- il y a 9 heures
Le 18 juin, la commission d’enquête du Sénat sur “l’excellence académique des universités françaises” auditionnait Fabrice Balanche, maître de conférences en géographie à l’Université Lyon-II. Quelques jours auparavant, la même commission d’enquête recevait Valérie Pécresse, ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (2007-2011). Le maître de conférences a été invité par les sénateurs à revenir sur le 1er avril 2025, lorsqu’il a été chassé de son amphithéâtre par des étudiants mécontents de ses prises de position. Il a dénoncé un militantisme politique croissant à l’université, parmi les étudiants et les enseignants, et une impunité pour les perturbateurs du cours. Quant à elle, Valérie Pécresse a défendu le besoin d'une deuxième édition de la loi sur les universités, afin de permettre au monde économique et à l’Etat d’avoir une meilleure place dans ces établissements d’enseignement supérieur. Année de Production : 2025
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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat.
00:00:13Pour suivre ce matin l'audition de Fabrice Balanche, il est professeur des universités à Lyon 2, par ailleurs élu
00:00:20Les Républicains.
00:00:21L'année dernière, en avril 2025, un de ses cours a été interrompu par une quinzaine de jeunes.
00:00:27Cette audition avait lieu hier dans le cadre de la commission d'enquête du Sénat sur la capacité des universités
00:00:33françaises à garantir, je cite,
00:00:35« l'excellence académique du service public de l'enseignement supérieur ».
00:00:39Mes chers collègues, nous avons le plaisir d'accueillir cet après-midi M. Fabrice Balanche.
00:00:46Vous êtes maître de conférence en géographie à l'université de Lyon 2.
00:00:50Merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:00:54Quelques mots sur cette commission d'enquête.
00:00:57Elle a été instituée à l'initiative du groupe Les Républicains qui en a confié le rapport à notre collègue,
00:01:05la sénatrice Laurence Garnier.
00:01:08Son objectif est d'évaluer l'état de notre système universitaire et de réfléchir aux conditions permettant de conforter son
00:01:15niveau d'exigence académique et son rayonnement.
00:01:17Vous êtes maître de conférence à l'université Lyon 2.
00:01:24Vous êtes un spécialiste reconnu du Proche-Orient.
00:01:29Vous exercez depuis de nombreuses années des fonctions d'enseignement et de recherche au sein de l'université française.
00:01:37Et vos travaux académiques sont reconnus et vos prises de position publiques sur l'évolution de l'enseignement supérieur aussi.
00:01:45Et c'est plutôt là-dessus que sur le Proche-Orient que nous allons vous interroger.
00:01:50Mais peut-être qu'on pourra envisager une autre commission sur ce que vous pensez,
00:01:54notamment de l'archéologie française à l'étranger, qui est un facteur important du rayonnement de l'excellence française.
00:02:05Ce que nous aimerions, c'est que vous nous fassiez par ici de votre ressenti,
00:02:11par rapport aux conditions d'exercice de votre métier, du fonctionnement des établissements universitaires,
00:02:19mais aussi sur la place de certaines controverses idéologiques dans le débat académique au sein des universités.
00:02:28Malheureusement, nous le savons tous, que votre expérience personnelle vous a récemment...
00:02:35Vous avez été confronté à des contestations de votre cours alors que vous vous enseignez.
00:02:43Et ça a conduit votre établissement à vous accorder la protection fonctionnelle.
00:02:50Nous aimerions à ce titre que vous nous disiez un peu quel est votre sentiment sur la liberté académique en
00:02:56général
00:02:56et le niveau de protection des enseignants dans l'exercice de leur mission de service public.
00:03:03Ce que je vous propose, c'est que vous nous fassiez un propos liminaire d'environ 10 à 15 minutes
00:03:14et que ensuite, notre collègue, la rapporteure Laurence Garnier, vous interroge sous forme de questions-réponses.
00:03:23Et puis, le régional de l'étape, le sénateur du Rhône, il pourra aussi poser des questions s'il le
00:03:35souhaite.
00:03:36Avant, je suis obligé de procéder aux formalités d'usage que vous connaissez d'enquête, que vous connaissez, pardon.
00:03:44Et je vous rappelle qu'un faux témoignage devant cette commission est passible des peines prévues
00:03:47aux articles 434-13-14-15 du Code pénal.
00:03:51Et je vous invite à prêter serment de dire toute la vérité et rien que la vérité
00:03:56en levant la main droite et en disant « Je le jure ».
00:03:58Je le jure.
00:03:59Merci. J'ai pris acte de votre serment.
00:04:02Et je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt personnel
00:04:07en relation avec l'objet de notre commission d'enquête.
00:04:09Je suppose que vous n'en avez pas.
00:04:11Oui, non.
00:04:12Merci.
00:04:12Je vous informe enfin que cette audition est filmée et diffusée en direct sur le site internet du Sénat.
00:04:23Je vous cède la parole pour un propos liminaire.
00:04:25Merci, M. le Président.
00:04:27Merci à la commission de m'avoir invité pour témoigner.
00:04:30Donc, effectivement, j'ai été recruté à l'université en 2007, à Lyon 2.
00:04:35Ça fait bientôt 20 ans.
00:04:37Auparavant, j'ai été pensionnaire à l'Institut français du Proche-Orient, justement, à Beyrouth.
00:04:43Un peu avant, à Damas, pour faire ma thèse.
00:04:45Et puis, j'ai également enseigné 5 ans dans l'enseignement secondaire,
00:04:50avant d'être intégré à l'université, donc dans les années 90,
00:04:52puisque je suis aussi agrégé de géographie.
00:04:55Je suis passé l'agrégé en 1995.
00:04:58Ce qui me donne aussi du recul par rapport à l'enseignement secondaire,
00:05:05puisque c'est quand même lui qui nous fournit, justement, les étudiants.
00:05:07Et ça explique aussi beaucoup des dysfonctionnements, évidemment, au sein de l'université.
00:05:13Donc, ça fait à peu près 20 ans que je suis maître de conférence.
00:05:19En 20 ans, j'ai noté, évidemment, une baisse de niveau absolument incroyable des étudiants.
00:05:23C'est-à-dire que les cours que je faisais en première année,
00:05:25j'ose à peine aujourd'hui les faire en troisième année de licence.
00:05:29J'ai noté également un absentéisme incroyable dans les cours magistraux, aujourd'hui.
00:05:35Des dispenses qui se multiplient dans les TD, surtout pour des motifs de travail,
00:05:40parce qu'effectivement, les études coûtent cher, notamment le logement.
00:05:46Et en ce qui concerne l'Union 2, je vois bien que la majorité de mes étudiants ont un travail
00:05:52à mi-temps.
00:05:54D'autres habitent chez leurs parents, à Bourg-en-Bresse, Bourgouin, Belleville,
00:05:59parce qu'ils ne peuvent pas se payer un logement à Lyon.
00:06:02Donc, ça les oblige à faire des allers-retours entre l'université et leur domicile.
00:06:06Alors, les cours qui commencent à 8h ou qui finissent à 18h,
00:06:10ils évitent parce que ça les fait rentrer à des horaires impossibles chez eux.
00:06:16Et donc, le fait que ces étudiants travaillent,
00:06:21ils travaillent aussi parce qu'ils voient leur emploi du temps, 15-20 heures de cours par semaine,
00:06:26concentrés sur en gros 6 mois, parce qu'on commence les cours mi-septembre,
00:06:28on finit mi-décembre, on reprend fin janvier, on arrête mi-avril.
00:06:35Bon, il y a les périodes d'examen, etc.
00:06:36Mais enfin, c'est quand même concentré, on dit des semestres,
00:06:40mais c'est plutôt concentré sur deux trimestres.
00:06:42Donc, ça leur laisse du temps et ils pensent qu'ainsi,
00:06:45ce temps, ils vont pouvoir le combler en travaillant.
00:06:49Ils oublient évidemment la somme de travail qu'il y a à fournir à l'université
00:06:54et ils ne lisent plus, ils n'ont pas le temps, ils n'en voient pas l'intérêt.
00:07:00Et donc, ça conduit évidemment à une chute de niveau absolument incroyable,
00:07:05surtout aussi parce que les bons étudiants,
00:07:07ceux en plus qui ont des parents qui sont souvent enseignants,
00:07:10donc qui sont initiés aux arcanes de l'enseignement,
00:07:14eux, ils choisissent d'aller en classe prépa après le bac.
00:07:17Non pas pour intégrer NormalSup, parce que quand on fait une prépa à Vesoul
00:07:20ou même à Besançon, on sait qu'on n'intègrera pas NormalSup.
00:07:25Mais on évite ainsi le premier cycle de l'université,
00:07:28puisque si on cube, on a l'équivalent d'une licence
00:07:31et on entre directement en master, en plus avec un niveau bien supérieur
00:07:36à celui des étudiants de premier cycle,
00:07:39qui ont fait leur premier cycle à l'université.
00:07:41Donc tout ça, ça conduit vraiment à tirer vers le bas,
00:07:43si vous voulez, en tout cas en sciences humaines et sociales
00:07:45et sciences politiques, ce que je connais,
00:07:47pour les sciences dures, la médecine, tout ça c'est différent,
00:07:49même le droit c'est différent,
00:07:50mais dans mes matières, on sent vraiment que le niveau est tiré vers le bas.
00:07:54Ce qui fait que pour les enseignants,
00:07:56pour les enseignants-chercheurs,
00:07:58si vous voulez, l'écart est-il entre le niveau d'exigence
00:08:01qu'on nous demande pour être enseignant-chercheur,
00:08:03une thèse, une HDR, des articles, des publications, etc.,
00:08:07et qu'on se retrouve avec des étudiants,
00:08:08je ne vais pas dire un alphabète,
00:08:09mais enfin, qui ont quand même un niveau extrêmement léger,
00:08:12peu de culture générale, peu d'appétence au travail, etc.
00:08:15Donc vous avez un espèce de blouse qui se développe,
00:08:18évidemment, chez les enseignants-chercheurs.
00:08:22Ils essaient, beaucoup essaient d'échapper au premier cycle
00:08:25pour ne se concentrer, concentrer leurs services sur les masters,
00:08:28ou de demander des congés, des CRCT pour faire de la recherche,
00:08:32enfin, finalement, d'échapper à l'université.
00:08:37Vous avez un système administratif qui s'est complexifié,
00:08:40mais d'une façon incroyable.
00:08:42Quand vous proposez un cours,
00:08:44il faut déposer les modalités de contrôle des connaissances
00:08:48un an à l'avance,
00:08:49parce que ça doit être voté par le conseil du FR,
00:08:53ça doit passer par la commission ACFVU,
00:08:56enfin, etc.
00:08:58C'est quasiment s'il ne faut pas donner les questions à l'avance
00:09:00pour que ça soit validé.
00:09:02Et ensuite, une fois que c'est inscrit dans le marbre,
00:09:04ce n'est plus possible de changer.
00:09:05Et si vous changez, vous prenez un recours
00:09:07de la part des étudiants,
00:09:09parce qu'ils sont devenus extrêmement procéduriers,
00:09:13également.
00:09:14Donc c'est un système
00:09:15qui est devenu extrêmement rigide,
00:09:17extrêmement complexe,
00:09:20et qui souffre finalement de dysfonctionnements continuels.
00:09:25Les universités,
00:09:27en tout cas la mienne,
00:09:29a tendance à refuser les logiciels
00:09:32qui se trouvent sur le marché,
00:09:33plutôt pour des raisons idéologiques,
00:09:34et à favoriser les logiciels libres.
00:09:36Donc on fait des programmes
00:09:38qui reposent sur la compétence
00:09:40d'un ingénieur informatique
00:09:41ou d'un technicien local,
00:09:43mais une fois qu'il est parti,
00:09:44on ne sait plus comment faire tourner le logiciel.
00:09:46Donc vous avez des couacs en permanence
00:09:52pour les réservations de salles,
00:09:53pour la gestion des notes, etc.
00:09:56Enfin c'est assez infernal.
00:09:58J'ai des collègues qui refusent
00:09:59quand on fait des réunions, par exemple,
00:10:01qu'on utilise Doodle parce que c'est commercial,
00:10:03parce que vous avez des blocages idéologiques
00:10:06qui nous compliquent aussi la vie.
00:10:08Et puis, le gros problème qu'on rencontre
00:10:11depuis cinq ans,
00:10:12depuis le Covid,
00:10:13et la phase d'inflation qu'on a eue,
00:10:17après le Covid,
00:10:19où les salaires du personnel administratif,
00:10:22notamment les secrétaires de scolarité,
00:10:24enfin toutes ces petites mains
00:10:25qui font tourner la machine,
00:10:26ces salaires,
00:10:27ils n'ont pas été réévalués énormément.
00:10:30Donc avec un SMIC,
00:10:31ou un peu plus qu'un SMIC,
00:10:34ce n'est pas très attractif
00:10:35vu la charge de travail que vous avez.
00:10:38Et donc on a le personnel administratif,
00:10:41finalement, le plus qualifié,
00:10:43qui file vers la fonction publique territoriale,
00:10:46et on se retrouve à l'université
00:10:48avec de moins en moins de personnels administratifs
00:10:51titulaires, correctement payés,
00:10:54investis,
00:10:55au profit de gens qui sont en contrat
00:10:57à durée déterminée.
00:10:59Alors le temps de les former,
00:11:01justement, à toute cette complexité de l'université,
00:11:03etc.,
00:11:04ils sont déjà partis.
00:11:06Et donc on se retrouve,
00:11:08vous avez votre secrétaire de scolarité
00:11:10en licence
00:11:12qui est partie au rectorat
00:11:14ou qui est partie ailleurs
00:11:15parce qu'elle est mieux payée
00:11:17grâce aux primes,
00:11:18grâce à un avancement
00:11:19qui est pris en compte
00:11:20alors qu'à l'université,
00:11:21elle stagne depuis des années.
00:11:23Eh bien, on la comprend,
00:11:25elle s'en va,
00:11:25remplacée par quelqu'un
00:11:26qui est en contrat à durée déterminée,
00:11:29qui ne va pas s'investir
00:11:31de la même façon
00:11:31et puis du coup,
00:11:33la formation s'effondre
00:11:34ou alors les enseignants-chercheurs
00:11:36s'arrachent les cheveux
00:11:37parce que pour rentrer les notes,
00:11:38pour les emplois du temps,
00:11:39pour tout,
00:11:40c'est devenu la catastrophe.
00:11:43Vous savez,
00:11:43quand dans des laboratoires de recherche,
00:11:45quand vous n'avez plus de secrétaire,
00:11:48c'est vite la panique.
00:11:49Eh bien, ça se passe aussi à l'université
00:11:52et de façon vraiment
00:11:56de plus en plus importante
00:11:58parce que les salaires
00:12:01des cadres C,
00:12:03des cadres B
00:12:04sont vraiment très faibles.
00:12:07En province,
00:12:08bon, vous survivez,
00:12:09j'ose pas imaginer
00:12:09ce que c'est à Paris.
00:12:12Et puis,
00:12:13vous avez la centralisation
00:12:15de beaucoup de tâches,
00:12:16de beaucoup de tâches
00:12:17qui étaient entre les mains
00:12:19des facultés
00:12:19et qui sont passées aujourd'hui
00:12:21dans les services centraux
00:12:22des universités.
00:12:24Les présidents de l'université
00:12:25ont eu tendance
00:12:26à vouloir tout centraliser
00:12:28autour d'eux.
00:12:29et du coup,
00:12:30il y a un éloignement
00:12:31entre la prise de décision
00:12:33et puis la réalité finalement
00:12:35des facultés.
00:12:37Ce qui crée des couacs
00:12:39incroyables
00:12:40parce que c'est quand même mieux
00:12:42d'avoir une secrétaire
00:12:43en face de soi
00:12:43pour régler les problèmes de salle,
00:12:45pour régler les problèmes
00:12:46de scolarité
00:12:47qu'en envoyer un mail
00:12:49à des services centraux
00:12:50qui ne vous connaissent pas
00:12:51et qui vous répondent
00:12:52par e-mail.
00:12:54Donc là,
00:12:55tout ça,
00:12:56ça fait que
00:12:57beaucoup de gens
00:12:58sont en souffrance
00:12:59et qu'on ne trouve plus
00:13:00personne aujourd'hui
00:13:01parmi les enseignants-chercheurs,
00:13:03par exemple,
00:13:03pour assurer des tâches
00:13:04administratives.
00:13:05Responsable de licence,
00:13:06responsable d'années,
00:13:07responsable...
00:13:08C'est devenu ingérable
00:13:09et vous perdez votre temps
00:13:11à ces tâches administratives
00:13:13au détriment de votre recherche,
00:13:15au détriment des cours aussi,
00:13:16mais au détriment de la recherche
00:13:19qui est quand même
00:13:20ce pourquoi on s'est engagé
00:13:21dans l'enseignement supérieur
00:13:24et puis la recherche
00:13:26qui permet votre promotion.
00:13:28Vous avez le nombre d'articles,
00:13:29de bouquins
00:13:29qui vont vous permettre
00:13:30de passer,
00:13:30de mettre de conf à prof,
00:13:31d'avoir la hors-classe,
00:13:33etc.
00:13:34Donc le paradoxe,
00:13:35c'est que ceux
00:13:35qui s'investissent
00:13:36dans les tâches administratives,
00:13:37dans l'enseignement,
00:13:38etc.
00:13:38En fait,
00:13:39c'est les perdants du système
00:13:40puisque c'est évalué
00:13:42uniquement sur la recherche.
00:13:45Donc ça commence pas mal
00:13:48à peser.
00:13:50Bon, je pourrais développer
00:13:52évidemment là-dessus.
00:13:57Sur la sélection
00:13:58à l'entrée de l'université
00:14:00sur les premiers cycles,
00:14:01est-ce qu'ils doivent être...
00:14:02Est-ce qu'on doit avoir...
00:14:03Est-ce que les étudiants
00:14:04doivent avoir accès ?
00:14:05Ben non.
00:14:05Et non,
00:14:06il faut introduire
00:14:06une sélection
00:14:07à l'université.
00:14:08Bon, je sais que c'est
00:14:08un vieux débat
00:14:09depuis Devaquet,
00:14:10depuis 1986.
00:14:13Mais à l'époque,
00:14:14moi,
00:14:14quand j'ai passé le bac
00:14:16en Haute-Saône,
00:14:17à Lure,
00:14:17on était à peine 20%
00:14:18d'une classe d'âge
00:14:19à avoir le bac
00:14:20et le bac
00:14:20était vraiment un diplôme
00:14:21qui vous permettait
00:14:22de suivre vos cours
00:14:23à l'université.
00:14:24Donc quand on a voulu
00:14:24introduire la sélection
00:14:25à l'entrée de l'université
00:14:26à cette époque,
00:14:27c'est vrai que
00:14:28c'était pas...
00:14:30Comment dire ?
00:14:31Mais aujourd'hui,
00:14:31vu qu'on est
00:14:32à 80% de gens
00:14:34qui ont le bac
00:14:35et notamment
00:14:36des bacs techniques
00:14:36qui vous permettent
00:14:37de rentrer à l'université
00:14:38alors que vous n'avez pas
00:14:39du tout le niveau,
00:14:40là, ça ne va plus du tout.
00:14:42Surtout que les filières
00:14:43courtes BTS et UUT,
00:14:44elles, elles sont sélectives.
00:14:45Alors que l'université
00:14:46qui est une filière longue,
00:14:47elle ne l'est pas.
00:14:48Donc il y a quand même
00:14:49un souci.
00:14:51Donc on a des étudiants
00:14:52qui traînent
00:14:53en première année.
00:14:54Les plus lucides,
00:14:55évidemment,
00:14:56essaient de se réorienter
00:14:57à l'issue de la première année.
00:14:58Et puis d'autres,
00:14:59je dirais,
00:15:00c'est tout complaise
00:15:00dans la médiocrité.
00:15:01Et puis grâce aux options,
00:15:03à la musculation,
00:15:05chinois grand débutant
00:15:06ou portugais grand débutant
00:15:08pour des gens
00:15:08qui sont lusophones,
00:15:10ils arrivent finalement
00:15:10à avoir leur licence quand même.
00:15:12Donc ça,
00:15:13ça pose des soucis.
00:15:14Puis ensuite,
00:15:14ils accèdent au master
00:15:15puisque tout le monde
00:15:16a droit à un master.
00:15:18Parce qu'il n'y a même
00:15:18plus de sélection maintenant.
00:15:19Enfin,
00:15:19il y a des masters
00:15:20qui sont sélectifs.
00:15:21mais vous devez proposer
00:15:26aux 100 masters
00:15:283, 4 masters différents
00:15:31pour qu'ils puissent poursuivre
00:15:32à Bac plus 5.
00:15:34Donc là,
00:15:34même là,
00:15:35vous pouvez avoir
00:15:36un Bac plus 5
00:15:36sans souci.
00:15:38Donc là,
00:15:39il faut vraiment,
00:15:40à mon avis,
00:15:40introduire la sélection.
00:15:41Alors,
00:15:41Parcoursup le permet
00:15:43puisque certaines universités
00:15:45introduisent
00:15:47des critères de sélection
00:15:49à l'entrée
00:15:50en première année.
00:15:52Mais alors là,
00:15:53se pose le dilemme
00:15:55de la soutenabilité
00:15:56de vos formations.
00:15:56Des universités
00:15:58qui sont un peu chancelantes,
00:16:00qui sont victimes
00:16:00de la baisse démographique,
00:16:03vont tendance
00:16:04à faire justement
00:16:05sauter les critères
00:16:06de sélection
00:16:07pour avoir des étudiants
00:16:10et remplir les filières.
00:16:12Et surtout,
00:16:13les filières
00:16:13qui sont en souffrance
00:16:14en sciences humaines
00:16:15et sociales,
00:16:16histoire de l'art
00:16:17ou des choses comme ça.
00:16:23C'est un mauvais service
00:16:25qu'on rend aux gens,
00:16:26aux étudiants,
00:16:26parce qu'on les maintient
00:16:27dans des filières
00:16:28où finalement,
00:16:29il y a peu
00:16:29d'employabilité
00:16:31à la sortie.
00:16:33On les berce d'illusions
00:16:35et puis à la sortie,
00:16:36ça fait des gens
00:16:36qui sont frustrés,
00:16:37qui sont amers
00:16:38et qui se disent
00:16:39finalement,
00:16:40j'aurais mieux fait
00:16:40d'aller en BTS,
00:16:41j'aurais mieux fait de...
00:16:42Ben oui,
00:16:42mais il est trop tard,
00:16:43ils ont 23, 24 ans.
00:16:45Donc c'est un mauvais service
00:16:46qu'on leur rend.
00:16:47À un moment donné,
00:16:47il faut dire,
00:16:48écoutez,
00:16:49non,
00:16:49vous n'avez pas le niveau,
00:16:50vous ne pourrez pas aller
00:16:51à l'université,
00:16:52vous ne suivrez pas
00:16:53ou vous serez
00:16:53dans une filière
00:16:55voie de garage
00:16:55qui ne mènera à rien.
00:16:57Il faut être un peu
00:16:58directif à un moment donné.
00:16:59On ne peut pas laisser
00:17:01le libre arbitre total
00:17:04à des gens
00:17:05qui ne sont pas forcément matures
00:17:07et qui n'ont pas forcément
00:17:07non plus les parents
00:17:08qui pourraient les aider
00:17:11à faire un bon choix
00:17:12en termes d'enseignement supérieur
00:17:15ou de formation professionnelle.
00:17:19Et là-dessus,
00:17:21se rajoute,
00:17:22ce cours en assiste
00:17:23aujourd'hui,
00:17:23évidemment,
00:17:24de plus en plus,
00:17:25un militantisme politique
00:17:27au sein des universités.
00:17:29Bon,
00:17:30de la part des étudiants,
00:17:31ça a toujours existé.
00:17:33Là,
00:17:34ça prend quand même
00:17:36une ampleur autre
00:17:38puisque
00:17:40l'interruption de cours
00:17:42dont j'ai été victime
00:17:43montre que
00:17:44plus rien ne les arrête
00:17:45parce qu'en fait,
00:17:47ils bénéficient
00:17:48d'une totale impunité.
00:17:49Un an après
00:17:50cette interruption de cours,
00:17:51pourtant,
00:17:51ça a fait du bruit
00:17:52puisque j'ai eu
00:17:52le soutien du ministre,
00:17:54il y a eu plusieurs questions
00:17:54au Parlement,
00:17:55au Sénat,
00:17:55etc.
00:17:57Personne n'a été identifié,
00:17:58personne n'a été puni,
00:18:00rien.
00:18:00Donc,
00:18:01depuis un an,
00:18:02je suis victime
00:18:03d'une campagne
00:18:03de harcèlement,
00:18:04de graffiti,
00:18:05de tags,
00:18:06d'affichage sauvage.
00:18:08Mon amphi a été saboté
00:18:10deux fois au printemps.
00:18:11Ils ont collé
00:18:12des affiches
00:18:12diffamatoires
00:18:13un peu partout.
00:18:15On ne sait pas
00:18:15qui c'est,
00:18:16personne ne les arrête,
00:18:17donc pourquoi
00:18:18ils gêneraient ?
00:18:20Il y a eu
00:18:20d'autres affaires
00:18:21de blocage,
00:18:22d'occupation,
00:18:23de dégradation
00:18:23des locaux,
00:18:24etc.
00:18:25Personne n'a jamais
00:18:26été inquiété.
00:18:28Il n'y a pas de caméra
00:18:29à l'université.
00:18:30La direction de l'université
00:18:31refuse des caméras
00:18:32parce que c'est liberticide.
00:18:33Donc,
00:18:34c'est la porte ouverte
00:18:35à toutes les dérives.
00:18:39Alors,
00:18:39pourquoi ?
00:18:40Parce que
00:18:41pas de vague,
00:18:42évidemment,
00:18:42pour certains.
00:18:43Pour d'autres,
00:18:44une complicité
00:18:45idéologique,
00:18:46politique
00:18:46avec les activistes,
00:18:48étudiants,
00:18:49c'est clair.
00:18:51Et donc,
00:18:52ça,
00:18:52ça pose quand même
00:18:53un problème
00:18:53de la neutralité
00:18:55de la direction
00:18:56de l'université
00:18:58qui ne respecte pas
00:19:00son obligation
00:19:01de neutralité.
00:19:02Et puis,
00:19:02beaucoup d'enseignants
00:19:03chercheurs
00:19:04qui ne font pas
00:19:04la différence
00:19:05entre recherche
00:19:07et militantisme.
00:19:11de l'obligation
00:19:13de neutralité politique
00:19:14et religieuse
00:19:14qu'ils devraient avoir
00:19:16pour en parler.
00:19:20Donc,
00:19:22l'université traverse
00:19:23beaucoup de problèmes,
00:19:25ça,
00:19:25c'est clair.
00:19:27et...
00:19:34Oui,
00:19:34je vais m'arrêter là.
00:19:41Merci,
00:19:42Monsieur le Président.
00:19:42Merci,
00:19:43Professeur,
00:19:43pour ces propos
00:19:44liminaires.
00:19:46Alors,
00:19:46un certain nombre
00:19:46de questions.
00:19:48On va commencer
00:19:49par la question
00:19:50du premier cycle
00:19:51et de la réussite
00:19:52étudiante
00:19:53au sein du premier cycle.
00:19:54vous avez expliqué
00:19:56tout à l'heure
00:19:56que vous aviez
00:19:57une double
00:19:59expérience
00:19:59ayant enseigné
00:20:01au lycée
00:20:01en tant qu'agrégé
00:20:02de géographie
00:20:03puis en tant que
00:20:04maître de conférence
00:20:04à l'université.
00:20:06On s'intéresse
00:20:07précisément
00:20:07à ce passage
00:20:08de l'un à l'autre,
00:20:10ce qu'on appelle
00:20:10parfois bac moins 3,
00:20:11bac plus 3,
00:20:13étant entendu
00:20:13et vous l'avez rappelé
00:20:14que le filtre
00:20:16du baccalauréat
00:20:17ne joue plus son rôle
00:20:18aujourd'hui.
00:20:1980% d'une classe
00:20:21d'âge
00:20:21l'obtient
00:20:22et fait valoir
00:20:22ensuite son droit
00:20:23à poursuivre
00:20:25ses études
00:20:25dans l'enseignement supérieur.
00:20:27Tout ça,
00:20:27ça a généré,
00:20:28vous l'avez très bien décrit,
00:20:29des phénomènes
00:20:30d'évitement.
00:20:31On passe par
00:20:31les classes préparatoires
00:20:33soit pour quitter
00:20:35définitivement
00:20:35avant même
00:20:36d'y être entré
00:20:37le système universitaire
00:20:39et se diriger
00:20:39vers des grandes écoles
00:20:40soit
00:20:41dans les filières
00:20:42de sciences humaines
00:20:43et sociales
00:20:43pour éviter
00:20:46justement
00:20:46la partie
00:20:47licence 1,
00:20:482 et 3
00:20:49et rejoindre
00:20:50l'université
00:20:50en master
00:20:51où un certain
00:20:52nombre de problèmes,
00:20:53vous nous démentirez
00:20:53le cas échéant,
00:20:55nous semblent être
00:20:55réglés par rapport
00:20:56à beaucoup de questions
00:20:58que vous avez évoquées,
00:20:59pas tous évidemment.
00:21:00Tout ça
00:21:00fait que
00:21:02si vous y ajoutez
00:21:03des BUT,
00:21:04des DUT,
00:21:05de l'enseignement supérieur
00:21:06privé lucratif
00:21:07qui a pris aussi
00:21:08beaucoup de place
00:21:08ces dernières années,
00:21:10l'université
00:21:11n'accueille plus
00:21:11que 54%
00:21:12des élèves
00:21:13de l'enseignement supérieur
00:21:14français.
00:21:15Ça n'empêche
00:21:15que le nombre
00:21:16a continué à augmenter
00:21:18pour des raisons démographiques
00:21:19que vous connaissez.
00:21:21Et ce qu'on constate,
00:21:22c'est qu'il y a
00:21:23un manque de confiance,
00:21:25parfois une défiance
00:21:26des familles
00:21:27et des étudiants français,
00:21:29de certains d'entre eux
00:21:30en tout cas
00:21:30vis-à-vis de ce modèle.
00:21:31La peur de l'échec,
00:21:33puisque 50%
00:21:34des étudiants
00:21:34inscrits en licence
00:21:35ne l'obtiendront pas.
00:21:38Une certaine crainte
00:21:39aussi du militantisme politique
00:21:41que vous avez évoqué
00:21:42et sur lequel
00:21:42nous reviendrons.
00:21:46Pas de possibilité,
00:21:47en tout cas
00:21:47dans certaines filières,
00:21:48de sélectionner,
00:21:49on peut classer
00:21:50et Parcoursup
00:21:51a un peu amender
00:21:52les choses
00:21:52sans les assumer
00:21:54véritablement
00:21:54en ne parlant pas
00:21:55aujourd'hui de sélection.
00:21:57Ma première question,
00:21:58c'est comment est-ce
00:21:59qu'on peut faire
00:21:59pour réhabiliter
00:22:00ce premier cycle
00:22:02universitaire ?
00:22:04Vous avez évoqué
00:22:05la sélection,
00:22:05vous n'avez pas
00:22:06de tabou dessus,
00:22:07d'autres en ont,
00:22:07vous le savez,
00:22:08mais c'est un sujet
00:22:09sur lequel
00:22:09les choses bougent.
00:22:11Est-ce que pour vous,
00:22:12il faut rendre
00:22:13le baccalauréat
00:22:14plus exigeant
00:22:15et en faire
00:22:16un premier filtre
00:22:17avant l'accès
00:22:18à l'enseignement
00:22:19universitaire ?
00:22:20Est-ce qu'il y a
00:22:21pour vous un problème
00:22:22d'adéquation
00:22:23entre des élèves
00:22:25qui ont suivi
00:22:26des bacs pro,
00:22:27des bacs technologiques
00:22:28qui les amènent
00:22:29à des filières courtes
00:22:30et qui se retrouvent
00:22:31à l'université
00:22:32comme vous l'avez décrit
00:22:33et d'autres
00:22:33qui se destinent
00:22:35à des filières longues
00:22:35mais en passant
00:22:36par des BUT
00:22:37et des DUT
00:22:39parce que c'est sélectif ?
00:22:41Donc,
00:22:41est-ce qu'il faut
00:22:42repenser
00:22:43cette offre
00:22:43de formation
00:22:44de première année
00:22:45pour limiter
00:22:46les propositions
00:22:48en filières
00:22:48non sélectives
00:22:49et renforcer
00:22:51les filières
00:22:52professionnalisantes ?
00:22:53Comment est-ce qu'on peut
00:22:54redonner son intégrité,
00:22:56sa cohérence
00:22:56à un cycle
00:22:57de licences
00:22:58y compris
00:22:59pour l'insertion professionnelle
00:23:00à bac plus 3
00:23:01si vous estimez
00:23:02que ça a du sens ?
00:23:03Et dernière question
00:23:04pour finir
00:23:05sur ce premier cycle
00:23:07universitaire,
00:23:08est-ce qu'il n'y a pas
00:23:09aussi une interrogation
00:23:10sur le taux
00:23:13d'encadrement
00:23:14et d'une manière générale
00:23:15l'accompagnement
00:23:16des élèves
00:23:17sur ce premier cycle ?
00:23:19Ils sortent du lycée
00:23:20dans des classes
00:23:20d'une trentaine d'élèves,
00:23:22ils se retrouvent
00:23:23parfois dans des grands
00:23:24amphi,
00:23:24ça aussi ça peut faire peur,
00:23:26ça aussi ça peut conduire
00:23:27au phénomène d'évitement
00:23:28que vous avez évoqué.
00:23:29Voilà,
00:23:29est-ce que vous pouvez
00:23:30nous donner
00:23:30votre grille d'analyse
00:23:32et les solutions
00:23:34qui vous paraîtraient
00:23:35pouvoir réhabiliter
00:23:37vraiment
00:23:37ce premier cycle
00:23:39universitaire
00:23:40en tant que tel ?
00:23:41Je pense que
00:23:42ceux qui viennent
00:23:43de bacs techniques,
00:23:45les bacs STT
00:23:45par exemple,
00:23:47ils ne devraient pas
00:23:48pouvoir
00:23:50automatiquement
00:23:50s'inscrire
00:23:51à l'université.
00:23:52Après,
00:23:53il existe
00:23:53l'examen d'entrée
00:23:54à l'université
00:23:55pour ceux
00:23:55qui n'ont pas
00:23:56le bac
00:23:57et que
00:23:58si vraiment
00:23:59ils ont
00:24:00envie d'y rentrer,
00:24:02même avec un bac
00:24:03technique,
00:24:03à ce moment-là,
00:24:04qu'ils passent
00:24:04l'examen d'entrée
00:24:05à l'université.
00:24:07Parce qu'on ne leur
00:24:08ferme pas la porte
00:24:08pour les meilleurs
00:24:10parce qu'il y a toujours
00:24:11des gens
00:24:12qui sont récupérables.
00:24:14Donc,
00:24:15il faudrait développer
00:24:16cet examen d'entrée
00:24:17à l'université
00:24:19pour les bacs techniques
00:24:21et faire en sorte
00:24:22vraiment que les gens
00:24:23qui ont choisi
00:24:24une filière courte
00:24:24fassent un bac technique.
00:24:26parce qu'il faut faire attention
00:24:27parce que quand on vient
00:24:27d'une famille
00:24:30modeste,
00:24:31les enfants,
00:24:31les parents sont ouvriers
00:24:33ou employés,
00:24:34les études longues,
00:24:35ça fait peur.
00:24:37Ça fait peur.
00:24:37Donc,
00:24:38on va déjà
00:24:39assurer son avenir.
00:24:41Alors,
00:24:41on va peut-être rentrer
00:24:42vers un bac technique
00:24:44pour déjà avoir
00:24:45quelque chose
00:24:45à 18 ans
00:24:46parce que
00:24:47les parents ont commencé
00:24:48à travailler
00:24:48à 14,
00:24:4915 ans,
00:24:4916 ans
00:24:50et donc,
00:24:50aller au-delà,
00:24:51ça fait peur.
00:24:52Ça peut faire peur
00:24:52à beaucoup de familles.
00:24:53et c'est pareil
00:24:55pour l'enseignement supérieur.
00:24:56J'ai des amis
00:24:57dans mon village
00:24:58qui ont vu
00:25:00un bac général
00:25:00et ont préféré
00:25:01faire une filière courte
00:25:02pour s'assurer
00:25:02au moins un DUT
00:25:04et puis après
00:25:05qu'on reprit
00:25:05en licence.
00:25:08Donc,
00:25:09il ne faut pas
00:25:10fermer la porte
00:25:11à ces gens-là
00:25:14parce que
00:25:14si on a des parents
00:25:15qui ont fait
00:25:16des études supérieures,
00:25:17on sait où on va.
00:25:17Quand on a des parents
00:25:18qui étaient ouvriers,
00:25:19on ne sait pas où on va.
00:25:20C'est l'inconnu.
00:25:20Donc,
00:25:20il faut faire attention à ça
00:25:21et leur laisser
00:25:22la possibilité quand même
00:25:23d'y aller
00:25:24mais en étant clair
00:25:24qu'écoutez,
00:25:25si vous avez fait
00:25:25un bac technique,
00:25:26vous n'avez pas forcément
00:25:27le niveau
00:25:28pour pouvoir suivre
00:25:29à l'université.
00:25:30Quand vous entrez
00:25:31en premier cycle
00:25:32à l'université,
00:25:33le changement aussi
00:25:34par rapport au lycée,
00:25:35c'est que vous n'êtes
00:25:36pas du tout encadré.
00:25:37Le prof arrive,
00:25:38il fait son cours.
00:25:39Bien souvent,
00:25:40les chargés de TD,
00:25:41c'est des vacataires
00:25:42ou des assistants
00:25:43qui n'ont pas
00:25:44de formation pédagogique,
00:25:47très peu,
00:25:48mais même
00:25:49les enseignants-chercheurs,
00:25:50ceux qui n'ont pas
00:25:51passé une agrégation
00:25:52ou un CAPES.
00:25:53Ils n'ont aucune
00:25:54formation pédagogique.
00:25:56Et ça,
00:25:56c'est quand même
00:25:57un énorme problème
00:25:57parce qu'un cours,
00:25:59ça se prépare,
00:26:00ça se travaille,
00:26:00il y a une méthode
00:26:01d'enseignement.
00:26:02Et vous n'êtes
00:26:03jamais évalué
00:26:05sur votre méthode
00:26:07d'enseignement.
00:26:08Dans le secondaire,
00:26:09j'ai été évalué
00:26:10par les inspecteurs
00:26:11régulièrement
00:26:11qui donnaient des conseils,
00:26:12ce n'était pas le coup près,
00:26:13on vous donnait des conseils,
00:26:14on vous aidait
00:26:15pour améliorer votre...
00:26:17Dans le supérieur,
00:26:18il n'y a absolument rien.
00:26:19Vous pouvez faire
00:26:19toute votre carrière
00:26:20sans qu'on vous ait
00:26:22jamais interrogé
00:26:24sur vos cours,
00:26:25vous n'êtes jamais
00:26:25remis en question
00:26:26sur la façon
00:26:27de faire votre cours.
00:26:28Et donc ça,
00:26:28c'est quand même
00:26:28un problème,
00:26:29surtout que les étudiants
00:26:30qui arrivent en premier cycle
00:26:31ont quand même
00:26:32beaucoup moins
00:26:33de capacité à l'autonomie,
00:26:35à travailler,
00:26:35etc.
00:26:36Et en plus,
00:26:38comme les profs chevronnés
00:26:39désertent les premiers cycles
00:26:41au profit des deuxièmes cycles,
00:26:43ils se retrouvent bien souvent
00:26:44avec des vacataires,
00:26:45des ATR
00:26:45ou même des maîtres de conf débutants,
00:26:49comme malheureusement
00:26:50ça se produit
00:26:50dans l'enseignement secondaire
00:26:51où on envoie
00:26:53ceux qui viennent d'avoir
00:26:54le CAPES
00:26:54dans les lycées
00:26:55les plus difficiles
00:26:56de banlieue
00:26:57et puis les autres
00:26:57sont dans les lycées
00:26:59de centre-ville.
00:27:00Donc là,
00:27:01il faudrait à mon avis
00:27:01un corps d'inspecteur pédagogique
00:27:03à l'université
00:27:04qui évalue aussi
00:27:06les cours
00:27:06et que les cours,
00:27:08la qualité des cours
00:27:11soient retenues
00:27:12dans les promotions,
00:27:14dans le passage
00:27:15de maître de conf
00:27:15à professeur,
00:27:16que ça ne soit pas seulement
00:27:17la somme
00:27:18de vos publications
00:27:20qui jouent.
00:27:21Parce que
00:27:22si le critère
00:27:24dans la promotion
00:27:25c'est la recherche,
00:27:28ne faites pas cours,
00:27:30ne passez pas de temps
00:27:31sur vos cours
00:27:32et puis investissez-vous
00:27:34dans la recherche.
00:27:36Et c'est ce que
00:27:37malheureusement
00:27:38beaucoup de gens
00:27:38qui font
00:27:39parce que
00:27:39quand vous avez compris
00:27:39comment fonctionne
00:27:40le système,
00:27:41au bout d'un moment
00:27:42vous n'allez pas être
00:27:43toujours le danon
00:27:44de la farce
00:27:45quand il s'agit
00:27:46de promotion.
00:27:46Donc là,
00:27:47il y a vraiment
00:27:47un souci
00:27:47de formation
00:27:49des enseignants
00:27:49du supérieur.
00:27:53On lui dit
00:27:53oui,
00:27:54ce n'est pas parce que
00:27:56comment dire,
00:27:58ce n'est pas parce
00:27:59qu'on est un bon chercheur
00:28:00qu'on sera un bon enseignant
00:28:01et inversement.
00:28:03Donc il faut
00:28:05vraiment,
00:28:05avant,
00:28:06en sciences humaines
00:28:07et sociales,
00:28:07en géo ou en histoire,
00:28:09la plupart des gens
00:28:10qui étaient recrutés
00:28:11maîtres de conf,
00:28:11il fallait l'agrégation.
00:28:13Aujourd'hui,
00:28:14en géographie,
00:28:17ce n'est quasiment plus le cas.
00:28:19En histoire,
00:28:20ça l'est encore un peu plus
00:28:21parce que justement
00:28:22l'histoire prépare
00:28:23au concours d'enseignement.
00:28:24Donc les collègues
00:28:26d'histoire
00:28:26ont envie d'avoir
00:28:27des gens
00:28:27qui ont passé
00:28:27des concours
00:28:28justement
00:28:29pour être à même
00:28:30à préparer les gens
00:28:31au concours.
00:28:32Mais je vois moi
00:28:32en géographie,
00:28:34je suis un des rares
00:28:35qui fait encore
00:28:36la formation
00:28:37au CAPES
00:28:38et à la grecque
00:28:39parce que les autres collègues,
00:28:40ça ne les intéresse pas.
00:28:41Et donc,
00:28:43alors,
00:28:44ce qui fait aussi
00:28:45qu'il y a peu
00:28:45d'attractivité
00:28:46pour les sciences humaines
00:28:47et sociales
00:28:47aujourd'hui,
00:28:48c'est parce que
00:28:49essentiellement,
00:28:51c'est la formation
00:28:51des profs des écoles
00:28:52et des profs du secondaire,
00:28:53mais comme ces métiers,
00:28:55les métiers de l'enseignement
00:28:55ne sont plus attractifs,
00:28:59les bons étudiants
00:29:01ne vont pas venir
00:29:02en histoire-géographie,
00:29:04en lettres,
00:29:05etc.,
00:29:05parce qu'ils n'ont pas envie
00:29:06de se retrouver profs.
00:29:08Donc,
00:29:08vous avez aussi
00:29:09une désaffection
00:29:10par rapport
00:29:12à ça.
00:29:13Mais,
00:29:14donc,
00:29:15voilà,
00:29:15j'espère que j'ai répondu
00:29:16à votre question.
00:29:18Merci beaucoup.
00:29:19Je reste sur
00:29:20la formation
00:29:23universitaire.
00:29:25On évoquait
00:29:26donc tout à l'heure
00:29:27les taux d'échec
00:29:29de 50%
00:29:30entre l'inscription
00:29:31en licence 1
00:29:32et la sortie
00:29:34au bout de 3,
00:29:354 ou 5 ans,
00:29:35donc avec un diplôme
00:29:37de licence
00:29:38en poche.
00:29:3950%,
00:29:40bon,
00:29:41évidemment,
00:29:41ce n'est pas satisfaisant,
00:29:43même si on a à l'esprit
00:29:44qu'il y a des orientations
00:29:45dans ces 50%
00:29:46qu'on n'arrive pas
00:29:47à chiffrer
00:29:48et sur lesquelles
00:29:48c'est très difficile
00:29:49d'avoir une analyse fine.
00:29:52En tout état de cause,
00:29:53quand on évoque
00:29:55l'arrivée
00:29:56de tous ces bacheliers
00:29:58issus,
00:29:59enfin,
00:29:59qui ont obtenu
00:30:00leur baccalauréat,
00:30:01il y a deux manières
00:30:02de prendre ce taux
00:30:02de 50% de réussite
00:30:04ou de 50% d'échec.
00:30:06Soit on dit
00:30:07c'est catastrophique
00:30:08pour 50%
00:30:08et c'est peut-être
00:30:09le cas,
00:30:10mais on peut dire aussi
00:30:11avoir une lecture
00:30:12plus positive
00:30:12du niveau
00:30:13d'exigence académique
00:30:15de l'université
00:30:17en disant,
00:30:17ben oui,
00:30:18l'université aussi
00:30:19fait le choix
00:30:20de ne délivrer,
00:30:21enfin,
00:30:21fait le choix
00:30:22sur la base
00:30:22des examens
00:30:23successifs
00:30:24année après année
00:30:25de ne délivrer
00:30:26un diplôme
00:30:26de licence
00:30:27qu'à la moitié
00:30:29des élèves
00:30:30qui se sont inscrits
00:30:31en première année.
00:30:33Est-ce que
00:30:34vous faites
00:30:35la même lecture
00:30:36et est-ce que
00:30:37vous considérez
00:30:39que l'université
00:30:39aujourd'hui
00:30:40reste exigeante
00:30:41sur la qualité
00:30:43des diplômes
00:30:44délivrés ?
00:30:45C'est extrêmement
00:30:47variable
00:30:47entre les universités
00:30:48et les filières.
00:30:50Vous avez
00:30:53dans des filières
00:30:55où on va
00:30:56maintenir
00:30:57un fort
00:30:58niveau
00:30:59d'exigence
00:31:00dans certaines
00:31:01universités
00:31:01et puis dans
00:31:02d'autres,
00:31:02on a pris
00:31:03le parti
00:31:03que
00:31:05tout étudiant
00:31:06qui arrive
00:31:07en première année
00:31:08doit avoir
00:31:08sa licence
00:31:09par
00:31:11idéologie.
00:31:12Donc,
00:31:13les examens,
00:31:14c'est juste
00:31:14une formalité.
00:31:17C'est vraiment
00:31:19extrêmement variable.
00:31:21Est-ce que
00:31:21vous pouvez nous donner
00:31:22un exemple
00:31:23un peu concret
00:31:23parce qu'il y a
00:31:24un moment,
00:31:25les partiels
00:31:26donnent lieu
00:31:27à des notations
00:31:28un peu précises
00:31:30malgré tout.
00:31:31Donc,
00:31:32comment est-ce
00:31:32qu'on décrète
00:31:33que,
00:31:33je ne sais pas,
00:31:3480 ou 90%
00:31:35des étudiants inscrits
00:31:36doivent obtenir
00:31:37leur diplôme ?
00:31:37Alors,
00:31:38vous allez avoir
00:31:39dans une filière,
00:31:42dans un département,
00:31:42une politique
00:31:43qui aide
00:31:44vraiment
00:31:45que tout le monde
00:31:45doit avoir
00:31:46sa licence.
00:31:49Il ne faut pas
00:31:49qu'il n'y ait
00:31:50aucune sélection.
00:31:53Donc,
00:31:54la notation
00:31:55est à l'appréciation
00:31:56évidemment
00:31:57des enseignants-chercheurs
00:31:59qui vont être
00:32:00extrêmement
00:32:03larges.
00:32:05Et puis,
00:32:06dans d'autres filières,
00:32:07on veut maintenir
00:32:08un niveau d'exigence,
00:32:09une sélection.
00:32:09On considère
00:32:10que ce n'est pas
00:32:11un dû
00:32:12d'avoir sa licence
00:32:13et puis on essaie
00:32:14de maintenir
00:32:15l'exigence.
00:32:16Alors,
00:32:16après,
00:32:17il se pose
00:32:17des problèmes,
00:32:18c'est-à-dire que
00:32:19c'est la soutenabilité
00:32:20des filières.
00:32:21C'est-à-dire que
00:32:24dans des filières
00:32:25qui sont très attractives,
00:32:27vous pouvez vous permettre
00:32:29de faire ça,
00:32:30mais dans des filières
00:32:30qui le sont moins,
00:32:31si vous êtes exigeant,
00:32:33vous n'aurez plus
00:32:33d'étudiants.
00:32:34Et donc,
00:32:34comment vous bouclez
00:32:35votre service ?
00:32:37Comment vous nourrissez
00:32:38vos masters ?
00:32:39Vous avez des masters
00:32:40qui ne sont pas du tout
00:32:42attractifs
00:32:43parce qu'il y a
00:32:44très peu emplois
00:32:45à la clé.
00:32:46Mais bon,
00:32:47si vous voulez éviter
00:32:47de vous retrouver
00:32:48enseignant en première année,
00:32:51que vous préférez
00:32:52conserver votre séminaire
00:32:53dans le master
00:32:54où vous pouvez parler
00:32:55de vos recherches
00:32:56et vous vous faites plaisir
00:32:56devant une dizaine
00:32:57d'étudiants
00:32:58au lieu de vous retrouver
00:32:59devant 500 étudiants
00:33:00dans un amphi
00:33:01de première année,
00:33:02vous avez intérêt
00:33:03à maintenir
00:33:03un faible niveau
00:33:05d'exigence
00:33:05pour continuer
00:33:07à nourrir
00:33:07votre filière.
00:33:08Tout ça,
00:33:09c'est des...
00:33:10Pourquoi ?
00:33:10Parce que comme ça,
00:33:11vous passerez moins de temps
00:33:12sur vos cours
00:33:12et vous pourrez
00:33:13faire plus de recherches.
00:33:15Voilà.
00:33:17Donc,
00:33:18CQFD,
00:33:18par rapport à ce que
00:33:19vous évoquiez
00:33:20juste avant
00:33:20sur la non prise en compte
00:33:25de la qualité
00:33:26de l'enseignement
00:33:27dans le cadre
00:33:28de vos activités
00:33:29d'enseignant-chercheur.
00:33:30Très bien.
00:33:31Merci beaucoup.
00:33:32Un mot aussi
00:33:33sur le recrutement
00:33:35des étudiants internationaux
00:33:36dans un environnement
00:33:37évidemment universitaire
00:33:38très mondialisé
00:33:40aujourd'hui.
00:33:41C'est 15%
00:33:42de l'effectif
00:33:43des étudiants
00:33:45en France,
00:33:45à peu près
00:33:46un étudiant sur six,
00:33:47dont à peu près
00:33:48les deux tiers
00:33:50sont à l'université française.
00:33:52Donc,
00:33:53vous avez
00:33:53à l'université
00:33:54une surreprésentation
00:33:56d'étudiants internationaux
00:33:57puisque vous n'accueillez
00:33:58que,
00:33:58entre guillemets,
00:33:59j'ai conscience
00:34:00que les volumes
00:34:00sont colossaux,
00:34:0154%
00:34:02des étudiants
00:34:04du supérieur,
00:34:06mais les deux tiers
00:34:07des étudiants internationaux.
00:34:08Comment est-ce que
00:34:10les universitaires
00:34:11que vous êtes
00:34:12s'assurent
00:34:13de l'excellence
00:34:13de leur parcours
00:34:14académique ?
00:34:16Et,
00:34:17deuxième question,
00:34:18peut-être vous êtes plus
00:34:19en tant qu'enseignant-chercheur
00:34:20et maître de conférence
00:34:21à même de répondre
00:34:22sur la question
00:34:23de l'excellence académique
00:34:24lorsqu'on recrute
00:34:25et qu'on fait venir
00:34:26ces étudiants.
00:34:26Comment est-ce qu'on s'assure
00:34:27également
00:34:28de leur niveau
00:34:29de langue,
00:34:30de maîtrise
00:34:30de la langue française ?
00:34:31Est-ce que vous constatez
00:34:33des difficultés
00:34:34à ce sujet-là ?
00:34:35Alors,
00:34:35quand vous parlez
00:34:35des étudiants internationaux,
00:34:37c'est hors Union européenne,
00:34:38hors Erasmus ?
00:34:39Oui,
00:34:39c'est les étudiants
00:34:40extra communautaires.
00:34:41Oui,
00:34:41voilà.
00:34:42Bon,
00:34:43alors,
00:34:43on a effectivement
00:34:44beaucoup de demandes.
00:34:48Ils postulent en général
00:34:49sur eCandidat
00:34:50ou Campus France.
00:34:54et c'est compliqué
00:34:56parce qu'il y a un tri
00:34:58qui se fait
00:34:59au niveau des SCAC,
00:35:02comment on appelle ça ?
00:35:04Oui,
00:35:04la coopération,
00:35:05les ambassades.
00:35:06Et vous avez des SCAC
00:35:09qui font plus ou moins bien
00:35:10leur travail.
00:35:12Le SCAC Alger,
00:35:13par exemple,
00:35:14ils font un bon travail,
00:35:17ça on le sait,
00:35:18de sélection des étudiants.
00:35:20Bon,
00:35:21moi j'ai vécu longtemps
00:35:22en Syrie,
00:35:22au Liban,
00:35:25c'est pas difficile
00:35:26de se procurer
00:35:26des faux papiers,
00:35:28des faux diplômes,
00:35:29des faux relevés de notes.
00:35:31Franchement,
00:35:32c'est pas compliqué du tout.
00:35:34Donc,
00:35:34il faut qu'il y ait
00:35:35vraiment un énorme travail
00:35:36de la part du SCAC
00:35:38pour s'assurer
00:35:39que l'étudiant en question,
00:35:41il a un bon niveau de langue,
00:35:45il ait vraiment fait
00:35:46ce qu'il prétend avoir fait.
00:35:51et ça,
00:35:51dans d'autres SCAC
00:35:52dont je dirais les noms,
00:35:53c'est pas forcément le cas.
00:35:55On le sait
00:35:56quand on étudie les dossiers
00:35:57et donc on sait
00:35:58que ce pays-là,
00:36:00on ne peut pas
00:36:01leur faire confiance.
00:36:01Mais après...
00:36:02Si vous acceptez,
00:36:03si vous ne souhaitez pas
00:36:04le dire publiquement,
00:36:05ce n'est pas une difficulté,
00:36:05mais si vous pouvez
00:36:06nous le transmettre
00:36:07par écrit
00:36:08quand vous répondrez
00:36:09au questionnaire,
00:36:10ce sera précieux pour nous.
00:36:11D'accord.
00:36:13Et donc,
00:36:15c'est très difficile
00:36:16parce que vous recevez,
00:36:18là, par exemple,
00:36:20en géographie,
00:36:22on a reçu
00:36:24200 dossiers
00:36:27de Campus France
00:36:28en provenance
00:36:29du Maghreb,
00:36:31d'Afrique subsaharienne
00:36:32et c'était tellement
00:36:34mal fichu
00:36:35que la collègue
00:36:36qui s'en occupe
00:36:37a dû faire ça
00:36:37en 48 heures
00:36:38avec une difficulté
00:36:40d'accès au dossier.
00:36:41Donc,
00:36:41c'est techniquement
00:36:43impossible
00:36:46de faire
00:36:46une sélection correcte.
00:36:50Donc,
00:36:50bon,
00:36:51on n'a pas
00:36:51trop recruté,
00:36:53nous.
00:36:55Il y a aussi
00:36:56le problème
00:36:56que si vous refusez
00:36:58les gens,
00:36:59ils peuvent déposer
00:36:59des recours
00:37:00et donc vous devez
00:37:01justifier pourquoi
00:37:02vous l'avez refusé.
00:37:03Donc,
00:37:03c'est une charge de travail.
00:37:04Tout ça,
00:37:05c'est des tâches
00:37:05qui ne sont en plus
00:37:06pas rémunérées,
00:37:08donc faites ça
00:37:09sur la base
00:37:09du bénévolement
00:37:10donc ça vous prend
00:37:11énormément de temps
00:37:12donc tout dépend
00:37:13aussi des collègues
00:37:14qui vont traiter
00:37:17les dossiers.
00:37:20Pardon,
00:37:20on se demandait
00:37:20si les recours
00:37:21s'appliquaient aussi
00:37:22aux étudiants internationaux.
00:37:23Oui.
00:37:24Quand vous les refusez,
00:37:25ils peuvent déposer
00:37:25des recours.
00:37:26Ils peuvent déposer
00:37:26un recours.
00:37:26D'accord.
00:37:27Et donc,
00:37:27je ne sais plus
00:37:28la procédure
00:37:29parce que je ne m'en occupe pas
00:37:30mais ça passe
00:37:30par l'université
00:37:31mais vous devez
00:37:31quand même
00:37:31justifier tout ça.
00:37:35donc ça prend du temps
00:37:39et vous avez
00:37:40des filières
00:37:42là aussi
00:37:43qui sont en souffrance
00:37:44en manque d'étudiants.
00:37:46Ils vont avoir tendance
00:37:47à accepter
00:37:49tout le monde.
00:37:50Le cas
00:37:51le plus caricatural
00:37:53c'est les départements
00:37:54d'arabe.
00:37:55Département d'arabe
00:37:56qui vont accepter
00:37:58des étudiants
00:37:58tunisiens,
00:37:59marocains,
00:38:00égyptiens
00:38:00qui viennent faire
00:38:01de l'arabe
00:38:01en France.
00:38:03Et quel sens ça
00:38:05en termes
00:38:05d'excellence académique ?
00:38:06Aucun.
00:38:07C'est tout simplement
00:38:08des départements
00:38:08où dans certaines villes
00:38:09de France
00:38:10où il y a des petits départements
00:38:11d'arabe
00:38:12donc ils ont très peu
00:38:12d'étudiants
00:38:13donc s'ils veulent maintenir
00:38:15leur département en vie
00:38:16et éviter d'être absorbés
00:38:17dans un grand
00:38:19en L.E.A.
00:38:20en langue étrangère
00:38:21appliquée
00:38:22ils vont gonfler
00:38:23leurs effectifs
00:38:24en acceptant
00:38:26n'importe qui.
00:38:27Et ceux qui viennent
00:38:29étudier l'arabe
00:38:29en France
00:38:31la plupart
00:38:32c'est juste
00:38:32pour avoir
00:38:33une carte de séjour
00:38:34et pouvoir
00:38:35enfin c'est une migration
00:38:36en fait.
00:38:38Donc il faut faire
00:38:38alors bon
00:38:39j'ai pris l'arabe
00:38:40comme exemple
00:38:40mais il y en a d'autres
00:38:41mais c'est celui
00:38:41qui me vient en tête
00:38:42parce que j'en discutais
00:38:43avec un collègue récemment
00:38:44qui a annoncé
00:38:45et qui lui me dit
00:38:46que depuis qu'il est là
00:38:47il refuse
00:38:48tous les étudiants
00:38:51d'arabe
00:38:52qui viennent
00:38:53des pays arabes
00:38:54justement
00:38:55en disant
00:38:55que ça n'a
00:38:56aucun sens
00:38:57surtout qu'ils n'ont pas
00:38:59ils ont un bon niveau
00:39:00d'arabe
00:39:00mais ils ont
00:39:00un très mauvais niveau
00:39:01en termes de méthodologie
00:39:02en termes de culture générale
00:39:03puis de toute façon
00:39:04ils ne viennent pas au cours
00:39:04parce que ce n'est pas
00:39:05leur objectif.
00:39:07Alors voilà
00:39:07tout dépendra aussi
00:39:08des individus
00:39:09des départements
00:39:09des stratégiques
00:39:10que certains diplômes
00:39:11peuvent avoir.
00:39:14Bien merci
00:39:15pour ces précisions
00:39:16ça répond à une question
00:39:18que pointait la Cour des Comptes
00:39:19en évoquant
00:39:20certaines filières
00:39:21qui ne remplissent plus
00:39:23aujourd'hui
00:39:24leurs effectifs
00:39:25que par l'accueil
00:39:25d'étudiants internationaux
00:39:27c'est un des éléments
00:39:28de réponse
00:39:28mais on vous en remercie
00:39:29parce que
00:39:31nous n'en avions pas eu
00:39:32jusque là.
00:39:33Il y a sans doute
00:39:33d'autres éléments
00:39:34de réponse
00:39:34à cette question là
00:39:36mais on prend
00:39:37bonne note
00:39:38de ces éléments.
00:39:41Je voudrais vous parler
00:39:42maintenant un peu
00:39:43de la question
00:39:44de la gouvernance.
00:39:49Tout à l'heure
00:39:50lorsqu'on reparlera
00:39:51du militantisme politique
00:39:53enfin l'un et dans l'autre
00:39:54quand même
00:39:54tout à l'heure
00:39:55vous avez évoqué
00:39:55la question du militantisme
00:39:57politique au sein
00:39:58des universités
00:39:59et je reprends vos mots
00:40:00vous avez dit
00:40:01chez les étudiants
00:40:01ça n'est pas nouveau
00:40:02qu'il y ait des prises
00:40:03de position politique
00:40:04effectivement
00:40:05ça fait des décennies
00:40:06qu'on le voit
00:40:07mais aujourd'hui
00:40:08les choses ont pris
00:40:08une ampleur nouvelle.
00:40:10C'est ce sujet là
00:40:12qui nous intéresse
00:40:13plus spécifiquement
00:40:15pourquoi
00:40:16d'après vous
00:40:17ce militantisme politique
00:40:19a-t-il pris
00:40:20une ampleur nouvelle
00:40:21dans des formes
00:40:22de contestation
00:40:23sans doute
00:40:24plus violente
00:40:25et est-ce que
00:40:26selon vous
00:40:27vous avez évoqué
00:40:27rapidement
00:40:28la CEVU
00:40:29tout à l'heure
00:40:30la gouvernance
00:40:31des universités
00:40:36constitue des éléments
00:40:37d'explication
00:40:38à ce phénomène
00:40:39ou est-ce que
00:40:39ce sont deux phénomènes
00:40:40parfaitement décorrélés
00:40:42auquel cas
00:40:42il y a peut-être
00:40:43d'autres éléments
00:40:44d'explication ?
00:40:45Oui alors quand je dis
00:40:46que ça prend
00:40:47une importance nouvelle
00:40:48alors c'est à mon échelle
00:40:50parce que je ne peux pas
00:40:51vous parler des années 60
00:40:5270
00:40:52où c'était aussi pas mal
00:40:54d'après ce qu'on m'a raconté
00:40:56à partir du moment
00:40:58où je suis rentré
00:40:58à l'université
00:40:59c'est-à-dire
00:40:591987
00:41:00et aujourd'hui
00:41:01j'ai quand même vu
00:41:02les choses
00:41:05évoluer
00:41:06le militantisme
00:41:07chez notamment
00:41:08les enseignants
00:41:09chercheurs
00:41:10augmenté
00:41:12notamment depuis
00:41:13une dizaine d'années
00:41:13vraiment vers
00:41:15une radicalisation
00:41:17des positions
00:41:18c'est aussi
00:41:19la même chose
00:41:21dans la société française
00:41:21mais à l'université
00:41:22ça fait peur
00:41:25donc il y a
00:41:26ce courant
00:41:28de radicalisation
00:41:29qui monte
00:41:30en puissance
00:41:31et puis
00:41:32c'est lié aussi
00:41:34à l'autonomie
00:41:35des universités
00:41:36aujourd'hui
00:41:37une université
00:41:37c'est devenu
00:41:38une collectivité locale
00:41:41donc
00:41:42le président
00:41:43qui est élu
00:41:44le conseil
00:41:45d'administration
00:41:45c'est des syndicats
00:41:47c'est des groupes
00:41:48politiques
00:41:49qui sont représentés
00:41:50donc
00:41:51forcément
00:41:52le politique
00:41:53prend de plus en plus
00:41:54d'importance
00:41:59et ça
00:42:00parce que
00:42:01les présidents
00:42:02d'universités
00:42:03aujourd'hui
00:42:03ne sont plus neutres
00:42:04ils sont élus
00:42:06donc comme tout
00:42:10tout maire
00:42:11tout président
00:42:11de région
00:42:12qu'est-ce qu'il cherche
00:42:13il cherche
00:42:13à rester au pouvoir
00:42:14donc à l'université
00:42:16c'est pareil
00:42:16donc il va renforcer
00:42:18il va renforcer
00:42:19son corps électoral
00:42:21en attribuant
00:42:22les postes
00:42:23en attribuant
00:42:24les budgets
00:42:24plus ou moins
00:42:25à ceux qui votent
00:42:26pour lui
00:42:28en marginalisant
00:42:29évidemment
00:42:30les autres
00:42:30de manière à ce
00:42:31qu'ils se rallient
00:42:31s'ils veulent
00:42:34obtenir
00:42:34eux aussi
00:42:35les subsides
00:42:36si la finalité
00:42:37de l'université
00:42:38c'était
00:42:38l'employabilité
00:42:40des étudiants
00:42:41et pas
00:42:41la soutenabilité
00:42:43des filières
00:42:43ça serait différent
00:42:44parce que là
00:42:45vous auriez
00:42:45une obligation
00:42:46de résultat
00:42:46mais là
00:42:47vous n'avez pas
00:42:47d'obligation
00:42:48de résultat
00:42:48ce qui compte
00:42:48c'est le nombre
00:42:49d'étudiants
00:42:49que vous avez
00:42:49pour obtenir
00:42:50la dotation
00:42:51de services publics
00:42:52la plus importante
00:42:53donc
00:42:56vous pouvez
00:42:57avoir
00:42:57comment dire
00:43:00vous avez
00:43:01donc une politisation
00:43:02qui se met
00:43:04en place
00:43:04parce que
00:43:05c'est
00:43:06des enjeux
00:43:07de carrière
00:43:07c'est des
00:43:09financements
00:43:13c'est
00:43:14des sujets
00:43:15qui sont
00:43:17délicats
00:43:18à aborder
00:43:19mais moi
00:43:19c'est ça
00:43:20qui me fait
00:43:21le plus peur
00:43:21à l'université
00:43:22c'est qu'on est
00:43:23en train
00:43:24de se transformer
00:43:24finalement
00:43:25en une
00:43:26collectivité locale
00:43:27est-ce que
00:43:28vous pensez
00:43:29on l'a évoqué
00:43:29hier avec
00:43:30la présidente
00:43:30de la région
00:43:31Île-de-France
00:43:32que le
00:43:33système
00:43:34électif
00:43:35devrait être
00:43:36remis en cause
00:43:37oui totalement
00:43:38totalement
00:43:39enfin quand
00:43:40madame Pécresse
00:43:41a fait la loi
00:43:41sur l'autonomie
00:43:42des universités
00:43:43je pense qu'en tout cas
00:43:44sciences humaines
00:43:44et sociales
00:43:45ce que je connais
00:43:46elle n'a pas compris
00:43:49la sociologie
00:43:50des universitaires
00:43:52et de
00:43:54facultés
00:43:54où on était
00:43:55finalement
00:43:55très politisés
00:43:56et que ça allait pouvoir
00:43:57se développer davantage
00:43:58donc
00:44:02parce qu'aujourd'hui
00:44:04si vous avez
00:44:05un souci
00:44:06budgétaire
00:44:07à l'université
00:44:08et que vous allez
00:44:08devoir tailler
00:44:09dans les
00:44:10de devoir tailler
00:44:12dans les
00:44:13dans les
00:44:13dans les
00:44:14dans les
00:44:15dans les
00:44:15dans les
00:44:15dans les
00:44:15dans les
00:44:16fermer des diplômes
00:44:17etc
00:44:18vous allez fermer
00:44:19un diplôme
00:44:20qui marche
00:44:21mal
00:44:23mais dont les gens
00:44:24votent pour vous
00:44:25dont la filière
00:44:26vote pour vous
00:44:27ou vous allez
00:44:27fermer un diplôme
00:44:28qui marche
00:44:29moyen
00:44:30mais les gens
00:44:31qui votent pas pour vous
00:44:32peuvent toujours
00:44:33se poser la question
00:44:35vous avez
00:44:37vous attribuerez
00:44:38des postes
00:44:39parce qu'aujourd'hui
00:44:41les universités
00:44:42sont totalement libres
00:44:44en termes
00:44:44de recrutement
00:44:45enfin dans le cadre
00:44:46de leur enveloppe budgétaire
00:44:47faut pas que ça dépasse
00:44:48les 85%
00:44:49de la masse salariale
00:44:50sinon vous avez
00:44:51un plan de remise
00:44:52à l'équilibre
00:44:52qui se met en place
00:44:53mais sinon
00:44:54vous êtes libre
00:44:54d'attribuer
00:44:55deux postes
00:44:56de profs en géographie
00:44:57un poste de maître
00:44:58de conf
00:44:59à telle filière
00:45:00etc
00:45:01et comment vous les attribuez
00:45:03ces postes
00:45:03en fonction de quels critères
00:45:06là aussi
00:45:09c'est très opaque
00:45:11c'est très opaque
00:45:12là par exemple
00:45:12on prend un exemple
00:45:13très clair
00:45:14sur Lyon 2
00:45:15là
00:45:15il y a
00:45:17le repyramidage
00:45:18le repyramidage
00:45:20c'est un processus
00:45:22qui a été mis en place
00:45:23il y a 4-5 ans
00:45:24pour permettre
00:45:25une filière interne
00:45:26de promotion
00:45:27de maître de conférence
00:45:28à professeur
00:45:31il n'y a rien
00:45:32de plus opaque
00:45:32que ce système
00:45:33alors ça partait
00:45:34d'un bon sentiment
00:45:35parce qu'effectivement
00:45:35vous avez 50 ans
00:45:36vous êtes maître de conf
00:45:37vous n'avez pas envie
00:45:38de faire le prof
00:45:39TGV
00:45:41vous êtes investi
00:45:42dans l'université
00:45:43vous voulez y rester
00:45:44c'est dommage
00:45:44que vous partiez
00:45:45etc
00:45:45bon d'accord
00:45:46donc ça partait
00:45:47d'un bon sentiment
00:45:47mais après
00:45:48c'est comme la loi Pécresse
00:45:49mais après
00:45:49il faut voir comment
00:45:50c'est appliqué
00:45:51au niveau local
00:45:52c'est le localisme
00:45:53et le clientélisme
00:45:55dans toute sa splendeur
00:45:56le dernier poste
00:45:58qui a été attribué
00:46:00on a choisi
00:46:01telle section
00:46:02au conseil d'administration
00:46:04la présidente
00:46:05n'a jamais présenté
00:46:06un tableau
00:46:07chiffré
00:46:08en montrant
00:46:09quel était le ratio
00:46:10par section
00:46:10de professeur
00:46:12par rapport
00:46:13au maître de conf
00:46:13elle a dit
00:46:14on a regardé
00:46:15on s'est aperçu
00:46:16que c'était telle section
00:46:16bon si en face
00:46:17l'opposition
00:46:18ne fait pas son travail
00:46:18ne va pas demander
00:46:20les documents
00:46:21etc
00:46:21puis ça passe
00:46:22comme une autre
00:46:23à la poste
00:46:23il s'avère que
00:46:24dans la section
00:46:25en question
00:46:25il n'y a qu'une seule
00:46:26candidate
00:46:29donc enfin
00:46:30alors peut-être
00:46:31que ça part d'un bon
00:46:32sentiment
00:46:32mais la façon
00:46:33dont ça se fait
00:46:35ça porte à suspicion
00:46:36forcément
00:46:37parce qu'il n'y a pas
00:46:38d'éléments chiffrés
00:46:39il n'y a pas
00:46:39de critères rationnels
00:46:41qui sont apportés
00:46:46je prolonge
00:46:47vos propos
00:46:47sur les filières
00:46:48qu'on ferme
00:46:49ou qu'on
00:46:50ou qu'on maintient
00:46:51en fonction
00:46:53de critères
00:46:54de choix
00:46:54qui peuvent être
00:46:55subjectifs
00:46:56vous en avez expliqué
00:46:57les raisons
00:46:59parallèlement à ça
00:47:01et pour revenir
00:47:02sur ce qu'on a dit
00:47:02au début
00:47:03sur la question
00:47:04de la sélection
00:47:05certains
00:47:06de vos collègues
00:47:08nous disent
00:47:09qu'ils aimeraient
00:47:09pouvoir fermer
00:47:10une filière
00:47:11parce qu'elle n'offre
00:47:11aucun débouché
00:47:12par exemple
00:47:13en master
00:47:14quand on a 0%
00:47:15d'admission
00:47:16en master
00:47:17un certain nombre
00:47:17de présidents
00:47:18d'universités
00:47:19qui doivent faire
00:47:20des choix budgétaires
00:47:21dans une enveloppe
00:47:22contrainte
00:47:22aimeraient pouvoir
00:47:23fermer ces filières
00:47:24et c'est le rectorat
00:47:26qui le refuse
00:47:27donc par rapport
00:47:28à ce que vous venez
00:47:28de nous dire
00:47:29quel est le bon schéma
00:47:31est-ce qu'il faut
00:47:32que ces capacités
00:47:32d'accueil selon vous
00:47:33soient à la main
00:47:34des présidents
00:47:35d'universités
00:47:35avec les limites
00:47:36que vous avez évoquées
00:47:37juste maintenant
00:47:38ou est-ce qu'il faut
00:47:39qu'elles soient
00:47:39à la main des rectorats
00:47:41avec d'autres limites
00:47:42et souvent
00:47:43la limite quantitative
00:47:44d'offrir une solution
00:47:46à chaque étudiant
00:47:47qui le souhaite
00:47:47alors si le rectorat
00:47:49s'oppose à la fermeture
00:47:50de filières
00:47:51c'est parce qu'il a besoin
00:47:52de masters
00:47:53où il n'y a personne
00:47:54pour pouvoir les proposer
00:47:55aux 100 masters
00:47:57voilà
00:47:59parce que les 100 masters
00:48:01quand j'ai des collègues
00:48:05qui ont des masters
00:48:05qui sont sélectifs
00:48:07de bonne qualité
00:48:07etc.
00:48:08ils n'en veulent absolument pas
00:48:09mais vous avez le rectorat
00:48:10qui dit
00:48:11non
00:48:11il vous reste une place
00:48:13il faut la donner
00:48:14à cette personne
00:48:16mais oui mais cette personne
00:48:17n'a pas le niveau
00:48:17moi je n'en veux pas
00:48:18donc il y a d'autres masters
00:48:20où il n'y a personne
00:48:20effectivement
00:48:21là s'ils veulent sauver
00:48:22la filière
00:48:25ils récupèrent
00:48:26les 100 masters
00:48:29là aussi le rectorat
00:48:30peut avoir des fois
00:48:30des logiques
00:48:31assez dysfonctionnelles
00:48:36problème de fermer
00:48:38des filières
00:48:40c'est toute la question
00:48:41qu'est-ce qu'on fait
00:48:42des enseignants
00:48:42qu'est-ce qu'on fait
00:48:43des enseignants-chercheurs
00:48:45bon
00:48:46moi je suis géographe
00:48:47je suis assez polyvalent
00:48:48je peux donner des cours
00:48:48en histoire
00:48:49je peux donner des cours
00:48:49en sociaux
00:48:50mais
00:48:51bon
00:48:52ce n'est pas le cas
00:48:52de tous mes collègues
00:48:53quand vous avez fait
00:48:54une thèse
00:48:56en géophysique
00:48:56sur un truc très précis
00:48:58si votre master
00:48:59ferme
00:49:00qu'est-ce que vous faites
00:49:03et puis si vous avez
00:49:05un volant d'étudiants
00:49:06qui réduit
00:49:07dans une université
00:49:08ce n'est pas comme
00:49:08dans le secondaire
00:49:09où vous vous êtes réaffecté
00:49:10au lycée d'à côté
00:49:11au collège d'à côté
00:49:12là vous êtes titulaire
00:49:13d'un poste
00:49:14dans une université
00:49:17les mutations
00:49:17il y en a très peu
00:49:19pour changer d'université
00:49:20il y a un concours
00:49:21c'est compliqué
00:49:22donc le problème
00:49:23c'est qu'il y a
00:49:24très peu de mobilité
00:49:25finalement à l'université
00:49:26beaucoup moins
00:49:26que dans le secondaire
00:49:30Ce sujet a été évoqué
00:49:31notamment concernant
00:49:32les enseignants-chercheurs
00:49:33en allemand
00:49:34avec effectivement
00:49:35un ralentissement
00:49:37très net
00:49:38des étudiants
00:49:39dans ces filières-là
00:49:40on entend
00:49:41que c'est une interrogation
00:49:43que vous portez légitimement
00:49:45en tant qu'enseignant-chercheur
00:49:46pour autant
00:49:47la question de l'adéquation
00:49:48entre les demandes
00:49:49des étudiants
00:49:49et les postes en face
00:49:50doit être gérée
00:49:51peut-être
00:49:52de manière souple
00:49:53notamment
00:49:53peut-être
00:49:54en réorientant
00:49:56ce type de poste
00:49:57vers la recherche
00:49:58peut-être
00:49:58c'est une possibilité
00:50:00ou quasiment exclusivement
00:50:01vers la recherche
00:50:03je voulais vous poser
00:50:04une autre question
00:50:06par rapport
00:50:06à ce que vous disiez
00:50:11non écoutez
00:50:12ça m'échappe
00:50:13par rapport
00:50:14à vos réflexions
00:50:15on va poursuivre
00:50:16et puis si ça me revient
00:50:17j'y reviendrai
00:50:20sur
00:50:20je reste sur la question
00:50:22du militantisme politique
00:50:24vous en avez
00:50:24beaucoup parlé
00:50:26deux éléments
00:50:27un élément personnel
00:50:29compte tenu
00:50:30de votre parcours
00:50:31et de ce que vous avez
00:50:32vécu récemment
00:50:33est-ce que vous pouvez
00:50:35nous dire
00:50:36le bilan que vous tirez
00:50:37de la protection fonctionnelle
00:50:39dont vous avez bénéficié
00:50:40l'année dernière
00:50:41alors la protection fonctionnelle
00:50:43bon bah
00:50:44permet de
00:50:47enfin fait en sorte
00:50:48que les frais de justice
00:50:49éventuels
00:50:49soient pris en charge
00:50:51par l'université
00:50:52bon donc
00:50:54j'ai un avocat
00:50:55et
00:50:56qui
00:50:57qui
00:50:57qui suit
00:50:58qui suit l'affaire
00:50:59bon
00:51:00mais
00:51:01à part ça
00:51:02de toute façon
00:51:03puisque on a
00:51:03puisque le
00:51:05puisque les auteurs
00:51:07n'ont pas été identifiés
00:51:08j'ai appris
00:51:10fortuitement
00:51:10en mois de septembre
00:51:11en retournant
00:51:12porter plainte
00:51:13pour
00:51:13la campagne
00:51:16de harcèlement
00:51:17dont j'étais victime
00:51:18que finalement
00:51:18l'enquête
00:51:19avait été classée
00:51:20par le procureur
00:51:21puisque les personnes
00:51:22n'ont pas été identifiées
00:51:25donc
00:51:26la protection fonctionnelle
00:51:27bon c'est bien gentil
00:51:28mais
00:51:30elle sert pas à grand chose
00:51:31après
00:51:31on a
00:51:32refait des signalements
00:51:34reporté plainte
00:51:35pour les tags
00:51:35les graffiti
00:51:36le sabotage
00:51:37de l'amphi
00:51:38etc
00:51:38mais
00:51:38là aussi
00:51:39personne n'est identifié
00:51:41donc
00:51:41tout ça
00:51:42ça sera classé
00:51:47est-ce que vous estimez
00:51:49que les enseignants
00:51:50chercheurs
00:51:50qui font l'objet
00:51:51de campagnes
00:51:52de mise en cause
00:51:53ou de harcèlement
00:51:54comme c'est le cas
00:51:55comme c'est votre cas
00:51:56sont suffisamment soutenus
00:51:58par les établissements
00:51:58dans mon cas
00:52:01c'est plutôt le contraire
00:52:02qui s'est produit
00:52:03et qui se produit
00:52:04puisque la présidente
00:52:05de l'université
00:52:06a déclaré
00:52:07que ce qui m'était arrivé
00:52:08c'était normal
00:52:08vu mes propos sur Gaza
00:52:11donc là
00:52:11il y avait un parti pris
00:52:13idéologique
00:52:13il a fallu que le ministre
00:52:14d'enseignement supérieur
00:52:16fasse se forme
00:52:17d'un interview
00:52:18dans le Figaro
00:52:19pour rappeler
00:52:19que les présidents
00:52:20devaient protéger
00:52:21les enseignants
00:52:22et non pas
00:52:23leur mettre une cible
00:52:23dans le dos
00:52:25bon
00:52:26donc non
00:52:27je n'ai pas du tout
00:52:28été soutenu
00:52:31la protection fonctionnelle
00:52:32de toute façon
00:52:32c'était le minimum
00:52:35qu'elle pouvait faire
00:52:37elle n'a jamais demandé
00:52:39à me rencontrer
00:52:41bon je la verrai
00:52:41je vais la voir
00:52:42à la fin du mois
00:52:43pour une histoire
00:52:44de service
00:52:46mais sinon depuis
00:52:47je n'ai pas eu de contact
00:52:49pas eu de contact
00:52:50avec l'équipe présidentielle
00:52:51non plus
00:52:52rien
00:52:52enfin
00:52:53non vous êtes
00:52:54vous êtes laissé
00:52:55à l'abandon
00:52:55en fait
00:52:56et puis
00:52:58bon
00:52:59il y a quand même
00:53:00des choses bizarres
00:53:01le groupe
00:53:02qui m'a agressé
00:53:03ça faisait deux mois
00:53:04que la présidence
00:53:05de l'université
00:53:05leur avait donné
00:53:06une salle
00:53:08pour leurs activités
00:53:09militantes
00:53:10mais personne
00:53:11ne les connaît
00:53:12à l'université
00:53:12personne ne les connaît
00:53:13c'est pas qui c'est
00:53:14donc à Lyon 2
00:53:16on pouvait
00:53:16obtenir une salle
00:53:17sans décliner
00:53:18votre identité
00:53:19le vice-président
00:53:20discutait toutes les semaines
00:53:21avec eux
00:53:21mais il ne sait pas
00:53:22qui c'est
00:53:23le lendemain de mon agression
00:53:25il y avait un signalement
00:53:26qui avait été fait
00:53:28la salle
00:53:29qui leur avait été attribuée
00:53:30avait tout de même
00:53:30été fermée
00:53:31quelques jours avant
00:53:32puisqu'ils voulaient
00:53:32organiser un iftar
00:53:33et puis ils avaient
00:53:34organisé une petite salle
00:53:35d'un petit coin prière
00:53:36donc on leur a rouvert
00:53:38la porte
00:53:39c'est des portes badger
00:53:40on leur a rouvert
00:53:41la porte
00:53:41pour qu'ils puissent
00:53:42récupérer leurs affaires
00:53:42au lieu de les appréhender
00:53:43au lieu de garder
00:53:44les affaires
00:53:44pour pouvoir les identifier
00:53:45donc légitimement
00:53:47vous avez quand même
00:53:48de la suspicion
00:53:49par rapport à
00:53:50l'équipe présidentielle
00:53:51qui visiblement
00:53:54fait tout
00:53:55pour qu'on n'identifie pas
00:53:56le commando
00:53:57qui vous a
00:53:58qui vous a agressé
00:54:03bien
00:54:04bien
00:54:04merci
00:54:05merci pour ces précisions
00:54:06je voudrais maintenant
00:54:08qu'on évoque
00:54:09la question
00:54:09de la liberté académique
00:54:11puisque c'est
00:54:11un sujet important
00:54:13sur lequel
00:54:13vous vous êtes penché
00:54:14on peut y passer
00:54:15un peu de temps
00:54:16parce que
00:54:17c'est un sujet
00:54:18qui fait beaucoup
00:54:18parler actuellement
00:54:20l'actualité
00:54:21outre-Atlantique
00:54:22rajoute sans doute
00:54:23aux interrogations
00:54:24collectives
00:54:25dans ce domaine
00:54:26est-ce que vous
00:54:27estimez
00:54:28monsieur le professeur
00:54:29monsieur
00:54:29l'enseignant-chercheur
00:54:31pardon
00:54:31que les garanties
00:54:32dont disposent
00:54:32aujourd'hui
00:54:33les enseignants-chercheurs
00:54:34en termes de liberté
00:54:35académique
00:54:36vous paraissent
00:54:37suffisantes
00:54:39je pousse
00:54:41ma question
00:54:41un petit peu plus loin
00:54:42est-ce que vous observez
00:54:43une évolution des sujets
00:54:45qu'il est possible
00:54:45d'aborder à l'université
00:54:46sans susciter
00:54:48de controverses
00:54:49de pressions
00:54:50diverses et variées
00:54:50de tentatives
00:54:51d'intimidation
00:54:52comme ça a pu être
00:54:54votre cas
00:54:54comment est-ce que
00:54:55vous voyez bouger
00:54:56les choses
00:54:57à ce niveau-là
00:54:58la liberté académique
00:55:00elle est reconnue
00:55:01par le statut
00:55:02de 84
00:55:03donc je pense
00:55:04que juridiquement
00:55:06juridiquement
00:55:08ça va
00:55:08les enseignants-chercheurs
00:55:09sont bien protégés
00:55:11mais après
00:55:11c'est la pratique
00:55:12les classements
00:55:13internationaux
00:55:13aujourd'hui
00:55:14sont bons
00:55:14pour notre pays
00:55:15donc c'est
00:55:16d'accord
00:55:16après c'est
00:55:17la pratique
00:55:21sur le terrain
00:55:22qui est différente
00:55:27liberté académique
00:55:29ça veut dire
00:55:29quand même
00:55:30qu'il faut
00:55:30qu'il y ait
00:55:30des limites
00:55:31il faut qu'il y ait
00:55:32des limites
00:55:34la liberté académique
00:55:35elle doit
00:55:35s'appuyer
00:55:36sur une exigence
00:55:37scientifique
00:55:39il faut pour ça
00:55:40que le chercheur
00:55:40s'intègre
00:55:41dans le champ
00:55:42de réflexion disciplinaire
00:55:43qui peut critiquer
00:55:43abonder
00:55:45et il faut qu'il s'inscrive
00:55:46dans le cadre
00:55:46des principes républicains
00:55:48en particulier
00:55:49la laïcité
00:55:50et qu'on ne considère
00:55:51pas la laïcité
00:55:51comme une valeur
00:55:52mais comme un principe
00:55:53parce qu'aujourd'hui
00:55:54c'est ce qui se passe
00:55:56donc
00:55:58et là
00:55:58ça
00:56:00on ne peut pas
00:56:01tout déconstruire
00:56:02on ne peut pas
00:56:02tout remettre en question
00:56:04enfin je veux dire
00:56:04il a fallu quand même
00:56:05une loi sur le négocianisme
00:56:06il y a quelques années
00:56:06pour éviter la loi Guesso
00:56:09pour éviter
00:56:11comment dire
00:56:11qu'il y ait des thèses
00:56:12révisionnistes
00:56:13qui se multiplient
00:56:14comme c'était le cas
00:56:15dans les années 80
00:56:17en matière d'enseignement
00:56:18il faut présenter
00:56:19à son auditoire
00:56:20non pas une thèse
00:56:21mais des thèses
00:56:23ne pas faire la promotion
00:56:25d'une idéologie politique
00:56:26ou d'une religion
00:56:26si je prends l'exemple
00:56:28de la révolution française
00:56:28il faut parler
00:56:30d'Albert Soboul
00:56:30et puis il faut parler
00:56:31de Lefebvre
00:56:32et puis permettre ainsi
00:56:33aux étudiants
00:56:34d'avoir les clés
00:56:36de compréhension
00:56:37et d'avoir
00:56:37leur propre opinion
00:56:39la liberté académique
00:56:40c'est ça
00:56:41il ne faut pas
00:56:42que ce soit
00:56:42une liberté académique
00:56:43aussi à géométrie variable
00:56:45où les organisations syndicales
00:56:47les collectifs
00:56:50se mobilisent
00:56:51uniquement pour ceux
00:56:52qui considèrent
00:56:54que le Hamas
00:56:56est un mouvement
00:56:56de résistance
00:56:57et qu'ils se sont fait
00:56:57rappeler
00:56:58qu'on ait un rappel
00:56:59à la loi
00:57:00ou une condamnation
00:57:01pour apologie du terrorisme
00:57:02et puis dans mon cas
00:57:05qui considère
00:57:06que le Hamas
00:57:07est un mouvement terroriste
00:57:09eh bien
00:57:09on me jette en pâture
00:57:10parce que là
00:57:11ça ne va pas
00:57:12et aujourd'hui
00:57:13on en est là
00:57:16parce que
00:57:17vous êtes protégé
00:57:19juridiquement
00:57:20mais
00:57:22par les réseaux sociaux
00:57:23par
00:57:25une page
00:57:26Wikipédia
00:57:27Cavardé
00:57:28etc
00:57:28c'est votre réputation
00:57:29qu'on va salir
00:57:30qu'on va casser
00:57:32vous serez plus invité
00:57:33dans les colloques
00:57:33vous serez mis à l'index
00:57:34vous serez
00:57:36donc ça
00:57:36ça faut
00:57:37et ça
00:57:38la loi
00:57:39vous protège pas
00:57:39là-dessus
00:57:40allez faire un procès
00:57:41à Wikipédia
00:57:41parce que
00:57:42votre page
00:57:43vous ne pouvez pas
00:57:44je ne sais pas
00:57:44qui c'est
00:57:45vous ne pouvez pas
00:57:46donc
00:57:48aujourd'hui
00:57:48on a
00:57:50alors il y a aussi
00:57:50un souci
00:57:51qui est en train
00:57:52de monter
00:57:54dans
00:57:55dont j'ai été aussi
00:57:56victime
00:57:56d'ailleurs
00:57:57et c'est pour ça
00:57:58à mon avis
00:57:58que j'ai été agressé
00:57:59le 1er avril
00:58:00c'est en fait
00:58:01un mois avant mon agression
00:58:02j'avais fait une conférence
00:58:03pour les référents défense
00:58:05des universités
00:58:06d'Auvergne-Rhône-Alpes
00:58:07on traitait
00:58:0810 ans après le Bataclan
00:58:10des attentats
00:58:10et les organisateurs
00:58:12m'avaient demandé
00:58:13d'intervenir
00:58:14sur l'attentat suicide
00:58:16enfin l'attentat en islam
00:58:17mais j'avais parlé
00:58:18de l'attentat suicide
00:58:18en expliquant
00:58:19que dans toute religion
00:58:20le suicide est interdit
00:58:22et que pour
00:58:23qu'il y ait
00:58:23un attentat suicide
00:58:24il faut qu'il y ait
00:58:25une légitimité religieuse
00:58:26donc j'avais parlé
00:58:27de Shari Yassine
00:58:27l'idéologue du Hamas
00:58:28qui avait justifié
00:58:29l'attentat suicide
00:58:30etc.
00:58:31je vous passe les détails
00:58:32il se trouvait que dans la salle
00:58:33il y avait
00:58:34deux espions
00:58:36qui n'ont pas apprécié
00:58:38ce que je racontais
00:58:38et qui ont fait
00:58:39un signalement
00:58:40à l'université
00:58:41pour islamophobie
00:58:41et sexisme
00:58:43voilà
00:58:44et donc
00:58:45vous êtes obligés
00:58:46de vous justifier
00:58:47devant l'université
00:58:47l'université
00:58:49qui peut saisir
00:58:50la commission discipline
00:58:53et là
00:58:53vous suspendre
00:58:55pendant un an
00:58:56deux ans
00:58:56sans salaire
00:58:57etc.
00:58:58Bon finalement
00:58:59ils ont enterré l'affaire
00:59:01vu ce qui m'était arrivé
00:59:03mais il y avait un processus
00:59:04qui était en train
00:59:04de se mettre en place
00:59:05c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:59:07vous avez
00:59:07bon ça ça fait partie
00:59:09des stratégies d'entrisme
00:59:10évidemment
00:59:10des frères musulmans
00:59:12et de leurs alliés
00:59:15de dégainer
00:59:16l'accusation
00:59:17d'islamophobie
00:59:17contre des enseignants
00:59:19pour faire taire
00:59:20toute réflexion critique
00:59:23sur l'islam
00:59:23sur le Moyen-Orient
00:59:25etc.
00:59:25ça c'est des
00:59:25dans le secondaire
00:59:27beaucoup de collègues
00:59:28sont victimes aussi
00:59:29et s'auto-censure
00:59:30et vous avez aussi
00:59:31à l'université
00:59:32des gens évidemment
00:59:32qui s'auto-censure
00:59:34à cause de ça
00:59:35et je voulais vous remercier
00:59:37monsieur le sénateur
00:59:37pour justement
00:59:38cette loi
00:59:38qui permet de dépayser
00:59:39les commissions disciplinaires
00:59:42parce que les commissions disciplinaires
00:59:43qui sont issues
00:59:44des conseils d'administration
00:59:45des conseils académiques
00:59:46internes aux universités
00:59:49leur neutralité
00:59:50des fois
00:59:51est variable
00:59:53et donc
00:59:55il faut
00:59:55comment dire
00:59:57les commissions disciplinaires
00:59:58pour juger
00:59:59un étudiant
01:00:00qui a fraudé
01:00:01aux examens
01:00:01d'accord
01:00:03mais là
01:00:04vu la politisation
01:00:05de certaines universités
01:00:07et les règlements
01:00:07de comptes politiques
01:00:08qui peuvent avoir lieu
01:00:09vous avez des enseignants
01:00:11chercheurs aujourd'hui
01:00:11qui se retrouvent
01:00:13vraiment stigmatisés
01:00:14par ces commissions
01:00:16collègues à l'INALCO
01:00:17et dans l'acte d'accusation
01:00:18d'ailleurs
01:00:19il y avait écrit
01:00:20qu'elle m'avait invité
01:00:21à faire une conférence
01:00:21le fait d'avoir invité
01:00:23Fabrice Balanche
01:00:23à faire une conférence
01:00:24à l'INALCO
01:00:26ça alimentait
01:00:27le dossier
01:00:29à charge
01:00:29contre elle
01:00:30bon elle a fini
01:00:30par être relaxée
01:00:31mais ça a été six mois
01:00:32dans lesquels
01:00:33elle a dû justifier
01:00:34enfin
01:00:35pas dormi beaucoup
01:00:36se demander
01:00:37ce qui allait se passer
01:00:38etc
01:00:38donc attention
01:00:41et c'est extrajudiciaire
01:00:42en plus
01:00:49monsieur le sénateur
01:00:50Fialière
01:00:50vous avez la parole
01:00:51merci
01:00:52juste dire d'ailleurs
01:00:53que c'était
01:00:53si on l'a introduit
01:00:55dans la loi
01:00:56qu'on a fait passer
01:00:56c'est aussi à la demande
01:00:57des présidents
01:00:58de l'université
01:00:58qui le souhaitent
01:01:00je crois que
01:01:01c'est bien d'ailleurs
01:01:02de rendre
01:01:03puis
01:01:04les implications
01:01:05entre
01:01:06finalement
01:01:06une décision
01:01:09d'une
01:01:12commission de discipline
01:01:13avec après
01:01:14la justice
01:01:15parce que ça peut faire
01:01:16justement un argument
01:01:18qui peut intervenir
01:01:19donc
01:01:19enfin je crois
01:01:20que c'est bien
01:01:21moi j'ai juste
01:01:22deux questions
01:01:23je voudrais revenir
01:01:24sur ce que vous avez dit
01:01:25sur le fait
01:01:27que les chercheurs
01:01:29ne soient pas évalués
01:01:30sur leur
01:01:31finalement pratique
01:01:32pédagogique
01:01:34vous ne pensez pas
01:01:34quand même que
01:01:36lorsque des
01:01:36finalement les élèves
01:01:38deviennent étudiants
01:01:39quittent le secondaire
01:01:40avec des enseignants
01:01:41parfois bien formés
01:01:43sur la pédagogie
01:01:44c'est pas aussi stimulant
01:01:46de rencontrer
01:01:46justement des chercheurs
01:01:48parce que
01:01:49c'est
01:01:51c'est une autre approche
01:01:52et ça peut être
01:01:52un petit peu
01:01:53je veux dire
01:01:54stimulant
01:01:55ou un peu fascinant
01:01:55d'avoir des gens
01:01:56d'un monde différent
01:01:57c'est la question
01:01:58et la deuxième
01:02:00vous avez parlé
01:02:01de la dérive
01:02:02du niveau
01:02:03des étudiants
01:02:04depuis 20 ans
01:02:06aussi
01:02:08du militantisme
01:02:09vous avez
01:02:11des événements précis
01:02:13pour savoir
01:02:13à quel moment
01:02:14ça a vraiment basculé
01:02:15par exemple
01:02:16le militantisme
01:02:17enseignant
01:02:19depuis quand
01:02:20c'est devenu
01:02:21beaucoup plus problématique
01:02:24oui alors je suis tout à fait
01:02:25d'accord avec vous
01:02:25pour des étudiants
01:02:27qui viennent du secondaire
01:02:29à l'université
01:02:30on monte quand même
01:02:32d'un niveau
01:02:33et il faut avoir
01:02:34effectivement
01:02:35des chercheurs
01:02:36devant soi
01:02:36mais des chercheurs
01:02:38qui soient capables
01:02:38de transmettre
01:02:40de façon intelligible
01:02:41ces connaissances
01:02:43et qui ne noient pas
01:02:44tout le monde
01:02:46et faire un cours
01:02:48ça demande
01:02:49beaucoup d'investissement
01:02:50ça demande du temps
01:02:54trouver des exemples
01:02:55faire passer
01:02:55les connaissances
01:02:56c'est vraiment
01:02:57c'est un boulot
01:02:58à part entière
01:02:59et malheureusement
01:03:00les enseignants
01:03:02chercheurs
01:03:04à part ceux
01:03:05qui sont passés
01:03:05par l'agrégation
01:03:06et qui ont
01:03:06cette pratique
01:03:07du secondaire
01:03:09très peu
01:03:12ont eu
01:03:12une formation
01:03:13pédagogique
01:03:14et il faudrait
01:03:17qu'il y ait
01:03:17une formation
01:03:17pédagogique
01:03:18il faudrait
01:03:18qu'il y ait
01:03:19des inspections
01:03:19pédagogiques
01:03:21parce que
01:03:21c'est pas normal
01:03:22que vous êtes
01:03:23recruté
01:03:23et puis pendant
01:03:2330 ans
01:03:24on va vous laisser
01:03:24comme ça
01:03:26faire vos cours
01:03:27sans jamais
01:03:28venir vous recadrer
01:03:30vous aider
01:03:31enfin le but
01:03:31n'est pas
01:03:32d'attaquer les gens
01:03:34mais de les aider
01:03:35dans leur pratique
01:03:36et puis
01:03:36que ça soit pris
01:03:38en compte
01:03:38dans l'avancement
01:03:40parce que ça ne l'est pas
01:03:41pardon monsieur le sénateur
01:03:43avant que vous poursuiviez
01:03:43sur les questions
01:03:44de mon collègue
01:03:45est-ce que l'évaluation
01:03:45par les étudiants
01:03:47qui se pratiquent
01:03:48dans beaucoup d'universités
01:03:49à l'international
01:03:50aurait du sens
01:03:51selon vous
01:03:53en France
01:03:53ça se fait
01:03:54pratiquement pas
01:03:56après
01:03:57pourquoi pas
01:03:59à condition
01:04:00que les étudiants
01:04:01aient la maturité
01:04:02pour évaluer
01:04:03un cours
01:04:03et qu'ils ne
01:04:05donnent pas
01:04:06des bonnes notes
01:04:07qu'aux profs
01:04:08qui leur mettent
01:04:08des bonnes notes
01:04:09c'est toute
01:04:10la problématique
01:04:14alors
01:04:14à partir de
01:04:15quand on a eu
01:04:16ce militantisme
01:04:19moi
01:04:20à Lyon 2
01:04:20je l'ai perçu
01:04:23à partir
01:04:23de
01:04:24à partir
01:04:25de 2014
01:04:28ça a commencé
01:04:29il y a une douzaine
01:04:29d'années
01:04:34je m'en suis
01:04:35je m'en suis
01:04:36rendu compte
01:04:38il y a eu
01:04:39comme un changement
01:04:40de génération
01:04:40dans les enseignants
01:04:42c'est-à-dire
01:04:43chez les nouveaux
01:04:46la nouvelle génération
01:04:47qui était recrutée
01:04:48à partir
01:04:49des années 2010
01:04:49c'était pas
01:04:50complètement différente
01:04:51de l'ancienne
01:04:54et puis
01:04:55on était
01:04:56en plein printemps
01:04:56arabe
01:04:57alors moi
01:04:57je l'ai vécu aussi
01:04:58parce qu'étant
01:04:59investi
01:05:00sur ces questions
01:05:03je commençais
01:05:04à avoir
01:05:04oui
01:05:05en tout cas
01:05:06dans le domaine
01:05:06qui m'intéresse
01:05:07sur l'islamologie
01:05:08sur le Moyen-Orient
01:05:09etc
01:05:09une montée en puissance
01:05:10si vous voulez
01:05:12de militants
01:05:14pour le citer
01:05:15François Burga
01:05:16qui avait pignon sur rue
01:05:18et puis
01:05:18tous
01:05:20tous
01:05:21tous
01:05:21tous
01:05:21tous ses collègues
01:05:22qui se
01:05:23qui se sont mis
01:05:25à faire la promotion
01:05:26un peu de l'islam politique
01:05:29et puis
01:05:30ça a été aussi
01:05:30la vague
01:05:31vauquiste
01:05:31qui a fini par arriver
01:05:32en France
01:05:34venue des Etats-Unis
01:05:37avec la promotion
01:05:39des studies
01:05:40justement
01:05:41les études sur le genre
01:05:42etc
01:05:42où là
01:05:43c'est plus
01:05:44les savoirs fondamentaux
01:05:45qui sont dispensés
01:05:46mais c'est des
01:05:47savoirs thématiques
01:05:50déconnectés
01:05:51finalement
01:05:51d'un socle
01:05:54fondamental
01:05:58vous datez
01:06:00ces évolutions
01:06:02vous disiez
01:06:042014
01:06:04c'est intéressant
01:06:05parce que
01:06:06l'autonomie
01:06:07des universités
01:06:07telle que l'a porté
01:06:09la ministre Pécresse
01:06:10à l'époque
01:06:11est ultérieure
01:06:12donc vous faites pas
01:06:13de lien direct
01:06:14comme parfois
01:06:15on peut l'entendre
01:06:17entre cette autonomie
01:06:18des universités
01:06:20même si elle est
01:06:21incomplète
01:06:22et beaucoup nous disent
01:06:23qu'on est au milieu du guet
01:06:24et la montée
01:06:26de ces phénomènes
01:06:27de militantisme politique
01:06:29que vous évoquez
01:06:30il y a un lien
01:06:31il y a un lien
01:06:32parce que
01:06:32la loi Pécresse
01:06:33date de 2007
01:06:34mais
01:06:35il y a eu un effet
01:06:36d'inertie
01:06:36avant que
01:06:37ça se mette
01:06:38vraiment en place
01:06:40donc
01:06:41vous aviez
01:06:42un ancien personnel
01:06:43enseignant
01:06:44des anciennes pratiques
01:06:45dans la gestion
01:06:46des universités
01:06:47qui a survécu
01:06:48après 2007
01:06:50et puis petit à petit
01:06:52quand l'autonomie
01:06:53des universités
01:06:54a fonctionné
01:06:54à plein régime
01:06:55là
01:06:55ça a eu
01:06:58ses effets pervers
01:06:59un des effets pervers
01:07:00notamment
01:07:01de la loi Pécresse
01:07:03c'est dans le recrutement
01:07:04des enseignants-chercheurs
01:07:05c'est-à-dire
01:07:06qu'on a changé
01:07:07le mode de recrutement
01:07:07enfin
01:07:08on a changé
01:07:09c'est-à-dire qu'avant
01:07:09il y avait une commission
01:07:10qui était élue
01:07:10au sein du département
01:07:13et qui était élue
01:07:14pour 5 ans
01:07:14et qui allait choisir
01:07:17s'occuper du recrutement
01:07:18et puis les postes
01:07:19étaient décidés
01:07:19aussi en national
01:07:20alors que là
01:07:21on a confié
01:07:22la gestion des postes
01:07:23aux universités
01:07:25et le recrutement
01:07:26se fait
01:07:27grâce à une commission
01:07:28qui est créée
01:07:29spécifiquement
01:07:30pour chaque poste
01:07:31ad hoc
01:07:32donc il y a
01:07:33un président de commission
01:07:34qui est désigné
01:07:35par le CA
01:07:36de l'université
01:07:36et qui va choisir
01:07:37les spécialistes
01:07:38de la discipline
01:07:41très bien
01:07:42ça sur le papier
01:07:43c'est très bien
01:07:44c'est ce qu'on fait
01:07:44aux Etats-Unis
01:07:45ou ailleurs
01:07:46un petit problème
01:07:47c'est que le profil
01:07:49de poste
01:07:49bien souvent
01:07:50il est fait
01:07:50en fonction de la personne
01:07:51qu'on veut recruter
01:07:52ou de la personne
01:07:52qu'on ne veut pas recruter
01:07:54ensuite la commission
01:07:55elle est constituée
01:07:56en fonction
01:07:57de ça
01:07:58et on arrive
01:08:01à renforcer
01:08:01si vous voulez
01:08:02le clientélisme
01:08:04le localisme
01:08:04dans les recrutements
01:08:06et forcément
01:08:06la politisation
01:08:08du recrutement
01:08:10en 2015
01:08:11j'ai été
01:08:15comment dire
01:08:16victime
01:08:17à l'IEP de Lyon
01:08:19d'un recrutement
01:08:21comme ça
01:08:24comment on appelle ça
01:08:25on ne m'a pas classé
01:08:26sur un poste
01:08:28j'avais été retenu
01:08:29à l'oral
01:08:30on ne m'avait pas repassé
01:08:30j'ai été au tribunal administratif
01:08:33et le tribunal administratif
01:08:34a conclu
01:08:35que la commission
01:08:36de recrutement
01:08:37avait manqué
01:08:38d'impartialité
01:08:38donc le concours
01:08:40a été arrêté
01:08:42a été cassé
01:08:46le concours
01:08:46a été cassé
01:08:47bon
01:08:47ça n'a pas empêché
01:08:48ensuite
01:08:49la personne
01:08:50qui avait été
01:08:50classée première
01:08:50d'être maintenue
01:08:52quand la même commission
01:08:54s'est réunie de nouveau
01:08:55puisqu'évidemment
01:08:56elle n'allait pas
01:08:57se déjuger
01:08:58bon
01:08:59ma petite pire
01:08:59à l'édifice
01:09:00c'est que quand même
01:09:00après ce jugement
01:09:01du tribunal administratif
01:09:03la ministre
01:09:04a sorti un décret
01:09:05comme quoi
01:09:06si vous étiez
01:09:09membre d'une commission
01:09:10de recrutement
01:09:11et que votre
01:09:12thésard
01:09:13était retenu
01:09:14à l'oral
01:09:15vous deviez quitter
01:09:15la commission
01:09:17ça coulait
01:09:18c'était quand même
01:09:19évident
01:09:20mais il a fallu
01:09:20attendre
01:09:21cette décision
01:09:22du tribunal administratif
01:09:23pour qu'on arrête
01:09:26le népotisme
01:09:27et bon
01:09:28on ne l'a pas forcément
01:09:28complètement arrêté
01:09:29bon
01:09:30Najat Vallaud-Belkacem
01:09:31qui était la ministre
01:09:32à l'époque
01:09:33a pris ce décret
01:09:36par rapport
01:09:37aux relations
01:09:39incestueuses
01:09:39qui pouvaient
01:09:40justement
01:09:40avoir lieu
01:09:42et altérer
01:09:42le jugement
01:09:43d'un membre
01:09:44du jury
01:09:45si son doctorant
01:09:46était évidemment
01:09:47à l'oral
01:09:48mais
01:09:51le problème
01:09:52qu'il y avait eu
01:09:52n'était pas
01:09:54que par rapport
01:09:54à ça
01:09:55c'était aussi
01:09:55par rapport
01:09:57comment dire
01:09:58au choix politique
01:09:59c'était un choix politique
01:10:00qui était fait
01:10:03ce que le juge
01:10:04avait mis aussi
01:10:04en valeur
01:10:05c'était justement
01:10:06ça
01:10:06qu'il y avait
01:10:06des arrières-pensées
01:10:07politiques
01:10:07derrière le recrutement
01:10:10donc c'est pour ça
01:10:11que je le date
01:10:12de cette époque
01:10:12parce que
01:10:13c'était 2014
01:10:13justement
01:10:14quand j'ai été refusé
01:10:18à l'IEP de Lyon
01:10:21puis à la suite de ça
01:10:22je suis parti aux Etats-Unis
01:10:23trois ans
01:10:23parce que
01:10:25j'étais vraiment
01:10:26amer
01:10:27par rapport
01:10:27au système
01:10:28de recrutement
01:10:29donc le système
01:10:30de recrutement
01:10:30il faut le revoir
01:10:31parce que
01:10:31sur le papier
01:10:32c'est très bien
01:10:32de rassembler
01:10:34les spécialistes
01:10:35de la discipline
01:10:37à condition
01:10:37que ces spécialistes
01:10:38de la discipline
01:10:39soient vraiment
01:10:40des gens intègres
01:10:41et pas qu'on recrute
01:10:45par un copain
01:10:46parce que
01:10:48là ça ne va pas
01:10:48et avant
01:10:50finalement
01:10:50quand ce n'était pas
01:10:50des spécialistes
01:10:51de la discipline
01:10:52qui recrutaient
01:10:52mais une commission
01:10:53qui était élue
01:10:53pour 4 ou 5 ans
01:10:55le recrutement
01:10:56était beaucoup plus
01:10:57honnête finalement
01:10:58comme le recrutement
01:11:00des profs du secondaire
01:11:01j'ai passé la grec
01:11:03il y avait un de mes profs
01:11:05qui était dans le jury
01:11:06il est sorti de la salle
01:11:09pour ne pas influencer le jury
01:11:10il faut des chercheurs
01:11:11oui
01:11:12tout à fait
01:11:17question ?
01:11:20merci beaucoup
01:11:21merci beaucoup
01:11:22pour votre témoignage
01:11:24allez deuxième audition
01:11:26que nous vous proposons
01:11:27de suivre
01:11:27celle de Valérie Pécresse
01:11:28la présidente LR
01:11:30de la région Île-de-France
01:11:31était ministre
01:11:32de l'enseignement supérieur
01:11:33entre 2007 et 2011
01:11:35elle a fait adopter
01:11:37la loi sur l'autonomie
01:11:38des universités
01:11:38on l'écoute
01:11:39je pense qu'il faut
01:11:41une étape 2
01:11:41à la loi
01:11:42autonomie
01:11:44des universités
01:11:45dite loi LRU
01:11:46responsabilité
01:11:47et liberté
01:11:47des universités
01:11:48que nous avons
01:11:49porté
01:11:50en 2007
01:11:52vous me parlez
01:11:54d'excellence
01:11:54académique
01:11:55des universités
01:11:56je pense que
01:11:57liberté
01:11:58et responsabilité
01:11:59sont vraiment
01:12:00les deux piliers
01:12:00pour renforcer
01:12:01cette excellence
01:12:03académique
01:12:04alors je vous parle
01:12:05vous l'avez dit
01:12:06en tant qu'ancienne
01:12:07ministre de la recherche
01:12:07de 2007 à 2011
01:12:09en tant que porteuse
01:12:10de cette loi
01:12:11mais aussi
01:12:11de toute une série
01:12:13d'initiatives
01:12:15le plan campus
01:12:16le PIA
01:12:17le premier plan
01:12:19d'investissement
01:12:20d'avenir
01:12:20donc toute une série
01:12:22le regroupement
01:12:24des campus
01:12:24avec les initiatives
01:12:26IDEX
01:12:26voilà
01:12:27donc on a
01:12:28on a plein de choses
01:12:30effectivement
01:12:33donc il faut
01:12:34qu'on tire
01:12:34un bilan
01:12:35aujourd'hui
01:12:36et je vais le faire
01:12:37mais je parle aussi
01:12:39en tant que présidente
01:12:40de la région
01:12:40Île-de-France
01:12:41et vous l'avez dit
01:12:42la région Île-de-France
01:12:42c'est 810 000 étudiants
01:12:4417 universités
01:12:4570 écoles
01:12:47et 40%
01:12:48de la recherche
01:12:48et du développement
01:12:49français
01:12:50c'est la gestion
01:12:51d'un contrat de plan
01:12:52État-région
01:12:53de 1 milliard d'euros
01:12:54en partenariat
01:12:5550-50 avec l'État
01:12:57donc oui
01:12:58effectivement
01:12:58on s'intéresse
01:12:59aussi énormément
01:13:00aux universités
01:13:01et je préside
01:13:02l'établissement public
01:13:04d'aménagement
01:13:04de Paris-Saclay
01:13:06qui a vocation
01:13:07à être le moteur
01:13:08technologique
01:13:09de la France
01:13:10et là aussi
01:13:11si vous avez des questions
01:13:12sur Paris-Saclay
01:13:14je serai très heureuse
01:13:15d'y répondre
01:13:17alors
01:13:19on ne peut pas
01:13:21séparer
01:13:22l'excellence académique
01:13:23des universités
01:13:24de leur excellence
01:13:25de recherche
01:13:25mais j'ai compris
01:13:26que vous
01:13:26vous focalisiez
01:13:28d'abord
01:13:28sur l'excellence académique
01:13:29donc je vais vous parler
01:13:30d'abord de la mission
01:13:31formation
01:13:31des universités
01:13:33bien que
01:13:34depuis la loi LRU
01:13:35les universités
01:13:36aient en réalité
01:13:37trois missions
01:13:38la formation
01:13:39la recherche
01:13:40et à la demande
01:13:41des étudiants
01:13:41l'insertion professionnelle
01:13:43des jeunes
01:13:43et je pense que c'est
01:13:44très important
01:13:45qu'on en parle
01:13:46parce que
01:13:46qui dit excellence académique
01:13:48dit aussi
01:13:49s'adapter
01:13:50aux nouveaux métiers
01:13:53et je pense que
01:13:54l'arrivée
01:13:55de l'intelligence artificielle
01:13:56va contribuer
01:13:57à changer
01:13:59profondément
01:13:59la nature
01:14:00des métiers
01:14:01de tous
01:14:02les métiers
01:14:02on était déjà
01:14:03avec
01:14:04j'allais dire
01:14:05une université
01:14:06qui était confrontée
01:14:06à la réalité
01:14:07du monde du travail
01:14:08actuel
01:14:08qui est que
01:14:10au bout de 5 à 10 ans
01:14:11tous les jeunes
01:14:12ont changé de métier
01:14:13mais
01:14:14là
01:14:15avec l'IA
01:14:15évidemment
01:14:16on va savoir
01:14:16s'interroger
01:14:17sur à quel métier
01:14:18il faut les former
01:14:19et de ce point de vue
01:14:21mais j'y reviendrai
01:14:23je pense que
01:14:25des études
01:14:26prospectives
01:14:27sur l'avenir du travail
01:14:28et l'avenir des métiers
01:14:30doivent vraiment
01:14:31être lancées
01:14:31dans le cadre
01:14:32notamment
01:14:32de la présidentielle
01:14:33de 2027
01:14:34parce que
01:14:34si on veut
01:14:35changer
01:14:36les offres
01:14:37de formation
01:14:38et je parle là
01:14:39en tant que présidente
01:14:39de région
01:14:40qui est en charge
01:14:40les formations
01:14:41professionnelles
01:14:42avec les rectorats
01:14:44pour le pré-bac
01:14:45en fait
01:14:46changer des offres
01:14:47de formation
01:14:47c'est long
01:14:48parce qu'il faut
01:14:49avoir les formateurs
01:14:50formés
01:14:51donc en fait
01:14:52changer une offre
01:14:52de formation
01:14:53c'est aussi
01:14:53ouvrir des formations
01:14:55différentes
01:14:55pour les diplômés
01:14:56pour former
01:14:57les professeurs
01:14:58de demain
01:14:58donc tout ça
01:14:58s'anticipe
01:14:59et je pense
01:15:00que la France
01:15:01doit réaliser
01:15:02aujourd'hui
01:15:03ce que
01:15:04on fait réaliser
01:15:07je pense
01:15:08de manière
01:15:09microéconomique
01:15:10aux entreprises
01:15:11c'est à dire
01:15:12faire un vrai plan
01:15:13de gestion
01:15:14prévisionnelle
01:15:15des emplois
01:15:16à horizon
01:15:172032
01:15:172037
01:15:18comment est-ce
01:15:19que tout ça
01:15:20va complètement
01:15:21changer
01:15:21la nature
01:15:23même
01:15:23de l'offre
01:15:24de formation
01:15:25alors
01:15:26si je reviens
01:15:27sur
01:15:28la promulgation
01:15:30de la loi
01:15:30du 10 août
01:15:302007
01:15:31on est presque
01:15:3120 ans
01:15:32après
01:15:33ça ne me rajeunit
01:15:35pas cette audition
01:15:36je crois
01:15:37qu'effectivement
01:15:38il est important
01:15:39de tirer le bilan
01:15:39de cette loi
01:15:42et de donner
01:15:43une nouvelle perspective
01:15:44aux établissements
01:15:45et à la jeunesse
01:15:46de notre pays
01:15:47cette réforme
01:15:49elle était ambitieuse
01:15:50parce que l'idée
01:15:51c'était
01:15:51de donner vraiment
01:15:53aux universités
01:15:54une liberté de gestion
01:15:56qui leur faisait
01:15:57complètement défaut
01:15:58et elle avait été
01:16:00accompagnée
01:16:00d'un financement
01:16:01massif par l'état
01:16:04et bien
01:16:05et au-delà
01:16:06du PIA
01:16:06parce qu'il y avait
01:16:07une dotation
01:16:08très importante
01:16:09qui a été donnée
01:16:10à chaque université
01:16:10au moment du passage
01:16:11à l'autonomie
01:16:12et ensuite
01:16:12il y a eu
01:16:13le plan d'investissement
01:16:14d'avenir
01:16:16dont l'ambition
01:16:17n'est plus
01:16:18à démontrer
01:16:18et puis
01:16:19il y avait
01:16:19à côté
01:16:19la création
01:16:20de l'agence
01:16:21nationale
01:16:21de la recherche
01:16:21qui a aussi
01:16:22abondé
01:16:23la recherche
01:16:24sur projet
01:16:25dans le cadre
01:16:26de l'excellence
01:16:27universitaire
01:16:27par ailleurs
01:16:29et pour compléter
01:16:30le président
01:16:31Nicolas Sarkozy
01:16:33avait souhaité
01:16:33que nous mettions
01:16:34en place
01:16:34un plan
01:16:35campus
01:16:35de 5 milliards
01:16:36d'euros
01:16:36qui avait été
01:16:38financé
01:16:38vous le souvenez
01:16:39par la vente
01:16:40de 3%
01:16:41du capital
01:16:42d'EDF
01:16:42donc il s'agissait
01:16:44vraiment
01:16:44de transformer
01:16:46profondément
01:16:47l'université
01:16:48de la faire changer
01:16:48d'échelle
01:16:49et à travers
01:16:50le plan campus
01:16:50de recoudre
01:16:52les fractures
01:16:53universitaires
01:16:54de mai 68
01:16:55mai 68
01:16:56vous le savez
01:16:56a eu pour conséquence
01:16:58que dans chaque territoire
01:17:00Toulouse
01:17:01Bordeaux
01:17:02Marseille
01:17:03Strasbourg
01:17:04Lyon
01:17:05en fait
01:17:06les universités
01:17:07se scindent
01:17:07dans une logique
01:17:08facultaire
01:17:09et donc
01:17:09on avait
01:17:10des universités
01:17:11qui d'ailleurs
01:17:11très souvent
01:17:12sur des affinités
01:17:14de discipline
01:17:15mais aussi politiques
01:17:16se sont scindées
01:17:18donc le droit
01:17:19et la médecine
01:17:19d'un côté
01:17:20les sciences humaines
01:17:21de l'autre
01:17:22les sciences dures
01:17:23d'un troisième
01:17:23et donc
01:17:24on avait
01:17:24des pôles universitaires
01:17:26dans chaque ville
01:17:27de France
01:17:27qui étaient des pôles
01:17:28universitaires
01:17:28complètement fracturés
01:17:30l'objectif
01:17:31du plan campus
01:17:31était grâce
01:17:32à cet argent
01:17:33de provoquer
01:17:34une
01:17:35une
01:17:36une
01:17:38une vraie
01:17:39je ne sais pas
01:17:40comment on peut dire
01:17:40un recousage
01:17:41une vraie
01:17:44une vraie
01:17:45réparation
01:17:46enfin une vraie
01:17:47une vraie cohésion
01:17:48de ces pôles universitaires
01:17:49pour faire émerger
01:17:50et c'était
01:17:51vous le savez
01:17:51l'une des propositions
01:17:52du rapport
01:17:53Attali
01:17:54de faire émerger
01:17:55un certain nombre
01:17:56de pôles universitaires
01:17:57à visibilité mondiale
01:18:00pluridisciplinaire
01:18:00transdisciplinaire
01:18:01avec la certitude
01:18:03que nous avions
01:18:04à l'époque
01:18:04que la très bonne recherche
01:18:06elle est
01:18:07pluridisciplinaire
01:18:08et que donc
01:18:09mettre les sciences humaines
01:18:10à l'écart des sciences dures
01:18:11ou les sciences dures
01:18:12à l'écart de la médecine
01:18:13ou la médecine
01:18:13à l'écart du droit
01:18:15et de la gestion
01:18:16c'était absurde
01:18:17et l'avenir
01:18:17nous a donné
01:18:18complètement raison
01:18:19parce qu'en réalité
01:18:20on le voit
01:18:20et de plus en plus
01:18:21aujourd'hui
01:18:22avec notamment
01:18:23l'IA
01:18:24mais pas que
01:18:25on voit bien
01:18:26que la recherche
01:18:27elle doit être
01:18:28par nature
01:18:29pluridisciplinaire
01:18:29donc moi
01:18:30l'un des bilans
01:18:31très positifs
01:18:32que je tisse
01:18:32de la loi
01:18:33autonomie des universités
01:18:34c'est qu'elle a
01:18:35permis l'émergence
01:18:36d'un certain nombre
01:18:37de pôles disciplinaires
01:18:38elle n'a pas suffi
01:18:39à permettre leur émergence
01:18:40je le dis
01:18:40et on voit bien
01:18:42que là où les pôles
01:18:43ont émergé
01:18:43il a fallu aussi
01:18:45qu'on ait
01:18:45une gouvernance
01:18:46et des leaders
01:18:47qui soient
01:18:48à la hauteur
01:18:49et je voudrais
01:18:51rendre hommage
01:18:52ici
01:18:52devant votre
01:18:54assemblée
01:18:55à un certain nombre
01:18:56de grands présidents
01:18:57d'universités
01:18:58qui ont été
01:19:00à l'origine
01:19:01de cette
01:19:02couture
01:19:03recouture
01:19:05recouture
01:19:05du paysage
01:19:06universitaire
01:19:07voire même
01:19:08de la réconciliation
01:19:11de territoires
01:19:13qui ne se parlaient pas
01:19:14je pense à l'université
01:19:15de Lorraine
01:19:16fusion grâce
01:19:16au président
01:19:17finance
01:19:18qui a réussi
01:19:19à fusionner
01:19:20Nancy-MS
01:19:21voilà
01:19:21je pense
01:19:23au président
01:19:26Berlan
01:19:26qui a réussi
01:19:27à faire la fusion
01:19:28d'ex-Marseille
01:19:29je pense
01:19:30au président
01:19:30Beretz
01:19:31qui a réussi
01:19:31à faire
01:19:32l'université
01:19:33unique
01:19:33de Strasbourg
01:19:35pardon
01:19:35de Strasbourg
01:19:36je pense
01:19:37au président
01:19:38Thulon de Lara
01:19:38qui a réussi
01:19:39à fusionner
01:19:40un certain nombre
01:19:40des universités
01:19:41bordelaises
01:19:42donc tout ça
01:19:44a permis
01:19:45vraiment
01:19:46de changer
01:19:47le visage
01:19:47de l'université
01:19:48française
01:19:48on a aujourd'hui
01:19:49un certain nombre
01:19:49de pôles
01:19:50parmi lesquels
01:19:51aujourd'hui
01:19:51d'autres
01:19:52chronobles
01:19:52d'autres
01:19:53qui continuent
01:19:53d'être très morcelés
01:19:55qui n'ont pas
01:19:56réussi à faire
01:19:56cette fusion
01:19:57là encore
01:19:58très souvent
01:19:58pour des raisons
01:19:59soit politiques
01:20:00soit de personnes
01:20:00la vérité
01:20:01c'est que la politique
01:20:02est extraordinairement
01:20:04présente à l'université
01:20:05et à mon sens
01:20:06trop présente
01:20:07trop présente
01:20:08parce que
01:20:10elle empêche
01:20:11d'objectiver
01:20:12un certain nombre
01:20:13de sujets
01:20:13et l'un des sujets
01:20:15qu'il faut absolument
01:20:16objectiver
01:20:16l'un des
01:20:20non-aboutissements
01:20:21de la loi
01:20:21et les rues
01:20:22c'est finalement
01:20:23à mon sens
01:20:25la place
01:20:26qui est donnée
01:20:26à la société civile
01:20:27dans la gouvernance
01:20:29de l'université
01:20:30à la société civile
01:20:31et aux financeurs
01:20:32je m'explique
01:20:35dans toutes
01:20:35les universités
01:20:36du monde
01:20:37il y a quand même
01:20:37un principe
01:20:38qui est
01:20:39que le payeur
01:20:40peut quand même
01:20:41dire son mot
01:20:42or aujourd'hui
01:20:43le payeur
01:20:43dans l'université française
01:20:44c'est l'État
01:20:45et bizarrement
01:20:46l'État
01:20:47est la seule personne
01:20:48qui n'est pas
01:20:49du tout présente
01:20:50dans les conseils
01:20:51d'administration
01:20:52des universités
01:20:52en tout cas
01:20:53pas avec voix délibérative
01:20:54même s'il peut être invité
01:20:55et je pense
01:20:57qu'il faut quand même
01:20:57qu'on réfléchisse
01:20:58à cette question
01:20:58c'est très paradoxal
01:21:00de voir
01:21:01dans les conseils
01:21:02d'administration
01:21:02des universités
01:21:03autonomes
01:21:03de voir
01:21:06trois représentants
01:21:06des collectivités
01:21:07territoriales
01:21:08qui certes
01:21:08financent
01:21:09mais à beaucoup
01:21:09moins de mesure
01:21:11et zéro représentant
01:21:13de l'État
01:21:13alors ce qu'il faut
01:21:14sans doute
01:21:15c'est que ces représentants
01:21:16de l'État
01:21:16ne soient pas
01:21:17la direction du budget
01:21:18ou le préfet de région
01:21:19parce que
01:21:21on nous dira
01:21:22vous revenez
01:21:23sur l'autonomie
01:21:24qui a été donnée
01:21:24aux universités
01:21:25mais peut-être
01:21:26que l'État
01:21:26le ministère
01:21:27de l'enseignement supérieur
01:21:28pourrait nommer
01:21:30dans chaque université
01:21:31de France
01:21:32trois personnes
01:21:34qualifiées
01:21:34en charge
01:21:35de représenter
01:21:36les intérêts
01:21:36de l'État
01:21:37qui pourraient être
01:21:37des grands chercheurs
01:21:38qui pourraient être
01:21:39des grands pédagogues
01:21:40qui pourraient être
01:21:41des anciens recteurs
01:21:42voilà
01:21:43des personnalités
01:21:44de qualité
01:21:44des membres
01:21:45de l'académie
01:21:45des sciences
01:21:46de l'académie de médecine
01:21:48j'allais dire
01:21:48je ne vais pas dire
01:21:49peu importe
01:21:50ce que je veux dire
01:21:51c'est que le message
01:21:52de l'État
01:21:52l'esprit
01:21:54de la politique
01:21:56de l'enseignement supérieur
01:21:57au sens national
01:21:59du terme
01:21:59je pense
01:22:00qu'elle mériterait
01:22:01d'être un peu plus relayée
01:22:02et l'État
01:22:03étant le payeur
01:22:04l'État devrait
01:22:05être présent
01:22:06au moins
01:22:07par des représentants
01:22:08dans les conseils
01:22:09d'administration
01:22:09des universités
01:22:10et je le dis
01:22:12parce que
01:22:13ça mettrait
01:22:15évidemment
01:22:15un peu de liant
01:22:17mais évidemment
01:22:18il faudrait
01:22:19savoir
01:22:20où est-ce que
01:22:20l'État
01:22:21nomme
01:22:21qui l'État
01:22:22nomme
01:22:22je pense vraiment
01:22:23qu'il faut
01:22:24qu'on mette
01:22:24des personnalités
01:22:25qualifiées
01:22:25donc c'est des pédagogues
01:22:26des scientifiques
01:22:27ou des représentants
01:22:29des administratifs
01:22:31qui sont chevronnés
01:22:33la question
01:22:34de l'administration
01:22:35de l'université
01:22:35est une vraie question
01:22:36parce qu'on a donné
01:22:37l'autonomie
01:22:38aux universités
01:22:39mais aujourd'hui
01:22:40un président d'université
01:22:41est d'abord
01:22:42un enseignant-chercheur
01:22:44loin de moi
01:22:45l'idée de dénigrer
01:22:46les enseignants-chercheurs
01:22:47je suffis moi-même
01:22:47d'enseignants-chercheurs
01:22:48donc je ne les dénigrerai pas
01:22:50mais être enseignant-chercheur
01:22:52ne qualifie pas forcément
01:22:53pour faire de l'administration
01:22:54donc le sujet
01:22:55de la direction générale
01:22:57d'une université
01:22:58qui est quand même
01:22:58quelque chose d'important
01:22:59c'est un service public
01:23:00d'enseignement supérieur
01:23:02est très important
01:23:03donc il faut renforcer aussi
01:23:04cette dimension
01:23:04administrative de l'université
01:23:06et puis
01:23:07il y a
01:23:07la question
01:23:08donc
01:23:09la question se pose
01:23:10de savoir
01:23:11si
01:23:13dans l'élection
01:23:14d'un président d'université
01:23:15cette dimension
01:23:16d'administration
01:23:17de capacité à administrer
01:23:19peut être prise en compte
01:23:20ou pas
01:23:21alors c'est un peu paradoxal
01:23:23de le dire
01:23:23mais
01:23:23je ne suis pas certaine
01:23:25qu'aujourd'hui
01:23:27quand on cherche
01:23:27un président d'université
01:23:29si on cherche
01:23:29le président du CNRS
01:23:30par exemple
01:23:31qu'est-ce qu'on fait ?
01:23:32on fait un appel
01:23:33d'offre internationale
01:23:34et on fait un appel
01:23:35à la candidature internationale
01:23:36et on dit
01:23:36présentez vos candidatures
01:23:37alors
01:23:38je dois le dire
01:23:39que depuis la nuit des temps
01:23:41le président du CNRS
01:23:42a toujours été un français
01:23:43et très souvent
01:23:44un ancien du CNRS
01:23:45mais
01:23:46ça n'empêche pas
01:23:47qu'on cherche
01:23:48et qu'on ouvre
01:23:49je ne suis pas certaine
01:23:50que pour la présidence
01:23:51des universités
01:23:52ce soit le cas
01:23:53je ne suis pas certaine
01:23:53qu'on puisse même
01:23:54imaginer en France
01:23:55de nommer un président
01:23:56d'université
01:23:57qui ne soit pas
01:23:57totalement issu
01:23:59allez on va le dire
01:24:00de la tête de liste
01:24:02de la liste des professeurs
01:24:04au conseil d'administration
01:24:05donc
01:24:05c'est ça
01:24:06ce que j'appelle
01:24:07la question
01:24:08de la politisation
01:24:09est-ce qu'un président
01:24:10de l'université
01:24:10ne pourrait pas être recruté
01:24:12le président de l'université
01:24:13de Marseille
01:24:13ne pourrait pas être
01:24:14un grand chercheur marseillais
01:24:16qui aurait travaillé
01:24:18dans des universités étrangères
01:24:19si on fait le parallèle
01:24:20avec les capitaines
01:24:21d'équipe de foot
01:24:23ou avec les capitaines
01:24:24d'équipe de rugby
01:24:24quand on a une équipe
01:24:26à gérer
01:24:27quand on cherche
01:24:28un grand directeur
01:24:29d'une entreprise
01:24:30on va le chercher
01:24:30dans le monde entier
01:24:31quand on cherche
01:24:31le directeur
01:24:33même d'un grand service
01:24:34public aujourd'hui
01:24:35on va le chercher
01:24:35dans le monde entier
01:24:36le président d'Air France
01:24:37on l'a trouvé au Canada
01:24:38je veux dire
01:24:39donc des grandes entreprises
01:24:40publiques
01:24:40peuvent aussi avoir
01:24:41des présidents
01:24:42qui viennent de l'étranger
01:24:42ça n'est pas forcément mal
01:24:45pourquoi je dis ça ?
01:24:46c'est parce que
01:24:47une des choses
01:24:48qui peut tuer
01:24:48l'excellence académique
01:24:49c'est le localisme
01:24:50et on va dire ce mot
01:24:52parce que le localisme
01:24:53et bien
01:24:53c'est quelque chose
01:24:54qui enferme
01:24:55et l'université
01:24:56par définition
01:24:56elle est internationale
01:24:57et elle est
01:24:57un rayonnement mondial
01:24:58voilà
01:24:58donc vous me permettrez
01:25:00de mettre les pieds
01:25:00dans le plat
01:25:01sur tous les sujets
01:25:01qui fâchent
01:25:02mais c'est mon devoir
01:25:03parce que c'est mon expérience
01:25:05donc ouvrir peut-être
01:25:07aussi le recrutement
01:25:08des présidents d'université
01:25:08au-delà de nos frontières
01:25:10au-delà de simplement
01:25:12le respect
01:25:13d'un vote interne
01:25:15à l'université
01:25:16et puis il y a la question
01:25:17de la représentation
01:25:18du monde économique
01:25:19qui est encore
01:25:19beaucoup trop insuffisante
01:25:21je pense
01:25:21dans les conseils
01:25:22d'administration
01:25:23alors certes
01:25:24il y a des personnalités
01:25:24qualifiées
01:25:25mais leur mode de désignation
01:25:27par justement toujours
01:25:28la liste
01:25:29qui a été élue
01:25:30enfin les listes
01:25:30qui ont été élues
01:25:31me semblent pas
01:25:32être le bon
01:25:33je pense qu'il faudrait
01:25:34que le monde économique
01:25:35alors il faut trouver
01:25:36les moyens
01:25:37de les représenter
01:25:38peut-être faire intervenir
01:25:41les conseils économiques
01:25:42et sociaux
01:25:43enfin je ne sais pas
01:25:44comment est-ce qu'on pourrait
01:25:45on pourrait les faire
01:25:45faire désigner
01:25:47des listes de personnalités
01:25:48du monde économique
01:25:49mais il faut qu'il y ait
01:25:51des employeurs
01:25:52systématiquement
01:25:52dans les universités
01:25:53et bien souvent
01:25:54dans les conseils
01:25:54d'administration
01:25:55de l'université
01:25:55les employeurs qui sont là
01:25:57sont des employeurs publics
01:25:58alors j'ai beaucoup de respect
01:25:59pour la fonction publique
01:26:00j'en fais partie moi-même
01:26:01je suis une ancienne fonctionnaire
01:26:02mais l'emploi
01:26:06n'est pas exclusivement public
01:26:07dans notre pays
01:26:07il y a aussi de l'emploi privé
01:26:09donc je pense
01:26:10qu'il faut qu'on puisse avoir
01:26:13en fait il faut qu'on ait
01:26:14les employeurs
01:26:15qui soient représentatifs
01:26:16du territoire
01:26:16l'État a fait ce travail
01:26:18avec la création
01:26:19des bureaux des entreprises
01:26:20dans les lycées
01:26:21tout récemment
01:26:22qui est une très belle initiative
01:26:23qui est saluée
01:26:24y compris par la communauté éducative
01:26:26ça permet de rapprocher
01:26:28le monde de l'entreprise
01:26:29du territoire
01:26:32du lycée
01:26:32donc moi je pense
01:26:33qu'il faut qu'on commence
01:26:34à réfléchir
01:26:35à comment est-ce qu'on pourrait
01:26:36faire venir dans les conseils
01:26:37d'administration d'université
01:26:38ça ne va pas plaire
01:26:39à toutes les universités
01:26:40je sais qu'on va m'expliquer
01:26:41que dans certaines universités
01:26:42il y a évidemment
01:26:43les entreprises du territoire
01:26:45je ne sais plus combien
01:26:46il y a d'universités
01:26:47aujourd'hui en France
01:26:48il y en a des dizaines
01:26:49donc le sujet
01:26:50aujourd'hui
01:26:51n'est pas de pointer
01:26:52telle ou telle université
01:26:53en disant
01:26:53celle-là elle a bien fait
01:26:54celle-là elle a mal fait
01:26:55c'est pas du tout
01:26:55moi je parle d'un sujet
01:26:56systémique
01:26:57voilà je pense
01:26:58qu'il faudrait que
01:26:59est-ce que c'est 25%
01:27:0130%
01:27:02d'un conseil d'administration
01:27:03d'université
01:27:04parce que c'est sa troisième mission
01:27:06ce soit les employeurs
01:27:07voilà
01:27:08et que le collège des employeurs
01:27:09il doit être
01:27:10d'abord local
01:27:12pourquoi d'abord local
01:27:13parce que
01:27:13évidemment
01:27:14c'est évident
01:27:15que l'université
01:27:16a d'abord
01:27:17pour vocation
01:27:17de former
01:27:18à Clermont-Ferrand
01:27:19les futurs cadres
01:27:21de Michelin
01:27:22voilà
01:27:23et à Orsay
01:27:25sans doute
01:27:25les futurs
01:27:27les futurs
01:27:28salariés
01:27:29de
01:27:29alors je vais dire
01:27:30je vais pas m'engager
01:27:31sur les entreprises
01:27:32dont il faut former les cadres
01:27:33mais en tout cas
01:27:34l'objectif
01:27:35de former
01:27:36les entreprises
01:27:38du territoire
01:27:38bon de Thalès
01:27:39allez je me lance
01:27:40donc les entreprises
01:27:42du territoire
01:27:42sont évidemment
01:27:43prioritaires
01:27:44voilà
01:27:45donc
01:27:46voilà pour la gouvernance
01:27:48mais je pense
01:27:49que cette question
01:27:49de la gouvernance
01:27:50est clé
01:27:51parce qu'on n'est pas allé au bout
01:27:52on n'est pas allé au bout
01:27:53et on n'est pas allé
01:27:53on sait très bien
01:27:54pourquoi on n'est pas allé au bout
01:27:55au fond
01:27:55on n'est pas allé au bout
01:27:57parce que c'est un sujet
01:27:59de dynamite explosive
01:28:00mais qui
01:28:01et qui se révèle
01:28:03qui se révèle vraiment
01:28:04à mon avis
01:28:05être un
01:28:06une des choses
01:28:07que l'étranger
01:28:07ne comprend pas
01:28:08dans le fonctionnement
01:28:08de l'université française
01:28:10c'est la fin de cette émission
01:28:11merci à vous de l'avoir suivie
01:28:13n'hésitez pas
01:28:14à lire les décryptages
01:28:14de la rédaction
01:28:15et à voir nos replays
01:28:16sur publicsénat.fr
01:28:17très belle suite des programmes
01:28:19sur notre antenne
01:28:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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