- il y a 18 minutes
Judith Beller reçoit Soufiane Guerab et Fabien Richard
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PersonnesTranscription
00:02Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bonsoir, bonsoir les amis, vous êtes sur Sud Radio et comme chaque dimanche, c'est excellent évidemment.
00:09Il enchaîne les rôles avec une intensité et une authenticité d'ailleurs qui séduisent tant le grand public que les
00:14professionnels du cinéma.
00:15L'acteur Soufiane Guérabe est avec nous ce soir, bienvenue Soufiane.
00:18Merci.
00:18Avec plaisir.
00:19Vous êtes à l'affiche de deux projets très attendus, d'abord Bombonera, c'est le nouveau film footballistique de
00:24Cyril Boulanoir,
00:26dont vous tenez le rôle principal, ça sera en salle dès le 5 août.
00:29Et d'ailleurs, on entend des choses derrière.
00:32La très attendue partie 4 de Lupin aussi sera bientôt sur Netflix à l'automne.
00:38Ce qu'on entend d'ailleurs, c'est la BO de Bombonera.
00:42Vous allez retrouver votre personnage dans Lupin, celui du lieutenant Youssef Guérita, c'est aux côtés de Omar Sy.
00:47C'est ça, Youssef Guédira.
00:49Guédira, pardon.
00:50J'inverse les syllabes.
00:52Fabien Richard est un homme aux multiples vies et un artiste complet d'ailleurs de la scène à l'écriture.
00:56Bonsoir Fabien.
00:57Bonsoir, merci de votre invitation.
00:58C'est le plaisir, vous êtes auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux grandes affaires criminelles et aux tueurs en série
01:03notamment.
01:04Vous signez votre livre le plus personnel d'ailleurs, avec Fils de flic.
01:07On va dire que c'est le premier livre personnel.
01:09D'habitude, je raconte l'histoire des autres.
01:11Là, c'est la vôtre.
01:11C'est la première fois que je raconte la mienne.
01:12C'est publié chez Hello Edition, vous nous racontez donc ce que signifie grandir auprès d'un père policier, vivre
01:16avec les silences, les absences, les blessures invisibles aussi, d'un métier qui est confronté chaque jour à la violence.
01:21C'est un livre que je recommande.
01:22Merci beaucoup.
01:22Je vous en prie.
01:23C'est excellent sur Sud Radio.
01:24Bienvenue chez vous.
01:28On entend juste derrière nous le son du film Bombonera de Cyrine Boulanoir.
01:33Ça sort le 5 août.
01:34C'est avec Emma Boumali et puis c'est avec vous aussi, Soufiane Guéram.
01:40Voilà, on entend bien que c'est du foot dont il s'agit.
01:43C'est ça, c'est du foot avec Vima Lapons aussi qui est incroyable dedans et qui est une actrice
01:47exceptionnelle.
01:49C'est un film sur une petite fille qui rêve de devenir footballeuse professionnelle.
01:54Dans un monde de mecs et qui va se battre pour ça.
01:59Et qui va rencontrer Enzo.
02:01C'est ça, Enzo mon personnage.
02:02Enzo c'est vous, c'est un homme qui survit grâce à des petites combines.
02:04Et puis sa vie elle va complètement basculer quand il va découvrir le talent de cette jeune joueuse de football
02:09émérite.
02:10C'est ça.
02:11Il découvre cette fille un peu par hasard.
02:15Cette fille va totalement changer sa vision des choses.
02:19Au départ, il n'a pas forcément des bonnes intentions, des intentions bienveillantes envers elle.
02:23C'est quand même un petit malfrat, il essaie de se faire un peu d'argent à droite à gauche.
02:28Et petit à petit, en apprenant à la connaître, à savoir que cette petite n'a pas de père, il
02:35va un peu se projeter avec elle.
02:36Et finalement, il y a des liens très forts qui vont se créer.
02:39Et ce qui est intéressant, c'est qu'ils vont déjouer des obstacles sociaux ensemble, des préjugés.
02:43Puis aussi les règles de cet univers très masculin du football, justement.
02:46C'est pas facile de s'imposer quand on est une femme, c'est important de le dire.
02:49Totalement, c'est une petite fille, justement.
02:52Le film commence comme ça, elle se retrouve en plein milieu d'une grande bande de garçons.
02:56Et elle veut justement avoir une place au milieu de ce tournoi qui s'organise autour d'elle.
03:03Et on va lui refuser l'accès, au départ.
03:05Et moi, je vais l'aider à ce qu'on la comprenne, à ce qu'on l'accepte.
03:10Par son talent et elle va montrer qu'on a bien fait de...
03:15Et par la force aussi.
03:16Voilà, par son talent et par la force qu'on a bien fait de l'intégrer.
03:19Alors ce type Bombonera, il fait référence au célèbre stade du club argentin Boca Juniors.
03:22C'est un des tempes du football mondial.
03:24Mais c'est quand même pas qu'une histoire de football, quoi.
03:26C'est important de le dire.
03:27Totalement, totalement.
03:28Et c'est pour ça que même...
03:30J'ai cité Vimala.
03:34Vimala qui est une actrice extraordinaire, vraiment qui a pris le dernier César, le second rôle, dernièrement.
03:41Et oui, c'est pas un film qui traite que du football.
03:44Ça traite vraiment d'une relation, d'une situation sociale particulière.
03:50Que ça soit du point de vue de la mère, que ça soit du point de vue d'Enzo, mon
03:54personnage.
03:55Ou du point de vue de la petite fille.
03:57Emma.
03:59Les choses sont posées telles qu'on peut se les imaginer au départ.
04:05Et les choses vont totalement changer et se bousculer à travers le film.
04:08Donc il y a une vraie histoire sociale.
04:11D'amour aussi.
04:12Il y a une grande histoire d'amour qui a lieu dans ce film.
04:17Parce qu'il y a certes la rencontre avec la petite fille.
04:19Mais il y a aussi une rencontre très intéressante avec la maman.
04:22Et beaucoup de rapprochements à ce niveau-là.
04:25Et justement, Enzo, c'est un peu la vie qu'il a toujours rêvé d'avoir finalement, qui va lui
04:30tomber dessus accidentellement.
04:31C'est beau, c'est beau.
04:32C'est une histoire vraiment humaine.
04:34Et donc, quand on vous écoute, on entend rencontre, on entend transmission.
04:38On entend aussi beaucoup seconde chance quand même.
04:41Encore rien n'est jamais terminé.
04:43Totalement, totalement.
04:45Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
04:47C'est comme ça qu'on dit.
04:48Donc ouais.
04:49C'est le fait de continuer d'y croire à chaque fois.
04:53Que ça soit du point de vue, encore une fois, de la maman, de mon personnage Enzo ou de la
04:58petite fille.
04:58Ces trois personnages se retrouvent dans une situation au début du film.
05:01La situation va être totalement bousculée, chamboulée durant le film.
05:05Pour finir finalement par quelque chose de totalement différent à la fin du film.
05:09Donc ouais.
05:10C'est vraiment un film qui a sur fond de toile le football.
05:14Mais qui traite de choses beaucoup, beaucoup plus profondes.
05:17Et ce qui vous intéresse dans la narration, j'imagine, c'est aussi ce point de rupture en fait.
05:20Totalement, totalement.
05:21Est-ce que ça vous touche en général dans les rôles que vous choisissez ?
05:23Alors moi, ce qui m'a vraiment permis de m'accrocher à ce projet-là, c'est que c'est
05:31un peu l'histoire de ma petite sœur en fait.
05:33D'accord.
05:33C'est que j'ai eu la chance d'assister à l'émergence...
05:39A l'éclosion de votre sœur.
05:40A l'éclosion de ma sœur qui était footballeuse.
05:42Ok.
05:43Voilà, qui était une footballeuse qui d'ailleurs...
05:44Comment s'appelle votre sœur ?
05:45Nafissa.
05:46Ok, Nafissa.
05:46Nafissa, qui était footballeuse, qui a joué au PSG.
05:48Ok.
05:49Donc on est sur du sérieux là.
05:50Ah ouais, ça rigole pas du tout.
05:51Ça rigole pas du tout, on est sur du très très sérieux.
05:53Et elle aussi, elle a joué des coudes et tout ?
05:55Alors, forcément.
05:56Ouais.
05:57Forcément.
05:57Et en plus de ça, je parle d'une époque où ça fait à peu près 20 ans de ça.
06:03Oui, on était encore un peu arriérés, ouais.
06:05Totalement.
06:05Donc il fallait encore plus taper du poing sur la table quand on était une fille pour pouvoir aller jouer
06:12avec les garçons.
06:12Et ce qui est incroyable, c'est que...
06:14Alors, les choses se sont faites naturellement, mais que cette petite fille, justement, qui joue le personnage d'Emma, lui
06:20ressemble carrément.
06:21Alors, il y a ses petites bouclettes, moi, ma sœur aussi, pareil, ses petites bouclettes blondes et tout.
06:25Donc, c'est vraiment quelque chose.
06:27C'est un film que quand je le regarde maintenant, et bien...
06:30Il parle de vous aussi, quoi.
06:31Et voilà, il raconte quelque chose.
06:32Il raconte...
06:33Ça va au-delà du cinéma et de tout ça.
06:35C'est vraiment une histoire qui...
06:36Voilà, je trouve ça incroyable que ça me soit tombé dessus.
06:39Je remercie Cyril pour m'avoir offert ce rôle.
06:42Et ça raconte, ouais, un petit bout de ma vie.
06:46Pas forcément dans ce qui est comment c'est raconté, mais cette chose qui fait que, voilà, quand on est
06:51une fille, il faut savoir s'accrocher, se battre comme on peut pour faire ce qu'on a envie de
06:57faire, en fait.
06:57M'en parlez pas, mon cher Soufiane.
06:59On connaît toutes ça.
07:00Je pense que la majorité des femmes que je connais aussi.
07:03Alors, il y a ce deuxième rôle.
07:04On l'attend avec impatience.
07:05La quatrième saison de Lupin, c'est à la rentrée.
07:07On écoute.
07:08Maintenant, je t'ai.
07:09Je t'ai gardé.
07:11Viens au chaud.
07:18Tu me gardes, si je veux.
07:23Donc, la saison de 4 de Lupin, avec vous, Soufiane Guérabe.
07:26Et Omar Sy, aux côtés d'Omar Sy.
07:29Alors, en fait, ce qui est intéressant, c'est que votre rôle, le lieutenant Youssef Guédira, je vais le dire
07:33bien cette fois-ci.
07:34Oui, c'est très bien dit.
07:35C'est devenu un personnage central, j'ai l'impression, là.
07:37Vous prenez de plus en plus de place, quoi.
07:40Écoutez, moi ça...
07:40Vous n'êtes plus qu'un enquêteur, en plus.
07:42Moi, ça me va.
07:42Moi, ça me va.
07:43Ça vous va ?
07:43Ouais, moi, ça me va.
07:44Non, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un personnage dans les œuvres de Lupin qui s
07:51'appelle Ganimar.
07:54Et petit à petit, dans la série, on m'a un peu accroché à l'étiquette de Ganimar.
07:59Je suis ravi.
08:00Du coup, vous l'avez lu ?
08:01J'ai lu pas mal de livres.
08:04Mon personnage se prête à ça, du coup, il fallait que je le fasse.
08:07Mais j'avais déjà lu, durant ma jeunesse, à l'école, justement, les œuvres de Lupin.
08:14Mais j'ai eu la chance, oui.
08:15J'ai eu la chance d'avoir un personnage qui continue sa course un peu avec...
08:18Et ce qui est intéressant, c'est que...
08:20Bon, Lupin, on en parle comme une série policière ou un thriller,
08:22mais c'est quand même la quête de justice d'Assane Diop qui est intéressante dedans aussi.
08:26C'est ce qui nous tient en haleine.
08:27Et puis cette transmission aussi, les inégalités sociales, le poids des origines, etc.
08:31Ça, c'est des schémas récurrents, j'ai envie de dire, dans votre parcours à vous.
08:34C'est des sujets que vous avez envie de défendre.
08:36Je pense que ça doit pousser aussi à vos choix, j'imagine,
08:38parce qu'il y a quand même ça en trame de fond, quoi.
08:40Ouais, de toute façon, c'est de pouvoir...
08:43Moi, vous savez, quand je fais un rôle ou que j'accepte un rôle,
08:48tout ce qui est du point de vue des origines ou toutes ces choses-là,
08:53c'est pas ce qui va m'orienter.
08:56C'est vraiment le parcours des émotions.
08:59Qu'est-ce qu'il y a à défendre aussi, quoi.
09:00Qu'est-ce qu'il y a à défendre.
09:00C'est-à-dire que Guedira, c'est quelqu'un qui part des souterrains
09:05d'un commissariat à faire des photocopies,
09:08à quelqu'un qu'on prend absolument pas au sérieux
09:10et qui, finalement, va essayer de se battre un peu,
09:12comme cette petite fille aussi dans Bombonera.
09:15Il y a une trame commune, ouais.
09:16Il y a toujours cette chose qui fait qu'il faut se battre,
09:18il faut aller au bout des choses.
09:20Quand on croit aux choses, il faut se battre pour essayer
09:23de convaincre les autres, d'essayer d'aller défendre sa cause.
09:28Et c'est un peu ce qui se passe avec Guedira
09:29durant toutes ces saisons.
09:31C'est quelqu'un qu'on n'écoute pas forcément aux premiers abords
09:34et qui, finalement, finit...
09:36Ça range pour se faire entendre.
09:38C'est un truc qui est un peu commun avec vous, Fabien Richard.
09:43Surtout cette histoire de l'héritage laissé par le père,
09:45parce qu'on retrouve ça dans l'histoire d'Assane Diop
09:46qui, toute sa vie est guidée par la mémoire de son père
09:49qui a été injustement accusé, etc.
09:51C'est deux récits qui posent une question un peu commune.
09:54Qu'est-ce qu'on fait de l'héritage de nos parents aussi ?
09:55Et de cette transmission-là ?
09:57C'est d'ailleurs très étonnant.
09:58Il y a plein de rapports avec Lupin, avec la série.
10:03C'est pas pour rien que je vous ai rassemblés.
10:05Autant dans la position du policier,
10:08qui est le chasseur, qui est le chassé.
10:10C'est toujours intéressant.
10:12Et même dans la transmission, c'est pareil.
10:14Ça veut dire qu'on cherche toujours à chasser ses souvenirs
10:18ou à les garder près de soi.
10:19Et on y retrouve beaucoup de ça.
10:21Et c'est vrai que ça se rapproche particulièrement
10:24de ce rôle joué par Romarcy.
10:26C'est très étrange.
10:27Je m'y suis très senti très rapproché de ce personnage.
10:31Vous y êtes identifié ?
10:32Oui, on s'y identifie.
10:34Pour quelles raisons ?
10:35Parce que quand on a un père policier,
10:37on fait très attention de ne pas être un vilain.
10:38D'accord.
10:39Moi, je vais employer une expression que j'emploie...
10:40Ça vous a tenté quand même ?
10:41Parce que faire très attention,
10:42ça veut dire qu'on est un petit peu tenté.
10:44Je n'ai même pas été tenté.
10:46Je le dis dans le bouquin.
10:47Il y a un chapitre qui s'appelle
10:48« J'ai grandi dans le gris ».
10:49L'histoire de mon père est particulière.
10:50En 1963, il est arrivé à Saint-Quentin,
10:54dans l'Aisne, en Picardie,
10:54avec les immigrés.
10:55Les immigrés pieds-noirs,
10:57les immigrés juifs,
10:58algériens, marocains, italiens,
10:59tous les gens qu'on faisait venir pour travailler.
11:01Donc, il a grandi dans des quartiers
11:03où ce n'était pas facile de s'en sortir.
11:06Il fallait aller à la bagarre,
11:08comme on le disait quand on était gamin.
11:11Il a grandi dans un quartier comme ça.
11:12Et moi, quand j'ai grandi,
11:13j'ai grandi dans le même quartier.
11:14Enfin, dans un quartier de la même nature,
11:17avec des copains qui ont fait de la prison,
11:19avec des copains qui trafiquaient
11:20en bas ou pas de l'immeuble,
11:21avec des copains qui essayaient de s'en sortir.
11:24Et quand j'ai grandi,
11:25mon père m'a fait faire une promesse.
11:26Il m'a dit
11:27« Tu ne me raconteras pas ce que tes copains font. »
11:30Et en contrepartie,
11:31moi, je ne te raconterai pas les enquêtes que je mène.
11:33J'avais le même...
11:34En fait, il enquêtait sur vos potes, quoi.
11:37Ben disons que ce n'est pas ça.
11:38C'est que son père était flic.
11:41Son père était flic aussi avant lui.
11:42Et son père, il avait vécu la même chose.
11:45C'est-à-dire que mon père grandissait avec des bandiers ou des voyons.
11:48Mais vous n'avez pas fini flic, Fabien ?
11:49Comme je le dis souvent, moi et mon frère,
11:51nous sommes la première génération à nous en être bien sortis.
11:54En plus en temps, pour essayer d'en vivre.
11:56Ça fait dégoler votre père quand vous dites ça ou pas ?
11:58Alors, ouais, ça le faisait beaucoup mer.
12:01Avant sa disparition, ça le faisait marrer.
12:03Il a toujours eu énormément de recul par rapport à son métier.
12:07Même si chez nous, ce n'était pas qu'à la verticale.
12:10Ça veut dire qu'en gros, il y avait mon père,
12:12ses frères, ses soeurs, ses beaux frères,
12:14ses neveux, mon grand-père avant lui, etc.
12:17Tout le monde était policier.
12:18Et nous, j'ai un frère qui est devenu entraîneur professionnel de football
12:21et moi qui suis devenu artiste.
12:23Ah, ben oui, entre foot et flic, on est bien aujourd'hui.
12:25On se rejoint.
12:26Restez avec nous surtout, on est sur Sud Radio.
12:28C'est excellent, on revient juste après la pause
12:30avec l'acteur Soufiane Guérab et puis l'auteur Fabien Richard.
12:32A tout de suite.
12:34Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélair.
12:37Merci de votre fidélité à cet excellent sur Sud Radio.
12:39Avec moi, l'acteur Soufiane Guérab
12:41à l'affiche de Bombonera de Cyrine Boulanoir.
12:43Ça sort le 5 août.
12:45Et puis la saison 4, bientôt de Lupin sur Netflix à l'automne.
12:48On attend ça avec impatience.
12:49C'est évidemment avec Omar Sy, vous le savez.
12:50À ses côtés, l'auteur Fabien Richard
12:52qui nous vient avec son ouvrage autobiographique.
12:54On peut le dire, fils de flic.
12:55C'est tout juste sorti chez Hello Édition.
12:58Alors, Fabien, fils de flic, ça raconte en fait
13:00ce que ça signifie de grandir auprès d'un père policier.
13:03Il y a aussi ce qui se passe derrière l'uniforme et l'autorité.
13:06L'homme confronté chaque jour à la violence,
13:09au drame humain, à des blessures invisibles
13:10qui finissent par marquer toute une famille aussi.
13:12C'est ça, tout à fait.
13:14Ce livre, il raconte d'abord cette filiation en fait.
13:17Parce qu'être fils de flic, c'est pas simplement avoir un père policier.
13:20En plus, ça a démarré de quelque chose qu'on a en commun avec notre autre invité.
13:25En 2021, j'étais devant la télé, je regardais BFM TV
13:28et tout à coup, Bruce Toussaint interview Olivier Marchal.
13:31Et à un moment, Olivier Marchal...
13:33À cette phrase extraordinaire, il dit à Bruce Toussaint en le regardant droit dans les yeux
13:37« Les flics sont des smicards qui risquent leur vie tous les jours pour vous. »
13:42Et à un moment de silence comme ça.
13:43Une espèce de grand moment d'éternité.
13:46Et j'avais noté cette petite phrase dans un cahier.
13:48Et cette nuit-là, j'ai écrit un post sur Instagram.
13:52À l'époque, c'était la sortie du film Bronx.
13:54Et immédiatement, toute l'équipe, tous les acteurs, tous les actrices,
13:58tous ceux qui avaient travaillé sur Bronx, ont liké ce poste et l'ont repartagé.
14:02Lannine Gautry, Olivier, tous les gens qui étaient là.
14:05Olivier Barthélémy, etc.
14:06Tous les gens qui ont pu travailler sur ce film.
14:08Tout le monde s'est mis à partager ce poste et je me suis dit
14:10« Il y a quelque chose à en faire. »
14:12Donc je l'ai gardé dans un petit coin, sur une feuille.
14:14C'était en 2021 et à partir de là, j'ai rediscuté avec mon père de son métier de policier.
14:18Qu'est-ce que c'était être policier ?
14:20Qu'est-ce que c'était être fils de policier ?
14:21Parce que mon grand-père l'avait été avant d'avoir une sœur, un beau-frère,
14:26des gens de sa famille qui soient là.
14:27Et d'avancer en tant qu'enfant de flic, c'était pas facile.
14:34Et j'avais plein de questions à lui poser.
14:36Donc au fur et à mesure...
14:36Allez-y, dites-nous une ou deux questions que vous lui avez posées, Fabien.
14:41Déjà, je ne comprenais pas.
14:42Parce qu'il faut savoir que dans la vie de mon papa,
14:43comme dans la vie de plein de flics, de plein de gendarmes,
14:47de plein de gens qui ont des métiers difficiles,
14:48l'alcool était présent.
14:50Il était malade.
14:51Il avait cette maladie...
14:52Il faut décompresser, quoi.
14:53De l'alcoolisme, oui, pour essayer de lutter contre tout ça.
14:55Donc c'était pas facile.
14:57Donc j'avais des reproches à lui faire.
14:58J'avais des questions à lui poser.
14:59Je voulais savoir pourquoi.
15:01Je voulais comprendre pourquoi il menait ce combat contre lui-même.
15:04Il avait été CRS.
15:05En plus, au début de sa carrière, il avait été CRS.
15:08De 1979 à 1993.
15:10Donc c'est pas non plus...
15:11C'est pas la même carrière.
15:12Je veux dire, prendre une matraque, un bouclier, un casque
15:15pour aller taper sur ses contemporains
15:18ou sur des gens qui gagnent leur vie comme vous,
15:20c'est pas un boulot facile.
15:21Donc j'avais plein de questions qui me rongeaient.
15:24Je suis papa.
15:26Maintenant, ma grande va avoir 13 ans.
15:27La deuxième vient d'avoir 10 ans.
15:29Et j'avais aussi des questions à lui poser
15:31dans le rapport du père à l'enfant.
15:34Dans ce qu'il n'avait pas été et que j'aurais rêvé qu'il soit.
15:37Dans ce que je voulais être absolument et qu'il n'avait pas été.
15:40Mais sans jamais faire aucun reproche.
15:42Je voulais absolument...
15:43Il n'y a jamais eu de reproche dans cette relation.
15:46Et finalement, je me suis aperçu très vite.
15:49Même quand j'étais enfant, mon père, c'était comme un pote, en vérité.
15:52Comme un ami avec lequel je grandissais.
15:54Et pas comme un père.
15:56Et en écrivant Fils de flic, dans Fils, il y a père.
15:59Et je voulais réconcilier ces deux personnages.
16:03Ce petit garçon qui s'est posé plein de questions en devenant adulte.
16:06Et ce papa qui l'était sans l'aide vraiment.
16:10Et avec qui je voulais définitivement me réconcilier quand il nous a quittés l'an dernier.
16:16Alors, il y a une très belle image dont vous nous parlez.
16:19C'est cette image de la vie de pare-balles qui résume aussi cette relation entre vous et votre père.
16:23Puisque l'uniforme, il protège le policier du danger extérieur.
16:26Mais il crée une distance avec les siens.
16:28Et une distance qu'on ne comprend pas effectivement quand on ne peut pas mettre des mots dessus quand on
16:31est enfant.
16:32On ne peut pas mettre des mots dessus quand on est enfant.
16:35Moi, je les ai un peu plus compris.
16:37Parce que j'ai une carrière d'artiste.
16:39J'ai commencé par la danse classique quand j'étais enfant.
16:41Le théâtre après.
16:43Le chant, les comédies musicales.
16:45Enfin voilà, j'ai fait plein de choses.
16:45J'ai bossé aux Etats-Unis longtemps.
16:47Donc j'avais une vision qui était différente.
16:49Ça veut dire que je savais ce que c'était de porter un costume.
16:52J'avais très vite compris que mon père portait une sorte d'armure ou de costume quand il allait au
16:57travail.
16:57Qui reposait dans le placard le soir.
16:59Mais il n'arrivait jamais totalement à poser ça.
17:04C'est soit il restait le flingue à la ceinture.
17:06Soit il restait le gilet pare-balles.
17:07Soit il restait les rangers.
17:09Il n'enlevait jamais tout en rentrant ?
17:11Si, il l'enlevait.
17:12Mais c'était une image.
17:15Comme si c'était toujours là.
17:18Il n'arrivait pas à se détacher de tout ça.
17:20Et moi j'ai cherché à faire que je puisse comprendre pourquoi on était poursuivi par des ombres, des fantômes
17:28et des douleurs dans une carrière de flic.
17:31Ce n'est pas toujours facile.
17:32On parlait de la difficulté des femmes à s'imposer dans un monde d'hommes il y a un instant.
17:37Là, ce livre, il interroge aussi cette masculinité.
17:39Ce père obligé de protéger, d'encaisser, de rester debout et tout.
17:44Mais finalement, je pense que pour tous les hommes, cette solidité apparente, permanente que vous devez montrer, c'est un
17:51peu une prison.
17:51D'autant plus quand on est flic, forcément.
17:54Ça, c'est une prison.
17:55En plus, il n'y a rien à cacher.
17:57Mon père, ses meilleures amitiés, ses amitiés les plus fortes, il les avait avec des femmes dans la police.
18:02Je leur rends hommage à travers trois ou quatre chapitres du bouquin.
18:05Les administratifs qu'il appelait les femmes du troisième, avec qui il avait une espèce d'attache viscérale.
18:12Quelque chose d'extraordinaire.
18:13Quand il est parti aussi, il y a certaines de ses anciennes coéquipières qui n'ont pas eu la force
18:18de venir l'enterrer.
18:19Parce que pour elle, il était quelqu'un de vivant, de souriant et d'aimant.
18:24Et c'est là aussi qu'il a fallu que je fasse un deuil.
18:26Mais moi, que j'ai fait très rapidement et que je pense que ma famille ne fera jamais, au grand
18:29jamais, ni proche ou éloignée,
18:33c'est le fait que mon père était plus heureux au travail qu'il n'était la maison.
18:36Ça veut dire qu'il faut absolument l'accepter.
18:40Et j'ai découvert plein de vidéos.
18:41On m'a envoyé plein de vidéos où mon père riait, où il souriait, où il s'amusait, où il
18:46était heureux.
18:47Et c'était le contraire de ce qu'il était quand il rentrait à la maison.
18:50Où il s'engueulait avec ma mère parce qu'il pouvait avoir picolé, ou alors parce que ça s'était
18:54mal passé au boulot,
18:55ou alors parce qu'il s'était passé quelque chose de dramatique.
18:58Et en voyant ces images de bonheur...
18:59La maison, c'était un peu un sas de décompression, j'ai l'impression quand même, Fabien, quand on vous
19:03écoute.
19:03Ouais, complètement, ouais.
19:04Et puis il y a aussi cet amour empêché, l'amour de vous, ce fils, pour un père qui l
19:08'admire autant qu'il ne comprend pas.
19:09C'est un amour empêché, quoi.
19:10C'est une histoire de...
19:12Et puis lui, cet amour pour sa famille qui est un peu inaccessible à cause de ce métier qu'il
19:16casse, quoi.
19:16Donc il y a cet amour qui n'arrive pas à vivre...
19:18On laisse l'amour au boulot avec les collègues.
19:22Et puis quand on rentre à la maison, on n'arrive plus à le donner...
19:25C'est pas qu'on n'arrive pas à le donner à sa famille.
19:27C'est qu'on pense le donner.
19:28On se dit que c'est...
19:29Il ne se rendait pas compte, lui, ouais.
19:30Il ne se rendait pas compte.
19:31Il pensait que c'était comme ça, que c'était écrit, que c'était contractuel, entre guillemets.
19:35Et il pensait nous aimer normalement.
19:37Mais comme je l'ai dit, et même si j'avais un respect infini pour mon papa,
19:43j'ai pas appris l'amour avec mon père, par exemple.
19:45J'ai pas appris à aimer les femmes avec mon père.
19:47J'ai pas appris...
19:48Avec qui vous avez appris ça ?
19:50Je l'ai appris avec mes amis.
19:52Je l'ai appris avec la femme qui est devenue mon épouse et la mère de mes enfants.
19:57Je l'ai appris en grandissant.
19:58Je l'ai appris de par moi-même, la littérature, comme notre autre invité.
20:03La culture, la musique.
20:05Je l'ai appris chez les poètes.
20:07Je l'ai appris chez d'autres gens.
20:09Parce que je pense qu'on n'a pas les codes pour savoir aimer et donner de l'amour quand
20:13on fait ces métiers-là.
20:14C'est sûr et certain.
20:15Alors ce qui est intéressant aussi, c'est que vous nous parlez de réparation,
20:18parce que c'est pas miraculeux, tout n'est pas pardonné et effacé.
20:21Par contre, la parole, elle répare.
20:23C'est ça que vous faites, Fabien ?
20:24Oui, la parole et l'écriture réparent, tout à fait.
20:27Je pense aussi qu'il y a plein de choses dans ces métiers de policier qui sont compliquées,
20:32quand on est syndicaliste, comme mon père l'a été toute sa carrière.
20:35Quand on est un rebelle, quand on a beaucoup de gouailles, quand on a été élevé dans les années 60,
20:43où, je sais pas...
20:45Il était interdit d'interdire à l'époque.
20:47Oui, il était interdit d'interdire.
20:48Et puis le rapport homme-femme n'était pas le même.
20:50Il n'y avait pas les effets me too.
20:52On s'autorisait des choses qu'on ne pourrait plus s'autoriser aujourd'hui.
20:55C'est complètement normal.
20:56Sauf que dans la police de mon père, avec laquelle il allait...
20:59C'était un boomer, votre père, quoi.
20:59Oui, c'était un boomer.
21:01Mais les gens qui sont arrivés, même après lui,
21:03qui avaient peut-être 15 ou 20 ans d'écart de carrière,
21:07se sont adaptés aussi à ça.
21:08Ça veut dire que les gens de la génération des années 70-80,
21:12se sont aussi créés une espèce d'univers
21:14qui n'était ni celui des boomers, ni celui de ceux d'après.
21:18C'était un entre-deux où les gens s'aimaient.
21:20Et on ne se posait pas de questions.
21:22C'est ça aussi qui est intéressant.
21:25Et c'est ça aussi que j'ai voulu montrer dans le livre.
21:27C'est qu'on pouvait s'aimer, se respecter,
21:30tout en n'ayant pas forcément les bonnes ou les mêmes règles.
21:34Soufiane, Fabien Richard, il parle de policiers anonymes.
21:37Vous, vous interprétez rarement des super-héros, j'ai envie de dire.
21:39Ce n'est pas des personnes extraordinaires que vous interprétez.
21:41Par contre, vous les mettez en lumière, ces héros du quotidien.
21:44Il y a un truc un peu commun là-dedans à vous deux.
21:47Encore une fois, moi, je reviens sur l'histoire des personnages
21:51et ce qu'ils racontent, que ce soit un médecin, que ce soit un flic, un pompier, un footballeur.
21:57Les émotions, finalement, c'est les mêmes.
22:00C'est universel.
22:02Exactement, les émotions sont universelles et on se rend compte que souffrir d'un handicap,
22:09ça va être une même souffrance que souffrir d'un manque d'amour d'un papa ou quoi qu'est
22:14-ce.
22:14Et c'est ces choses-là que nous, en tant que comédiens, on essaie de transmettre.
22:18Maintenant, ce que j'aime, moi, dans ces rôles de policiers, parce que pour le coup...
22:23Ils en avaient joué quelques-uns, on peut le dire.
22:25Quelques-uns, oui.
22:26D'ondation, etc.
22:27Et ce que j'aime, en fait, c'est le regard qu'on porte sur notre interlocuteur,
22:33l'acteur qui est en face de nous.
22:37C'est-à-dire qu'il y a aussi ce truc d'enquête.
22:38Il y a un regard qui change durant tout le film.
22:41On commence par suspecter quelqu'un.
22:44Finalement, on se rend compte qu'on est peut-être dans l'erreur.
22:46On a le doute.
22:46On a toutes ces choses-là.
22:47Et c'est des émotions, c'est des sentiments qui sont, je trouve, très agréables à jouer.
22:51Comment vous allez les chercher ?
22:54Ça va être quelque chose d'assez naturel.
22:56En fait, je ne me pose pas de questions.
22:58Moi, je ne viens pas d'une école précisément.
23:00Je suis totalement autodidacte.
23:03Et c'est un peu...
23:03Donc c'est beaucoup du feeling, quoi.
23:05C'est beaucoup...
23:05C'est aussi basé sur votre propre expérience à vous, évidemment.
23:08Comment je ressens les choses.
23:09Parce que moi, je n'ai jamais été flic.
23:10Mais je sais ce que c'est que d'être triste.
23:12Je sais ce que c'est que de douter.
23:14Je sais ce que c'est que d'aimer.
23:15Je sais ce que c'est que de détester.
23:16Et c'est ça qu'on me demande, finalement.
23:19Après, accompagné d'un scénario, ça amène tout de suite quelque chose de fantastique.
23:22Mais les personnages, eux, n'ont rien de fantastique, si ce n'est leurs émotions.
23:26Et c'est ça qui fait qu'on arrive à essayer de...
23:29A aller toucher le cœur des gens, tout simplement.
23:31Bien sûr.
23:32Vous êtes sur Sud Radio, chers amis.
23:34C'est un bon choix.
23:35C'est excellent, je dirais même plus.
23:36Allez, vous êtes avec l'acteur Soufiane Guérable.
23:39Et puis l'auteur Fabien Richard.
23:40Vous restez.
23:40On revient juste après la pause.
23:42A tout de suite.
23:44Sud Radio, c'est excellent.
23:46Judith Bélair.
23:46Eh oui, bonsoir à toutes et à tous.
23:48Si vous nous rejoignez sur Sud Radio, le dimanche à 19h, c'est excellent.
23:51Je suis en compagnie de Soufiane Guérable, l'acteur.
23:53À l'affiche de Bombonéra, le nouveau long métrage de Cyrine Boula-Noir, qui sort le 5 août.
23:58À l'automne, aussi dans la saison 4 de Lupin sur Netflix, au côté d'Omarcy.
24:01Puis accompagné aussi de l'auteur Fabien Richard.
24:04Et son tout dernier livre autobiographique, Fils de flic, s'est publié chez Hello Édition.
24:09Alors, je voudrais qu'on écoute un petit extrait d'un film qui a beaucoup compté, je pense, pour vous.
24:12Et qui, moi, il m'a vraiment marqué, ce film-là aussi, Soufiane.
24:15C'est parti.
24:16Tu peux me passer le sel ?
24:17Ah, je m'en foule de ma gueule.
24:20C'est pas comme l'ange.
24:21Bande de tétrave.
24:22Qu'est-ce qu'on passe comme toi ?
24:24Règle numéro 1, c'est la patience, mon pote.
24:27Faut que tu commences à penser comme un handicapé.
24:33Faut changer d'espoir, quoi.
24:36Allez, putain.
24:39Qu'est-ce qu'on va voir dehors ?
24:43Si t'as envie.
24:44Sortez !
24:47Eh, je vous signale que moi, j'ai pas de moteur.
24:48Eh bah, fallait être tétra.
24:50Faut pas faire les choses à moitié.
24:51Eh vous, les nouveaux handicapés, vous respectez pas les anciens.
24:54Patient, le film de Grand Corps Malade et de Mehdi.
24:56Idir, qui est sorti en 2017 avec Soufiane Guérab.
25:00Décidément, aujourd'hui, Soufiane Guérab, je l'ai bien dit.
25:03Donc, c'est un film très important dans votre route.
25:05Moi, c'est un film qui m'a marqué, Patient.
25:07Parce que c'est une manière de...
25:08Allez-y, dites-moi.
25:09Ah non, allez-y, je vous en prie.
25:10Non, non, mais vous avez...
25:11Mais moi aussi, c'est un...
25:12J'étais justement hier, je mangeais avec Mehdi.
25:16Oui.
25:17Minos, qui est le co-réalisateur de ce film.
25:20Et on se disait, on se le redisait hier.
25:23On se disait à quel point Patient a été une aventure extraordinaire.
25:27À tous les niveaux.
25:28Au niveau cinématographique.
25:30À tous les niveaux, au niveau cinématographique,
25:32par rapport au succès qu'il a eu et qui n'était pas du tout attendu.
25:35Et par rapport, surtout, à l'expérience que ça nous a tous apporté.
25:38Ça vous a fait grandir humainement, j'imagine ?
25:40Totalement.
25:41On a été en immersion pendant deux mois à Coubert,
25:43qui est le plus grand centre de rééducation en France.
25:47Et on a rencontré des gens...
25:49Exceptionnels.
25:50Exceptionnels.
25:50Exceptionnels.
25:51Et on s'est rendu compte à quel point...
25:52Moi, qui me posent toujours des questions.
25:55J'adore réfléchir, j'adore penser.
25:57C'est une maladie chez moi.
25:59Et c'est incroyable que de voir des gens aussi bas dans l'épreuve.
26:08Avoir cette force de vie, ce courage et cette détermination-là.
26:12Et je pense que c'est un très très bon antidépresseur.
26:16Moi, ça m'a beaucoup...
26:18Ça m'a fait positiver sur tout, en fait, le fait de faire ce film.
26:22C'est inspiré de l'histoire de Grand Corps Malade, ce film.
26:25Totalement.
26:27Il suit Ben, qui est donc un jeune sportif qui, après un grave accident dans une piscine,
26:30se retrouve comme tétraplégique incomplet.
26:32C'est ça.
26:33Ça n'a pas totalement.
26:34Il peut parler, quand même.
26:35C'est ça.
26:36Il peut se servir de sa tête, quoi.
26:37Totalement.
26:38C'est l'histoire de Grand Corps Malade, qui, sur une journée de vacances, fait un plongeon
26:45dans une piscine et il lui arrive cette épreuve incroyable.
26:50Il faut savoir quand même, parce que j'ai appris, qu'après les accidents de voiture,
26:53la deuxième cause de tétraplégie sont les plongeons.
26:57Ok.
26:58Ne plongez pas.
26:59Surtout qu'on est à l'entrée de l'été.
27:02Souvent, il y a des gens qui louent des villas.
27:04Ils ne connaissent pas forcément la profondeur de la piscine et ils arrivent à taper une tête
27:09dès leur arrivée.
27:10Non, non.
27:11Ça, c'est la pire chose à faire.
27:11Et lui, ce qui est étonnant dans son chemin, Grand Corps Malade, finalement, c'est cette
27:14résilience totale.
27:15C'est-à-dire qu'il a réussi à dépasser ça, en faire une force, en faire une force créative,
27:18j'ai envie de dire aussi, une force de vie.
27:20Je pense que Grand Corps Malade, sa force, elle est là.
27:23Elle est là parce que quand on voit un peu le parcours par lequel il est passé, on se rend
27:26compte
27:26à quel point on se demande comment.
27:30Comment c'est possible d'avoir ce mental, cette résilience-là ?
27:35On la comprend quand on voit par quoi Fabien est passé.
27:39Devoir rester pratiquement un an sans savoir si on va pouvoir remarcher dans sa vie, c'est
27:45quelque chose de terrible.
27:47Mais à côté de ça...
27:48On développe autre chose, quoi.
27:49On développe autre chose.
27:50Et il y a un autre truc aussi qui est sympa dans ce film, c'est que finalement, on se
27:52rend
27:52compte que ce groupe, parce qu'il y a les autres passions, il y a Farid, notamment
27:55interprété par vous, qui lui est handicapé depuis l'enfance, qui apporte d'ailleurs
27:59son autodérision, son truc lucide, parce que lui, il a l'habitude, on a envie de dire.
28:03Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne se construit pas, d'ailleurs, et on ne se reconstruit
28:07pas non plus, jamais en tout cas seul.
28:09Le groupe, la force du groupe, elle est importante.
28:11Totalement.
28:11Alors moi, j'ai appris le sens de l'humour là-bas.
28:17C'est-à-dire que là-bas, ils ont un sens de l'humour incroyable qui fait partie
28:21de leur vie, ils ont une autodérision qui est totale.
28:26On n'ose pas au départ partir dans la vanne ou quoi, mais justement, c'est eux qui veulent
28:31ça et qui le réclament, parce que c'est un peu aussi un échappatoire.
28:36La rigolade et l'humour, c'est vraiment un échappatoire dans ces endroits où finalement
28:39tout est dramatique.
28:41Et c'est l'espoir adapté.
28:43Ils en ont fait un morceau, ils en ont fait une chanson.
28:45de pouvoir, enfin, c'est ça vraiment qui m'a, la leçon que j'en ai tirée de ce
28:50projet-là, c'est vraiment l'espoir adapté.
28:53C'est-à-dire que dans la vie, on n'a pas forcément ce qu'on veut au moment où
28:56on le
28:56veut et il faut se réadapter à nos épreuves.
29:00Quand quelque chose nous arrive, il ne faut pas forcément se dire, quoi qu'il arrive,
29:04je continue dans cette direction-là.
29:06Non, il faut savoir...
29:07Tant une pause, réflexion.
29:09Réflexion et changer quelque peu de direction pour pouvoir réadapter justement son espoir
29:14à sa vie.
29:15Pour continuer sur cette idée de « on a besoin d'être ensemble, Fabien Richard »,
29:18vous avez écrit un livre, vous, dans les coulisses du succès des footballeurs.
29:23C'est vachement intéressant parce que, en fait, c'est toujours la même chose, vous
29:25vous racontez dans l'ombre, ce qui ne se voit pas, c'est-à-dire là, en l'occurrence,
29:28les sacrifices, les doutes, les échecs, les blessures, les renoncements derrière
29:30les trophées, la célébrité, etc.
29:33Qui déconstruit, en fait, vous déconstruisez le mythe du champion qui est né pour réussir.
29:36Et en même temps, ce qui est intéressant, c'est que dans tout ce chemin de difficulté
29:40de ces champions, donc qui sont, qui peuvent être...
29:43On pourrait prendre des champions paraplégiques, de la même manière, d'ailleurs.
29:47Les joueurs, ils parlent de ceux qui les ont guidés, soutenus, inspirés, etc.
29:51C'est-à-dire, personne ne réussit seul non plus de votre côté, quoi.
29:54C'est le groupe, la force du groupe qui fait le champion.
29:57C'est ce que j'expliquais tout à l'heure.
29:58En plus, le hasard n'est pas fortuit.
30:00On va revenir quelques instants sur « Patient », qui a été un film qui a énormément
30:05compté dans ma vie.
30:06Pourquoi ? Parce que ma maman a été aide-soignante toute sa carrière.
30:09Voilà, elle a été aide-soignante pour les gens qui étaient en fin de vie.
30:12Donc, il y a ce rapport de l'échec, de la réussite, de l'image de l'autre.
30:17Je l'expliquais aussi, le hasard a fait...
30:20Il faut raconter l'histoire de mon autre grand-père, le papa de ma maman.
30:22C'était très intéressant.
30:23Avant la guerre, il a un accident de vélo.
30:25Il doit devenir footballeur professionnel.
30:26Il doit signer à Sedan avec le papa d'Uri Jorkaeff et avec le papa d'Yannick Noah,
30:31qui sont footballeurs à l'époque.
30:32Donc, il a cet accident, il est opéré.
30:33Du coup, il ne peut pas devenir footballeur.
30:36Derrière, il devient accordéoniste, il devient musicien, il devient seconde aimable,
30:40qui était un accordéoniste très connu, qui faisait les films des Charlot, etc.
30:43On le voyait dans tout...
30:44Avec Verschuren, on le voyait dans tous les films.
30:46Et je n'ai jamais connu mon grand-père mettre les mains sur un accordéon.
30:49Je ne l'ai jamais vu jouer de musique.
30:51Je suis devenu artiste et mon frère est devenu entraîneur professionnel de foot.
30:55Donc, toutes les histoires que j'ai...
30:57La transgénérationnalité, on ne peut pas y échapper.
30:59On ne peut pas y échapper.
31:00Et ça va aussi avec plein de hasard.
31:03Grand corps malade, Fabien, on a le même prénom.
31:06Sa chanson, Nos absents, qui est dans la bande originale de la pièce de théâtre,
31:11Fils de flic, qui fait suite au livre que je viens terminer.
31:16Allez-y, dites-nous deux mots là-dessus aussi, du coup.
31:18On travaille sur ça.
31:20Dès que le livre est sorti, il y a l'humoriste Chicandier qui a lu le bouquin.
31:24Un jour, qu'il l'a trouvé extraordinaire.
31:26Un matin, mon téléphone sonne.
31:28Je ne connais pas le numéro, je décroche.
31:30Allô, c'est Chicandier.
31:32Au début, je me suis dit, oui, c'est ça.
31:33C'est peut-être aussi Patrick Sébastien, ma mère ou ma grand-mère.
31:36Enfin, je me suis dit...
31:37Pourquoi Patrick Sébastien ?
31:38Parce qu'ils sont très potes ensemble.
31:40Je ne comprenais plus ce qui se passait.
31:42Je me suis dit, pourquoi d'un seul coup, Chicandier m'appelle sur mon téléphone ?
31:45Il est 9h du mat'.
31:46J'ai lu ce livre, c'est extraordinaire.
31:48Il faut en faire une pièce de théâtre.
31:49Avec cette voix-là.
31:50Avec cette voix complètement...
31:52Comme s'il était habité par un truc.
31:55Il me donne cette idée.
31:56Et puis derrière, des acteurs comme Jérémy Covillot, que connais aussi mon collègue.
32:00Donc ça va devenir un théâtre, et après ça va devenir une pièce de théâtre.
32:03Et après, le but, c'est que ça devienne quoi ?
32:04Un film, une série ?
32:05Ouais, j'aimerais que...
32:06Un petit Marshall.
32:07J'aimerais que ça devienne ça, parce que ce livre rend aussi hommage à Olivier.
32:13Parce que c'est la première personne qui m'a inspiré avec mon papa pour écrire ce bouquin.
32:19Et pour revenir à ce que vous disiez tout à l'heure sur les footballeurs, la gloire, les vitrines...
32:23Non, le fait d'y arriver ensemble.
32:24Le fait d'y arriver ensemble, c'est la même chose.
32:27Ce livre, il veut réconcilier tout le monde.
32:31Depuis quelques années, la relation est difficile.
32:34Par exemple, avec mon frangin, avec mon frère, je lui ai dédié aussi une partie de ce livre
32:38pour essayer de réconcilier cette fracture.
32:41Réconcilier les gens qui, avant que mon père parte, ne s'entendaient plus avec lui, etc.
32:45C'est un grand, grand message d'espoir où on se dit, un peu comme dans le handicap,
32:49quand on doit lutter contre le handicap pour s'en sortir,
32:53et bien là, c'est de lutter contre le silence pour pouvoir recréer de l'amour et un message
32:57et de l'espoir entre les gens.
32:59Ça, c'est très important.
33:00Qu'est-ce que ça vous évoque, ça, vous, Sofiane, quand vous l'écoutez ?
33:03En fait, vous avez un discours commun, tous les deux, finalement, et c'est très bien.
33:06Totalement, totalement.
33:07C'est de...
33:10Moi aussi, j'ai un rapport avec mon père.
33:15Alors moi, mon père, pour le coup, c'est mon héros.
33:18Moi aussi, j'ai un papa qui est décédé,
33:20et j'ai tout le temps ces phrases.
33:23En fait, il m'a laissé des post-it dans mon cœur.
33:26Il m'a laissé plein de post-it dans mon cœur.
33:28J'ai joli m'en dit, ça.
33:28Que je découvre.
33:29Vous avez des phrases qui viennent au fur et à mesure des jours, dans les instants.
33:32Totalement de ma vie.
33:34Et tiens, je découvre ce post-it.
33:35Ah oui, c'est vrai, il me l'avait dit, ça.
33:38Et c'est ça, en fait.
33:39Et justement, avant cette émission, j'étais à France Inter,
33:43et on avait fait l'émission Juste une chanson, quoi.
33:46Où justement, après, je ne sais pas si on a le droit de dire les émissions concurrentes.
33:50Bah, on les a citées une fois, ça va ?
33:53Voilà.
33:54Et justement, le morceau que j'ai choisi, c'était, maintenant, je ne sais pas, de Gabin.
34:00Ah ouais.
34:01Voilà.
34:01Qui raconte ça, qui raconte ce parcours de vie où, finalement, on croit connaître, on croit savoir les choses.
34:08Et au fur et à mesure du temps, on se rend compte qu'on ne savait pas.
34:12Et après, on croit encore finalement connaître, mais finalement, bah...
34:15Je sais que je ne sais pas, quoi.
34:16Je ne sais que je ne sais pas, c'est ça, c'est Socrate.
34:19Et du coup, et du coup...
34:20Ouais, bon, bel rêve, hein.
34:22Ouais, bah, ouf, facile, ça va.
34:25Ouais, mais il faut la sortir, il y en a qui auraient cité NTM ou...
34:32Tout le monde ne sort pas sur NTM.
34:33Non, c'est bien, c'est bien, bravo.
34:34On peut les citer NTM, en soi-même.
34:35Tout à fait.
34:36Mais ouais, ouais, beaucoup de points communs, bah ouais, c'est...
34:39La transmission, je trouve que moi, j'ai un truc qui est vraiment là, qui est vraiment...
34:44En tant que père aussi, vous ?
34:46Totalement, totalement, totalement.
34:48D'ailleurs, une des phrases de mon fils, il y a quelques jours,
34:50« Papa, pourquoi t'essaies de tout m'expliquer ? »
34:53Donc voilà, c'est...
34:54Je crois qu'ils nous disent tous ce genre de trucs,
34:56où tu ne voudrais pas te taire un peu de temps en temps.
34:57Voilà, mais je suis habité par ça, par la transmission,
35:00et pas que avec mon fils.
35:01J'ai créé un festival de cinéma aussi, Tapis Bleu,
35:04on était dans ça totalement, dans cette transmission-là,
35:06à chaque fois, d'essayer de...
35:08Bah, de transmettre, finalement, on est un peu...
35:10On est un peu des...
35:11On est chacun un livre, on essaye d'ouvrir.
35:14Des passeurs, des passeurs, c'est quand ?
35:15Des compteurs, tous les deux, vous êtes des compteurs et des passeurs.
35:18Et c'est excellent, d'ailleurs, le rendez-vous des gens excellents
35:20sur Sud Radio, avec l'acteur Soufiane Guérable
35:22et l'auteur Fabien Richard, on revient.
35:26Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
35:28Et oui, comme chaque dimanche, c'est excellent
35:30sur Sud Radio, avec Soufiane Guérable.
35:31Aujourd'hui, elle affiche le 5 août
35:33de Bombonera, le nouveau film de
35:35Cyrine Boulanoir, et puis à l'automne, dans la très attendue
35:38saison 4 de Lupin sur Netflix,
35:39aux côtés de Marcy, puis l'auteur Fabien Richard,
35:41sur ce plateau, avec son livre autobiographique
35:44« Fils de flics », c'est publié chez Hello Edition.
35:46Alors, messieurs, il nous reste très peu de temps,
35:48parce qu'il y a une petite chronique,
35:49parlons de vous, juste après, qui met à l'honneur
35:51les entreprises qui s'engagent, mais juste avant ça, on fait
35:53un portrait chinois. Je pense que c'est à peu près
35:55le moment qui m'amuse beaucoup, beaucoup dans cette émission.
35:57Est-ce que vous êtes prêts ? Vous ne réfléchissez pas trop à vos réponses.
36:00On est prêts.
36:01Soufiane, si vous étiez un personnage de cinéma ?
36:06Spiderman.
36:07Pourquoi ?
36:07Je ne sais pas.
36:09Un super héros, parce que vous avez besoin de vous accrocher ?
36:11Exactement. J'ai toujours besoin de m'accrocher à quelque chose.
36:14Ah d'accord. Quand vous êtes sur un tournage,
36:15vous vous accrochez à quoi, alors ?
36:16Je m'accroche à mon personnage, finalement.
36:19C'est pas mal. Bravo, vous avez bien retourné le truc.
36:22Fabien Richard, si vous étiez un personnage historique, vous, tiens.
36:26Historique ?
36:26Ouais.
36:27Ce n'est pas facile, c'est historique.
36:29Réfléchissez pas trop, hein.
36:32Qui j'aurais aimé être ?
36:32Allez, le premier qui vient là.
36:34Historiquement parlant, qui j'aurais aimé être ?
36:37Napoléon.
36:38C'est intéressant.
36:39Ah, ok. Pourquoi Napoléon ?
36:41Parce que je trouve que c'est quelqu'un qui a fait énormément de choses,
36:45mais qui était à la fois, comme ce que j'écris dans le bouquin,
36:48quelqu'un qui avançait dans le gris.
36:51Ah oui, ça c'est sûr.
36:52Même dans le violet, même.
36:53Il pouvait parfois être très, très, très sombre, très, très obscur.
36:57Parfois, très, très lumineux,
36:58parce qu'il nous a quand même laissé des choses extraordinaires.
37:01Ça peut être le code civil,
37:02ça peut être les constructions qu'il a imaginées,
37:05les batailles qu'il a faites aussi.
37:07Enfin voilà, il fallait être un génie de la guerre,
37:09mais en même temps, il était aussi...
37:10Dans le rapport aux femmes, par exemple, il était moyen.
37:12Il était très, très moyen dans le rapport aux femmes,
37:13et aussi dans le rapport où il se servait des autres.
37:18Et ça, c'est très inspirant, finalement.
37:20Un personnage gris, ouais.
37:21C'est vrai, je suis bien d'accord.
37:22Soufiane, si vous étiez un lieu de tournage, tiens.
37:26Coubert.
37:27Pourquoi ?
37:27On en a parlé juste avant,
37:29je pense que c'est un endroit où il y a tout.
37:32C'est ce qui vous a le plus touché pour...
37:34Il y a vraiment tout, on est au...
37:36J'ai envie de dire, c'est un peu de l'inspiration aussi pour...
37:38Totalement, et on a vraiment toutes les émotions dans l'extrême.
37:42C'est-à-dire qu'on ne peut pas là-bas être neutre,
37:45dans les choses.
37:46On est obligé d'être à fond dans quelque chose...
37:48On a connu la souffrance extrême,
37:50c'est que des gens qui ont...
37:52Personne là-bas ne peut dire qu'il n'a pas connu réellement la souffrance extrême,
37:55parce qu'il n'y a que des destins tragiques, finalement.
37:58Mais à côté de ça, il y a l'espoir extrême aussi.
38:00Un grand bonheur de la vie, quoi.
38:02Totalement.
38:02Enfin, le goût de la vie.
38:03Moi, on m'a toujours dit que...
38:06Quand t'as un coup de mou, tu déprimes,
38:09visite les patients dans les hôpitaux,
38:11et tu vas te rendre compte à quel point,
38:12qu'est-ce que c'est que d'être libre,
38:14qu'est-ce que c'est que d'être en bonne santé.
38:15Ça serait bien d'ailleurs qu'on donne tous une petite heure de visite
38:18pour aller donner de son temps et de son cœur à ses jours.
38:21Totalement.
38:21Ça rend heureux en plus.
38:23Fabien Richer, si vous étiez votre auteur préféré ?
38:26De chanson ou de livre ?
38:27De ce que vous voulez.
38:29Simon et Garfinkel.
38:31Ah ouais ?
38:31Le son du silence, oui.
38:33Ouais.
38:33Le son du silence, donc.
38:34Le silence est très important chez vous.
38:37Du silence n'est la parole, quoi.
38:39Toute ma vie n'a été faite que de bruit, en vérité.
38:41Dans la musique, dans la danse, dans le théâtre,
38:45dans Las Vegas, dans les casinos,
38:47dans ces machines à sous, ces jetons,
38:48tous ces gens, ces milliers de gens qui font du bruit,
38:51qui crient, etc.
38:53Et finalement, j'ai grandi dans un petit village de 600 habitants.
38:57Et là, je vis toujours d'ailleurs à la campagne.
38:59Et c'est finalement dans le silence que je retrouve
39:03toute ma quiétude et tout le bonheur de créer.
39:06C'est très étrange.
39:07C'est le contre-pied total de ce qu'est ma vie, en vérité.
39:10On aime bien.
39:11Soufiane, si vous étiez un rôle que vous n'avez pas encore joué ?
39:15Un rôle que je n'ai pas encore joué ?
39:19Le rôle de mon père.
39:20Ok.
39:21Il va falloir l'écrire maintenant.
39:23Ouais, il va falloir l'écrire et...
39:24Fabien, vous allez l'écrire.
39:27Je suis prêt à tout.
39:30Tiens, d'ailleurs, Fabien, si vous étiez le titre du prochain chapitre de votre vie ?
39:37Résiste.
39:39Résiste.
39:40Ouais, tout à fait, ça va avec ça, avec cette chanson.
39:42Je la trouve extraordinaire.
39:43Résiste prouve que tu existes.
39:45Parce que je trouve que la société dans laquelle on avance depuis le Covid est compliquée.
39:49C'est devenu une résistance permanente à toutes les oppositions.
39:52Et on veut réussir dans tout ce qu'on fait.
39:55Il crie, il joue, il met en scène, etc.
39:58C'est un beau mot, réussite.
40:00Soufiane, quand vous étiez enfant, de quoi rêviez-vous ?
40:03Quand j'étais enfant, de quoi je rêvais ?
40:05Je rêvais de ce qui m'arrive, en fait.
40:07C'est beau, ça.
40:08Ouais.
40:08Il n'y a pas mieux, en fait, j'ai envie de dire.
40:09Il n'y a pas mieux.
40:10Voilà.
40:11Ok.
40:12Et vous, si vous aviez un truc à dire au gosse que vous étiez, Fabien, qu'est-ce que vous
40:15lui diriez ?
40:16Je lui dirais que son père l'aime.
40:21Je lui dirais que la vie est magnifique.
40:24Je lui dirais que c'est dans le silence que se trouvent les cœurs qui battent et les mots de
40:31l'amour.
40:32Et puis, je lui dirais que j'aime ce qu'il va devenir.
40:36Bravo.
40:37Merci, messieurs.
40:38Merci beaucoup de votre invitation.
40:39Merci Fabien Richard.
40:41Vous restez avec nous, parce que tout de suite, c'est Parlons de vous, la chronique des entreprises qui s
40:44'engagent.
40:47Parlons de vous, c'est la chronique qui valorise l'engagement, la mission et la vision des entreprises innovantes.
40:56Vous êtes en compagnie aujourd'hui de Guillaume Couture, qui est directeur général Europe, Moyen-Orient et Afrique de Soufflé
41:01Malte, qui est leader mondial du Malte.
41:03Bonjour Guillaume.
41:04Bonjour Judith.
41:05Alors Guillaume, malgré sa présence dans notre quotidien, tous les jours, le Malte, c'est un produit que finalement, on
41:11connaît très peu et qu'on associe d'ailleurs souvent à la bière.
41:15Mais en fait, je crois qu'il est un peu partout, contrairement à ce qu'on croit, justement.
41:19Alors, c'est tout à fait vrai, Judith. Justement, je pense que c'est important de redire que c'est
41:26un produit qui est fabriqué à partir de céréales, principalement l'orge.
41:31Et donc le Malte, pour faire très simple, c'est une céréale qu'on a fait germer puis sécher.
41:35D'accord.
41:35Voilà. Et donc, c'est un produit naturel. Et c'est justement à travers cette naturalité qu'on va pouvoir
41:40l'utiliser dans énormément d'applications, bien plus que ce qu'on sait savoir aujourd'hui les bières, les spiritueux.
41:46D'accord. Et alors, qu'est-ce que c'est l'innovation chez Soufflé Malte, justement ?
41:50Alors, l'innovation, elle est justement au cœur de ce que je viens d'expliquer. On est persuadé que le
41:56Malte a une vocation tout au long de la journée à pouvoir remplir des applications particulières.
42:03On pense par exemple aujourd'hui à des innovations autour des substituts de cacao, des boissons maltais qui vont pouvoir
42:09aider les brasseurs à faire des bières, par exemple, sans alcool ou d'autres types de boissons.
42:14Voilà. Et puis le soir, on reviendrait vers la bière ou les spiritueux pour ceux qui sont intéressés.
42:20Et donc, tout au long de la journée, on pourrait utiliser du Malte.
42:22On aime bien l'idée. Alors, justement, vous avez des équipes de recherche qui travaillent avec vos clients pour développer
42:29des nouvelles applications.
42:31Quel type d'applications sont en cours ?
42:33Alors, je l'ai déjà évoqué, on a notamment un projet autour du substitut du cacao qui va pouvoir amener
42:41de la texture, mais surtout des saveurs qui vont pouvoir remplacer le cacao dans des applications du type biscuit.
42:49Dans la pâtisserie en général ?
42:51On peut aussi l'imaginer dans la pâtisserie.
42:53Et ça a le même goût, en fait, quand même ?
42:54Alors, c'est vraiment un substitut qui apporte le goût. Donc ça, c'est vraiment fondamental et qui apporte aussi
43:01une naturalité.
43:02Je pense que pour nous, le Malte, c'est d'abord, comme je le disais, une céréale avant tout.
43:06On n'a pas d'édulcorant, on n'a rien du tout quand on produit des substituts à base de
43:12Malte.
43:12Et alors, les clients de Souffé-Malte, qu'est-ce qu'ils cherchent en général ?
43:16Nos clients, aujourd'hui, ils cherchent des choses assez simples.
43:19Avant le prix, je pense qu'ils cherchent une solution qui va répondre à un besoin, une application.
43:24On en a parlé un petit peu.
43:26Donc, c'est vraiment travailler avec eux cette innovation.
43:28On rencontre énormément de personnes pour justement trouver toutes ces nouvelles applications tout au long de la journée pour lesquelles
43:34le Malte pourrait répondre.
43:36Le deuxième sujet, c'est d'apporter plus spécifiquement, comme on l'a dit, de la saveur, de la texture
43:42et de la couleur.
43:43Le Malte apporte de la couleur dans tout ce qu'il peut faire.
43:47Et le troisième aspect, si je peux me permettre, c'est bien sûr avoir un produit compétitif.
43:51C'est ça, c'est ce que j'allais vous dire. Ça coûte moins cher, en fait.
43:54L'intérêt, c'est que le Malte, aujourd'hui, il est quand même produit, si on parle de nos usines
43:58basées en France, à partir de céréales françaises, transformées en Malte en France.
44:02C'est un cercle vertueux.
44:03Donc, cercle vertueux pour nos clients ici.
44:06Alors, ce qui est intéressant aussi, c'est qu'il y a le concept, en fait, du Malte à chaque
44:12moment de la journée que vous déclinez, vous, finalement.
44:15Comme je l'évoquais, le matin, ça peut être des sous-formes de poudre ou d'ingrédients qu'on va
44:21avoir dans des céréales.
44:22On va pouvoir retrouver ces fameux remplaçants du cacao dans des biscuits tout au long de la journée.
44:28Et puis, le soir, l'application classique en brasserie ou à travers des spiritueux.
44:34L'objectif, c'est quand même de proposer un produit similaire aux applications des autres produits dont vous nous parlez,
44:40mais qui soit en corrélation avec les attentes des consommateurs aussi.
44:44C'est ça, parce qu'aujourd'hui, le Malte, étant un produit naturel, il permet d'éviter d'avoir, je
44:50le disais, des édulcorants parfois, puisque le Malte apporte des sucres naturels.
44:54Et on sait que le sucre, c'est vraiment pas bon pour la santé.
44:57Exactement. On va pouvoir apporter aussi, quand on parle de substitut du cacao, un produit qui est fabriqué plus près
45:02des consommateurs.
45:03Donc, l'empreinte carbone est nettement meilleure.
45:06Ainsi que la consommation, nous, on utilise beaucoup moins d'eau pour fabriquer, par exemple, du Malte.
45:11C'est presque un produit RSE, le Malte, en fait.
45:12C'est complètement un produit RSE, ça fait partie de notre ADN aussi.
45:18Notre positionnement.
45:18Notre positionnement, puisque, comme je le disais, on produit près des champs d'orge et on essaye de produire notre
45:26Malte de la manière la plus vertueuse possible, en utilisant le moins d'énergie ou d'énergie renouvelable la plus
45:31possible.
45:31Bien sûr. Finalement, ce qui vous intéresse dans ce produit, c'est aussi sa polyvalence. On peut tout en faire.
45:37Comme je viens de vous le donner, en quelques explications ou exemples, on a vraiment une capacité d'utiliser ce
45:42produit dans énormément de choses.
45:44Et je pense qu'on a encore beaucoup de choses à découvrir.
45:47Les boissons, aujourd'hui, se développent énormément. Il y a énormément de choses qu'on peut trouver demain.
45:52Par exemple, on peut imaginer une boisson à base de mal qui s'apparenterait à du matcha ou à du
45:58thé.
45:58Il y a des choses en cours, un petit scoop là, Guillaume Couture.
46:00Il y a beaucoup de choses en cours.
46:02Allez-y, donnez-nous une chose.
46:03Je pense qu'honnêtement, les boissons maltais, c'est quelque chose qu'on va retrouver dans nos rayons dans quelques
46:10mois.
46:10Avec marqué souffler mal dessus.
46:11Ah bah forcément.
46:13Merci beaucoup d'être venu partager avec nous, Guillaume Couture.
46:15Merci.
46:16Je rappelle donc que vous êtes directeur général Europe, Moyen-Orient et Afrique de Souffler Malte, leader mondial du Malte.
46:21Grâce à vous, on a un peu mieux compris ce que c'est.
46:23C'était excellent, merci, Sofiane Guérabe.
46:25On vous retrouve donc à l'affiche de Bombonera.
46:27Ça sort le 5 août, c'est le nouveau film de Cyrine Boulanoir.
46:30Et pour les férues de football, il faut y aller.
46:31Et puis pour ceux qui n'aiment pas, qui ne connaissent pas.
46:34Pour ceux qui aiment le cinéma, qui aiment passer un bon moment.
46:36Et puis évidemment, il y a la saison 4 de Lupin sur Netflix.
46:39On ne sait pas trop encore quand c'est, mais a priori c'est novembre.
46:41Ça sera dans ses alentours-là.
46:43Vous n'avez pas la date vous non plus.
46:45Pas du tout, non vraiment.
46:46Il n'y aura pas de scoop.
46:47Bon, Fabien Richard, votre livre autobiographique, fils de flic, il est publié chez Hello Édition et je le recommande.
46:53Il est en présence chez les bons libraires, j'imagine.
46:55Chez tous les bons libraires, sur toutes les plateformes culturelles.
46:58Bravo.
46:58Allez, c'est excellent, c'est l'émission qui crée le lien sur Sud Radio, c'est tous les dimanches
47:01à 19h.
47:02On se retrouve dès la semaine prochaine, sans oublier tous les samedis, vous le savez, à 13h30 pour Parlons Femmes.
47:06Merci à Juju, à la réalisation.
47:08Bisous, bisous, bye bye.
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