la fin du jingle.
00:04Bonjour Monsieur le Premier Ministre, vous publiez alerte sur la France
00:07qui vient aux éditions de l'Observatoire, on en parlera, vous faites un plaidoyer contre la dette.
00:13Comme d'habitude, quelques questions d'actualité d'abord.
00:15Le rapport d'inspection remis à Sébastien Lecornu concernant l'affaire Liana
00:20pointe des dysfonctionnements et des erreurs individuelles, faut-il des sanctions ?
00:24– Ah ben, la justice comme toute administration des affaires humaines,
00:31si le travail n'est pas fait, il y a forcément des sanctions
00:34et je ne doute pas que le garde des Sceaux y réfléchit.
00:38– Faut-il des moyens aussi ?
00:40– Il faut des moyens, mais ce que ce livre montre, c'est que toute la réflexion,
00:47toutes les campagnes électorales qui promettent des dépenses supplémentaires
00:51sur tous les sujets dont on aurait besoin, eh bien, on va être bloqués, empêchés
00:57parce que tous les moyens de la nation, tout le travail des Français
01:01va être captés et détournés vers les intérêts que nous devons payer pour notre dette
01:07et dans des proportions qu'on n'imagine même pas,
01:11songez que l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que paient les Français,
01:17le vôtre, celui de tous ceux qui étaient sur le plateau et tous nos compatriotes.
01:24La totalité de l'impôt sur le revenu qu'ils paient ne suffira pas pour payer les intérêts de la
01:29dette.
01:29Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça signifie des sommes colossales
01:35et cet argent-là, on en aurait besoin pour tous les sujets et pour les jeunes Français,
01:40pour préparer l'avenir des jeunes Français.
01:42Eh bien, cet argent, on ne l'aura pas, ce qui va nous obliger à réinventer complètement
01:48notre organisation de l'action publique.
01:51On parle de la justice, on parle de l'éducation, on parle de la santé, des hôpitaux,
01:56on parle du climat et des investissements nécessaires qu'il faudrait faire.
02:00Peut-être qu'on en dira un mot.
02:02Alors justement, des monceaux de dette à résorber et de déficit,
02:07on sait que vous voulez baisser les dépenses, vu l'ampleur de l'effort que vous venez de signifier.
02:12Est-ce qu'il faut également augmenter les impôts et évidemment les impôts de ceux qui ont le plus de
02:17moyens ?
02:18Augmenter les impôts, alors on peut trouver des mesures d'équilibre,
02:22mais l'idée que propage un certain nombre de ceux qui s'expriment dans le débat public,
02:30c'est que c'est les autres qui paieront.
02:33Il y a toute une partie qui dit que c'est les immigrés qui vont payer.
02:35L'immigration va payer, l'Europe va payer.
02:38Et puis une autre partie qui dit que c'est les riches qui vont payer.
02:42La vérité, c'est que la France est le pays du monde qui a le plus d'impôts
02:48et on ne peut pas dire qu'on se porte mieux.
02:51Et donc la question pour moi, c'est la question de la réorganisation complète de notre action publique
03:00et les mesures de justice, il faut toujours y penser.
03:03Mais ne pas croire qu'on va réussir à résoudre les questions qui se posent à nous
03:10si on ne remet pas en cause la totalité de notre État.
03:15J'entends, mais l'électrochoc que vous demandez,
03:17vous pensez que les Français doivent se rendre compte de ce gouffre abyssal qu'est la dette ?
03:21Cet électrochoc, est-ce qu'il n'est pas plus facile à atteindre
03:23quand on demande à tout le monde de contribuer ?
03:26On voit les chiffres jour après jour, y compris ceux qui ont des patrimoines énormes
03:30et qui ne sont jamais, à qui on ne demande pas grand-chose.
03:34Eh bien, le travail des journalistes, c'est de faire connaître à tout le monde la réalité de tout ça.
03:42Le travail des politiques, c'est d'en tenir compte.
03:44Les équilibres qu'il faut trouver, mais l'idée qu'on va faire payer les autres,
03:49c'est au fond cette question-là.
03:51On va trouver d'autres à faire payer.
03:53Cette idée-là...
03:54Tout le monde, en tout cas.
03:54Tout le monde, tout le monde, sans exception.
03:57Mais vous avez vu les études qui sortent et qui montrent que c'est déjà le cas,
04:00que tout le monde paie.
04:01Après, il y a une question...
04:02Sur les patrimoines.
04:03Il y a une question sur les patrimoines.
04:06Je prends un exemple que je cite dans le livre.
04:10Il y a un pays qui est très proche de nous,
04:12qui a une société comme la nôtre, qui est les Pays-Bas.
04:15On ne peut pas dire que les Pays-Bas soient une société en misère et en drame.
04:20Aux Pays-Bas, le produit, la production de la nation par habitant
04:27est de 30% supérieure à la France.
04:3030%.
04:30Si on avait la même production par habitant que les Pays-Bas,
04:35les ressources de l'État et les ressources de chacun d'entre nous
04:41seraient de 30% plus élevées.
04:43Quelle est la clé aux Pays-Bas ?
04:45Deux choses.
04:46La première, il accueille les entreprises au lieu de leur faire la chasse.
04:51Et la deuxième, il travaille plus que nous.
04:54Et vous dites qu'il faut travailler plus.
04:56Je voudrais qu'on avance parce que le temps est compté.
04:59La présidentielle approche.
05:01C'est quoi le plan Bayrou pour éviter que la France aille vers les Insoumis
05:07ou vers le Rassemblement national ?
05:09Eh bien, il faut que tous vous posez très bien la question.
05:14Tous ceux qui considèrent que l'extrême droite et l'extrême gauche
05:18sont deux dangers mortels pour le pays.
05:22Et j'invite tous ceux qui nous écoutent à feuilleter des livres d'histoire
05:26ou aller sur Internet.
05:27Est-ce qu'il y a un pays dans le monde
05:29où l'extrême droite et l'extrême gauche a apporté du bien-être et du bonheur ?
05:34Tout ceux-là, ils doivent faire quoi ?
05:35Ils doivent se mettre d'accord ?
05:36Tout ceux-là doivent, en tout cas, se respecter entre eux.
05:41Savoir qu'au bout du compte, ils devront travailler ensemble.
05:45Alors, ça veut dire quoi ?
05:45Ça veut dire qu'au bout du compte, si quelqu'un de ce bloc-là est élu,
05:49il devra travailler avec les autres.
05:51Raphaël Glucksmann devra travailler avec Édouard Philippe,
05:53qui devra travailler avec je ne sais qui.
05:57Avec les je ne sais qui sont très nombreux.
06:00En gros, c'est du PS aux Républicains.
06:02Tous ceux qui refusent, qui refusent vraiment,
06:06qui s'engagent devant le pays.
06:08C'est qui tout ça ?
06:08Donc c'est du PS aux Républicains, c'est ça ?
06:09Oui, du PS aux Républicains,
06:13ce que j'appelle les réformistes.
06:16Mais il faut quand même un seul candidat pour tout ce bloc ?
06:19S'ils peuvent avoir un seul candidat,
06:21on va voir se décanter tout ça au fur et à mesure du temps.
06:23On n'est pas du tout dans le calendrier de l'élection présidentielle.
06:27Mais vous souhaitez qu'il n'y ait qu'un seul candidat ?
06:28Je souhaite qu'on se trouve au bout du chemin
06:32avec une solution qui permette d'éviter les extrêmes.
06:35Moi, je pense que les extrêmes,
06:37pour un certain nombre d'entre eux,
06:39sont moins bien placés qu'on le croit.
06:40Mais je suis tout seul à le penser,
06:41donc c'est très minoritaire.
06:45Mais je vois bien les faiblesses.
06:49Mais entre les deux,
06:51ce que j'appelle le fleuve central,
06:54ce qui écarte les risques,
06:57doit se respecter,
07:01s'écouter et se rassembler.
07:03François Bayrou, ancien Premier ministre,
07:05auteur d'Alerte sur la France qui vient,
07:07aux éditions de l'Observatoire.
07:09Invité des 4V.
07:10Damien, c'est à vous.
07:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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