- il y a 12 heures
Avec Axel Persson (secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et Rambouillet) x Bertrand Martinot (expert associé à l'institut Montaigne, auteur de "J'ai cotisé, j'y ai droit !“ Mensonges et vérités sur les retraites)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Maxime Liedot.
00:060826 300 300 alors qu'il est 9h35 sur Sud Radio, on va poursuivre la discussion qu'on était en
00:11train d'avoir avec vous, amis auditeurs,
00:13sur cette tendance en France qui se généralise visiblement, on préfère sacrifier un tout petit peu son temps libre pour
00:19travailler plus,
00:20et qui est dit travailler plus, dit gagner plus, est-ce que c'est ça aussi votre volonté, amis auditeurs,
00:24venez témoigner, venez réagir,
00:26est-ce que, quoi, c'est le travail qui revient à la mode, peut-être, sans doute, 0826 300 300.
00:32On va en discuter avec Bertrand Martineau, bonjour.
00:34Bonjour.
00:35Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes expert associé à l'Institut Montaigne et auteur de ce
00:38livre,
00:39J'ai cotisé, j'y ai le droit, mensonge et vérité sur les retraites.
00:42D'ailleurs peut-être que ce sujet qu'on va aborder est intimement lié aux retraites, on aura l'occasion
00:47d'en discuter,
00:48et dans un instant sur ce studio on aura Axel Persson qui est le secrétaire général du syndicat CGT de
00:53Trappes et Rambouillet.
00:54Et on va donc opposer deux points de vue économiques.
00:58On va peut-être commencer avec vous, mon cher Bertrand Martineau, c'est-à-dire, on va poser aujourd'hui
01:02les bases.
01:03Est-ce qu'il est normal d'assister le plus haut niveau depuis 2008 à une volonté des Français de
01:09travailler plus, pour gagner plus,
01:11et donc derrière, de profiter un peu moins ?
01:13Ce qui est objectif, c'est que les salaires progressent très peu depuis maintenant pas mal d'années.
01:20Bon, les bas salaires ont été à peu près maintenus grâce au SMIC, grâce à l'indexation du SMIC sur
01:26les prix,
01:27donc ça limite les baisses du pouvoir d'achat.
01:28Mais au niveau des salaires moyens, au niveau des classes moyennes, au niveau, on va dire, des ouvriers, employés, qualifiés,
01:33des cadres, évidemment,
01:35les salaires stagnent en fait, en réel.
01:37C'est-à-dire qu'on corrige de l'inflation depuis un certain nombre d'années.
01:40Par ailleurs, les dépenses, ce qu'on appelle les dépenses contraintes, c'est-à-dire tout ce qui est...
01:45Les loyers, l'essence, la nourriture, l'essence.
01:48Exactement, augmente.
01:50Il a été dit tout à l'heure, et c'est vrai, que les prix du logement, effectivement, ont explosé
01:54aussi ces 20 dernières années.
01:56Ce qui fait qu'aujourd'hui, pour avoir un 100 m² dans la région parisienne,
02:00il faut 20 ans de l'intégralité d'un salaire moyen pour se le payer.
02:07Et ce qui est intéressant aussi, on va discuter, et on va en discuter avec vous au standard, au 0
02:11826 300 300,
02:13c'est qu'on a l'impression que ça vient contrecarrer presque un discours qui avait été très à la
02:17mode après le Covid,
02:19en disant non, non, non, ça y est, là, ça a marqué un pas, les Français ont désormais une autre
02:22approche du travail.
02:23On a considéré ça de manière un peu trop biaisée.
02:25Ah, totalement. On a parlé à l'époque de grandes démissions, tout le monde démissionnait,
02:29personne ne voulait aller travailler, tout le monde voulait aller élever des chefs dans le Larzac.
02:32En fait, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
02:34Effectivement, il y a eu beaucoup de mouvements sur le marché du travail,
02:37il y a eu beaucoup de démissions, mais ce n'était pas pour des loisirs,
02:40en fait, c'était pour changer de métier, tout simplement,
02:42parce qu'il y avait des opportunités à ce moment-là,
02:44pour gagner plus, justement, pour avoir un métier plus intéressant, plus près de chez soi.
02:48Donc, il y a eu une grande rotation, on va dire, sur le marché du travail,
02:50mais les gens ne l'ont pas fui devant le travail.
02:52Et ce terme de grande démission, etc., était, si je peux me permettre, un peu journalistique,
02:58mais ça ne correspondait pas aux statistiques.
03:00Journalistique dans le mauvais sens du terme.
03:02Oui, dans le sens, on va dire, un peu mauvais commentateur de ces questions-là.
03:06Oui, voilà, exactement, on voulait faire du buzz, on va dire,
03:08mais ce n'est pas ce qui s'est passé concrètement.
03:10Et il y a aussi un autre sujet, on l'entendait tout à l'heure avec nos auditeurs au 0826
03:14300 300,
03:15c'est certain qu'ils disaient, mais en fait, plus on est jeune maintenant,
03:18en réalité, dans le monde du travail,
03:20plus on a conscience peut-être de certaines difficultés qu'on va rencontrer à l'avenir.
03:25Je sais que vous êtes un des spécialistes de la question des retraites en France,
03:28c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est en capacité, aujourd'hui même à 30 ans,
03:31de se dire, ok, là, je vais vraiment me concentrer sur mon travail,
03:33parce que je prépare déjà la retraite de demain.
03:36Oui, alors, il y a une légère majorité de jeunes Français,
03:39donc de moins de 25 ans, qui pensent, alors probablement à tort,
03:42qu'ils n'auront carrément pas de retraite.
03:44Et puis, une grosse minorité, plutôt,
03:47qui disent qu'ils auront une retraite,
03:48mais une retraite qui ne sera pas suffisante pour avoir une vieillesse décente.
03:51C'est probablement eux qui ont raison,
03:54c'est-à-dire qu'effectivement, il y aura, dans 30, 40 ans,
03:56il y aura toujours un système de retraite, a priori,
03:58puis par répartition,
04:00mais ça risque de plus en plus d'être la portion congrue,
04:03et ils n'auront pas du tout les niveaux de pension
04:05qu'ont aujourd'hui leurs parents, qui sont aujourd'hui à la retraite.
04:08Et donc, évidemment, ils ont tendance à épargner des maintenances,
04:12ça s'appelle d'ailleurs la capitalisation,
04:14ce qui est quelque chose de très populaire, en fait.
04:16Et un sujet qui vous tient à cœur qu'il est plus élevé.
04:18Oui, entre autres, oui.
04:19Entre autres.
04:210826 300 300,
04:22je vous propose de dialoguer avec Richard.
04:25Bonjour Richard.
04:26Oui, bonjour à tous.
04:28Merci beaucoup d'être avec nous, mon cher Richard.
04:29Comment vous regardez le dialogue qui nous anime depuis presque une heure maintenant ?
04:32A savoir, est-ce que tout d'un coup, oui, c'est vrai,
04:34les Français renouent avec le travail ?
04:36Est-ce que ça veut dire que le slogan d'une certaine campagne
04:39en cours de façon silencieuse, ce serait quoi ?
04:41Travailler plus pour gagner plus, mais profiter moins ?
04:45Oui, tout à fait.
04:46Mais moi, je suis avec des jeunes, je suis dans l'éducation,
04:49et bien que je sois retraité, je suis du bénévolat.
04:52C'est vrai que c'est un système à peu près,
04:54il faut trouver des personnes qui font du bénévolat,
04:57c'est surtout des retraités qui assurent le fonctionnement de ces associations,
05:00principalement sportives.
05:01Et c'est vrai que moi, je vois, c'est des mêmes quêtes,
05:03c'est des personnes comme Sandrine Rousseau,
05:06qui, je la vois très bien dans quelques temps,
05:08peut-être assez proches d'ailleurs,
05:11sur des nouvelles manifestations,
05:12où il y aura pas mal de gens, des jeunes principalement,
05:15qui veulent profiter de la vie, ok ?
05:17On veut des sous sans travailler !
05:19On veut des sous sans travailler !
05:21Vous faites vachement bien le manifeste en Richard !
05:24On sera pas mal suivi, qu'elle sera pas mal suivi,
05:27et ça c'est grave, c'est très grave.
05:28Oui, c'est le paradoxe français,
05:30et tout à l'heure, on le disait,
05:32je salue Axelle Persson qui vient de nous rejoindre,
05:34Bonjour !
05:34Prenez le temps, tout va bien,
05:36dans cette période de canicule,
05:36de prendre un verre d'eau,
05:37qui plus est, après les débats chauds,
05:38et pendant les débats chauds qu'on a ici sur Sud Radio,
05:40vous êtes le secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et Rambouillet.
05:43On se pose cette question,
05:45tout d'un coup, une étude vient de sortir,
05:46on se rend compte que les Français veulent travailler plus,
05:48pour gagner plus, quitte à profiter moins,
05:50parce que l'argent devient un tout-pibé plus important.
05:53Bertrand Martineau, à l'instant, nous expliquait à quel point,
05:55oui, c'est vrai qu'il y avait ce mouvement,
05:57et Richard vient de nous dire,
05:58mais il y a aussi cette idée que, tout d'un coup,
06:04système social, parfois très progrès acteur,
06:06se rende compte, finalement, que ça va changer.
06:07Est-ce que ça, ça peut jouer, Bertrand Martineau ?
06:09Oui, il y a le sentiment, dans toute la population,
06:13et en particulier chez les jeunes,
06:14que le modèle social est en grande difficulté financière,
06:17pour des raisons sur lesquelles on pourrait débattre, évidemment.
06:21Et donc, il y a une inquiétude par rapport à l'avenir,
06:24donc il y a beaucoup d'épargne,
06:26donc il y a toutes ces polémiques autour des retraites,
06:29puisque les jeunes, effectivement, comme je disais,
06:31ont le sentiment qu'ils sont un peu les dindons de la farce,
06:33si je peux me permettre,
06:34c'est-à-dire qu'ils n'auront pas le niveau de retraite de leurs parents,
06:37et donc cette inquiétude diffuse génère, évidemment, du mécontentement,
06:41et explique aussi pourquoi, dans tous les sondages,
06:44mais ce n'est pas du tout niveau.
06:45De nouveau, je rappelle que le slogan
06:47« Travailler plus pour gagner plus »,
06:48c'était 2007,
06:50donc c'était déjà il y a pas mal d'années,
06:52et déjà, à l'époque, il y avait un problème de pouvoir d'achat,
06:55il y avait un problème de niveau des salaires,
06:57et donc, une façon de s'en sortir,
06:58effectivement, comme quand même une grande majorité de salariés sont payés à l'heure,
07:02si vous travaillez plus, évidemment, vous gagnez plus.
07:05Axel Persson ne vous a pas entendu encore sur ce sujet,
07:07comment vous observez, vous, en tant que secrétaire général du syndicat CGT de Trappé et Rambouillet ?
07:11Cheminot de Trappé.
07:12Cheminot, évidemment, pardonnez-moi,
07:14c'est important toujours de préciser l'origine cheminot de la revendication sociale,
07:18comment vous regardez, justement, cette majorité de Français désormais,
07:21qui disent « bon, je préfère avoir un peu moins de temps libre »,
07:23travailler plus et gagner plus,
07:25est-ce que quoi ?
07:25C'est le travail qui revient à la mode en France ?
07:27En fait, je pense que le travail n'est jamais passé de mode,
07:29dans la mesure où 90% de la population, de toute façon,
07:31n'a que son travail pour vivre, payer sans loi et payer ses factures.
07:33Donc, de ce point de vue-là, ce n'est pas une question d'une mode,
07:36mais c'est une question de nécessité absolue.
07:38En revanche, sur la question du niveau des salaires,
07:41en effet, la majorité des salariés,
07:44quelle que soit leur qualification,
07:46considèrent, et nous le pensons à juste titre,
07:47que leur salaire est insuffisant pour une bonne partie,
07:49ne serait-ce que pour vivre,
07:50et pour une autre partie, même s'ils peuvent en vivre,
07:52ne reflètent pas suffisamment les qualifications
07:54et l'expérience ou les compétences acquises.
07:56Mais cela tient un fait assez simple.
07:58Depuis les années 80,
07:59la part des salaires dans la valeur ajoutée dans ce pays
08:02a diminué de presque 7 à 10 points.
08:04Et tout simplement, par un mécanisme assez simple,
08:06qui est, pour vulgariser,
08:07c'est que les poches des plus riches,
08:09des propriétaires d'entreprises,
08:10des grandes banques, des grandes assurances, etc.,
08:12se remplissent en vie dans les nôtres,
08:13par des mécanismes bien connus.
08:14C'est-à-dire, on attaque,
08:15on fait baisser les cotisations patronales
08:17tout en augmentant les prélèvements et les cotisations salariales.
08:19On s'attaque évidemment aux salaires,
08:21en les bloquant et en les faisant évoluer
08:24inférieurs à l'augmentation de la productivité,
08:25ou tout simplement en les bloquant
08:27à un niveau inférieur à l'inflation,
08:28ce qui fait perdre mécaniquement la valeur de nos salaires
08:30et ce qui permet d'enrichir les gens
08:32qui vivent de notre travail.
08:33Et ça, c'est évidemment le fondement
08:35de l'encontagonisme entre salariés et patronats.
08:38Et c'est quoi, en tant que militants ouvriers,
08:40on s'attèle à combattre et mener ce combat
08:42du point de vue de nos intérêts.
08:43Bien sûr.
08:43Axel Persson, secrétaire général du syndicat CGT
08:46de Trappes et Rambouillet,
08:47Branchemineau, vous l'avez précisé tout à l'heure,
08:49et Bertrand Martineau, expert associé à l'Institut Montagne,
08:52auteur de « J'ai cotisé, j'ai le droit,
08:53mensonges et vérités sur les retraites »,
08:54ça tombe bien, on va poursuivre le débat.
08:56Vous avez fait une entrée fracassante,
08:57je crois qu'on va avoir quelques désaccords ici
08:59et on continue d'en parler avec vous en studio.
09:020826 300 300.
09:03A tout de suite sur Sud Radio.
09:060826 300 300,
09:07alors qu'il est 9h47 sur Sud Radio,
09:09on poursuit notre conversation,
09:11notre débat sur votre pouvoir d'achat,
09:12sur votre rapport au travail, amis auditeurs,
09:14et vous pouvez d'ailleurs participer à cette conversation.
09:16au 0826 300 300,
09:18on en discute avec Axel Persson,
09:20secrétaire général du syndicat CETÉCHeminot,
09:22de Trappes et Rambouillet,
09:23et avec Bertrand Martineau,
09:25expert associé à l'Institut Montagne,
09:26auteur de « J'ai cotisé, j'y ai le droit,
09:28mensonges et vérités sur les retraites ».
09:30Vous, est-ce que de votre côté aussi,
09:31Axel Persson,
09:32vous disiez à l'instant que l'augmentation du temps de travail
09:34n'était pas que du plaisir,
09:35mais en réalité quelque chose de l'ordre de la nécessité,
09:38pour ne pas dire que certains doivent se contenter
09:40de survivre avec le salaire qu'ils ont.
09:41Est-ce que vous comprenez aussi
09:42toute cette génération,
09:44tout ce mouvement qui vient nous expliquer qu'en réalité,
09:46le but c'est aussi,
09:47parce que c'est le sens de l'histoire,
09:48disent-ils,
09:49de travailler beaucoup moins ?
09:50Alors le sens de l'histoire,
09:51oui, c'est d'une manière incontestable,
09:53c'est le sens de l'histoire,
09:53puisque le temps de travail a diminué
09:55depuis le 19e siècle,
09:57sous notamment l'effet du mouvement ouvrier,
09:59qui a abouti à une réduction du temps de travail
10:00significative depuis le début du siècle.
10:02En revanche,
10:03la diminution du temps de travail
10:04n'a pas empêché,
10:05et c'est deux choses décorrélées,
10:07l'augmentation phénoménale
10:08de la productivité horaire au travail.
10:10Ça c'est deux choses différentes,
10:11puisque aujourd'hui,
10:12même avec un temps de travail hebdomadaire inférieur
10:14au début du 19e siècle,
10:16la productivité horaire par salarié
10:18est beaucoup plus élevée.
10:19D'ailleurs, moi,
10:20ça peut se vérifier dans toutes les entreprises,
10:21mais y compris moi,
10:22où je travaille à la SNCF,
10:24j'ai la chance, entre guillemets,
10:25de travailler sur deux types de matériel,
10:27un qui est des années de 70
10:28et un qui a été produit en 2015.
10:30J'imagine qu'on doit voir la différence.
10:33Les méthodes de travail
10:35qui prévalent sur le matériel qui le roule encore,
10:37le matériel corail notamment,
10:39nécessitent beaucoup plus de personnel
10:40que le matériel moderne,
10:42où moi, on m'a attribué les tâches
10:43de presque 4 ou 6 opérateurs,
10:44mais je vous rassure,
10:45on n'a pas augmenté mon salaire
10:46de 4 à 6 fois pour autant.
10:48Et en revanche,
10:49oui, le taux de profitabilité
10:50de l'activité a augmenté significativement,
10:52et pourtant,
10:52ça ne s'est pas traduit
10:53par une augmentation significative
10:54du montant des retraites,
10:55de l'amélioration des prestations
10:57en matière de retraite,
10:58ni même en termes de salaire,
10:59c'est sans commune mesure
11:00avec le montant de la productivité.
11:01Et en revanche,
11:02oui,
11:02il y a des gens qui sont enrichis,
11:03mais là, en l'occurrence,
11:04c'est l'actionnaire
11:04qui est l'actionnaire État
11:05de l'entreprise,
11:06mais ça se vérifie
11:07dans les autres entreprises
11:08où c'est ce même phénomène
11:10qui allève partout.
11:11Comme je disais avant...
11:11Je vois Bertrand Martineau
11:12qui prend quelques notes
11:13et qui vous regarde
11:14avec, on va dire,
11:16des yeux circonspects.
11:16Je vous propose simplement,
11:17messieurs,
11:17qu'on a justement interrogé
11:19Jean-Luc qui est avec nous
11:20au 0826 300 300.
11:21Bonjour Jean-Luc.
11:22Oui, bonjour.
11:23Vous faites partie
11:24de ces personnes,
11:25mon cher Jean-Luc,
11:26qui ont fait un choix
11:27et qui ont décidé peut-être
11:28de réduire un peu
11:29leur temps de travail.
11:30Pourquoi ?
11:30Pour profiter de la vie davantage.
11:32Je peux le dire comme ça ?
11:33Oui, tout à fait.
11:34Mais en fait,
11:35je pense que votre sondage
11:37serait intéressant
11:38de le ramener
11:39à des tranches d'âge.
11:40Bon, moi aujourd'hui,
11:41je suis à la retraite,
11:42j'ai 65 ans,
11:43mais à 57 ans,
11:45je fais partie
11:46du service public.
11:47On parlait des cheminots,
11:48moi c'était la poste.
11:49Et donc,
11:50j'ai pris un dispositif
11:51qui s'appelle le TPAS
11:53et donc,
11:53j'ai fait un choix
11:54de diminuer mon salaire
11:55et de partir avec 70%
11:58de mes revenus
11:59jusqu'à l'âge légal
12:00de la retraite.
12:01Et donc,
12:01mon épouse m'a dit
12:02ben vas-y,
12:03on mangera un peu plus de patates.
12:04Si madame a dit,
12:05Jean-Luc,
12:05il faut écouter dans ce cas-là.
12:07Ah oui, oui, oui.
12:08Elle m'a dit,
12:09on mangera,
12:10oui,
12:10on mange une fois
12:11des patates par semaine,
12:11on la mangera trois fois.
12:13Sauf que c'était au temps
12:13où les patates
12:14n'étaient pas chères.
12:15Et donc,
12:15voilà,
12:16par contre,
12:17vraiment,
12:18je m'insurre,
12:19Jean-Luc,
12:19il y a deux choses.
12:20Deux préambules.
12:21Votre auditeur
12:22qui parlait
12:22que les gens
12:23qui tenaient du télétravail
12:24c'étaient des feignants,
12:26donc,
12:26je ne lui souhaite pas
12:27d'avoir un problème
12:33bien joli,
12:33mais on s'éloigne
12:34un petit peu du débat.
12:35Donc,
12:35moi,
12:35je pense qu'aujourd'hui,
12:37moi,
12:38j'ai quitté l'entreprise
12:38parce que je ne l'aimais plus
12:40et qu'en fait,
12:42on fait des choix
12:46concernant la qualité de la vie
12:47parce qu'on ne se retrouve
12:48plus au travail.
12:50Non,
12:50et c'est non pas
12:51une inversion des valeurs,
12:52mais un véritable choix
12:53de société
12:53qu'on voit en plus,
12:55je veux dire,
12:55infiltrer énormément
12:56de catégories professionnelles
12:57dans la société.
12:58Comment vous réagissez
12:59à ce que disait
13:00Axel Berson,
13:00mon cher Bertrand Martineau,
13:01et à ce que vient dire
13:02Jean-Luc,
13:02sur ce choix
13:03qui a été fait
13:06et qui traduit finalement
13:07une volonté
13:08de s'accorder
13:09beaucoup plus de temps
13:10libre
13:11que de temps au travail ?
13:13Alors,
13:13c'est deux choses
13:14tout à fait différentes.
13:15Je partage tout à fait
13:17ce qui a été dit
13:17par Axel Berson
13:18sur le fait
13:20que la productivité
13:21a énormément augmenté
13:21et c'est ça
13:22qui permet
13:23la diminution
13:23du temps de travail.
13:24Historiquement,
13:25c'est bien ça.
13:26Si on regarde
13:26sur le très long terme,
13:27c'est-à-dire,
13:27on va dire,
13:28depuis la libération
13:29depuis 1945,
13:31en gros,
13:33un tiers des gains
13:34de productivité
13:35qui ont été faits
13:36ont été alloués
13:36au loisir,
13:37enfin,
13:37diminution du temps
13:38de travail
13:38et deux tiers
13:39en augmentation
13:39des salaires.
13:41Le problème,
13:42c'est que ce que vous dites
13:42aujourd'hui
13:43n'est plus vrai,
13:43je suis désolé,
13:44depuis quasiment
13:45une trentaine d'années.
13:45c'est-à-dire que dans
13:46tous les pays,
13:47en particulier européens,
13:48c'est un peu moins vrai
13:49aux Etats-Unis,
13:50on pourrait y revenir,
13:52la productivité a ralenti
13:54considérablement
13:54depuis à peu près
13:55le milieu des années 90.
13:57Probablement,
13:57les historiens du futur
13:59diront qu'il s'est passé
14:00quelque chose en Europe
14:01à la fin des années 90.
14:02On a commencé à décrocher,
14:03on a raté en partie
14:04le virage numérique
14:06et on a commencé
14:07à décrocher
14:07par rapport à d'autres pays.
14:09Je ne parle même pas
14:09de la Chine,
14:09évidemment,
14:10qui a décollé.
14:11Et donc,
14:11la productivité
14:12a énormément ralenti.
14:13Donc,
14:13d'une certaine manière,
14:14le gâteau à se répartir,
14:16en fait,
14:17il croît de moins en moins vite.
14:18Et quand vous parlez
14:19des surprofits,
14:20des superprofits,
14:20etc.,
14:21ce sont généralement
14:22des grandes entreprises mondiales
14:23qui font une grande partie
14:24de leurs profits ailleurs.
14:25Mais si vous regardez
14:26le tissu économique français
14:28de TPE,
14:29PME,
14:30en fait,
14:31les profits ne sont pas
14:31si importants.
14:32Et contrairement à ce que vous dites,
14:33je suis désolé,
14:34c'est les chiffres de l'INSEE,
14:34la part des salaires
14:36dans la valeur ajoutée
14:37produite en France,
14:38j'insiste,
14:39et pas qui part aux Etats-Unis
14:40ou ailleurs,
14:41en fait,
14:41cette part des salaires
14:43sur longue période.
14:44Contrairement à ce qui se passe
14:45aux Etats-Unis
14:46où, effectivement,
14:47la part des salaires
14:47s'est littéralement effondrée.
14:48Enfin, effondrée,
14:49a perdu 5 ou 6 points.
14:51Ça n'a pas été le cas en France,
14:53notamment parce qu'on a
14:54des systèmes protecteurs
14:55comme le SMIC
14:55qui empêchent les salaires
14:56de descendre.
14:57Accès perd son réponse
14:58à Bertrand Martineau
14:59sur ces éléments.
15:00En fait,
15:00c'est l'économie qui croit,
15:02c'est nous qui avons
15:02en partie décroché.
15:04On s'est désindustrialisés
15:05et ça,
15:06c'est un énorme problème
15:06parce que c'est quand même
15:07l'industrie
15:07qui tire l'économie
15:09qui fait le plus d'innovation
15:11et qui tire les salaires
15:11vers le haut.
15:12Donc, il y a tout un tas
15:13de raisons
15:14qui font que les salaires
15:15ralentissent.
15:15Mais globalement,
15:16c'est l'ensemble de l'économie
15:17qui ralentit.
15:18Ce n'est pas simplement
15:18les salaires, malheureusement.
15:19Accès perd son réponse
15:20et après,
15:20on ira chercher Michel
15:21qui est avec nous aussi
15:22au 0826 300 300
15:23qui veut nous partager
15:24cette expérience.
15:25Il sera d'une certaine manière
15:26l'arbitre.
15:26Ça permettra de conclure
15:27notre conversation.
15:28Accès perd son.
15:29Pour le coup,
15:29on le conteste
15:30les chiffres
15:31sur la part des salaires
15:33dans la valeur ajoutée
15:34puisque si on regarde
15:35depuis les années 80,
15:36après, il y a des variations
15:36un peu,
15:37ce n'est pas linéaire.
15:38Ce n'est pas linéaire.
15:38On regarde la tendance lourde
15:40depuis les années 80.
15:40Oui, il est incontestable
15:41que la part des salaires
15:43dans la valeur ajoutée,
15:44c'est d'ailleurs,
15:45pour le coup,
15:45c'est ça qui m'étonne,
15:46c'est les statistiques
15:47des mêmes instituts
15:47qu'on regarde
15:48depuis les années 80
15:49voire les années 70.
15:50Pour le coup,
15:50elle est plus faible aujourd'hui.
15:51Ce qui veut dire
15:51qu'aujourd'hui,
15:52qu'on travaille plus
15:53en termes de productivité
15:55mais il y a plus
15:56de ces richesses
15:57que nous créons
15:57nous seuls
15:57les travailleuses
15:58et les travailleurs
15:58puisque c'est nous
15:59qui les créons
16:00de plus en plus
16:01de cette part
16:01et accaparés
16:01par ceux qui sont
16:02détenteurs du capital
16:03dans les entreprises
16:04soit sous la forme d'action
16:05soit parce que c'est
16:06les familles
16:06qui possèdent l'entreprise
16:07peu importe
16:07et d'ailleurs,
16:08ça se vérifie
16:09c'est-à-dire que
16:09les 500 plus grandes fortunes
16:11quand on mesure
16:11leur patrimoine
16:12qui accumulent
16:13à la fois les actions
16:14les revenus directs
16:14tout ce qu'on veut
16:15a augmenté de 6,6 fois
16:17depuis 2002
16:17en revanche,
16:18ce n'est pas le cas
16:18des salaires depuis 2002
16:19et ce fondement-là
16:20cet antagonisme-là
16:21c'est ce que nous
16:22tout simplement
16:22on appelle de manière
16:23assez classique
16:23l'antagonisme de classe
16:24la lutte des classes
16:25entre le salariat
16:26et le patronat
16:27et nous ce qu'on dit
16:28aujourd'hui à tous les auditeurs
16:29qui nous écoutent
16:29qui sont des travailleurs
16:30c'est que nous on mène
16:31la lutte historique
16:31du moment vrai
16:32qui est la réduction
16:32du temps de travail
16:33l'augmentation de la part
16:34des richesses
16:35qui est allouée
16:36à nos salaires
16:36à nos loisirs
16:37à notre droit
16:38à l'existence
16:38dans la dignité
16:39et qu'évidemment
16:40on se trouve en face de nous
16:41des gens qui ont des intérêts
16:41tout à fait contraires
16:42qui est d'accaparer
16:43encore plus de cette part
16:44de travail
16:44à leur bénéfice
16:45alors que ce n'est pas eux
16:46qui l'ont créé
16:46ce sera
16:47je le crains
16:48messieurs
16:48un débat
16:49qu'on aura l'occasion
16:50d'avoir encore et encore
16:51dans les prochains mois
16:52c'est-à-dire je le crois
16:53dans une période très politique
16:54puisqu'on murmure dans l'oreillette
16:55qu'apparemment
16:56il y a une élection présidentielle
16:57je ne savais pas
16:58il y a tellement peu de candidats
16:59qu'on n'y avait pas pensé
17:00merci beaucoup
17:01à cette personne
17:01d'avoir été avec nous
17:02et bon courage
17:03pour la reprise du travail
17:04dans des conditions
17:04qu'on sait difficiles
17:06secrétaire général
17:06du syndicat CGT
17:08de Trappes et Rambouillet
17:10donc cheminot bien sûr
17:11belle journée camarade
17:12comme on dit
17:13selon la bonne réflexion
17:14et merci beaucoup
17:15Bertrand Martineau
17:16d'avoir été avec nous
17:16expert associé à l'Institut Montaigne
17:18auteur si on veut se faire une idée
17:19de j'ai cotisé
17:20et j'y ai le droit
17:21mensonge et vérité
17:22sur les retraites
17:23merci beaucoup
17:23d'avoir été avec nous ce matin
17:250826 300 300
17:26ça vous avez été très nombreux
17:28à nous appeler bien sûr
17:29pour cela
17:29mais vous pouviez jouer aussi
17:30sur Sud Radio
17:31il vous suffisait d'envoyer
17:32un mot sud
17:33par SMS
17:347, 20, 18
17:36et vous pouviez remporter
17:37vos places de cinéma
17:38qui plus est pour le film
17:40Toy Story 5
17:40les cinémas UGC
17:41et Sud Radio
17:42puisqu'il fait chaud
17:43mettez-vous au frais au cinéma
17:44et en plus le 21 juin
17:45si vous avez des enfants
17:46sauf si vous êtes un adulte
17:48passionné de Toy Story
17:48c'est rare
17:49mais ça peut arriver
17:50et bien il y a une matinée
17:51exceptionnelle
17:51pensée pour les familles
17:52avec animation et activités
17:54proposées aux enfants
17:54avant la projection du film
17:56je félicite donc
17:57Carole Dugard
17:58qui va pouvoir voir
17:59toute la bande de Toy Story
18:00sur grand écran
18:01au frais
18:02avec ses enfants
18:03c'est l'UGC
18:04et Sud Radio
18:05qui vous offre ça
18:06à 9h56
18:06elle a débarqué
18:07avec une élégance folle
18:08dans ce studio
18:12si je vous dis
18:13gifler, fessé, tirer les cheveux
18:14mordre, étrangler, baïonner
18:16la sexualité dite trash
18:18se banalise
18:19selon une étude IFOP
18:20je sais qu'elle vous a
18:20beaucoup intéressé
18:21cette étude
18:22on va en parler
18:23avec Brigitte Lahaye
18:25on va voir
18:26s'il y a effectivement
18:26une évolution
18:27dans la sexualité
18:29des français
18:30est-ce inquiétant ?
18:31est-ce que c'est une question
18:32de morale ?
18:33on a eu un peu
18:33le débat cette semaine
18:35et puis à 11h
18:36on reviendra
18:37sur la mort de Coluche
18:38dites-nous ce que Coluche
18:40évoquait pour vous
18:41il y a 40 ans
18:42on apprenait sa mort
18:43sur une route
18:45du sud de la France
18:46Bardella est-il bling bling
18:48et puis Iran-USA
18:50Emmanuel Macron
18:51reste prudent
18:52l'accord doit être débattu
18:54un petit peu plus tard
18:55donc tous ces sujets
18:56avec vous
18:56à 11h
18:58et bien sûr
18:59pour participer à la conversation
19:000826 300 300
19:02mettez-vous d'accord
19:0210h midi de mon côté
19:03j'ai eu le plaisir
19:04bien sûr de vous retrouver
19:05demain dès 6h
19:06très belle matinée
19:07sur Sud Radio
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