- il y a 13 minutes
Béatrice Brugère, magistrate et secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats, Auteur de “Les juges ont-ils vraiment tous les droits ? De la légitimité du pouvoir juridictionnel dans notre démocratie” (Editions de L'Observatoire)
____
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-08##
____
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
---
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-08##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquilly.
00:05Le meurtre de Liana, faut-il créer une cour disciplinaire de la magistrature comme le réclame Brune Retailleau ?
00:14Les juges ont-ils trop de pouvoir aujourd'hui par-delà cette triste affaire ?
00:19La justice en fait-elle trop dans les dossiers politiques et les affaires ?
00:22C'est très Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, François Fuyon et tant d'autres.
00:26Et en même temps, où est l'institution quand il s'agit de protéger une enfant victime d'un prédateur
00:32sexuel ?
00:33Invité exceptionnel de la vérité en face à 9h30 ce matin, Beatrice Brugère.
00:38Bonjour, bienvenue.
00:39Vous êtes magistrate, vous êtes la secrétaire générale du syndicat Unité Magistrat.
00:44Vous venez de publier, les juges ont-ils vraiment tous les droits aux éditions de l'Observatoire ?
00:52Dans la série Alerte avec le partenariat du Laboratoire de la République, le think tank créé par Jean-Michel Blanquer.
00:59Ma première question ce matin, Beatrice Brugère, c'est est-ce que la réaction du garde des Sceaux qui convoque
01:09ce matin les 36 magistrats concernés,
01:16les juridictions concernées pour tenter, au fond, de faire accélérer les 70 000 dossiers de violence et de viol sur
01:26enfants en souffrance ?
01:27Est-ce que c'est la bonne réaction à vos yeux ?
01:31Je ne suis pas sûre d'être la bonne personne pour commenter l'action du ministre sur ce qu'il
01:36doit faire et ne pas faire.
01:37Je me dois vous poser la question.
01:38Bien sûr, non, non, mais j'entends bien.
01:40Parce que les procureurs généraux, ils sont quand même à la tête des juridictions concernées.
01:44Exactement. Après, je pense qu'on voit bien que cette affaire est en train de créer un séisme politique aussi.
01:52Donc, je pense que le ministre veut reprendre la main, entre guillemets, et faire un état des lieux des juridictions.
02:01Et je ne suis pas sûre qu'on puisse lui reprocher ça.
02:05Après, on verra ce qu'il en sortira.
02:06C'est toujours pareil.
02:07C'est-à-dire qu'entre une séquence, qui est une séquence aussi très commentée,
02:12puisque je crois que la presse aussi a été invitée,
02:14donc on voit bien qu'il n'y a pas qu'une volonté de parler à ces procureurs généraux.
02:41Aussi, on entend que c'est devenu un contentieux extrêmement important,
02:47ce qui interroge aussi sur notre société au passage,
02:51et que la justice doit être dotée de manière réelle et suffisante
02:58pour faire face à ce contentieux.
03:00mais également, et je le dis tout de suite pour ne pas oublier,
03:04puisqu'on voit que dans cette affaire, il y a les deux pieds,
03:07les services de police et de gendarmerie.
03:09Parce qu'un magistrat sans derrière une enquête, ce n'est rien.
03:16Et une enquête qui n'est pas gérée par un magistrat, ça ne marche pas.
03:20Ce sont les deux jambes.
03:22Emmanuel Macron, le président, au vu du nombre de dossiers d'urgence en attente,
03:27a-t-il eu raison, Béatrice Brugère, de dénoncer,
03:31alors je cite, un dysfonctionnement inacceptable dans cette affaire Liana,
03:35en récusant quand même au passage la question des moyens ?
03:38Alors, sur la question du dysfonctionnement,
03:41sur lequel il y a eu déjà beaucoup d'informations qui sont sorties,
03:44je garde la prudence nécessaire d'une enquête en cours,
03:48parce que peut-être qu'on aura d'autres éléments qui modifieront les premières...
03:54Vous avez vu ce qu'a dit Laurent Nunez, au 20h de France 2,
03:56qu'il a dit dans un élément de phrase, glissé entre deux réponses,
04:00il y aura d'autres plaintes qui arrivent.
04:03Oui, bien sûr.
04:04Moi, je pense qu'on a affaire à sans doute un profil en série,
04:08et on le voit bien puisqu'il y a plusieurs signalements,
04:10donc on n'est qu'au début de l'histoire.
04:12Mais les moyens ?
04:13Sur la question des moyens, moi, je ne sais pas si dans cette affaire,
04:18c'est un problème de moyens,
04:20et je me garderais bien de le dire, je ne dis rien là-dessus, je ne sais pas,
04:25l'enquête le dira, mais ce qui est sûr, c'est que par contre,
04:29par rapport aux enjeux pour lutter sur ces dossiers,
04:33oui, il y a un sujet, il y a un sujet, et encore une fois, il est double,
04:37puisque, je l'ai dit d'entrée de jeu,
04:40les services de police sont embolisés également,
04:42les services de gendarmerie aussi sur ces contentieux,
04:46donc il va falloir mettre les moyens si on veut avoir des résultats,
04:50et ce n'est pas que des moyens, j'allais dire physiques,
04:54c'est aussi des moyens de modernisation dans nos façons de travailler.
04:58C'est le fameux épisode du dossier qui part par le courrier entre Toulouse et Auche.
05:03Tout à fait, donc en fait, en économie...
05:06C'est monnaie courante, ça, pardonnez-moi, dans le fonctionnement judiciaire ?
05:08Je ne pourrais pas vous le dire, moi-même, j'étais un peu aussi surprise,
05:12mais en économie de moyens, qui sont la réalité du terrain aujourd'hui,
05:16en économie de moyens, il faut changer nos méthodes de travail,
05:19c'est-à-dire que si on veut prioriser, aller vite, être efficace,
05:23il y a aussi des stratégies, des modernisations,
05:27des façons de travailler qui doivent être totalement différentes.
05:30Pensez à quoi, par exemple ?
05:31Je pense, par exemple, aux anglo-saxons qui, depuis longtemps, ont des outils d'évaluation
05:35pour les profils à risque qui permettent, justement, d'avoir des signaux d'alerte.
05:41Je pense aussi que les magistrats...
05:43Ça fait des outils d'évaluation, c'est quoi ?
05:44Ils ont des fichiers croisés, par exemple ?
05:46Exactement, qui sont beaucoup plus intéressants.
05:48Ça s'appelle le MAPA, pour ceux que ça intéresse, ils iront voir.
05:52Ils ont des capacités d'évaluation, de repérage des profils à risque,
05:56qui permettent, justement, de décloisonner, parce que nous, on travaille en silo,
05:59vous le voyez bien, regardez, ça part à Toulouse, ça revient, etc.
06:02Bon, bref, qui fait qu'aujourd'hui, on est très en retard
06:07sur tout ce qui est criminologie, façon de travailler, etc.
06:10Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas les compétences,
06:12ça veut dire qu'on n'a pas les méthodes de travail.
06:14Mais comment vous l'expliquez ?
06:15Je vous citerai Pierre Olivier-Sur, l'avocat pénaliste et ancien bâtonnier de Paris,
06:21qui était notre invité ce matin avec Jacques Cardoz,
06:24qui a dit, je le cite,
06:26« La justice fonctionne très mal pour la proximité et très bien pour les grandes affaires.
06:30Il faut centraliser avec un parquet spécialisé au niveau départemental,
06:34disent-ils, pour les histoires de viol et autres,
06:36sur le fait que nous sommes cités en exemple pour les grandes affaires
06:39avec des projections à l'étranger,
06:41et nous serions finalement assez mauvais, si je puis dire,
06:45pardonnez-moi l'expression, pour la justice du quotidien.
06:48Vous le constatez vous-même ?
06:50Je ne sais pas si c'est la bonne solution.
06:52Ce qui est sûr, c'est que la commission d'enquête sur l'inceste
06:55démontre de façon très claire
06:58que plus on aura des gens formés et spécialisés
07:01sur ces contentieux, mieux ça sera.
07:02Ça, c'est une certitude.
07:03Il ne faut pas oublier quand même,
07:05j'en profite pour le dire,
07:06qu'on est aussi dans le poste outreau,
07:09c'est-à-dire que pendant des années,
07:12on a fait peur aux magistrats,
07:13on a dit qu'il ne fallait plus croire la parole des enfants,
07:16on a formé des magistrats sur cette,
07:19j'allais dire, peur et cette prévention
07:23pendant des années,
07:24y compris à l'École nationale de la magistrature.
07:26On a eu aussi, comme ça,
07:28des mises en accusation très violentes.
07:30Aujourd'hui, on nous demande de faire l'inverse.
07:32Vous ne pensez pas qu'Outreau,
07:33qui a été un traumatisme national,
07:36ça a duré longtemps,
07:37aurait dû faire chavirer le système ?
07:39Ce qui n'a pas été le cas.
07:41Moi, je pense qu'il y avait un seul,
07:43en tout cas quelque chose de très positif dans Outreau,
07:45c'était la collégialité.
07:47On avait sorti comme mesure de dire,
07:51évitons de laisser un magistrat tout seul,
07:53parfois trop jeune,
07:55et faisons davantage de collégialité.
07:57Si on veut éviter les erreurs,
07:59le travail collectif,
08:01la collégialité,
08:02me semble déjà,
08:03vous voyez, ça c'est des process,
08:05c'est de la méthodologie,
08:06me semble extrêmement important.
08:08Les magistrats sont assez seuls,
08:10dans leur bureau,
08:11avec leur pile de dossiers.
08:12Je pense qu'il faut vraiment qu'on s'interroge,
08:15et je crois que d'ailleurs Emmanuel Macron l'a dit,
08:17sur nos méthodes de travail et nos process.
08:19Maintenant,
08:21moi je suis un petit peu aussi,
08:24pas en colère,
08:25parce que ce n'est pas du tout le mot,
08:26mais en tout cas critique,
08:29on a aussi eu,
08:30avec Emmanuel Macron,
08:32état généraux de la justice,
08:33qui a fait un état des lieux sinistré.
08:36Oui, on a eu plus de moyens,
08:38mais on n'a pas assez de moyens.
08:40Vous voyez ce que je veux dire ?
08:41C'est-à-dire que oui,
08:41on en a eu plus,
08:42mais je pense que,
08:44par exemple,
08:44sur les parquets,
08:45et ça c'est factuel,
08:47on est tellement en deçà de la moyenne,
08:49alors que c'est justement,
08:50le rouage le plus important,
08:52et le plus opérationnel.
08:52C'est le rouage clé.
08:53Mais bien sûr,
08:55pareil sur l'APJ,
08:56vous vous souvenez,
08:58on a démantelé l'APJ,
09:00ça a été une réforme,
09:01dont on paye peut-être encore aussi des conséquences.
09:03On a un abaissement des niveaux,
09:05d'ailleurs,
09:05sur les procédures,
09:06etc.
09:07On a aussi,
09:08et là,
09:09je le dis tout de suite,
09:10parce que ce matin,
09:11on dit 70 000 procédures
09:12qu'il va falloir revoir,
09:14et très bien,
09:14pourquoi pas,
09:15mais est-ce qu'on aura les places de détention ?
09:17Est-ce qu'elles ont été construites,
09:18ces places de prison
09:19qui ont été promues ?
09:20Vous voulez dire que si les dossiers
09:22sont vraiment,
09:22on va dire,
09:23révélés,
09:23ou du moins,
09:24avant le 14 juillet,
09:25Il faut faire un message,
09:28on leur a dit,
09:29attention,
09:29on va venir vous chercher
09:30dans vos responsabilités
09:31si vous ne faites pas le travail.
09:32Donc ils vont le faire,
09:35des condamnations ?
09:38Est-ce qu'on est prêt
09:39à ce qu'il y ait
09:40des détentions
09:42dans la plus grande partie
09:43de tous ces dossiers ?
09:44Je ne suis pas sûre
09:46qu'on en ait les moyens aussi,
09:47puisque d'un autre côté...
09:48Vous voulez dire
09:48qu'il y a de la détention provisoire,
09:49si on mène à bien
09:50de ces 70 000 dossiers,
09:51si on va jusqu'au bout
09:52de la logique,
09:52il n'y a pas les places.
09:53Ben non.
09:54Il n'y a pas les places de prison.
09:55Non mais voilà,
09:56allons jusqu'au bout
09:56de la logique,
09:57si vous voulez.
09:58Comment est-ce qu'on fait alors ?
10:00Non mais ça,
10:01c'est de la responsabilité
10:02de qui ?
10:02Donc c'est de l'affichage
10:03les 70 000 ?
10:04Non, ce que je veux dire par là,
10:05c'est que quand il y a
10:07comme ça un échec collectif,
10:09la responsabilité
10:10ne peut pas être individuelle.
10:11Elle doit être aussi collective.
10:13Si on recherche
10:13des responsabilités individuelles,
10:15moi je n'ai pas de sujet là-dessus,
10:17je n'ai pas de sujet.
10:19Je dis simplement
10:20qu'un échec,
10:21il est collectif,
10:22alors les responsabilités,
10:23elles sont également collectives.
10:25Qu'est-ce que vous dites ?
10:25Il va y avoir la pause,
10:27mais je voudrais vous poser
10:27la question juste avant
10:28de la proposition
10:29de Bruno Retaille
10:30au président de la République
10:31qui est ancien,
10:32ministre de l'Intérieur,
10:33candidat à la présidentielle
10:34qui dit
10:34dans le Parisien Dimanche,
10:35il faut créer
10:36une cour disciplinaire
10:38de la magistrature
10:39à la place du CSM.
10:42Il a raison ou pas ?
10:44Avec dedans
10:45des jurys d'assises
10:46en collège de citoyens.
10:49Moi je vais vous dire,
10:50je fais partie d'un syndicat
10:51et je crois qu'on est les seuls
10:53à demander une réforme
10:55réelle
10:55du Conseil supérieur
10:56de la magistrature
10:57qui gère à la fois
10:58deux choses,
10:59je le rappelle
10:59pour ceux qui nous écoutent,
11:01les carrières,
11:02et le disciplinaire.
11:05Nous, on milite
11:06entre guillemets
11:07pour une réforme réelle
11:08parce qu'on pense
11:08que ce système
11:09ne fonctionne pas bien,
11:11qu'il doit être
11:14composé différemment
11:14et qu'il doit être
11:15beaucoup plus professionnel
11:17dans son approche.
11:18Donc je vais dire
11:19oui,
11:19je suis pour une réforme.
11:21Après,
11:21je ne suis pas pour
11:22qu'on mette des citoyens
11:23dans ce genre d'organisme.
11:24Ça, non.
11:26Non.
11:26Il faudra en mettre
11:27pour l'ordre des médecins,
11:28pour l'ordre des avocats,
11:30pour les policiers,
11:31pour tout le monde
11:31parce que je crois que...
11:35Mais je entends
11:36ce que veut dire
11:37Bruno Retailleau,
11:38c'est-à-dire
11:38qu'à un moment donné,
11:40il faut que nous rendions
11:42des comptes
11:43devant les citoyens.
11:46Je ne crois pas
11:46que ce soit
11:47de cette manière-là.
11:48Par contre,
11:48je suis d'accord avec lui
11:49qu'il faut une réforme.
11:50En tout cas,
11:51moi,
11:51je le pense.
11:52Et nous avons
11:53des propositions
11:54assez claires là-dessus.
11:54Allez,
11:55nous allons ouvrir
11:55votre essai
11:56dans un instant.
11:58Les juges ont-ils
11:58vraiment tous les droits
12:00avec de nombreuses questions
12:01qui sont posées
12:02et qui rejoignent
12:02au fond
12:03les problématiques
12:04posées par cet épouvantable
12:05meurtre de Liana
12:07Béatrice Brugère.
12:08Vous restez avec nous
12:09si vous souhaitez intervenir
12:100826 300 300
12:12pour la suite
12:12de La Vérité en Face.
12:149h10h,
12:15La Vérité en Face,
12:17Sud Radio.
12:18Le Grand Matin Sud Radio,
12:19La Vérité en Face,
12:22Jean-François Akkili.
12:23Avec notre invitée
12:23Béatrice Brugère,
12:24magistrate,
12:25secrétaire générale
12:26du syndicat
12:27Unité Magistrat
12:28auteur de l'essai
12:29Les juges ont-ils
12:30vraiment tous les droits
12:31publiés par l'Observatoire
12:32dans la collection
12:33Alerte en partenariat
12:34avec le laboratoire
12:35de La République
12:36très intéressant d'ouvrage
12:38où vous apprenez
12:38beaucoup de choses.
12:39Béatrice Brugère,
12:40le Parlement,
12:41vous dites,
12:42dans votre livre,
12:43se trouve désormais
12:44triplement concurrencé
12:45par les juges
12:46administratifs,
12:47judiciaires
12:48et constitutionnels
12:49d'où l'interrogation
12:50faut-il élire les juges ?
12:53Est-ce qu'il faut penser ?
12:54Parce qu'on parle beaucoup de ça
12:57comme aux Etats-Unis
12:57on va élire nos juges.
12:59C'est une idée ou pas ?
13:00Alors moi j'ai écrit ce livre
13:02parce que j'ai senti
13:03et peut-être à tort
13:04ou à raison on verra
13:06que la question
13:07de la légitimité
13:08des acteurs
13:09qui vient en écho
13:11ou après
13:11la question de la légitimité
13:12de l'action des acteurs
13:15allait devenir
13:15un sujet chaud
13:17par rapport
13:18à l'exercice
13:19des pouvoirs.
13:21Et on a déjà eu
13:22cette séquence
13:22c'est ce que je dis
13:23en fait
13:24l'histoire est intéressante
13:25aussi pour ça
13:26ces questions
13:27elles ont été déjà posées
13:28avant la révolution française
13:29et on a eu
13:29une petite période
13:31justement
13:31où on a dit
13:32mais les juges
13:33justement ne sont plus légitimes
13:35on a remis en cause
13:36l'action de la justice
13:38dans une tension
13:39très forte
13:40entre le pouvoir
13:43monarchique
13:43et le pouvoir
13:44des juges
13:45qu'on appelait
13:45les parlements
13:46à l'époque
13:46et on a eu
13:47une petite séquence
13:48d'élections
13:49des magistrats
13:51qui d'ailleurs
13:52n'a pas fonctionné
13:52très longtemps
13:53moi je ne pense pas
13:54que ce soit la bonne solution
13:55parce qu'on a déjà
13:56le reproche
13:57de la politisation
13:58donc si en plus
13:59vous faites des élections
14:00alors là
14:02pour le coup
14:03ça sera encore plus
14:04de politisation
14:05donc ce n'est pas la bonne idée
14:06c'est important
14:07que vous fassiez
14:08ce rappel historique
14:08parce que ces questions
14:09se posent depuis toujours
14:10en réalité
14:11parce qu'en fait
14:11on voit bien
14:12qu'on est au coeur
14:13du questionnement
14:14de la légitimité
14:15et la légitimité
14:17et c'est ce que
14:18j'ai voulu écrire
14:19c'est la conséquence
14:20d'un désamour
14:21et d'une perte de confiance
14:22dans l'action
14:22de la justice
14:23et c'est très grave
14:24en fait
14:24ce qui est en train
14:25de se passer
14:25et on voit très bien
14:27qu'on est un pays
14:28qui est en train
14:29de décrocher
14:30avec sa justice
14:32les citoyens
14:33nous critiquent
14:34ça c'est tous les sondages
14:36par en bas
14:36par en haut maintenant
14:38et on le voit
14:38avec cette affaire
14:39les politiques aussi
14:41s'empressent
14:42de venir
14:43vous dites quoi
14:44ils ont bon dos
14:44les magistrats
14:45les juges
14:46c'est trop facile
14:47c'est pas ça
14:48que je dis
14:48je dis qu'il va falloir
14:50revisiter l'équilibre
14:51des pouvoirs
14:52qui fait quoi
14:53comment
14:53et la réalité
14:55parce que c'est factuel
14:56c'est qu'aujourd'hui
14:57les politiques
14:59ont donné
15:00beaucoup de pouvoir
15:01aux magistrats
15:02vous écrivez
15:03Beatrice Brugère
15:04l'extension
15:05je vous cite
15:06l'extension du pouvoir
15:07des juges
15:07est particulièrement sensible
15:09en matière pénale
15:11où elle touche directement
15:12à la liberté des personnes
15:13et au destin politique
15:14de la nation
15:14le principe très français
15:15de l'opportunité
15:16des poursuites
15:17confère au parquet
15:18un pouvoir immense
15:19bien sûr
15:20sur le déclenchement
15:21et l'orientation
15:21des enquêtes
15:22sur l'appel
15:22et l'exécution
15:23des peines
15:24le juge trop puissant
15:26dit par vous
15:27non mais en fait
15:28on voit bien
15:29qu'aujourd'hui
15:30on a donné
15:31beaucoup de pouvoir
15:31aux magistrats
15:32la loi
15:33dès que vous faites une loi
15:34vous nous donnez du pouvoir
15:35puisque vous nous faites intervenir
15:36c'est mathématique
15:38plus vous allez faire de loi
15:39plus le juge va intervenir
15:40puisqu'en fait
15:41le juge n'intervient pas tout seul
15:42il intervient
15:43parce qu'il y a un cadre législatif
15:44bien sûr
15:45on se fonde sur les textes
15:46évidemment
15:47donc on n'arrête pas
15:48de nous donner
15:49et nous d'ailleurs
15:50on a du mal à suivre
15:51parce qu'on nous demande
15:52d'être partout
15:52d'ailleurs au passage
15:53et là aussi
15:54il y a une question
15:55et d'un autre côté
15:56ceux qui nous donnent du pouvoir
15:58critiquent en même temps
16:00ce pouvoir
16:00moi ma question
16:01n'est pas de distribuer
16:02les bons ou les mauvais points
16:03je ne suis pas là-dedans
16:05je dis simplement
16:05que quand on donne
16:06beaucoup de pouvoir
16:07il faut penser
16:08les contre-pouvoirs
16:09pour éviter l'arbitraire
16:10ou les mauvais choix
16:12et c'est pour ça
16:13que l'opportunité des poursuites
16:14par exemple
16:14en Italie
16:15vous n'avez pas l'opportunité des poursuites
16:16vous avez la légalité des poursuites
16:18les Italiens
16:19poursuivent tout le monde pareil
16:20c'est tout le monde
16:21pas nous
16:22non
16:22mais l'opportunité des poursuites
16:24a été quelque chose d'intéressant
16:25parce qu'il permet
16:26de discriminer
16:27ce qui est important
16:27et pas important
16:28sauf qu'aujourd'hui
16:29il est devenu aussi
16:31dans la masse du contentieux
16:33une gestion du flux
16:34qui devient parfois
16:37incompréhensible
16:37sur la politique pénale
16:39donc
16:40peut-être que c'est ça
16:40qu'il faut revoir
16:42mais il y a d'autres mécanismes
16:44moi je crois beaucoup
16:44à la motivation
16:45comme les Italiens
16:46je crois beaucoup
16:47à la collégialité
16:48motivation c'est-à-dire
16:49c'est-à-dire que toutes les décisions
16:50doivent être motivées
16:51aujourd'hui les citoyens
16:52veulent de la transparence
16:53et c'est important
16:54d'en donner
16:55c'est important
16:55qu'ils comprennent
16:56le choix
16:57que font les magistrats
16:58c'est important
16:59que les magistrats
16:59ne soient pas tout seuls
17:01et ne portent pas
17:01cette responsabilité
17:02je dis simplement
17:03attention
17:04à vouloir trop critiquer
17:06les magistrats
17:07qui certes
17:07ont beaucoup de pouvoir
17:08n'oublions pas
17:09que ceux
17:10qui les critiquent
17:11sont ceux
17:11qui leur ont donné
17:12parce que vous êtes d'accord
17:13là-dessus
17:14que c'est assez incontestable
17:15Beatrice Bruchère
17:16regardez ce qui s'est passé
17:17après les casseurs
17:19en marche du Paris Saint-Germain
17:20il n'y a pas de peine
17:21de prison ferme
17:22ou si peu
17:23enfin
17:23avec des jeunes gens
17:25qui ont
17:27sciemment
17:27attaqué les forces de l'ordre
17:28ce qui devrait être
17:30synonyme de prison
17:31là vous dites
17:32il faut
17:33quel est le terme
17:34documenté
17:34vous dites
17:35motiver
17:36les décisions de justice
17:37là en l'occurrence
17:38personne ne comprend
17:39ce qui se passe
17:40exactement
17:40il y a un décrochage
17:41qui est problématique
17:43mais par exemple
17:43et là-dessus
17:44je fais une proposition
17:46c'est-à-dire
17:47qu'au titre
17:48de l'individualisation
17:49des peines
17:49on a donné une marge
17:50de manœuvre
17:51extrêmement importante
17:52au magistrat
17:53avant nous n'avions pas ça
17:54c'est-à-dire que
17:55l'office du juge
17:56était encadré
17:57avec ce qu'on appelait
17:57des peines minimales
17:59c'est avec Badinter
18:00que tout ça a changé
18:01on a gardé
18:02les peines maximales
18:03mais on a enlevé
18:04les peines minimales
18:05donc le juge
18:07il a la possibilité
18:09j'allais dire
18:10entre 0 et 10
18:11par exemple
18:12de mettre
18:13tout ce qu'il veut
18:14puisqu'au nom
18:15de l'individualisation
18:16des peines
18:17on a une marge
18:19d'appréciation
18:19extrêmement importante
18:20c'est la loi
18:21qui lui dit
18:22de faire ça
18:23et là vous proposez
18:24alors moi je pense
18:25que si
18:25si on veut revenir
18:28sur une marge
18:29de manœuvre
18:29plus réduite
18:30parce qu'on estime
18:31qu'il y a des choses
18:31qui doivent être condamnées
18:33sur certains niveaux
18:35des agressions
18:35de policiers
18:36de gendarmes
18:37de pompiers
18:37exactement
18:37alors revenons
18:39à l'ancien système
18:40des peines minimales
18:42on peut pas se plaindre
18:43on peut se plaindre
18:45mais je veux dire
18:45on peut pas non plus
18:46critiquer le pouvoir
18:47que l'on a soi-même
18:49donné au magistrat
18:50donc c'est ça
18:51qu'il faut peut-être
18:52visiter
18:53il y a des solutions
18:55elles existent
18:56mais ça c'est dans
18:57un débat serein
18:58et apaisé
18:59pas dans une tornade
19:00médiatique
19:01où évidemment
19:02aujourd'hui
19:03ça s'appelle
19:03la campagne présidentielle
19:04par exemple
19:04oui je crois
19:05qu'aujourd'hui
19:06l'équilibre des pouvoirs
19:08doit être visité
19:09on voit bien
19:10que les critiques
19:11elles sont pas non plus
19:11que sur le juge judiciaire
19:13elles sont sur le conseil
19:14constitutionnel
19:15le conseil d'état
19:16assez peu
19:16alors qu'en fait
19:17on pourrait aussi
19:18avoir des critiques
19:20similaires
19:21on a aujourd'hui
19:22des critiques aussi
19:23sur les cours européennes
19:25voilà
19:26donc je crois
19:27que la justice
19:27doit redevenir
19:28non pas un objet
19:30punitif de critique
19:31mais un objet central
19:33car tout le monde
19:34réclame de la justice
19:35et tout le monde
19:36a besoin de justice
19:38pour éviter l'arbitraire
19:39vous
19:39moi
19:40n'importe quel citoyen
19:41nous attendons
19:42d'être traités
19:43comme tout le monde
19:43en tous les cas
19:44Beatrice Brugère
19:45je tiens à vous le dire
19:46j'ai appris énormément
19:47de choses
19:47en lisant votre essai
19:49les juges
19:50ont-ils vraiment
19:51tous les droits
19:52publiés
19:53je le rappelle
19:53par l'observatoire
19:54dans la collection alerte
19:55avec le laboratoire
19:57de la république
19:58merci
19:58merci de votre invitation
20:00ce matin
20:00si je puis dire
20:02au détour
20:02de cette épouvantable
20:03affaire
20:04du meurtre
20:05de Liana
20:06bonjour
20:07Valérie Exper
20:07bonjour
Commentaires