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  • il y a 23 heures
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Laurence Rossignol, sénatrice PS du Val-de-Marne.

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Transcription
00:02Bonjour à tous, bonjour, Laurence Rossignol, dans une tribune à la tribune dimanche, vous dénoncez une complaisance à l'égard
00:10des auteurs de violences sexuelles, complaisance de la société, dites-vous, que voulez-vous dire ?
00:14Bonjour d'abord, ce que je veux dire c'est que depuis des siècles et toujours aujourd'hui, on considère
00:21que le viol c'est probablement quand la femme est attachée au radiateur,
00:26que le viol est avec violence, torture, mais les agressions sexuelles, les pressions quotidiennes sur les femmes, le fait que
00:33les hommes se servent sur le corps des femmes et des enfants,
00:36tout cela constitue un ensemble qui est favorable aux auteurs de viols. C'est constitué de plusieurs choses, d'abord
00:42la représentation de la sexualité des hommes,
00:45les hommes auraient une sexualité irrépressible qui justifierait qu'ils auraient besoin régulièrement de laisser le corps exulter.
00:52Et puis, en parallèle ou en miroir, il y a ce point de vue très courant sur la parole des
00:58femmes et des enfants.
00:59Les femmes sont toujours présumées mentir et les enfants affabulés.
01:04C'est-à-dire qu'il y a une disqualification des dénonciations, des personnes qui dénoncent et de leur parole.
01:09Dans toute la littérature, les femmes sont présentées comme des menteuses, des manipulatrices, donc elles auraient toujours un agenda caché.
01:15Quand une femme dénonce un viol...
01:17Oui, c'est toujours le cas aujourd'hui, bien sûr, sinon on ne serait probablement pas dans la situation dans
01:22laquelle on est.
01:22La situation dans laquelle on est, je ne parle pas simplement du drame de la petite Liliana.
01:27C'est globalement la difficulté à faire juger les auteurs de viols, le volume très élevé de classements sans suite,
01:35très important,
01:36et la difficulté pour les femmes d'apporter les preuves et cette histoire parole contre parole, on dit tout le
01:42toujours.
01:42Alors, vous dites, vous allez plus loin, vous dites que les hommes se sont organisés pour pouvoir poursuivre leur prédation
01:48sans être mis en cause par la justice.
01:49Bien sûr, ils se sont organisés à la fois dans la société, dans la famille, dans la police et dans
01:56la justice,
01:57dans l'ensemble des lieux où on vit femmes et hommes ensemble.
02:02Effectivement, ils se sont organisés parce qu'ils sont, je ne dirais pas complices, parce que si je disais que
02:06ces complices,
02:07ça supposerait qu'ils participent d'un certain point de vue à la commission de l'infraction.
02:12Ils sont complaisants.
02:13Il y a toujours des bonnes excuses.
02:14C'est toujours les femmes qui, d'un certain point de vue, par leur comportement, ont conduit des hommes,
02:20non pas à les violer, on ne dit pas violer dans ce cas-là, mais elles ont cédé.
02:25Tout le débat qu'on a eu il y a quelques mois sur le consentement a été l'occasion de
02:29discuter de tout ça.
02:31Vous parliez de la parole, justement.
02:32On ne croit pas assez la parole.
02:35Vous parliez des femmes, là, en l'occurrence des enfants.
02:38On ne croit pas assez la parole des enfants.
02:39Dans l'affaire Liana, si on avait cru les premières victimes, on aurait évité le drame ?
02:46Alors, dans l'affaire Liana, les premières victimes, je crois qu'elles ont été crues.
02:50La petite fille et sa maman qui sont allées dénoncer.
02:53Oui, mais avant ça, il y a eu un classement sans suite.
02:55Voilà, qui sont allées dénoncer.
02:57Alors, avant, il y a eu les classements sans suite.
02:58En fait, on ne croit pas les enfants et en même temps, on n'a pas forcément les preuves et
03:05on ne cherche pas assez les preuves.
03:07En fait, cette affaire Liana, elle n'étonne que ceux qui veulent bien se laisser étonner.
03:11Pour tous les spécialistes et les expertes que nous sommes de ces sujets, elle ne nous apprend malheureusement pas grand
03:17-chose.
03:18Tout cela est déjà documenté par les militants de féministes, les associations, les parlementaires engagés là-dessus.
03:26Et puis aussi documenté dans les services de la chancellerie.
03:29En 2022, il y a eu un rapport de l'Inspection Générale de la Justice sur, justement, la question des
03:36viols et des violences sexuelles commises sur les enfants.
03:38Ce rapport n'a jamais été suivi et le ministre de la Garde des Sceaux dit hier qu'il n
03:44'en avait pas connaissance.
03:45Comment est-ce possible qu'un garde des Sceaux n'ait pas eu connaissance de ce rapport ?
03:48Il doit partir.
03:49Écoutez, je pense, en fait, si je voulais répondre vulgairement, je dirais que je m'en fous.
03:54En fait, ce n'est pas le sujet.
03:55Voilà, ce n'est pas le sujet.
03:56Le sujet, c'est de savoir qu'est-ce qu'il va, lui ou un autre, mettre en place.
04:01Moi, j'évite d'avoir une approche politicienne de cette affaire.
04:06Nous, nous ne travaillons pas comme ça.
04:07Nous avons une proposition de loi, dite loi intégrale contre les violences,
04:11qui est une loi qui prend en compte à la fois la question de prévention,
04:15les questions d'éducation, bien entendu la chaîne police-justice,
04:18et ensuite les questions de réparation et de soins aux victimes,
04:21et de prévention de la récidive.
04:23Parce que le vrai sujet dans tout ça,
04:26ce n'est pas simplement est-ce qu'il faut réprimer davantage,
04:29punir davantage les violeurs.
04:30C'est les propositions que le Premier ministre a faites.
04:33Je ne suis pas hostile, bien entendu.
04:34Et le plus souvent, quand les violeurs arrivent jusque devant les tribunaux,
04:38ils sont jugés et ils sont punis.
04:40Mais c'est comment on fait pour que les hommes cessent de violer les femmes et les enfants.
04:44C'est ça le vrai sujet.
04:45Et mon désaccord aujourd'hui avec les propositions du Premier ministre ou du garde des Sceaux,
04:51c'est que de nouveau on va se concentrer sur des mesures dissociées les unes des autres,
04:58des mesures confuses, alors qu'il faut agir en amont.
05:02Pourquoi les hommes violent les femmes et les enfants ?
05:04Comment on fait pour que ça s'arrête ?
05:06Patrick Bruel vient de passer 48 heures en garde à vue.
05:09Il va être présenté à un juge dans quelques minutes.
05:12De quoi l'affaire Bruel est-elle le nom ?
05:15Elle est le nom de tellement d'autres affaires, tellement d'hommes puissants
05:20qui, toute leur vie, se sont servis sur le corps des femmes,
05:23ont considéré que les femmes le voulaient.
05:27Ces hommes qui pensent qu'il n'y a qu'à tendre la main et se servir.
05:32Elle est l'illustration de ça et puis elle est aussi l'illustration, comme dans bien d'autres affaires,
05:37de paroles qui n'ont pas été entendues, de classements sans suite.
05:41Et j'ai vu que le tribunal judiciaire de Nanterre avait réouvert un dossier
05:46qui avait été précédemment classé sans suite.
05:49Donc je me dis, il faut qu'on en parle dans les journaux pour qu'on rouvre les dossiers, c
05:53'est pas bien.
05:53– Un mot de politique, la primaire de gauche est finie, vous êtes sénatrice socialiste,
05:59la primaire de gauche est finie, elle dit Jean-Luc Mélenchon.
06:02Face à lui, on a du mal à suivre ce que propose l'EPS.
06:05Qu'est-ce que vous proposez, vous, Laurence Rossignol ?
06:07– D'abord, c'est pas à Jean-Luc Mélenchon de dire ce qui doit se passer à gauche.
06:11Lui, il incarne un pan.
06:13Moi, je vais faire très très rapide et très simple,
06:16je soutiens la candidature de Raphaël Guzman,
06:20c'est-à-dire qu'à cet instant, j'espère que Raphaël Guzman
06:22va pouvoir être le candidat,
06:24que beaucoup d'autres gens de gauche, de la gauche démocratique
06:26à laquelle j'appartiens, vont lui donner la force
06:29pour qu'il soit notre candidat.
06:31Il y a un espace politique, il y a beaucoup d'électeurs
06:33qui attendent qu'on ait un candidat et que la gauche se réaffirme,
06:37nous ne sommes pas soumis à Jean-Luc Mélenchon
06:39et nous ne sommes pas contraints non plus
06:41d'aller vers le bloc central pour empêcher le Front National,
06:44le Rassemblement National d'être élu.
06:45Donc moi, je souhaite que Raphaël Guzman soit soutenu
06:48par un maximum de sympathisants, militants, citoyens
06:52qui veulent une gauche démocratique et un candidat.
06:55Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne,
06:57invitée des 4V.
06:59Merci à tous.
06:59Merci à tous.
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