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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir maintenant sur l'après-événement de la finale gagnée par le Paris Saint-Germain,
00:06c'est-à-dire la casse, les gardes à vue, les interpellations et maintenant les comparutions immédiates.
00:14On va retrouver Mélanie Bertrand, justement au palais de justice de Paris,
00:16pour savoir où en sont ces comparutions, qui est passé devant le juge et quelles sont les peines.
00:23Alors les peines, on va les avoir sans doute dans quelques minutes pour les premiers dossiers
00:27qui ont été jugés depuis le début de l'après-midi.
00:29Ici, il y a trois salles du tribunal judiciaire qui sont dédiées à ces comparutions immédiates.
00:34Moi, dans la salle où je me trouve, il y a cinq hommes qui ont été jugés depuis 13h30.
00:38Il y a eu par exemple Anis C. Il a 41 ans.
00:42Il est jugé pour avoir volé des dizaines de bouteilles d'alcool dans un supermarché, rue de la Boétie, dans
00:47le 8e.
00:48Samedi soir, je ne savais pas que c'était un magasin.
00:51Il faisait très noir, dit-il, un peu maladroitement à la barre.
00:55Le procureur a demandé pour lui 12 mois de prison ferme parce qu'il est en état de récidive.
00:59Il y a aussi le cas de cet étudiant en master de maths, 23 ans, Hugues B.,
01:04soupçonné d'avoir lancé des mortiers d'artifice vers les forces de l'ordre samedi soir.
01:08Je suis désolé pour ce que j'ai fait. C'est très bête au vu des conséquences.
01:12Et puis, il y a aussi le cas de Jérémy F.
01:14Lui, il a 18 ans.
01:15Lui aussi a été interpellé alors qu'il visait les forces de l'ordre avec un mortier,
01:19ce qu'il nie.
01:20Debout dans le box avec son maillot du PSG, il dit qu'il visait en l'air.
01:25Je me suis laissé emporter par l'euphorie.
01:27Le procureur a demandé 12 mois de prison avec sursis probatoires.
01:31On écoute son avocat.
01:33On en vient à lui proposer un mortier et que, dans l'euphorie et amusé par ça,
01:39il en vient à tirer vers le ciel.
01:41Immédiatement après, il est interpellé et poursuivi pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
01:48On se retrouve en fait dans un dossier où on a juste un procès verbal relativement imprécis,
01:54relativement peu identifiant, qui vient fonder une condamnation pour des faits qui sont quand même gravissimes.
01:59Voilà, les comptes rendus d'audience de Mélanie Bertrand au palais du Ciro.
02:02C'est justement une avocate de prévenus.
02:04Maître Britsch, qui est avec nous, merci d'être là, puisque vous étiez au tribunal.
02:09C'était hier, je crois, il y avait deux prévenus que vous défendiez, jugés en comparution immédiate.
02:14Quels sont les profils, pour qu'on comprenne bien ?
02:16Alors, hier, moi j'ai défendu deux jeunes, 20 ans et 22 ans, très bien insérés dans la société.
02:22Pas de casier ?
02:23Pas de casier.
02:24Vraiment, des primo, aucun problème avec la justice.
02:28Qu'est-ce qu'on leur reprochait ?
02:29Alors, on leur reprochait des insultes au moment d'une interpellation, en fait.
02:36On leur reprochait également une rébellion, et pour un, des violences, mais qui ont été requalifiées.
02:43Alors, Raphaël et Hichem, on a mis à l'antenne leur nom, leur prénom plutôt, et précisément…
02:50Jugez pour outrage et violence sur un policier, 12 mois de prison, dont 6 fermes à aménager,
02:54et pour l'autre, 10 mois de prison avec sursis pour vol, avec violence.
02:59Et outrage, quand même.
03:01Pas du tout vol avec violence.
03:04C'était surtout une rébellion qui a, en fait, qui était consécutive à une interpellation.
03:12Et il y avait une suspicion, en effet, de tentative de vol.
03:18Mais les faits se sont passés d'une manière tellement rapide aux trocadéros,
03:21qu'en fait, il n'y avait absolument pas d'éléments suffisamment…
03:25C'est ballot, quand même, parce qu'à chaque fois, c'est rapide, c'est par inadvertance,
03:29je me suis trompé, j'ai été entraîné, je ne savais pas ce que je faisais là,
03:35c'est pas moi, c'est l'autre qui m'a poussé.
03:36Enfin, il n'y a que des innocents à chaque fois.
03:38– Vous savez, la culture du doute, ce serait intéressant de réintégrer
03:42dans les formations magistrats, policiers, avocats, gréveurs…
03:46Bon, toute profession judiciaire confondue,
03:49ce serait bien de réintroduire la culture du doute.
03:51Parce que vous savez, les certitudes et les conclusions hâtives,
03:55ce n'est pas toujours…
03:56– Que disent vos clients ?
03:57– Alors, les clients, ils ont expliqué qu'en fait,
03:59ils sont venus au trocadéros et l'autre a traversé la place Saint-Michel
04:04à un moment, bien sûr, de victoire fédératrice pour le PSG,
04:09où ils retrouvaient des amis, ils étaient là pour fêter un moment de magie du sport,
04:15comme on en connaît.
04:17– Et puis tout s'est enchaîné.
04:18– Le monde de la culture, on peut en parler aussi, messieurs.
04:20– Non, mais je voudrais savoir, est-ce qu'ils nient les faits ?
04:23Est-ce qu'ils reconnaissent ces faits ?
04:24– Ils ont reconnu au moment d'une interpellation
04:28qu'en effet, ils ont eu des propos, des propos qui sont reprochés,
04:33qui ont dépassé un peu leur pensée,
04:34parce que les interpellations, il faut savoir qu'elles sont très musclées.
04:38Ils sont, en général, ils arrivent, parce que lorsqu'on est pris dans l'étau,
04:41c'est ce qui était leur cas, ce sont des jeunes insérés qui sont là pour s'amuser.
04:44Ils sont pris dans l'étau, ils sont à un moment donné, en effet,
04:48à une place où moi et vous, nous n'étions pas.
04:52Alors, c'est vrai.
04:54– Puisque vous m'interpellez, moi j'étais porte de Saint-Cloud.
04:57– Oui.
04:57– Et effectivement, entre d'un côté les policiers et de l'autre des bandes de jeunes
05:02qui jetaient des projectiles et des mortiers d'artifices.
05:05– Oui, non, il n'y avait pas de…
05:07– Et là, il n'y en avait pas.
05:08– Aucun profil de mortier.
05:11– D'ailleurs, j'ai discuté avec des confrères cet après-midi au palais de justice.
05:14– Vous n'avez pas forcément été les bons, ce que vous dites.
05:15– Il n'y avait pas énormément, il n'y a pas eu, parmi les personnes interpellées,
05:19beaucoup de personnes qui ont tiré ou mortier.
05:21Il y en a eu quelques-uns et bien sûr, ceux-là, je pense qu'ils seront…
05:24– Il faut les condamner.
05:25– Non, mais ils auront une peine juste à la hauteur.
05:28Vous savez, une peine pour ne pas récidiver, il faut qu'elle soit justement acceptée
05:32et qu'elle puisse permettre une conciliation entre le fait qu'il est reproché
05:35et la personnalité de la personne qui en fait accepte de réparer la société.
05:40Autrement, il y a une récidive assurée, c'est peut-être le cas de ce monsieur
05:43qui a volé les bouteilles.
05:44Une récidive, c'est parce qu'à un moment donné, peut-être, peut-être, je dis bien,
05:48le sens de la peine n'a pas été entendu.
05:50– Donc c'est la faute de la justice en fait.
05:51– Non, je dis que la justice doit être vaillante et la justice doit être incarnée
05:54aujourd'hui, ce qui malheureusement n'est pas toujours le cas dans tous les métiers
05:59parce qu'il faut se remettre en doute.
06:00Les avocats, on se remet en doute, les magistrats aussi, on se remet en doute
06:03au niveau de la formation des policiers, on va peut-être en parler aussi.
06:06– Et pas les policiers, ils ne se remettent pas en doute les policiers.
06:08– Non mais au niveau d'une formation…
06:09– Alors, on va en parler avec, justement, avec ma maître, on va écouter Jean-Christophe Couvi.
06:12– Une formation concernant les interpellations, je pense qu'en effet,
06:14il pourrait y avoir une formation peut-être un peu plus d'entour.
06:16– Jean-Christophe Couvi, ce que je comprends dans ce que dit notre avocat,
06:20c'est qu'on n'a pas forcément arrêté les bons à chaque fois.
06:22– Et avec des erreurs judiciaires, de toute façon.
06:24– Non mais je pose certainement la question parce que c'est compliqué, il y a la foule,
06:28il faut essayer d'interpeller effectivement les personnes qui s'en prennent vraiment aux policiers,
06:32qui commettent vraiment des pillages, est-ce que c'est parfois pas celui qui court le moins vite qui s
06:36'est attrapé ?
06:36– Je pense que les policiers ont tous besoin d'aller chez Afflelou,
06:38parce qu'on a tous besoin de lunettes, à mon avis, on ne voit pas trop…
06:41– Est-ce que vous avez le temps de faire des enquêtes ?
06:43– Non mais enfin, c'est du flagrant délit, quand on voit une personne qui nous jette des objets,
06:49qui utilise des mortiers d'artifice sur les forces de l'ordre,
06:52on intervient, on interpelle, c'est du flagrant délit.
06:55Et après, effectivement, on fait un procès verbal, une mise à disposition, etc.
06:57– Votre client Hichem S, là, excusez-moi, c'est quand même un bon client,
07:01parce que quand on dit à un policier, si je vous retrouve, je vous tue, je nique ta mère,
07:05il a craché sur un collègue, et après, en plus, il a pris une ITF,
07:10l'interdiction du territoire français de 5 ans.
07:11Bon, il ne partira pas, je vous rassure, on est en France,
07:14et il a pris 10 mois de sursis simple.
07:15– Il travaille à Barcelone, il est déjà de retour pour exécuter son contrat de travail.
07:20– C'est très bien, donc il ne reviendra plus jamais en France,
07:23alors il a l'interdiction de 5 ans.
07:24– Écoutez, il y a d'autres matchs sportifs, je pense qu'il a compris,
07:27parce que justement, vous savez comme…
07:28– Non, il a compris, puisqu'il voulait voler un collier d'ailleurs, donc il est bien confus.
07:31– Non, il a compris qu'en effet, à un certain moment,
07:33peut-être qu'on se doit de ne pas faire la fête d'une manière peut-être…
07:37– Bien sûr, on peut faire la fête.
07:38– Ça, ça ne s'appelle pas faire la fête.
07:40– Attendez, faire la fête, faire la fête, quand on est jeune, parfois,
07:43les limites, quand on est plus âgé, on perçoit mieux les limites.
07:46Ce sont des jeunes qui étaient un petit peu perdus dans une…
07:53– Mais là, vous êtes dans la culture de l'excuse, pardon maître,
07:57est-ce que finalement, ce n'est pas la meilleure façon de pousser à la récidive ?
07:59– Il n'y a pas d'intention absolument malveillant vis-à-vis des policiers.
08:01Et ça, c'est ce qui me donne une conviction aujourd'hui pour échanger avec vous.
08:05– Je vais vous dire, vous êtes dans votre rôle, je suis dans le mien,
08:07donc moi, je ne suis pas là pour les défendre.
08:08– Est-ce que vous trouvez que les peines, depuis hier, sont suffisantes ?
08:11– On va se dire les choses, il y a 178 policiers blessés,
08:14et personne n'a dormi en prison.
08:15Voilà, personne, il n'y en a pas un qui a dormi en prison.
08:17– Mais la réponse pénale est aménageable.
08:19– Ah, bien sûr.
08:19– Et ce qu'il faudrait peut-être que la justice entende aussi,
08:22c'est que, pourquoi on ne pourrait pas prononcer des travaux d'intérêt généraux
08:26qui permettraient, en effet, d'apporter une certaine réparation ?
08:30– Mais, attendez, on va l'essayer.
08:31– La justice est sociale, avant tout.
08:32– Oui, les sociales, mais moi aussi,
08:33puisque c'est que des jeunes désœuvrés ou qui ont des problématiques, etc.
08:36– Alors, 98% de garçons, un tiers de mineurs et 85% de français.
08:42– Il y a plein de plages à nettoyer, il y a plein de forêts à nettoyer aussi,
08:44donc s'il faut les occuper, on peut les occuper, vous savez, il n'y a pas de souci.
08:47– Les travaux d'intérêt généraux ne sont pas appliqués parce qu'il n'y a pas les moyens.
08:51– C'est très compliqué, en fait.
08:52– Ce n'est pas du pipo, il faut des moyens pour une pénétration.
08:53– Attendez que M. Coulin, je suis désolé, mais…
08:55– On va essayer d'écouter tout le monde.
08:57– Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a 178 policiers qui ont été blessés,
09:00c'est plus 747%, puisqu'il y en a qui aiment les chiffres,
09:03par rapport à l'année dernière, en 2025.
09:05– Et combien de blessés collatérales aussi, par rapport à…
09:07– Moi, je ne fais pas le compte, mais le blessé…
09:08– Bah si, il y a même un mort.
09:10– Non, mais ça, ce n'est pas les policiers.
09:11– Non, mais attendez, il y a des…
09:13– C'est un accident qui a fait un scooter sur le périphérique.
09:16– Moi, je suis motard, je fais de la moto, je fais attention.
09:19– Je suis tombé dans la scène.
09:20– Bon, alors, je voudrais qu'on écoute aussi,
09:22et on va écouter tout le monde, la députée Edwige Villas,
09:25qui est avec nous, députée de la Gironde,
09:26vice-présidente du Rassemblement national.
09:28Alors, le RN est monté au créneau très rapidement,
09:29en voulant faire des propositions,
09:31notamment en impliquant les casseurs,
09:33et les faire payer, si j'ai bien compris.
09:35– Oui, évidemment, ce n'est pas une proposition qui est récente.
09:39Hélas, à chaque fois, c'est pareil,
09:41à chaque événement festif, à chaque 14 juillet,
09:43à chaque 31 décembre, on a toujours des casseurs
09:47qui sont galvanisés par un sentiment d'impunité.
09:50Moi, je voudrais commencer par avoir une pensée émue
09:53pour les policiers qui font un travail remarquable.
09:55Les 178 qui ont été blessés,
09:57dont 5 à Bordeaux, dans mon département, la Gironde.
10:00– Oui, parce qu'il n'y a pas qu'à Paris, il y a des incidents.
10:02– Exactement, plus aucun territoire n'est épargné
10:06par ces violences systématiques.
10:07– Des vies comme New York, Montluçon.
10:08– Exactement.
10:09Et là, ce que j'ai commencé à voir,
10:11en fait, les Français attendent cette fermeté.
10:13Et oui, le principe du casseur-payeur
10:15que nous, nous voulons instaurer,
10:17c'est un principe qui est attendu par les Français.
10:19Là, ce que l'on voit à la lecture
10:20des premiers compte-rendus d'audience,
10:22je ne sais pas si c'est le même Hichem
10:25dont vous parliez tous les deux tout à l'heure,
10:27moi, ce que je vois, c'est quelqu'un, en fait,
10:28qui est poursuivi pour vol avec violence,
10:31qui fait des outrages et des violences
10:34sur un agent de la police
10:36qui arrache une chaîne en or à une victime
10:38qui profère des menaces de mort
10:41contre un policier,
10:43qui, de surcroît, est étranger.
10:45Eh bien, en fait, qu'est-ce qu'il a ?
10:46Un petit sursis.
10:47Avec le Rassemblement national au pouvoir,
10:49cet étranger, c'est dehors
10:50et il ne reviendra pas en France.
10:51Parce que là, il a un petit sursis
10:52et 50 inéligibilités.
10:54Autant dire qu'il s'en fiche
10:55d'avoir 50 inéligibilités.
10:57– Il est à Barcelone.
10:59– Donc, pour vous, ce n'est pas suffisant.
11:01Il aurait dû aller en prison, c'est ce que vous dites ?
11:02– En fait, il aurait dû être expulsé.
11:04– Il est en train d'être à Barcelone.
11:06– Il y a eu un problème dans la stratégie
11:07mise en place par le ministre de l'Intérieur ?
11:08– Mais oui, pardon,
11:10mais le ministre de l'Intérieur est dans le déni.
11:12Il nous dit que tout s'est globalement bien passé.
11:14Mais ses prédécesseurs,
11:15tous les ministres de l'Intérieur macronistes,
11:18ont été dans le déni.
11:19Pourquoi ?
11:19Parce que reconnaître qu'ils sont incapables
11:22d'endiguer cette violence,
11:24eh bien, c'est reconnaître leur propre échec.
11:25Et là, vous vous doutez bien
11:26qu'à quelques mois d'une élection présidentielle,
11:28eh bien, ils ne vont pas faire leur méal culpable.
11:31– Alors, attendez, mais ce n'était pas la bonne stratégie,
11:32M. Couvier, attendez, puisqu'on a un policier avec lui.
11:34Ce n'était pas la bonne stratégie.
11:36– La jeunesse…
11:36– Attendez, maître.
11:37– La stratégie, c'était quand même de mettre du monde.
11:39On a bien compris.
11:40D'ailleurs, on a rappelé les policiers
11:41sur leurs vacances, sur leur temps de repos, etc.
11:44– 22 000 policiers en mobilisant.
11:46– Pour gonfler les chiffres et pour occuper le terrain.
11:48Sauf qu'après, en fait,
11:48vous êtes dans du rétablissement d'ordre, en fait.
11:51Ce n'est pas du maintien de l'ordre classique,
11:52c'est les violences urbaines.
11:53Et la stratégie, nous, on le voyait sur le terrain,
11:55nos collègues nous disaient,
11:56déjà, on manquait de moyens, de grenades, etc.
11:59On avait des instructions, mais je suis désolé,
12:02on a une hiérarchie qui, de temps en temps,
12:04godillait un petit peu dans les ordres.
12:06C'est-à-dire qu'à un moment donné,
12:07quand vous subissez pendant une heure des projectiles, etc.,
12:09et que vous n'allez pas au contact, vous vous blessez.
12:11Et c'est pour ça aussi qu'il y a autant de policiers blessés.
12:13– Donc il y avait des consignes de ne pas aller au contact ?
12:14– Il y avait des consignes de fermeté du ministre,
12:16et au fur et à mesure où on descend,
12:17ce n'était plus du tout la même consigne.
12:18– Ça veut dire quoi au fur et à mesure où on descend ?
12:20– Dans la hiérarchie policière.
12:22Quand on fait l'appel pour être présent,
12:25et qu'on vous dit, alors vous utilisez la force,
12:27mais surtout pas de violence.
12:28Donc je ne sais pas comment on fait le distinguant.
12:30– Enfin, ce n'est pas le ministre qui a autorité
12:32en disant, voilà quelle est la stratégie.
12:33– Non, mais le ministre, il donne des instructions,
12:34et après, entre les deux, il y a une chaîne hiérarchique
12:38qui est là pour expliquer, pour mettre en place une stratégie,
12:41pour diriger des troupes,
12:42et donc pour faire des interpelles,
12:44ou pour aller aux confrontations.
12:45– Et ça, c'est très compliqué.
12:47– Moi, ce qui m'a frappé, c'est la présence importante
12:49quand même de ces mortiers d'artifices.
12:52– Mais c'était préparé, vous ne venez pas
12:54pour faire la fête, vous n'avez des mortiers.
12:55– Non, mais on est censé les avoir interdits,
12:58ils sont quand même assez costauds ces mortiers.
13:00– Vous allez en Allemagne, en Belgique,
13:01vous allez partout, vous allez acheter,
13:03vous faites livrer, vous allez à la maison.
13:04– Donc en fait, quand on dit on va interdire,
13:06c'est pipo, parce qu'il y a eu des mises.
13:08– C'est le sens de la loi, sauf qu'en fait,
13:09il n'y a pas moyen de contourner la loi,
13:10c'est le sport national en France.
13:12– Mais ce qui veut dire que si les ordres
13:13étaient plus clairs, vous auriez pu interpeller
13:15davantage de personnes, neutraliser davantage ?
13:18– Pas forcément interpeller, parce qu'en fait,
13:19l'interpellation…
13:19– Ou empêcher qu'il y ait de la casse.
13:21– Le but d'un maintien de l'ordre,
13:22enfin d'un rétablissement de l'ordre,
13:23c'est de rétablir la paix sociale,
13:26c'est de rétablir l'ordre.
13:27Et donc des fois, c'est aussi d'aller repousser
13:29les personnes et pas forcément des interpellations.
13:31On fait beaucoup d'interpellations,
13:33parce que depuis Nicolas Sarkozy,
13:35d'ailleurs, ça a été un peu la mode,
13:36il fallait donner du chiffre,
13:40c'était on gonflait les pectoraux,
13:41on allait sur des plateaux pour dire
13:42on a fait plus, tant de pourcents
13:44d'interpellations, etc.
13:46Sauf qu'en fait, le rôle du policier aussi,
13:47à un moment donné, c'est de protéger
13:48les biens et les personnes,
13:50et c'est de ramener la paix sociale,
13:51et pas forcément faire que des interpelles.
13:53La preuve derrière, vous allez voir,
13:54encore une fois, il n'y aura que du sursis,
13:56il y aura des espèces de TIG,
13:57on va leur dire vous restez à la maison
13:58parce qu'il y a des aménagements de peine,
14:00vous allez pouvoir jouer à la PlayStation.
14:01– C'est une réponse pénale.
14:02– Mais vous verrez, ça va être ridicule.
14:03– Oui, peut-être, c'est la réparation.
14:05C'est qui va payer la casse
14:07quand on pille un magasin,
14:10on détruit un abrilus,
14:11comme on voit sur ces images sur BFMTV.
14:13– Alors, Jordan Varda, il voulait couper
14:13les subventions, les allocations familiales
14:17pour les familles de cassons.
14:18– Il y a un député Hébert qui propose un peu.
14:19– Il est revenu dessus cet après-midi,
14:21il a dit qu'il ne voulait pas la suspension
14:22et qu'il voulait que ça aide
14:24à rembourser les dégâts.
14:25– On en prenne une partie.
14:26– Voilà, qu'on les transfère.
14:27– Alors, justement, on va voir
14:28avec Nargis Hadji maintenant
14:30ce que dit la loi.
14:32Parce qu'entre vitrines de magasins éventrés,
14:35mobiliers urbains détruits,
14:36stations de vélos vandalisées,
14:37on se demande bien qui est responsable
14:39et qui paye, quoi.
14:40– Oui, vous vous souvenez peut-être
14:41d'une formule qui a fait mouche,
14:42celle de Gabriel Attal.
14:43Nous sommes en janvier 2024,
14:45il vient tout juste d'être nommé
14:46Premier ministre par le Président de la République
14:48et il a ses mots lors de sa déclaration
14:51de politique générale à l'Assemblée nationale.
14:53Écoutez.
14:54– Tu casses, tu répares, tu salis,
14:56tu nettoies, tu défies l'autorité,
14:58on t'apprend à la respecter.
14:59– Tu casses, tu répares, tu salis,
15:02tu nettoies, mais qui paye ?
15:04En théorie, les casseurs.
15:06En 2019, en pleine crise des gilets jaunes,
15:08la loi anti-casseurs est adoptée.
15:10L'idée est simple,
15:11faire payer les auteurs pour les dégâts
15:13qu'ils causent, mais vous allez le voir,
15:15c'est très difficile à appliquer
15:16pour deux raisons.
15:17La toute première, les identifications,
15:19elles sont compliquées.
15:20Souvent, les auteurs sont, par exemple,
15:22encagoulés.
15:23Et deux, beaucoup n'ont pas les moyens
15:25de payer les amendes.
15:26Un système qui ne punit pas suffisamment
15:28les auteurs des dégradations.
15:30Et c'est justement ce qu'a dénoncé
15:31cet après-midi le Premier ministre.
15:33– On est sur des dégradations
15:35qui coûtent extraordinairement cher
15:37à la société.
15:39Notre système ne se retourne pas suffisamment
15:41vers les auteurs de ces dégradations.
15:44Et je pense que cette question
15:45va être regardée désormais rapidement,
15:47sans tabou.
15:48Je ne suis pas favorable
15:49aux suspensions des prestations sociales.
15:51néanmoins, je crois qu'il y a
15:52un chemin de bon sens.
15:53C'est de permettre à ces prestations sociales,
15:55en dehors du reste à vivre,
15:57de financer justement ces réparations.
15:59La responsabilité individuelle
16:01d'un auteur d'un acte de violence,
16:04par définition de dégradation,
16:06doit pouvoir réparer.
16:08– Donc, Nargis Adji, en pratique,
16:10qui indemnise les victimes ?
16:11– Les assurances, souvent,
16:13à condition d'avoir souscrit
16:15les bonnes garanties.
16:16Par exemple, un commerçant
16:17ou un automobiliste sera remboursé
16:19si son contrat couvre ce type de dégâts.
16:22Sinon, les frais restent à sa charge.
16:24Voilà pour les particuliers.
16:26Mais pour le mobilier urbain, par exemple,
16:27eh bien, il a largement été prépourcible
16:29ce week-end, mais aussi l'an dernier.
16:31Il y a d'abord le mobilier
16:32directement géré par la municipalité,
16:34les bancs, les lampadaires
16:36ou encore les poubelles.
16:37La facture des dégradations
16:38est payée par la ville,
16:39c'est-à-dire par le budget municipal,
16:41autrement dit,
16:42par le contribuable parisien.
16:44Mais il y a aussi les abribus,
16:46les kiosques.
16:47Le mobilier publicitaire,
16:49géré notamment par l'entreprise
16:50JC Deco,
16:51le groupe français spécialisé
16:53dans la publicité urbaine.
16:54Et c'est donc l'entreprise elle-même
16:56qui s'occupe avec son assurance.
16:58Enfin, quid du Paris Saint-Germain ?
17:00Avant la parade sur le champ de Mars,
17:02le club s'est engagé
17:03auprès de la ville de Paris
17:05à prendre en charge en intégralité
17:06la remise en état des lieux
17:08s'il en a besoin,
17:09la pelouse, par exemple,
17:10si elle est abîmée.
17:11Merci Nargis.
17:12On constate d'ailleurs que dimanche,
17:15ça s'est bien passé au champ de Mars,
17:16c'est la célébration des joueurs,
17:18il n'y a pas eu d'incident majeur.
17:20Et d'ailleurs,
17:20j'entends certains responsables,
17:22notamment la France Insoumise,
17:23dire mais organisons des fanzones,
17:25ça permet de canaliser les violences.
17:28Or, la préfecture avait refusé,
17:30c'était une demande de la mairie de Paris,
17:32avait refusé la fanzone à Paris.
17:33La Coup du Monde démarre dans 9 jours.
17:35Est-ce qu'il ne serait pas intéressant
17:36de mettre des fanzones,
17:37en mettre peut-être plusieurs dans Paris,
17:38dans les grandes villes,
17:39pour vous aider peut-être aussi
17:41à canaliser les foules ?
17:43Effectivement, c'est une réflexion à avoir.
17:44Les fanzones, ça se fait même
17:45dans d'autres pays étrangers,
17:46on en a déjà fait en France.
17:47On en a déjà fait.
17:47L'idée quand même, c'est de filtrer,
17:49c'est de fouiller les personnes qui rentrent.
17:50Là déjà, on aura les vrais supporters,
17:52parce que ceux qui arrivent pour casser,
17:53ils seront vite éjectés.
17:54Et puis derrière,
17:55resteront peut-être des casseurs,
17:56et eux, ils seront plus faciles
17:57à isoler et à interpeller.
17:59Pourquoi la préfecture de police ?
18:00Ça, il faut demander au préfet,
18:01est-ce que c'est une joute
18:02entre le préfet et le maire ?
18:03Même si vous mettez la fanzone
18:05le temps du match,
18:06ensuite, il y a l'après-match.
18:08Et c'est là que ça devient problématique.
18:10C'est comme quand il y a une manif,
18:11c'est au moment de la dispersion
18:12ou de la fin de la manif.
18:13Ce sont les éléments
18:14qui viennent se greffer.
18:15Une fanzone, c'est comme dans un stade.
18:17C'est-à-dire que vous avez une entrée,
18:18vous canalisez,
18:19vous faites autour une zone
18:20justement de fouille.
18:22Et donc, c'est plus facile après
18:23à canaliser et à éjecter.
18:24Oui, mais il y a ceux qui se greffent après
18:25qui viennent à 3-4 pâtés de la maison
18:26de la fanzone.
18:27Du coup, ceux-là,
18:29on peut les détecter en amont
18:30et on peut les traiter.
18:31Vous voyez, le Parc des Princes,
18:33c'était comme une fanzone samedi soir.
18:34Ça s'est bien passé à l'intérieur
18:36et dès que le match s'est terminé,
18:37il y a eu des incidents
18:38porte de Saint-Cloud juste à côté.
18:39C'était même avant le match.
18:40Oui, c'était ça.
18:41On a envoyé qu'ils se positionnaient
18:42avant le match,
18:43à proximité de tout ça.
18:44Il faut intervenir tout de suite
18:45et éviter justement
18:46qu'ils collent au bitume
18:47et qu'ils soient là
18:49pour derrière entraîner
18:50les autres personnes.
18:51Avec vous au pouvoir,
18:52il y aura zéro incident
18:53si vous accédez à l'Elysée,
18:54Madame Diaz ?
18:55En tout cas,
18:56les gens qui commettent...
18:57Vous garantissez aux Français
18:58zéro incident ?
18:59Ce qu'on garantit aux Français,
19:00c'est que les racailles
19:00qui vont s'amuser
19:01à caillasser du flic,
19:02à détruire du mobilier urbain,
19:04c'est clair qu'ils seront poursuivis,
19:05oui,
19:05et qu'il y aura une tolérance
19:06à la matière.
19:07Oui, mais parce que là,
19:08ils le sont.
19:08Non, ils ne le sont pas.
19:09Ils sont tous relaxés
19:11ou ils ont du sursis,
19:13des tiges qu'ils ne feront pas,
19:14des stages de citoyenneté.
19:15Moi, j'ai eu l'occasion
19:16en tant que témoin
19:16d'assister à un stage de citoyenneté.
19:18Je vous garantis que...
19:20Ce n'est pas une sanction ?
19:21Non, non, parce qu'en fait,
19:21le gars, il avait ses pieds
19:23sur un siège,
19:24il n'avait même pas enlevé
19:24sa cascate avant de rentrer
19:25dans la salle.
19:26Vous dites que vous serez plus dur,
19:27mais en Italie,
19:28chez Mme Méloni,
19:30il y a eu des émeutes à Naples
19:31à l'issue d'un match de foot.
19:34Donc, on voit bien
19:35qu'il n'y a pas de recette miracle.
19:36En fait, nous,
19:37on n'est pas Mme Méloni, déjà,
19:38et la France,
19:39ce n'est pas l'Italie.
19:40Mais là, en fait,
19:41la solution de la fanzone,
19:43vous vous rendez compte,
19:43en fait,
19:44le degré de résignation
19:45qu'on a atteint.
19:46Mais là, avec la coupe du monde,
19:47il faudra trouver un système.
19:48Ça veut dire, en fait,
19:48qu'on va enfermer
19:49les honnêtes gens.
19:51Bah si, en fait,
19:51faute de vouloir mettre
19:52des frontières au niveau du pays,
19:54on va être obligés
19:54de faire des frontières
19:55à l'intérieur de notre pays,
19:57de mettre, en fait,
19:58des points de protection
20:00parce que nos villes,
20:02nos rues sont devenues
20:03à ce point si sûres.
20:05Parce qu'à ce point,
20:06l'État est incapable
20:08d'assurer la protection
20:09de passion du foot
20:10pour faire le champ du RN.
20:13Je suis désolée.
20:14C'est un peu trop facile.
20:15Je suis très respectueuse
20:16de votre métier.
20:17Vous faites votre travail.
20:18C'est très bien.
20:18Moi, je suis responsable politique.
20:20Et ce que je vois,
20:20en fait,
20:21c'est qu'il y a des honnêtes gens
20:21qui payent pour les exactions
20:24qu'on promis.
20:24Les réparations,
20:25elles ont toujours existé
20:26et on a toujours avancé
20:28vers une meilleure...
20:30Vous trouvez que ça va mieux ?
20:31On va vers une justice
20:32qui doit,
20:34avec notre bonne décision,
20:36avec la confiance qu'on a
20:37dans le magistrat,
20:38avec la confiance dont on a
20:39dans une indépendance
20:40de la justice,
20:41on doit arriver vers...
20:42C'est pas le sujet.
20:42Moi, ce que je vois,
20:43c'est qu'il y a des Français
20:43vers une possibilité
20:45d'une justice terrestre meilleure.
20:47Oui, mais...
20:47Sauf que là,
20:48les faits se répètent,
20:49ce maître.
20:49En attendant,
20:49il y a des gens
20:50qui sont...
20:50On n'a pas trouvé la solution.
20:51En effet, peut-être
20:51que l'incarcération
20:52n'est pas la solution.
20:53Ils ne vont pas en prison.
20:54Mais attendez,
20:55ils sont aménageables,
20:56mais peut-être
20:57beaucoup trop tard.
20:58Parce que moi,
20:58je vais vous dire
20:59comment je pense la justice
20:59aujourd'hui.
21:00Je pense qu'il faudrait
21:01mettre les moyens
21:02pour que ces jeunes
21:03qui ont une réponse pénale
21:05puissent en effet
21:06sans attendre
21:08être convoqués
21:08devant un juge
21:09d'application des peines
21:10pour que tout de suite
21:10on mesure ensemble.
21:11Parce que l'avocat,
21:12il fait quoi ?
21:13Il accompagne.
21:13Pas seulement après la compa.
21:15Il accompagne bien après.
21:16Et ça, vous ne le savez pas.
21:17Et ça, vous ne le dites jamais.
21:19Ils accompagnent les avocats
21:20au-delà.
21:21Et jusqu'à l'exécution.
21:22Et le problème,
21:23c'est qu'on est...
21:23Attendez,
21:24on est convoqués
21:25parfois six mois.
21:26Un an.
21:27Pourquoi ?
21:27Parce que les moyens
21:27ne sont pas là.
21:28Il n'y a pas de vision
21:30de la justice.
21:30Parce qu'aujourd'hui,
21:32ce n'est pas un problème
21:33de stratégie
21:35de mettre
21:36du tout répressif
21:37qu'il faut appliquer en France.
21:38Donc vous êtes contre
21:39le tout répressif.
21:39Il faut une vision
21:40de la justice.
21:41Avec une incarnation
21:42de la justice.
21:43Comme l'Innoventura
21:44incarnait à un moment donné.
21:45Parce qu'à un moment donné,
21:46il faut incarner
21:46les ballons de la justice.
21:47Je ne voyais pas arriver
21:48l'Innoventura.
21:49L'Innoventura,
21:50il incarnait.
21:51Bien sûr,
21:51vous avez raison.
21:53Je suis désolée.
21:53Aujourd'hui,
21:54qui crève l'écran ?
21:54Monsieur Darmanin ?
21:56Eh bien, il faut Ventura
21:57à la justice.
21:59Et Belmondo à l'intérieur.
22:00On y veille.
22:01On y veille à monter
22:02une équipe.
22:03Merci à tous.
22:04Merci.
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