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En France, depuis 1994, il est interdit d'exposer des mineurs à du contenu pornographique. Un principe évidemment piétiné par l'arrivée d'Internet et des réseaux sociaux. Aujourd'hui, 10% des enfants de moins de 11 ans ont déjà consulté ce type de contenus. Leur vision du sexe est de fait déformée et traumatisante. En 2022, un rapport d'information du Sénat, "Porno, l'enfer du décor", alertait sur une industrie pornographique qui génère des violences systémiques envers les femmes et faisait du respect de l'interdiction aux mineurs une priorité. Depuis, la loi de 2024 a imposé aux sites porno de mettre en place un système de vérification de l'âge des utilisateurs. Est-elle respectée ? Efficace ? Contournée ? Avec des expert.es et la sénatrice Laurence Cohen, à l'origine du rapport sénatorial, Wendy Bouchard évalue la loi et alerte sur les ravages que cause la consultation du porno chez les jeunes. Année de Production :
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00:02Musique
00:15Bonjour à tous et bienvenue dans notre droit de suite consacré au danger du porno pour nos enfants.
00:21Depuis 1994, en France, il est interdit d'exposer nos mineurs à du contenu pornographique.
00:26Un principe pourtant piétiné par l'arrivée d'Internet et des réseaux sociaux.
00:30A tel point qu'aujourd'hui, 10% des enfants de moins de 11 ans ont déjà eu accès à
00:36ces contenus.
00:36Leur vision du sexe est de fait déformée et traumatisante.
00:41Voilà pourquoi le Sénat, en 2022, dans un rapport d'information, alerte les autorités sur l'urgence à agir.
00:48Nous voici à Paris, au cœur d'une association qui lutte justement contre ces comportements à risque.
00:53Vous allez entendre des invités engagés, investis sur ce sujet.
00:57Mais d'abord, voyez ce portrait d'un jeune homme addict au porno depuis l'âge de 11 ans.
01:02Clément Guillauneau, pour Public Sénat, l'a rencontré.
01:09La pornographie est entrée dans le quotidien de Louis Vianney alors qu'il sortait tout juste de l'enfance.
01:15Il n'est qu'en sixième lorsqu'il est confronté pour la première fois à une vidéo,
01:19en allant à un match de rugby avec ses camarades.
01:22À la fois gêné et curieux, il garde ça pour lui jusqu'en troisième,
01:26où il commence à son tour à consommer des contenus de plus en plus explicites.
01:31Donc au début, c'était vraiment qu'une fois de temps en temps.
01:34Et autour de la première, là, c'est devenu quand même très régulier, c'était quotidien.
01:38Et même, j'en arrivais même à être réveillé la nuit pour consommer du porno.
01:42On en veut toujours plus et on n'est pas capable de se contrôler.
01:44Donc moi, j'ai perdu ce contrôle quand j'étais en première.
01:46Et donc la première a été particulièrement difficile parce que je n'arrivais plus à m'arrêter.
01:52Et je passais toute la journée à penser au fait que j'allais avoir l'occasion d'en consommer le
01:56toit.
01:57Sa consommation de vidéos à caractère pornographique s'intensifie,
02:00jusqu'à ce qu'il en constate les premières conséquences négatives.
02:04Pour lui, comme pour les nombreuses personnes qui sont passées par cette dépendance,
02:08les impacts sur la vie sociale de ces vidéos dites pour adultes sont nombreux.
02:12« La vie sociale qui est affectée. Beaucoup disent, moi j'ai perdu l'envie d'aller passer des soirs
02:19avec des amis,
02:20j'ai perdu l'envie de sortir de chez moi. Et en fait, il y a une espèce d'isolement
02:23social qui se passe
02:24et ils finissent par rester chez eux. Et là, c'est là où il y a un engrenage de perte
02:28de vie sociale.
02:29Donc ils sont seuls chez eux, donc ils ont des moments propices pour consommer.
02:33Et donc ça leur fait du mal. Et en plus, du coup, il y a une certaine déprime qui apparaît.
02:37»
02:38Une fois majeure, sa consommation a continué à peser sur sa vie et a même conduit au divorce avec sa
02:43première épouse.
02:44Aujourd'hui, Louis Vianney a 30 ans. Il s'estime sevré de ce qu'il considère comme une véritable addiction.
02:50L'ingénieur en aéronautique a également rejoint l'association We Are Lovers
02:54pour faire de la prévention sur la pornographie auprès des jeunes
02:57et leur montrer qu'il est possible d'en s'en sortir,
02:59comme l'explique ce psychologue spécialiste des questions de sexualité.
03:03Comme tout lien de dépendance, ça se traite bien évidemment.
03:06Et heureusement, la question après, c'est est-ce que les adolescents vont faire cette démarche ?
03:10D'abord, de prendre conscience effectivement de cette dépendance
03:12et puis après, de se faire accompagner.
03:15Il existe des endroits, même des services téléphoniques, par exemple, dans un premier temps,
03:19pour essayer de prendre du recul vis-à-vis de ce qu'ils sont en train de vivre,
03:22de peut-être questionner aussi ce besoin irrépressible d'aller vers ces images pornographiques
03:27et puis surtout de retrouver une autre façon d'être dans un rapport à soi, dans un rapport à l
03:34'autre.
03:34Dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rendent régulièrement sur des sites pornographiques.
03:40Et j'accueille dans le droit de suite Laurence Cohen,
03:43qui comme sénatrice s'est battue sur ce sujet qui nous réunit aujourd'hui
03:47pour enquêter justement sur l'industrie du porno
03:51jusqu'à rédiger et soutenir ce rapport d'information en 2022
03:55avec le Sénat, le porno et l'enfer du décor.
03:58Bonjour Laurence Cohen.
03:59Bonjour.
04:00Qui alerte sur les effets de cette industrie, je le disais notamment pour les mineurs.
04:03Des témoignages de ce type, comme ce jeune homme que l'on vient d'entendre,
04:06j'imagine qu'à l'issue d'heures d'audition, vous en avez entendu à un certain moment.
04:11Bien sûr.
04:11Et c'est très important ce qui est souligné
04:13parce que d'abord, on voit que l'âge est précoce, de plus en plus précoce.
04:18Il faut savoir que la France est un des plus gros consommateurs de pornographie.
04:23C'est 19 millions de visiteurs par mois et parmi lesquels donc 2,3 millions de mineurs.
04:311,2 million de jeunes qui ont moins de 15 ans et 1,1 million, je crois, qui ont de
04:3815 à 18 ans.
04:39Et on voit que plus les jeunes assistent à des vidéos pornographiques,
04:45plus ils demandent des contenus violents, de plus en plus violents.
04:49Et ça a des conséquences sur leur psychisme, sur leur vie affective,
04:53sur des troubles de l'alimentation, des troubles du sommeil.
04:56Et ils voient finalement les femmes comme des objets sexuels passifs
05:00qui sont à la disposition de leur fantasme.
05:03Et la pornographie justifie la culture du viol,
05:05que moi, en tant que féministe, je combat.
05:08C'est-à-dire qu'on est là sur vraiment ce sur quoi repose finalement le système patriarcat.
05:12Ces chiffres que vous venez de nous donner, cette documentation hallucinante,
05:16elle vient justement de ce rapport d'information du Sénat.
05:18Vous avez mis des chiffres et des mots sur une réalité.
05:20C'est ça qui s'est passé en 2022 aussi ?
05:22Oui, c'est pour ça que j'ai dit qu'on a vraiment mis un pavé dans la marque.
05:25Et je dois saluer aussi le fait que notre rapport a été voté à l'unanimité.
05:31Laurence Cohen, à vos côtés, je salue Chloé Bordens, psychologue clinicienne.
05:36Bonjour, Chloé.
05:37Vous qui êtes référence au Centre Enfance et Adolescence du Chiffrape
05:41et qui accompagne justement cette addition à la pornographie.
05:44Vous avez à côté de vous une femme qui a mis avec d'autres sénatrices en lumière cette réalité.
05:49Et je voudrais que vous reveniez sur l'érotisation de cette violence.
05:52Est-ce que vous, clairement, cette exposition des jeunes au porno, vous la constatez ?
05:57Les jeunes regardent de la pornographie mainstream.
06:00C'est-à-dire que c'est la pornographie qu'on trouve sur Internet,
06:03qui est diffusée, piratée, sans contrôle.
06:06Et entre 40 et 70 % des premiers contacts sont involontaires.
06:12Donc la question, ce n'est pas est-ce que nos ados vont regarder du porno,
06:14c'est quand est-ce qu'ils vont tomber dessus.
06:16Un volontaire, ça veut dire quoi ?
06:17Un volontaire, ça veut dire des contenus piratés,
06:21un pop-up sur un site de streaming
06:23et du coup une ramification sur un site porno.
06:27Voilà, c'est extrêmement violent pour le psychisme d'un jeune,
06:31notamment d'un jeune pré-pubère.
06:33Et les contenus mainstream sont emprunts de violences,
06:38de toute gamme de violences.
06:39Et malheureusement, l'industrie pornographique n'a aucune limite.
06:43Ce sont des réalisations de choses qui seraient passibles de peine de prison dans la vie réelle.
06:48Donc les adolescents apprennent à s'exciter,
06:51ressentent du plaisir devant du contenu violent.
06:55Et ça crée comme une expérience chaotique de la sexualité, de soi.
06:59Donc je suis excitée et en même temps je suis dégoûtée.
07:02Et pour appréhender les choses,
07:05ils consomment de plus en plus du contenu de plus en plus trash
07:08puisqu'il y a un phénomène de tolérance,
07:10donc des besoins de plus en plus intenses en termes de contenu.
07:14Et il y a une vraie incorporation des scripts pornographiques.
07:19Quel âge ont les premiers patients que vous recevez
07:21qui se disent déjà addicts ou que vous ressentez déjà addicts au porno ?
07:25Alors généralement, on les reçoit quand l'addiction est déjà installée
07:28et qu'elle est grave.
07:29Il y a un tel niveau de banalisation entre les ados de ces contenus
07:33que souvent on les voit arriver quand il y a eu des passages à l'acte,
07:36par exemple des masturbations dans les lieux publics
07:38ou quand il y a eu des passages à l'acte dans les fratries
07:41puisque je suis tellement envahie de ce que je vois
07:43qu'en fait ma petite sœur est à côté et je perds le contrôle.
07:46Ils ont quel âge au premier patient ?
07:48Les plus jeunes peuvent avoir entre 10 et 11 ans.
07:51Donc jeunes.
07:52En France, on dit que l'âge de la première exposition est entre 9 et 11.
07:57Donc voilà, c'est des âges extrêmement précoces.
07:59Le cerveau n'est pas en capacité d'élaborer, de comprendre ce qui est en train de leur arriver
08:02et c'est comme un viol psychique.
08:05Ça va laisser des traces qui sont indélébiles s'il n'y a pas de prise en charge.
08:09Le problème, c'est que c'est une addiction qui est vécue dans la honte, dans le tabou
08:13et donc quand ils arrivent, généralement c'est bien installé.
08:15Oui, bien sûr. On va voir à l'issue de cette émission et au gré de cette émission
08:18comment on combat ces addictions avec les professionnels dont vous êtes.
08:22Laurence Cohen a des témoignages encore très forts.
08:25À quel moment est née pour vous la certitude que vous touchiez là du doigt,
08:30un angle mort quand même de la politique ?
08:32Nous avons pu voir au cours de notre travail en quoi c'était un angle mort
08:37et en quoi finalement c'était encore vécu comme quelque chose qui était normal,
08:44entre adultes, consentants.
08:46C'est là qu'on voit la perversité et le fait que l'industrie pornographique,
08:51c'est 90% de contenu violent qui pourrait être passible du pénal.
08:56C'est-à-dire que parce que c'est sur la toile, on peut tout se permettre.
09:00Mais quand on regarde de quoi il s'agit, on regarde des vidéos qui sont racistes,
09:05qui sont lesbophobes, qui finalement poussent à l'inceste, voire à la pédocriminalité.
09:12Quand vous voyez une femme, si elle a des nattes, elle est en petite jupe, etc.
09:17et c'est sugar daddy, il n'y a pas là à se poser de questions.
09:21On est bien sur l'inceste et donc dans la vraie vie, je dirais,
09:25eh bien c'est passible de peine.
09:28Alors face à ces dangers, y a-t-il un arsenal législatif à la hauteur ?
09:32La réponse est trois fois non, même s'il y a eu trois lois depuis 1994,
09:36puis 2004, puis 2024.
09:39On refait le point sur cette législation.
09:42En France, depuis la loi du 1er mars 1994,
09:46il est interdit d'exposer des mineurs à des contenus pornographiques.
09:50Mais au début des années 2000, Internet change la donne
09:53et les mineurs y sont massivement exposés.
09:56Première réponse en 2004,
09:58la loi pour la confiance dans l'économie numérique
10:01prévoit que les réseaux sociaux sont responsables
10:03des contenus illicites qu'ils diffusent.
10:05Mais 15 ans plus tard, sous le mandat d'Emmanuel Macron,
10:08le sujet n'est toujours pas résolu.
10:10On va maintenant, enfin, préciser dans notre code pénal
10:14que le simple fait de déclarer son âge en ligne
10:18ne constitue pas une protection suffisante
10:21contre l'accès à la pornographie des mineurs de moins de 15 ans.
10:2430 juillet 2020, sous l'impulsion du Sénat,
10:27la loi contraint les sites pornographiques
10:29à mettre en place un contrôle de l'âge de leurs visiteurs.
10:32Vous allez me dire, les sites, ils sont à l'étranger,
10:35on va en fermer un, il va s'en ouvrir deux dans la foulée.
10:38Peut-être, mais ce n'est pas une raison pour ne pas le faire.
10:41Nous avons la responsabilité de faire quelque chose.
10:44On ne peut pas accepter de dire on ne peut rien faire.
10:47Quatre ans plus tard, une nouvelle loi
10:48oblige les sites pornographiques à vérifier
10:50l'âge de leurs utilisateurs sous peine de sanction,
10:53allant jusqu'au blocage.
10:55C'est l'Arcom qui est chargé du contrôle.
10:57On va directement sur le site et en allant sur le site,
10:59on se rend compte souvent assez facilement
11:02que le contenu est de nature pornographique.
11:05Et donc, dans ce cas-là,
11:06il est censé être interdit aux mineurs
11:09et réservé aux adultes.
11:10Donc la deuxième étape, c'est tout simplement
11:12de vérifier si pour accéder à ces contenus,
11:15l'opérateur du site a mis en place
11:17un mécanisme de vérification de l'âge.
11:19La mise en place des systèmes de vérification d'âge
11:22sur les sites principaux
11:23et le blocage des plus grosses plateformes
11:25qui ne respectent pas la loi
11:26semblent avoir porté ses fruits.
11:27Même si les moyens de contournement sont nombreux.
11:31Les lois ont toujours des possibilités de contournement.
11:34Il y a la possibilité éventuellement d'utiliser un VPN,
11:38mais ça, on espère que ça n'est pas accessible aux plus jeunes.
11:42Et puis, le troisième problème,
11:44c'est la possibilité de se reporter
11:46sur des sites moins connus
11:48qui ne sont pas les premiers sur lesquels on a agi.
11:52Au total, on pense qu'il y a à peu près 14 000 sites pornographiques.
11:58Donc notre ambition n'est pas de réussir
12:00à avoir une action sur les 14 000 sites.
12:04Notre ambition, c'est au moins d'agir
12:05sur ceux qui sont le plus fréquentés
12:07pour limiter les dégâts
12:08et limiter la consommation de masse.
12:11Le nombre d'heures de visionnage de contenu pornographique
12:14par les 12-17 ans a chuté en un an,
12:17passant de 2,2 millions d'heures par mois en juillet 2025
12:20à 1,3 million en avril 2026.
12:24Laurence Cohen continue de nous guider dans l'endroit de suite
12:27sur ce sujet de société,
12:28sur l'impréparation législative en quelque sorte aussi.
12:31Et je vous présente, Laurence Cohen, Nicolas Rebaud,
12:33qui nous rejoint, avocat, expert en droit numérique
12:36et droit des médias.
12:37Bonjour, monsieur.
12:37Bonjour.
12:38On est avec vous pour parler justement
12:41de cette forme de lenteur législative.
12:441994, on le disait, 2004-2024.
12:47Est-ce que vous considérez, Nicolas Rebaud,
12:49que la loi de 2024, la dernière en date,
12:52a fait avancer drastiquement les protections
12:56avec des verrous numériques ?
12:57Est-ce qu'il y a des garde-fous
12:59qui vous semblent déjà un peu élaborés ?
13:01La loi de 2024, c'est la loi SRN,
13:03c'est une loi sécuritaire un peu fourre-tout,
13:05dans laquelle, en effet,
13:06on a commencé à mettre des garde-fous en disant,
13:08attention, maintenant, vous, les sites,
13:11les plateformes qui produisaient et diffusaient
13:14du contenu pornographique,
13:15vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.
13:16Il ne suffit pas juste de déclarer qu'on est majeur
13:18pour qu'on puisse accéder à vos contenus.
13:20Donc, la loi, elle a donné une certaine autorité,
13:23une certaine force de contraintes
13:25et de sanctions à l'ARCOM.
13:27Une des clés numériques,
13:28des clés de voûte, un peu de verrouillage numérique,
13:30c'est de dire,
13:31on ne peut accéder à vos contenus
13:33que si l'on met en place un verrou numérique,
13:36un verrou de reconnaissance faciale
13:38soumis au double anonymat.
13:40Le double anonymat, qu'est-ce que c'est ?
13:41C'est un verrou assez technique,
13:43c'est-à-dire que l'intermédiaire technique
13:44par lequel vous devez passer
13:45pour vérifier l'identité des personnes
13:48qui arrivent sur vous,
13:49doit vous anonymiser,
13:50c'est-à-dire qu'il ne sait pas
13:52pourquoi vous lui demandez
13:54de vérifier votre identité
13:55par une reconnaissance faciale,
13:57il ne sait pas à quel site vous accédez
13:58et ensuite, il donne l'information au site
14:02que la personne dont il a l'identité,
14:05mais il ne donne pas l'identité,
14:06est majeure.
14:06Et le site ne connaît pas
14:08le visage de la personne.
14:10Donc, on marche comme ça
14:12pour respecter quoi ?
14:13Eh bien, les données personnelles,
14:15le traitement des données personnelles
14:16qui, là encore,
14:17sont des principes protégés
14:18au niveau européen, au niveau français.
14:20Donc, on va comme ça
14:21enchevêtrer beaucoup de lois,
14:22beaucoup de principes
14:23et c'est vrai que c'est compliqué.
14:24Ça vous fait peut-être une belle jambe
14:25d'être reconnue facialement, oui,
14:27mais ça ne changera pas le contenu
14:28de ce qu'on va voir.
14:29Je veux dire que notre rapport de 2022
14:32a permis et a aidé
14:35et a conforté cette loi de 2024
14:38puisque nous demandions absolument
14:40très fortement parmi nos recommandations
14:43qu'il y ait donc l'empêchement
14:45pour les mineurs d'avoir accès
14:47à ce genre de site.
14:48Donc, là, il y a eu des dispositions
14:50qui ont été prises.
14:51Mais ce qu'il faut bien comprendre,
14:52c'est que l'industrie pornographique,
14:55c'est très juteux comme industrie.
14:57C'est la marchandisation des corps,
14:59traite des êtres humains
15:00et c'est 140 milliards de dollars
15:03qui sont engrangés.
15:05Donc, ce n'est pas rien du tout.
15:06Le législateur ne fait pas le poids, c'est ça ?
15:07On a vu qu'il y a une espèce
15:08de partie de ping-pong.
15:10C'est-à-dire, quand la loi de 2024 sort,
15:12il a fallu que le gouvernement
15:13prenne un arrêté en 2025
15:15pour dire, oui, effectivement,
15:18ça concerne les sites
15:19qui sont hébergés
15:20sur le territoire français,
15:22aussi au niveau européen.
15:24Et cet arrêté a été combattu
15:26bec et ongle
15:27par les plateformes.
15:29L'arrêté a dû être suspendu
15:31et c'est parce que
15:32le Conseil d'État est intervenu
15:34en le rétablissant
15:35qu'aujourd'hui,
15:36on peut s'appuyer
15:37sur cet arrêté.
15:38Et donc,
15:40même quand les plateformes
15:42sont hébergées
15:43hors de France,
15:44le droit français s'applique.
15:46Donc, ça, c'est vraiment
15:46très, très important.
15:48Et puis,
15:48le pouvoir de gendarme,
15:50en quelque sorte,
15:50donné à l'ARCOM,
15:52important,
15:52mais à condition de donner
15:53plus de moyens
15:54à l'ARCOM,
15:55parce que ça,
15:56c'est un boulot énorme.
15:57Et puis,
15:58quelque chose que je trouve
15:58intéressant aussi,
15:59à titre expérimental,
16:01la plateforme Pharos,
16:03qui est très interactive,
16:05de signalement,
16:06sur, normalement,
16:07tout ce qui est
16:10terrorisme, etc.,
16:11nous, on avait demandé
16:12à ce qu'il puisse aussi
16:13avoir une intervention
16:14au niveau des violences
16:15sexuelles, sexistes.
16:16Et là, j'ai vu
16:17qu'à titre expérimental,
16:19Pharos peut aussi
16:21bloquer un site.
16:22Nicolas Rebaud,
16:23vous êtes avocat
16:24expert en droits numériques.
16:25Est-ce que vous recevez
16:26des familles
16:27dont les enfants
16:28ont été exposés
16:29à ces contenus
16:30pour défendre,
16:32finalement,
16:32aujourd'hui,
16:33leur santé mentale ?
16:34Oui, tout à fait.
16:35C'est évident.
16:36Et puis, encore une fois,
16:37ces contournements,
16:39en effet,
16:39parce qu'on est
16:40dans l'univers numérique,
16:41sont faciles.
16:42J'ai envie de dire,
16:43il suffit que vous tapiez
16:44sur Google
16:46plateforme pornographique
16:47et mineure
16:47et vous allez tomber
16:48sur des sites
16:49qui vous proposent
16:50de vous faire un VPN,
16:52c'est-à-dire un serveur
16:53à l'étranger,
16:54comme si vous connectiez
16:55d'étrangers,
16:56pour justement avoir
16:56accès à ces plateformes
16:57comme si vous étiez
16:58à l'étranger
16:58et donc ne pas être soumis.
17:00Et ça, ça se fait
17:00en quelques clics ?
17:01En quelques clics.
17:02Et on vous explique,
17:03avec des sites
17:03complions sur eux,
17:04pas la peine
17:04d'aller sur le parcours.
17:05Donc, la double
17:06authentification faciale
17:07ne sert pas grand-chose ?
17:07Il y aura toujours
17:08une manière de contourner.
17:09Après, j'ai envie de dire,
17:10la loi, c'est très bien.
17:11La loi, c'est très bien.
17:12Il faut légiférer,
17:13mais à vouloir tout légiférer,
17:14à mon avis,
17:15on risque à un moment donné
17:15d'avoir un blocage.
17:16Il y a aussi un peu
17:17d'éducation des parents
17:19à faire pour ce genre de choses,
17:21pour avoir accès,
17:21ne serait-ce qu'à un écran,
17:23qui en effet est la porte ouverte
17:24à beaucoup de choses.
17:25Il y a des manières maintenant,
17:26il y a des possibilités
17:27de programmer
17:33des heures pilotables à distance.
17:35Donc, on a quand même aussi,
17:36avec la technologie,
17:37pas que des mauvaises choses,
17:38mais aussi des bonnes choses
17:39qui permettent aux parents,
17:40même si leurs enfants
17:41ne sont pas sous la main,
17:42ils n'ont pas sous la main
17:43d'un enfant,
17:43ils peuvent...
17:44Ce contrôle parental
17:45peut servir de garde-fou.
17:46Il peut servir en complément.
17:48On ne peut pas tout demander
17:49à la loi.
17:50Exactement,
17:50on ne peut pas tout demander
17:51à la loi.
17:51Évidemment, la loi ne peut pas
17:52tout réguler.
17:53On va parler d'éducation
17:54dans un instant, justement.
17:55Merci, Nicolas Rebeau.
17:57Laurence Cohen,
17:57vous restez avec nous.
17:58La reconnaissance faciale,
17:59reparlons-en,
18:00parce que c'est la plateforme Hazard
18:02qui la met en avant,
18:03notamment,
18:04des créateurs qui disent
18:05tout faire pour n'exposer
18:06à ces contenus
18:07que des majeurs.
18:09Ça, c'est la théorie.
18:10En principe,
18:10beaucoup de mineurs
18:11s'y trouvent exposés.
18:13Clément Guillaumeau
18:14a enquêté pour Public Sénat.
18:17Vous connaissiez peut-être
18:18Chatroulette,
18:19Omegle ou Bounty.
18:21Depuis quelques mois,
18:22Hazard est une des nouvelles
18:23plateformes de chat vidéo
18:24en ligne plébiscité
18:26par les jeunes,
18:27alors qu'elle est censée
18:28être interdite aux mineurs.
18:29Nous avons essayé
18:30de nous y connecter.
18:32Pour ça,
18:32rien de plus simple.
18:33En une seconde,
18:34notre visage est scanné.
18:36La plateforme semble confirmer
18:37que je suis majeur.
18:39J'ai accès au site.
18:40Ce jour-là,
18:41je ne tombe sur aucun contenu suspect.
18:43Pourtant,
18:44de nombreux mineurs
18:44semblent être présents
18:45sur la plateforme,
18:47tout comme des contenus sexuels
18:48se rapprochant
18:49de la pornographie.
18:50Contacté,
18:51Hazard diffère le nécessaire
18:53pour éviter ces dérives.
18:54Les contenus pornographiques,
18:56l'exposition sexuelle
18:57et les comportements
18:58à caractère sexuel
18:59sont interdits
18:59par nos règles.
19:00La vérification de l'âge
19:01est un défi majeur
19:02pour l'ensemble du secteur.
19:04Nous y avons consacré
19:05une attention renforcée
19:06ces derniers mois
19:07avec l'introduction
19:08d'un dispositif
19:09de vérification d'âge
19:10par estimation faciale
19:11en temps réel.
19:12Alors que les sites pornographiques
19:14semblent être
19:15de moins en moins
19:15accessibles aux mineurs,
19:16la confrontation des jeunes
19:18à ce type de contenu
19:19trouve d'autres canaux
19:20via ces chats en ligne.
19:21L'association
19:22e-enfance a été créée
19:23en 2005
19:24et lutte au quotidien
19:25contre le harcèlement
19:26et les violences numériques.
19:28Justine Atlan,
19:29la directrice générale
19:30de l'association,
19:31est inquiète
19:32face aux dérives
19:32de certaines plateformes.
19:34Ils vont y aller
19:35pour voir,
19:35ils vont tester,
19:36ça correspond à plein de besoins
19:37qu'ont les ados
19:37effectivement pour plein de raisons
19:38et donc nécessairement
19:40ils vont être exposés
19:41à l'inverse en face
19:41à des adultes
19:42qui eux adorent
19:43effectivement être
19:43plutôt dans une logique
19:44d'exhibitionnisme
19:45parce que ça sert à ça
19:46ces sites-là
19:47pour certains
19:48sans forcément
19:49avoir envie
19:50de tomber face à des mineurs
19:51et puis pour d'autres
19:51évidemment
19:52avec une volonté
19:53d'être face à des mineurs.
19:55Il est possible
19:55de signaler
19:56et de faire supprimer
19:57en quelques heures
19:58tout contenu
19:59et compte préjudiciable
20:00rencontré sur internet
20:01ou sur les réseaux sociaux
20:02en téléphonant
20:03au 3018.
20:05Et on retrouve
20:06Chloé Bornins
20:07pour terminer
20:08ce droit de suite
20:09avec l'ancienne sédatrice
20:10Laurence Cohen
20:11qui a pris donc ce sujet
20:12de l'exposition
20:13de nos enfants
20:14face au porno
20:15à bras-le-corps
20:16avec ce rapport d'information
20:17du Sénat.
20:18L'avocat le disait
20:19il y a quelques instants
20:19Chloé Bornins
20:20l'éducation familiale
20:23aussi à l'usage
20:24de ces réseaux
20:25et donc l'accès
20:26à ces contenus
20:27parfois extrêmement dangereux
20:29c'est une chose
20:30mais on n'a pas forcément
20:32de facilité
20:33à parler de ces sujets-là
20:35à nos enfants
20:36de cette exposition
20:37à des contenus pornographiques
20:38c'est assez tabou
20:38quand même encore.
20:40On n'a pas l'habitude
20:41d'en parler
20:41et puis pas aussi jeune
20:43et ça c'est très important
20:44puisque entre 9 et 11 ans
20:46il y a le premier contact
20:47qui irait parler
20:48à son enfant
20:49de 9 ans
20:49ou de pornographie
20:50et comment en parler
20:51quels mots on pose
20:52parce que l'idée
20:53c'est quand même
20:53qu'ils grandissent
20:54avec l'idée
20:54que la sexualité
20:55c'est quand même
20:55quelque chose de beau
20:56que c'est quelque chose
20:58d'intégré
20:58qui doit se vivre
20:59dans le consentement
21:00dans l'affectivité
21:01dans plein de choses
21:02mais c'est pas ce qu'ils vont voir
21:03et ça c'est peut-être
21:03le premier message à dire
21:04c'est tu vas tomber
21:06peut-être sur des images choquantes
21:07sache que ce n'est pas la réalité
21:08et tu peux m'en parler
21:10et ça c'est très important
21:11d'enlever le tabou
21:12donc ça c'est le premier point
21:13le deuxième point
21:14alors oui l'éducation
21:16mais le porno est partout
21:17il est ramifié
21:18sur tous les réseaux sociaux
21:19sur toutes les plateformes
21:20de messages
21:21il est dans les romans
21:22il y a toute une
21:23une lignée de romans
21:26qui s'appelle
21:26la dark romance
21:27qui arrive dans les bibliothèques
21:28pour jeunes filles
21:29extrêmement tôt
21:30avec des thèmes
21:31extrêmement crus
21:32extrêmement violents
21:32les livres physiques
21:33c'est des livres physiques
21:35les parents sont hyper contents
21:36de voir que leurs enfants lisent
21:37regardent pas forcément
21:37ce qu'il y a dedans
21:38et puis c'est d'une gravité inouïe
21:40donc peut-être qu'il faudrait
21:41plutôt éduquer à la sexualité
21:42et l'idée
21:43en tout cas ce qu'on porte
21:44au C-FRAP nous
21:44c'est le fait que la sexualité
21:46se vive en lien
21:47on n'a pas une sexualité
21:49qui est décorrélée de l'autre
21:50quand on envoie un message
21:52de soi toute nue
21:52à son copain
21:53et qu'il s'excite dessus
21:54et bien ça c'est pas du lien
21:56la guidance parentale
21:57c'est une chose
21:57mais Laurence Cohen
21:58quand on a des parents
21:59absents
22:00ou peu présents
22:01c'est aussi à l'éducation nationale
22:04de relayer les choses
22:05voilà peut-être
22:05pourquoi on a envie
22:06de vous entendre
22:07sur ces programmes
22:08d'éducation à la sexualité
22:09aujourd'hui
22:10dès l'école primaire
22:12que porte l'État
22:13avec le ministère
22:14de l'éducation nationale
22:15Tout à fait
22:16je pense que de toute façon
22:18parallèlement
22:18à ce que peuvent dire
22:19les parents
22:20il faut qu'il y ait
22:21une éducation
22:22à la vie affective
22:24et à la sexualité
22:25dès le plus jeune âge
22:26c'est prévu
22:27depuis très longtemps
22:28mais ça n'est pas
22:29mis en application
22:30il y a une grande
22:31disparité entre les territoires
22:32parce qu'il n'y a pas
22:33les moyens
22:34il faut qu'il y ait
22:35un investissement réel
22:37de l'État
22:38pour qu'il y ait
22:39des équipes
22:40qui soient réellement formées
22:41et qui soient en capacité
22:43d'éduquer
22:44au respect du corps
22:46au respect d'autrui
22:47au consentement
22:48voilà
22:49à toutes ces notions
22:50qui vont faire
22:51que les choses
22:52vont bouger
22:52dans la façon
22:53dont chacun
22:55se comporte
22:55avec l'autre
22:56en termes d'égalité
22:58entre les filles
22:58et les garçons
22:59et pour ma part
23:00je défends
23:00qu'il y ait
23:01une éducation
23:02à la sexualité
23:03de la maternelle
23:04à l'université
23:05je pense que ça passe par là
23:07c'est une histoire
23:08de prévention
23:09et plus vous faites
23:10les choses
23:11de manière précoce
23:13et plus vous évitez
23:14après
23:14tous les comportements
23:16qui peuvent être
23:16des comportements déviants
23:18mais aussi
23:18tous les traumatismes
23:19qu'on a pu voir
23:20tout au long de cette émission
23:22quand les enfants
23:23les jeunes
23:23sont soumis
23:24à des images
23:25qui sont violentes
23:27qui ne sont pas
23:27la réalité
23:28d'un plaisir partagé
23:30je vais vous poser
23:31une question
23:31un peu genrée
23:32mais est-ce qu'aujourd'hui
23:34les petits garçons
23:35ont besoin
23:35de plus d'attention
23:36et d'éducation
23:38sur ces sujets-là
23:39que les petites filles
23:40ce sujet
23:41je pense que tout le monde
23:42a besoin de beaucoup
23:42d'éducation
23:43puisqu'on remarque
23:45que l'industrie pornographique
23:46a créé des scripts
23:47et c'est ces scripts
23:48qui viennent infuser
23:50dans la sexualité
23:51des jeunes garçons
23:52comme filles
23:52on a des jeunes filles
23:53en consultation
23:54qui nous disent
23:54avoir accepté
23:55des rapports
23:56avec de la sodomie
23:57à 12 ans
23:58à 13 ans
23:59alors qu'elles ne sont pas
23:59en capacité physique
24:01psychique
24:01de pouvoir comprendre
24:02ce que ça veut dire
24:03et l'impact
24:04que ça peut avoir
24:04sur elles
24:05donc on a à la fois
24:07des jeunes filles
24:07qui vont se mettre
24:08dans des situations porno
24:09avec une imagination
24:11de ce que le partenaire
24:12attend
24:13et en même temps
24:14des garçons
24:14qui vont répéter
24:15des actes
24:16des violences
24:17il y a toute une pratique
24:19qu'on a vue apparaître
24:19qui est la pratique
24:20d'étranglement
24:21qui décuple
24:22l'intensité
24:23de l'orgasme
24:23et ça c'est des choses
24:25en fait
24:26le programme
24:26Evers notamment
24:27et là aussi
24:28pour mettre des repères
24:28sur ce qu'on fait
24:29et sur ce qu'on ne fait pas
24:30donc petit garçon
24:32oui
24:32mais aussi
24:33jeune fille
24:33petite fille
24:34dans ce qu'elles vont
24:35pouvoir vivre
24:36d'une sexualité
24:37épanouissante
24:38moi je l'ai constaté
24:39il y a des conséquences
24:41psychiques
24:42etc
24:42mais il y a aussi
24:43des demandes
24:45qui sont faites
24:46par des jeunes femmes
24:47et par des jeunes hommes
24:48parce que par exemple
24:49ils trouvent
24:50que les garçons
24:51vont trouver
24:51que leur pénis
24:52est trop court
24:53donc ils vont demander
24:54à être opérés
24:55pour allonger le pénis
24:57et les filles
24:57vont trouver
24:58que les lèvres
24:59de leur vulve
25:00ne sont pas
25:00comme l'actrice
25:02sur la foi
25:03de ce contenu
25:04donc on voit des choses
25:05et il faut qu'on soit
25:06dans la norme
25:07et la norme
25:08c'est le porno
25:09donc c'est ça
25:10qu'il faut déconstruire
25:11c'est ça
25:11et on mettra
25:11tous les garde-fous
25:12numériques du monde
25:13en place
25:14ça ne changera pas
25:15ce contenu
25:16s'il existe encore
25:17d'où l'intérêt
25:18de le disséquer
25:18quasiment
25:19ce contenu-là
25:20il faut le mettre
25:21à plat
25:21Chloé
25:22et dire
25:23ce qui va
25:24ce qui ne va pas
25:24ce qui est possible
25:25pas possible
25:25les valeurs de base
25:27avant il y avait
25:28des vidéos
25:28il y avait des cassettes
25:29c'était toute
25:29une pornographie
25:30très différente
25:31aujourd'hui
25:31avec l'essor
25:32des plateformes
25:33avec l'intelligence
25:34artificielle
25:34il y a des sites
25:35de chat
25:36où on peut se parler
25:36se dénuder
25:37avec une intelligence
25:39artificielle
25:39qui va répondre
25:40qui va alimenter
25:40le script
25:41en fait tout ça
25:42il faut que les parents
25:42soient au courant
25:43puisque aujourd'hui
25:44un jeune sur deux
25:45se construit avec du porno
25:47donc un adulte
25:47en devenir sur deux
25:49grandit
25:49se développe
25:50avec la pornographie
25:51comme modèle
25:52Bon
25:53ces chiffres sont très éclairants
25:54aussi
25:55et votre expérience
25:56l'est tout autant
25:56merci beaucoup
25:57Chloé Bornin
25:58et puis dernier petit mot
25:59Laurence Cohen
25:59parce que vous n'êtes
26:00plus sénatrice
26:01mais vous avez fait
26:01un travail admirable
26:03au Sénat
26:04vous continuez ce travail
26:05de terrain
26:05aujourd'hui
26:06quasiment au quotidien
26:07Écoutez
26:07quand on est
26:08une militante
26:09une militante féministe
26:10on continue à se battre
26:11là où on est
26:12donc effectivement
26:13non seulement
26:14dans des débats
26:15dans des colloques
26:16mais aussi dans des manifestations
26:17dans la rue
26:17pour faire avancer les choses
26:18et faire bouger la société
26:20et dans des émissions
26:20comme la Noire
26:21Merci beaucoup
26:22Merci beaucoup
26:23Merci chers téléspectateurs
26:25de suivre ces numéros
26:26de Droits de Suite
26:27et à très bientôt
26:28sur Public Sénat
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