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  • il y a 6 heures
Avec Sarah Barukh, écrivaine, engagée en faveur des luttes contre les violences faites aux femmes

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##BRIGITTE_LAHAIE-2026-06-19##
Transcription
00:00:04Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio et tous les jours je tente de
00:00:10réconcilier les hommes et les femmes
00:00:12parce qu'il n'y a pas d'un côté les bonnes personnes et d'un autre côté les mauvaises
00:00:16personnes.
00:00:17Il y a des gens bien du côté masculin et féminin et des gens toxiques des deux côtés.
00:00:22Or derrière une personne toxique, il y a souvent une enfance difficile voire malheureuse.
00:00:28Cette constatation, je l'ai faite il y a bien des années à force de vous écouter toutes et tous.
00:00:34Et c'est pourquoi je suis très heureuse de recevoir durant ces deux heures Sarah Baru qui fait un peu
00:00:39le même constat que moi
00:00:40et qui fait surtout un travail remarquable puisqu'elle a compris qu'il est essentiel de se réconcilier si on
00:00:46veut avancer tous ensemble.
00:00:49Et bien avec elle justement on va essayer de mieux comprendre les racines de la violence conjugale
00:00:54parce que dans la violence conjugale il y a évidemment de la violence et il y a souvent une violence
00:01:00antérieure.
00:01:01Pour résumer, personne n'est violent par nature, il y a toujours un amont de la violence, souvent d'ailleurs
00:01:08durant l'enfance.
00:01:09Et c'est peut-être ça la bonne nouvelle, c'est pas non plus parce qu'on a subi de
00:01:12la violence qu'on va rester violent toute sa vie.
00:01:15On peut aussi en guérir de cette violence. En tout cas, si vous avez besoin, envie de réagir, n'hésitez
00:01:22pas à nous rejoindre.
00:01:23Et pour ça vous composez le 0 826 300 300. Merci d'être avec nous Sarah Baru. Bonjour.
00:01:30Bonjour. Merci de vous recevoir.
00:01:31Alors, les violences conjugales, vous connaissez bien puisque vous en avez vous-même subi, des violences conjugales.
00:01:37Vous en parlez d'ailleurs assez librement. Vous étiez avec un homme qui était violent mais qui fait une thérapie,
00:01:46je crois.
00:01:47Tout à fait.
00:01:47Et qui va mieux. Enfin, vous n'êtes plus ensemble, cela étant dit.
00:01:52Et puis surtout, je vous ai reçu il y a quelque temps pour votre livre,
00:01:55Les hommes non plus n'aiment pas les cons et le féminisme ne se fera pas sans eux.
00:02:00C'est aux éditions Arpette Collins.
00:02:02Et dans ce livre, vous montrez à quel point il y a beaucoup d'hommes qui sont féministes.
00:02:06Il y a beaucoup d'hommes qui ont fait beaucoup de choses positives pour les femmes.
00:02:09Et puis, il y a beaucoup de femmes qui sont évidemment féministes.
00:02:13Et puis, il n'y a pas d'un côté les bons et de l'autre côté les mauvais.
00:02:18C'est une histoire de transmission en réalité.
00:02:21Effectivement, derrière chaque homme violent, il y a une histoire de violence.
00:02:27Que ce soit de la part de son père, de la part de sa mère, de la part des deux,
00:02:31de la part du père,
00:02:31mais pas protégé par la mère, etc.
00:02:34Et la question, évidemment que quand on subit des traumatismes,
00:02:38surtout lorsqu'on n'est pas totalement construit,
00:02:41eh bien, ça aboutit à des fragilités mentales,
00:02:44voire même à une colère que l'on n'arrive pas à maîtriser.
00:02:48Et ma psy m'a dit un jour une phrase qui m'est restée.
00:02:52Elle me parlait du père de ma fille.
00:02:53Elle me disait, il n'est pas responsable d'être malade,
00:02:56il est responsable de ne pas se soigner.
00:02:58Et en fait, tout est là.
00:03:01Bien sûr que ce qui fait qu'on reste, en fait, dans une relation violente,
00:03:07c'est parce qu'on est en empathie vis-à-vis de cette personne.
00:03:10Le père de ma fille pouvait péter les plombs pendant plusieurs jours
00:03:13si je n'avais pas astiqué correctement le couvercle de la poubelle.
00:03:17Sauf que je connaissais son histoire, je connaissais son enfance, je savais...
00:03:21Et est-ce que vous l'excusiez, justement ?
00:03:23Eh bien, justement, comme je savais que lorsqu'il n'avait pas les pieds assez propres,
00:03:29petit, sa mère le lavait à l'eau de Javel, qu'elle l'enfermait,
00:03:32que quand elle a décrété qu'elle n'en pouvait plus,
00:03:35elle l'a envoyé dans une pension militaire, dans un autre pays,
00:03:39que pendant six ans, elle n'est pas allé le voir,
00:03:41j'avais en face de moi quelqu'un en souffrance, de totalement traumatisé.
00:03:46Et ce qui faisait que je lui pardonnais,
00:03:49c'est que lorsqu'il était totalement dysfonctionnel,
00:03:53je voyais le petit enfant encore qui souffrait,
00:03:56et pas l'adulte qui aurait dû être responsable.
00:04:00Et c'est ça qui se passe.
00:04:01C'est-à-dire qu'on m'aurait fait ce qu'il m'a fait dans la rue,
00:04:04je serais allée directement au commissariat porter plainte.
00:04:08Sauf qu'on a tendance à juger les victimes de violences
00:04:12comme s'il n'y avait pas de relation d'affect,
00:04:14comme si on ne tombait amoureux que de personnes parfaites
00:04:17qui ne nous font jamais de mal et qui vont parfaitement bien à tous les niveaux.
00:04:21Ben non, en fait, ça ne se passe pas comme ça, la vie.
00:04:23Oui, et c'est d'ailleurs souvent la fragilité, la vulnérabilité de quelqu'un
00:04:27qui fait qu'on va tomber amoureux ou amoureuse de cette personne.
00:04:32Parce que justement, c'est ça qui nous fait fondre, si je puis dire.
00:04:35Bien sûr, et puis souvent, ce sont des vases communicants.
00:04:38Enfin, je veux dire, au moment où j'ai rencontré le père de ma fille,
00:04:43j'allais déjà pas très bien.
00:04:44J'avais tellement peu d'estime de moi-même
00:04:47que quelque part, me dire que j'allais sauver quelqu'un
00:04:50qui n'allait pas bien non plus.
00:04:51C'était déjà une garantie qu'on allait se comprendre,
00:04:54puisque j'estimais que seul quelqu'un qui n'allait pas bien
00:04:56pourrait me comprendre.
00:04:58Et que souvent...
00:04:58Ce qui est faux d'ailleurs, je précise pour ceux qui nous écoutent.
00:05:01Non, non, mais j'ai travaillé depuis.
00:05:03Je sais bien que vous avez travaillé.
00:05:05Mais et surtout, ce rôle de pouvoir être très importante pour lui,
00:05:11c'est-à-dire que moi, il me menaçait de se suicider si je l'abandonnais,
00:05:16et bien soudain, ça me donnait une importance
00:05:17que personne d'autre ne m'envoyait dans la société.
00:05:20Et donc, ça me réconfortait.
00:05:21Et en fait, c'est pour ça que je préfère parler de lien toxique,
00:05:25plutôt que de violence d'hommes, etc.
00:05:27En fait, c'est un lien qui place personne au bon niveau.
00:05:32Oui, mais de toute façon, moi, je travaille beaucoup sur la responsabilité.
00:05:37On est responsable des choix qu'on fait,
00:05:40de pourquoi on reste, pourquoi on part.
00:05:42Et si on ne veut pas accepter d'être responsable,
00:05:45on ne peut pas être libre de sa vie, évidemment.
00:05:48Mais ce n'est pas si simple d'être responsable,
00:05:50parce qu'on a quand même tendance, très humain,
00:05:55à trouver toujours la faute de la société,
00:05:58la faute de notre partenaire, la faute de nos parents,
00:06:00la faute de ce qu'on a subi dans l'enfance, etc.
00:06:03Et tant qu'on est dans cette justification,
00:06:06je ne vais pas bien, je ne réussis pas ma vie,
00:06:08parce que j'ai été maltraité enfant,
00:06:11on ne peut pas devenir responsable de sa vie.
00:06:14C'est toute la difficulté, ce que vous expliquez très très bien.
00:06:16Et je rajouterai encore une strate,
00:06:19et peut-être c'est une manière optimiste de considérer tout cela,
00:06:22c'est que seule la responsabilisation rend heureux.
00:06:27En fait, on n'est jamais heureux quand on est victime.
00:06:30On n'est jamais heureux quand tout dépend de l'extérieur,
00:06:33et qu'on se nourrit du sentiment d'impuissance.
00:06:36C'est exactement ce que j'ai écrit dans mon dernier livre
00:06:38qui vient de sortir sur le bonheur, oui.
00:06:40Parce que la seule chose qui peut nous rendre heureux,
00:06:42c'est la responsabilité, bien sûr.
00:06:43Exactement.
00:06:44Bon, on est en phase sur un sujet qui est pourtant difficile,
00:06:48et on va essayer évidemment d'aider tous ceux qui nous appellent.
00:06:52Alors je précise, la violence conjugale,
00:06:55c'est la plupart du temps des hommes qui sont violents avec des femmes,
00:06:57mais l'inverse existe aussi.
00:06:59C'est plus rare, mais ça existe aussi.
00:07:02Il ne faut pas négliger non plus...
00:07:04Bien sûr, c'est 87% des plaintes pour violences conjugales
00:07:07qui sont déposées de la part de femmes à l'égard d'hommes.
00:07:11Ceci dit, et je pense que ça n'inverserait absolument pas la tendance majoritaire,
00:07:17mais s'il est difficile parfois pour une femme d'aller porter plainte contre son mari,
00:07:21l'image que l'on a et que l'on véhicule de ce que doit être la virilité dans notre
00:07:27société
00:07:27fait que beaucoup d'hommes sont quand même freinés à l'idée d'aller porter plainte contre leur femme.
00:07:31Ils ont peur qu'on se moque d'eux.
00:07:32Et alors, quand on est un homme à les porter plainte contre son mari,
00:07:36ça c'est encore pire.
00:07:37Et pourtant, les violences conjugales existent tout à fait dans les relations homosexuelles,
00:07:41femmes ou hommes d'ailleurs.
00:07:42Absolument.
00:07:43Alors, exceptionnellement, on va commencer par un premier témoignage
00:07:47qui m'est arrivé par écrit.
00:07:51Vous savez que vous pouvez envoyer des SMS, des mails,
00:07:54et on peut comprendre parce que je pense que Marie,
00:07:56qui m'a envoyé ce témoignage,
00:07:58a peur que son mari la reconnaisse.
00:08:01Donc, c'est pour ça qu'elle m'a envoyé ce témoignage
00:08:03que je vais vous lire dans un instant, Sarah,
00:08:07et on verra qu'est-ce qu'on peut lui dire.
00:08:09Et j'espère qu'elle pourra écouter,
00:08:11ou en tout cas, elle pourra écouter en podcast de toute façon.
00:08:14On se retrouve dans un instant.
00:08:1714h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:08:20Nous sommes avec Sarah Barou, qui est avec nous,
00:08:23qui est écrivaine, engagée en faveur des luttes contre les violences faites aux femmes.
00:08:28Vous n'êtes pas thérapeute, mais vous pourriez,
00:08:31parce que vous avez la capacité largement d'être une bonne thérapeute.
00:08:36Je sais à peu près de quoi je parle.
00:08:38Donc, peut-être qu'à un moment, il ne faudra pas que vous envisagiez également cette étiquette.
00:08:43Ça vous donnera une crédibilité supplémentaire,
00:08:48parce qu'il paraît que c'est bien d'être thérapeute.
00:08:51Il paraît que c'est bien d'avoir plein de lignes sur son CV.
00:08:55Il paraît, mais vous savez, moi, je n'en ai aucune.
00:08:58Bon, alors, c'est Marie qui nous a envoyé ce message.
00:09:02Je vous le lis, Sarah, puis on va essayer ensemble de lui dire ce qu'on peut lui dire pour
00:09:07l'aider.
00:09:08Je vis avec un homme violent depuis plusieurs années.
00:09:11Et souvent, quand je dis ça, on me demande, mais pourquoi tu restes ?
00:09:15Comme si c'était si simple.
00:09:17Certes, mon mari a eu une enfance difficile, avec de la violence autour de lui.
00:09:21Je comprends que ça ait laissé des traces,
00:09:23mais ça ne justifie pas les violences physiques et verbales.
00:09:26Il m'a déjà tapé plusieurs fois, surtout quand il est bourré,
00:09:29et je fais semblant de dormir pour ne pas qu'il s'en prenne plus à moi.
00:09:33Je me sens bloquée, j'ai peur de demander de l'aide, peur de sa réaction.
00:09:37S'il découvre mes démarches, je ne l'ose même plus appeler qui que ce soit.
00:09:41Ma question est simple.
00:09:42Quelles sont les solutions pour partir sans me mettre en danger ?
00:09:46J'ai pensé à partir dans une autre région, mais je suis sûre qu'il me retrouvera.
00:09:50Bon, là, on ne sait pas trop,
00:09:52mais j'ai demandé à Jérémy qui m'a donné 2-3 indices supplémentaires.
00:09:57Marie ne travaille pas.
00:09:59Elle est avec cet homme depuis 5 ans.
00:10:01Elle est assez jeune, elle a moins de 35 ans.
00:10:04On n'en dira pas plus, ce n'est pas la peine.
00:10:05A-t-elle des enfants ?
00:10:06Non, elle n'a pas d'enfants non plus.
00:10:08Mais on voit bien que c'est certainement une femme
00:10:11qui elle-même a des fragilités antérieures
00:10:14parce que sinon elle aurait des possibilités d'avoir la force de partir.
00:10:19Ça reprend à peu près tout ce qu'on a dit depuis le début.
00:10:21L'empathie pour la personne violente,
00:10:24les troubles addictifs que cette personne présente aussi
00:10:29et elle-même sa fragilité.
00:10:31Voilà, je ne la juge pas évidemment
00:10:33quand je dis qu'on comprend pourquoi elle ne part pas.
00:10:35Je ne suis pas en train de la juger,
00:10:36mais on comprend bien que pour partir,
00:10:39il faut une force qu'on n'a pas.
00:10:41Mais quand on n'a pas cette force,
00:10:44évidemment, on est très vite sous l'emprise de quelqu'un
00:10:47et on est bloquée parce que je pense
00:10:49que même financièrement, c'est très compliqué pour elle.
00:10:53Tout à fait.
00:10:53Et donc, je dirais déjà
00:10:57qu'un départ, ça se prépare.
00:11:00Il faut éviter...
00:11:01Un départ, ça se prépare le plus discrètement possible.
00:11:05Exactement.
00:11:05C'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'il se doute de quoi que ce soit.
00:11:08Exactement.
00:11:09Mais je dirais que ça se prépare tout d'abord à l'intérieur de soi.
00:11:13C'est-à-dire qu'en moyenne,
00:11:15il y a sept faux départs avant le bon.
00:11:18Et moi, de ce que je constate tous les jours à mon association,
00:11:20c'est bien plus que ça.
00:11:22C'est-à-dire, on a entendu une copine nous dire
00:11:25« ce n'est pas possible ce que tu subis »,
00:11:26puis du coup, va au commissariat porter plainte
00:11:29et puis en fait, c'est contre-productif
00:11:30parce qu'après la plainte, on repart dans le cycle des violences
00:11:33et pardon, excuse-moi, etc.
00:11:34En fait, le gros travail, c'est en soi qu'il faut le faire.
00:11:39Reprendre confiance, être sûre et certaine qu'on n'est pas folle,
00:11:43qu'on n'invente pas.
00:11:44Donc moi, ce que je dis toujours aux victimes de mon association
00:11:47avant d'aller faire un dépôt de plainte,
00:11:49ce qui marque le début d'une autre étape,
00:11:53ça va reposer sur trois choses.
00:11:55Et ça, c'est Boris Cyrulnik qui me l'a enseigné.
00:11:58C'est d'abord trouver un environnement sur lequel on peut compter.
00:12:02C'est pas forcément la famille, ça peut être une commerçante,
00:12:08ça peut être une voisine,
00:12:09ça peut être quelqu'un où on sait que si un jour on l'appelle
00:12:12pour lui dire « ouvre-moi ta porte »,
00:12:14elle va ouvrir et qu'elle ne va pas nous juger.
00:12:16C'est aussi se trouver un modèle.
00:12:19Alors ça peut être une association,
00:12:20ça peut être une ancienne victime qui s'en est sortie,
00:12:22ça peut être quelqu'un qui nous inspire ou on se dit
00:12:24« c'est possible, il peut y avoir de la lumière au bout de mon tunnel ».
00:12:27Ça peut être vous.
00:12:29Ça peut, pour certaine.
00:12:30Vous êtes sortis et vous en avez fait quelque chose.
00:12:32Et puis, il faut un projet.
00:12:35En fait, on ne part pas sans projet.
00:12:36Là, en l'occurrence, pour Marie,
00:12:39le projet, ça pourrait être de trouver un travail.
00:12:41Parce que ce qui fait que l'on ne se décourage pas sur la durée,
00:12:46c'est de se dire « j'ai un plan ».
00:12:48Et ça peut paraître un peu décalé,
00:12:50mais lorsqu'on doit se sauver d'une telle situation,
00:12:53il ne faut pas avoir peur de se dire
00:12:55qu'on est en train d'écrire le scénario de son propre film.
00:12:57C'est-à-dire, je vais sauver le soldat Marie
00:13:00et comment je vais m'y prendre.
00:13:02Et une fois qu'on a déjà ces trois éléments-là,
00:13:05on doit se renforcer soi-même.
00:13:07Parce que, je dirais, le point le plus terrible des violences conjugales,
00:13:12c'est l'épuisement.
00:13:13En général, on n'est plus capable d'envisager quoi que ce soit
00:13:16parce qu'on est tellement dans le contrôle au quotidien.
00:13:19Est-ce que j'ai la bonne intonation ?
00:13:21Est-ce qu'il a l'air d'être dans un état où je vais m'en prendre plein la
00:13:23figure ?
00:13:24En fait, ce contrôle-là...
00:13:26C'est la peur qui ensuite déclenche du stress,
00:13:29qui déclenche un mauvais état de santé, de la fatigue.
00:13:32Et ensuite, évidemment, qui abîme l'estime de soi.
00:13:36Exactement.
00:13:36Et donc, je dirais que l'objectif pour Marie
00:13:39et pour toutes les personnes qui nous écoutent,
00:13:41c'est déjà comment je vais devenir mon propre allié sur le long terme.
00:13:46Comment peut-être je vais me remettre au sport,
00:13:48me mettre à la méditation.
00:13:49Il n'y a pas besoin de sortir de chez soi pour respirer,
00:13:52reprendre un contact avec son propre souffle
00:13:54et du coup, se sentir présente à soi-même.
00:13:57Ça a l'air d'être anecdotique, ça ne l'est pas du tout.
00:13:59Tenir un journal des violences.
00:14:02Parce que le principe même du contrôle coercitif,
00:14:05de l'emprise, comme on a eu tendance à l'appeler,
00:14:07c'est que la personne qui vous maltraite
00:14:09vous fait croire que vous êtes folle ou que vous êtes fou,
00:14:12que vous exagérez.
00:14:14Ou que c'est de votre faute.
00:14:15Que c'est de votre faute.
00:14:15Parce qu'en fait, on vous dit par le mal,
00:14:19c'est que c'est de votre faute parce que vous avez raté quelque chose.
00:14:21Exactement.
00:14:21Et en fait, c'est l'épuisement plus,
00:14:26ce problème cognitif dû à la personne en face
00:14:29donne l'impression qu'on est folle,
00:14:31qu'on exagère,
00:14:32que les choses ne se sont jamais produites.
00:14:34Et ça, c'est le deuxième ennemi
00:14:37de la solution pour s'en sortir.
00:14:39Donc quand on tient un journal des violences,
00:14:42qu'on écrit, voilà, tel jour...
00:14:43Ça, c'est particulièrement vrai
00:14:45avec les personnes qui sont un peu manipulatrices
00:14:47et qui savent absolument,
00:14:48de toute façon,
00:14:50vous faire le chaud et le froid
00:14:51ou vous critiquer.
00:14:53Exactement.
00:14:54Ou en fait...
00:14:55Si tu es rentré tard,
00:14:57forcément, je me suis inquiétée.
00:14:59C'est pour ça que j'étais en colère.
00:15:01Donc c'est de ta faute.
00:15:02Voilà, les pattes ont refroidi
00:15:03parce qu'en fait, t'es arrivé en retard.
00:15:05Ah bon ?
00:15:05Mais pourtant, je t'avais pas donné l'heure
00:15:06à laquelle j'allais arriver.
00:15:07Oui, mais d'habitude,
00:15:08ah oui, donc en fait, tu m'espionnes.
00:15:09En fait, t'as toujours tort dans les disputes.
00:15:12Et donc, tenir ce journal,
00:15:15en général,
00:15:16quand je conseille aux victimes de le faire,
00:15:18elles ont retrouvé une objectivité
00:15:20qui leur donne la force
00:15:21de porter plainte au bout d'un mois,
00:15:23à peu près.
00:15:24Oui, mais parce qu'elles redeviennent responsables
00:15:26de leur propre existence.
00:15:27On en revient à ça, bien sûr.
00:15:28Et puis en fait, c'est écrit noir sur blanc.
00:15:30Tel jour, il m'a dit ça, ça, ça et ça,
00:15:32tout simplement parce qu'il s'était passé ça,
00:15:34ça, ça et ça.
00:15:34Et en fait, il m'a dit pardon.
00:15:35Et ça rend le récit totalement objectif.
00:15:38Et c'est très, très, très important.
00:15:41J'ai créé un parcours en 12 actions
00:15:43de reconnexion à soi
00:15:44qui sont sur mon site internet,
00:15:47celui de l'association 125etaprès.org.
00:15:51Ça passe par des choses assez anecdotiques,
00:15:54mais qui en réalité ne le sont pas du tout.
00:15:56Donc, éventuellement, voilà.
00:15:58Oui, mais c'est très important ce que vous dites, Sarah,
00:16:00parce que vous parlez de choses très concrètes.
00:16:02C'est très concrètes.
00:16:03Et quoi qu'on en dise, c'est très bien les thérapeutes,
00:16:05c'est très bien d'aller parler, etc.
00:16:07Mais quand c'est concret,
00:16:09ça rentre vraiment tout de suite,
00:16:11si je puis dire, dans notre cerveau.
00:16:13Et donc, à un moment donné, oui,
00:16:15le journal, on se rend compte que tous les jours,
00:16:17il y a de la violence et que c'est insupportable
00:16:19et qu'il faut faire quelque chose.
00:16:20En fait, comment est-ce qu'on...
00:16:22Se sortir d'une telle situation,
00:16:24c'est une question d'énergie.
00:16:26Comment est-ce qu'on fait pour garder cette énergie ?
00:16:28Eh bien, en fait, il faut donner des actions
00:16:31à réaliser là, tout de suite, maintenant.
00:16:33Parce que si on doit attendre trois mois
00:16:35d'avoir rendez-vous chez un psy,
00:16:37en fait, l'énergie, dans trois mois, n'existe plus.
00:16:40Si on doit attendre quatre mois
00:16:42de trouver un entretien d'embauche,
00:16:45eh bien, après, l'énergie, elle n'existe plus.
00:16:46Or, si je garde cette motivation,
00:16:49là, tout de suite, maintenant,
00:16:50que je n'ai pas besoin de sortir de chez moi,
00:16:51que je peux commencer à faire mon journal,
00:16:54que je peux, parmi les douze actions que j'ai écrites,
00:16:56il y a le fait, par exemple,
00:16:58d'écrire une lettre à l'enfant intérieur.
00:17:01Parce qu'en général,
00:17:02quand on perd l'estime de soi-même,
00:17:04ce n'est pas toujours vis-à-vis
00:17:06de son soi actuel.
00:17:08Moi, je sais que quand je me suis enfuie
00:17:10avec mon bébé,
00:17:10que je suis allée me réfugier
00:17:11chez mes parents,
00:17:12j'étais pleine de honte
00:17:14de voir les photos de moi enfant.
00:17:16J'avais l'impression
00:17:17d'avoir déçu cette petite fille,
00:17:19ses rêves, etc., etc.
00:17:21Et le jour où je lui ai écrit
00:17:22pour lui dire
00:17:23« Ok, je t'ai vue,
00:17:24ça ne se reproduira plus
00:17:25parce qu'à partir de maintenant,
00:17:26je te protège »,
00:17:27je ne sais pas l'expliquer.
00:17:29Ça a été magique.
00:17:31Et toutes les femmes de mon association
00:17:33qui font ce travail
00:17:34de s'écrire une lettre
00:17:36pour devenir leur propre alliée,
00:17:37protéger leur enfant intérieur,
00:17:39ça les libère de quelque chose.
00:17:41Voilà.
00:17:41Des actions comme ça,
00:17:42il y en a 12.
00:17:43Eh bien, Marie,
00:17:44vous avez eu une action aujourd'hui
00:17:46puisque vous nous avez envoyé
00:17:47ce message.
00:17:48J'espère que vous êtes à l'écoute
00:17:49là maintenant.
00:17:50Mais en tout cas,
00:17:51j'espère que vous écouterez
00:17:53éventuellement en podcast
00:17:54puisque de toute façon,
00:17:55on vous a prévenu
00:17:55qu'on parlerait de votre problématique.
00:17:57et puis maintenant,
00:17:59à vous,
00:17:59à vous d'agir.
00:18:01C'est possible
00:18:02et faites-vous confiance.
00:18:04Sarah Barouk,
00:18:04on va faire une petite pause
00:18:06et puis on va retrouver
00:18:07un homme,
00:18:08justement,
00:18:08on parlait de la violence
00:18:09aussi faite aux hommes
00:18:10et je suis ravie
00:18:11qu'on puisse écouter Antoine
00:18:12qui sera avec nous
00:18:13dans un instant.
00:18:19On va, oui, pardon,
00:18:20on repart sur le Love Conseil.
00:18:22Bah oui,
00:18:23j'étais encore en train
00:18:24de réfléchir à Marie
00:18:26et c'est vrai que c'est toujours touchant
00:18:28de voir ces gens qui souffrent
00:18:30et notre impuissance
00:18:31parce qu'en fait,
00:18:32on ne peut pas faire grand-chose
00:18:34si ce n'est donner quelques conseils.
00:18:36Bon, en tout cas,
00:18:37ce Love Conseil,
00:18:38ça va nous donner du baume au cœur
00:18:40puisque je vais parler
00:18:40de l'amour et du bonheur.
00:18:43Alors, c'est vrai
00:18:44qu'on a tendance
00:18:44à mettre le mot
00:18:45j'aime à toutes les sauces
00:18:46à tel point qu'on ne sait plus
00:18:47très bien ce que ça signifie
00:18:49aimer, je crois
00:18:50et c'est pour ça
00:18:51que j'ai eu envie
00:18:52de faire ce Love Conseil.
00:18:53Je crois qu'on peut dire
00:18:53qu'on aime quelqu'un
00:18:55quand, lorsqu'on est avec lui,
00:18:57on se sent heureux.
00:18:59Je valide.
00:19:00Vous êtes d'accord ?
00:19:00Parce que ce n'est pas l'amour
00:19:02qui rend les mains moites,
00:19:03qui coince la poitrine,
00:19:05c'est la peur.
00:19:06On est bien d'accord.
00:19:08Donc, quand on est avec quelqu'un,
00:19:09lorsqu'on est en amour,
00:19:10la connexion avec l'être aimé
00:19:12est limpide
00:19:13et peur, colère, doute
00:19:15ne sont pas là
00:19:16ou en tout cas
00:19:16n'ont pas de raison
00:19:17d'être là.
00:19:18Mais si vous aimez quelqu'un,
00:19:22il faut que cette relation
00:19:23continue à vous apporter
00:19:24du bonheur
00:19:25et que vous continuiez
00:19:27à être heureux
00:19:28quand vous êtes
00:19:28avec cette personne.
00:19:29Donc, vous devez renforcer
00:19:31les compliments
00:19:31et éviter les critiques.
00:19:33Sinon, petit à petit,
00:19:34vous allez nuire
00:19:35à la relation.
00:19:36Une relation,
00:19:37ça doit apporter
00:19:38plus de plaisir
00:19:38que de souffrance.
00:19:39et si votre amoureux
00:19:41vous dit quelque chose
00:19:42qui vous blesse,
00:19:42vérifiez en quoi
00:19:44ça vous blesse.
00:19:45Vérifiez si ça touche
00:19:46votre blessure
00:19:47et à ce moment-là,
00:19:48c'est un signal
00:19:50pour la réparer un peu,
00:19:51votre blessure.
00:19:52Et si ça vous blesse
00:19:53parce qu'il est blessant,
00:19:55eh bien,
00:19:56peut-être qu'il faut réfléchir
00:19:57si vous êtes sûr
00:19:58qu'il vous aime vraiment
00:19:59parce que quand on aime quelqu'un,
00:20:01on ne le blesse pas
00:20:02pour le blesser.
00:20:04On peut toucher sa blessure
00:20:05mais on ne le blesse pas.
00:20:06C'est ça.
00:20:07Qu'est-ce qui m'appartient
00:20:08et qu'est-ce qui ne m'appartient pas
00:20:09dans le fait que je suis blessée ?
00:20:11Très juste.
00:20:12C'est tout à fait ça, absolument.
00:20:13Alors, nous avons aussi
00:20:15le plaisir de jouer ensemble
00:20:17comme tous les jours
00:20:18après le Love Conseil
00:20:19et on joue avec Passage du Désir
00:20:21puisque vous pouvez gagner
00:20:22ce pack sensuel
00:20:23Petit Jeu Coquin
00:20:24avec un jeu donc
00:20:26de la marque Passage du Désir
00:20:28et une huile de massage
00:20:29gourmande et chauffante.
00:20:31Si vous avez envie
00:20:32de gagner ce jouet
00:20:34et cette huile,
00:20:36vous envoyez par SMS
00:20:37dès maintenant
00:20:38Brigitte au 7-20-18.
00:20:40Antoine, bonjour.
00:20:42Bonjour Brigitte.
00:20:43Bonjour Sarah.
00:20:44Bonjour Antrel.
00:20:45Merci de témoigner Antoine.
00:20:48Vous allez parler
00:20:48d'une relation
00:20:49qui est terminée.
00:20:50C'était avec votre ex-femme
00:20:52qui vous accusait
00:20:54de violences psychologiques.
00:20:56C'est ça ?
00:20:57Tout à fait.
00:20:58En fait,
00:20:59c'est que ça faisait
00:21:017 ans qu'on était ensemble.
00:21:03Nous avions 2 enfants
00:21:05et en fait,
00:21:07une semaine avant,
00:21:08elle m'a annoncé
00:21:08que ses parents
00:21:09lui avaient une grosse somme
00:21:10d'argent.
00:21:11Donc je lui ai dit
00:21:11super,
00:21:12on n'a qu'à mettre
00:21:13cet argent
00:21:13pour les enfants
00:21:14pour plus tard.
00:21:15Et là,
00:21:15elle m'a dit
00:21:15non,
00:21:16ça ne se regarde pas,
00:21:16ça ne regarde que
00:21:17mon père et moi.
00:21:18Et une semaine après,
00:21:19en fait,
00:21:21suite à un déplacement
00:21:22professionnel,
00:21:23elle n'avait pas rentré
00:21:23à la maison
00:21:23où elle a demandé
00:21:25le divorce.
00:21:26Donc,
00:21:27pour ne pas se mettre
00:21:27en faute,
00:21:28elle m'a accueillie
00:21:29de violences psychologiques.
00:21:32Parce qu'en fait,
00:21:32elle avait quitté
00:21:33le domicile conjugal
00:21:33et on s'est aperçu
00:21:34qu'elle avait également
00:21:35un amant.
00:21:36Mais c'était une époque
00:21:37où on pouvait divorcer
00:21:39pour faute ?
00:21:40Non,
00:21:41c'était récemment,
00:21:42c'était en 2020 en fait,
00:21:43en plein vague et tout.
00:21:46Donc,
00:21:47voilà.
00:21:47Et là,
00:21:47je suis rentré
00:21:48dans une spirale
00:21:49infernale
00:21:50où tout ce qu'elle pouvait dire,
00:21:52tout et son contraire...
00:21:53Mais son but,
00:21:54c'était quoi ?
00:21:55Son but,
00:21:56c'était quoi ?
00:21:56C'était de vous enlever
00:21:57la garde des enfants ?
00:21:59Alors,
00:21:59il y avait la garde des enfants.
00:22:00En fait,
00:22:01quand on est en faute,
00:22:03il y a la garde des enfants
00:22:04et il y a aussi
00:22:06des nuctions alimentaires,
00:22:08des prestations compensatoires.
00:22:09Oui,
00:22:10mais ça,
00:22:10les prestations compensatoires
00:22:12n'ont rien à voir
00:22:12avec les violences psychologiques.
00:22:14C'est en fonction
00:22:15de vos salaires respectifs ?
00:22:17Non,
00:22:18parce que le juge
00:22:18juge tout en fait.
00:22:19Il juge tout
00:22:20et en fait,
00:22:21c'est pour dire
00:22:21regardez si je suis parti,
00:22:23ce n'est pas parce que...
00:22:24Oui,
00:22:24d'accord,
00:22:24je comprends.
00:22:25C'est parce que
00:22:26j'avais des violences psychologiques.
00:22:28C'est parce qu'il était violent.
00:22:28Oui,
00:22:28c'est parce qu'il...
00:22:29Voilà.
00:22:29Vous êtes rentré
00:22:30dans une procédure pour violence
00:22:32et plus uniquement
00:22:32pour séparation.
00:22:34Voilà,
00:22:34exactement.
00:22:36Et là,
00:22:36ce qui s'est passé,
00:22:37donc,
00:22:37elle a téléporté plainte
00:22:38pour violence psychologique.
00:22:40Alors,
00:22:40je vous remercie
00:22:41de votre témoignage,
00:22:42Antoine,
00:22:42parce qu'il illustre
00:22:43parfaitement
00:22:44la différence de violence
00:22:46en général.
00:22:47Encore une fois,
00:22:47je généralise.
00:22:49Les femmes,
00:22:51elles sont violentées
00:22:54de manière souvent physique.
00:22:57Et sexuelle.
00:22:57Et sexuelle.
00:22:58Et économique.
00:22:59Et les hommes sont violentés
00:23:01avec des accusations fausses.
00:23:03C'est très,
00:23:04très féminin,
00:23:06mais c'est souvent comme ça
00:23:07que ça se passe.
00:23:08Et des violences psychologiques aussi.
00:23:10Il y a beaucoup
00:23:11de violences psychologiques
00:23:12que subissent des hommes.
00:23:13Oui,
00:23:14des accusations.
00:23:14Les accusations sont des...
00:23:17Mais,
00:23:18enfin,
00:23:18je ne veux dire pas...
00:23:19Il y a du mensonge
00:23:21qui est une forme
00:23:21de harcèlement,
00:23:23mais il y a aussi
00:23:23des vraies violences psychologiques,
00:23:25des jalousies abusives,
00:23:27etc.
00:23:27Enfin,
00:23:28on accueille aussi
00:23:29beaucoup de paroles d'hommes
00:23:30et c'est un peu
00:23:31ce qui revient régulièrement.
00:23:33Et donc,
00:23:33il a fallu que vous
00:23:35vous défendiez.
00:23:37En fait,
00:23:38ce qui était...
00:23:38Je ne suis pas non plus
00:23:39duc,
00:23:40c'est que l'on vit
00:23:40dans un contexte
00:23:41sociétal un peu particulier
00:23:43où beaucoup de personnes
00:23:44confondent
00:23:44« J'ai t'écouté
00:23:45et je te crois ».
00:23:46Mais en fait,
00:23:47au lieu de la justice,
00:23:48de la police,
00:23:49des services sociaux
00:23:50de la métropole de Lyon,
00:23:52en fait,
00:23:52elle n'avait rien à prouver.
00:23:53Je devais à chaque fois
00:23:54prouver mon innocence.
00:23:56Et en fait,
00:23:56elle pouvait prétendre
00:23:57tout et n'importe quoi,
00:23:59même tout et son contraire.
00:24:00Et à chaque fois,
00:24:01ça passait crème,
00:24:02comme disaient les jeunes.
00:24:03Et c'était totalement absurde.
00:24:05Mais à chaque fois,
00:24:06je devais répondre
00:24:06à ces mensonges
00:24:07et elle n'avait aucune preuve
00:24:09à apporter.
00:24:09C'est-à-dire,
00:24:10vous deviez prouver
00:24:11votre innocence.
00:24:12Voilà.
00:24:12Alors que normalement,
00:24:13on va prouver
00:24:14la culpabilité.
00:24:15Exactement.
00:24:16Exemple,
00:24:16quand je suis auditionné
00:24:18par le comité,
00:24:18par l'office de police,
00:24:21donc je ne suis pas dupe,
00:24:22il m'appelle,
00:24:23j'y vais
00:24:23et je lui montre
00:24:25toutes ses publications
00:24:26sur les réseaux sociaux
00:24:27comme quoi,
00:24:27elle va à droite à gauche
00:24:28avec tes copines,
00:24:29avec ta famille.
00:24:30Enfin voilà,
00:24:30elle n'est pas sous emprise.
00:24:31ce qu'elle avait déclaré
00:24:32avoir été sous emprise.
00:24:34Donc en gros,
00:24:35je gère toute ta vie,
00:24:36elle ne sors pas,
00:24:36elle ne peut rien faire.
00:24:37Donc je lui dis,
00:24:38moi je veux bien,
00:24:39mais elle travaille,
00:24:39vous voyez bien que elle travaille.
00:24:41Oui,
00:24:42vous aviez des preuves
00:24:43qu'elle racontait
00:24:45quelque chose
00:24:46qui n'était pas la réalité.
00:24:47Ben,
00:24:49ils n'ont pas tenu compte.
00:24:51Comme ils se sont rendus compte
00:24:52qu'il n'y avait rien,
00:24:53ensuite,
00:24:54ils m'ont imposé
00:24:58un psychiatre,
00:24:59excusez-moi,
00:25:00j'ai un peu fatigué,
00:25:02une expertise psychiatrique.
00:25:05On m'a imposé une expertise psychiatrique
00:25:07qui n'a rien donné.
00:25:09Parce que je suis un garçon,
00:25:10bon,
00:25:10avec mes qualités,
00:25:11mes défauts,
00:25:11mais je n'avais rien de détraqué.
00:25:13Et comme il n'y avait toujours rien,
00:25:15ils ont demandé l'audition
00:25:16de ma fille de 6 ans.
00:25:18Oui.
00:25:20Il faut savoir
00:25:20que même mon avocat
00:25:21m'avait dit à l'époque,
00:25:22mais c'est un truc
00:25:22qui ne se fait jamais
00:25:23parce qu'à 6 ans,
00:25:24on n'a pas la notion du temps.
00:25:26Donc se dire que tel événement
00:25:27s'est passé hier
00:25:28ou avant-hier
00:25:29était-il des faits,
00:25:30que ça n'a aucune
00:25:32vérité juridique.
00:25:33Le procureur
00:25:34a quand même demandé ça.
00:25:35En plus,
00:25:37pourquoi aller
00:25:38faire témoigner
00:25:38une fille
00:25:40qui déjà subit
00:25:42le divorce
00:25:42de ses parents ?
00:25:44Exactement.
00:25:44C'est violent.
00:25:45Donc moi,
00:25:46je m'y suis opposé.
00:25:47Et en fait,
00:25:48le procureur
00:25:49a couvert
00:25:50mon ex-épouse
00:25:51en faisant une être officielle
00:25:52lui demandant
00:25:53que ça venait de lui.
00:25:55En gros,
00:25:55pour dire,
00:25:56en gros,
00:25:56si vous dessinez votre fils,
00:25:57c'est parce que je vous le demande
00:25:58de comme ça,
00:25:59ça vous protège.
00:26:00Et en fait,
00:26:00je me suis aperçu
00:26:01que toute la chaîne judiciaire
00:26:02allait dans son sens
00:26:03et qu'il fallait absolument
00:26:04trouver des coupables.
00:26:06Et après,
00:26:06il y a eu les services sociaux
00:26:07de la métropole de Lyon
00:26:08qui sont en train de jouer.
00:26:09Et là,
00:26:10j'ai eu droit
00:26:10à deux ans
00:26:11d'enquête sociale
00:26:13qui n'a rien donné,
00:26:15mais deux ans de visite,
00:26:16deux ans de suspicion,
00:26:17deux ans de rapport.
00:26:18Et en fait,
00:26:19tout ça pour faire du shit.
00:26:21Écoutez,
00:26:22vous en sortez bien,
00:26:23comme on dit.
00:26:24Mais en attendant,
00:26:26c'est des années
00:26:28de stress permanent
00:26:29qui sont...
00:26:32En fait,
00:26:32le problème,
00:26:33c'est qu'on essaye
00:26:34de faire entrer,
00:26:36pardonnez-moi l'expression,
00:26:37mais d'écarer
00:26:38dans des ronds
00:26:38ou des ronds
00:26:39dans des carrés.
00:26:40Ce qui se passe
00:26:41dans l'intimité
00:26:42d'un couple,
00:26:43la perception
00:26:44qu'on en a,
00:26:45ce qui génère
00:26:45de la peur,
00:26:46ça va changer
00:26:47d'une personne
00:26:48à l'autre.
00:26:49Ça va changer
00:26:50d'une histoire
00:26:50à l'autre.
00:26:51Et le problème,
00:26:52c'est que les magistrats,
00:26:54les procureurs
00:26:56doivent juger
00:26:57sur des éléments factuels.
00:26:59Voilà.
00:26:59Et donc,
00:27:00il y a...
00:27:01Alors,
00:27:03moins dans votre sens
00:27:04d'erreur,
00:27:05et en l'occurrence,
00:27:06tout semble coïncider
00:27:07sur le fait
00:27:08que vous avez subi
00:27:09un abus juridique
00:27:12à votre encontre.
00:27:14En général,
00:27:15ça se passe plutôt
00:27:16de l'autre côté
00:27:17si on suit
00:27:18des statistiques.
00:27:19Mais quoi qu'il en soit,
00:27:20la réalité dans tout ça,
00:27:22c'est que
00:27:23quand n'importe quel couple
00:27:24divorce en France,
00:27:26la justice met à sa disposition
00:27:28un médiateur
00:27:29pour éviter justement
00:27:30que ça s'embrase
00:27:32dans des juridictions,
00:27:33etc.,
00:27:34à l'exception
00:27:35des couples
00:27:36où il y a eu
00:27:37des violences conjugales
00:27:38ou suspicions
00:27:39de violences conjugales.
00:27:40Ce qui fait qu'on rentre
00:27:41tout de suite
00:27:41dans des procédures
00:27:43extrêmement lourdes,
00:27:44extrêmement éprouvantes.
00:27:46et qu'aujourd'hui,
00:27:49l'ASE,
00:27:50donc la protection
00:27:51de l'enfance,
00:27:52en gros,
00:27:53est totalement débordée.
00:27:55Qu'il y a eu
00:27:56tellement
00:27:56d'erreurs judiciaires
00:28:00lourdes,
00:28:01de conséquences,
00:28:02tellement de volonté,
00:28:03et ça,
00:28:04c'est bien,
00:28:04de l'État
00:28:06de faire en sorte
00:28:06qu'on élimine
00:28:08les violences conjugales,
00:28:09les violences faites
00:28:10aux enfants,
00:28:10qu'on a parfois
00:28:12des magistrats,
00:28:15des travailleurs sociaux,
00:28:17des policiers
00:28:18qui en font
00:28:19un peu plus
00:28:20que ce qu'ils devraient
00:28:21parfois pour se dire
00:28:22« bon ben voilà,
00:28:23je ne suis pas passé à côté ».
00:28:24Mais vous Antoine,
00:28:24aujourd'hui,
00:28:25vous êtes totalement
00:28:26innocenté ou pas ?
00:28:28De toute façon,
00:28:30c'est à être prouvé
00:28:30de ma occupabilité,
00:28:31mais en fait,
00:28:32moi,
00:28:32pendant 5 ans,
00:28:33je devais prouver
00:28:33mon innocence.
00:28:34Oui,
00:28:35j'ai bien compris.
00:28:35Et à chaque fois
00:28:35qu'il n'y avait rien,
00:28:36ils trouvaient quelque chose
00:28:37d'autre,
00:28:38une autre procédure.
00:28:40Et en fait,
00:28:41psychologiquement,
00:28:41moi,
00:28:41il y avait mes deux enfants
00:28:42au milieu
00:28:42qui eux-mêmes
00:28:43disaient à chaque fois
00:28:44« mais c'est bon,
00:28:45les parents sont divorcés
00:28:46comme tant de copains,
00:28:47c'est bon,
00:28:47en gros,
00:28:48lâchez-nous ».
00:28:48Mais en fait,
00:28:49même ça,
00:28:50le mot des enfants,
00:28:50ils ne les écoutaient pas.
00:28:51Et comment ils vont maintenant ?
00:28:53Ben eux,
00:28:54ils jouent leur vie,
00:28:55ils ont plein de copains divorcés.
00:28:56Pour eux,
00:28:56en fait,
00:28:56c'est un truc banal.
00:28:58Vous êtes à l'école,
00:28:59pour eux,
00:29:00il y a plein de copains.
00:29:00C'est votre ex-femme
00:29:02qui remettait toujours
00:29:02quelque chose sur le tapis ?
00:29:04Oui,
00:29:05exactement.
00:29:06Et en fait,
00:29:07pour vous dire,
00:29:07mon avocat,
00:29:08suite à sa plainte
00:29:10pour emprise,
00:29:11m'a dit
00:29:11arrêtez de lui parler,
00:29:12communiquez pour les enfants
00:29:13que par SMS
00:29:14et par mail.
00:29:15Comme ça,
00:29:15au moins,
00:29:16il n'y a des traces écrites
00:29:17et on ne vous accusera pas de tout.
00:29:18C'est ce que j'ai fait.
00:29:19Donc,
00:29:19pour le quotidien d'enfant,
00:29:20quand il manque quelque chose.
00:29:22Voilà.
00:29:22Moi,
00:29:22j'ai toujours respecté la garde
00:29:23pour ne pas justement
00:29:24de mettre une pièce
00:29:25à ce moment-là.
00:29:26Et donc,
00:29:27elle m'a reproché
00:29:27de ne pas lui parler.
00:29:30Après ça.
00:29:30Moi,
00:29:31ce qui m'interpelle aussi...
00:29:32Excusez-moi,
00:29:33je termine.
00:29:33Et le pire,
00:29:34c'est que les services sociaux
00:29:35de la métropole de Lyon
00:29:36et les associations
00:29:37qui bossent
00:29:37pour la métropole de Lyon,
00:29:39en fait,
00:29:40sont allés dans son sens.
00:29:41Ils m'ont reproché
00:29:42de ne pas communiquer
00:29:42avec elle à l'oral.
00:29:44Et quand je leur dis,
00:29:45mais madame,
00:29:46elle m'a accusé
00:29:46de harcèlement moral.
00:29:47Donc,
00:29:47moi,
00:29:48je fais ma vie.
00:29:48Je parle avec elle.
00:29:50Vous savez ce qu'elle m'a dit
00:29:51de l'essence sociale ?
00:29:52Elle m'a dit
00:29:52si vous ne lui parlez pas,
00:29:53je vous fais un rapport favorable.
00:29:54Alors,
00:29:55je vais quand même dire une chose,
00:29:56pas pour vous,
00:29:57parce que je pense que vous l'avez compris,
00:29:58Antoine,
00:29:58mais c'est important
00:29:59pour ceux qui nous écoutent.
00:30:00Il faut toujours se dire
00:30:01que la justice,
00:30:02que ce soit un juge
00:30:05ou une juge,
00:30:05qu'importe,
00:30:06elle a une vérité
00:30:08et une autre vérité.
00:30:09Et elle doit trancher.
00:30:11Et le terme trancher,
00:30:12quand c'est deux vérités
00:30:13qui sont parfois
00:30:14totalement différentes,
00:30:15c'est très compliqué.
00:30:16Ça,
00:30:17c'est une première chose.
00:30:18Et ensuite,
00:30:18la deuxième chose
00:30:19que je tiens vraiment à dire,
00:30:21c'est que dès qu'on a affaire
00:30:22à quelqu'un
00:30:23qui est plus manipulateur
00:30:25et plus toxique que nous,
00:30:27il a toujours un discours
00:30:29qui semble plus crédible
00:30:30que le nôtre.
00:30:31Comme si la manipulation,
00:30:34quand quelqu'un est manipulateur,
00:30:36comme s'il arrive
00:30:37à enjoliver les choses
00:30:38et à donner sa vérité
00:30:40plus crédible.
00:30:41Donc, c'est pour ça
00:30:42qu'il faut vraiment
00:30:43dans ces cas-là
00:30:43essayer d'avoir
00:30:44le maximum de preuves
00:30:46qui prouvent notre innocence
00:30:47parce que sinon,
00:30:48on se fait,
00:30:49en effet,
00:30:51traîner.
00:30:52Et dans votre cas,
00:30:54je dirais,
00:30:55et c'est une situation
00:30:56que je connais
00:30:57à titre personnel,
00:30:59il y a une différence
00:31:00entre l'ex-époux
00:31:03et le père.
00:31:05La coparentalité
00:31:07après séparation,
00:31:09alors,
00:31:09ce n'est pas votre cas
00:31:10quand il y a eu
00:31:11des violences en plus,
00:31:13pour les enfants,
00:31:14c'est extrêmement compliqué.
00:31:15Et donc,
00:31:16il y a souvent des juges
00:31:17qui,
00:31:17dans l'intérêt de l'enfant,
00:31:19vont mettre l'accent
00:31:20sur la nécessité
00:31:20de communiquer entre parents.
00:31:22Et ce n'est pas du tout
00:31:22un reproche
00:31:23que je vous fais,
00:31:24mais je dis juste
00:31:25que parfois,
00:31:26on le vit comme une injustice
00:31:27parce qu'on se dit
00:31:28mais c'est elle
00:31:29qui a commencé
00:31:29ou c'est lui
00:31:30qui a commencé
00:31:30et pourquoi est-ce
00:31:31qu'on m'accuse
00:31:31de ça ou ça ?
00:31:32Alors qu'en fait,
00:31:33le juge va avoir
00:31:34l'intérêt supérieur
00:31:35de l'enfant
00:31:35et que des parents
00:31:36qui ne se parlent pas,
00:31:37ça peut déclencher
00:31:39des conflits de loyauté
00:31:40ou un malaise
00:31:40très important
00:31:41chez des enfants.
00:31:42Et donc,
00:31:42c'est ça qu'ils vont regarder
00:31:43et c'est peut-être pour ça
00:31:44qu'on vous a fait ce reproche.
00:31:47Qui pourtant,
00:31:48était tout à fait...
00:31:50Enfin,
00:31:50je crois que le conseil
00:31:51que vous donniez,
00:31:52l'avocat,
00:31:52était tout à fait judicieux
00:31:53dans ces cas-là.
00:31:54Moi,
00:31:54on se parle,
00:31:55mieux c'est
00:31:56parce que tout se retourne
00:31:57contre nous.
00:31:58Mais écoutez,
00:31:59merci Antoine.
00:31:59vous voulez peut-être
00:32:00ajouter quelque chose ?
00:32:02Non,
00:32:02je voulais juste
00:32:03remercier à vous
00:32:03à titre personnel
00:32:04parce que,
00:32:05voilà,
00:32:05vous êtes une des rares personnes
00:32:06à porter un peu de nuance
00:32:07dans ce débat
00:32:08à dire qu'il n'y a pas
00:32:09des gentils d'un côté
00:32:10et de gros prédateurs
00:32:12de l'autre,
00:32:12que la vie,
00:32:13c'est plein de nuances
00:32:15et que,
00:32:15oui,
00:32:16malheureusement,
00:32:16il y a des femmes
00:32:17qui sont maltraitées
00:32:18mais que tous les hommes
00:32:19ne sont pas des prédateurs
00:32:20loin de là.
00:32:21Et merci juste pour ça,
00:32:22en fait.
00:32:23Ça paraît évident à le dire
00:32:24mais vous êtes une des rares
00:32:25à assumer clairement
00:32:26votre position nuancée.
00:32:28Voilà,
00:32:28merci.
00:32:29Je prie Antoine
00:32:30et je continue
00:32:30et je tiendrai.
00:32:31Ne vous inquiétez pas.
00:32:32Moi,
00:32:33je n'ai rien à perdre.
00:32:34Ma vie est derrière moi.
00:32:35On va faire une petite pause
00:32:37et on va donner la parole
00:32:39à Sophie
00:32:40qui a vécu
00:32:41de la violence conjugale.
00:32:42On se retrouve dans un instant.
00:32:48Sarah Baruc
00:32:49est avec nous
00:32:50et nous abordons
00:32:50la question
00:32:51des violences conjugales.
00:32:54On revient
00:32:54avec Sophie
00:32:55qui va nous raconter
00:32:56les malheurs de Sophie.
00:32:58Évidemment,
00:32:58je ne peux pas m'en priver
00:32:59mais bonjour Sophie.
00:33:01Bonjour,
00:33:01Briette.
00:33:02Bonjour à votre invitée.
00:33:03Bonjour Sophie.
00:33:04Sarah.
00:33:05Bonjour.
00:33:05Sarah qui est avec nous.
00:33:07Sarah Maxine.
00:33:09Voilà.
00:33:09Alors,
00:33:10moi,
00:33:10j'ai été dans une relation
00:33:11avec un homme violent
00:33:12qui n'a...
00:33:14Je l'ai fréquenté
00:33:15pendant peut-être un an et demi
00:33:17jusqu'à ce qu'il devienne violent
00:33:18et il est devenu violent
00:33:20juste après notre mariage
00:33:22et je l'ai quitté
00:33:23un mois et demi après.
00:33:25Donc,
00:33:25ça a été très court
00:33:26mais très violent.
00:33:29C'est très fort en tout cas.
00:33:32Je crois que j'ai beaucoup de chance
00:33:34parce que j'ai...
00:33:37C'était sans...
00:33:38Alors,
00:33:38je dis toujours
00:33:39qu'on fait de mauvais choix
00:33:40parce que j'ai vraiment...
00:33:41je suis parvenue à la conclusion
00:33:42que les relations toxiques
00:33:43que j'ai eues
00:33:43quand elles l'ont été,
00:33:44c'était vraiment des choix inconscients
00:33:46que je faisais
00:33:46qui me menaient tout droit
00:33:47dans le mur
00:33:49et c'est en en prenant conscience
00:33:50que j'ai pu faire un choix
00:33:52qui ne m'a pas menée
00:33:52dans le mur
00:33:55et donc,
00:33:55j'ai fait ce choix-là
00:33:57parce que j'étais en Espagne
00:33:59à l'époque
00:34:00et je voulais...
00:34:02J'avais cette idée
00:34:02d'un bel espagnol brun
00:34:04et lui,
00:34:04il n'était pas beau
00:34:05mais il était brun,
00:34:05il était espagnol
00:34:06et il avait envie de sortir
00:34:08avec moi
00:34:09et pour moi,
00:34:09c'était les conditions suffisantes.
00:34:11Sophie,
00:34:12j'aimerais quand même
00:34:13expliquer quelque chose
00:34:15parce que vous avez dit
00:34:16qu'il était devenu violent
00:34:17un mois et demi
00:34:18après votre mariage.
00:34:20Et tout de suite après,
00:34:22oui, quasiment tout de suite après.
00:34:22Et ça, c'est important
00:34:23parce que souvent,
00:34:25dans ce genre d'hommes,
00:34:27ils ont un visage
00:34:28tout à fait charmant
00:34:29et tout à fait bien
00:34:30et ils deviennent violents
00:34:32du moment où la femme
00:34:34a un enfant
00:34:35ou au moment du mariage.
00:34:37Et c'est souvent des hommes
00:34:39qui ont eu
00:34:39beaucoup d'emprise
00:34:41avec leur mère
00:34:42et qui donc,
00:34:43du moment
00:34:44où vous devenez son épouse,
00:34:46vous devenez sa mère.
00:34:48Et là,
00:34:48ils se vengent.
00:34:50Et donc,
00:34:51ça veut dire quand même,
00:34:53encore une fois,
00:34:53je suis d'accord avec Sarah,
00:34:55ça prouve que vous avez
00:34:56quand même une force intérieure
00:34:57pour avoir réussi
00:34:57à partir tout de suite.
00:34:59Mais ça veut dire
00:34:59que peut-être,
00:35:00avant le mariage,
00:35:01il était tout à fait agréable,
00:35:03cet homme.
00:35:03Donc,
00:35:04vous ne vous étiez pas...
00:35:05Vous voyez,
00:35:06vous n'aviez peut-être pas
00:35:07beaucoup d'indices
00:35:07qui pouvaient vous permettre
00:35:09qu'il allait...
00:35:11Il avait des fissures quand même.
00:35:12Il avait des failles
00:35:14que je voyais,
00:35:15je les voyais du côté de l'œil
00:35:16et je choisissais
00:35:17de les ignorer.
00:35:18Mais en fait,
00:35:19cela aussi,
00:35:19c'est très important,
00:35:20c'est que
00:35:22une histoire d'amour,
00:35:24elle se construit aussi
00:35:26sur la légende
00:35:26de cette histoire
00:35:28et qu'on est parfois
00:35:30notre propre ennemi
00:35:31quand on s'imagine
00:35:32que notre homme idéal
00:35:33doit être comme ci,
00:35:34comme ça.
00:35:34Enfin,
00:35:35ça marche aussi
00:35:35avec la femme idéale.
00:35:36Mais voilà,
00:35:36moi,
00:35:37je voulais mon bel espagnol,
00:35:39ceci,
00:35:39cela,
00:35:39et puis on se rencontrerait
00:35:41et puis on se marierait
00:35:42et puis etc.
00:35:44Et parfois,
00:35:45être dans la vraie rencontre,
00:35:47c'est-à-dire
00:35:48où il n'y a pas
00:35:48de projection,
00:35:50où on rencontre
00:35:51la personne
00:35:51pour ce qu'elle est,
00:35:52on ressent ce qu'on ressent,
00:35:54c'est-à-dire
00:35:54qu'on ne s'invente pas
00:35:55un ressenti,
00:35:56et bien,
00:35:56ce n'est pas si facile.
00:35:58Voilà.
00:35:59Alors,
00:36:00c'est vrai.
00:36:01J'ai eu la chance
00:36:01de faire ce type
00:36:02de rencontre-là
00:36:03avec un homme
00:36:03qui ne correspond pas
00:36:04sur certains...
00:36:05Enfin,
00:36:05qui ne correspond pas,
00:36:06qui ne rentre pas
00:36:07dans mon cadre
00:36:08de certains points de vue,
00:36:10mais qui rentre carrément
00:36:11dans mon cadre
00:36:12pour le point de vue
00:36:12les plus important,
00:36:13donc j'ai eu cette chance-là.
00:36:14Mais c'est vrai qu'à l'époque...
00:36:15Mais c'est souvent d'ailleurs
00:36:18les vraies belles histoires,
00:36:19c'est souvent finalement
00:36:20au départ
00:36:20pas forcément la personne
00:36:22qui correspond à notre idéal.
00:36:24Exactement.
00:36:24Parce que quand il correspond
00:36:25à notre idéal,
00:36:26c'est souvent
00:36:27notre inconscient
00:36:28qui nous y entraîne
00:36:30pour qu'on règle
00:36:31des petits problèmes
00:36:32qu'on a à régler.
00:36:34Oui.
00:36:34Alors lui,
00:36:35il correspond à mon idéal,
00:36:36sauf que c'est vrai
00:36:37que si je devais cocher
00:36:40toute une série de cases,
00:36:41il y a toute une série
00:36:42de cases
00:36:42qui ne correspondent pas.
00:36:43Mais les fondamentaux
00:36:44sont là.
00:36:45Et les fondamentaux
00:36:46de l'attirance
00:36:47et des valeurs...
00:36:49Bien sûr.
00:36:51Revenons à votre compagnon toxique.
00:36:56Qu'est-ce qu'il y a ?
00:36:58Comment vous avez réagi ?
00:36:59Vous vous êtes dit
00:36:59je ne peux pas me laisser
00:37:01traiter comme ça,
00:37:02il faut que je m'en aille,
00:37:03c'est ça ?
00:37:04Quel a été votre déclic ?
00:37:06Parce que ça peut aider
00:37:06ceux qui nous écoutent.
00:37:08Oui.
00:37:09Alors le déclic,
00:37:10tout d'abord,
00:37:10j'ai été sidérée
00:37:11parce que je ne comprenais pas
00:37:14qu'on puisse
00:37:15s'en prendre physiquement à moi.
00:37:17Je comprenais
00:37:17qu'il y ait des choses
00:37:18à me reprocher
00:37:19parce que je n'étais pas irréprochable.
00:37:20Mais je ne comprenais pas
00:37:21la violence physique.
00:37:24Et j'ai eu un sentiment
00:37:25d'injustice extrême.
00:37:27Et qui m'a...
00:37:29J'ai été extrêmement déçue
00:37:30parce que j'ai filé tout de suite.
00:37:32Alors je vous passe les détails
00:37:33mais bon,
00:37:34j'ai saigné du nez,
00:37:36il m'avait arraché des cheveux,
00:37:37il m'avait tapé la tête par terre,
00:37:39il m'avait étranglé,
00:37:41enfin bon,
00:37:41tout ce qui va bien.
00:37:42J'étais allée
00:37:43à la garde civile
00:37:44en expliquant tout ça.
00:37:46Et alors c'était
00:37:47il y a bien longtemps
00:37:48parce que les choses
00:37:49ont bien changé
00:37:50surtout en Espagne.
00:37:51C'est vrai.
00:37:52Mais à l'époque,
00:37:53ils ont fini par aller
00:37:54boire un café avec lui
00:37:55parce qu'il leur avait expliqué
00:37:56qu'il était très malheureux,
00:37:57qu'il avait pris
00:37:58des barbituriques
00:37:59parce qu'il voulait mourir
00:38:00et donc il ne lui est rien arrivé du tout.
00:38:02Oui.
00:38:02Et je suis retournée avec lui
00:38:04parce que j'ai été également lâchée
00:38:07par une partie de ma famille
00:38:09qui l'a cru lui
00:38:11au lieu de me croire moi.
00:38:12Donc ça,
00:38:12ça m'a fait beaucoup de mal.
00:38:14Oui.
00:38:16Et j'ai décidé de rester,
00:38:18alors je vais peut-être
00:38:18vous faire sourire
00:38:19et il y a des gens
00:38:19qui vont me trouver
00:38:20parfaitement bête,
00:38:22mais j'ai décidé de rester
00:38:23parce que nous avions un chien
00:38:24et il était hors de question
00:38:25que je parte sans le chien.
00:38:28Pardon,
00:38:28mais pas du tout.
00:38:29En fait,
00:38:30c'est un vrai angle mort,
00:38:33notamment en France
00:38:34où la plupart des hébergements
00:38:36d'urgence
00:38:36refusent les animaux
00:38:37et c'est ce qui bloque
00:38:40énormément de femmes
00:38:41parce qu'en fait,
00:38:42un animal,
00:38:43c'est un membre de la famille
00:38:44et le laisser potentiellement,
00:38:48l'abandonner,
00:38:49ce n'est pas possible
00:38:50et l'exposer à des violences,
00:38:51ce n'est pas possible non plus.
00:38:53Donc en fait,
00:38:53il y a de l'aborder.
00:38:55Voilà.
00:38:55Et ça,
00:38:56c'est un véritable angle mort
00:38:57comme si un animal
00:39:00n'avait pas d'importance
00:39:02dans les yeux de son maître,
00:39:04ce qui est totalement faux.
00:39:05On peut aimer plus son animal
00:39:07qu'un ami
00:39:09et c'est tout.
00:39:13Et donc,
00:39:14c'est ce qui vous a fait
00:39:15revenir avec lui ?
00:39:17Voilà,
00:39:17et je suis restée avec lui
00:39:18jusqu'à ce que...
00:39:19Bon,
00:39:20alors,
00:39:20il y a eu d'autres épisodes.
00:39:21En fait,
00:39:21je me suis rendue compte
00:39:22qu'il aimait bien
00:39:23les petits garçons.
00:39:24Mais,
00:39:25bien sûr,
00:39:25il n'a pas voulu l'avouer.
00:39:26C'est quand je l'ai mis en face
00:39:27face à ces contradictions
00:39:29qui s'en est prise
00:39:30très violemment à moi.
00:39:31Et c'est là
00:39:32que personne ne m'a cru
00:39:33et tout le monde
00:39:33l'a cru lui.
00:39:34Donc,
00:39:34j'ai fait semblant de rien
00:39:36et j'ai ramassé,
00:39:37entre guillemets,
00:39:38pendant un bon mois et demi.
00:39:39et puis,
00:39:41j'ai réussi
00:39:41à prendre
00:39:43un peu
00:39:45de distance.
00:39:47Comment ça s'est passé ?
00:39:48Oui,
00:39:48j'ai endormi
00:39:50sa méfiance
00:39:51et
00:39:52j'ai réussi
00:39:53à me trouver
00:39:53un endroit
00:39:54où je pouvais me poser.
00:39:55Vous avez préparé
00:39:56votre fuite
00:39:57le plus discrètement possible.
00:39:58C'est ce qu'on disait.
00:40:00Je voulais surtout
00:40:02être sûre
00:40:02de pouvoir emmener le chien.
00:40:04Et quand j'ai vu
00:40:05la bonne fenêtre
00:40:06d'opportunité,
00:40:07je suis partie avec.
00:40:08Oui,
00:40:08vous avez fait ce qu'il fallait.
00:40:10Ça veut dire
00:40:10que vous avez
00:40:10beaucoup de bon sens,
00:40:12Sophie.
00:40:13Vous avez du bon sens
00:40:14et c'est ce qui vous a sauvé.
00:40:16Parce qu'en effet,
00:40:17il faut préparer
00:40:18sa fuite
00:40:19sans qu'il s'en doute.
00:40:21Donc,
00:40:22il faut avoir
00:40:22la capacité,
00:40:24en effet,
00:40:24à faire comme si
00:40:25tout allait bien.
00:40:26Mais derrière,
00:40:28préparer son...
00:40:29et partir
00:40:30dès que le plan
00:40:31est prêt.
00:40:32Pour le faire
00:40:32sans blanc,
00:40:33oui.
00:40:34Ben oui,
00:40:35vous êtes...
00:40:35Vous avez du...
00:40:36Vous avez beaucoup de...
00:40:37Vous êtes quelqu'un
00:40:38de très raisonnable
00:40:39avec beaucoup de bon sens
00:40:40et vous avez su
00:40:41toute seule
00:40:42parce que visiblement
00:40:43on vous avait lâché
00:40:44que vous avez su
00:40:45toute seule partir.
00:40:47Merci de ce témoignage
00:40:48qui est vraiment
00:40:50très clair
00:40:50pour ceux qui nous écoutent.
00:40:53On va se retrouver
00:40:54après les infos.
00:40:54On va continuer
00:40:55à écouter,
00:40:55bien sûr,
00:40:56les témoignages
00:40:56de Sarah Barouk
00:40:57et vous pourrez réagir,
00:40:58bien sûr.
00:40:58Et puis surtout,
00:40:59vous allez pouvoir
00:40:59me donner la réponse
00:41:00à cette devinette
00:41:01à la question
00:41:02« Est-ce que tu es bi ? »
00:41:04Il y a quelqu'un
00:41:05qui répond « Non ».
00:41:07Il répond « Tri ».
00:41:09Qu'est-ce que ça signifie ?
00:41:11La réponse est
00:41:11d'après les infos.
00:41:1414h-16h,
00:41:15Brigitte Lae et Sud Radio.
00:41:17Nous sommes aujourd'hui
00:41:18Nous sommes aujourd'hui
00:41:18avec Sarah Barouk
00:41:20qui est écrivaine
00:41:21et qui a sorti un livre
00:41:23que je vous conseille.
00:41:24Vraiment,
00:41:25ça s'appelle
00:41:26« Les hommes non plus
00:41:27n'aiment pas les cons
00:41:28et le féminisme
00:41:28ne se fera pas sans eux. »
00:41:30C'est aux éditions HarperCollins.
00:41:32Et dans ce livre,
00:41:33vous nous expliquez
00:41:34qu'il est temps
00:41:35qu'on comprenne
00:41:36qu'il n'y a pas
00:41:37d'un côté
00:41:38la faute des uns
00:41:39et la faute de l'autre.
00:41:39C'est à nous tous
00:41:40et toutes
00:41:41de nous réconcilier
00:41:42et d'avancer ensemble
00:41:44pour que l'humanité
00:41:46aille un petit peu mieux.
00:41:47Et il y a du boulot.
00:41:48Il y a énormément de boulot.
00:41:51Et donc...
00:41:52Qu'on puisse se comprendre
00:41:53pour avoir des relations
00:41:54épanouissantes, en fait.
00:41:55C'est ça, l'objectif.
00:41:56Mais que tout le monde
00:41:57aille mieux.
00:41:58Voilà.
00:41:58Qui est coupable ?
00:41:59Bon, moi, je ne suis pas juge
00:42:00et je laisse la justice
00:42:02aux professionnels
00:42:03de la justice.
00:42:04Mais en tout cas,
00:42:04dans le quotidien,
00:42:05le féminisme,
00:42:06ça doit servir à ça.
00:42:07À ce que les hommes
00:42:08comprennent mieux les femmes,
00:42:08à ce que les femmes
00:42:09comprennent mieux les hommes
00:42:10et qu'on soit sur un pied
00:42:11d'équité et d'égalité.
00:42:12Absolument.
00:42:13Et que tout le monde
00:42:14se comprenne.
00:42:15En tout cas,
00:42:15vous faites un travail formidable
00:42:16et je sais que vous avez fait
00:42:18aussi un documentaire
00:42:20qui était formidable
00:42:21et que vous en préparez
00:42:22un autre.
00:42:24Donc, continuez.
00:42:25Vous faites votre part,
00:42:26comme on dit.
00:42:27Alors, avant de donner
00:42:28la parole à Corinne
00:42:29qui nous a rejoints
00:42:30et qui a subi des violences
00:42:31verbales et psychologiques,
00:42:32vous allez me donner
00:42:33la réponse.
00:42:33Alors, c'est quelqu'un
00:42:34qui...
00:42:35On lui pose la question
00:42:36et on lui demande
00:42:37est-ce que tu es bi ?
00:42:38Et la personne répond
00:42:40non, tri.
00:42:41Qu'est-ce que ça signifie ?
00:42:43Je ne sais pas
00:42:44qui fait la moitié à trois.
00:42:45Je ne sais pas.
00:42:46Non, ça veut dire
00:42:46je fais le tri.
00:42:48Ah !
00:42:48Je n'ai même pas osé le dire.
00:42:50C'est joli, non ?
00:42:51C'est mignon.
00:42:52C'est mignon.
00:42:53C'est mignon.
00:42:54Bonjour Corinne.
00:42:55J'ai l'esprit mal placé.
00:42:57Bonjour.
00:42:58Laissez-le là, oui.
00:42:59Bonjour Brigitte.
00:43:01Bonjour Sarah.
00:43:02Bonjour Corinne.
00:43:04Bonjour.
00:43:05Alors, allez-y.
00:43:07Vous avez subi...
00:43:07Vous avez subi,
00:43:08donc vous n'êtes plus
00:43:09avec cet homme ?
00:43:10Non, je ne suis plus
00:43:11avec cet homme.
00:43:12On y arrive à partir.
00:43:15Alors, oui,
00:43:16j'ai subi des violences
00:43:17psychologiques assez sévères
00:43:20et au quotidien.
00:43:23Au début, c'était hebdomadaire.
00:43:25Écoute, puis après,
00:43:26ça s'est...
00:43:27ça s'est amplifié.
00:43:30Et donc, c'était des paroles
00:43:33humiliantes, dégradantes,
00:43:35des critiques ?
00:43:36Oui, près.
00:43:37Oui, oui, énormément.
00:43:39J'ai fait avec...
00:43:41Ils m'ont rabaissée en permanence.
00:43:43Devant d'autres personnes
00:43:45ou simplement...
00:43:45Alors, devant ma fille.
00:43:47C'est ce qui était complexe.
00:43:49Devant ma fille.
00:43:51Et en fait,
00:43:51c'est le jour
00:43:52où ça s'est adressé à elle
00:43:54parce que les enfants
00:43:56sont partis du lot
00:43:58quand ils grandissent
00:43:59et qu'ils posent le nom.
00:44:00En fait,
00:44:01quand elle a posé le nom,
00:44:03le jour où ça s'est retourné
00:44:04adressé à elle,
00:44:05là, j'ai dit
00:44:07il faut faire quelque chose.
00:44:08Voilà.
00:44:08Il faut partir.
00:44:09Et c'était pas sa fille ?
00:44:10C'était bien la vôtre ?
00:44:13Non, non.
00:44:13C'est la nôtre.
00:44:14C'était la nôtre.
00:44:14C'est votre fille ?
00:44:15C'est la nôtre, oui.
00:44:16D'accord.
00:44:17Et il a commencé
00:44:19à dénigrer sa fille
00:44:22et la vôtre,
00:44:23j'ai bien compris.
00:44:24Oui.
00:44:25Quand elle a quel âge ?
00:44:26Elle avait
00:44:28un enfant de 13 ans.
00:44:30Voilà.
00:44:30L'adolescence.
00:44:31À la puberté.
00:44:32Quand elle devient femme.
00:44:34Voilà, c'est ça.
00:44:36Oui, tout à fait.
00:44:37Puis quand elle a commencé
00:44:38à s'opposer,
00:44:39à marquer son territoire
00:44:41entre guillemets,
00:44:42en fait...
00:44:43Oui, oui.
00:44:43À partir du moment
00:44:44où il ne la possède plus
00:44:46en tant que petite vie
00:44:47et qu'elle devient
00:44:48un être qui prend
00:44:50son autonomie.
00:44:51Tout à fait.
00:44:52C'est important
00:44:52parce que ça montre bien
00:44:53encore une fois...
00:44:55Je n'ai pas envie
00:44:56de le défendre
00:44:56quand je dis ça,
00:44:57mais ça montre
00:44:57la faiblesse
00:44:59de cet homme
00:44:59qui a besoin
00:45:01de rabaisser l'autre
00:45:02pour se sentir
00:45:04tout puissant
00:45:05et exister.
00:45:05Et d'ailleurs,
00:45:06le féminicide,
00:45:07qui est l'issue fatale
00:45:09des violences conjugales,
00:45:10est un crime de possession.
00:45:12Le féminicide
00:45:13n'arrive jamais
00:45:14dans le quotidien
00:45:15des violences.
00:45:16il arrive
00:45:17à partir du moment
00:45:18où la victime
00:45:20met un terme,
00:45:21choisit de partir,
00:45:23annonce qu'elle va partir
00:45:24ou nous,
00:45:25une nouvelle relation.
00:45:26C'est ce qui prouve
00:45:28qu'il s'agit
00:45:29d'un crime de possession.
00:45:31C'est-à-dire que
00:45:32la personne est tuée
00:45:33à partir du moment
00:45:34où elle n'est plus
00:45:35l'objet de possession
00:45:36de celui
00:45:36qui pensait la posséder.
00:45:39Oui,
00:45:40en fait,
00:45:41oui,
00:45:41c'est vrai
00:45:42que la période
00:45:42où j'ai annoncé,
00:45:43où j'ai commencé
00:45:44à m'organiser,
00:45:46c'était compliqué.
00:45:47Oui,
00:45:48c'est vrai,
00:45:48vous avez tout à fait raison.
00:45:49C'est vrai
00:45:50qu'à ce moment-là,
00:45:51alors moi,
00:45:52j'étais suivie,
00:45:53je tiens,
00:45:53enfin,
00:45:54je tiens à les nommer
00:45:56parce que le CDIFF,
00:45:58qui est une association
00:45:59qui lutte,
00:46:01enfin,
00:46:02qui essaie de nous aider,
00:46:03m'a considérablement aidée.
00:46:04Voilà,
00:46:05donc je voulais les citer.
00:46:08Et si des femmes
00:46:08ont besoin,
00:46:09cela dit,
00:46:10malgré tout,
00:46:11même si on est
00:46:11dans un brouillard,
00:46:12même si c'est difficile,
00:46:13alors,
00:46:14il faut quand même
00:46:15essayer de se retrouver,
00:46:18quoi.
00:46:18Et il y en a
00:46:19dans chaque département,
00:46:20c'est important de le dire,
00:46:21les CIDFF.
00:46:22Et oui,
00:46:23il y en a dans chaque département,
00:46:24chaque ville,
00:46:25il y en a beaucoup maintenant.
00:46:28Et puis,
00:46:28ce qui est difficile aussi
00:46:30pour vous,
00:46:30Corinne,
00:46:31et ça,
00:46:32Jean-Charles Bouchoux
00:46:32en parle très très bien,
00:46:34c'est des violences
00:46:36psychologiques,
00:46:36donc c'est des violences
00:46:37plus invisibles.
00:46:38Quand on se fait taper dessus,
00:46:40on sait qu'on est violenté,
00:46:42c'est clair.
00:46:44Mais il me le disait d'abord.
00:46:46Il me le disait.
00:46:47Il me disait,
00:46:47tu peux y aller,
00:46:48tu n'as pas de marque,
00:46:49qu'est-ce que tu vas dire ?
00:46:51Il me le disait.
00:46:52Ah oui,
00:46:52en plus,
00:46:53il avait,
00:46:55c'était vraiment,
00:46:57c'est sadique.
00:46:57C'est la perversion.
00:46:59Si vous me permettez,
00:47:00Corinne,
00:47:00je suppose qu'il y a
00:47:01des femmes
00:47:02qui nous écoutent,
00:47:04j'aimerais quand même
00:47:04dire quelque chose,
00:47:05c'est que dans 60%
00:47:07des cas de féminicides,
00:47:10c'est-à-dire quand les femmes
00:47:12finissent par mourir
00:47:12des violences conjugales,
00:47:15il n'y avait jamais eu
00:47:16de violences physiques
00:47:18avant le jour de la mort.
00:47:20C'est-à-dire que le quotidien
00:47:23des femmes qui finissent
00:47:25par mourir
00:47:25de violences conjugales...
00:47:26C'est terrible ce chiffre,
00:47:28je n'aurais jamais imaginé.
00:47:30Alors qu'en fait,
00:47:31le point commun,
00:47:32si vous voulez,
00:47:32de toutes les femmes
00:47:33qui finissent par mourir
00:47:34des violences conjugales,
00:47:35c'est précisément
00:47:37les violences psychologiques.
00:47:39Et c'est pour ça que,
00:47:41moi j'aime bien répéter ça,
00:47:43parce que souvent,
00:47:43à l'association,
00:47:44des femmes se sentent
00:47:46même pas légitimes
00:47:47de venir me parler
00:47:48des violences qu'elles subissent
00:47:50quand, entre guillemets,
00:47:51ce ne sont que
00:47:51des violences psychologiques.
00:47:53Alors qu'en fait,
00:47:54personne n'est capable
00:47:55de déterminer
00:47:56le passage à l'acte réel
00:47:58d'une personne violente.
00:47:59En revanche,
00:48:00le point commun,
00:48:01c'est justement
00:48:02ces violences psychologiques.
00:48:04Alors,
00:48:05j'avais quand même...
00:48:06J'identifiais,
00:48:08je me disais,
00:48:09ils jetaient des objets,
00:48:10ils se défoulaient,
00:48:12des coups de poing,
00:48:13enfin, dans les portes
00:48:13ou des choses comme ça.
00:48:15Et je n'arrivais pas
00:48:15de me dire,
00:48:16un jour,
00:48:16ça sera toi, quoi.
00:48:18Et en fait...
00:48:19Oui, là,
00:48:19c'est un signe
00:48:21de capacité
00:48:23de passer à l'acte.
00:48:23C'est ce qu'on appelle
00:48:24les violences matérielles.
00:48:26Et moi,
00:48:26j'ai été dans votre cas
00:48:27pendant des années.
00:48:28Et le problème,
00:48:29c'est toujours
00:48:29cette question de légitimité.
00:48:31On ne va pas aller
00:48:32porter plainte
00:48:32pour portes cassées.
00:48:33On ne va pas aller
00:48:34porter plainte
00:48:35pour table abîmée.
00:48:37Donc, encore une fois,
00:48:38on ne sait pas très bien
00:48:39comment nommer.
00:48:40Or,
00:48:40et là,
00:48:41vous abordez quelque chose
00:48:43de très, très important
00:48:44que je voudrais dire
00:48:45aux autres femmes
00:48:46qui y sont encore.
00:48:48on s'interroge souvent
00:48:49pour savoir
00:48:50si ce qu'on vit
00:48:51ce sont vraiment
00:48:52des violences ou pas
00:48:52quand il s'agit
00:48:53de violences psychologiques.
00:48:55Parce qu'on cherche
00:48:55à qualifier le comportement
00:48:57de la personne en face.
00:48:58Or,
00:48:59pour se dire
00:49:00si ce que l'on vit
00:49:01ce sont vraiment
00:49:01des violences psychologiques
00:49:03ou pas,
00:49:03c'est à l'intérieur de soi.
00:49:04C'est,
00:49:05est-ce que par peur
00:49:06de la dispute,
00:49:07je change
00:49:07mon comportement naturel ?
00:49:09Est-ce que par peur
00:49:10de la dispute,
00:49:11je vais changer
00:49:13de style vestimentaire ?
00:49:14Je vais me retenir
00:49:15de dire telle ou telle chose.
00:49:17Est-ce que par peur
00:49:18de la dispute,
00:49:18je vais renoncer
00:49:19à aller voir des amis ?
00:49:20Est-ce que par peur
00:49:21de la dispute,
00:49:22je vais accepter
00:49:23un rapport sexuel ?
00:49:24Exactement.
00:49:25Mon Dieu,
00:49:26Sarah,
00:49:26ce que vous me dites,
00:49:27ça me bouleverse
00:49:29parce que ça a été
00:49:30tellement de fois le cas.
00:49:31Bien sûr.
00:49:32Qu'est-ce que je vais dire ?
00:49:34Attention,
00:49:34même à ma fille,
00:49:35je lui dis,
00:49:36arrête ça dans ta chambre,
00:49:37on les nerveux pas.
00:49:38Exactement.
00:49:39C'est terrible
00:49:40ce que vous me dites
00:49:41parce que ça a été
00:49:42tellement le cas.
00:49:43Mais vous savez,
00:49:44quand j'allais
00:49:44à l'association
00:49:45qu'il y avait des tables
00:49:47rondes avec des femmes
00:49:48qui témoignaient,
00:49:49au début je disais
00:49:50mais non,
00:49:51moi c'est pas ça.
00:49:52C'est pas...
00:49:54Parce que...
00:49:54Exactement.
00:49:56Mais il m'a fallu du temps,
00:49:57il m'a fallu presque une année
00:49:58pour m'écrouler
00:50:00et dire oui.
00:50:01mais parce qu'en fait
00:50:02c'était votre mari,
00:50:03c'était le père
00:50:04de vos enfants
00:50:05donc il y a aussi
00:50:05de l'attachement
00:50:06et on n'est jamais
00:50:07violent 24h sur 24,
00:50:097 jours sur 7
00:50:09donc juger le comportement
00:50:11de quelqu'un
00:50:13auquel on est attaché
00:50:14en plus c'est très difficile.
00:50:15Je crois qu'il y a
00:50:16un mot très simple
00:50:17que vous allez comprendre
00:50:18Corinne
00:50:19et que tout le monde
00:50:19va comprendre,
00:50:20vous aviez peur.
00:50:21Voilà.
00:50:21et la peur
00:50:22et la peur
00:50:24n'est pas
00:50:25de l'amour,
00:50:26c'est de la violence
00:50:27psychologique.
00:50:28Exactement.
00:50:29Il n'y a pas d'autre chose
00:50:30à chercher.
00:50:31Mais oui,
00:50:32c'est ça,
00:50:32c'est vrai,
00:50:33c'est ça.
00:50:33En fait,
00:50:34puis un jour
00:50:35mon docteur,
00:50:35ça s'est déclenché
00:50:36comme ça,
00:50:37elle ne m'a pas laissé
00:50:38le choix
00:50:39parce que ça faisait
00:50:39la quatrième fois
00:50:40que j'étais en arrêt
00:50:41dans l'année
00:50:42et là ce jour-là
00:50:43elle m'a dit
00:50:44vous savez,
00:50:44vous n'êtes pas malade
00:50:45chaque fois je vous arrête
00:50:46mais c'est pas pour vous
00:50:47c'est parce qu'on vous
00:50:49on vous pousse
00:50:50et vous allez tomber malade
00:50:52avant j'avais déclenché
00:50:53une hypertension
00:50:54plein de choses
00:50:55et au final
00:50:57elle m'a poussée
00:50:58elle m'a dit
00:50:59vous prenez ce papier
00:51:00vous allez directement
00:51:01à la gendarmerie
00:51:02ou au commissariat
00:51:03et ça a commencé comme ça.
00:51:04C'est très bien,
00:51:05bon médecin.
00:51:07En tout cas,
00:51:07merci de votre témoignage
00:51:08Corinne
00:51:08parce qu'on a entendu
00:51:09dans vos réactions
00:51:10à quel point ça parlait juste
00:51:12et merci Sarah Barouk
00:51:13parce que je pense
00:51:14que vous avez transmis
00:51:15un message essentiel.
00:51:17On fait une petite pause
00:51:18et c'est Marianne
00:51:19qu'on retrouve dans un instant.
00:51:2114h-16h
00:51:22Brigitte Laé
00:51:23Sud Radio
00:51:24Eh bien Sarah Barouk
00:51:26est avec nous
00:51:26nous parlons des violences conjugales
00:51:28et je rappelle
00:51:29que vous travaillez
00:51:30beaucoup sur ce sujet
00:51:31vous avez une association
00:51:32vous faites un travail remarquable
00:51:35et merci d'être avec nous
00:51:36parce que votre
00:51:37votre manière
00:51:38de donner des indices
00:51:40sont très claires
00:51:41pour tout le monde
00:51:42et on a besoin de ça
00:51:43parce que c'est vrai
00:51:44que pour beaucoup de femmes
00:51:44c'est compliqué
00:51:46et merci Marianne aussi
00:51:47de prendre la parole
00:51:48bonjour
00:51:49Bonjour Brigitte
00:51:50et merci à Sarah aussi
00:51:51d'être présente
00:51:52Bonjour Marianne
00:51:54Bonjour
00:51:56moi je fais partie
00:51:57de cette range
00:51:59de la population
00:52:00qui a subi
00:52:01des violences physiques
00:52:03et visibles
00:52:06avec les enfants également
00:52:08on a vécu
00:52:08tout un panel de choses
00:52:11dans tous les domaines
00:52:12le domaine économique
00:52:14ce qu'il fallait
00:52:14que je rende des comptes
00:52:15pour tout
00:52:16alors que j'avais
00:52:16moi-même mon salaire
00:52:17mais je n'avais plus
00:52:18aucun contrôle
00:52:20je n'avais plus
00:52:20en fait
00:52:22petit à petit
00:52:23il m'a rendu
00:52:25angoissée de tout
00:52:27ce qui n'était pas
00:52:28mon cas avant
00:52:29mais c'est un peu
00:52:30j'aime bien cette image
00:52:31de la grenouille
00:52:32qu'on met dans l'eau froide
00:52:33et puis on fait monter
00:52:35tout doucement
00:52:35et moi c'est ce qui
00:52:36s'est complètement passé
00:52:37jusqu'à
00:52:38j'aime bien aussi l'image
00:52:39je ne sais pas si ça vous parle
00:52:40de
00:52:40il a éteint ma lumière
00:52:43oui aussi
00:52:45absolument
00:52:47et
00:52:47il s'est allé dans
00:52:48tous les domaines
00:52:49je me souviens
00:52:49d'une fois
00:52:50
00:52:51je devais prendre
00:52:52des traitements lourds
00:52:53parce que
00:52:54il m'angoissait tellement
00:52:55que ce soit la nuit
00:52:56alors je prenais
00:52:56des médicaments
00:52:57pour dormir
00:52:58je prenais des médicaments
00:52:59pour tenir la journée
00:53:00et j'avais quand même
00:53:01quatre enfants
00:53:02et une nuit
00:53:02je me réveille
00:53:03et il était en train
00:53:05de satisfaire
00:53:05ses besoins
00:53:08sexuels
00:53:09voilà
00:53:10il était en train
00:53:11de profiter
00:53:11de votre sommeil
00:53:12pour vous baiser
00:53:13c'est ça
00:53:14alors là je l'ai vu
00:53:16mais je n'ai même pas
00:53:17pu réagir
00:53:18et je me suis dit
00:53:19mais est-ce que
00:53:20c'est la première fois
00:53:21est-ce que ce n'est pas
00:53:22la première fois
00:53:22j'en savais rien
00:53:23ça remonte à plus de dix ans
00:53:25mais là où je pointe
00:53:27le doigt
00:53:27je ne sais pas
00:53:29si ça va rentrer
00:53:31dans ce que
00:53:31vous pouvez dire
00:53:33dites ce que vous avez
00:53:34à dire
00:53:35oui parce qu'en fait
00:53:36déjà j'ai eu la chance
00:53:37de rencontrer un psychiatre
00:53:38qui a mis lumière
00:53:39dans mon bazar
00:53:40qui m'a
00:53:42profondément
00:53:43soutenu
00:53:43aidé
00:53:44et éclairé
00:53:45vraiment
00:53:46mais même une fois
00:53:47qu'on entame
00:53:48la procédure de divorce
00:53:49c'est d'autres violences
00:53:50qui se mettent en route
00:53:51bien sûr
00:53:51et là où je suis
00:53:54révoltée
00:53:54alors maintenant
00:53:55on m'a révoltée
00:53:56atténuée
00:53:57c'était en 2016
00:53:57que la phrase
00:53:58que je vais vous dire
00:53:59vous imaginez
00:54:00elle résonne encore en moi
00:54:01mais elle a été écrite
00:54:03par une juge
00:54:03en 2016
00:54:05ça faisait déjà deux ans
00:54:05deux ans et demi
00:54:06que j'étais en procédure
00:54:07de divorce
00:54:07et il a été écrit
00:54:09que la situation économique
00:54:11et matérielle
00:54:12de madame
00:54:14écoutez bien
00:54:15est la conséquence
00:54:17logique
00:54:18et codue
00:54:19du départ
00:54:20du domicile familial
00:54:22et je l'ai
00:54:23je garderai
00:54:24jusqu'à la fin de ma vie
00:54:26ce jugement
00:54:27parce que
00:54:28c'était la conclusion
00:54:30je me suis dit
00:54:31mais comment on peut écrire
00:54:32une chose comme ça
00:54:34ça a duré encore
00:54:35quelques années
00:54:36un divorce derrière
00:54:37ça n'a pas été fini
00:54:38la violence
00:54:38elle ne s'arrête pas
00:54:39en partant du domicile
00:54:40avec ce genre d'individu
00:54:42surtout quand il y a des enfants
00:54:43en fait
00:54:43c'est la coparentalité
00:54:46post-séparation
00:54:48c'est terrible
00:54:48parce qu'en plus
00:54:49on répète toute la journée
00:54:50à tout le monde
00:54:51toutes les femmes victimes
00:54:52il faut partir
00:54:53il faut partir
00:54:54mais on oublie de leur préciser
00:54:55qu'après
00:54:56c'est pas magique
00:54:59surtout quand il y a
00:55:00des enfants en commun
00:55:00et que bien souvent
00:55:02la violence se perpétue
00:55:05via les enfants
00:55:06puisqu'on en fait
00:55:06des messagers de la violence
00:55:09les objets communs
00:55:10les animaux communs
00:55:11etc
00:55:11et puis en plus
00:55:12dans votre cas
00:55:13je suppose que c'est quelqu'un
00:55:14qui avait une assez bonne situation
00:55:16parce que souvent
00:55:16ce genre de personnages
00:55:18sont plutôt des personnes
00:55:19qui réussissent assez bien
00:55:21financièrement dans la vie
00:55:22et donc
00:55:24je ne veux pas vous contredire
00:55:26on était enseignants
00:55:28tous les deux
00:55:28d'accord
00:55:29vous étiez au même
00:55:30statut social
00:55:31donc
00:55:31c'est exactement ça
00:55:32et c'est pour ça
00:55:33que ça n'aurait pas dû
00:55:34avoir cette ampleur là
00:55:35mais lui
00:55:35c'est sa personnalité
00:55:36il avait une personnalité
00:55:38spécifique
00:55:39qui a fait que
00:55:40alors si je peux me permettre
00:55:42et je pense que ça va
00:55:43vous réconcilier
00:55:44toutes les deux
00:55:45même si vous n'étiez pas
00:55:47en conflit
00:55:47absolument pas
00:55:49en conflit
00:55:49les violences conjugales
00:55:51commencent en général
00:55:52toujours par des violences
00:55:53économiques
00:55:54et la question
00:55:55c'est pas forcément
00:55:55de qui gagne plus
00:55:57mais qui fait les dépenses
00:55:58utiles et inutiles
00:56:00dans le couple
00:56:01qui a la possibilité
00:56:02de thésauriser
00:56:03ou pas
00:56:04en général
00:56:05quand il y a des violences
00:56:07conjugales
00:56:08je donnais un exemple
00:56:09assez
00:56:10basique
00:56:12c'est maman
00:56:13qui va payer
00:56:14donner le chèque
00:56:14pour la cantine
00:56:15qui va payer
00:56:16tout ce qui ne sert à rien
00:56:17donner l'argent de poche
00:56:18etc
00:56:18et devoir rendre des comptes
00:56:20et puis l'appartement
00:56:21le bail
00:56:21l'emprunt
00:56:22tout va être
00:56:23au nom
00:56:24de monsieur
00:56:25et c'est pas pour faire
00:56:26évidemment qu'il y a
00:56:27des contre-exemples
00:56:28etc
00:56:28mais la plupart
00:56:29des femmes
00:56:30que nous
00:56:30nous recueillons
00:56:31à l'association
00:56:32on se rend compte
00:56:32que c'est l'effet
00:56:34qu'on appelle
00:56:34peau de yaourt
00:56:35elles ont dépensé
00:56:36tout leur argent
00:56:36dans des courses
00:56:38elles se retrouvent
00:56:39sans rien
00:56:40et elles n'ont pas
00:56:41la possibilité
00:56:42de prouver
00:56:43qu'on leur a pris
00:56:44de l'argent
00:56:44puisqu'on ne leur a rien pris
00:56:45en fait
00:56:46mais ça a été une manière
00:56:47de gérer
00:56:49les dépenses
00:56:50du foyer
00:56:51l'argent en commun
00:56:52dans le foyer
00:56:52et la liberté
00:56:54de faire
00:56:55des investissements
00:56:56avec son propre argent
00:56:57qui servent
00:56:58c'est exactement ça
00:56:59et puis moi
00:57:00il avait la main
00:57:01mise sur tout
00:57:02ce qui fait que
00:57:03quand je suis partie
00:57:05le mois suivant
00:57:06ça a été le premier mois
00:57:07où j'ai pu avoir
00:57:07mon propre salaire
00:57:09vous êtes restée
00:57:10combien de temps
00:57:11avec lui
00:57:12Marianne ?
00:57:1424 ans
00:57:15et la procédure
00:57:17de divorce
00:57:17a duré
00:57:18presque 7 ans
00:57:19enfin les procédures
00:57:21parce que
00:57:21la justice française
00:57:22est tellement magnifique
00:57:24pardon
00:57:24pour ceux
00:57:25que je vais heurter
00:57:26mais on m'a quand même
00:57:27au bout de
00:57:286 ans
00:57:30dans un jugement
00:57:32en cours d'appel
00:57:32annulé
00:57:33toute la procédure
00:57:34de divorce
00:57:35je recommence
00:57:36soit 0
00:57:37et ça moi je trouve
00:57:39mais je me suis dit
00:57:41que je devenais folle
00:57:43à voir
00:57:44à vivre
00:57:45des choses comme ça
00:57:45parce que
00:57:46j'avais l'impression
00:57:47que la justice
00:57:49voilà
00:57:50longtemps je disais
00:57:50la justice
00:57:51est mal nommée
00:57:52parce qu'elle n'était
00:57:53que dans son sens
00:57:54à lui
00:57:55je n'ai jamais compris
00:57:56c'est ce que je disais
00:57:57tout à l'heure
00:57:57c'est qu'il était
00:57:58certainement
00:57:58assez pervers
00:57:59et donc il avait
00:58:00toujours un élément
00:58:03en plus
00:58:04et en amont
00:58:05c'est à dire
00:58:06qu'il a
00:58:06il a manipulé
00:58:08et malheureusement
00:58:09les juges
00:58:10sont des êtres humains
00:58:11et ça se manipule
00:58:12et ces personnes là
00:58:14sont particulièrement
00:58:15brillantes
00:58:16et c'est pour ça
00:58:17que
00:58:18souvent
00:58:19elles sont
00:58:20plus crues
00:58:22par le juge
00:58:22que la victime
00:58:24mais ce que vous racontez là
00:58:26c'est ce qu'on appelle
00:58:27finalement
00:58:28les violences administratives
00:58:30et judiciaires
00:58:31c'est à dire que
00:58:33prouver la culpabilité
00:58:34de quelqu'un
00:58:35ça met une charge
00:58:36sur la victime
00:58:37qui est extrêmement difficile
00:58:39alors il y a des exceptions
00:58:40comme on a entendu
00:58:41Antoine tout à l'heure
00:58:42ça a été un peu
00:58:42le cas inverse
00:58:44mais prouver
00:58:45la violence
00:58:47le harcèlement
00:58:48de quelqu'un
00:58:48ça veut dire
00:58:49se replonger dans ses SMS
00:58:50ça veut dire
00:58:51aller demander des attestations
00:58:52ça veut dire
00:58:52et ça c'est épuisant
00:58:54surtout quand on a
00:58:55un passé de victime
00:58:57en réalité
00:58:59et pardon
00:59:00peut-être
00:59:00je mets les pieds
00:59:00dans le plat
00:59:01mais en fait
00:59:01souvent
00:59:02quand on a vécu
00:59:03des violences
00:59:04on attend d'être réparé
00:59:05par la justice
00:59:06qu'on nous donne
00:59:07au moins ce crédit
00:59:08sauf qu'en fait
00:59:08on se trompe
00:59:09la justice n'est pas faite
00:59:10pour nous réparer
00:59:11la justice n'est pas faite
00:59:13pour rendre justice
00:59:14aux victimes
00:59:15elle est faite
00:59:15pour protéger
00:59:16la société
00:59:17de personnes agressives
00:59:18et violentes
00:59:20et c'est totalement différent
00:59:21vous avez raison
00:59:22ce que vous venez de dire
00:59:22est très important
00:59:23parce qu'on entend
00:59:23trop souvent
00:59:24il faut porter plainte
00:59:25pour demander réparation
00:59:26etc
00:59:27je suis d'accord avec vous
00:59:28c'est une erreur totale
00:59:30parce que de toute façon
00:59:31on nourrit un espoir
00:59:32qui ne sera jamais satisfait
00:59:33ne demandons pas
00:59:35de l'affect à la justice
00:59:36une bonne fois pour toute
00:59:37parce que
00:59:38la justice elle est là
00:59:39pour protéger la société
00:59:41de personnes dangereuses
00:59:42donc elle n'est pas là
00:59:43pour rendre justice
00:59:44à des victimes
00:59:45en fait
00:59:46est-ce que
00:59:46je peux me permettre
00:59:47juste une dernière chose
00:59:48bien sûr Marianne
00:59:50en fait
00:59:50bien sûr
00:59:51moi j'avais un psychiatre
00:59:53à côté
00:59:53j'ai eu des thérapeutes
00:59:55c'était pas tant
00:59:56ce que j'attendais
00:59:56c'est que
00:59:57j'avais besoin justement
00:59:58d'être protégée
00:59:59pour m'en sortir
01:00:00et vous savez ce que
01:00:01j'ai dû faire
01:00:02pour
01:00:04enfin
01:00:05accéder à ce
01:00:06saint-ané divorce
01:00:08et bien j'ai dû m'enfuir
01:00:09dans une région
01:00:10où je n'étais connue
01:00:10de personne
01:00:11j'ai dû
01:00:13vraiment
01:00:16partir de son champ
01:00:17oui oui
01:00:17vous aviez affaire
01:00:18à quelqu'un
01:00:18qui est un vrai pervers
01:00:20qui ne vous lâchait pas
01:00:20vous étiez sa proie
01:00:21et vous aurez détruite
01:00:23jusqu'au bout
01:00:24si vous ne vous étiez pas
01:00:25en fuite
01:00:25vous avez écrit
01:00:26le scénario
01:00:27de votre propre film
01:00:29vous êtes devenu
01:00:30responsable
01:00:31de votre existence
01:00:32et c'était
01:00:33la seule chose
01:00:34qu'il fallait faire
01:00:34bravo
01:00:34parce que
01:00:36si vous attendiez
01:00:37de la justice
01:00:38qu'elle vous sauve
01:00:39c'était perdu d'avance
01:00:41et c'est probablement
01:00:42ce qui fait
01:00:43qu'on ne vous aura pas
01:00:44de si tôt
01:00:45parce qu'en fait
01:00:46quand on sait sauver soi-même
01:00:47et qu'on sait responsabiliser
01:00:51de son propre sauvetage
01:00:53et bien en fait
01:00:53on a une force
01:00:55qui naît en nous
01:00:56on devient invincible
01:00:58en fait
01:00:59voilà
01:00:59c'est tout ce qu'on vous souhaite
01:01:01en tout cas Marianne
01:01:01et merci de votre témoignage
01:01:03et bravo
01:01:04on va faire une petite pause
01:01:06on va se retrouver
01:01:07avec le sexe au conseil
01:01:08on va parler de la mésentente conjugale
01:01:09qui est une des premières causes
01:01:11de la chute
01:01:12de la sexualité
01:01:13dans un couple
01:01:13et puis on va parler du couple
01:01:15avec Christian Richaume
01:01:17qui va nous rejoindre
01:01:18et qui a
01:01:19qui a les secrets
01:01:20des couples qui durent
01:01:21je pense que ça va intéresser
01:01:23bien du monde
01:01:24Brigitte Lae
01:01:25Sud Radio
01:01:26le sexe au conseil
01:01:27et bien Sarah Baruch
01:01:29vous pouvez réagir
01:01:30bien sûr
01:01:30à ce sexe au conseil
01:01:31je vais parler
01:01:31de la mésentente conjugale
01:01:33cause de chute
01:01:34de la sexualité
01:01:35alors évidemment
01:01:36ça paraît évident
01:01:38tout conflit
01:01:39ne va pas faciliter
01:01:40l'intimité
01:01:40les tensions permanentes
01:01:42les ressentis
01:01:43le manque de communication
01:01:44sont des obstacles
01:01:45au plaisir
01:01:46puisque c'est difficile
01:01:47d'être en confiance
01:01:48avec l'autre
01:01:49quand on a été
01:01:52on s'est disputé
01:01:53etc
01:01:54alors il faut dire aussi
01:01:55que souvent la femme
01:01:56elle ne s'en rend pas compte
01:01:58mais pour se venger
01:01:59pour punir son partenaire
01:02:01qui n'a pas été gentil
01:02:03qui a oublié
01:02:04je ne sais quoi
01:02:04elle va refuser
01:02:05de faire l'amour
01:02:06alors elle ne va pas
01:02:07le dire de cette manière là
01:02:08elle va trouver des excuses
01:02:09comme la fatigue
01:02:10etc
01:02:11et c'est dommage
01:02:12parce que
01:02:14sur le long terme
01:02:15elle nuit au couple
01:02:16et elle se punit aussi
01:02:17d'un éventuel plaisir
01:02:19donc c'est vraiment important
01:02:20de bien comprendre
01:02:21que parfois
01:02:22l'un
01:02:23parce que ça peut aussi
01:02:24être les hommes
01:02:25l'un ou l'autre
01:02:26des partenaires
01:02:26se refuse
01:02:27pour affirmer
01:02:28son mécontentement
01:02:30de ce qui s'est produit
01:02:31en amont
01:02:31et ce n'est pas
01:02:32dans la sexualité
01:02:33qu'on règle ses comptes
01:02:34c'est en se parlant
01:02:36voilà
01:02:37qu'est-ce que je voulais dire aussi
01:02:39oui
01:02:39et puis il y a aussi
01:02:40les fameux règlements de comptes
01:02:42on essaye d'affirmer
01:02:44son autorité
01:02:45donc on met l'autre
01:02:45en position de demandeur
01:02:47et ça
01:02:48il y a des gens
01:02:49qui savent très bien faire aussi
01:02:51ou alors
01:02:51on fait du troc
01:02:52si tu es gentil
01:02:53alors
01:02:54peut-être
01:02:55que je ferai l'amour
01:02:57et sincèrement
01:02:58toutes ces stratégies
01:02:59elles ont des effets néfastes
01:03:00sur le couple
01:03:01parce que ça
01:03:02ça éloigne
01:03:03au lieu de rapprocher
01:03:05la sexualité
01:03:06ça doit être un lieu
01:03:07de respect
01:03:08de confiance
01:03:09et de plaisir
01:03:11et c'est généralement
01:03:13justement grâce
01:03:14à une bonne intimité
01:03:15que le couple
01:03:16oublie les petites
01:03:18les petites mésententes
01:03:19et les petits ressentis
01:03:21pas très agréables
01:03:23c'est un langage en soi
01:03:24en fait
01:03:24exactement
01:03:25et qui se nourrit
01:03:26des autres langages
01:03:27de la relation
01:03:28mais
01:03:28et moi je trouve ça
01:03:29assez triste justement
01:03:30dans ce que vous dites
01:03:32qu'en gros
01:03:32on troc
01:03:33en gros j'accepte
01:03:34de faire l'amour
01:03:34avec toi
01:03:35si tu fais ça pour moi
01:03:36ça sous-entend que finalement
01:03:38on prend pas de plaisir
01:03:38à faire l'amour
01:03:39puisque c'est quelque chose
01:03:40qu'on donne
01:03:41si on met la table
01:03:43alors que non
01:03:45alors on peut avoir envie
01:03:47de faire plaisir à l'autre
01:03:48et accepter un rapport sexuel
01:03:51mais ça n'a rien à voir
01:03:51c'est pas du troc
01:03:52c'est juste
01:03:54quand on aime quelqu'un
01:03:55on a envie de lui faire plaisir
01:03:57exactement
01:03:58et puis il vous reste
01:03:59quelques minutes aussi
01:04:00pour peut-être
01:04:00gagner ce pack
01:04:03sensuel
01:04:03de passage du désir
01:04:04vous le connaissez
01:04:05le principe
01:04:06vous envoyez Brigitte
01:04:07par SMS
01:04:07au 7-20-18
01:04:09et c'est le moment
01:04:10que vous attendez tous
01:04:12les secrets des couples
01:04:13qui durent
01:04:14et c'est grâce à vous
01:04:15Christian Richaume
01:04:16que nous allons tous savoir
01:04:18bonjour
01:04:18bonjour Brigitte
01:04:19vous êtes psychanalyste
01:04:20thérapeute
01:04:21vous êtes spécialiste
01:04:22des problèmes de couple
01:04:24et des troubles affectifs
01:04:25et vous avez sorti ce livre
01:04:26les 3 secrets des couples
01:04:27qui durent
01:04:28aux éditions Solar
01:04:30être heureux
01:04:30à deux
01:04:31ça s'apprend
01:04:32moi j'ai trouvé ce livre
01:04:33tout à fait intéressant
01:04:34c'est pour ça que j'ai eu envie
01:04:35de vous retrouver
01:04:37pendant ces quelques minutes
01:04:39qu'on va passer ensemble
01:04:40je crois que vous vous connaissez
01:04:41tous les deux
01:04:41tout à fait
01:04:41il a fait mon portrait psy
01:04:43alors qu'est-ce que vous avez déduit
01:04:45de la personnalité de Sarah
01:04:46faites attention
01:04:47je l'aime beaucoup
01:04:48attention à ce que vous dites
01:04:49une femme authentique
01:04:50et avec quelque chose
01:04:53qui vient du ventre
01:04:55et qui l'anime
01:04:56voilà
01:04:56elle a une force
01:04:57qui vient du ventre
01:04:58une force qui vient du ventre
01:04:59d'accord
01:05:00très bien
01:05:00ça vous parle ça ?
01:05:03oui
01:05:03oui oui
01:05:04alors après
01:05:05j'ai authentique
01:05:06ça c'est sûr
01:05:08mais j'essaye de bosser
01:05:09sur tous les chakras
01:05:10donc il y a aussi des choses
01:05:11qui viennent du coeur
01:05:12de la tête
01:05:12tout ça
01:05:13mais oui oui
01:05:13moi ce que j'ai l'impression
01:05:15Sarah
01:05:16je vous connaissais
01:05:16je vous connaissais pas tellement
01:05:18et je vous découvre
01:05:19petit à petit
01:05:20je trouve surtout
01:05:21que ce qu'il y a de remarquable
01:05:22chez elle
01:05:23c'est que c'est quelqu'un
01:05:24qui de son parcours
01:05:26en a fait une perle
01:05:28et je trouve ça
01:05:29tout à fait remarquable
01:05:30je vais le cacher derrière mon micro
01:05:31non mais je trouve
01:05:33que c'est un message positif
01:05:35pour tous ceux
01:05:36qui nous écoutent
01:05:36qui traversent des épreuves
01:05:37qui traversent
01:05:38je veux dire
01:05:39si on fait de ce qui est difficile
01:05:41pour nous
01:05:42une perle
01:05:43je crois qu'après
01:05:45la vie est merveilleuse
01:05:46il y a un dicton
01:05:48qui dit
01:05:48quand on tombe
01:05:49il faut remonter à cheval
01:05:50oui
01:05:50et Sarah
01:05:51elle est toujours à cheval
01:05:53et elle va de l'avant
01:05:54même si elle est tombée
01:05:55et elle apprend
01:05:56c'est la différence
01:05:58entre
01:05:59des erreurs
01:06:00et des expériences
01:06:01des traumas
01:06:02et des accidents
01:06:03ce qui fait que
01:06:04elle va de l'avant
01:06:05elle apprend
01:06:06elle construit
01:06:07et en plus
01:06:08elle transmet aux autres
01:06:11salut
01:06:12vous avez eu raison de venir
01:06:13vous voyez Sarah Barouk
01:06:14bon alors justement
01:06:15tiens
01:06:16un des secrets du couple
01:06:17peut-être Christian Richaume
01:06:19c'est toujours d'aller de l'avant
01:06:20et c'est de faire
01:06:21des conflits
01:06:21des perles
01:06:23non ?
01:06:23oui je le dis souvent
01:06:24un couple
01:06:25c'est quand on a réussi
01:06:26à se disputer
01:06:28et qu'on est encore ensemble
01:06:30ça veut dire que
01:06:31un couple c'est
01:06:32un début
01:06:33mais c'est toute une histoire
01:06:35c'est quand on ne
01:06:36et parfois une fin
01:06:38malheureusement
01:06:38oui mais c'est parfois
01:06:40pas grave de se quitter
01:06:40je veux dire
01:06:41enfin c'est pas grave
01:06:42c'est toujours douloureux
01:06:43c'est toujours un échec
01:06:44de se quitter
01:06:44quand on s'est aimé
01:06:46mais parfois
01:06:47c'est aussi une belle
01:06:48une belle décision
01:06:49que de prendre la décision
01:06:50de se séparer
01:06:51parce que ça veut dire
01:06:52que peut-être
01:06:53on a vécu
01:06:54une belle histoire
01:06:55et qu'on va en vivre
01:06:56peut-être une autre
01:06:56avec quelqu'un d'autre
01:06:58mais non
01:06:59c'est ce que je dis
01:06:59à mes patients anxieux
01:07:00qui se posent beaucoup
01:07:01de questions sur l'avenir
01:07:02je leur dis
01:07:02écoutez
01:07:03une histoire d'amour
01:07:04il y a toujours un début
01:07:05il y a toujours une fin
01:07:06des fois vous n'avez pas
01:07:07choisi le début
01:07:08et des fois vous n'allez pas
01:07:09choisir la fin
01:07:10la question c'est
01:07:10qu'est-ce qu'on fait au milieu
01:07:13et le milieu
01:07:13ça veut dire aujourd'hui
01:07:15et le problème
01:07:16c'est que des fois
01:07:17on veut dans l'engagement
01:07:18de la sécurité
01:07:19mais la sécurité
01:07:20des fois
01:07:21c'est nécessaire
01:07:23mais ça peut nous couper
01:07:24l'arme sous le pied
01:07:24de la motivation
01:07:25et de la construction
01:07:26un couple
01:07:26c'est tous les jours
01:07:28tous les jours
01:07:29on se rencontre
01:07:30c'est une rencontre
01:07:31qui ne cesse pas
01:07:33alors c'est intéressant
01:07:34ce que vous dites
01:07:34tous les jours
01:07:35parce que déjà
01:07:35on voit aujourd'hui
01:07:36chez les jeunes
01:07:38pratiquement
01:07:38ils n'ont plus envie
01:07:39de s'engager
01:07:39et de vivre ensemble
01:07:41comme si la routine
01:07:42allait tuer
01:07:44l'amour
01:07:44et vous en parlez
01:07:45justement
01:07:47de la routine
01:07:48et de la solitude
01:07:49le sentiment de solitude
01:07:50qu'on peut avoir
01:07:51dans le couple
01:07:52oui il y a des gens
01:07:53qui peuvent se sentir
01:07:54seuls à deux
01:07:55ça c'est terrible
01:07:56parce que c'est tout le contraire
01:07:57de l'objectif initial
01:07:58c'est de retrouver quelqu'un
01:07:59et de ne pas être seul
01:08:00et donc être seul à deux
01:08:01c'est un vrai problème
01:08:02et ensuite l'histoire
01:08:03de la routine
01:08:03c'est
01:08:05je transforme ce mot
01:08:06en un autre mot
01:08:07c'est la monotonie
01:08:08ou l'ennui
01:08:09la routine c'est
01:08:10je passe mon temps
01:08:11avec la personne
01:08:12avec qui j'apprécie
01:08:12et ça c'est bien
01:08:13on a des rituels
01:08:14on a des habitudes
01:08:15on se voit
01:08:16l'ennui
01:08:17c'est quand il ne se passe
01:08:18plus rien
01:08:20c'est quand il y a
01:08:21quand le moteur
01:08:22quand il a mis ses pantoufles
01:08:23voilà
01:08:24non mais c'est ça
01:08:25ça veut dire que
01:08:26vous voyez un couple
01:08:27c'est un peu comme
01:08:27une plante verte
01:08:28on l'achète
01:08:28on est content
01:08:29en plus elle est belle
01:08:30dans le magasin
01:08:31on ne sait pas ce qu'ils font
01:08:31mais elle est belle
01:08:32on la mène chez nous
01:08:33on est tout content
01:08:34pendant des jours
01:08:34au bout d'un moment
01:08:35on a oublié de l'arroser
01:08:36c'est mon cas
01:08:38et généralement
01:08:39elle est moins belle
01:08:40mais en fait
01:08:41ce qui se passe
01:08:41c'est qu'on est étonné
01:08:43on est étonné qu'elle meure
01:08:45alors qu'on sait
01:08:45qu'on ne l'a pas arrosé
01:08:47mais on en est quand même
01:08:48étonné
01:08:48oh j'en achète une autre
01:08:49c'est pas grave
01:08:51c'est pour ça qu'il y a un début
01:08:52il y a une fin
01:08:52mais oui
01:08:53mais le but
01:08:54c'est de pouvoir arroser
01:08:54mais je ne considère pas
01:08:55les hommes comme des plantes
01:08:56je vous rassure
01:08:57il peut y en avoir
01:08:58des belles plantes
01:08:59oui
01:09:00bon alors
01:09:01plus sérieusement
01:09:03vous abordez aussi
01:09:05les styles d'attachement
01:09:06et ça c'est vrai
01:09:07que
01:09:08moi je suis toujours surprise
01:09:09quand on a quelqu'un
01:09:11qui nous parle
01:09:12de son partenaire
01:09:13ou de sa partenaire
01:09:14et qu'il est avec
01:09:16quelqu'un
01:09:16qui a un attachement anxieux
01:09:18ben oui
01:09:18comment il peut s'engager
01:09:19s'il a un attachement anxieux
01:09:20mais pourquoi on l'a choisi
01:09:22enfin
01:09:24ça peut se soigner
01:09:25mais il faut
01:09:25il faut en prendre conscience
01:09:26il faut prendre conscience
01:09:27de son
01:09:28en fait
01:09:28quand on se rencontre
01:09:29on échange souvent
01:09:30sur nos goûts
01:09:32vous avez déjà mangé
01:09:33du riz
01:09:34Brigitte ?
01:09:35ce midi
01:09:36ben moi aussi
01:09:37super on a un point commun
01:09:38sauf que
01:09:39les goûts
01:09:39ça forme pas un couple
01:09:41ce qui est important
01:09:42c'est le profil affectif
01:09:43ça veut dire
01:09:44je suis anxieux
01:09:44je suis évitant
01:09:45je suis sécure
01:09:45ou non sécure
01:09:46et le problème
01:09:47c'est que par défaut
01:09:48un anxieux
01:09:49va trouver un évitant
01:09:50et là il va se mettre
01:09:51à courir
01:09:52avec quelqu'un
01:09:52qui fuit
01:09:54et on a ce premier réflexe
01:09:56de trouver
01:09:56en fait
01:09:57notre complément
01:09:59mais notre complément
01:10:00qui ne va pas
01:10:00alors c'est peut-être
01:10:01celui qui peut nous permettre
01:10:03de travailler sur nous
01:10:05non ?
01:10:05en tout cas
01:10:06quand on fait des rencontres
01:10:09j'en parlais d'ailleurs
01:10:10je crois
01:10:10je ne sais plus
01:10:11si c'était avec vous Sarah
01:10:12ou si c'était hier
01:10:13bref qu'importe
01:10:13je disais souvent
01:10:15que lorsqu'on rencontre quelqu'un
01:10:16et qu'on a l'impression
01:10:17que c'est notre idéal
01:10:19c'est là où il faut se méfier
01:10:20parce que c'est souvent
01:10:21notre inconscient
01:10:21qui nous envoie
01:10:22vers cette personne
01:10:23parce qu'elle va nous faire
01:10:25travailler quelque chose
01:10:26qui est en nous
01:10:26on en parlait avec Sophie
01:10:27je crois
01:10:28il y a quelques jours
01:10:28ça voilà
01:10:29il y a trois hommes
01:10:31ou trois femmes
01:10:31que vous rencontrez
01:10:32il y a la femme
01:10:33ou l'homme idéal
01:10:34celui que vous projetez
01:10:35celui que vous identifiez
01:10:37avec certaines cases
01:10:37ensuite il y a celui
01:10:38que vous rencontrez
01:10:39et là vous faites
01:10:40le parallèle
01:10:41avec votre image
01:10:42le fantasme
01:10:43ça veut dire
01:10:44il a certains points
01:10:45de mon prince charmant
01:10:45ou de ma princesse
01:10:47et ensuite il y a l'homme
01:10:48que vous avez
01:10:50et le vrai
01:10:51c'est celui que vous avez
01:10:51celui que vous ne voyez pas
01:10:53au début
01:10:53c'est le principe de réalité
01:10:55exactement
01:10:55alors des fois
01:10:56on a l'impression
01:10:57qu'on a rencontré un cheval
01:10:58et on a un âne
01:11:00ou quand il n'a plus
01:11:01les rayures du zèbre
01:11:02elles ne sont plus là
01:11:02et en fait
01:11:03ce qui se passe
01:11:04c'est que
01:11:05c'est la vraie personne
01:11:07un âne
01:11:07on peut encore monter dessus
01:11:08un zèbre
01:11:09ce n'est pas possible
01:11:10ah ouais
01:11:11ça va être compliqué
01:11:12oui mais il a des couleurs
01:11:15et il ne faut pas
01:11:16il faut accepter
01:11:17la personne
01:11:18que l'on a
01:11:18en ce moment
01:11:19moi quand j'ai une patiente
01:11:21qui me dit
01:11:22mais moi je ne comprends pas
01:11:23qui est cette personne
01:11:24je dis en fait
01:11:24cette personne
01:11:26elle est vraie
01:11:27elle est là
01:11:27oui ce qu'il faut
01:11:28qu'elle comprenne
01:11:29c'est que ce n'est pas
01:11:30la personne qui a changé
01:11:31c'est ses lunettes
01:11:32qui ont changé d'optique
01:11:33exactement
01:11:33ce n'est pas la personne
01:11:34et beaucoup de personnes
01:11:35veulent faire retourner
01:11:38la personne actuelle
01:11:39dans l'état
01:11:40où moi je l'avais imaginé
01:11:42au départ
01:11:42et c'est une course impossible
01:11:43c'est pour ça que je dis souvent
01:11:45dans un couple
01:11:46après l'état
01:11:48amoureux
01:11:49il y a une première déception
01:11:51qu'il faut surmonter
01:11:52sinon le couple
01:11:53ne peut pas tenir
01:11:53le deuil de la personne idéale
01:11:55mais c'est comme avec l'enfance
01:11:56c'est comme avec tout
01:11:57finalement on a des projections
01:11:59des représentations
01:12:00de ce qu'on attend
01:12:01et puis d'ailleurs
01:12:01en couple souvent
01:12:03ce qui fait qu'on se lasse
01:12:04c'est ce qui nous a attiré
01:12:05au départ
01:12:07c'est voilà
01:12:08oh il est fuyant
01:12:09ça c'est très féminin
01:12:10oui c'est très féminin
01:12:11je trouve ça beaucoup plus féminin
01:12:13que masculin
01:12:13le nombre de femmes
01:12:14qui me disent
01:12:16je le quitte
01:12:17parce que je ne supporte pas ça
01:12:18et alors que c'est ça
01:12:19qui l'avait plu au départ
01:12:21le côté séducteur
01:12:22par exemple
01:12:23c'est très féminin
01:12:24je trouve
01:12:25j'avais une patiente
01:12:26qui cherchait
01:12:26un homme
01:12:28qui avait ce côté séducteur
01:12:29en fait c'était incompatible
01:12:31avec le fait
01:12:31qu'elle voulait
01:12:32une relation longue
01:12:32et sérieuse
01:12:34ben oui
01:12:34et donc je lui ai dit
01:12:36on va changer
01:12:36le critère de départ
01:12:37on va aller vers des hommes
01:12:38qui ne sont pas séducteurs
01:12:40et elle a trouvé
01:12:41son bonheur
01:12:42mais ça a été compliqué
01:12:42parce que son premier réflexe
01:12:44c'est pas d'aller
01:12:45là où elle avait
01:12:46l'habitude d'aller
01:12:47en fait
01:12:48notre cerveau
01:12:49nous mène vers
01:12:50ce qu'il connaît
01:12:51et nous avec nos expériences
01:12:53on doit déterminer
01:12:53ce qui est bon pour nous
01:12:55ça veut dire que
01:12:56cette personne
01:12:56je la croise
01:12:57je fais sa connaissance
01:12:58et ça prend du temps
01:12:59de faire la connaissance
01:13:00d'une personne
01:13:00c'est pas un rendez-vous
01:13:02déjà de soi-même
01:13:04ben on n'a pas fini
01:13:06et donc en une date
01:13:07j'ai une idée
01:13:08voilà mais
01:13:09c'est important
01:13:10de faire la rencontre
01:13:11de la personne
01:13:12donc il y a plusieurs moments
01:13:13plusieurs lieux
01:13:14plusieurs circonstances
01:13:15et ensuite me poser la question
01:13:17c'est pas que cette personne
01:13:18est toxique ou pas toxique
01:13:19que cette personne
01:13:20est bien ou pas bien
01:13:21c'est est-ce qu'elle est bien
01:13:23pour moi
01:13:23ce qui est bien
01:13:24et ce qui est bon
01:13:25et c'est pas du tout pareil
01:13:26voilà
01:13:27et donc est-ce qu'on est
01:13:28compatible
01:13:29est-ce que cette personne
01:13:30va m'apporter ce dont
01:13:31j'ai besoin
01:13:32vous voyez des fois
01:13:33on veut des trucs
01:13:35mais c'est pas forcément
01:13:36ce qui est bon pour nous
01:13:37dans ce livre
01:13:38les trois secrets
01:13:39des couples qui durent
01:13:40vous donnez énormément
01:13:41de conseils
01:13:42Christian Richaume
01:13:43c'est aux éditions Solar
01:13:45au départ
01:13:46en fait la première règle
01:13:48ce serait d'accueillir
01:13:49les fragilités
01:13:50de chacun
01:13:51et c'est donc
01:13:52d'accepter de voir l'autre
01:13:53tel qu'il est
01:13:54et non pas tel
01:13:55qu'on aimerait qu'il soit
01:13:57et c'est ce qu'on vient
01:13:57d'écrire finalement
01:14:00on attend des fois
01:14:01que l'autre soit parfait
01:14:02alors que nous-mêmes
01:14:03on l'est pas
01:14:04donc c'est un peu
01:14:05d'humilité
01:14:05de se dire
01:14:06je le suis pas
01:14:06on parlait pour vous
01:14:08je le suis pas
01:14:09et du coup
01:14:11je dois accepter aussi
01:14:12les failles de l'autre
01:14:13mais bien sûr
01:14:14on va revenir
01:14:15dans un instant
01:14:16avec les deux autres secrets
01:14:18de ce livre
01:14:19de Christian Richaume
01:14:20vous restez avec nous
01:14:21bien sûr
01:14:21Sarah Barou
01:14:22parce que vous pouvez réagir
01:14:23et on se retrouve tout de suite
01:14:2614h-16h
01:14:27Brigitte Laé
01:14:28Sud Radio
01:14:29et nous allons conclure
01:14:31cette semaine
01:14:31avec Sarah Barou
01:14:32qui est avec nous
01:14:33je rappelle le titre
01:14:34de votre livre
01:14:35les hommes non plus
01:14:36n'aiment pas les cons
01:14:37et le féminisme
01:14:38ne se fera pas
01:14:39sans eux
01:14:39aux éditions
01:14:40Harper Collins
01:14:41et nous sommes également
01:14:43avec Christian Richaume
01:14:45vous êtes
01:14:46psychanalyste
01:14:46et thérapeute de couple
01:14:47et vous avez sorti ce livre
01:14:49les trois secrets
01:14:50des couples qui durent
01:14:51c'est aux éditions Solar
01:14:52c'est un livre assez complet
01:14:53sur tout ce qui fait couple
01:14:55et tout ce qu'il faut traverser
01:14:58pour réussir
01:14:59à faire du reste
01:15:00son couple
01:15:01on a parlé donc déjà
01:15:02des fragilités de chacun
01:15:03en deuxième secret
01:15:05vous vous dites
01:15:06construire ensemble
01:15:08jour après jour
01:15:09et là évidemment
01:15:10vous parlez de tout ce qui peut
01:15:12provoquer des tensions
01:15:13comme l'argent
01:15:15par exemple
01:15:15vous parlez évidemment
01:15:16du désir
01:15:17de la capacité
01:15:19à rester amants
01:15:20alors qu'on est parent
01:15:21de tout ça
01:15:26qui fait que
01:15:27ça fait beaucoup de choses
01:15:28qu'il faut arriver
01:15:29à concilier
01:15:30pendant des années
01:15:31un couple c'est une histoire
01:15:33et on a des contextes
01:15:34qui peuvent changer
01:15:36on est deux célibataires
01:15:37ensuite on se met ensemble
01:15:38ensuite on partage un quotidien
01:15:39ensuite il y a une répartition
01:15:41c'est l'argent
01:15:41l'argent c'est quand même
01:15:42la deuxième cause de séparation
01:15:44après l'infidélité
01:15:45et puis il y a
01:15:46un bouleversement
01:15:47si on a une famille recomposée
01:15:48ou il y a un enfant
01:15:49ça change un petit peu
01:15:50l'organisation
01:15:51ça change
01:15:52notre intimité
01:15:54et derrière
01:15:54cette réorganisation
01:15:55on doit être en mouvement
01:15:57ça veut dire
01:15:58on doit toujours être
01:15:59à l'écoute
01:15:59de ce couple
01:16:01je pose souvent la question
01:16:03à mes patients
01:16:04aujourd'hui vous en êtes où
01:16:05et c'était quoi
01:16:05le deal de départ
01:16:08pourquoi vous vous êtes rencontré
01:16:09et est-ce que
01:16:09le pourquoi vous vous êtes rencontré
01:16:11il est toujours là
01:16:14malgré tout ce qui vous est arrivé
01:16:15est-ce qu'il est toujours là
01:16:16et est-ce que vous l'entretenez toujours
01:16:18c'est pour ça que
01:16:19j'ai
01:16:19mais c'est vrai qu'on entend souvent
01:16:21vous devez l'entendre aussi
01:16:23c'est un couple
01:16:23qui se met ensemble
01:16:24avec le projet de fonder une famille
01:16:26et ensuite de construire la maison
01:16:28puis une fois que les enfants sont là
01:16:30la maison est construite
01:16:31il n'y a plus rien
01:16:32il n'y a plus de projet commun
01:16:33et ça c'est dramatique
01:16:35parce que si on n'a plus de projet commun
01:16:37on n'avance plus ensemble
01:16:38en fait
01:16:39et c'est pour ça que ces couples
01:16:40vous les trouvez en crise
01:16:41autour des 50-60 ans
01:16:42parce que en plus
01:16:43les enfants sont partis
01:16:44en plus
01:16:45il y a peut-être
01:16:46un des deux
01:16:46qui est à la retraite
01:16:49et on se retrouve tous les deux
01:16:50ça peut être angoissant
01:16:52donc c'est pour ça que
01:16:54on dit que professionnellement
01:16:56il faut préparer sa retraite
01:16:57et un couple ça se prépare
01:16:58et ça s'entretient
01:16:59vous êtes pour ou contre
01:17:01les bilans de couple
01:17:02Sarah, Christian
01:17:03les petits bilans qu'on fait
01:17:05que certains thérapeutes
01:17:07d'ailleurs conseillent
01:17:08alors moi je suis assez
01:17:10pour la remise en question
01:17:11quelle qu'elle soit
01:17:12donc peu importe l'outil
01:17:13moi personnellement
01:17:15j'ai jamais fait de bilan de couple
01:17:16mais en même temps
01:17:17j'ai pas eu beaucoup
01:17:18de relations extrêmement langues
01:17:20donc je vais consulter Christian
01:17:21dans pas longtemps
01:17:23mais à part le père de ma fille
01:17:25où le bilan n'aurait pas été possible
01:17:28bon c'est pas ma spécialité
01:17:30mais non non
01:17:31je suis tout à fait d'accord
01:17:34avec ce que vous dites
01:17:35c'est à dire que
01:17:36c'est un travail en fait
01:17:37un couple
01:17:38on a toujours tendance
01:17:40à se dire ça y est
01:17:41c'est l'amour
01:17:42à partir de maintenant
01:17:43on est ensemble
01:17:43c'est génial
01:17:44c'est parti
01:17:44en fait non
01:17:45c'est le début d'un travail
01:17:47et le couple
01:17:48est le troisième personnage
01:17:49de ce duo je dirais
01:17:50parce qu'il a son histoire
01:17:52qui doit être remise en question
01:17:53et là vous mentionnez
01:17:55des éléments qui arrivent aux deux
01:17:57mais quand il y a par exemple
01:17:58un des deux qui perd un parent
01:18:00il est seul à vivre ce deuil
01:18:03et il est dans une solitude imposée
01:18:07et c'est très dur pour l'autre en face
01:18:09il y a plein de situations
01:18:10où quelqu'un qui est renvoyé
01:18:12alors que l'autre ne l'est pas
01:18:13de son travail
01:18:14enfin voilà
01:18:15on traverse parfois des
01:18:17c'est justement le troisième secret
01:18:19traverser les tempêtes
01:18:20main dans la main
01:18:21dans ce livre
01:18:22c'est le troisième secret
01:18:23et on est en plein dedans évidemment
01:18:25parce que des étapes difficiles
01:18:28on en traversera tous
01:18:29c'est pour ça qu'on doit faire
01:18:30cette mise au point de notre couple
01:18:32comme on est quelque chose
01:18:33on est une histoire qui avance
01:18:35de temps en temps
01:18:36et assez régulièrement
01:18:37moi je propose dans mon livre
01:18:38plusieurs rendez-vous
01:18:39que l'on doit se fixer
01:18:41et généralement
01:18:42essayez si vous pouvez
01:18:43une fois par semaine
01:18:44de vous mettre à table
01:18:46avec votre partenaire
01:18:47et de vous poser la question
01:18:49comment tu te sens
01:18:50est-ce qu'il y a quelque chose
01:18:51que tu as mal perçu
01:18:54juste parce que
01:18:55les disputes naissent toujours
01:18:56de frustration ancienne
01:18:58et donc l'idée
01:18:59c'est de les purger
01:19:00le plus vite possible
01:19:00oui oui bien sûr
01:19:01de choses qui n'ont pas été dites
01:19:02parce qu'on s'est dit
01:19:03c'est pas très grave
01:19:04et puis ça se répète
01:19:05et puis à un moment donné
01:19:05le vase déborde
01:19:06et là vous avez
01:19:07tout le vase d'un coup
01:19:08pour une goutte
01:19:09et donc c'est difficile à gérer
01:19:10mais si on fait des petites
01:19:11mises au point de temps en temps
01:19:12autour d'un verre
01:19:13autour d'un repas
01:19:14et on se dit
01:19:14voilà comment tu te sens
01:19:16comment tu perçois les choses
01:19:17ce dont tu as envie
01:19:18est-ce qu'il y a quelque chose
01:19:20que j'ai fait
01:19:20et que tu as mal interprété
01:19:22ou que tu n'as pas aimé
01:19:24ou que je n'ai pas fait
01:19:24est-ce que toi
01:19:25tu as un peu changé
01:19:28dernière question essentielle
01:19:30puisque vous en parlez
01:19:31en plus dans ce livre
01:19:32et je pense que c'est quand même important
01:19:34à un moment donné
01:19:35d'aborder cette question
01:19:37qu'est-ce qu'on fait
01:19:38dans un couple
01:19:39est-ce qu'au bout
01:19:40d'un certain nombre d'années
01:19:41on discute
01:19:42sur l'exclusivité sexuelle
01:19:45est-ce qu'on n'en parle pas
01:19:46est-ce qu'on avoue
01:19:49j'adore ce terme
01:19:50son infidélité
01:19:52qu'est-ce que vous en dites
01:19:53Christian Richaume
01:19:54alors un couple
01:19:55c'est un mode d'emploi
01:19:57et c'est un mode d'emploi
01:19:58qui est défini au départ
01:19:59et il peut évoluer
01:20:00et donc peu importe
01:20:02le mode d'emploi
01:20:03que ce soit sexuel
01:20:04ou la façon dont on habite
01:20:05ou on vit
01:20:06c'est
01:20:06est-ce qu'on est d'accord
01:20:08est-ce qu'on est d'accord
01:20:09pour évoluer
01:20:10dans cette direction
01:20:11est-ce qu'il y en a
01:20:12un des deux
01:20:12qui veut faire cela
01:20:14ou autre chose
01:20:15est-ce que l'autre est d'accord
01:20:16et comment
01:20:17quelle est la limite
01:20:18de l'un
01:20:18et la limite de l'autre
01:20:19et comme c'est une co-construction
01:20:21c'est la plus petite limite
01:20:22qui l'emporte en fait
01:20:23mais c'est une négociation
01:20:24c'est un partage
01:20:25c'est-à-dire
01:20:26la plus petite limite
01:20:28imaginons que
01:20:29que dans un couple
01:20:30il soit deux
01:20:30et il y en a un
01:20:30qui soit ouvert
01:20:31vers une expérience à trois
01:20:34donc ça dépend
01:20:34de celui
01:20:35qui entend ça
01:20:37et comment il perçoit la chose
01:20:38et s'il est d'accord ou pas
01:20:41c'est-à-dire qu'on ne peut pas
01:20:41imposer
01:20:42une relation à trois
01:20:43à quelqu'un
01:20:43qui n'en veut pas
01:20:44d'accord
01:20:44c'est bien ce qui me semblait
01:20:46avoir compris
01:20:47mais je crois que c'était
01:20:47important quand même
01:20:48parce que
01:20:49la plus petite limite
01:20:50on aurait tendance à penser
01:20:51que c'est celui
01:20:53c'était pour ça
01:20:54que je voulais préciser
01:20:57oui
01:20:57et est-ce qu'on avoue
01:20:58son infidélité
01:20:59parce que parfois
01:21:00dans un couple
01:21:00moi j'ai mon avis
01:21:02mais c'est juste
01:21:03pour que les auditeurs
01:21:04entendent un autre avis
01:21:05que le mien
01:21:07quand il y a par exemple
01:21:08infidélité
01:21:09il y a parfois
01:21:09des thérapeutes
01:21:10qui disent
01:21:10mais il faut le dire
01:21:11parce que de toute façon
01:21:12l'autre le ressent
01:21:13d'une manière ou d'une autre
01:21:13donc il ne faut pas cacher ça
01:21:15qu'est-ce que vous dites
01:21:16parce que c'est un vrai sujet
01:21:18on est dans une période
01:21:19un peu de
01:21:19une époque où on pense
01:21:21que la transparence
01:21:21peut aider
01:21:23non
01:21:24je ne pense pas
01:21:24qu'on doit tout dire
01:21:26on ne doit pas mentir
01:21:27mais on ne doit pas tout dire
01:21:29ça va là pour la
01:21:29donc mensonge par omission
01:21:31c'est acceptable
01:21:32non c'est pas un mensonge
01:21:32ça veut dire
01:21:32c'est pas omission
01:21:33c'est pas que j'oublie
01:21:34c'est que
01:21:35il y a des réponses
01:21:36il y a des vérités
01:21:37que l'autre ne peut pas
01:21:38encaisser
01:21:39et donc prendre soin de ça
01:21:41c'est quand même
01:21:42assez important
01:21:43donc
01:21:44donc on appelle Brigitte Laé
01:21:45pour se déculpabiliser
01:21:47et avoir l'absolution
01:21:48et ne rien dire
01:21:49à son partenaire
01:21:50ah non justement
01:21:51parce que
01:21:53certains de mes patients
01:21:55restent dans la culpabilité
01:21:56parce qu'ils ne le disent pas
01:21:57mais c'est leur croix
01:21:58mais derrière
01:21:59le couple a avancé
01:22:00le couple a travaillé
01:22:01et
01:22:02l'autre ne le sait pas
01:22:03mais est-ce que c'est pas triste
01:22:04pardon
01:22:05il ne faut pas rester
01:22:06dans la culpabilité
01:22:07il faut se faire absoudre
01:22:08par quelqu'un
01:22:09par un thérapeute
01:22:09par un prêtre
01:22:10ou par moi
01:22:11est-ce que les couples
01:22:12doivent vraiment durer
01:22:13pardon je pose cette question
01:22:14mais
01:22:16je suis peut-être moi
01:22:17très fleur bleue
01:22:17je crois en l'amour
01:22:18je ne sais pas
01:22:20si l'amour et l'attachement
01:22:21ça se conjugue
01:22:22toujours très très bien
01:22:22je ne sais pas
01:22:23si les couples
01:22:24doivent forcément durer
01:22:25moi je trouve ça triste
01:22:26de porter une croix
01:22:27justement en couple
01:22:28mais je
01:22:28voilà
01:22:29et la culpabilité
01:22:31elle n'a jamais
01:22:32d'intérêt
01:22:33il ne faut jamais garder
01:22:34de la culpabilité
01:22:35je suis bien d'accord
01:22:35mais est-ce qu'il faut
01:22:36pour autant
01:22:37risquer de détruire le couple
01:22:39c'est pour ça
01:22:39que la culpabilité
01:22:40il faut aller en parler
01:22:41à quelqu'un
01:22:41qui va nous permettre
01:22:42de la
01:22:43lâcher quoi
01:22:44mais il y a
01:22:44il y a différentes personnalités
01:22:46et l'infidilité
01:22:47est vécue par les gens
01:22:48de façon différente
01:22:50aussi
01:22:50voilà
01:22:51et donc
01:22:52il n'y a pas de réponse
01:22:53il n'y a pas de réponse
01:22:54c'est que du cas par cas
01:22:54et oui
01:22:55je suis bien d'accord
01:22:56avec vous
01:22:56bon en tout cas
01:22:57c'est un livre
01:22:57tout à fait remarquable
01:22:59si vous voulez mieux comprendre
01:23:00où vous en êtes
01:23:01dans votre couple
01:23:02ça s'appelle
01:23:02les trois secrets
01:23:03des couples qui durent
01:23:04merci beaucoup
01:23:04Christian-Henri Chaum
01:23:05c'est aux éditions Solar
01:23:07Sarah Barouk
01:23:08merci
01:23:08c'était un plaisir
01:23:10de vous recevoir
01:23:10et bravo
01:23:11pour toutes ces réponses
01:23:13claires que vous avez données
01:23:14à tous ceux qui nous écoutent
01:23:16et votre dernier livre
01:23:17ça s'appelle
01:23:18les hommes non plus
01:23:18n'a pas les cons
01:23:19et le féminisme ne se fera pas
01:23:21sans eux
01:23:21c'est aux éditions
01:23:22Harper Collins
01:23:23tout de suite vous retrouvez
01:23:24Alexandre Dolovan
01:23:25pour C'est votre avenir
01:23:26comme ça vous saurez
01:23:27si votre partenaire vous trompe
01:23:28ou ne vous trompe pas
01:23:29et puis lundi
01:23:30nous serons avec
01:23:31Manuela Brault
01:23:32elle vient de sortir
01:23:33un très joli livre
01:23:34sur la résilience
01:23:34où elle parle évidemment
01:23:35beaucoup de Boris Cyrulnik
01:23:36et elle sera avec nous
01:23:38et on essayera de voir
01:23:39quels sont les meilleurs supports
01:23:40de résilience
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il y a 9 heures