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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:00Actualité chargée, six jours après la disparition de la petite Liana, 11 ans, à Florence, dans le Gers.
00:00:06Vous l'avez vu, un corps a été retrouvé aujourd'hui dans un silo agricole, un corps portant des vêtements
00:00:11similaires à la petite Liana.
00:00:15Toute notre émission ce soir est dédiée à cette actualité qui bouleverse les Français.
00:00:19On se demandera ce soir comment la protection de l'enfance est devenue un tabou moral central en Occident,
00:00:24après une période notamment dans les années 60-70 où certains milieux intellectuels auraient cherché à remettre en cause les
00:00:32interdits traditionnels,
00:00:33y compris autour de la sexualité des mineurs, l'édito de Mathieu Bock-Côté.
00:00:39Michel Boiron, sexologue, est notre invité ce soir.
00:00:42Pourquoi nos enfants sont-ils autant sexualisés ? Pourquoi nos enfants sont-ils des proies pour ces prédateurs sexuels ?
00:00:49Comment l'expliquer ? Comment déceler le comportement d'un agresseur type sur un enfant prépubère ?
00:00:54Quelles sont les lésions typiques après viol sur mineurs ?
00:00:58Nous poserons toutes les questions à Michel Boiron ce soir.
00:01:01Grégory Turpin, chanteur, animateur sur Europe 1 de l'émission Coeurs et âmes,
00:01:07s'est confié pour la première fois lundi sur Europe 1 dans Christine Kelly et vous,
00:01:13après avoir subi des violences sexuelles lorsqu'il avait 11 ans, lui aussi.
00:01:17Il nous expliquera comment il est très difficile d'être entendu étant enfant et qu'il a dû mentir devant
00:01:24la violence du système qui se déployait devant lui.
00:01:27Revenir sur ses aveux de violence étant enfant, Grégory Turpin est avec nous dans Face à l'info ce soir.
00:01:35A travers l'affaire Liana, le problème principal n'est pas seulement celui d'un suspect,
00:01:40mais celui de défaillance institutionnelle dans la protection des mineurs.
00:01:44Il faudrait des réformes d'urgence concrètes, mesurables pour mieux protéger les enfants
00:01:49et restaurer la confiance des familles dans les institutions.
00:01:52Ce sera l'analyse de Michel Fayad ce soir.
00:01:55Un MeToo des enfants est peut-être devenu nécessaire, comme MeToo a libéré la parole des femmes.
00:02:02Il faudrait aujourd'hui placer au centre celle des mineurs, victimes de violences trop souvent réduites à des faits divers.
00:02:08Ces affaires révèlent des silences, des défaillances institutionnelles et une protection insuffisante de l'enfance.
00:02:15Une société se juge d'abord à sa capacité à protéger ses enfants.
00:02:19Faudrait-il donc un MeToo pour enfants ?
00:02:21L'analyse de Gabriel Cluzel ce soir.
00:02:25L'affaire Liana rappelle une réalité que plus personne ne peut ignorer notre justice et déborder.
00:02:32Des dossiers s'accumulent, des enquêtes prennent des mois, parfois des années,
00:02:37faute de magistrats, de greffiers, de moyens suffisants.
00:02:40Ce manque de ressources n'est pas une question administrative abstraite.
00:02:43Elle se répercute directement sur la sécurité des familles françaises.
00:02:48Quand la justice n'a plus les moyens d'agir à temps, ce sont nous, les citoyens,
00:02:52qui en payons le prix au quotidien, le décrépitage de Charlotte Dornelas.
00:02:57Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou ce soir.
00:03:14Une émission ce soir dédiée enterrement à l'affaire Liana.
00:03:20Un corps a été découvert, vraisemblablement celui de la petite Liana, 11 ans, disparue il y a six jours.
00:03:28Avant d'en parler avec nos éditorialistes et nos invités,
00:03:32souvenez-vous comment Homéra Célier, présidente de l'association Innocence en danger,
00:03:38nous disait comment, en France, on ne protège pas suffisamment nos enfants.
00:03:43La situation française est très particulière.
00:03:46C'est-à-dire ?
00:03:47C'est-à-dire qu'en France, on ne condamne pas, en France, on ne croit pas les enfants.
00:03:51En France, on voit les associations de protection des enfants comme des ennemis.
00:03:57On n'a pas ça dans d'autres pays.
00:03:59Très intéressant.
00:04:00Dans d'autres pays, nous avons des relations, je veux dire, on veut la même chose.
00:04:04Qui peut aujourd'hui oser dire qu'il est contre la protection des mineurs contre les violences sexuelles ?
00:04:11Je ne sais pas qui.
00:04:13Quand on ne condamne pas, quand on classe 84% des affaires de violences sexuelles sans suite,
00:04:19quand on ne croit pas les enfants, quand on condamne les médecins qui signalent,
00:04:24qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:04:25Partout, partout, on se tourne autour de moi, dans mon domaine,
00:04:30il faut se battre pour chaque millimètre qu'on gagne.
00:04:34Les parents de la petite Liana ont communiqué en disant que maintenant le temps est au recueillement
00:04:40et au deuil.
00:04:41On va prendre un peu de hauteur tout en analysant effectivement ce qui se passe avec les dernières informations
00:04:46avant de discuter avec Michel Boiron, notre invité, Grégory Turpin également.
00:04:52Mathieu Bocoté, la question de la sexualisation des enfants n'est pas nouvelle,
00:04:56mais elle prend aujourd'hui une dimension particulière.
00:04:59à la lumière du sort de la petite Liana, à la lumière du périscolaire parisien,
00:05:05à la lumière de l'affaire Epstein également, qu'on ne devrait pas oublier.
00:05:09Comment le regard sur l'enfant s'est-il transformé en 50 ans ?
00:05:15Comment on peut comprendre ce qui nous arrive aujourd'hui ?
00:05:18Je précise que l'édito, je l'ai écrit avant qu'on apprenne la mort de la petite Liana.
00:05:22On s'en doutait en quelque sorte, mais je l'ai écrit en ayant en esprit qu'il faut penser
00:05:26au-delà de l'horreur
00:05:28du sentiment atroce que nous avons devant la mort de la jeune Liana.
00:05:32Et ce que j'ai cherché à comprendre, c'est comment la sensibilité, le rapport en fait,
00:05:37non seulement à la sexualité des enfants, mais plus largement,
00:05:39toute une forme d'éthique sociale, de rapport au monde d'anthropologie,
00:05:43s'est inversée sur une cinquantaine d'années dans le rapport aux enfants
00:05:46et comment nous ne sommes pas toujours conscients de l'ampleur de cette inversion.
00:05:50Alors, le point de départ, évidemment, on pourrait dire,
00:05:53c'est qu'aujourd'hui, dans le monde qui est le nôtre,
00:05:55officiellement, dans la morale publique officielle,
00:05:58la pureté de la protection de l'enfance est censée être le point de référence absolu.
00:06:03La pédophilie est vue comme le crime des crimes des crimes des crimes avec raison.
00:06:07De notre point de vue, aujourd'hui, on a l'impression que s'il y a un ultime tabou
00:06:11dans un monde qui a dérégulé l'ensemble des mœurs,
00:06:13dans un monde qui a fait tomber l'ensemble des interdits qui relèvent de l'intime,
00:06:18s'il reste un interdit, si on a constitué un interdit absolu,
00:06:22c'est la protection de l'enfance, à tout le moins dans notre échelle morale.
00:06:25Reste à voir si on est fidèle à cette échelle morale dans l'organisation de la société.
00:06:29Mais on pourrait dire, donc, qu'on revient de loin.
00:06:32On revient de loin parce que la séquence des années 60-70 et plus 70-60
00:06:38a laissé des traces dans l'ensemble de nos sociétés bien davantage qu'on ne le croit.
00:06:43Alors, le point de départ, et là je vais dire un fait horrible, mais qu'on ne doit pas oublier,
00:06:48que l'enfant a été objet de désir dans toutes les civilisations,
00:06:52dans toutes les époques, est une constante.
00:06:54C'est un fait, c'est un fait tragique.
00:06:57Par ailleurs, c'est un fait qui a généralement été considéré comme pathologique.
00:07:00C'est-à-dire, nous savions que celui qui désirait un enfant,
00:07:04ensuite l'enfance commençait pas toujours au même âge d'un pays à l'autre, d'une époque à l
00:07:07'autre.
00:07:07Il ne faut pas l'oublier.
00:07:08Mais globalement, le fait de désirer un enfant a toujours été considéré,
00:07:12de s'en prendre à lui, comme la chose la plus atroce qui soit.
00:07:16Par ailleurs, une civilisation qui normaliserait la sexualité des enfants pour s'en emparer,
00:07:21on peut penser à ce qui se passe avec les bachabazis en Afghanistan,
00:07:24c'est la marque distinctive pour nous d'une civilisation souillée.
00:07:28On le sait, qu'est-ce que c'est les bachabazis?
00:07:30C'est le rapport à la femme est tellement trouble dans une partie de l'Afghanistan
00:07:33qu'on essaie de déguiser des jeunes hommes, des garçons de 5-6 ans.
00:07:38On les déguise, on les féminise, on les transforme en objets sexuels
00:07:41et ils sont placés au cœur de fêtes communautaires dont ils deviennent finalement les victimes
00:07:46à cause du rapport trouble à la sexualité dans cette société.
00:07:50Mais quoi qu'il en soit, en Occident, jusqu'aux années 60-70,
00:07:53on était, de notre point de vue, plutôt normaux.
00:07:54Nous savions qu'il y avait un interdit par rapport à l'enfance.
00:07:58Nous savions, par ailleurs, il existe, il y a toujours eu la figure de l'ogre,
00:08:00l'ogre qui s'empare de l'enfant, l'ogre qui s'empare du bébé.
00:08:04Mais nous savions qu'il y avait des interdits.
00:08:05La séquence 60-70, c'est l'époque de la grande déconstruction
00:08:08de tous les interdits moraux, anthropologiques, sexuels,
00:08:12au nom d'une forme de décolonisation de l'existence.
00:08:15Les interdits doivent tomber, il est interdit d'interdire,
00:08:18il faut faire tomber la vieille morale, il faut faire tomber la vieille anthropologie,
00:08:21il faut permettre aux enfants de défaire la braguette des personnes
00:08:26pour qu'ils puissent chatouiller leur intimité,
00:08:27puis après ça, ne jamais avoir à s'en excuser.
00:08:30C'est une époque où il fallait déconstruire tout,
00:08:33et le point d'aboutissement de cette déconstruction, bien évidemment,
00:08:36c'était l'enfant.
00:08:37Qu'est-ce qu'on fait avec l'enfant à travers cela?
00:08:39Est-ce que l'enfant est un être sexualisé aussi?
00:08:41Est-ce que c'est un être sexué?
00:08:42Est-ce qu'il est possible, finalement, d'intégrer l'enfant
00:08:45dans le domaine de la sexualité ordinaire?
00:08:47Une partie des milieux intellectuels, et là, j'insiste,
00:08:50sur cette époque, on dit souvent, les années 60-70,
00:08:52il y a une banalisation de la pédophilie,
00:08:53on est sans, c'est dans les milieux intellectuels.
00:08:55Le commun des mortels, si vous expliquiez à mon père,
00:08:57en 1973, en 75, en 77,
00:09:00qu'il était normal de coucher avec un petit garçon,
00:09:02ou avec une petite fille, probablement qu'il vous aurait pété la gueule,
00:09:04et puis probablement que c'est votre père aussi, et ainsi de suite.
00:09:07Mais dans un petit milieu qui n'était pas que parisien,
00:09:10mais qui était la marque distinctive des métropoles progressistes d'Occident,
00:09:15cette idée de l'enfant comme objet sexuel,
00:09:17qu'il est légitime d'intégrer dans le domaine de la sexualité de plaisir,
00:09:21c'est une idée qui a véritablement marqué ces années.
00:09:23Au point où, quand des gens étaient poursuivis devant les tribunaux,
00:09:27on le sait aussi, les fameuses pétitions,
00:09:29la fin des années 70,
00:09:30poursuivis devant les tribunaux pour avoir eu une agression sexuelle
00:09:34pour les enfants, pour viol d'enfants,
00:09:35on trouvait des intellectuels pour dire,
00:09:37en fait, ce sont des hommes persécutés par la vieille morale,
00:09:40encore encodée dans le droit.
00:09:42« Nous devons libérer les enfants du joug des adultes.
00:09:46Nous devons libérer les enfants du joug de la morale sexuelle des adultes.
00:09:49Eux aussi ont droit au plaisir, disait-on à l'époque.
00:09:52Comment ne pas voir que plusieurs, à travers ça,
00:09:54réclamaient le droit de prendre leur plaisir avec les enfants, surtout. »
00:09:58Alors, c'est un petit milieu, c'est un petit milieu décadent.
00:10:00Au début des années 80, il y a une forme de retournement.
00:10:02Plusieurs se disent, mais dans quoi sommes-nous tombés?
00:10:06Mais quelle était cette inversion généralisée que nous avons normalisée?
00:10:10C'était quoi cette idée qu'il fallait tout déconstruire?
00:10:13Et à partir du début des années 80, 90, plus encore,
00:10:16là, on reconstitue l'interdit de la pédophilie.
00:10:20On la reconstitue formellement, officiellement, dans la morale officielle.
00:10:23Mais, mais j'y reviens, c'est la séquence des années 70 a laissé des traces.
00:10:30Et ces traces, nous ne les nommons pas comme telles,
00:10:32mais la culture a depuis intégré une forme de sexualisation de l'enfance
00:10:35qui fait partie encore aujourd'hui de notre quotidien.
00:10:39L'exploitation sexuelle des enfants existe encore, Mathieu Bocoté.
00:10:42On découvre qu'elle est au cœur de nos sociétés.
00:10:45Sommes-nous conscients de l'ampleur de ce phénomène?
00:10:47Alors, comme plusieurs, comme tant d'autres,
00:10:49longtemps, j'ai cru que c'était un phénomène assez marginal.
00:10:51C'est-à-dire, je me disais, bon, il y a des types louches,
00:10:54il y a des types dégueulasses, il y a des violeurs dans la grange,
00:10:57j'en sais rien, je me disais, ça existait et c'était marginal.
00:11:00Puis quand on entendait la formule, le réseau pédophile,
00:11:02ou pédophilie organisée, on disait spontanément,
00:11:04ça, c'est un machine complotiste.
00:11:06Puis à un moment donné, on se met à réfléchir un peu à la chose
00:11:08et sans céder sur, comme je ne sais quelle,
00:11:10théorie globale sur l'organisation du monde,
00:11:12on pourrait dire que, par définition,
00:11:15la pédophilie est une sexualité
00:11:16qui a besoin de réseaux organisés.
00:11:18Pourquoi? Sauf dans les cas de viols de famille
00:11:21ou ainsi de suite, qui sont déjà atroces en eux-mêmes.
00:11:23C'est une sexualité perverse.
00:11:24C'est une sexualité qui n'est pas admise.
00:11:26C'est une sexualité qui est condamnée socialement.
00:11:28Donc, vous ne pouvez la vivre que clandestinement.
00:11:31Dès lors, si on laisse de côté, encore une fois,
00:11:33le violeur de garage, pour avoir accès à des films,
00:11:36pour avoir accès à des réseaux qui vous permettent
00:11:38de vous livrer à votre abjection, à votre perversion,
00:11:41vous devez organiser minimalement un monde parallèle
00:11:44où des gens qui se définissent par ce désir
00:11:47de conquérir, de s'emparer des enfants,
00:11:49vous devez organiser des réseaux parallèles
00:11:51où il est possible de se livrer à cela.
00:11:54On constate, par ailleurs, avec Internet,
00:11:56ça, c'est une banalité que je veux dire,
00:11:57mais on a vu à quel point Internet a été capable
00:12:00de fouiller vraiment dans les fonds les plus abjects
00:12:03de l'imaginaire sexuel humain.
00:12:05Les désirs de bestialité, les désirs d'humiliation,
00:12:07les désirs de torture, les désirs de souillés, en fait.
00:12:11Et je pense que Charlotte nous faisait souvent
00:12:15des éditions sur Coco, je crois, le site,
00:12:17où il suffit de s'inscrire avec un faux conte
00:12:19de jeune fille, puis au bout de quelques minutes,
00:12:21il y a une armée de fous furieux qui sont là sur le mode
00:12:24« Jeune fille, nous pourrions nous rencontrer,
00:12:26jeune garçon, nous pourrions nous rencontrer.
00:12:27Donc, manifestement, il y a un désir qui s'exprime
00:12:30à travers cela. Quelle est la nature de ce désir?
00:12:31Je pense qu'on va y revenir dans un instant.
00:12:34Mais moi, je ne peux m'empêcher d'y voir.
00:12:36Un désir de salir, un désir de marquer à jamais,
00:12:39un désir de laisser une trace, un désir de s'emparer
00:12:41de ce qui n'a jamais été touché.
00:12:43Il y a quelque chose qui relève de l'authentique,
00:12:45en fait, de la perversion la pure.
00:12:47Une âme est jeune, un corps est jeune.
00:12:49Eh bien, nous allons y emparer la première marque,
00:12:51la dernière marque, ce sera moi qui la posera
00:12:53sur cette personne, cette jeune fille,
00:12:54ce jeune garçon.
00:12:55Donc, il y a une volonté, véritablement,
00:12:57de souiller à jamais.
00:12:59Par ailleurs, j'ajoute deux ou trois éléments.
00:13:01L'affaire du périscolaire parisien nous rappelle une chose.
00:13:04Cela, ces réseaux ne sont pas organisés
00:13:06à la périphérie lointaine de je ne sais quelle
00:13:08campagne introuvable.
00:13:10Manifestement, à l'intérieur même de nos sociétés,
00:13:12les lieux où il y a concentration d'enfants
00:13:14attirent manifestement des gens qui sont portés vers cela
00:13:16et qui savent s'organiser.
00:13:18L'affaire Epstein nous a par ailleurs rappelé
00:13:20qu'il s'agit aussi d'une pathologie qui existe
00:13:23au sommet de la société.
00:13:24Pas pour l'ensemble du sommet de la société.
00:13:26Mais dans l'affaire Epstein, qu'est-ce qu'on voyait?
00:13:28On voyait des gens que la consommation de jeunes filles
00:13:31issues de milieux populaires, qui étaient sur le mode
00:13:34du quasi-esclavage sexuel, du réseau de prostitution
00:13:36qui ne disait pas son nom, eh bien, ça existait aussi
00:13:39au sommet de la société, presque à la manière
00:13:41d'un rituel d'initiation en certains milieux.
00:13:45Élargissons le regard sur deux autres dimensions
00:13:47qui me semblent importantes à propos de cela.
00:13:49L'industrie de la mode.
00:13:50Moi, ça m'a frappé toujours, c'était plus dans les années
00:13:532000 et 2010 qu'aujourd'hui, mais c'est encore vrai.
00:13:56Le type de mannequin, on nous présentait,
00:13:58censé représenter une femme de 18, 19, 20 ans,
00:14:01on nous présentait dans les faits une jeune fille
00:14:02qui avait 13, 14, 15 ans.
00:14:04Donc, des corps qui n'étaient pas encore formés,
00:14:07des corps d'enfants censés représenter
00:14:08des femmes dans le mannequinat.
00:14:11Il y avait à travers cela, quoi qu'on en dise,
00:14:13une manière de jouer dans l'imaginaire des gens,
00:14:15de provoquer le désir autour du corps non formé
00:14:19de l'enfant qui devenait la norme de l'adulte.
00:14:22L'industrie de la mode, de ce produit, a fait un travail,
00:14:25je pense, assez destructeur sur l'imaginaire collectif
00:14:27en normalisant l'idée du désir pour l'enfant
00:14:29qui se faisait passer, ou de l'adolescent
00:14:31qui se faisait passer pour l'adulte.
00:14:33Puis, de la même manière, ces dernières années,
00:14:34je ne sais pas si vous en avez des souvenirs,
00:14:35on en a parlé au 2021-2022, c'est moi à la mode aujourd'hui,
00:14:39les enfants drag queens.
00:14:40Vous vous souvenez de cette séquence
00:14:41où on transformait les enfants en bêtes de foire,
00:14:44en enfants cobayes, on les transformait en bêtes de désir,
00:14:47apparemment, ou encore une fois,
00:14:48c'est la même séquence des années 70 sur le plan idéologique,
00:14:50pour déconstruire les vieilles valeurs,
00:14:52déconstruire les vieilles normes,
00:14:54décoloniser la société de la morale chrétienne.
00:14:56Il fallait affranchir l'enfant des normes sexuelles
00:14:58et lui permettre de vivre dans la transgression
00:15:01de tous les interdits du monde officiel des adultes.
00:15:03Puis, combien d'enfants ont été transformés en cobayes
00:15:06sur le mode de petits-enfants drag queens,
00:15:09mis de l'avant à la télévision,
00:15:10mis de l'avant dans la culture publique,
00:15:11mis de l'avant dans les institutions.
00:15:13De ce point de vue, c'était aussi le visage
00:15:14de la sexualisation de l'enfance.
00:15:16Dans un instant, on aura le témoignage de Grégory Turpin,
00:15:19qui nous racontera comment, lui,
00:15:21il a vécu ces violences
00:15:23et il ose en parler aujourd'hui avec difficulté,
00:15:26mais il nous parlera
00:15:27et son témoignage sera édifiant.
00:15:29N'est-ce pas, Mathieu Bocoté,
00:15:31plus largement, notre rapport à l'enfance,
00:15:33qui devrait être totalement revisité ?
00:15:35Oui, oui, absolument.
00:15:37Je me détache un instant de la seule question
00:15:40du désir de la pédophilie seulement.
00:15:42Je pense, ou de la sexualité,
00:15:44la question, c'est qu'est-ce qu'un mineur aujourd'hui ?
00:15:46Je pense que cette question ne va plus de soi.
00:15:48Je pense qu'un mineur, d'une société à l'autre,
00:15:50d'une civilisation à l'autre,
00:15:50ce n'est pas la même chose.
00:15:52Quand on parle, par exemple,
00:15:55je bascule sur nos sujets plus habituels,
00:15:57les mineurs non accompagnés,
00:15:58de quoi parle-t-on exactement ?
00:16:00Ce sont vraiment des mineurs, quelquefois.
00:16:02Quand on parle des enfants soldats,
00:16:04on en parlait en Afrique il y a des années,
00:16:06mais quand on parle des enfants soldats,
00:16:07des cartels aujourd'hui,
00:16:08quand les différents dealers utilisent des enfants
00:16:10de 10, 11, 12 ans,
00:16:12les transforment en soldats pour leur cause,
00:16:14pour leur entreprise criminelle,
00:16:16est-ce qu'il n'y a pas un rapport à l'enfance,
00:16:17un rapport aux mineurs qui a changé à travers cela ?
00:16:19Quand on voit la violence ordinaire,
00:16:21je crois que Charlotte va aborder la question tantôt,
00:16:23du fait de la violence de mineurs sur mineurs
00:16:25et violence sexuelle de mineurs sur mineurs,
00:16:28il y a quelque chose dans notre rapport à l'enfance
00:16:29qui est complètement déconnecté
00:16:31de nos représentations traditionnelles
00:16:32de ce qu'est un enfant,
00:16:33de ce qu'est un ado,
00:16:34de ce qu'est un adulte.
00:16:35Donc, il y a une forme de mise à jour nécessaire
00:16:37des effets de la révolution anthropologique,
00:16:40sociologique, symbolique et culturelle
00:16:41que nous avons connue depuis 40, 50, 60 ans.
00:16:44Je pense que l'heure est venue depuis longtemps
00:16:48de faire cette mise à jour,
00:16:49mais un événement comme ça aujourd'hui,
00:16:50des événements comme ceux-là,
00:16:52la dernière séquence des derniers mois,
00:16:53nous oblige probablement à mettre à jour
00:16:55notre rapport aux mineurs,
00:16:57tout en sachant que manifestement,
00:16:58pour l'instant, nous les abandonnons,
00:16:59nous les sacrifions souvent.
00:17:01Merci pour votre regard.
00:17:03Effectivement, lorsqu'on voit qu'à plusieurs reprises,
00:17:05on a entendu politique ou bien des journalistes
00:17:10à définir l'IANA d'adolescente ou de jeune fille.
00:17:14Ça peut être très choquant.
00:17:15Michel Boyon, vous êtes sexologue.
00:17:18Merci infiniment d'être sur notre plateau ce soir.
00:17:20Je vous ai rencontré il y a plus de 15 ans.
00:17:23On a travaillé ensemble avec mon association
00:17:25qui est des familles monoparentales,
00:17:27des familles en détresse vis-à-vis de leurs enfants.
00:17:30Et vous me disiez à l'époque
00:17:31qu'en moyenne, à 8 ans,
00:17:34un enfant avait vu une image pornographique.
00:17:37Qu'en est-il aujourd'hui ?
00:17:39Quel est l'état de la destruction
00:17:41de la sexualité des enfants ?
00:17:43Vous qui êtes sexologue.
00:17:45Je ne vois pas particulièrement les enfants,
00:17:48mais j'entends beaucoup les mamans.
00:17:50Aujourd'hui, entre la réalité
00:17:53et le monde des réseaux et de tout ça,
00:17:57les enfants sont un peu perdus
00:17:59parce qu'il y a une surexposition
00:18:01d'images, de confusion entre eux.
00:18:06Parce que cette période à 10-11 ans,
00:18:08c'est quand même la pré-adolescence.
00:18:10Alors elles ne sont pas toutes,
00:18:11je ne sais pas d'ailleurs si cette petite fille,
00:18:14parce que comme vous dites,
00:18:15est-ce qu'on l'appelle une petite fille
00:18:16ou une jeune fille ?
00:18:17Est-ce qu'elle est pré-ado, ado ?
00:18:19Comment vous l'appelez, vous ?
00:18:20Ça dépend...
00:18:21Enfin, selon l'âge.
00:18:2311 ans à 11 ans, une fille.
00:18:26Les jeunes filles ont de plus en plus
00:18:28leur règle tôt.
00:18:29C'est ça quand même qui signe l'adolescence.
00:18:30Donc, 11 ans, 12 ans, 10 ans,
00:18:34ça change quand même pour le prédateur.
00:18:37Ça veut dire que si elle est une jeune fille,
00:18:40ça veut dire que si elle a eu ses premières règles,
00:18:43ce n'est pas de la pédophilie,
00:18:45elle est jeune fille.
00:18:47Pardon, pour moi, 11 ans, c'est une enfant.
00:18:49Pour moi, 11 ans, règle ou pareil,
00:18:51c'est une enfant.
00:18:51Alors, si c'est une enfant, évidemment,
00:18:53on avait aussi fait sur le consentement des enfants.
00:18:58Ça a beaucoup fait parler, le consentement.
00:19:00Mais là, ce qu'il y a, je crois,
00:19:02c'est que les enfants sont baignés
00:19:03dans une atmosphère sexuée, sexuelle,
00:19:07de représentation des corps,
00:19:09sans arrêt sur...
00:19:10Ils ont ces réseaux,
00:19:12ils échangent des images.
00:19:14Et la banalisation de l'exposition au porno,
00:19:18enfin, il n'y a pas longtemps,
00:19:20une jeune fille de 13 ans,
00:19:22elle avait 13 ans,
00:19:23qui avait eu un gros problème à l'école
00:19:27où on avait mis...
00:19:29qu'elle avait sucé la bite de je-sais-pas-qui,
00:19:31enfin, d'un enfant.
00:19:32J'avais reçu la maman,
00:19:34et c'était épouvantable.
00:19:36Et la jeune fille l'avait reçue,
00:19:38et elle m'avait dit,
00:19:39mais enfin, madame,
00:19:41tout le monde regarde du porno,
00:19:43filles comme garçons.
00:19:43Parce que la banalité, là,
00:19:45comme maintenant,
00:19:46c'est quand même que les filles
00:19:51singent les garçons aussi.
00:19:52c'est-à-dire que ce qui était vraiment réservé
00:19:54aux garçons,
00:19:55c'est-à-dire les hommes sont visuels,
00:19:57enfin, les hommes et même les garçons,
00:19:59alors que les filles sont contextuelles.
00:20:01C'est-à-dire qu'une petite fille,
00:20:02il fallait, je ne sais pas,
00:20:02lui acheter une glace,
00:20:04l'emmener faire un tour dans un jardin.
00:20:07Là, elles ont pris un mode,
00:20:09et ça, c'est aussi...
00:20:10Moi, je suis très en colère
00:20:12sur cette histoire de genre et tout,
00:20:13de niveler homme-femme-fille-garçon.
00:20:16Non, ce n'est pas vrai.
00:20:18On est différents.
00:20:19Et aujourd'hui,
00:20:20les petites filles,
00:20:21elles sont...
00:20:23Elles ont malheureusement...
00:20:24Elles sont exposées
00:20:25et les parents sont dépassés, débordés.
00:20:28Mais enfin, là,
00:20:28dans le cas de cette petite fille,
00:20:30là, ce qui est terrible,
00:20:31c'est que c'est la promiscuité.
00:20:32Parce que le mode opératoire
00:20:37de cet homme-là,
00:20:39il joue sur la proximité.
00:20:41Donc, ça baisse la vigilance.
00:20:42La soirée pyjama,
00:20:44ça baisse la vigilance.
00:20:45Et pourtant, les parents étaient vigilants
00:20:48en interrogeant leur enfant.
00:20:51Comment est-ce qu'on peut être vigilant,
00:20:53justement, par rapport à une soirée pyjama ?
00:20:55Tous les parents...
00:20:56C'est souvent...
00:20:57... font face aux soirées pyjamas.
00:21:00Oui, alors...
00:21:00Vous qui êtes sexologue,
00:21:01quel conseil vous donnez, peut-être,
00:21:03aux familles ?
00:21:05C'est-à-dire que la soirée pyjama,
00:21:07effectivement,
00:21:07il faut savoir qui est là,
00:21:09s'il y a...
00:21:11J'allais dire un adulte.
00:21:12Parce qu'il y a aussi ces jeunes hommes
00:21:15ou ces jeunes filles
00:21:16à qui on laisse des enfants
00:21:17qu'on 16-17 ans
00:21:18et qui ne seront pas des violeurs
00:21:22ou des tout,
00:21:22mais qui sont curieux
00:21:23et qui peuvent aussi simplement
00:21:26regarder ou profiter
00:21:27de cette soirée,
00:21:29s'approcher, etc.
00:21:29Là, il faut absolument savoir
00:21:33à qui on laisse ces enfants
00:21:34et surtout, ce qui est très grave,
00:21:36c'est que c'est ceux
00:21:37qui sont à proximité
00:21:38parce que celui qui agit
00:21:40sur un enfant comme ça
00:21:41de manière pulsionnelle
00:21:43dans le métro,
00:21:44dans un ascenseur et tout,
00:21:46ce n'est pas du tout la même chose.
00:21:47Là, il y a quelqu'un
00:21:49qui connaît la personne.
00:21:53Alors, pour suivre vos propos
00:21:54et puis ceux de Mathieu aussi,
00:21:58il y a une chose, moi,
00:21:59qui m'offusque depuis des années,
00:22:01c'est comment les petites filles
00:22:04en particulier,
00:22:05dès l'âge de 5 ans, 6 ans,
00:22:07on les voit se maquiller,
00:22:10on organise des concours,
00:22:12c'est-à-dire que très tôt,
00:22:14ces petits bouts de chou,
00:22:15on les met dans une situation
00:22:17de sexualisation,
00:22:19c'est-à-dire qu'elles doivent
00:22:21incarner un certain désir
00:22:24et là, il y a un mimétisme pervers
00:22:27qui est terrifiant.
00:22:28Moi, ça fait des années,
00:22:29enfin, depuis que j'ai d'autant plus
00:22:31fait attention aux enfants
00:22:33que j'avais mes deux filles
00:22:35et je n'arrivais pas à comprendre.
00:22:38Et puis après,
00:22:39sur ces fameuses soirées pyjamas,
00:22:42moi, j'ai interdit les soirées pyjamas.
00:22:44Je ne comprenais pas.
00:22:45Je pense aussi que quand on a
00:22:47des enfants qui ont 8 ans,
00:22:4910 ans, chacun est chez soi,
00:22:51il peut y avoir des réunions,
00:22:52mais ça va même plus loin que ça.
00:22:54C'est que, là,
00:22:55on parle de la sexualité,
00:22:57mais dans ces instants-là,
00:22:59on donne du faux alcool
00:23:02aux enfants.
00:23:03On leur donne des cigarettes
00:23:04en chocolat.
00:23:05C'est-à-dire que constamment,
00:23:07on sort l'enfant
00:23:09de sa petite bulle,
00:23:11on le sort de son imaginaire
00:23:13et au contraire,
00:23:14on attise en lui
00:23:15les choses les plus délétères
00:23:17qui puissent déjà
00:23:19les habiter.
00:23:21Il faut plaire
00:23:22et plaire aux plus grands
00:23:23parce que c'est ça.
00:23:24Les parents s'extasient,
00:23:26mais comme tu es mignonne,
00:23:27on dirait une grande fille.
00:23:29Qu'est-ce que vous conseillez,
00:23:31Michel Boiron,
00:23:32en tant que sexuologue,
00:23:33justement aux parents,
00:23:34de refuser cette sexualisation
00:23:36des enfants trop tôt ?
00:23:37Il y a quelque chose,
00:23:38peut-être,
00:23:39je ne suis pas là pour ça,
00:23:40mais il faudrait quand même
00:23:40peut-être lire Freud
00:23:41parce qu'il y a toujours
00:23:42cette ambiguïté.
00:23:43entre 3 ans et 6 ans,
00:23:45les enfants sont très sexués.
00:23:48Freud disait
00:23:48l'enfant est un pervers polymorphe.
00:23:50Alors tout le monde
00:23:50s'est heurté
00:23:52à cette définition.
00:23:54Mais moi,
00:23:54quand je vois des adultes
00:23:55qui ont des comportements
00:23:57sexuels,
00:23:58beaucoup se sont instaurés,
00:24:00se sont initiés
00:24:01dans ces âges-là.
00:24:033 ans,
00:24:04les frottements,
00:24:04les choses où les petites filles
00:24:06sont sur les genoux
00:24:08avec un parent tout à fait normal,
00:24:10pas du tout un parent
00:24:11qui serait un peu pervers
00:24:13ou autre chose.
00:24:14Et donc là,
00:24:15c'est des enfants.
00:24:163-6 ans,
00:24:17le corps est très sensible.
00:24:21Moi, je parle de chatouille.
00:24:23D'ailleurs,
00:24:23un jour,
00:24:23on m'a interrogé
00:24:23sur la chatouille.
00:24:24Ah oui,
00:24:25un enfant de 5 ans,
00:24:27si on le fait sauter
00:24:28sur les genoux,
00:24:29non,
00:24:29il n'a pas de choses sexuelles,
00:24:31mais il a des choses bizarres.
00:24:33Alors ces choses bizarres,
00:24:34qu'est-ce qu'il en fait ?
00:24:35Et personne ne met
00:24:36deux mots dessus.
00:24:37Ça veut dire qu'après,
00:24:38peut-être la petite fille,
00:24:39elle va dans son lit,
00:24:40elle met un oreiller,
00:24:42elle met sa poupée.
00:24:43Il y a des choses
00:24:44qui s'initient.
00:24:45Et ça,
00:24:45on n'en parle pas.
00:24:46Et ces choses
00:24:47qui s'initient,
00:24:48elles changent après.
00:24:49Il y a la période
00:24:49de latence après
00:24:50où il n'y a plus rien.
00:24:51Et vers 10-11 ans,
00:24:52il y a tout qui se réveille.
00:24:54Et donc,
00:24:55si on n'informe pas
00:24:56ce qui se passe
00:24:57dans le corps des enfants,
00:24:58est-ce que la maman
00:25:01peut le faire ?
00:25:03Il faut former les mères,
00:25:04ce n'est pas à l'école.
00:25:05C'est-à-dire qu'il y a tout
00:25:06qui se réveille,
00:25:07mais il y a un rôle
00:25:07de responsabilité des adultes
00:25:10par rapport à ce qui reste
00:25:11un enfant.
00:25:12Merci beaucoup.
00:25:12Mais de reconnaître
00:25:14l'état dans lequel
00:25:15est l'enfant,
00:25:16et ça,
00:25:17on ne le reconnaît pas.
00:25:18Et les prédateurs,
00:25:20eux,
00:25:21s'en servent.
00:25:23C'est épouvantable.
00:25:25Merci beaucoup
00:25:25d'avoir été avec nous.
00:25:27Florian,
00:25:28on vous raccompagne.
00:25:28Michel Fayad
00:25:29prend votre place.
00:25:30On parle.
00:25:31Merci infiniment
00:25:32pour votre regard
00:25:32en tant que sexologue.
00:25:33Dans un instant,
00:25:34on aura le témoignage
00:25:35de Gengory Turpin.
00:25:36Vous qui avez osé,
00:25:37il y a peu de temps,
00:25:38témoigné de ce que
00:25:40vous avez vécu
00:25:41lorsque vous aviez
00:25:42aussi l'âge de Liana.
00:25:43Vous avez...
00:25:46Vous êtes livré.
00:25:48Et finalement,
00:25:48vous avez fait marche arrière
00:25:50par rapport à la puissance
00:25:51du système.
00:25:52On en parle dans un instant.
00:25:53Charlotte Dornelas,
00:25:54on parle avec vous
00:25:55aussi dans un instant
00:25:56du fait que ça aurait pu
00:25:57être évité ce soir,
00:25:59émotion et colère,
00:26:00parce que ça aurait pu
00:26:01être évité.
00:26:03Gabriel Cluzel,
00:26:05d'abord,
00:26:05est-ce qu'il faut un
00:26:06MeToo pour les enfants
00:26:08à la lumière de ce
00:26:09qu'on vient d'entendre
00:26:10avec notamment
00:26:10Michel Boiron ?
00:26:12C'est la question
00:26:14qu'on va se poser ce soir.
00:26:15Je vous propose
00:26:15de regarder d'abord
00:26:16le communiqué des parents
00:26:18qui rappellent
00:26:19que le temps
00:26:19est au recueillement.
00:26:22En ce moment,
00:26:23les parents
00:26:23de la petite Liana,
00:26:25même si l'autopsie
00:26:26n'a pas encore eu lieu,
00:26:27même si le corps
00:26:28n'a pas encore été
00:26:29réellement authentifié,
00:26:31les parents
00:26:32se sont exprimés
00:26:33pour déclarer
00:26:34que le temps
00:26:35est au recueillement.
00:26:37C'est un drame terrible,
00:26:39un drame d'autant plus terrible
00:26:40que l'on apprend
00:26:40que l'individu suspect
00:26:41avait été signalé,
00:26:43dénoncé plusieurs fois
00:26:44avec la tristesse
00:26:45et il y a la colère,
00:26:47je le disais.
00:26:48Est-ce qu'il faudrait
00:26:49là lancer
00:26:51un MeToo
00:26:52pour enfants ?
00:26:53Gabriel Cluzel.
00:26:54Non, mais c'est vraiment
00:26:55la question.
00:26:57Une partie de la question,
00:26:58ce soir,
00:26:59toutes les mères
00:27:00et tous les pères
00:27:01et même tous les Français
00:27:01du reste,
00:27:02parents ou non,
00:27:02ont le cœur bouleversé
00:27:03mais révoltés aussi
00:27:05parce que quand ces individus
00:27:06n'ont pas été détectés,
00:27:07quand ce sont des primo-délinquants,
00:27:09on est tristes
00:27:10mais on se dit
00:27:10que c'est la fatalité,
00:27:12là ce n'est pas le cas.
00:27:14Un lycée l'avait même écarté
00:27:15de son poste d'agent d'entretien
00:27:17pour ses désagissements suspects
00:27:20donc on suit,
00:27:21c'est vrai,
00:27:21les recherches,
00:27:22moi je veux qu'on s'arrête
00:27:23un instant sur les parents,
00:27:25imaginez la douleur,
00:27:26c'est très dur
00:27:27de perdre un enfant
00:27:28mais quand on l'a perdu
00:27:29dans ces circonstances,
00:27:30on ne sait pas où il est,
00:27:31on ne sait pas s'il a eu peur,
00:27:32on ne sait pas s'il a souffert,
00:27:33on ne sait pas s'il est encore en vie
00:27:34et ça c'est absolument épouvantable
00:27:37et puis il y a un sentiment
00:27:40de culpabilité absolument irrationnel
00:27:42mais c'est ainsi,
00:27:43des parents sont là
00:27:44pour protéger leurs enfants
00:27:45et ils se disent toujours
00:27:46qu'est-ce que j'aurais dû faire,
00:27:46pas faire,
00:27:47même s'ils les ont mis en garde,
00:27:48en l'occurrence je crois
00:27:49que c'est le cas,
00:27:50et bien il y a ce sentiment
00:27:51donc c'est vraiment
00:27:52une double peine,
00:27:53on imagine les heures terribles
00:27:54actuellement,
00:27:55qui s'écoulent
00:27:56durant l'identification
00:27:57et je pense que c'est important
00:27:58de penser à eux
00:28:00et c'est vrai que ce drame terrible
00:28:01concomitant au périscolaire parisien,
00:28:04même si ce n'est pas évidemment
00:28:05les mêmes circonstances,
00:28:06la même gravité mortelle,
00:28:09cela commence à faire beaucoup,
00:28:11non,
00:28:11je pense que beaucoup de Français
00:28:12se disent ça,
00:28:14qui va protéger nos enfants,
00:28:15qui va sortir dans la rue
00:28:16manifester,
00:28:17il y a un MeToo
00:28:18pour protéger les femmes
00:28:19et je remarque qu'il n'y a pas
00:28:20de MeToo pour protéger
00:28:20les petites filles,
00:28:21pourtant elles sont encore
00:28:22plus vulnérables,
00:28:23merci de tous les prédateurs,
00:28:26on va dire qu'elles sont
00:28:27plus vulnérables
00:28:28que des actrices par exemple,
00:28:29certes à plaindre
00:28:31et parfois sous empruse
00:28:32mais qui sont néanmoins adultes,
00:28:34là c'est vraiment
00:28:34des petites filles
00:28:36et c'est un peu comme
00:28:38les dames âgées d'ailleurs,
00:28:39j'ai remarqué
00:28:39qu'elles sont écartées
00:28:40du champ de la féminité
00:28:41comme si elles n'étaient pas
00:28:42des femmes,
00:28:43on ne s'en occupe pas,
00:28:45les mouvements MeToo
00:28:46ne les concernent pas
00:28:48et MeToo ou pas MeToo,
00:28:50on peut être d'accord
00:28:50ou pas d'accord sur le mot
00:28:51mais néanmoins,
00:28:52au vu du nombre
00:28:53de victimes présumées,
00:28:55le simple cas
00:28:55du périscolaire parisien
00:28:57aurait dû susciter
00:28:59une révolte dans la rue
00:29:01ou en tout cas
00:29:01des manifestations dans la rue
00:29:02et un plan Marshall
00:29:03de protection de l'enfance.
00:29:05On nous explique
00:29:06que la justice est débordée,
00:29:07on en parlera aussi
00:29:08avec Charlotte,
00:29:09avec Michel Fayad aussi,
00:29:10que ce temps
00:29:10qui s'est écoulé est normal,
00:29:12que l'on attendait
00:29:13d'avoir tous les éléments
00:29:14pour le faire tomber
00:29:16comme un fruit mûr,
00:29:18est-ce qu'on peut l'entendre
00:29:19ça ce soir ?
00:29:20On peut l'entendre non en fait,
00:29:22je vais vous dire
00:29:22très honnêtement,
00:29:23enfin oui et non,
00:29:24dans ce pays tout va mal
00:29:26mais tout est toujours normal,
00:29:27vous voyez c'est quand même
00:29:29assez frappant.
00:29:31Si les tribunaux sont encombrés,
00:29:33si les enquêtes traînent,
00:29:34pardon d'avoir la réflexion
00:29:35d'un Français inordinaire
00:29:37mais j'imagine qu'il y a
00:29:38un effet dit domino
00:29:39même si ce ne sont pas
00:29:40les mêmes juridictions
00:29:41et les mêmes juges
00:29:42et un effet de vaste communicant,
00:29:44on peut dire par exemple
00:29:44que des émeutes
00:29:46comme celle du week-end dernier
00:29:47encombrent inutilement,
00:29:49si elles n'avaient pas eu lieu,
00:29:50elles n'encombreraient pas
00:29:53les tribunaux.
00:29:53Alors on me dit
00:29:54qu'il y a une désorganisation monstre,
00:29:57beaucoup de gens m'ont dit ça
00:29:57ce matin,
00:29:58des gens qui travaillaient
00:29:58dans des tribunaux,
00:29:59ils m'ont dit
00:29:59oui il y a beaucoup
00:30:00de désorganisation,
00:30:00ce n'est pas la faute des juges,
00:30:01c'est vrai sans doute,
00:30:02bien que le garde des Sceaux
00:30:04se mette à l'ouvrage
00:30:05et réorganise,
00:30:06la vérité est qu'on n'a pas mis
00:30:07la protection de l'enfant
00:30:09sur le dessus de la pile.
00:30:10En France,
00:30:11il y a un principe
00:30:11de précaution pour tout
00:30:13et n'importe quoi,
00:30:14pour les enfants,
00:30:14vous savez aujourd'hui
00:30:15les infirmières
00:30:16ou les institutrices
00:30:18n'ont le droit de rien mettre
00:30:19quand ils s'en font un bobo
00:30:20dans l'accord de récréation
00:30:21un peu d'eau
00:30:21parce qu'ils n'ont pas
00:30:22l'autorisation,
00:30:22etc.
00:30:23Ça pourrait mettre
00:30:24en danger les enfants
00:30:25mais le danger
00:30:26que leur font courir
00:30:26ces individus,
00:30:27visiblement,
00:30:28il ne fait pas l'objet
00:30:28d'un principe de précaution.
00:30:30C'est vrai que,
00:30:33pardon,
00:30:33là aussi je suis peut-être
00:30:34néophyte en mariée
00:30:35de tiers judiciaire
00:30:36mais à l'heure du numérique
00:30:37l'existence de plusieurs plaintes
00:30:39pour des faits convergents
00:30:40devrait conduire
00:30:41à un traitement prioritaire.
00:30:43Il devrait y avoir
00:30:43peut-être des référés
00:30:45en la matière
00:30:46dans des situations d'urgence
00:30:47avec mise au courant
00:30:49des écoles et des maires
00:30:52et je ne peux pas
00:30:53complètement dédouaner
00:30:54l'institution judiciaire
00:30:55parce que j'ai ce souvenir
00:30:56poignant
00:30:57du général Schmitt.
00:30:58Vous vous souvenez
00:30:59le général Schmitt,
00:31:00sa fille a été tuée
00:31:02dans un RER
00:31:04parce qu'elle refusait
00:31:05d'être violée
00:31:06par un délinquant sexuel
00:31:07qui l'a fini par la tuer.
00:31:08Il était récidiviste.
00:31:09Le général Schmitt,
00:31:10il a été accroché
00:31:11au mur des cons
00:31:11pour cela,
00:31:12pour avoir commis
00:31:14le crime d'essayer
00:31:15de bouger la justice
00:31:16en matière
00:31:16de récidive
00:31:18de délinquance sexuelle
00:31:19et il m'avait dit
00:31:19avoir été dépitée
00:31:21par la réaction
00:31:22de Christiane Taubira
00:31:23qui était garde des Sceaux
00:31:24à l'époque
00:31:24et qui visiblement
00:31:25en tout cas
00:31:26lui avait semblé
00:31:27s'en moquer
00:31:27comme d'une guigne
00:31:28pour défendre les femmes.
00:31:29Elle préférait aller
00:31:30réciter des poèmes
00:31:31au Festival d'Avignon.
00:31:33Parce qu'il y a
00:31:34la justice en amont,
00:31:35il y a la justice en aval.
00:31:36Que deviennent ensuite
00:31:37ces délinquants sexuels ?
00:31:38Oui, parce que le sujet
00:31:39il est aussi
00:31:40celui de l'après,
00:31:41après le jugement.
00:31:42Ces gens-là
00:31:43ont une grande capacité
00:31:44à cacher leur jeu.
00:31:45Vous savez que Michel Fourniré
00:31:46avait obtenu des réductions
00:31:47de peine
00:31:47parce qu'il avait
00:31:48un comportement exemplaire.
00:31:49Ce sont des gens
00:31:50qui souvent se fondent
00:31:51parfaitement dans la société
00:31:53et pourtant
00:31:53beaucoup de spécialistes
00:31:54disent que ces délinquants
00:31:55ne peuvent pas se réformer.
00:31:57Mais beaucoup aussi
00:31:58ont des pudeurs de rosières
00:31:59quand on parle
00:32:00de castration chimique
00:32:01obligatoire
00:32:02parce que ce serait contraire
00:32:03à l'état de droit.
00:32:04Mais moi j'aimerais bien
00:32:04qu'on parle aussi
00:32:05des droits des victimes.
00:32:07Je rappelle que
00:32:07Dordal Lelandais
00:32:08est devenu père en prison.
00:32:09Ça a beaucoup choqué
00:32:10alors qu'il avait été
00:32:11condamné à la perpétuité
00:32:13pour le meurtre
00:32:13de Maëlys, 8 ans.
00:32:15Notre justice
00:32:16pense plus
00:32:17à la rédemption,
00:32:18à la réinsertion
00:32:19du criminel
00:32:20qu'à la victime
00:32:21et à sa famille
00:32:22qui elles prennent
00:32:22pour perpétue.
00:32:23Vous savez,
00:32:24on a célébré
00:32:26l'entrée
00:32:26au panthéon
00:32:28de Robert-Baninter.
00:32:29Tout le monde connaît
00:32:30le nom de Patrick Henry
00:32:31qui a été gracié
00:32:33grâce à Robert-Baninter
00:32:35mais pas celui
00:32:36de sa petite victime.
00:32:37Philippe Bertrand,
00:32:38il avait été enlevé
00:32:38à la sortie de l'école.
00:32:39Il avait 7 ans.
00:32:40Il a été tué.
00:32:42Il a été récupéré,
00:32:44roulé dans un tapis
00:32:45dans une chambre d'hôtel
00:32:46sous un lit.
00:32:47Là aussi,
00:32:47ses parents se sont dit
00:32:48mais qu'a-t-il souffert ?
00:32:50De quelle façon ?
00:32:53Comment a-t-il eu peur ?
00:32:54De quelle intensité de peur
00:32:56a-t-il ressenti ?
00:32:58Il disait qu'il voulait
00:32:59revoir ses parents.
00:33:00Il suppliait
00:33:00de le ramener chez lui
00:33:01et Patrick Henry,
00:33:02agacé,
00:33:02avait fini par l'étrangler.
00:33:05Donc,
00:33:06vous voyez ensuite,
00:33:07Patrick Henry est sorti de prison,
00:33:09a eu des remises de peine,
00:33:10a écrit des bouquins
00:33:11puis a été remis en prison,
00:33:12etc.
00:33:14Donc,
00:33:14c'est vrai que
00:33:16on peut se demander
00:33:17pourquoi mesure
00:33:18n'a pas été prise
00:33:19de cette défense
00:33:20de l'enfance,
00:33:21pourquoi il y a un MeToo
00:33:22tout court
00:33:22qui déchaîne
00:33:23les patients dans la rue
00:33:24et pourquoi le MeToo
00:33:25enfant n'en déchaîne pas
00:33:27et nous pouvons demander
00:33:30un plan Marshall
00:33:31de protection
00:33:32de l'enfance
00:33:32de toute urgence.
00:33:34Merci Gabriel.
00:33:35Est-ce que je peux faire ?
00:33:36Bien sûr.
00:33:37Simplement,
00:33:38parce que Gabriel,
00:33:39il y a un mot
00:33:39qui lui a échappé,
00:33:39je ne voudrais pas
00:33:40que ce soit mal interprété.
00:33:41Vous avez dit gracié,
00:33:43il n'a pas été gracié
00:33:43puisqu'après vous avez
00:33:45précisé qu'il avait été
00:33:46en prison,
00:33:46donc il n'a pas été gracié,
00:33:48il a échappé à la peine de mort.
00:33:49Non mais...
00:33:49Oui, oui,
00:33:50il a échappé à la peine de mort.
00:33:51Voilà.
00:33:51Non mais...
00:33:52C'est vrai.
00:33:53Je ne veux pas que certains
00:33:54vous disent après que...
00:33:56Il a été en prison
00:33:56mais il a échappé
00:33:57à la peine de mort.
00:33:58Échappé à la peine de mort,
00:33:59peine de mort,
00:34:00trois mots qui sont
00:34:01en top tweet ce soir.
00:34:04Colère, consternation,
00:34:05émotion,
00:34:06la mort de cet enfant
00:34:08aurait pu être évitée.
00:34:09On en parle dans un instant
00:34:09avec vous,
00:34:10Charlotte Dornelas,
00:34:11Michel Fayad,
00:34:11je vous fais réagir.
00:34:12Écoutez d'abord,
00:34:14mot de petit,
00:34:15la députée Modem
00:34:17qui était sur notre plateau
00:34:19hier soir
00:34:19et elle racontait
00:34:20comment c'était
00:34:20le parcours
00:34:22du combattant
00:34:23pour un enfant.
00:34:25Quand j'étais petite,
00:34:26on disait
00:34:28la parole de l'enfant
00:34:29c'est un trésor en fait.
00:34:31La vérité
00:34:32sort de la bouche
00:34:33de l'enfant
00:34:33on disait
00:34:34quand j'étais gamine.
00:34:35Aujourd'hui,
00:34:36c'est l'inverse.
00:34:36On va avoir tendance
00:34:38à dire que l'enfant ment.
00:34:40Ça va être quelque chose
00:34:41de plus spontané.
00:34:42L'enfant ment.
00:34:43Est-ce que tu es sûr
00:34:44de ce que tu as dit ?
00:34:45Tu es sûr
00:34:45parce que si tu as dit
00:34:46quelque chose de vrai,
00:34:47c'est très grave en fait.
00:34:49Donc la parole de l'enfant
00:34:50est remise en question
00:34:51systématiquement
00:34:52et ça c'est effectivement
00:34:53un des premiers points.
00:34:54Et quand l'enfant parle,
00:34:56quand il ose révéler les choses,
00:34:58eh bien il est mal entendu.
00:35:00Ce qu'on a entendu
00:35:02lors de ces auditions,
00:35:03c'est un parcours
00:35:04du combattant
00:35:05pour l'enfant
00:35:06et pour le parent
00:35:07qui l'accompagne,
00:35:08les personnes
00:35:08qui l'accompagnent.
00:35:09Il est entendu une première fois,
00:35:10il est entendu parfois
00:35:12des dizaines de fois.
00:35:13On lui fait répéter,
00:35:14on lui fait revivre
00:35:15donc en fait
00:35:15les scènes traumatiques
00:35:17qu'il a vécues,
00:35:18qu'il a subies.
00:35:19et ça c'est quelque chose
00:35:20qui ne doit plus avoir lieu.
00:35:22Exactement ce qu'a vécu
00:35:23Grégory Turpin.
00:35:25Il témoignera dans un instant
00:35:26à quel point
00:35:26ce parcours du combattant
00:35:28peut emmener un enfant
00:35:29à revenir
00:35:30sur son témoignage.
00:35:33Michel Fayade,
00:35:35est-ce que vous partagez
00:35:36ce diagnostic suivant ?
00:35:38La France ne protège pas
00:35:40ses enfants.
00:35:41Oui, je partage
00:35:42le diagnostic structurel
00:35:44mais je voudrais dire
00:35:45une chose,
00:35:46c'est que quand on est père,
00:35:47je pense que cette affaire
00:35:48ce n'est pas un simple dossier,
00:35:50c'est vraiment quelque chose
00:35:51qui nous prend dans les tripes
00:35:52et en fait,
00:35:54on ne peut pas rester
00:35:54complètement indemne
00:35:56face à une histoire
00:35:58où justement
00:35:58une gamine de 11 ans
00:35:59a été probablement tuée
00:36:02et qu'en fait,
00:36:04parce qu'on n'a pas fait
00:36:05une véritable enquête,
00:36:06parce qu'on n'a pas vraiment
00:36:07arrêté la personne
00:36:09alors qu'on aurait pu
00:36:09l'auditionner,
00:36:11tout ça,
00:36:12ce n'est pas quelque chose
00:36:13qui est acceptable
00:36:14lorsqu'on est un père.
00:36:16Ça, c'était une première chose.
00:36:17L'autre chose,
00:36:18la vraie question
00:36:19qui se pose aujourd'hui,
00:36:20c'est justement
00:36:20la question du traitement
00:36:21de cette enquête
00:36:23parce qu'aujourd'hui,
00:36:24vous savez qu'une très grande partie
00:36:25de ces plaintes
00:36:26n'aboutissent pas.
00:36:27Elles ne sont parfois
00:36:28ni poursuivies,
00:36:30il n'y a pas de condamnation.
00:36:31Il y a des problèmes,
00:36:32bien sûr,
00:36:33de moyens de la justice,
00:36:34des délais de traitement.
00:36:36Il y a aussi une chose,
00:36:37c'est qu'en France,
00:36:37on a deux fois moins
00:36:40de juges par habitant
00:36:42que la moyenne européenne.
00:36:43C'est quand même
00:36:44quelque chose
00:36:44qui est très important à dire
00:36:45alors qu'on est censé être
00:36:46la deuxième puissance économique
00:36:48de l'Union européenne.
00:36:49ensuite,
00:36:51le pays,
00:36:51il y a aussi le fait
00:36:52qu'en réalité,
00:36:56le vrai fond du problème,
00:36:59c'est cette enquête
00:37:00qui a traîné,
00:37:01qui n'a pas fait
00:37:02tout ce qu'il aurait dû faire.
00:37:04Et les données,
00:37:05moi,
00:37:05je voudrais revenir
00:37:06sur les données nationales
00:37:07parce qu'elles sont très criantes.
00:37:09Aujourd'hui,
00:37:09un enfant meurt
00:37:10tous les cinq jours
00:37:11tué par sa propre famille
00:37:12ou son entourage proche.
00:37:14C'est quand même
00:37:14très important.
00:37:16Ensuite,
00:37:16plus de 50 000 enfants
00:37:17sont victimes
00:37:18de maltraitance
00:37:18chaque année
00:37:19en France.
00:37:20Depuis 2020,
00:37:21les signalements
00:37:22d'enfants en danger
00:37:22ont progressé
00:37:23de plus de 20%
00:37:24depuis le Covid.
00:37:26L'Observatoire national
00:37:27de la protection
00:37:28de l'enfance
00:37:28compte près de 400 000 mineurs
00:37:30suivis par l'aide sociale
00:37:31à l'enfance.
00:37:32Et donc,
00:37:33je pense que
00:37:34c'est important
00:37:35de montrer l'ampleur
00:37:36de ce dossier
00:37:38qui est aujourd'hui
00:37:39caractérisé
00:37:40par cette pauvre Liana
00:37:41mais qui en réalité
00:37:42est extrêmement
00:37:45importante
00:37:46et le comble
00:37:48c'est qu'en janvier
00:37:492025,
00:37:49il y a eu
00:37:50une défenseure
00:37:51des droits
00:37:51qui a proposé
00:37:5246 recommandations
00:37:54en disant
00:37:55que la situation
00:37:56s'est dégradée
00:37:57mais personne
00:37:57n'en a parlé.
00:37:58Les médias
00:37:59sont restés silencieux
00:38:00sur tout cela.
00:38:01Il y a eu même
00:38:02la loi Taquet
00:38:02en 2022
00:38:03qui a voulu corriger
00:38:04les dysfonctionnements
00:38:05mais on a vu
00:38:06que justement
00:38:06dans l'exécution
00:38:07rien ne s'est produit
00:38:09et en réalité
00:38:10il y a énormément
00:38:11de promesses
00:38:12énormément d'annonces
00:38:14mais les défaillances
00:38:15elles, elles continuent
00:38:17et moi je voudrais dire
00:38:18aujourd'hui
00:38:19qu'une société
00:38:20se juge
00:38:20d'abord
00:38:21à la manière
00:38:21dont elle protège
00:38:22les plus vulnérables
00:38:23à commencer
00:38:24par les enfants
00:38:26et certains se disent
00:38:27est-ce qu'on est en faillite
00:38:28totale
00:38:29est-ce qu'on est
00:38:29face à un système
00:38:30défaillant
00:38:32en réalité
00:38:33ce que je pense
00:38:34qu'il faut dire
00:38:35aujourd'hui
00:38:36c'est que
00:38:37quand l'État affirme
00:38:38qu'il est capable
00:38:39de protéger
00:38:39les enfants
00:38:40et qu'une plainte
00:38:41pour viol
00:38:41sur une fillette
00:38:42de 11 ans
00:38:43dort pendant 9 mois
00:38:44dans un couloir
00:38:44administratif
00:38:45entre deux juridictions
00:38:46il n'a pas honoré
00:38:47son contrat
00:38:48ce contrat
00:38:49que l'État
00:38:50donne à ses concitoyens
00:38:51aux citoyens
00:38:52qui est de les protéger
00:38:53et de protéger
00:38:54d'abord
00:38:54ceux qui sont
00:38:54les plus vulnérables
00:38:56et ça dit
00:38:56quelque chose
00:38:57d'essentiel
00:38:58je pense
00:38:59c'est cette capacité
00:39:00d'une civilisation
00:39:01à protéger
00:39:02l'innocence
00:39:02donc l'enfance
00:39:04protéger l'innocence
00:39:05donc l'enfance
00:39:05est-ce que
00:39:06on sent une défiance
00:39:07profonde
00:39:08envers les institutions
00:39:09est-ce qu'elle est légitime
00:39:10selon vous
00:39:11et où est-ce qu'elle peut
00:39:12mener cette défiance
00:39:13des institutions
00:39:15je pense que la colère
00:39:16des gens
00:39:16est très compréhensible
00:39:17parce que là ce soir
00:39:18tout le monde se dit
00:39:19ça aurait pu être évité
00:39:20bien sûr
00:39:21et il y a certains
00:39:22qui diraient
00:39:22qu'il y aurait peut-être
00:39:23la tentation
00:39:24justement de vouloir
00:39:25faire justice
00:39:26eux-mêmes
00:39:26dans ce cas-là
00:39:27et je pense que la colère
00:39:28elle est compréhensible
00:39:29et personnellement
00:39:31et profondément
00:39:31je pense que je peux
00:39:32la comprendre
00:39:33mais cette tentation
00:39:34ne doit pas aller
00:39:35jusqu'au bout
00:39:35justement
00:39:36parce qu'en réalité
00:39:37c'est la justice privée
00:39:40elle ne protège personne
00:39:41et elle remet en cause
00:39:42en fait le fondement même
00:39:43de notre société
00:39:44qui est en fait
00:39:45que l'état est censé
00:39:46protéger les citoyens
00:39:49et ce contrat
00:39:50c'est en fait
00:39:51ce qu'il faut vraiment
00:39:52travailler et comprendre
00:39:53c'est que ce contrat
00:39:53de protection
00:39:54qu'on a avec l'état
00:39:55il n'est plus respecté
00:39:56et une société en fait
00:39:59où des familles
00:39:59commencent à envisager
00:40:00de prendre elles-mêmes
00:40:01en charge cette protection
00:40:02c'est une société
00:40:03qui a perdu confiance
00:40:04dans ses institutions
00:40:05et cette confiance
00:40:06ne se rétablit pas
00:40:07avec des communiqués
00:40:08d'indignation
00:40:09vous savez
00:40:11France Victime
00:40:11a déjà appelé
00:40:12aujourd'hui
00:40:13à un grenelle national
00:40:14sur les crimes
00:40:15contre les mineurs
00:40:16mais en fait
00:40:16on connaît le cycle
00:40:17tout d'abord
00:40:18il y a l'émotion
00:40:19puis ensuite
00:40:20ils vont nous faire
00:40:20la commission
00:40:21puis ils vont nous faire
00:40:22les recommandations
00:40:23puis finalement
00:40:24ils vont oublier
00:40:24et regardez
00:40:26ce qui s'est passé
00:40:27avec Bastien
00:40:28voyez ce qui va se passer
00:40:29avec Liana
00:40:30c'est toujours
00:40:30la même histoire
00:40:31malheureusement
00:40:33et en fait
00:40:34ce qu'il faudrait
00:40:34c'est que le gouvernement
00:40:35s'engage
00:40:35sur des faits
00:40:37bien précis
00:40:37et des dates précises
00:40:38moi je pense
00:40:39qu'il devrait
00:40:40s'engager
00:40:40sur un délai maximal
00:40:41du traitement
00:40:42d'une plainte
00:40:42pour violences sexuelles
00:40:43sur mineurs
00:40:44un taux d'exécution
00:40:45des décisions
00:40:46de placement
00:40:47un nombre de postes
00:40:48de magistrats
00:40:49créés avec une date
00:40:50pas des intentions
00:40:51des chiffres
00:40:53des échéances
00:40:54des comptes à rendre
00:40:55ensuite
00:40:56Gérald Darmanin
00:40:57a parlé d'inacceptable
00:40:58il a raison
00:41:00c'est juste
00:41:00mais inacceptable
00:41:01suivi de rien
00:41:02là ça a déjà eu lieu
00:41:04et après Bastien
00:41:05après d'autres
00:41:06et demain
00:41:07si rien ne change
00:41:08une autre famille
00:41:09sera dans la même situation
00:41:10que la famille
00:41:10de Liana
00:41:11avec dans un tiroir
00:41:14quelque part
00:41:14un signalement
00:41:15que personne
00:41:16n'avait eu le temps
00:41:16de traiter
00:41:20donc la question
00:41:21n'est pas de savoir
00:41:21si le système
00:41:22a totalement failli
00:41:23ou partiellement failli
00:41:24la question est celle-ci
00:41:25et elle est simple
00:41:26combien d'affaires
00:41:27comme celles-là
00:41:28sont en cours
00:41:29en ce moment
00:41:29et quel délai
00:41:30s'écoule
00:41:30avant qu'on les traite
00:41:32ce que nous devons
00:41:33à nos enfants
00:41:34c'est d'y répondre
00:41:35maintenant
00:41:40avant votre chronique
00:41:42Charlotte Dornela
00:41:43je me tourne vers vous
00:41:43Grégory Turpin
00:41:45vous avez eu du mal
00:41:47à parler
00:41:48de ce qui vous est arrivé
00:41:49lorsque vous aviez
00:41:50environ 11 ans
00:41:51l'âge de Liana
00:41:52et je voulais vous remercier
00:41:54déjà pour la confiance
00:41:55que vous nous accordez
00:41:56pour pouvoir en parler
00:41:57des années après
00:41:59en vous disant
00:42:00que vous pouvez être jugé
00:42:01vous et moi
00:42:02on a beaucoup échangé
00:42:03pour essayer
00:42:04de vous convaincre
00:42:05d'échanger
00:42:05et vous racontez
00:42:07racontez-nous
00:42:08comment
00:42:09lorsque vous aviez 11 ans
00:42:10vous avez
00:42:13tiré
00:42:13le signal d'alarme
00:42:15et vous avez été
00:42:16obligé
00:42:16de revenir
00:42:18sur vous
00:42:18de ce qui vous était arrivé
00:42:20par rapport
00:42:20à la violence du système
00:42:22face à vous
00:42:22racontez-nous
00:42:23ce qui vous est arrivé
00:42:24et bien
00:42:25j'étais
00:42:25un jeune garçon
00:42:27de 11 ans
00:42:28et c'est vrai
00:42:29que je vivais
00:42:29un enfer
00:42:30depuis déjà
00:42:31plusieurs années
00:42:33et j'ai réussi
00:42:34à m'ouvrir
00:42:35à un professeur
00:42:36tout simplement
00:42:38et très vite
00:42:39en m'ouvrant
00:42:40à ce professeur
00:42:41je suis convoqué
00:42:42dans le bureau
00:42:43de la directrice
00:42:43mes parents
00:42:44sont convoqués
00:42:45et une machine
00:42:46s'emballe
00:42:47qui fait que
00:42:48voyant aussi
00:42:49la souffrance
00:42:51que ça provoquait
00:42:52parce que
00:42:52évidemment
00:42:53c'est un tsunami
00:42:54dans une famille
00:42:56j'ai préféré dire
00:42:57à ce moment-là
00:42:58que j'avais menti
00:42:59et donc
00:43:00j'ai rétro-pédalé
00:43:01je me suis
00:43:03renfermé
00:43:03sur moi-même
00:43:04donc il y avait
00:43:05en plus un jugement
00:43:06déjà de cette culpabilité
00:43:08parce que
00:43:09vous savez
00:43:09qu'au début
00:43:09une victime
00:43:10elle se considère coupable
00:43:12elle considère
00:43:13que c'est
00:43:14que c'est peut-être
00:43:15un peu de sa faute
00:43:16que c'est peut-être
00:43:16elle qui a
00:43:18qui a fait quelque chose
00:43:19de mal
00:43:20et bien
00:43:21il y avait en plus
00:43:22cette culpabilité
00:43:23de dire
00:43:23mais
00:43:24je n'ai pas
00:43:25le courage
00:43:26de sortir
00:43:26de cette spirale
00:43:28comment vous êtes déjà
00:43:28confié
00:43:29à ce professeur
00:43:30comment vous avez eu
00:43:31le courage
00:43:31justement
00:43:32de le confier
00:43:33parce que déjà
00:43:34ce cap est très difficile
00:43:35à franchir
00:43:35pour un enfant de 11 ans
00:43:36ce cap est très difficile
00:43:38on dit quelques mots
00:43:39on voit
00:43:39s'il y a un lien
00:43:41qui se crée
00:43:42une possibilité
00:43:44d'ouvrir un peu la porte
00:43:46une écoute
00:43:47et cette écoute
00:43:48je l'ai trouvée
00:43:48à un moment très précis
00:43:51et elle a fait
00:43:52ce qui était juste
00:43:53c'est-à-dire
00:43:53qu'elle a tout de suite
00:43:56prévenu
00:43:56elle a fait
00:43:57ce qui était juste
00:43:58sauf que moi
00:43:58je n'étais pas prêt
00:44:00et c'est quelque chose
00:44:02qui m'a renfermée
00:44:03pendant plusieurs années
00:44:04encore
00:44:05dans quelque chose
00:44:06où vraiment
00:44:07je ne pouvais pas
00:44:08assumer ça
00:44:09et on ne s'imagine pas
00:44:11mais c'est les années 90
00:44:12on est comme le disait
00:44:13très bien Mathieu Bocoté
00:44:15au début de l'émission
00:44:16on est dans une idée
00:44:17que la sexualité
00:44:19finalement
00:44:19c'est un jeu
00:44:20ça n'est pas quelque chose
00:44:22on doit
00:44:22on doit
00:44:23on doit
00:44:24faire tomber
00:44:25tous les préceptes moraux
00:44:27qui nous ont été inculqués
00:44:28et donc
00:44:29la sexualité
00:44:31aussi pour les enfants
00:44:32c'est quelque chose
00:44:33qui finalement
00:44:33ne devrait pas être dramatisé
00:44:36et ça
00:44:37c'est vrai
00:44:37qu'on est un peu
00:44:38sortis de ça
00:44:38heureusement
00:44:39et votre émission
00:44:40elle est utile
00:44:41parce qu'elle permet aussi
00:44:42de mettre un regard
00:44:44sur ceux qui nous entourent
00:44:45sur ceux qui entourent
00:44:47les victimes
00:44:47de peut-être sortir
00:44:49d'un certain déni
00:44:50d'un certain
00:44:51difficulté à voir
00:44:53parce que
00:44:53quand on est face à l'horreur
00:44:55et bien
00:44:55on a parfois
00:44:56une difficulté à voir
00:44:58et c'est en ça
00:45:00que je remercie
00:45:01particulièrement
00:45:01ma maman
00:45:03pour qui ça a été
00:45:03très très difficile
00:45:04et je sais
00:45:07qu'elle a fait
00:45:08tout ce qu'elle a pu
00:45:10mais
00:45:10on
00:45:13ne voit pas assez
00:45:14à quel point
00:45:15c'est difficile
00:45:16d'assumer
00:45:16aussi pour les proches
00:45:17cette réalité
00:45:19qui est dramatique
00:45:20Grégory Turpin
00:45:22votre témoignage
00:45:23est foudroyant
00:45:24parce qu'à la fois
00:45:25on demande à un enfant
00:45:26de se confier
00:45:27à un adulte
00:45:29pour trouver de l'aide
00:45:30de faire confiance
00:45:32c'est ce que vous avez fait
00:45:33au bout du bout
00:45:34ça ne vous a pas aidé
00:45:36vous êtes refermé
00:45:38renfermé sur vous-même
00:45:39quel conseil
00:45:40on peut donner
00:45:40à un enfant
00:45:42parce qu'on ne voit pas
00:45:43finalement de solution
00:45:44vous voyez ce que je veux dire
00:45:45parce que vous êtes
00:45:46renfermé après
00:45:46pendant des années
00:45:48ce n'est qu'un prêtre
00:45:49qui a pu vous écouter
00:45:51parce que vous saviez
00:45:52qu'il n'aurait rien pu
00:45:54dévoiler
00:45:55révéler
00:45:55en fait
00:45:56grâce à ce prêtre
00:45:57grâce au secret
00:45:58de la confession
00:46:00je me suis ouvert
00:46:01et beaucoup
00:46:02suite à la tribune
00:46:03que j'ai publiée
00:46:04cette semaine
00:46:06dans la croix
00:46:09beaucoup m'ont dit
00:46:10mais tu es la victime
00:46:11tu n'es pas à te confesser
00:46:12mais en fait si
00:46:13à ce moment-là
00:46:14on se considère
00:46:14comme une victime
00:46:15et c'est ce secret-là
00:46:17qui a permis d'ouvrir
00:46:18qui a permis de prendre
00:46:19conscience de certaines choses
00:46:20qui a permis aussi
00:46:21de libérer ma parole
00:46:23de me libérer
00:46:24d'une emprise
00:46:26qui était là
00:46:27et de faire ce qui est fait
00:46:29pour qu'aujourd'hui
00:46:30je sois complètement libre
00:46:32que je sois aussi apaisé
00:46:34ce qui a mis des années
00:46:36parce que même après
00:46:37quand il y a 37 ans
00:46:39il y a eu une remontée
00:46:40de choses
00:46:40qui ont été difficiles
00:46:42à gérer psychologiquement
00:46:43mais aujourd'hui
00:46:45je peux être debout
00:46:47grâce à ce prêtre
00:46:49à qui j'ai pu parler
00:46:50pendant plusieurs semaines
00:46:51et qui a permis
00:46:53que je sorte de cette emprise
00:46:54Grégory Turpin
00:46:55lorsque vous voyez
00:46:56le cas de Liana
00:46:57et peut-être d'autres enfants
00:47:00de 11 ans
00:47:02l'âge que vous aviez
00:47:03lorsque vous aviez
00:47:04subi des violences
00:47:05quel conseil
00:47:06vous pourriez leur donner
00:47:07aujourd'hui ?
00:47:09Je conseille aux parents
00:47:10d'être vigilants
00:47:13ce mal-là est partout
00:47:15il peut être dans nos familles
00:47:16il peut être dans notre entourage
00:47:18dans nos clubs de sport
00:47:19il est partout
00:47:20il y a des enfants
00:47:22et il faut être vigilant
00:47:24parce que souvent
00:47:24c'est la personne
00:47:25la plus attachante
00:47:28qui finalement
00:47:30crée un lien
00:47:30avec un enfant
00:47:31et qui d'ailleurs
00:47:33lui-même
00:47:33ne voit pas le mal
00:47:34qu'il fait
00:47:35puisqu'il cherche
00:47:37à créer ce lien
00:47:38et lui-même
00:47:39il pense peut-être même
00:47:42qu'il fait du bien
00:47:42à la personne
00:47:43et à l'enfant
00:47:43donc je pense
00:47:45qu'il y a ça
00:47:46mais il y a aussi
00:47:47peut-être
00:47:47une question
00:47:48qu'on devrait plus se poser
00:47:49c'est comment prévenir
00:47:52auprès de ceux
00:47:53qui sont aujourd'hui
00:47:54des agresseurs
00:47:55comment on accompagne
00:47:57comment on entend
00:47:58ceux qui aujourd'hui
00:48:00bien évidemment
00:48:01à juste titre
00:48:01c'est peut-être
00:48:02un des crimes
00:48:03les plus horribles
00:48:04mais en même temps
00:48:06il faut peut-être
00:48:07aussi prévenir
00:48:08parce que ceux
00:48:08qui ont ces pulsions-là
00:48:10comment on les accompagne
00:48:11comment on arrive
00:48:13à faire en sorte
00:48:14qu'il n'y ait pas
00:48:15de passage à l'acte
00:48:15c'est une question
00:48:16que je me pose vraiment
00:48:18Marmonan vous pose
00:48:19une dernière question
00:48:19mais ça serait
00:48:20juste avant
00:48:21est-ce que ça serait
00:48:23à recommencer
00:48:24est-ce que vous auriez
00:48:25fait exactement
00:48:26le même parcours
00:48:27c'est-à-dire d'abord
00:48:28parler à votre professeur
00:48:29à un adulte
00:48:31je ne sais pas
00:48:33probablement
00:48:33parce que je n'avais pas
00:48:34les capacités
00:48:35j'avais 11 ans
00:48:36donc je pense que
00:48:37j'aurais fait
00:48:38de cette manière-là
00:48:40mais je ne sais pas
00:48:42il y a presque
00:48:43une double question
00:48:43la première
00:48:44c'est quand vous rétractez
00:48:45ça doit être terrifiant
00:48:46vous êtes l'enfant
00:48:47qui soudain
00:48:48est obligé
00:48:49de se mortifier
00:48:49et dire
00:48:50je ne suis qu'un fabuleux
00:48:52un terrifiant
00:48:53affabulateur
00:48:54ça doit être
00:48:54destructeur
00:48:56comme il n'est pas permis
00:48:56la deuxième question
00:48:57c'est qu'on dit
00:48:58souvent
00:49:00que ces prédateurs
00:49:01ont été eux-mêmes
00:49:02victimes
00:49:03de ces gestes
00:49:06innommables
00:49:06dans leur jeunesse
00:49:08est-ce que
00:49:09vous arrivez
00:49:10à extrapoler cela
00:49:11et vous dire
00:49:12que oui
00:49:13immanquablement
00:49:14comment vous arrivez
00:49:15à justifier
00:49:16que ce soit
00:49:17les victimes
00:49:18qui deviennent
00:49:19elles-mêmes
00:49:19agresseurs
00:49:20après ?
00:49:20alors je ne sais pas
00:49:21s'il y a vraiment
00:49:21des chiffres là-dessus
00:49:22je ne suis pas psychologue
00:49:25c'est quelque chose
00:49:26qui est un peu
00:49:26dans la mentalité
00:49:27mais je pense
00:49:28que des victimes
00:49:29surtout des mineurs
00:49:31justement
00:49:32quand elles arrivent
00:49:33à parler
00:49:33elles sortent
00:49:34de ça
00:49:35c'est quand la parole
00:49:36est enfermée
00:49:37qu'il y a quelque chose
00:49:38qui nous peut-être
00:49:40pousse à reproduire
00:49:41et donc
00:49:42cette parole
00:49:43d'enfant
00:49:43elle doit être
00:49:44recueillie
00:49:44d'une certaine manière
00:49:45on a parlé
00:49:46du système judiciaire
00:49:48qui n'est pas
00:49:48assez fort
00:49:50il y a trop peu
00:49:51de gens
00:49:51qui sont formés
00:49:52à ces questions
00:49:53à accueillir
00:49:53la parole
00:49:54d'un enfant
00:49:55des psychologues
00:49:56scolaires
00:49:57ne sont pas
00:49:57assez nombreux
00:49:59donc il y a
00:50:00vraiment des questions
00:50:01qui se posent
00:50:02je pense que
00:50:02quand la parole
00:50:04est libérée
00:50:05de l'enfant
00:50:06c'est justement
00:50:07une manière
00:50:08d'éviter
00:50:08que ce cercle
00:50:09le vicieux continue
00:50:11Merci beaucoup
00:50:12on rappelle
00:50:13les principales informations
00:50:14le corps d'une enfant
00:50:15donc a été retrouvé
00:50:17une autopsie
00:50:18doit avoir lieu
00:50:19pour vérifier
00:50:20qu'il s'agit bien
00:50:21de la petite Liana
00:50:22mais ce sont des vêtements
00:50:24similaires
00:50:24que portait
00:50:25la petite Liana
00:50:26à 11 ans
00:50:27le maire de Florence
00:50:28dans le Gers
00:50:28doit tenir un point presse
00:50:30ce soir vers 20h
00:50:31Sébastien Lecornu
00:50:32le Premier ministre
00:50:33réunit
00:50:34le ministre Gérald Darmanin
00:50:35et le ministre
00:50:36de l'Intérieur
00:50:37de l'Intérieur
00:50:38demain matin
00:50:40et puis la famille
00:50:41appelle au recueillement
00:50:43Charlotte Dornelas
00:50:44Gérald Darmanin
00:50:45a jugé à son tour
00:50:46que ce que nous apprenons
00:50:47était inadmissible
00:50:49le Premier ministre
00:50:50je le disais
00:50:50va réunir
00:50:51le ministre de l'Intérieur
00:50:53et le ministre
00:50:53de la Justice
00:50:54que comprendre ce soir ?
00:50:56que le scandale amplifie
00:50:58que tous les politiques
00:50:59sont amenés
00:51:00évidemment
00:51:00à commenter cela
00:51:03et j'entendrais
00:51:06infiniment mieux
00:51:06le ministre de l'Intérieur
00:51:07le ministre de la Justice
00:51:09et le Premier ministre
00:51:11lancer une enquête
00:51:12s'ils s'incluaient dedans
00:51:13s'ils incluaient
00:51:14le politique
00:51:14et les décisions politiques
00:51:15qui ont été prises
00:51:16dans le fonctionnement
00:51:17de la justice
00:51:18et de la police
00:51:19depuis des années
00:51:20et des années
00:51:21au-delà de leur nom
00:51:21particulier là aujourd'hui
00:51:23s'ils faisaient une enquête
00:51:25incluant
00:51:25le politique
00:51:27j'insiste
00:51:27quand vous avez
00:51:28depuis hier
00:51:30des magistrats
00:51:30des avocats
00:51:32et des policiers
00:51:33qui parlent
00:51:33d'une seule voix
00:51:34pour expliquer
00:51:35que ce n'est pas faute
00:51:36d'avoir prévenu
00:51:37sur l'encombrement
00:51:38de la manière
00:51:39dont nous rendons la justice
00:51:40sur absolument
00:51:41toute la chaîne pénale
00:51:42quand tous ces gens-là
00:51:43parlent d'une seule voix
00:51:44c'est suffisamment rare
00:51:45pour que nous le remarquions
00:51:47tous ensemble
00:51:48parce qu'ils ont raison
00:51:49sur un point
00:51:50ce que nous apprenons
00:51:51est littéralement
00:51:52insupportable
00:51:53c'est-à-dire
00:51:54l'enchaînement des plaintes
00:51:55les transferts
00:51:56les délais de transfert
00:51:57les attentes
00:51:58entre chaque acte d'enquête
00:52:00et les attentes
00:52:02justement
00:52:02sur l'audition
00:52:03de cet homme
00:52:03qui est la dernière chose
00:52:05qui est faite
00:52:05dans une enquête
00:52:05qui avait été demandée
00:52:06par le parquet
00:52:07et donc qui interroge
00:52:09sur les actes d'enquête
00:52:10posés ou non
00:52:10par les gendarmes
00:52:11parce que c'est les gendarmes
00:52:12qui sont aussi en cause
00:52:14là
00:52:14dans cette affaire
00:52:15donc le politique
00:52:16réagit dans l'urgence
00:52:18et il faut
00:52:19comment dire
00:52:21rappeler aussi
00:52:21le témoignage
00:52:22de je pense
00:52:23l'intégralité
00:52:24franchement
00:52:24j'ai cherché
00:52:25dans mes souvenirs
00:52:26j'ai rencontré
00:52:27une famille de victimes
00:52:28une seule
00:52:29et j'en ai rencontré
00:52:30beaucoup
00:52:31une seule famille
00:52:32de victimes
00:52:33qui a trouvé
00:52:33que la justice
00:52:34avait fonctionné
00:52:34normalement
00:52:35dans son dossier
00:52:35c'est à dire
00:52:36qu'ils avaient eu
00:52:37exactement ce qu'ils
00:52:38attendaient de la justice
00:52:39notamment sur les délais
00:52:40et quand vous interrogez
00:52:42les personnes
00:52:42qui sont directement
00:52:43confrontées
00:52:43c'est à dire
00:52:44les familles de victimes
00:52:44elles vous disent
00:52:45individuellement
00:52:46le magistrat
00:52:47mon avocat
00:52:48les enquêteurs
00:52:49il n'y a jamais de problème
00:52:50ils sont toujours
00:52:52accueillis
00:52:52alors en effet
00:52:53il y a un gros travail
00:52:53qui est fait
00:52:54depuis quelques années
00:52:55qui prend énormément
00:52:56de temps
00:52:56de la formation
00:52:58notamment
00:52:58à l'écoute
00:52:59des enfants
00:53:00parce que c'est particulier
00:53:01et votre témoignage
00:53:02est précieux
00:53:02c'est compliqué
00:53:03de recueillir
00:53:04la parole d'un enfant
00:53:05c'est compliqué
00:53:06de savoir
00:53:06justement
00:53:07quand est-ce que
00:53:07vous aviez raison
00:53:08quand est-ce que
00:53:09là c'était contre-intuitif
00:53:10vous aviez raison
00:53:11quand vous vous confiez
00:53:13et non pas
00:53:13quand vous mentiez
00:53:14comment déceler
00:53:16tout ça
00:53:16chez un enfant
00:53:17c'est encore pire
00:53:18évidemment à 4 ans
00:53:19qu'à 11 ans
00:53:19encore pire
00:53:21encore plus difficile
00:53:21donc tout ça
00:53:22est un travail
00:53:24évidemment
00:53:25qui est incroyablement long
00:53:28pour les enquêteurs
00:53:29pour les magistrats
00:53:30de manière insupportable
00:53:31parce que
00:53:32et il faut avoir ça
00:53:33en tête aussi
00:53:34tout est prioritaire
00:53:36quand vous êtes
00:53:36une victime
00:53:38évidemment
00:53:38alors évidemment
00:53:39une victime de cambriolage
00:53:40c'est pas la même chose
00:53:41que les parents de l'IANA
00:53:41je suis pas folle
00:53:43mais dans tous
00:53:44les dossiers criminels
00:53:45aujourd'hui
00:53:46quand vous perdez un enfant
00:53:47quand votre enfant est violé
00:53:48quand votre enfant a été
00:53:49réduit en esclavage
00:53:49quand il a été séquestré
00:53:51quand il a été prostitué
00:53:52par un réseau
00:53:52quand il a été embauché
00:53:54dans un réseau de narcotrafic
00:53:55tout est prioritaire
00:53:56et pour les enquêteurs
00:53:58et pour les procureurs
00:53:59qui suivent ces dossiers-là
00:54:00pour les magistrats
00:54:02instructeurs
00:54:02or
00:54:03les priorités
00:54:04de politique pénale
00:54:05changent
00:54:06au fil des décisions politiques
00:54:08au fil de l'émotion
00:54:08aussi populaire
00:54:09et de la manière
00:54:10dont le politique
00:54:10s'en saisit
00:54:11mais s'il y a une chose
00:54:12qui demeure
00:54:13c'est l'alerte des magistrats
00:54:14souvenez-vous
00:54:15des chroniques
00:54:15que nous avons fait
00:54:16au moment du vœu
00:54:17des vœux
00:54:17de la nouvelle année
00:54:18et de l'alerte des procureurs
00:54:20sur la justice criminelle
00:54:21auprès de Gérald Darmanin
00:54:22nous allons être obligés
00:54:24de libérer des criminels
00:54:25avant même
00:54:26pardon
00:54:27avant même leur procès
00:54:29parce que les délais
00:54:30d'audiencement
00:54:30ne sont plus tenables
00:54:32c'est des alertes
00:54:33quand même
00:54:34dont il faut se souvenir
00:54:35quand il arrive
00:54:36un drame comme ça
00:54:37parce que c'est exactement
00:54:38ce qui est redouté
00:54:39quand ces alertes
00:54:40sont formulées
00:54:40et nous avons
00:54:42des moyens humains
00:54:45on a ajouté
00:54:47par exemple
00:54:47des magistrats
00:54:48ces dernières années
00:54:49mais pas du tout
00:54:50à la mesure
00:54:52d'abord du retard
00:54:53que nous avions
00:54:54et du nombre de plaintes
00:54:55qui ne cessent
00:54:56d'augmenter
00:54:56parce que la justice
00:54:58se rend aussi
00:54:59avec des actes
00:55:00avec des preuves
00:55:00là encore
00:55:01ça c'est normal
00:55:03évidemment
00:55:03c'est la base élémentaire
00:55:04mais simplement
00:55:05là encore une fois
00:55:06quand on dit
00:55:06d'année en année
00:55:07la procédure se complexifie
00:55:09qu'à chaque fois
00:55:10que le policier veut poser
00:55:11ou le gendarme
00:55:11veut poser un acte d'enquête
00:55:13il doit avoir le procureur
00:55:14au téléphone
00:55:14on manque de procureur
00:55:15il doit l'avoir au téléphone
00:55:17parfois ils attendent
00:55:17mais des heures
00:55:18et des heures
00:55:19avant d'avoir
00:55:20l'autorisation du procureur
00:55:21pour poser un acte d'enquête
00:55:22ils doivent rédiger
00:55:2332 pages derrière
00:55:24pour expliquer
00:55:25ce qu'ils ont fait
00:55:26au risque sinon
00:55:27d'être poursuivis eux-mêmes
00:55:28au fil de l'enquête
00:55:28tout ça pèse aussi
00:55:30tout ça prend du temps
00:55:31évidemment
00:55:32dans une enquête
00:55:33il faut s'en souvenir
00:55:33parce que là
00:55:34aujourd'hui
00:55:35nous avons toute l'histoire
00:55:36d'un coup
00:55:36et en plus
00:55:38avec l'horreur absolue
00:55:40ce qui n'est pas le cas
00:55:41évidemment
00:55:42dans un parquet
00:55:42composé de 3 magistrats
00:55:44instructeurs
00:55:44il y a 3 procureurs
00:55:46à Hoche
00:55:46pour combien de dossiers
00:55:47c'est l'information
00:55:48que nous n'avons pas
00:55:49pour combien de dossiers
00:55:50ce jour-là
00:55:50Toulouse
00:55:51quand ils envoient le dossier
00:55:52au parquet d'Hoche
00:55:55cette plainte pour viol
00:55:56ils envoient
00:55:57combien de dossiers
00:55:58le même jour
00:55:58avec combien de magistrats
00:56:00qui sont disponibles
00:56:01avec combien d'enquêteurs
00:56:02en face
00:56:03il y a combien de gendarmes
00:56:04qui étaient sur ce dossier-là
00:56:05en particulier
00:56:06et combien d'autres dossiers
00:56:07prioritaires
00:56:09avaient-ils
00:56:09c'est la raison
00:56:10pour laquelle
00:56:11la procureure a expliqué hier
00:56:12que les enquêtes
00:56:13allaient être ouvertes
00:56:14à la lumière
00:56:15les unes des autres
00:56:15ce qu'ils n'avaient pas
00:56:17évidemment
00:56:18quand il y a eu cette plainte
00:56:19donc c'est évidemment
00:56:20tout ça en même temps
00:56:21et c'est toutes ces alertes
00:56:22et c'est la raison
00:56:22pour laquelle
00:56:23cette enquête
00:56:24est nécessaire
00:56:25mais elle doit comprendre
00:56:26tout le monde
00:56:27et elle doit en effet
00:56:28aboutir à des décisions
00:56:31efficaces
00:56:31pour une fois
00:56:32il ne faut pas simplement
00:56:32mettre 2-3 personnes
00:56:34un gendarme
00:56:35un magistrat
00:56:35et je ne sais pas qui
00:56:36dans un placard
00:56:37et expliquer que tout le reste
00:56:38fonctionne
00:56:38parce que le risque
00:56:39ce n'est pas une erreur humaine
00:56:41ce n'est pas une erreur
00:56:42malheureusement
00:56:43malheureusement
00:56:43le risque ce n'est pas ça
00:56:44c'est qu'on découvre
00:56:45un système entier
00:56:46qui est absolument défaillant
00:56:48est-il inimaginable
00:56:50que le parquet
00:56:50ait mis trop de temps
00:56:52à envoyer
00:56:52à recevoir
00:56:54que les gendarmes
00:56:54aient traîné
00:56:55si bien sûr
00:56:56et c'est pour ça
00:56:56d'ailleurs l'enquête
00:56:57nous dira précisément
00:56:58mais pourquoi
00:56:59est-ce que tout le monde
00:57:00réagit de la même manière
00:57:01c'est parce que
00:57:02le système lui-même
00:57:03amène à ça
00:57:04donc là peut-être
00:57:05qu'en effet
00:57:05on va découvrir
00:57:06des responsabilités
00:57:09individuelles
00:57:09et d'ailleurs
00:57:10Gérald Darmanin a dit
00:57:11dans ces cas-là
00:57:12il y aura des sanctions
00:57:13mais l'état de la justice
00:57:14laisse imaginer
00:57:16le pire
00:57:16c'est-à-dire
00:57:17que la défaillance
00:57:19c'est horrible
00:57:19de dire ça comme ça
00:57:20mais on aimerait
00:57:21apprendre au bout
00:57:22de l'enquête
00:57:22qu'il y a eu
00:57:23une erreur individuelle
00:57:24mais on risque
00:57:25de découvrir
00:57:25que c'est un système
00:57:26absolument débordé
00:57:27dans lequel
00:57:27des dizaines de victimes
00:57:29sont dans le même cas
00:57:29en effet
00:57:30que les parents
00:57:31de l'IANA
00:57:32ce soir
00:57:34parce qu'il y a
00:57:34malgré tout
00:57:35au-delà du risque
00:57:36d'erreur individuelle
00:57:38qui existe évidemment
00:57:39il y a une réalité
00:57:40le but
00:57:41en exposant cette réalité
00:57:42c'est que ça ne se reproduise pas
00:57:44or chaque année
00:57:45on l'a dit
00:57:45excusez-moi
00:57:46on écoute le maire de Florence
00:57:47qui s'exprime en direct
00:57:49pardon
00:57:50à mon nom
00:57:51au nom du maire de Florence
00:57:52mais aussi
00:57:53au nom
00:57:54des
00:57:5643 communes
00:57:57de la communauté de communes
00:57:57de la Jômeine-Gersoise
00:57:58au nom d'une centaine
00:58:00de maires du Gers
00:58:01qui nous ont apporté
00:58:02tout leur soutien
00:58:03dès ce matin
00:58:04avec à mes côtés
00:58:05Alain Scudellaro
00:58:06président de la communauté
00:58:07de communes
00:58:08de la Lomagne-Gersoise
00:58:09qui est avec moi
00:58:10pour représenter
00:58:11le soutien
00:58:12de l'ensemble
00:58:13des maires du territoire
00:58:14et du département
00:58:17ce soir
00:58:19au vu des informations
00:58:20de cette fin de journée
00:58:23nous en appelons
00:58:24avant tout
00:58:25à la dignité
00:58:27la dignité
00:58:28de tous
00:58:29en respectant
00:58:30l'attente
00:58:32de la famille
00:58:33et l'attente
00:58:35des informations
00:58:36à venir
00:58:36du parquet
00:58:37d'Agin
00:58:38demain
00:58:41nous sommes tous unis
00:58:42dans cette épreuve
00:58:44nous le resterons
00:58:46jusqu'au bout
00:58:47nous avons
00:58:48simplement ce soir
00:58:49une pensée
00:58:50pour toutes les familles
00:58:51de victimes
00:58:53et une pensée
00:58:55particulière
00:58:56et grave
00:58:57ce soir
00:58:58pour la famille
00:58:59de Liana
00:59:00je vous remercie
00:59:05peut-être
00:59:07on a entendu
00:59:07donc le maire
00:59:08de Florence
00:59:09qui s'est exprimé
00:59:10Charlotte Dornelas
00:59:11peut-être une phrase
00:59:13pour terminer
00:59:14je sais qu'on n'a pas
00:59:14le temps de finir
00:59:15la chronique
00:59:15et puis le mot
00:59:16de la fin
00:59:16avec Mathieu
00:59:16je vais vous donner
00:59:18juste un chiffre
00:59:19j'en avais prévu
00:59:19plusieurs pour expliquer
00:59:20quel est l'état
00:59:21je vais vous donner
00:59:22un exemple
00:59:23la brigade des mineurs
00:59:23de Marseille
00:59:24vous savez
00:59:24on en avait parlé
00:59:25parce qu'elles ont écrit
00:59:25un livre
00:59:26c'est beaucoup de femmes
00:59:26à la brigade des mineurs
00:59:27de Marseille
00:59:28il y a 24 enquêteurs
00:59:29à la brigade des mineurs
00:59:30de Marseille
00:59:3224 enquêteurs
00:59:32qui sont débordés
00:59:34qui le disent
00:59:34depuis des années
00:59:35qui n'arrivent pas
00:59:35à gérer tous les dossiers
00:59:37criminels
00:59:37qui concernent tous
00:59:38des mineurs
00:59:39qui sont tous
00:59:39évidemment de l'horreur
00:59:40quand on a créé
00:59:41l'office des mineurs
00:59:42qui traite en particulier
00:59:44la cybercriminalité
00:59:45et notamment la pédocriminalité
00:59:46sur internet
00:59:47on a créé des antennes
00:59:48pour cette off mine
00:59:50dont on parle régulièrement
00:59:50l'antenne de Marseille
00:59:52elle a été installée
00:59:53elle a été mise
00:59:54entre les mains
00:59:54de la brigade des mineurs
00:59:55et le nombre d'enquêteurs
00:59:56est resté à 24
00:59:57avec ça en plus
00:59:59une brigade déjà débordée
01:00:01donc oui
01:00:01il y a des décisions politiques
01:00:02qui sont prises
01:00:03mais quand on dit
01:00:04que la justice
01:00:05est elle-même débordée
01:00:06il y a un moment
01:00:07où ça n'est plus faisable
01:00:08et ça n'est plus tenable
01:00:09il faut que ça rentre en compte
01:00:10évidemment dans l'enquête
01:00:12qui va être faite
01:00:12cette fois-ci
01:00:13pour qu'enfin
01:00:14des décisions efficaces
01:00:16soient prises
01:00:17au-delà de punitions
01:00:19ou de sanctions individuelles
01:00:20le mot de la fin
01:00:20peut-être Mathieu Bocoté
01:00:22deux choses ressortent clairement
01:00:23premièrement
01:00:23il y a un dérèglement
01:00:24entre le système
01:00:25de la société
01:00:26l'organisation de la société
01:00:27le droit à la justice
01:00:28et la société aujourd'hui
01:00:30le système ne répond plus
01:00:32à où est rendue la société
01:00:33elle nous échappe
01:00:34tout simplement
01:00:35donc on ne peut pas réparer
01:00:36simplement un petit bout là
01:00:37un petit bout là
01:00:37il y a une mise à jour
01:00:38plus générale
01:00:38qui est nécessaire
01:00:39pour rattraper l'état du monde
01:00:41tel qu'il est aujourd'hui
01:00:41puis le deuxième élément
01:00:43on l'a évoqué tantôt
01:00:44c'est le dérèglement
01:00:44du système pulsionnel
01:00:46aujourd'hui qui me semble
01:00:46une chose absolument fondamentale
01:00:47c'est comme si des digues fondamentales
01:00:50avaient cédé dans notre société
01:00:51il y a la normalisation
01:00:52de comportements
01:00:53qui autrefois
01:00:53étaient inimaginables
01:00:54et qui aujourd'hui
01:00:55sont à portée de tous
01:00:56l'accès à la pornographie
01:00:58dans ses expressions
01:00:59les plus atroces
01:01:00sur internet
01:01:01pour les plus jeunes
01:01:02mais aussi pour les plus vieux
01:01:03qui s'excitent à travers là
01:01:04il y a un dérèglement
01:01:05pulsionnel
01:01:06qui ne peut être
01:01:07que catastrophique pour tous
01:01:08merci à tous
01:01:09pour cette émission
01:01:10merci particulièrement à vous
01:01:11Grégory Thiopin
01:01:12pour la confiance
01:01:13que vous nous avez
01:01:14accordé ce soir
01:01:15après des années de silence
01:01:16tout de suite
01:01:17on rejoint Corentin
01:01:19Alonzo
01:01:20qui était sur place
01:01:21avant l'heure des produits
01:01:22Pascal Praud
01:01:23la zone est bouclée
01:01:25tout simplement
01:01:25depuis que nous sommes arrivés
01:01:27ici aux alentours
01:01:27de 16h30
01:01:29cette route
01:01:29entre Puy-Casquier
01:01:30et Mirepoix
01:01:31est donc bouclée
01:01:32car le corps
01:01:33aurait donc été retrouvé
01:01:34sur cette route
01:01:35c'est en tout cas
01:01:35ce qui coïncide
01:01:36avec les indications
01:01:38données par le parquet
01:01:39d'Agin
01:01:40qui parle
01:01:41d'une exploitation agricole
01:01:43à l'est du département
01:01:44du Gers
01:01:45il faut savoir ici
01:01:45que sur cette route
01:01:46nous sommes dans une zone
01:01:47vallonnée et boisée
01:01:49avec des bois
01:01:50mais aussi
01:01:51beaucoup de champs
01:01:52et que donc
01:01:53ce corps
01:01:54se situe
01:01:55à une quinzaine de minutes
01:01:56une quinzaine de kilomètres
01:01:57de la piscine municipale
01:01:59dernier lieu
01:02:00où a été aperçu
01:02:01Liana
01:02:02mais qu'il se situe
01:02:03également à 10 minutes
01:02:04de Montestruc
01:02:04sur Gers
01:02:05donc ville
01:02:06où réside
01:02:07le principal suspect
01:02:09Jérôme Barrella
01:02:10donc ce corps
01:02:11on vient de l'apprendre
01:02:13par le parquet
01:02:14d'Agin
01:02:15donc avec des similitudes
01:02:17donc avec le corps
01:02:18de Liana
01:02:19un corps d'un enfant
01:02:20et ensuite
01:02:21il portait apparemment
01:02:22des vêtements similaires
01:02:23à ceux de la jeune collégienne
01:02:25au moment de sa disparition
01:02:27on imagine
01:02:27donc on a pu échanger
01:02:29tous ces derniers jours
01:02:30avec les habitants
01:02:31de Florence
01:02:32on imagine aujourd'hui
01:02:33leur émotion
01:02:35Corentin Alonso
01:02:36que je remercie
01:02:37comme je remercie Christine
01:02:37et je remercie
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