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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Bocoté, avec Mathieu Bocoté bien sûr.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Arthur Devatrigon est avec nous.
00:07Bonsoir, Yann.
00:08Pierre Arthur, bonsoir.
00:09Le point sur l'information, c'est avec Isabelle Piboulot.
00:12Bonsoir Isabelle.
00:16Bonsoir Yann, bonsoir à tous.
00:17Elle a eu une alerte enlèvement levée en Seine-Saint-Denis.
00:20Dahlia, bébé prématuré de 6 semaines, a été retrouvée en vie dans un hôpital lillois.
00:26Une femme non identifiée, l'IA déposée.
00:28Les recherches se poursuivent pour retrouver Yann, 2 ans et demi, et Naël, 18 mois.
00:33Cette fratrie placée à l'aide sociale à l'enfance a été enlevée jeudi à Épinay-sur-Seine, les suspects
00:38étant leurs parents.
00:40Environ 3200 personnes réunies à Lyon pour la marche en hommage à Quentin de Ranque, mort il y a tout
00:45juste une semaine.
00:46C'est ce qu'a évalué la préfecture du Rhône, qui avait anticipé un dispositif de sécurité important.
00:52Adieu camarades et justice pour Quentin.
00:54Pouvait-on lire sur des banderoles ou encore ses pancartes « Antifa assassin ».
00:59Un moment de recueillement a été observé sur les lieux où l'étudiant a été lynché le 12 février par
01:05des membres de l'ultra-gauche.
01:07Emmanuel Macron a inauguré la 62e édition du Salon de l'agriculture.
01:11Le chef de l'État a échangé avec divers syndicats, la FNSEA, les jeunes agriculteurs, également la coordination rurale qui
01:19comptait boycotter sa visite.
01:20Le président a appelé à l'unité face à un monde agricole épuisé par des différents qui persistent.
01:26L'Elysée a confirmé une prochaine rencontre entre la coordination rurale et Emmanuel Macron.
01:31Aucune date n'a été communiquée.
01:33Vigilance rouge aux crues prolongées pour trois départements de l'Ouest, la Loire-Atlantique, la Charente-Maritime et le Maine
01:39-et-Loire,
01:40où des arrêtés d'évacuation préventives ont été pris.
01:43Neuf autres départements sont maintenus en orange.
01:46Les crues exceptionnelles se poursuivent et vont encore durer plusieurs jours.
01:50A noter que le match de Ligue 1 entre Angers et Lille, prévu demain, se déroulera donc à huis clos.
01:56Donald Trump fait passer ses nouveaux droits de douane mondiaux à 15% avec effet immédiat.
02:01Hier, il avait annoncé avoir signé un décret imposant une taxe de 10%.
02:06Le président américain, en colère contre la Cour suprême, durcit donc le ton.
02:11La plus haute juridiction des États-Unis a pointé hier sa politique tarifaire,
02:15jugeant ses surtaxes douanières illégales.
02:17Une décision ridicule et anti-américaine, déplore Donald Trump.
02:22La France, elle, attend une réaction unie de l'Union européenne.
02:25Les partenaires de l'UE analysent à ce stade les répercussions de la décision de la Cour suprême américaine.
02:30Le président français a jugé plutôt positif qu'il y ait des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans les démocraties.
02:37Nous voulons continuer à exporter sans subir des décisions unilatérales, a-t-il déclaré.
02:42Enfin, un millier de personnes ont défilé à Paris pour marquer un soutien à l'Ukraine,
02:47meurtri par presque quatre ans de guerre jour pour jour.
02:50Les manifestants ont scandé des slogans hostiles à Vladimir Poutine
02:54et ont réclamé la restitution aux Ukrainiens des avoirs russes gelés.
02:58Emmanuel Macron et Kirstarmer coprésideront mardi une réunion par visio de la coalition des volontaires en soutien à l'Ukraine.
03:07Merci Isabelle Pibolo pour le point sur l'information.
03:09À la une de face à Mathieu Bocoté, retour sur cette semaine,
03:12marqué et encore ce samedi par le meurtre de Quentin, lynché par des militiens d'ultra-gauche.
03:18Alors que ce drame aurait dû provoquer une union sacrée contre les violences des dix antifascistes,
03:24la gauche fait de la menace d'extrême droite et le retour du fascisme, le thème prioritaire.
03:29Que s'est-il passé ?
03:31Élément de réponse avec Mathieu Bocoté.
03:32À la une également, ne pas oublier que ce drame se déroule et s'est déroulé en marge d'un
03:36meeting politique de Rima Hassan
03:38au sein de Sciences Po Lyon.
03:39La députée LFI reçue en rockstar la semaine dernière symbolise l'omniprésence des idées
03:44et des personnalités d'extrême gauche dans nos universités.
03:49Mais que fait l'État et comment expliquer cette mainmise sur l'enseignement supérieur ?
03:54Réponse dans cette émission.
03:56Enfin, Jean-Marc Berlière, historien, auteur de Dictionnaire de la police, sera votre invité.
04:02La haine antiflic racontée en deuxième partie d'émission.
04:06Voilà le programme de face à Mathieu Bocoté.
04:09Cher Mathieu, il y a une semaine, Quentin mourait roué de coup par des miliciens d'ultra-gauche.
04:14Une semaine plus tard, le débat public est dominé par un thème, la menace d'extrême droite
04:19et même la menace fasciste.
04:21Que s'est-il passé Mathieu Bocoté ?
04:22Alors un grand retournement.
04:24Un grand retournement. En une semaine, il y a un fait qui nous frappe, brutal, atroce,
04:29la mise à mort de Quentin, son inchage à mort.
04:33Une semaine plus tard, le discours public s'est affranchi du réel.
04:37Une semaine plus tard, le réel n'existe plus
04:40et le récit idéologique, falsifié, fantasmé, porté par la gauche est de nouveau dominant.
04:47Et c'est celui d'une menace donc fasciste en France aujourd'hui.
04:52Par ailleurs, il y a quand même un fait premier qui nous revient à l'esprit.
04:55On a quand même été obligé de découvrir que l'ultra-gauche est violente.
04:59Et on pourrait ajouter que la gauche est violente et que la violence de gauche n'est pas une violence
05:04accidentelle,
05:05mais structurelle.
05:06Je me permets de donner quelques éléments qui relèvent de l'histoire récente pour nous rappeler que la violence de
05:10gauche n'est pas accidentelle.
05:11Pensez à Sainte-Séline, aux affrontements.
05:13Quand on décide d'affronter directement les policiers avec des moyens, des armes qui potentiellement peuvent tuer,
05:20c'est qu'on accepte d'avance la possibilité de tuer les forces de l'ordre.
05:23Pensez à Andreas Malm, vous savez, cet universitaire suédois qui est intégré dans l'institut de formation de LFI
05:29qui légitime, quant à lui, le sabotage contre les pipelines, par exemple, contre les oléoducs.
05:35Pensez à Marc Bré, cet historien mis de l'avant, aujourd'hui à gauche, partout,
05:40ce théoricien de l'antifascisme qui dit que la violence est nécessaire pour créer un climat d'intimidation morale
05:45et d'intimidation sociale autour de certaines idées.
05:48Et pensez simplement à l'échelle de l'histoire.
05:50On nous a parlé de Trotsky cette semaine, d'ailleurs, M. Mélenchon, s'est réclamé du trotskisme.
05:54Faut-il rappeler que Trotsky a légitimé le meurtre massivement de la conquête du pouvoir révolutionnaire?
06:00Donc, c'est une tradition violente qui cherche à se faire passer pour une tradition bisounours.
06:05Quoi qu'il en soit, nous sommes ici, donc, une semaine plus tard,
06:08il y a eu une forme de détournement de récits.
06:12L'extrême-centre en a profité pour nous refaire son coup préféré.
06:16C'est la menace des extrêmes.
06:18Et le Bloc central serait le seul gardien de la démocratie.
06:22Nous connaissons ça par cœur.
06:24Le Bloc central nous dit, oui, il y a une violence à l'ultra-gauche,
06:28mais la vraie menace n'est-elle pas à l'extrême-droite?
06:30Quoi qu'il en soit, nous allons nous tenir à égale distance de cette force terrifiante.
06:34Nous sommes les seuls démocrates véritables.
06:36On notera, soit dit en passant, que le Bloc central rêve d'éjecter dans les circonstances Jean-Luc Mélenchon
06:42pour être capable de rapatrier au cœur du jeu politique la gauche non-éléfie
06:47en pensant trouver par là des conditions de sa réélection en 2027.
06:51Par ailleurs, il faut voir ce que la gauche a fait de cette semaine.
06:54Et on a cette manifestation aujourd'hui, donc, qui a été présentée sur d'autres chaînes
06:58comme une manifestation factieuse.
07:00C'est une manifestation qu'on a voulu faire interdire.
07:02C'est une manifestation qui a été présentée comme moralement inacceptable.
07:06La commémoration de la mémoire de Quentin passait pour un geste factieux et néo-fasciste.
07:12La presse de gauche, en une semaine, a construit l'image d'un Quentin nazi,
07:17d'un Quentin d'extrême-droite, comme ils disent, d'un Quentin néo-fasciste,
07:21d'un Quentin monstrueux.
07:22On a construit l'image d'un homme qui, s'il ne devait pas mourir,
07:26à tout le moins ne méritait pas nos larmes, ne méritait pas nos pleurs,
07:29ne méritait aucune commémoration.
07:31On nous a dit, d'ailleurs, globalement, on nous a dit, c'est un néo-fasciste ou un néo-nazi.
07:34S'il ne l'est pas, à tout le moins ses amis l'étaient.
07:37Si ses amis ne l'étaient pas, à tout le moins ceux qui l'admirent l'étaient probablement.
07:41Et d'ailleurs, il soutenait l'émésis, qui n'est pas un véritable groupe féministe,
07:44mais un groupe identitaire d'extrême-droite, et ainsi de suite.
07:46Donc, on a assisté en une semaine en la fabrication d'un monstre.
07:50Et je voyais aujourd'hui le traitement de la manifestation sur d'autres antennes.
07:56C'était absolument scandaleux.
07:57En faut être sérieux, des chaînes de propagande, il y en a quelques-unes,
08:00elles ne sont pas que dans le service public.
08:01On a une autre chaîne, que je ne nommerai pas,
08:03qui traitait l'actualité sur le mode de cette manifestation factieuse,
08:06potentiellement dangereuse.
08:07On guettait l'occasion, on guettait le dérapage sous le signe du désir.
08:12On voulait voir des gens qui se tabassent.
08:15On voulait voir un dérapage majeur.
08:17Il n'a pas eu lieu.
08:18Mais qu'est-ce qu'on fait dans les circonstances ?
08:20On scrute dans la manifestation, et il y a plusieurs milliers.
08:23Inévitablement, dans une manifestation de plusieurs milliers,
08:24vous avez des cas un peu bizarres.
08:26Vous avez des cas coucous.
08:27Inévitablement, vous guettez le manifestant,
08:30qui est peut-être louche par son tee-shirt,
08:32qui est peut-être louche par son tatouage.
08:33Et là, vous dites, voilà les représentants du fascisme
08:35qui marchent aujourd'hui à Lyon.
08:38Je n'ai pas l'habitude de qualifier les choses,
08:39mais c'est quand même scandaleux.
08:42La propagande devrait se cacher des fois.
08:44Et par ailleurs, la gauche...
08:45Mais vous noterez, cette semaine, LFI n'a jamais reculé.
08:48C'est important de le dire.
08:49Et LFI ne recule jamais.
08:51Et qu'est-ce qu'on voit une semaine plus tard ?
08:53Ils ont repris l'avantage du terrain sur le plan symbolique,
08:55sur le plan moral.
08:56Ils ont imposé leur interprétation.
08:58On a vu, je crois que c'était dans l'Humanité,
09:00c'était hier, un texte de, je pense, 120 personnes ou 180 personnes.
09:04180 personnes.
09:06Signé un texte qui nous explique que, finalement,
09:08ce qui s'est passé, la mort de Quentin,
09:10révèle en fait que la gauche serait la grande victime
09:12des circonstances présentes partout.
09:14On nous présente l'antifascisme, comme ils appellent ça,
09:16comme ils ont le culot d'appeler ça,
09:18comme la victime des circonstances présentes.
09:20On fait une comparaison entre Quentin et Horst Vessel,
09:23qui était engagé dans la SA,
09:24qui est une forme de martyr nazi des années 30,
09:27présenté comme tel.
09:28Donc là, Quentin devient le martyr nazi des temps présents.
09:31Je me permets d'ajouter que ce récit a été porté aussi
09:34par Dominique de Villepin, à sa manière,
09:36qui n'en finit plus de mener sa campagne
09:38pour succéder à Jean-Luc Mélenchon
09:40si celui-ci en venait être évacué de la vie politique.
09:43Et à travers tout ça, on nous explique, finalement,
09:45que lorsqu'un homme de droite meurt,
09:47en fait, c'est la gauche qui est victime, encore une fois.
09:49La gauche a repris le récit complètement.
09:51Une semaine plus tard, et avec cette manifestation,
09:52aujourd'hui, je vous l'annonce,
09:54dans une semaine, on va nous expliquer,
09:55on va avoir oublié Quentin,
09:56on va nous avoir dit que cette marche-là
09:58témoigne du retour du fascisme en France, aujourd'hui.
10:00La gauche médiatique a proposé, cette semaine,
10:02un des comptes macabres des morts de l'ultra-gauche
10:05et de l'extrême-gauche.
10:06Qu'en retenir, Mathieu Bocoté?
10:07De l'ultra-gauche, de l'extrême-gauche,
10:09et de l'ultra-droite, de l'extrême-droite.
10:10Qu'est-ce qu'on nous a dit?
10:11C'est une espèce de décompte.
10:13On voit les chiffres dans l'espace public.
10:1559 morts depuis les années 80,
10:1859 morts de l'ultra-droite,
10:20et 6 morts de l'ultra-gauche.
10:22Et là, c'est repris,
10:23puis ces chiffres-là tournent sans arrêt
10:24sur le mode de l'intimidation,
10:26du genre, oui, certes, Quentin est mort,
10:28mais la trame de fond,
10:29c'est que les morts viennent de l'autre camp.
10:31Jamais ces chiffres ne sont questionnés.
10:33Ces chiffres nous sont présentés
10:34comme s'ils allaient de soi,
10:36alors qu'on est quand même,
10:37de ce point de vue,
10:37devant une méthodologie bancale,
10:40sans pertinence.
10:41C'est une méthodologie, en fait,
10:43qui classe dans les crimes d'extrême-droite
10:45toute une série de crimes
10:46qui ne sont pas politiquement motivés,
10:48qui ne sont pas portés
10:49par des membres d'une organisation,
10:50des crimes absolument condamnables
10:52à chaque fois qu'on se comprenne bien.
10:53Mais on construit de manière artificielle
10:57un 59 morts de l'extrême-droite,
10:59ça vira de manière ou de l'autre,
11:00donc on met là-dedans des actes non-politiques,
11:02des actes passionnels,
11:03des profils qui n'ont rien à voir entre eux,
11:04et là, on nous présente donc
11:05une forme de terrorisme d'extrême-droite
11:07qui ravagerait la France.
11:08Et de l'autre côté, la gauche,
11:10le récit médiatique qui est fait,
11:12sert à minimiser.
11:13Donc, les violences antifères
11:15ne sont pas comptabilisées,
11:16le racisme anti-blanc n'est pas comptabilisé,
11:18les violences contre les forces de l'ordre
11:19ne sont pas comptabilisées.
11:21Donc, on est devant une forme de récit,
11:24en quelque sorte,
11:25qui cherche à créer une disproportionate
11:27absolue entre violences de droite
11:28et violences de gauche.
11:29Dans les faits, ces chiffres sont mensongers.
11:31Ces chiffres sont mensongers
11:33et ils sont pourtant repris.
11:34Et ça nous rappelle une chose
11:35qui est assez fascinante,
11:36c'est la manière qu'à la gauche
11:37d'être capable d'imposer son récit
11:39dans le débat public,
11:40elle impose un chiffre,
11:41elle le répète sans arrêt
11:42sur le mode de l'intimidation
11:43parce que personne ne va avoir l'air méchant,
11:45personne n'ose contester
11:46la liste qui nous est présentée,
11:47personne n'ose contester
11:49le récit qui nous est fait.
11:50Et à terme, qu'est-ce qu'on voit?
11:51Un récit, encore une fois,
11:53complètement déconnecté du réel,
11:54repris encore une fois,
11:55ça devient une spécialité
11:56par M. Dominique de Villepin.
11:57Que retenez-vous donc
11:59de cette semaine, Mathieu Bocoté?
12:01Fondamentalement,
12:02de cette semaine et de cette manif,
12:03franchement.
12:04Vous avez vu une manif,
12:05si vous avez regardé avec attention,
12:07vous n'avez pas vu
12:07une manifestation factieuse,
12:09vous n'avez pas vu une manifestation,
12:10ce n'est pas une manifestation de gauche,
12:12on s'entend.
12:13Mais, et puis il y a des gens là-dedans
12:14que je n'aurais pas envie de fréquenter.
12:16Soyons clairs,
12:17il y a quelques fois,
12:17le propre des manifestations
12:18comme celle-là,
12:19c'est d'attirer des éléments radicaux aussi.
12:21Qui dira le contraire?
12:21Mais il n'y a pas eu de violence.
12:23On a voulu interdire cette manifestation,
12:25on a voulu empêcher la commémoration.
12:28Grégory Doucet,
12:29le maire de Lyon,
12:29nous a dit que commémorer
12:30la mémoire de Quentin,
12:32c'est une manière
12:33de transformer sa ville
12:34en capitale de l'ultra-droite.
12:35Ce qui s'est passé
12:36en une semaine,
12:37en quelque sorte,
12:37c'est que la gauche radicale
12:41et l'extrême-centre,
12:42chacun de leur manière,
12:42ont profité des événements
12:45pour reconduire
12:46leur hégémonie
12:46dans l'espace public.
12:47Et je note,
12:48soit dit en passant,
12:49que le Rassemblement national,
12:50à sa manière,
12:51a participé à ça aussi.
12:52Quand le RN dit
12:53« Oui, oui, oui,
12:53nous sommes tout autant
12:54contre l'ultra-gauche
12:55et l'ultra-droite »
12:56et ils se sentent obligés
12:57de reconduire
12:58l'équivalence des menaces
12:59quand ils savent eux-mêmes
13:00que c'est faux,
13:01quand ils savent eux-mêmes
13:02que c'est faux,
13:03cette semaine,
13:03le Rassemblement national
13:04a repris à sa manière
13:06le récit du Bloc central,
13:08croyant par là
13:08se normaliser,
13:09croyant par là
13:11diaboliser LFI,
13:12mais à travers cela,
13:12il a légitimé l'idée
13:14qu'il y avait
13:14un équivalent de menaces
13:15à gauche et à droite
13:16alors que c'est mensonger.
13:18Aujourd'hui,
13:18le fascisme
13:19ne menace pas
13:20la France aujourd'hui,
13:21la violence
13:21ne vient pas de droite
13:22aujourd'hui,
13:23mais le récit médiatique
13:24a balayé le réel
13:25comme d'habitude.
13:27Arthur Devatrigan,
13:28quel regard vous portez
13:28sur la semaine
13:29que nous venons de vivre
13:30dans le monde médiatique,
13:31le monde politique,
13:32bien sûr,
13:33mais également
13:34ce qu'il s'est passé
13:35cet après-midi,
13:36à savoir cette marche
13:38regroupant
13:383 200 personnes.
13:40Parmi ces 3 200 personnes,
13:42les renseignements
13:43territoriaux
13:44l'avaient dit
13:44dès le début,
13:46il pouvait y avoir
13:46et il y en a eu
13:47très certainement
13:48des éléments
13:48des radicaux,
13:49mais est-ce que ça
13:50résume cette mobilisation
13:52qui était une mobilisation
13:54en hommage
13:55à un garçon
13:56de 23 ans
13:56qui a été tabassé à mort ?
13:58Vous savez,
13:59à force de lire
14:00et relire
14:00toutes les histoires
14:01politiques modernes
14:02dont j'ai dans les archives,
14:03les dépêches,
14:04les vidéos l'INA,
14:05je pensais que je ne serais
14:06plus surpris.
14:07Et je me suis trompé
14:09parce que cette semaine,
14:10j'ai été plus que surpris,
14:11surpris par tant d'ignoménie,
14:14tant d'obscénité abjecte
14:16d'une partie
14:16du personnel politique
14:17et d'une partie
14:18de la presse.
14:19Vous avez donc
14:20un jeune type
14:20qui s'est fait chasser,
14:22qui s'est fait lyncher
14:23et qui s'est fait tuer
14:25avec un acharnement
14:27barbare
14:28et bestial
14:29et pourtant,
14:31les coupables
14:31directs
14:32et indirects
14:34fanfaronnent encore,
14:35mentent
14:36avec un aplomb
14:37hallucinant
14:38et retournent
14:39l'accusation.
14:40Alors,
14:41il y a les coupables
14:41directs,
14:42c'est ceux qui ont tué
14:42et les coupables
14:43directs,
14:44c'est ceux qui ont permis
14:45à ce que Quentin de Ranck
14:46soit tué.
14:47Les coupables,
14:48on les connaît,
14:49les directs,
14:49ce sont les antifas
14:50de la jeune garde
14:51qui, contrairement
14:51à la petite rétoille
14:52qui se met en place
14:53depuis quelques jours,
14:54ne sont pas des fascistes.
14:55En lâchant
14:55et en tuant Quentin
14:56comme ils l'ont fait,
14:57ils ont été fidèles
14:58à leurs idéaux,
14:59à leurs objectifs,
15:00à leurs méthodes
15:01et à leur histoire.
15:03La méthode,
15:03on la connaît,
15:04c'est la lâcheté
15:05et le déshonneur.
15:06Ils attaquent masqués
15:07par surprise,
15:09en surnombre
15:10et ils filment
15:11leur sauvagerie
15:12comme les islamistes
15:13filment leur massacre.
15:14Mais une fois démasqués,
15:15ils appellent papa et maman
15:16à la rescousse,
15:17ils pleurnichent
15:18comme un enfant
15:18qui a sali sa couche
15:19et ils se refilent
15:21la responsabilité
15:22comme un mystique gris.
15:24Leur cible,
15:24c'est les fascistes,
15:25les noisiles
15:25et l'extrême droite.
15:26C'est-à-dire tous ceux
15:27qui ne partagent pas leurs idées,
15:28ce qui fait quand même
15:29un sacré paquet de monde.
15:31Alors, il y a encore
15:31quelques décennies,
15:32ces idées
15:34étaient à mon sens
15:34dégueulasses
15:35mais s'inscrivaient
15:36dans une continuité
15:37historique et politique.
15:38Aujourd'hui,
15:39c'est le raisonnement
15:39d'une huître
15:40avec des méthodes
15:41d'orange mécanique.
15:43Et ensuite,
15:43il y a tous les autres.
15:44La France insoumise,
15:45évidemment d'abord.
15:46Jean-Luc Mélenchon
15:47leur a offert
15:48à cette milice
15:49une légitimité morale
15:51et politique
15:51en les en entrant
15:52au Parlement.
15:53J'en parle avec passion
15:54car ce sont mes jeunes camarades,
15:56je leur donne raison,
15:57avait-il dit.
15:58Dès le lendemain
15:59de la mort de Quentin,
16:00dès le lendemain,
16:01ils s'étaient portés
16:02à leur secours
16:02en falsifiant
16:03à un vieux stalinien
16:04l'histoire,
16:05en légitimant leur action
16:06sauf le coup mortel.
16:08Par contre,
16:09les autres coups,
16:09oui,
16:09il aurait fini
16:10tétraplégique,
16:10ça n'aurait pas été un problème.
16:12Ensuite,
16:12il y a les magistrats
16:13qui ont permis
16:14l'impunité
16:14en refilant par exemple
16:16une peine de travail
16:17d'intérêt général
16:17aux antifas
16:18qui ont tabassé
16:19Anna de Montsouris
16:20quand elle était à l'Uni
16:21avant qu'elle devienne députée.
16:23Et évidemment,
16:23il y a une bonne partie
16:24de la presse
16:25de Libé
16:26à France Info
16:27en passant par Le Monde.
16:28Le canard enchaîné,
16:29je ne parle pas de l'humanité
16:30parce que l'odeur du sang
16:31et des massacres
16:32ça a toujours excité
16:32leurs journalistes.
16:34Alors ces artificiers-là,
16:35ils ont passé leur temps
16:36et ils continuent
16:36à allumer des contrefeux
16:38avec comme seule ligne
16:40salir la victime
16:41pour absouler les coupables.
16:42C'est-à-dire,
16:42aujourd'hui encore,
16:43ils tournoient
16:44comme des vautours
16:44au-dessus du cadavre
16:45pour essayer de récupérer
16:46quelque chose.
16:47Je ne sais pas
16:47si on se rend compte
16:48de son rendre compte
16:49de l'abjection.
16:50C'est-à-dire que Quentin,
16:51il a une famille,
16:51il a des parents.
16:52Eux, ils tournent
16:53comme des vautours au-dessus.
16:55Ça va vomir.
16:56Et puis,
16:57il y a le tout personnel politique,
16:59évidemment.
17:00Pas tout,
17:00une grande partie
17:01du personnel politique,
17:02toute la gauche
17:03et un peu plus.
17:05La Jeu de guerre
17:05n'était pas seulement liée
17:06avec la France Insoumise.
17:07Elle organisait,
17:08je le rappelle,
17:09des stages
17:09et des formations d'autodéfense
17:10pour Europe Écologie Les Verts,
17:12pour la CGT.
17:13Elle menait des actions
17:14conjointes avec le maire de Lyon,
17:16qu'on a beaucoup entendu.
17:17Elle organisait
17:18des services d'ordre
17:19un peu partout.
17:20Et je rappelle
17:21que le candidat
17:22du Parti Socialiste
17:23en 2024
17:23s'est désisté
17:24pour Raphaël Arnaud,
17:25le créateur
17:26et le patron
17:26de la Jeune Garde,
17:28qu'il qualifiait
17:28de candidat de qualité
17:29et qu'il fallait combattre,
17:31je cite l'exemple de droite,
17:32partout où elle se trouve,
17:33l'argument utilisé
17:34pour lyncher
17:35et tuer Quentin.
17:36Tous ces gens
17:37connaissent leur action,
17:38connaissent leur méthode,
17:40ils les ont acceptés,
17:41ils se sont alliés
17:42sans sourciller
17:43avec ces gens-là,
17:44prouvant,
17:45et ils vont le faire encore,
17:46prouvant
17:46que leur différence,
17:47c'est juste une différence
17:48de degré,
17:49ce n'est pas une différence
17:49de nature.
17:50Et enfin,
17:51il y a tous les autres,
17:52ceux qui entretiennent
17:53le climat
17:54de pseudo-menaces fascistes,
17:56je ne parle pas
17:56de Dominique de Villepin
17:57et de Ségolène Royal
17:58parce que ça fait bien longtemps
17:59qu'ils se sont fait
17:59amputer de la honte,
18:00mais je parle des autres.
18:02Par exemple,
18:02quand un Édouard Philippe
18:03ou un Xavier Bertrand
18:04dit je préfère voter communiste
18:06pour faire un front républicain
18:07pour faire barrage
18:08à l'extrême droite,
18:09communiste
18:09dont on a à la tête
18:10un type
18:11qui,
18:11il n'y a pas si longtemps,
18:13hésité à classer Staline
18:14dans le rôle du détecteur,
18:16Xavier Bertrand
18:17et Édouard Philippe
18:17décident de s'allier
18:18avec eux
18:19pour endiguer
18:20la menace fasciste.
18:21Ça s'appelle
18:22la nazification
18:23de l'adversaire.
18:24C'est celui
18:25qui pense différemment.
18:26Ce n'est pas un adversaire,
18:26c'est un ennemi politique.
18:27On lui enlève la dignité.
18:29Le nazifier,
18:29c'est ça,
18:30c'est-à-dire qu'on le transforme
18:30en ennemi existentiel.
18:32L'ennemi existentiel,
18:33il faut l'abattre.
18:34Ça commence
18:34par un refus
18:35de serrer la main
18:36au bas-jamin
18:37de l'Assemblée nationale
18:38parce qu'il a l'étiquette ARN
18:39comme Mme Pannier-Runacher
18:40et ça se finit
18:41en massacre
18:42sur le bitume.
18:43Il y a une continuité
18:44entre ces deux actes.
18:46Mathieu Bocoté,
18:47parlons toujours
18:48de la situation,
18:50du moins du climat
18:51qu'il y a aujourd'hui
18:52autour de ce drame
18:53et parlons de la situation
18:54à l'université.
18:55On parle beaucoup
18:55des antifas en ce moment
18:56mais on parle moins
18:57de l'emprise de la gauche
18:59sur les universités.
19:01Comment l'expliquer ?
19:02Vous savez,
19:02ça ne date pas d'hier.
19:03L'emprise de la gauche
19:04sur l'université
19:04est chose qui s'inscrit
19:06sur plusieurs décennies.
19:07En 1970,
19:09Jules Monroe,
19:10aujourd'hui oublié,
19:11avait écrit un livre
19:11qui s'appelait
19:12« Démarxiser l'université ».
19:13Autrement dit,
19:14il avait déjà constaté
19:15la conquête idéologique
19:16de l'université
19:17par la gauche radicale.
19:19Ce qu'on doit comprendre,
19:20c'est que la gauche
19:20a compris depuis longtemps
19:21que son objectif,
19:22c'était la conquête
19:23du pouvoir clérical.
19:24La conquête du pouvoir clérical
19:26dans une société,
19:27c'est la conquête
19:27du pouvoir médiatique
19:28et c'est la conquête
19:29du pouvoir universitaire
19:31en quelque sorte,
19:32là où se forment
19:32les concepts
19:33qui demain gouverneront
19:34la société.
19:35Parce qu'on a tendance
19:36à l'oublier,
19:37on voit l'université
19:37comme une connexion
19:38aujourd'hui de bouffons
19:39très souvent,
19:39mais dans l'effet,
19:41à l'université,
19:41qu'est-ce qu'on voit,
19:42c'est là que se forgent
19:43les concepts qui,
19:44un, vont féconder
19:45l'univers social,
19:46l'imaginaire mental,
19:48et deuxièmement,
19:48les concepts à partir
19:49desquels fonctionne l'État.
19:51Je vais vous donner
19:51des exemples.
19:52Quand on parle
19:52d'identité de genre
19:53aujourd'hui,
19:54de blanchité,
19:54de racisme systémique,
19:56quand on voit
19:56l'extension infinie
19:57du concept
19:58d'extrême droite,
19:59mais qu'est-ce qu'on voit?
20:00Ça provient de l'université
20:01qui a produit
20:02cette espèce
20:03de nouvelle imaginaire
20:04qui s'impose à tous,
20:06notamment à ce qu'on
20:07appelle la droite.
20:08L'université ne produit
20:09non plus du savoir
20:10aujourd'hui,
20:11mais de l'idéologie
20:12et fait passer
20:13cette idéologie
20:13pour un savoir.
20:15Elle produit
20:15les diplômes ensuite
20:17qui viennent certifier
20:18ce savoir
20:19dans l'espace public.
20:20Ce sont des savoirs
20:22artificiels
20:22qui sont idéologisés,
20:24qui sont ensuite
20:25médiatisés,
20:26ce qui fait que
20:26toute cette semaine,
20:27vous l'avez peut-être remarqué,
20:28tous les experts
20:28qu'on avait sur les plateaux
20:29télé pour nous parler
20:30de ce qu'est l'extrême droite
20:31et puis l'extrême gauche
20:32et puis ainsi de suite,
20:33ce sont tous des militants
20:34de gauche radicales
20:35qui sont maquillés
20:36en experts
20:37avec le titre universitaire.
20:38Ce qui fait qu'on évolue
20:39aujourd'hui dans un univers
20:41parallèle,
20:41en quelque sorte,
20:42un univers mental parallèle
20:43où on a une gauche
20:45qui est cléricale,
20:46qui est hégémonique
20:47sur le plan culturel,
20:48médiatique,
20:49même si elle est minoritaire
20:50dans le pays,
20:50mais le véritable pouvoir
20:51aujourd'hui est moins politique
20:52que médiatique
20:54et clérical.
20:56Mais la droite
20:57n'a-t-elle pas cherché
20:57à contester ce monopole?
20:59Oui, ça fait longtemps
21:00qu'elle le cherche,
21:01mais elle n'y parvient pas
21:01pour une raison simple.
21:02C'est qu'elle a l'impression
21:03que ça se bat argument
21:04contre argument.
21:05Pensez-vous vraiment
21:05que vous vous débattez
21:06avec un homme de gauche radicale,
21:07vous vous débattez avec lui,
21:08vous avez un argument
21:08et elle est dit,
21:09vous avez raison,
21:10finalement,
21:10j'ai changé d'idée.
21:11Non,
21:11parce que la théorie,
21:13en fait,
21:14le travail stratégique à gauche
21:15depuis 30, 40, 50 ans,
21:17ça consiste à toujours expliquer
21:18qu'on ne doit pas débattre
21:19avec la droite
21:19qui ne serait que l'extrême droite
21:21et on ne débat pas
21:21avec l'extrême droite,
21:22on la combat,
21:22c'est leur système mental.
21:24Donc,
21:25si ce qu'on appelle
21:25la droite
21:26veut intellectuellement peser,
21:28c'est davantage
21:29en créant d'autres institutions.
21:31C'est ce qui s'est passé
21:31aux États-Unis
21:32avec les think tanks.
21:32Les think tanks,
21:34c'était des institutions
21:35qui produisaient
21:36un savoir
21:36qui ne dépendait plus
21:38de la certification
21:39idéologique universitaire.
21:40Ce sont des médias distincts
21:42qui ont la capacité
21:43de raconter le réel
21:44tel qu'on le voit
21:44et non pas tel
21:45qu'il est filtré
21:46par l'idéologie.
21:47C'est la capacité,
21:47autrement dit,
21:48de produire un récit du monde,
21:50une connaissance du monde,
21:51des faits du monde,
21:51une véritable science,
21:53un véritable travail médiatique,
21:54un véritable travail intellectuel.
21:56On comprend,
21:56cela dit,
21:57que ça ne va pas de soi
21:58aujourd'hui
21:58parce que quand on cherche
21:59à faire cela,
22:00le régime cherche
22:01à mater les dissidents
22:03encore une fois.
22:04Arthur Devatrigan,
22:05quel regard vous portez
22:06sur cette situation
22:07à l'université
22:08qui est là aussi
22:09sous-traitée
22:10dans les médias
22:11et qui peut avoir
22:12des conséquences
22:12extrêmement graves ?
22:14Ce drame,
22:15la semaine dernière,
22:17intervient en marge
22:18d'une réunion politique
22:19de Rima Hassan
22:20à Sciences Po Lyon.
22:21Il n'y a que des gens
22:22de gauche qui viennent.
22:23Mais ce n'est pas nouveau,
22:24Mathieu l'a rappelé,
22:25on peut parler
22:25de l'infâme Bouddarelle,
22:26vous savez,
22:27qui avait été commissaire politique
22:28au camp 113,
22:29le camp au Vietnam,
22:31camp militaire vietmine
22:32où durant sa présence
22:33sur 320 prisonniers français,
22:34il y en a 278 qui sont morts.
22:36Et qu'est-ce qu'il a fait
22:37à son retour en France
22:38en passant par l'URSS ?
22:40Il est devenu maître
22:40de conférence à Paris 7
22:42et puis où il enseignait
22:43le Vietnam
22:43et après il a même obtenu
22:44un poste de chercheur
22:45au CNRS.
22:45Des exemples comme ça,
22:46il y en a plein.
22:47La différence,
22:47c'est qu'aujourd'hui,
22:48on est encore monté
22:49d'un niveau dans l'intelligence.
22:50Je pourrais vous parler,
22:51par exemple,
22:51de personnalités aussi brillantes
22:53que Madame Rachel Borghi,
22:54alors je prononce
22:55peut-être mal son nom,
22:55mais qui est maître de conférences
22:57en géographie à Paris 4,
22:58la Sorbonne,
22:59et qui parle,
23:00je ne plaisante pas,
23:01de géographie de l'anus,
23:02par exemple,
23:02et qui donne des conférences
23:04toutes nues dans les amphis.
23:06Donc on a un niveau,
23:07si vous voulez,
23:07de gauche qui a toujours été,
23:09mais un niveau
23:10où la science et la vérité
23:12n'est plus sujet
23:12de l'université aujourd'hui.
23:14Sans parler de la conférence
23:16des présidents de l'université,
23:18ce qu'on appelle
23:19France Université,
23:20qui se sont tous ralliés
23:21devant la patronne
23:22de Lyon 2
23:23qui avait lâché,
23:24rappelez-vous,
23:25Fabrice Balanche,
23:26l'universitaire
23:27qui s'était fait dégager
23:28de son cours,
23:28probablement par des antifas,
23:30et elle avait dit,
23:31à propos de cette universitaire,
23:32il a dit des paroles affligeantes
23:34qu'on plotisse et délétère
23:35pour l'université.
23:36Et tout le monde
23:36s'est rallié derrière elle.
23:37On revient dans un instant,
23:38messieurs,
23:39on sera avec Jean-Marc Bellière,
23:42historien,
23:42il a écrit
23:43« Dictionnaire historique
23:44de la police »
23:45et ce sera votre invité,
23:46Mathieu,
23:47Arthur,
23:47dans un instant
23:48sur CNews.
23:49Restez avec nous.
23:5219h30 sur CNews,
23:54la suite de face
23:55à Mathieu Bocoté,
23:56toujours avec Mathieu,
23:57bien sûr,
23:57et Arthur Devatrigan,
23:58nous a rejoints
23:59sur le plateau
23:59Jean-Marc Bellière,
24:01historien,
24:01auteur de « Dictionnaire
24:02historique de la police ».
24:04Merci de nous faire l'honneur
24:06d'être sur ce plateau,
24:07Jean-Marc Bellière.
24:08Pourquoi avoir invité
24:09Mathieu Bellière
24:10ce soir,
24:11Mathieu Bocoté ?
24:11J'ai cru comprendre
24:12que la police
24:12était au cœur
24:13de l'actualité
24:14ces derniers temps,
24:15notamment la haine
24:16de la police
24:17et Jean-Marc Bellière
24:18signe donc
24:18le dictionnaire
24:19passionnant,
24:19« Dictionnaire historique
24:20de la police »
24:21et la première entrée
24:22du dictionnaire
24:24à la lettre A,
24:25« A cab,
24:25all cops are bastards,
24:27tous les policiers
24:28sont des bâtards
24:29ou des salauds ».
24:29Jean-Marc Bellière,
24:30bonsoir.
24:31Bonsoir.
24:31Alors,
24:32la première entrée
24:33du dictionnaire
24:34nous conduit immédiatement
24:35à cette actualité
24:36que vous allez éclairer
24:38pour nous.
24:39« All cops are bastards »,
24:40d'où vient en France
24:41la haine anti-flic ?
24:43Je devine qu'elle n'est pas
24:43si récente,
24:44mais puisque vous commencez
24:45avec cette référence américaine,
24:46expliquez-nous.
24:47Elle est très ancienne,
24:48en réalité,
24:49personne n'aime les gens
24:50qui vous obligent
24:51à marcher dans les clous
24:52et encore moins
24:54quand on imagine
24:55que cette institution
24:56qui est entourée
24:57de fantasmes à la police,
24:59il faut quand même imaginer
24:59que les deux ombres
25:00portées sur la police
25:01au début du XIXe siècle,
25:04c'est « vidoc »,
25:05donc ça veut dire
25:08un truand,
25:10un voleur
25:10qui devient chef de la police.
25:12Vous imaginez un peu
25:13ce renversement
25:14et tout ce que ça va
25:15entraîner par la suite.
25:16Et l'autre personnage,
25:18c'est Fouché,
25:19celui qui,
25:20plein d'intelligence,
25:21dit que la force
25:21de la police,
25:22c'est qu'on ignore
25:23ses faiblesses
25:24et qu'il prétend
25:24être toujours
25:25au milieu de tout.
25:27Alors,
25:27il y a une image
25:28fantasmatique de la police
25:30qui s'est traduite,
25:31évidemment,
25:32par la haine
25:33des policiers,
25:35notamment au XIXe siècle
25:37où se succèdent
25:37un certain nombre
25:38de régimes autoritaires
25:41pour rester polis.
25:42Et donc,
25:44on a des...
25:45Les policiers
25:47qu'on appelle à l'époque
25:48des sergents de ville
25:49sont la cible
25:50d'un certain nombre.
25:51Alors,
25:52deux textes,
25:53deux romans,
25:53pensez à Javert,
25:54le personnage
25:56de Victor Hugo
25:57dans « Les Misérables ».
25:58Mais également,
26:00on a oublié,
26:01mai 68,
26:03mai 1893,
26:06excusez-moi
26:06de vous renvoyer loin,
26:08il y a une révolte
26:10du pays latin,
26:11comme on l'appelle,
26:11du quartier latin,
26:12des étudiants,
26:13et ils assiègent
26:15la caserne de la cité,
26:16c'est-à-dire
26:16la préfecture de la police.
26:18Et leur mot d'ordre,
26:20c'est étonnant quand même,
26:22les sergots à la lanterne,
26:24c'est-à-dire les sergents de ville,
26:25on les pendra.
26:26Alors,
26:27pourtant,
26:28« Acab »,
26:28c'est autre chose.
26:29C'est une référence américaine,
26:31« All cops are bastards »,
26:32donc c'est une expression
26:34de la haine anti-flic
26:35un peu nouvelle
26:36qui est au cœur,
26:37soit dit en passant,
26:37du discours antifa
26:38dont on parle beaucoup
26:39ces jours-ci.
26:40Donc,
26:40quel est le propre
26:41de la haine anti-flic
26:42version « Acab »,
26:43version antifa,
26:45telle qu'on la voit aujourd'hui ?
26:47C'est complètement
26:48de lier le rôle
26:50de la police,
26:51si vous voulez,
26:51à un rôle politique
26:52et à un rôle social.
26:54La police,
26:55c'est bien connu,
26:56c'est formé de fascistes,
26:58bien sûr,
26:59qui luttent
27:00contre les revendications
27:01justes
27:02de la classe ouvrière
27:03ou d'autres partis.
27:05et c'est intéressant
27:09d'ailleurs,
27:10je ne veux pas justifier
27:12« All cops are bastards »,
27:14excusez mon accent,
27:15mais aux États-Unis,
27:18la police quand même,
27:19qui sont des polices municipales,
27:21tue un millier de personnes
27:22par an,
27:23par arme à feu.
27:25On est très, très loin
27:26de la situation française.
27:29Il y a une espèce de copie,
27:31si vous voulez,
27:32mais il n'y a pas
27:33que les États-Unis
27:34qui détestent
27:34les Américains
27:35qui détestent
27:36les cops,
27:37les flics,
27:38la même chose,
27:39un peu moins
27:40en Allemagne
27:41ou dans d'autres pays.
27:43La police
27:44paraît
27:45l'ordre
27:46et l'ordre,
27:47évidemment,
27:47il est toujours contraignant.
27:49Mais il y a une dimension
27:50supplémentaire peut-être
27:51aujourd'hui,
27:51quand on entend parler,
27:52par exemple,
27:52du racisme structurel
27:54de la police,
27:55du racisme systémique
27:56des forces policières,
27:58du profilage racial
28:00que pratiqueraient
28:02les policiers
28:02ou quand on entend
28:03l'idée que la police
28:04serait aujourd'hui
28:05la gardienne
28:06de l'ordre néocolonial
28:07en France.
28:08Ça nous dit
28:08quelque chose de plus,
28:09non ?
28:10Ça dit quelque chose
28:11de plus,
28:11mais tout aussi faux.
28:14J'ai passé 40 ans
28:15de ma vie
28:16à expliquer
28:17à des gens
28:17qui étaient
28:19un peu sceptiques
28:20que la police,
28:22ce n'est pas
28:23une société
28:24qui vient d'ailleurs.
28:25Les policiers,
28:26ils ne viennent pas
28:26de la planète Mars.
28:27Ce sont des gens
28:29comme vous et moi,
28:30c'est votre beau-frère,
28:31c'est le cousin,
28:32c'est le fils
28:33de la concierge,
28:33etc.
28:34Et ces gens,
28:37l'importance,
28:38si vous voulez,
28:39c'est évidemment
28:40leur attitude
28:41et leur recrutement.
28:43Un policier
28:44qui a commencé
28:45comme policier auxiliaire
28:46à la gare Saint-Lazare
28:47qui s'appelait
28:48Célestin Aignan,
28:49tout le monde
28:49a oublié son nom,
28:51il est devenu
28:51préfet de police
28:52et entre-temps
28:53d'ailleurs directeur
28:54de la sûreté,
28:55disait toujours,
28:56on est avant 1914,
28:58il inaugure une école pratique
28:59de la police
29:00et il dit
29:01l'intérêt bien compris
29:02d'une démocratie
29:03c'est d'élever la police
29:04et non de l'abaisser.
29:06Et quand vous avez
29:08150 000 policiers
29:09pour arrondir aujourd'hui,
29:11ils sont recrutés
29:12dans les couches sociales
29:14quand même
29:14les souvent bases
29:15de la société,
29:16dans ces banlieues
29:17auxquelles ils s'affrontent
29:19et ils apportent
29:22avec eux
29:22un certain nombre
29:23de choses
29:25et ils ont des attitudes
29:28que même
29:29une formation poussée,
29:31moi j'ai donné des cours
29:32pendant plus de 20 ans
29:33dans des écoles de police,
29:34on les prévenait,
29:36on leur montrait
29:37les dérives
29:39qui pouvaient se produire
29:41notamment sous l'occupation,
29:42ils n'étaient pas apparemment
29:43très convaincus
29:44mais en fait
29:45ils sont ce qu'ils sont.
29:47Quand vous êtes dans une société
29:49et un métier
29:50où vous êtes sans cesse
29:51insulté,
29:52il faut quand même
29:53se souvenir de ce genre
29:54de choses,
29:55montré du doigt
29:56ou autre,
29:58il est sûr
29:59que ce métier
29:59n'attire pas
30:01forcément les meilleurs
30:02et dans les gens
30:04qui sont policiers,
30:06il y a forcément
30:07des dérapages.
30:10Alors là,
30:11comme on est sur
30:11une actualité
30:13de groupouscule,
30:14de mouvements politiques
30:16comme on dit,
30:17ceux qui sont en charge
30:18de ça,
30:18ce sont les RG.
30:19Vous,
30:19vous avez beaucoup
30:19travaillé sur les RG
30:20alors qu'ils ne sont plus
30:21les RG maintenant,
30:22ça a changé,
30:23c'est depuis 2008
30:24mais alors comment,
30:25c'est-à-dire
30:26de quand date
30:27la création des RG,
30:28quel était le rôle
30:29et comment était
30:29l'évolution
30:30de ces surveillances
30:31de groupouscules
30:31ultra-violents ?
30:32Excellente question,
30:33donc la police
30:34a toujours eu
30:35un rôle politique,
30:36elle a toujours
30:37protégé les gens
30:38au pouvoir
30:39au 19ème siècle,
30:40c'était des souverains,
30:42des empereurs,
30:42des rois,
30:43etc.
30:43et la question s'est posée,
30:45est-ce qu'on doit
30:46sous une,
30:47dans une démocratie,
30:49démocratie parlementaire,
30:50la Troisième République,
30:51continuer
30:52à avoir
30:53des services politiques
30:54dont le rôle
30:55était de surveiller
30:56l'opposition,
30:56etc.
30:57alors qu'on est dans
30:58un régime,
30:59liberté de la presse,
31:00liberté d'expression,
31:01etc.
31:01elle ne sert à rien.
31:02En réalité,
31:03il y a eu un débat
31:04très dur
31:04à la fin du 19ème siècle,
31:06une période
31:07qui correspond
31:08à l'affaire Dreyfus,
31:09pour faire simple,
31:10et un certain nombre
31:12de gens,
31:12même de gauche,
31:14ont considéré
31:15que la République,
31:17une démocratie,
31:18était le plus fragile
31:19des régimes
31:20et donc qu'elle ne pouvait
31:21pas se passer
31:22de services politiques.
31:24Mais,
31:25et je reviens
31:25à Célestin Aignan,
31:27il a l'idée
31:28de dire
31:28que cette police politique,
31:30c'est fini
31:30les provocations,
31:32les brigades
31:33du commissaire Lagrange
31:34comme sous
31:34le Second Empire,
31:36et c'est une police
31:37d'observation.
31:38elle est là
31:39pour donner
31:40aux gens
31:41au pouvoir,
31:42au gouvernement,
31:43quelle que soit
31:44leur tendance,
31:45ils ont servi
31:45les gouvernements
31:46de gauche
31:46et les gouvernements
31:47de droite,
31:48un certain nombre
31:49d'éléments
31:49qui leur permettront
31:50de gouverner.
31:52Et c'est à ce moment-là,
31:54Célestin Aignan
31:54invente l'expression
31:56renseignement général.
31:58C'est une police
31:58de renseignement général.
32:00Curiosité,
32:01les gens imaginent
32:02mal les choses,
32:03les flics,
32:05excusez-moi,
32:06des RG
32:06ne sont pas armés,
32:07ne sont pas
32:09officiers
32:10de police judiciaire,
32:11ne peuvent pas
32:12intervenir,
32:14opérer des perquisitions,
32:15des arrestations.
32:17Tout va changer,
32:18comme vous le disiez,
32:19en 2008,
32:20avec la création
32:21de la DGSI,
32:22qui regroupe
32:23à la fois
32:24les anciens
32:25renseignements généraux
32:26et la DST.
32:27Et à partir
32:28de ce moment-là,
32:29il y a une grosse
32:29différence opérationnelle.
32:31désormais,
32:32les policiers
32:32des renseignements généraux,
32:34qui ne portent plus ce titre,
32:36sauf à la préfecture
32:37de police,
32:38bien sûr,
32:39peuvent intervenir
32:40sur le plan opérationnel,
32:42ce qui n'était pas le cas
32:43avant.
32:44Ils peuvent procéder,
32:45ils observent toujours,
32:46ils écoutent beaucoup,
32:47ils étudient les réseaux sociaux,
32:49comme avant la guerre,
32:50ils étudiaient les journaux militants,
32:53les tracts,
32:54les réunions,
32:55les meetings.
32:56Ils continuent ce travail,
32:57mais en plus,
32:58ils ont un aspect répressif
33:01qu'ils n'avaient pas avant.
33:02Alors,
33:03vous connaissez la formule
33:04de Weber,
33:04qui dit de l'État,
33:05ce qui est le monopole
33:06de la violence légitime.
33:08Quand on regarde
33:09des événements
33:09comme aujourd'hui,
33:10on parle par exemple
33:11d'une milice
33:11qui était la jeune garde,
33:13des milices d'ultra-gauche,
33:16le phénomène des milices
33:16n'est pas si nouveau que ça.
33:17En France,
33:18dans les années 30,
33:18certains partis
33:19avaient des milices
33:20ou dans la deuxième moitié
33:22du XXe siècle,
33:22certains des partis
33:23avaient des services d'ordre
33:24qui étaient quelquefois
33:25presque miliciens
33:26et qui réclamaient
33:27quelquefois le droit
33:27à la violence.
33:29Est-ce que finalement,
33:29comment l'État français
33:31a-t-il historiquement réagi
33:32devant ces tentatives
33:33quelquefois
33:33de privatiser
33:34la violence légitime
33:35de ces milices
33:36qui ont cherché
33:37quelquefois
33:37à contester son pouvoir ?
33:38C'est bien que vous rappeliez
33:40quand même cette période
33:41que les gens oubliaient
33:42parce qu'elle a presque
33:43100 ans des années 30.
33:45On a un poète national
33:46qui s'appelle Louis Aragon
33:49qui chante le Gué-Pé-O.
33:51C'est un Gué-Pé-O
33:52qu'il nous faut.
33:53Il a des...
33:54Il était la police politique
33:55en Union soviétique.
33:56Absolument.
33:56L'ancêtre du KGB
33:58quand on imaginait
33:59quelqu'un qui dirait
34:01il nous faut une Gestapo.
34:03C'est une Gestapo
34:04qu'il nous faut, etc.
34:05Et les affrontements...
34:07Et pourtant,
34:07si je peux me permettre,
34:08la mémoire d'Aragon
34:08demeure une mémoire.
34:09Aujourd'hui,
34:10on voit d'abord le poète
34:11plutôt que ses affreux
34:12une telle déclaration.
34:13On oublie son ode
34:14aux camarades d'Italine
34:15alors que de l'autre côté
34:16du spectre politique,
34:17quelqu'un faire
34:17un dérapage semblable,
34:19on n'oublierait pas.
34:21Vous avez raison,
34:22mais moi,
34:22je reste toujours frappé
34:23par ses poèmes
34:25parce que ce sont
34:25des poèmes
34:26dans lesquels
34:27Aragon dit
34:28« Tuez les flics, camarades ! »
34:30« Tuez les flics, camarades ! »
34:31Les innombrables,
34:33c'est une centaine,
34:34deux cents,
34:36publications locales
34:37du Parti communiste
34:38des années 30
34:39appellent ouvertement
34:40à crever les flics.
34:42Et il y a entre l'extrême-gauche
34:46et l'équivalent de la Jeune Garde,
34:48les fronts rouges, etc.,
34:50et les milices du côté extrême-droite
34:54des affrontements d'une violence
34:56dont on n'a plus idée aujourd'hui
34:57et des affrontements
34:59qui peuvent parfois donner lieu
35:00à des événements.
35:06Excusez-moi de revenir
35:07toujours en arrière,
35:07mais le 6 février 1934,
35:10vous avez quand même
35:11des hordes hurlantes
35:13sur la place de la Concorde,
35:15il n'y a pas que des gens de droite,
35:16d'ailleurs, parmi eux,
35:17dont le but est
35:19d'investir le Parlement
35:20et de renverser
35:21la République parlementaire
35:23dans laquelle
35:23ils n'ont aucune confiance,
35:25dans laquelle ils voient
35:25des ennemis.
35:2817 morts
35:29le 6 février 1934,
35:32autant pratiquement
35:32dans les jours qui suivent
35:34où il y a des contre-manifestations
35:35communistes,
35:36le lien entre l'extrême-gauche
35:38et l'extrême-droite
35:39à l'époque,
35:40c'est la haine des flics.
35:42On revient à ce...
35:43Alors, en matière
35:44d'haine des flics,
35:45en faisant la sorte
35:4530 ans plus tard,
35:46un slogan est passé
35:47à l'histoire
35:48en matière de diabolisation
35:49du flic au sens large,
35:51CRS égale SS.
35:53On l'entend encore aujourd'hui
35:54de temps en temps,
35:55ça n'a pas seulement
35:56marqué la mémoire,
35:58c'est encore
35:58de temps en temps utilisé.
36:01Comment comprenez-vous
36:02l'apparition de ce slogan
36:03CRS égale SS ?
36:04L'État est inévitablement nazi ?
36:07On a l'impression,
36:08c'est né,
36:10enfin c'est pas né,
36:11pardon,
36:11c'est été repris
36:12pendant les journées
36:12de mai 68,
36:13où il y a des affrontements
36:15sévères
36:16entre les manifestants
36:18et une police
36:19qui est largement débordée,
36:20qui n'est pas équipée
36:21pour faire face
36:22à ce genre de choses.
36:24Mais les gens ignorent
36:25que ce slogan
36:27est né
36:28dans les grèves
36:30insurrectionnels
36:30comme on les appelle
36:31de 1947-48.
36:34Et parce qu'on avait trouvé
36:36sur un certain nombre
36:37de membres
36:39de ces compagnies républicaines
36:41de sécurité,
36:42eh bien,
36:43il y avait des malgrénaux
36:44par exemple,
36:44c'est-à-dire des Alsaciens
36:45qui avaient été embauchés
36:46dans la Wehrmacht
36:47et qui avaient encore
36:48leur papier d'identité allemand.
36:50Et à ce moment-là,
36:51on les a plongés
36:51dans le goudron,
36:52on les a couverts
36:53de plumes
36:53et on a assimilé
36:55les CRS
36:56qui devaient être
36:57la police du peuple.
36:58Il y avait des communistes
37:00parmi eux.
37:01C'est un moyen
37:01de garder les armes
37:02pour les communistes.
37:03On a considéré
37:05que c'était la police
37:06effectivement politique
37:07d'un régime
37:08qu'on haïssait.
37:10Parce que le point commun
37:11quand même
37:11entre cette époque
37:12et aujourd'hui,
37:13c'est ce mépris
37:14du parlementarisme,
37:16c'est ce mépris
37:17d'un pouvoir politique
37:18dont la faiblesse,
37:20j'allais dire,
37:21est quand même récurrente.
37:22Arthur Le Vatrigan.
37:23On a parlé
37:24de la haine des flics,
37:25mais je ne sais pas
37:26justement si c'est une nouveauté
37:27ou pas,
37:27vous allez nous le dire,
37:28mais il y a un rapport
37:29très compliqué
37:29entre les gouvernants
37:30et la police.
37:31On l'a vu ces dernières années,
37:32beaucoup d'hommes politiques
37:34et en premier lieu,
37:34les présidents,
37:36avant même que les enquêtes
37:37arrivent au bout,
37:39prenaient position
37:39contre la police.
37:41On l'a vu avec Naël,
37:41mais on l'a vu
37:42avec d'autres affaires avant.
37:43Quel est ce lien
37:43dans l'histoire
37:44entre la police
37:45et l'État,
37:46la police et les gouvernements ?
37:47Est-ce que ça a toujours
37:47été des liens compliqués ?
37:48Est-ce que l'État
37:48a toujours pris parti
37:49contre la police
37:50ou c'est quelque chose
37:51de raison ?
37:52Ah non,
37:52c'était l'inverse.
37:54Souvenez-vous
37:54qu'il y a un certain nombre
37:55d'anciens présidents
37:57de la République,
37:58Jacques Chirac,
37:59M. Sarkozy
38:00et quelques autres
38:02ont été
38:03ministres de l'Intérieur,
38:05c'est-à-dire
38:05premiers flics de France.
38:07Citation qu'on impute
38:09à Clémenceau,
38:09mais c'est une erreur,
38:10peu importe.
38:11Et donc,
38:13la police était
38:14une arme normale
38:16et légitime,
38:17j'allais dire,
38:18pour les gouvernants.
38:20C'était le rempart
38:21du pouvoir,
38:22quelque part.
38:23On l'a vu
38:23le 6 février 1934.
38:25Le populaire,
38:26le journal socialiste
38:27de Léon Blum
38:28est très géné.
38:29Ce sont les flics
38:30qui ont sauvé
38:30la République
38:31en place de la Concorde.
38:32Alors,
38:33d'habitude,
38:34ils les agonissent
38:35d'assultes
38:36et là,
38:36d'un seul coup,
38:37ils ont sauvé
38:38la République.
38:38Alors,
38:39on se moque
38:40des manifestants
38:41qui font des caricatures
38:43de barricades,
38:44mais on est bien
38:45obligés de reconnaître
38:46que finalement,
38:47ces flics,
38:48ils étaient plutôt du bon.
38:49ils défendent le pouvoir,
38:51ils défendent la légitimité
38:52à les policiers.
38:53Ils sont élevés comme ça.
38:55Alors,
38:55vous dites
38:56qu'ils défendent le pouvoir.
38:57Je me permets
38:57de faire une comparaison
38:58avec l'Allemagne
38:59pour un instant.
38:59Vous allez voir le lien.
39:01Aujourd'hui,
39:02par exemple,
39:02on sait que le parti
39:03qui s'appelle l'AFD
39:04a été par l'Office
39:06de protection
39:06de la Constitution
39:07classé extrême droite.
39:08Pour cela,
39:09ça donne le droit
39:09de l'infiltrer,
39:11donc d'envoyer
39:11des agents infiltrateurs
39:12qui peuvent être aussi
39:13quelquefois
39:13des agents provocateurs
39:14pour gérer ce parti
39:17de l'intérieur.
39:17Est-ce qu'on a des phénomènes
39:18équivalents en France
39:20où quelquefois
39:20le pouvoir utilise la police
39:22pour infiltrer
39:23telle ou telle organisation
39:24politique généralement
39:25jugée légitime ?
39:26Est-ce que le pouvoir
39:27a quelquefois abusé
39:28de la police
39:29pour mater les opposants ?
39:30Bien sûr,
39:31ça revient à la question
39:32que vous posiez tout à l'heure.
39:34Les RG,
39:36donc pas officiers
39:37de police judiciaire,
39:38ne peuvent pas intervenir
39:39dans certaines affaires,
39:41etc.,
39:41mais en réalité,
39:42ont toujours pratiqué
39:44l'infiltration.
39:46Ils lisent les journaux
39:47comme aujourd'hui,
39:48ils scrutent terriblement
39:50les réseaux sociaux.
39:51C'est important,
39:52le renseignement pour tout,
39:53pour les manifestations,
39:54pour savoir qui est qui.
39:56mais en réalité,
39:58il y a des tas de choses
39:59qui ne paraissent pas
40:00dans cette presse militante
40:01ou sur les réseaux sociaux
40:03et le seul moyen
40:04d'être au courant,
40:05c'est d'infiltrer.
40:06Donc,
40:06vous connaissez peut-être
40:07cette chanson
40:08de la Belle Époque,
40:10le Grand Métang
40:11du Métropolitain
40:12où il y a
40:13quelques municipaux
40:15qui schlinguent,
40:16c'est-à-dire des flics
40:17qui sont introduits
40:18dans l'Assemblée
40:20et qui prennent des notes,
40:22qui essayent de mémoriser
40:23ce qui s'est dit
40:24et il y a toujours eu
40:26et il y a eu
40:27des situations
40:29relativement...
40:30Alors,
40:30le problème,
40:31je suis historien,
40:32j'ai accès aux archives
40:33après quelques dizaines d'années
40:35donc il m'est difficile
40:37de démontrer
40:38qu'il s'est passé
40:40telle ou telle chose.
40:41On a des soupçons,
40:42on a beaucoup d'écritures.
40:44Maintenant,
40:44les gens disent
40:46oui,
40:46mais je pense
40:49à des affaires
40:49comme celle
40:50du pasteur Doucet,
40:52comme celle
40:52de l'infiltration
40:53des groupes
40:55homosexuels
40:55ou autres,
40:56par des policiers,
40:57bien sûr.
40:58Un policier,
40:58c'est un homme
40:59comme un autre
41:00et il peut être
41:01parfaitement gagné,
41:02comme vous l'avez expliqué,
41:03par le vertige
41:05de jouer un rôle
41:07dans la politique.
41:09Et à l'échelle...
41:09Alors,
41:10on aime dire,
41:10c'est un slogan
41:11qui revient souvent aujourd'hui,
41:12peut-être,
41:12est-il vrai que
41:13les Français
41:14aiment leur police,
41:16leur service policier,
41:17ils sont attachés
41:17aux forces de l'ordre.
41:18Est-ce qu'historiquement,
41:19c'est vrai ?
41:20Est-ce qu'aujourd'hui,
41:20vous pensez qu'à l'échelle
41:21de l'histoire,
41:22les Français sont attachés
41:23à leur force de l'ordre
41:24ou est-ce comme défiance
41:25chez le commun et mortel
41:26à l'endroit
41:28du porteur d'uniforme ?
41:29Les derniers sondages
41:30disent que plus de 70%
41:32font confiance à la police,
41:33ce qui n'est pas le cas
41:34de la justice,
41:35ce qui n'est pas le cas
41:36d'un certain nombre
41:37d'institutions.
41:38Donc,
41:38confiance en la police,
41:39mais pas confiance
41:40envers la justice.
41:40Oui,
41:41absolument.
41:43Préfet Lépine disait déjà
41:44les policiers arrêtent,
41:46protègent la société,
41:48défendent la liberté
41:49contre ses propres excès,
41:51mais les juges libèrent.
41:53On est là dans un face-à-face
41:55qui est plus que centenaire
41:57et vous avez raison.
42:00Je crois que,
42:02difficile à dire,
42:03moi je ne travaille pas
42:04sur les sondages et autres,
42:05mais que les Français
42:06ont une majorité d'entre eux,
42:08compris que la police,
42:09elle était au service
42:10de la liberté
42:11et de leur protection.
42:12Il n'y a pas de liberté
42:14s'il n'y a pas de sécurité.
42:16Et quand on voit
42:17les dérives actuelles
42:18d'un certain nombre
42:19d'événements,
42:21de groupes et d'actions,
42:23on peut se dire
42:24qu'effectivement,
42:25le français moyen,
42:27la France profonde,
42:29apprécie plutôt
42:29le rôle de la police
42:30dont elle imagine
42:32qu'il est positif.
42:34Il nous reste une minute.
42:35Dernière question.
42:36Dans les temps présents
42:37aujourd'hui,
42:37la police,
42:38est-ce que c'est
42:38une question fragilisée
42:39aujourd'hui ?
42:40Parce qu'elle est condamnée,
42:41elle est critiquée
42:42par plusieurs ?
42:43Est-ce que la police,
42:43au sens large,
42:44plus que jamais,
42:45est une question fragilisée ?
42:46Ou est-ce peut-être
42:47aujourd'hui
42:47le dernier rempart
42:48de la sécurité ?
42:49Dans une société
42:49où les mœurs s'affaissent,
42:51où la confiance
42:51des uns et des autres
42:52s'effondre,
42:52est-ce que la police
42:53devient aujourd'hui
42:53la dernière gardienne
42:54des libertés
42:54et de la sécurité ?
42:55Il y a deux questions ?
42:56La première,
42:57oui,
42:57les policiers
42:59se sentent mis en cause,
43:01mais bizarrement,
43:03ça les stimule,
43:04j'allais dire,
43:05ça leur donne
43:05une certaine solidarité
43:07d'être détestés
43:09de façon unanime
43:10et à tort,
43:11pensent-ils,
43:12à juste raison,
43:13parce que c'est un métier dangereux,
43:14ils risquent leur vie,
43:15etc.
43:17Et pour le reste,
43:20oui,
43:20je pense quelque part,
43:21c'est un des remparts
43:23de la société,
43:24c'est peut-être pas le seul,
43:25mais ça serait inquiétant
43:26que ce soit le seul.
43:28Merci Jean-Marc Berlier,
43:30historien,
43:31écrivain du dictionnaire
43:33historique de la police,
43:34d'être venu sur le plateau
43:34face à Mathieu Bocoté
43:36de CNews.
43:37Nous,
43:37on se retrouve dans un instant
43:38pour l'heure des pros.
43:39Mathieu,
43:40Arthur,
43:41excellente soirée
43:42et restez avec nous,
43:43bien sûr,
43:43sur CNews.
43:44A tout de suite.
43:45Merci.
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