00:00Dans le studio de la grande matinale de France Inter, ce matin, ma nouvelle tête s'appelle Anthony Giuliani.
00:06Il est humoriste et il commence à faire du très bon bruit.
00:09A la base, sa première vocation, c'était pilote de Formule 1.
00:12Son père, il ne voulait pas, il a raté son permis six fois et je pense qu'il avait raison.
00:16Il a grandi un peu partout en Ile-de-France, Ville, Lebel, Lebourget, Sarcelles, Vincennes, Ruelle Malmaison.
00:22Il a fallu s'adapter à un papa pizzaïolo, une mère à la caisse.
00:26Il comprend très vite qu'en fait, le rire, ça peut aider à se faire une place.
00:29Aujourd'hui, il tourne dans tous les Comédie Club, avec un spectacle d'ailleurs en France,
00:33après avoir passé cinq ans à Montréal, dont deux années de formation à l'École Nationale de l'Humour.
00:39Bonjour Anthony Giuliani, bienvenue sur France Inter.
00:41Bonjour.
00:42Ben oui, je ne savais pas que ça existait.
00:44Donc là, il faut que je vous pose une question, l'École Nationale de l'Humour.
00:47Je ne comprends pas à quoi ça ressemble.
00:48Il faut expliquer aux éditeurs, il y a des cours de blagues, des cours de bides.
00:53Qu'est-ce qu'on mange à la cantine ? Je ne comprends pas.
00:56C'est formidable.
00:57Franchement, c'est une école qui ne t'apprend pas à être drôle, mais qui te forme en tant qu
01:02'humoriste.
01:02Les Québécois, ils sont fous par rapport à ça.
01:05Pendant deux ans, tu es avec 15 Québécois qui veulent tous devenir humoristes.
01:08Tu as des cours d'impro, tu as des cours d'écriture.
01:13Chaque semaine, tu dois venir avec un nouveau 5 minutes et tu dois le faire devant tes collègues.
01:18Et on débriefe après.
01:19C'est fou, j'ai adoré.
01:22En tant qu'heure, aujourd'hui, ça a fonctionné.
01:24Vous êtes en train de vous faire un nom.
01:25Vous enchaînez, je disais, les Comédie Club.
01:27Vous avez été finaliste d'ailleurs de Comédie Classe, télé-croché d'Éric Judor et Ramzi Bédia.
01:32Vous avez un spectacle qui s'appelait Blague.
01:36C'est honnête comme nom.
01:37Et puis, on en aura pour son argent parce qu'il y a un S à Blague.
01:40Et puis, vous êtes à la tête d'un podcast à succès qui s'appelle Safe Place,
01:44avec deux autres révélations que certains auditeurs connaissent,
01:47comme Tom Baldetti et Léandre.
01:49Et d'ailleurs, vous posez souvent la question à vos invités.
01:52Vous vous êtes dit quand je veux monter sur scène.
01:54C'est vraiment vous qui le dites.
01:55Comment tu t'es dit je veux monter sur scène ?
01:58Alors, répondez à votre...
01:59Bien sûr, je réponds à moi-même.
02:00C'est très formidable.
02:02Comment je me suis dit que je voulais monter sur scène ?
02:04C'est d'abord, il fallait que...
02:07Je me suis dit, il faut que tu trouves un taf, gros.
02:09T'as arrêté l'école.
02:10Qu'est-ce que tu peux faire de ta vie ?
02:12Dans quoi t'es bon ?
02:13T'arrives à faire rire tes potes ?
02:14Est-ce qu'on peut en faire un métier ?
02:15J'ai vu qu'on pouvait en faire un métier.
02:17Je me suis dit, ok, on va y aller, on se lance là-dedans.
02:18Et les premières scènes que j'ai faites, j'étais pas trop mauvais.
02:21Ça m'a surpris.
02:21Je me suis dit, vas-y, on continue, gros.
02:23Et je suis parti à Montréal pendant cinq ans.
02:24Et vous l'avez rencontré comme ça, ce métier.
02:26Et en tout cas, dans votre trajectoire,
02:29il me semble qu'il fallait vous donner le micro de France Inter ce matin.
02:33Merci beaucoup déjà de m'avoir invité, ça me touche.
02:36Même si quand j'ai reçu l'invitation, je me suis dit,
02:38ah ouais, si je suis là, ça sent vraiment la fin de saison.
02:41Ça fait tout le monde, après moi, c'est Tex ou un air fryer.
02:44Mais bon, il faut savoir que moi, j'ai un syndrome de l'imposteur.
02:48Pour moi, vous êtes trompé d'Anthony.
02:50Au premier degré, vous êtes trompé, je le sais.
02:52Mais comme j'ai répondu trop vite, c'était trop tard pour annuler.
02:56Je vous jure, Daphne, je ne me connaissais pas,
02:57c'est abonné à moi hier.
02:59Elle a vu mon profil, elle a paniqué,
03:01elle a envoyé un message à Tex.
03:03Mais je suis ravi d'être là, en vrai.
03:08J'ai dit à mon père que je passais sur France Inter,
03:10et tu es là, je suis fier de toi.
03:13Ce n'est pas vrai, il ne vous connaît pas la team.
03:14Mais si je veux un câlin, il faut que je passe sur l'after foot.
03:17Par contre, là, je suis venu.
03:21Je ne sais pas, je viens une fois, on ne se revoit plus.
03:22Moi, je suis dépendant affectif.
03:24Maintenant que je suis là, je fais toute la semaine, je ne veux rien savoir.
03:30Déjà, vous m'avez décalé parce que vous deviez recevoir le prix Goncourt.
03:34Zarma, vous allez lire le livre.
03:36C'est vrai ?
03:36Oui, je passe après le prix Goncourt, je peux comprendre, mais quand même.
03:40En vrai, j'ai réfléchi.
03:42En plus, il me manque 12 cachets pour octobre.
03:44Mettez-moi une petite chronique.
03:45Même une chronique de 15 secondes.
03:47Mettez-moi une pub.
03:48Au pire, je fais les pubs.
03:49Je m'en fous.
03:50En plus, je me sens bien ici.
03:51J'ai l'impression qu'on est une famille.
03:54C'est une impression.
03:55Je sais que j'ai tendance à me projeter assez vite.
03:58Anouk répond.
03:58Moi, je t'en supplie.
03:59Je crois que je t'aime.
04:01Je ne pensais pas à me livrer à ce point un si peu de temps, mais c'était un plaisir
04:04d'être avec vous.
04:04En tout cas, merci beaucoup.
04:05Aïe, aïe, aïe.
04:06Mais je vais vous dire la vraie vérité.
04:08Vraiment.
04:09Il y avait tout le temps des extraits de vous qui remontaient dans mon feed sur mes réseaux
04:12sociaux.
04:13Mais tout le temps, tout le temps.
04:14Voilà.
04:15Et donc, force.
04:17J'ai parlé de vous, en effet, à Périne, notre reine, entre autres, de la programmation
04:22de cette matinale.
04:23Mais c'est vrai qu'en fait, je n'étais pas abonné à vous.
04:25Je me suis abonné hier soir.
04:27J'ai vu ça, j'ai fait bala.
04:28Je suis toujours honnête.
04:30Je suis toujours honnête.
04:31Alors que je connaissais très bien déjà vos sketchs.
04:33En attendant, la musique qui vous donne du réconfort, de la chaleur, c'est Paolo Conte.
04:51En même temps, vous avez peut-être quelques points communs avec lui.
04:54Il se trouve qu'il est italien.
04:55Vous avez une petite grosse partie italienne.
04:58C'est une chanson qui parle de quelqu'un qui observe et qui encaisse et qui encaisse
05:01et qui encaisse les coups.
05:02Vous avez quitté l'école trois semaines avant le bac, après une rupture, heureux,
05:06j'ai l'impression, une dépression.
05:08Vous êtes parti à Londres sans argent, sans boulot, sans contact.
05:11Ouais, sans rien du tout.
05:13Je suis parti là-bas parce que j'avais une pote qui pouvait m'accueillir trois jours.
05:18Finalement, elle m'accueillit un jour et après, on s'est débrouillé.
05:22C'est comme ça que ça se passe.
05:23Ouais.
05:24Dans ce fameux podcast qui s'appelle Safe Place, il y a Léandre, vous, Tom Baldetti,
05:31et vous recevez des invités.
05:32Vous êtes fantastiquement costumés.
05:34Je tiens à le préciser parce que vous ne le dites jamais.
05:36Les gens écoutent ce podcast.
05:37Beaucoup de monde écoute ce podcast.
05:38Mais regardez à l'image parce qu'ils ont des costumes fabuleux à chaque fois.
05:41Et il y a des moments récurrents.
05:43Donc, vous allez encore une fois vous poser vos propres questions récurrentes.
05:46La première étant...
05:47Imagine tu meurs.
05:48Imagine tu meurs.
05:49T'es mort.
05:50Et là, il y a un écran devant toi.
05:51Il y a écrit « Voulez-vous jouer une nouvelle partie ? »
05:54Oui ou non ?
05:55Tu fais quoi ?
05:56Donc, Sonia, Charline, vous avez compris la question.
05:58Oui, oui.
05:59Moi, j'en joue.
05:59C'est pas votre vie.
06:00C'est pas votre vie que vous rejouez.
06:01C'est une nouvelle vie.
06:02Ça dépend laquelle.
06:04Alors, qu'est-ce que vous répondez à cette question ?
06:08Ben oui, parce qu'on fait les malins.
06:09On fait des questions.
06:10Je pense qu'en vrai de vrai, si je suis brutalement honnête, non.
06:15Non, j'ai déjà beaucoup trop de chance.
06:17Je ne tente pas.
06:19Une vie, ça peut être trop compliqué.
06:20Anthony, il n'y retourne pas.
06:22Deuxième question récurrente.
06:23Parce qu'encore une fois, les invités, l'émission ne commence jamais vraiment dans ce podcast.
06:27Et les invités se mettent à réclamer des questions aux interviewers qui oublient de leur poser des questions.
06:31Et il y a celle-ci qui revient souvent aussi.
06:33Tu pouvais acheter un truc avec ton bodyguard, c'est ça quoi ?
06:36Je traduis la question.
06:37Si le nombre de personnes avec qui vous avez couché valait de l'argent, vous pouvez acheter quoi ?
06:44Ah ouais, putain, mais en fait, tu as repris toutes les questions.
06:46Mais j'ai travaillé.
06:47Ouais, bah ouais.
06:48Le tâche-mâle.
06:50Il a beaucoup couché.
06:51Non, non, non.
06:54FIFA, je pourrais acheter FIFA.
06:56Voilà.
06:57Un jeu vidéo.
06:58Oui, voilà.
06:58Un jeu vidéo, c'est middle.
07:01J'ai un peu envie de poser la question à Charline et Sonia, mais je vois qu'elle m'en
07:04regarde.
07:04Non, ne me pose pas la question du bodyguard, Daphné.
07:07Bah, elle m'a dit non.
07:08Vous avez tout augmente.
07:10Du carburant.
07:12C'est l'inflation.
07:13Ça s'en plombe 98.
07:16Quand le détroit d'Orbouze est bloqué.
07:20En tout cas, dans vos références absolues en matière d'humour, il y a Eric Judor, Ramzi Bedia, Gadel Malet,
07:26Jamel Debbouze et aussi Pierre Desproges.
07:28Le jour de la mort de Brassens, je pleurais comme un môme.
07:31Alors que je ne sais pas pourquoi, mais le jour de la mort de Tino Rossi, j'ai repris deux
07:35fois des moules.
07:39Si vous voulez, je peux vous imiter mon père qui a un cancer de la gorge.
07:44Mais je vous préviens, en général, ça fait rigoler que mes gosses.
07:48Je voudrais une petite couloise sans filtre.
07:53Ah vous, marrez, mais ce n'est pas évident d'imiter l'accent cancéreux.
08:00Surtout quand on n'a pas de cancer.
08:03Aïe, aïe, vous arrivez...
08:05Il est drôle.
08:05Il est drôle.
08:06Il est énorme, il est trop touchant, il était trop classe, trop élégant.
08:10C'est le premier stand de part.
08:12Je suis d'accord.
08:12Oui, oui.
08:13Mais vous arrivez dans une époque où tout est repris.
08:15Tout est commenté.
08:16A l'époque de Desproges, pas du tout.
08:18On connaît l'histoire charlée, je vous pose la question aussi.
08:21Mais est-ce que vous êtes déjà censuré ou est-ce qu'une blague doit toujours être un tout petit
08:24peu dangereuse ?
08:26Parce qu'elle n'est pas dangereuse, on se fait chier quoi.
08:28On n'y va pas charlée.
08:29L'humour ne prend pas de précaution.
08:30Sinon, on ne t'en fait pas.
08:31C'est ça que je voulais dire.
08:33M'a volé mon idée.
08:37Je n'avais pas du tout pensé de ça.
08:38C'est exactement ce que je voulais dire.
08:40On va faire équipe.
08:41Maintenant qu'on est dans la famille.
08:42Oui.
08:43En tout cas, il y a une chanson qui représente bien votre humeur du moment, c'est celle-ci.
08:56Elle s'appelle Ray, évidemment.
08:58Ça s'appelle Oscar Winning Tears.
09:00Et c'est une chanson qui dit avoir besoin d'être reconnu après avoir galéré.
09:08Oui, je ne sais pas si je suis en quête de ça, mais ça fait du bien.
09:12Ça fait du bien quand on parle de soi et surtout de son travail.
09:15Ça veut dire qu'on fait des bonnes choses et qu'on va dans le bon sens.
09:19Et surtout, on prend beaucoup de plaisir.
09:21Alors voilà, c'était Anthony Giuliani au micro de France Inter.
09:24Vous pouvez le suivre sur les réseaux sociaux et aller le voir en salle surtout.
09:27Et au passage, il a glissé une petite déclaration d'amour à Hanouk.
09:30J'ai entendu.
09:31J'ai entendu.
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