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  • il y a 11 heures
Mercredi 17 juin 2026, retrouvez Anne-Charlotte Fredenucci (Présidente, Ametra Group) dans ÉMISSIONS SPÉCIALES.

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00:00...
00:08Bienvenue sur Bismarck for Change, sur le salon Eurosatory.
00:12Rendez-vous des acteurs de l'industrie de la défense.
00:15Bismarck accueilli par Ametra Group, un acteur dans l'industrie et dans l'ingénierie industrielle,
00:22et notamment dans le secteur de la défense.
00:24Nous allons le voir avec la présidente d'Ametra Group.
00:26Bonjour.
00:27Bonjour.
00:28Anne-Charlotte Fredenucci.
00:30Merci déjà de nous accueillir ici.
00:32Merci.
00:32Merci à vous.
00:3440 ans d'histoire dans l'ingénierie industrielle.
00:36Vous avez repris le flambeau de votre papa en 2009.
00:40Qu'est-ce qui vous a attiré pour reprendre cette affaire familiale ?
00:45Eh bien, ça a été un coup de cœur, en fait, rentrer dans ce groupe Ametra.
00:49Depuis toujours, j'aime les objets techniques, j'aime ceux qui roulent, ceux qui volent,
00:54ceux qui se démontent, ceux qui se remontent.
00:57Finalement, même si je n'ai pas fait une école d'ingénieur, je crois que j'avais ça dans mon
01:01ADN.
01:02Et quand j'ai vu ce que faisaient les équipes d'Ametra, à quel point les projets complexes sur lesquels
01:06elles travaillaient étaient passionnants,
01:08et à quel point étaient impliquées toutes les équipes, je me suis dit que je ne pouvais pas rater à
01:12côté de ça,
01:12je ne pouvais pas passer à côté de ça, et j'ai repris le groupe Ametra.
01:16Se dire que c'est une affaire familiale, c'est important pour vous ? C'est quelque chose que vous
01:20mettez en avant ?
01:20Oui, c'est vraiment quelque chose d'important dans le groupe Ametra, parce qu'une affaire familiale,
01:24ça veut dire une affaire dans laquelle l'actionnaire a un visage, dans laquelle l'actionnaire et aussi la présidente,
01:30qui est en face de vous, se bat aux côtés des équipes, pour faire en sorte que nos développements,
01:36notre innovation soit la mieux perçue possible par les clients, pour faire en sorte de gagner des marchés,
01:41pour faire en sorte de se positionner au bon endroit, dans un beau salon comme celui de Rosatory.
01:46Bref, tous ces combats-là, qui sont des combats opérationnels, des combats du quotidien,
01:50ils ne sont pas menés par un fonds d'investissement de l'autre côté de l'Atlantique,
01:53qui d'ailleurs ne mènerait sans doute pas ces combats, ils sont menés conjointement, tous ensemble, en équipe,
01:58on est dans le même bateau, et ça change vraiment la culture d'entreprise, ça change les valeurs de l
02:03'entreprise.
02:03Vous êtes dans le même bateau, et vous avez quelle résilience, j'ai envie de dire,
02:06vous avez eu de la résilience, parce qu'en 2009, quand vous reprenez l'affaire, ce n'était pas évident,
02:11Non, ce n'était pas évident, mais toute société a des moments difficiles.
02:15C'est vrai qu'en 2009, la partie usine, qui ne fait plus partie du groupe aujourd'hui,
02:19on y reviendra peut-être tout à l'heure, traversait une forte crise,
02:22donc on a dû faire plan social, procédure de sauvegarde,
02:24mais ce qui est important, ce n'est pas la crise qu'on a traversée,
02:27c'est la stratégie qu'on a mise en place collectivement pour sortir de cette crise,
02:32et puis assurer plus qu'un doublement derrière, non seulement de l'activité,
02:35mais aussi des emplois sur les territoires français.
02:38Et cette stratégie, elle était très simple,
02:40c'était la robustesse, la robustesse avant tout, la robustesse s'appuyant sur deux pieds,
02:44un pied de diversification, aucun client, aucune industrie ne doit représenter,
02:49aucun client ne doit représenter plus de 15% de notre chiffre d'affaires,
02:52aucune industrie ne doit représenter plus de 30% de notre chiffre d'affaires.
02:54Aujourd'hui, Ametra, c'est 30% défense, 25% aéronautique, 25% nucléaire,
03:00et le reste dans le ferroviaire et diverses industries.
03:03Et le deuxième pilier de cette stratégie, c'était la remontée dans la chaîne de valeur.
03:07Il y a quelques années, il y a 20 ans, 40 ans, on faisait un tout petit bout de développement
03:12produit pour notre client.
03:13Aujourd'hui, on est architecte système, on est beaucoup plus en amont dans la chaîne de valeur,
03:18on co-développe avec le client des systèmes de défense, notamment, puisqu'on est à Eurosatory,
03:22en s'appuyant sur des métiers de la mécanique, de l'électricité, de l'électronique, du soft embarqué.
03:27Bref, Ametra est un ingénieriste, aujourd'hui, de 450 collaborateurs, robuste,
03:34parce que diversifié et haut dans la chaîne de valeur auprès de ses clients.
03:37Et vous le disiez, vous le disiez, dualité, c'est au cœur de votre activité,
03:42à la fois du civil, du militaire, et je suppose que les deux se nourrissent, en fait.
03:48Exactement, les deux se nourrissent.
03:50Chez Ametra, nous sommes du haut depuis toujours, en fait, en 82,
03:54à une époque où certains ne voulaient pas travailler dans la défense.
03:58Nous, nous avions des activités auprès d'un ascensoriste,
04:01et en même temps, notre plus gros client était à l'époque le GIAT,
04:04devenu Nexter, devenu KNDS France.
04:06Donc, chez nous, la défense et la dualité,
04:09puisque vous avez bien compris que nous ne faisions pas que de la défense,
04:11c'est vraiment dans nos croyances, dans nos valeurs depuis toujours.
04:16Nous sommes depuis toujours convaincus que s'engager en tant qu'ingénieriste
04:20pour le développement des nouveaux systèmes de défense,
04:22c'est protéger nos frontières, protéger nos valeurs,
04:24pour protéger nos armées.
04:26Eurostatory 2026 est inscrit dans un contexte assez particulier,
04:29le retour des conflits à haute intensité,
04:32à la fois sur le théâtre ukrainien, le Moyen-Orient,
04:36même s'il semblerait qu'il y ait un accord de paix.
04:39Néanmoins, le sujet militaire est redevenu une priorité politique.
04:43Et quel impact ça a, du coup, au niveau des industriels ?
04:46Alors, le premier impact, moi, je le vois au-delà d'Ametra,
04:50je le vois quand je discute avec des amis de ce que je fais.
04:54Il y a dix ans, certains me regardaient un peu de travers en chuchotant
04:58« Ah bon, tu travailles vraiment pour la défense ? »
05:00Oui, oui, oui, j'en étais très fière il y a dix ans.
05:02Mais aujourd'hui, je vois que le regard de la population civile a changé,
05:07le regard de ceux qui ne travaillent pas dans la défense a changé.
05:10Travailler dans la défense, aujourd'hui, c'est une fierté pour l'ensemble des entreprises qui sont ici.
05:16Mais ça, j'ai envie de dire, c'était depuis toujours.
05:18Mais le regard que me renvoient les autres, c'est « Bravo, tu travailles pour la défense, c'est formidable.
05:22»
05:22Et on le voit très concrètement auprès des candidats.
05:25Puisque chez Ametra, on a un gros enjeu, on en reparlera peut-être tout à l'heure,
05:28on doit embaucher à peu près 120 personnes cette année, des ingénieurs, des techniciens,
05:31pour rejoindre nos équipes et contribuer à ces projets innovants et complexes qu'on évoquait tout à l'heure.
05:36Et bien, il y a 5 ans, peut-être, avant le conflit en Ukraine,
05:40certains jeunes ingénieurs et techniciens nous disaient « Moi, je veux bien venir chez vous pour vos projets magnifiques
05:45dans le nucléaire, dans l'aéronautique, mais la défense, je ne veux pas y toucher. »
05:48C'est quoi, c'était de la culpabilité ? C'était « Ah, je me sens coupable de construire des
05:52armes ? »
05:54C'était certainement ça, alors qu'aujourd'hui, nous n'avons depuis 3 ans plus aucun ingénieur ou technicien
06:02qui nous dit « Je vous rejoins, mais je ne veux pas travailler dans le secteur de la défense ».
06:05Il y a une vraie prise de conscience du rôle clé de la défense pour protéger nos frontières, nos valeurs.
06:11La défense est aussi le bras armé de notre diplomatie.
06:13La défense, ça ne veut pas dire qu'on va aller bombarder tout le monde à travers la planète.
06:16Ça veut dire qu'on se protège, ça veut dire qu'on se défend et ça veut dire aussi qu
06:20'on innove au service d'autres secteurs
06:22puisqu'on sait très bien que presque toutes les industries qui sont présentes ici à Eurosatory,
06:26et à Metra en fait partie, sont des industries duales.
06:30Donc lorsque vous poussez une innovation financée par le secteur de la défense,
06:34cette innovation servira ensuite dans un secteur civil.
06:39Pour revenir justement au recentrage du politique sur la défense,
06:45quel est l'impact direct sur votre activité au-delà de ce que vous m'avez dit sur le côté
06:52psychologique
06:52et le regard que peuvent avoir les Français sur le domaine ?
06:57L'impact très concret, c'est ce que le président Macron a appelé ici il y a 4 ans l
07:02'économie de guerre.
07:03C'est-à-dire que le politique attend de la BITD, la base industrielle et technologique de défense française,
07:09un profond changement, une profonde transformation.
07:13On doit se préparer à ce qu'on appelle le conflit de haute intensité.
07:16Évidemment personne ne souhaite que ce conflit arrive,
07:18mais comme le disait l'adage Romain, si tu veux la paix, prépare la guerre.
07:22Et donc c'est ce qui nous est demandé aujourd'hui.
07:24L'économie de guerre, qu'est-ce que ça veut dire ?
07:26Ça veut dire développer des systèmes en boucle courte, beaucoup plus rapide.
07:29Développer ces systèmes de manière plus économique
07:32et accompagner le ramp-up, c'est-à-dire l'accélération,
07:34la montée en volume des grands industriels de la défense.
07:39Et c'est vrai qu'une société comme Ametra, qui est à la fois agile
07:42en tant que PME-ETI de 450 collaborateurs,
07:46qui est à la fois dans la conception, mais aussi dans la fabrication,
07:49puisque nous n'avons pas évoqué ce point-là,
07:50mais nous fabriquons des bancs de thèse, des PC industriels
07:53et depuis toujours nous aidons nos clients à piloter la fabrication
07:56des systèmes que nous avons conçus.
07:59Donc une société comme Ametra, à la fois agile, à la fois présente en études
08:02et en fabrication, et bien placée pour répondre aux enjeux d'économie de guerre.
08:06Et du coup, est-ce qu'il y a un rythme d'économie de guerre pour vous ?
08:10C'est-à-dire accélérer les études, accélérer les tests ?
08:12Je vois très bien de quoi vous parlez.
08:14Quand vous parlez de bande test, c'est du test électromagnétique peut-être ?
08:19Test électrique, électronique, différents types de tests.
08:24On fait même de la conception et de la fabrication de bandes tests mécaniques,
08:27mais à travers notre supply chain, des bandes tests de façon générale.
08:31Mais pour répondre à votre question, qu'est-ce que ça veut dire concrètement chez nous ?
08:35Ça veut dire que les clients ont augmenté les besoins en volume d'ingénieurs, de techniciens.
08:42Et donc nous, notre problématique, c'est d'embaucher, de former, de fidéliser les équipes
08:47qui vont répondre aux besoins de ces clients.
08:50Ça, c'est une première problématique.
08:52Ensuite, on a parlé du raccourcissement des cycles de développement.
08:56Ça veut dire, chez Ametra, une autre façon d'aborder les projets.
08:58On se doit d'être plus agile, plus rapide, de commencer à dialoguer avec les fournisseurs
09:02dès la phase de conception.
09:04Avant, on concevait un produit.
09:05Et ensuite, quand on avait le cahier des charges issu du bureau d'études,
09:08on allait voir les fournisseurs.
09:10En tout cas, certains faisaient ça.
09:11Nous, chez Ametra, nous nous concevons depuis l'origine, depuis la création de l'entreprise
09:14comme des industriels, alors que nous sommes société d'ingénierie.
09:17Et ce dialogue permanent avec les fournisseurs, nous l'avons depuis toujours.
09:20Mais c'est vraiment une demande renforcée maintenant des clients.
09:23On n'attend pas la fin du développement pour commencer à dialoguer avec les fournisseurs.
09:28Ça implique d'autres conséquences qui sont peut-être moins visibles pour le grand public,
09:32cette économie de guerre.
09:33Nous avons une très forte pression sur le renforcement de la sécurité, évidemment.
09:37Donc, une société d'ingénierie comme Ametra se doit d'investir beaucoup plus en cybersécurité,
09:42en protection de ces données.
09:44Voilà.
09:45Cybersécurité, ça peut être aussi de...
09:47Vous craignez l'espionnage, être ciblé aussi potentiellement ?
09:51On a vu la Russie.
09:53Alors, ça reste une menace plutôt sur les fabricants de drones
09:58et des drones qui sont envoyés, produits en Europe et envoyés en Ukraine.
10:01Mais ça reste une menace.
10:02Vous craignez ce genre de menace ou même anticipez ce genre de menace ?
10:05Peut-être d'être un jour une cible d'un potentiel compétiteur ?
10:09Alors, comme disait le patron d'Intel il y a quelques années,
10:12Only Paranois can survive. Seuls les paranoïaques survivent.
10:15Donc, moi, j'essaie d'être suffisamment paranoïaque pour protéger mon entreprise.
10:19Évidemment, quand on travaille dans le secteur de la défense,
10:21on se doit de se préparer à des attaques.
10:23Mais vous savez, même sur un salon comme celui de Rosatory,
10:26nous sommes sensibilisés, tous, tous les exposants,
10:29à ce qu'il faut faire et ne pas faire sur un salon.
10:32Ne pas laisser traîner des informations confidentielles sur son stand.
10:37Essayer dans la mesure du possible d'éviter d'utiliser le wifi du salon.
10:41Et ainsi de suite.
10:42En fait, toutes ces précautions sont des précautions que chez Ametra,
10:45nous sommes habitués à prendre depuis toujours.
10:47Et ça ne nous met pas à l'abri de manière certaine de quoi que ce soit,
10:51mais ça contribue à nous prémunir, à prémunir nos clients de ce type d'attaque.
10:57On a parlé aussi, vous en parliez, du recrutement.
11:02Sources potentielles de développement.
11:03Parce que c'est ce qui permet de répondre en tout cas à ces obligations,
11:07à ces commandes de vos clients, à l'augmentation des cadences.
11:11Comment vous faites face à ce défi du recrutement, du besoin de recrutement ?
11:15120 collaborateurs embauchés cette année, c'est ça ?
11:18A recruter cette année.
11:19Alors, ils ne sont pas encore tous embauchés, on n'a pas fini l'année.
11:21Mais effectivement, chez Ametra, on a un besoin d'embaucher 120 collaborateurs cette année.
11:27Comment est-ce qu'on fait ?
11:28Et bien, on travaille de plus en plus avec les réseaux sociaux
11:31pour communiquer auprès des jeunes ingénieurs, des jeunes techniciens,
11:36pour leur expliquer ce que sont nos projets.
11:38Chez Ametra, on est très fiers de la complexité, de la qualité, de la technicité des projets sur lesquels nous
11:43intervenons.
11:44Pour une société de 450 personnes, nous sommes référencés chez tous les grands acteurs de la défense terrestre, de l
11:49'aéronautique, du nucléaire.
11:51Et ça, c'est assez remarquable et ça permet à des jeunes ingénieurs et techniciens qui nous rejoignent de passer
11:56d'une problématique à une autre
11:58de façon beaucoup plus variée que s'ils rentraient directement chez les grands clients pour lesquels nous travaillons.
12:04Donc ça, on en fait énormément de publicité sur les réseaux sociaux, sur notre site internet.
12:08Je suis d'ailleurs heureuse d'annoncer que cette semaine sort le nouveau site ametragroupes.com
12:13Donc ceux qui sont intéressés par les projets d'Ametra peuvent aller se renseigner et voir ce que nous proposons
12:20comme emploi.
12:21Mais on a la chance aussi chez Ametra, parce que nous sommes une société à taille humaine, de pouvoir être
12:26agile dans les grands groupes.
12:27Il existe parfois des carcans, vous sortez de telle société, vous sortez de telle école, on vous met dans telle
12:32case.
12:33Chez Ametra, à 450, on est hyper agile, hyper flexible. On prend vraiment les compétences et les qualités de la
12:39personne qu'on a en face de nous
12:40et on essaie de les faire batcher avec le meilleur poste possible dans notre entreprise.
12:45Et ça, c'est une vraie force, je pense, pour continuer à recruter.
12:47Donc on a bien compris que tout ingénieur peut postuler chez vous et il sera potentiellement tant qu'il a
12:52les compétences.
12:53Tant qu'il a les compétences, oui, oui.
12:56Mais nous sommes assez remarquablement dotés de belles écoles d'ingénieurs en France
13:00et donc nous avons beaucoup d'ingénieurs et de techniciens de très grande qualité.
13:04Merci beaucoup Anne-Charlotte Fredenucci.
13:07Merci à vous.
13:07Présidente d'Ametra Group, Ametra Group, spécialiste de l'ingénierie industrielle,
13:12notamment engagée dans la défense, mais pas que.
13:15Voilà, c'est 30% de l'activité.
13:1630% de l'activité en défense terrestre.
13:18Mais si on prend l'ensemble des secteurs souverains, c'est plus de 50% de notre activité.
13:2150%, voilà.
13:22Merci beaucoup de nous avoir suivis.
13:24Émission à retrouver en replay, bien évidemment sur bsmart.fr.
13:28Merci.
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