00:00Avec une Daphne Birky et avec une nouvelle tête !
00:02Oui parce qu'il est presque 9h50 et nous sommes toujours en direct dans le studio
00:07de la grande matinale de France Inter, ma nouvelle tête ce matin s'appelle Mona Guba.
00:13Rappeuse, beatmaker, peut-être que vous l'avez déjà aperçu tant la viralité de son flow est grande.
00:19Elle s'est fait remarquer sur les réseaux sociaux grâce à son phrasé,
00:22son débit désarmant de sincérité, son crâne rasé et ses immenses yeux bleus qui vous sidèrent.
00:28On l'écoute dans un de ses freestyles.
00:30C'est tout ce qu'on refuse de rendre banal, c'est ce qui nous soulage de quelques grammes.
00:33Pour cette petite dont le seul sera de voir Miss Météo sur canal,
00:37il y a ces bons moments insoupçonnés qui le deviendront par la nostalgie.
00:41Pour les revivre on pourrait tout donner, mais l'argent ne corrompt pas le temps qui file.
00:44Oui, un bon moment si je veux au foot avec...
00:46Oui, ce que vous entendez, c'est l'endroit où elle a trouvé une tribune
00:49en s'installant chez Kian Kojandi et Navo dans le podcast Un bon moment.
00:53Et croyez-moi que ça ne sera pas bref son chemin.
00:56Bonjour Mona Guba, bienvenue sur France Inter.
00:58Bonjour Daphné, merci de m'accueillir.
01:00Je suis ravie que vous ayez accepté cette invitation.
01:02C'est moi, c'est moi.
01:03Et c'est vous, et non seulement vous, parce que vous vous appelez réellement Mona Guba.
01:07Je trouve ce nom absolument génial.
01:09Merci beaucoup.
01:09Je trouve qu'il sonne tellement bien.
01:10Non mais parce que sérieusement Sonia, dans le rap,
01:13prendre un autre nom, un blaze, un personnage, c'est ce qui se fait.
01:16Ça tient presque du rite de passage.
01:18Et vous, vous faites l'inverse.
01:19C'est impossible de séparer la femme de l'artiste.
01:22Impossible, mais c'est tout à fait pour ça que je ne l'ai pas fait.
01:24Enfin, que j'ai pris mon vrai nom et que je n'ai pas pris un blaze.
01:27Parce que dans le rap, il y a toujours ce truc de s'inventer un personnage
01:30et du coup de pouvoir plus facilement dire des choses pour après se détacher.
01:35Et moi, je voulais assumer et faire un projet lié à ma personnalité et ce que je revendique.
01:39Si on vous écoute, on sait tout, on entend tout.
01:42Vous venez des années 2000, mais vous avez déjà eu plusieurs vies.
01:4510 ans de conservatoire en flûte traversière.
01:487 ans en équipe de France de Kung Fu.
01:50La flûte et le Kung Fu, ça fera un très bon titre pour une de mes nuits un peu compliquées.
01:55Mais chez vous, ça raconte surtout une discipline énorme.
02:00Comment tout ça, ça vous a amené au rap ?
02:03La musique, j'ai commencé très tôt.
02:05Ma mère m'a inscrite au conservatoire quand j'avais 4 ans.
02:07Je crois que je n'ai même pas demandé.
02:09Elle m'y a mis.
02:10Et d'ailleurs, je n'ai pas dit un mot pendant un an ou deux ans.
02:12Je me faisais toujours punir, mais parce que je n'avais pas envie de parler.
02:15Et après, la rigueur, je l'ai appris au Kung Fu.
02:18C'est vraiment un sport très rigoureux.
02:22Il y a beaucoup de discipline, et surtout la spiritualité dans les arts martiaux chinois,
02:25dans les valeurs qu'on peut apprendre en Chine.
02:28C'est quelque chose qui m'a toujours suivie et qui m'a aidée, même dans le rap aujourd'hui.
02:32Même dans votre écriture, oui.
02:33Oui, grave.
02:34Ce freestyle, qu'on va entendre, il approche les près de 3 millions de vues,
02:39et il est dédicacé à votre sœur.
02:41Est-ce que je lui dis que non, on n'est pas tous égaux,
02:44qu'elle s'en rendra compte bien vite, avec sa couleur de peau.
02:46Est-ce que je lui dis pour les regards déplacés, les menaces et les faux,
02:49où elle sera effacée, quoi qu'elle fasse, on dirait que c'est jamais assez,
02:52que la tactique c'est la peur, c'est ce genre d'ambiance.
02:55Il impressionne votre freestyle, parce qu'on ne sait jamais ce qui va se passer.
03:00Je vous encourage, chers auditeurs, à écouter.
03:02C'est assez marrant, parce que ça raconte une histoire qui passe du rire au cœur serré.
03:07C'est un espèce de toboggan émotionnel à chaque fois que Mona s'y met,
03:10dans lequel on se laisse volontiers glisser.
03:12Certains vous ont découvert avec ses freestyles dans un bon moment,
03:15d'autres vous suivez déjà sur les réseaux sociaux,
03:17ou encore vous avez découvert dans votre EP qui s'appelle NTP,
03:20il paraîtrait que vous écrivez tout le temps,
03:23qu'en fait vous ne dormez jamais, votre cerveau ne s'arrête jamais.
03:26C'est vrai que mon cerveau ne s'arrête jamais, c'est un peu épuisant.
03:29Et c'est vrai que parfois, la nuit, je me lève pour écrire des idées,
03:31donc même j'en rêve, mais je pense que c'est juste parce que c'est la passion.
03:35J'aime trop ça, donc ce n'est même pas un vrai effort.
03:38C'est fatigant au bout d'un moment quand on fait le bilan,
03:41après des mois et des mois à faire ça,
03:43mais c'est le rêve de ma vie, donc moi je suis la plus heureuse.
03:46Impossible de s'arrêter.
03:47C'est vrai que NTP est réellement tatoué entre vos seins ?
03:50C'est vrai.
03:51Ces trois lettres-là ?
03:52C'est vrai, oui.
03:53Vous avez tatoué votre premier EP ?
03:55Oui, tout à fait.
03:57Je cherchais une image, une cover impactante,
04:00et de toute façon, je voulais me le faire tatouer,
04:02et je me suis dit, si la photo de mon tatouage,
04:04ça ne voulait pas tout dire simplement que j'étais prête à...
04:06que ça faisait partie de moi, en fait.
04:08C'est dans la peau.
04:09On écoute.
04:31Ce titre, il s'appelle New York City.
04:33Vous avez décidé de tout faire toute seule.
04:36Vous composez, vous écrivez, vous réalisez vos clips,
04:39vous produisez vos beats, ce qui est très rare.
04:41Ce qui est très rare, merci de le souligner.
04:43C'est important de le dire.
04:44Oui, oui.
04:45Mais en fait, ce n'est pas que j'ai décidé,
04:46c'est par moyens, parce que ça coûte super cher la musique,
04:50de payer des gens pour faire tout ça,
04:51et en fait, j'ai mis mon argent dans une avocate,
04:54et du coup, je n'avais plus d'argent,
04:55donc j'ai été confrontée au fait de devoir tout faire toute seule,
04:59et on a trop de la chance aujourd'hui d'avoir Internet,
05:01d'avoir YouTube,
05:02qui est une infinité de tutos pour tout apprendre,
05:06et moi, j'ai appris comme ça avec tous ces YouTubeurs,
05:08YouTubeuses qui montrent ce qu'ils font,
05:11et du coup, j'ai fait ça toute seule dans ma chambre,
05:12cette EP, je l'ai vraiment fait de A à Z,
05:15même si c'est une amie qui m'a prêté un micro,
05:17on n'avait même pas de micro.
05:18Ce qui est souligné d'ailleurs,
05:19c'est que ça paraît très travaillé,
05:22il y a souvent juste l'essentiel,
05:24une basse, un kick,
05:25il y a beaucoup d'espace aussi,
05:27il faut trouver cet équilibre.
05:28Vous, vous résistez à la tentation d'en faire trop aussi ?
05:30J'essaye, j'essaye.
05:31Parfois, c'est difficile,
05:33et dans les freestyles aussi,
05:34c'est un exercice compliqué de ne pas en faire trop,
05:36mais je reste persuadée
05:38que moins on en met,
05:40mais les bons éléments ensemble,
05:42c'est ça qui fait la magie.
05:56Ce morceau, il raconte pas mal de vous aussi,
05:58parce qu'au lieu de faire un égo trip,
06:01exercice classique du rap,
06:02où on dit à quel point on est le meilleur,
06:03vous vous faites un défaut trip,
06:05dans lequel vous énumérez vos défauts,
06:07tout en vous déshabillant entièrement
06:09devant la tour Eiffel,
06:10dans ce clip que vous avez réalisé vous-même,
06:12alors qu'enfant, vous étiez donc la plus timide.
06:14Mais toujours, je suis toujours très timide,
06:17très réservée,
06:18mais dans la musique, j'aime bien,
06:20c'est mon terrain pour m'amuser.
06:22Et ouais, ce clip, c'était une bonne métaphore,
06:25et toujours l'idée d'aller à l'encontre
06:27de ce qu'il fait dans le rap,
06:27j'aimais bien l'idée de faire un défaut trip.
06:30La chanson qui vous aide à vivre,
06:32c'est celle-ci.
06:46« Love », de Nat King Cole,
06:48elle sort en 1965.
06:49Chaque lettre du mot devient une déclaration,
06:52c'est hyper simple, c'est enfantin,
06:53d'une élégance incroyable.
06:54Cette douceur-là, il faut savoir qu'elle arrive
06:56dans un moment très particulier de sa vie.
06:58Il a été l'un des premiers artistes noirs américains
07:00à devenir une immense star populaire aux Etats-Unis,
07:03dans une Amérique encore profondément ségrégationniste.
07:06Il a subi des attaques racistes,
07:08des attaques même sur scène, en plein concert.
07:10Et pourtant, il choisit cette voix que vous entendez
07:13de velours, cette délicatesse comme résistance.
07:15Pourquoi est-ce que c'est cette chanson-là
07:17qui vous aide à vivre ?
07:18C'est la chanson du générique de mon film préféré
07:21que j'ai découvert quand j'étais petite,
07:23quand j'avais 7 ans, qui s'appelle « À nous 4 ».
07:25Et c'est la chanson qui ouvre le film.
07:27Et en fait, le matin, je me levais plus tôt
07:29avant d'aller à l'école pour regarder ce film.
07:31Et du coup, je regardais le générique en boucle
07:32parce que j'avais le temps de le regarder 5 minutes.
07:34Et du coup, je l'ai tellement écouté.
07:36Et elle me rappelle mon enfance.
07:37C'est une chanson que j'écoute
07:37et que je chante tout le temps avec ma mère.
07:39Et il a même fait une version en français
07:40avant de décéder, Nat Kingol.
07:42Sauf qu'on ne comprend rien
07:43parce qu'il n'a pas un très bon accent.
07:46Mais c'est une chanson qui me rappelle plein de trucs,
07:47plein de bons souvenirs.
07:48Et je l'adore.
07:49Elle vous représente bien.
07:51Alors, je vous propose une carte blanche
07:53au micro de France Inter ce matin.
07:57Je vous remercie.
07:58C'est un bout de mon freestyle
07:59ensemble sur ma petite sœur dont vous avez parlé.
08:01Le studio de France Inter est à vous.
08:02Parti.
08:08Manger les larmes aux yeux
08:09dans le Super Bowl de Bad Bunny.
08:11L'étoile, celle de David
08:12ou du drapeau des Etats-Unis.
08:14Chez nous, ma tata algérienne
08:15nous fait du couscous à Noël.
08:17On chante Dja Dja avec Aya
08:18devant la garde républicaine.
08:19Un débat est intéressant
08:21que si les idées sont divergentes,
08:22un thé citron serait fade
08:23sans une touche de gingembre.
08:25Chez nous, on fête le 14 juillet
08:26autour d'une paille là.
08:28Et c'est mon pote à thé
08:29qui rallumera une bougie ce soir.
08:30Et c'est le mix sucré-salé
08:32qui ramène de la saveur.
08:33L'arc-en-ciel serait pas magique
08:34s'il était d'une seule couleur.
08:36On a tous la même bataille,
08:37la même partie.
08:38Ma grand-mère portugaise
08:39crie « caraï »
08:40quand Mbappé rate son pénalty.
08:41Et je m'inquiète,
08:42plus le temps,
08:43les pincettes,
08:44je les prends.
08:44Car cette haine,
08:45ces slogans,
08:46de ces guêpes,
08:46ces serpents,
08:47ne reflètent pas la France,
08:49non au fait.
08:49Les différences,
08:50on s'entraide,
08:50on apprend
08:51comment remettre
08:52médicaments
08:52mais le chronomètre
08:53lui avance
08:54et les extrêmes
08:54sont puissants.
08:55Ils nous guettent,
08:56nous attendent,
08:57ouais ils s'aiment.
08:57La méfiance,
08:58mettent les tincelles
08:59dans les sens,
09:00mettent les braises
09:00dans les cendres.
09:01Les défaites,
09:02il y en aura cent.
09:02Mais les défaites,
09:03on les enjambent.
09:04Moi car la quête,
09:04elle est plus grande
09:05pour ma soirette,
09:06pour nos enfants
09:06qui ont des rêves
09:07à revendre
09:08car ceux qui s'aiment
09:08sont plus grands.
09:09On lève la tête,
09:10on met les gants,
09:11on proteste,
09:11on se rassemble,
09:12les mensonges
09:12avec une requête
09:142027 ensemble.
09:16Elle est très forte.
09:19Elle s'appelle Mona Guba,
09:21il faut la suivre
09:21évidemment sur ses réseaux.
09:23Il y a un concert
09:24à la maroquinerie
09:24le 16 septembre 2026,
09:26je vous le dis
09:26parce qu'il reste
09:26très peu de place.
09:27Vous pouvez la retrouver
09:28évidemment dans
09:29un bon moment,
09:30génial podcast
09:30et ce premier EP
09:32qui s'appelle NTP
09:33qui est disponible partout.
09:34Merci Mona,
09:35merci Daphné,
09:35c'est la fin du mag.
09:36Vous continuez le kung fu ?
09:38Non, il n'y a pas le temps.
09:40Vous nous apprendrez,
09:41vous nous apprendrez.