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  • il y a 12 heures
Avec Patricia Pérennes, économiste experte du ferroviaire au cabinet Trans-missions

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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-06-12##

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Transcription
00:00Notre réseau ferroviaire est-il délabré ? Les investissements annoncés sont-ils à la hauteur ?
00:06On se souvient la semaine dernière, il y a quelques jours, de la mésaventure d'un milieu de voyageurs
00:11pendant le week-end de la Pentecôte. Ils sont restés bloqués pendant...
00:158 heures bloquées en pleine canicule dans deux TGV, notamment Paris-Nice, à cause de la chaleur
00:21qui a détendu des caténaires. L'alimentation électrique a donc été tout simplement interrompue.
00:26Quand vous avez 40 degrés dehors, vous avez 60 degrés sur le rail, a justifié le PDG de la SNCF,
00:33Jean Castex, lorsqu'il est revenu sur l'incident. La chaleur, la canicule, en toile de fond évidemment,
00:39le réchauffement climatique qui multiplie ce genre de séquences et qui va nécessiter de s'adapter.
00:44Le problème de mauvais état du réseau ferroviaire, pourtant il concerne plutôt les petites lignes
00:49qui ont été justement sacrifiées ces dernières décennies au profit de ces LGV, de ces lignes à grande vitesse,
00:54nous disent beaucoup d'observateurs.
00:56Absolument. Et justement, il y a quelques jours, le ministère des Transports a annoncé une augmentation massive,
01:01je mets des guillemets, des investissements dans les infrastructures ferroviaires vieillissantes.
01:06Qu'est-ce que ça signifie ?
01:07Des investissements annuels en hausse de 50% sur le ferroviaire, c'est-à-dire 1,5 milliard d'euros
01:13par an en plus,
01:14qui s'ajoute aux 3 milliards qui étaient déjà budgétés, qui étaient déjà sur la table.
01:18Donc, il y a du travail forcément, réparer les voies, les caténaires, moderniser les feux, les panneaux,
01:24adapter aussi le terrain au changement climatique, par exemple au risque de glissement de terrain par endroits.
01:29Un projet de loi voté au Sénat prévoit aussi de mettre à contribution à l'avenir les péages autoroutiers
01:35sur le financement du rail dès 2032.
01:37Le gouvernement espère faire voter ce projet de loi définitivement par l'Assemblée nationale dès cet été.
01:43En tout cas, ce texte prévoit aussi d'indexer le financement du rail sur l'inflation à l'avenir
01:47pour éviter que les investissements s'étiolent avec les années et les décennies,
01:51comme ça a peut-être été le cas jusqu'à présent.
01:54Oui, et donc, on est en ligne avec Patricia Perrenne. Bonjour.
01:58Vous êtes économiste experte du ferroviaire au cabinet Transmission.
02:04Quelle est votre analyse à vous ?
02:07Est-ce que c'est une réalité que cette vétusté de notre système ferroviaire, de notre réseau ferroviaire ?
02:15Oui, il y a un consensus aujourd'hui sur le fait qu'effectivement, on a sous-investissé dans le réseau,
02:20comme vous l'avez dit, depuis qu'on a mis en place la ligne à grande vitesse,
02:23donc depuis les années 80.
02:25C'est vrai que c'est essayer de faire même budget, budget constant.
02:28Et donc, évidemment, si on construit une nouvelle ligne, on a négligé le réseau dit classique
02:31et on est arrivé dans les années 2000 et jusqu'à aujourd'hui 2020 à un sous-investissement chronique
02:38qu'il faut aujourd'hui rattraper.
02:39Ça, c'est vraiment une réalité.
02:41Mais pourquoi on a pris autant de retard ?
02:44Parce que, comme vous savez, le budget n'est pas extensible de la nation
02:47et donc, en fait, il y avait cette illusion qu'on arriverait à faire pareil avec moins d'argent.
02:52Et en fait, c'est un peu comme des routes.
02:54Vous voyez, au début, vous bouchez les nids de poules et ça passe.
02:57Mais bon, pendant quelques années, vous arrivez à ne pas voir sous-investissement.
03:01Et au bout d'un moment, vous avez ce qu'on appelle une dette grise.
03:03Voilà, à un moment donné, il faut vraiment faire des gros travaux et renouveler énormément.
03:07Et c'est là où on en est arrivé.
03:08Comme on a sous-investi dans les années 90-2000,
03:11aujourd'hui, on se retrouve face au mur.
03:13Et il y a ce mur d'investissement et ce besoin, comme ça a été dit,
03:16d'un milliard et demi supplémentaire par an.
03:18Si on veut espérer maintenir le réseau et puis un peu le moderniser également.
03:21Mais moi, j'ai l'impression...
03:22Alors, le réseau, on est d'accord, ce n'est pas la SNCF, c'est un prestataire maintenant, le réseau.
03:28Ah non, alors en fait, il y a deux entreprises.
03:31Il y a une entreprise qui s'appelle SNCF Réseau et une entreprise qui s'appelle SNCF Voyageurs.
03:35Donc, c'est toujours la SNCF, SNCF Réseau qui entretient le réseau.
03:38Et alors, moi, j'avais l'image que la SNCF était très bénéficiaire.
03:43Alors, où est passé l'argent ?
03:45Alors, tout à fait.
03:46En fait, ce qui gagne de l'argent, ce n'est pas SNCF Réseau qui perd de l'argent,
03:49mais SNCF Voyageurs.
03:50C'est surtout les TGV.
03:52Vous voyez, les TGV en ce moment, il n'y a jamais eu autant de monde dans les trains en
03:55général
03:55et dans les TGV également.
03:57Et puis, bon, avec le système de tarification, le prix du billet qui est quand même assez élevé
04:01pour les TGV, on peut le dire.
04:03Effectivement, SNCF, depuis la sortie du Covid, il dégage entre 1 et 2 milliards par an.
04:07Et cet argent-là, il est réinjecté dans le réseau ferroviaire.
04:10Donc, l'argent, il est utilisé effectivement pour rénover le réseau ferroviaire.
04:13Mais dans les 3 milliards dont vous parliez, il y a déjà cette somme.
04:16Et voilà, il faudrait 4 milliards et demi.
04:18Et du coup, même si 1 et 2 milliards, entre 1 et 2 milliards, en gros, c'est une très
04:22belle somme,
04:22ce n'est pas suffisant, ça ne suffit pas pour rénover l'ensemble du réseau.
04:26Et voilà, c'est pour ça qu'il y a eu une conférence.
04:30Moi, j'avais entendu qu'en fait, le gouvernement ponctionnait la SNCF pour renflouer ses caisses
04:35et que du coup, la SNCF se retrouvait sans argent.
04:38Est-ce que le gouvernement est responsable du fait que la SNCF n'a plus, ne peut pas jouir de
04:45tous ses bénéfices ?
04:47Alors, au contraire, en fait, ce que fait le gouvernement, c'est de prendre le bénéfice de la SNCF voyageur,
04:52donc des trains, pour le mettre dans le réseau.
04:54Et si on dit qu'on ponctionne, c'est parce qu'en fait, il y a des concurrents aujourd'hui.
04:57Il n'y a pas beaucoup de concurrence sur le transport voyageur,
04:59mais il y a quand même un petit peu de concurrence.
05:00Train Italia qui fait Paris-Lyon, Marseille et puis Renfe,
05:03qui vient depuis l'Espagne jusqu'à Marseille et Lyon.
05:06Voilà, ces entreprises-là n'ont pas le même système, c'est-à-dire que si elles faisaient du bénéfice,
05:09pour l'instant, elles n'en font pas, mais si elles faisaient du bénéfice,
05:11elles ne seraient pas ponctionnées.
05:12Voilà, et donc c'est vrai qu'il y a une critique de ce qu'on appelle le fond de
05:15concours,
05:16qui est le fait que l'État, au lieu de garder,
05:18parce que si l'État ne prenait pas ses milliards pour les mettre dans le réseau ferroviaire,
05:21qu'est-ce qu'il en ferait ?
05:22Eh bien, il le mettrait au budget général.
05:24Il financera la police, les crèches, les hôpitaux avec cet argent.
05:27Là, en fait, ce qu'il fait, c'est qu'il prend l'argent qu'il gagne en tant qu
05:30'actionnaire,
05:30le SNCF Voyageur, pour entretenir son réseau ferroviaire au bénéfice de tous les trains.
05:35Alors, 0826 303 SOAN, appelez-nous si vous êtes un usager régulier de la SNCF,
05:41pour nous raconter, parce qu'il y a des lignes qui sont plus impactées que d'autres.
05:46Patricia Perrenne, n'est-ce pas ?
05:48Oui, tout à fait.
05:49Les lignes qui ont beaucoup souffert, finalement.
05:51Il y a évidemment les petites lignes, dont certaines, encore, il y en a une qui a fermé récemment.
05:57Mais on parle souvent des deux lignes qui sont Paris-Toulouse et Paris-Clairmont,
06:00parce que ce sont des lignes classiques.
06:01Ce ne sont pas du tout des petites lignes.
06:03Paris-Toulouse, Paris-Clairmont, ce sont des lignes hyper structurantes.
06:05Mais c'est vrai que l'infrastructure était très dégradée.
06:08Donc, il y a eu des travaux importants sur Paris-Orléans.
06:10Mais, par exemple, si vous parlez des gens de Clermont-Ferrand ou de Vichy,
06:13ils vont vous raconter leur galère de train, les passages à niveau, les trains arrêtés,
06:16les trains annulés du fait de la chaleur
06:20et que le matériel roulant ne soit pas fiable en termes de climatisation.
06:24Oui, ces lignes-là, par exemple, c'est vraiment des lignes qui ont beaucoup souffert.
06:27On peut dire des lignes au rabais, en quelque sorte.
06:31Alors, en même temps, pour ces lignes-là, qui ne sont, une fois de plus, pas des petites lignes,
06:34il y a eu une prise de conscience.
06:36Et, par exemple, moi, j'habite dans le Béry.
06:38On vous appelle en direct depuis Bourges.
06:40Et, du coup, la ligne Paris-Vierzon-Toulouse,
06:43on a fermé pendant plusieurs mois.
06:47Mais bon, maintenant, c'est bon, on est revenu à une situation qui est plutôt bonne.
06:50Mais c'est vrai, je connais très bien cette ligne.
06:53J'avoue que ça a été très compliqué.
06:56Et qu'au point que certains avaient peur de prendre cette ligne,
07:01je pense à des personnes âgées qui se retrouvaient avec des retards, des annulations.
07:05Donc, tant mieux s'il y a eu des améliorations.
07:11Quels sont les...
07:11Le verre est moitié plein, enfin, moitié vide.
07:13Ces lignes-là, on voit le bout du tunnel, quoi.
07:16Si c'est un peu long.
07:16Quels sont les impacts concrets, justement, de cette vétusté sur la régularité des trains
07:21et la capacité du réseau et la sécurité ?
07:27Très concrètement, vous avez des taux de fiabilité, de régularité, d'annulation des trains
07:31qui sont supérieurs sur ces lignes.
07:33Vous voyez des choses comme si vous avez sous-investi, vous pouvez avoir des dérangements au passage à niveau.
07:37Il y a aussi, par exemple, sur la ligne Paris-Orland, il y avait des ralentissements.
07:41Donc, on allait moins vite que les temps historiques.
07:43C'est un peu comme une voiture.
07:44Si vous êtes sur une route qui est en mauvais état, si vous roulez doucement, vous allez rester en sécurité.
07:48Voilà.
07:49Et donc, c'est ce qu'on faisait.
07:50Des ralentissements et, du coup, des temps de trajet.
07:53Pareil, les gens de Claron pourraient vous en parler, qui sont plus lents que les temps de trajet historiques.
07:57Oui.
07:57Est-ce que c'est des bonnes pistes qui sont sur la table, selon vous, dans ce projet de loi
08:02qui a été adopté par le Sénat, mais pas encore par l'Assemblée nationale ?
08:05À savoir, au-delà des hausses de budget, faire contribuer à l'avenir les péages autoroutiers
08:10et puis aussi indexer sur l'inflation, les budgets.
08:13Alors, moi, la prise en compte des péages autoroutiers, ça me paraît vraiment une bonne solution
08:17parce qu'en fait, on a cette difficulté.
08:19C'est que tous les politiques en permanence sont tous d'accord pour dire
08:21qu'il faudrait mieux investir, ne pas avoir de dette grise.
08:24Et en fait, on le voit bien aujourd'hui, quand il y a besoin, il faut trouver 20 milliards,
08:28on coupe un petit peu, on recoupe un petit peu, on n'arrive pas à avoir cette discipline
08:32de se dire qu'on a un beau patrimoine, il faut l'entretenir, il faut qu'il y ait des
08:35recettes qui soient fléchées.
08:36Et donc là, ce que dit le projet de loi, c'est qu'il faut que l'argent du transport
08:39reste au transport.
08:41On sait qu'il y a de l'argent dans les autoroutes.
08:43Alors, pour expliquer un petit peu les autoroutes, les contrats vont arriver à terme,
08:47les contrats autoroutiers, à partir de 2030.
08:50Et du coup, comme les autoroutes, on n'en construit plus trop,
08:53finalement, on pourrait baisser les péages autoroutiers.
08:55Bref, et du coup, ça ne serait pas une augmentation des péages autoroutiers,
08:59ça serait une non-baisse.
09:00Donc, en plus, on a cette opportunité historique d'utiliser cette manne-là
09:05au bénéfice du transport ferroviaire, mais aussi pour le réseau de routes nationales et départementales,
09:09qu'il ne faut pas oublier, qui sont aussi en mauvais état.
09:12Et du coup, ça me paraît quelque chose de sain, parce que ça permet de sortir des cycles
09:15où, en fait, bon, tout le monde veut le faire, mais à chaque fois, il y a toujours une autre
09:19priorité
09:19qui fait que le budget n'est pas là.
09:21C'est ça, Stéphane nous dit que les lignes sont au rabais, mais pas les prix, effectivement.
09:27Ah, ben c'était... j'en parlerai après la pub.
09:31Bon, ben alors, on se retrouve dans un instant, 0826 300 300.
09:35A tout de suite, et appelez-nous pour témoigner, pour nous raconter comment se passent vos voyages en train.
09:40A tout de suite.
09:51Notre réseau ferroviaire est-il délabré ?
09:55Les investissements sont-ils à la hauteur ?
09:58Des investissements ont été annoncés, néanmoins, certaines lignes, on l'a dit, sont en souffrance.
10:03On en parle avec Patricia Perrenne, économiste, experte du ferroviaire au cabinet Transmission.
10:10Et c'est vrai que nos auditeurs, on vous attend, 0826 300 300,
10:15mais sur le Facebook témoignent, effectivement, d'un réseau compliqué.
10:20Et Stéphane nous dit où passe le pognon ?
10:22C'est un peu ma question.
10:24Moi, je voulais savoir comment Trenitalia et la Renfe pour l'Espagne
10:28arrivent à avoir des tarifs très, très concurrentiels par rapport à la SNCF.
10:33Et ça sous-entend également, puisqu'il y a beaucoup d'argent,
10:36peut-être une partie de cet argent pourrait faire baisser les tarifs d'étiquette.
10:42C'est un service public.
10:43On ne leur demande pas d'être bénéficiaire.
10:45On leur demande de rendre un service public.
10:48Alors là, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous,
10:49parce qu'il y a deux types de trains en France.
10:51Il y a effectivement des trains de service public.
10:53Ça, c'est les trains TER et les intercités.
10:55Mais le TGV, l'ancien PDG de SNCF l'avait dit,
10:58ce n'est pas un service public.
10:59Et d'ailleurs, l'État demande à SNCF de gagner de l'argent.
11:02Donc, en fait, ce n'est pas SNCF qui serait méchante
11:04et qui ferait des tarifs élevés alors que ce serait un service public.
11:06C'est l'État qui lui dit que le TGV n'est pas un service public,
11:09virgule, gagne beaucoup d'argent.
11:11Et il demande à SNCF de gagner beaucoup d'argent
11:13parce qu'il y a besoin de cet argent pour l'infrastructure ferroviaire,
11:16comme on vient d'en parler.
11:17Donc, non, le TGV, dans la loi, n'est pas un service public.
11:21Ce qui est un service public, par contre, c'est le TER et l'intercité.
11:24Et là, je ne suis pas d'accord sur les prix.
11:25Parce que si vous regardez le prix,
11:27le prix du billet ne couvre qu'un tiers du coût du service pour les TER.
11:30Donc, ça veut dire que deux tiers est financé par l'impôt.
11:33Donc, si on veut baisser les tarifs,
11:35ça veut dire que l'impôt t'aiera plus.
11:36C'est un choix de société.
11:37Mais Transdev, pour la province, fait des tarifs moins chers.
11:42Non, non, justement, c'est exactement le même prix.
11:46Non, non, non, non.
11:47Il y a une incompréhension.
11:49Les Transdev ne fixent pas les prix.
11:51Transdev, c'est la région Provençal-Côte d'Azur qui fixe les prix.
11:55Transdev n'a absolument aucune autonomie dans la fixation des prix.
11:58Tout comme SNCF.
11:59Dans cette zone-là, SNCF, quand ils font du TER,
12:02ce n'est pas du tout eux qui décident le prix, mais la région.
12:05SNCF décide le prix pour ces TGV.
12:08Et puis, pareil, Renfe, Traine Italie, décide le prix pour leur train à grande vitesse.
12:12Et comme vous dites, c'est vraiment moins cher.
12:14C'est 20-30% moins cher.
12:15Toujours, j'ai regardé sur un Paris-Marseille,
12:19les prix étaient absolument équivalents.
12:22Alors, ça dépend, en fait.
12:23Ça dépend de la situation.
12:24Si vous avez une carte de fidélité, notamment SNCF,
12:26probablement, vous avez les mêmes prix.
12:28Si vous n'avez aucune carte de fidélité,
12:29en général, quand même, Traine Italie est un petit peu moins cher.
12:31Parce que si c'était le même prix,
12:33ils auraient plus de mal à avoir des clients,
12:34vu que c'est le concurrent.
12:36Évidemment, ils doivent être un peu plus attractifs.
12:37Les Paris-Dion ne sont pas chers.
12:38Alors, on a des réactions d'auditeurs.
12:40Frédéric est en ligne avec nous.
12:41Bonjour, Frédéric.
12:43Bonjour, merci de me prendre à l'antenne.
12:45Oui, au niveau de ces histoires de prix,
12:49je pense que l'introduction de la privatisation
12:52n'apportera pas de grandes baisses de tarifs.
12:55Vous savez, ce qu'on appelle les sillons,
12:58c'est-à-dire les heures de passage sur un nord,
13:01sur un tronçon de ligne.
13:03Dans les meilleurs créneaux, c'est plus cher.
13:07Comment dire ?
13:08Enfin, c'est plus RFF maintenant,
13:10mais c'est ce qui plaît d'être le réseau en France.
13:12Bon, on vend ces sillons aux plus offrants.
13:16Donc, vous savez,
13:18je ne pense pas qu'il y ait de grand miracle.
13:20Bon, au niveau du TER,
13:21le TER, c'est un peu pareil.
13:24Bon, c'est bien sûr financé par les régions.
13:26Vous avez le plus gros financement,
13:28c'est les RATP, par exemple.
13:29Voilà un TER.
13:31Si on peut dire.
13:31Alors, on n'appelle pas TER,
13:33parce que c'est tellement gros.
13:34Bon, c'est pareil.
13:34Mais bon, il n'y a pas de miracle.
13:36C'est les données publiques.
13:40Donc, je pense que cette histoire de privatisation
13:44et tout ça est un faux problème.
13:46Bon, pourquoi pas ?
13:47Si vous voulez,
13:47ça ne va pas se buter contre ça.
13:49Mais je pense qu'il n'y aura pas de miracle.
13:51Sachant que là,
13:52les nouveaux intervenants sur le réseau ferré
13:55vont bénéficier de réductions
13:58de la part des SNCF réseaux,
14:01de réductions, je crois,
14:02dans les premières années,
14:0230% pour qu'ils puissent s'intégrer dans le réseau,
14:06quand ils seront au plein tarif,
14:07entre guillemets,
14:08des péages,
14:09surtout ces péages,
14:10ces problèmes des péages,
14:11pour utiliser un sillon.
14:13C'est-à-dire un horaire,
14:15si vous voulez,
14:16entre une origine,
14:17une destination.
14:19Bon, il n'y aura pas de grand miracle.
14:23Alors, on va demander à Patricia Perrenne,
14:25est-ce qu'effectivement,
14:26la concurrence peut aider
14:31à faire baisser les prix ?
14:33Là encore,
14:34il faut séparer deux choses.
14:35Il y a la concurrence entre TGV
14:37et il y a d'autres exemples à l'étranger.
14:39Je vous ai dit le chiffre.
14:40En gros, c'est 20-30% moins cher.
14:42Ça fait baisser les prix.
14:43Ça ne change pas la phase du monde,
14:44mais ça baisse quand même un petit peu les prix.
14:46Et après, il y a les trains régionaux.
14:47Et sur les trains régionaux,
14:49là, quand on ouvre à la concurrence
14:50et que du coup,
14:51les régions ont le choix
14:52entre leurs prestataires,
14:54SNCF,
14:54mais aussi les concurrents,
14:55en fait,
14:55se creusent un peu la tête
14:56pour faire des meilleures offres.
14:57Et du côté de Nice,
14:58où il y a effectivement,
14:59on en parlait de Transdev,
15:00il y a eu un doublement de l'offre.
15:01Alors moi, je ne sais pas,
15:02en tant qu'habitante d'un territoire,
15:03si demain, on me dit
15:04qu'il y aura deux fois plus de trains,
15:05eh bien, moi, ça me change la vie.
15:06Le tarif du bien ne va pas changer
15:08parce qu'une fois de plus,
15:09le tarif, il est fixé par la région.
15:11De toute façon,
15:12mon bien ne couvre pas le coup.
15:13Donc, c'est vraiment
15:14une décision politique
15:14de savoir qui paye
15:15entre l'impôt
15:16et le voyageur,
15:18mais deux fois plus de trains,
15:19quand on me dit
15:19que ça ne change rien,
15:20je ne suis pas d'accord.
15:21Moi, je suis une tésatrice
15:21de transport
15:22et deux fois plus de trains,
15:22ça me change la vie.
15:23C'est ce que l'interrogation
15:25que je vous faisais
15:26sur les trains
15:28et les TER en province.
15:29Aujourd'hui,
15:30ce qui compte aussi
15:31pour les Français,
15:31c'est le service.
15:33Aujourd'hui,
15:33la SNCF a évolué
15:35comme Trenitalia,
15:36je parle des repas
15:37ou différentes choses.
15:39Ça aussi,
15:39c'est devenu important.
15:41Oui, parce qu'en fait,
15:43la différenciation,
15:44c'est surtout pour Trenitalia
15:45et SNCF,
15:46sur le Paris-Lyon,
15:47c'était sur la clientèle à faire.
15:48La clientèle pro,
15:49elle paye le billet cher
15:50et puis elle n'est pas
15:50trop regardante au coût du billet
15:51parce que c'est payé
15:52par l'entreprise.
15:53Et donc, effectivement,
15:54la concurrence sur cette ligne
15:56a amené SNCF
15:57à faire du repas à la place,
15:59à faire ces espaces calmes
16:00dont on a beaucoup parlé.
16:02Il y a eu,
16:02effectivement,
16:03la concurrence,
16:03ce n'est pas que le prix,
16:04c'est aussi la qualité,
16:05mais c'est vrai
16:06que ça concerne plutôt
16:07une clientèle de jeunesse.
16:11Oui, bonjour Valérie.
16:13Bonjour.
16:14Je voulais réagir,
16:15je dirais,
16:16sur le plan technique,
16:17donc en tant qu'ingénieur,
16:19je suis scandalisé
16:21quand j'entends
16:22les pannes à répétition
16:23sur les TGV.
16:24Il fait 40 degrés,
16:26les caténaires s'allongent,
16:27les rails s'allongent.
16:28Ben oui,
16:29n'importe quel ingénieur,
16:30c'est ça,
16:31est capable de calculer.
16:33Donc, il y a un défaut
16:35de conception,
16:37globalement,
16:37un petit peu partout
16:39au niveau de la SNCF.
16:41Quand je fabrique un avion,
16:43je sais que l'avion,
16:44il va passer
16:45à moins 70 degrés
16:47et quand il va se poser au sol,
16:49il va se poser en Afrique,
16:50par exemple,
16:51où il fait 40 ou 50 degrés
16:53au sol,
16:53ben l'avion va monter
16:54à 60 degrés,
16:5570 degrés.
16:56Donc, il va subir
16:57une amplitude thermique
16:59de moins 70
17:00à plus 60
17:02ou plus 70.
17:04Donc, tout est calculé
17:05pour que, à la fois,
17:07les composants
17:08et les morceaux
17:10de l'avion,
17:10l'avion,
17:11la structure de l'avion,
17:13tiennent ces écarts
17:14de température.
17:15Globalement,
17:16on raisonne
17:16sur une tâche de température
17:18de moins 80
17:19plus 120 degrés.
17:20Pourquoi est-ce que
17:21la SNCF
17:22n'est pas pareil ?
17:23La France...
17:24Peut-être parce que
17:25le climat a un peu changé.
17:26C'est-à-dire qu'on a
17:27de plus en plus
17:27de canicules.
17:29Le réseau vieillit.
17:30Enfin, c'est une accumulation,
17:32vous savez,
17:32comme dans les accidents
17:33d'avions,
17:34c'est une accumulation
17:35de problèmes
17:35qui crée un problème.
17:38Non, c'est pas...
17:39C'est un défaut
17:39de conception
17:40parce qu'après,
17:41nos TGV,
17:43on a voulu les exporter.
17:45Mais on veut les exporter où ?
17:46On veut les exporter
17:47en Laponie.
17:50Mais nos TGV,
17:51si on veut effectivement
17:52que ça fonctionne,
17:53mais ne serait-ce que,
17:53par exemple,
17:54en Espagne,
17:55on sait que la température
17:56en Espagne,
17:57les 40 degrés,
17:58c'est courant.
17:58Ça, ça date pas d'aujourd'hui.
18:01Réchauffement climatique,
18:02oui, il a bon d'eau,
18:03le réchauffement climatique.
18:04Mais ça veut dire
18:05qu'il y a des gens
18:06qui ont fait des économies
18:07un petit peu partout,
18:08mettent de la bricole.
18:10Et donc,
18:10on en paye effectivement
18:11les conséquences.
18:13Et un pays
18:13qui se dit
18:14la sixième puissance mondiale
18:16ou la septième,
18:17je ne sais plus,
18:18c'est une puissance
18:20de la technologie.
18:21C'est quand même honteux
18:23de voir
18:24ces appareils
18:25qu'on dit
18:25des fleurons
18:26de la technologie française
18:27qui servaient.
18:29On vous entend,
18:30on vous entend,
18:31mais vous évoquez
18:32effectivement
18:32la technologie.
18:34J'avais un auditeur
18:35qui évoquait
18:36évidemment aussi
18:37qui disait
18:38quand le donneur d'or
18:39se trompe
18:40de dimension
18:40des trains
18:41en largeur
18:41pour les rails
18:42ou de type
18:42de prise USB,
18:44on ne s'en aperçoit pas,
18:46on s'en aperçoit après.
18:47Donc,
18:47est-ce qu'il y a effectivement
18:48des problèmes de conception
18:49aussi
18:49quand on parle
18:50des défaillances ?
18:54Je ne partage pas
18:55du tout
18:55l'analyse
18:56de votre auditeur
18:57parce qu'il y a
18:59les trains,
19:00ce que ça augmente,
19:00la chaleur,
19:01c'est la probabilité
19:01de défaut.
19:02Vous avez parlé
19:02de deux trains
19:03et ce que sous-entendrait
19:04votre auditeur,
19:05c'est que tous les trains
19:05se sont arrêtés,
19:06ce qui n'est pas vrai.
19:07Ce qui se passe,
19:08c'est qu'effectivement,
19:09vous inquiétez pas,
19:09les ingénieurs de SNCF
19:10savent ce que c'est
19:11la sécurité,
19:11ils savent calculer
19:13et on sait
19:14que la caténaire
19:14va se distendre,
19:15que le rail va se dilater
19:16et du coup,
19:17ce qu'on fait
19:17dans tous les pays d'Europe,
19:18y compris dans des bons pays
19:21champion du ferroviaire
19:21comme la Suisse,
19:22c'est qu'on ralentit
19:23les trains
19:24pour éviter
19:24que le train déraille
19:25ou que la caténaire
19:26soit arrachée.
19:27Mais il y a une augmentation
19:28de la probabilité de défaut.
19:30Et quand il y a un défaut,
19:31quand un train est arrêté,
19:32quand deux trains
19:32sur des milliers,
19:33on pourrait faire les statistiques,
19:35sont arrêtés,
19:36on a ce souci aujourd'hui
19:37qui est effectivement
19:38comme la caténaire,
19:39ce qui donne l'électricité
19:40est cassé,
19:41il n'y a plus de chauffage
19:42quand on est en hiver
19:43et il n'y a plus de climatisation
19:44quand on est en été.
19:45Et ça, c'est un problème.
19:46Dans les futurs TGV qui arrivent,
19:48qu'on appelle les TGVM,
19:49il y aura une solution,
19:51une petite batterie de secours
19:51qui permettra d'aller
19:52à la gare suivante
19:54de mettre de la clim
19:54et puis si on est à la gare suivante,
19:56d'ouvrir les portes.
19:57C'est aussi basique que ça
19:57que les gens puissent descendre
19:58en sécurité.
19:59Mais voilà,
20:00il y a une augmentation
20:01de la probabilité de défaut
20:02et ça a été dit
20:03avec le réchauffement climatique,
20:05avec nos investissements
20:05dans le réseau,
20:06évidemment,
20:06ça n'a pas aidé.
20:07Mais de là à dire
20:08que tous les calculs sont faux
20:09parce que deux trains sont arrêtés,
20:11je trouve que c'est quand même
20:11une simplification
20:16Je disais tout à l'heure,
20:17il y a beaucoup de trains
20:18qui arrivent à l'heure aussi
20:20et Cocoréco aussi
20:21pour nos TGV.
20:22Et notre réseau
20:23parce qu'on peut aller
20:24partout en France presque.
20:25Et notre réseau malgré tout.
20:27Bon alors dans le Berry,
20:28partout, partout.
20:28Bon bref,
20:29je suis d'accord avec vous.
20:31Le Berry et certaines lignes
20:32sont particulièrement
20:33assez mal desservies.
20:35D'ailleurs,
20:35pourquoi est-ce qu'il y a
20:36des lignes qui ont été supprimées ?
20:37Moi, j'étais une usagère
20:38du Parisien
20:40et il y avait beaucoup,
20:41beaucoup de trains
20:41quand j'étais jeune
20:43et maintenant,
20:44il y en a deux par jour
20:45en gros.
20:46En fait,
20:47comme je disais,
20:47chaque TER qui roule
20:48perd de l'argent
20:49parce que le choix
20:49de la collectivité,
20:50c'est d'avoir financé
20:51par l'impôt.
20:53Dans un monde
20:53où l'argent public
20:55est rare,
20:55il y a eu des réductions
20:58de dessert
20:58et parfois aussi
20:59des fermetures de lignes.
21:01Après,
21:01il faut quand même
21:02se méfier
21:02parce que souvent,
21:03le réseau,
21:04son maximum,
21:04c'était les années 30
21:05et on a un espèce
21:06de fantasme du réseau
21:07qu'on appelle Frécinet
21:08en disant
21:08que c'était tellement bien
21:09et en fait,
21:10sur ces petites lignes
21:11secondaires,
21:11à l'époque,
21:12les lignes les plus petites,
21:13les trains roulaient
21:13à 15 km heure en moyenne.
21:15Il y avait 3 trains par jour
21:16parce qu'à l'époque,
21:17il n'y avait pas de voiture
21:17en concurrence.
21:18Les gens n'avaient que le train.
21:20Donc,
21:20ne pas fantasmer non plus
21:21ce qui était avant.
21:22Après,
21:23je suis d'accord
21:23qu'il faudrait plus de trains
21:25parce que quelque chose
21:26qu'on n'a pas accordé,
21:27c'est qu'aujourd'hui,
21:28dans les TER,
21:28il n'y a jamais eu
21:29autant de monde dans les TER.
21:30On est à plus de 50%
21:31de fréquentation
21:32entre aujourd'hui
21:33et avant le confinement,
21:34avant le Covid,
21:35si on fait une comparaison.
21:36Il y a une envie de train
21:37chez les Français.
21:37il y a plein de gens
21:38dans les trains.
21:39Il faut plus de trains.
21:41Mais ne fantasmons pas
21:43non plus le réseau
21:43des années 30.
21:44C'était mieux.
21:45Donc,
21:45vous,
21:45vous êtes optimiste
21:46ou pessimiste
21:47sur la rénovation
21:48du système ?
21:50J'ai envie d'être optimiste
21:51parce qu'il y a plein de gens
21:52dans les trains.
21:52Donc,
21:52les gens votent
21:53avec leurs pieds
21:53et c'est plus difficile
21:54de fermer des lignes
21:55ou de dire qu'on va retirer
21:56des trains
21:57quand les trains ont un succès
21:58comme ils ont aujourd'hui.
21:59Voilà.
22:00Après,
22:00sur le projet de loi,
22:02j'ai vraiment envie
22:02qu'il passe à l'Assemblée nationale,
22:03ça a été dit,
22:04mais ce n'est pas gagné.
22:05Ce n'est pas encore gagné,
22:06ce n'est pas encore voté.
22:07Valérie,
22:07puisqu'on parle de trains,
22:08j'en profite juste pour dire
22:10qu'il y a 3-4 émissions.
22:12Alors,
22:12je ne sais pas
22:12si la SNCF nous écoute
22:13mais Eurostar nous écoute.
22:16On avait parlé du poulet
22:18et des origines
22:19de nos aliments
22:20et j'avais dit
22:21que j'étais dans un Eurostar
22:23et qu'on était incapable
22:24de me dire
22:24l'origine du poulet.
22:26La service de com d'Eurostar
22:28nous a contactés
22:30et ils se sont renseignés
22:31le poulet à bord
22:33et français
22:34sur tous les Eurostars.
22:36Donc,
22:36je fais le correctif
22:38que Eurostar nous a demandé.
22:41Merci à vous,
22:41Patricia Perrenne,
22:42c'était passionnant.
22:43Merci à vous
22:43et nous,
22:44on se retrouve dans un instant
22:45pour commenter l'actualité.
22:47Merci Félicie.
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