00:00Notre invité c'est Guillaume Martineau, bonjour, président d'Orpi, dont je le rappelle plus grand réseau d'agences immobilières
00:06en France,
00:061250 points de vente, 8000 collaborateurs et vous fêtez vos 60 ans, donc vous êtes aussi le plus vieux réseau
00:11de France.
00:12Oui mais regardez, 60 ans ça fait jeune, je suis à ça des 60 ans, 60 ans, c'est le
00:15plus vieux réseau de France effectivement,
00:17mais c'est un réseau résilient, on a passé toutes les crises.
00:19Alors est-ce que vous considérez que là on est reparti dans une crise, est-ce que ça va mieux
00:24?
00:24Quand on interroge l'immobilier neuf, c'est quand même très compliqué de leur côté.
00:28Sur l'immobilier ancien, est-ce que vous avez des transactions qui ont repris, des inquiétudes liées à la guerre
00:33du Moyen-Orient ?
00:34Alors sur l'immobilier ancien, ce n'est pas une mauvaise année, pour le moment ça tient, c'est ce
00:39que je dis depuis le début de l'année,
00:40jusqu'à fin avril on est bien, on est le mois de mai qui a été un mois un peu
00:42difficile, mais ça s'explique avec l'accumulation de ponts,
00:45donc je dirais presque que ça ne compte pas.
00:47Début juin dans nos agences on voit que les transactions repartent, les offres sont acceptées,
00:52donc pour le moment ça tient, on est à plus 1% par rapport à l'année dernière qui était
00:55déjà une bonne année.
00:57Donc paradoxalement, depuis la guerre du... pas la guerre du Golfe, enfin depuis...
01:00La guerre moins, non, on y rentre.
01:02Il y a tellement de guerres qu'on finit par ne plus savoir, mais en tout cas depuis le 28
01:04février,
01:05où là moi je craignais vraiment que ça ralentisse, on ne l'a pas senti en mars.
01:09Donc après on s'est dit, ce sont les offres de février qui sont acceptées en mars.
01:12Mais alors en avril ça va aller mal, pas du tout.
01:14En avril ça a continué.
01:16Donc je pense qu'il y a une forme de résilience qui s'est installée.
01:19Les jeunes générations, on a fait une étude chez Orpi sur l'état d'esprit des Français sur l'immobilier.
01:24Les jeunes vous disent clairement qu'ils n'espèrent pas un avenir forcément meilleur,
01:28donc ça ne sert à rien d'attendre avant d'acheter.
01:30Donc les prix de mois que c'est dans ce sont là.
01:32Donc pour le moment ça tient, c'est très curieux,
01:34parce qu'on pourrait se dire avec tout ce qui se passe, l'essence qui a augmenté.
01:37Il fut un temps où quand l'essence a augmenté, le marché ralentissait complètement.
01:41Là on ne le vit pas.
01:42Donc je pense qu'il y a une forme d'habitude des Français sur ce qui se passe.
01:47Et on se rappelle juste que l'immobilier c'est se loger en fait.
01:50Ce n'est pas uniquement de l'investissement locatif.
01:52Donc les gens ont besoin de se loger.
01:54On manque toujours cruellement de logements.
01:56On a toujours une tension locative qui est extrême, qui est de pire en pire.
02:00Donc ça il n'y a pas d'amélioration.
02:02Mais sur l'ancien ça va.
02:03Le neuf, vous me parliez du neuf.
02:05Là on est en cale sèche parce que les effets positifs des annonces du ministre en janvier...
02:09C'est le dispositif Jean Brun.
02:10Oui, c'était positif.
02:12Franchement en janvier on était tous très confiants.
02:14On a vu qu'il y a eu cette espèce de poteau noir comme on dit dans la marine.
02:17Il ne se passe plus rien, plus de vent.
02:19Ça a été relancé avec Valérie Létard, l'ancienne ministre du logement.
02:22Mais pas de demande.
02:23Ce n'est pas qu'il n'y a pas de demande.
02:24C'est qu'on attendait le fait que l'écrit d'application soit voté.
02:28Pour le moment ce n'est pas le cas.
02:29Il y a des modifications qui semblent aller dans le bon sens.
02:32Ce n'était pas assez ambitieux ce qu'avait proposé le ministre.
02:35Je ne voudrais pas lui taper dessus parce que franchement je pense qu'ils font ce qu'ils peuvent.
02:37Ils font ce qu'ils peuvent mais voilà.
02:40Valérie Létard, l'ancienne ministre, est revenue en mettant un amendement en disant
02:43on va baisser le seuil des travaux pour ceux qui suivent sur la fiscalité pour les investisseurs.
02:47Et puis finalement les députés ont été plus loin en disant il n'y a plus de seuil.
02:51Donc maintenant on attend que le Sénat accepte ou n'accepte pas.
02:55Donc voilà c'est compliqué je pense pour nos compatriotes de suivre ce qui se passe.
02:59Oui.
03:00Sachant que je ne veux pas vous casser le moral mais que je dis
03:02Je suis résilient.
03:03Il y a une réunion de BCE et qu'a priori on va avoir une hausse des taux.
03:06Alors peut-être 0,25.
03:07Mais est-ce que c'est ça justement le grain de sable qui va venir enrayer cette petite reprise ?
03:14Hier je déjeunais, j'étais à Cap Breton dans les Landes où j'habite.
03:17Je déjeunais avec la banquière de la Société Générale qui m'expliquait que
03:20eux justement ils vont aller faire des taux plus bas à 3,10 pendant un mois ou un mois et
03:24demi.
03:2412 juin, 15 juillet pour justement redynamiser.
03:28Donc je ne vais pas taper sur les banques parce qu'actuellement il faut reconnaître qu'elles jouent le jeu.
03:32Depuis février, le 28 février on craignait une hausse, on nous a parlé d'augmentation de taux qui ne sont
03:37pas venues.
03:38Les taux se maintiennent.
03:39Donc tant que les taux n'augmentent pas, effectivement le marché se maintient.
03:42Mais si la BCE augmente les taux, il y a un effet de ricochet quand même.
03:45Oui mais avec DECI, moi je vous refais tous les jours, je vous refais un truc.
03:47Pour le moment, moi je vis au jour le jour.
03:49En fait maintenant, on ne peut plus toujours se projeter parce qu'avec ces accumulations toujours de
03:53et s'il se passe ça, alors il faut prévoir l'avenir, il faut anticiper.
03:56Mais si vous m'interrogez sur le marché immobilier actuellement, ça tient.
04:01Les banques prêtent, donc on n'a pas de catastrophisme annoncé.
04:05Après ce qui reste angoissant, c'est évidemment les nouvelles ne sont pas super bonnes tous les jours
04:09mais les gens ont besoin de se loger et vous faisiez allusion à nos 60 ans.
04:1460 ans dans la vie d'un réseau, ce n'est pas rien.
04:16C'est-à-dire qu'on a traversé un paquet de crises et on s'aperçoit qu'à chaque fois,
04:20le marché finit par repartir.
04:22Dès lors que vous maintenez les prix, que vous ne laissez pas les prix s'emballer,
04:26parce que c'est toujours un problème de pouvoir d'achat, ça, ça tient.
04:29Ce qui nous aiderait bien, c'est qu'on aide les investisseurs à pouvoir acheter
04:33pour proposer des biens sur le marché locatif.
04:35Parce que ça, j'insiste vraiment.
04:38Il n'y a pas d'offre, donc il faut que les propriétaires n'aient plus peur de mettre les
04:43biens sur le marché.
04:44Parce que souvent, ils craignent les impayés, mais ce n'est pas vraiment le cas.
04:47Il y a très peu d'impayés, pour le redire.
04:49Dans notre réseau, on doit être à 1,5, à peine 2% d'impayés.
04:52On gère 142 000 biens, donc ce n'est pas catastrophique.
04:55C'est quelque chose de psychologique, quand même, dans la peur de l'impayé.
04:57Oui, il y a la peur d'impayés, il y a la peur du squat, il y a la peur
05:00de plein de trucs.
05:01Et je pense que nos femmes et nos hommes politiques font peut-être ce qu'ils peuvent,
05:07mais il y a comme une boussole qui tourne sans arrêt.
05:10Et en fait, c'est difficile de suivre, mais il y a une d'intentes.
05:13Et où est-ce que vous mettez Airbnb là-dedans, au milieu de la boussole ?
05:17Je pense que dans la boussole, je pense que les gens ne passent pas leur temps en vacances
05:19et qu'ils ont besoin de se loger, d'avoir une certitude.
05:22On nous parle, depuis hier, on nous réexplique que la France va perdre un nombre d'habitants,
05:26qu'en 2070, on aura encore moins de Français.
05:28Mais comment voulez-vous pousser des jeunes à faire des enfants
05:31si, sortant des études, ils ne trouvent pas de logement,
05:34ils sont obligés de rester chez leurs parents, alors la vie en communauté, c'est sympa,
05:37mais il y a des limites.
05:38À un moment donné, vos enfants, vous avez envie qu'ils s'épanouissent.
05:40Donc, on néglige ça, on comprend les défis de demain, pas de logement,
05:48mais on ne fait rien tout de suite pour aider les gens à pouvoir habiter.
05:50Mais donc, si vous aviez une mesure à pousser dans la présidentielle
05:53qui commence à s'ouvrir sur le logement,
05:55justement pour que le logement prenne toute sa place au cœur de la campagne,
05:59vous pousseriez quoi ?
06:00Une stabilisation fiscale, de dire voilà, pendant 20 ans, on ne touche à rien,
06:03vous achetez un appartement, vous le louez, on vous fout la paix, voilà les règles.
06:07Par contre, on vous demande qu'il soit en bon état,
06:10parce que finalement, ce dont on parlait d'abaisser les seuils, c'est bien sur le papier.
06:14Sur le genre, mais ça fait moins de travaux.
06:15C'est-à-dire qu'il y a moins de travaux, ça ne va pas pousser les gens non plus
06:18à rénover
06:18pour que les gens vivent bien, que ça ne soit pas en mauvais état.
06:23Donc, moi, je pense que la première mesure que je pousserais,
06:25ça serait une stabilisation fiscale, de dire voilà, on fixe des règles et on n'en sort plus.
06:29Parce que là, depuis cinq ans que je viens chez vous,
06:32j'en suis à mon huitième ministre du logement et les règles changent sans arrêt.
06:36Donc, avant chaque interview avec vous, je tremble en me disant
06:40mais qu'est-ce qu'ils vont avoir sorti dans la nuit que je vais avoir loupé ?
06:42Et sur le sujet, parce que vous savez beaucoup de choses,
06:45vous allez m'interroger et je ne saurai pas.
06:47Donc, stabilisation fiscale, c'est vrai.
06:49C'est pour dire à quel point ça bouge, oui.
06:50Ça bouge. En venant, je découvre que le permis de louer va être modifié.
06:55Donc, je n'ai pas encore tous les tenants, les aboutissants.
06:59L'encadrement des loyers, on parle de supprimer l'encadrement des loyers,
07:04en tout cas de ne pas reconduire la mesure.
07:05Parce que ça aussi, ce n'est pas encourageant pour des propriétaires.
07:08Mais il ne faut pas oublier les locataires.
07:11L'ancien, pour le moment, je n'ai pas trop de soucis.
07:12Si ça tient comme ça, l'année dernière, je disais si 2026,
07:15et pareil que 2025, je serai un patron de réseau heureux,
07:17nos 1250 agences, pour le moment, en bossent.
07:21Après, nous, à notre niveau, on peut aider les Français
07:24sur la façon de chercher, d'acheter, de simplifier le parcours.
07:28On parle toujours du parcours immobilier.
07:30Et ça, c'est ce qu'on a fait, puisque vous faisiez référence à nos 60 ans.
07:33C'est vraiment de dire, les prochaines années,
07:35on doit permettre à nos clients de simplifier leur parcours.
07:39Je vois des start-up proposer des achats immobiliers en quelques clics,
07:44notamment avec l'IA.
07:45Je vous l'ai regardé aussi.
07:46Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:47Non, mais l'IA, maintenant, on vous met l'IA à toute la sauce.
07:50L'IA, je pense que c'est très bien.
07:51Mais il ne faut juste pas oublier que quand vous achetez votre appartement,
07:53votre maison, ça reste avant tout une aventure humaine de logement.
07:57Donc, oui, l'IA nous aide.
07:58L'IA conversationnelle, ça y est, surpi, on a attaqué ça il y a plus d'un an.
08:02On est déjà en avance sur la façon de rechercher.
08:04On va encore sortir là.
08:05Et on a, dans quelques jours, une façon de rechercher
08:09qui va vous changer votre façon de chercher.
08:11Mais ça ne va pas me changer non plus la mise sur le marché.
08:14Donc, l'IA ne pourra pas me mettre des propriétaires qui vendent
08:17et des propriétaires qui louent.
08:19Donc, par contre, je peux vous aider à financer, à assurer, à louer.
08:22Tout ça, on sait faire et on est en train de faire.
08:26Mais la mesure pour les présidentielles, vaste sujet.
08:30J'espère que le logement aura sa place.
08:32Guillaume Martineau, merci d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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