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- #faceabockcote
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote
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00:02Générique
00:11Bonsoir à tous, bienvenue dans Face à Boc, côté au sommaire de votre émission.
00:16Deux invités aujourd'hui, deux auteurs.
00:19D'abord, nous ferons le bilan de la présidence d'Emmanuel Macron,
00:23vu par Marc Eno, un président qui a été réélu en 2022,
00:27qui voit sa cote de popularité descendre en flèche depuis des mois.
00:31Alors, comment peut-on expliquer cette impopularité ?
00:34Quelle est l'ampleur des dégâts, comme le dit justement le titre de votre ouvrage ?
00:38Un bilan qui est vu sous deux angles.
00:39Les ressorts humains qui ont pu fatiguer un peu les Français
00:42et les résultats ou l'absence de résultats de cette politique.
00:46Et puis, nous recevrons également Nicolas Pouvromonti,
00:49le directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
00:53Il publie un ouvrage justement factuel sur les données réelles de l'immigration
00:57à travers des chiffres, des exemples.
00:59On découvre justement la réalité de ce phénomène.
01:02Les flux, évidemment, leur impact sur la vie quotidienne des Français,
01:06sur l'emploi, sur la sécurité.
01:07Avec en ligne de mire deux questions.
01:09Jusqu'où l'immigration peut aller ?
01:11Et surtout, combien de temps les Français vont accepter ?
01:14Voilà pour le sommaire.
01:15Bonsoir Mathieu Bocoté.
01:16Bonsoir.
01:17Bonsoir Arthur de Vatrigan.
01:19Bonsoir.
01:19Je le disais Mathieu, on commence donc avec Marc Eno.
01:21Marc Eno qui cite ce qui signe l'ampleur des dégâts.
01:25C'est le bilan d'une présidence parce que le macronisme, on l'oublie,
01:28fut d'abord pour plusieurs une promesse.
01:30Et une promesse à laquelle plusieurs ont adhéré.
01:33Je pense qu'ils y investissaient différentes aspirations.
01:36Quelquefois contradictoires.
01:37Mais il fut un temps où une bonne partie des Français étaient macronistes.
01:42Plus encore, des gens qui le conspuent aujourd'hui l'ont un jour aimé.
01:45Que s'est-il passé ?
01:47Nous passons finalement, nous arrivons au moment très important du bilan de la traduction historique du moment macroniste.
01:54Quelqu'un a représenté cette présidence ?
01:56Comment est-il passé pour plusieurs du sommet à l'abîme aux abysses ?
02:01Comment se fait-il que cet homme qui a cru avoir une forme de destin presque bonapartiste napoléonien,
02:07plusieurs aujourd'hui voudraient le chasser de l'Élysée,
02:10l'inviter à quitter ses fonctions avant le moment venu ?
02:14Donc ce sera la trame de fond, cette histoire du macronisme,
02:17à la lumière du titre de Marqueno, l'ampleur des dégâts.
02:20On comprend dès lors quelle est la trame qui nous permettra de l'interviewer.
02:24Et Arthur, quelques bonjour.
02:26Oui, c'est un livre très intéressant parce que l'ampleur des dégâts de Marqueno
02:31fait exactement le contraire du macronisme.
02:33C'est-à-dire qu'il nomme les choses par leur nom.
02:35Alors pendant des années, Emmanuel Macron a gouverné par la mise en scène,
02:39la promesse, le récit de sa propre audace.
02:41Marqueno lui ramène ça à des faits, à tous les faits.
02:43Et les faits sont un peu têtus.
02:45Parce que ce qu'il nous raconte au final, c'est que le macronisme n'a pas seulement déçu,
02:49il s'est défait lui-même par ses ambiguïtés, par son mépris social,
02:52par son incapacité à trancher, et par cette politique du mouvement perpétuel
02:56qui s'est transformée en immobilité très nerveuse.
02:59Et le livre est fort parce qu'il met l'ordre dans ce désastre.
03:02Il relie les petites phrases aux grandes fractures, les fautes de stylo, faute de fond,
03:06l'arrogance à l'épuisement terminal.
03:08Et donc l'ampleur des dégâts se révèle être finalement une autopsie.
03:12Une autopsie, puis dans un pays qui est longtemps gouverne que par la communication,
03:16l'avantage de l'autopsie, c'est que ça clarifie tout.
03:19Et donc c'est un travail de clarification qui est salutaire.
03:23Alors Marqueno, bonsoir.
03:24Bonsoir, merci pour votre invitation.
03:26Alors question première, l'ampleur des dégâts.
03:27Votre titre est très explicite, mais pourtant j'aimerais nous rappeler,
03:31avant ce que vous appelez les dégâts, autant de la promesse.
03:35Alors Emmanuel Macron a été en 2017 porté par une élite.
03:39Porté, c'était probablement l'expression politique des préférences de la technocratie.
03:43Il n'en demeure pas moins qu'il a eu une majorité significative.
03:45Qu'ont été d'abord, pour les Français qui ont voté pour lui, la promesse du macronisme ?
03:49Mais en fait, elle repose sur un immense malentendu.
03:52Il est vrai, Emmanuel Macron, en 2017, il y a eu un vote d'adhésion.
03:55D'ailleurs, son livre Révolution, qui est sorti en 2016,
03:58qui faisait un peu office de livre programme.
04:00Enfin programme, pas tant que ça, puisque c'était avant tout,
04:01c'était le début d'un espèce de projet global pas très précis.
04:05Mais en tout cas, sur le diagnostic que posait à l'époque Emmanuel Macron sur la France,
04:08il y avait plein de bonnes choses.
04:10Il avait compris en réalité que les Français aspiraient à davantage d'allègements fiscales,
04:15à davantage d'efficacité, à davantage de pouvoir égalien,
04:19et à davantage surtout de confiance et de liberté.
04:21Et c'est là, c'est ce qui est terrible justement avec Emmanuel Macron,
04:23c'est qu'il pose un bon diagnostic sur l'État de la France.
04:25Il construit une campagne et un projet, entre guillemets, en conséquence.
04:29Mais derrière, ça a été une succession de malentendus,
04:32une succession d'échecs, une succession de désamour.
04:36Et c'est cela qu'Emmanuel Macron, en réalité, a payé très cher.
04:38En 2017, il y avait véritablement un vote d'adhésion.
04:41Je rappelle d'ailleurs qu'Emmanuel Macron avait pour lui le vote des actifs,
04:44avait pour lui le vote des jeunes.
04:46Et face à lui, par exemple, François Fillon, lui, a réussi, a réussi simplement à mobiliser les retraités.
04:52Il y avait donc un élan, il y avait une promesse, mais derrière, effectivement, il n'y a rien eu.
04:55Vous dites qu'il y avait un diagnostic, on arrive bientôt au bilan,
04:58mais il y avait un diagnostic plutôt juste sur l'État de la France, dites-vous.
05:02Pourtant, il y avait chez lui peut-être une part manquante,
05:04c'est la sensibilité aux questions identitaires, culturelles.
05:07Et le premier décrochage, le décrochage massif, c'est avec les gilets jaunes,
05:10le parti de l'enracinement presque involontaire, la France indélocalisable,
05:14celle qui avait payé le prix de la mondialisation.
05:15Est-ce que la vraie rupture dans l'histoire du macronisme,
05:18c'est les gilets jaunes et qu'ont-ils représentés ou est-ce que c'est même antérieur ?
05:21Ça a été la première rupture. En fait, c'est ça qui a été très curieux avec Emmanuel Macron
05:25et c'est pour cela que, dès sa campagne présidentielle,
05:28quelques personnalités ont commencé à s'en méfier parce qu'il y avait des signaux qui étaient extrêmement inquiétants.
05:32C'est quelqu'un qui disait qu'il n'y avait pas de culture française pendant sa campagne,
05:35mais c'est quelqu'un qui allait aussi aux fêtes Joannique et Orléans pour célébrer Jeanne d'Arc.
05:39C'est quelqu'un qui allait au Puy du Fou et qui expliquait que les Français, au fond,
05:42avaient toujours été un petit peu monarchistes.
05:44C'est vraiment toute cette relation très ambivalente qu'a Emmanuel Macron avec l'histoire,
05:48c'est-à-dire finalement les ferments dus en même temps.
05:50Et c'est pour cela qu'il y avait un petit peu de tout pour tout le monde.
05:53Tout le monde pouvait un petit peu se rassurer avec ce qu'il entendait
05:55et tout le monde pouvait aussi s'inquiéter pour des raisons sensiblement équivalentes
05:59puisque c'était vraiment l'en même temps.
06:00C'était un coup à gauche, un coup à droite.
06:02Ça a commencé à ce moment-là et c'est cela aussi la problématique entre Emmanuel Macron.
06:09L'ambiguïté permanente, c'est finalement qu'il est arrivé en 2017 avec un vague projet,
06:14avec une majorité totalement absolue, il faut le rappeler,
06:17et derrière une succession de malentendus.
06:20La crise des Gilets jaunes, elle n'a pas commencé je pense sur un problème purement identitaire,
06:24mais ce qui est assez amusant c'est qu'elle a commencé…
06:26Elle est devenue.
06:26Elle est devenue parce qu'au fur et à mesure des réponses qu'on tentait d'apporter Emmanuel Macron,
06:30on s'apercevait qu'en effet il n'avait strictement rien compris.
06:33Mais les Gilets jaunes, c'était d'abord.
06:34Là où Emmanuel Macron a été élu sur une promesse quand même plutôt libérale,
06:37un peu moins d'État, un peu plus de confiance, libération des énergies,
06:42libération des entreprises, il y a eu en réalité une taxe.
06:46Ça a commencé, il faut le rappeler, par une taxe.
06:48C'était deux ans après la révolte des bonnets rouges en Bretagne sur la taxe carbone.
06:51Eh bien Emmanuel Macron a répondu un an après avec une taxe sur le diesel
06:55et ça a été finalement l'étincelle d'un incendie qui couvait déjà effectivement,
07:00mais ça a été en réalité l'explosion.
07:01Arthur Lvatrigan, sur le bilan toujours.
07:03Il y a eu le quinquennat 1, le quinquennat 2, est-ce que les deux quinquennats sont si différents que
07:09ça ?
07:10Et s'il a été élu sur un malentendu, en tout cas une promesse finalement qu'il n'a pas
07:14pu tenir
07:14parce qu'à force de dire oui à tout le monde, on ne contente personne,
07:17comment expliquer sa deuxième réélection où il s'est fait réélire assez largement également ?
07:21Il faut rappeler effectivement qu'en 2017, Emmanuel Macron a été élu extrêmement largement.
07:26Il y a eu un vote d'adhésion au premier tour qui s'est confirmé au second tour,
07:29certes aidé sans doute, un, par le Front Républicain, deux, par la piètre performance de Marine Le Pen
07:33au débat d'entre deux tours qui a achevé de convaincre ceux qui étaient un petit peu réticents.
07:37Emmanuel Macron avait plus de 340 députés en comptant ses allées du Modem.
07:41Mais ce qui est fou, quand vous regardez le groupe parlementaire qui a été élu en 2017,
07:44il faut regarder les destins qu'ont eu ces députés.
07:46Il y a Aurélien Taché qui siège aujourd'hui avec la France Insoumise.
07:49En 2017, il était élu dans les rangs de La République En Marche.
07:51Martin Vaughner, psychiatre qui s'est fortement achoppé à la Macronie
07:58en raison de la crise Covid, elle a été élue députée LREM.
08:01Joachim Solforget qui a fini par rallier Éric Zemmour,
08:04même s'il a été démontré qu'il avait une santé mentale légèrement instable,
08:07il a été élu chez les macronistes.
08:08Alors vous voyez, c'était ça le groupe LREM à la base.
08:11Il y avait globalement un tiers de socialistes, un tiers d'anciens LR
08:13et il y avait un tiers de ce qu'on appelle pudiquement la société civile.
08:16Mais la société civile, ce sont évidemment des gens qui ont des convictions politiques,
08:19qui ont rallié Emmanuel Macron avec un espèce d'enthousiasme
08:22et qui, face à la réalité législative, se sont aperçus qu'on leur demandait
08:26de statuer sur des textes pour lesquels il ne s'était absolument pas engagé à la base.
08:29Donc c'est ça, si vous voulez, le problème d'Emmanuel Macron.
08:33C'est qu'en 2017 il y a eu un vote d'adhésion qui s'est effrité au fur et
08:36à mesure
08:36et il me semble que c'était Arthur qui avait dit cela qui était très vrai.
08:39C'est qu'en fait, ça s'est effondré de l'intérieur.
08:41Ce ne sont même pas les attaques extérieures qui ont provoqué cet effondrement,
08:44c'est qu'au fur et à mesure, on a vu des dizaines de députés en cinq ans
08:47quitter le groupe LREM parce que tout le monde s'est aperçu
08:50qu'en réalité le macronisme n'avait aucune chance de durer.
08:52Et en 2022, on peut expliquer sa réélection d'une part déjà
08:56parce qu'il y avait eu la crise internationale face à quelqu'un
08:58qui n'a pas fait campagne, Emmanuel Macron, pendant la campagne présidentielle de 2022.
09:02Et on a vu effectivement cette réélection avec une activation très violente
09:06du Front Républicain mais derrière des élections législatives
09:09qui lui ont fait perdre totalement cette majorité absolue
09:11et qui lui ont donné une majorité relative extrêmement faible.
09:14Donc il a été réélu certes parce que c'était lui face au chaos
09:17et cet argument marchait encore, mais avec plus cette majorité absolue.
09:21Donc quand même un message très clair des électeurs qui était
09:24« on ne vous fait plus confiance ».
09:25L'ampleur des dégâts, nous sommes près de dix ans plus tard.
09:28Le bilan que vous faites est un bilan critique, disons-le ici.
09:31Les dégâts, je reprends le terme.
09:33Alors vous nous dites à certains égards, la trame de fond,
09:36il y a une formule que vous utilisez de l'art de la guerre.
09:38Et j'ai l'impression, effectivement, parlant d'Emmanuel Macron,
09:40c'était une présidence où il était toujours en guerre contre quelque chose.
09:43Je peux pas dire, donc, le Covid, le temps, la question ukrainienne, bien évidemment.
09:48La rhétorique, pourquoi utilisez-vous cette formule si particulière
09:51pour ne pas caractériser une présidence qui, par ailleurs,
09:54ne doit pas engager des mouvements trop immenses partout à travers le monde ?
09:56Mais ce qui est terrible, c'est que les crises internationales
09:59ont été gérées à l'aune un petit peu de la politique intérieure.
10:01En réalité, Emmanuel Macron a été en guerre contre la même personne pendant dix ans.
10:05Et cette personne, c'est le peuple français.
10:07C'est ça qui est terrible, si vous voulez.
10:08Le Gaulois réfractaire ?
10:09Le Gaulois réfractaire.
10:11J'ai essayé, justement, dans ce livre, de ne pas trop m'attacher
10:13à la personnalité du président qui est extrêmement clivante.
10:16Je ne vais pas refaire son portrait psychologique
10:18que des confrères ont fait avant moi et sans doute beaucoup mieux que moi.
10:21Mais, justement, c'est de mettre de côté la personnalité du président
10:24et juste de s'attacher vraiment au bilan froid, au bilan comptable,
10:27juste pour se dire, très bien, ce président est très facile à détester.
10:30Il est très contestable.
10:32Mais derrière, est-ce qu'il y a des résultats ?
10:33Et j'ai vraiment voulu prendre ce livre en cherchant des choses positives,
10:36en disant qu'il y a bien une chose ou deux qui ont marché, quand même.
10:39J'entendais les...
10:40Voilà.
10:40Mais rien n'a fonctionné.
10:42Vous avez fait cet effort.
10:43Vous en avez probablement rien en ce monde.
10:44Il est tout noir, tout blanc.
10:46Quelle est la part positive de l'héritage macroniste ?
10:49Mais je le cherche encore, cher Mathieu Bocoté.
10:52Non, sincèrement, il y a quelque chose qui m'avait marqué,
10:55c'est que j'entendais les députés Renaissance, il y a quelques mois,
10:57faire le tour des plateaux en expliquant, regardez, c'est formidable.
11:00Nous avons créé 2,5 millions d'emplois.
11:02On regarde le détail de cela, on se dit, c'est forcément vrai.
11:05D'ailleurs, effectivement, il y a 2,5 millions d'emplois créés.
11:08Sur ces 2,5 millions d'emplois, il y a 600 000 auto-entrepreneurs.
11:10600 000 auto-entrepreneurs dont le revenu moyen en France, c'est 540 euros par mois.
11:14Donc, on ne crée pas de richesse avec ça.
11:16600 000, ce sont des alternants.
11:18Donc, c'est très bien des contrats de professionnalisation
11:19parce que ça permet d'insérer les jeunes sur le marché du travail,
11:22mais c'est un dispositif qui coûte entre 20 et 30 milliards d'euros à l'État.
11:25Donc, vous dites que l'homme qui se voulait d'abord, l'homme de l'économie, en quelque sorte,
11:28l'homme qui disait, je laisserai de côté les passions identitaires,
11:30je serai celui, au moins, un grand technicien de l'économie.
11:33Vous pouvez ne pas m'aimer, mais vous pouvez reconnaître ma compétence,
11:36je crois que c'est le vocabulaire de référence chez les macronistes,
11:39et un héritage économique réel.
11:40Ça, vous dites, même là, il n'y a pas le début d'une trace positive.
11:44Mais il y avait cette phrase extrêmement forte qu'avait eu Emmanuel Macron en 2017,
11:48justement, face à Marine Le Pen, qui était,
11:49vous allez créer de la dette, ce sont nos enfants qui paieront,
11:52et je ne veux pas de cette solution.
11:54Mais ce qui était terrible avec ce qu'avait reproché Emmanuel Macron à l'époque à Marine Le Pen,
11:57c'est que c'était en réalité une prophétie autoréalisatrice.
11:59Enfin, je veux dire, le Mozart de la finance a quand même créé 1 000 milliards de dettes.
12:03On nous parle de réindustrialisation,
12:07on ferme des usines tous les ans, tous les mois dans ce pays.
12:11Ce que je veux dire, c'est que vraiment,
12:13Emmanuel Macron a effectivement eu ce côté Mozart de la finance.
12:15On sait qu'il a été poussé d'ailleurs par des personnalités comme Jacques Attali,
12:17Alain Minck, qui ont dit, ce garçon est brillant, il nous étonnera.
12:20Aujourd'hui, le pays est ruiné,
12:22et Alain Minck et Jacques Attali font le tour des plateaux pour assassiner leur créature.
12:27C'est aussi ça, c'est aussi l'énorme désillusion face à cette promesse
12:32qui était de dire, je vais rendre à la France sa puissance économique.
12:35Et en réalité, cela a été tout l'inverse.
12:37On ne sait même pas si on va pouvoir se relever de cette période-là.
12:41L'état des finances publiques est dramatique.
12:44La moindre commission d'enquête parlementaire sur les finances publiques
12:46font état non seulement du nourri,
12:48mais presque de maquillage des comptes publics dans certains cas.
12:50Enfin, on est vraiment dans une situation qui est extrêmement préoccupante.
12:53Arthur Latrigan.
12:54Alors, si vous n'avez pas réussi à trouver de choses positives dans le bilan d'Emmanuel Macron,
12:58alors la liste des choses négatives, il y en a pas mal,
13:01mais ce serait bien d'essayer de trouver celles qui sont vraiment de son fait,
13:04c'est-à-dire pas celles de sa dignité, de son mépris, de ses mentions, de ses incohérences,
13:08mais celles, les conséquences de son idéologie.
13:11Est-ce qu'il a une vraie idéologie, Emmanuel Macron ?
13:13Alors, sur l'Europe, on a compris qu'il y en avait un peu,
13:15mais sur la migration, à vous lire aussi,
13:16on a le sentiment qu'il n'y a pas dû en même temps, qu'il y a une ligne
13:19assez claire.
13:22Mais en fait, Emmanuel Macron, sur l'immigration, c'est assez intéressant.
13:24Il a été élu sur une promesse de modernité, sur une jeunesse,
13:27je vais dépasser le clivage politique,
13:28on s'aperçoit que sur l'immigration, Emmanuel Macron a en réalité un logiciel extrêmement ringard,
13:33extrêmement ancien.
13:34Il est vraiment sur cette vision encore de la mondialisation heureuse,
13:37de l'amixité sociale,
13:39et presque de la créolisation.
13:42En réalité, le problème d'Emmanuel Macron,
13:44c'est que, contrairement à Jean-Luc Mélenchon,
13:46qui peut présenter l'immigration sous un angle positif,
13:49je veux dire, la créolisation,
13:52dans l'absolu, ça peut être présenté pour beaucoup comme quelque chose de positif.
13:55Mais le problème d'Emmanuel Macron,
13:56c'est qu'il a été confronté à quelque chose de très simple,
13:58c'est-à-dire l'exercice du pouvoir.
14:00Et qu'en fait, Emmanuel Macron,
14:01et si vous voulez, c'est le pouvoir qui implique des responsabilités,
14:04et dans l'absolu, Emmanuel Macron, en exerçant le pouvoir,
14:06est responsable aussi de la situation,
14:07est responsable des autres problématiques qui découlent de l'immigration,
14:10c'est-à-dire l'insécurité,
14:12c'est-à-dire le nivellement des salaires par le bas.
14:14Et c'est peut-être ça, sa grande différence,
14:16même franchement avec Jean-Luc Mélenchon,
14:18c'est que lui a été pris par la responsabilité.
14:21Alors justement, avec Jean-Luc Mélenchon,
14:22il y a un terme qui apparaît dans votre ouvrage,
14:24le troisième parti qui est aujourd'hui presque à la mode.
14:27La Nouvelle France.
14:28Vous nous dites qu'Emmanuel Macron,
14:29c'est aussi l'homme de la Nouvelle France.
14:31Alors, on avait compris que la Nouvelle France,
14:33c'était le programme de Jean-Luc Mélenchon.
14:35Vous nous dites que finalement, à sa manière,
14:37Emmanuel Macron partage son imaginaire,
14:40son programme, son langage.
14:43Qu'est-ce qui vous amène à utiliser cette formule ?
14:45Ça m'est beaucoup amusé lorsqu'Emmanuel Macron avait fait le tour
14:48en expliquant que la Seine-Saint-Denis,
14:49c'était la future Silicon Valley, si vous voulez.
14:51Il y a toujours eu chez Emmanuel Macron,
14:54justement, ce biologiciel qui a fonctionné.
14:57Et par rapport à Jean-Luc Mélenchon,
14:58moi, ça m'a toujours amusé l'expression « destruction créatrice ».
15:00C'était le grand truc d'Emmanuel Macron,
15:02c'est tout détruire pour recréer derrière.
15:05Et en fait, c'est tout simplement le trotskisme,
15:07en réalité, ce qu'explique Emmanuel Macron
15:10avec ce genre de situation.
15:11La destruction créatrice, en réalité,
15:13c'est un concept qui a été limite forgé par Léon Trotsky.
15:15Et par Schumpeter.
15:16Comment ?
15:16Et par Schumpeter, bien évidemment.
15:18Mais le trotskisme, en réalité, c'est ça.
15:19C'est une reprise de la destruction créatrice.
15:21Et c'est tout mettre à bas
15:23pour remettre en place un monde nouveau.
15:24Et ça, c'est le premier point commun.
15:25Le deuxième point commun,
15:26c'est que là où Emmanuel Macron a été bloqué,
15:29c'est que lorsque son adversaire,
15:31c'était le Front National et le Rassemblement National,
15:33il y avait un petit peu,
15:34c'était le camp du bien contre le camp du mal.
15:36Et pendant très longtemps,
15:38Emmanuel Macron a mis Jean-Luc Mélenchon de son côté.
15:40Pendant très longtemps,
15:41Emmanuel Macron a toujours dit du bien de Jean-Luc Mélenchon,
15:43et expliqué que c'était quelqu'un de formidable,
15:44très intelligent, etc.
15:46Parce qu'il avait besoin de lui
15:47pour justement constituer une espèce de front global
15:49contre le Rassemblement National.
15:50Et on a vu, notamment depuis le 7 octobre,
15:52le 7 octobre 2023,
15:54que tout cela s'est un petit peu retourné
15:56contre Emmanuel Macron.
15:57Donc aujourd'hui, handicapé,
15:59si vous voulez,
16:00par le soutien,
16:01par l'espèce de partenariat
16:02qu'il avait contracté
16:03avec Jean-Luc Mélenchon,
16:05eh bien Emmanuel Macron
16:07est dans l'incapacité profonde
16:09de mettre, si vous voulez,
16:10d'un côté le Rassemblement National
16:11et de l'autre la France Insoumise
16:13sur le même pied d'égalité.
16:14Puisqu'il a trop frayé avec eux.
16:15On rappelle qu'en 2024,
16:17au moment des élections législatives,
16:18il y a eu un front républicain,
16:19tout le monde contre le Rassemblement National.
16:20C'est-à-dire qu'il y a quand même
16:21eu des accords électoraux
16:22entre la Macronie et la France Insoumise.
16:24Et qu'aujourd'hui,
16:25parce qu'on s'aperçoit
16:26qu'idéologiquement,
16:27en réalité,
16:27ces formations ont beaucoup plus
16:28de points communs
16:29que la République en marche,
16:31que l'extrême centre peut l'avoir,
16:32par exemple,
16:32avec le Rassemblement National.
16:33Arsour Le Matrigan.
16:34Il y a quelque chose d'étonnant,
16:35c'est qu'il est arrivé quand même
16:37en 2017
16:38avec un gros caillou dans la chaussure
16:40qui s'appelle Al-Somme.
16:41Et c'est revenu épisodiquement
16:44et encore une fois,
16:45comme vous le rappelez,
16:45il a été réélu deux fois.
16:48Comment expliquer que cette affaire,
16:49ce sparadrap du capitaine Haddock,
16:51n'a jamais été un souci,
16:52finalement, pour lui ?
16:53Parce que c'est une affaire...
16:54Alors, moi, je vais vous confesser,
16:56je suis vraiment intéressé
16:57à l'affaire Al-Somme
16:57en écrivant ce livre,
16:58parce qu'en bon journaliste politique
17:00que je suis,
17:01c'est vrai que les idées,
17:02les rapports de force
17:03m'intéressent plus, au fond,
17:04que ce genre d'affaires financières
17:06qui, d'un point de vue extérieur,
17:07peuvent paraître un petit peu ardues.
17:08Mais quand on s'y plonge,
17:09effectivement,
17:10il y a quelque chose...
17:11Cette affaire est proprement hallucinante,
17:12mais c'est parce qu'elle est technique,
17:13parce qu'elle est ardue
17:14et parce qu'elle a été
17:17savamment enterrée,
17:17eh bien,
17:18il y a eu peu de conséquences là-dessus.
17:20Mais c'est vrai qu'on peut revenir
17:20sur l'affaire Al-Somme
17:21qui est absolument scandaleuse.
17:22On rappelle quand même
17:22qu'Al-Somme veut vendre
17:25sa branche énergie.
17:27Le secrétaire général
17:28à l'adjoint de l'Elysée
17:28est mis au courant.
17:29Il ne met pas...
17:30Donc, le secrétaire général
17:30à l'adjoint de l'Elysée,
17:31Emmanuel Macron,
17:32ne met pas au courant Bercy,
17:34c'est-à-dire qu'Arnaud Montbourg,
17:35l'a juré devant la commission
17:36en tant que ministre des Commissions,
17:37il n'était pas au courant
17:38de cette vente.
17:39Donc, Emmanuel Macron
17:39demande un audit
17:42sur cette vente,
17:43sans en référer à Bercy.
17:45Et lorsqu'Emmanuel Macron
17:46est nommé à Bercy,
17:46eh bien, il autorise
17:48la vente d'Al-Somme.
17:49Derrière,
17:50on rappelle que la commission parlementaire
17:52qui a été mise en place
17:53par Olivier Marlex
17:53a quand même parlé
17:54de pactes de...
17:55de possibles pactes
17:56de corruption généralisés.
17:58Que cette vente a généré
17:59des dizaines de millions d'euros
18:01qui se sont répartis
18:04entre plusieurs personnes
18:06et qu'on retrouve ces personnes
18:09dans le comité de soutien
18:10d'Emmanuel Macron
18:10avec son présidentiel de 2017.
18:12Donc, c'est vrai que cette affaire,
18:13cette affaire est effectivement
18:15absolument scandaleuse.
18:16Elle n'a pas percé
18:16dans le débat public
18:17en raison de son côté technique,
18:18en raison aussi
18:19de la lenteur
18:19de l'appareil judiciaire
18:20et de l'absence de conséquences
18:22qu'il y a eu
18:22après cette commission parlementaire.
18:25Mais c'est une affaire
18:26effectivement qui,
18:27à mon avis,
18:27ré-explosera la figure
18:28d'Emmanuel Macron
18:29après 2027
18:30parce qu'il est évidemment
18:31des corollaires.
18:32Et on rappelle d'ailleurs
18:32que cette branche d'énergie
18:33d'Al-Somme,
18:34Macron l'a racheté,
18:35la France l'a racheté récemment
18:37en perdant au passage
18:39l'intégralité
18:39des brevets qui ont découlé.
18:43Ce qui est fou,
18:44c'est que c'est Emmanuel Macron
18:45qui est au cœur de ce système.
18:47Il nous reste 3 minutes 30
18:48pour être optimiste.
18:49C'est-à-dire,
18:49vous nous dites
18:50l'ampleur des dégâts.
18:52Et vous nous avez dit
18:52tantôt,
18:53est-ce qu'il sera même possible
18:54de reconstruire ?
18:54Votre question est inquiétante.
18:56Vous voyez la situation aujourd'hui.
18:57Emmanuel Macron en a pour un environ.
18:59Peut-être,
18:59il ira-t-il en 2032.
19:01Peut-être, l'espère-t-il.
19:02Mais d'ici là,
19:02s'il y avait un chantier
19:03de la reconstruction,
19:04est-ce que la France
19:05peut être reconstruite
19:06dans les circonstances
19:07où l'ampleur des dégâts
19:08est telle qu'il faut
19:08d'une certaine manière
19:09faire son deuil du pays ?
19:11Mais moi, je le pensais.
19:12Alors, je vous avoue
19:12que les récents débats
19:13sur le budget
19:14ont été assez inquiétants
19:15là-dessus.
19:16Puisque, on a un pays,
19:17on rappelle,
19:18avec 1 000 milliards de dettes,
19:19avec une incapacité structurelle
19:20à générer de la richesse.
19:21Et on a vu
19:22l'Assemblée nationale
19:23se battre sur
19:25combien de milliards
19:25de déficits faut-il
19:26et puis quelle marge
19:27de manœuvre avons-nous.
19:28En réalité,
19:29on s'est aperçu,
19:30moi, c'était ma conviction
19:31après les débats
19:32sur le budget,
19:32qu'en réalité,
19:33il faudrait un véritable
19:35renversement de table.
19:35C'est qu'en fait,
19:36on a créé une telle,
19:37par exemple,
19:37une telle accoutumance
19:38à la dépense publique,
19:38on a créé une telle accoutumance
19:40à l'absence de conséquences
19:41en réalité du déficit
19:44qu'il faudrait,
19:45à mon sens,
19:46un traitement de cheval
19:47sur le plan économique,
19:48qu'il faudrait un traitement
19:49de cheval sur le plan migratoire.
19:50On a tellement,
19:51si vous voulez,
19:52on a tellement
19:54laissé courir les choses,
19:55on a tellement peu agi
19:56sur le cours des événements.
19:57Enfin, Emmanuel Macron,
19:58vous l'avez dit tout à l'heure,
19:59à Arthur de Batrigan,
19:59ça devait être le mouvement,
20:03ça devait être l'action.
20:03En réalité,
20:04c'était un immobilisme agité,
20:05je crois que c'était votre terme.
20:07Et en fait,
20:08Emmanuel Macron a aggravé
20:10des fractures qui existaient déjà,
20:11mais n'a rien fait
20:12pour les résorber.
20:13Donc évidemment,
20:13on vient de perdre 10 ans,
20:15on vient de perdre 10 ans
20:16et maintenant,
20:17seul le traitement de cheval
20:18devra fonctionner,
20:18c'est-à-dire
20:21en renverser totalement
20:22la doctrine économique,
20:23en finir avec
20:26la dépendance
20:27à la dépense publique,
20:28en finir avec
20:28l'immigration massive.
20:29En fait,
20:32enlever des normes
20:32et remettre des règles,
20:33en quelque sorte.
20:34Arthur de Batrigan.
20:36Mathieu se projette dans un an,
20:37je comprends son optimisme
20:39et son envie,
20:40mais il reste encore un an,
20:41avant les un an.
20:43Est-ce qu'Emmanuel Macron
20:44peut encore alourdir la décision ?
20:45Est-ce qu'elle a les moyens
20:46d'alourdir l'ampleur des dégâts ?
20:49Très sincèrement,
20:50Très sincèrement,
20:51sur le plan sociétal,
20:53il lui reste l'euthanasie encore,
20:55donc il va peut-être
20:56pouvoir partir
20:56sur un bilan encore meilleur.
20:59Non, objectivement,
21:00c'est tout le problème,
21:02c'est que la situation politique
21:02est totalement bloquée
21:03et là, aujourd'hui,
21:04à part le budget
21:05de l'année prochaine,
21:06on ne voit pas
21:07ce qui pourrait advenir
21:10d'un point de vue politique.
21:11Puisque là,
21:11on le voit bien,
21:12on entre en pré-campagne présidentielle
21:13et on a presque l'impression
21:15en réalité
21:16que le deuxième quinquennat
21:18sera terminé cet été.
21:19Il nous reste une minute,
21:20cela dit,
21:20il y aura pourtant
21:21les héritiers du macronisme.
21:22Quel état d'arbre,
21:23en diront-ils ?
21:24Emmanuel Macron a tout fait
21:25pour ne pas avoir d'héritier,
21:26on l'a vu,
21:26puisque c'est ce que tout le monde pense.
21:28Emmanuel Macron
21:29voudrait revenir en 2032,
21:30donc il n'avait aucun intérêt
21:31en réalité à nommer un héritier.
21:33On le voit d'ailleurs,
21:34Edouard Philippe aujourd'hui
21:35appelle à sa démission,
21:36Gabriel Attal confesse
21:37le plus comprendre
21:37les décisions du président
21:40et toutes ses personnalités.
21:42On pense aux législatives de 2024
21:44lorsqu'ils ont fait campagne
21:46pour l'ex-majorité présidentielle,
21:47l'image d'Emmanuel Macron
21:49a été effacée.
21:50Pendant les campagnes municipales,
21:51ils ont tout fait en réalité
21:52pour faire oublier
21:53qu'ils sont le camp d'Emmanuel Macron
21:54puisque le niveau de détestation
21:56est tel
21:57qu'Emmanuel Macron
21:58est perçu aujourd'hui
21:59électoralement
21:59et politiquement
22:00comme un boulet.
22:01Donc l'héritage du macronisme
22:03finalement ce sera
22:04au fond le retour
22:05du clivage gauche-droite
22:06parce qu'Emmanuel Macron,
22:07tout le monde dit
22:08il a aboli le clivage gauche-droite
22:09et en réalité
22:09il l'a reproduit
22:10au sein
22:10au sein de sa propre famille politique
22:13et à terme
22:16le bloc central
22:17se retrouvera
22:18un nouveau champion
22:18mais au fond
22:19la parenthèse macroniste
22:20n'aura été effectivement
22:22qu'une parenthèse.
22:22Merci beaucoup
22:23Marc Enaud
22:24d'avoir été l'invité
22:25de ce Face à Bob Côté.
22:26On rappelle donc
22:27votre livre
22:28L'ampleur des dégâts
22:282017-2026
22:30le vrai bilan
22:31d'une présidence.
22:33On a maintenant
22:33Nicolas Pouvre-Bonti
22:34bonsoir
22:35pour votre livre
22:36Immigration,
22:37Mythe et Réalité.
22:38Mathieu,
22:39pourquoi avoir choisi
22:40justement de mettre
22:41en lumière ce livre ?
22:42Je vous raconterai
22:42d'abord une histoire
22:43québécoise
22:44qui me conduit
22:44à ce livre.
22:46Il y a quelques jours
22:47au Québec
22:48dans une circonscription
22:49électorale
22:49il y avait une élection
22:50partielle
22:51Terrebonne
22:51à côté de Montréal
22:53C'est une circonscription
22:54qui historiquement
22:55était considérée
22:56comme un château fort
22:57nationaliste
22:58comme on dit chez nous
22:59indépendantiste,
22:59souverainiste.
23:00Il y avait différentes nuances
23:01de nationalistes
23:01qui pouvaient se faire élire
23:02et les fédéralistes
23:03donc autrement dit
23:04les partisans du Canada
23:04à tout prix
23:05ne pouvaient pas y mettre un pied.
23:06C'était perdu pour eux.
23:08Or, la forteresse
23:09est tombée il y a quelques jours
23:10et là tout le monde
23:10dans une élection partielle
23:11tout le monde se demande
23:12mais pourquoi ?
23:13Qu'est-ce qui s'est passé ?
23:14Ce pourrait-il que les électeurs
23:15de Terrebonne
23:16aient complètement changé d'idée ?
23:17Et là, moi je disais
23:18je me rappelle très bien
23:19quelques heures avant l'élection
23:20j'ai dit un instant
23:21il y a eu des changements
23:21démographiques dans Terrebonne
23:23qui fait en sorte
23:23que cette circonscription
23:24a changé fondamentalement
23:26donc si on ne nomme pas
23:27les effets politiques
23:29identitaires
23:29mais les effets politiques
23:30du changement de population
23:31nous ne comprenons pas
23:32ce qui arrive à nos sociétés.
23:34Donc une forme de grand déni
23:35qui nous conduit
23:36à terme à ne pas comprendre
23:37ce qui nous arrive
23:38et le réel finit par frapper
23:40autrement dit
23:40du mythe
23:41du non-effet de l'immigration
23:43à la réalité de l'immigration
23:44qui transforme la vie politique
23:46des peuples
23:46des deux côtés de l'Atlantique
23:48ce sera d'une certaine manière
23:49nous le vivons tous aujourd'hui
23:50ce sera à partir
23:50de cet grand écart occidental
23:52que j'aurai le plaisir
23:54d'interviewer Nicolas Pouvromonti
23:55mais je crois qu'Arthur
23:56a le mot à dire avant.
23:57Oui, vous savez
23:58des livres qui occupent l'espace
24:00et d'autres qui éclairent la pièce
24:01et le livre de Nicolas Pouvromonti
24:03appartient clairement
24:03à sa deuxième catégorie
24:04parce qu'il permet enfin
24:06à ce sujet de l'immigration
24:07de sortir du théâtre
24:08des ombres idéologiques
24:09pour arriver sur des faits
24:10très précis
24:11ce qu'on appelle le réel.
24:13Alors les démographes
24:14et les sociologues
24:15pourront acheter tous leurs diplômes
24:16surtout s'il y a écrit CNRS dessus
24:17là le blabla tout savant
24:19il va se heurter malheureusement
24:21à une réalité
24:22il va se retrouver
24:23comme disait l'autre
24:23éparpillé façon poste
24:25parce que Nicolas Pouvromonti
24:26montre et prouve
24:28de manière très précise
24:29que l'immigration
24:30n'est pas un problème sécuritaire
24:32n'est pas un problème identitaire
24:33n'est pas un problème social
24:34c'est comme il l'écrit lui-même
24:36un fait social total
24:37c'est-à-dire qu'on s'appelle
24:38sur le logement social
24:39sur l'hébergement
24:40sur l'hôpital
24:41sur l'école
24:42sur la sécurité
24:42sur les finances publiques
24:43bref sur la vie quotidienne des français
24:45sur notre vie quotidienne à tous
24:46donc c'est pourquoi
24:47nous sommes tous concernés
24:48et tout le monde va avoir
24:49en main
24:50des preuves
24:51des faits
24:52de ce qu'on voit
24:53de ce qu'on perçoit
24:54autant vous dire que
24:55quand on ordonne comme ça
24:56et qu'on démite les mythes
24:57à ce point-là
24:58on se retrouve avec un livre
24:59d'utilité publique
25:02alors Nicolas Promonti
25:03bonsoir
25:03bonsoir
25:04alors question première
25:05donc mythes et réalité
25:06au pluriel
25:07j'ai pourtant l'impression
25:08qu'un mythe au singulier
25:09qu'il faut d'abord nommer
25:10à propos de l'immigration massive
25:11c'est que pendant mon temps
25:13on nous expliquait
25:13qu'elle n'avait pas lieu
25:14c'est-à-dire que c'était
25:15une non-réalité
25:17que c'était un fantasme
25:19d'extrême droite
25:19complotiste
25:20ou quelque chose
25:20peut-être pas dans ce genre
25:21de l'homme
25:21vous voyez l'idée
25:23et là d'un coup
25:24depuis quelques années
25:25on constate que finalement
25:27ce mythe est une réalité
25:28et dès lors
25:29il y a ceux qui disent
25:30il faut faire avec
25:31et d'autres qui disent
25:32et bien cette réalité
25:33c'est-à-dire est-il possible
25:34de corriger ces effets
25:35et d'autres qui nous disent
25:36allons encore plus loin
25:36c'est formidable
25:37mais comment sommes-nous passés
25:39du mythe de l'inexistence
25:40de l'immigration massive
25:41au constat de sa réalité
25:42dans l'espace public ?
25:44Je dirais qu'il y a eu
25:44effectivement
25:45deux grandes techniques
25:46rhétoriques
25:46pour construire le mythe
25:48que vous décrivez Mathieu
25:49il y a d'abord eu
25:50une première étape
25:50qui était effectivement
25:51celle de la relativisation
25:53à outrance
25:53la situation migratoire
25:55que vit la France
25:55mais que vivent effectivement
25:56aussi d'autres pays
25:57d'Occident
25:58ne serait pas fondamentalement nouvelle
25:59elle s'inscrirait
26:00dans une histoire longue
26:01la France aurait toujours été
26:02un pays d'immigration
26:03comme tous les pays d'Occident
26:04La proportion d'étrangers
26:05en France n'aurait pas changé
26:07tout au long du XXe siècle ?
26:08C'est ça
26:08d'abord c'est faux
26:09et par ailleurs
26:09il y a beaucoup de choses
26:10à en dire
26:10ne serait-ce que le fait
26:11que 3 millions de personnes
26:12sont devenues françaises
26:13depuis l'an 2000
26:13et ont cessé d'être comptées
26:14comme des étrangers
26:15mais en tout cas
26:15ce mythe de la relativisation
26:16il a été porté
26:18par une part importante
26:19de l'expertise officielle
26:20dans ces citadelles universitaires
26:22dans certaines citadelles médiatiques
26:24aussi
26:27de conversion du débat public
26:28finalement
26:29il s'agissait de convaincre
26:30les français
26:30qu'ils ne voyaient pas
26:31ce qu'ils voyaient
26:32en matière d'immigration
26:33et quant aux transformations
26:34que l'immigration
26:35appliquait dans leur cadre de vie
26:36et je pense comme vous
26:37qu'on est passé dans un deuxième temps
26:39qui est celui d'une forme
26:40de naturalisation du phénomène
26:42souvent venu des mêmes personnes
26:43d'ailleurs
26:43c'est-à-dire qu'une fois
26:44qu'on n'arrive plus à convaincre
26:45les français
26:46que l'immigration
26:47telle que nous l'accueillons
26:48est une chance comme on dit
26:49et bien on leur dit
26:50que c'est une fatalité
26:51que finalement l'immigration
26:52serait un phénomène naturel
26:53comme il y a de la pluie
26:54du soleil ou du vent
26:55ce serait quelque chose
26:56de quasiment physique
26:56il serait absurde
26:57pour un gouvernement
26:58de prétendre vouloir
27:00contrôler
27:00plus encore
27:00réduire l'immigration
27:02moi vous l'avez compris
27:03je pense que c'est tout le contraire
27:04l'immigration
27:05c'est un sujet politique
27:06par excellence
27:06et d'ailleurs on le voit
27:08en Europe et en Occident
27:09différentes politiques migratoires
27:10produisent des résultats
27:11qui sont eux aussi différents
27:12et nous arriverons à la politique
27:13possible dans un instant
27:14mais j'aimerais poursuivre
27:16un instant sur notre difficulté
27:17à comprendre ce qui nous arrive
27:18vous connaissez probablement
27:20la référence Elisenko
27:21dans l'histoire de l'Union soviétique
27:22c'est-à-dire le savoir
27:24falsifié au service de l'idéologie
27:26j'ai l'impression
27:27mais vous me corrigerez peut-être
27:28que le savoir officiel
27:30consacré à l'immigration
27:31porté par le régime diversitaire
27:33le savoir des démographes
27:34des historiens
27:35de tous les officiels du savoir
27:37était un savoir de délégation
27:39et de falsification du réel
27:41depuis 40 à 50 ans environ
27:43ce qui veut dire que plus on nous
27:44je ne dirais pas la science mentait
27:46mais la science officielle
27:48avec des guillemets
27:49falsifiait
27:50est-ce qu'on peut dire
27:50qu'on était victime
27:51d'une forme de lissenquisme
27:52démographique depuis 40 ans ?
27:54Oui il y a clairement
27:55quelque chose
27:55qui s'apparentait à ça
27:56en tout cas je pense
27:57qu'on peut parler d'obscurantisme
27:58sans exagérer
27:59une volonté de ne pas voir
28:00de ne pas montrer
28:01des réalités
28:02qui étaient pourtant évidentes
28:04et on la retrouve
28:05cette tentation-là
28:06cette tentation lissenquisme
28:07y compris dans des institutions
28:09de la statistique publique
28:11qui sont censées
28:12éclairer le débat national
28:13les deux grandes institutions
28:14en la matière
28:15en France
28:16ce sont l'INED
28:16l'Institut National
28:17des Études Démographiques
28:18et l'INSEE
28:19l'Institut National
28:20des Études Démographiques
28:21qui a eu deux grandes figures
28:22ces dernières décennies
28:23Hervé Lebras et François Héran
28:24François Héran
28:25qui par ailleurs
28:26maintenant est intervenant
28:27auprès des écoles de formation
28:29de la France Insoumise
28:30qui est tenant
28:30d'une neutralité engagée
28:32selon son expression
28:33c'est un ami de l'Oxymore
28:34sur ce sujet
28:35et qui effectivement
28:36est vraiment le chantre
28:37de la relativisation
28:38donc qui a l'INED d'une part
28:39et du côté de l'INSEE
28:40qui produit jusqu'aux statistiques
28:42que nous utilisons
28:43de nos observatoires
28:44il y a une coloration idéologique
28:45de la maison
28:46qui est quand même
28:46assez stupéfiante
28:47vous voyez il y a quelques semaines
28:48c'était la fin
28:49de la campagne annuelle
28:50du recensement
28:50et bien vous avez eu
28:51des syndicats de l'INSEE
28:52qui ont fait une grande
28:53campagne publique
28:54pour demander aux français
28:55de ne pas répondre
28:56à une question du recensement
28:57qui porte sur le lieu
28:58de naissance des parents
28:59en expliquant qu'elle
29:00nourrirait les préjugés
29:01ou les fantasmes
29:02alors qu'en l'occurrence
29:03la connaissance
29:03c'est l'inverse du préjugé
29:05c'est l'inverse du fantasme
29:06et donc ce qui gêne
29:07ce n'est pas l'exagération
29:08ou les biais
29:08ce qui gêne
29:09c'est simplement
29:09l'exposition d'une réalité
29:11qui a effectivement
29:12des implications fortes
29:13pour nous tous
29:13donc on passe du mythe
29:15à la réalité
29:16à partir du moment
29:17on essaie de le voir
29:17on constate une réalité
29:19qu'est-ce qu'on voit ?
29:20écoutez on voit
29:21une situation migratoire
29:22qui est absolument inédite
29:23il est factuellement vrai
29:25de dire qu'il n'y a jamais eu
29:26autant d'immigration
29:26en France qu'aujourd'hui
29:27quels que soient
29:28les indicateurs retenus
29:29c'est un constat implacable
29:31et Arthur l'a dit
29:31c'est un fait social total
29:32parce que ça a des implications
29:33sur tous les aspects
29:34de notre vie en société
29:35on parlait juste avant
29:36du bilan migratoire
29:38d'Emmanuel Macron
29:39évidemment l'accélération
29:40de l'immigration
29:40elle ne date pas
29:41d'Emmanuel Macron
29:42dans le contexte français
29:43elle est engagée
29:43de manière très forte
29:44depuis la fin des années 90
29:46le nombre de nouveaux titres
29:47de séjour
29:47qu'on accorde chaque année
29:48a triplé depuis la fin
29:49des années 90
29:50le nombre d'immigrés clandestins
29:52tel que mesuré
29:53par les bénéficiaires
29:53de l'aide médicale d'Etat
29:54qui est réservée aux clandestins
29:55a triplé depuis le milieu
29:57des années 2000
29:58le nombre de bénéficiaires
29:59du droit d'asile
29:59a triplé en 10 ans
30:00donc tout ça précède
30:01Emmanuel Macron
30:02mais il est vrai
30:03qu'il y a eu une accélération
30:04forte de l'immigration
30:05au cours des dernières années
30:06on le voit notamment
30:07dans les données du recensement
30:08en 2024
30:09ce sont les dernières données
30:10que nous ayons à notre disposition
30:12la population immigrée
30:13recensée en France
30:14a augmenté de 434 000 personnes
30:15c'était 3 fois
30:17la moyenne annuelle
30:18d'augmentation des années 2000
30:19c'était 25 fois
30:20la moyenne des années 90
30:21et donc on n'a pas besoin
30:22de remonter au 19ème siècle
30:23pour se rendre compte
30:24que nous vivons une situation
30:25qui n'est pas une continuité
30:26mais qui est une rupture
30:28et une rupture
30:28qui a des conséquences
30:29multifondes
30:30Arthur Lovatrigan
30:31On parle d'immigration
30:32mais il faudrait peut-être
30:33remettre 2-3 chiffres
30:35sur de quelle immigration
30:36on parle
30:36parce qu'évidemment
30:37que c'est une immigration
30:38suédoise
30:38ou de la Silicon Valley
30:39ou danoise
30:40pas allemande
30:41parce qu'on l'a déjà connue
30:42mais les conséquences
30:44ne seraient pas les mêmes
30:44Oui alors il y a effectivement
30:46un emballement quantitatif
30:47de l'immigration
30:47et il y a par ailleurs
30:48vous avez raison de le souligner
30:49des particularités de nature
30:51de profil
30:52de l'immigration
30:52reçue en France
30:53y compris par rapport
30:54à un environnement européen
30:55j'en vois deux principales
30:57d'abord une particularité économique
30:59nous avons l'une des immigrations
31:01les moins au travail
31:02les moins en emploi
31:03de toute l'Union Européenne
31:04vous avez à peine 43%
31:05des immigrés extra-européens
31:07récents
31:07en âge de travailler
31:08qui occupent vraiment un emploi
31:10donc c'est 25 points de moins
31:11que la population générale
31:12et c'est l'un des taux
31:13les plus faibles
31:13de toute l'Union Européenne
31:14ce qui a des implications
31:15de toute nature
31:16de la surreprésentation
31:17dans le logement social
31:18jusqu'à la surconsommation
31:19de certains dispositifs
31:21du système de santé
31:22et puis vous avez aussi
31:23effectivement des particularités
31:24géographiques
31:25nous avons notamment
31:26cette spécificité forte
31:27de recevoir d'assez loin
31:29l'immigration la plus africaine
31:31d'Europe
31:31trois fois la moyenne
31:32de l'Union Européenne
31:33pour ce qui est de la part
31:34des natifs d'Afrique
31:35dans le total de la population
31:36immigrée
31:36avec notamment une poussée forte
31:38en France
31:38ces dernières années
31:39de l'immigration
31:40d'Afrique subsaharienne
31:40la population immigrée
31:42originaire d'Afrique subsaharienne
31:43a augmenté de 150%
31:45en France depuis 2006
31:46c'est trois fois plus
31:47que la moyenne
31:48de la population immigrée
31:49qui n'a augmenté
31:49que de 50%
31:50si je puis dire
31:51et puis au-delà
31:52de ce profil-là
31:53d'immigration très africaine
31:54on a aussi vu surgir
31:55ces dernières années
31:56des profils d'immigration
31:57qu'on n'avait vraiment
31:58pas l'habitude
31:59d'avoir en France
31:59l'archétype de ça
32:00ce sont vraiment
32:00les Afghans
32:01100 000 Afghans
32:02en France
32:02en l'espace de quelques années
32:03c'est la première nationalité
32:05des bénéficiaires
32:06du droit d'asile
32:06chez nous
32:06et tout ça implique
32:08une reconfiguration
32:09qui va effectivement
32:10au-delà
32:10de la simple augmentation
32:11des nombres absolus
32:12alors vous avez dit
32:13vous avez remonté
32:14aux années 2000
32:15aux années 90
32:16aux années 80
32:17mais allons plus loin
32:18aux années 70
32:18alors à la fin des années 70
32:21Giscard et Barre
32:23considèrent
32:23on se revient à la fin
32:24des années 70
32:24que l'immigration
32:25atteint un tel niveau
32:26qu'elle est désormais
32:27très difficilement
32:28intégrable et assimilable
32:29et dès lors
32:30il faut même penser
32:30à l'époque
32:31des idées qu'on n'envisagerait
32:32plus aujourd'hui
32:32de faire repartir
32:34chez eux
32:34un nombre considérable
32:35d'immigrés
32:35on est à la fin
32:36des années 70
32:37et plusieurs considèrent
32:38autrement dit
32:39que le seuil de saturation
32:40est atteint
32:41et François Mitterrand
32:42à l'époque
32:42n'est pas loin
32:43de dire la même chose
32:43quelques années plus tard
32:44alors la question que je me pose
32:46si on considérait à l'époque
32:47que les seuils de saturation
32:48la capacité d'intégration
32:49étaient déjà dépassés
32:51qu'est-ce qui s'est passé ensuite
32:52comment écrire l'histoire
32:54des 50 dernières années ?
32:55Je dirais que l'histoire
32:56migratoire des 50 dernières années
32:57c'est l'histoire
32:58d'une série de verrous
33:00complémentaires
33:01successifs
33:02additionnés
33:02qui se sont posés
33:03sur ce pan-là
33:04de nos décisions politiques
33:05vous évoquez la période
33:06Giscard Barre
33:07il y a eu un grand tournant
33:09dans les années 70
33:10dans la nature de l'immigration
33:1174 c'est la fin officielle
33:13de l'immigration de travail
33:14parce que fin des 30 glorieuses
33:15donc début du chômage de masse
33:16et moins de besoins
33:17en main d'oeuvre
33:18et deux ans plus tard
33:191976
33:20le décret qui instaure
33:21pour la première fois
33:22formellement
33:22un droit au regroupement familial
33:24il se trouve qu'assez vite
33:25effectivement
33:25le gouvernement de Giscard d'Estaing
33:28et donc plus précisément
33:29celui de Barre
33:30se rendent compte
33:30qu'il y a un problème
33:31avec ce dispositif
33:32et cherchent à suspendre
33:33une part importante
33:34du regroupement familial
33:35et en 78
33:36le conseil d'état
33:37pose la première
33:38d'une série de décisions
33:39qui vont très fortement
33:41contraindre l'action politique
33:42en matière d'immigration
33:43c'est ce qu'on appelle
33:43l'arrêt GISTI
33:44du nom d'une association
33:45de soutien à l'immigration
33:46de 78
33:47qui dit
33:48non on ne peut pas
33:49suspendre le regroupement familial
33:50ça porte atteinte
33:51à un principe général du droit
33:52qui serait le droit des étrangers
33:53à la vie familiale normale
33:54et ce principe
33:55du regroupement familial
33:56il a ensuite été consacré
33:58au niveau constitutionnel
33:59en 93
34:00par le conseil constitutionnel
34:01il est consacré
34:02par la convention européenne
34:03des droits de l'homme
34:03dans son article 8
34:04par le droit de l'Union Européenne
34:06et ce qu'on a vu
34:07c'est une sorte de dépossession
34:09successive
34:10progressive
34:10de la capacité de décision
34:12du politique
34:12sur ce sujet
34:13et quand je dis dépossession
34:14évidemment c'est une dépossession
34:16coupable
34:16c'est-à-dire que l'État
34:17a accepté
34:18de remettre entre les mains
34:19des juges
34:20des universités
34:21de certaines parties
34:23du monde économique
34:24une politique d'immigration
34:25sur laquelle on estimait
34:27que finalement
34:27il n'y avait plus de légitimité
34:28à agir
34:28parce que derrière
34:29ces décisions de justice
34:30derrière aussi
34:31le climat idéologique
34:32autour de l'immigration
34:33il y avait une forme
34:34de débat moral
34:35les frontières
34:36étaient-elles légitimement morales
34:37l'action de l'État
34:38pour contrôler des frontières
34:40choisir qui entre
34:41et qui se maintient
34:41faire une différence
34:42entre le national
34:43et l'étranger
34:44tout cela était-il
34:45moralement légitime
34:46et je pense que c'est
34:47le débat de fond
34:48qui a emporté fondamentalement
34:49tout le reste
34:49jusqu'à l'incapacité
34:51dans laquelle
34:51nos responsables politiques
34:52se trouvent aujourd'hui
34:53à faire quoi que ce soit
34:54incapacité très relative
34:55et qui relève
34:56même dans l'incapacité
34:57de leur responsabilité
34:58alors incapacité relative
35:00donc peut-être capacité
35:01s'ils le souhaitaient
35:02c'est-à-dire
35:02alors on y arrive
35:03donc théoriquement
35:04imaginons
35:05c'est loin d'être certain
35:06c'est même loin d'être probable
35:07mais imaginons
35:07qu'on se retrouve
35:08avec un gouvernement
35:08qui voudrait prendre en charge
35:10la question migratoire
35:11est-ce qu'il y a une forme
35:12de chantier
35:12des cinq grands points
35:14des cinq grandes réformes
35:15qui permettraient
35:16d'amorcer
35:16un revirement significatif
35:18sur le plan migratoire
35:19bien sûr
35:20on l'évoquait à l'instant
35:21l'immigration
35:22ce n'est pas un phénomène naturel
35:23c'est un sujet politique
35:24et le politique
35:24peut avoir des résultats là-dessus
35:26et on le voit
35:26dans le contexte européen
35:27en disant
35:28le nombre de demandes d'asile
35:30reçues au Danemark
35:31a baissé de 90%
35:32pendant qu'il doublait chez nous
35:33pourquoi ?
35:34simplement parce que le Danemark
35:35a mis en place
35:35des politiques efficacement dissuasives
35:37sur ce plan-là de l'immigration
35:38donc que faire de manière concrète
35:40alors évidemment
35:40il n'y a pas une seule mesure miracle
35:42moi je vois deux temps successifs
35:43d'actions
35:44qui peuvent permettre
35:44de reprendre vraiment la main
35:46sur ce sujet
35:46parce que c'est possible
35:47d'une part
35:48il y a ce qui peut être fait très vite
35:49dans le cadre constitutionnel
35:51dans le cadre européen
35:52très contraint
35:53que je décrivais précédemment
35:54il reste des marges de manœuvre
35:55vous voyez
35:56la France se rend
35:57spécialement attractive
35:58pour certaines catégories
35:59d'immigration
36:00à motivation sanitaire et sociale
36:01on est
36:01pour ne prendre qu'un exemple
36:03le seul pays d'Europe
36:04à avoir inscrit dans son droit
36:05le principe
36:05d'un hébergement inconditionnel
36:07des clandestins
36:07donc on a 40 à 60%
36:11des places d'hébergement
36:12d'urgence de l'Etat
36:13qui sont occupées
36:14par des étrangers
36:15en situation irrégulière
36:16avec une durée médiane
36:17de séjour de 3 ans et demi
36:18rien ne nous oblige à ça
36:19dans le contexte européen
36:19on peut multiplier
36:20les exemples ponctuels
36:22de ce type-là
36:22il y aura forcément
36:23un deuxième temps d'action
36:24qui nécessitera
36:25de faire sauter
36:26les verrous successifs
36:27que nous évoquions
36:28c'est d'abord
36:29une révision constitutionnelle
36:30bien sûr
36:30pour renverser
36:31les jurisprudences
36:32de plus en plus
36:33expansives et restrictives
36:34du Conseil constitutionnel
36:35c'est aussi la révision
36:37du droit européen
36:38sur ce sujet
36:38et il me semble
36:39que la perspective
36:40est ouverte
36:40parce que le mouvement
36:41qu'on voit poindre
36:42d'abord au sein des Etats membres
36:44et maintenant au sein
36:45des institutions européennes
36:46depuis quelques années
36:46c'est un mouvement
36:47de restriction
36:48un mouvement de reprise en main
36:49et le paradoxe
36:50c'est qu'au fur et à mesure
36:52que nos voisins
36:52travaillent à être moins restrictifs
36:54la France
36:55qui était déjà très attractée
36:56travaille à être plus restrictif
36:57pardon
36:57la France qui était déjà
36:59très attractive
36:59le devient de plus en plus
37:00la France devient
37:02de plus en plus
37:02ce qu'elle était déjà
37:03assez largement
37:04c'est-à-dire un pays de rebond
37:05vers lequel on se dirige
37:07parce que les autres pays européens
37:08sont moins accueillants
37:08Partons de la Trigue
37:10Donc vous abordez
37:10on sait le dire
37:11l'immigration
37:12sur tous les aspects
37:13toutes les strates
37:14on ne va pas les répéter
37:15mais sur laquelle
37:16est peut-être
37:17la plus méconnue
37:18des Français
37:19par les Français
37:20et deuxième question
37:21sur lequel de ces sujets
37:22le débat public
37:24est le plus déconnecté
37:26Alors parmi les dimensions
37:27les plus méconnues
37:28il y en a évidemment
37:28un certain nombre
37:29je citerai sans doute
37:29l'impact de l'immigration
37:30sur l'éducation
37:31le système éducatif
37:32qui est par ailleurs
37:33peut-être le sujet brûlant
37:34au sein du thème
37:35plus largement brûlant
37:36Vous êtes dont parlait
37:37Joachim Lefloquimat
37:38Absolument
37:38Joachim Lefloquimat
37:39dans son excellente étude
37:40pour l'Observatoire
37:41de l'immigration
37:41et de la démographie
37:43Joachim
37:43qui mettait en avant
37:45et évidemment
37:45je reprends un certain nombre
37:46de ses éléments dans le livre
37:47le fait par exemple
37:48qu'aujourd'hui
37:48nous avons plus d'un élève
37:50de CM1 sur 5
37:51qui ne parle jamais
37:52ou quasiment jamais
37:53le français à la maison
37:53donc 20% au niveau national
37:55ça veut dire
37:5640, 50, 70%
37:57dans certaines classes
37:58et ça a évidemment
37:59des implications
37:59très lourdes sur l'enseignement
38:00le système éducatif
38:02essaye de faire comme il peut
38:03et notamment
38:04avec l'éducation prioritaire
38:05vous avez environ 45%
38:06des descendants
38:07d'immigrés maghrébins
38:08qui sont dans les réseaux
38:09d'éducation prioritaire
38:10les anciennes ZEP
38:11avec des moyens spécialement dédiés
38:1260% des enfants
38:14de l'immigration subsaharienne
38:15contre 20%
38:15de la moyenne des élèves
38:16c'est 3 milliards d'euros par an
38:18des résultats décevants
38:19en vérité
38:20on se retrouve
38:20à traiter en aval
38:22ce qui aurait dû être traité
38:23en amont
38:23par notre politique migratoire
38:24donc ça c'est un aspect
38:25qui est souvent méconnu
38:26et l'aspect
38:27sur lequel
38:28le débat public
38:29est peut-être souvent
38:30le moins bien éclairé
38:32c'est vraiment
38:32l'impact économique
38:33de l'immigration
38:33parce qu'on vit un corps
38:34et on l'entend
38:35dans le débat public
38:36avec ce mythe
38:36d'un besoin en immigration
38:39pour combler
38:40par exemple
38:40le déclin de la population active
38:42pour apporter aux finances publiques
38:44alors d'abord
38:44pour combler
38:46un déclin
38:46de la population active
38:47de manière efficace
38:48c'est encore faut-il
38:49que les immigrés soient au travail
38:50et nous avons dit
38:51que nous avons en France
38:52l'une des immigrations
38:53les moins en emploi d'Europe
38:54par ailleurs
38:55quand les immigrés travaillent
38:56il y a effectivement
38:57énormément d'immigrés
38:57qui travaillent
38:58ça n'est pas inutile
38:59de le rappeler
38:59ils sont beaucoup plus souvent
39:01sur des emplois
39:01peu qualifiés
39:02donc peu rémunérés
39:03les secteurs qui embauchent
39:04le plus d'immigrés
39:05dans l'ordre
39:05ce sont les employés de maison
39:07les ouvriers non qualifiés
39:09du BTP
39:09le gardiennage
39:11et la sécurité privée
39:11donc des secteurs
39:12qui ont une utilité sociale
39:13mais qui ne sont pas ceux
39:14qui créent le plus de valeur ajoutée
39:15pour le pays
39:15et puis par ailleurs
39:16on a en France
39:174,5 millions de personnes
39:19qui sont soit au chômage
39:20soit dans le halo direct
39:21du chômage
39:22ce qui est un taux
39:24relativement élevé
39:25en Europe
39:25et la priorité des politiques publiques
39:27ça doit évidemment
39:27d'assécher ce vivier
39:29de piocher dans ce vivier
39:30plutôt que d'entretenir
39:31le sous-emploi français
39:33par une immigration de travail
39:34nombreuse et peu qualifiée
39:35qui n'est jamais d'ailleurs
39:37une immigration de travail pure
39:38parce qu'on l'évoquait
39:39dans l'état de notre droit
39:40il n'y a jamais
39:41d'immigration de travail
39:42sans immigration familiale
39:43vous évoquez la dimension économique
39:44mais il y a une dimension
39:45qui me semble aussi négligée
39:46souvent c'est les conséquences
39:47politiques ou démocratiques
39:50des jeux de l'immigration
39:50j'évoquais au tout début
39:51de l'émission
39:52au Canada
39:53comment l'immigration a servi
39:54le régime fédéral l'a utilisé
39:56pour noyer le fait français
39:57pour verrouiller démographiquement
39:58l'avenir politique du Québec
40:00je peux penser à ce qui s'est passé
40:01en Grande-Bretagne
40:02quand les travaillistes disaient
40:03nous allons miser sur une immigration
40:06qui viendra soutenir
40:06le parti travailliste durablement
40:08je pense en 2012
40:09à l'élection de François Hollande
40:10lorsqu'on voit les drapeaux
40:12de tous les pays
40:12enfin pas tous les pays
40:13mais à tout le moins
40:14certains d'entre eux
40:14au moment pour célébrer son élection
40:16comme si un vote communautariste
40:17s'était mobilisé
40:18pour lui
40:19je pense aux dernières élections municipales
40:21où manifestement
40:22le changement démographique
40:23a des effets politiques
40:24est-ce qu'on peut dire
40:25et souvent ça favorise
40:26les partis de gauche
40:27je prends la peine de le dire
40:27est-ce qu'il n'y a pas
40:28une forme de lien inavoué
40:29entre immigration et socialisme
40:31ou néo-socialisme aujourd'hui
40:33oui
40:33en tout cas ça semble attesté
40:35par les données électorales
40:36dont on dispose
40:36et ça a été
40:37j'allais dire
40:37assumé explicitement
40:38il y a déjà 15 ans
40:39par la fameuse étude de Terranova
40:40qui avait pour titre
40:41gauche quelle majorité électorale
40:43qui prenait acte
40:44de la désaffection
40:45des classes populaires
40:46traditionnelles
40:47d'origine française
40:48ou d'immigration
40:48plus ancienne
40:49envers la gauche
40:50et qui prenait
40:51un concept
40:52qui n'était pas encore
40:52la nouvelle France
40:53mais qui ressemblait beaucoup
40:54c'est ce que la note appelait
40:55la France de demain
40:56la France de demain
40:57donc à la fois
40:57les diplômés
40:58les urbains
40:59les minorités sexuelles
41:00comme on dit
41:01et les électeurs
41:02issus de l'immigration
41:03et le calcul électoral
41:04un peu cynique
41:05il était très explicite
41:06dans l'étude
41:06Vincent Thiberge
41:07qui est sociologue
41:08et qui écrivait dans cette étude
41:10parlait d'un alignement
41:11de l'ordre de 80%
41:12des françaises immigrés
41:13et de leurs enfants
41:14sur la gauche
41:1490% dans certaines immigrations
41:16et cette note
41:17qui était essentiellement
41:18destinée à la social-démocratie
41:20et bien c'est la France insoumise
41:21en fait
41:21qui en a tiré
41:22les conclusions
41:22les plus amples
41:23et les plus efficaces
41:24on le voit d'ailleurs
41:25de manière très établie
41:27si vous prenez
41:28la part des 0-18 ans
41:30d'origine extra-européenne
41:31dans des territoires
41:32à très forte immigration
41:33comme l'Incène-Saint-Denis
41:34ou Marseille
41:35en 2017
41:36et les résultats
41:37de Jean-Luc Mélenchon
41:38en 2022
41:39à la présidentielle
41:40vous vous rendez compte
41:40que d'une commune
41:41à l'autre
41:42de Seine-Saint-Denis
41:43ou d'un arrondissement
41:43à l'autre de Marseille
41:44vous avez une corrélation
41:45quasi parfaite
41:46entre la part
41:47de population
41:48d'origine extra-européenne
41:49et le vote
41:50pour Jean-Luc Mélenchon
41:51c'est clairement
41:51le pari démographique
41:52que fait LFI
41:53il y a une élection
41:55qui approche
41:55peut-être que l'immigration
41:56sera l'un des sujets
41:59et donc un sujet de débat
42:00et vous
42:00vous avez débattu
42:01avec les personnes
42:02qu'on avait nommées
42:03un peu plus tôt
42:03Ersan, Le Bras
42:04vous savez
42:04ces intellectuels engagés
42:06engagés c'est quand
42:06on est de gauche
42:07quand on n'est pas de gauche
42:08on est polémiste
42:08et face justement
42:10à vos faits
42:11face à vos preuves
42:12quelle était
42:13leur stratégie de réponse
42:14Écoutez alors
42:16souvent
42:17puisque l'approche factuelle
42:18qui est la nôtre
42:19a le mérite de laisser
42:20assez peu de prise
42:20aux critiques de fond
42:21on va détourner la conversation
42:23on va parler de
42:25tel ou tel donateur
42:26de l'observatoire
42:26comme si ça avait
42:27un quelconque rapport
42:28avec le fond des sujets
42:29d'immigration
42:29dont nous parlons aujourd'hui
42:31on va nous expliquer
42:32que certes
42:33nos chiffres sont exacts
42:35mais que par ailleurs
42:35ils fabriquent de la peur
42:36alors écoutez
42:37si on fabrique de la peur
42:38sans tricher sur les chiffres
42:38vous voyez c'était
42:40le titre et le sous-tit
42:41d'un article du Monde
42:42il y a quelques semaines
42:42sur l'observatoire
42:43de l'immigration
42:43et de la démographie
42:44le think tank
42:45qui fabrique de la peur
42:46mais l'OID
42:46ne triche pas sur les chiffres
42:47on sait peut-être
42:48que la réalité est inquiétante
42:49en tout cas il me semble
42:50que la posture
42:51de ces messieurs
42:54d'immigration
42:54de ces experts légitimes
42:56et d'une certaine façon
42:57ce qui représente
42:57l'officialité
42:58de l'expertise
42:59en matière d'immigration
42:59devient de plus en plus délicate
43:01parce qu'il y a
43:02une marée du réel
43:03qui monte
43:03qui est perçue
43:04de manière très empirique
43:05par nos concitoyens
43:07et quand on va
43:08directement au fait
43:09sans passer par
43:10l'intercession
43:11qui serait nécessaire
43:12de cette officialité
43:13on se rend compte
43:14que bien souvent
43:14les français ont raison
43:16de voir ce qu'ils voient
43:16et c'est l'une des raisons
43:18d'être de ce livre
43:18c'est de donner
43:19à chacun de nos concitoyens
43:20les faits
43:21de manière claire
43:22et accessible
43:23sans tabou
43:23pour qu'on puisse se saisir
43:25chacun d'entre nous
43:26puisse se saisir
43:26de ce sujet
43:27qui engage l'avenir du pays
43:28mais qui engage déjà
43:29assez largement son présent
43:30il nous reste le temps
43:31une dernière question
43:32justement
43:32puisque tout le dispositif
43:34technocratique mis en place
43:35fait tout pour rendre
43:36invisible cette question
43:37c'est-à-dire
43:38les chiffres sont disponibles
43:39à obtenir
43:39certaines statistiques
43:40sont interdites
43:41est-ce qu'il est difficile
43:42d'obtenir les faits
43:44vous partez à la recherche
43:44des faits
43:45est-ce qu'il est difficile
43:45de trouver ces faits
43:46aujourd'hui
43:47est-ce qu'ils sont
43:48finalement dissimulés
43:49cachés
43:50ou rendus invisibles
43:51par incompétence
43:52est-ce qu'il est difficile
43:52de produire les faits
43:53que vous réussissez
43:54à obtenir aujourd'hui
43:54oui c'est délicat
43:55alors on a
43:56beaucoup plus de données
43:57que ce qu'on imagine parfois
43:58et c'est aussi
43:59ce qui permet à ce livre
44:00d'être je le pense
44:01assez dense
44:02et assez riche
44:03en enseignement
44:04on nous dit souvent
44:05que les statistiques
44:05ethniques sont interdites
44:06alors c'est vrai
44:07qu'en France
44:07on n'a pas de statistiques
44:08à la mode britannique
44:09par exemple
44:10où les gens se déclarent
44:11dans le recensement
44:12blanc britannique
44:13ou asiatique pakistanais
44:14ou noir caribéen
44:15des statistiques
44:16qu'on dirait raciales
44:17en France
44:17ça n'existe pas
44:18en revanche
44:19on a un appareil de statistiques
44:20sur l'origine migratoire
44:22des populations
44:22sur une, deux, trois générations
44:24et ça permet de dresser
44:25des constats majeurs
44:26d'abord que
44:27toutes les immigrations
44:28ne sont pas les mêmes
44:29toutes ne produisent pas
44:30les mêmes résultats
44:30d'intégration économique
44:31éducative culturelle
44:33et ça permet aussi
44:34de voir que les difficultés
44:35d'intégration dans l'emploi
44:36par exemple
44:37ne disparaissent pas
44:38d'une génération à l'autre
44:39le taux de chômage
44:40des descendants d'immigrés
44:41par exemple
44:41il est aussi élevé
44:42que celui des immigrés eux-mêmes
44:43qui est lui-même
44:44le double des français
44:45sans ascendance migratoire
44:46il est parfois même
44:47plus élevé
44:48à la deuxième génération
44:49sur certaines immigrations
44:50originaire du Maghreb
44:51ou de l'Afrique subsaharienne
44:52par exemple
44:53donc l'obstacle
44:54sur ce sujet
44:55il est moins légal
44:56qu'un obstacle
44:57de collecte des données
44:59et je suis surpris
45:00par exemple
45:01que l'INSEE
45:01ne fasse pas régulièrement
45:02une enquête
45:03sur l'origine migratoire
45:04sur plusieurs générations
45:05des personnes
45:06dans le système carcéral
45:07par exemple
45:07il n'y aurait aucun obstacle
45:08législatif en la matière
45:09parce qu'ils le font
45:10sur d'autres sujets
45:11et il me semble
45:11que le thème
45:12est suffisamment présent
45:13dans le débat public
45:14pour qu'on puisse en parler
45:14Merci beaucoup Nicolas
45:16pour Romonti
45:17d'avoir été l'invité
45:18de Face à Boc-Côté
45:19Merci Mathieu
45:20Merci Arthur
45:21Tout de suite
45:22vous retrouverez
45:22Eliott Deval
45:23pour l'Heure des Pros
45:24Bonne soirée à tous
45:25sur CNews
45:26Merci à tous
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