00:00Il va falloir sortir les battes de baseball contre la Commission européenne.
00:03Là, pour le coup, je suis d'accord.
00:05Parce qu'elle est en train de tuer le projet économique des OPR2.
00:10Et comme on a un gouvernement, une espèce de conciliation permanente
00:15avec les délires bureaucratiques européens,
00:18on a un gouvernement qui n'est pas à la hauteur pour mener le combat face à la Commission européenne.
00:29– Monsieur mon ministre, on en est où avec les stocks d'uranium ?
00:32Monsieur mon ministre, on en est où avec la disponibilité pour nos 56 réacteurs ?
00:37Monsieur mon ministre, est-ce que le nucléaire va y avoir une guerre pour avoir de l'uranium
00:43comme il y a une guerre pour avoir du pétrole ?
00:45– Alors, réponse, les ressources en uranium sont finies.
00:49– La volonté de construire des réacteurs n'est pas infinie non plus.
00:57Les stocks d'uranium en France ne sont pas en l'état menacés.
01:01Trois, il y aura évidemment un problème à un moment ou à un autre.
01:05Et c'est la raison pour laquelle une nation nucléaire comme la France
01:10a imaginé des réacteurs à neutrons rapides de fermeture du cycle
01:14qui ont pour objectif de recycler indéfiniment les déchets qui sont dans la piscine de la haille,
01:21qu'il faut vider.
01:22Donc, je regrette la décision qui a été prise par le gouvernement sous présidence Macron
01:27qui a interrompu les recherches sur le réacteur Astrid.
01:30Je regrette même la fermeture de Superphénix
01:33qui permettait d'avoir ce qu'on a appelé le réacteur de fermeture du cycle
01:38qui permettait de recycler indéfiniment ensuite les déchets nucléaires d'uranium
01:45qui avait subi la réaction de fission dans les réacteurs que nous exploitons.
01:52Je dois dire que fermer Astrid pour autoriser une multitude de start-up
02:01pour faire des mini réacteurs Astrid
02:03dont on sait qu'il n'y a pas d'autre modèle économique
02:05que celui d'être acheté par Microsoft ou les patrons de data centers américains
02:10était quand même une grave erreur stratégique.
02:12J'approuve ce qu'a dit Yves Bréchet ici
02:15qui était mon haut commissaire à l'énergie atomique lorsque j'étais au gouvernement
02:20et j'aimerais avoir l'opinion avisée d'Olivier à la fois sur les biotech
02:24mais aussi sur ce que je viens de dire
02:27est-ce que je me suis trompé ou pas ?
02:29En tout cas, c'est comme ça qu'on a imaginé
02:32il y a très longtemps que c'était imaginé
02:33c'était déjà dans le plan Messmer.
02:36Je suis un des ministres de l'industrie
02:39qui s'est battu pour allouer au projet Astrid
02:42au commissariat d'énergie atomique et alternative
02:46600 millions et on les avait versés.
02:49Donc tout ça a été arrêté par décision incompréhensible.
02:53On n'a jamais entendu de compte rendu
02:55d'exposer les motifs de cette décision stupide.
02:58Non mais Arnaud, tu n'avais pas envie de débarquer
03:00avec une patte de baseball et de tout leur péter les genoux là ?
03:03Je suis un homme calme et rangé.
03:06Attention.
03:07Sur le cycle nucléaire, enfin le stock, je pense que Arnaud a...
03:10En tout cas, moi je partage l'analyse qui est faite par Arnaud
03:13mais là vous vous placez déjà assez loin dans le temps.
03:16Il y a un vrai sujet qui est plus court pour nous,
03:20c'est à quel prix on va sortir le mégawatt-heure
03:23des nouveaux EPR2.
03:25Parce que la France, elle est prête à redévelopper du nucléaire.
03:30Très bien.
03:32Sur les doublons qui ont été faits,
03:34les consultations publiques se sont bien placées.
03:36Mais si on sort un mégawatt-heure à 100, 120 ou 150 euros,
03:43on va se faire avoir par l'Europe de l'Est
03:46où on aura des réacteurs sud-coréens sous licence américaine
03:50qui vont pousser comme des champignons
03:51et qui prendront la place stratégique que la France a besoin de prendre.
03:55C'est celui du fournisseur de référence pour l'Europe,
03:58au moins l'Europe de l'Est,
03:59d'électricité décarbonée et pilotable par notre nucléaire.
04:02Ça, c'est notre atout stratégique.
04:04Si on le garde, on a une puissance de feu en Europe
04:07dans des rapports de force absolument dingue.
04:10Ce n'était pas une plaisanterie,
04:11mais si demain, on met les interconnexions
04:14entre la France et l'Allemagne
04:15en maintenance administrative à 50% de leur puissance,
04:19les Allemands, comme tu le disais,
04:20demain sont dans le noir.
04:22Et donc, on a un rapport de force.
04:24L'Europe, ce n'est pas que des bisounours.
04:26On a un moyen de rapport de force.
04:27Si on le perd, c'est gravissime.
04:29Donc, ce qui se joue aujourd'hui, ce n'est pas ton cycle.
04:32C'est est-ce qu'on est capable de sortir un mégawatt-heure
04:35à 70 ou 80 euros avec un design,
04:39l'EPR2 qui pose quand même beaucoup de questions
04:42à la fois aux ceux qui l'observent
04:44et à ceux qui l'opèrent ?
04:45Alors, je veux compléter.
04:47C'est très brillant et brillamment dit
04:49parce qu'effectivement, l'objectif d'EDF,
04:54c'est d'avoir des réacteurs à 70 euros,
04:56des nouveaux réacteurs EPR2,
04:58à 70 euros le mégawatt.
05:00Ça suppose un financement public
05:03et une forme d'investissement public,
05:05ce qui est normal puisque c'est un outil collectif.
05:11Et la Commission européenne vient de retoquer le projet
05:14en disant, c'est une aide d'État.
05:18Ah, la belle affaire !
05:20Donc, oui, c'est une aide d'État.
05:21Donc là, il va falloir sortir les bats de baseball
05:25contre la Commission européenne.
05:26Là, pour le coup, je suis d'accord.
05:27parce qu'elle est en train de tuer
05:30le projet économique des EPR2.
05:32Et comme on a un gouvernement,
05:34une espèce de conciliation permanente
05:38avec les délires bureaucratiques européens,
05:40on a un gouvernement qui n'est pas à la hauteur
05:42pour mener le combat face à la Commission européenne.
05:46Et donc, là, moi, j'ai un problème sur ce sujet-là.
05:49On a un deuxième sujet.
05:51Les Anglais ont fait un travail de peignage
05:55avec l'autorité de sûreté nucléaire,
05:57qui est une autorité indépendante du pouvoir politique,
05:59pour enlever tout ce qui était devenu absolument inutile,
06:03absurde et extrêmement coûteux.
06:04Ils ont fait un travail avec British Energy,
06:09c'est-à-dire l'exploitant,
06:10qui d'ailleurs est via d'EDF, si je ne m'abuse,
06:13et l'autorité de sûreté, qui est indépendante,
06:16en disant, comment on fait pour que tout ce qu'on a accumulé
06:20après Fukushima, puis ceci, puis cela,
06:23qui est une accumulation de mesures de sûreté,
06:25qui sont d'ailleurs des doublons, des surplombs, des inutilités,
06:30sur quelques sujets, pas grand-chose,
06:32rien dans le secteur critique qui puisse diminuer les coûts,
06:36eh bien, ça, c'était fait par le gouvernement anglais, avec succès.
06:39Je pense qu'il serait bon qu'on fasse la même chose en France.
06:41Les Américains ont fait il y a dix ans par rapport.
06:43Et donc, ils sont capables de faire un nucléaire moins cher.
06:48Donc, il faut qu'on fasse la même chose.
06:49Mais là, il faut qu'on mette tout le monde autour de la lame,
06:52y compris l'autorité de sûreté,
06:53qui, elle, est une autorité de connaisseurs, d'experts,
06:57et aussi qui ont une intelligence économique.
06:59Voilà.
07:00Donc, il y a beaucoup de choses à faire sur le sujet
07:01pour gagner le combat de l'énergie bon marché à horizon 2050.
07:07Pfff, 2050, mais on sera tous…
07:10Enfin, c'est 2038, officiellement.
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