00:00Notre invité ce matin c'est Andrew Coffet, bonjour, vous êtes le directeur général de Smurfit Westrock France.
00:05Vous étiez présent hier pour le sommet de Chou France avec une annonce d'investissement en France à nouveau.
00:11600 millions d'euros, on va en parler, mais quand on regarde votre présence en France, 50 sites, vous êtes
00:15présent sur tout le territoire, 6 000 collaborateurs.
00:19Smurfit c'est un groupe qui est irlandais, mais qui est parmi les leaders mondiaux des emballages en carton.
00:24Un groupe qui fait 31 milliards de dollars de chiffre d'affaires, dont 1,5 en France.
00:28Je le disais, présent depuis 30 ans sur tout le territoire français.
00:32Groupe industriel, 600 millions d'euros en plus aujourd'hui, c'est pour faire quoi ?
00:37Bonjour Laure, merci pour l'invitation ce matin.
00:41L'investissement qu'on a annoncé hier à Chou France, c'est pour continuer à moderniser nos sites de production.
00:47Oui, on a beaucoup de sites, avec 50 sites de production en France, avec 6 000 emplois.
00:53Pour périniser ça, il faut moderniser nos sites et il faut aussi décarboniser.
00:57Donc les investissements sont focalisés sur ça, la modernisation, décarbonisation et être capable de répondre aux exigences de nos clients
01:06aujourd'hui pour des emballages durables.
01:09Aujourd'hui, vous avez 4 usines qui sont neutres en carbone en France, sur les 50, donc on voit bien
01:14la marche à faire.
01:15C'est des investissements qu'il faut que vous fassiez dans l'outil de production.
01:19Il y a des machines à changer, il y a des circuits de récupération à revoir.
01:23Qu'est-ce qu'il faut faire en priorité ?
01:25La première chose en priorité est de réduire la consommation d'énergie.
01:31Et donc ça, c'est le premier objectif de tous nos sites.
01:33Donc on travaille beaucoup pour baisser nos consommations d'énergie.
01:37Pour arriver à vraiment un net zero, donc ça veut dire zero consommation de gaz ou d'autres énergies fossiles,
01:47il faut électrifier, il faut utiliser des pompes à chaleur, il faut changer le process, dans certains cas, passer d
01:55'un chaudière à gaz à un chaudière à biomasse, si c'est applicable.
01:58Donc oui, ça demande des investissements importants, mais ça demande aussi un travail sur des choses un peu moins évidentes,
02:08mais essentielles, comme changer des chariots à élevateurs électriques, etc.
02:14Et le chauffage dans les bâtiments, etc.
02:17D'utiliser des pompes à chaleur ou des chaudiers électriques.
02:21Être un acteur du carton, ça veut dire fabriquer de la barquette alimentaire classique dans laquelle on met les fruits
02:27et légumes, ça veut dire faire les cartons dans le e-commerce.
02:30Aujourd'hui, est-ce que vous bénéficiez de la crise au Moyen-Orient et des tensions sur le plastique ?
02:36On voit parfois, on dit parfois que le carton, c'est l'alternative rêver au plastique.
02:40Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous êtes en plein boost d'activité ?
02:44C'est vrai qu'on est en solution, mais ce n'est pas quelque chose de récent, ce n'est
02:48pas quelque chose qui a commencé dans les dernières deux, trois mois.
02:51En réalité, nous, on propose des solutions d'emballage durable, base de papier, mais on répond à l'exigence de
02:59nos clients.
03:00Ça, c'est une exigence qui a commencé vraiment peut-être il y a dix ans.
03:03Des clients qui cherchaient d'utiliser moins de polystyrène ou d'autres emballages moins durables et passés par un emballage
03:12qui est durable, qui est recyclé, recyclable.
03:17Et en France, les emballages que nous, on fabrique en France, le taux de récupération de ces emballages pour être
03:24recyclés est 95%.
03:26Donc, c'est quasiment la totalité recyclée en France dans nos papeteries.
03:30Donc, c'est comme nous, on emballe les produits de nos clients.
03:36Ça passe par la grande distribution, on récupère et on recycle dans nos papeteries en France.
03:41Donc, c'est un cercle très efficace et ça fonctionne très bien.
03:45Mais on ne peut pas faire tout ce qui est en plastique aujourd'hui en carton.
03:49C'est-à-dire que ça ne va pas pouvoir être un report total.
03:52Aujourd'hui, parfois, les industriels ou même les consommateurs pensent à ça, au fait que le carton peut être une
03:57alternative.
03:58Ce n'est pas possible pour tout.
03:59Ce n'est peut-être pas aussi facile pour toutes les exigences.
04:06Mais je pense que le problème n'est pas avec le plastique ou d'autres types d'emballages.
04:11C'est la surutilisation de plastique quand il y a une autre alternative.
04:16Donc, un bon exemple pour moi, c'est une barquette pour des fruits et légumes.
04:20Comme vous avez cité, des petits fruits ou des fruits rouges.
04:24Ça, c'est disponible soit en plastique ou soit en papier.
04:27Évidemment, une barquette en plastique, si ce n'est pas recyclé en France, avec un taux de recyclage de 26
04:34%, probablement, ça ne va pas être recyclé.
04:36Ça reste sur la terre pour des centaines d'années.
04:39Une barquette à base de papier, on est sûr que ça va être recyclé avec un taux de recyclage de
04:4595 %, c'est déjà recyclé et ça va être recyclé en France.
04:49Et donc, c'est évident que ça doit être le choix.
04:52Et je pense aussi que le consommateur demande un emballage plus durable, recyclé, recyclable.
04:59Et avec la tension avec la guerre au Moyen-Orient, vous sentez un surplus d'activité ou pas ?
05:05On a plus de demandes encore.
05:07On avait beaucoup de demandes pendant la période de Covid, etc.
05:12Et maintenant aussi, quand il y a moins de disponibilité de certains autres types d'emballages et des prix qui
05:18ont augmenté dans certains cas,
05:21particulièrement pour des emballages liés à l'industrie du pétrole, c'est clair qu'on a de plus en plus
05:27de demandes.
05:28On était le fournisseur fiable pendant la pénurie de papiers, pendant Covid, etc.
05:35Donc, on est reconnu sur le marché français d'être un fournisseur fiable et capable de proposer des solutions innovantes.
05:43Parce que c'est vrai, des fois, ce n'est pas évident de remplacer autre type d'emballages.
05:48Mais c'est notre point de force.
05:51On a des bureaux d'études dans tous nos sites.
05:53On propose des solutions à nos clients pour remplacer d'autres emballages.
05:57Vous avez, vous, une très bonne vision européenne du marché.
06:00Vous avez travaillé aussi aux Pays-Bas.
06:02Vous voyez les différences entre nos pays.
06:05Quand vous regardez hier un sommet comme Chouz-France, c'est quoi nos atouts à nous en France ?
06:10Je pense que la France est un pays magnifique.
06:14Hier, j'étais très motivé.
06:15Il y avait beaucoup d'optimisme autour de la France aujourd'hui, même si c'est une période compliquée pour
06:21beaucoup de secteurs.
06:23Il ne faut pas oublier que la France, quand même, c'est un grand pays.
06:26L'infrastructure est très forte.
06:29On a l'énergie disponible.
06:32Le coût d'énergie relative aux autres pays en Europe est quand même favorable.
06:37Les gens sont bien formés et typiquement très bien éduqués.
06:41Donc, je vois beaucoup d'avantages sur la France.
06:45Vous n'avez pas parlé hier des difficultés, vous qui êtes dans l'industrie, de mettre en place des entrepôts,
06:51des délais qu'on peut avoir dans certains dossiers.
06:54Ce ne sont pas des sujets qui vous freinent, vous, par exemple ?
06:57Dans notre cas, ça, ce n'est pas un frein.
07:00Je sais que peut-être dans certains autres secteurs, avec des immenses infrastructures, des data centers, logistiques, ça peut être
07:08plus compliqué.
07:08Dans notre cas, nos usines sont déjà bien implémentées en France.
07:13Donc, c'est plutôt une question de soit grandir nos usines actuelles.
07:19Donc, pour nous, ça, ce n'était jamais un frein.
07:22Et quand vous remontez au siège, qui est en Irlande, et que vous parlez de la France,
07:26quand vous leur dites ça, qu'on est un pays attractif, vous êtes entendu ou vous devez batailler fort ?
07:33Je dois batailler, mais je suis entendu aussi en même temps.
07:36Même aujourd'hui, plus tard, aujourd'hui, je vais visiter une usine en France, en Normandie, en Vernon,
07:42où on est en train d'investir 20 millions d'euros pour moderniser le site.
07:46Je serai là avec le CEO Europe et le CEO de groupe.
07:50Et donc, on va voir tous ensemble.
07:52Ils sont très proches à notre business.
07:54Ils connaissent très bien nos usines, notre activité en France.
07:58Et donc, ce qui compte est le résultat.
08:00Quand on a promis quelque chose, des investissements importants,
08:03comme on a investi plus de 500 millions dans les dernières cinq ans,
08:08on a promis un retour et on a exprimé des biens, on a délivré.
08:13Et donc, ça nous permet de justifier un autre 600 millions d'euros en France.
08:18Donc, ça n'a pas été dur à débloquer ?
08:20Pardon ?
08:21Ça n'a pas été dur à débloquer ?
08:22Non, non, non.
08:23Merci beaucoup, André Coffé, d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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