00:01Dans quelques instants, nous débréferons la réunion de Kividwatch, la première réunion à la tête de la fête.
00:06Juste avant, on va vous donner quelques idées de valeurs pour garnir votre portefeuille action avec Philippe de Verdal.
00:11Bonjour Philippe.
00:12Bonjour Etienne.
00:12Merci d'être avec nous ce matin en plateau. Vous êtes gérant chez UZS Gestion.
00:16Et avec vous, on va revenir sur deux valeurs, Mersenne et Vision Group.
00:20Alors c'est vrai que Mersenne, c'est un petit peu la belle endormie qui s'est reprise d'une
00:23façon spectaculaire.
00:24Désormais, c'est un milliard de market cap. Ce seuil symbolique a été franchi ces derniers jours.
00:29Plus 85% depuis le début de l'année. Plus 100% depuis la fin du mois de mars.
00:34Qu'est-ce qui se passe là aujourd'hui sur Mersenne ?
00:36Mersenne, c'est une vieille histoire française de valeurs industrielles qui fait du graphite.
00:43Ce n'est pas un produit qui intéresse beaucoup. C'est un produit de haute performance.
00:48Ça a deux activités, Mersenne. Une activité qui utilise ce graphite qui a des caractéristiques très importantes pour servir l
00:56'industrie.
00:56Donc l'aéronautique, ça fait des freins pour les avions, l'éolien, le solaire.
01:04Beaucoup pour la fabrication de galettes de silicione, pour faire les fours.
01:08Donc ça, c'est la première activité. Ils s'appellent ça Addams Material, matériaux avancés.
01:13Et la deuxième activité, ce sont des fusibles ou des bus-bars pour protéger les réseaux électriques.
01:19Et Mersenne a eu une activité 2015 qui était un peu moyenne, légèrement en décroissance.
01:25Mersenne a annoncé la croissance, mais plutôt au S2, pour 2026.
01:32Et en fait, Mersenne a signé un assez bon premier trimestre, avec une croissance notamment de 8% dans cet
01:38électrique,
01:39très tiré par les data centers et justement l'IA.
01:43Et donc Mersenne a profité de ce flux qui s'est mis en bourse sur l'intelligence artificielle.
01:51Et ça crédibilise un peu le plan 2029 de Mersenne, qui dit qu'elle fera 1,7 milliard de chiffre
01:58d'affaires à horizon 2029.
02:00Elle est à 1,2 milliard en 2025.
02:02Quand on regarde le niveau de valorisation, ça se paye 19 fois 2026, 15 fois 2027.
02:08Donc, ce n'est pas donné pour une valeur industrielle.
02:12Est-ce que le consensus a encore un train de retard aujourd'hui par rapport à la tendance ?
02:16Je pense que le consensus a un petit train de retard, que le S2 devrait être très bon.
02:20Donc, comme on a eu un bon premier trimestre, on devrait avoir globalement une très bonne année 2026.
02:26Et ça crédibilise quand même le plan 2029, qui est assez significatif.
02:31C'est 1,7 milliard, donc c'est 40% de croissance.
02:33Donc, il faut se donner de la perspective pour avoir encore du potentiel de revalorisation.
02:41Je ne pense pas qu'on puisse redoubler à court terme.
02:45Mais si on se positionne à échéance plus longue, c'est quand même un leader mondial très bien positionné.
02:51Et très bien positionné partout dans le monde, parce que Mersenne fait un tiers de son chiffre d'affaires en
02:56Amérique,
02:57un tiers en Europe, un tiers en Asie.
02:59C'est un groupe français, mais il n'y a que 7% de chiffre d'affaires en France.
03:02Un groupe aujourd'hui qui est présent dans l'ESBF 120, c'est un peu un accomplissement quand même pour
03:07une semaine et demi de cap.
03:08Qui rentre la semaine prochaine dans l'ESBF 120.
03:10Voilà, donc Euronext l'a annoncé ces derniers jours.
03:14Alors, ce n'est pas encore le CAC 40.
03:16C'est sûr que pour l'instant, ça ne pèse qu'un milliard d'euros de capitalisation boursière.
03:20Quels sont les autres éléments à surveiller ?
03:22Parce qu'il y a beaucoup d'intelligence artificielle, mais il y a aussi un petit peu la vieille économie.
03:27Vous avez parlé du secteur aéronautique, ils sont également très présents dans le système ferroviaire.
03:32Bon, on n'est pas à l'abri également de mauvaises surprises sur ces activités-là.
03:36Le ferroviaire, il se tient plutôt bien.
03:39Ce qui souffre, c'est le solaire.
03:42Mersenne fabrique des éléments pour aider à fabriquer des panneaux solaires.
03:49Et ça, ça souffre pas mal.
03:50Le véhicule électrique souffre aussi un peu.
03:54Et au fond, Mersenne est très liée à l'investissement dans l'industrie.
03:57Et ça, ça pourrait être un facteur négatif.
04:02Mais c'est assez contrebalancé fortement par les investissements dans les data centers
04:07et sur les réseaux électriques, comme je l'ai dit tout à l'heure.
04:10Voilà donc pour Mersenne, qui est l'une des stars de l'année dans cet univers des small et mid
04:14-cap.
04:14À l'inverse, c'est beaucoup plus compliqué pour Vision, qui est là un peu une ex-star.
04:18Le titre a quand même perdu 50% depuis ses plus hauts historiques.
04:22Là, on est à moins 40%, moins 38, précisément, depuis le début de l'année.
04:25Qu'est-ce qui se passe sur Vision Group ?
04:27C'est l'ex-SES Ibagotag.
04:29Donc, Vision Group, c'est les étiquettes pour la grande distribution et les réseaux physiques.
04:34En plus des étiquettes, ils ont élargi leur offre.
04:37Il y a maintenant des caméras.
04:39Et donc, ça permet quand même à la distribution aux magasins physiques
04:43de se digitaliser et de faire des progrès très substantiels
04:47en termes de productivité et d'efficacité des vendeurs.
04:52Et donc, le grand changement de Mersenne, ça a été le contrat Walmart aux États-Unis.
04:57Alors, Mersenne, il ne faut pas oublier que c'était une histoire de croissance assez incroyable.
05:01Vision.
05:01Vision.
05:02Vision, ça faisait 111 millions d'euros de chiffre d'affaires il y a 10 ans.
05:08Ça a fait 1,5 milliard l'année dernière.
05:11Donc, une croissance, le chiffre d'affaires a été multiplié par 13.
05:15Alors, ce qu'on sait, c'est que l'exercice 2026 va être très bon.
05:18On a eu ce contrat Walmart qui s'est déployé depuis 3 ans
05:21et qui va continuer à se déployer en 2026.
05:25Et donc, Vision a donné une guidance de chiffre d'affaires entre 15 et 20%.
05:30Ça nous met à 1,8 milliard. 1,5 milliard l'année dernière.
05:33Et le 1,5 milliard, c'était quasiment 50% de croissance.
05:36Cette année, encore, entre 15 et 20, 1,8 milliard.
05:40La question, c'est qu'est-ce qui se passe en 2027 ?
05:43Et en 2027, on sait que le chiffre d'affaires aux États-Unis,
05:51qui cette année va être de l'ordre de 1,250 milliard,
05:54reviendra légèrement en dessous de 1 milliard.
05:56Et donc, cette histoire de croissance, est-ce qu'elle est en train de s'arrêter ?
06:00Vision nous dit non.
06:02Il nous dit non parce que je suis au cœur de la digitalisation des magasins
06:07et de l'omnicanalité.
06:10Et donc, Vision nous dit tout le marché américain doit s'équiper.
06:14Le marché américain est très peu équipé.
06:16Il y a à peu près 20% du marché qui est équipé.
06:19Et donc, Vision a vendu à peu près 500 millions d'étiquettes.
06:23Il en reste 3,5 milliards à aller capter.
06:26Alors, il y a de la concurrence.
06:27Mais comme c'est un leader, ils vont en capter une certaine partie.
06:31Et puis, sur le marché européen, et on l'a vu avec la signature de Carrefour,
06:36on est dans une phase de rééquipement.
06:38Et donc, Vision nous dit, je vais commencer à rééquiper le marché européen.
06:43Et donc, à moyen terme, j'ai des perspectives de croissance.
06:47Alors, le titre a tellement baissé qu'on a des niveaux de valorisation qui se sont comprimés.
06:50Désormais, ça se paye 13 fois l'exercice 2027.
06:53Là, pour le coup, ce n'est pas très cher pour une valeur de croissance.
06:56Il y a des interrogations.
06:57On a plusieurs fonds activistes qui ont mis en avant des problèmes comptables.
07:01Et puis là, aujourd'hui, et on le voit avec l'interview de Tim Cook
07:04dans le Wall Street Journal cette nuit, c'est les semi-conducteurs.
07:06Apple dit, on n'aura pas le choix, on va devoir augmenter nos prix.
07:09Là, on est dans le secteur technologique, d'une certaine façon.
07:12On regarde, j'imagine, de très près les coûts
07:15et comment, aujourd'hui, Vision va pouvoir répercuter ces hausses de coûts ?
07:19Vision, en fait, l'étiquette électronique, c'est l'entrée en relation
07:27avec le grand client qui est le grand distributeur, Walmart ou Carrefour.
07:32Mais au fond, après, Vision a beaucoup de data.
07:35Vision aide beaucoup ses clients à gérer leur retail média, etc.
07:40Et donc, au contraire, Vision est une entreprise technologique
07:45qui aide les grands distributeurs à gagner en productivité.
07:49Donc, on peut voir ça comme, justement, une source de perspective
07:53et de croissance pour Vision.
07:56Et avec la possibilité d'inflation, c'est évidemment un outil très important
08:02de pouvoir avoir des étiquettes électroniques qui changent les prix très vite
08:05par rapport aux étiquettes papier d'il y a 15 ans.
08:08Oui, ça, c'était notamment un argument très fort à la sortie de la pandémie
08:11où on a connu une vague inflationniste.
08:13Pour le coup, c'était un argument pour Vision.
08:15C'est un argument.
08:16Et alors, Vision, c'est aussi l'omnicanalité.
08:19Si on veut faire de l'Internet en parallèle du magasin physique,
08:24l'Internet, maintenant, on source la commande pour essayer de livrer très vite
08:30dans le magasin physique qui est proche du client Internet.
08:35Et ça, Vision aide à faire ça.
08:36Merci beaucoup, Philippe de Verdal, pour aujourd'hui ce focus sur Vision Group,
08:41donc l'ex-SES Imago Tag, et sur Mersenne,
08:44de Small Limit Cap que vous suivez de très près
08:46et vous détenez dans vos fonds chez Usage Gestion.
08:49Merci.
Commentaires