- il y a 6 minutes
- #faceabockcote
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bocoté.
00:05Cher Mathieu, bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Arthur de Vatrigan.
00:09Le point sur l'information, c'est avec Isabelle Piboulot.
00:12Chère Isabelle, bonsoir.
00:16Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
00:18À la une, au cours du week-end, Sahel a poursuivi ses frappes en Iran et au Liban.
00:23Plus de 200 cibles du régime iranien et du Hezbollah libanais ont été visés.
00:27Parmi ses cibles, des dizaines de complexes utilisés pour stocker des armes et des missiles balistiques.
00:33L'armée de l'air israélienne a aussi mené deux vagues de frappes à Beyrouth et dans d'autres régions.
00:38Plusieurs terroristes ont été neutralisés, notamment dans le sud du Liban.
00:42Le Hezbollah pro-iranien l'affirme.
00:44Des combats au sol se sont déroulés aujourd'hui avec les forces israéliennes dans deux villes frontalières du sud du
00:50Liban.
00:51Des affrontements directs dans la ville de Kiam qui ont duré 4 heures et beaucoup plus à l'ouest,
00:56dans la ville côtière de Nakoura.
00:58Cette dernière abriterait le quartier général de la force intérimaire des Nations Unies.
01:02Enfin, en Iran, les funérailles du porte-parole des gardiens de la révolution ont eu lieu à Téhéran.
01:08Une foule s'est rassemblée pour apercevoir ou toucher le cercueil d'Ali Muhammad Naïni.
01:13Sa mort a été annoncée hier.
01:15Il a été tué dans des frappes américano-israéliennes.
01:18Il avait été nommé porte-parole des gardiens de la révolution en 2024.
01:23Merci beaucoup Isabelle Picoulo pour le point sur l'information.
01:27À la une de face à Mathieu Boccoté, quand un intellectuel dérange le monde médiatique et le monde de papier
01:34s'en empare.
01:35La machine à broyer est lancée, portée à charge, souvent à décharge, jamais.
01:41Et voilà comment Jean-Yves Camus, spécialiste de la politique en France, mais pas que, s'est vu attaquer par
01:46le journal, je le disais, Le Monde.
01:48Ce sera l'occasion de l'édito de Mathieu Boccoté dans un instant.
01:51À la une également, vous souhaitez vous arrêter sur l'acteur Chuck Norris,
01:55légende américaine décédée à l'âge de 86 ans, icône d'une génération et star absolue malgré lui, disent certains,
02:01sur les réseaux sociaux.
02:03Qu'inspire Chuck Norris ? Réponse dans cette émission.
02:06Enfin, on va revenir bien évidemment sur la guerre contre la République islamique en Iran.
02:11Avec ce samedi, votre invité, l'historien Philippe Fabry, au 22e jour de la guerre en Iran.
02:18Quel regard porte-t-il sur la stratégie américaine et son chef, Donald Trump ?
02:22Le régime peut-il tomber ?
02:24Élément de réponse dans cette émission.
02:28Cher Mathieu Boccoté, Jean-Yves Camus est considéré par tous comme un des grands experts de la politique en France,
02:37mais également en Occident.
02:38Et cette semaine, il a été la cible d'un portrait au vitriol en forme de rappel à l'ordre
02:43dans les pages du Monde.
02:44Et c'est à ce sujet que vous consacrez votre premier édito, Mathieu.
02:47Oui. Alors, Jean-Yves Camus, spécialiste des idéologies qu'on dira réactionnaires, conservatrices, donc au sens large.
02:53Et je précise pas seulement en France, qu'on se comprenne bien, donc les idéologies qui sont disqualifiées souvent,
02:59donc que certains assimilent au concept d'extrême droite, mais indépendamment du contexte français, je le rappelle.
03:05Donc, c'est un expert, je précise, c'est un des rares intellectuels à s'intéresser à ce sujet,
03:10qui le fait avec un souci de rigueur intellectuelle et d'honnêteté.
03:13C'est-à-dire qu'on peut être en désaccord avec ses analyses, je le suis très souvent,
03:16mais chaque fois, je la trouve intellectuellement fondée, intellectuellement rigoureuse.
03:20Il cherche à comprendre son sujet avant de le maudire.
03:24Il cherche à comprendre son sujet avant de le critiquer.
03:27Est-ce qu'il y a un point de départ ?
03:29Eh bien, on retrouve ici la tradition de la presse, presque une forme de presse politique,
03:35une presse de commissaire politique où on décide de partir à la traque de Jean-Yves Camus.
03:39On l'accuse d'avoir perdu sa boussole.
03:42Et c'est important, vous me direz, pourquoi on parle d'un intellectuel comme ça parmi d'autres ?
03:45Parce que la traque des intellectuels, la volonté de leur coller des étiquettes infréquentables,
03:49la volonté de les transformer en monstres qu'ils doivent,
03:52les transformer en repoussoirs, ça annonce toujours des séquences politiques plus larges
03:57dans les processus de diabolisation que nous analysons souvent ici.
04:01Donc, on le suspect, par exemple, de donner des gages aux partis politiques, aux idéologies qu'il analyse.
04:06On dit qu'il est ambigu, ça c'est intéressant, commentant la mort de Jean-Marie Le Pen,
04:10on dit qu'il a été ambigu à ce moment-là.
04:12Et pourquoi a-t-il été ambigu ?
04:14Parce qu'on dit qu'il a cherché à comprendre la psychologie du personnage.
04:17Je le cite, on le dit, il a relativisé.
04:20Il dit, je ne relativise rien du tout.
04:21Jean-Marie Le Pen m'a donné ses explications à propos du fameux point de détail.
04:25Si je fais sérieusement mon travail, je dois écouter et comprendre leur contexte.
04:29Donc, chercher à comprendre ce que dit un homme politique de lui-même,
04:32aussi diabolisé soit-il, ça consisterait déjà à s'aplatir devant lui,
04:37à faire une génuflexion devant lui.
04:39Par ailleurs, il rappelle que quelquefois, dans l'histoire des politiques,
04:44le mal politique le plus radical ne vient pas toujours du même camp.
04:47Il dit, on peut s'inquiéter, penser qu'aujourd'hui,
04:50le danger politique le plus grand dans nos sociétés soit dans un autre camp
04:53que celui auquel on l'associait traditionnellement depuis 60 ans.
04:56Mais ce n'est pas la première fois qu'on cherche dans les médias
05:00à liquider médiatiquement, intellectuellement, un homme
05:03qui cherche à comprendre le camp d'en face,
05:05qui cherche à comprendre les idéologies, on pourrait dire,
05:09réactionnaires ou radicales de ce côté du jeu politique.
05:11En 1993, on tente, on l'oublie aussi, Pierre-André Taguieff.
05:15Pierre-André Taguieff, c'est un des grands politologues français,
05:18un grand historien des idées.
05:19Il s'est intéressé à une figure aujourd'hui qui a fait son parcours intellectuel,
05:24c'est Alain de Benoît.
05:25Alain de Benoît, figure de ce qu'on appelle la tradition de pensée
05:28de la Nouvelle-Droite liée aux Grèces.
05:30Alain de Benoît, donc, Pierre-André Taguieff, s'intéresse à ses travaux.
05:34Il prend au sérieux son travail, il discute avec lui, il le critique.
05:38Eh bien, pour ne pas l'avoir diabolisé, il fut accusé alors, dans le monde,
05:43de manquer de vigilance et de banaliser le courant de pensée qui était le sien,
05:48presque de banaliser le fascisme en quelque sorte.
05:50Donc, on comprend que quand on s'intéresse à l'aile dite radicale
05:54d'un certain point de la vie politique,
05:56on est alors accusé de banaliser la chose.
06:00Donc, c'est la traque, il s'agit de détruire la répudiation ensuite.
06:02Il s'agit de transformer un chercheur reconnu en infréquentable.
06:05Il s'agit de faire en sorte qu'il ne puisse plus s'exprimer publiquement
06:08sans avoir une sale étiquette qui le suit.
06:11Dans les années 2000, la chasse aux intellectuels déviants se poursuit
06:15avec le livre de Daniel Lindenberg,
06:18« Rappel à l'ordre », où il s'inquiète des nouveaux réactionnaires.
06:21Et là, il va dénoncer des gens, Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet,
06:24Pierre Manon, Pierre-André Taguieff, Michel Houellebecq,
06:26Maurice Dantec et tant d'autres, en se disant,
06:28ces gens-là ont trahi les idéaux de l'émancipation,
06:32les idéaux du progressisme, les idéaux des Lumières tels qu'ils les entendaient.
06:36Et dès lors, ils doivent être rappelés à l'ordre.
06:39On doit leur dire, vous, vous êtes éloigné des catégories admises de la pensée politique,
06:43vous devez finalement rentrer dans le rang.
06:46Et je précise qu'au fil des ans, plusieurs fois dans la presse de gauche,
06:51il y avait des unes, c'était presque une tradition à un moment donné,
06:53il y avait une liste de proscrits, une liste de déviants,
06:56une liste de personnes qui étaient rappelées à l'ordre.
06:58Donc, une fois, le principe de la liste des infréquentables médiatiques
07:02appliqués aux intellectuels qui ne reprennent pas l'orthodoxie du politiquement correct,
07:05on connaît ça, ça frappe aujourd'hui ce grand intellectuel,
07:08ce grand chercheur, plus encore, qui est Jean-Yves Camus.
07:10Que reproche-t-on, Mathieu Bocoté, exactement à Jean-Yves Camus?
07:13Mais très honnêtement, son honnêteté et sa rigueur.
07:16Parce qu'avant de juger, il analyse.
07:20Avant de condamner, il prend la peine de connaître son sujet.
07:24Plus encore, il dissocie ses convictions personnelles de son objet d'étude.
07:30Il le dit souvent, il est lui-même social-démocrate.
07:33Il n'y a aucune raison d'en douter qui se vanterait de ça si c'était faux.
07:36Donc, il se dit social-démocrate.
07:38Par ailleurs, il s'intéresse à son sujet d'étude.
07:40Il cherche à comprendre comment le courant national, le réactionnaire,
07:47comment il se comprend lui-même.
07:48Il étudie les revues, les partis politiques, les mouvements, les intellectuels.
07:55Il s'intéresse, autrement dit, à ceux qu'on se contente normalement
07:58de bannir, de diaboliser, d'infréquentabiliser.
08:01Plus encore, dans le cadre du papier du Monde,
08:04on dit qu'il accepte de débattre avec Jean-Yves Le Gallou.
08:07Jean-Yves Le Gallou, qui est un des intellectuels,
08:08qui a compté quand même dans l'histoire de ce courant de pensée,
08:11qui a théorisé des concepts qui ont joué un rôle important,
08:13mais accepter de lui parler, ce serait déjà apparemment toucher un homme radioactif.
08:18De la même manière, il reconnaît la possibilité qu'un peuple soit submergé chez lui.
08:22Il ne dit pas que ça va arriver, il ne dit pas que c'est catastrophique,
08:24il reconnaît cette possibilité.
08:26Mais la simple possibilité de la reconnaissance,
08:28la reconnaissance de la possibilité de la submersion migratoire,
08:31ça vous transforme apparemment en complice de la théorie conspirationniste et raciste
08:35du grand emplacement, comme on dit.
08:37Avec lui, en fait, Camus refuse la théorie du masque.
08:40Parce que la seule manière, pour les experts officiels de l'antifascisme,
08:44de quelle manière fonctionne-t-il, c'est la théorie du masque.
08:46Ils voient le courant de pensée dits réactionnaires,
08:49et là, ils disent « qu'est-ce qu'ils nous cachent ? »
08:51On va enlever leur masque, oui, ils ont des arguments,
08:53mais on va enlever le masque, on va arracher le masque,
08:55et on va voir ce qu'il nous cache véritablement, cette personne.
08:58On va faire son procès, on va dévoiler le monstre
09:01qui se cache derrière l'homme respectable,
09:03ce qu'on appelle aujourd'hui la stratégie de la cravate.
09:05Donc, de ce point de vue, il nous dit,
09:07avant de mettre en garde, étudier, avant de condamner, analyser,
09:11pour cela, on considère qu'il a perdu sa boussole aujourd'hui.
09:13Vous tenez aussi, dans cet édito, à nous parler de deux livres récents,
09:17Mathieu Boccoté, qui sont en lien avec ce sujet indirectement,
09:21et qui remettent en question la démocratie,
09:22ou du moins l'importance du vote, Mathieu.
09:25Vous, moi, je crois qu'on se dit démocrate,
09:28je ne pense pas être très audacieux en disant que vous êtes démocrate,
09:31Eliott Deval, je le suis, Arthur aussi très probablement.
09:33Prenez un risque.
09:34Non, mais ce n'est pas très audacieux de dire ça.
09:36Or, la démocratie, ça consiste normalement à reconnaître
09:39la légitimité du pouvoir du peuple.
09:41Et comment s'exprime-t-il aussi?
09:42Par le vote.
09:44Or, qu'est-ce qu'on voit partout en Occident aujourd'hui,
09:46bien au-delà de la France?
09:47On voit des courants qui sont désavoués par les intellectuels progressistes.
09:51On voit ces courants percés un peu partout.
09:53Donc, que nous dit-on?
09:54L'élection est dangereuse.
09:55Elle permettrait au peuple qui pense mal de s'emparer du pouvoir aujourd'hui,
09:59demain ou après-demain.
10:00Dès lors, que devons-nous faire?
10:02Chez Plenel, il faut disqualifier le moment électoral de la démocratie.
10:06Il disqualifie le moment électoral.
10:07Ce n'est qu'un moment par groupe.
10:08Pour lui, la démocratie, c'est le déploiement de l'idée égalitaire sur 2000 ans
10:11et le déploiement de l'idée égalitaire par différents mouvements
10:14qui s'en emparent et qui poussent toujours plus loin la quête de l'égalité
10:17jusqu'à contester le primat de l'humanité à l'intérieur du vivant.
10:21Le point d'aboutissement de l'égalité, en fait,
10:23c'est la dissolution de l'homme dans la nature et le vivant.
10:25Et il y a Geoffroy de Lagrenerie qui, lui, propose une disqualification
10:28de la démocratie en elle-même et dit
10:30est-ce qu'un progressiste est obligé d'être démocrate?
10:32Est-ce qu'on doit véritablement reconnaître une légitimité à la majorité?
10:35Est-ce que le vote n'est pas finalement la fameuse tyrannie de la majorité
10:38dont on nous parlait autrefois?
10:40Autrement dit, ce qu'on voit en ce moment,
10:42puisqu'une partie du progressisme occidental
10:44s'inquiète de résultats électoraux qui lui sont défavorables,
10:47eh bien, pourquoi ne pas jeter l'anathème désormais sur les élections?
10:51Arthur Devatrigan, quel regard portez-vous sur ce système médiatique,
10:56je le disais, ce cercle médiatique,
10:57et ce monde qui peut finalement s'en prendre à une personne
11:02à travers notamment des tribunes, des portraits,
11:07rarement à décharge et très souvent à charge.
11:09Ce n'est pas un portrait, c'est un procès.
11:12Jean-Yves Camus rattrapé par son sujet.
11:14Voilà, c'est le titre de l'article en question.
11:16Donc, il faut saluer la technicité du titre, évidemment.
11:19C'est une grande qualité du journal Le Monde.
11:21Cette manière unique de prendre l'art grave
11:24pour faire les poches du débat, il a toute réflexion.
11:26Donc, en fait, on n'informe pas, on instruit,
11:29on tamise la lumière, on convainc des témoins,
11:31et puis on rend le verdict de Jean-Yves Camus est coupable.
11:33Mais alors, de quoi est-il coupable?
11:35Bah, de penser sans laisse.
11:37Et ça, c'est un crime de laisse-majesté,
11:39donc il faut lui taper sur les doigts,
11:41lui rappeler qu'ils sont les patrons.
11:43Et donc, le journal a sorti le grand numéro,
11:45le regard s'élève, ses verres, la lèvre pincée,
11:48la vertu a mis donné,
11:49et on lui reproche de, soi-disant, normaliser
11:52des fascistes et des nazis.
11:54Et surtout, en fait, on lui reproche
11:56la séquence où il avait commenté
11:58le meurtre de Quentin de Ranck.
12:00Parce qu'il avait analysé factuellement
12:01ce qui s'était passé,
12:03qui pouvaient être les coupables,
12:04qui étaient les victimes,
12:05qui étaient la jeune garde, bref.
12:07Et ça, en fait, on ne lui pardonne pas.
12:08C'est le déclencheur.
12:09Parce que tout ce que raconte le monde
12:11avec des biais qu'on leur connaît,
12:13on le savait depuis longtemps.
12:15Et en fait, pourquoi ils sortent maintenant,
12:16c'est suite à cette séquence-là,
12:18cette séquence médiatique.
12:19En fait, on veut le punir.
12:20Donc, on fait le procès de l'expert.
12:22Et puis, pour faire le procès de l'expert,
12:23on convoque à la barre d'autres experts,
12:25mais des vrais,
12:26comme par exemple l'historien Laurent Joly,
12:28qui, je cite,
12:30déplore les distinctions oiseuses
12:31dans le genre de Jean-Yves Camus,
12:32qu'il considère rangés au mieux
12:34dans le camp des experts mal réveillés,
12:36au pire dans celui des complaisants.
12:39Complaisants avec les nazis,
12:40les fascistes, tout ça.
12:41Laurent Joly, qui, en toute neutralité,
12:44je rappelle, veille d'élection,
12:45il y a un an,
12:46avait donné des consignes de vote.
12:48Voilà.
12:48Bon, ça, c'est de l'expertise.
12:50On appelle ça, en fait,
12:50un expert assermenté.
12:52Vous savez, celui qui fait
12:53les contrôles techniques
12:53et les contrôles qualité et idéologiques.
12:56Donc, le problème de Jean-Yves Camus,
12:57c'est qu'il bosse,
12:59c'est qu'il analyse
12:59là où d'autres militent,
13:01il distingue là où d'autres tamponnent,
13:03il décrit là où d'autres
13:04distribuent des bons et des mauvais points.
13:06Et puis, surtout,
13:06il y a une vraie culture
13:07là où d'autres se contentent
13:08de répéter comme des perroquets.
13:10Donc, si vous voyez,
13:10il n'a pas la vue à hauteur de moquettes.
13:13Et c'est pourquoi
13:13Jean-Yves Camus est coupable ?
13:15Autre sujet à présent,
13:17et je le dis aux téléspectateurs,
13:19bien sûr, en deuxième partie,
13:20nous reviendrons sur ce 22e jour de guerre
13:23contre la République islamique iranienne,
13:26alors que l'armée israélienne
13:28confirme à l'instant
13:29un impact direct de missiles iraniens
13:32sur une ville au sud d'Israël
13:34abritant une installation nucléaire.
13:37Vous souhaitez aussi aborder d'autres sujets,
13:40peut-être des sujets qui nous permettent
13:42de souffler un pleut,
13:44de revenir pour certains à leur adolescence.
13:48L'acteur américain Chuck Norris
13:50est mort,
13:51Mathieu Bocoté, hier,
13:53et vous tenez à rendre hommage
13:54à cette figure du cinéma américain
13:55des années 80 qui était devenue
13:57une forme de légende vivante,
14:01malgré elle,
14:01sur Internet notamment.
14:03Alors, vous avez tout à fait raison,
14:04c'est un sujet qui est plus léger,
14:05évidemment,
14:06mais je me permets d'en parler,
14:07pourquoi ?
14:08Parce que depuis sa mort,
14:09on ne parle sur les fameux réseaux sociaux
14:10à peu près que de ça.
14:12J'ajoute que dans la presse,
14:14partout dans le monde,
14:14on parle aussi de la mort de cet acteur.
14:17Donc manifestement,
14:17on est devant un phénomène social.
14:19Pourquoi ?
14:20Et je le dis,
14:20je le résume sur les réseaux sociaux,
14:22Chuck Norris,
14:22c'est l'homme qui serait plus puissant
14:23que le bon Dieu, finalement.
14:24Il y a des blagues
14:25qu'on fait à son sujet.
14:27Chuck Norris, par exemple,
14:28est tellement fort
14:29qu'il a déjà été capable
14:30de compter jusqu'à l'infini deux fois.
14:33Et bon,
14:34vous connaissez le genre de blague.
14:35Quoi qu'il en soit,
14:36le personnage est intéressant
14:37au-delà de la figure
14:38des réseaux sociaux.
14:39Pourquoi j'y reviens ?
14:40Parce qu'il représente
14:41un état d'esprit
14:43de la culture américaine
14:44qui nous éclaire peut-être aujourd'hui
14:46sur ce que redeviennent
14:47les États-Unis sous Donald Trump.
14:49C'est un héros des années 80,
14:50donc on pourrait dire
14:51que jusqu'à Ronald Reagan,
14:52les Américains,
14:53doutent d'eux-mêmes.
14:54Ils ont perdu la guerre du Vietnam,
14:55ils ont l'impression
14:56d'avoir perdu leur superbe.
14:58Ils veulent restaurer
14:59leur puissance.
15:00Ils trouvent qu'ils ont trop...
15:01Ils se sont perdus
15:02dans le droit,
15:02ils se sont perdus
15:03dans les droits de l'homme,
15:04ils se sont perdus
15:04dans les paroles verbales.
15:07Et là,
15:08que représente Chuck Norris
15:09dans quatre films ?
15:10Quatre films,
15:10en fait,
15:11ils représentent
15:11un aspect de la culture américaine
15:12qu'on pourrait dire
15:13le virilisme revendiqué,
15:15candide et souriant.
15:17Alors, quatre films.
15:18Missing in Action,
15:19Portée disparue 1.
15:20Un film du début des années 80.
15:22Chuck Norris joue le rôle
15:23d'un ancien soldat du Vietnam
15:28qui a été emprisonné là-bas,
15:30qui est revenu,
15:30qui s'est libéré lui-même,
15:31qui s'est sauvé de prison
15:32et qui décide
15:33de retourner au Vietnam
15:34pour sauver
15:35les prisonniers américains
15:36qui seraient encore
15:37prisonniers du Vietcong
15:38ou de la République du Vietnam.
15:40Qu'est-ce qui est intéressant
15:41là-dedans ?
15:42C'est que voilà un récit
15:42qui en dit beaucoup
15:43sur la psychologie américaine.
15:44Les institutions ont failli.
15:46Le pays n'est plus fidèle aux siens.
15:49Donc, un homme décide
15:50de prendre sur ses épaules
15:51la responsabilité
15:52d'aller faire son devoir patriotique.
15:54Le devoir patriotique
15:55n'est plus porté par les institutions.
15:57Il est porté par un individu.
16:00Ensuite, c'est important
16:01que j'insiste là-dessus
16:02parce qu'on est dans des sociétés
16:03aujourd'hui où le pouvoir
16:04semble se perdre dans le droit,
16:06dans la technostructure
16:07et ainsi de suite.
16:08Là, c'est un homme
16:09qui décide de dire
16:09ils ont tous trahi les politiciens.
16:11Je me charge d'y aller.
16:13Ensuite, Delta Force 1.
16:14Delta Force 1.
16:15Un film qui commence en Iran
16:16soit dit en passant.
16:17Il y a un lien avec notre sujet.
16:18Donc, c'est l'humiliation de 1980,
16:20l'opération de Delta Force là-bas.
16:23Et que fait Chuck Norris ?
16:24Il décide de prendre sa retraite.
16:25Les politiciens ont trahi.
16:26Ils sont tous nuls.
16:27Il s'appelle Mec Coye dans ce film-là.
16:29Dans l'autre, c'était Braddock.
16:29Ils sont tous nuls.
16:31Mais là, il faut faire
16:31une opération spéciale
16:32parce que les terroristes islamistes
16:33ont détourné un avion israélien,
16:36un avion commercial israélien.
16:37Il a pris sa retraite.
16:38Il ne veut plus aller à la guerre.
16:40Il y en a marre des politiciens
16:41qui sont complètement nuls.
16:42Mais là, il ne peut pas tolérer
16:44que de voir son unité
16:46se faire ainsi appeler.
16:48Puis lui, il serait de côté
16:50comme un démissionnaire
16:51qui déciderait de ne pas se mêler
16:52des choses importantes.
16:53Il renonce à sa retraite
16:54sur son ranch
16:55et il décide de rejoindre son unité
16:57pour sauver les Américains.
16:58Donc, encore une fois,
16:59et les Israéliens,
17:00plusieurs personnes prises en otage
17:01par des islamistes socialistes.
17:03Ce qui est intéressant là-dedans,
17:04au-delà de la boutade,
17:05c'est voilà encore une fois
17:07le récit américain
17:08de l'homme seul,
17:09trahi par les institutions,
17:10mais qui décide de jouer son devoir.
17:12Donc, je dirais,
17:12c'est la force de la mythologie américaine.
17:15Votre pays ne tient pas
17:16sur les élites
17:17qui sont officiellement ses défenseurs.
17:19Votre pays tient sur les épaules
17:21de chacun, un par un,
17:22qui décide de prendre en charge
17:24sa destinée.
17:25Dans Delta Force 2,
17:26soit dit en passant,
17:26il jette à balle le narcotrafic.
17:28C'est quand même pas mal.
17:29Donc, quoi qu'il en soit,
17:30encore une fois,
17:30c'est la mythologie
17:31du héros individuel,
17:33trahi par les institutions,
17:34mais qui décide de s'en mêler.
17:36Et j'ajouterais que c'est
17:37une thématique
17:38de tout le cinéma
17:39de ces années-là
17:39aux États-Unis
17:40des années 80-90.
17:41C'est la mise en scène
17:42du héros qui prend sur ses épaules
17:43le sort du monde.
17:44Die Art 1,
17:45Die Art 2,
17:46Die Art 3,
17:46Die Art 4,
17:47Commando,
17:48Rocky IV avec Stallone,
17:50même juste
17:50dans les années 90.
17:51Donc, toute une série de films,
17:52ce n'est pas du grand cinéma,
17:53on s'entend, là.
17:54On n'est pas devant
17:55du Eisenstein.
17:56On n'est pas devant
17:57les grands films
17:58du cinéma français
17:59ou international.
18:00Mais on est devant
18:00un peuple qui s'exprime
18:01avec candeur
18:02l'importance du courage,
18:04l'importance de la décision,
18:05l'importance,
18:06quelquefois,
18:06pour un homme,
18:07de ne pas se fier
18:08aux institutions
18:08pour décider d'incarner
18:10quelquefois
18:10la volonté de courage,
18:11la volonté d'un délésien.
18:12On continue de parler
18:14de Tchèque-Honoriste.
18:15En quoi ce cinéma,
18:16quand même,
18:16un peu simple,
18:18devrait nous dire
18:20quelque chose
18:20sur notre temps,
18:22Mathieu Bocoté ?
18:22Regardez le cinéma français
18:24subventionné d'aujourd'hui
18:25très souvent.
18:25C'est le triomphe
18:26de l'intime,
18:27le triomphe de l'incertitude,
18:28la diabolisation du masculin,
18:30le triomphe de l'indéterminé,
18:32l'armoyant,
18:34le sentiment que le cinéma
18:35doit nous faire la morale
18:36tout le temps.
18:37C'est une morale de culpabilisation
18:38plutôt qu'une morale
18:39de l'encouragement.
18:40Je ne dis pas qu'il n'y a pas
18:40un côté propagande
18:41dans les films de Chuck Doris,
18:42on s'entend bien.
18:43Mais je dis simplement
18:44qu'on est dans une propagande
18:45qui met en valeur
18:46les vertus élémentaires
18:47de la civilisation,
18:48même s'il le fait
18:48de manière un peu caricaturale,
18:50pour ne pas dire
18:50très caricaturale.
18:51Dans une société déconstruite,
18:53dans une société déglinguée,
18:55dans une société
18:55qui ne croit qu'à l'intime,
18:57dans une société
18:57qui ne croit plus au courage,
18:59dans une société
18:59qui ne croit plus au masculin,
19:01eh bien, on arrive
19:01avec cet acteur
19:02qui n'est pas exceptionnel,
19:03mais qui a écarté
19:04les personnages,
19:05les uns, les autres,
19:06qui chaque fois
19:07incarnaient ce qu'on parle
19:08d'une forme de confiance
19:10en soi primitive
19:11des Américains,
19:12une confiance en soi
19:14primitive des peuples.
19:15Et je poursuis mon développement
19:16simplement un instant
19:17dans nos sociétés
19:19qui sont véritablement avachies,
19:21nos sociétés
19:22qui ont décidé
19:22de considérer
19:23que le masculin
19:23était toujours toxique.
19:25Eh bien,
19:25que nous dit-on
19:25à travers ce cinéma?
19:26On nous fait
19:27une forme de célébration
19:28des vertus premières,
19:29des vertus héroïques.
19:30C'est ce qu'on pourrait appeler
19:31le cinéma patriotique.
19:33Soit dit en passant,
19:34il y a une série
19:34qui s'appelait
19:34Texas Ranger,
19:36dans laquelle il y a eu
19:37un immense succès.
19:39Le récit était toujours
19:40le même.
19:40C'est-à-dire un homme bien,
19:42droit,
19:42avec des valeurs saines,
19:43qui est confronté
19:44au mal
19:45qui frappe la cité.
19:45Et puis,
19:46parce qu'encore une fois,
19:47les institutions ont fait faillite,
19:48il décide de régler ça
19:50par lui-même.
19:51Il décide que lui
19:52va s'occuper d'assurer
19:53la défense des siens
19:54parce que plus on monte
19:55dans la société,
19:56plus on produit
19:57des poules mouillées.
19:58Eh bien,
19:58il considère que lui,
19:59désormais,
20:00ce sera le...
20:01qui incarnera
20:02la morale civique.
20:02Vous me direz
20:03que tout ça est ridicule,
20:04mais je pense que
20:04telle vertu pourrait peut-être
20:05nous faire du bien
20:06de temps en temps.
20:07Absolument pas ridicule
20:08et permettez-moi de préciser,
20:09c'est Walker,
20:10Texas Ranger.
20:11Qu'est-ce que j'ai dit?
20:11Texas Ranger.
20:12Ah, voilà,
20:13Texas Ranger,
20:13vous avez tout à fait raison.
20:14Merci pour la précision.
20:16Arthur Devatrigan
20:16sur Chuck Norris.
20:17Ce qui est vrai,
20:18c'est que parler
20:19de Chuck Norris
20:19aujourd'hui,
20:20alors qu'on est
20:21au 22e jour de guerre
20:23contre la République
20:25islamique en Iran,
20:27peut aussi nous permettre
20:28de sortir
20:29de ce climat anxiogène
20:31et en même temps,
20:32c'est vrai qu'il y a
20:33une symbolique importante.
20:34Il y a une vraie symbolique
20:35parce que n'oublions jamais
20:36qu'aux Etats-Unis,
20:37le cinéma Hollywood
20:38permet de se raconter
20:40à la fois en tant que nation
20:40et de se dévoiler
20:42à l'ancien monde,
20:43donc nous,
20:43puis aux autres nations également.
20:44Ça a toujours été
20:45un vecteur de messages,
20:46un vecteur politique.
20:47Alors, il faut comprendre
20:48la généalogie
20:49et comprendre
20:50dans quelle époque
20:50s'inscrit Chuck Norris
20:51qui sont les années 85-95.
20:54L'année d'avant,
20:55la décennie d'avant,
20:55c'est 70.
20:57Et on voit un Hollywood
20:58qui est traumatisé
20:58par la guerre du Vietnam,
21:00qui est usé par l'héroïsme
21:01à la John Wayne
21:01ou à la Burke Lancaster
21:03et donc on voit
21:03une production
21:04qui désingue
21:04l'idéalisme américain,
21:06qui verse de plus en plus
21:07dans le crépusculaire
21:08et qui filme
21:08sa mauvaise conscience.
21:10Et donc,
21:10début des années 80,
21:11il va se passer
21:11deux événements.
21:12Premier événement,
21:13c'est la fin
21:14du nouvel Hollywood.
21:15Le nouvel Hollywood,
21:16c'est la prise du pouvoir
21:17des réalisateurs,
21:18des cinéastes sur les studios.
21:19Là, ça va se réinverser,
21:20les studios reprennent le pouvoir.
21:21Et vous avez
21:22l'élection de Reagan.
21:24Et donc,
21:26on dit souvent,
21:27c'est vrai que la production
21:28cinématographique d'un pays,
21:29c'est le reflet
21:30de sa conscience collective.
21:31Et donc,
21:32Reagan,
21:32c'est le retour
21:33de l'Amérique conquérante,
21:35de l'Amérique surdelle,
21:36de l'Amérique triomphante.
21:37C'est le début de la programmation,
21:38la démocratisation du monde.
21:40Et donc,
21:41on voit un genre
21:42qui décroît,
21:43à savoir le western,
21:44qui était le genre
21:44du film américain,
21:45hollywoodien.
21:46Et deux nouveaux genres apparaissent,
21:48la science-fiction
21:48et le film d'action.
21:49Mais le film d'action,
21:50version héros,
21:51viril,
21:51qui n'a pas des super-pouvoirs,
21:53mais qui a des super-muscles.
21:54Et le personnage pivot,
21:56c'est Rambo.
21:57Rambo 1,
21:57c'est la mauvaise conscience.
21:58Rambo 2,
21:59trois ans plus tard,
22:00c'est le héros bodybuildé
22:02qui va dézinguer tout le monde.
22:03Et de mi-80 à mi-90,
22:06on va être
22:06dans la fabrication industrielle
22:08du héros à l'américaine
22:09qui va se donner
22:10à voir au monde.
22:11Et avec le camp d'orgue,
22:12deux stars qui s'affrontent,
22:13Arnold Schwarzenegger
22:14et Sylvester Stallone.
22:15Et dans Last Action Hero,
22:17qui est un film sorti en 1993,
22:19qui imagine
22:20Schwarzenegger plongé
22:20dans un monde
22:21où l'acteur n'existe pas,
22:22on voit une affiche
22:23de Terminator 2,
22:24dont l'acteur principal
22:25est normalement
22:26de Schwarzenegger.
22:26Et là,
22:27c'est Stallone
22:27qui le remplace.
22:28Et ce film d'ailleurs
22:29est assez révélateur
22:30parce que c'est l'histoire
22:31d'un gamin de 11 ans
22:32qui se retrouve
22:32dans le film
22:33de son héros préféré,
22:35qui rappelle aussi
22:36l'un des rôles du cinéma,
22:37à savoir émerveiller,
22:38s'identifier
22:39et puis non pas
22:40du reflet de son existence
22:42mais des odyssées à venir.
22:43Et Chuck Norris,
22:44là-dedans,
22:44vous allez me demander,
22:45lui, son originalité,
22:47c'est qu'il a apporté
22:48les arts martiaux un peu
22:49parce qu'il était champion
22:49dans la vie privée.
22:50Il a débuté sa carrière
22:52en se battant contre Dragon,
22:54à savoir Bruce Lee.
22:56Malheureusement,
22:56l'expressivité de Parkmet
22:57l'a un tantinet desservi.
22:59Il s'est retrouvé
23:00dans le bas de gamme
23:00du film d'action,
23:02dans le film Pas cher.
23:03Mais il est devenu
23:04le prince des nanars.
23:05Et les nanars,
23:06à ne pas confondre
23:06avec les navets,
23:07qui sont chiants et prétentieux,
23:08le nanar,
23:09c'est assez jouissif
23:09et sympathique.
23:10Par exemple,
23:11jamais un navet,
23:11on n'aura une affiche
23:12comme ceux de Chuck Norris
23:13avec écrit, je cite,
23:14« La science a créé un monstre,
23:16Chuck Norris doit le détruire. »
23:17Voilà.
23:18Ça, c'est les nanars.
23:19Mais comme Mathieu
23:20a envoyé une petite pique
23:21au cinéma français
23:22et pour sortir du cinéma américain
23:25et célébrer un peu
23:25notre cinéma,
23:26je rappelle qu'il y a
23:26un chef-d'oeuvre
23:27qui est sorti ce mercredi
23:29qui s'appelle
23:29« Les rayons et les ombres ».
23:30Donc, Xavier Giannoli
23:31sur une période compliquée
23:33qui s'appelle « L'occupation »
23:34qui est une grande fresque
23:36tragique, magnifique
23:37et qui, je pense,
23:38est d'utilité publique.
23:39Et je me permets,
23:40vous me terminez
23:40une minute,
23:41je me permets
23:41deux citations de cette époque
23:43simplement quand je dis
23:43qu'on prend en charge
23:44le destin du monde.
23:46Alors, une réplique
23:46assez amusante
23:47dans Rocky IV.
23:48Rappelez-vous,
23:48à la fin de Rocky IV,
23:50quand finalement,
23:50on dit que c'est
23:50des films non politiques,
23:51mais Rocky va sur la scène
23:53et là, on dit
23:54quel est le sens
23:55de ce combat de boxe
23:59il se battait sur le ring,
24:00il s'entretuait,
24:01mais c'est mieux
24:02que des millions.
24:03Et ensuite,
24:03une réplique assez amusante
24:04que je trouve appréciée
24:05dans « Portée des disparus 3 »
24:06lorsque le bureaucrate
24:07met en garde
24:08Chuck Norris
24:09et il dit
24:09« C'est Braddock ».
24:10Il dit « Braddock,
24:11faites bien attention
24:12où vous mettez les pieds ».
24:13Je mets les pieds
24:14où je veux,
24:14Little John
24:15et c'est souvent dans la gueule. »
24:1719h23,
24:20on revient dans un instant
24:21pour la suite
24:22de face à Mathieu Bocoté.
24:25Je ne savais pas
24:25qu'on allait citer
24:26dans « Face à Mathieu Bocoté ».
24:27Ah ouais !
24:27Chuck Norris.
24:29On revient dans un instant
24:30pour parler
24:30du 22e jour de guerre
24:32contre la République islamique
24:34en Iran.
24:34Compte avec votre invité,
24:36l'historien Philippe Fabry.
24:38A tout de suite
24:38sur CNews.
24:41Il est quasiment 19h30
24:42sur CNews.
24:43Le point sur l'information
24:44avec Isabelle Piboulot.
24:45Bonsoir Isabelle.
24:49Une vingtaine de blessés
24:51a déploré
24:51dans le sud d'Israël.
24:53Un ou plusieurs tirs
24:54de missiles iraniens
24:55se sont abattus
24:56sur Dimona,
24:57région située
24:58dans le désert du Negev
24:59et qui abrite
25:00une installation dédiée
25:01à la recherche nucléaire.
25:03Les équipes
25:03du Magan David Adom
25:05sont à pied d'oeuvre
25:05pour venir en aide
25:06aux victimes.
25:08Cette salve iranienne
25:09intervient alors que
25:10les Etats-Unis
25:11ont mené des frappes
25:12contre le complexe nucléaire
25:13iranien de Natanz.
25:15Plus tôt dans la matinée,
25:17toujours en Israël,
25:18une école maternelle
25:19a été visée
25:19par une frappe iranienne.
25:21L'établissement situé
25:22à Richon-Lethion
25:23était fermé.
25:25Aucun blessé
25:25n'est à déplorer
25:26mais les dégâts matériels
25:28sont considérables.
25:29Une frappe
25:29que le ministre israélien
25:31de la Défense
25:31qualifie de crime de guerre.
25:34Enfin,
25:34Tzal, de son côté,
25:35a aussi poursuivi
25:36ses frappes en Iran
25:37et au Liban.
25:38Plus de 200 cibles
25:39du régime iranien
25:40et du Hezbollah libanais
25:41ont été visés
25:42au cours du week-end,
25:43notamment des dizaines
25:44de complexes
25:45utilisés pour stocker
25:47des armes
25:47et des missiles
25:48balistiques.
25:49L'armée de l'air israélienne
25:51a aussi mené
25:51deux vagues
25:52de frappes à Beyrouth
25:53et dans d'autres régions.
25:55Plusieurs terroristes
25:55ont été neutralisés
25:57dans le sud du Liban.
25:59Merci beaucoup
26:00Isabelle Piboulot
26:00et effectivement
26:01l'information
26:02de la soirée.
26:03C'est cette confirmation
26:05de l'armée israélienne
26:06un impact direct
26:08de missiles iraniens
26:09sur une ville
26:09abritant
26:10une installation nucléaire.
26:13L'armée israélienne
26:13a confirmé
26:15samedi soir
26:15à l'agence France Presse
26:16un impact direct
26:17faisant une vingtaine
26:19de blessés civils.
26:21Nous serons
26:22avec l'ambassadeur
26:23d'Israël en France
26:24Joshua Zarka
26:25à 20h.
26:26Mathieu Bocoté
26:27vous êtes toujours
26:28avec nous bien sûr
26:29alors que vous découvrez
26:30les images
26:31de ce missile
26:32qui a frappé
26:33la ville de Dimona
26:34en Israël
26:36tôt dans la soirée.
26:38Arthur Devatrigan
26:39est toujours avec nous
26:40et l'historien
26:41Philippe Fabry
26:42nous a rejoint.
26:43Mathieu Bocoté
26:44c'est à vous.
26:45Alors Philippe Fabry
26:46bonsoir.
26:47Alors question première
26:48donc au tout début
26:49de ce conflit
26:50il y avait
26:51l'hypothèse optimiste
26:52une opération
26:53vous me direz
26:53presque une frappe
26:56quasi chirurgicale
26:57sur le régime iranien
26:58et qui permettait
27:00par ailleurs
27:00rapidement
27:00les occidentaux
27:01auraient pu s'en détourner
27:02leurs objectifs
27:03ayant été vite atteints.
27:03L'autre pôle de la réflexion
27:05c'était la possibilité
27:06de l'embrasement régional.
27:08Vous voyez ce soir
27:10ces frappes iraniennes
27:11sur Israël
27:12sur le site
27:13israélien
27:14que vous inspire
27:15ces frappes iraniennes
27:16ce soir ?
27:17Alors ce que ça inspire
27:18c'est vraisemblablement
27:18une riposte à l'attaque
27:20qui a été faite sur Natanz
27:21on voit que depuis
27:22plusieurs jours
27:22il y a derrière
27:23les échanges de frappes
27:24il y a une espèce
27:25de dialogue armé
27:26c'est à dire que
27:26vous nous tapez
27:27ce genre d'installation
27:28on montre qu'on est
27:29encore capable
27:30de le taper
27:30et il y a eu
27:31une tentative
27:32qui est toujours
27:32plutôt celle de la dissuasion
27:33côté iranien
27:35je pense qu'autre chose
27:36pour attendre de voir
27:36exactement ce qui a été touché
27:37a priori il n'y a que
27:38des civils qui sont blessés
27:39est-ce que c'était
27:39des civils chercheurs
27:40ou militaires
27:42il n'y aurait pas des militaires
27:43donc j'aurais du mal
27:44à commenter plus
27:44sur ce fait en particulier.
27:46Alors au point de départ
27:47de ce conflit
27:48si je vous ai bien lu
27:50vous avez l'impression
27:51que l'Iran était rapidement
27:52sinon anéanti
27:53bien évidemment
27:54mais très très très affaibli
27:55or on a l'impression
27:56le conflit dure
27:58pas tout le moins
27:59aujourd'hui
27:59on pense que ça dure longtemps
28:00quand ça se compte en semaine
28:01est-ce que nous sommes entrés
28:02dans une guerre
28:03de longue durée
28:04en Iran ?
28:05Alors le truc surtout
28:06c'est que d'après moi
28:07on est déjà dans une guerre
28:09de longue durée
28:09en Iran
28:09pour moi la guerre
28:11le mouvement
28:12qui sera à mon avis
28:13plus tard reconstitué
28:14par les historiens
28:14comme une guerre
28:15a commencé en 2019
28:16si vous voulez
28:16je peux faire un point là-dessus
28:18j'essaie d'être rapide
28:19en 2019
28:20l'Iran s'est trouvé
28:21un petit peu
28:21dans la position
28:22qui était la plus favorable
28:23depuis la révolution islamique
28:25c'est-à-dire qu'il sortait
28:26c'était la victoire
28:27sur l'état islamique
28:28il n'a pas vaincu tout seul
28:29mais enfin
28:29il avait réussi avec
28:31il était allié objectivement
28:32avec les occidentaux
28:33sur ce coup-là
28:33et donc il se retrouverait
28:34véritablement en position
28:37de candidature à l'hégémonie
28:38on va dire au Moyen-Orient
28:38parce qu'il contrôlait
28:39tout le fameux croissant
28:40Chine
28:40Il pouvait devenir
28:40la puissance régionale
28:42voilà
28:42et en fait c'était ça l'objectif
28:43et on l'a vu très vite
28:44parce que fin 2019
28:45ça a été un peu oublié aujourd'hui
28:47mais il y a eu
28:47les fameuses frappes
28:48sur les installations
28:50pétrolières saoudiennes
28:51qui ont été faites
28:52avec ce qu'on ne connaissait pas
28:53à l'époque
28:53maintenant on est habitué
28:54mais ça a été les premiers
28:55à faire ça
28:55c'est-à-dire une frappe combinée
28:56de drones suicides
28:57et de missiles
28:57ils ont fait ça en septembre 2019
29:02et ils ont expliqué
29:03que c'était les outils
29:04qui avaient tiré ça
29:04les outils du Yémen
29:05mais tous les experts internationaux
29:07admettent que c'était
29:08l'Iran qui était à la manœuvre
29:10et c'est très intéressant
29:10parce qu'à ce moment-là
29:11on s'aperçoit de quoi ?
29:12on s'aperçoit qu'il y a
29:12une volonté iranienne
29:14de transformer l'essai
29:15un petit peu de l'hégémonie régionale
29:16et qu'à côté de ça
29:17il y a des moyens
29:18et ces moyens
29:18c'est les proxys
29:19comme les outils
29:20mais aussi les milices
29:22pro-iraniennes en Irak
29:23et en Syrie
29:24et c'est les drones
29:25et les missiles
29:25qui sont en train
29:26de déployer massivement
29:28à cette époque-là
29:29et j'ai envie de dire
29:30l'apogée du mouvement
29:31vers l'hégémonie de l'Iran
29:32ça a été en 2023
29:34mars 2023
29:35avec les accords
29:36avec l'Arabie Saoudite
29:37qui ont rétabli
29:38de vieux accords
29:38de coopération
29:39l'Arabie Saoudite
29:40vraisemblablement
29:41a accepté
29:43finalement
29:43d'une certaine manière
29:44de poller les genoux
29:45devant l'Iran
29:45parce qu'elle avait vu
29:47la catastrophe
29:47du retrait américain
29:48en Afghanistan
29:49elle avait vu
29:50que les Américains
29:51ne faisaient pas grand-chose
29:51en Ukraine
29:52et donc l'Arabie Saoudite
29:53commençait à se dire
29:54que la protection américaine
29:55finalement
29:55ce n'était pas tellement ça
29:56et là où ça a dérapé
29:58pour l'Iran
29:58qui a essayé d'avancer
29:59comme ça sa stratégie
30:01l'aboutissement
30:02serait d'arriver
30:03à l'arme nucléaire
30:03parce qu'à ce moment-là
30:04ils étaient capables
30:05de contrôler
30:06voire les deux principaux
30:07des trois stratégiques du monde
30:08Bab el-Mandeb
30:09et Hormuz
30:11et en même temps
30:12de sanctuariser
30:13leur territoire
30:14et c'est là
30:14qu'il y a eu
30:15ce qu'il n'avait pas prévu
30:16c'est-à-dire que le Hamas
30:17sans véritablement
30:18de concertation
30:18avec les autorités iraniennes
30:20qui était peut-être
30:21un peu désorganisé
30:21parce que l'architecte
30:22de toute cette stratégie iranienne
30:23Donald Trump
30:24l'avait fait éliminer
30:25c'était Soleimani
30:25en 2020
30:26juste après les frappes
30:27justement sur
30:27l'installation pétrolière arabe
30:30et donc ce qui s'est passé
30:31c'est que vraisemblablement
30:32le Hamas s'est dit
30:33c'est bon maintenant
30:34l'Iran est assez puissant
30:35on va déclencher
30:35la guerre régionale
30:36qui permettra
30:37d'en finir avec Israël
30:37et là le problème
30:39c'est que l'Iran
30:39n'était pas tout à fait prêt à ça
30:40et depuis deux ans
30:42ça a lancé une séquence inverse
30:43finalement
30:44qui est un recul
30:45quasi permanent de l'Iran
30:46c'est-à-dire ils ont perdu
30:47la Syrie
30:47ils ont perdu l'essentiel
30:48de leur influence au Liban
30:49qui est en train de continuer
30:50à être démantelé
30:52et les outils
30:53ne sont toujours pas rentrés
30:54dans la guerre à leur côté
30:55donc on voit
30:55qu'il y a un affaiblissement
30:56et donc en fait
30:57moi je n'interprète pas
30:58ce qu'on voit
30:59depuis trois semaines
31:00comme une attaque
31:01tout d'un coup
31:02un démarrage d'un conflit
31:03qui n'existait pas
31:03par les américains
31:04je vois ça plutôt
31:05comme une espèce
31:05de tentative d'offensive finale
31:07vers un pays
31:08qu'on a tenté de dissuader
31:09à plusieurs reprises
31:10sur les sept dernières années
31:11sur ses ambitions régionales
31:13ça n'a jamais marché
31:14la dernière fois
31:14avec la guerre des 12 jours
31:15et donc Donald Trump
31:16a décidé d'y aller
31:18d'autant plus que tout ça
31:19s'inscrit dans un contexte global
31:20c'est que l'Iran
31:21est le seul membre
31:23de l'alliance des quatre
31:24on va dire
31:25qui menace
31:25l'hégémonie américaine mondiale
31:27c'est-à-dire la Russie
31:28la Chine
31:29la Corée du Nord
31:29et l'Iran
31:30c'est le seul qui n'est pas nucléaire
31:31donc c'est celui
31:32sur lequel on peut aller taper
31:33pour dissuader les autres
31:34alors vous avez rappelé
31:35le contexte de ce conflit
31:36par ailleurs
31:37les frappes
31:38on cherche à comprendre
31:39par exemple on entend souvent
31:40que les américains
31:41et Israël
31:41n'auraient pas nécessairement
31:42les mêmes objectifs de guerre
31:44dans le cas d'Israël
31:45il s'agirait de faire tomber
31:46un régime
31:46pour des raisons existentielles
31:47parce que c'est un régime
31:48qui veut l'anéantir
31:49dans le cas des américains
31:50on cherche à comprendre
31:52qu'elle est une forme
31:52d'ambiguïté stratégique
31:54est-ce qu'il s'agit pour eux
31:56de détruire les capacités nucléaires
31:58de détruire les capacités militaires
32:00de faire tomber le régime
32:01de transformer le régime
32:03en régime soumis
32:04vassalisé
32:05que comprenez-vous
32:06du sens de cette opération
32:07maintenant ?
32:08alors moi je ne parlerai pas
32:09de divergence entre les américains
32:10et les israéliens
32:10simplement
32:12je pense que les israéliens
32:13sont plus jusqu'au boutiste
32:14dans l'attaque
32:15c'est-à-dire que pour eux
32:15c'est forcément la chute du régime
32:16qui doit être recherchée
32:17parce que tout le reste
32:18risque de revenir
32:19si le régime ne tombe pas
32:19pour les américains
32:21ils sont sur une échelle
32:22en fait ils sont partis
32:23si on arrive à faire tomber
32:24le régime c'est bien
32:24si on arrive juste
32:25à supprimer la menace régionale
32:27et à totalement oblitérer
32:29la capacité iranienne
32:31à établir une éventuelle
32:32hégémonie sur la région
32:33ça sera déjà pas mal
32:35donc je pense que
32:35la divergence elle vient
32:36surtout de là
32:38et du coup les américains
32:39sont peut-être moins prêts
32:40à aller dans certaines directions
32:41et les israéliens
32:42eux y vont quand même
32:43et on a vu que
32:44sur certains sujets
32:45c'était plutôt les israéliens
32:46qui poussaient un petit peu plus
32:48je ne dirais pas
32:49qu'ils manipulent Donald Trump
32:50mais ils arrivent à jouer
32:51toujours à la marge
32:52pour éventuellement
32:53escalader peut-être
32:54un petit peu plus
32:54que les américains
32:55ne le voudraient
32:55au moment où ils le voudraient
32:56mais grosso modo
32:57sur les buts
32:58il y a un alignement
32:59le truc c'est que
33:00les américains
33:00se réservent éventuellement
33:01la possibilité de sortir avant
33:03alors que pour les israéliens
33:04je pense qu'il faut aller jusqu'au bout
33:05Arthur Levatrigan
33:06alors justement comment vous analysez
33:07les dernières déclarations
33:08de Donald Trump
33:09il y a quelques heures
33:10une dizaine d'heures
33:11qui avait annoncé
33:11vouloir réduire graduellement
33:13je le cite
33:14les opérations
33:16alors à mon avis
33:17ce n'est pas totalement incohérent
33:18avec ce qu'il a dit dès le début
33:19parce que quand il a fait son discours
33:21il ne faut pas oublier
33:22ce qu'il a dit
33:22quand il a annoncé
33:23les opérations en Iran
33:24justement la nuit
33:25où les opérations ont commencé
33:27parce que depuis
33:27on a souvent dit
33:28qu'il l'espérait gagner
33:29en trois jours
33:29alors qu'en réalité
33:30il n'a jamais dit ça
33:30dès le début il a dit
33:31on part sur quatre ou cinq semaines
33:32d'opérations
33:33pour l'instant
33:34le peuple iranien
33:34ne doit rien faire
33:35laissez-nous en gros
33:36casser la figure du régime
33:37et ensuite vous bougerez
33:38donc l'idée qu'à un moment
33:40il soit prévu
33:40une fois que
33:42les installations militaires
33:43ont été détruites
33:43qu'une partie de l'appareil répressif
33:45qui a été lourdement visée
33:47est abattue
33:48on fait une dégressivité
33:50dans les frappes
33:51pour voir si
33:52la sauce prend
33:53on va dire localement
33:54et si le peuple
33:55recommence à se soulever
33:56ce qui est
33:57un des moyens
33:58d'essayer de faire tomber le régime
33:59alors peut-être à tort
34:01je suis obsédé
34:02par ce qu'on pourrait appeler
34:03l'engrenage de 1914
34:05c'est-à-dire que
34:05lorsqu'on commence
34:06une guerre
34:07dans une zone
34:08où il y a des tensions
34:08entre les empires
34:09qui se partagent le monde
34:11commencer une guerre
34:12dans une zone
34:12comme celle-là
34:13on peut espérer
34:13que ça demeure
34:14une guerre locale
34:15mais elle peut toujours
34:16devenir une guerre globale
34:18est-ce qu'il y a
34:19il y avait probablement
34:20cette possibilité
34:21en Ukraine
34:21depuis 2022
34:22il y en a même assuré
34:23est-ce qu'aujourd'hui
34:24il y a une possibilité
34:25selon vous
34:25d'embrasement régional
34:27qui à terre
34:28parce que l'Iran
34:28décide de frapper un peu partout
34:30est-ce qu'il y a la possibilité
34:30d'un embrasement régional
34:31qui pourrait aller
34:32encore plus loin
34:33alors un embrasement régional
34:34il y a des milices
34:37iraniennes
34:37qui peuvent être activées
34:38à l'extérieur
34:39les outils peut-être
34:40pourraient
34:40si jamais
34:41ils n'ont pas
34:41pris la leçon
34:42ces derniers mois
34:43essayer de recommencer
34:44à bloquer le détroit
34:44de Badebel Mandeb
34:46maintenant
34:47s'il y a une coalition
34:48qui est en train
34:49de se faire localement
34:49elle semble plutôt
34:50se faire contre l'Iran
34:51que le contraire
34:51donc de dérapage
34:53dans ce sens-là
34:53j'en vois pas trop
34:54maintenant
34:54avec la Chine
34:55avec la Russie
34:56le problème est plutôt
34:57dans ce sens-là
34:58alors a priori
34:59ils n'ont pas l'intention
35:00de bouger très vite
35:01même si
35:01semble-t-il
35:02Vladimir Poutine
35:02a reconnu
35:03qu'il partageait
35:04des renseignements
35:05avec l'Iran
35:06mais
35:08ce qui me semble
35:08c'est que
35:09du côté américain
35:10il y a une certitude
35:12qu'en fait
35:12la confrontation
35:13arrive
35:14à un moment donné
35:15et
35:15toute la politique
35:16de Donald Trump
35:17depuis un an
35:18elle s'explique comme ça
35:18il y a d'abord
35:19une espèce d'urgence
35:20vécue
35:21à essayer de détacher
35:21la Russie de la Chine
35:22en obtenant éventuellement
35:23une paix forcée en Ukraine
35:26et désormais
35:26je pense que ça a joué
35:27dans la décision
35:28un peu précipitée
35:29de frapper l'Iran
35:30qui essaie d'essayer
35:30de régler la question
35:31avant qu'il y ait
35:32un autre front
35:32qui s'active
35:33alors
35:33vous ne voyez pas
35:34à court terme
35:35la Chine
35:36ou la Russie
35:37intervenir suffisamment
35:37directement
35:38pour qu'on se retrouve
35:39avec un choc
35:39des empires en Iran
35:40alors
35:41le truc c'est que
35:42pour l'instant
35:42la Chine
35:43son souhait
35:43ça semble plutôt
35:44de continuer
35:45à avoir
35:45ces flux de pétrole
35:46qui arrivent
35:46qu'autre chose
35:47donc elle a plutôt
35:48pris le parti
35:48de demander à l'Iran
35:49de ne pas bloquer
35:50le détroit d'Ormuz
35:50qui est quand même
35:51son arme principale
35:53donc je ne pense pas
35:54qu'il y aura
35:54de dérapage
35:55de la Chine
35:55de ce côté-là
35:56pour l'instant
35:56alors vous disiez
35:57au début du conflit
35:58parce que je vous suis
36:00avec attention
36:01selon vous
36:02l'Iran avait peut-être
36:03moins de missiles
36:04qu'on l'avait prévu
36:05davantage de missiles
36:06pardonnez-moi
36:06qu'on l'avait prévu
36:07est-ce que vous aviez
36:08sous-estimé avec d'autres
36:09la capacité de riposte
36:10l'enracinement
36:11de la République islamique
36:13est-ce que autrement dit
36:14vous êtes surpris
36:14de voir la vigueur
36:16de sa riposte
36:17sur presque un mois
36:18finalement ?
36:19non pas tellement
36:20parce qu'en fait
36:21le nombre de vecteurs
36:22utilisés par jour
36:22a énormément baissé
36:23depuis le début
36:24on était à 200
36:24dans les premiers jours
36:25on est tombé
36:26à moins de 40
36:26souvent moins
36:28ce qui est sûr
36:29c'est que
36:31il semble qu'ils aient
36:33plutôt que de tout lancer
36:34dès le début
36:34ce qui semblait
36:35un petit peu attendu
36:36parce qu'on s'imaginait
36:37qu'ils essaieraient
36:37de lancer les choses
36:38très rapidement
36:40pour éviter justement
36:41de se faire détruire
36:42le lanceur
36:42comme ça avait été le cas
36:44l'année dernière
36:45mais finalement
36:46ils étirent les frappes
36:47et ils essaient
36:48vraisemblablement
36:48de jouer plutôt le temps long
36:49ce qui est assez habile
36:50de leur part
36:52mais de l'autre côté
36:54les capacités d'interception
36:55semble-t-il ont augmenté
36:56parce qu'on est passé
36:57d'un petit peu plus de 90
36:58à plus de 95%
36:59du côté américano-israélien
37:00donc de temps en temps
37:01il y en a un qui passe
37:02comme on vient de le voir là
37:03mais la réalité
37:04c'est que la plupart
37:04des vecteurs lancés
37:05quotidiennement
37:05sont arrêtés
37:0619h41 sur CNews
37:07je me permets d'apporter
37:08les toutes dernières informations
37:09selon l'agence France Presse
37:10les frappes de missiles iraniens
37:12dans une ville israélienne
37:13abritant donc un centre
37:15de recherche nucléaire
37:16à Feige
37:17vous avez donné le premier bilan
37:18d'une vingtaine de blessés
37:19on passe à au moins
37:2139 blessés
37:22alors que le porte-parole
37:24du Magen David Dadom
37:25donc c'est les secouristes
37:27présents en Israël
37:29intervenants secouristes
37:30et ambulanciers
37:30produisent des soins médicaux
37:32et évacuent
37:33au moins 47 patients
37:35vers l'hôpital Soroka
37:37dont un garçon
37:38d'une dizaine d'années
37:38dans un état grave
37:40pleinement conscient
37:41mais blessé
37:41par des éclats d'obus
37:43je me permets d'apporter
37:43ces toutes dernières informations
37:44qui sont tout à fait essentielles
37:45alors on parle
37:47de la république islamique
37:48on parle du régime
37:48on parle du changement de régime
37:50la possibilité pour le régime
37:51de tomber
37:51mais est-ce qu'on avait
37:52sous-estimé
37:53à quel point le régime
37:54était enraciné
37:55parce qu'on l'a vu de loin
37:56souvent le récit sur l'Iran
37:57c'est celui de la diaspora
37:59de gens qui par définition
38:01conspuent avec
38:01raison la république islamique
38:03on a vu des révoltes
38:04en Iran
38:05mais là en ce moment
38:06est-ce qu'on est devant
38:07un régime finalement
38:08plus fort qu'on ne le croyait ?
38:10alors ça dépend
38:11qu'est-ce qu'on croyait
38:12en fait
38:12parce qu'on a une
38:14une espèce d'habitude
38:15médiatique maintenant
38:16d'attendre les résultats
38:17très très vite
38:18on est dans des frappes
38:19qui ont commencé
38:20il y a trois semaines
38:21encore une fois
38:22c'est extrêmement court
38:23il y a des tas d'offensives
38:24dans l'histoire militaire
38:25qui durent pendant deux mois
38:26l'offensive soviétique
38:28Bagration par exemple
38:29en 1944
38:30elle dure plus de deux mois
38:32donc même la chute
38:34du régime de Saddam Hussein
38:35il a fallu un mois et demi
38:36pour conquérir
38:38l'ensemble du territoire
38:38aux américains
38:39à l'époque c'était la guerre
38:40par CNN
38:40maintenant c'est la guerre
38:41par Twitter
38:42Facebook
38:42et ainsi de suite
38:43est-ce que la psychologie
38:44démocratique
38:45est capable de s'adapter
38:46à ce rythme de guerre ?
38:47alors ça c'est quelque chose
38:48qui est très intéressant
38:49parce qu'il y a la psychologie
38:50des acteurs
38:51et puis il y a la psychologie
38:52des spectateurs
38:52je pense que la psychologie
38:53des spectateurs
38:54s'est beaucoup accélérée
38:55alors que la psychologie
38:56des acteurs
38:57est restée
38:57ce qu'elle est normalement
38:58et notamment
38:59je suis persuadé
39:00qu'il y a une bonne partie
39:01en fait
39:02qu'une bonne partie
39:02de l'appareil militaire
39:04iranien
39:04continue aussi à tenir
39:06parce qu'ils sont persuadés
39:07qu'ils tiennent encore
39:08d'une certaine manière
39:09c'est-à-dire qu'on est face
39:10à des gens
39:11qui sont
39:13vraisemblablement
39:14un petit peu dans le déni
39:15finalement de ce qui se passe
39:16après la mort de Ramenei
39:17il y a eu la mort
39:18de l'Arijani
39:19ils ont un guide suprême
39:20dont on ignore
39:21s'il existe véritablement
39:22un commandement
39:22qui a été décentralisé
39:23en direction
39:24des commandants locaux
39:26alors pour les commandants
39:27je pense qu'ils ont peut-être
39:28le moral plus solide
39:29mais pour les paramilitaires
39:32les basidjits
39:33tout ça
39:33ça fait des gens
39:34qui sans doute
39:35petit à petit
39:36se mettent à réaliser
39:37qu'on n'est plus
39:38dans la situation d'avant
39:39qu'on ne vit plus
39:39dans le monde d'avant
39:40et donc se dire
39:41qu'il n'y a pas eu
39:42les défections
39:42dans les deux premiers jours
39:44ou dans les deux premières semaines
39:45je pense que ce n'est pas choquant
39:46c'est méconnaître
39:47la psychologie humaine
39:48je pense qu'il faut quand même
39:48un petit peu plus de temps que ça
39:49pour réaliser
39:50qu'on a basculé
39:52dans autre chose
39:52il y a peut-être une nouveauté aussi
39:55c'est le ton
39:57Trumpiste
39:58ou Trump
39:58de Donald Trump
39:59notamment sur la diplomatie
40:00on a
40:00je me rappelle pas
40:02d'avoir vu
40:03un chef d'état
40:04notamment un grand chef d'état
40:05d'une grande première puissance
40:07dans une guerre
40:08usée d'expressions
40:09comme bande de lâches
40:10comme il l'a dit
40:11au prix de l'OTAN
40:12de noter la France
40:138 sur 10
40:14de dire des Anglais
40:16qu'ils le paieront plus tard
40:17ça c'est aussi une nouveauté
40:18comment l'analyser
40:19et comment d'ailleurs
40:20analyser la position
40:21de l'Europe
40:22et de la France
40:23dans ce contexte
40:25alors
40:25il y a une partie
40:26je pense que ça vient
40:27du parcours personnel
40:28de Donald Trump
40:28qui aime bien rappeler
40:29que d'une certaine manière
40:30son éducation a été faite
40:31sur les chantiers new-yorkais
40:32donc il a
40:32certains francs parlé
40:33il a plutôt cette habitude-là
40:34que celle des salons diplomatiques
40:36mais je pense qu'il y a aussi
40:37autre chose
40:38qui est le fait que
40:38on peut désormais
40:40s'invectiver
40:40entre chefs d'état
40:41sur Twitter
40:42en gros
40:43et il y a cette habitude
40:44qui a été prise
40:45Donald Trump le faisait déjà
40:46à l'époque
40:46et en fait
40:47est-ce qu'entre les chefs d'état
40:49ces médias-là
40:50ne ramènent pas
40:51finalement
40:51à l'époque
40:52où on pouvait s'insulter
40:53de rue à rue
40:54finalement
40:54et où on se retrouve
40:55face à des gens
40:56qui sont plus
40:57comme des familles ennemies
40:58dans une cité italienne
40:59médiévale
41:00où les gens se détestaient
41:01et étaient toujours
41:01à portée de couteau
41:02plutôt que des gens
41:03qui sont habitués
41:04à se parler
41:05par diplomate interposé
41:06je pense que ça joue aussi
41:08dans la psychologie
41:09collective
41:10alors on voit
41:11il y a des conflits
41:12à tout le moins
41:12des tensions
41:13entre Trump
41:13et ses alliés de l'OTAN
41:15ses alliés européens
41:16est-ce que cette guerre
41:17peut être un moment
41:18de rupture de l'OTAN
41:19finalement
41:20est-ce qu'au terme
41:22de cela
41:22on va assister
41:22à une accentuation
41:24une aggravation
41:24de la faille atlantique
41:27alors ça c'est possible
41:28alors il semble y avoir
41:29un rapprochement
41:29qui se fait
41:30après un refus
41:31notamment des européens
41:31initialement d'intervenir
41:32pour essayer d'aider
41:33à sécuriser le détroit d'Hormuz
41:35maintenant
41:36je suis personnellement
41:37assez persuadé
41:38depuis le début
41:38de cette opération
41:39qu'aussitôt qu'elle sera terminée
41:41la question du Groenland
41:42reviendra sur le tapis
41:43parce qu'il l'avait sorti
41:45juste après
41:45son succès
41:46contre Maduro
41:47s'il a un succès
41:48en Iran
41:48je pense qu'il le sortira aussi
41:49il y a d'autres choses
41:50aussi qui vont être contestées
41:51Emmanuel Macron
41:52a mentionné le fait
41:53qu'effectivement
41:53il fallait faire quelque chose
41:54pour le 3 d'Hormuz
41:55mais en soulignant
41:55le cadre onusien
41:56or souligner le cadre onusien
41:58c'est s'opposer
41:58à Donald Trump
41:59qui lui désormais
42:00préfère passer
42:00par son board of peace
42:01son conseil de la paix
42:02qui doit être
42:03le moyen alternatif
42:04on va dire
42:05de gérer ça
42:05donc une des choses
42:06qui va être intéressante
42:07à observer à mon avis
42:08c'est de savoir
42:09quel rôle Trump
42:10va essayer de donner
42:10parce que je pense
42:11qu'il va essayer
42:11d'utiliser ce conflit
42:12pour promouvoir encore
42:14sa nouvelle institution
42:15Alors prenez-vous au sérieux
42:17la possibilité
42:17d'une forme
42:18d'effondrement intérieur
42:20ou à tout le moins
42:21de liquéfaction intérieure
42:22de la base trumpiste
42:24manifestement
42:24une majorité d'américains
42:25a peu d'enthousiasme
42:27pour cette opération
42:28il y a les mêmes termes
42:29dans quelques mois
42:29est-ce que cette guerre
42:31peut-être la guerre
42:31de trouble pour Donald Trump
42:32Alors je ne suis pas sûr
42:34honnêtement
42:34en politique intérieure
42:36plus de 90%
42:37d'après les sondages
42:37parus aux Etats-Unis
42:38de la base MAGA
42:39justement soutiennent
42:39très fortement Donald Trump
42:40sur ce conflit
42:41donc en réalité
42:42on s'aperçoit que
42:43les influenceurs un peu dissédants
42:45ne pèsent pas grand chose
42:46il y a l'attachement
42:47à la personnalité de Trump
42:48qui fait qu'il est suivi
42:49chez les républicains
42:50le soutien est un peu moins important
42:52mais il est au-dessus de 60%
42:53il est majoritaire
42:53et même dans la population américaine
42:55on est je crois
42:56au-dessus de 40%
42:57donc ce n'est pas majoritaire
42:58certes c'est minoritaire
42:59mais enfin ça reste
43:00on sent que le socle
43:01de Donald Trump
43:03reste solide
43:03donc dans l'immédiat
43:05je ne vois pas de difficultés
43:06sur ce plan-là
43:06Et que comprenez-vous
43:08dans votre esprit
43:09Trump
43:09bon il va arriver au terme
43:10de son mandat
43:11dans trois ans
43:12que cherche-t-il
43:13il cherche à constituer
43:14une forme d'empire américain
43:15hégémonique
43:15est-ce qu'on peut dire
43:16que cette guerre
43:17tout comme la première guerre
43:18du Golfe
43:18a été la guerre hégémonique
43:19américaine
43:20celle de George Bush père
43:21pour montrer
43:22nous sommes désormais
43:22un peu les maîtres du monde
43:24qui vient
43:24est-ce qu'on peut voir
43:25une forme de guerre hégémonique
43:26pour affirmer
43:27la suprématie américaine
43:29dans le cycle nouveau
43:30qui commence
43:30alors oui
43:31alors ce qui est sûr
43:31je disais
43:32c'est que les américains
43:33sentent qu'ils ont désormais
43:35un axe
43:35je parlerai d'un bloc
43:36eurasiatique
43:37un petit peu contre eux
43:37Russie-Chine
43:38Corée du Nord-Iran
43:39qui tentait de faire tomber
43:41l'empire américain
43:42de mettre fin
43:44à l'ordre international américain
43:45et donc l'idée
43:46c'est de casser ça
43:47et frapper l'Iran
43:49c'est un moyen
43:49d'essayer d'enfoncer
43:50un coin
43:50dans cette alliance
43:51et au-delà de ça
43:53je pense qu'il y a
43:54une volonté américaine
43:55de Donald Trump
43:56de réorganiser
43:57effectivement
43:57l'empire américain
43:58sous une façon
44:00plus dirigiste
44:02il y a eu quelques heures
44:04donc il y a quelques heures
44:05l'attaque
44:06le missile
44:07iranien
44:07qui est tombé
44:08sur la ville de Dimona
44:09mais il y a eu
44:09encore avant
44:10une attaque
44:11pour le coup
44:11sur la base
44:12américano-britannique
44:13de Diego Garza
44:15qui se situe
44:16à 4000 km de l'Iran
44:17est-ce que ça peut changer
44:18la perception
44:19des autres pays
44:19qui se disaient
44:20ils sont trop loin
44:21on se situe trop loin
44:22il n'y a pas de risque pour nous
44:24alors ça peut jouer
44:25oui effectivement
44:26alors il faut voir
44:27exactement quelle sera
44:27l'analyse technique
44:28sur ce missile
44:29parce que d'aucuns disent
44:29que s'il a pu aller aussi loin
44:30c'est parce qu'il n'y avait
44:31pas de charge dedans
44:31et que donc c'était
44:32une tentative symbolique
44:33de faire quelque chose
44:36mais effectivement
44:37plus de pays
44:38se sentent concernés
44:39plus la volonté
44:41de faire tomber
44:41parce qu'il faut se souvenir
44:42d'ailleurs c'est ce que
44:43Donald Trump reproche
44:44aux Européens
44:44il leur dit en gros
44:45vous me reprochez
44:45une méthode
44:46mais vous poursuivez
44:46les mêmes objectifs
44:47vous pensez qu'effectivement
44:49il fallait tomber
44:49ce régime
44:50mais vous ne voulez pas
44:51mettre les mains
44:51dans le cambouis
44:52donc ça peut être
44:53un argument
44:53pour essayer de leur montrer
44:54qu'ils ne sont pas à l'abri
44:55il nous reste 1 minute 15
44:56on voit l'Iran
44:58donc une capacité militaire réelle
44:59une capacité de missiles
45:00est-ce que les Européens
45:01doivent craindre un jour
45:02de voir un missile iranien
45:03tomber sur leur territoire
45:05alors ça peut arriver
45:06puisqu'apparemment
45:06ils essaient de tirer
45:07sur absolument tout le monde
45:09pour provoquer
45:10une espèce de
45:13de lassitude
45:14et une pression
45:15sur les Américains
45:16mais jusqu'ici
45:16ça a plutôt l'inverse
45:18donc craindre que ça arrive
45:20oui
45:20les conséquences
45:21je ne suis pas sûr
45:22qu'elles iraient dans le sens
45:22que voudraient les Irani
45:2345 secondes avant la fin
45:24une question
45:24comment expliquer
45:25la sympathie manifeste
45:26d'une partie des droites
45:27occidentales
45:27pour le régime iranien ?
45:30je pense que c'est essentiellement
45:32par anti-américanisme
45:33très honnêtement
45:34il y a ce souhait
45:35de voir
45:36les Américains
45:39patiner
45:40et il y a toute une partie
45:41de la droite
45:41pro-russe d'ailleurs
45:42qui est dans cette idée-là
45:44avec l'idée
45:45qu'il faudra en gros
45:46que les Américains
45:47montrent autant de difficultés
45:48que Vladimir Poutine
45:48en Ukraine
45:49pour moi on n'est clairement pas
45:51dans ce qu'on observe
45:52depuis trois semaines
45:53Un grand merci
45:54Philippe Fabry
45:56d'être venu sur notre plateau
45:58pour essayer de prendre
45:59un peu de hauteur
45:59et apporter votre regard
46:01sur la situation
46:02au 22ème jour de guerre
46:03contre la république
46:04islamique en Iran
46:06alors que les frappes
46:07sur la ville israélienne
46:08d'Imona
46:10sont une réponse
46:12à l'attaque ennemie
46:14réponse et ennemie
46:15ce sont des guillemets
46:17contre le site nucléaire
46:19iranien de Natanz
46:20c'est la télévision
46:21d'état iranienne
46:22du régime islamique iranien
46:24qui vient d'apporter
46:25cette toute dernière information
46:27nous poursuivrons
46:28les discussions
46:30à partir de 20h
46:31avec l'ambassadeur
46:33d'Israël en France
46:34Joshua Zarka
46:35invité de leur dépros
46:37restez avec nous
46:37c'est dans un instant
46:38sur CNews
46:39merci à vous
46:39merci à vous
46:41merci à vous
Commentaires