00:00Eric Revelle, bonjour Eric. Bonjour Jacques, bonjour à tous.
00:02Le rachat de SFR par les trois autres opérateurs téléphoniques va avoir un impact sur les prix, c'est bien
00:08cela.
00:08Oui, oui, alors on va raisonner différemment si vous voulez Jacques.
00:11Que s'est-il passé lorsqu'il y avait quatre opérateurs en France dans notre pays ?
00:15Vous vous souvenez, sous Nicolas Sarkozy, François Fillon avait installé FreeMobile comme quatrième opérateur.
00:20On était en 2012.
00:23Que s'était-il passé à ce moment-là ?
00:24La guerre des prix avait fait baisser entre ces quatre opérateurs.
00:28Les forfaits de 30 à 50%, avec un impact très fort d'ailleurs sur l'emploi des autres opérateurs.
00:36Il y avait une destruction de valeur, mais les abonnements avaient baissé.
00:39Donc, avec quatre opérateurs, la concurrence restait intense, même si ces derniers mois SFR perdait pas mal de clients.
00:48Alors donc, en passant à trois opérateurs, cette pression concurrentielle diminue évidemment, mécaniquement.
00:54Les opérateurs qui vont survivre, donc Orange, Free et Bouygues Télécom, ont moins besoin de se battre sur les prix
01:02pour gagner ou conserver des parts de marché.
01:05Donc, ils peuvent plus facilement augmenter ce qu'on appelle l'ARPU, c'est-à-dire le revenu moyen par
01:10utilisateur.
01:12Orange, Bouygues et Free assurent, écoutez bien, que les prix ne vont pas augmenter brutalement.
01:18Bon, brutalement évidemment que non, mais à moyen et à long terme, nos abonnements vont augmenter.
01:24Faites confiance, faites confiance Jacques, au roi du marketing, des opérateurs téléphoniques, pour nous faire passer la pilule en douceur.
01:31Mais la pilule de la hausse des tarifs, nous les consommateurs, il va bien falloir nous la faire avaler.
01:37Alors, il y a l'ARCEP, l'autorité de régulation, qui doit veiller au grain.
01:42On verra, donc pas de hausse brutale, mais une hausse quand même.
01:45Vigilance. Ailleurs en Europe, a-t-on des exemples où un opérateur téléphonique a été racheté avec dans la foulée
01:50des hausses de prix des abonnements ?
01:51Bah oui, oui, oui, oui. Moi j'ai regardé dans le détail, il y a trois pays où il y
01:54a eu une réduction des opérateurs, en Autriche, en Irlande, en Allemagne.
01:59Bon, les études montrent quoi sur ces marchés européens ?
02:03Montrent classiquement que la hausse des prix a été de 5 à 15%, jusqu'à 20% dans les 24
02:10à 36 mois, suivant une telle consolidation.
02:13C'est-à-dire la disparition d'un opérateur en Autriche, en Irlande ou en Allemagne.
02:17En France, ça pourrait se traduire par une augmentation de 1 à 3 à 5 euros de plus par mois,
02:23en moyenne, sur les forfaits milieux et haut de gamme.
02:26Donc, l'augmentation des tarifs sur les abonnements en France, bah oui, elle aura évidemment sans doute lieu.
02:33Ces exemples sont parlants, mais l'augmentation des tarifs, les opérateurs en ont aussi peut-être besoin pour investir ?
02:40Alors oui, c'est ce que les opérateurs vont dire.
02:43Les opérateurs expliquent qu'ils ont besoin de marges plus confortables pour financer le déploiement de la 5G,
02:49pour mettre en place le moment venu la 6G, pour mettre en place la fibre ou le développement des réseaux.
02:58Avec moins de concurrence, ils peuvent, ces opérateurs, répercuter plus facilement ces coûts,
03:03qu'ils appellent évidemment des investissements.
03:06Et puis assurer aussi un confort de communication.
03:08Mais je n'oublie pas quoi, Jacques ?
03:10Je n'oublie pas que dans notre pays, il y a encore des zones de désert numérique.
03:14Alors messieurs les opérateurs, pensez à l'IA, pensez au développement de la 6G,
03:20mais pensez d'abord à ces zones où les communications sont impossibles.
03:25Les territoires français reculés ont besoin de l'extension des réseaux de téléphones portables,
03:32bien plus que d'une hausse des prix.
03:34C'est drôle d'époque avec Eric Revelle, chronique que vous retrouvez en podcast.
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