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  • il y a 5 minutes
Tamara Bounazou, chanteuse lyrique, révélation aux Victoires de la musique classique 2026.

Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

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Transcription
00:00Daphné Burkier, sa nouvelle tête.
00:02Et oui, ma nouvelle tête ce matin, elle s'appelle Tamara Bounazou.
00:05Elle est soprano lyrique, elle est née à Montbéliard.
00:08Tamara Bounazou, elle vient, comme elle le dit, d'un milieu populaire, d'une famille ouvrière d'origine algérienne,
00:13pas du tout prédisposée à faire carrière à l'opéra.
00:16Barbara Abrel d'un côté, Rachita Idir de l'autre,
00:20et puis un jour, un vinyle de Carmen chanté par Maria Callas.
00:31Alors, elle entre au conservatoire du coin à l'âge de 5 ans et flashe dans le temps.
00:36En novembre 2025, elle foule les traces de Maria Callas en interprétant comme elle,
00:42en 1963, Iphigénie en tauride de Duc.
00:56Iphigénie, c'est une femme qui traverse l'exil et la guerre,
00:58un personnage qu'elle a nourri de sa propre histoire familiale, celle de la diaspora algérienne.
01:02Bonjour Tamara Bounazou, bienvenue sur France Inter.
01:05Bonjour, merci de m'accueillir.
01:06Merci d'avoir accepté l'invitation, je suis tellement heureuse que vous soyez là.
01:10Cette prestation qu'on entend, elle a été immensément saluée par le public, mais aussi par la critique.
01:16Ce qui fait de vous, ce que tout le monde dit, ce qui fait de vous que vous êtes vraiment
01:19à part, c'est votre sensibilité.
01:21Quand on vous regarde sur scène, parce qu'il faut le voir,
01:23on a l'impression que les personnages traversent quelque chose de très intime chez vous.
01:27Jusqu'où vous acceptez de les faire entrer ?
01:31Mais je crois que je n'ai pas trop de limites.
01:34Par exemple, pour Iphigénie, j'ai pris tout ce qui fait que je suis moi et je lui ai donné.
01:41Et en fait, ça donne quelque chose de très concret,
01:44qui est que pendant le processus de répétition,
01:46il y a eu énormément de moments où il a fallu que je m'arrête pour pleurer.
01:50Il paraît.
01:50Et tous les soirs, je pleurais sur scène aussi.
01:54Mais comment est-ce qu'on fait pour gérer ça ?
01:56C'est une très bonne question.
01:57Parce que cette grande sensibilité, vous le dites que ça demande beaucoup de travail et puis un équilibre très délicat.
02:02Ça vous est donc arrivé de flancher carrément un concert ?
02:05Oui, en fait, justement, grâce au processus de répétition,
02:08j'ai trouvé le moment où je pouvais pleurer.
02:11C'est quand justement, Iphigénie dit que toute sa famille est anéantie.
02:14Moi, je ne suis pas quelqu'un de froid, je ne peux pas dire ça sans que ça remue quelque
02:19chose.
02:20Et Gluck a tellement bien écrit sa musique qu'il y a un grand silence à un moment donné.
02:24Et là, vraiment, je pouvais relâcher toutes ces bulles de pression et laisser couler les larmes.
02:30Vous êtes issue d'une famille de six frères et sœurs.
02:32C'est vos parents qui tenaient à ce que leurs enfants fassent le conservatoire.
02:37Vous dites aujourd'hui qu'ils voulaient vous offrir une sorte d'échappatoire à l'époque.
02:42Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire aujourd'hui ?
02:43Merci, merci de tout à mes parents.
02:47C'est vraiment la chance de ma vie, c'est mes parents.
02:51C'est cette intelligence, cette présence d'esprit et cette ouverture d'esprit qu'ils ont eue de se dire
02:57« Nous, on veut que tous nos enfants sachent lire la musique, aillent au conservatoire. »
03:02Non pas pour en faire des concertistes, mais justement pour en faire des adultes qui puissent avoir une fibre artistique.
03:07Vous croyez qu'ils nous écoutent ce matin ?
03:08C'est sûr, ils sont en train de boire leur café.
03:13On dit bravo, on dit merci.
03:15Vous êtes la seule à être restée musicienne de toute la fratrie.
03:19On fait tous des métiers très différents.
03:21J'ai un frère qui est scénariste, une soeur médecin, un frère ingénieur, une professeure des écoles.
03:26C'est passé par ce conservatoire.
03:28Aujourd'hui, je vous ai demandé forcément des lives parce que je suis gourmande.
03:31Vous avez choisi lequel en premier ?
03:33Alors en premier, j'ai choisi une mélodie de Villa-Lebos, qui est un compositeur brésilien.
03:39C'est solaire, c'est très beau, c'est saudade, c'est sonial.
03:44Ça fait plaisir, voilà, j'avais envie de partager ça.
03:47Je vous en prie, allez rejoindre la scène de ce studio de France Inter.
03:52Parce que moi, je trouve vraiment, si vous regardez, parce que vous pouvez nous suivre en vidéo ou sur les
03:55réseaux sociaux de France Inter.
03:57On dirait un petit cabaret, ce studio, avec un beau piano, accompagné par Anna Georgée au piano.
04:03Le micro de France Inter est tout à vous, Tamara Bounazou.
04:26Le micro de France Inter est tout à vous, Tamara Bounazou.
04:30Le micro de France Inter est tout à vous, Tamara Bounazou.
04:36Le micro de France Inter est tout à vous, Tamara Bounazou.
05:33Sous-titrage MFP.
05:54Sous-titrage Société Radio-Canada
06:06Il faut qu'on vous raconte quand même le visage transfiguré par le sourire quand vous chantez, c'est sublime
06:14à voir, mais c'est vrai !
06:16C'est la grande beauté, il faut regarder Tamara, il faut voir son sourire !
06:21Alors on n'est pas laissé à elle penser, parce qu'évidemment elle a été nommée, et puis elle a
06:26remporté la révélation artiste lyrique aux victoires de la musique classique en 2026.
06:32Cette révélation, mais en fait vous l'avez toujours eu cette révélation du chant et de la transmission finalement, même
06:38si je vous dis bravo encore une fois !
06:39Merci ! C'est vrai que ça a toujours fait partie de ma vie, à l'intérieur de moi, mais
06:46aussi de mon entourage, ne serait-ce que par les berceuses, ne serait-ce que par la musique qu'on
06:52écoutait à la maison, on chante tout le temps.
06:54Je me souviendrai toujours de mes grands-mères qui me chantaient des berceuses algériennes, de mes parents qui chantent à
07:02tue-tête la mélodie, la chanson française, comme on le disait, les grands noms, Aznavour, Aubrel, Barbara.
07:09Et en fait j'ai toujours chanté, et quand mes parents m'ont dit « alors tu veux faire quel
07:14instrument ? », je dis « mais est-ce que je peux chanter ? »
07:16Et donc effectivement c'était possible, et ouais c'est toute ma vie en fait.
07:20Toute votre vie, vous avez eu plein de révélations, vous avez eu aussi, quand vous avez écouté le Sacre du
07:25Printemps, là on entend « ronde printanière », mais vous dites que ça a tremblé dans vos os quand vous
07:30avez entendu cette musique.
07:31Quand on pense à l'opéra, déjà il faut s'autoriser à y entrer, même dans notre cerveau.
07:36On imagine des fauteuils rouges, des lustres, des gens qui n'osent pas trop tousser entre deux actes, et vous,
07:41vous avez décidé d'emmener tout ce petit monde sur Twitch.
07:45Et ça je trouve ça extraordinaire.
07:47Chaque semaine, sur ce réseau social, vous présentez des compositeurs, vous faites écouter leur plus grand tube, vous expliquez ce
07:52qu'est un livret, et vous reliez par exemple Carmen au féminicide, la traviata au texte de Virginie Despentes,
07:58parce qu'au fond ces grandes passions humaines, elles n'ont pas tellement changé.
08:01En fait vous voulez rattacher l'opéra à l'actualité du monde.
08:04Vous faites tout ça en plus de tout ce que vous faites déjà.
08:07Bon alors j'avoue que j'ai pas toujours le temps de le faire, mais régulièrement oui je le fais.
08:12Et en fait c'est trop important pour moi, parce que je ne supporte plus qu'on dise que l
08:16'opéra c'est poussiéreux, c'est tout sauf poussiéreux.
08:19C'est peut-être l'image que certains en ont.
08:22Et je comprends que pour beaucoup de personnes ce soit un art un peu obscur, mais en fait l'opéra
08:26ça parle de nous tous.
08:27Et vraiment je sais que ça peut paraître bateau de dire ça, mais quel que soit le pays, la culture,
08:33c'est ce qui fait qu'on est humain.
08:35C'est des choses justement qu'on peut raccrocher aux os quoi.
08:37Et on peut tellement le rapprocher que je vous demande de vous rapprocher du micro, parce que quand je vous
08:42ai proposé, je ne sais pas, de faire une reprise, une carte blanche au micro de France Inter ce matin,
08:47et bien vous avez décidé d'installer l'univers de Miyazaki et de reprendre un thème de Princesse Mononoke.
08:55Alors le micro de France Inter est encore une fois à vous.
09:24Sous-titrage Société Radio-Canada
09:38C'est parti.
10:02Sous-titrage Société Radio-Canada

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