- il y a 2 jours
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Après la victoire du Paris Saint-Germain, pourquoi est-on incapable d'empêcher les débordements ?
00:03Les soirs de foot, les soirs de 14 juillet, les soirs du 31 décembre.
00:06Bonsoir Sébastien Chelut.
00:07Bonsoir Monsieur.
00:08Merci d'être avec nous député, vice-président et de l'Assemblée et du Rassemblement National.
00:12Vous cumulez les vice.
00:13Vous cumulez absolument.
00:16Je vous donne la parole dans un instant.
00:18D'abord, voir les images de ce week-end, évidemment.
00:22Je rappelle les chiffres, 890 personnes interpellées, plus de 300 placées en garde à vue.
00:26A 10 jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde, qui se tiendra aux Etats-Unis notamment.
00:30Une question ce soir.
00:31Les grands événements sportifs sont-ils désormais forcément synonymes de violences urbaines en France ?
00:35On voit ça avec Raphaël Redon et Bertrand Séguier.
00:42Réveil difficile sur la plus belle avenue du monde ce dimanche matin.
00:48La plupart des magasins ont vu leur vitre détruite.
00:53Ce commerce a même été saccagé.
00:58Un peu plus loin, ce camion d'asselle calcinée n'a pas résisté aux flammes.
01:04Pour les riverains et commerçants de l'avenue, le sentiment de voir l'histoire se répéter.
01:11C'est pas la première fois, malheureusement, que ça se termine de cette façon-là.
01:15C'est véritablement, je dirais, pratiquement des scènes de guerre que l'on trouve dans Paris aujourd'hui.
01:19C'est triste d'en arriver là.
01:21C'est triste de voir ça.
01:22On est rentrés après la victoire du parc.
01:24Et on a vu ici, il n'y a eu aucun champ de supporters.
01:27C'était que des casseurs.
01:28Ils venaient que pour casser, tirer sur les CRS, tirer sur les pompiers.
01:32Il faut vraiment appuyer sur le fait qu'il y a les supporters du PSG et les casseurs.
01:37Une nouvelle fois, certains ont profité de la fête pour dégrader, casser et piller.
01:47La veille, peu avant 21h, alors qu'il fait encore jour, une grande liesse gagne la capitale foncette.
01:58A Budapest, le PSG vient de remporter sa deuxième Ligue des champions.
02:03Les rues parisiennes se transforment en marée humaine.
02:09Au milieu de cette communion, les dérapages commencent.
02:14De nombreux vélos électriques prennent feu un peu partout et créent la pagaille au milieu de la foule.
02:20La réaction des CRS est immédiate.
02:24Ils ont l'ordre de disperser.
02:27Charge, bombe lacrymogène.
02:31C'est un nouveau match qui démarre entre casseurs et forces de l'ordre.
02:36Un triste rappel de l'an dernier, quand déjà après la première victoire parisienne, ces mêmes scènes s'étaient produites
02:42dans les rues de la capitale.
02:44Et cette année encore, les arrestations se sont enchaînées.
02:49On est à plus de 890 interpellations au total.
02:52C'est 45% de plus que l'année dernière.
02:54Et malheureusement, les fonctionnaires et militaires de gendarmerie, enfin pour les forces de sécurité intérieure, nous sommes à 178 blessés.
03:02A la suite de ce bilan, la procureure de Paris réclame l'intransigeance envers les fauteurs de troubles.
03:09J'ai donné pour instruction de retenir une incrimination qui est rarement utilisée, qui est celle d'actes d'intimidation
03:16à l'égard des forces de l'ordre.
03:18Cette incrimination fait encourir aux intéressés la peine de 10 ans d'emprisonnement.
03:23Les forces de l'ordre étaient-elles suffisamment préparées à ces risques de débordement avec le match ?
03:30Pour le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, le problème est ailleurs.
03:35Ce matin, sur notre plateau, il n'hésite pas à incriminer l'origine des casseurs.
03:40Je pense qu'il y a un lien évidemment avec l'immigration.
03:43Alors maintenant je vous pose la question, est-ce que vous pensez comme eux ?
03:46Je ne vais pas sur les mots.
03:47Le premier moyen pour établir la sécurité en France, c'est d'arrêter l'immigration.
03:52A Paris, les personnes interpellées sont majoritairement des hommes.
03:57Le plus jeune est âgé de seulement 14 ans.
04:00Ce lundi, au moins 13 d'entre eux sont passés en comparution immédiate,
04:05principalement en raison de violences sur les forces de l'ordre.
04:08Des violences que réfute cette avocate de deux prévenus.
04:13Ils ont senti une petite injustice dans le fait que ce soit eux qui se soient retrouvés à ce moment
04:17-là menottés.
04:19Et surtout, on connaît l'attention de ces moments-là.
04:22Et pour les policiers, et pour la société.
04:25Et je ne veux surtout pas qu'ils soient les boucs émissaires d'une société qui, à un moment donné,
04:29en perte de valeur.
04:31Une soixantaine de gardes à vue ont été prolongées à Paris.
04:36Des débordements qui inquiètent les autorités à dix jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde de football.
04:44Voilà pour les faits. Ce soir, c'est Vincent Chenu. Je ne vous ai pas présenté ceux qui sont avec
04:48moi ce soir sur ce plateau.
04:49Lisa Hadef, Yves Tréa, Laurent Valiguier et Maître Slama qui sont restés avec moi.
04:54Qu'avez-vous vu là ? Qu'avez-vous vu, vous, samedi ?
04:56J'ai vu l'extension du domaine du désordre, que ce soit géographique ou que ce soit de façon temporelle.
05:06C'est-à-dire que désormais, le désordre, il est à Paris.
05:10Ses images sont à Paris, mais il était ailleurs également.
05:13C'est plus même que du désordre, ce sont des émeutes.
05:15En tous les cas, il était à Bordeaux, il était à Valenciennes dans mon département.
05:19Il était dans beaucoup de villes.
05:20Plus de 70 villes.
05:21Voilà. Et puis, l'extension aussi temporelle, puisque c'est à l'occasion d'un match de foot qu'on
05:27perde ou qu'on gagne.
05:28D'ailleurs, c'est la fête de la musique l'année dernière, on se souvient, donc on attend le 21
05:33juin.
05:33Et surtout, moi, ce qui me heurte, c'est qu'on a le sentiment d'un pays qui désormais va
05:39se dire
05:40« Nous n'allons plus pouvoir sortir fêter une victoire à Lens. »
05:44Ça s'est bien passé la semaine dernière.
05:47Mais nous avons peur que nos enfants puissent aller fêter une fête de la musique, un 14 juillet, que sais
05:54-je.
05:54Et donc, cette extension du domaine de l'émeute, du domaine du désordre, c'est exactement ce que nous disent
05:58ces images.
05:59Vous dites « extension », le préfet de police de Paris qui a été interrogé ce matin dit « ça
06:02s'est mieux passé que l'an dernier ».
06:0230% de faits en moins dans son registre de la préfecture de Paris.
06:0730% de faits en moins.
06:16Contents de ne pas faire de prison, puisque visiblement aucun d'entre eux ne verra de la prison ferme, ne
06:21verra les barreaux de la prison.
06:22Donc finalement, le ministre de l'Intérieur est content.
06:26Les émeutiers sont contents.
06:29Il n'y a que les Français, c'est-à-dire 99,9% du pays qui, visiblement, est mécontent.
06:36Mais alors, sur les choses dans l'ordre, vous dites qu'il y a un problème de maintien de l
06:38'ordre d'abord samedi ?
06:39– Samedi et à d'autres moments ?
06:43– Moi, je ne suis pas préfet, je ne vais pas me mettre à la place d'un préfet.
06:46Je ne sais pas s'il fallait 8 000 policiers, s'il en fallait 10 000,
06:49ou comme je crois en Grande-Bretagne ou dans le pays qui s'est créé,
06:53il y en avait 500 alors qu'il y avait un million de gens dans la rue.
06:56Donc je ne vais pas m'aventurer là-dedans.
06:58Moi, ce que je crois, lorsqu'on est un décideur politique,
07:01c'est qu'on doit se poser les questions de l'origine.
07:03Pourquoi est-ce qu'on a ça dans notre pays ?
07:05Quelles sont les raisons intrinsèques ?
07:06Pourquoi chez nous ça dérape ?
07:08Et ensuite, comment on essaye d'adapter la législation
07:11pour qu'elle soit la plus efficace possible,
07:13même si peut-être tout ne dépend pas de la législation d'ailleurs,
07:16de façon à ne pas revoir ces images ?
07:18– Mais alors pourquoi chez nous ça dérape ?
07:19– On a une surreprésentation chez ces voyous,
07:23ce qui s'appelle des voyous, de la jeunesse et de l'immigration.
07:26C'est une surreprésentation, elle existe depuis très longtemps d'ailleurs,
07:30il y a plus de jeunes, il y a plus de gens issus de l'immigration,
07:32chez les gens interpellés.
07:34Donc tant qu'on ne traite pas ces problématiques,
07:36la problématique entre guillemets de mineurs délinquants,
07:40lorsqu'on n'adapte pas la législation,
07:42on continuera à avoir cette problématique.
07:44Lorsqu'on ne traite pas le problème d'une immigration mal assimilée,
07:47ou en tous les cas avec des jeunes qui contestent ce que représente la France,
07:51j'ai vu des drapeaux palestiniens, des drapeaux d'autres pays,
07:53j'ai vu la volonté de contester l'autorité de l'État,
07:58tant qu'on ne traite pas le phénomène migratoire,
08:01en tous les cas cette immigration qui n'est ni assimilée,
08:04qui n'a aucune volonté d'être assimilée,
08:07eh bien vous vous retrouverez avec ce phénomène qui grandira.
08:10– Sébastien, sur les personnes qui ont été interpellées,
08:13on n'a qu'une petite partie qui sont passées en comparaison immédiate aujourd'hui,
08:16encore une fois, et on verra sur l'ensemble de cette population,
08:19les gens qui ont pu être arrêtés.
08:22L'écrasante majorité sont visiblement français,
08:26leurs parents étaient sans doute aussi français,
08:28là vous ne renverrez personne nulle part.
08:31– Mais attention, les étrangers délinquants doivent être expulsés,
08:35mais lorsqu'on est français, on doit être sanctionné.
08:37Et dans les jeunes gens interpellés,
08:39vous avez beaucoup de gens qui sont donc mineurs,
08:42en tous les cas vous avez parlé tout à l'heure d'un jeune de 14 ans par exemple.
08:44– Le plus jeune à 14 ans, il est en 2012.
08:46– On a toute une palette, la fin de l'automaticité,
08:48si tant est qu'il soit une automaticité de l'excuse de minorité.
08:50En tous les cas, le fait de ne pas l'écarter automatiquement,
08:54ça fait partie des choses d'abaissement de la majorité pénale à 16 ans,
08:57ça peut être un sujet sur lequel on regarde.
08:59Beaucoup de jeunes qui sont là-dedans, de jeunes voyous,
09:03que font les parents, sincèrement ?
09:05Est-ce qu'à un moment, responsabiliser les familles ?
09:07Est-ce que dire à des familles,
09:08vous risquez d'avoir vos allocations familiales supprimées ?
09:12– Vous êtes pour ça ?
09:12– Oui, moi je suis pour ça.
09:15Responsabiliser les jeunes gens en disant,
09:16attention, si tu casses un abribus, tu devras le payer,
09:20que ce soit à travers l'argent que tu touches par rapport à une aide quelconque,
09:24ou par rapport au travail que tu pourras faire demain,
09:27si tu travailles demain, jusqu'à la fin de tes jours,
09:30s'il le faut, tu devras payer la réparation de ce que tu as détruit.
09:34Mais j'ai l'impression qu'on ne s'attaque pas, on n'ose pas…
09:37– Pourtant, c'est le discours de Gabriel Attal,
09:40quand il était Premier ministre,
09:42quand il a fait son discours,
09:44ce qu'on a retenu de ce discours d'ailleurs,
09:47quand il est arrivé à Matignon,
09:48c'est « tu casses, tu répares, tu salis, tu payes ».
09:52– Ça, c'est les mots, parce que Gabriel Attal,
09:54il a eu les leviers pour le faire.
09:56Donc moi, je veux bien, quand Gabriel Attal dit ça,
09:58moi j'ai envie de lui dire, quand tu ruines un pays, tu dégages.
10:00Puisqu'il veut être candidat à la présidentielle,
10:02et qu'il a ruiné notre pays,
10:03il ne l'a pas ruiné uniquement financièrement,
10:05il l'a ruiné aussi moralement, en participant ces dix années.
10:08– C'est la responsabilité de 40 ans d'État défaillant,
10:11– Oui, oui, bien sûr.
10:12– Raciste, croix et gauche confondus.
10:14– Mais surtout, excusez-moi, les magistrats étant indépendants,
10:17quelles réformes pouvez-vous faire pour prendre des décisions
10:18à la place des magistrats qui sont et demeureront,
10:20sous votre mandat, je le pense et je l'espère, indépendants ?
10:23– L'abaissement de la majorité pénale à 16 ans…
10:25– Mais ça ne change rien, ils n'iront jamais au maximum des peines encourues.
10:28– Les peines planchers ?
10:29– Les peines planchers, vous savez très bien,
10:30ça pose des problèmes constitutionnels.
10:32– Non mais il y a toujours une bonne raison de ne pas faire les choses.
10:33– Non mais c'est pour ça que je vous pose la question,
10:35parce qu'en plus les peines planchers, c'est en cas de violence
10:37contre les personnes dépositions de l'autorité publique.
10:38– Les peines planchers, ça fait partie des dispositifs
10:39qu'on doit explorer, la suppression des allocations familiales.
10:42Est-ce que quelque part, à un moment, on a tenté
10:44cette responsabilisation des parents ?
10:46Le fait de devoir payer, y compris jusqu'à la fin de séjour,
10:49une amende de façon effective,
10:50est-ce que ça, c'est possible de le faire ?
10:52Si rien n'est possible, alors écoutez, vous retirez l'échelle,
10:54on s'en va, on rentre tout chez nous,
10:56et puis on se dit que le 14 juillet, on reste enfermé,
10:58le 21 juin, on fait de la musique, on reste enfermé,
11:00et puis vous dites à tout le monde, c'est comme ça,
11:02vous aurez vos magasins cassés.
11:03Si on ne peut rien faire, maître, alors ne faisons rien.
11:06Alors on continue à accueillir 600 000 personnes par an
11:08sur notre territoire, avec des gens qui n'ont aucunement
11:10la volonté d'y travailler, ou si on ne peut rien faire,
11:13on abandonne tous les combats.
11:15Eh bien moi, je ne suis pas décidé à abandonner.
11:17Je pense que notre pays ne vaut pas ça.
11:18Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont envie,
11:20de façon, même une immense majorité des gens
11:23qui vivent dans notre pays, quelle que soit leur nationalité
11:25d'ailleurs, ont envie de célébrer, de faire la fête,
11:29de vivre sereinement.
11:30Il y a eu ça aussi, samedi.
11:31Il y a eu ça à Lens, on l'a vu.
11:32Il n'y a pas eu ça qu'à Lens, mais...
11:34J'entends souvent, ah oui, j'ai entendu ça sur les réseaux sociaux,
11:37oui, quand on est délinquant, c'est parce qu'on est pauvre.
11:40Mais enfin, vous croyez que dans le bassin minier,
11:41moi je suis élu du bassin minier, vous croyez que les gens
11:42ils roulent sur l'or, sur l'or, les gens sont extrêmement
11:45modestes, pour beaucoup d'entre eux, ils vivent de leur travail,
11:47parfois, ils ne travaillent pas pour plein de raisons,
11:49et ils ne sont pas pour autant des délinquants.
11:51Il faut arrêter de trouver des excuses
11:53à ces formes de délinquance
11:55qui abîment notre vie.
11:57Sébastien Cholue, est-ce qu'il faut faire,
11:59ou s'il faut appliquer, comme l'a dit d'ailleurs
12:02M. Bardella ce matin
12:03au micro d'Apolline de Malherbe,
12:05et comme l'a dit d'ailleurs Éric Zemmour tout à l'heure,
12:08immigration,
12:09immigration zéro.
12:10Oui, mais ça fait longtemps qu'on le dit, il faut arrêter
12:12le flux d'étrangers qui arrivent en France
12:15chaque année. Il n'y a pas besoin
12:17d'immigration économique, de toute façon
12:19elle existe assez peu en réalité, puisqu'une majorité
12:21de gens qui avaient besoin de notre pays
12:22ne travaillent pas. L'immigration étudiante
12:25qui a augmenté encore très fortement
12:27et qui coûte très cher cette année, pose un problème.
12:29Le droit d'asile qui est détourné pose
12:31un problème. Je veux dire, un moment,
12:33quand on avait des capacités assimilatrices,
12:35des forces assimilatrices dans notre pays,
12:37notre pays a démontré durant toute son histoire
12:39que lorsqu'il avait des forces assimilatrices,
12:40il a réussi à assimiler.
12:43Est-ce qu'accueillir des gens pour qu'ils soient
12:44sous le pont de la porte de la chapelle,
12:45sous le périph' de la porte de la chapelle,
12:47c'est digne ? Déjà ça, c'est un débat philosophique
12:49qu'on devrait avoir. C'est vrai, c'est pas vraiment digne.
12:51Ce que ça coûte aussi aux Français.
12:53Puis accueillir des gens qui contestent
12:54ce qu'est notre pays, qui ne l'aiment pas,
12:57qui viennent là, mais qui n'aiment pas ce pays.
12:59Écoutez, je n'arrive pas à trouver
13:01une seule raison pour laquelle
13:03nous devrions aujourd'hui continuer
13:04à faire en sorte que tout le monde entre dans notre pays
13:07et personne n'en sorte jamais.
13:08– Sébastien Chaudu, je vais reprendre ce que je disais tout à l'heure
13:10un peu plus tôt dans cette émission.
13:11Ceux dont on parle là,
13:13et là vous faites un lien avec l'immigration,
13:15ce sont des gens qui sont Français,
13:17dont les parents étaient Français,
13:18dont les grands-parents étaient sans doute Français.
13:20Il faut peut-être remonter aux arrières-grands-parents
13:22pour trouver des populations immigrées
13:24parties d'autres pays.
13:26Donc, vous pouvez dire aujourd'hui,
13:27on arrête, etc.
13:28Ça ne changera pas grand-chose
13:30à ce qui s'est passé ce week-end.
13:31– C'est la raison pour laquelle, évidemment,
13:33il n'y a pas uniquement la répression.
13:36La répression, elle arrive quand effectivement...
13:37– Mais est-ce que ce n'est pas aussi le symbole
13:39que vous choisissez un bouc émissaire,
13:41d'une certaine manière, facile ?
13:42– Je vous ai parlé aussi de la jeunesse.
13:45Je vous ai dit qu'il y a une surreprésentation
13:46de l'immigration, une surreprésentation de la jeunesse.
13:48C'est factuel.
13:49Je veux dire, à un moment,
13:50il faut regarder les choses telles qu'elles sont,
13:51il faut affronter les problèmes en face.
13:53Mais effectivement, nous, on est pour, par exemple,
13:54que des jeunes qui adhèrent au roman national,
13:57s'insèrent, s'intègrent à ce qu'est notre pays,
14:00aiment notre pays,
14:01alors qu'ils sont parfois, vous l'avez dit,
14:02eux-mêmes Français,
14:03mais ils ne se reconnaissent pas
14:04dans l'histoire de notre pays.
14:06On pense qu'il y a un certain nombre de mesures à prendre,
14:07nous, on pense qu'effectivement,
14:08et c'est le cas, par exemple, je vais vous le dire,
14:10dans ma ville de Denain,
14:11qui est gérée par une mère socialiste,
14:12il y a des uniformes qui ont été tentés,
14:14qui vont, je l'espère, être prolongés.
14:16Il y a un problème financier dont il faut parler,
14:18mais un problème, une possibilité
14:20que les enfants, dans certaines écoles,
14:22portent l'uniforme.
14:22Moi, je pense que ça va dans le bon sens.
14:24Et les populations, la population, y adhère.
14:27– Il faut explorer le travail, je pense.
14:30– Oui, je pense, le service militaire.
14:31– Je termine sur la question d'Yves Fréard.
14:34Intellectuellement, j'y suis favorable,
14:35mais on sait très bien qu'aujourd'hui,
14:36c'est excessivement coûteux,
14:38que ce soit en termes de locaux, de personnel, etc.
14:41On n'y arrivera pas tout de suite,
14:42il faut arrêter de faire fantasmer les gens,
14:43on ne va pas rétablir le service militaire demain.
14:45En revanche, qu'il y ait un service civil
14:47de quelques mois,
14:49avec des vocations très précises,
14:51un encadrement très précis, etc.
14:53Oui, trois fois oui.
14:54– Laurent Valdiguier.
14:56– On a un paradoxe, un problème et un raccourci.
15:00– Le paradoxe, c'est que c'est des soirées fraternelles merveilleuses.
15:05En 98, la France black-blanc-beurre était dans la rue,
15:08il y a eu des émeutes,
15:09il y a même eu un mort en 98,
15:11il y a eu une voiture qui a foncé dans la foule.
15:14Donc c'est le mieux des visages français ces soirs-là.
15:19Vous devriez les célébrer vous aussi.
15:21C'est magnifique d'être dans la rue ces soirs-là.
15:23– C'est vrai qu'on ne les célébrerait pas ?
15:24– Qu'on soit à Lens, à Lille et tout ça.
15:25– Vous créez qu'on n'est pas heureux quand la France gagne ?
15:27– On a un problème.
15:28– Quand la France gagne, vous créez qu'on n'est pas heureux ?
15:29– Souvenez-vous, à l'époque de 98,
15:32Jean-Marie Le Pen disait se désoler
15:34que c'est des équipes pleines de noirs.
15:36– Non, moi j'adore.
15:37– Au fond, vous faites un peu la même chose aujourd'hui.
15:39– Parce que ça, c'est le raccourci.
15:41Le raccourci, c'est de dire que le problème qu'on a,
15:44parce qu'on a un problème,
15:45que Midi Libre dit,
15:46tout à l'heure, on avait le titre par…
15:48– Robert Ménard.
15:49– Voilà, les émeutes festives.
15:51Alors on a ce problème des émeutes festives
15:54qui viennent se rajouter,
15:55pas seulement au foot,
15:56malheureusement au foot.
15:57– C'est un oxymore, les émeutes festives.
15:59– Malheureusement au foot.
16:00Mais c'est vrai que la fête de la musique,
16:02c'est vrai qu'on a ce problème
16:03où une partie des fêtards,
16:06je mets des guillemets à fêtards,
16:08parce que ce n'est pas non plus des hooligans,
16:10mais je mets des guillemets à fêtards,
16:13une partie de la fête
16:15et dans une espèce de jeu de chat et la souris
16:20condamnable, condamné, monstrueux,
16:22parce que en plus ça met en danger la vie des gens,
16:26c'est très dangereux les mortiers,
16:28y compris pour les passants, pour les riverains.
16:30Donc on a ce problème-là.
16:32Il y a une partie de ces…
16:33Alors c'est vrai qu'ils sont jeunes,
16:34qui viennent affronter une bande rivale
16:38qui est pour eux la police.
16:40Alors ça c'est vrai, c'est une spirale infernale.
16:42Le raccourci que vous faites,
16:44c'est de dire que c'est l'immigration.
16:46Et c'est de vendre ce matin l'idée aux Français
16:49que si on se débarrasse entre guillemets de l'immigration,
16:52on se débarrassera aussi du problème qu'on a.
16:54Non, je vous ai indiqué, c'est vous qui faites un raccourci.
16:57Dans la liste de la procureure de Paris,
17:00qui se résume à quelques chiffres,
17:02il n'y a aucune statistique de Français, pas Français.
17:06Et d'ailleurs, tous ceux qu'on a vus au tribunal cet après-midi,
17:08les 13, alors vous allez me dire que c'était les moins graves,
17:12entre guillemets, puisqu'il y en a 68,
17:14leur garde à vue a été prolongée.
17:16Ils sont Français comme vous et moi.
17:19Alors ils n'ont peut-être pas la même couleur de peau que vous et moi,
17:21mais ils sont Français comme vous et moi.
17:21Je n'ai jamais parlé de couleur de peau,
17:22je ne parle jamais de couleur de peau.
17:23Vous dites tout le temps, ils suivent l'immigration, ils immigraient.
17:25Je vais vous expliquer.
17:26D'abord, c'est vous qui faites un raccourci.
17:28J'ai dit une surreprésentation de la jeunesse
17:31et de l'immigration.
17:32Et c'est factuel.
17:33Il y a dans les gens interpellés
17:34une surreprésentation de la jeunesse et de l'immigration.
17:38Surreprésentation de l'immigration aussi.
17:39Et il faut traiter.
17:40On a les âges, on n'a pas du tout.
17:41Et je vous ai dit, il suffit de mettre,
17:45regardez au moment des banlieues,
17:46quand les banlieues se sont enflammées il y a quelques années.
17:49Il n'y a pas tellement longtemps, c'était il y a deux ou trois ans.
17:512023.
17:52Voilà.
17:52Il suffit de superposer la carte des communautés étrangères dans notre pays
17:58et la carte des émeutes.
17:59On voit bien que dans beaucoup de quartiers communautarisés...
18:02Il n'y a aucune statistique de ça dans les propos
18:04et de la procureure et du ministère de l'Intérieur.
18:06Monsieur Valdiguet, le fait de ne pas avoir les yeux en face des troupes,
18:09permettez-moi de vous le dire,
18:09de ne pas vouloir regarder les choses telles qu'elles sont,
18:11et de se dire qu'ensuite on traite un problème,
18:13c'est déjà renoncer.
18:15Moi, quand je pense qu'il y a une surreprésentation de la jeunesse,
18:18je vous dis, on peut en débattre, etc.
18:20Alors, il faut adapter un certain nombre de mesures
18:23pour sanctionner cette jeunesse voyou.
18:25Quand il y a une surreprésentation dans la délinquance
18:28d'une part de l'immigration,
18:30c'est qu'on a un problème avec l'immigration,
18:31c'est qu'on a des gens qui ne reconnaissent pas notre pays.
18:33C'est-à-dire qu'on a des gens, et parfois ils sont français,
18:36qui n'aiment pas notre pays,
18:37et parfois ils sont ici et qui n'aiment pas notre pays.
18:38Et ça doit nous inciter,
18:41et ça doit nous inciter à avoir des mesures.
18:43La première de ces mesures, c'est évidemment
18:46stopper l'immigration.
18:47Enfin, je veux dire, si vous croyez que ça ne fait pas consensus,
18:49ce que je dis, c'est que vous êtes à côté de la réalité.
18:51Dans l'immense majorité des sondages qui sont publiés,
18:54les Français, dans leur immense majorité aussi,
18:56disent qu'il faut stopper l'immigration,
18:58y compris, très majoritairement,
19:00chez les Français qui se déclarent voter à gauche.
19:02Donc il y a un consensus dans notre société pour dire,
19:04on arrête.
19:06Une fois qu'on arrête le flux,
19:07on gère effectivement la problématique des immigrés
19:10ou des étrangers qui sont dans notre pays.
19:12C'est autre chose.
19:13Arrêter l'immigration ne va pas arrêter cette spirale interne.
19:16Il faut bien commencer par quelque chose aussi.
19:18Une chose, un élément que vous avez donné,
19:20que vous avez donné ce soir,
19:22que Marine Le Pen aussi a pu donner,
19:24c'est-à-dire qu'il y avait une espèce de spécificité française,
19:26d'une certaine manière,
19:27à avoir ces scènes-là,
19:29y compris les soirs de victoire.
19:31Lisa, est-ce qu'il y a une spécificité française ?
19:35Non.
19:36Non, il y a des violences ailleurs en marge des matchs de football.
19:39J'ai préparé une liste non exhaustive.
19:41Les derniers événements footballistiques émaillés de violences.
19:44Le 24 mai dernier, par exemple, regardez.
19:46Le coup d'envoi du match entre le Torino et la Juventus Turin
19:48a été retardé.
19:49Début à 21h51 au lieu de 20h45
19:51parce que des violences entre supporters de deux équipes
19:53aux abords du stade ont éclaté.
19:55En mars, à Dortmund, en Allemagne,
19:57énorme bagarre.
19:58Des personnes cagoulées attaquent le bus des joueurs d'Ambourg.
20:00150 gardes à vue.
20:02Toujours en mars, violences entre supporters.
20:03En Espagne, juste avant un corner,
20:05ce sont des supporters de rétafé
20:06qui se sont glissés derrière le corner
20:08pour attaquer des supporters du Betis.
20:10Match interrompu.
20:11L'année dernière, match entre l'Inter Milan et Naples
20:13pour le championnat d'Italie, le Scudetto.
20:15Un supporter a été poignardé à la jambe
20:17et il y a eu une centaine de blessés
20:18pendant les célébrations.
20:19Je continue.
20:20Il y a trois ans, en Grèce,
20:21les matchs se jouaient à huis clos
20:22après trop de violences sur les derniers matchs
20:24et en marge des matchs.
20:26Aucun spectateur pour éviter les débordements
20:27de ceux que le gouvernement grec qualifiait à l'époque
20:30de criminels se faisant passer pour des fans.
20:32En Belgique, après des jets de sièges
20:33et des dégradations, décision radicale,
20:35le classique belge se jouera
20:36sans supporters visiteurs de 2023 à 2025.
20:39Il y a un autre élément qui est intéressant
20:41pour donner une réponse à Marine Le Pen.
20:43Comparer la parade des joueurs du PSG dimanche
20:45chez nous à Paris
20:46et celle des joueurs d'Arsenal dimanche à Londres.
20:49Regarder les chiffres.
20:50À Londres, entre 750 000 et 1 million de personnes
20:52ont assisté au défilé.
20:54Il y a eu 6 agressions à l'arme blanche sur le parcours,
20:5624 personnes arrêtées.
20:57Et à Paris, 100 000 personnes étaient attendues,
21:0021 personnes ont été interpellées
21:01dans la journée de dimanche uniquement
21:02et il y a eu 15 gardes à vue.
21:04Non mais ce n'est pas sérieux.
21:05Pourquoi ?
21:06Non mais ce n'est pas sérieux.
21:07On passe notre temps tous sur les plateaux
21:09à bien expliquer que ce ne sont pas les supporters
21:12qui causent, qui cassent le magasin Darty,
21:14par exemple, de Paris qui a été dévalisé.
21:16Pour moi, ce n'est pas des supporters,
21:17ce n'est pas des gens qui sont venus
21:19encourager une équipe de foot.
21:21On explique, et là,
21:22qu'effectivement ce sont des bagarres de supporters,
21:24c'est-à-dire des bagarres de ce qu'on appelait
21:25à une époque des hooligans,
21:26c'est-à-dire des supporters
21:27de deux équipes différentes
21:29qui se tapent dessus.
21:30Ça n'a rien à voir avec des voyous
21:32qui vont dans les grandes villes,
21:33qui cassent, qui pillent les magasins.
21:35Enfin, je veux dire, vous mettez en parallèle
21:38des bagarres de supporters inadmissibles,
21:40totalement inadmissibles.
21:42Est-ce que nous voyons des voyous
21:43qui déferlent dans tous les centres-villes de France,
21:46qui cassent, qui pillent, qui abîment ?
21:48Enfin, je veux dire, ce n'est pas les mêmes choses.
21:50Vous ne comparez pas les mêmes choses, mademoiselle.
21:51Mais on ne peut pas affirmer qu'en France,
21:53il n'y a qu'en France,
21:54pour reprendre la phrase exacte de Marie-Pé,
21:55il n'y a qu'en France
21:56où la victoire d'un club de foot
21:57provoque des émissions.
21:58Mais madame, si, il n'y a que dans notre pays.
22:00Dans toute la série de choses
22:02que vous avez racontées,
22:02on n'est pas vu une capitale,
22:04Madrid n'est pas à feu et à sang.
22:05Vous avez vu Madrid à feu et à sang ?
22:07Vous avez vu Rome à feu et à sang ?
22:08En 82, oui.
22:09Bon, écoutez, à un moment, il faut être sérieux.
22:10En 82, oui, il y a des émeutes.
22:12Non, mais ce qui est quand même intéressant,
22:14ce qui est quand même intéressant,
22:15et pourquoi...
22:15Alors, c'est là où l'explication est intéressante,
22:18c'est pourquoi, en France,
22:21ces violences,
22:21qui ne sont pas uniquement vues au foot,
22:23parce qu'il faut le dire, ça.
22:25Parce que sinon, on parle de la musique,
22:27on parle d'autre chose.
22:28Eh bien, on s'en prend à l'État,
22:31à l'autorité, en fait,
22:33alors que ce n'est pas le cas à Londres.
22:35Alors, à Londres, ça peut arriver.
22:36Il y a eu des émeutes, quand même,
22:38à Brixton et des choses...
22:39Encore une fois, les éléments qui étaient donnés par l'Isa,
22:41sur Londres, hier,
22:42750 000, un million de personnes,
22:43il y a 6 agressants à l'arme blanche,
22:4424 personnes qui sont arrêtées.
22:46Ce n'est pas non plus une petite balade de printemps, quoi.
22:48Non, mais certes,
22:49mais il y a 500 policiers seulement.
22:51Chez nous, il y en a beaucoup plus.
22:52Et il n'y a pas les scènes d'émeutes qu'on a vécues.
22:54Et il y a 750 000 personnes.
22:55Donc, c'est ça qui est intéressant.
22:56Et puis, ce n'est pas l'État qui est pris en otage.
23:02Et c'est ça qui est terrible en France.
23:03Et c'est pour ça qu'on aimerait avoir des explications,
23:06et vos explications,
23:08sur le fait que c'est une spécificité, quand même,
23:11on est obligé de le dire, française.
23:14– Enfin, un ratage des politiques d'assimilation et d'intégration,
23:18parce que le nombre fait la loi.
23:20Vous avez un moment,
23:21beaucoup trop de gens qui arrivent de l'extérieur
23:23et qui sont inassimilables, parce qu'on n'arrive pas,
23:26on n'a pas les forces assimilatrices,
23:28on n'a plus d'armée, enfin de services militaires,
23:30l'éducation nationale est en ruine.
23:31Les services publics, qui n'arrivent pas en tous les cas,
23:34parce qu'ils sont exsangues,
23:35qui n'arrivent plus à cadrer, quelque part aussi, notre société.
23:40Et puis, il y a un affaiblissement des autorités,
23:43l'autorité dans l'éducation nationale,
23:44l'autorité de la justice.
23:46Il est bien loin le temps où on avait peur à la vue d'un képi.
23:51Ça n'existe plus.
23:52Donc, évidemment, pourquoi ces autorités sont affaiblies ?
23:55Parce que les peines, ou ne sont pas exécutées,
23:58ou parce qu'elles sont aménagées,
23:59ou parce qu'elles ne sont pas adaptées également ?
24:01Moi, je ne crois pas qu'il faut renfermer tout le monde,
24:03tout le temps, partout.
24:04Je pense qu'il faut des choses très adaptées.
24:05Vous dites justice laxiste.
24:08On était tout à l'heure avec Robert Mayard,
24:09qui lui disait, par exemple,
24:10qu'il faudrait pouvoir mettre des peines de prison de 15 jours.
24:14Mais, quand je parle de peines adaptées, c'est possible.
24:17Ce n'est pas à moi de décider si c'est 15 jours,
24:19ou 18 jours, ou 14 jours.
24:20Vous êtes législateur aussi.
24:21Donc, l'audience de peine et l'audience de culpabilité
24:24sont très espacées.
24:25Ça, c'est pour les mineurs.
24:26Eh bien, je pense que,
24:27et on peut ouvrir ce débat,
24:28et moi, je suis prêt à confronter les arguments,
24:32l'audience de culpabilité a lieu,
24:34bien avant l'audience de peine,
24:36il y a une latence entre les deux.
24:37En gros, pour expliquer,
24:38au moment d'un fait,
24:39pour les mineurs,
24:40les mineurs qui sont jugés après un fait délictuel,
24:42il y a trois mois pour donner la culpabilité,
24:48et ensuite, six mois supplémentaires pour pouvoir donner la valeur de la peine.
24:52Eh bien, voyez-vous, je pense que ça va à l'encontre de l'immédiateté d'une peine.
24:56Une peine, elle doit être immédiate,
24:58elle doit être effective,
24:59et elle doit être proportionnée.
25:01Je pense qu'on n'y est pas.
25:03Et donc, comme on a loupé ce virage,
25:05et qu'il n'y a pas assez de places de prison,
25:07vous savez, moi, je suis fils d'une greffière de justice,
25:10la clochardisation de notre justice,
25:12je l'ai mesurée toute ma vie en voyant ma mère travailler.
25:16Donc, évidemment, tout ça, ça fait partie,
25:18l'éducation, on parle des services publics,
25:20moi, je crois beaucoup en les services publics,
25:23dans l'idée que l'État doit être fort,
25:25que l'État doit assumer ses missions,
25:27qui sont l'éducation, la santé, la justice, la sécurité.
25:30Ce sont les grandes missions d'un État qui se tient debout.
25:33Excusez-moi, mais aujourd'hui,
25:34est-ce que notre État se tient debout
25:35si on regarde là où il doit assumer ses missions ?
25:37La réalité, c'est que non.
25:38Maître Slama, vous êtes en contact avec la justice tous les jours,
25:40est-ce qu'elle se tient debout ou pas pour vous ?
25:42Non, alors sur le constat, je suis totalement d'accord.
25:43C'est une clochardisation, c'est une évidence.
25:46Clochardisation, vous reprenez le terme ?
25:47Bien sûr, mais à la fois de l'institution judiciaire,
25:49mais des prisons.
25:50Cette nuit encore, il y a une cellule qui a pris feu
25:51avec un détenu qui est décédé dans la prison de la santé.
25:54Donc, je suis totalement d'accord sur le constat.
25:56Et les magistrats n'en peuvent plus,
25:57les greffiers n'en peuvent plus,
25:58les avocats n'en peuvent plus.
25:59Donc ça, je suis totalement d'accord sur le constat.
26:01Ce que je ne comprends pas,
26:02c'est toujours sur cette question
26:04de la surreprésentation de l'immigration.
26:05On vous a confronté, on vous a dit
26:06comment savez-vous ?
26:07Et la seule réponse que vous avez apporté,
26:09c'est les Français sont d'accord avec moi
26:10puisqu'ils sont contre l'immigration.
26:11Non, ce n'est pas la seule réponse que j'ai apporté.
26:12Donc moi, j'aimerais savoir
26:14quels éléments factuels vous avez pour savoir
26:16que dans les personnes interpellées,
26:18il y a une surreprésentation de l'immigration.
26:20Moi, je n'ai pas des éléments.
26:21Et tout à l'heure, Maxime Switek
26:22nous a donné une liste de prénoms d'individus
26:24qui ont été arrêtés aujourd'hui
26:25et qui sont passés en comparaison immédiate.
26:27On a des Maxime, on a des Théo,
26:29on a des Raphaël.
26:30Alors, soit c'est de l'immigration
26:31qui est très assimilée,
26:32soit ce n'est pas de l'immigration.
26:34Je peux vous redonner tous les prénoms d'aujourd'hui.
26:36Après, ça vaut ce que ça vaut, encore une fois.
26:39Raphaël, Amer, Tiziano, Hichem, Théo, Andy,
26:44Sofiane, Ibrahima, Walid, Antoine, Amine, Maxime, Adrien.
26:48Voilà.
26:49Mais regardez, il y a une statistique,
26:50enfin, une statistique, c'est un chiffre.
26:52Quand vous visitez des prisons
26:55et vous en visitez probablement régulièrement,
26:56moi, je suis parlementaire, j'en visite aussi,
26:58vous avez une surreprésentation
26:59des gens de nationalité étrangère dans les prisons.
27:02Je ne le nie pas en général.
27:03Je vous parle de la journée d'hier et aujourd'hui.
27:05Là, comment savez-vous ?
27:06Je pense que c'est pareil.
27:07Ah d'accord, vous le pensez, c'est une supposition.
27:08Oui, oui, oui.
27:09Je suppose très fortement
27:12qu'il y ait une surreprésentation de l'immigration
27:14dans les effets éducatifs.
27:15Mais pour moi, c'est une certitude.
27:17Sébastien Chenou, il y a une urgence,
27:18c'est que la Coupe du Monde arrive.
27:19On va voir d'autres matchs.
27:20Il y a des matchs amicaux qui commencent à partir de jeudi,
27:23mais il y a d'autres matchs qui vont commencer
27:24dans une quinzaine de jours.
27:25Qu'est-ce qu'on fait ?
27:26Est-ce qu'il y a des mesures à prendre en urgence ?
27:28On a parlé de fan zone, etc.
27:30Certains réclament, par exemple,
27:31des couvre-feux pour les mineurs.
27:32Qu'est-ce que vous dites ?
27:33Non mais, alors, voyez-vous,
27:35moi je ne suis pas pour qu'on finisse
27:37par avoir des politiques de couvre-feu
27:39où j'entendais aussi que certains demandaient
27:40que les clubs sportifs, finalement,
27:44soient aussi participes aux réparations, etc.
27:46Je ne suis pas du tout pour ça.
27:47Moi, je pense que chacun doit assumer,
27:48dans la vie, ses responsabilités.
27:50Donc je pense qu'effectivement,
27:51l'État doit assumer ses responsabilités
27:53à travers une stratégie du maintien de l'ordre,
27:54du nombre, etc.
27:55qu'on a pu réussir à voir de façon très efficace,
27:59par exemple, au moment des Jeux Olympiques.
28:01Il y avait des moyens,
28:02il y avait une stratégie,
28:03et visiblement, ça s'est bien passé.
28:04Ça aurait pu très mal se passer au moment des JO.
28:06Je trouve que ça s'est bien passé,
28:07et moi, je m'en réjouis.
28:08Mais il y avait visiblement le nombre,
28:10les moyens et la stratégie qui ont été adaptés.
28:12Il faut savoir le reconnaître dans ces cas-là.
28:14Donc je pense qu'il devrait peut-être s'inspirer
28:16de celui qui a été à la manœuvre à l'époque
28:19sur cette stratégie,
28:20mais il se trouve que c'était peut-être le même.
28:21Je crois que M. Nunez, à l'époque,
28:22était préfet.
28:24Donc par conséquent, ça veut dire
28:25qu'on peut faire les choses aussi proprement.
28:27Mais je pense que ce gouvernement
28:29devrait immédiatement indiquer
28:32que les familles seront mises en cause
28:34si leurs enfants mineurs, par exemple,
28:38sont confrontés à des agissements
28:41dans lesquels ils seraient identifiés
28:43comme étant des délinquants.
28:44Alors, juste un mot,
28:45parce que je défends un certain nombre de mineurs
28:46et je suis en contact régulièrement avec les parents.
28:48Je vous assure que pour ceux que je côtoie,
28:49est-ce que c'est responsatif ou pas, je ne le sais pas,
28:51mais pour ceux que je côtoie,
28:52les parents sont totalement dépassés.
28:55Ça veut dire qu'ils sont là,
28:56ils viennent me voir, ils me disent
28:57« Maître, aidez-moi, je n'y arrive plus,
28:58je n'ai aucun contrôle, aucune autorité sur mon fils,
29:01il n'y arrive plus. »
29:02Donc j'entends ce que vous dites
29:03et on pourrait penser que ce serait utile.
29:04Mais moi, l'expérience que j'ai,
29:06c'est que les parents sont démunis,
29:07ils n'y arrivent pas.
29:08Et cette double peine,
29:09est-ce qu'elle serait efficace chez des parents
29:11qui de toute façon...
29:11Les parents ne sont pas contents d'avoir leur enfant
29:13à aller chercher au tribunal ou au commissariat.
29:15Parfois, ils n'ont pas non plus envie d'y arriver.
29:18Vous voyez ?
29:19Quel parent a envie de récupérer son fils au commissariat
29:21ou à la sortie du tribunal ?
29:22Non, mais personne.
29:23Mais parfois, certains ont une désinvolture
29:25qui est un peu coupable.
29:27Si vous voulez, je pense qu'effectivement,
29:30éduquer un enfant,
29:31c'est probablement très difficile.
29:33Mais je pense qu'il y a aussi des parents
29:35qui ne se préoccupent pas toujours
29:36de l'éducation de leur enfant.
Commentaires