- il y a 2 jours
- #faceabockcote
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bocoté, avec Mathieu bien sûr,
00:07cher Mathieu bonsoir, Arthur de Vatrigan est également avec nous.
00:11C'est une émission un peu particulière, exceptionnelle bien sûr, puisque Paris est en train de se barricader, vit au
00:18rythme de cette finale de Ligue des Champions
00:21qui se joue à 1500 kilomètres du côté de Budapest et pourtant Paris est contrainte de voir ces rues finalement
00:31et ces magasins barricadés,
00:33ces rues mobilisées, plus de 8000 policiers et 20 000 sur l'ensemble du territoire.
00:40Je voudrais qu'on voit ces images parce qu'on est à la mi-temps de la rencontre et il
00:44n'y a pas de mi-temps pour l'instant, pour les forces de l'ordre.
00:47C'est l'image de ce début ou du moins de ces milieux d'après-midi avec des individus qui
00:53s'en sont pris à des voitures portes de Saint-Cloud à quelques centaines de mètres
00:57du parc des Princes, vite interpellés par les forces de l'ordre, dispersés par les forces de l'ordre, on
01:05parle de plus de 250 individus
01:07et donc les forces de l'ordre qui sont allées à intervenir malgré finalement ces scènes qu'on a trop
01:14souvent vues ces dernières années.
01:17La question qu'on se pose c'est est-ce que la France est assiégée ?
01:21C'est la question que vous vous posez cher Mathieu Bocoté et vous allez parler évidemment de ce qui se
01:25passe aujourd'hui,
01:26mais c'est la continuité de nombreuses tristes actualités en France.
01:31Actualité quand même récente, ça se passe il y a quoi ? Il y a une semaine, un peu plus
01:37d'une semaine à La Baule.
01:39Donc on le sait, La Baule, s'il y a un endroit en France qui est non seulement protégé,
01:44mais qui se croyait protégé à l'abri de tout ce qui relève de près ou de loin de l
01:51'insécurité, c'est bien La Baule.
01:53D'ailleurs comme dans tout endroit bourgeois protégé qui croit qu'il ne sera pas frappé ou impacté comme on
01:59dit par le monde,
02:01on peut y voter tranquillement pour le centre de manière enthousiaste en croyant pratiquer le vote raisonnable et rationnel.
02:07Si je ne me trompe pas, Emmanuel Macron à la dernière présidentielle a fait 65% autour de ça à
02:12La Baule.
02:13Alors la semaine dernière, on le sait, dans cette ville qui se croyait à l'abri,
02:18et bien des voyous, c'était le week-end, donc des voyous où à tout le moins différentes bandes,
02:25on utilise plusieurs termes pour en parler, se sont rués sur la ville, les plages,
02:30avec des scènes qu'on a qualifiées de débordement et d'incivilité.
02:36Alors c'est le vocabulaire utilisé par les médias, c'est le vocabulaire utilisé par le régime
02:42pour décrire ce qui se passe aujourd'hui, débordement, incivilité,
02:47et ce soir, si les choses tournent mal à Paris, nous parlerons encore une fois de débordement ou d'incivilité,
02:56et les plus audacieux nous parlerons peut-être de racailles, croyant par là utiliser des gros mots.
03:05Le problème évidemment, c'est que tout cela n'est pas nouveau, mais absolument pas nouveau,
03:10mais la politique menée depuis plusieurs décennies, et on pourrait dire plus encore depuis quelques années,
03:16était une politique d'endiguement du réel.
03:19C'est-à-dire, dans la mesure où ça ne touchait pas les catégories sociales privilégiées,
03:24les quartiers privilégiés, et bien on disait que ça n'arrivait pas à la France dans son ensemble.
03:30Donc c'était, vous connaissez le vocabulaire qui a été utilisé au fil du temps,
03:34fait divers, fait divers, fait divers pour en parler,
03:36donc les faits divers se multipliaient, mais le propre du fait divers est d'être un fait
03:40qui n'est pas pertinent sociologiquement ou politiquement.
03:44Dès lors, il ne faut pas en parler.
03:47Ensuite, les techniques d'occultation du réel fonctionnaient de moins en moins bien.
03:51Il n'était plus possible d'expliquer que l'insécurité n'était pas la nouvelle règle en France.
03:57Dès lors, qu'est-ce qu'on a fait de plus en plus?
03:59Eh bien, on disait, oui, c'est une réalité, mais ceux qui s'en inquiètent politiquement,
04:03ceux qui s'en inquiètent collectivement, veulent en fait instrumentaliser cela
04:08au service de ce qu'ils appellent l'extrême droite.
04:09D'ailleurs, c'était l'extrême droite elle-même.
04:11Donc le véritable problème, ce n'était pas l'insécurité qui partout s'étendait.
04:15Le véritable problème, ce sont ceux qui s'inquiétaient de cette insécurité
04:18et qui voulaient en faire un sujet politique, c'est-à-dire ce qu'on appelle l'extrême droite.
04:24Ensuite, autre élément dans la séquence de la Baule, parce que j'arrive très rapidement
04:29évidemment à ce qui se passe à Paris.
04:31Eh bien, vous noterez, on a eu une forme de théorie sociale ou socialisante pour expliquer
04:36ce qui s'est passé.
04:37Globalement, les jeunes de Nantes seraient privés du droit à la vie balnéaire agréable
04:43et il y a eu une forme d'exportation des voyous de Nantes vers la Baule
04:52et qui aurait été pris à gérer finalement une forme de débordement dans ces rues.
04:57Et voilà pourquoi on nous expliquait finalement, finalement, c'était selon certains imprévu,
05:02mais finalement, personne n'était à l'abri.
05:04Je me permets de vous couper parce qu'on a des images en direct et vous voyez ces images.
05:08On est porte de Saint-Croux à quelques centaines de mètres du Parc des Princes
05:14avec plusieurs dizaines d'individus, je ne vais pas parler de jeunes, mais d'individus
05:21qui font face aux forces de l'ordre.
05:24Il y a un important dispositif de sécurité qui est mis en place, vous le savez.
05:288000 policiers et gendarmes mobilisés dans la capitale,
05:3122 000 sur l'ensemble du territoire.
05:35On est à la mi-tente de cette rencontre entre le Paris Saint-Germain et Arsenal.
05:40Il faut expliquer aux téléspectateurs que du côté du Parc des Princes,
05:44le match est suivi sur écran géant et qu'il y a 48 000 personnes qui sont présentes
05:51et on assiste au premier face-à-face tendu, du moins le deuxième,
05:56puisqu'il y avait eu déjà une première fièvre aux alentours de 17h57.
06:02Les forces de l'ordre qui sont très présentes sur la porte de Saint-Cloud
06:07et qui sont en train d'avancer pour tenter de disperser, on imagine, les forces de l'ordre.
06:12Peut-être qu'on rejoindra notre équipe qui suit attentivement la situation, Mathieu Bocoté,
06:17mais ce sont des scènes que nous ne voulions pas voir, Mathieu,
06:20et que finalement, on revit alors que c'est un événement festif, sportif,
06:26et qui devrait rassembler plus que diviser.
06:28Oui, mais quand vous dites ça, vous êtes un peu vintage, bien mal de vous, cher Eliott,
06:31parce que dans les faits, nous savons depuis un bon moment que ces rituels relèvent de l'affrontement.
06:36En fait, c'est le rituel de l'affrontement entre ce qu'on appelle les jeunes,
06:40les jeunes de banlieue et les forces de l'ordre.
06:43Et je vous dirais que ce soir, le véritable événement, ce n'est pas va-t-il se passer quelque
06:47chose ou non.
06:48Seront-ils des dizaines? Seront-ils des centaines? Seront-ils des milliers?
06:52Seront-ils encore plus nombreux à déferler sur le mode conflictuel avec les policiers?
06:59La véritable question, c'est que pour éviter que tout ne s'embrase, pour éviter que tout n'explose,
07:06il est nécessaire de déployer des forces policières sur le mode quasi-militaire.
07:11Nous sommes dans un dispositif, on n'utilise pas ce terme-là,
07:15mais on est devant un dispositif qui relève de l'anti-émeute,
07:20et plus que de l'anti-émeute, de la possibilité de mater.
07:24Quand on voit autant de forces de l'ordre que ça,
07:26c'est cette idée de mater ce qui ressemblerait à une insurrection circonstancielle.
07:32Donc, pour que rien n'arrive, il est nécessaire de mobiliser des troupes,
07:38parlons comme ça, comme jamais.
07:40Et ça, donc dès lors, se demander s'il va se passer quelque chose ou non,
07:44c'est complètement décalé.
07:46Dès lors que vous avez des milliers de policiers pour empêcher qu'il se passe quelque chose,
07:50c'est qu'il se passe déjà quelque chose.
07:52Et dès lors que vous avez un dispositif quasi-militaire pour traiter ce qui pourrait arriver ou non,
07:57c'est que psychologiquement et institutionnellement et stratégiquement,
08:01la France vit déjà dans une situation de la possibilité d'être assiégée en permanence.
08:08J'ajouterais une chose en passant,
08:10c'est qu'il y a aujourd'hui toutes les grandes métropoles françaises,
08:15toutes les métropoles françaises d'au-delà de Paris, sont assiégées.
08:18C'est-à-dire, potentiellement, aucune n'est à l'abri d'éventuelles explosions.
08:23Mais évidemment, là, ce soir, c'est un point de concentration particulièrement marqué.
08:27Malheureusement, on avait anticipé ce niveau de tension,
08:30on avait anticipé ce niveau de violence,
08:33et on assiste donc en direct aux premières tensions,
08:36aux abords du Parc des Princes, entre les forces de l'ordre et plusieurs dizaines d'individus.
08:42On a même vu des groupes être exfiltrés d'un bâtiment privé,
08:49les forces de l'ordre qui sont en train d'avancer,
08:52qui a été visée par des tirs de mortier d'artifice
08:55et qui ont fait également usage de bombes lacrymogènes et de bombes de désencerclement.
09:01Donc on ira rejoindre notre équipe très rapidement sur le terrain.
09:04Mathilde Ibanez, qui suit activement la situation.
09:07Mathilde Ibanez, justement, est sur le terrain et suit les forces de l'ordre.
09:12Racontez-nous ce qui se passe autour de vous.
09:13Je disais, les premières tensions aux abords du Parc des Princes,
09:18nous les vivons en direct aux alentours de 19h07.
09:25Exactement, ce qu'on peut vous dire, c'est que la situation s'est très rapidement tendue.
09:29Elle continue encore d'être tendue.
09:31Beaucoup de personnes viennent confronter directement les forces de l'ordre
09:35qui sont obligées, vous le voyez à l'instant, de faire usage de gaz lacrymogènes.
09:39Les jeunes sont armés de bouteilles en verre.
09:43Ils lancent ça sur les forces de l'ordre.
09:44Il y a également beaucoup de tirs d'artifice contre les forces de l'ordre
09:49qui, depuis tout à l'heure, essaient de ratisser au maximum
09:53toutes les personnes qui se trouvent portent de la muette,
09:56non loin du Parc des Princes.
09:59Ces mêmes personnes qui, il y a quelque temps,
10:01avaient tenté de forcer le barrage de sécurité à côté du parc
10:05pour forcer l'entrée et aller au Parc des Princes sans avoir de ticket.
10:10Ici, vous pouvez le voir, les forces mobiles sont positionnées ici
10:15sur plusieurs autres axes également.
10:17Ils font face à des supporters extrêmement violents.
10:23On va suivre attentivement avec vous ce qui se passe évidemment sur le terrain.
10:27Vous qui êtes accompagné de Timothée Forger.
10:30Là, on n'est pas face à forcément des supporters
10:33parce que les montants sans, lors de la demi-finale de l'île des champions,
10:36par exemple, vous savez que les 126 personnes qui ont été interpellées
10:39n'étaient ni de près ni de loin associées au Paris Saint-Germain.
10:45On garde les images en direct, Mathieu,
10:46et on revient tout en prenant de la hauteur justement avec votre sujet.
10:51Alors, ne s'agit-il pas d'une question sociale, comme on dit,
10:56de quoi parlons-nous quand on voit ces images ?
11:00Vous nous conduisez à quelque chose d'important,
11:01c'est-à-dire la théorie généralement utilisée par le commentariat.
11:06C'est si des masses de jeunes, ou à peu près certaines quantités de jeunes,
11:09se jettent soit sur la boule, on disait la semaine dernière,
11:12ou soit ce soir, on va nous expliquer que ce sont en fait des exclus du système
11:15qui décident de se venger pour l'injustice dont ils seraient victimes.
11:21Donc, globalement, ils n'ont pas accès à la plus belle des stations balnéaires.
11:24Ils se donnent le droit de l'occuper de la plus nette manière,
11:27de la plus violente manière,
11:29et surtout celle qui se croyait, la dernière qui se croyait à l'abri.
11:32De la même manière, ce soir, qu'est-ce qu'on voit ?
11:36Eh bien, on va nous expliquer, une partie de la gauche médiatique va nous dire,
11:39dans une société de consommation ostentatoire,
11:42tant de biens sont offerts, mais auxquels les jeunes n'ont pas accès,
11:46eh bien, c'est l'occasion pour eux d'aller corriger directement
11:49les injustices dont ils seraient victimes.
11:52Mais, encore une fois, je pense que c'est complètement limité.
11:55En fait, c'est même faux comme analyse.
11:57Il nous faut une théorie, pardonner la formule de prof,
11:59mais il nous faut une théorie de l'insécurité un peu plus fine que ça.
12:02Je ne peux m'empêcher de voir dans ces affrontements rituels,
12:05vous l'avez dit tantôt, c'est un rituel, ça revient.
12:07On espérait ne pas voir ça, mais on sait maintenant
12:10que quel que soit le grand événement,
12:11on va voir des événements semblables.
12:14Mais qu'est-ce qu'on voit dans ces événements ?
12:15C'est une véritable logique de conquête qui se déploie,
12:19d'agressivité conquérante.
12:21Je ne dis pas que c'est théorisé, rationalisé, idéologisé,
12:24pensé, rien de tout ça.
12:25Je dis qu'on est devant des événements
12:28où des groupes humains s'entrechoquent,
12:31et on pourrait dire que c'est une forme de choc
12:33des civilisations sur le territoire français.
12:35Qu'est-ce que je veux dire par là ?
12:37Il y a des groupes qui ne s'identifient pas tous ensemble,
12:40quoi qu'on en dise,
12:41au seul et même grand peuple français.
12:43Ce n'est pas comme ça, ça ne se vit pas comme ça.
12:45Il y a des groupes qui, aujourd'hui, sont dans une logique
12:47presque, à l'échelle de l'histoire, c'est banal,
12:48logique de conquête territoriale, une logique de...
12:51On arrive quelque part, il y a deux systèmes normatifs
12:54qui s'opposent, il y a deux types de mœurs qui s'opposent,
12:56il y a deux groupes qui s'opposent,
12:58lequel dominera, lequel s'imposera.
13:01Et on est devant presque un contraste des forces vitales.
13:04De l'autre côté, une société qui ne se croit plus
13:06en droit de se protéger,
13:08ou à tout le moins qu'elle se protège seulement
13:09avec mauvaise conscience,
13:11et de l'autre côté, une forme d'instinct de vie,
13:12puis à l'échelle de l'histoire, c'est banal.
13:14À l'échelle de l'histoire, rien n'est plus banal
13:16qu'un groupe qui s'installe dans un territoire
13:17qui était historiquement policien,
13:20décide, soit poussé à s'emparer des biens disponibles.
13:24Et quand il sent une faiblesse, il avance.
13:26Quand il sent une absence de résistance, il avance aussi.
13:28Donc, qu'est-ce qu'on va voir ce soir?
13:30Qu'est-ce qu'on va voir dans six mois?
13:32Qu'est-ce qu'on va voir dans un an?
13:33Qu'est-ce qu'on va voir dans deux ans?
13:34Qu'est-ce qu'on verra tout le temps?
13:36C'est une forme de progression de groupe, de tendance,
13:40qui se voit aujourd'hui comme des forces avancées
13:43d'un choc dont la France est victime.
13:46Et encore une fois, quand vous êtes capable d'assurer le...
13:51Je dirais qu'il y a peu d'idéologie là-dedans, soyons sérieux.
13:53L'idéologie arrive après coup.
13:55Celle-là, on est plutôt dans une dimension presque vitale
13:58où des groupes humains s'affrontent.
14:00Et j'ajouterais une chose, avec une forme de mauvaise conscience
14:04du côté de la société française,
14:07avec de l'autre côté un sentiment,
14:10donc à la fois un instinct de conquête
14:11et un discours public qui légitime sur la mode
14:14de la revanche contre-coloniale,
14:15le fait de s'emparer des lieux.
14:18Et je pense qu'une dimension fondamentale ici,
14:20c'est la volonté de faire sentir sa présence,
14:23de défier l'autorité, de dire,
14:25nous, vous n'êtes plus les maîtres ici,
14:27nous sommes les maîtres d'ici.
14:29Vous, la seule manière, en fait,
14:31de faire respecter le droit de propriété,
14:34la sécurité, la civilité,
14:36la seule manière de faire respecter ça,
14:37c'est en déployant, on y revient,
14:39des forces quasi-militaires sur le territoire.
14:42Parce que si vous ne mettez pas des forces quasi-militaires,
14:44vous ne pourrez pas vous défendre.
14:46Vous êtes condamné à barricader vos magasins,
14:49barricader vos maisons,
14:50à vous exiler de votre propre ville
14:51le temps que ces ordres de partisans s'en emparent.
14:57Vous avez parlé de défier l'autorité.
14:59Et là, les images que nous voyons sont aux abords du Parc des Princes,
15:02où il y a eu donc un mouvement de foule autour du parc,
15:06plusieurs tirs de mortiers sur les forces de l'ordre,
15:08qui ont riposté aux lacrymogènes de sources policières.
15:14Et en même temps, au moment où vous parliez de défier l'autorité,
15:17on voyait sur l'avenue des Champs-Élysées,
15:19des groupes d'individus, à l'image,
15:21on avait bien compris qu'ils étaient très jeunes
15:23et qu'ils n'avaient pas peur de faire face
15:27aux policiers et aux gendarmes.
15:29Mathieu Bocoté.
15:30Ils n'ont pas peur pour une raison simple.
15:33Quoi qu'on en dise, les forces de l'ordre sont...
15:35Alors, on voit toujours de la surviolence chez les forces de l'ordre.
15:38On parle de violences policières.
15:39Dans les faits, les forces de l'ordre sont en retenue.
15:43Sont en retenue et c'est en mieux.
15:45C'est-à-dire que personne n'aurait envie
15:46de voir des excités de la matraque se promener partout.
15:49Personne n'a envie de ça.
15:50Mais ce qu'on voit, c'est qu'elles sont en retenue.
15:51De l'autre côté, il y a cette idée
15:53que ce qui défend la société française aujourd'hui,
15:56ce ne sont plus les mœurs, ce n'est plus le droit,
15:59ce ne sont plus les traditions, ce ne sont plus les coutumes,
16:02ce n'est plus le bon sens.
16:03Vous savez, une société, cher ami,
16:05une société ne tient pas par l'autorité visible.
16:07Ça, je pense qu'on a tendance à l'oublier aujourd'hui.
16:09Quand la seule force d'autorité que vous avez dans une société,
16:12c'est la police, c'est l'armée, c'est les gendarmes,
16:14c'est que vous êtes déjà foutus.
16:16Le fait est que si vous n'avez plus cette confiance sociale de base,
16:20si une fête comme celle-là,
16:22normalement, ça devrait être l'occasion
16:23de la plus grande réjouissance,
16:25de la prospérité des commerçants,
16:27les gens devraient ouvrir leur commerce
16:28et non pas les barricader.
16:30Donc, on devrait avoir, globalement,
16:32ce ne devrait pas être nécessaire de mobiliser autant de force
16:34quand vous êtes obligés de gérer votre société
16:36sur le mode quasi-militaire
16:37pour être capable de faire en sorte
16:38qu'un événement qui se passe par ailleurs
16:40à plusieurs centaines de kilomètres à Budapest
16:43n'ait pas des échos, des répercussions en France,
16:45qui est une forme de révélateur
16:46du choc de civilisation quotidien que nous connaissons
16:48et dont la délinquance conquérante
16:50n'est qu'une expression la plus visible.
16:52En fait, c'est que, d'une certaine manière,
16:54vous avez déjà perdu la bataille.
16:56Alors, ça ne s'agit pas de dire que c'est perdu pour de bon,
16:58mais il faut être conscient
17:00que quand on est obligé de déployer
17:01autant et autant de ressources
17:03pour simplement éviter que tout ne déborde,
17:06c'est qu'en un sens,
17:07on a déjà acté qui était le plus fort dans la bataille
17:09et ce n'est pas le porteur de matraque.
17:10Je vous confirme qu'il y a les premières interpellations
17:13du côté des Champs-Elysées
17:15avec un abribus qui a été détruit.
17:18On y sera de rejoindre dans quelques instants
17:20Michael Dos Santos,
17:21qui est notre équipe aux abords des champs.
17:24Mais je me tourne vers vous,
17:26Arthur de Vatrigan.
17:27Il est 19h16.
17:29C'est d'une tristesse absolue par ces images,
17:32alors que la seconde mi-temps
17:33a repris depuis maintenant 5 minutes.
17:37Et plutôt que d'avoir une ambiance de fête,
17:40une ambiance heureuse,
17:42on a des policiers qui sont sur le terrain,
17:44sur le pont,
17:44et qui font face à plusieurs dizaines d'individus
17:47qui ont envie de défier finalement l'autorité
17:51et qui s'amusent soit à casser,
17:53soit à piller,
17:55soit à s'en prendre aux forces de leur martyre.
17:57Et aussi aux passants qui seront là
17:59au mauvais moment, au mauvais endroit également.
18:00C'est vrai.
18:01Et vous avez raison de le rappeler,
18:02ce ne sont pas des supporters.
18:04Il y a eu de la violence de supporters
18:07du PSG il y a quelques années,
18:09mais depuis 2010,
18:10il prend le coup
18:11quand il a dissous l'ancien président du PSG
18:13qui a dissous les ultras,
18:15les groupes de supporters
18:16après la mort du supporter.
18:17Il n'y a plus de violence de supporters
18:20du Paris Saint-Germain.
18:21Là, ce sont les mêmes, en fait,
18:25qu'on retrouve dans toutes les fêtes populaires,
18:27mais à ce rythme.
18:28Et avec la lâcheté politique,
18:30même dans une grotte du Vercors
18:31au sommet de l'Aigu du Midi,
18:33Mathéo et Kevin viendront encore
18:34nous prouver la vie.
18:36Avant, c'était globalement circonscrit
18:37aux grands événements,
18:38les grands soirs de match,
18:39le 31 décembre, le 14 juillet.
18:41Aujourd'hui, tous les prétextes sont bons
18:42et sur tout le territoire.
18:44Et je vous rappelle que dans quelques jours,
18:46il y a la Coupe du monde de foot
18:48qui va commencer.
18:51Alors, la bonne nouvelle,
18:52la bonne nouvelle,
18:53si on me permet,
18:53c'est que l'Algérie joue à 3h du matin
18:55et 5h du matin.
18:57On se contente de peu,
18:58mais je me dis qu'il y aura peut-être
18:59déjà moins de bazar.
19:00On va rejoindre dans quelques instants
19:03Michael Dos Santos
19:04qui est donc sur l'avenue des Champs-Elysées.
19:08Vous le voyez à l'image à droite,
19:09l'abribus qui a donc été dégradé.
19:13Michael Dos Santos
19:14avec des premières confrontations
19:16entre forces de l'ordre
19:17et individus présents déjà sur les champs.
19:24Oui, Elliot,
19:25la situation a été assez calme
19:26jusqu'à la mi-temps,
19:27si je puis dire,
19:28puisque c'est le moment
19:29qui a été un peu tendu
19:31sur cette avenue des Champs-Elysées.
19:34Plusieurs groupes de supporters
19:35se sont dirigés
19:37en direction des forces de l'ordre.
19:39Il y a eu des allers-retours.
19:41Les forces de l'ordre
19:41ont repoussé effectivement
19:43ces supporters.
19:44Et puis, certains ont décidé
19:46de s'attaquer finalement
19:47au mobilier urbain.
19:48Vous le voyez sur cette image,
19:49effectivement,
19:50cet abribus
19:51qui a été totalement détruit.
19:53Il y a eu aussi
19:54un feu tricolore
19:55qui a été cassé,
19:56qui a été brandi
19:57comme un trophée
19:58par certains supporters.
20:00Finalement,
20:01les forces de l'ordre
20:02se sont rapidement déployées
20:03sur cette avenue
20:04des Champs-Elysées
20:05pour contenir
20:06ces mouvements de foule,
20:07pour repousser aussi
20:09ces supporters.
20:10Enfin, si on peut les appeler
20:11bien sûr des supporters
20:11puisque, a priori,
20:12ce sont plutôt des casseurs
20:14plus que des supporters du PSG
20:15même s'ils portent
20:16le maillot du club parisien.
20:18Ces individus,
20:20en tout cas,
20:20ont été repoussés
20:21par les forces de l'ordre
20:22à coups de gaz lacrymogènes.
20:24Des individus
20:25qui, vous le voyez peut-être
20:26sur ces images,
20:26sont pour beaucoup
20:27des jeunes hommes,
20:29souvent très jeunes.
20:30Parfois,
20:30ils ont à peine
20:31une dizaine d'années.
20:32Ce sont des enfants
20:33qui sont présents ici
20:34sur l'avenue des Champs-Elysées.
20:36Mickaël De Santos,
20:38restez avec nous,
20:39cher Mickaël.
20:40Vous êtes en direct
20:41sur les Champs-Elysées
20:42avec Clément Lopez.
20:44J'ai souvenir,
20:44cher Mickaël,
20:45qu'il y a quelques années
20:47de cela,
20:48vous étiez le reporter
20:49pour CNews
20:50de cette finale
20:51de Ligue des Champions
20:52entre le Real Madrid
20:54et Liverpool.
20:56C'était à Paris,
20:57du moins au Stade de France,
20:58donc à Saint-Denis.
20:59Et on connaît la suite,
21:01c'est-à-dire ces tensions,
21:02ces individus
21:03qui auraient essayé
21:04de pénentrer l'enceinte
21:06sans billet,
21:07sauf que ce n'était pas
21:08comme le disaient au départ
21:10les autorités
21:11des hooligans anglais,
21:14mais on a évidemment
21:16des bandes de délinquants
21:17qui s'en sont pris d'ailleurs
21:19aux supporters anglais et espagnols.
21:22À l'époque,
21:24245 plaintes
21:25avaient été déposées.
21:27Mickaël De Santos,
21:29si vous vous souvenez
21:30de ce que vous avez vécu
21:31sur le terrain à l'époque,
21:32est-ce que vous faites
21:33le parallèle
21:34dans le climat
21:35que vous vivez aujourd'hui
21:37sur l'avenue
21:38des Champs-Elysées ?
21:42Alors écoutez Eliott,
21:43la situation
21:45sur l'esplanade
21:46du Stade de France
21:47lors de cette finale
21:49entre le Real Madrid
21:50et Liverpool
21:51était bien plus tendue
21:52qu'elle ne l'est
21:53au moment où je vous parle.
21:55Bien sûr,
21:55c'est au moment où je vous parle,
21:56donc on ne connaît pas
21:57ce qui va se passer
21:58dans les heures qui viennent.
22:00Ce que je peux vous dire
22:01effectivement,
22:01c'est qu'à l'époque,
22:02on se souvient de cette polémique.
22:04On avait accusé
22:05les supporters anglais
22:06d'avoir tenté
22:07d'entrer dans le Stade de France,
22:09d'avoir dépouillé
22:11certains supporters,
22:12d'avoir commis
22:13des dégradations
22:14autour de ce Stade de France.
22:16Mais ce n'est pas le cas.
22:18Ce n'étaient pas
22:19des supporters anglais,
22:20c'étaient pour beaucoup
22:21des supporters
22:23qui étaient issus
22:25de la banlieue parisienne,
22:26de la Seine-Saint-Denis.
22:27Et c'est encore le cas,
22:28si je puis dire,
22:29aujourd'hui,
22:30puisque ce qu'on peut constater,
22:31c'est que beaucoup
22:31de ces jeunes
22:32sont issus
22:33des banlieues parisiennes.
22:35Certains aussi
22:36portent des maillots
22:37qui ne sont pas
22:38les maillots parisiens,
22:39des maillots de l'Algérie,
22:40des maillots du Maroc,
22:42hissent des drapeaux également.
22:43Donc effectivement,
22:44il y a des supporters parisiens,
22:46mais pas que.
22:47Le terrain,
22:48merci beaucoup
22:49Mickaël Dosantos
22:50et on reviendra vous voir.
22:51Donc vous êtes,
22:52vous,
22:52sur l'avenue des Champs-Elysées
22:54qui sont déjà
22:54extrêmement sécurisées.
22:56On est en plein
22:57dans la deuxième mi-temps
22:58de ce match
22:59de Ligue des Champions
23:00entre le Paris Saint-Germain
23:01et Arsenal.
23:02Et on a bien vu
23:03que la première poussée
23:05de fièvre,
23:05il y en a eu deux,
23:06du moins.
23:07L'une,
23:08c'était une heure
23:09avant le début du match
23:10aux abords
23:11du Parc des Princes
23:11parce que des individus
23:12ont tenté de rentrer
23:14au Parc des Princes
23:15où il y a une diffusion
23:16de la rencontre
23:17sans billet.
23:18Donc premier moment
23:19de tension,
23:20très rapidement jugulé
23:21par les forces de l'ordre
23:22et puis il y a eu
23:23une montée de fièvre
23:24et sur la porte
23:25de Saint-Cloud,
23:26l'image que vous voyez
23:27à gauche,
23:27mais également
23:28sur l'avenue
23:29des Champs-Elysées
23:30au moment de la mi-temps.
23:32C'est-à-dire que
23:33pour les délinquants,
23:35il n'y avait pas de mi-temps
23:36si vous voyez
23:37ce que je veux dire.
23:37Mathieu Bobcoté rapidement
23:38et ensuite on ira sur le terrain.
23:39Oui, mais je dirais
23:42de manière un peu triste
23:43mais nous imaginons
23:45que rien ne se serait passé.
23:47Puis en ce moment,
23:47si je peux me permettre,
23:48ce n'est pas le pire.
23:49S'il y a des affrontements,
23:50ça va être dix fois,
23:51cent fois pire que ça.
23:53Mais le simple fait
23:54de vivre dans l'attente
23:55du choc,
23:56ce qui est notre cas
23:57aujourd'hui,
23:57on a passé la journée,
23:58à guetter le moment
23:59où ça pourrait basculer.
24:01Donc, nous avons basculé
24:04dans un univers mental
24:05où nous avons la certitude
24:07que ça peut éclater
24:08à chaque moment.
24:09Nous avons basculé
24:10dans un univers mental
24:11où nous sommes certains
24:12que tout le tard,
24:14ça va exploser,
24:15que chaque événement
24:16grand public,
24:16que chaque événement
24:17d'envergure peut être
24:18un événement de basculement,
24:20peut être un événement
24:20d'irruption de la violence.
24:22Et de ce point de vue,
24:23quand on nous dit
24:23certains ont des T-shirts,
24:25des maillots de l'Algérie,
24:27d'autres du Paris-Saint-Germain,
24:28d'autres choses,
24:29en fait, c'est assez secondaire
24:31parce qu'on va vouloir
24:32distinguer entre les méchants
24:35délinquants
24:36et les supporters pacifiques.
24:37Dans les faits,
24:38c'est une masse
24:39et il y a un effet
24:40de contamination
24:41des plus radicaux
24:42sur les plus paisibles
24:43dans ces mouvements de foule
24:44et nous y sommes
24:45de plus en plus habitués.
24:46Courte pause.
24:48Arthur Devatrigan,
24:49Mathieu Bocoté,
24:50on revient dans quelques instants
24:51pour suivre justement
24:53ce qu'il se passe
24:54aux abords du Parc des Princes
24:56avec ses premières tensions
24:57entre délinquants
24:58et forces de l'ordre.
24:59Et également,
25:00on fera très attention
25:02à ce qu'il se passe
25:03du côté des Champs-Elysées.
25:05Paris se barricade,
25:06Paris,
25:07capitale à défendre.
25:08C'est à suivre
25:09sur les antennes de CNews.
25:10Restez avec vous.
25:14Il est 19h30 sur CNews
25:16et vous voyez ces images
25:18à l'intérieur,
25:18à gauche du Parc des Princes
25:20qui crient de joie le parc
25:22puisque le Paris Saint-Germain
25:23vient d'inscrire un but,
25:25un partout à la 64ème minute
25:28et à droite,
25:29la présence d'individus
25:31qui n'avaient pas de billets
25:33et qui entrent parfois
25:34en confrontation
25:35ces dernières minutes
25:36avec les forces de l'ordre
25:38et cette liesse.
25:40Mais attention,
25:41parce que du côté
25:42de la porte de Saint-Cloud,
25:44à de nombreuses reprises,
25:45il y a eu des mouvements
25:46de foules
25:47qui ont été vite dispersés
25:48par les forces de l'ordre,
25:49des forces de l'ordre
25:50visées par des tirs
25:52de mortiers d'artifice.
25:53Ces deux images d'ailleurs,
25:54elles sont vraiment saisissantes,
25:57Mathieu Bocoté.
25:58D'abord,
25:59il y a le public parisien
26:00qui a envie de célébrer,
26:01qui a envie de vivre
26:02un moment historique.
26:03On dit,
26:04vous qui connaissez si bien
26:05le football,
26:06lorsque vous gagnez
26:07une Ligue des Champions,
26:08vous entrez dans l'histoire.
26:09Si vous en gagnez
26:10deux consécutives,
26:11vous entrez dans la légende.
26:12Et à droite,
26:13vous avez des individus
26:15qui se prétendent
26:16être supporters
26:17mais qui n'ont qu'une seule envie,
26:18c'est d'entrer
26:19en confrontation pour certains
26:20avec les forces de l'ordre.
26:22Il y a quelques centaines
26:23de mètres qui séparent
26:23ces deux images.
26:24Mais vous savez,
26:25il y a un effet
26:25de contamination des foules.
26:26C'est-à-dire,
26:27si on a une forme de...
26:28À l'échelle de l'histoire,
26:29si on regarde la psychologie,
26:30la sociologie des foules,
26:31il suffit de quelques éléments
26:33actifs pour être capable
26:34de contaminer des gens
26:36qui arrivaient à l'événement
26:38sans savoir,
26:39sans vouloir cogner,
26:40sans vouloir entrer
26:41dans ce choc des uns,
26:42des autres.
26:43Mais la prochaine étape,
26:44qu'est-ce qui se passe?
26:45Il y a une forme d'enthousiasme.
26:46Vous savez,
26:47on pourrait dire
26:47que l'individu,
26:48les individus,
26:49un par un,
26:49ce sont des gens intelligents,
26:51ce sont des gens
26:51qui sont capables
26:52de réfléchir.
26:53Mais plus les individus
26:54sont rassemblés en masse,
26:56et plus la masse est grosse
26:58et plus le QI
26:59tend à descendre,
27:00quel que soit d'ailleurs
27:01le groupe humain en question.
27:02Vous prenez un Finlandais
27:05ou un million de Finlandais
27:06ensemble,
27:07eh bien,
27:07le un Finlandais
27:08va être beaucoup plus intelligent
27:09que les un million ensemble.
27:11Même chose pour les Canadiens,
27:12même chose pour les Irlandais,
27:13pour les Français,
27:14les Bulgares.
27:15Faites le groupe.
27:16Donc,
27:16il y a une forme d'irrationalité
27:18et de violence propre aux foules.
27:21Il y a une tentation des foules
27:23de se jeter sur l'autorité.
27:25Je pense que c'est Elias Canetti
27:27qui disait dans
27:28« Masses et puissances »,
27:29un très grand livre,
27:30« Toute masse est à la recherche
27:32de sa bastille ».
27:33Et on cherche l'autorité
27:34pour la battre,
27:35pour s'en prendre à elle,
27:36pour la tester,
27:37pour voir si elle voit céder.
27:39Et ensuite,
27:40il y a un effet d'entraînement
27:41chez le quidam
27:42qui se laisse entraîner
27:43par le mouvement de foules.
27:44Ça, c'est le B.A.B.A. de l'histoire.
27:47Arthur Devatrigan,
27:47on voit donc
27:49le public
27:50du Parc des Princes
27:52qui est en train
27:52de célébrer
27:54ce but.
27:55Je le disais,
27:56le Paris Saint-Germain
27:57qui vient d'égaliser
27:59à la 64e minute
28:01sur pénalty.
28:02Je rappelle aux téléspectateurs
28:04qu'à gauche,
28:0548 000 supporters
28:07parisiens
28:08sont actuellement
28:09en train de vivre
28:10ce match
28:11sur écran géant
28:12du côté du Parc des Princes.
28:12Je crois qu'il y avait
28:13600 à 700 000 personnes
28:15qui s'étaient inscrites
28:16sur le site
28:18du club
28:20pour pouvoir assister
28:21à cette rencontre
28:22depuis le Parc des Princes.
28:24Et puis,
28:24vous avez à droite
28:25ces policiers
28:26qui sont présents
28:27porte de Saint-Cloud.
28:28Il y en a 8 000
28:29du côté de la capitale
28:31et 22 000
28:32sur l'ensemble
28:33du territoire.
28:34Là aussi,
28:35ces deux images
28:35qui sont peut-être
28:37saisissantes
28:37aussi pour vous
28:38et qui méritent
28:38d'être commentées.
28:40D'autant que
28:40si c'était des supporters,
28:41il semblerait
28:42que quand on est
28:43à la deuxième militant
28:44d'une finale
28:44de des champions,
28:46on pense d'abord
28:47à regarder le match
28:47avant d'aller essayer
28:48de casser des flics
28:49ou des vitrines
28:50ou de dépouiller des gens.
28:51Et donc là,
28:52ce qui est intéressant,
28:53c'est que vous avez
28:53le Parc des Princes
28:54où vous avez soit
28:5550 000 personnes
28:56à l'intérieur.
28:57Vous avez Roland Garros
28:59qui est juste à côté
28:59qui se déroule également.
29:01Il y a encore
29:01des matchs en cours.
29:02Vous avez des dizaines
29:03de milliers de personnes.
29:04Et puis,
29:04vous avez tous les Parisiens
29:06qui sont sur toutes les terrasses
29:09assises
29:09ou debout
29:10à regarder le match.
29:11Et puis,
29:11vous avez les racailles
29:12au milieu.
29:12Mais imaginez
29:14quand la fin du match
29:15va être sifflée
29:16et quand Roland Garros
29:18va se vider
29:18de son public
29:19et que les gens
29:20vont se lever
29:20des centaines
29:21de milliers de personnes
29:22de Parisiens
29:23qui sont assis
29:24dans les bars
29:24à regarder le match
29:26vont se lever.
29:27Là,
29:27on va se retrouver
29:27dans une situation
29:28qui va être en effet
29:29très inflammable,
29:31très explosive
29:31parce que c'est là
29:32que la foule
29:33va vraiment gonfler.
29:34Alors,
29:35imaginez qu'en plus
29:35si le PSG gagne,
29:36évidemment qu'il va y avoir
29:37des rassemblements,
29:39beaucoup de Parisiens
29:40vont vouloir fêter
29:40la victoire
29:41de leur équipe
29:42et donc là,
29:42ça va devenir
29:43encore plus compliqué.
29:44Donc là,
29:44on est encore...
29:45C'est plutôt inquiétant
29:47d'avoir eu des affrontements
29:48une heure avant,
29:48d'avoir des affrontements
29:49à la mi-temps.
29:49ça annonce des prochaines heures
29:52qui vont être très compliquées
29:53pour les forces de l'ordre
29:54d'autant que c'est quand même
29:56un combat qui est inégal
29:57bien qu'il paraîtrait,
29:58on nous dit,
29:59qu'il y a un monopole
30:00de la violence légitime
30:01qui est à l'État
30:03donc aux forces de l'ordre
30:04mais quand on voit
30:05des affrontements,
30:06il y en a un qui se sent
30:07beaucoup plus légitime
30:08d'utiliser la violence,
30:09ce sont les racailles
30:10et que la police
30:13qui a le monopole
30:14de la violence
30:14parce que nous,
30:16citoyens,
30:16nous lui avons délégué
30:18semble avoir
30:19beaucoup d'ordre
30:20pour lui dire
30:20de ne pas aller
30:21à l'affrontement
30:22parce qu'on sait
30:22ce qu'il se passe derrière.
30:23Donc ce combat inégal
30:25semble à chaque fois
30:26perdu d'avance
30:27et c'est ça
30:28qui est compliqué.
30:29Demi-finale,
30:29127 interpellés,
30:31il y a eu 11 majeurs
30:32déférés,
30:33un mineur,
30:34127 personnes interpellées.
30:35Et pas un,
30:36je le rappelle,
30:37qui était de près
30:38ou de lien affilié
30:39au Paris Saint-Germain.
30:41Il y a une prise d'otage
30:42de la délinquance
30:43aujourd'hui
30:45du côté de la capitale,
30:46c'est-à-dire que vous avez
30:47des milliers
30:48de Parisiens
30:49qui ont envie
30:50de célébrer
30:51si ce soir
30:52le Paris Saint-Germain
30:53remporte cette Ligue des Champions,
30:55qui avaient peut-être
30:56envie comme en 98
30:58d'aller en famille
30:59sur les Champs-Elysées,
31:01de profiter
31:02de ces événements
31:03et qui,
31:04plutôt que de vivre ça
31:05avec cette foule
31:07sur les Champs,
31:08va rester
31:09chez soi
31:10ou très rapidement
31:11va rentrer
31:12après être allé
31:13au Parc des Princes.
31:14Mais ceux
31:14qui auraient encore
31:15de tels espoirs
31:17raisonnables,
31:17non pas sur le monde
31:18nostalgique,
31:19mais bien sûr,
31:19on voudrait aller
31:20au Parc des Princes
31:21sans qu'il n'y ait aucun souci,
31:23ceux-là vivent
31:23quelque part
31:24entre 1993
31:25et 1997.
31:26C'est-à-dire
31:27que cela ne
31:30définit plus
31:30la réalité
31:31des temps présents.
31:32Il y a quand même,
31:33je me permets,
31:34là-dessus,
31:34de temps en temps,
31:34je porte mon bonnet
31:36d'étrangers
31:37pour dire,
31:37vous savez,
31:38pour un étranger,
31:38il n'y a rien de plus étrange
31:39que la manière
31:40qu'ont les Français
31:41entre guillemets
31:42de se célébrer
31:43le premier de l'an
31:43dans la Saint-Sylvestre.
31:44Le décompte
31:45des voitures brûlées
31:46quand le ministre
31:47de l'Intérieur
31:48vous annonce
31:48le lendemain
31:49que ce n'est pas
31:49si pire que ça,
31:50on en a seulement
31:50brûlé
31:51quelques dizaines
31:51ou quelques centaines.
31:53C'est assez original
31:54comme rapport au monde.
31:56Donc cette idée
31:57que je pense
31:58qu'on doit proposer
31:59presque une théorie
31:59de la violence
32:00aujourd'hui
32:00dans nos sociétés.
32:01chaque grand événement
32:02qui autrefois
32:03était festif,
32:05chaque grand événement
32:06qui était censé
32:06permettre de célébrer
32:07l'existence,
32:08célébrer par le sport,
32:10célébrer...
32:11Vous voyez un peu?
32:12Chacun de ces événements
32:13peut être converti
32:14aujourd'hui
32:15en rituel d'affrontement
32:17entre les masses
32:20émergentes,
32:22conquérantes
32:23et qui ont
32:23un désir de violence
32:25et la société
32:26qui ne sait pas
32:27comment réagir à ça.
32:28Nos sociétés,
32:30et ça,
32:30il faut le voir partout,
32:31ne sont pas construites
32:32pour vivre
32:33dans une perpétuelle
32:34tension de l'émeute.
32:35C'est quoi
32:35une société civilisée
32:36qui fonctionne bien?
32:37C'est une société
32:38qui refoule dans les marges
32:39la possibilité
32:40de la violence.
32:41Quand chaque événement
32:42important devient
32:43l'occasion pour la violence
32:45de ressurgir dans la société,
32:46d'attaquer les forces
32:47de l'ordre,
32:48et j'y reviens
32:48parce que je pense
32:49que ce ne sont pas
32:50que quelques dizaines
32:51d'émeutiers violents
32:52et pas gentils,
32:53c'est l'effet de contamination.
32:55Il y a des gens,
32:56quand vous vous rendez
32:56à ces événements-là,
32:57quand vous venez
32:58avec la culture,
32:59une partie de l'espèce
33:00de culture racaille
33:01qui a contaminé
33:02une partie de la banlieue,
33:03pas toute, évidemment,
33:04vous ne vous rendez jamais
33:06dans ces événements
33:06en vous disant
33:07que rien de mal
33:08ne se passera.
33:09Vous savez qu'il est possible
33:10qu'il y ait de la casse.
33:12Personne, aujourd'hui,
33:12en France, se dit
33:13« je vais aller là,
33:14il n'y aura pas de casse. »
33:15C'est évident qu'il n'y aura
33:15pas de casse.
33:16Donc, dès lors que vous le savez,
33:17vous vous y préparez mentalement
33:19dans une position
33:20ou dans l'autre.
33:21Alors, il y a un contre-exemple.
33:22C'est ce qui s'est passé
33:23la semaine dernière.
33:24La semaine dernière,
33:25le Racing Club de Lens,
33:30de Coupe de France.
33:31Ça se passe donc
33:33à Saint-Denis.
33:34Le club va retrouver
33:36son public
33:37dans la nuit de vendredi
33:38à samedi
33:39au Stade Bollard
33:40à Lens.
33:41Des dizaines de milliers
33:42de supporters
33:43ont intervenu
33:43jusqu'à 4h du matin.
33:45Puis, le lendemain,
33:46dans les rues de Lens,
33:47c'était des scènes de Liès
33:48avec 60 à 80 000 personnes.
33:51Et la préfecture a rappelé
33:52qu'il n'y a pas eu
33:53un seul débordement,
33:55pas une seule interpellation.
33:57Vous vous rendez compte
33:57ce que vous dites ?
33:58Ce que vous nous présentez,
33:59ça devrait être là,
34:00mais vous nous présentez
34:01ça comme l'exception heureuse.
34:03Aujourd'hui,
34:04il n'y a pas eu
34:05de catastrophe.
34:06C'est parce que je vous dis
34:07que quand certains
34:09expliquent que le football
34:10est naturellement associé
34:12à la violence,
34:13c'est une erreur.
34:14Pas naturellement.
34:14Ou qu'en France,
34:15on est incapable
34:16d'avoir le sens de la fête,
34:17c'est une erreur également.
34:18Personne ne dirait ça.
34:19Le fêté, cela dit,
34:21que la situation,
34:22pour qu'il n'y ait pas
34:23de soucis,
34:24ça relève soit aujourd'hui
34:26du miracle,
34:27mais les miracles sont possibles
34:28dans l'histoire,
34:28nous le savons,
34:29ou alors ça relève
34:30d'un dispositif répressif
34:32des forces de l'ordre telles
34:34que nous avons pu conserver
34:36l'illusion de la vie ordinaire
34:38protégée par l'équivalent
34:40de l'armée.
34:40Rappelez-vous les Jeux olympiques.
34:42Rappelez-vous,
34:43il a fallu mobiliser
34:45un programme sécuritaire
34:47digne de la droite du RM,
34:49que dis-je,
34:49de la droite de reconquête
34:51pour permettre aux bobos parisiens
34:53de pouvoir jouir pleinement
34:54des olympiques.
34:55Sous QR code.
34:56Bien sûr,
34:58avec la possibilité
34:59d'un confinement olympique.
35:00On l'avait caché,
35:01ça, au bout de quelques heures.
35:02Donc, si on ne voit pas,
35:04la nouvelle normalité sécuritaire
35:07est une normalité
35:08de fou furieux.
35:09C'est-à-dire,
35:10ce n'est pas normal
35:11de vivre dans un monde
35:12où toujours nous vivons
35:13dans la crainte
35:14de l'explosion.
35:16Je ne dis pas
35:16que ça va changer de main.
35:17Nous nous y sommes tous
35:18habitués dans nos comportements
35:19quotidiens, tous.
35:20Mais le fait est
35:21que quand on voit ça ce soir,
35:22ce n'est pas l'exception.
35:24C'est la nouvelle norme.
35:25Je vous donne la parole
35:26dans un instant,
35:27Arthur de Vatrigan.
35:28Le terrain, bien sûr,
35:29tout en restant sur ces images,
35:30on va rejoindre Mathilde Ibagnaise
35:32qui est sur place
35:34depuis la porte de Saint-Cloud
35:36à quelques centaines de mètres
35:37du Parc des Princes.
35:39Un Parc des Princes
35:40ultra sécurisé à l'intérieur,
35:42mais également un périmètre
35:44de sécurité à l'extérieur.
35:47Plusieurs sources me disaient
35:48que le dispositif
35:49qui est mis en place
35:50du côté du Parc des Princes,
35:51il est similaire.
35:52à dispositif pour les grands
35:55de rencontres.
35:56Or, aujourd'hui,
35:57au Parc des Princes,
35:57il n'y a pas de match.
35:58Il y a une rediffusion,
35:59une diffusion sur grand écran
36:01de la rencontre
36:02qui se joue à 1500 kilomètres
36:04de Paris, à Budapest.
36:06Mathilde Ibagnaise,
36:07il y a eu quelques tensions
36:08aux alentours de 19h,
36:10entre 19h et 19h15,
36:12pendant la mi-temps
36:13de la rencontre.
36:15Racontez-nous
36:15ce qui se passe autour de vous.
36:16Marseille !
36:18Marseille !
36:19Marseille !
36:19Marseille !
36:20Marseille !
36:20Ce que je peux vous dire,
36:21c'est qu'il y a eu,
36:22oui,
36:23des moments assez compliqués.
36:24Là, pour l'instant,
36:25eh bien, regardez,
36:26c'est des moments de joie,
36:28si on peut le dire.
36:29Ces Parisiens qui sont
36:30extrêmement contents
36:31d'avoir enfin égalisé.
36:33Vous pouvez entendre
36:34ces slogans.
36:34on met chez nous
36:36tous ces maillots
36:37et ces drapeaux du PSG.
36:41Ce que je peux vous dire,
36:42en tout cas,
36:42c'est que la situation,
36:43elle n'a pas toujours été
36:43comme ça
36:44parce qu'elle a été
36:46extrêmement compliquée
36:47quand les forces de l'ordre
36:49ont dû répliquer
36:50avec du gaz d'action
36:51usulaine.
36:52Là, pour l'instant,
36:53l'ambiance,
36:54elle est plutôt
36:55bonne enfant,
36:56joyeuse.
36:57Mais la situation
36:58peut se prendre encore
36:59à n'importe quel moment.
37:03Merci beaucoup,
37:04Mathilde Ibanez.
37:05Merci à Timothée Forger
37:07qui vous accompagne.
37:08Dans quelques instants,
37:09on prendra la direction
37:12des Champs-Elysées
37:13rejoindre
37:14Michael Dos Santos.
37:15Arthur Devatrigan,
37:16on voit qu'à chaque fois
37:18qu'il y a
37:18un groupe qui se forme,
37:20les forces de l'ordre
37:21interviennent très rapidement
37:22pour essayer
37:22de disperser la foule.
37:24C'est des images
37:24qu'on peut voir
37:25lorsqu'il y a
37:26des grandes manifestations
37:27contre la loi sécurité globale,
37:29contre la réforme des retraites,
37:30les moments de tension
37:32qu'on a pu vivre
37:33lors des dernières années
37:34week-end des Gilets jaunes.
37:36Or là,
37:37on a un événement
37:37qui est pourtant festif.
37:39On le voit en fait
37:40maintenant à tous les événements.
37:41Oui,
37:42la fête de la musique.
37:43Le 14 juillet,
37:45pardon de penser
37:45toutes les hordes
37:46qui arrivent en RER
37:47à Paris,
37:48ils ne viennent pas
37:48fêter la France.
37:49C'est la fête nationale,
37:50je ne suis pas certain
37:51qu'ils fêtent la France
37:51et pourtant,
37:52on a le lendemain,
37:53comme le 31 décembre
37:54comme Mathieu l'a rappelé,
37:56le décompte du nombre
37:57d'interpellés
37:57et le décompte du nombre
37:58de voitures brûlées
37:59et de casses.
38:00Et c'est tellement
38:02la violence a été entérinée.
38:03On l'accepte.
38:05Simplement,
38:05le degré,
38:06c'est la nouveauté
38:07chaque année.
38:07Le degré augmente.
38:08Mais une fois
38:09que le degré a augmenté
38:10cette année,
38:10on dit
38:10c'est pas bien,
38:12il y a un peu plus
38:12de violence.
38:13Mais on l'accepte
38:14et puis après,
38:15on passe l'année d'après.
38:16En fait,
38:16si vous voulez,
38:17c'est une roue crantée.
38:19La France vit comme
38:20une roue crantée
38:20par rapport à la violence.
38:21On monte d'un cran,
38:22on l'accepte,
38:23on ne va pas redescendre.
38:24Mais ce que vous avez dit
38:24sur le foot est intéressant.
38:26Il y a une violence
38:26nérante au foot,
38:27qu'on le veuille ou non,
38:28c'est ainsi.
38:29Mais encore une fois,
38:30le PSG en 2010,
38:31il y a eu deux morts.
38:34Le Robin Lecou,
38:35qui était président du PSG,
38:36le plan Lecou,
38:38a fait un plan,
38:39le plan Lecou de son nom,
38:40des mesures drastiques
38:41pour appeler le problème.
38:42Il a explosé les groupes,
38:44il a changé,
38:46il a mis des dispositifs
38:47très sévères
38:49et surtout respectés.
38:50Donc en fait,
38:51il a juste fait une politique
38:53répressive
38:53et qui était appliquée.
38:56Réultat,
38:56ça a réglé le problème.
38:57Donc le problème,
38:58c'est que là,
38:59on est au-delà du foot,
39:00on est sur la délinquance,
39:01on est sur des...
39:03On est sur des...
39:05Alors j'ai dit
39:05des incivilités,
39:06c'est bien plus
39:07que des incivilités.
39:08On est sur de la violence,
39:09mais le politique
39:09ne prend pas en charge.
39:11Le politique ne le prend pas.
39:12Donc ça ne fait qu'augmenter
39:13et ça ne fera qu'augmenter.
39:15Je rappelle le bilan
39:16des débordements
39:17après la finale de 2025.
39:19Donc c'était il y a un an,
39:20quasiment jour pour jour,
39:21puisque c'était la nuit
39:22du 31 mai.
39:23Deux morts,
39:24ça c'est sur l'ensemble
39:25du territoire,
39:26des dizaines de blessés,
39:28563 interpellations,
39:29dont 491 à Paris,
39:31près de 700 incendies,
39:33dont 264 véhicules.
39:35Et j'ai le souvenir
39:37que nos équipes
39:38du service police-justice
39:39expliquaient que
39:39sur toutes les interpellations
39:41et les gardes à vue,
39:42il y avait eu 5% seulement
39:44de condamnations.
39:465%.
39:47Donc ne vous étonnez pas
39:48que l'année suivante,
39:49le délinquant n'est pas
39:50la main qui tremble
39:51lorsqu'il voit un policier
39:53ou lorsqu'il voit un magasin.
39:55Il va soit le piller,
39:55soit attaquer le policier.
39:56Mais vous voyez,
39:57le pillage,
39:58l'explication de base,
39:59c'est des individus
40:01irrationnels
40:01se jettent
40:02sur telle vitrine,
40:04XYZ,
40:05pour s'emparer des biens
40:06sous le coup de la pulsion.
40:08À l'échelle de l'histoire,
40:09le pillage peut porter
40:10un autre nom.
40:11C'est la razia.
40:12À l'échelle de l'histoire,
40:13le pillage peut porter
40:14un autre nom.
40:15C'est plutôt banal.
40:17Moi, ce qui me frappe
40:17en fait,
40:18notre époque,
40:18c'est qu'elle se croit
40:19absolument originale
40:20alors qu'elle est
40:21tout à fait banale.
40:22Quand vous avez des masques
40:23qui s'entrechoquent,
40:24quand une,
40:24ces masques sont
40:25beaucoup plus riches
40:26que l'autre,
40:26quand vous avez des éléments,
40:27il y a une masque
40:28qui est beaucoup plus jeune
40:29que l'autre aussi,
40:30eh bien, vous avez quoi?
40:31Il y a un réflexe dans l'histoire
40:32qui consiste à aller piller,
40:34s'emparer des biens d'autrui.
40:36Ça peut aller beaucoup plus loin,
40:37cher Elliot,
40:37ne vous trompez pas.
40:39Rappelez-vous à Cologne,
40:402015-2016,
40:41dans la nuit de la Saint-Sylvestre.
40:42Là, on ne s'est pas contenté
40:43de s'emparer des biens.
40:44Et moi, je suis de ceux
40:45qui considèrent que derrière
40:48le mauvais sort fait aux femmes
40:50aujourd'hui en France,
40:51dans les transports en commun
40:51notamment,
40:52il y a, quoi qu'on en dise,
40:54une question de pouvoir
40:55qui s'exerce.
40:56Une question de pouvoir,
40:57c'est-à-dire à l'échelle
40:58de l'histoire,
40:59la conquête des femmes,
41:00en guillemets,
41:01fait partie des modalités
41:04de la conquête
41:05au sens plus large.
41:05Donc, si on n'est pas capable
41:07de comprendre
41:08ce qui se passe devant nous,
41:09si on n'est pas capable
41:09de voir qu'il y a,
41:10derrière ces milliers
41:12d'incivilités,
41:13quelquefois,
41:13une pulsion conquérante,
41:16animée en plus
41:16d'un désir de revanche
41:20contre-coloniale,
41:21en quelque sorte,
41:22on va se contenter
41:23d'aborder ces événements
41:25sous le signe
41:25du maintien de l'ordre.
41:26Et je suis pour
41:27le maintien de l'ordre,
41:28évidemment.
41:28Je n'ai pas envie
41:29de vivre dans une ville
41:29qui serait caillassée
41:31en permanence.
41:31mais quand on nous parle
41:35du coût, en fait,
41:36d'une société
41:37de plus en plus hétérogène,
41:38il faut bien comprendre
41:39que l'investissement délirant
41:41dans les forces de l'ordre
41:42aujourd'hui,
41:43c'est l'autre nom
41:43de l'épuisement
41:44du capital social.
41:4619h46 sur CNews,
41:47on poursuit notre édition spéciale
41:49avec Paris sous très haute surveillance,
41:52sous haute tension.
41:53Paris qui, depuis ce matin,
41:55s'est barricadé
41:56avec près de 8000 policiers
41:58dans la capitale,
41:59policiers et gendarmes
42:01mobilisés,
42:0122 000 sur l'ensemble
42:02du territoire.
42:04Il reste 9 minutes
42:06avant la fin
42:07de la rencontre,
42:09mais comme il y a
42:10un partout,
42:11il pourrait y avoir
42:11des prolongations.
42:13Le calme sur le terrain
42:15Porte-de-Saint-Cloud,
42:16Porte-de-Saint-Cloud,
42:17mais également sur l'avenue
42:18des Champs-Elysées,
42:20est revenu,
42:21mais c'est un calme précaire,
42:22c'est-à-dire que vous avez
42:23des montées de fièvre,
42:24des montées de tensions
42:25avec des groupes
42:26qui se forment
42:27si et là,
42:27et les policiers
42:28qui interviennent.
42:30Ce matin,
42:31CNews,
42:31Europe 1 et le JDD
42:32proposaient un sondage
42:33avec cette question.
42:35Selon vous,
42:35la délinquance en France
42:36est-elle hors de contrôle ?
42:38Et vous savez que
42:3972% des Français
42:41répondent oui.
42:42Mais qui sont les 28% ?
42:43Alors,
42:44ce qui est intéressant également,
42:45Mathieu et Arthur,
42:46c'est que
42:47c'est transpartisan.
42:49C'est-à-dire qu'à gauche,
42:50majoritairement,
42:51on considère
42:52que la délinquance
42:53est hors de contrôle.
42:54Tout comme à droite,
42:5555% à gauche,
42:5787% à droite,
42:59Arthur de Vatrigan.
43:00Quand on voit
43:00ces images,
43:02certains pourraient vous dire
43:03« Ben non,
43:03elle n'est pas hors de contrôle. »
43:04Il y a une délinquance,
43:06mais elle est jugulée
43:06par les forces de l'ordre
43:07qui sont présentes.
43:08Alors,
43:08là aussi,
43:09je sens que Mathieu
43:10va me dire,
43:10mais vous êtes complètement
43:11à côté de la plaque,
43:12puisque ces images,
43:14elles témoignent de quoi ?
43:14C'est l'impunité
43:15des délinquances.
43:16Mais je me fais
43:17l'avocat du diable.
43:18Oui,
43:18c'est l'avocat du diable.
43:18Lilia.
43:19Non,
43:19mais encore une fois,
43:20je vous le redis,
43:21je passe la parole à Arthur,
43:23évidemment.
43:24Imaginons,
43:24j'aimerais...
43:25Imaginons,
43:26je ne sais quel scénario
43:27miraculeux,
43:28qu'il n'y ait pas eu
43:29une seule attaque
43:30ce soir contre des policiers,
43:32qu'il n'y ait pas eu
43:32une seule vitrine brisée,
43:34qu'il n'y ait pas...
43:34Imaginez que tout
43:35se passe bien.
43:37Imaginez aussi,
43:38à la rigueur,
43:39comment dire,
43:39avoir une santé parfaite
43:40en mangeant chaque jour
43:42des tonnes de gras
43:43et de poulet croustille.
43:44Bon, imaginez.
43:44Bon,
43:45quoi qu'il en soit,
43:46pour éviter
43:47que quelque chose se passe,
43:48vous aurez-vous dû
43:48déployer les forces
43:50de l'ordre
43:50que vous avez connues
43:51ce soir.
43:51Et c'est que le début,
43:52Mathieu,
43:53parce qu'en juin et juillet,
43:54c'est la même chose
43:55quasiment...
43:568 000 forces de l'ordre
43:57à Paris,
43:59pour un événement
43:59qui se passe à Budapest,
44:02est-ce qu'on comprend...
44:03Et pour éviter
44:03que quelque chose...
44:04Et là,
44:04il se passe quelque chose.
44:05Donc déjà,
44:06le simple fait
44:06qu'on vive toujours
44:07en tension sécuritaire
44:09veut dire que nous sommes...
44:11Nous avons basculé
44:12dans ce que...
44:12Je suis absolument d'accord
44:13avec Arthur
44:14lorsqu'il dit
44:14nous avons accepté
44:15la violence.
44:16Tous ceux qui disent
44:17nous n'acceptons pas
44:17la violence,
44:18c'est du blablabla.
44:20Nous avons accepté
44:21la violence depuis longtemps,
44:22on n'accepte pas
44:23la violence au-delà
44:24d'un certain seuil.
44:25Mais la violence,
44:26elle prend la forme
44:27de l'Oge pharmaciste
44:28de Grand Axe,
44:29elle prend la forme
44:29de Cologne en 2015-2016,
44:32elle prend la forme
44:33de Porte-la-Chapelle-Pajol
44:36en 2017.
44:37Rappelez-vous,
44:37cette période,
44:38on disait
44:38que l'arrivée massive
44:39d'hommes dans le quartier
44:40faisait en sorte
44:41que les femmes
44:42ne pouvaient plus
44:42s'y promener,
44:43il fallait élargir
44:44les trottoirs.
44:44Elle prend la forme
44:45de La Baule
44:46qui n'est plus
44:46une ville protégée,
44:47elle prend la forme
44:48de Paris
44:48qui est une ville assiégée,
44:50elle prend la forme
44:50de toutes ces femmes
44:51qui dans les transports
44:51en commun
44:52n'osent plus
44:53choisissent leur ligne
44:54en fonction
44:55du degré de sécurité
44:56qu'elles y prennent,
44:57décident de prendre
44:57un taxi ou un Uber
44:58le soir.
44:59C'est ça le portrait global.
45:00Si on voit seulement
45:01les événements de ce soir,
45:02on est dans une forme
45:03de spectacle.
45:04Michael De Santos
45:05qui est sur les Champs-Elysées
45:06nous expliquait
45:07qu'il y avait
45:09une présence marginale
45:12de femmes
45:12sur les Champs-Elysées
45:13pour célébrer
45:14actuellement
45:18cette finale
45:19de Ligue des Champions.
45:20On n'est qu'aux prémices
45:22de la foule
45:22présente sur
45:23les Champs-Elysées
45:24puisque la préfecture
45:25de police
45:26de Paris
45:28annonce
45:29des centaines
45:29de milliers
45:30de personnes
45:30qui sont attendues
45:31dans les rues
45:31de la capitale
45:32et l'épicentre
45:33sera
45:34les Champs-Elysées
45:35puisque
45:35les Champs-Elysées
45:37sont piétonnisées.
45:38Vous voyez cette image
45:39porte de Saint-Cloud
45:39puisque des délinquants
45:41ont pris du mobilier urbain
45:42pour y mettre le feu.
45:46Encore une fois,
45:46ces images,
45:47on pouvait les voir quand ?
45:48Lors des manifestations
45:49les plus violentes,
45:50lors des émeutes,
45:52lors de confrontations
45:53avec les forces de l'ordre
45:55et non pour un événement sportif.
45:58Les renseignements
46:01territoriaux
46:01avaient anticipé
46:03près de 1000 casseurs
46:06avant la rencontre.
46:07Il s'avère que peut-être
46:08que ce chiffre
46:09n'a pas été sous-estimé
46:10mais qu'il pourrait y en avoir
46:11encore un peu plus
46:12dans les prochaines années.
46:13Donc le casseur
46:15trouve toujours des alliés
46:16ce que rappelait Mathieu
46:17avec l'effet de masse.
46:19Malheureusement,
46:19c'est la réalité.
46:20Et là, encore une fois,
46:20vous avez les gens
46:22qui sont chez eux
46:23ou aux terrasses de café
46:24assis à regarder le match,
46:25ceux qui sont au Parc des Princes
46:26donc tout le monde
46:27n'est pas dans la rue.
46:27Une fois que le coup
46:28de sifflet final retentira,
46:30là vous aurez un afflux
46:31de personnes
46:32et c'est là
46:32que ça va devenir dangereux.
46:33Et je rappelle que
46:34pour vous dire
46:35à quel point
46:36des gens sont encore aveugles,
46:38Emmanuel Grégoire
46:39il y a 20 jours,
46:40on ne connaît pas
46:41qu'on interdise
46:41une fanzone dans Paris.
46:43Alors certains vous diraient
46:44qu'une fanzone
46:44permettrait justement
46:45de contenir massivement
46:47les personnes,
46:49de filtrer les individus
46:52qui souhaitent assister
46:54à la rencontre
46:55et que vous évitez
46:56la dispersion
46:58des foules.
46:59Au Parc des Princes
47:00à l'intérieur
47:00ça se passe parfaitement bien.
47:02Et à l'extérieur
47:02ça ne se passe pas bien
47:03et une fois que ça va sortir
47:04ça sera pire.
47:05La fanzone
47:05vous aurez une concentration
47:07dans la fanzone,
47:08une concentration
47:09au Parc des Princes,
47:10une concentration
47:10dans les bistrots,
47:11une concentration
47:12à Roland-Garros
47:12plus les concerts
47:13sans oublier
47:14le meeting de Gabriel Attal.
47:15ça fait quand même
47:16beaucoup d'endroits
47:17ou d'événements à Paris
47:18ingérables.
47:19Eh bien on l'aurait fait
47:19comme Mathieu Bocoté souhaite
47:22c'est-à-dire qu'on se dit
47:23que tout est foutu
47:23et on reste à la maison.
47:24Ah moi je ne sais pas
47:24que tout est foutu.
47:26Justement parce qu'il nous reste
47:278 minutes avant l'heure des promes.
47:2830 secondes
47:29c'est un truc très important.
47:30Les solutions franchement
47:31si on les avait
47:31enfin oui mais il aurait fallu
47:33commencer à 50 ans.
47:34Je vais me permettre
47:34de faire le contraste.
47:35Alors voilà ce qu'on lit
47:36sur notre écran.
47:37PSG, Arcelal,
47:38scène de l'IS
47:38et tension dans Paris.
47:40Les deux formules sont vraies.
47:41L'IS et tension.
47:42Une autre chaîne info
47:43je ne me permettrai pas
47:44de dire laquelle
47:44on lit seulement
47:45égalisation du PSG
47:46scène de l'IS
47:47dans la capitale.
47:49Oups !
47:49On a oublié de mentionner
47:50les tensions.
47:51Si vous n'avez pas l'impression
47:52qu'une autre chaîne info
47:53je ne sais pas laquelle
47:53vous n'avez pas regardé
47:55les autres santé
47:55ça se trouve
47:56ils étaient sur les débordements
47:57quand il y avait des débordements.
47:58Enfin moi je ne parlerai pas
47:58de débordements d'ailleurs.
48:00C'est des tensions,
48:00des violences.
48:01Non mais moi je note
48:03que vous savez
48:04la meilleure manière
48:05aujourd'hui de mentir
48:06ou à tout le moins
48:09de détourner le regard
48:10ça ne consiste pas
48:11à dire le contraire
48:12de ce qui arrive
48:13ça consiste à ne pas raconter
48:14ce qui arrive.
48:14C'est ce qu'on pourrait appeler
48:15la désinformation
48:16par occultation.
48:17La désinformation
48:18par invisibilisation.
48:20Si je ne raconte pas
48:22médiatiquement
48:22ou publiquement
48:23qu'il se passe quelque chose
48:24dès lors ça devient
48:25un non-événement
48:27ou ça sera au pire
48:27un fait divers
48:28ou ça sera au pire
48:29quelques troubles
48:31qui seront racontés.
48:32Donc le fait est
48:33que si parmi les
48:35vous savez
48:35le privilège immense
48:37qu'ont les chaînes d'info
48:39c'est la possibilité
48:40de mettre en récit
48:41l'actualité
48:42parce que l'actualité
48:43ne se livre jamais
48:44à nous
48:44à la manière
48:45des milliards
48:46de faits dispersés
48:47donc il faut une mise
48:47en récit de l'actualité
48:48selon un prisme éditorial
48:50et tout ça évidemment
48:50avec le souci
48:51de pluralisme chaque fois
48:52mais si vous décidez
48:54ce soir
48:54de faire l'impasse
48:56sur les violences
48:57de faire l'impasse
48:57sur le dispositif sécuritaire
48:59si vous racontez
49:00seulement scène de liesse
49:01sans ajouter attention
49:02si vous disiez seulement
49:03scène de tension
49:04ça serait un problème aussi
49:05mais si vous dites
49:06scène de liesse
49:07sans tension
49:08vous avez décidé
49:09de ne pas raconter
49:10aux Français
49:10ce qui arrive
49:11mais ne vous trompez pas
49:12cher Elliot
49:13ils le savent
49:14ils le savent les gens
49:15ils le savent pourquoi
49:16parce qu'ils ont intégré
49:17la réalité
49:18dans leur comportement
49:19quotidien
49:19depuis longtemps
49:21donc je vois ça
49:22avec une forme
49:25là on voit mal
49:26oui ben c'est bien vu
49:28ça arrive
49:29c'est le problème technique
49:29mais je note simplement
49:31que pour certains
49:32ne veulent pas voir
49:34certains ne veulent pas voir
49:35tant qu'on n'aura pas
49:36enregistré le fait
49:37que certains ne veulent pas voir
49:38ou alors ne voient
49:39qu'à travers un prisme théorique
49:40qui neutralise
49:41le sens des événements
49:42pour faire en sorte
49:43que demain
49:44et après demain
49:44je ne sais quel ministre
49:46puisse dire
49:46circuler
49:47il n'y a rien à voir
49:47finalement tout était contrôlé
49:50avec l'absence de mémoire
49:52ce qui consiste à dire
49:53que finalement
49:53on oublie qu'il n'y a
49:55de cela pas si longtemps
49:56que ça
49:56nos pays étaient plutôt
49:57paisibles
49:58ils ne le sont plus
49:58le résultat
50:00c'est cette espèce
50:00d'état de sidération permanente
50:02on joue la 89ème minute
50:04entre le Paris Saint-Germain
50:05et Arsenal
50:05il y a toujours un partout
50:07donc on avance
50:09tranquillement
50:10et non sereinement
50:11vers les prolongations
50:13je ne suis
50:16je tente de garder
50:17mon calme
50:18cher
50:19Arthur
50:19de Batrigan
50:20il s'est connu
50:21des situations
50:22plus serein
50:24vous inquiétez pas
50:25ça se passera bien
50:25mais c'est à dire
50:26qu'il y a des prolongations
50:27et potentiellement
50:28des pénaltys
50:29donc c'est à dire
50:29que le match peut encore
50:30durer 30-40 minutes
50:31de plus
50:32donc repousser encore
50:33un peu plus
50:33on a quand même vu
50:34des images
50:34on voyait les forces
50:35de l'ordre
50:35remettre les vélos
50:37vous imaginez
50:38on en est aujourd'hui
50:39on mobilise des forces
50:40de l'ordre
50:40pour un match de foot
50:41et on voit des forces
50:42de l'ordre
50:43remettre des vélos
50:43ils peuvent pas être
50:44mieux ailleurs
50:45je sais pas
50:46ça choque personne
50:47on se dit
50:47on va mettre 8000
50:48policiers à Paris
50:50parce qu'il y a
50:50un match de foot
50:52et j'aimerais bien
50:53savoir ce qui se passe
50:53à côté
50:54dans d'autres villes
50:55par exemple
50:55ou des banlieues
50:56proches de Paris
50:57où malheureusement
50:58que ça soit l'été
51:00que ça soit l'hiver
51:00autant de match
51:01ou pas de match
51:02les violences
51:03les vols
51:04les agressions
51:05continuent
51:06mais sauf que
51:06vous dépouillez
51:07une partie des forces
51:08de l'ordre
51:08c'est pour les mettre
51:09ailleurs
51:09donc ça devient compliqué
51:10j'ai une pensée
51:12vous savez
51:12pour les commerçants
51:13de l'avenue des Champs-Elysées
51:14vous savez que
51:15tous les bâtiments
51:16ont été fermés
51:18et ont dû fermer
51:19leurs portes
51:19ce samedi
51:20dès 17h
51:21jusqu'à dimanche
51:2317h
51:23vous imaginez
51:24un week-end
51:25comme celui-ci
51:27un week-end
51:28finalement
51:29où on se retrouve
51:29sur l'avenue des Champs-Elysées
51:31les commerçants
51:32c'est une niette
51:33vous avez barricadier de tout
51:34toutes les terrasses
51:35devront être vidées
51:36de leur mobilier
51:36le stationnement
51:37et la circulation
51:38seront également interdits
51:39dans un large secteur
51:41voilà la situation
51:41sur les Champs-Elysées
51:43si je peux me permettre
51:44là-dessus
51:44vous voyez bien
51:45ce que ça veut dire
51:45c'est qu'un événement
51:46comme celui-là
51:47dans un monde
51:47à peu près normal
51:48comme on dit
51:49l'Occident
51:49il n'y a pas si longtemps
51:50c'était l'occasion
51:51pour les commerçants
51:52de faire beaucoup d'argent
51:53et on n'est pas de compte
51:54que le fait nous
51:54dans la vie
51:55de faire beaucoup d'argent
51:55que les commerçants
51:56puissent s'enrichir
51:57que tout le monde
51:58puisse participer à la fête
51:59vous avez un bistrot
52:00sur les Champs-Elysées
52:01ou l'équivalent de ça
52:02une journée comme celle-là
52:03théoriquement
52:03vous dire
52:04les vacances d'été
52:05sont payées
52:06j'ai enfin l'occasion
52:08de faire un bon coup d'argent
52:09et bien là
52:09pour maintenant
52:11jour de fête
52:12égale jour de barricade
52:13jour de fête
52:14égale jour de
52:15on va se cloîtrer
52:16en espérant
52:17de ne pas faire
52:18défoncer notre commerce
52:19peut-être ça n'arrivera pas
52:20peut-être que le commerce
52:21ne sera pas défoncé
52:22mais
52:23je me permets
52:24de relayer
52:25de prendre le relais
52:26sur un élément
52:27que vous disiez
52:27la sécurité
52:28était autrefois
52:29assurée
52:29par l'État
52:30on parlait du monopole
52:31de la violence légitime
52:32dans les faits
52:33on a assisté
52:35depuis un bon moment
52:36à la privatisation
52:36de la sécurité
52:37dans les faits
52:38votre digicode
52:39chez vous
52:40le fait qu'on a besoin
52:40de nos digicodes
52:41le fait qu'on choisisse
52:43le Uber
52:44ou le taxi
52:45ou j'en sais rien
52:46plutôt que le transport
52:47en commun
52:47pourquoi?
52:48et bien
52:49parce qu'on a accepté
52:50l'idée de prendre
52:51à sa charge
52:52à même ses frais
52:53à même ses propres dépenses
52:54sa propre sécurité
52:55parce qu'on ne fait plus
52:56confiance aux institutions publiques
52:57quand vous décidez
52:58de changer votre tenue
52:59dans la rue
53:00vous savez c'est une phrase
53:01que je dis de plus en plus
53:02des gens qui sont un peu fortunés
53:03il y en a quand même
53:04quelques-uns
53:04mais c'est pas un crime
53:05qui disent
53:05je ne me promènerai plus
53:06dans la rue
53:06avec telle montre
53:07avec tel sac
53:08avec telle bague
53:09parce que je pourrais
53:10me faire détrousser
53:11mais les gens ont privatisé
53:12déjà la question de la sécurité
53:14Léviathan est en congé
53:16il est 19h58
53:19cher Mathieu Bocoté
53:20cher Arthur de Batrigan
53:21notre émission a été bousculée
53:24par cette actualité
53:26et donc en direct
53:28puisque dès 19h
53:30au moment finalement
53:32de la mi-temps
53:33on a assisté aux premières tensions
53:36entre les forces de l'ordre
53:37et des délinquants présents
53:39depuis la porte de Saint-Cloud
53:40mais également sur les Champs-Elysées
53:42l'heure des pros va commencer
53:45un grand merci Mathieu
53:47un grand merci à Arthur
53:49je vais saluer Mathieu Devez
53:51qui nous a rejoint
53:52du service police-justice
53:53de CNews
53:54Mathieu Vallet
53:56qui va s'installer
53:57Mathieu Vallet
53:58eurodéputé
53:59et porte-parole
54:00du Rassemblement National
54:01Eric Henry
54:02qui nous rejoint à l'instant
54:06et Geoffroy Lejeune
54:07devrait nous rejoindre
54:08dans quelques secondes
54:11Geoffroy Lejeune
54:12bien sûr
54:12que vous connaissez
54:13directeur de la rédaction
54:14du journal du dimanche
54:15le match n'est pas terminé
54:18il y a toujours un partout
54:19entre le Paris Saint-Germain
54:20et Arsenal
54:21on joue le temps additionnel
54:24de la deuxième mi-temps
54:26on va tout droit
54:27vers les prolongations
54:30et vous voyez à droite
54:32vous voyez à la deuxième mi-temps
54:32et vous voyez à la deuxième mi-temps
Commentaires