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  • il y a 2 mois
Les informés de franceinfo du mercredi 29 octobre 2025

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News
Transcription
00:00Générique
00:00Et bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour votre émission de décryptage de l'actualité politique
00:13comme chaque matin jusqu'à 9h30, les informés, le canal 16 de la TNT et vous nous écoutez à la radio sur France Info.
00:19Bonjour Renaud Blanc. Bonjour Paul.
00:20Merci de m'accompagner ce matin encore autour de la table avec nous Aurore Malval.
00:24Bonjour Aurore. Bonjour. Du site internet du journal Marianne et Louis Auxalter,
00:28grand reporter politique au Figaro. Bonjour Louis. Je rappelle que vous signez La foudre et les cendres,
00:35un livre consacré à la fin de règne d'Emmanuel Macron. C'est aux éditions de l'Observatoire.
00:39Renaud, notre premier débat ce matin, c'est évidemment ces deux votes symboliques.
00:44Cette nuit à l'Assemblée nationale, dans le cadre de l'examen du budget, deux taxes qui ont été votées.
00:50Une taxe sur les géants du numérique, taxe GAFAM, et une taxe sur les bénéfices des multinationales
00:56votées par une alliance qui va du Rassemblement national à la France Insoumise.
01:00Oui, la gauche et Lorraine ont fait adopter cet amendement visant à taxer très lourdement
01:04les multinationales. Le ministre de l'économie a dénoncé un bras d'honneur à 125 pays.
01:09Taxe également, vous le disiez, sur les GAFAM, les géants du numérique, Facebook, Amazon ou Google par exemple.
01:15Ces deux mesures pourraient rapporter, Paul, 26 milliards d'euros.
01:18Elles ont peu de chances finalement de passer puisqu'il y aura l'étape du Sénat.
01:21En tout cas, ces mesures, elles font réagir. Je vous propose d'écouter le président des LR, Bruno Rotaillot.
01:26Il parle de folie fiscale. On l'écoute.
01:29Je pense qu'elle est encore moins votable qu'hier puisque désormais, avec une alliance souvent
01:34entre le Rassemblement national, l'extrême gauche et les filles, c'était le cas cette nuit,
01:40avec 26 milliards d'euros de plus, il y a une folie fiscale. Il y a un choc fiscal quasiment sans précédent.
01:46– Alors évidemment, cette folie fiscale, entre guillemets, vous avez fait, Paul, réagir.
01:50Celle qui était votre invitée il y a quelques minutes, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale,
01:55Mathilde Panneau, on l'écoute.
01:56– Je crois que c'est quand même la moindre des choses de dire que des multinationales doivent payer leur dû.
02:02Et non, ça ne fera pas fuir des multinationales. Je crois que c'est juste une manière de dire
02:06qu'il faut respecter la législation française. C'est quand même pas délirant de dire ça,
02:10qu'il faut faire respecter la loi.
02:11– Bon, une nuit agitée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
02:16– Une de plus.
02:17– Oui, c'est vrai. La foire à la taxe redoutée par le gouvernement qui a lieu.
02:21Aurore Malval, est-ce que ça en est déjà terminé ?
02:23De l'espoir, je ne sais même pas si les députés le caressaient encore,
02:27d'un budget de compromis et de l'espoir d'un budget qui tienne debout.
02:31– En fait, on voit bien que le budget qui est en train d'être construit là,
02:35il est difficilement votable, en tout cas par les différentes forces.
02:38Alors c'est intéressant parce que les fractures sont multiples.
02:40En fait, elles sont même au sein des blocs.
02:43On le voit d'ailleurs sur cette taxe GAFAM,
02:46qui était défendue justement par des députés du bloc central contre le gouvernement,
02:52sur la taxe aussi sur les multinationales.
02:54Alors c'est intéressant parce que, je dirais que là, hier soir,
02:58ça s'est un petit peu cristallisé là-dessus.
02:59Elle a été votée l'an dernier.
03:00Elle a été passée exactement dans les mêmes conditions,
03:03à peu près par la même alliance,
03:04alors entre eux qui allaient justement du Rassemblement national à la France insoumise,
03:08mais avec une absence un peu plus prononcée des députés du bloc central.
03:12Mais c'est intéressant de voir que ce budget n'a pas de cohérence globale.
03:16Et on le savait en fait avant, je dirais que c'était un peu écrit.
03:20On va voir ce qui va se passer avec la question de la taxe Zuckman dans les prochains jours.
03:24Il ne faut pas demain, mais après-demain.
03:27Mais effectivement, ce budget, en tout cas en l'état, a très peu de chances d'aboutir.
03:30Louis, vous êtes d'accord ?
03:31Oui, en fait, ce budget, ça ressemble à une grande marmite,
03:34dans laquelle chacun met ce qu'il veut,
03:35sauf qu'il n'y a pas de recette, il n'y a pas de chef cuistot, il n'y a pas de recette.
03:39Donc tout le monde a des ingrédients.
03:40Ou alors il y a trop de chef cuistot.
03:41Et à la fin, oui, ou alors il y en a trop, mais ça revient même.
03:43C'est-à-dire qu'à la fin, ça va donner une espèce de bouillie indigeste.
03:45Mais de toute façon, la marmite ne sera probablement jamais servie à qui que ce soit, pour deux raisons.
03:50D'abord, Bruno Retailleux l'a dit, c'est un votable pour la droite,
03:53mais en réalité, il y a des mesures de droite aussi dans le budget qui seront un votable pour la gauche.
03:57Donc à la fin, il est très peu probable que le texte, dans sa globalité,
04:00parce que je rappelle qu'il y aura normalement un vote solennel sur les deux parties du texte,
04:05les recettes et les dépenses,
04:06ça fait que quand cette échéance arrivera,
04:08il est très peu probable qu'il y ait une majorité pour voter l'ensemble du budget,
04:12donc l'ensemble de la marmite dans laquelle chacun aura mis ce qu'il veut.
04:14Et puis surtout, il y a une histoire de délai.
04:17C'est-à-dire qu'on risque clairement, au rythme où vont les examens d'amendements,
04:20il y en a encore 2700 à examiner sur le budget de l'État,
04:23on risque clairement de franchir les délais prévus pour la Constitution.
04:29Et dans ce cas-là, il n'y a pas de budget.
04:30Et dans ce cas-là, surtout, ça autorise le gouvernement à faire adopter des ordonnances
04:35et donc à revenir au texte initial.
04:36Donc pour l'instant, on est quand même dans une fiction.
04:38Mais je pense quand même que les signaux envoyés,
04:41à la fois en France et à l'étranger, existent.
04:42C'est-à-dire le fait d'ajouter des taxes dans tous les sens
04:44risque de miner la confiance en l'économie
04:47et à faire en sorte qu'après tout, certains pourraient même se dire
04:50est-ce que la facture totale du budget, s'il y a un budget à la fin,
04:55n'excèderait pas la facture d'une censure ?
04:57Vous voyez, c'est ça le débat qui va émerger, je pense.
04:59Or, ce qui se passe, est-ce que cela peut nuire à l'attractivité du pays
05:03qui est un des credos d'Emmanuel Macron, presque un des fondamentaux de sa politique pro-business ?
05:08Est-ce que cela peut détruire des emplois ?
05:11Je voyais ce matin la réaction du ministre de l'Économie, Roland Lescure,
05:14qui dit cette alliance des contraires, RN, NFC,
05:16pour faire voter cette taxe sur les multinationales, ça va s'appeler l'économie.
05:19En fait, cette taxe sur les multinationales, c'est quelque chose...
05:23En tout cas, ceux qui y sont favorables disent que ce n'est que leur demander d'appliquer la loi.
05:29Ce que disait Mathilde Panot à ce micro tout à l'heure.
05:31Exactement.
05:32Ensuite, le gouvernement, je pense, poursuit là de toute façon une politique pro-business et pro-entreprise
05:38où systématiquement, ils vont dire que toutes les mesures,
05:42tout ce qui va viser à faire payer justement ces entreprises vont saper l'économie française.
05:48Je veux dire, chacun est un petit peu dans son rôle par rapport à cela.
05:50Il y a une volonté, en tout cas, toujours chez les macronistes et dans le bloc central,
05:55finalement, de défendre une attractivité économique de la France à tout prix
05:59et de montrer qu'ils sont, eux, les porteurs d'une politique, je dirais, crédible à ce niveau-là.
06:04Ce que ne serait pas la gauche et le Rassemblement national.
06:07Et d'ailleurs, c'est très intéressant parce que le Rassemblement national avait plutôt adouci,
06:11même très lissé son discours en direction des entreprises.
06:15Et là, ils votent cette taxe.
06:16Alors, c'est intéressant de voir, c'est contre des multinationales.
06:19Ce sont des entreprises aussi étrangères, des capitaux étrangers.
06:22D'ailleurs, Jean-Philippe Tanguy, qui est le monsieur finance du Rassemblement national,
06:25disait cette nuit sur son réseau social X,
06:27en fait, on ne veut pas s'attaquer aux entreprises françaises.
06:30On veut saper les McDonald's, Uber, etc.
06:32Tout à fait. Et ça, c'est intéressant parce qu'évidemment, ça va leur être reproché.
06:37C'est l'argument systématique qui est brandi par la droite, notamment contre le Rassemblement national.
06:43C'est de dire, vous avez un programme socialiste, vous votez avec la gauche, vous êtes des CGTistes, etc.
06:49Donc, ça va être, je pense, le fait qu'ils aient voté cette taxe va revenir, en tout cas, dans les critiques qui vont leur être adressées.
06:56Louis Auxaltères, quelle lecture on peut faire de ces alliances parfois baroques qui se dessinent ?
07:01C'était déjà le cas ce week-end, avec la France Insoumise qui a voté le dégel du barème de l'impôt sur le revenu,
07:06avec Laurent Wauquiez, le patron du groupe Les Républicains à l'Assemblée.
07:09Cette nuit, cette alliance du RN à LFI sur la taxe dont parle Aurore sur les bénéfices des multinationales.
07:15Comment on peut lire ça ? Est-ce que les Français qui nous regardent et nous écoutent peuvent encore comprendre quelque chose ?
07:20Alors, non, déjà, c'est quand même le gros problème du moment politique, c'est qu'on n'y comprend plus rien.
07:25Ensuite, alors on peut dire que c'est la démocratie parlementaire en action,
07:28qu'après tout, le gouvernement a laissé la plume, la main au Parlement,
07:32et qu'il est parfaitement sain que des alliances se fassent et se défassent.
07:34Mais le problème, c'est qu'un budget, habituellement, la plume initiale est quand même tenue par le gouvernement.
07:41Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il n'y a que lui qui a les moyens techniques, administratifs, de faire un budget.
07:47C'est fait pour ça. Il y a une administration qui est faite pour ça.
07:49L'Assemblée nationale n'a ni le temps ni les moyens personnels, administratifs, de bâtir un budget avec un cap.
07:58Là, le problème, c'est que compte tenu des conditions politiques de cette rentrée où Sébastien Lecornu a été nommé, renommé,
08:03où il y a un gouvernement qui a explosé, un autre qui a été nommé, le budget a été déposé à la dernière minute.
08:07Donc, on a cette espèce de feuille de brouillon qui est laissée comme ça au Parlement,
08:11d'autant plus que Sébastien Lecornu dit abandonner l'article 49.3.
08:15Mais en réalité, dans la réalité politique française, l'Assemblée nationale, le Parlement, certes, peuvent amender un budget, l'améliorer, le modifier,
08:23mais ils n'ont pas les moyens d'être ceux qui donnent le cap et qui donnent tout le cap technique et politique du budget.
08:29Ce n'est pas contre eux que je dis ça.
08:30C'est simplement parce que c'est une affaire complexe.
08:33On regarde des postes de recettes et de dépenses un par un.
08:35Et il n'y a que de l'administration, donc le gouvernement, qui, en général, peut tenir cette plume-là.
08:40C'est pour ça qu'à la fin, je pense déjà qu'il n'y aura pas de budget voté.
08:42Ensuite, la moins mauvaise solution, le moins mauvais épilogue sans doute pour le gouvernement, c'est celui des ordonnances.
08:49C'est-à-dire, une fois qu'on aura vu les délais expirer, mettre en place le projet de budget initial à travers des ordonnances.
08:55Mais le débat, la polémique, montera aussi là-dessus à ce moment-là, sans doute.
08:58Renaud, je voulais qu'on dise un mot de la taxe Zuckman.
09:00Parce que là, c'est encore un débat symbolique qui se profile.
09:03Probablement vendredi, peut-être début de semaine prochaine.
09:05Je fais simplement une parenthèse en disant que demain, l'Assemblée n'examinera pas le budget.
09:10Parce qu'il y a une niche parlementaire journée pour le Rassemblement national.
09:13Donc il y aura pause dans les débats budgétaires.
09:15Mais la taxe Zuckman va encore revenir sur le devant de la scène.
09:19Et oui, devant les députés LR, Sébastien Lecogneur en a parlé.
09:22Il a reconnu qu'il ne faut pas que le compromis devienne la compromission.
09:26Le Premier ministre a même eu cette image.
09:27Tout débat sur le lait est ouvert.
09:29Mais c'est un débat qui doit se faire sur le partage du lait.
09:32Pas sur le fait de tuer la vache.
09:34La taxe Zuckman, même allégée, a été aussi rejetée par le RN.
09:38On parlait du zigzag économique du Rassemblement national avec cette taxe sur les multinationales cette nuit.
09:42Le RN donc et Marine Le Pen qui déclarent qu'elle soit light, hard ou rien du tout.
09:46On ne la votera pas.
09:46Bon, et le Parti Socialiste, hier, Aurore Malval, a donné l'impression aussi de renoncer en disant
09:52« Ce n'est pas une fin en soi la taxe Zuckman.
09:54C'est un moyen.
09:55Ce qu'on veut, c'est taxation des plus riches, des plus hauts patrimoines.
09:58Est-ce qu'il y a une petite reculade du PS là-dessus ? »
10:00Alors, reculade, je ne sais pas.
10:01Je pense qu'il y a aussi des courants, peut-être, qui ne sont pas tout à fait alignés au PS.
10:07Certains sont plus allants pour pousser au maximum, justement, cette taxe,
10:12voire aller, justement, jusqu'à une censure et, possiblement, qui serait suivie par une dissolution.
10:19Et d'autres ne sont plus mesurées.
10:20Mais on a vu, d'ailleurs, la communication du PS, avec ses deux voix, principalement Olivier Faure et Boris Vallaud,
10:25sur cette question, d'ailleurs, depuis la semaine dernière.
10:28On avait quand même un Olivier Faure, vendredi dernier, qui était très catégorique.
10:30C'était dans le week-end, si on arrive à quelque chose.
10:33On a mis un ultimatum.
10:34Voilà. Et puis, cet ultimatum, finalement, s'est adouci.
10:37On assiste à des va-et-vient.
10:38On voit qu'il y a une négociation qui se passe en coulisses.
10:40Effectivement, elle semble, aujourd'hui, assez mal embarquée.
10:43Les socialistes, en tout cas, certains disent qu'on va pousser au maximum pour cette taxe.
10:47D'autres, c'est plus sur l'enveloppe globale, en fait, qu'on veut arriver à quelque chose.
10:51Il faut qu'on trouve, justement, des milliards correspondants.
10:55Mais si ce n'est pas par ce biais-là de cette taxe Huckman-Light,
10:58ce sera par un autre système pour, toujours, cette idée de justice fiscale.
11:03En tout cas, ils doivent décrocher quelque chose par rapport à ça,
11:05parce que sinon, effectivement, ils vont avoir du mal à se renier complètement
11:08par rapport à ce qui a été annoncé.
11:09Oui, c'est fini. Il n'y aura pas de taxe Huckman.
11:11Oui, parce que...
11:12Sous sa forme initiale ou allégée, sucre ajoutée ou pas.
11:15En fait, si on laisse jouer la démocratie parlementaire, encore une fois,
11:18et vous parliez des alliances parfois baroques qui se font et se défont,
11:20il n'y a pas de majorité pour une taxe Huckman.
11:22Autant il y en avait une pour la réforme des retraites,
11:24puisque le Rassemblement National et l'ensemble de la gauche sont d'accord pour la suspendre,
11:27autant il n'y en a pas sur la taxe Huckman à partir du moment où Marine Le Pen s'y est opposée
11:31et où le Bloc Central veut tenir bon sur la position de ne pas la voter.
11:35Donc il y a quand même une différence fondamentale et démocratique
11:38entre le débat sur la suspension de la réforme des retraites
11:40et le débat sur la taxe Huckman, quelle que soit sa forme.
11:42Est-ce que c'est tenable, Aurore, pour le gouvernement,
11:44de continuer d'essayer de trouver des deals avec le Parti Socialiste
11:47alors que le PS est sous le mégaphone constamment de la France Insoumise ?
11:51Encore ce matin, Mathilde Panot, sur ce plateau, la chef de file des Insoumis à l'Assemblée,
11:56disait que c'est le PS qui est responsable d'un changement d'alliance,
11:59qui ne tient pas le programme du nouveau Front Populaire
12:01et qui va couler avec la Macronie.
12:03En fait, c'est toute la difficulté de la situation.
12:06C'est-à-dire que le PS doit absolument avoir des gains,
12:09le gouvernement ne peut pas totalement se renier
12:11et on arrive avec un budget qui, de toute façon, va être invotable,
12:16comme l'a très bien dit Louis,
12:17parce qu'il va y avoir d'autres majorités que celles formées
12:21et qui ne tiennent pas du tout par le PS et le Bloc Central,
12:24notamment pour, d'ailleurs, dans ce même budget,
12:27dans ce même projet de loi de financement de la Sécurité Sociale,
12:29je pense notamment à une majorité qui pourrait émerger à droite
12:32entre le RN et les Républicains
12:35pour voter, par exemple, la suspension de l'AME.
12:37Donc, on voit bien que cette alliance,
12:40elle est à très court terme, en fait, avec le PS et le Bloc Central
12:44et qu'elle n'a pas aujourd'hui produit,
12:46en même temps, de véritables effets.
12:49Renaud, ça oblige Sébastien Lecornu à un pas de danse.
12:51C'est ça, c'est le pas de danse, il est compliqué.
12:53C'est du tango à trois.
12:55Il y a les socialistes d'un côté, il y a les LR de l'autre.
12:57Après, Lecornu, il sait bien quelle est la stratégie des uns et des autres.
13:00Du côté du RN et de la FI, c'est clair,
13:02c'est la dissolution, voire plus si affinité,
13:03c'est-à-dire une de nouvelles élections présidentielles.
13:06Donc, il est obligé de parler avec ces deux blocs.
13:08Le problème, c'est que s'il donne trop de concessions à l'un,
13:11il met en colère les autres.
13:11On a entendu avec Bruno Rotaillot il y a peu de temps.
13:14Louis, là-dessus, brièvement, c'est un numéro d'équilibriste,
13:17perpétuel, H24 sur un fil, Sébastien Lecornu.
13:20Complètement, et ça l'oblige d'ailleurs à penser,
13:22en termes de quart d'heure, d'heure,
13:23de ne pas pouvoir se projeter très au-delà.
13:26En fait, on voit bien, depuis le début,
13:27la stratégie de Sébastien Lecornu, c'est de gagner du temps.
13:30D'abord pour protéger le président,
13:31parce que c'est pour ça qu'il est nommé par Emmanuel Macron,
13:33et ensuite pour avancer, bon gré, mal gré,
13:36vers l'adoption d'un budget qui ne sera sans doute pas adopté
13:38en bonne et due forme par un vote à l'Assemblée,
13:40mais au moins par ordonnance,
13:41et d'éviter d'ici là, bien sûr, une censure
13:43qui pourrait se traduire en dissolution.
13:44Il y a une petite chose à ajouter
13:45qui peut mettre un peu de baume au cœur à Sébastien Lecornu,
13:47c'est que les Français sont de moins en moins friands
13:49d'une dissolution.
13:50On était à 65-70 au moment du psychodrame
13:53du premier gouvernement de Lecornu.
13:55Aujourd'hui, on est à un Français sur deux.
13:57Merci à tous les trois.
13:58Nos débats continuent évidemment dans les informés
14:00dans un instant, mais d'abord le fil info,
14:02puisqu'il est 9h20, Maureen Suignard.
14:04C'est au tour de Cuba d'être frappée par l'ouragan Mélissa.
14:07Les vents avoisinent les 200 km heure
14:10et les pluies sont très importantes.
14:11Mélissa est désormais de catégorie 3.
14:13Il a traversé la Jamaïque il y a quelques heures
14:15faisant de gros dégâts.
14:16Notre pays a été ravagé, se désole le Premier ministre jamaïcain
14:20qui ne fournit pas de bilan humain.
14:22La taxe contre les géants des technologies renforcées.
14:25Les députés ont voté la mesure hier
14:27lors de l'examen du budget 2026.
14:29Le gouvernement était contre,
14:30craignant des représailles de la part des Etats-Unis.
14:33En discussion dans les prochains jours,
14:34la taxation des très hauts patrimoines.
14:36Le procès de quatre hommes de nationalité bulgare
14:39débute aujourd'hui.
14:40Ils sont soupçonnés d'avoir tagué le mémorial de la Shoah
14:42l'année dernière,
14:43d'avoir laissé des traces de mains rouges
14:46sur le mémorial pour les renseignements.
14:48Il s'agit de...
14:50Pour les renseignements français,
14:51ils ont agi pour le compte de la Russie
14:53pour diviser l'opinion française.
14:55L'armée israélienne dit avoir frappé
14:5630 chefs de mouvements armés à Gaza.
14:59Israël a repris ses frappes hier,
15:01au moins 90 morts selon les hôpitaux gazawis.
15:04L'Etat hébreu explique avoir frappé Gaza
15:06après l'attaque de soldats israéliens
15:07et affirme reprendre le cessez-le-feu ce matin.
15:10France Info
15:15Les informés
15:18Paul Barcelone
15:19Renaud Blanc
15:21Jusqu'à 9h30 sur France Info
15:23avec Aurore Malval,
15:24grand reporter au service politique de Marianne,
15:26et Louis Ouzalter,
15:27journaliste politique au Figaro.
15:28Notre deuxième débat,
15:30Renaud,
15:31porte sur la sortie du livre de Jordan Bardella.
15:33Aujourd'hui en librairie,
15:34c'est son deuxième livre en l'espace d'un an.
15:37Effectivement,
15:37et le premier,
15:38ce que je cherche,
15:39c'était tout de même vendu à 225 000 exemplaires.
15:41Son nouveau livre s'intitule
15:42Ce que veulent les Français.
15:43Il dresse le portrait
15:44justement de 20 Français
15:45qu'il a rencontrés.
15:46Des témoins d'Ixite,
15:47Jordan Bardella,
15:48de la France qui travaille,
15:50des portraits bien sûr,
15:51et des messages politiques.
15:52Le président du RN
15:53qui dans ses 400 pages
15:54estime que Nicolas Sarkozy par exemple
15:56est le dernier grand président de la République
15:58et qui affirme que son parti
15:59et LFI
16:00sont les deux seuls partis
16:01à avoir aujourd'hui
16:02des convictions.
16:04Lancement de ce livre
16:05donc hier à grande pompe
16:06au Théâtre Marigny à Paris.
16:09Petite phrase dans ce livre.
16:11Il est temps d'ouvrir
16:11une nouvelle page
16:12dans la vie de notre pays.
16:13Ça pourrait être
16:14une phrase de campagne
16:15et de campagne présidentielle.
16:16Louis Osalter,
16:17il est en campagne,
16:18Jordan Bardella.
16:18Son premier livre s'appelait
16:19Ce que je cherche.
16:20Qu'est-ce qu'il cherche
16:21le président du RN ?
16:22Il cherche à construire
16:24une campagne
16:25mais qui ne peut pas
16:25être une campagne franche.
16:27C'est ça son problème.
16:27Il a une écosse très compliquée.
16:29Il y a déjà une candidate naturelle,
16:31c'est d'ailleurs comme ça
16:31qu'elle se définit,
16:32du Rassemblement National,
16:33qui est Marine Le Pen.
16:34Qui ne peut pas se présenter.
16:36Sauf qu'au RN,
16:37on vit un peu dans cette fiction
16:38qui est que la candidate
16:39est quand même Marine Le Pen
16:40dans tous les esprits.
16:41Et d'ailleurs,
16:41je crois que dans l'opinion publique,
16:42c'est aussi un peu le cas.
16:43La candidate naturelle
16:44du Rassemblement National,
16:45ça reste Marine Le Pen.
16:46On en parle comme toujours
16:47de la figure du prou du RN
16:49et comme si elle allait
16:50se présenter en 2027.
16:51Alors qu'à date,
16:51la justice l'empêche
16:52de se représenter.
16:53Il va y avoir un procès en appel
16:54mais rien ne dit à ce stade
16:55que la Cour d'appel
16:56invaliderait la condamnation
16:58à l'inégibilité
16:59qui a été prononcée
17:00en première instance.
17:01Donc le RN est quand même
17:02dans une situation
17:02très très curieuse,
17:04très baroque
17:04dans laquelle il y a une candidate
17:06qui est toujours
17:06sur le devant de la scène
17:07et on a vu cette dernière semaine
17:08d'ailleurs qu'elle...
17:09Ce n'est pas qu'elle revenait
17:11Marine Le Pen
17:11mais elle l'occupe quand même
17:12et on l'a vu encore
17:13avec ses déclarations d'hier
17:14sur la taxe du Kman.
17:15C'est elle qui vient dire
17:16ce que fera son groupe
17:17sur le budget.
17:18C'est elle qui est en première ligne.
17:19Donc elle reste la voix,
17:20la figure de son parti
17:22et la candidate naturelle.
17:24Donc à partir de là,
17:24quelle est l'équation
17:25de Jordan Bardella ?
17:26Avec les livres,
17:27il a trouvé un moyen
17:27de faire campagne
17:28sans dire qu'il fait campagne.
17:30Un livre, c'est quoi ?
17:31C'est évidemment
17:31une tournée médiatique,
17:32c'est la soirée d'hier
17:34en grande pompe à Paris
17:35et puis c'est surtout
17:36une tournée de dédicaces
17:37pour aller à la rencontre
17:38de lecteurs
17:39qui en fait sont
17:39de potentiels électeurs.
17:41Voilà, c'est le moyen
17:42qu'il a trouvé,
17:44Jordan Bardella,
17:45pour faire une campagne aiguisée,
17:47pour soigner une stature,
17:49sachant que ce qui est assez clair
17:51entre eux,
17:52Marine Le Pen
17:52et Jordan Bardella,
17:54c'est qu'il est le plan B.
17:55Mais c'est compliqué
17:56quand on a un plan B
17:56de faire une campagne
17:58franche et sincère,
18:00surtout quand,
18:00comme je l'ai dit,
18:01le plan A
18:02ne quitte pas la scène.
18:03Le plan B,
18:03le plan Bardella,
18:05Aurore,
18:05je lisais dans Le Parisien
18:06ce matin,
18:07Jordan Bardella,
18:07qui disait
18:08« Moi, le pouvoir,
18:09je m'y prépare,
18:10ça nécessite de se préparer »
18:11sans dire si c'est
18:12la présidentielle
18:13ou Matignon
18:14en cas de législative
18:15anticipée.
18:16Oui,
18:16depuis la condamnation
18:18de Marine Le Pen,
18:19c'est toute l'ambiguïté,
18:21comme l'a bien décrit Louis,
18:23dans laquelle est plongé le parti.
18:24Alors, c'est intéressant
18:27quand même de voir,
18:28et d'ailleurs dans les livres
18:29et dans les sorties,
18:30je dirais,
18:31de Jordan Bardella,
18:32de plus en plus,
18:33on voit quand même
18:34la distance,
18:35en tout cas l'écart
18:35qu'il y a
18:36entre certaines options
18:37idéologiques
18:38de Marine Le Pen
18:39et de Jordan Bardella.
18:40Et je pense que c'est ça aussi
18:41qu'il décrit
18:42avec ce livre
18:43et avec ses sorties médiatiques.
18:45On voit que Jordan Bardella,
18:46c'est pas tout à fait
18:47le RN,
18:48ni de droite,
18:48ni de gauche
18:49de Marine Le Pen.
18:49Jordan Bardella,
18:50c'est quelqu'un
18:51qui voudrait être
18:52finalement
18:52un homme de droite
18:53assez classique
18:54quand il rencontre
18:56Nicolas Sarkozy,
18:57quand il dit
18:58que justement
18:59Nicolas Sarkozy
18:59c'est le dernier
19:00grand président.
19:01C'est en fait tout ça.
19:02Il voudrait bien
19:03être accepté
19:03par cet establishment
19:04de droite,
19:05prendre des options
19:06d'ailleurs économiques
19:06qui sont radicalement
19:08beaucoup plus libérales
19:09que celles
19:10qui sont prises
19:11en tout cas
19:12par Marine Le Pen.
19:13donc on voit
19:14et je pense
19:15qu'on va voir
19:16de plus en plus
19:16plus le temps
19:17va passer
19:18ces petits frottements
19:19sur la ligne
19:20vont apparaître
19:21de façon
19:21de plus en plus
19:22éclatante
19:22par rapport
19:23à cette campagne
19:23en sous-main
19:24de Jordan Bardella.
19:25C'est vrai que
19:25Marine Le Pen
19:25reste très populaire
19:26mais à l'intérieur
19:27même du parti
19:28certains disent
19:28finalement
19:29le RN fera sa mue
19:30le jour
19:30où le ou la candidate
19:32à la prochaine présidentielle
19:33ne portera pas
19:34le nom de Marine Le Pen
19:36le nom Le Pen tout court
19:37pardonnez-moi
19:38et il y a quelque chose
19:39d'intéressant
19:40qui a été relevé
19:40par Pierrick Bonneau
19:41du service politique
19:42de France Info
19:43c'est que dans ce livre
19:44de 400 pages
19:44le nom de Marine Le Pen
19:46apparaît très très très peu.
19:47Ce n'est pas facile
19:48de déboulonner Marine Le Pen
19:49y compris quand on est
19:50Jordan Bardella
19:51et qu'on se réclame
19:52de ce lien d'amitié
19:53quasi de cette filiation.
19:54Déjà déboulonner à Le Pen
19:55en général
19:55du Rassemblement National
19:56l'histoire de ce parti
19:57montre que c'est très compliqué
19:58même si la fille
20:00a déboulonné le père
20:02mais qui déboulonnera
20:03la fille effectivement.
20:05Donc oui
20:05Jordan Bardella
20:06je pense se construit
20:06une trajectoire parallèle
20:10et ce que dit Aurore
20:11sur son rapport
20:12à Nicolas Sarkozy
20:12est tout à fait juste.
20:13Sa mentor en politique
20:14sa mère en politique
20:15c'est Marine Le Pen
20:16bien sûr Jordan Bardella
20:17mais son modèle
20:18et il le dit maintenant
20:19assez franchement
20:19c'est Nicolas Sarkozy
20:21donc ça dit quelque chose
20:22à la fois
20:23du positionnement personnel
20:24en vue d'une possible
20:26campagne présidentielle
20:26et aussi du positionnement
20:28idéologique
20:28c'est-à-dire un positionnement
20:29qui est de droite
20:30là où Marine Le Pen
20:31est bien sur l'économie
20:33notamment
20:33à une ligne interventionniste
20:35étatiste
20:35et drague beaucoup moins
20:37le grand patronat
20:38que ne le fait
20:39un Jordan Bardella.
20:40à un moment donné
20:41il y a des fils
20:41qui risquent de se toucher
20:42dans cette histoire
20:43c'est pas uniquement
20:45une équation personnelle
20:46entre Marine Le Pen
20:46et Bardella
20:47il ne faut pas oublier
20:47l'équation idéologique
20:48les contradictions
20:49qui peuvent ressortir
20:50de ce duo
20:52assez baroque.
20:53Mais un an après son premier livre
20:55est-ce qu'il a quelque chose
20:56de différent à dire au pays ?
20:58Il faut aussi rappeler
20:58que dans ce livre
20:59c'est 20 portraits
21:00dont celui de sa maman
21:01d'ailleurs
21:02à Jordan Bardella
21:03et que des gens
21:04plus ou moins proches
21:05manifestement
21:05du Rassemblement National
21:06qu'il aurait croisé
21:07en meeting
21:08des chefs d'entreprise
21:09qu'il a été visité
21:11est-ce qu'il a vraiment
21:12quelque chose
21:12j'entends l'argument
21:13de Louis sur la stature
21:14mais...
21:15On se posait déjà
21:16la question avec le premier
21:17beaucoup ont dit
21:18que c'était quand même
21:19très tôt pour faire
21:19une autobiographie
21:21Marine Le Pen d'ailleurs
21:22avait attendu
21:22beaucoup plus longtemps
21:24Là en fait
21:26ce que fait Jordan Bardella
21:27il essaye de décrire
21:28une France
21:28en tout cas
21:29telle qu'il la rêve
21:30telle qu'il aimerait
21:30et c'est d'ailleurs
21:31assez intéressant de relever
21:32qu'il a interrogé
21:33beaucoup de chefs d'entreprise
21:35je ne dirais pas
21:36que c'est une déclaration
21:37d'amour au patronat
21:38mais en tout cas
21:39dans la France de Bardella
21:40il y a plus de la moitié
21:41des témoins
21:42qui sont justement
21:43cette fameuse France
21:44qui travaille
21:45mais du côté
21:46alors ce n'est pas
21:47des grands patrons
21:47mais des petits patrons
21:49et qu'il veut faire
21:50exister comme ça
21:51donc c'est un autre
21:52je dirais que c'est un autre projet
21:53que son premier livre
21:54c'est un petit peu
21:56en tout cas
21:56sur le papier
21:57ça peut être vu
21:58un petit peu
21:58comme ce que faisait
21:59François Ruffin
22:00donner la parole
22:00à des français
22:01dire un petit peu
22:01la France qu'il a croisé
22:03mais c'est plus la France
22:04en tout cas rêvée
22:05par Jordan Bardella
22:06Merci à tous les deux
22:07Aurore Malval
22:08grand reporter
22:08au journal Marianne
22:10grand reporter
22:10au service politique
22:11du journal Marianne
22:12Louis Osalter
22:13journaliste politique
22:14au Figaro
22:14on vous lit
22:15dans la foudre et les cendres
22:16votre dernier ouvrage
22:18merci Renaud Blanc
22:19Merci Paul
22:19A demain les informés reviennent
22:21dès ce soir à 20h
22:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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