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  • il y a 32 minutes
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 10 juin 2026.

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00:0312h30, 14h, RTL Midi, les auditeurs ont la parole, avec Amandine Bégaud.
00:09Et elle a eu une Patrick Bruel qui sera donc fixée sur son sort dans les heures qui viennent après
00:1348 heures de garde à vue.
00:14Il doit être présenté à trois juges d'instruction.
00:16Le parquet de Nanterre a demandé sa mise en examen et son placement en détention.
00:22Autre affaire, l'affaire Liana qui a à nouveau été évoquée ce matin au Conseil des ministres.
00:26Emmanuel Macron reconnaît une nouvelle fois des dysfonctionnements.
00:30Pour autant, dit le Président, on ne répond pas à un drame par des cris.
00:33La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur.
00:37Fin de citation, on en parle.
00:38Et vous échangez dans un instant avec Aurore Berger qui est avec nous.
00:42Et puis J-1 avant le coup d'envoi de la Coupe du Monde, de foot bien sûr, ce sera
00:46demain.
00:47Les Bleus, eux, doivent décoller dans les toutes prochaines minutes depuis l'aéroport du Bourget.
00:52La météo avec vous Anthony, donc c'était frais aujourd'hui, ça veut dire que ça se réchauffe demain ?
00:56On va gagner 1 à 2 degrés demain, donc ce n'est pas non plus le plein été.
00:59Mais doucement mais sûrement avec encore 15 à 22 degrés sur la moitié nord.
01:02Mais déjà des pointes à 30 degrés dans l'extrême sud du pays.
01:05Et d'ailleurs demain, ce sera très ensoleillé l'après-midi au sud d'une ligne Nantes-Besançon.
01:10Au nord, il y aura encore des nuages avec quelques pluies près des frontières belges et luxembourgeoises.
01:15Jusqu'à la Franche-Comté.
01:17Amélioration qui se confirme pour vendredi.
01:19Chaleur dans toute la moitié sud.
01:21Au nord, encore quelques nuages et des averses toujours près des frontières.
01:24Et le week-end, comme promis, comme convenu, sera chaud partout.
01:28Chaleur raisonnable au nord, 25-26 degrés.
01:31Chaleur forte au sud, 30 à 35 degrés.
01:33Et du soleil pour tout le monde.
01:35Merci beaucoup Anthony, il est 13h02.
01:38Jusqu'à 14h.
01:40Les auditeurs ont la parole.
01:42Amandine Bégaud sur RTL.
01:45Écoutez, franchement je suis en colère.
01:46Quand est-ce qu'on va donner la parole aux Français ?
01:49On attend quoi ?
01:49Ces gens sont des bêtes sauvages.
01:51Ce sont des monstres qui sont ô combien nuisibles pour la société.
01:55On les enferme et ils ne ressortent jamais.
01:58Quand est-ce qu'on va donner la parole aux Français ? Flûte !
02:01Le message de Jean-François au 30 de 10.
02:04Et comme lui, vous êtes très nombreux, ça fait maintenant une semaine,
02:08à tous les jours sur cette antenne exprimer à la fois votre colère,
02:12votre envie que les choses bougent.
02:14Et c'est pour ça, Aurore Berger, que vous êtes venu échanger aujourd'hui avec les auditeurs.
02:17Il ne s'agit pas de polémiquer mais d'essayer et d'être constructif.
02:20Et aussi, bien sûr, de vous faire part de situations des uns et des autres.
02:24Planar Adénovitch nous accompagne du service police-justice de RTL.
02:27Et on va retrouver d'abord Alain.
02:29Bonjour Alain.
02:30Bonjour Amandine.
02:31Bonjour Madame la Ministre.
02:32Bonjour.
02:34Madame, là vous venez de nous faire un exposé de tous les drames que nous connaissons.
02:41Je rappelle que la justice est rendue au nom du peuple français.
02:45Comme l'a dit l'intervenant, l'a enregistré, il faudrait nous écouter.
02:50La justice a des comptes à nous rendre.
02:52Il y a des gens qui se touchent, qui s'estiment intouchables, comme les procureurs, comme la justice.
02:57Non.
02:57Ce sont des gens à notre service.
03:00Nous sommes des justiciables.
03:01Cette maman de la petite Rosa, qui, elle, est vivante, mais marquée à vie, qui se fait menacer par des
03:09gendarmes d'être poursuivie pour harcèlement si elle continue à appeler alors qu'elle dénonce de multiples viols de son
03:16enfant.
03:18Madame Berger, il y a des choses que les Français ne peuvent plus entendre.
03:22Nous ne pouvons plus avoir peur, comme nous avons peur pour nos enfants.
03:26J'ai cinq enfants, neuf petits-enfants.
03:28Madame, il faut arrêter vos réunions, vos commissions, les réunions des commissions sur les commissions.
03:35Madame, il faut des actes aujourd'hui.
03:37Nous demandons à ce que des gens dont on connaît la dangerosité, je reprends le cas de ce monsieur, soient
03:44immédiatement trois mois.
03:46Mais, madame, vous vous rendez compte des drames qu'il a fait pendant trois mois, ce monsieur ?
03:50C'est trop long, trois mois.
03:52Dès la première intervention, il fallait intervenir pour sauver les gamins.
03:57Je veux dire, c'est dramatique.
03:59Alain, on entend à la fois votre émotion, votre inquiétude et votre colère, Aurore Berger.
04:04Et je partage, évidemment, et l'émotion et la colère.
04:07L'objectif, ce n'est pas d'ajouter de la réunion et des commissions sur des réunions et des commissions.
04:11C'est-à-dire qu'il y a des choses qui doivent changer dans la loi et puis il y
04:13a des choses qui doivent changer concrètement sur le terrain.
04:16Dans la loi, ce qu'on va changer, c'est notamment, d'ailleurs, ça fait écho au monsieur qui témoignait
04:19sur le répondeur,
04:20c'est que quand quelqu'un a commis des violences sexuelles sur plusieurs enfants, il doit pouvoir être condamné à
04:25perpétuité.
04:26Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
04:27C'est quelque chose qu'on souhaite changer dans la loi en espérant qu'elle puisse être adoptée à l
04:33'Assemblée dès le 15 juillet prochain.
04:34Ça n'aurait pas permis de sauver Liana.
04:36Mais ça permettrait que ceux qui ont commis des violences sexuelles à l'encontre des enfants ne soient pas en
04:43détention pendant 15 ou 20 ans,
04:45mais puissent l'être jusqu'à perpétuité.
04:47Et donc, ça veut dire qu'ils sont hors d'état de nuire aussi pour la société.
04:52Et ça laisse aussi la prison le temps aux victimes de se réparer.
04:55Quand on sait que celui qui a violé, agressé est en détention, ça veut dire qu'on se sent protégé
05:00et à l'abri.
05:00Donc, à la fois, on éloigne le risque pour la société et on laisse les victimes se réparer.
05:05Ensuite, évidemment que l'objectif n'est pas trois mois.
05:09L'objectif, c'est au maximum de se dire trois mois.
05:12Pourquoi ? Parce que là, les Français, finalement, découvrent aussi parfois l'ampleur du phénomène.
05:18On parle de 160 000 enfants potentiels victimes chaque année.
05:21Ça veut dire potentiellement 160 000 plaintes chaque année.
05:25160 000 dossiers, 160 000 enfants qui se déplaceraient dans une brigade de gendarmerie,
05:30dans un commissariat, pour être entendus, pour être auditionnés.
05:33Parce qu'ensuite, il faut évidemment écouter de manière très précise la parole des enfants.
05:38Il faut faire des expertises médicales.
05:39Parce que si on ne constate pas l'expertise médicale,
05:41le risque, c'est qu'ensuite, soit parole contre parole.
05:44Et qu'on n'ait pas les moyens, ensuite, de poursuivre ces gens.
05:46Et qu'on n'ait pas les moyens, ensuite, de les placer en détention.
05:49Aujourd'hui, il se passe deux ans et huit mois, sauf erreur de ma part, Plana,
05:52entre le moment où un enfant porte plainte et où sa plainte est instruite.
05:57Dominique, bonjour.
05:59Bravo, bonjour Madame la Ministre.
06:00Bonjour.
06:01Vous êtes avocat, je le rappelle, à Macron.
06:03Allez-y.
06:04Tout à fait.
06:05Alors, j'ai une question qui est peut-être un peu provocante.
06:07Mais y a-t-il un pilote, un équipage dans l'avion France ?
06:10Je m'en explique.
06:12C'est que la justice ne marche pas depuis des années.
06:14Tout comme l'éducation, l'hôpital ou comme globalement les services publics.
06:17Et depuis des années, on vous interpelle sur les difficultés du quotidien,
06:22que ce soit les juges, les greffiers, le personnel judiciaire, les forces de l'ordre.
06:25Tout le monde dit, ça ne va pas, on n'a pas les moyens.
06:28Et on a une impression d'une gestion à réaction.
06:31C'est-à-dire qu'il faut un drame, comme celui de la petite Yana,
06:34pour tenter de reprendre la main.
06:36Et on ne trouve pas ça normal, nous.
06:38C'est-à-dire que concrètement, ça fait des années qu'on vous interpelle là-dessus.
06:41Donc, est-ce qu'enfin, vous allez avoir des mesures fortes,
06:45une justice forte, pour juger dans des délais raisonnables,
06:49pour accompagner les victimes ?
06:50Les premières mesures, Dominique, qui ont été annoncées,
06:52c'est trois mois maximum pour s'occuper de la plainte d'un mineur.
06:57La perpétuité pour les violeurs multirécidivistes, violeurs d'enfants,
07:01c'est à la hauteur pour vous ?
07:03Oui, c'est déjà bien, c'est déjà une bonne chose.
07:06Mais il n'y a pas assez.
07:07C'est-à-dire qu'il faut avoir les moyens de sa politique.
07:09C'est-à-dire que concrètement, aujourd'hui, les juges, ils sont débordés.
07:14Il faudrait déjà des aides procureurs, comme aux Etats-Unis,
07:17qui dégrossissent un peu les dossiers,
07:19qui aident le procureur pour que ça aille plus vite
07:21et lui donner une espèce d'aide.
07:23Il faut ça.
07:24Aurore Berger, le président l'a redit à plusieurs reprises,
07:27ce n'est pas un problème de moyens.
07:29Alors peut-être quand l'espèce plus de moyens n'aurait rien changé pour l'IANA.
07:32On le verra et sans doute que les enquêtes administratives nous le diront.
07:37Mais Dominique et tous les avocats, tous les magistrats avec qui on échange
07:40depuis des jours et des jours, et j'ai envie de dire des mois et des mois,
07:43puisque le problème revient régulièrement, nous disent qu'il manque de moyens.
07:46C'est ce que je vous disais tout à l'heure, c'est est-ce que les moyens sont augmentés
07:49?
07:49Oui, mais est-ce qu'il faut continuer à les augmenter ?
07:51La réponse est oui.
07:52Si c'est la priorité, si c'est nos enfants dont on parle,
07:55il faut mettre le paquet, tant pis pour le reste.
07:57Il faut aussi mesurer ce qui s'est produit en 10 ans.
08:00Et ce qui s'est produit en 10 ans, quand on a parlé de libération de la parole,
08:03surtout la libération d'ailleurs de l'écoute,
08:04c'est qu'il y a eu de plus en plus de dépôts de plaintes.
08:06Donc là où c'était finalement assez marginal,
08:09parce que les victimes ne se sentaient pas respectées, reconnues, légitimes, accompagnées,
08:14aujourd'hui, elles ont réussi à franchir le cap,
08:16ce qui était absolument décisif,
08:18de venir porter plainte, que ce soit d'ailleurs pour des enfants ou pour des femmes,
08:22victimes de violences sexuelles ou de violences.
08:24Et donc on se retrouve face à un contentieux massif aujourd'hui,
08:27un tiers à la moitié du travail d'une brigade de gendarmerie,
08:31d'un commissariat, d'un tribunal, où qu'il soit en France,
08:34ce sont les violences intrafamiliales et les violences sexuelles.
08:36Ce qui montre l'ampleur du phénomène qui existe aujourd'hui au sein de nos foyers,
08:40quand même, au sein de nos familles, parce que c'est quand même ça aussi dont on parle,
08:43et ce qui veut dire aussi le volume à traiter.
08:46Donc oui, il y a des moyens qui ont augmenté année après année,
08:49mais il y a des moyens qui doivent encore augmenter
08:52pour répondre à ce qui est devenu un volume extrêmement important de dossiers
08:56et qui n'a pas vocation à s'interrompre, malheureusement, aujourd'hui.
09:00Dominique ?
09:01Oui ?
09:02Oui, vous entendez ce que dit la ministre ?
09:04Oui, j'entends bien, effectivement.
09:06C'est bien d'avoir une volonté politique, c'est très très bien, tant mieux.
09:08Mais il faut aussi voir que certains, certains policiers, certains magistrats,
09:13traitent mal les victimes de violences intrafamiliales ou les victimes sexuelles.
09:18C'est-à-dire qu'on vous dit, on n'a pas le temps de prendre votre dossier,
09:21revenez plus tard, on vous décourage de porter plainte.
09:24C'est-à-dire qu'il y a aussi ce trait de qui-là...
09:38Aujourd'hui, les policiers sont formés.
09:41Et je pense que...
09:42Pas tous, là, les 555 seulement sont 150 000.
09:45Non, mais...
09:45Beaucoup plus.
09:46Pour le vrai interrogatoire, ça, j'invente pas.
09:49En fait, il y a plusieurs choses.
09:51Il faut que les gens le comprennent.
09:52Parce que moi, je ne voudrais pas qu'on retienne à la fin de ce drame
09:54qui est un drame absolu, où il y a des dysfonctionnements individuels et où ça met en lumière aussi
09:59sans doute des dysfonctionnements plus systémiques, je ne le nie pas.
10:01Mais je ne voudrais pas que des victimes renoncent à porter plainte,
10:04considérant derrière que de toute façon, ça n'aboutit pas
10:06et ça n'a pas d'utilité ou d'intérêt en termes de réparation.
10:09On a aujourd'hui des salles d'audition qui n'existaient pas avant
10:12qui permettent justement de filmer l'audition des enfants
10:15pour qu'ils n'aient pas à répéter, puis répéter et encore répéter leur histoire
10:18avec des policiers et des gendarmes qui ont été spécifiquement formés
10:22pour que ça puisse être le cas.
10:23Planar Adénovitch, on a vraiment fait des progrès ?
10:26Oui, bien sûr, c'est indéniable, on a fait des progrès.
10:28Mais ce que je voulais dire, c'est que là, le ministre Gérald Darmanin
10:32a demandé à tous les procureurs d'examiner 70 000 procédures.
10:35Moi, je me suis rendue pour RTL au parquet d'Amiens
10:38où j'ai quand même un procureur qui était complètement désemparé
10:41qui me dit, moi, j'ai jusqu'au 14 juillet pour examiner 1000 procédures
10:44à ma section mineure, ils ne sont que 4, ça veut dire que je ne vais les mettre que sur
10:48ça
10:48et que les violences faites aux femmes et que les violences sur mineurs,
10:51les violences physiques qui ne sont pas sexuelles,
10:53je dois les abandonner jusqu'au 14 juillet.
10:56Je trouve que c'est fou, en fait.
11:00Je pense que là, il y a une urgence absolue
11:02qui était de vérifier que toutes les plaintes encore ouvertes
11:06aient été traitées au bon niveau.
11:08Mais ça veut dire qu'il y a une femme qui a porté plainte pour violences conjugales
11:11qui, si ça se trouvait en danger, n'est pas entendue, par exemple, à Amiou ?
11:15Tous les jours, les policiers et les gendarmes reçoivent
11:17des femmes victimes de violences, des enfants victimes de violences,
11:21des familles victimes du narcotrafic,
11:22avec aussi des risques de criminalité extrêmement importants dans notre pays.
11:26Mais ils reçoivent aussi tout un tas d'autres types de contentions
11:29et d'environnement, d'urbanisme, plein de choses.
11:30Mais on a l'impression qu'on fait ça avec un public qui vient porter plainte.
11:33Ce qu'il y a de plus prioritaire, c'est évidemment la plainte qu'il dépose.
11:36Nous, ce qu'on dit, c'est qu'à un moment, il faut aussi qu'on accepte dans notre société
11:40qu'il y a des plaintes qui sont encore plus prioritaires que d'autres.
11:43Et quand ça concerne la vie des enfants, c'est absolument prioritaire.
11:47C'est d'autant plus qu'on parle non seulement de la vie des enfants,
11:50mais on parle de prédateurs dont on sait qu'ils vont être sans doute en situation de récidive
11:54s'ils ne sont pas interpellés immédiatement.
11:56Aurore Berger, vous restez avec nous, on continue à échanger avec les auditeurs.
11:59Si vous souhaitez nous joindre, nous appelez, vous composez le 3210.
12:02A tout de suite.
12:03Envoyez-nous vos messages sur l'application RTL
12:06ou appelez-nous au 3210.
12:0850 centimes la minute.
12:11Amandine Bégaud, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
12:15Et on continue à évoquer ces questions à la fois de la protection de l'enfance,
12:20de notre système judiciaire aussi avec la ministre Aurore Berger
12:23qui échange avec vous.
12:25Planar Adelovitch est toujours avec nous du service police-justice.
12:28Bonjour Jean-Louis.
12:29Oui, bonjour.
12:30Bonjour Madame la Ministre.
12:32Bonjour.
12:32Alors simplement, je voudrais...
12:34Là, je pense qu'on touche le front.
12:37Je vais vous dire en deux mots.
12:38Là, j'écoute RTL, vous le savez, on s'est eu plusieurs fois au téléphone.
12:42Pour l'affaire Bruel, trois juges.
12:45Pourquoi trois juges ?
12:46Ce qu'il a fait, c'est sûr.
12:48Si c'est vraiment...
12:49Voilà.
12:50Des affaires politiques qui ont duré des années, il y a des juges.
12:54Pour l'affaire Bruel, trois juges.
12:55Je ne comprends pas pourquoi.
12:57Il y a le juge des libertés.
12:58Quand on est jugé et tout, le juge des libertés, pour moi,
13:02si c'est jugé, si on doit...
13:04Quand on rend un jugement, il est rendu point à la ligne.
13:07Oui, alors après, c'est encore les juges des libertés qui statuent sur...
13:12Oui, oui, mais attendez, attendez.
13:13Mais allez-y, oui, finissez.
13:14Oui, bon.
13:16Alors, déjà ça, ces juges-là devraient être juges et faire le travail.
13:21Voilà.
13:22Parce que pour moi, on dit les manques de moyens.
13:25Non.
13:25Au bout d'un moment, ce ne sont plus les moyens.
13:27On ne peut pas mettre un gendarme, un agent de police derrière chaque citoyen.
13:31Le problème, c'est que la justice, ce n'est pas réparti comme il devrait être réparti.
13:35Voilà.
13:36C'est un problème d'efficacité, d'après vous, Jean-Louis.
13:39Juste, Plana va vous répondre, parce que moi aussi, je me posais la question.
13:42Pourquoi trois juges d'instruction pour Patrick Bruel ?
13:45Alors, là, en fait, franchement, ça se justifie.
13:48Je suis désolée, mais en fait, regardez, Patrick Bruel,
13:51là, on va décider de sa mise en examen pour neuf faits qui ne sont pas prescrits.
13:55Mais la justice va aussi examiner 13 autres faits, sans compter les plaintes.
13:59Là, on en compte cinq en plus qui vont encore arriver dans cette information judiciaire.
14:03Donc, vous vous rendez compte, on est déjà à une vingtaine de faits contre cette personne
14:06et des faits qui sont parfois très anciens.
14:09Donc, les enquêtes sont vraiment difficiles.
14:10Je pense à Flavie Flamand, dont ce qu'elle dénonce, le viol qu'elle dénonce, c'est 1991.
14:16Je veux dire, il va falloir retrouver les témoins éventuels, les personnes de l'époque,
14:21faire des investigations énormes.
14:22Et cette affaire Bruel, c'est lent aussi.
14:25Et Jean-Louis, ce n'est pas Patrick Bruel, c'est les victimes, enfin les plaignantes, en tout cas,
14:29contre Patrick Bruel, qu'on essaie d'écouter via ses juges d'instruction.
14:34Voilà, pour la faire, il y en a.
14:35Oui.
14:35Bon, je ne comprends pas.
14:38S'il y a des juges, bon, Bruel, comme je vous l'ai dit, mais il y a quelque chose
14:41qui ne va pas.
14:41Et je vais vous dire pourquoi.
14:43Parce que, là, pour moi, il y a quelques ministres.
14:47Moi, je n'ai pas voté Macron, et je m'en suis déjà expliqué.
14:50Mais il y a quelques ministres qui font leur boulot dans ce gouvernement.
14:53Il faut le reconnaître.
14:54M. Darmanin, dans tous les ministères qu'il a fait, il a fait avancer les choses.
14:58Quand il était au ministère de l'économie pour les impôts, il a mis les...
15:02Qu'est-ce que vous voulez dire, Aurore Berger ?
15:03Parce qu'on n'a pas beaucoup de temps.
15:04La ministre, elle doit partir à 13h30, et je voudrais entendre tous les auditeurs.
15:07Oui, mais la ministre, aussi, il faut qu'elle écoute les gens.
15:10Oui, c'est pour ça que je suis là.
15:11C'est pour la tête des rendez-vous, voilà.
15:12Oui, mais il faut qu'elle écoute.
15:14Parce que quand on les entend...
15:15Alors, je suis très gentil, et je dis ce que je pense, il y a des ministres qui font leur
15:19boulot.
15:19Pour moi, M. Darmanin a fait son travail, il y a d'autres ministres qui font leur travail.
15:23Et pour moi, un ministre qui démissionne, c'est un ministre qui n'assume pas.
15:28Donc, M. Darmanin ne doit pas démissionner.
15:31Voilà.
15:31Et un juge, je l'ai déjà dit plusieurs fois, un juge qui se trompe, qui fait des bêtises, doit
15:38être sanctionné.
15:39Mais on a un exemple flacant, quand il y a eu l'affaire d'Outreau, que le juge a été
15:44sanctionné,
15:45c'est même pas vrai, vous le savez comme moi, ce juge est parti à une autre intégration avec une
15:50promotion.
15:51Non, il n'a pas eu une promotion.
15:52Un juge nous est responsable.
15:54Juste, laissez parler à la ministre, parce que vous voulez qu'elle vous écoute, mais il faut aussi qu'elle
15:57puisse exprimer.
15:58Ce que vous exprimez, c'est ce que beaucoup de Français expriment.
16:00C'est-à-dire, ils ont l'impression qu'il y a un décalage.
16:03Il y a un décalage parce qu'il y a des affaires où il y a beaucoup de moyens, il
16:06y a des affaires où il n'y aurait pas de moyens.
16:07Enfin, pour Patrick Bruel, ce n'est pas parce que c'est Patrick Bruel, ce serait M. X avec des
16:12dizaines de plaintes,
16:13on aurait exactement le même fonctionnement de la justice, c'est-à-dire plusieurs justes d'instruction,
16:18parce que beaucoup d'affaires, parce que des éléments d'enquête nécessaires,
16:22et puis à remonter parfois sur des dizaines d'années.
16:23Donc, ce n'est pas parce qu'il est connu, parce qu'il est identifié,
16:27c'est tout simplement parce qu'on veut protéger les victimes et garantir que tous les moyens soient mis et
16:32soient mis au bon endroit.
16:33Après, ce qui est vrai, c'est ce que vous avez noté, c'est-à-dire les dysfonctionnements,
16:38vraisemblablement, qu'il y a eu sur l'affaire Liana.
16:40Et ce qu'il faut comprendre, c'est pour ça qu'il y a des enquêtes administratives.
16:43Il y aura vraiment des sanctions ?
16:45Eh bien, c'est là où on a des fonctionnements qui sont différents,
16:47c'est-à-dire que le ministère de l'Intérieur, vous savez que le ministre de l'Intérieur,
16:50lui, il a en capacité immédiate et directe d'appliquer un certain nombre d'éléments de sanctions.
16:54Le ministère de la Justice, c'est des choses qui sont un petit peu de nature différente.
16:58Et c'est là où ça peut créer, sans doute, parfois de la distance aussi vis-à-vis des Français,
17:02où on a l'impression que finalement, nous n'avons pas la main directe et immédiate.
17:05Et c'est ça qui peut poser question.
17:07Et d'ailleurs, c'est un débat aujourd'hui.
17:09Est-ce qu'il faut revenir ou pas sur la loi de Taubira de 2013,
17:12qui fait que le garde des Sceaux ne peut pas lui-même avoir des instructions dédiées vis-à-vis de
17:16certains procureurs ?
17:17Ça, c'est un vrai débat dans la société.
17:20Et je pense que c'est un débat, sans doute, politique, voire peut-être même législatif,
17:23qu'on va avoir dans les semaines et dans les mois qui viennent.
17:26Émilie est avec nous. Bonjour, Émilie.
17:28Bonjour, Amandine. Bonjour, Madame la Ministre.
17:31Je suis très heureuse de pouvoir témoigner, justement, de notre cas.
17:35Nous, cela fait deux ans que notre cauchemar, je dirais, a commencé,
17:39suite au signalement de l'institutrice de mon fils, qui a six ans actuellement.
17:46Il s'est plaint auprès de sa maîtresse qu'il avait eu des claques de la part de son papa.
17:51Bon, chose qui n'aurait jamais dû arriver.
17:54Malheureusement, bon, il y a eu quelques claques, voilà.
17:57Voilà. Donc, à la suite de ça, nous avons été reçus par les gendarmes
18:01dans les jours qui ont suivi le signalement.
18:04Ça a été très, très rapide, un non-lieu.
18:07Ensuite, donc, nous avons été reçus par des services sociaux
18:11et c'est là que le cauchemar a commencé.
18:13C'est-à-dire que les services sociaux ont complètement modifié notre version et tout ça.
18:20On n'était vraiment là que pour vraiment peu de choses.
18:24Et à l'issue de ça, donc, nous avons été reçus deux fois par les gendarmes,
18:28les enfants reçus par le médecin judiciaire deux fois.
18:32Une AMO, des éducateurs.
18:35Ça, depuis deux ans, un véritable enfer.
18:37Non, mais je rappelle quand même que frapper des enfants, Émilie, c'est illégal aujourd'hui.
18:41Bien sûr, bien sûr.
18:42C'est pour ça qu'on a dit que ça n'aurait jamais dû arriver.
18:45C'est arrivé trois, quatre fois.
18:47Je peux vous dire qu'il y a énormément de parents à qui c'est arrivé.
18:53Ce que vous ne comprenez pas, c'est le décalage entre ce qui vous est arrivé et...
18:57Voilà.
18:58Et l'affaire, il y en a pour dire que dans les services,
19:01quand j'ai entendu que ce type n'a même pas été reçu par les gendarmes,
19:05alors qu'il y avait vraiment...
19:07Là, on parlait de viol, de récidive.
19:12Donc, je ne dis pas ça à la ministre, en fait, pour la condamner.
19:15Je veux seulement l'alerter sur, finalement, le paradoxe qu'on peut avoir sur une famille
19:20qui, à la base, oui, a failli.
19:23On s'est fait suivre par...
19:25Mon fils a été suivi par une psychologue.
19:27Nous-mêmes, on fait de l'aide à la parentalité.
19:31On a des comptes rendus de professionnels.
19:33Notre médecin n'a jamais décelé un seul signe de maltraitance.
19:36Il est suivi depuis la naissance.
19:38On a quatre enfants.
19:39Donc, vraiment, la juge, on a été reçue la semaine dernière au tribunal de Caen
19:45parce qu'on est de Falaise, une petite ville auprès de Falaise du Calvados.
19:51Donc, on a été reçue au tribunal de Caen.
19:53La juge a été incapable de rendre son verdict sur le moment,
19:56chose qui arrive très rarement,
19:58parce que les services ont fait des comptes rendus tellement en notre défaveur.
20:04Et nous, en face, nous avions des comptes rendus de professionnels,
20:07de psychomotriciennes, de psychologues, vraiment des médecins, des gens qualifiés.
20:11Elle n'était incapable de rendre son verdict tellement c'était un paradoxe.
20:17Aurore Berger, vous entendez ce, j'allais dire, deux poids, deux mesures, non ?
20:21Et c'est d'ailleurs, j'allais dire, dans le cas d'Émilie, tout a fonctionné.
20:24Alors, même si là, ça dysfonctionne sur la fin.
20:27Oui, je peux comprendre, évidemment, ce dans quoi vous êtes plongée
20:33et les angoisses que ça peut générer.
20:35Mais le point de départ est un bon point de départ.
20:37Le point de départ, c'est un enfant qui dit qu'il a subi ce qu'on appelle des violences
20:41éducatives,
20:42qui sont aujourd'hui, en effet, contraires à la loi.
20:44Pendant des années, on a considéré que c'était normal.
20:46Aujourd'hui, on considère que toute violence sur un enfant est un problème.
20:48Et je crois qu'on a eu raison de le considérer.
20:50Et d'ailleurs, vous dites, madame, qu'en effet, vous avez vous-même reconnu
20:53qu'il n'aurait pas fallu que ça existe.
20:55Donc, ça veut dire que ça a fait changer aussi, sans doute, des choses chez vous.
20:58Et tant mieux !
20:59Et donc, il y a eu un enseignant qui a fait son travail et qui a fait un signalement.
21:02Et ensuite, ça a suivi un cours qui est un cours normal
21:05pour vérifier qu'il y avait peut-être ces violences-là, mais qu'il n'y en avait pas d
21:10'autres.
21:10Et c'est ça qu'on doit avoir de manière systématique.
21:12Vous savez, aujourd'hui, au sein de l'éducation nationale,
21:14on a 80 000 signalements chaque année.
21:16Chaque année, on a des enseignants qui signalent
21:19parce qu'on a mis en place, par exemple, les cours d'éducation à la vie affective.
21:23Ça a été massivement contesté, notamment par l'extrême droite.
21:26Je le rappelle, grande campagne de désinformation.
21:28Et à la fin, il se passe quoi ?
21:29Il se passe que dans ces cours, à l'issue de ces cours,
21:31quand on explique aux enfants, justement, la question des violences,
21:34la question du respect, de la dignité, de l'intégrité de leur corps,
21:37à chaque fin de cours, on a des révélations.
21:40Les enfants qui viennent pour eux-mêmes, pour leur mère, pour un ami, pour un cousin.
21:44Donc ça, c'est des choses qui sont nouvelles, qui fonctionnent.
21:4680 000 enseignants chaque année qui font des signalements.
21:49Souvent, il vaut mieux signaler et se tromper que se taire.
21:52Et ça, c'est un vrai débat dans la société.
21:54Ce n'est pas de la délation de composer le 17.
21:56C'est potentiellement sauver une vie, un enfant en danger ou une femme en danger.
21:59Je voulais vous faire aussi, écoutez, Madame la Ministre, ce message de Stéphane.
22:03Écoutez.
22:04Moi, je m'interroge simplement, pourquoi nous ne créons pas un fichier
22:08qui regroupe l'ensemble des délinquants sexuels ?
22:11Je trouve que ça serait une bonne chose à faire et pas forcément très onéreux.
22:17Donc, voilà. Merci.
22:19Alors, un fichier, oui, il en existe.
22:21Sauf que là, ce dont parle, j'ai l'impression, cet auditeur,
22:23c'est aussi la proposition d'Arnaud Gallet qu'on avait il y a quelques jours avec nous sur l
22:27'antenne,
22:27qui est cofondateur de l'association Mouve Enfants.
22:29Et en fait, il dit qu'il existe aujourd'hui un fichier pour surveiller des personnes soupçonnées de terrorisme
22:37ou en tout cas de volonté de passer à l'acte.
22:40Est-ce qu'on ne pourrait pas imaginer un fichier avec des gens qui sont soupçonnés,
22:44même dès le premier signalement, pour pouvoir les surveiller ?
22:46Aujourd'hui, c'est vrai qu'on a un fichier de celles et ceux qui sont condamnés
22:50sur les infractions, des atteintes sexuelles, des agressions sexuelles, des violences sexuelles.
22:55Est-ce qu'il faut ficher tous ceux sur lesquels il y aurait une suspicion
22:59quand bien elles ne seraient pas avérées ?
23:01Ça, c'est un vrai débat à avoir dans la société.
23:03Nous, ce qu'on va avoir dans la loi et qui était absolument nécessaire,
23:06notamment face au scandale qu'il y a eu dans le périscolaire,
23:08c'est qu'aujourd'hui, vous avez quelqu'un qui est exclu du périscolaire,
23:12il pouvait redevenir animateur dans le monde scolaire ou dans le monde sportif, etc.
23:17Là, on va avoir ce qu'on appelle une liste noire.
23:19À partir du moment où vous avez été mis...
23:21Là, la loi, elle est examinée à partir de mi-juillet.
23:23Donc, en septembre, on peut s'assurer que dans les écoles, personne n'aura...
23:26On va faire en sorte que ce soit le plus rapidement possible,
23:28mais ça veut dire que quelqu'un qui, demain, exclut du périscolaire à Paris,
23:31il ne peut pas devenir salarié d'une association sportive.
23:35Parce que c'est ça le sujet, c'est de garantir qu'il y ait la bonne connaissance
23:38du risque et de la dangerosité potentielle des personnes.
23:41Lana ?
23:41Oui, juste un mot.
23:43Encore faut-il qu'on ait les moyens de les suivre avec ce fameux fichier,
23:45ce que je rappelle en matière de terrorisme,
23:47que, par exemple, Mohamed Mogouchkov, qui est le terroriste
23:50qui a tué Dominique Bernard à Arras,
23:52lui, il était suivi.
23:53Donc, en fait, ça n'empêche pas, le fichier n'empêche pas,
23:56le crime non plus, ce n'est pas la martingale.
23:58Après, oui, ça peut être une aide.
24:00Et puis, encore, faut-il le consulter, aussi, ce fichier.
24:02Et on ne sait pas, dans l'affaire de Liana,
24:04si les démarches ont été faites à la fois côté...
24:06On saura le 19 juin.
24:07...la transparence sera faite le 19 juin.
24:09Merci beaucoup, Aurore, d'être venu nous voir
24:11et d'avoir joué le jeu, d'échanger avec les auditeurs.
24:14On va continuer, bien sûr, ces sujets.
24:16Merci à vous, Plana.
24:18Dans un tout petit instant, on retrouvera Jean-Alphonse Richard.
24:20Bonjour, Jean-Alphonse.
24:21Bonjour, Amandine.
24:21Vous nous donnez le programme de l'heure du crime,
24:23qui est à 14h, comme chaque jour.
24:24A tout de suite.
24:43Et on continue à évoquer ces dysfonctionnements de la justice,
24:46ces violences aussi faites aux enfants dans un tout petit instant.
24:50Mais d'abord, le programme de l'heure du crime.
24:51Jean-Alphonse, on vous retrouve, bien sûr, dès 14h.
24:53Et vous nous emmenez aujourd'hui à Thionville, en Moselle.
24:56À Thionville, avec un meurtre, 16 coups de couteau pour Antoine Mamone.
25:00Chez lui, dans son appartement, célibataire, 49 ans, employé municipal.
25:05Il multipliait les rencontres d'hommes sur Internet.
25:09C'est cette piste qui va être creusée par les enquêteurs.
25:11On va remonter jusqu'à un jeune homme qui a 19 ans.
25:14C'est son dernier contact.
25:15Il s'appelle Julien Fernandez.
25:16Il va devenir le suspect numéro un.
25:18Dernier contact, peut-être.
25:19Mais est-ce qu'il était vraiment la dernière personne
25:21à avoir vu vivant Antoine Mamone ?
25:24Un autre ADN inconnu et un autre amant Internet introuvable ?
25:29Sème le doute.
25:30L'affaire Antoine Mamone à la recherche de Julien 57.
25:34À tout à l'heure, 14h.
25:36À tout à l'heure, Jean-Alphonse.
25:38On sera bien sûr là pour l'heure.
25:39Il est 13h33.
25:4412h30, 14h.
25:45RTL midi, les auditeurs ont la parole.
25:48Avec Amandine Bégaud.
25:50Et on va tout de suite retrouver Victor D'Arquez.
25:52Victor, bonjour.
25:53Bonjour Amandine, bonjour à tous.
25:54C'est vous qui faites le lien, j'allais dire,
25:56entre les auditeurs et ce studio.
25:59Comme chaque jour, nos auditeurs vous connaissent bien
26:01puisque tous ceux qui passent à l'antenne échangent avec vous avant.
26:03Bon, beaucoup de messages et ça continue
26:07autour de ces questions de dysfonctionnement de la justice,
26:09de protection des enfants,
26:11à la fois sur la page Facebook de l'émission et sur l'application.
26:13Oui, c'est le sujet qui vous fait réagir aujourd'hui
26:15sur notre page Facebook comme Franck qui nous écrit
26:17« Pour moi, il faut tout réformer.
26:19De la prise de la plainte aux aménagements des peines.
26:21José, des paroles et toujours des paroles.
26:23Mais qui en parlera après l'été ? »
26:25Et puis Jean-Luc, les politiques sont très forts
26:28pour nous dire comment se chauffer, comment conduire
26:30ou pour même nous dire de mettre des cols roulés.
26:32Et une fois au pied du mur, face au dysfonctionnement de la justice,
26:35réunion et concilial bulles, triste spectacle.
26:38Merci beaucoup Victor.
26:40On va tout de suite rejoindre Nathalie.
26:42Bonjour Nathalie.
26:43Bonjour.
26:44Et merci de nous avoir appelées.
26:46On était, Aurore Berger a dû partir,
26:48mais elle évoquait les cas de mamans comme vous, justement.
26:52Expliquez-nous ce qui vous arrive.
26:54Oui.
26:56Alors je regrette que Madame la Ministre ne soit pas là
26:59parce qu'effectivement, nous sommes nombreuses à être dans cette problématique-là.
27:04Et notamment, j'avais des propositions à faire au vu de l'urgence et de l'actualité.
27:09Notamment que les mamans soient reçues en contexte.
27:10Nathalie, expliquez-nous d'abord, faites-les, on les fera suivre de toute façon.
27:14Et puis Planar et Denovitch a aussi deux-trois réponses à vous apporter.
27:19Allez-y.
27:20Mon fils, à l'âge de deux ans, a dit à la crèche que son papa lui mettait les doigts
27:26dans les fesses régulièrement.
27:29Moi, je n'étais témoin de rien, à part qu'effectivement, mon fils a fait des diarrhées sanguinolentes pendant plusieurs
27:34mois
27:35sans que le médecin puisse comprendre ce qui se passait.
27:42De là, quand la crèche m'a appris ça, je suis tombée de l'armoire.
27:48J'ai dû me cacher parce que la police m'a demandé de rester sur place
27:54le temps que les examens médicaux soient faits au niveau de la médecine légiste.
28:00Donc, nous avons dû rester sur place.
28:03Nous étions recherchés par le papa.
28:06Vous étiez séparés ou pas du papa, non ?
28:08Alors non, on n'était pas séparés.
28:09Mais la police m'a demandé de partir tout de suite, de prendre mes affaires.
28:14Donc, je suis partie avec une valise pour mon fils, une valise pour moi,
28:19les documents administratifs et puis c'est tout.
28:22Sans savoir où aller parce que nous étions dans sa famille et pas du coup dans ma région.
28:30Et j'ai dû vivre en hébergement d'urgence pendant un mois, le temps des procédures.
28:37Mon fils avait mal aux fesses, il se plaignait, il avait des diarrhées sanguinolentes.
28:43Le médecin légiste nous avait entendu 22 jours pour qu'il soit vu par un médecin.
28:4722 jours ?
28:48Le médecin traitant ne voulait pas le constater, en fait.
28:53Donc, ce qu'elle lui a donné, c'est des médicaments pour aller à la selle.
28:59Au bout d'un mois...
29:00Et vous avez expliqué au médecin traitant ce que la crèche vous avait signalé, etc.
29:08Tout à fait.
29:09Et ce médecin, il connaissait le papa ?
29:10Le médecin connaissait le papa.
29:12D'où ? Et vous n'êtes pas dit, je vais voir un autre médecin.
29:14Enfin, pardon, je ne veux pas du tout vous accabler.
29:16Alors, ce que j'ai fait, c'est que j'ai contacté l'UIAPED.
29:19Donc, les femmes dont on parle beaucoup en ce moment de Rennes.
29:23Mais en fait, l'UIAPED de Rennes a dit, ben non, ça dépend du...
29:26Vous habitez en Mayenne, c'est le département de la Mayenne.
29:28Et en Mayenne, il n'y avait pas de l'UIAPED.
29:30L'UIAPED, c'est quoi ?
29:32Alors, l'UIAPED, c'est une unité d'intervention.
29:35C'est un peu ce que disait Mme Berger.
29:38C'est en CHU.
29:40C'est-à-dire que c'est là où il y a une coordination.
29:43Voilà.
29:45Donc, vous avez fini par faire ces examens médico-légo ?
29:48Médico-légo.
29:49Qui ont confirmé ce que disait votre fils ?
29:52Tout à fait.
29:53Oui.
29:54Nous avons également...
29:56Mon fils a été entendu en brigade policière.
30:00Il a été filmé.
30:02Il a déclaré des choses.
30:06Son papa faisait le jeu de la saucisse avec lui, etc.
30:11Et puis, d'autres choses que je ne veux pas dévoiler parce que l'enquête est en cours.
30:17Et en fait, une fois qu'on a été entendu, merci, au revoir.
30:21Donc, du coup, l'enquête préliminaire a continué.
30:26En attendant, moi, il fallait que je me batte au niveau civil
30:28pour avoir la garde de Simeo.
30:30Parce qu'en fait, il était parti du jour au lendemain.
30:33Donc, nous avons au niveau civil vu trois juges différents.
30:36Mais étant donné que, en fait, l'enquête pénale n'avançait pas,
30:40au bout d'un moment, on a dit...
30:42Bon, ben, écoutez, là...
30:44Donc, il y a eu...
30:45Pardon, excusez-moi, je vais un peu vite.
30:47Il y a eu...
30:49On a été en lieu médiatisé
30:50pour que monsieur garde des droits
30:52parce qu'on n'enlève pas l'autorité parentale comme ça.
30:55Donc, mon fils voyait son père une fois par mois
31:00en lieu médiatisé.
31:02Mais là, en fait, ça va faire trois ans.
31:05Trois ans que l'enquête n'avance pas.
31:07Et du coup, ben, en fait, monsieur a retrouvé des droits.
31:10Donc, concrètement, cet été,
31:12mon fils va se retrouver avec son agresseur
31:15qui dénonce depuis trois ans.
31:17Malgré qu'il a eu...
31:18Il va passer des vacances chez lui ?
31:20Oui.
31:21Mais c'est dingue.
31:22Alors qu'il ne l'a jamais plus revu depuis trois ans.
31:25Nathalie, vous...
31:26À part deux heures en lieu médiatisé.
31:28Il y a une solution.
31:29C'est que vous ne donniez pas votre fils
31:33à ce papa.
31:34Sauf que jusqu'ici,
31:35et on en a parlé avec une avocate il y a quelques jours,
31:38les mamans planas sont régulièrement placées en garde à vue
31:41pour non-présentation d'enfants dans ces cas-là.
31:43Alors, ça m'est arrivé...
31:44Ça vous est arrivé, Nathalie ?
31:45Oui, pour une vidéo.
31:46Parce que 6 euros, en fait, était malade.
31:48Pour une visio ?
31:49Oui.
31:49Mon fils était malade.
31:52Et donc, du coup, j'ai prévenu le papa
31:53que mon fils était malade.
31:55Il a déposé plainte contre moi
31:56pour une visio de 30 minutes
31:57parce qu'il a le droit à une visio de 30 minutes par mois.
32:00Et on a pris mes empreintes.
32:01On m'a pris en photo.
32:04Et voilà, j'ai été mise en cause.
32:06Voilà.
32:07Le problème, c'est que la non-présentation d'enfants,
32:10c'est un délit.
32:11On encourt même un an d'emprisonnement.
32:13Je crois que c'est 15 000 euros d'amende.
32:15Enfin, c'est assez...
32:16Voilà.
32:17Et en plus, pour ne pas présenter l'enfant
32:20alors que la garde est décidée,
32:22il faut avoir des raisons concrètes pour la justice.
32:25Alors, les vôtres, évidemment qu'elles sont concrètes.
32:26Mais comme la justice est très lente
32:28et que, du coup, votre...
32:30Enfin, le papa, il n'est toujours pas condamné.
32:33Enfin, on voit que c'est lent.
32:34Sauf que là, sous erreur de ma part,
32:35l'affaire de Nathalie, elle rentre dans les 70 000 plaintes
32:38pour lesquelles Gérald Darmanin a demandé de vérifier que...
32:43Ah oui, là, clairement, on est sur viol sur mineur.
32:45Par ailleurs, hier, Gérald Darmanin, devant l'Assemblée nationale,
32:48qui était interrogée sur une question comme la vôtre,
32:51Nathalie, a dit qu'il souhaitait que les mamans, désormais,
32:54ne soient plus poursuivies.
32:55Mais ça veut dire qu'il faut changer la loi.
32:56Oui, c'est ça.
32:57Alors, il a dit ça et je pense que ça suscite un immense espoir
33:00chez vous et chez d'autres mamans.
33:03Mais pour le moment, on ne sait pas comment il va faire.
33:05Parce qu'en l'état actuel de la loi,
33:07à part d'accélérer vraiment les enquêtes
33:09pour que vous ayez une bonne raison,
33:11dans le sens d'une raison judiciaire,
33:12une condamnation à l'appui,
33:13là, pour l'instant, en l'état actuel des choses,
33:16on ne peut pas faire ça.
33:17Et je connais plusieurs avocates
33:19qui sont spécialistes de défendre des femmes comme vous.
33:22Il dit quoi, votre fils, Nathalie ?
33:25Alors, mon fils, au-delà de ce qu'il dit,
33:29il y a eu huit signalements depuis,
33:30parce qu'il en parle ouvertement à l'école
33:32de ce qu'il a vécu.
33:34Il en parle aussi sur le blog.
33:36Il en parle...
33:37Mais j'imagine qu'il ne veut pas aller en vacances
33:39chez son papa ?
33:39Non.
33:40Et ça, on ne l'écoute pas, personne ne l'entend.
33:42Non.
33:43Et en fait, là, il y a une juge d'instruction
33:46qui m'a reçue début mai,
33:50qui m'a dit que le dossier n'avançait pas assez
33:54et qu'elle s'excusait au nom de la justice
33:56de ce qu'on vivait en termes de victimes secondaires.
34:01Mais que ça mettait encore 18 mois
34:03pour aller jusqu'à...
34:04Et vous avez une avocate, Nathalie ?
34:06Il existe un cours criminel.
34:08Oui, j'ai...
34:08Alors, mon fils a un avocat
34:10qui est spécialisé des victimes d'incestes.
34:14Moi, j'ai une avocate aussi,
34:16parce que je suis partie civile.
34:19Et puis, je suis soutenue par des associations,
34:21par les services sociaux également.
34:23Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'au-delà,
34:24en fait, ce qu'on entend très peu,
34:26moi, je trouve, dans le débat,
34:27c'est toute la systémie, en fait.
34:30Bien sûr.
34:30Alors, il y a la systémie judiciaire,
34:32mais il y a la systémie sociale.
34:34Vous voyez, moi, avant que je...
34:35que je quitte mon conjoint,
34:38j'avais une situation financière,
34:41on va dire, confortable.
34:43J'encadrais des équipes de 25 personnes,
34:46j'étais reconnue,
34:47à fonction publique, etc.
34:48Et là, tout s'est arrêté d'un coup.
34:51Parce que moi, j'ai été malade aussi.
34:53Bien sûr.
34:54Et on comprend.
34:55Nathalie, vous vouliez échanger
34:56avec Aurore Berger.
34:57Elle a dû partir.
34:58En fait, votre appel est arrivé un peu tard.
34:59Parce que si j'avais vu votre appel plus tôt,
35:02bien sûr, vous auriez échangé.
35:03Est-ce que vous nous autorisez
35:04à éventuellement lui transmettre vos coordonnées ?
35:06Bien sûr, avec plaisir.
35:08On lui transmettra.
35:09Et puis, tenez-nous au courant.
35:11Mais en tout cas,
35:12on vous souhaite beaucoup de courage.
35:14Et on pense bien fort à vous
35:15et à votre petit garçon.
35:16Et d'ailleurs, à toutes les mamans
35:17et tous les enfants
35:18qui sont dans votre situation-là.
35:20Parce qu'hélas,
35:20vous êtes des centaines,
35:22j'allais même dire sans doute,
35:22des milliers.
35:23Vous restez avec nous.
35:24On se retrouve dans un instant.
35:36On continue à échanger
35:38sur ces dysfonctionnements de la justice,
35:40sur les façons aussi
35:40de protéger mieux nos enfants.
35:43Bertrand, bonjour.
35:46Bertrand ?
35:46Oui.
35:47Oui, bonjour.
35:48Vous êtes cofondateur
35:50de l'association
35:51La Parole Libérée.
35:52Oui.
35:53C'est l'association qui a été créée
35:55en 2016,
35:56qui a été ensuite dissoute.
35:58Et c'est nous
35:58qui avons d'ailleurs créé
35:59cette expression
36:00qui est devenue vraiment commune maintenant.
36:02Et c'était cette association
36:03qui avait permis
36:04d'arrêter le père Prénat
36:05et de le faire condamner,
36:06ainsi que d'attaquer
36:07le cardinal Barbarin à l'époque.
36:08Donc, c'est une affaire
36:10qui a fait grand bruit,
36:10au point que nous avions été reçus
36:12à l'époque
36:13par le secrétariat
36:13d'aide aux victimes
36:15qui était sous la dépendance directe
36:16de Manuel Valls,
36:17Premier ministre.
36:19Et on nous avait,
36:19il y a dix ans,
36:20c'était le 7 juin 2016,
36:21pour être précis,
36:22assuré que tout irait bien,
36:24que l'État était vraiment
36:25au cœur de l'actualité
36:28pour pouvoir assurer
36:29une forme de protection.
36:31On avait entendu énormément de choses
36:33qui engageaient les politiques.
36:35Et puis, ce secrétariat
36:36était dissous
36:37lorsque Édouard Philippe est arrivé.
36:38Et puis, plus jamais,
36:39il y a eu de secrétariat
36:40des deux victimes.
36:41Alors, celui-ci avait été créé
36:42en 2015, au moment des attentats,
36:43mais en fait,
36:44il avait quand même pour but...
36:44Je me demande s'il n'avait pas été créé
36:46un petit peu plus tôt.
36:47Il n'y avait pas eu
36:47un secrétariat d'État comme ça
36:48sous Nicolas Sarkozy
36:49avec Nicole Gage ?
36:50Également, tout à fait.
36:52Mais pour vous dire
36:52à quel point,
36:53si je vous appelle,
36:53c'est pour montrer l'inertie,
36:55la léthargie presque,
36:57et surtout,
36:57l'absence de vraie volonté,
36:58parce que dix ans après,
37:00ce secrétariat n'existe plus.
37:01On a senti une forme d'abandon,
37:03en fait.
37:03Alors, moi,
37:04il se trouve que d'un point de vue justice,
37:05au contraire,
37:06j'ai eu de la chance
37:06puisque l'affaire a été jugée,
37:08le prêtre a été condamné,
37:10il a fait de la prison,
37:10donc je me trouve finalement chanceux,
37:12a posteriori.
37:13Mais par contre,
37:14dix ans ont passé,
37:15on se retrouve exactement
37:16avec la même rhétorique,
37:18les mêmes éléments de langage.
37:18Mais ce sentiment
37:19d'abandon des victimes.
37:21Exactement.
37:21Et je pense simplement,
37:23pour être un peu positif,
37:24que les politiques
37:25pourraient peut-être réfléchir
37:26à la création
37:26d'un parquet national
37:27dédié aux affaires pédocriminelles,
37:28un peu comme il y a
37:29un parquet national financier,
37:30un parquet national
37:31de lutte anti-droite,
37:32je pense que ce serait
37:33une vraie marque
37:34de volonté forte
37:35et aussi
37:36de la possibilité
37:38de centraliser les affaires
37:39et de les rendre
37:40encore plus prioritaires.
37:41Plana Radenovic
37:42du service police-justice
37:43d'Hertel
37:43est toujours avec nous.
37:45Plana,
37:45ce parquet national,
37:46ça pourrait servir
37:47à quelque chose ou pas ?
37:48Alors,
37:49les magistrats sont assez
37:50partagés là-dessus
37:51parce que déjà,
37:52ce que je peux vous dire,
37:53c'est que depuis
37:54le Grenelle
37:54contre les violences faites aux femmes,
37:56d'ailleurs qui n'incluaient pas
37:57les enfants,
37:57c'est une question,
37:58mais bon,
37:58en 2019,
37:59c'est déjà
38:00le signe
38:01qu'il y avait un problème.
38:02Voilà,
38:02et bien depuis
38:03ce Grenelle-là quand même
38:04qui a bougé
38:05pas mal de choses,
38:06il existe des pôles spécialisés
38:08dans chaque cours d'appel,
38:09en gros,
38:10dans chaque département
38:10en France,
38:11il y a un pôle
38:12avec des magistrats spécialisés
38:14aux civils
38:15et aux pénales,
38:15des magistrats
38:16qui se parlent
38:17sur ces affaires
38:17de violences intrafamiliales,
38:19de violences sexuelles,
38:20Qui ne font que ça.
38:21Et qui ne font que ça
38:22et qui sont bien formés,
38:23etc.
38:24Donc,
38:25je ne vais pas vous dire
38:25que ça marche bien,
38:26on le voit là
38:26dans cette émission,
38:27mais c'est quand même
38:28une avancée.
38:29Et ce que j'entends
38:30des magistrats,
38:31c'est que le fait
38:31de faire un pôle national
38:33ou un parquet national,
38:36ça délocaliserait
38:37un peu toutes les affaires
38:38et peut-être
38:39que ça créerait
38:40l'effet inverse,
38:41c'est-à-dire
38:41que ça enlèverait
38:42le côté
38:44de la justice
38:44au niveau des gens,
38:45en fait.
38:46L'ancrage local
38:47de la justice
38:48qui vont saisir
38:49leur propre tribunal judiciaire
38:51avec des rendez-vous réguliers
38:52avec les juges
38:53parce qu'il y a quand même
38:54des affaires
38:54où ça marche bien,
38:55il ne faut pas non plus
38:56tout généraliser.
38:56Et vous voyez ce qu'ils ont fait
38:58avec, enfin ce que le ministre
38:59Gérald Darmanin a fait
39:00avec la criminalité organisée
39:02en créant le PNACO,
39:03le parquet national
39:03qui est dédié,
39:05donc au détriment des GIRS,
39:07des juridictions
39:07interrégionales spécialisées,
39:09donc ça veut dire
39:09comme si on faisait
39:12des pôles spécialisés locaux
39:13pour les violences
39:13intrafamiliales
39:14et un pôle national,
39:15et bien le PNACO
39:16pour l'instant
39:17est un peu décrié
39:18par les magistrats
39:19parce que, en gros,
39:21ce n'est pas parce qu'on enlève
39:21une affaire de Marseille
39:23et qu'on la met à Paris
39:23que ça va mieux marcher,
39:24en fait.
39:25Donc là, moi,
39:27je ne suis pas juge,
39:28enfin je suis juge journaliste,
39:29voilà comme vous,
39:29mais ce que j'observe,
39:31c'est que tout le monde
39:32dit surtout
39:32qu'ils ne sont pas assez nombreux
39:33pour suivre les affaires,
39:35tous les magistrats,
39:36vraiment,
39:36enfin c'est général.
39:38Merci beaucoup Bertrand
39:39pour votre appel.
39:41On va retrouver Charles.
39:44Bonjour Charles.
39:45Oui, bonjour.
39:47Je vous écoute, allez-y.
39:49Oui, ben moi,
39:49je voudrais m'exprimer
39:50pour en fait plus faire de constats
39:53que d'apporter des solutions,
39:54mais je trouve ça lamentable,
39:59la multiplication des prises de parole
40:01de nos responsables politiques
40:03suite à ce drame.
40:04Parce qu'en fait,
40:05ce drame ne se serait pas produit,
40:07eh bien personne n'en parlerait.
40:09Voilà.
40:09Donc moi,
40:09ce que je dénonce,
40:10c'est la politique du doigt mouillé.
40:12Tout simplement.
40:13Et vous n'avez pas le sentiment là
40:14que ces derniers jours,
40:15ça peut bouger ?
40:16Non.
40:17Vous n'y croyez plus ?
40:19Mais non, mais enfin,
40:20combien de victimes
40:21il va falloir sacrifier
40:22pour réagir de façon pragmatique ?
40:26La présence là de la ministre,
40:28pourquoi elle était chez vous en fait ?
40:30Pourquoi ?
40:30Pourquoi ?
40:31Parce que ce drame s'est produit,
40:32sinon il n'y aurait pas eu
40:33ces prises de parole.
40:34Et puis, ça reste des paroles.
40:37Je suis désolé.
40:38Moi, je trouve que
40:39nos responsables politiques
40:41et notre système judiciaire
40:42ont du sang sur les mains.
40:44Mais Charles,
40:45beaucoup de gens
40:46sont d'accord avec vous
40:47et on comprend.
40:49Mais qu'est-ce que vous voulez
40:50qu'ils fassent
40:50en un claquement de doigts,
40:52là, maintenant,
40:53tout de suite,
40:53qui vous donnerait raison ?
40:55Mais enfin,
40:56vous pensez que
40:58les affaires comme celle de Liana...
40:59Non, c'est pas ce que je vous dis.
41:00Mais là, vous dites,
41:01là, c'est que des paroles.
41:02Mais qu'est-ce qu'il vous faudrait ?
41:03Des actes ?
41:04Donc, si je comprends bien,
41:05mais quels actes,
41:06là, maintenant, tout de suite ?
41:06Rétablir des peines planchées,
41:09faire en sorte que la justice,
41:10en fait, agisse
41:12et pour le bien des victimes
41:14et non pas forcément pour...
41:16Écoutez,
41:17dans les cas de harcèlement scolaire,
41:19est-ce que vous savez quand même
41:20que la plupart des élèves harcelés
41:22sont obligés de changer...
41:23Je le sais, hélas,
41:24je me bats pour ça depuis des années,
41:25rien ne me bouge,
41:26mais je sais.
41:28Voilà.
41:28Est-ce que vous savez
41:29qu'on dissuade les familles
41:31de ne pas aller porter plainte ?
41:33Et même quand elles portent plainte,
41:34ça ne suit pas.
41:35Mais oui, oui, je sais.
41:36Charles, vous savez quoi ?
41:37Il faut qu'on fasse
41:37une toute petite pause.
41:38Je vous reprends juste après.
41:39A tout de suite.
41:59On continue à évoquer
42:00ces dysfonctionnements
42:01de la justice,
42:03j'allais dire révéler au grand jour
42:04après la mort de la petite Liana.
42:07Charles, pardon, je vous ai coupé.
42:08Il n'y a pas de souci.
42:10Non, non, j'étais en train
42:10de vous dire qu'il y avait
42:12tout un tas de personnes
42:15qui, d'ailleurs,
42:16il y a des choses
42:16qui passent complètement
42:17sous les radars.
42:18Vous savez combien de personnes
42:19osent maintenant
42:20aller porter plainte ?
42:21Je parle de femmes,
42:22de jeunes femmes.
42:23Il y a tout un tas
42:24de jeunes femmes
42:25et de femmes
42:25qui ne vont plus porter plainte.
42:28Elles ne vont plus porter plainte
42:29parce qu'elles disent
42:30que ça ne sert à rien.
42:32Et ça, je veux dire,
42:33il n'y a pas de chiffre officiel
42:34puisqu'elles ne le font pas.
42:34Non, parce que par définition,
42:35c'est difficile,
42:36c'est impossible à compter.
42:37Mais ça, je peux vous garantir
42:39qu'il y en a énormément.
42:42Et je suis bien placé
42:42pour le savoir
42:43parce que ça m'a touché,
42:44moi, à titre personnel.
42:46Donc, je sais que ça se produit.
42:51Ma compagne a été victime
42:52de quelque chose.
42:53Je ne vais pas vous en dire plus.
42:54Et elle n'a pas voulu
42:55aller porter plainte ?
42:55Non, absolument pas
42:56parce qu'elle a dit
42:57que de toute façon,
42:58ça ne servira à rien.
43:02Charles, Plana,
43:03vous gérez ces histoires
43:04de justice,
43:05ces affaires tous les jours.
43:07Il y a effectivement
43:08beaucoup de jeunes femmes,
43:08sans doute,
43:09qui ne vont pas porter plainte ?
43:10Oui, oui.
43:10Et puis, on en a aussi
43:12qui nous appellent,
43:13qui préfèrent presque médiatiser
43:14leur affaire
43:15que porter plainte
43:16ou en tout cas,
43:17dans un premier temps,
43:18qui se disent
43:18que ça marchera mieux
43:19parce que si j'ai un appui médiatique,
43:21peut-être que ma plainte
43:22sera prise en compte.
43:23Elles ont trop peur
43:24de la victimisation secondaire,
43:26du fait d'être pas prise en compte
43:27par la justice,
43:28de parler
43:29et puis qu'il ne se passe rien.
43:30C'est encore plus dur.
43:31Charles ?
43:32Moi, j'ai quand même
43:32envie de vous dire
43:33que lorsqu'un pays
43:34est incapable
43:35de protéger ses citoyens,
43:37lorsqu'un pays
43:38est incapable
43:38de protéger
43:39les honnêtes gens,
43:40les citoyens
43:40qui sont honnêtes...
43:42Ses enfants.
43:43Mais oui,
43:44mais quand je dis
43:45les citoyens,
43:45ça inclut tout le monde.
43:46Bien sûr !
43:46Évidemment !
43:47C'est un pays
43:49qui est un échec
43:50et nous sommes un échec.
43:51Je suis désolé,
43:52mais c'est un constat
43:53et c'est évident.
43:55Voilà.
43:55On a beaucoup œuvré
43:56dans le système judiciaire,
43:58on a beaucoup œuvré
43:59pour aménager des peines,
44:01pour prendre en compte
44:01le fait qu'on peut
44:04éventuellement,
44:04si on se comporte bien,
44:06avoir des réductions
44:07de peines, etc.
44:08Alors là, oui.
44:08Là, de façon pragmatique,
44:10on a beaucoup œuvré pour ça.
44:11Et ça, c'est pas idéologique.
44:13C'est un constat.
44:14Voilà.
44:14Par contre,
44:18pour faire en sorte
44:19que les agresseurs,
44:21que les assassins,
44:21que les criminels
44:23cessent de nuire,
44:24en fait,
44:24eh bien là,
44:25j'estime qu'on en a fait
44:26beaucoup moins.
44:27Et dans la prise en charge
44:28et la considération des victimes,
44:30également,
44:30vous avez raison, Charles.
44:32Évidemment,
44:32évidemment.
44:33Mais je vous dis,
44:34c'est tout ça.
44:35Vous voyez,
44:36je trouve que la multiplication
44:37de la prise de parole,
44:39de quel que soit
44:40le responsable politique,
44:42après coup,
44:42comme ça,
44:43parce qu'il y a eu
44:45ce drame
44:46et parce qu'il y en aura
44:47d'autres,
44:47de toute façon,
44:48malheureusement,
44:49je trouve que c'est
44:49une prise de parole
44:50qui est,
44:51un,
44:51non crédible
44:52et,
44:52deux,
44:52honteuse.
44:53Oui,
44:53mais Charles,
44:54s'ils ne parlaient pas,
44:55vous seriez en train,
44:56à ce même micro,
44:57de me dire,
44:58c'est une honte,
44:59ils n'ont même pas parlé.
45:00Non,
45:00parce que,
45:00mais je comprends
45:01votre colère,
45:02Charles.
45:02Mais non,
45:03mais moi,
45:03je ne veux pas qu'ils parlent.
45:04Mais vous voulez qu'ils agissent ?
45:06Les politiques qui parlent,
45:07j'en ai rien à faire.
45:10Moi,
45:10ce qui m'intéresse,
45:11c'est qu'il y ait du courage politique
45:13et qu'on oeuvre pour réformer
45:16et pas pour créer
45:17une énième commission.
45:19Même,
45:20à vous entendre,
45:20on ne comprenait plus rien.
45:22On vous parlait de telle cellule,
45:25de telle création,
45:26de telle commission,
45:27de telle...
45:27C'est illisible.
45:28Et les gens,
45:29en fait,
45:30ils s'en fichent complètement.
45:31Ils n'ont même pas envie de comprendre
45:32parce que c'est incompréhensible.
45:34Mais sauf que,
45:35j'imagine,
45:35Plana,
45:36et on conclura comme ça,
45:37qu'effectivement,
45:38pour changer des choses,
45:39ça ne se fait pas en un claquement de doigts,
45:40non plus.
45:41Non,
45:41bien sûr.
45:41Et après,
45:42peut-être que vous ne trouvez pas ça lisible
45:44et je vous comprends,
45:45mais en même temps,
45:46l'essentiel étant que ça marche
45:48et que les magistrats,
45:49tout ça,
45:49qui sont dans ces pôles spécialisés,
45:51soient formés
45:51et agissent,
45:52en fait.
45:53C'est une autre question.
45:56Merci beaucoup, Charles,
45:57pour votre témoignage.
45:59Et on comprend votre colère,
46:00encore une fois.
46:01Merci.
46:02Je m'excuse auprès d'Alain,
46:03pardon.
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