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  • il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va maintenant revenir sur le meurtre de Liana, la colère qui ne retombe pas, la mise en garde du
00:05président de la République, Emmanuel Macron aussi.
00:08D'abord, nous allons retrouver Isor Delagorse, Mélanie Bertrand, qui est à Puy-Casquier, dans le Gers, parce qu'il
00:16y a un nouvel hommage qui se met en place, Mélanie.
00:20Oui, dans une heure environ, ici, dans cette petite commune de Puy-Casquier, les habitants sont appelés à venir se
00:26recueillir, à partager un temps d'émotion.
00:28C'est le maire de la ville qui a tenu à organiser cette cérémonie. Pourquoi ? Parce qu'il nous
00:33le disait tout à l'heure, nous sommes bouleversés et attristés.
00:36Et les habitants avaient vraiment besoin de ce temps d'échange, de recueillement, ici, sous les halles du village.
00:42Il y aura la lecture d'un poème de Paul-Éluard, la diffusion de musique, et notamment une chanson de
00:47Jean-Jacques Goldman, et aussi une minute de silence.
00:49Vous le savez, Puy-Casquier, c'est là que le corps de la petite Liana a été retrouvé la semaine
00:53dernière, au pied d'un silo agricole.
00:56Nous y sommes allés tout à l'heure, et c'est devenu, en quelque sorte, un lieu de mémoire.
00:59Il y a beaucoup de fleurs, de petits objets, des petites peluches, des petits mots qui ont été déposés au
01:05pied de ce triste bâtiment.
01:07Et nous avons aussi croisé une mère de famille qui est venue de Toulouse avec ses deux enfants.
01:12Elle est venue déposer des fleurs blanches. Elle ne connaît pas du tout la famille de Liana,
01:16mais pour elle, c'était évidemment important de venir et de tenter, par sa présence, de leur insuffler de la
01:21force.
01:21On va écouter son témoignage au micro de Valentin Rib.
01:24C'était rendre hommage à cette petite fille-là, qui a fait confiance, parce que les enfants, ils font confiance
01:33aux adultes.
01:34C'est penser à eux, c'est par notre petit geste, leur montrer qu'on est...
01:40Je crois, je me dis, on leur envoie de l'énergie, on leur envoie un peu d'amour, on leur
01:43envoie quelque chose qui peut-être va les aider.
01:46Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on est là.
01:50Et on verra tout à l'heure si dans une heure, il y a du monde ici.
01:53C'est un tout petit village, 400 habitants, mais on a senti une vraie émotion.
01:57Les obsèques de la petite fille auront lieu vendredi après-midi.
02:01Merci Mélanie Bertrand avec Annaëlle Tenot en direct depuis Casquier.
02:04Et puis précision, l'avocat de la famille de la collégienne confirme que les obsèques de Liana se tiendront bien
02:11vendredi dans la plus stricte intimité à la demande de la famille.
02:14C'est l'avocat des parents qui le précise, Alexandra González.
02:19Il faut aussi parler de la famille Barrella maintenant, du frère, mais aussi du père de Jérôme Barrella.
02:25On a appris par exemple que le frère de Jérôme Barrella venait d'être mis en examen.
02:30Oui, il a fait l'objet d'une plainte en 2024, une plainte visiblement oubliée,
02:35puisque pendant deux ans, il ne s'est visiblement rien passé.
02:38En tout cas, pas de garde à vue, pas d'interpellation le concernant.
02:41Jusqu'à il y a trois jours où cet homme, frère de Jérôme Barrella, avec qui il n'a plus
02:45vraiment de liens familiaux, nous dit-on,
02:47a été placé en garde à vue parce qu'une femme qui a eu une relation conjugale avec lui
02:54dénonce des viols conjugaux commis, selon elle, entre 2007, alors qu'elle avait 17 ans seulement, et 2011.
03:05Et pendant cette enquête, une deuxième femme est venue dénoncer des faits similaires
03:10qui, pour elle, se seraient déroulés en mars 2018.
03:14Donc, des viols conjugaux pour ces deux femmes concernant le frère de Jérôme Barrella.
03:20Viol sur mineur, puis viol commis par conjoint.
03:23Viol sur mineur parce qu'elle avait 17 ans au moment des faits.
03:26Il a été en garde à vue pendant deux jours.
03:28Lui a parlé uniquement de relations consenties.
03:30Il a nié tout viol.
03:32Pour autant, il a été mis en examen.
03:34Et contre l'avis du parquet d'Agin,
03:37qui avait demandé un placement en détention,
03:39le juge des libertés et de la détention a décidé de remettre cet homme
03:45mis en examen pour viol sur mineur et viol sur conjoint,
03:48en liberté, sous contrôle judiciaire.
03:51Le parquet d'Agin a fait appel.
03:53Mais il va y avoir un certain délai avant que cet appel ne soit réexaminé.
03:58Il y a le frère de Jérôme Barrella et il y a le père de Barrella
04:03qui, lui, avait été accusé de viol, on l'a appris,
04:06par une de ses petites filles.
04:07En 2013, il avait obtenu un non-lieu.
04:10Oui, il avait fait l'objet, lui, donc le grand-père.
04:13Le père de Jérôme Barrella avait fait l'objet d'une plainte
04:16par l'une de ses petites filles.
04:19C'est une des filles de Jérôme Barrella ?
04:20Non, ça doit être une nièce de Jérôme Barrella.
04:23Une petite fille qui a accusé son grand-père d'inceste
04:27commis au domicile familial pendant trois ans,
04:30alors qu'elle était mineure.
04:32Il y a eu une enquête, une instruction judiciaire qui a été menée.
04:35Durant cette instruction judiciaire, le grand-père Barrella n'a jamais été mis en examen.
04:40Il a été placé sous un statut intermédiaire qu'on appelle le statut de témoin insisté.
04:46Et puis, à la fin de cette instruction judiciaire, huit ans,
04:50au bout de ces huit ans, le juge d'instruction a décidé qu'il n'y avait pas assez d
04:53'éléments
04:53pour faire juger cet homme qui a aujourd'hui une soixantaine d'années.
04:57Et donc, le juge d'instruction a rendu une ordonnance de non-lieu
05:00pour des faits d'inceste dénoncés par la petite fille
05:04contre le grand-père Barrella, le père de Jérôme Barrella.
05:06Madame, maître Gage Bénail, vous êtes restée avec nous.
05:11Parce que je rappelle, juste avant, vous êtes l'avocat de deux plaintes contre Patricule,
05:15mais là, vous représentez aussi une enfant victime présumée de Jérôme Barrella.
05:19Exactement.
05:19Où est-elle dans ce dossier, pardon de vous le demander de manière un peu naïve comme ça ?
05:24C'est l'enfante qui est placée aujourd'hui à la ZEU et qui a dénoncé des faits en février
05:29dernier.
05:30Un signalement a été fait par la ZEU au procureur de la République en mars 2026
05:34pour des faits qui auraient eu lieu en août 2025.
05:38Et on apprend donc que la famille Barrella, finalement, se trouve impliquée
05:42dans des affaires de viol, d'agression sexuelle.
05:45Ça paraît sidérant.
05:48Malheureusement, on est dans ce genre de famille dite incestuelle
05:52où il y a des violences sexuelles de père en fils.
05:56On ne le sait pas.
05:58Aujourd'hui, aucun n'est condamné.
05:59Et encore une fois, il y a la présomption d'innocence.
06:01Vous dites que ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire, malheureusement.
06:03Non, c'est extrêmement fréquent.
06:04Et c'est extrêmement fréquent que ces familles passent entre les mailles du filet.
06:09Parce que, voilà, vous avez parfaitement résumé la situation et les faits.
06:15Il aura fallu la mort de cette petite Liana pour découvrir l'ampleur de la situation.
06:20Et on en est qu'au début, selon vous ?
06:21Je pense qu'on en est qu'au début, oui.
06:24J'aimerais bien qu'on entende cette petite fille
06:27qui doit être dans un état extrêmement troublé
06:32par ce qu'elle vient d'entendre,
06:34parce qu'elle a su dénoncer les viols de son grand-père.
06:37Parce que dans ces familles-là, c'est extrêmement difficile de parler.
06:40Personne ne parle.
06:41Et quand il y en a un qui parle, généralement, tout le monde lui tourne le dos.
06:43Une instruction qui dure huit ans pour finir sur un non-lieu.
06:47Un trauma extrêmement sévère, sûrement, sur cette jeune fille.
06:51Alors, il y a une députée qui a poussé un coup de gueule hier à l'Assemblée nationale.
06:55C'est Laure Miller.
06:56Et on voulait être avec elle ce soir.
06:58Députée ensemble, le plurin public de la Marne.
07:00Laure Miller, bonsoir.
07:02Merci d'être avec nous.
07:03On va réécouter ce que vous avez dit hier à l'Assemblée nationale.
07:08J'ai plus du tout envie de suivre mon propos, parce que j'ai honte de l'image qu'on
07:15donne.
07:16Il y a des hommes, des femmes, beaucoup de femmes,
07:18qui se sont déplacées probablement pour la première fois de leur vie devant un palais de justice
07:23pour nous demander d'agir en responsabilité et de protéger nos enfants.
07:27Et depuis 15 heures, on se renvoie la balle comme des gamins dans une cour d'école.
07:31On cherche des responsabilités individuelles.
07:35Et en fait, j'imaginais, mais avec beaucoup de naïveté sans doute,
07:38qu'on allait être constructifs enfin,
07:40parce que je crois que c'est ce que les gens attendent de nous sur un sujet comme celui-ci.
07:44Qu'on se tende la main, qu'on se mette tous autour d'une table pour travailler pour nos enfants.
07:49Ce n'est pas un sujet politicien.
07:50C'est un sujet d'ampleur, de grande ampleur.
07:53Et voilà, j'imaginais qu'on allait avoir ça.
07:54Et en fait, j'ai honte et je voudrais m'excuser,
07:57parce qu'on a donné une image mais déplorable.
07:59Il n'y a déjà plus beaucoup de Français qui croient encore en la politique,
08:02mais je crois que ce qu'on est en train de donner comme image de la politique,
08:05c'est vraiment un désastre, un désastre.
08:08Donc je suis désolée.
08:09Et si être députée, c'est ça,
08:11eh bien je ne suis pas, je ne me sens pas députée,
08:13je me sens citoyenne et je suis vraiment déçue.
08:15Madame la députée, vous visiez qui en disant
08:18« j'ai honte, on ne donne pas une bonne image » ?
08:21Je visais en effet certaines des interventions qu'on a pu entendre hier
08:25à partir de 15h du début des questions au gouvernement,
08:28mais c'était, je pense, un peu un ras-le-bol généralisé.
08:32Surtout depuis ce drame de cette jeune fille de Liana,
08:37je pense qu'on est passé dans une autre dimension.
08:39Enfin, j'ai eu cette impression, en tout cas,
08:41en particulier quand j'ai vu les gens qui se déplaçaient lundi
08:45devant les palais de justice,
08:46c'était des hommes et des femmes que je pense
08:48on n'avait jamais vus dehors dans une manifestation
08:51et qui venaient en toute sincérité
08:53parce qu'ils sont pères, parce qu'ils sont mères
08:55et parce qu'il y a un moment de basculement, je crois,
08:59sur ce sujet-là, des violences faites aux enfants.
09:01Et il me semble qu'on aurait pu être à la hauteur de ce moment-là
09:04et se rendre compte que les gens attendent de nous,
09:07enfin, de l'action et une action concertée et en commun.
09:12Je crois que ce n'est pas un sujet de droite ni de gauche
09:14et que ça mériterait, en fait, qu'on discute ensemble
09:17et qu'on travaille ensemble.
09:18– Oui, madame la députée, il y a déjà des mesures
09:20qui ont été annoncées, notamment par Sébastien Lecornu
09:24qui veut durcir la loi, qui annonce aussi un prochain décret
09:28pour motiver les classements sans suite de plaintes
09:30pour des crimes sexuels.
09:31On parle aussi d'une loi qui était déjà sur la table
09:34et qui pourrait être votée.
09:35C'est important ou est-ce qu'il faut faire attention
09:38à légiférer dans l'émotion,
09:40comme malheureusement, souvent, le monde politique fait ?
09:44– En fait, moi, je ne suis pas élue depuis très longtemps,
09:47depuis 2023, et je trouve que depuis le moment
09:50où j'ai mis les pieds à l'Assemblée nationale,
09:51j'ai l'impression que ces deux, trois dernières années,
09:53il y a eu beaucoup d'avancées dans la prise de conscience,
09:57notamment du politique, mais qui ne se voit peut-être pas
09:59à l'extérieur et que les Français ne voient pas forcément,
10:01mais beaucoup de travaux qui ont été mis en œuvre.
10:03On a fait, vous le savez peut-être, une commission d'enquête
10:05sur l'aide sociale à l'enfance.
10:07Il y a eu une commission d'enquête sur l'inceste
10:09qui vient de s'achever, donc de nombreuses auditions
10:11qui viennent de s'achever.
10:12Je travaille actuellement sur les suites de l'affaire Le Square Neck
10:15avec trois autres collègues députés,
10:16et donc sur les crimes sériels, les crimes sexuels sériels
10:19à l'égard des enfants.
10:20Il y a aussi eu des vrais travaux qui ont été faits
10:24sur l'imprescriptibilité des crimes sexuels
10:26à l'égard des mineurs par d'autres collègues.
10:28Bref, on est de plusieurs bords politiques,
10:31des tas d'élus avec des rapports,
10:33avec des préconisations hyper concrètes,
10:35et je pense qu'ils pourraient être acceptés
10:38par tous qui sont sur la table.
10:39– Il y en a, pardon, parce que c'est bien de faire des propositions,
10:42mais est-ce que toutes ces propositions,
10:43moi je trouve que la plupart des propositions
10:45n'ont rien à voir avec l'affaire en question.
10:50Rendre imprescriptibles les crimes sur les enfants,
10:53c'est peut-être une bonne chose,
10:54mais ça n'a rien à voir avec Liana ?
10:56– Bien sûr, non, non, mais j'en ai bien conscience.
10:58Je pense qu'il y a deux niveaux de réaction à avoir,
11:01et c'est ce que j'ai l'impression que le gouvernement essaye de faire.
11:04C'est-à-dire, en effet, il y a cette affaire,
11:05et je pense qu'on doit à la famille de cette jeune fille
11:07de regarder exactement quels ont été les dysfonctionnements
11:10en la matière et en l'espèce,
11:12et de pouvoir en effet prendre,
11:14que chacun, en tout cas des acteurs,
11:17prenne ses responsabilités.
11:18Puis il y a un autre niveau qui est de dire
11:19comment est-ce qu'on fait que notre société tout entière,
11:23que ça soit culturellement,
11:24mais aussi évidemment juridiquement,
11:25s'il faut changer la loi,
11:27puisse prendre conscience de la protection nécessaire de nos enfants,
11:31et on n'est pas au niveau.
11:32Et donc cette affaire, elle trouble tout le monde,
11:35mais en effet, je pense,
11:37comme vous l'avez suggéré dans votre question,
11:38qu'il faut aller au-delà de l'émotion bien légitime
11:41qui est la nôtre aujourd'hui et cette semaine,
11:43et qu'il faut qu'on puisse peut-être faire
11:45un moment de pause politique et de pause législative
11:48pour mettre sur la table tout ce qui existe déjà en proposition,
11:51y compris du milieu associatif,
11:53et regarder comment est-ce qu'on peut faire
11:54porter une grande ambition nationale
11:56en matière de protection de l'enfance
11:58qui n'aille pas que sur le judiciaire.
11:59– Merci Madame la députée,
12:01merci d'avoir été avec nous aujourd'hui au Conseil des ministres,
12:03d'ailleurs le Président de la République s'est exprimé,
12:06alors il a reconnu, le Président Macron,
12:09que la confiance dans nos institutions a été ébranlée,
12:11mais voilà ce qu'il a ajouté,
12:12on ne répond pas à un drame par des cris,
12:14la précipitation et la démagogie sont des réponses
12:16qui ne sont pas à la hauteur
12:17et qui ne sont pas respectueuses,
12:19voilà ce que dit le chef de l'État.
12:20– Je sens que vous avez envie de réagir,
12:21Elsa Lévy, bonsoir,
12:24journaliste, auteur de ce livre en finir
12:25avec la prescription des crimes sexuels sur mineurs,
12:27édition autrement,
12:28il ne faut pas aller trop vite ?
12:30– Oui, alors juste vous disiez
12:31que ça n'avait rien à voir à l'imprescriptibilité,
12:33je ne viens pas pour ce volet en particulier,
12:35mais ça a tout à voir en fait.
12:37– Avec Yana ?
12:38– Oui, ce qui se passe avec ce drame,
12:40c'est qu'on est en train de…
12:41en fait on met la lumière dessus
12:42parce qu'il y a eu un meurtre,
12:43mais en fait il y a deux crimes dans cette affaire,
12:46il y a le meurtre,
12:47mais il y a aussi le viol.
12:48– Pour l'instant on ne sait pas
12:50parce qu'on ne sait pas précisément
12:51– Non mais il y a le viol de Rosa,
12:53ce que je veux dire c'est qu'on a un criminel
12:56qui a déjà commis des crimes
12:58et on est en train de sur-réagir un petit peu,
13:01enfin sur-réagir, je parle du gouvernement,
13:04la façon dont tout le monde se cristallise autour de ça
13:06et en fait il y avait déjà une problématique grave
13:10qui a été minimisée
13:11et je pense que ce qu'il faut vraiment prendre,
13:14toute la société doit prendre conscience aujourd'hui
13:16de ce qu'est un viol
13:17et c'est encore un crime
13:18qui est extrêmement sous-estimé, minimisé.
13:21– Même sur les enfants ?
13:22– Surtout sur les enfants
13:23et la collision avec l'affaire Patrick Bruel
13:26prend tout ça,
13:27en fait tout est lié
13:29et tout prend un énorme sens en ce moment
13:32et je pense que le plus grave problème de cette affaire
13:34ce n'est pas la responsabilité individuelle
13:36qu'on va aller chercher sur un juge
13:38qui aurait mal apprécié le dossier.
13:39– Ça peut exister aussi ?
13:40– Ça peut exister aussi
13:41mais je pense que ce serait vraiment…
13:42– Il ne faut pas s'arrêter à ça.
13:44– Non et je trouve que c'est irresponsable
13:47de croire que le problème ce serait celui-là.
13:50En fait là ce qui se passe c'est qu'on a probablement
13:52des magistrats, vous le saviez mieux que moi,
13:54qui sont en sous-effectif, qui sont débordés
13:57et pour qui la priorité ce n'est peut-être pas
14:00de traiter un viol.
14:00Et lorsqu'on a Rosa qui est un cas,
14:02mais c'est exceptionnel ce qu'a fait cette enfant.
14:04Au bout de trois mois elle a réussi à parler,
14:06les parents ont réussi à faire tout,
14:07enfin ils sont exemplaires, c'est des super-héros
14:09et on en est quand même là à ne pas avoir réussi
14:12à avoir une société, un système judiciaire,
14:15une chaîne qui permet de mettre ce criminel
14:18sur le côté, d'estimer que sa dangerosité est sévère
14:21et que ce qu'il a déjà fait doit être traité
14:24de manière prioritaire.
14:25– Mais là il n'y a pas besoin de nouvelles lois, pardon.
14:27Il suffisait simplement de prendre en compte
14:29ce que la maman de Rosa disait de la plainte,
14:31il suffisait que le gendarme traite mieux
14:33la maman de Rosa plutôt que…
14:35– C'est pour ça que je parle de responsabilité.
14:36– Et que le parquet de Toulouse ne mette pas
14:38cinq mois avant de se dessaisir, pardon.
14:40Là je ne vois pas où le problème de nouvelles lois.
14:42– La loi par exemple, un truc tout bête,
14:44mais les échanges entre parquets…
14:46– Au lieu d'envoyer un courrier et faire un mail par exemple,
14:48ça aurait été plus rapide.
14:48– Mais vous voyez ce que doivent faire les gens
14:50pour être entendus dans cette société
14:52et être écoutés d'un point de vue judiciaire.
14:54En fait vous parlez du parquet,
14:55pourquoi ne pas créer comme on l'a fait pour le terrorisme,
14:58un parquet qui va centraliser toutes ces choses.
15:01C'est-à-dire qu'en fait rien que les temps
15:02qui sont perdus entre les affaires,
15:04ça c'est des lois, c'est des changements d'application,
15:08de comment fonctionnent, de systèmes en fait,
15:10de comment l'institution est mal organisée,
15:13comment c'est archaïque,
15:14je vois comment le traitement des dossiers est lent
15:16et donc les moyens.
15:17Donc si, le budget c'est de la loi,
15:19c'est-à-dire qu'en fait tout revient toujours au même problème.
15:22– Sénateur Iacovelli,
15:23quand le président parle de précipitation et de démagogie,
15:26dire qu'on va traiter 70 000 plaintes en trois mois,
15:29dire qu'on va donner un délai de trois mois aussi
15:31pour traiter une plainte pour crime contre les enfants,
15:34elle n'est pas là, la démagogie ?
15:35Elle n'est pas dans le camp simplement des politiques
15:37aujourd'hui qui surréagissent ?
15:38– En tout cas, je vois que la question de la protection
15:41de l'enfance et de l'enfance en danger,
15:43ça attire maintenant beaucoup les parlementaires
15:45qui prennent tous position,
15:47on était très peu, je trouve, à crier justement dans l'hémicycle
15:49pour reprendre les propos du président de la République,
15:51on était très peu à l'Assemblée nationale comme au Sénat,
15:53Laure Miller effectivement,
15:54depuis qu'elle est élue en 2023,
15:55fait partie de ces députés qui criaient,
15:58je pense à Aïda, à Zidaé aussi,
16:02qui porte avec moi cette obligation d'avocat
16:06pour les enfants placés,
16:08moi j'avais porté cette loi sur la fin de la prescription
16:10sur les viols et les violences sur mineurs,
16:13bon voilà, moi quand j'ai proposé une création de la délégation…
16:15– Donc il faut toujours qu'il y ait un drain pour agir ?
16:17– Mais c'est le problème, c'est le problème dans notre pays.
16:19– Ah c'est le problème dans notre pays, non c'est le problème des politiques,
16:21parce que les Français découvrent…
16:24– Je pense que les Français sont effarés de voir comment ça fonctionne.
16:27– Mais je ne vous dis pas le contraire,
16:27je vous dis juste qu'effectivement je pense que ça évolue
16:30à cause ou grâce à ces drames,
16:33mais moi je me rappelle en 2022 quand j'ai demandé au Sénat
16:37la création d'une délégation aux droits de l'enfant,
16:39truc pas révolutionnaire,
16:41on m'a dit la délégation aux droits des femmes peut très bien s'en occuper.
16:44Voilà, donc effectivement aujourd'hui avec l'accumulation des drames
16:47et de, je ne dirais même pas la libération de la parole,
16:50parce que la libération de la parole des enfants,
16:51elle a toujours eu lieu,
16:52c'est juste qu'on n'était pas capable de l'entendre,
16:55de prendre en compte.
16:55– Alors oui, il faut faire quoi alors concrètement ?
16:57– Juste déjà, il faut appliquer les lois,
16:58il faut mesurer effectivement les dysfonctionnements,
17:00je ne crois pas que ce soit un dysfonctionnement structurel et systémique,
17:04je pense que c'est plutôt des dysfonctionnements
17:07qu'il faut pointer avec des responsabilités,
17:09effectivement, qu'il faut pointer,
17:11mais je ne pense pas que ce soit le système qui est dysfonctionnel,
17:14je pense effectivement qu'il y a eu des responsabilités.
17:15– Tout le monde n'est pas d'accord sur ça,
17:16parce que moi j'ai entendu des gens dire que c'est systémique.
17:18– Chacun a son opinion,
17:19après qu'on puisse améliorer la création d'un parquet spécifique
17:23aux violences sexuelles sur mineurs,
17:25moi je suis tout à fait favorable et je n'ai pas de problème avec ça,
17:28mais en fait je ne suis pas sûr que ce soit uniquement cette réponse-là.
17:32Je pense que les lois sur l'imprescriptibilité,
17:34sur l'avocat obligatoire,
17:35sur tout ce qu'on essaie de porter avec le peu de parlementaires
17:38qui étaient intéressés sur la question de l'enfance en danger depuis des années,
17:40oui ça peut faire évoluer,
17:42ça n'aurait pas empêché, je pense, le meurtre de l'IANA,
17:47mais ça peut sauver un certain nombre d'enfants.
17:49– Mais la loi intégrale que certains appellent de leur vœu à être votée,
17:52pour ça il faudrait que le Sénat ne soit pas en vacances au mois de juillet,
17:55vous êtes prêts à renoncer à vos vacances pour la voter la loi ?
17:57– Vous savez, moi ça fait 9 ans que je suis élu sénateur,
18:00ça fait 9 ans qu'on fait des sessions extraordinaires en juillet,
18:02– Mais là il y a les sénatoriales en septembre,
18:04– Oui d'accord, mais il y a la moitié de la France qui n'est pas renouvelable,
18:09la moitié des sénateurs qui ne sont pas renouvelables,
18:10donc on peut très bien siéger avec la moitié.
18:12– Il faut le dire au président Larcher ça.
18:14– C'est une décision d'abord du président de la République,
18:15je vous rappelle, c'est pas le président Larcher qui décide d'une session extraordinaire.
18:18– Non mais il a dit qu'il y avait les vacances, ouais.
18:19– Non mais c'est pas le président Larcher.
18:20– Si le président Larcher dit au président de la République, il faut qu'on avance.
18:23– Je ne connais pas l'état de leur discussion,
18:24je vous dis juste que je pense que dans la situation actuelle,
18:27s'il y a un besoin effectivement d'avoir,
18:30je ne suis pas sûr que le président Larcher a besoin d'être en vacances,
18:32je ne pense pas qu'on est obligé de caricaturer la position du président Larcher,
18:36je pense qu'aujourd'hui on a besoin effectivement d'avancer,
18:39que ça soit du réglementaire ou du législatif,
18:42on a besoin d'avancer,
18:43et s'il faut effectivement que le Parlement siège au mois de juillet,
18:46je pense qu'il n'y a aucun sénateur qui contestera le fait de siéger.
18:48– Béatrice Boucher nous a rejoint,
18:50bonsoir magistrate, secrétaire général du syndicat Unité Magistro-Aiffo,
18:53ça ne vous choquerait pas que des magistrats soient sanctionnés durement dans cette affaire ?
18:57– Moi je n'ai aucun problème sur la responsabilité,
19:00je pense que c'est un principe très sain,
19:03que ceux qui ont du pouvoir rendent des comptes,
19:06quels qu'ils soient d'ailleurs,
19:07il n'y a pas que les magistrats,
19:09d'ailleurs c'est toute une chaîne pénale,
19:10on verra qui et quoi,
19:12moi je n'ai pas de problème sur le principe justement,
19:16j'ai un problème sur le fait d'aller trop vite et de jeter en pâture,
19:20ça par contre ça me pose un problème,
19:22le côté bouc émissaire,
19:24on jette tout de suite en pâture,
19:27oui quand on écoute,
19:29apparemment il y a des choses qui interrogent,
19:32mais attendons de voir ce rapport,
19:34je crois qu'il doit être à 10 jours de la fin du rapport,
19:37on peut quand même attendre 10 jours,
19:39avant justement de tirer des conclusions.
19:41– Mais on sait qu'il y a très peu de sanctions,
19:42pardon Béatrice.
19:43– Alors ça c'est un autre sujet dans le sujet,
19:46donc vous me posez la question si moi j'ai un problème sur la responsabilité,
19:49non je n'en ai pas,
19:50même je pense que c'est un sain,
19:53j'ai écrit un livre, vous le savez peut-être,
19:54qui s'appelle « Les juges ont-ils vraiment tous les droits »,
19:56où j'interroge nos mécanismes et nos fonctionnements,
20:00et j'appelle même encore à une réforme du Conseil supérieur de la magistrature,
20:04et notamment un code disciplinaire,
20:06ce que d'autres pays ont,
20:07je pense à l'Italie,
20:09je pense au Danemark aussi,
20:11c'est-à-dire que si on veut vraiment un régime de responsabilité,
20:14qui s'est invité dans ce débat,
20:17mais qui n'est pas le seul sujet,
20:18on est bien d'accord,
20:20faut-il encore que les règles soient claires,
20:22c'est-à-dire que l'on sache nous aussi,
20:24ce qu'on nous reproche et ce que l'on encourt,
20:26ça évite tout arbitraire ou tout flou,
20:28voilà,
20:28donc ma position elle est assez simple là-dessus.
20:30Est-ce qu'il faut un parquet national en charge de des crimes ?
20:33Et ce n'est pas le cas,
20:33on n'a pas de code disciplinaire,
20:34voilà je termine là-dessus.
20:35D'accord,
20:35mais est-ce qu'il faut un parquet national en charge des crimes sexuels contre les enfants,
20:39comme il y a un parquet national antiterroriste,
20:41un parquet national sur les affaires financières ?
20:45Excusez-moi,
20:45vous avez le droit d'avoir cette...
20:47Vous êtes opposée ?
20:47Oui,
20:48je suis opposée,
20:48parce qu'en fait,
20:49et on le voit très bien,
20:50plus on est loin du terrain,
20:51plus c'est compliqué,
20:52plus c'est administratif,
20:53plus c'est bureaucratique.
20:54Oui,
20:54mais vous avez dit national.
20:56National,
20:56ça veut dire qu'il faudrait refaire monter toutes les affaires à Paris ?
20:59Mais régional,
20:59ce serait encore mieux.
20:59Non,
21:00mais moi j'ai entendu national,
21:02mais j'ai peut-être malentendu.
21:04D'accord,
21:04pardon,
21:05alors autant pour moi,
21:06si c'était régional,
21:08je ne suis pas du tout opposée à une refonte totale de l'organisation,
21:12et dans cette refonte,
21:13il y a une question en effet de taille et de RH,
21:16et l'idée d'avoir des poules spécialisées avec des parquets régionaux,
21:20au regard,
21:21si on ne se trompe pas,
21:22d'objectif,
21:23de ce que c'est que la pédocriminalité,
21:25oui,
21:26je pense que ça a un sens,
21:27parce que ce n'est pas 70 000 dossiers,
21:31en vrai,
21:31c'est beaucoup plus que ça,
21:32et on le sait.
21:33Et lorsque le maître De Buisson,
21:35hier,
21:35l'avocat de la maire de Rosa,
21:37a dit qu'il y a des juges paresseux,
21:39qui ne font pas leurs heures,
21:40et les enquêteurs feignants.
21:41Je vais vous répondre,
21:42mais dans tous les corps,
21:43il y a des gens qui ne font pas leur travail,
21:45c'est pour ça que je n'ai aucun problème sur la question de la responsabilité,
21:48je me dis encore,
21:48j'ai un problème,
21:49oh pardon,
21:49excusez-moi,
21:50j'ai un problème sur la question du bouc émissaire,
21:52ce n'est pas tout à fait pareil.
21:53Donc pas de précipitation.
21:54Et tout le monde aura des responsabilités,
21:56mais soyons sereins,
21:58il y a une émotion,
21:59moi je dis,
22:00c'est le temps du deuil,
22:01respectons ce temps-là,
22:02tout de suite,
22:02on est arrivé sur quelque chose de très politique,
22:05et c'est très français,
22:06et c'est comme ça.
22:06En revanche,
22:09je pense que si on veut vraiment prendre au sérieux ce sujet,
22:13qui est le sujet majeur,
22:16et qui intéresse toute la société pour le coup,
22:18parce que ça touche toutes les classes sociales,
22:21les mineurs,
22:22ce n'est pas que dans certaines classes sociales,
22:25alors oui,
22:26il va falloir prendre tous vos rapports,
22:28faire quelque chose de très ambitieux,
22:30et une fois qu'on aura déterminé notre ambition,
22:33mettre les moyens qui vont en face,
22:35et ces moyens...
22:36C'est pas la vraie révolution,
22:37c'est arrêter de travailler en silo aussi,
22:38et ces moyens,
22:39ils ne sont pas que...
22:40Parce que l'argent,
22:40il est là,
22:41l'argent en fait,
22:42la réalité,
22:42c'est que que ce soit sur la protection de l'enfance,
22:44que ce soit sur la justice,
22:45sur la police,
22:46on a mis les moyens,
22:47sauf que le problème,
22:48c'est que chacun travaille dans son sens.
22:49Je finis justement ma phrase,
22:50ces moyens,
22:51ils ne sont pas juste,
22:51je veux des moyens,
22:52ils sont stratégiques ces moyens,
22:55c'est-à-dire qu'il va falloir qu'on monte en gamme,
22:57sur notre méthode de travail,
22:59sur la modernisation,
23:00c'est pas plus de magistrats,
23:02c'est mieux travaillé,
23:03c'est pas tout à fait ce que je voulais...
23:05C'est pour ça que je voulais dire.
23:05Ce sera évoqué ce soir,
23:07justement,
23:07dans une émission spéciale en direct,
23:09sur BFM TV,
23:10avec bon nombre de personnalités,
23:12Maxime Switek sera là,
23:13et puis regardez,
23:14Sarah Knafo,
23:14Olivier Faure,
23:15Jean-Philippe Tanguy,
23:16Marine Tondelier,
23:17Bruno Retailleau,
23:19Mathilde Panot,
23:20et Gabriel Attal,
23:21quelle réponse au fiasco,
23:23ce soir en direct,
23:24Maxime Switek,
23:25et animé par Apolline de Malherbe,
23:27et Maxime.
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