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  • il y a 1 semaine
Télématin reçoit Laura Slimani, directrice des projets de la Fondation des Femmes.

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Transcription
00:00On revient en France. Ils ont promis d'être là tous les lundis après l'électrochoc qu'a été la
00:05mort de Liana.
00:06Des milliers de manifestants sont de nouveau rassemblés hier soir devant les tribunaux partout en France.
00:11Bonjour Laura Slimani.
00:12Merci d'être avec nous ce matin. Vous travaillez à la Fondation des Femmes qui fait partie du collectif d
00:16'associations à l'origine de ce mouvement.
00:19Vous étiez hier devant le ministère de la Justice à Paris avec plusieurs milliers de personnes.
00:24On a l'impression qu'on est peut-être sur un point de bascule, que la société est prête à
00:31regarder en face la question des violences sexuelles, de la pédocriminalité.
00:34Est-ce que ce sentiment, vous le partagez ?
00:37Oui, je le partage et je voulais partager avec vous aussi quelque chose qui m'est arrivé hier soir.
00:42J'étais présente un petit peu avant puisqu'on avait un point presse quelques dizaines de minutes avant le rassemblement.
00:47Et il y a une jeune femme qui est venue vers moi, qui était toute tremblante, qui était au bord
00:50des larmes,
00:51et qui me dit « est-ce que c'est ici le rassemblement ? »
00:55Je n'ai jamais fait de manifestation, mais elle était vraiment au bord des larmes.
01:00Et donc je lui dis « oui, c'est ici, ça va bientôt commencer, n'hésitez pas à venir avec
01:04nous ».
01:04Et cette jeune femme, comme beaucoup de personnes qui participent à ces rassemblements,
01:09c'est très probablement une personne qui a vécu des violences.
01:12Je ne sais pas quand, je ne sais pas dans quelles circonstances,
01:14mais ce que je sais, c'est qu'elle est venue trouver dans ce rassemblement une chaleur, une solidarité.
01:20Et je pense que pour des milliers de personnes qui se rassemblent,
01:23c'est peut-être la première fois qu'elles ne se sentent pas seules, qu'elles se sentent soutenues,
01:27et aussi qu'elles sentent qu'il n'y a pas de fatalité à ce qu'elles ont vécu,
01:31et à la manière aussi dont elles n'ont peut-être pas été accompagnées,
01:34pas été soutenues dans toutes les procédures judiciaires qui ont suivi quand elles ont suivi.
01:39Et donc oui, je pense que ce qui se passe en France, c'est beau, c'est grand, et c
01:43'est important.
01:44Et c'est très important, effectivement, et je crois que ce sentiment,
01:47il est partagé par toutes les personnes qui participent à ces rassemblements.
01:50Vous qui étiez donc à ce rassemblement hier soir, qui était là ? Quel profil ?
01:53Autant d'hommes que de femmes ? Quelle génération ?
01:58Les victimes de violences, c'est divers, mais c'est quand même majoritairement des femmes,
02:02et effectivement, il y avait plus de femmes que d'hommes,
02:04mais j'ai aussi vu des pères. J'ai vu un père, par exemple,
02:06qui est venu me parler de la manière dont, lorsqu'il a perdu sa fille,
02:10il a été abandonné, il s'est senti abandonné. Il n'y avait personne, pas d'association,
02:14pas de structure en capacité de l'aider. Il a fait un séjour en hôpital psychiatrique.
02:20C'est ça la réalité aussi de ces violences, c'est des vies meurtries.
02:23C'est des personnes qui mettent des années, des vies parfois, à se reconstruire.
02:26C'est des personnes aussi, parfois, qui mettent fin à leurs jours.
02:30Il faut le dire, quand il n'y a pas un accompagnement qui est suffisant,
02:33et aujourd'hui, par exemple, les soins ne sont pas forcément remboursés,
02:37les soins pour prendre en charge ce trauma,
02:40eh bien, ça peut amener à l'irréparable et à des personnes qui se suicident.
02:46Donc, voilà, nous, cette loi intégrale que nous demandons,
02:49et que nous demandons maintenant, urgemment,
02:51elle vise à répondre à ça et à faire en sorte que demain,
02:55on soit peut-être dans une société où, d'une part, ces violences n'arrivent pas,
02:58et quand elles arrivent, les victimes sont accompagnées.
03:01On va justement parler de cette loi, parce que vous dites que ces rassemblements,
03:04c'est un moment qui est très fort et qui permet à des victimes de se rassembler.
03:10C'est aussi l'occasion d'avoir des demandes très claires.
03:13Donc, l'application de cette loi intégrale contre la violence sexuelle
03:16faite aux femmes et aux enfants,
03:19si on devait la résumer en une phrase,
03:22qu'est-ce que ce serait ?
03:24Cette loi intégrale, c'est une loi qui permet de prévenir,
03:28de protéger, d'accompagner et de réparer face aux violences sexuelles.
03:32Et donc, effectivement, elle comporte différents volets.
03:35D'abord, la prévention, parce que, comme je le disais,
03:38nous, on voudrait une société où ces violences n'existent pas,
03:41où elles sont beaucoup moins nombreuses.
03:42Et donc, ça passe par des moyens pour former tous les professionnels,
03:47qui sont notamment au contact des enfants.
03:49Ça passe par des moyens aussi pour ces associations
03:52qui font ces modules de prévention aussi auprès des tout-petits,
03:56parce que c'est important de savoir qu'on vit quelque chose de pas normal,
04:00surtout quand on le vit à la maison.
04:01Et donc, il faut, pour ça, on demande, par exemple,
04:05que les enfants puissent avoir un entretien tous les ans
04:07avec un adulte qui va leur poser la question
04:09pour savoir s'ils ont vécu des violences
04:12et s'ils en vivent à la maison.
04:13Alors, il y a une loi qui existe, il y a un texte qui existe,
04:16qui a été présenté en fin d'année 2025,
04:19co-signé par des députés de tous bords hors RN, UDR et LFI,
04:23à 79 articles.
04:24Pour l'instant, ce n'était pas la priorité.
04:26Hier, l'autrice de ce projet a été reçue par le Premier ministre.
04:30Est-ce que vous savez ce qui est ressorti de ces discussions ?
04:34Est-ce que le texte va être placé à l'agenda parlementaire ?
04:37Ce que nous avons entendu, c'est que le Premier ministre a exprimé
04:40qu'il souhaitait effectivement qu'on avance,
04:43qu'il souhaitait aussi que des moyens soient mis sur la table.
04:46Nous, aujourd'hui, on ne peut que saluer, en tout cas,
04:50se réjouir qu'enfin, les choses avancent.
04:53Malheureusement, il a fallu en arriver quand même
04:55à cet infanticide et à ce fiasco judiciaire terrible
04:59de la mort de Liana.
05:03Et nous, et donc, le Premier ministre s'en remet un peu
05:07à l'avis du Conseil d'État, si j'ai bien compris,
05:09qui devrait arriver vers le 14 juillet
05:11pour trouver une date à l'agenda parlementaire.
05:17Est-ce que le garde des Sceaux, lui, n'est pas favorable ?
05:19Gérald Darmanet a une nouvelle loi.
05:20Il a proposé que des mesures figurant dans ce projet
05:24soient intégrées à un projet de loi qui sera examiné
05:28qui concerne les enfants début juillet.
05:29Est-ce que, finalement, il y a des mesures qui existent déjà ?
05:32Est-ce qu'il y a vraiment besoin d'une nouvelle loi ?
05:34Oui, il y a besoin de cette loi intégrale.
05:36Elle est aujourd'hui signée par 150 députés.
05:38Comme je le disais, elle couvre l'ensemble de ces mesures.
05:41Elle a une vision globale aussi.
05:42Elle traite en même temps la question des violences faites
05:44aux femmes et aux enfants,
05:46parce que c'est un même système, tout ça.
05:48Et elle a besoin aussi d'être assortie de moyens.
05:50Donc, ce texte, il existe.
05:51Il a été construit par des dizaines d'associations expertes.
05:54Il se base aussi sur plein de rapports
05:56qui montrent aujourd'hui toutes les défaillances
05:58de la justice, notamment.
06:00Et aujourd'hui, nous, en tout cas,
06:01on veut croire le Premier ministre
06:03quand il nous dit que cette loi sera mise à l'agenda parlementaire.
06:06Mais, effectivement, on attend des choses concrètes.
06:08Une date concrète de mise à l'agenda.
06:10Des moyens.
06:11Combien d'enquêteurs et d'enquêtristes
06:13nous allons pouvoir recruter en plus.
06:15Combien nous mettons pour soutenir les associations
06:17qui, aujourd'hui, croulent
06:19sous les demandes d'accompagnement.
06:21Donc, voilà.
06:22Nous, on demande vraiment des choses concrètes
06:24dès aujourd'hui,
06:25parce qu'on ne peut plus attendre.
06:26Ça fait quasiment dix ans qu'il y a eu le mouvement MeToo.
06:29Ça fait deux ans que cette loi,
06:30elle a été présentée par les associations.
06:32Plus de six mois qu'elle est portée par des parlementaires.
06:35Et donc, il y a urgence.
06:36Et nous, nous demandons des actes concrets.
06:38Et vous annoncez une manifestation samedi prochain.
06:41Et puis, tous les lundis, devant les tribunaux, à 19h.
06:43Le lundi, donc, tous les lundis, soir, à 19h.
06:45Et le samedi 4 juillet, partout en France.
06:474 juillet, pardon.
06:474 juillet, partout en France.
06:48Partout en France.
06:49Et vous pouvez signer aussi la pétition
06:51qui a aujourd'hui 300 000 signataires
06:52sur le site loi-intégral.fr.
06:54Merci beaucoup Laura Slimane d'avoir été avec nous.
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