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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Beaucoté.
00:05Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:06Ravie de vous retrouver, Arthur de Vatrigan.
00:08Bonsoir.
00:09Bonsoir, Eliott.
00:10Le point sur l'information avec Isabelle Piboulot.
00:12Bonsoir, chère Isabelle.
00:16Bonsoir, Eliott.
00:17Bonsoir à tous.
00:18Attentat déjoué la nuit dernière au siège parisien de la Bank of America,
00:22une première depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
00:25Des policiers ont interpellé un homme qui venait de déposer un engin explosif artisanal devant les locaux.
00:32Il a été placé en garde à vue alors qu'un second a pris la fuite.
00:35Le mis en cause a affirmé être mineur et de nationalité sénégalaise.
00:39Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête.
00:42Un homme abattu par plusieurs balles hier soir à Vaud-en-Velin près de Lyon.
00:47La victime, âgée de 29 ans, était connue de la police et de la justice.
00:51Une enquête a été ouverte pour meurtre en bande organisée
00:54et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée.
00:58Il s'agit de la troisième victime touchée par arme à feu en une semaine.
01:02Un homme a été tué à Vénitieux et un autre grièvement blessé à Villeurbanne.
01:06Le député insoumis François Picmal dépose un recours
01:09dans le but de demander l'annulation de l'élection municipale à Toulouse.
01:14Des ingérences numériques étrangères sont évoquées,
01:17de faux sites et de faux comptes sur Internet,
01:19visant à altérer l'information des citoyens et peser sur le résultat du scrutin.
01:24Candidat de l'Union de la Gauche, François Picmal s'est incliné au second tour
01:28face au maire sortant Jean-Luc Moudinque.
01:31Déplacement historique du souverain pontife à Monaco.
01:34Face à plus de 5000 personnes,
01:36le pape Léon XIV a dénoncé les abîmes entre pauvres et riches qui se creusent.
01:41Il a également rappelé l'attachement de l'église à la défense de la vie
01:45lors d'une messe exceptionnelle au stade Louis II.
01:48Et puis des accords ont été signés entre l'Ukraine et les pays du Golfe
01:52comme le Qatar et l'Arabie Saoudite.
01:55Une coopération lancée pour 10 ans selon Volodymyr Zelensky
01:58dans le domaine de la défense notamment.
02:01Un engagement visant à mettre en place des chaînes de production conjointes
02:05pour lutter contre les menaces liées aux missiles et aux drones
02:07qui espèrent conclure un accord aussi avec les Émirats.
02:12Merci Isabelle Piboulot pour le point sur l'information.
02:15À la une de face à Mathieu Bocoté, en un quart de siècle,
02:18la France a connu une transformation à vitesse grand V.
02:21À tel point qu'aujourd'hui, certains parlent d'un territoire archipélisé.
02:25Le poids de la gauche culturelle et politique dans cette transformation n'a rien de superficiel.
02:31Et ce sera l'édito de Mathieu Bocoté à l'aune de la disparition de Lionel Jospin.
02:37À la une également, la mort de Loana, dont le corps a été retrouvé cette semaine,
02:42a marqué l'actualité, première figure de la télé-réalité.
02:46Que symbolise Loana dans notre société pour les nouvelles générations ?
02:50Élément de réponse dans cette émission.
02:53Enfin, Stéphane Courtois et votre invité historien,
02:56on va parler du trospisme en France de Jean-Luc Mélenchon
03:00en passant par Lionel Jospin encore.
03:02Entretien à suivre.
03:03À 19h30, Mathieu Bocoté, la mort de Lionel Jospin cette semaine
03:08a permis aux Français de voir de quelle manière
03:10leur pays s'est transformé en un quart de siècle.
03:13Peut-être a-t-elle aussi permis de voir dans quelle mesure
03:16le PS a profondément marqué le paysage français.
03:21Et ce sera le sujet de votre première édito.
03:23Vous savez, il y a une expression dans la science politique anglophone,
03:26on appelle ça quelquefois le parti naturel de gouvernement.
03:29Le parti naturel de gouvernement, c'est le parti qui, dans un pays,
03:33correspond le plus à l'esprit des institutions,
03:35comme si finalement c'était le prédisposé par le système à exercer le pouvoir.
03:40On peut dire qu'en France, de 1958 à 1981,
03:43le parti naturel de gouvernement, c'était le parti gaulliste.
03:46Eh bien, on peut dire que depuis 1981, et plus encore aujourd'hui,
03:51plus encore, je dirais jusqu'aux années Hollande, que dis-je,
03:55le parti naturel de gouvernement, c'était le parti socialiste.
03:58Donc, le parti socialiste avait une philosophie, il y avait des contradictions,
04:01il y avait des divisions, mais il avait une philosophie,
04:03et il a profondément transformé, non seulement la manière de gouverner le pays,
04:07mais son imaginaire, sa culture, sa manière de fonctionner,
04:12ses valeurs, sa représentation de lui-même.
04:14Et je vais donner quelques exemples pour cela,
04:16pour le dire finalement, nous sommes tous aujourd'hui,
04:19qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en désole,
04:21nous sommes tous aujourd'hui socialistes, quelquefois malgré nous.
04:25Par exemple, dans notre consentement à l'État social,
04:29un État social qui organise l'ensemble de la société jusqu'au temps de travail
04:33de manière particulièrement tationne, avec l'héritage des 35 heures,
04:37nous sommes tous aujourd'hui des socialistes à accepter le fait
04:39que l'État puisse à ce point structurer le marché du travail.
04:44Nous sommes tous socialistes avec le consentement généralisé
04:46au logement social dans les villes,
04:49donc le logement social avec la loi SRU, dont on a souvent parlé ces derniers temps,
04:52donc c'est une forme de soviétisation du logement en France,
04:55la collectivisation du logement en France,
04:57donc le logement social qui n'est plus réservé aux malheureux,
05:01mais qui devient en fait une manière normalisée de se loger dans le pays.
05:06De la même manière, nous avons, nous sommes tous socialistes
05:09dans la mesure où nous avons consenti à la définition généralement admise
05:13du progrès sociétal.
05:15Donc vous voyez tous les progrès sociétaux qu'on a fait depuis les socialistes,
05:18tout a été accepté et ceux qui contesteraient ces acquis sociétaux aujourd'hui
05:23passeraient pour deux vilains réactionnaires absolument infréquentables.
05:27Donc nous sommes tous devenus des socialistes sociétaux aujourd'hui.
05:30De la même manière, la naturalisation des migrants portée par Jospin
05:35et la naturalisation se sont multipliées au fil du temps.
05:38La régularisation des sans-papiers, on disait aussi,
05:41mais que voit-on là-dedans si ce n'est que nous avons tous accepté
05:44un changement démographique du pays qui fait en sorte qu'il n'aura plus jamais
05:48le même visage culturellement parlant.
05:51Nous avons aussi accepté, soit dit en passant,
05:54un changement de la définition de l'identité française.
05:57Depuis le début des années 2000, toute référence à l'identité française
06:01sur le plan substantiel, culturelle, historique, identitaire,
06:05inscrite dans la mémoire longue, inscrite dans ce que
06:08Bali Bagayoko appelle les populations historiques d'un pays.
06:12Pour citer ce concept qu'il utilise.
06:15Eh bien, l'idée d'une continuité historique de l'identité française
06:18n'existe plus. La seule manière de parler d'identité française
06:21aujourd'hui, c'est par la République.
06:22Donc, il y a une confiscation du référent identitaire.
06:26La République, c'est important, évidemment.
06:27Mais une confiscation du référent identitaire dans la République,
06:30donc il y a deux options.
06:32République au multiculturalisme, mais au diversitarisme,
06:35mais l'idée d'une continuité dans une tradition gaullienne,
06:38pour faire sans mauvaise blague,
06:39qu'une tradition gaullienne de l'identité substantielle,
06:41n'existe plus vraiment dans le débat public.
06:44De la même manière, depuis ces années-là,
06:46on a assisté à une extension des lois de censure,
06:48quoi qu'on en dise.
06:49Les lois de censure, apparemment pour civiliser
06:51la parole publique, mais dans les faits,
06:54pour restreindre toujours davantage la parole
06:56des uns et des autres au long de la lutte contre la haine,
06:58et ainsi de suite, se sont multipliées.
06:59Est-ce que quelqu'un aujourd'hui propose de faire sauter
07:02ces lois-là, liberticides?
07:04Non, pas que je le sache, sauf à la marge.
07:06Donc, nous sommes aussi dans un héritage socialiste.
07:08Et on pourrait dire aussi, soit dit en passant,
07:10que Lionel Jospin marque le passage
07:12vers le renoncement à la laïcité.
07:14Mais lui, ça, ça remonte avant même
07:15qu'il n'ait été premier ministre.
07:17On l'a suffisamment dit.
07:18C'est lorsqu'il était ministre de l'Éducation
07:20qu'il a véritablement permis la première brèche
07:23en matière d'islamisation du pays.
07:26Alors, ce qu'on doit comprendre,
07:27c'est que toutes ces évolutions,
07:29cette transformation du pays en 25 ans,
07:30n'est pas le fruit d'une évolution naturelle.
07:34C'est une erreur d'amateur,
07:36c'est une erreur de journaliste,
07:37c'est une erreur de mauvais sociologue
07:39que de croire que les grandes transformations
07:41dans une société sont le fruit d'évolutions
07:43simplement naturelles,
07:44comme si finalement les mœurs s'évoluaient
07:46au même rythme que le marché.
07:48Ce qui s'est passé en 25 ans,
07:49l'essentiel de ces changements,
07:51c'était piloté par l'État,
07:53par un appareil étatique lourd
07:56qui a entrepris un travail de rééducation sociale.
07:59Je pourrais ajouter, soit dit en passant,
08:01dans ma liste de changements sociaux,
08:03on a parlé du rôle de la parité
08:04dans les élections municipales
08:05qui venaient compliquer la vie
08:06des petites communes, et ainsi de suite.
08:08Mais la parité, à l'origine,
08:08c'est Lionel Jospin aussi.
08:10Donc, c'est Jospin qui considère
08:11qu'on ne doit plus voter pour les gens
08:13en fonction de leur individualité,
08:14de leurs compétences,
08:15mais en fonction de leur sexe.
08:17Donc, le premier marqueur
08:19de communautarisme sexuel
08:20dans la vie politique française,
08:22de ce point de vue,
08:23c'est Lionel Jospin qui nous dit
08:24la parité,
08:25donc on ne représente plus
08:26les individus à la nation,
08:27mais les sexes à l'intérieur du corps social.
08:30Donc, on a eu véritablement
08:32un État qui a piloté
08:33cette transformation sociale,
08:35qui l'a révolutionné.
08:36C'est une révolution permanente,
08:38en quelque sorte.
08:39Et là, vous voyez mon petit jeu de mots,
08:40révolution permanente égale Trotsky.
08:42C'est le concept au cœur du trotskisme.
08:44Eh bien, qu'est-ce qu'on peut voir,
08:45c'est l'État, dans nos sociétés,
08:47sous l'impulsion des socialistes,
08:49n'est plus un gardien
08:50de ses fonctions régaliennes,
08:52n'est plus le défenseur des libertés,
08:54ce qui est le pacte premier
08:55de l'État moderne.
08:56L'État est un instrument
08:57à transformer en permanence
08:59la société pour l'arracher
09:01à sa culture,
09:02pour l'arracher à ses mœurs,
09:03pour l'arracher à ses libertés
09:05et pour pousser toujours plus loin
09:07la rééducation
09:07et la reconfiguration
09:08de la société.
09:09De ce point de vue,
09:11de ce point de vue,
09:12le Parti socialiste
09:13a profondément imprégné la France
09:15au point de la transformer aujourd'hui.
09:16Vous me direz,
09:17il est électoralement mort aujourd'hui.
09:19C'est à peu près vrai,
09:19sauf dans les villes,
09:20mais on fera une nuance importante.
09:22Le Parti socialiste
09:23contrôle encore
09:23toutes les institutions
09:24de l'État profond
09:25pour reprendre ce concept
09:26qu'on devrait normaliser,
09:27mais aussi la gauche d'innovation,
09:31la gauche radicale,
09:31celle qui fixe le cap de la gauche.
09:33Aujourd'hui, c'est LFI
09:34et demain,
09:35ce sera la prochaine étape de LFI,
09:36c'est-à-dire comme en Grande-Bretagne,
09:37une forme de radicalisation
09:38du communautarisme,
09:39mais le Parti socialiste
09:40est à la traîne
09:41et en fait,
09:42le PS,
09:43pardonnez-moi,
09:43LFI version Mélenchon,
09:44ne fait que radicaliser
09:46des mouvements engagés
09:47depuis 25 ans,
09:48sinon 40.
09:49L'héritage de Lionel Jospin
09:50et Mathieu Beaucoté
09:51a pourtant été célébré
09:52cette semaine.
09:53Comment l'expliquez-vous ?
09:54Oui, il a été célébré.
09:55Alors, il y a deux choses.
09:56Il faut évidemment
09:56rendre honneur aux morts.
09:58Ça va de soi,
09:58rendre hommage aux morts.
09:59Moi, je ne suis pas de ceux,
10:00je ne tolère pas
10:01ceux qui vont cracher
10:02sur un cadavre.
10:03Je trouve que c'est
10:03un manque de civilité élémentaire.
10:05Mais il faut distinguer
10:06deux choses
10:07entre cracher sur un cadavre
10:08et célébrer
10:09de manière obligatoire
10:10une œuvre politique.
10:11Or, je pense qu'il faut
10:12distinguer les deux.
10:12Je ne doute pas
10:13du fait que Lionel Jospin
10:14était un homme d'honneur.
10:15Je ne doute pas
10:16que c'est un homme
10:16qui, à sa manière,
10:17a voulu servir son pays.
10:19Mais nous pouvons
10:19contester l'héritage.
10:21Donc, qu'est-ce que
10:21j'entends par là ?
10:22Le système a réussi
10:24à transformer
10:25Lionel Jospin cette semaine.
10:26Il a réussi un mouvement,
10:27on pourrait dire,
10:28de panthéonisation immédiate
10:30de Lionel Jospin
10:31qui était transformé
10:32en Saint-Républicain immédiat.
10:35Donc, un peu sur le mode
10:36badinter, rappelez-vous.
10:38Mais je reviendrai
10:39dans un instant.
10:40Donc, panthéonisation
10:41médiatique première.
10:43Donc, qu'est-ce qu'on voit
10:44à travers ça ?
10:44On voit à quel point
10:45l'imaginaire du pays,
10:46je parlais du socialisme mental,
10:48mais le socialisme marque
10:49profondément l'imaginaire
10:50du pays.
10:51Je vais donner
10:52quelques exemples.
10:53Prenez les références
10:54obsessionnelles à Jaurès.
10:55Alors, moi, j'ai beaucoup
10:56de respect pour Jaurès
10:56comme tout le monde,
10:57mais quand la droite nationale
10:58elle-même se semble,
10:59j'ai dit, Jaurès aurait voté
11:01pour nous, Jaurès aurait voté
11:02pour nous.
11:02Qu'est-ce qu'on voit là-dedans ?
11:03Sinon que les grandes figures
11:05symboliques du pays
11:06sont à gauche
11:07et tous doivent se les approprier,
11:09quitte ensuite
11:10à les décliner autrement
11:11au temps présent.
11:12Donc, c'est un élément,
11:13un premier élément important,
11:14je crois.
11:15Ce socialisme mental
11:16se voit dans le panthéon
11:19imaginaire de la République.
11:20De la même manière,
11:21la complaisance pour Trotsky,
11:23il faut quand même le dire,
11:23moi, ça me frappe,
11:24on va en parler
11:24avec notre invité
11:25dans un instant.
11:26Trotsky est une figure
11:27qui, dans l'histoire de la gauche,
11:29est une figure au mieux autoritaire,
11:32de mon point de vue totalitaire,
11:34mais l'histoire de l'extrême-gauche
11:36est ainsi faite
11:36que Trotsky est le premier dissident
11:38par rapport à Stéline
11:38dans le grand récit.
11:40Il y aurait des nuances à faire.
11:41Donc, dès lors,
11:42c'est celui qui marque
11:43un refus du stalinisme
11:44et il ouvrirait une forme
11:46d'ouverture démocratique
11:47à l'intérieur du camp révolutionnaire.
11:48Il n'en demeure pas moins
11:49que c'est une figure
11:50qui, à l'échelle de l'histoire,
11:51se range du côté des tyrans.
11:53Or, qu'est-ce qu'on voit ?
11:54Eh bien, le passage par le trotskyisme
11:56est vu comme une forme de passage
11:57qui ne porte pas vraiment
11:58en conséquence,
11:59qui n'est pas très grave,
12:00qui est presque...
12:01C'est un espèce
12:02de petit passage démocratique,
12:03même s'il a infiltré,
12:04par ailleurs,
12:04le Parti socialiste
12:05sur le mode trotskyiste.
12:06Il était sur le mode
12:07de l'infiltration.
12:08Ce n'est pas un détail.
12:09La mémoire du 20e siècle,
12:10je l'ai dit.
12:11Donc, il y a le rapport
12:13au communisme
12:13et au fascisme,
12:14au nazisme.
12:15C'est une forme
12:15de rapport asymétrique,
12:16alors que je sache
12:17que l'expérience totalitaire
12:18et concentrationnaire
12:19était des deux côtés.
12:21On pourrait même
12:22aller jusqu'aux intellectuels.
12:23Quand je dis
12:23qu'il y a une forme
12:23de privilège progressiste
12:26dans l'imaginaire public,
12:28même la droite adore
12:29les intellectuels de gauche
12:30qui ne sont plus de gauche.
12:31C'est-à-dire,
12:32quel est l'intellectuel idéal
12:33pour un homme de droite ?
12:34C'est un homme
12:35qui autrefois était de gauche
12:36et qui aujourd'hui
12:37n'est plus de gauche
12:38tout en demeurant
12:39sa manière fidèle à la gauche.
12:40Je fais un clin d'œil ici
12:41à un homme pour qui
12:42j'ai la plus grande estime
12:43que j'apprécie énormément,
12:44Alain Finkielkraut,
12:45qui est un des grands
12:45philosophes français aujourd'hui.
12:47Mais ce qui est fascinant,
12:48c'est que dans l'admiration
12:49qu'une partie de la droite
12:50a pour lui,
12:51il y a aussi cette idée
12:52que voilà un homme repenti.
12:53Voilà un homme
12:54qui était de gauche,
12:55qui ne l'est plus,
12:56qui lui est un fidèle
12:57et qui nous respecte néanmoins.
12:59Mais on pourrait dire
13:00que c'est Alain Finkielkraut,
13:01c'est Marcel Gauchet,
13:02c'est tant de grands intellectuels
13:05absolument admirables,
13:05mais qui ont passé
13:06par la case gauche
13:07avant d'avoir des doutes
13:08à son endroit.
13:09Ça, c'est d'une certaine manière
13:10dans la hiérarchie
13:12des intellectuels,
13:13l'intellectuel de gauche
13:14qui n'est plus de gauche
13:14est le préféré.
13:15Ceux qui ont eu
13:16le bon goût, le mauvais goût
13:17de toujours être de droite
13:18d'une manière ou de l'autre,
13:19ceux-là franchement
13:20nous intéressent plus ou moins.
13:21Ceux qui n'ont jamais
13:22véritablement passé
13:23par la case socialiste
13:24ou qui ne l'ont pas mis
13:25dans le...
13:26Ce n'est pas au cœur
13:26de leur récit,
13:28chez eux,
13:28ça donne autre chose.
13:29Donc je pense à des gens
13:30comme Julien Freund,
13:31qui par ailleurs,
13:32si je peux me permettre,
13:32avant la guerre,
13:32était socialiste.
13:34Jules Monroe,
13:35qui lui ont été socialiste
13:36mais ça fait vraiment
13:36partie de leur jeunesse.
13:38Alain Benoît,
13:40Michel Geoffroy aujourd'hui,
13:41Jean-Louis Arouel,
13:42Paul-François Paoli,
13:44François Bousquet,
13:45Laurent Dendrieux.
13:47Il y a beaucoup,
13:48beaucoup d'écrivains
13:49et d'intellectuels
13:49qui n'ont pas commencé
13:51en étant de gauche
13:51avant d'arriver à droite.
13:53Eh bien, la droite
13:53les dédeigne un peu
13:54d'une certaine manière
13:54parce que c'est comme
13:55s'ils étaient un peu
13:56moins intéressants
13:57dans leur parcours
13:58et par ailleurs,
13:59la gauche médiatique
14:00a toujours la même méthode
14:00d'exécution à leur endroit.
14:02Soit on les invisibilise,
14:04soit on réduit leur œuvre
14:05à une condamnation
14:06ou à un propos décontextualisé
14:08et à la fin,
14:10on les transforme en monstres
14:11comme on l'a vu
14:11soit dit en passant
14:12dans le magazine du Monde
14:13ce week-end
14:14avec encore une fois
14:15un portrait qui transforme
14:16Jean Raspail en monstre.
14:17Et plus largement,
14:18même les concepts
14:19utilisés par la droite
14:20pour défendre aujourd'hui
14:21ses propres valeurs,
14:22guerre culturelle,
14:23décence commune, laïcité,
14:24sont des concepts
14:25fort honorables assurément.
14:26Mais les concepts
14:27qui appartiennent
14:28à l'univers de la gauche
14:29et qui ne sont récupérés
14:30que par la droite
14:31après coup sur le monde
14:31nous prenons vos restes,
14:32nous en voulons,
14:33ça nous permet de nommer
14:34ce qu'on n'ose pas
14:35nommer par soi-même.
14:36À vous entendre,
14:36Mathieu Bocoté,
14:37le socialisme est finalement
14:38l'idéologie dominante
14:42et surtout contrefactuel.
14:43Oui, on pourrait dire
14:44qu'après 1989,
14:45on avait l'impression
14:46que le socialisme était mort.
14:47Je comprends l'idée,
14:48le néolibéralisme.
14:49Ce qu'on a vu,
14:50c'est la mondialisation,
14:51ça c'est vrai.
14:51Mais voyons nos sociétés
14:52aujourd'hui.
14:53Le portrait des sociétés
14:54occidentales n'est pas
14:54que de la France.
14:55Jamais nos sociétés
14:56n'ont été autant administrées.
14:59Jamais la technostructure
15:00n'a été aussi lourde.
15:02Jamais nos sociétés
15:03n'ont été autant bureaucratisées
15:04dans la gestion du quotidien.
15:07Jamais nos sociétés
15:07n'ont subi une telle propagande
15:09à temps plein
15:09dans tous les domaines,
15:10ne serait-ce que dans la manière
15:11de se draguer,
15:12dans la manière
15:12de combien de légumes
15:13on doit manger par jour,
15:14la manière de se promener
15:15en société,
15:16nous vivons sous le règne
15:17de la propagande permanente.
15:18Les sociétés
15:19n'ont jamais été aussi imposées,
15:20les sociétés démocratiques,
15:21l'écrasement fiscal.
15:23Nos sociétés
15:23n'ont jamais été aussi
15:24submergées démographiquement.
15:26Nos sociétés
15:26n'ont jamais été
15:27aussi peu démocratiques
15:28avec le transfert des pouvoirs
15:29loin du Parlement
15:30et des élus.
15:31Nos sociétés
15:32ont été profondément
15:33déchristianisées
15:34et je les dis,
15:34elles ont été profondément
15:35transformées démographiquement
15:36comme plusieurs le souhaitaient.
15:37Donc, de ce point de vue,
15:38nous vivons dans un temps
15:39socialiste
15:40que nous ne nommons pas
15:41socialiste.
15:42Et je pense que la mort
15:43de Lionel Jospin,
15:44qui est un homme
15:44qui, je le redis,
15:45est un homme honorable lui-même,
15:47ne devrait pas nous obliger
15:48à célébrer
15:49ce que le socialisme
15:51comme bande organisée,
15:54comme philosophie,
15:55comme idéologie,
15:56a imposé
15:56non seulement à cette société,
15:57mais à l'ensemble
15:58des sociétés occidentales
15:59depuis 25, 30, 40 ans,
16:01d'autant que les dommages,
16:02quelquefois,
16:02sont probablement irréversibles.
16:05Arthur Devatrigan
16:05sur l'évolution
16:06de la France
16:08en l'espace
16:09de 25 ans
16:10et, en quelque sorte,
16:12le poids
16:13de cette gauche
16:15culturelle,
16:15politique,
16:16médiatique
16:17dans cette évolution.
16:18On est au top,
16:19ça se voit,
16:20on n'a jamais été aussi,
16:21la France,
16:21elle est même aussi grande,
16:23majestueuse,
16:23impérielle.
16:25Bon, on doit
16:25le respect aux morts,
16:26évidemment,
16:26mais comme disait l'autre,
16:27là-bas,
16:28on n'est pas non plus
16:28une excuse.
16:29Alors,
16:29c'est vrai que,
16:30si on regarde
16:31le bilan politique
16:32de Lionel Jospin,
16:33on se dit aussi,
16:35au regard d'ailleurs
16:35de celui de François Mitterrand,
16:37que les socialistes
16:38ont le génie
16:38pour faire perdurer
16:39l'héritage
16:40bien au-delà de leur mort.
16:41Alors,
16:41c'est le génie
16:42des faux soyeurs,
16:43mais c'est quand même
16:43du génie.
16:44On va être très factuel,
16:46quels sont les principaux mots
16:47de la France ?
16:48Point de vue économique,
16:50c'est la Bérezina,
16:51les hôpitaux,
16:52ça ne marche plus,
16:53le chômage augmente,
16:55il n'y a plus de salaire.
16:56C'est quoi l'héritage
16:57de Lionel Jospin ?
16:59Les 35 heures.
17:00Au niveau de la souveraineté,
17:02on est moins libre
17:02qu'un laquais,
17:03et dès qu'il y a
17:03une crise énergétique
17:05qui se profile,
17:06là c'est la catastrophe,
17:07quel est l'héritage
17:08de Lionel Jospin ?
17:09L'arrêt définitif
17:10du Superphénix,
17:11le 2 février 1998,
17:13pour faire plaisir
17:14à Voiné,
17:14c'est 4% de vert.
17:16Enfin,
17:16si on prend
17:17un troisième problème,
17:19Mathieu l'a rappelé,
17:20on vit un basculement
17:21culturel et démographique
17:22jamais vu,
17:23quel est l'héritage
17:24de Lionel Jospin ?
17:25La loi SRU,
17:27qui impose
17:27un quota minimum
17:28de logements sociaux,
17:30si on prend
17:30le rapport au Boin,
17:31la France détient
17:32un quart des 21 millions
17:34de logements sociaux
17:35dans toute l'Union Européenne,
17:36on est fort,
17:37mais les HLM
17:38sont trustés
17:39par une immigration
17:40massive
17:41et extra-européenne.
17:43Ensuite,
17:43on prend
17:43l'aide médicale d'État
17:44créée par Lionel Jospin,
17:45qui je rappelle
17:46jusqu'au début
17:46des années 2000
17:47remboursait
17:48les cures thermales.
17:50Il ne faut quand même
17:50pas l'oublier.
17:51Il y avait l'aide médicale
17:52d'urgence
17:52qui existait déjà
17:53depuis des décennies.
17:54Puis sans oublier
17:55évidemment l'affaire
17:55du voile de Creil
17:56quand il était ministre
17:57de l'Éducation nationale
17:58et qui avait déclaré
17:59devant les journalistes
18:00qu'est-ce que vous voulez
18:01que ça fasse
18:01que la France islamise ?
18:03On pourrait demander
18:04à la famille
18:04de Samuel Paty.
18:05Alors heureusement,
18:06le service public
18:07est là pour assurer
18:08le service après-vente.
18:08En l'espace de deux mois,
18:10on a eu deux grandes figures
18:10du socialisme
18:11qui sont parties.
18:12La première symboliquement
18:13de Jacques Lang,
18:14la deuxième,
18:15Lionel Jospin.
18:16Et qu'est-ce qu'on a
18:17pu entendre sur France Inter ?
18:18Il y a un mois,
18:19dans les mots,
18:20dans la bouche de Patrick Cohen,
18:21Jacques Lang a été
18:22le plus grand ministre
18:23de la culture de la cinquième
18:24et dans la bouche
18:27de Najat Vallaud-Belkacem
18:28a interrogé,
18:28Lionel Jospin
18:29a été le plus grand ministre
18:30ou premier ministre
18:31de la cinquième.
18:32C'est vrai qu'on a
18:33la canonisation facile
18:34sur France Inter.
18:35Néanmoins,
18:35je ne suis pas certain
18:36que le purgatoire
18:37il y a les 35 heures.
18:38Autre sujet à présent.
18:40Parlons de Loana,
18:43une figure du monde
18:44de la télé-réalité.
18:46La mort de Loana a choqué,
18:48sans vraiment surprendre.
18:49Depuis des années,
18:50on la savait,
18:51en grande difficulté.
18:52D'autres diront
18:53en chute libre.
18:54Et sa mort nous permet
18:55de revenir sur l'époque
18:56qu'elle a incarnée,
18:57sur le symbole
18:58qu'elle est devenue
18:59pour le meilleur
19:00et pour le pire.
19:00Et c'est sur cette époque
19:01que vous reviendrez,
19:02Mathieu Bocoté.
19:03Oui, je ne m'attarderai pas
19:04sur tous les détails
19:05qu'on a eus cette semaine.
19:07Je les tiens pour connus.
19:08Je les tiens pour connus.
19:09Ce qui m'intéresse,
19:10c'est le cycle,
19:11en fait,
19:12le cycle presque culturel,
19:15le cycle médiatique,
19:15le cycle civilisationnel
19:16qu'elle amorce bien
19:17malgré elle.
19:18Alors,
19:18quel est le point de départ ?
19:19On le sait,
19:19c'est l'apparition,
19:20c'est la figure première
19:21de la téléréalité en France.
19:23Or,
19:24qu'est-ce qu'il y a
19:24dans la téléréalité ?
19:25Vous connaissez le principe.
19:26On enferme,
19:27au moins c'est comme ça
19:27dans l'off story,
19:28on enferme des gens
19:29dans une maison,
19:30on leur dit
19:30vous allez tous
19:30devenir célibataires,
19:31vous êtes célibataires,
19:34vous allez tous
19:35chercher à vous mettre
19:35en couple
19:36et le couple heureux
19:37aura droit à la cagnotte.
19:40Donc,
19:40il y a une double
19:40toute puissance
19:41des gens
19:41dans ce modèle
19:42de la téléréalité.
19:43La toute puissance
19:44du réalisateur
19:44qui montre bien
19:45ce qu'il veut montrer
19:46de ces gens enfermés,
19:48de ces gens enfermés
19:49dans un espace clos.
19:50Et de l'autre côté,
19:51la toute puissance
19:52du public
19:52qui se permet
19:53d'éliminer,
19:54oui ou non,
19:54selon ses choix,
19:55celui qu'il aime,
19:55celui qu'il n'aime pas.
19:57Deuxième élément,
19:58c'est le début
19:59de ce qu'on pourrait appeler
20:00la vie devant les autres.
20:02La vie devant les autres,
20:03c'est-à-dire
20:03l'exhibitionnisme permanent
20:05qui aujourd'hui
20:06se fait voir
20:07dans les réseaux sociaux,
20:08je reviendrai
20:08dans un instant.
20:09C'est par ailleurs
20:10le début de la société
20:12qui dit
20:13la célébrité
20:15sera une forme de droit.
20:16Donc, auparavant,
20:17on devenait célèbre
20:18ou tout ça
20:18dans la mesure
20:19où la chose est désirable
20:20parce qu'on avait
20:21accompli quelque chose.
20:22Eh bien non,
20:23maintenant,
20:23l'idée,
20:23c'est que la célébrité
20:24arrive d'abord
20:25et ensuite,
20:25faites quelque chose
20:26de votre célébrité.
20:27La plupart des gens,
20:28puis c'est tout à fait normal,
20:29ne savent pas quoi faire
20:30d'une célébrité aussi soudaine
20:32parce qu'ils ne se sont pas préparés,
20:33parce qu'ils ne la vivent pas
20:34comme...
20:34ils ne voient pas
20:35le fardeau
20:35qu'elle peut représenter
20:37et ils sont souvent
20:38écrasés par cela.
20:39Dès lors,
20:39leur souci,
20:40qu'est-ce que c'est?
20:40C'est de rester à tout prix
20:42à l'avant-plan
20:42une fois que la mode
20:43est terminée.
20:44Une fois que la mode
20:45est passée,
20:45ils veulent rester
20:46à tout prix à l'avant-scène.
20:47Donc, ce sont
20:48les gesticulations
20:48et c'est souvent
20:49l'autodestruction en direct
20:51de cette vedette nouvelle.
20:53Donc, c'est par ailleurs
20:54une vie qui bascule
20:55très rapidement,
20:56souvent dans l'alcool,
20:57les médicaments,
20:58la drogue.
20:59Je se note,
20:59soit dit en passant,
21:00que nos sociétés
21:00vont souvent chercher
21:01dans les catégories sociales
21:03les plus abîmées
21:04les figures
21:05qu'ils transforment
21:05en vedettes.
21:06Autrement dit,
21:10de vedettes instantanées
21:11avant de les broyer.
21:12Et par ailleurs,
21:13puisque le système
21:14veut toujours du neuf,
21:15puisqu'il veut toujours
21:16un nouvel élément,
21:17eh bien, rapidement,
21:18se sont déclassées
21:18les vedettes de télé-réalité
21:19et on en choisit d'autres
21:21et on en choisit d'autres ensuite.
21:22Donc, c'est comme si on broyait
21:23de la chair régulièrement.
21:25Ce n'est pas,
21:25de ce point de vue,
21:26une question féministe
21:27ou ainsi de suite.
21:27C'est véritablement
21:28la machine à fabriquer
21:29de la fausse valeur
21:30qui a été exemplifiée
21:32par ce cycle des 25 ans
21:33avec une fin tragique
21:34que nous savons abandonnée
21:35depuis plusieurs jours.
21:36Elle meurt ainsi
21:37comme si sa mort
21:40d'échéance dont nous avons
21:41tous été témoins.
21:42Mais l'histoire de Lana
21:43n'annonce-t-elle pas,
21:44selon vous,
21:45celle des jeunes générations
21:48instagramisées?
21:49Oui, je pense.
21:50Je pense.
21:50Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
21:51C'est une existence
21:52qui a été colonisée virtuellement.
21:54Nous avons des existences
21:56intégralement virtuelles aujourd'hui.
21:57C'est absolument terrifiant
21:58de mon point de vue.
21:59Donc, il y a deux facteurs.
22:01Nous sommes tous devenus
22:02exhibitionnistes.
22:03On sent le besoin
22:03de montrer sa vie
22:04à temps plein
22:04sur les réseaux sociaux
22:05dans une forme de...
22:06comme si on était en permanence
22:07devant un magazine jet set.
22:09On veut mettre en scène
22:10son existence tout le temps.
22:11On veut être vu aussi.
22:12Donc, on est tous
22:13transformés en voyeurs
22:14et on aime aller regarder
22:15la vie des autres
22:15tout en sachant
22:16que c'est une vie mensongère,
22:17que c'est une vie potémequine,
22:19que c'est une vie mise en scène
22:20pour exciter le désir.
22:21Et combien sont-ils
22:22à se dire,
22:23regardant les photos des autres,
22:24ma vie est nulle.
22:24Franchement,
22:25elle ne ressemble pas
22:25aux photos des autres.
22:26Il y a une infinie tristesse
22:27là-dedans.
22:28La vraie vie,
22:29la vie vécue,
22:30la vie intime,
22:31la vie de cette belle idée
22:32qui dit
22:33vivons heureux,
22:34vivons cachés.
22:34Cette vie dérobée
22:36au regard public,
22:37hors la dimension publique
22:38de nos existences,
22:39eh bien,
22:39celle-là est une vie
22:40qui est traitée aujourd'hui
22:41comme une vie inférieure,
22:42une vie inintéressante.
22:44Le problème
22:45de cette vie virtualisée,
22:46c'est que c'est une vie
22:47désincarnée comme jamais.
22:49Et qu'est-ce qu'on voit
22:49le point culminant
22:50de tout ça?
22:51Eh bien,
22:51c'est une société
22:52qui a démocratisé
22:53donc avec les réseaux sociaux
22:54l'idée du vedettariat permanent,
22:57qui avait créé
22:58des carrières bizarres
22:59aussi avec OnlyFans,
23:00la démocratisation
23:01de la pornographie,
23:01de la pornographie personnalisée.
23:03C'est quand même
23:03il y a matière à s'inquiéter
23:04à travers cela.
23:05C'est aussi une société
23:06qui abolit les rapports vrais,
23:08les rapports entre les êtres,
23:11les rapports où les gens se parlent,
23:13où ils connaissent des corps,
23:14connaissent des voix,
23:14connaissent des âmes,
23:15où ils ne sont pas toujours
23:16derrière l'étrange filtre.
23:18C'est la société
23:18du faux institutionnalisé.
23:21Et de ce point de vue,
23:23nous avons accouché
23:2425 ans plus tard
23:25d'une société du dédoublement,
23:26de la virtualisation,
23:27qui ressemble de plus en plus
23:28à ce qu'avait annoncé
23:29la Matrix d'une certaine manière.
23:31Je ne suis pas certain
23:31que nous devions en être heureux.
23:33Mathieu Bocoté,
23:34Arthur Devatrigan,
23:35rapidement, pardonnez-moi
23:36de vous presser,
23:37mais parce que dans quelques instants,
23:38nous serons avec Stéphane Courtois
23:40pour parler du trotskisme en France
23:42de Jospin à Mélenchon.
23:44Mais sur la mort de l'OANA
23:46et finalement,
23:48ce qui en découle,
23:48l'état de la société
23:49dans laquelle nous sommes
23:50et des nouvelles générations.
23:51La société du spectacle
23:53continue à dévorer ses enfants.
23:55Vous s'y êtes trop jeune,
23:55vous n'avez pas connu
23:56la Radio-Li,
23:57mais pour ceux
23:57qui étaient ados
23:58dans les années 90,
24:00rappelez-vous le Gérard Furen
24:01qui était un auditeur
24:02de Fun Radio
24:03qui avait été repéré
24:04pour sa supposée bêtise
24:05et qui avait été propulsé
24:06à l'Animateur Star
24:07pour être moqué
24:08par la France entière.
24:09Le but était
24:09de le faire craquer.
24:11Ça a duré quelques semaines,
24:12quelques mois.
24:12Évidemment, il a craqué.
24:13Ils l'ont abandonné
24:14dans sa misère sociale.
24:15Il est mort tout seul.
24:17On pourrait parler
24:18plus récemment
24:18du streamer Jean-Port Manoff
24:20qui est mort
24:20après des jours
24:21et des jours
24:21de séquestration
24:22et d'humiliation
24:23dont deux ordures
24:24ont fait du business dessus.
24:26Mais c'est vrai
24:26que le Hanna
24:27était le symbole
24:28d'un basculement,
24:29le symbole d'une époque
24:31entrée dans la désublimation,
24:32c'est-à-dire qu'on n'élève plus,
24:34on rabaisse,
24:34on sublime plus,
24:35on expose,
24:35on montre tout.
24:36C'est une machine
24:37à fabriquer des voyeurs,
24:38à fabriquer des pervers.
24:40Donc on n'y caste pas
24:41les personnes
24:41pour leur qualité
24:42ou pour un talent
24:44mais pour leur faille.
24:45On veut montrer les failles.
24:46C'est ça l'objectif.
24:47On leur promet la lumière
24:48à condition qu'ils acceptent
24:49d'être des rats de laboratoire
24:50et que tout le monde
24:51les regarde.
24:52Mais la starification
24:53évidemment de construite
24:54sur du vide
24:55ne dure jamais.
24:56Le projecteur vous brûle,
24:57vous consume
24:58et puis vous jette
24:59dans l'oubli
24:59et jusqu'au jour de votre mort
25:01et on l'a vu cette semaine
25:02et moi je vous dis
25:03ce qui m'a le plus choqué
25:04c'est qu'on a vu soudain
25:04réapparaître des charognards
25:06qui ont assuré
25:07qu'ils étaient ses amis,
25:09qu'ils l'aidaient,
25:10qu'ils payaient même
25:10leur loyer.
25:11J'avais quand même
25:12le sentiment qu'ils étaient
25:13juste là pour choper
25:14la dernière lumière
25:15qu'elle avait pu récupérer
25:17au moment de sa mort.
25:19Merci beaucoup Arthur de Vatrigan.
25:20On revient dans un instant
25:21pour la deuxième partie
25:22de face à Mathieu Bocoté
25:24avec votre invité
25:25Stéphane Courtois.
25:27A tout de suite sur CNews.
25:32Quasiment 19h30 sur CNews.
25:33Merci d'être avec nous
25:34pour la suite de face
25:34à Mathieu Bocoté
25:35toujours avec Mathieu bien sûr
25:36et Arthur de Vatrigan.
25:38Nous a rejoint sur le plateau
25:39Stéphane Courtois.
25:40Merci d'être avec nous
25:41M. Courtois.
25:42Vous êtes historien.
25:43Pourquoi avoir invité
25:44M. Courtois ce soir ?
25:46J'allais dire
25:47Stéphane Courtois
25:47est un des grands historiens
25:49du communisme en France
25:50aujourd'hui
25:51et du communisme
25:51plus largement.
25:52Mais soyons honnêtes,
25:53je pense le grand historien
25:55du communisme
25:56pour comprendre
25:57quelquefois même
25:57l'empreinte du communisme
25:59sur nos sociétés,
26:00l'empreinte oubliée,
26:01l'empreinte invisible
26:01et l'empreinte bien réelle.
26:03Et nous allons parler
26:03de cela avec lui ce soir.
26:05Stéphane Courtois,
26:05bonsoir.
26:06Bonsoir.
26:07Alors, un personnage
26:08cette semaine s'est peut-être
26:10invité de manière discrète
26:11dans l'actualité,
26:12il est mort depuis longtemps
26:13mais son fantôme
26:14nous a peut-être visité
26:15cette semaine,
26:16Trotsky.
26:16C'est-à-dire,
26:17nous avons parlé
26:18de Lionel Jospin,
26:18on a rappelé son passé
26:20trotskiste,
26:21nous avons parlé
26:22de Jean-Luc Mélenchon
26:23suite au municipal
26:23et on a rappelé
26:25avec raison qu'il avait été,
26:26peut-être est-il toujours
26:26à sa manière trotskiste.
26:28Alors, que cache ce mot
26:29trotskiste,
26:30ne serait-ce que point de départ
26:31pour savoir ce dont nous parlons.
26:32Quand on dit trotskiste,
26:33à quoi faisons-nous référence
26:34et à quoi faisons-nous référence
26:36en France en particulier ?
26:37En principe,
26:39pour un historien,
26:40quand on dit trotskisme,
26:41on fait référence
26:41à des groupes
26:42politiques bien précis
26:44qui se réclamaient
26:45du trotskisme,
26:46c'est-à-dire
26:47de ce célèbre
26:48Léon Trotsky
26:48qui a été
26:49l'un des principaux
26:51responsables
26:51de la prise de pouvoir
26:53par les bolcheviques
26:54en 1917-18
26:56puisqu'il a été
26:57très vite...
26:58Il était un ennemi
27:01de Lénine
27:01depuis 1903-1904
27:04jusqu'à 1917
27:05et puis,
27:06d'un seul coup,
27:07il s'est rallié
27:08à Lénine.
27:09À la différence de Lénine,
27:10lui, c'était un homme
27:11d'action,
27:11donc il est passé
27:12à l'action
27:13et il a été
27:14en particulier
27:15le fondateur
27:15de l'armée rouge
27:16qui est une armée
27:17de guerre civile
27:18nationale et internationale
27:19qui a assuré
27:21le triomphe final
27:22des bolcheviques.
27:23Sans l'armée rouge,
27:24il n'y a pas de victoire
27:24des bolcheviques.
27:26Donc voilà,
27:26c'est un homme
27:27qui joue un rôle
27:28essentiel
27:29dans la révolution
27:31d'octobre
27:32et dans la prise
27:32de pouvoir
27:33par les bolcheviques.
27:34Simplement,
27:34ensuite,
27:36il se fait écarter
27:39assez brusquement
27:41et même définitivement
27:43puisqu'il sera assassiné
27:44en 1940
27:45par un sbire de Staline.
27:47Il se fait écarter
27:48par Staline
27:49et l'équipe de Staline
27:50qui, finalement,
27:51se montrent
27:52beaucoup plus réalistes
27:53tout en restant
27:55profondément bolcheviques
27:57et communistes,
27:58peut-être plus que
27:59Trotsky d'ailleurs,
28:02beaucoup plus profondément
28:02bolcheviques
28:03et léninistes
28:04et qui va,
28:06il faut quand même rappeler
28:07que Staline,
28:08c'est un type,
28:10alors Trotsky,
28:11la vilipendée,
28:13dans ses mémoires,
28:14Trotsky dit
28:15Staline est un crétin,
28:17etc.
28:18Pas du tout.
28:18Enfin,
28:18les archives,
28:19justement,
28:20Dieu merci,
28:21les archives se sont ouvertes
28:22à Moscou
28:22et on découvre
28:23un Staline
28:24qui est un homme
28:24d'une très grande
28:26intelligence politique,
28:27communiste,
28:28bien entendu,
28:28et qui assure
28:29le triomphe du communisme
28:31quand même.
28:31Quand on voit
28:32ce qu'étaient
28:32les bolcheviques
28:33en 1917,
28:34ce qu'ils sont
28:34en 1945,
28:36ce qu'ils sont
28:36en 1953,
28:37la mort de Staline,
28:38c'est quand même
28:39un immense succès.
28:40Alors ça,
28:40c'est Trotsky.
28:41Maintenant,
28:41le trotskisme en France.
28:43Quand Lionel Jospin,
28:44quand Jean-Luc Mélenchon
28:45entre en trotskisme,
28:47comme on a entré
28:47autrefois en religion peut-être,
28:49à quoi adhèrent-ils
28:50et jusqu'à quand
28:51ils demeureront-ils fidèles ?
28:53Alors,
28:54les trotskistes,
28:55il faut bien dire,
28:56ce sont des groupes
28:58relativement réduits,
28:59déjà dans les années
29:0020 et 30,
29:01et à la sortie de la guerre,
29:03je dirais presque
29:03encore plus réduits,
29:05parce que,
29:06bon,
29:06pendant la guerre,
29:07ils n'ont pas eu
29:07d'activité particulière
29:08et qu'à la sortie de la guerre,
29:10le parti communiste,
29:11au contraire,
29:11est ultra puissant.
29:13Premier parti de France,
29:15je le rappelle,
29:16plus de 28% des voix
29:17aux élections législatives
29:18de novembre 1947.
29:20Maurice Thorez,
29:20le chef du parti,
29:21a failli devenir
29:22ce qu'on appelait
29:23président du Conseil,
29:24il s'en est fallu
29:25de quelques voix socialistes,
29:26donc,
29:27voilà,
29:28simplement,
29:30donc,
29:31le parti communiste
29:32domine entièrement
29:33le paysage de gauche
29:34et d'extrême-gauche
29:36en pesant,
29:37en écartant complètement
29:39ces groupuscules trotskistes
29:40qu'ils pourchassent,
29:41d'ailleurs.
29:42Trotskistes,
29:42souvent,
29:43ils se font casser la gueule
29:43par les communistes staliniens,
29:45mais qui pèsent aussi
29:46énormément
29:47sur le parti socialiste,
29:48bien sûr.
29:49Jusqu'en 1968,
29:51d'un seul coup,
29:52le mouvement de mai 68
29:53fait émerger
29:54toute une jeunesse
29:55qui trouve que
29:56le parti communiste,
29:58ben,
29:58c'est des vieux bons hommes,
30:00etc.,
30:02ils ont l'air
30:02complètement engoncés
30:04dans leur histoire
30:05avec Brezhnev
30:07et tout ça,
30:07bon,
30:09il faut passer
30:09à autre chose.
30:10Mais comme on est
30:11révolutionnaire,
30:12à quoi va-t-on
30:13se raccrocher ?
30:13À quelle branche
30:14va-t-on se raccrocher ?
30:16La branche trotskiste
30:17qui se présente gentiment
30:18en disant,
30:19nous,
30:19nous sommes communistes,
30:20bien sûr,
30:21nous sommes pour la révolution,
30:22pour l'insurrection,
30:23etc.,
30:23mais nous sommes gentils
30:24et puis on est jeunes
30:25et puis voilà,
30:26on va faire un peu
30:27de révolution sexuelle,
30:28etc.,
30:29etc.
30:29Bon,
30:30c'est comme ça
30:31qu'une partie
30:32de la jeunesse
30:33universitaire,
30:34parce qu'il faut quand même,
30:35tout ça reste quand même
30:37très limité en nombre,
30:38mais c'est la jeunesse
30:40universitaire,
30:41donc c'est en principe
30:42l'avenir du pays.
30:43Alors,
30:44dans l'histoire de la gauche,
30:44je vous conduirai bientôt
30:45à la question de LFI,
30:47mais posons une autre question
30:47sur cette séquence.
30:49Quand on regarde Jospin,
30:50quand on regarde Mélenchon,
30:52quand on regarde leur parcours,
30:54ont-ils été fidèles
30:55à leur engagement
30:56trotskiste d'origine ?
30:57Est-ce que vous voyez
30:58chez eux une empreinte
30:59trotskiste dans la société
31:00française ?
31:00Ah non,
31:01mais d'abord,
31:02je vois une empreinte
31:03trotskiste.
31:03Alors,
31:04quand on dit trotskiste,
31:05il faut être clair,
31:06je le disais tout à l'heure,
31:07en 1917,
31:08Trotsky s'est rallié à Lénine.
31:10Et à partir de ce moment-là,
31:11les trotskistes,
31:12les héritiers de Trotsky,
31:15ou ceux qui s'en réclamaient,
31:17ont adopté
31:18le logiciel léniniste.
31:19Donc la terreur ?
31:21Pardon ?
31:21Donc la terreur ?
31:22Ah ben pas seulement la terreur,
31:23le modèle d'organisation,
31:26les perspectives révolutionnaires,
31:29insurrection,
31:30etc., etc.
31:31Donc,
31:33or,
31:34le logiciel léniniste,
31:36il est extrêmement strict,
31:38il est défini par un document
31:40bien connu des historiens,
31:42et qui était public,
31:44et qui est à l'origine
31:45de la création du Parti communiste
31:46français,
31:47en 1920,
31:48les fameuses 21 conditions
31:49d'adhésion
31:50à l'international communiste,
31:52c'est sur ce document,
31:5421 conditions,
31:55très précises,
31:56Lénine,
31:57c'est pas rigolo,
31:58c'est...
32:00L'addition est ferme,
32:02et donc c'est sur ce document
32:05que les trois quarts
32:06des délégués
32:07du Parti socialiste
32:08de 1920,
32:09en France,
32:10ont voté cette adhésion
32:11au...
32:13Pas au communisme
32:14comme quelque chose
32:16d'éterré,
32:17à l'international communiste,
32:19qui était une organisation
32:20extrêmement stricte,
32:21une multinationale
32:23de la subversion mondiale,
32:24quand même.
32:24Maintenant qu'on a vu
32:25les archives,
32:26c'était quand même
32:26quelque chose d'extraordinaire,
32:28l'international communiste.
32:30Voilà une organisation
32:31qui pouvait intervenir
32:32dans le monde entier,
32:33faire assassiner
32:34quelqu'un ici,
32:35corrompre un autre là-bas,
32:36organiser une insurrection
32:37par là-bas,
32:38c'était quand même
32:39très remarquable.
32:40Et la France a été
32:42un modèle
32:42de ce point de vue-là,
32:43puisque le Parti communiste
32:44français,
32:45depuis 1931
32:46jusqu'à 1939,
32:48a été dirigé
32:48par un monsieur
32:49dont personne
32:50ne connaissait l'existence
32:51et qui n'était pas français,
32:53qui s'appelait Eugène Fried,
32:54et qui était
32:55un juif slovaque.
32:57Bon,
32:58c'est quand même
32:58des choses extraordinaires.
33:00Et monsieur Maurice Thorez
33:02allait ensuite
33:04prendre ses ordres
33:05dans le bureau
33:06direct de Staline.
33:08On a les documents,
33:09on les a publiés.
33:10Bon,
33:10les sténogrammes
33:11de ces rencontres
33:12en 1944,
33:13en 1947.
33:14Donc voilà,
33:15on est quand même
33:16dans un logiciel
33:18extrêmement précis
33:19et que ces gens-là
33:22conservent en tête.
33:23Que ce soit Jospin
33:24qui a caché
33:26pendant tellement longtemps
33:27qu'il avait été trotskiste.
33:28Pourquoi l'a-t-il caché ?
33:30Quand même une question.
33:32Comment un homme
33:33qui prétend
33:33aux plus hautes fonctions
33:34de l'État
33:35cache
33:37une information
33:39fondamentale ?
33:40S'il avait été
33:41aux États-Unis,
33:42une heure après,
33:43sa carrière politique
33:44était terminée.
33:45Évidemment.
33:46Un gros mensonge
33:46comme ça.
33:48Mais en France,
33:49bon,
33:49le mensonge politique
33:50n'a pas tellement
33:51d'importance,
33:52surtout s'il s'agit
33:53d'un mensonge révolutionnaire.
33:54C'est quand même
33:55extraordinaire.
33:58Moi,
33:59j'ai toujours eu du mal
33:59à comprendre,
34:00je le savais
34:01pour des raisons
34:02que je ne vais pas dire ici,
34:03mais je savais très bien
34:05qu'il avait été trotskiste.
34:06J'en avais des preuves,
34:07etc.
34:09Pourquoi l'a-t-il caché ?
34:12Il y a un problème
34:13de dédoublement
34:13de la personnalité.
34:15Vous êtes trotskiste,
34:16vous voulez
34:17foutre en l'air
34:18la société existence,
34:20abat le capitalisme,
34:21etc.
34:23Vive la prise
34:24du palais d'hiver
34:24et de l'autre côté,
34:26vous voulez être
34:26président de la République
34:28proprement élu.
34:29C'est exactement
34:30ce que fait
34:30M. Mélenchon.
34:32Arthur Le Matrigan.
34:33Justement,
34:34si Julien Ljospin
34:35s'en est caché,
34:36d'autres
34:36ne se sont jamais cachés,
34:38même le revendiquent
34:39encore aujourd'hui.
34:39J'ai deux petites questions.
34:40La première,
34:41c'est concrètement,
34:42vous avez parlé
34:43des modèles d'organisation,
34:44quelles sont les méthodes
34:45des trotskistes
34:45dans l'application
34:46de la politique,
34:47même encore aujourd'hui ?
34:48Et la deuxième question,
34:49c'est comment expliquer
34:50encore qu'on ne puisse
34:51pas le critiquer ?
34:51J'ai vu il y a quelques jours
34:52sur les réseaux sociaux
34:54Julien Drey s'écharpait
34:55avec Sarah Knafo
34:56en disant
34:56« Non, on n'a pas le droit
34:57de salir la mémoire
34:58de Trotsky ».
34:59Comment expliquer
34:59cette chose étrange
35:01que la personne
35:03que vous décrivez
35:04soit intouchable
35:05encore aujourd'hui ?
35:06Alors d'abord,
35:07au niveau des méthodes,
35:07je vous ai apporté
35:09la base,
35:10c'est-à-dire
35:10la neuvième
35:11des 21 conditions
35:12d'adhésion
35:14à l'international communiste.
35:15Vous allez voir,
35:16c'est très clair.
35:17Un tout parti désireux
35:18d'appartenir
35:18à l'international communiste
35:19doit poursuivre
35:20une propagande persévérante
35:22et systématique
35:23au sein des syndicats
35:24coopératifs,
35:25autres organisations
35:26des masses ouvrières,
35:26etc.
35:27Des noyaux communistes.
35:29Le mot est prononcé,
35:30il s'agit du noyautage.
35:32C'est clair et net.
35:33Des noyaux communistes
35:34doivent être formés
35:35dont le travail
35:36opiniâtre et constant
35:37conquérera les syndicats
35:39aux communistes.
35:40Leur devoir sera
35:42de révéler à tout instant
35:43la trahison
35:44des social-patriotes
35:45et les hésitations
35:47du centre-gauche.
35:50Ces noyaux communistes
35:51doivent être
35:52complètement subordonnés
35:53à l'ensemble du parti.
35:55Donc voilà,
35:55vous appliquez ça
35:56aux syndicats,
35:57aux organisations de masse,
35:58aux autres partis,
36:00évidemment,
36:01aux autres partis
36:01qu'on va pénétrer.
36:04Et là,
36:05il faut bien dire
36:06qu'il y a eu une opération
36:06tout à fait étonnante
36:07de noyautage
36:08mais qui a été
36:10organisée littéralement,
36:12à mon avis,
36:12par François Mitterrand.
36:14Parce que là,
36:16dans cette opération,
36:18il fallait être deux.
36:19Il fallait des trotskistes
36:20et puis il fallait
36:21un organisateur extérieur
36:23qui voulait s'en servir
36:24qui était François Mitterrand.
36:25Alors pourquoi ?
36:26Pour une raison simple.
36:27Quand François Mitterrand
36:28s'empare du Parti Socialiste,
36:30en 1969 au Congrès d'Epinay,
36:33le Parti Socialiste
36:35c'est plus rien.
36:36Il faut rappeler
36:37que lors de la démission
36:39du général de Gaulle
36:40avec les élections
36:40qui suivent,
36:42Gaston Deferre
36:43fait 5%.
36:44Le Parti Communiste
36:46avec le candidat
36:47Jacques Duclos,
36:48l'homme du NKVD de Moscou,
36:51fait plus de 20%.
36:52Bon.
36:54François Mitterrand
36:55s'empare du Parti Socialiste.
36:57Il sait très bien
36:57qu'il n'a pas de troupes
36:58et qu'il a en face de lui,
37:00j'allais dire,
37:01le monstre.
37:02Bon,
37:03l'énorme catcheur
37:04de 140 kilos,
37:06le sumo communiste.
37:07Bon.
37:08Comment faire ?
37:09Mais très simplement.
37:10Alors,
37:11la conjoncture lui est favorable
37:13parce qu'on a
37:14la flambée révolutionnaire
37:1568,
37:1669,
37:1670,
37:1771,
37:1772,
37:18puis à partir de 73,
37:20les chefs révolutionnaires,
37:22les moins,
37:22ceux qui sont les plus intéressés
37:24par le pouvoir
37:24ont compris que la révolution
37:25ce n'est pas pour demain.
37:26Donc,
37:27il faut trouver
37:27un autre biais.
37:29Et donc,
37:29Mitterrand,
37:30il va y avoir un deal
37:30tout simplement
37:32et Mitterrand
37:33va faire rentrer
37:34au Parti Socialiste
37:36des quantités,
37:37il va accepter
37:37des quantités de gens
37:39qui sont des trotskistes,
37:41ce qu'il sait parfaitement,
37:43et qui vont lui servir
37:46à combattre le Parti Communiste
37:47tout simplement.
37:48Parce que,
37:48qui a-t-il comme pire ennemi
37:50du Parti Communiste
37:51à cette époque-là ?
37:52Pas les gens de droite,
37:53même pas les gaullistes,
37:54les trotskistes
37:56et les maoïstes.
37:58Et Lionel Jospin
37:59en est le meilleur exemple.
38:01Alors,
38:02faisons un saut dans le temps.
38:03Aujourd'hui,
38:03vous avez suivi l'histoire
38:04des gauches révolutionnaires,
38:05des gauches radicales.
38:06Aujourd'hui,
38:07il y a en France,
38:07c'est peut-être une originalité
38:09française en Occident,
38:10un parti révolutionnaire
38:11déclaré qu'est LFI.
38:12Un parti révolutionnaire
38:14qui se revendique lui-même
38:15de son identité révolutionnaire.
38:17Quelle est la singularité
38:18d'LFI aujourd'hui
38:19dans la politique française ?
38:21C'est d'abord
38:22ce que vous dites.
38:23Ces gens-là,
38:24à commencer par M. Mélenchon,
38:26proclament ouvertement
38:27que bon,
38:29il faut renverser
38:30le capitalisme,
38:32et puis il faut faire
38:33la Nouvelle-France.
38:34Il faut s'appuyer
38:35sur la Nouvelle-France.
38:37Bon,
38:37ce qu'il appelle
38:38la Nouvelle-France.
38:39Donc,
38:40ça,
38:40aucun autre parti
38:43jouant les élections
38:45n'est sur cette ligne-là.
38:46Alors,
38:46par contre,
38:47il y a beaucoup
38:47d'autres groupuscules
38:49parce que les trotskistes,
38:51la Ligue communiste révolutionnaire
38:52a un peu explosé,
38:54les Lambertistes
38:55ont un peu explosé.
38:56donc c'est une espèce
38:57de bombe
38:57à fragmentation,
38:58les trotskistes.
38:59Il y a des petits groupes
38:59un peu partout.
39:00Mais plus ils sont petits,
39:02plus ils sont radicaux.
39:03Mais le candidat principal
39:05qui se réclame de ses héritages
39:06pourrait être au deuxième tour
39:07de la présidentielle.
39:08Ah mais absolument.
39:10Les électeurs
39:11en décideront,
39:12on ne sait pas.
39:13Mais en tout cas,
39:14le projet
39:15est clairement
39:15un projet révolutionnaire.
39:17et les méthodes
39:18qu'utilise M. Mélenchon,
39:20on le voit très bien,
39:22se radicalisent.
39:24Sur le modèle léniniste,
39:26Lénine a toujours
39:27radicalisé les positions.
39:29Même en 1917,
39:31tous ses camarades
39:32étaient affolés
39:33à l'idée
39:33de faire une insurrection.
39:34Il a dit non, non, non.
39:36Insurrection,
39:36guerre civile,
39:37l'occasion est unique,
39:39il faut le faire.
39:40C'est ce que pense Mélenchon.
39:42L'occasion est unique,
39:43le parti socialiste
39:44est très faible,
39:45le centre est très faible,
39:47le Rassemblement national
39:49monte,
39:49c'est très bien,
39:50on va s'en nourrir.
39:51Donc voilà,
39:52et on va mettre en scène
39:53un match
39:55fascisme,
39:56antifascisme,
39:56c'est les terminologies
39:59que ces gens-là utilisent,
40:02et avec une possibilité
40:04d'accéder d'abord
40:05au deuxième tour
40:06et ensuite
40:07de préempter
40:08le deuxième tour
40:09sur le mode du chantage.
40:10En disant,
40:11comment ?
40:12Quoi ?
40:12Vous ne voulez pas voter pour moi ?
40:14Vous dites que vous êtes de gauche
40:15alors que c'est moi
40:16le seul candidat
40:17forcément de gauche
40:18puisque je suis antifasciste.
40:20Bon,
40:20donc vous voyez,
40:21j'ai envie de dire
40:22que c'est cousu de fil rouge,
40:23bien entendu.
40:24Bon,
40:24est-ce que ça va aboutir ?
40:26Je n'en ai aucune idée.
40:27Tout va dépendre.
40:28Mais ce qui est quand même intéressant,
40:31c'est qu'on a bien vu
40:32qu'après l'assassinat
40:34de ce jeune Quentin
40:35à Lyon,
40:36on pouvait penser
40:37que la France insoumise
40:39allait faire baisser
40:41la température
40:41et la pression.
40:42Or,
40:43c'est le contraire
40:43qui s'est passé.
40:44D'abord,
40:45c'est-à-dire que
40:46Jean-Luc Mélenchon
40:47et les gens de la Jeune Garde
40:48ont revendiqué l'action
40:49en disant
40:50c'est tout à fait normal,
40:51c'est un fasciste,
40:52etc.
40:53Bon,
40:54et ensuite,
40:55le résultat,
40:56eh bien,
40:56c'est qu'une partie
40:58de la base électorale
40:59de LFI
41:01s'est cristallisée là-dessus.
41:03Et ça,
41:04c'est typiquement léniniste.
41:05C'est-à-dire,
41:06on cherche à verrouiller
41:08son noyau de base
41:12idéologique radicale.
41:13Bon,
41:14même s'il y a des déperditions,
41:15c'est pas grave.
41:16Alors,
41:16il y a eu des déperditions
41:18aux élections municipales.
41:19On a bien vu
41:20qu'un certain nombre
41:20d'électeurs socialistes
41:21ont refusé
41:22des alliances
41:23de deuxième tour
41:25entre une liste socialiste
41:27et LFI.
41:29Précisément à cause
41:29de ce climat de violence,
41:32de ce discours ultra-radical.
41:33mais Mélenchon s'en fiche.
41:35C'est pas le problème.
41:36Il est typiquement léniniste.
41:38Quel était
41:39le slogan fondamental
41:40de Lénine ?
41:41Le parti se renforce
41:44en s'épurant.
41:45Arthur de Matrigan.
41:46Il y a aussi,
41:47je reviens peut-être après
41:48sur la question française,
41:49mais la question internationale
41:50et on voit des positions
41:51de Mélenchon
41:51qui peuvent surprendre.
41:53peut-être que vous,
41:53ça ne vous surprendra pas,
41:54mais quand il défend
41:56Maduro avant Chavez
41:57et qu'il explique
41:58il y a quelques jours
41:58que le régime des MOLA
42:00est en état
42:00de légitime défense,
42:02à quel moment
42:03ça intervient
42:04dans le cadre intellectuel
42:06des Trotskis
42:06ou d'un ancien Trotskis ?
42:07Non, ça c'est du léninisme
42:09à l'état pur,
42:09c'est-à-dire
42:10c'est purement tactique.
42:13Chez Lénine,
42:14chaque discours,
42:15chaque parole,
42:16chaque action
42:16et en général,
42:18il y a toujours
42:18la ligne stratégique de fond,
42:20la révolution,
42:21etc.,
42:21la prise de pouvoir,
42:22mais sinon c'est tactique.
42:23si en tenant ce discours
42:25sur les MOLA par exemple,
42:27on peut récupérer
42:28quelques voix
42:30du côté
42:31de populations musulmanes
42:33ou en France,
42:34etc.,
42:35on le fait.
42:36Enfin,
42:37je l'ai entendu
42:37faire tout un discours
42:38sur la Gay Pride,
42:40j'étais quand même
42:41très surpris,
42:42puisque
42:43si vous faites
42:44une Gay Pride
42:45chez les MOLA,
42:46ça va très mal se passer,
42:47mais bon,
42:48vous voyez,
42:49l'important,
42:50c'est de ratisser
42:52un peu partout
42:53avec des discours adaptés
42:55une clientèle
42:56qu'il faudra agréger
42:57à un moment donné,
42:59par exemple,
43:00un deuxième tour
43:00d'élection présidentielle.
43:01Alors,
43:01vous m'y conduisez,
43:02le deuxième tour.
43:03Alors,
43:04il y a deux scénarios,
43:05soit ils sont au deuxième tour,
43:06ils jouent selon les règles,
43:07mais puisque c'est un parti
43:08qu'une culture révolutionnaire,
43:10est-ce qu'on peut imaginer
43:11dans ce scénario-là
43:12un basculement
43:13vers la violence
43:13de certaines franges
43:14de cette gauche révolutionnaire
43:16agrégée à LFI,
43:17des antifas
43:18qui décideraient
43:19d'un ordre politique
43:21du chaos ?
43:21Est-ce qu'on peut imaginer
43:22une sortie
43:23du scénario démocratique ?
43:25On peut l'imaginer,
43:26mais on peut espérer
43:28que la République
43:30a encore
43:30les forces suffisantes
43:32pour écraser tout ça.
43:34Il faut quand même,
43:35enfin,
43:35je veux dire,
43:36ces groupes
43:36sont quand même
43:37des petits groupes.
43:41Il serait facile,
43:42s'il y a vraiment
43:43de la subversion,
43:44de dire,
43:45monsieur,
43:46madame,
43:46attention,
43:47vous êtes en train
43:48de subvertir la République,
43:49on vous arrête,
43:50c'est tout,
43:51et puis on vous met en prison.
43:52C'est ce qu'a fait
43:53un célèbre ministre
43:54de l'Intérieur,
43:55monsieur Marcelin,
43:57nommé par De Gaulle
43:58après 68,
43:59puisque De Gaulle
44:00avait été très énervé
44:01par son propre ministre
44:02de l'Intérieur.
44:03Donc,
44:04il nomme Marcelin
44:05et il donne
44:06des ordres très clairs
44:07sur,
44:08bon,
44:08vous allez mettre fin
44:09à ce qu'il appelait
44:10la chienlit.
44:11et donc,
44:12à l'été 70,
44:13on a vu des chefs révolutionnaires,
44:15monsieur Gessmar
44:16et d'autres,
44:16qui ont été arrêtés,
44:18qui n'ont pas pu partir
44:19en vacances
44:19sur la côte d'Azur
44:20pendant l'été,
44:21etc.
44:22Et puis,
44:22très rapidement,
44:23ça a calmé
44:24tous ces gens-là.
44:25Bon,
44:28si la République
44:29a encore
44:31une structure,
44:32une colonne vertébrale,
44:33c'est ce qui doit se passer.
44:34Maintenant,
44:35alors,
44:36vous savez,
44:37on a une formule,
44:38quelquefois,
44:39on présentait le communisme
44:40comme une religion séculière.
44:41Oui.
44:43Est-ce qu'une fois
44:43qu'on a se converti
44:44à une religion,
44:45quelquefois,
44:45il est difficile
44:46d'en sortir ?
44:47Ceux qui sont devenus,
44:48qui sont entrés
44:48en trotskisme,
44:49une fois qu'on a été trotskiste,
44:50est-ce qu'on peut un jour
44:51ne plus l'être ?
44:54Très difficile.
44:55À mon avis,
44:56très difficile.
44:57Je suis en concret.
44:57Lionel Jospin,
44:58est-il demeuré trotskiste
45:00jusqu'à la fin de ses jours ?
45:01Je pense qu'il est
45:02quelque part resté trotskiste,
45:04c'est-à-dire qu'il avait
45:05en tête quelque part,
45:06dans le fond de son cerveau,
45:07l'idée révolutionnaire,
45:09en se disant,
45:10oui,
45:10mais on va y arriver
45:12d'une autre manière,
45:13avec des réformes,
45:14etc.
45:14Le problème pour Jospin,
45:16c'est mon avis personnel,
45:17c'est que c'était
45:18un grand naïf.
45:20Alors,
45:20on nous l'a présenté
45:21comme le plus grand
45:22Premier ministre
45:23de la Ve République,
45:24etc.
45:24Monsieur Jospin était
45:25comme son père,
45:26un grand naïf
45:27qui vivait dans un monde
45:28un peu imaginaire,
45:30et d'ailleurs,
45:30il s'en est aperçu
45:32lors du premier tour
45:33de l'élection présidentielle
45:35de 2022.
45:35Il est tombé du huitième étage
45:37et il s'est écrasé.
45:39C'est tout à fait extraordinaire.
45:41Comment a-t-il pu perdre
45:43le premier tour
45:44de cette élection ?
45:45C'est complètement loufoque.
45:47Je reprenais les chiffres,
45:48là.
45:49Arlette Laguillet,
45:51trotskiste,
45:515,7%,
45:54Gluckstein,
45:54trotskiste,
45:550,47%,
45:56Besancenot,
45:56trotskiste,
45:574,2%,
45:59Taubira,
46:00une indépendantiste
46:01guyanaise,
46:012,3%,
46:02Robert Huck,
46:03communiste,
46:033,3%.
46:04Bon,
46:05vous faites l'addition ?
46:07C'est invraisemblable.
46:08Il suffisait que Jospin
46:11promette
46:12trois circonscriptions
46:13aux radicaux de gauche,
46:14Mme Taubira se retirait,
46:16Jospin était au deuxième tour,
46:17il a été élu
46:19triomphalement.
46:20C'est une évidence.
46:21Donc,
46:21le fait qu'il ait raté la marche
46:23prouve qu'il était incompétent,
46:25qu'il était naïf,
46:26et puis qu'il était dans une certaine euphorie révolutionnaire,
46:32on allait y arriver.
46:33Il nous reste 1 minute 11,
46:35question finale.
46:36Vous avez étudié l'histoire des mouvements de gauche,
46:38des mouvements révolutionnaires,
46:39de la pensée de gauche.
46:40Avez-vous l'impression,
46:41historien que vous êtes,
46:42que le niveau intellectuel de la gauche
46:44et de la gauche radicale s'est effondré,
46:46s'est métamorphosé,
46:47s'est transformé ?
46:48Ah oui,
46:48oui,
46:48le niveau intellectuel est totalement effondré.
46:52Quand vous lisez,
46:53je ne sais pas moi,
46:55les ouvrages,
46:55d'ailleurs ce sont toujours des ouvrages très petits,
46:57de 100 pages,
46:5880 pages,
47:00Mme Boutelja,
47:01les décolonialistes,
47:02les wokistes,
47:03etc.
47:03Tout ça,
47:05comme on disait dans le temps,
47:07c'est un globi-boulga.
47:09Non mais,
47:10on peut penser ce qu'on veut
47:13des intellectuels révolutionnaires
47:15des années 40,
47:1650,
47:1760,
47:17mais bon,
47:18ils avaient au moins
47:20les connaissances de base,
47:22philosophiques,
47:22historiques,
47:23sociologiques.
47:24Là,
47:24on n'a plus rien.
47:25Est-ce que Mélenchon est le dernier à avoir le niveau ?
47:28Je ne suis pas du tout sûr
47:29que Mélenchon ait le niveau.
47:30C'est un beau parleur,
47:32c'est un beau parleur,
47:33mais je doute beaucoup
47:34de ses capacités intellectuelles profondes,
47:38d'une connaissance profonde de l'histoire.
47:41Il fonctionne sur la base
47:43des cours de formation
47:47des Lambertistes,
47:48des Trotskistes,
47:49comme beaucoup de tous ces militants.
47:52D'ailleurs,
47:53vous avez vu le niveau des députés de LFI.
47:56Ça n'est pas brillant.
47:57Merci d'être venu nous voir,
47:59Stéphane Courtois,
48:01historien spécialiste
48:02de la gauche
48:03et de ses nuances
48:04jusqu'à l'extrême gauche,
48:06bien sûr.
48:06Le Trotskisme en France.
48:08Lénine,
48:08l'inventeur du totalitarisme.
48:10On peut vous lire
48:11à travers ce grand prix
48:13du livre d'histoire
48:13que vous aviez reçu à l'époque.
48:14Merci à vous.
48:15Dans un instant,
48:16c'est l'heure des pros.
48:17Restez avec nous.
48:17On est ensemble
48:18jusqu'à 21h.
48:19Sous-titrage Société Radio-Canada,
48:23Sous-titrage Société Radio-Canada,
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