00:00Et nous parlons immobilier en ce mardi 5 août avec Éric Allouche.
00:03Bonjour, merci d'être avec nous ce matin, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier.
00:09Alors ça ne va pas être une très bonne nouvelle pour ceux qui avaient prévu d'acheter à leur retour de vacances.
00:13À la rentrée, les taux d'intérêt ne baissent plus.
00:16C'est le constat que font les courtiers ce matin et c'est la première fois depuis deux ans.
00:21Éric Allouche, est-ce qu'on est au bout d'un cycle ?
00:23D'abord pour commencer au niveau de ces taux.
00:26Alors pour l'instant les taux sont très attractifs, on est aux alentours de 3%, un petit peu plus.
00:33Bon, s'ils remontent, effectivement il se peut qu'ils remontent un petit peu.
00:36Néanmoins, je ne vois pas vraiment d'inquiétude à ce sujet-là.
00:43A priori, en tout cas nous, on ne pense pas qu'il va y avoir une augmentation significative des taux pour l'instant.
00:51Donc je dirais qu'on n'est pas dans une crise actuellement.
00:55Peut-être une petite remontée, comme on a déjà vu ça en début d'année.
01:01Pour autant, on est toujours dans des taux qui sont attractifs aujourd'hui,
01:04puisqu'on est encore une fois aux alentours de 3,1%, peut-être 3,2.
01:08Mais tout ça, ce n'est pas catastrophique non plus.
01:10Pour faire baisser ces taux de manière significative prochainement,
01:14il faudrait que la BCE fasse une nouvelle baisse de taux directeur.
01:18c'est un petit peu le seul indicateur, la seule variable qui permettrait de continuer à faire reculer les taux immobiliers.
01:26Oui, alors c'est vrai, ceci dit, on est quand même, on ne verra plus, il faut bien comprendre ça,
01:32qu'on ne verra plus la période qu'on a vécue avec des taux de 1%.
01:35Donc, je dirais, c'est totalement derrière nous tout cela.
01:40Donc, il ne faut pas penser que ça va revenir.
01:42Donc, les taux aux alentours de 3%, même 3,5%, on n'est pas dans des taux qui sont insupportables.
01:48Effectivement, les taux, la BCE détermine le niveau des taux,
01:54en fonction d'un certain nombre de paramètres, qui sont aussi des paramètres internationaux.
01:59Il faudrait, oui, que ça baisse.
02:01Mais enfin, je dirais, pour l'instant, on n'a pas de signes qui nous montrent,
02:05même des signes économiques, qui nous montrent qu'il va y avoir une augmentation significative de ces taux.
02:10Donc, ce que je comprends, Éric Hallouche, c'est que chez ERA Immobilier,
02:13vous avez plutôt tendance à dire que c'est le moment d'acheter.
02:15Oui, c'est le moment d'acheter, puisqu'effectivement, si ces taux montent,
02:19il faut en profiter aujourd'hui, puisque demain, on ne sait pas ce que ça donnera.
02:23Il y a toujours des risques, notamment au niveau de la politique internationale.
02:27On voit aux États-Unis, il y a quand même pas mal d'instabilité.
02:30Également au niveau géopolitique.
02:33Donc, je dirais, il faut en profiter aujourd'hui pour acheter.
02:37Les taux restent très attractifs.
02:38Et nous, on voit d'ailleurs une augmentation significative du nombre de ventes,
02:41puisqu'on est à plus 11%, plus 11% depuis le début de l'année.
02:45La moyenne est à 2,5% selon la FNIM.
02:48Donc, je dirais, on est sur une tendance qui est quand même assez positive.
02:51On voit aussi une augmentation des estimations, ce qui est significatif,
02:54puisque les gens qui estiment leur bien immobilier envisagent de vente.
02:57On est à plus 10% d'estimation depuis le début de l'année.
03:01Et on est à plus de mandats aussi, environ 6%.
03:04Donc, tout ça, c'est assez positif.
03:06Les taux de rotation remontent aussi.
03:08Donc, je dirais, il ne faut pas non plus s'inquiéter de manière, de façon excessive.
03:14Voyons si cette augmentation des taux se pérennise dans la durée,
03:18ou s'il s'agit d'un épiphénomène qui est dû à une conjoncture qui est ponctuelle.
03:25On profite de vous avoir avec nous ce matin, Éric Allouche,
03:28pour faire un point sur les ventes au premier semestre.
03:30Du côté du réseau ERA Immobilier que vous représentez,
03:34elles sont plutôt bonnes, aussi bien en ce qui concerne les maisons que les appartements.
03:39Absolument, c'est ce que je disais.
03:41On est à plus 11% depuis le début de l'année, ce qui est vraiment important.
03:45Alors, évidemment, on a vécu une période en 2024 qui n'était pas très bonne.
03:49Mais actuellement, on s'approche des 900 000 ventes à l'année.
03:53Entre 900 et 950 000 ventes, ce sont les estimations de la FNIM,
03:57mais ce sont aussi les nôtres.
03:59Donc, vous voyez, on n'est pas très loin de la tendance, je dirais, moyenne
04:03qu'on a vécue au cours des dix dernières années.
04:06Alors, j'exclus évidemment la période post-Covid,
04:09qui était une période, encore une fois, exceptionnelle,
04:11avec des taux à 1% et un volume de ventes qui était supérieur
04:16à 1 200 000 transactions au cours des dix derniers mois.
04:20Donc, cette période exceptionnelle, on ne la revivra pas, de toute façon.
04:24Mais vous voyez, on s'approche de ces moyennes.
04:26Donc, je dirais, pas d'alarmisme excessif.
04:29On reste évidemment vigilants, puisqu'on sait que tout cela peut changer, peut évoluer.
04:35Néanmoins, on n'a pas de signe aujourd'hui qui nous montre qu'il y a un risque important.
04:40La tendance, elle est sur tout le territoire,
04:42ou vous observez qu'il y a des régions qui sont plus dynamiques que d'autres ?
04:45Alors, il y a toujours des régions, effectivement, plus dynamiques que d'autres.
04:51Ça, c'est toujours le cas, de toute façon.
04:54On a des zones de la région parisienne qui repartent bien.
04:58On a certaines villes, comme notamment Bordeaux, d'autres endroits en France,
05:03notamment les zones littorales qui repartent bien.
05:06Voilà, donc, mais je dirais, on a quand même une tendance assez générale
05:09à l'augmentation du volume de transaction, pour l'instant.
05:13Avec des prix à la vente qui ont tendance à remonter un petit peu.
05:19On voit globalement, mais dans les grandes villes, à Paris, notamment, c'est le cas.
05:23Exact.
05:24Alors, quand on a une augmentation des volumes, bien évidemment,
05:28nous avons aussi une augmentation des prix,
05:30puisque ce qui détermine le prix, c'est la demande.
05:33Donc, si la demande augmente, les prix augmentent.
05:36Néanmoins, on est quand même dans une période stable,
05:39où les prix restent stables.
05:40Ils sont en légère augmentation, de manière générale, sur le territoire,
05:42avec, effectivement, des disparités selon certaines régions,
05:46puisque, effectivement, ça dépend encore une fois de la demande.
05:49Mais, quand même, on est dans une période de stabilité aujourd'hui.
05:52Il n'y a pas d'affolement sur les prix.
05:53Encore une fois, pour ceux qui veulent vendre, c'est le moment aussi de vendre,
05:57puisque s'ils vendent aujourd'hui, ils peuvent acheter à des taux qui sont intéressants.
06:01Et pour les gens qui veulent acheter,
06:03effectivement, c'est le moment d'en profiter
06:05et de devenir, peut-être, propriétaire de leurs biens immobiliers.
06:10Être propriétaire en ayant quand même déjà de l'argent,
06:12parce que si on regarde les chiffres, notamment en ce qui concerne l'apport financier,
06:17le niveau d'apport personnel mobilisé se redresse assez rapidement
06:21depuis le début de l'année, plus 12% par rapport à l'année précédente.
06:25Aujourd'hui, il faut quand même avoir des fonds propres pour pouvoir investir.
06:30Oui, alors effectivement, aujourd'hui, il faut un apport.
06:34C'est sûr que les banques réclament un apport.
06:38Effectivement, la période où on empruntait à 110%,
06:40c'est-à-dire en intégrant les frais de notaire dans l'achat immobilier,
06:45effectivement, est un petit peu derrière nous.
06:47Donc, sauf qu'à particulier, effectivement, il faut un apport
06:49de manière à crédibiliser le dossier.
06:53Après, on parle d'un apport d'environ 10%, peut-être un petit peu plus,
06:57entre 10 et 15%.
06:59Donc, voilà.
07:01Mais effectivement, encore une fois, on a une augmentation de la demande,
07:05ce qui est positif, en tout cas pour l'instant.
07:09Un mot sur la réglementation et notamment sur le DPE,
07:12puisque 850 000 logements sont sortis des catégories F et G,
07:16récemment, suite à un assouplissement de la réglementation sur le chauffage électrique,
07:19pour permettre de dégripper aussi le marché de l'immobilier.
07:24Mécaniquement, ce sont des logements que les propriétaires vont pouvoir vendre plus cher ?
07:30Oui, alors effectivement, il y a des négociations actuellement
07:33lorsque la notation du DPE n'est pas très bonne.
07:38C'est un levier de négociation.
07:39Donc, il est certain qu'en changeant de classe,
07:42on va avoir un levier qui est moins important pour les acheteurs.
07:47On a besoin de stabilité à ce sujet,
07:51parce qu'on nous fait régulièrement le coup.
07:53On nous avait aussi sorti, il n'y a pas très longtemps,
07:56une sortie de l'indécence de certaines petites surfaces,
08:02pour des raisons de biais de calcul.
08:05Bon, là, on nous refait un petit peu le coup, si vous voulez.
08:07Je pense qu'il faut vraiment s'asseoir, là aussi, tous ensemble,
08:11peut-être avec les organisations professionnelles, comme la FNAIM,
08:14de manière à avoir une stabilisation à ce sujet-là,
08:17pour que les gens y voient clair,
08:18parce qu'on veut tous lutter contre le réchauffement climatique.
08:22Néanmoins, il faut aussi que ce soit cohérent.
08:24On regarde les possibilités aujourd'hui.
08:26Quand vous avez beaucoup de logements qui sortent du parc
08:29pour raison d'indécence, c'est quand même un problème,
08:31alors qu'on a un marché locatif qui est assez sinistré aujourd'hui,
08:35compte tenu de l'insuffisance d'offres.
08:37Donc, il faut peut-être un peu plus de concertation
08:42et, encore une fois, de stabilisation dans ce domaine-là.
08:45Pour conclure, Éric Gallouche, qu'est-ce que vous attendez ?
08:47Qu'est-ce que votre profession attend de l'exécutif
08:50pour relancer ou redynamiser le logement ?
08:55On attend des mesures d'incitation.
08:57Vous savez, les interdictions, la coercition, ça marche un temps,
09:02mais ce qu'il faut, c'est de l'incitation, c'est de donner envie
09:04aux investisseurs d'investir, parce que les logements
09:07qui sont créés aujourd'hui, ce sont des logements anciens de demain.
09:12Donc, on a quand même une pénurie de logements,
09:14surtout dans certains secteurs.
09:16On le voit actuellement avec les étudiants qui ont du mal
09:18à trouver des logements.
09:20On me rapporte régulièrement dans les agences
09:21que certains étudiants sont obligés de renoncer à leurs études,
09:25tout simplement parce qu'ils ne trouvent pas de logement.
09:28Donc, c'est effectivement un problème.
09:30Je pense que c'est un problème qui nécessite vraiment
09:34de se poser tous ensemble dessus.
09:37Il faudrait un plan sur le logement.
09:39Actuellement, nous n'en avons pas.
09:41Nous ne savons pas où on va sur le logement
09:43sur les cinq prochaines années.
09:45Donc, ça, c'est quelque chose qui mériterait quand même
09:46une attention particulière de l'État aujourd'hui,
09:50parce qu'encore une fois, ça concerne tous les Français.
09:52Au-delà des positions partisanes,
09:57le logement est essentiel.
10:00Merci beaucoup d'avoir répondu à l'appel de BFM Business ce matin
10:03avec nous, Éric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier.
10:07Merci.
10:08Merci.
10:09Merci.
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