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  • il y a 22 minutes
Guillaume Martinaud, président d'Orpi, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 9 juin. Ils sont revenus sur la stabilisation du nombre de transactions et de l’offre, ainsi que la reprise progressive du marché immobilier ancien, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité c'est Guillaume Martineau, bonjour, président d'Orpi, dont je le rappelle plus grand réseau d'agences immobilières
00:06en France,
00:061250 points de vente, 8000 collaborateurs et vous fêtez vos 60 ans, donc vous êtes aussi le plus vieux réseau
00:11de France.
00:12Oui mais regardez, 60 ans ça fait jeune, je suis à ça des 60 ans, 60 ans, c'est le
00:15plus vieux réseau de France effectivement,
00:17mais c'est un réseau résilient, on a passé toutes les crises.
00:19Alors est-ce que vous considérez que là on est reparti dans une crise, est-ce que ça va mieux
00:24?
00:24Quand on interroge l'immobilier neuf, c'est quand même très compliqué de leur côté.
00:28Sur l'immobilier ancien, est-ce que vous avez des transactions qui ont repris, des inquiétudes liées à la guerre
00:33du Moyen-Orient ?
00:34Alors sur l'immobilier ancien, ce n'est pas une mauvaise année, pour le moment ça tient, c'est ce
00:39que je dis depuis le début de l'année,
00:40jusqu'à fin avril on est bien, on est le mois de mai qui a été un mois un peu
00:42difficile, mais ça s'explique avec l'accumulation de ponts,
00:45donc je dirais presque que ça ne compte pas.
00:47Début juin dans nos agences on voit que les transactions repartent, les offres sont acceptées,
00:52donc pour le moment ça tient, on est à plus 1% par rapport à l'année dernière qui était
00:55déjà une bonne année.
00:57Donc paradoxalement, depuis la guerre du... pas la guerre du Golfe, enfin depuis...
01:00La guerre moins, non, on y rentre.
01:02Il y a tellement de guerres qu'on finit par ne plus savoir, mais en tout cas depuis le 28
01:04février,
01:05où là moi je craignais vraiment que ça ralentisse, on ne l'a pas senti en mars.
01:09Donc après on s'est dit, ce sont les offres de février qui sont acceptées en mars.
01:12Mais alors en avril ça va aller mal, pas du tout.
01:14En avril ça a continué.
01:16Donc je pense qu'il y a une forme de résilience qui s'est installée.
01:19Les jeunes générations, on a fait une étude chez Orpi sur l'état d'esprit des Français sur l'immobilier.
01:24Les jeunes vous disent clairement qu'ils n'espèrent pas un avenir forcément meilleur,
01:28donc ça ne sert à rien d'attendre avant d'acheter.
01:30Donc les prix de mois que c'est dans ce sont là.
01:32Donc pour le moment ça tient, c'est très curieux,
01:34parce qu'on pourrait se dire avec tout ce qui se passe, l'essence qui a augmenté.
01:37Il fut un temps où quand l'essence a augmenté, le marché ralentissait complètement.
01:41Là on ne le vit pas.
01:42Donc je pense qu'il y a une forme d'habitude des Français sur ce qui se passe.
01:47Et on se rappelle juste que l'immobilier c'est se loger en fait.
01:50Ce n'est pas uniquement de l'investissement locatif.
01:52Donc les gens ont besoin de se loger.
01:54On manque toujours cruellement de logements.
01:56On a toujours une tension locative qui est extrême, qui est de pire en pire.
02:00Donc ça il n'y a pas d'amélioration.
02:02Mais sur l'ancien ça va.
02:03Le neuf, vous me parliez du neuf.
02:05Là on est en cale sèche parce que les effets positifs des annonces du ministre en janvier...
02:09C'est le dispositif Jean Brun.
02:10Oui, c'était positif.
02:12Franchement en janvier on était tous très confiants.
02:14On a vu qu'il y a eu cette espèce de poteau noir comme on dit dans la marine.
02:17Il ne se passe plus rien, plus de vent.
02:19Ça a été relancé avec Valérie Létard, l'ancienne ministre du logement.
02:22Mais pas de demande.
02:23Ce n'est pas qu'il n'y a pas de demande.
02:24C'est qu'on attendait le fait que l'écrit d'application soit voté.
02:28Pour le moment ce n'est pas le cas.
02:29Il y a des modifications qui semblent aller dans le bon sens.
02:32Ce n'était pas assez ambitieux ce qu'avait proposé le ministre.
02:35Je ne voudrais pas lui taper dessus parce que franchement je pense qu'ils font ce qu'ils peuvent.
02:37Ils font ce qu'ils peuvent mais voilà.
02:40Valérie Létard, l'ancienne ministre, est revenue en mettant un amendement en disant
02:43on va baisser le seuil des travaux pour ceux qui suivent sur la fiscalité pour les investisseurs.
02:47Et puis finalement les députés ont été plus loin en disant il n'y a plus de seuil.
02:51Donc maintenant on attend que le Sénat accepte ou n'accepte pas.
02:55Donc voilà c'est compliqué je pense pour nos compatriotes de suivre ce qui se passe.
02:59Oui.
03:00Sachant que je ne veux pas vous casser le moral mais que je dis
03:02Je suis résilient.
03:03Il y a une réunion de BCE et qu'a priori on va avoir une hausse des taux.
03:06Alors peut-être 0,25.
03:07Mais est-ce que c'est ça justement le grain de sable qui va venir enrayer cette petite reprise ?
03:14Hier je déjeunais, j'étais à Cap Breton dans les Landes où j'habite.
03:17Je déjeunais avec la banquière de la Société Générale qui m'expliquait que
03:20eux justement ils vont aller faire des taux plus bas à 3,10 pendant un mois ou un mois et
03:24demi.
03:2412 juin, 15 juillet pour justement redynamiser.
03:28Donc je ne vais pas taper sur les banques parce qu'actuellement il faut reconnaître qu'elles jouent le jeu.
03:32Depuis février, le 28 février on craignait une hausse, on nous a parlé d'augmentation de taux qui ne sont
03:37pas venues.
03:38Les taux se maintiennent.
03:39Donc tant que les taux n'augmentent pas, effectivement le marché se maintient.
03:42Mais si la BCE augmente les taux, il y a un effet de ricochet quand même.
03:45Oui mais avec DECI, moi je vous refais tous les jours, je vous refais un truc.
03:47Pour le moment, moi je vis au jour le jour.
03:49En fait maintenant, on ne peut plus toujours se projeter parce qu'avec ces accumulations toujours de
03:53et s'il se passe ça, alors il faut prévoir l'avenir, il faut anticiper.
03:56Mais si vous m'interrogez sur le marché immobilier actuellement, ça tient.
04:01Les banques prêtent, donc on n'a pas de catastrophisme annoncé.
04:05Après ce qui reste angoissant, c'est évidemment les nouvelles ne sont pas super bonnes tous les jours
04:09mais les gens ont besoin de se loger et vous faisiez allusion à nos 60 ans.
04:1460 ans dans la vie d'un réseau, ce n'est pas rien.
04:16C'est-à-dire qu'on a traversé un paquet de crises et on s'aperçoit qu'à chaque fois,
04:20le marché finit par repartir.
04:22Dès lors que vous maintenez les prix, que vous ne laissez pas les prix s'emballer,
04:26parce que c'est toujours un problème de pouvoir d'achat, ça, ça tient.
04:29Ce qui nous aiderait bien, c'est qu'on aide les investisseurs à pouvoir acheter
04:33pour proposer des biens sur le marché locatif.
04:35Parce que ça, j'insiste vraiment.
04:38Il n'y a pas d'offre, donc il faut que les propriétaires n'aient plus peur de mettre les
04:43biens sur le marché.
04:44Parce que souvent, ils craignent les impayés, mais ce n'est pas vraiment le cas.
04:47Il y a très peu d'impayés, pour le redire.
04:49Dans notre réseau, on doit être à 1,5, à peine 2% d'impayés.
04:52On gère 142 000 biens, donc ce n'est pas catastrophique.
04:55C'est quelque chose de psychologique, quand même, dans la peur de l'impayé.
04:57Oui, il y a la peur d'impayés, il y a la peur du squat, il y a la peur
05:00de plein de trucs.
05:01Et je pense que nos femmes et nos hommes politiques font peut-être ce qu'ils peuvent,
05:07mais il y a comme une boussole qui tourne sans arrêt.
05:10Et en fait, c'est difficile de suivre, mais il y a une d'intentes.
05:13Et où est-ce que vous mettez Airbnb là-dedans, au milieu de la boussole ?
05:17Je pense que dans la boussole, je pense que les gens ne passent pas leur temps en vacances
05:19et qu'ils ont besoin de se loger, d'avoir une certitude.
05:22On nous parle, depuis hier, on nous réexplique que la France va perdre un nombre d'habitants,
05:26qu'en 2070, on aura encore moins de Français.
05:28Mais comment voulez-vous pousser des jeunes à faire des enfants
05:31si, sortant des études, ils ne trouvent pas de logement,
05:34ils sont obligés de rester chez leurs parents, alors la vie en communauté, c'est sympa,
05:37mais il y a des limites.
05:38À un moment donné, vos enfants, vous avez envie qu'ils s'épanouissent.
05:40Donc, on néglige ça, on comprend les défis de demain, pas de logement,
05:48mais on ne fait rien tout de suite pour aider les gens à pouvoir habiter.
05:50Mais donc, si vous aviez une mesure à pousser dans la présidentielle
05:53qui commence à s'ouvrir sur le logement,
05:55justement pour que le logement prenne toute sa place au cœur de la campagne,
05:59vous pousseriez quoi ?
06:00Une stabilisation fiscale, de dire voilà, pendant 20 ans, on ne touche à rien,
06:03vous achetez un appartement, vous le louez, on vous fout la paix, voilà les règles.
06:07Par contre, on vous demande qu'il soit en bon état,
06:10parce que finalement, ce dont on parlait d'abaisser les seuils, c'est bien sur le papier.
06:14Sur le genre, mais ça fait moins de travaux.
06:15C'est-à-dire qu'il y a moins de travaux, ça ne va pas pousser les gens non plus
06:18à rénover
06:18pour que les gens vivent bien, que ça ne soit pas en mauvais état.
06:23Donc, moi, je pense que la première mesure que je pousserais,
06:25ça serait une stabilisation fiscale, de dire voilà, on fixe des règles et on n'en sort plus.
06:29Parce que là, depuis cinq ans que je viens chez vous,
06:32j'en suis à mon huitième ministre du logement et les règles changent sans arrêt.
06:36Donc, avant chaque interview avec vous, je tremble en me disant
06:40mais qu'est-ce qu'ils vont avoir sorti dans la nuit que je vais avoir loupé ?
06:42Et sur le sujet, parce que vous savez beaucoup de choses,
06:45vous allez m'interroger et je ne saurai pas.
06:47Donc, stabilisation fiscale, c'est vrai.
06:49C'est pour dire à quel point ça bouge, oui.
06:50Ça bouge. En venant, je découvre que le permis de louer va être modifié.
06:55Donc, je n'ai pas encore tous les tenants, les aboutissants.
06:59L'encadrement des loyers, on parle de supprimer l'encadrement des loyers,
07:04en tout cas de ne pas reconduire la mesure.
07:05Parce que ça aussi, ce n'est pas encourageant pour des propriétaires.
07:08Mais il ne faut pas oublier les locataires.
07:11L'ancien, pour le moment, je n'ai pas trop de soucis.
07:12Si ça tient comme ça, l'année dernière, je disais si 2026,
07:15et pareil que 2025, je serai un patron de réseau heureux,
07:17nos 1250 agences, pour le moment, en bossent.
07:21Après, nous, à notre niveau, on peut aider les Français
07:24sur la façon de chercher, d'acheter, de simplifier le parcours.
07:28On parle toujours du parcours immobilier.
07:30Et ça, c'est ce qu'on a fait, puisque vous faisiez référence à nos 60 ans.
07:33C'est vraiment de dire, les prochaines années,
07:35on doit permettre à nos clients de simplifier leur parcours.
07:39Je vois des start-up proposer des achats immobiliers en quelques clics,
07:44notamment avec l'IA.
07:45Je vous l'ai regardé aussi.
07:46Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:47Non, mais l'IA, maintenant, on vous met l'IA à toute la sauce.
07:50L'IA, je pense que c'est très bien.
07:51Mais il ne faut juste pas oublier que quand vous achetez votre appartement,
07:53votre maison, ça reste avant tout une aventure humaine de logement.
07:57Donc, oui, l'IA nous aide.
07:58L'IA conversationnelle, ça y est, surpi, on a attaqué ça il y a plus d'un an.
08:02On est déjà en avance sur la façon de rechercher.
08:04On va encore sortir là.
08:05Et on a, dans quelques jours, une façon de rechercher
08:09qui va vous changer votre façon de chercher.
08:11Mais ça ne va pas me changer non plus la mise sur le marché.
08:14Donc, l'IA ne pourra pas me mettre des propriétaires qui vendent
08:17et des propriétaires qui louent.
08:19Donc, par contre, je peux vous aider à financer, à assurer, à louer.
08:22Tout ça, on sait faire et on est en train de faire.
08:26Mais la mesure pour les présidentielles, vaste sujet.
08:30J'espère que le logement aura sa place.
08:32Guillaume Martineau, merci d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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