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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Bocoté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Ravi de vous retrouver.
00:06Le même.
00:07Arthur Devatrigan est avec nous comme chaque samedi soir, cher Arthur.
00:11Bonsoir et joyeux anniversaire.
00:13Merci de me rappeler.
00:1330 ans, ça se fête.
00:15Et c'est une belle chose que d'avoir 30 ans.
00:1830 plus 12.
00:20Oh, quel goujat.
00:22Il sera toujours plus vieux.
00:23Non mais vous imaginez, vous imaginez ce qu'il a fait.
00:25Rien de pour vous mettre dans le dur avant l'émission.
00:28C'est la fourbeurille anglaise.
00:29Oui, j'allais dire canadienne, mais vous mettez les mots de la bouche.
00:32Deux clubs que je ne connais pas.
00:34Il est quasiment 19h sur CNews.
00:36Le point sur l'information avec Michael De Santos.
00:38Bonsoir Michael.
00:40Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
00:41À Toulouse, le conducteur de scooter suspecté d'avoir blessé une fonctionnaire de police
00:46a été placé en garde à vue.
00:48L'homme de 26 ans a été interpellé en possession de 9 grammes de cocaïne.
00:52La veille, il l'aurait traîné sur 140 mètres environ après un refus d'obtempérer.
00:56Blessé à la tête et à la cheville, la policière a été transportée à l'hôpital.
01:01Ces jours ne sont pas en danger.
01:03Le principal suspect du meurtre de Lisabeth, interpellé à Grasse par la BRI et le RAID.
01:08L'homme de 45 ans serait l'ex-beau-père du petit ami de la victime.
01:12Deux autres personnes ont été placées en garde à vue.
01:14Elles sont suspectées de l'avoir aidée.
01:16L'une d'entre elles pourrait l'avoir logée.
01:18Mercredi dernier, à Nice, Lisabeth, 23 ans, avait été abattue au volant de sa voiture par un homme en scooter.
01:24Son compagnon ainsi que son bébé de 7 mois étaient présents au moment du drame.
01:29Et puis le pétrolier Grinch arrive au port de Marseille-Fauss.
01:32L'annonce a été faite par la préfecture maritime de Méditerranée.
01:36Le bateau est escorté par la marine française qui l'avait intercepté jeudi en Méditerranée entre l'Espagne et l'Afrique du Nord.
01:42Le pétrolier est inscrit sur la liste des navires de la flotte fantôme russe.
01:46Près de 600 navires sont soupçonnés d'en faire partie.
01:49Moscou les utilise pour exporter le pétrole russe afin de contourner les sanctions internationales et financer la guerre en Ukraine.
01:57Un policier blessé lors d'une rave-partie dans des entrepôts désaffectés.
02:01Les faits ont eu lieu cette nuit à Ivré-Lévesque, près du Mans.
02:04Un participant a également été interpellé pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
02:09Le préfet de la Sarthe a condamné avec la plus grande fermeté la tenue de ce rassemblement.
02:14Environ 600 personnes y participent depuis cette nuit.
02:18Et puis la primaire de la gauche dite unitaire prend forme ce samedi à Tours.
02:23Olivier Faure, Marine Tondelier, Clémentine Autain ou encore François Ruffin ont annoncé sa tenue le 11 octobre prochain.
02:29Ils espèrent attirer 2 millions de personnes.
02:32Malgré la présence de son patron, le parti socialiste divisé en interne reste pour le moment en observateur.
02:37Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon ou encore le dirigeant de place publique Raphaël Glucksmann ont refusé, eux, d'y participer.
02:44Persuadés de pouvoir s'imposer sans primaire.
02:48Et puis Donald Trump a rétro-pédal sur son réseau social.
02:52Le président américain a salué le rôle des grands et très braves soldats du Royaume-Uni lors de la guerre en Afghanistan.
02:58Dont 47, 457 sont morts au combat.
03:01Jeudi dernier, le président américain avait déclaré que les alliés de l'OTAN étaient restés un peu loin des lignes de front lors du conflit.
03:09Des propos jugés insultants par de nombreux dirigeants politiques, notamment Emmanuel Macron.
03:14Le président français a jugé ses déclarations inacceptables et redit la reconnaissance de la nation aux familles des soldats français tombés en Afghanistan.
03:21Merci cher Mickaël Dosantos pour le point sur l'information.
03:26A la une de face à Mathieu Bocoté, Jean-Luc Mélenchon épouse donc la notion de grand remplacement comme un mouvement naturel des générations.
03:35Autrefois nié, interdit, le grand remplacement a été présenté par la classe politique et médiatique comme une thèse complotiste d'extrême droite.
03:43Alors qu'en sera-t-il demain avec Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants qui scindent la population entre racisés, non racisés ?
03:52Jean-Luc Mélenchon parle désormais de grand remplacement et qui ne jure que par la nouvelle France.
03:57Élément de réponse bien sûr avec Mathieu et Arthur dans un instant.
04:02A la une également, François Ruffin rêve d'un puits du fou de gauche.
04:06Surprenante éloge et terrible réquisitoire pour une classe politique qui a perdu le monopole de la culture.
04:11La gauche perd sa boussole à travers le puits du fou.
04:15C'est la France dans toute sa splendeur, sans autoflagellation, sans volonté de tourner le dos à nos racines.
04:21On en parle dans cette émission.
04:23Enfin, Marguerite Stern sera votre invitée pour son dernier livre, témoignage aux éditions Magnus.
04:30Les rives contraires, histoire d'une transition politique pour une militante féministe qui a quitté le terrain de l'extrême gauche.
04:40Elle nous expliquera tout dans un instant.
04:43Voilà le programme de face à Mathieu Bocoté.
04:45Cher Mathieu, vous allez parler de Jean-Luc Mélenchon qui s'est encore une fois réclamé du grand remplacement cette semaine.
04:51Au-delà de la provocation par tous reconnus.
04:55Ne sommes-nous pas dans le contexte des élections municipales en train d'assister à la mise en place d'une nouvelle stratégie défendue, orchestrée par la France insoumise ?
05:07Je crois que nous sommes exactement au cœur d'une nouvelle stratégie qu'il faut documenter parce qu'elle était annoncée depuis quelque temps.
05:14Alors, lorsque Jean-Luc Mélenchon dit grand remplacement, c'est ce qu'il fait.
05:19Il est suffisamment intelligent.
05:21On comprend le signal qu'il envoie.
05:23Il s'approprie un concept prêté à l'adversaire.
05:26Et il se l'approprie positivement.
05:28Donc, globalement, le grand remplacement, quand la droite, entre guillemets, en parlait, c'était faux et c'était odieux.
05:34Mais quand Jean-Luc Mélenchon s'en réclame, ça devient vrai et légitime et heureux.
05:40Alors, évidemment, il en propose la traduction suivante.
05:43Il nous dit le grand remplacement, c'est le mouvement naturel des générations.
05:46C'est le mouvement naturel.
05:46Donc, chaque génération remplace l'autre.
05:48Donc, rien ne serait plus naturel que le grand remplacement à l'échelle de l'histoire, nous dit-il.
05:52Mais ensuite, quand on sait la vision qu'il a de la France, donc sa capacité qu'il a de chanter la créolisation de la France,
06:00son hostilité déclarée aux Français de souche.
06:03N'oubliez pas qu'il avait dit, les Français de souche commencent à poser problème.
06:07Son appel à une nouvelle France qui se définirait par la démographie des banlieues.
06:12Rappelez-vous lorsqu'il avait dit il y a quelques années déjà que Lyon, lorsqu'il était dans un environnement où il y avait trop, globalement, de blond aux yeux bleus,
06:17il se sentait mal, il n'était pas très bien, même physiquement lorsqu'il était entouré par ces gens.
06:24Eh bien, sans le moindre doute, il nous dit le grand remplacement est une réalité et c'est une réalité heureuse et nous en sommes le véhicule politique désormais.
06:33Donc, apparemment, le grand remplacement...
06:35Et là, petite parenthèse là-dedans.
06:37On nous dit souvent dans la presse, le grand remplacement, concept que je ne revendique pas pour moi-même, je prends la peine de le dire.
06:41On nous dit dans la presse, le concept de grand remplacement, c'est une théorie conspirationniste et raciste d'extrême droite, avec des traits d'union.
06:48Voilà comment on nous explique ça normalement.
06:50Premièrement, on nous dit, c'est statistiquement faux.
06:53Il n'y aurait pas autant d'immigration qu'on le dit en France aujourd'hui.
06:57Il n'y aurait pas d'immigration massive.
06:59Dès lors, il n'y aurait pas de grand remplacement, parce que les populations immigrées seraient minoritaires.
07:03Ou alors, on nous dit, la proportion d'étrangers en France est stable depuis le début du XXe siècle, globalement.
07:08Évidemment, derrière ça, on cache la question, on fait une forme de neutralisation administrative et juridique des origines de la population,
07:16du fait qu'une partie croissante des populations arrivées en France peuvent obtenir la nationalité, sans être acculturées, sans être assimilées.
07:23Donc, c'est la fameuse distinction française de papier, française de culture, qui existe aujourd'hui.
07:28De même, quand ça devient vraiment trop visible, c'est-à-dire qu'on constate ce qu'ils appellent le grand emplacement,
07:33ce que l'autre appelle la submersion démographique, ce que l'autre appelle le changement de peuple, qu'importe,
07:37mais quand c'est trop avancé, on dit, c'est inévitable, donc aussi bien s'y faire, on ne reviendra pas sur ça.
07:43Et là, il y a une étape supplémentaire dans l'argumentaire.
07:46On nous dit quelquefois, de toute façon, le peuple dit de souche n'a jamais existé,
07:50parce que l'histoire du monde, c'est l'histoire des mouvements migratoires permanents,
07:54donc si le peuple de souche n'a jamais existé, comment pourrait-il être remplacé?
07:58Si vous n'existez pas, Eliott, comment puis-je vous liquider?
08:01Et la dernière étape, on nous dit, eh bien oui, il y a un grand emplacement,
08:06mais ceux qui s'accrochent au peuple de souche, parce qu'il existe, mais qui s'accrochent au peuple de souche,
08:10et qui voudraient que les fameux Français de souche demeurent la majorité pour être capables d'assimiler des personnes issues de l'étranger,
08:16eh bien cela cause problème, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon.
08:19D'ailleurs, vous noterez l'espèce de bannissement, de censure autour du fameux site F de souche dont on parle souvent,
08:24c'est justement parce qu'il se réclame de la légitimité du Français de souche dans la vie publique.
08:28Donc, qu'est-ce qu'on nous dit? La France, finalement, ce n'est qu'un territoire sans culture, sans identité propre, sans langue même.
08:35Jean-Luc Mélenchon souhaite remplacer le français par la langue créole, nous dit-il, ou la langue commune.
08:40Alors, vous l'avez dit, c'est une nouvelle stratégie.
08:42Elle est fille depuis un temps, surtout depuis le 7 octobre, mais auparavant aussi,
08:46une mise sur l'islamo-gauchisme à bien des égards.
08:48Ça ne se réduisait pas à ça, mais c'était le cœur de sa stratégie.
08:51Gaza s'éloigne dans l'actualité.
08:53Il faut une nouvelle stratégie pour être capable de mobiliser la population dite des banlieues,
08:57des banlieues sensibles, des banlieues populaires.
09:00Étrange chance du mot populaire aujourd'hui.
09:02Qu'est-ce qu'il faut faire?
09:03Il faut désormais miser sur une stratégie, plusieurs diraient racialiste.
09:07Une stratégie racialiste qui vise explicitement à mobiliser la conscience raciale
09:11chez les populations issues de l'immigration,
09:14en laissant croire qu'elle serait victime d'une forme de racisme systémique et structurel en France.
09:19Alors, comment fait-on cela?
09:21On pourrait faire presque une liste de déclarations ces derniers temps,
09:23mais elle sera encore plus nombreuse.
09:24Rappelez-vous, la plus ancienne en la matière, c'est Mme Rima Hassan,
09:27qui avait dit devant Mathilde Panot,
09:29« Le temps du porte-parole à l'antiracisme est terminé.
09:33Il faut désormais des racisés pour représenter les racisés. »
09:35C'est leur vocabulaire.
09:37Pensez à Mme Obono, dans sa déclaration qui est sortie au mois de janvier,
09:40où elle dit de l'Huma que c'est la fête de la gauche blanche.
09:43Le mode du reproche.
09:45M. Delogu, qui dans un meeting pour les municipales en 2026,
09:47dit la nécessité de candidats racisés.
09:49racisés dans cette idée qu'il faut des gens à la même couleur de peau pour vous représenter.
09:55De la même manière, M. Ali Di Iwara, j'espère ne pas massacrer son nom,
09:59qui nous dit, de la même manière, que le profil des députés de LFI
10:02ne ressemble pas à la population locale dans le 93.
10:05Il nous dit, dès lors, qu'il faut finalement des Noirs pour représenter les Noirs,
10:08des Arabes pour représenter les Arabes, faites la liste, et ainsi de suite.
10:11Donc, c'est une réduction raciale de l'appartenance.
10:13Où, tout récemment, Mme Alima Menesseur, qui est binombre de la tête de liste de Strasbourg,
10:20si je ne me trompe pas,
10:22nous dit que les personnes racisées seraient sous-représentées par le socialisme traditionnel
10:28qui serait raciste.
10:30Donc, globalement, on nous dit, c'est le principe de base,
10:32les racisés, les populations sous l'immigration,
10:34ne devraient plus accepter d'être représentées par d'autres personnes qu'elles-mêmes.
10:37Donc, à la manière d'un nouveau peuple, elles devraient générer leurs propres élites.
10:41Qu'est-ce qu'on voit là-dedans?
10:42Un, le primat de la conscience raciale,
10:44qui se présente comme une conscience civilisationnelle.
10:46La conscience nationale est déclassée.
10:48La conscience raciale devient première pour ces gens-là.
10:51C'est vrai, partout en Occident, on voit ça arriver.
10:53Mais il y a même, notons-le, soyons honnêtes,
10:55devant ce mouvement de dénationalisation des appartenances,
10:57il y a presque une promotion, même aux États-Unis,
11:00on le voit, une forme de conscience blanche, quelquefois.
11:01Donc, ça vient, c'est un mouvement d'éclatement généralisé.
11:04De même, le revanchisme décolonial, avec le choc des civilisations,
11:08donc cette idée que l'Europe a dominé le monde autrefois,
11:11eh bien, aujourd'hui, le monde est en droit de s'installer en Europe
11:13et d'y faire sa loi.
11:15De même, les municipalités sont des lieux de conquête du pouvoir
11:18par cette sociologie racialiste.
11:19Pourquoi?
11:20Parce que le changement de population est acté,
11:22donc quelquefois, la majorité est issue de l'immigration,
11:25ce qui permettrait, avec une stratégie racialiste,
11:27croit-on, de conquérir le pouvoir pour la gauche radicale.
11:30Et, je le répète, je ne parle pas ici de chaque individu,
11:33je dis que c'est une stratégie portée par un mouvement,
11:35ou à tout le monde, la tendance dominante dans un mouvement,
11:37qui veut politiser la conscience raciale,
11:39en misant, par ailleurs, sur un choc des masses,
11:42comme si, d'une certaine manière,
11:43nous étions au temps de la grande revanche contre l'Europe.
11:46Alors, cette vision, Mathieu Bocoté,
11:48est-elle fondamentalement celle de l'extrême-centre?
11:53Ah ben, vous avez raison de nous conduire à l'extrême-centre,
11:54parce qu'on parlait de la gauche radicale.
11:56Mais pourquoi l'extrême-centre?
11:57Vous avez raison de nous y conduire.
11:58Pour la raison suivante, est-ce que, finalement,
12:00l'extrême-centre, avec un autre vocabulaire,
12:02ne voit pas les choses de la même manière?
12:04Quand l'extrême-centre nous dit
12:05qu'il faut toujours plus d'immigration
12:07pour soutenir certaines entreprises,
12:10pour soutenir certains secteurs de l'économie,
12:12pour soutenir l'État-providence,
12:13on l'entend aussi à travers un calcul tout à fait improbable,
12:16eh bien, elle nous dit, finalement,
12:17le système social ou la vision de l'économie
12:19au service de l'oligarchie ou de certains petits patrons,
12:22eh bien, on a besoin d'une immigration,
12:24et on ne tient pas compte du peuple historique français.
12:27Et comment on réussit à évacuer le peuple historique français
12:29dans tout cela en nous expliquant
12:31que la France, ce n'est pas son peuple historique.
12:33La France, ce n'est pas un peuple.
12:35La France, c'est une idée.
12:36La France, c'est soit la République,
12:37les valeurs de la République,
12:39les droits de l'homme, c'est l'État social,
12:40c'est le socialisme, c'est la révolution.
12:42Ce que dit aussi M. Mélenchon
12:43lorsqu'il dit de la France
12:44que c'est une idée révolutionnaire
12:45qui se déploie dans le temps,
12:47mais qui n'a pas d'ancrage dans un peuple particulier.
12:49Donc, qu'est-ce qu'on voit à travers tout cela?
12:52L'extrême-centre dit à peu près la même chose
12:53aux extrêmes-centres.
12:54À la rigueur, je règle une différence
12:55de catégorie sociale.
12:57Dans l'extrême-centre, on a une bourgeoisie
12:58dont le seul souci est de se maintenir
13:00au sommet de l'édifice social,
13:02qui accepte la submersion migratoire
13:04comme une fatalité et peut-être une chance,
13:06et qui, à la rigueur, je me permettrais
13:07de le raconter à la manière d'une anecdote,
13:09combien de fois j'ai entendu la grande bourgeoisie
13:10dire dans des conversations privées
13:11« Vous savez, mes enfants ne vivront pas en France.
13:14Je les ai préparés pour vivre ailleurs qu'en France.
13:16Ce pays est perdu. »
13:17Donc, ils actent ça mentalement.
13:19Ils abandonnent le pays en disant
13:20« Nous, la France, c'est une nostalgie.
13:22Pour mes enfants, ça sera une terre d'origine.
13:24Mais le pays est perdu. »
13:25Ça, je l'ai souvent entendu dans la grande bourgeoisie.
13:28Le clivage politique à venir
13:29ne risque-t-il pas de mettre en scène
13:31ces deux Frances, Mathieu Bocoté ?
13:33Je pense que nous y sommes.
13:35C'est-à-dire, en discours de M. Mélenchon,
13:37dans les discours lénifiants
13:38sur « Il n'y a qu'une seule France,
13:39il n'y a qu'une seule France, je le souhaiterais,
13:40comme tout le monde. »
13:41Mais je constate qu'aujourd'hui,
13:42la définition de la France proposée
13:43par les acteurs politiques
13:44est fondamentalement contradictoire.
13:46Soit est-ce que la France est un peuple historique
13:48ou est-ce que c'est une idée ?
13:49Que cette idée soit ensuite sous le signe
13:51de la diversité ou de la République,
13:53c'est presque secondaire.
13:54Et dès lors qu'on congédie
13:56l'idée même du peuple,
13:58eh bien, dès lors,
13:59on congédie la réalité de la France
14:00autrement qu'à la manière de souvenir
14:01ou de nostalgie.
14:02Et de ce point de vue,
14:03on le voit partout en Europe,
14:05il y a la mise en place d'un dispositif,
14:06parce que ce n'est pas qu'en France,
14:07un dispositif répressif pour mater
14:09ceux qui voudraient continuer
14:10à définir nos pays
14:11par leurs peuples historiques.
14:13Ceux qui pensent cela
14:13sont assimilés à l'extrême droite.
14:15Et l'extrême droite,
14:15on cherche encore une fois
14:16à la mater et la bannir.
14:18Comme on le voit en Allemagne,
14:19on cherche à interdire
14:19le principal parti d'opposition
14:21qui s'oppose à la submersion migratoire.
14:23Comme quoi,
14:24ce phénomène est européen.
14:25Qu'est-ce qui se cache,
14:26Arthur de Batrigon,
14:27derrière la théorie
14:28du grand remplacement
14:29évoquée désormais,
14:31épousée,
14:32il y en a certains,
14:34par Jean-Luc Mélenchon ?
14:35Jean-Luc Mélenchon,
14:36c'est parfaitement que,
14:38bien plus qu'à une élection présidentielle,
14:40le vote communautaire
14:41lors d'une élection municipale
14:43a des conséquences
14:44bien plus importantes.
14:45Deuxième point,
14:47je vous fais le pari
14:47qu'à l'élection présidentielle,
14:50sa stratégie sera tout autre.
14:51Il fera un pas de côté
14:52sur le communautaire
14:53pour unir la gauche.
14:54Et troisième point,
14:55Renaud Camus
14:56devrait demander
14:56des droits d'auteur
14:57et ceux qui l'accusaient
14:59d'être un théoricien
15:01d'un complot d'extrême droite
15:02devraient lui présenter
15:03leurs excuses.
15:03Autre sujet à présent,
15:06Mathieu Bocoté,
15:07Arthur de Vatrigon,
15:08on va parler du puits du fou,
15:09mais pas du puits du fou
15:10tel qu'on le connaît.
15:12Le puits du fou rêvé
15:13par François Ruffin
15:15qui rêve d'un puits du fou
15:16de gauche.
15:18Cette déclaration
15:18qui a fait parler
15:19rappelle l'importance
15:20que la gauche assiste
15:21à la mémoire,
15:22à l'histoire.
15:23Et cet appel,
15:24vous a-t-il surpris,
15:25étonné,
15:26Mathieu Bocoté ?
15:27Il ne m'a pas surpris
15:28et il est agaçant néanmoins.
15:29Que nous dit M. Ruffin
15:31à travers cela ?
15:32On nous dit fondamentalement
15:33la France telle
15:34qu'on se la représente
15:35historiquement au puits du fou.
15:37C'est un scandale.
15:38C'est un scandale.
15:39Pourquoi ?
15:39Parce que c'est une réussite.
15:41Les Français se ruent
15:42au puits du fou.
15:43Ils veulent aller se vers
15:44raconter leur histoire
15:45au puits du fou.
15:46Je note, soit dit en passant,
15:47que lorsqu'ils vont
15:48au puits du fou,
15:49ils ne vont pas là
15:50pour simplement
15:51dans une activité politique
15:52et idéologique.
15:53Ils vont voir
15:53la beauté des spectacles.
15:55Ils vont voir
15:55la mise en scène
15:56à travers une espèce
15:57de génie théâtral
15:58l'histoire française
16:00et une histoire
16:01non pas sous le signe,
16:02soit dit en passant,
16:03de la revanche
16:03mais de la réconciliation.
16:05Ceux qui sont déjà
16:05allés au puits du fou
16:06le savent.
16:07Lorsqu'on va voir
16:08ces spectacles,
16:09la ciné-séni,
16:10mais pas seulement,
16:11on nous raconte moins
16:12une histoire
16:12sous le signe
16:13de l'infinie douleur
16:14qu'une histoire
16:15sous le signe
16:16de l'émerveillement.
16:16Et c'est ce qui manque
16:17à François Ruffin,
16:18je crois.
16:19Il nous dit par là
16:20qu'il souhaiterait
16:20une histoire au puits du fou.
16:22Je cite,
16:22je veux qu'on ait
16:23notre récit
16:23qui traite de l'esclavage,
16:25qui traite de nos pages sombres
16:26et de nos pages de lumière.
16:27Il nous dit globalement
16:28aller dans le puits du fou
16:30de gauche
16:30pour apprendre
16:31à détester la France.
16:32Apprendre à détester la France.
16:34Il nous dit
16:34nous devons aller
16:35faire un exercice
16:36de pédagogie négative
16:37pour sortir de là
16:38en ayant un plus grand dégoût
16:39pour notre pays.
16:40Donc, on nous parle toujours
16:41de la bataille culturelle
16:43mais ce qu'on oublie
16:43du puits du fou
16:44et Arthur va le développer
16:46là-dessus dans un instant,
16:46je crois,
16:47c'est que c'est un acte d'amour.
16:48C'est un acte d'amour
16:49le puits du fou.
16:50Ce n'est pas un acte
16:50de ressentiment.
16:51Philippe de Villiers
16:52a réactivé
16:53la mémoire vendéenne
16:54qui était oubliée
16:55pour faire revivre
16:57l'histoire française
16:58parce qu'il fait en sorte
16:59que cette mémoire vendéenne
17:00vienne féconder
17:01la mémoire française
17:02aujourd'hui.
17:03Lui, Ruffin,
17:04rêve d'autre chose,
17:06une forme de récit
17:06culpabilisateur
17:07pour être capable
17:08de forcer
17:09les petits français
17:10et les français
17:10plus largement
17:11à maudire leur pays
17:12pour mieux s'en débarrasser
17:13peut-être.
17:14Ce qui devrait
17:14soit dit en passant
17:14relativiser
17:15les grandes déclarations
17:16d'amour régulières
17:17à M. Ruffin
17:18qu'on présente
17:18comme l'homme
17:18de la gauche populaire.
17:20Je vois chez lui
17:20la gauche,
17:20je ne vois pas le populaire.
17:22La vision historique
17:22de gauche
17:23n'est-elle pas d'ailleurs
17:24dominante,
17:25Mathieu Bocoté?
17:26C'est ça qui est fascinant.
17:27Ruffin se plaint.
17:29Il dit qu'on ne maîtrise
17:29plus le débat public,
17:30qu'on ne maîtrise plus
17:31l'imaginaire public.
17:32Mais de quoi il parle?
17:33Franchement,
17:34ce n'est pas sérieux.
17:35Est-ce qu'il voit
17:35l'éducation nationale,
17:36ce qui est enseigné?
17:37Est-ce qu'il voit
17:38ce qui sort, par exemple,
17:38le récit, justement,
17:39des Jeux olympiques,
17:40il a trouvé ça bien.
17:41Rappelez-vous
17:41la fête des JO?
17:42Que je sache,
17:43ce n'est pas Philippe de Villiers
17:44qui a contrôlé
17:45le récit des JO
17:46où la France a proposé
17:47une certaine image
17:47d'elle-même
17:48sur le mode
17:48de la décapitation,
17:50la décapitation
17:51qui les jettent
17:52sans de partout,
17:53de manière,
17:53une forme d'étrange
17:54hommage au père Hamel.
17:56Si je peux me permettre,
17:57c'est une boutade,
17:59vous l'aurez compris.
17:59Dans une France
18:00qui a connu le père Hamel,
18:01dans une France
18:01qui a connu Samuel Paty,
18:03est-ce que c'était normal
18:04de célébrer
18:04sur le mode joyeux
18:05la décapitation
18:06au moment du Puy-du-Fou,
18:08pas du Puy-du-Fou,
18:09pardonnez-moi,
18:09au JO.
18:10Il y a quelque chose
18:10là-dedans d'un peu insensé.
18:11Donc, la représentation
18:13dominante
18:14de l'histoire en France,
18:16c'est une représentation
18:16de gauche,
18:17de gauche radicale.
18:19Dans l'enseignement
18:20de l'histoire,
18:20le fameux cours
18:21de M. Boucheron,
18:22qui est un homme intelligent,
18:23sans le moindre doute,
18:24mais son histoire mondiale
18:24de la France,
18:25qu'est-ce que c'est
18:26si ce n'est pas
18:26une dissolution
18:27du substrat identitaire français
18:28dans une espèce
18:29de vision mondialisée
18:30de la chose,
18:31l'éducation nationale,
18:32je l'ai dit,
18:32la vision généralement
18:33de mise
18:34où on réduit
18:34tout récipositif
18:35de la France
18:36se réduit au culte
18:37des droits de l'homme,
18:38mais on évacue
18:39la longue histoire française.
18:40Donc, ce qui est fascinant,
18:41c'est que le Puy-du-Fou
18:41est hyper minoritaire
18:42dans le pays.
18:43Il est populaire,
18:44mais dans la représentation
18:45médiatique dominante,
18:46il est minoritaire.
18:47Et pourtant,
18:47ce petit oasis,
18:50ce petit bastion de résistance,
18:51il est jugé intolérable
18:53parce qu'on se permet
18:54de contester le monopole
18:55de la gauche
18:56en matière historique.
18:56La gauche ne se contente
18:58pas de l'hégémonie,
18:59elle veut la domination totale
19:00et le Puy-du-Fou
19:01de ce point de vue
19:01est un scandale.
19:02C'est le dernier village gaulois
19:04qui a quand même accueilli
19:043 millions de visiteurs.
19:06Je ne dis pas le contraire,
19:06mais ce n'est pas lui
19:07qui a les fonds publics,
19:08ce n'est pas lui
19:08qui fait la cérémonie des Géos,
19:09ce n'est pas lui
19:09qui contrôle l'enseignement
19:11de l'histoire
19:11dans l'éducation nationale,
19:12ce n'est pas la vision
19:13dominante des historiens
19:13du régime.
19:14Un auditeur d'Europa
19:15me disait ce midi
19:16par message,
19:17mais il y a déjà
19:18un Puy-du-Fou de gauche.
19:19C'est France Télévisions.
19:22Arthur de Vatrigan.
19:23Un Puy-du-Fou de gauche.
19:25Tiens, vous l'imaginez
19:26ce Puy-du-Fou de gauche ?
19:27On l'a déjà vu.
19:29C'était la cérémonie des Géos.
19:30C'est M. Ruffin
19:31qui le dit en tous les cas.
19:32En fait, c'est une intervention
19:33qui est très intéressante
19:34et très révélatrice.
19:36Parce que de quoi il est question
19:36de la fameuse bataille culturelle ?
19:39Et là, Ruffin met au centre
19:41un mot souvent oublié
19:42ou ignoré,
19:43c'est la culture.
19:44Il dit,
19:45on va commencer par le positif,
19:46il a raison de dire
19:47que, je cite,
19:48la culture est le moyen
19:49qu'on a pour remettre de l'air
19:50et remettre de l'imaginaire.
19:52Alors oui, il a raison
19:52parce qu'à cette époque
19:53où les empires contre-attaquent,
19:55il est bon de rappeler
19:55que si la France
19:56a aussi illuminé le monde,
19:58c'est moins par son impérialisme
20:00maritime ou continental
20:02que par son impérialisme
20:03culturel et spirituel,
20:05celui de Châteaubriand,
20:06celui de Gabriel Forêt,
20:07celui de Jean-Pierre Melville
20:08ou celui de Rimbaud.
20:09Mais maintenant,
20:09en passant au négatif
20:10parce que c'est quand même
20:11la majorité du discours,
20:13il dit,
20:13je veux un Puy de gauche,
20:14un Puy du fou du gauche.
20:15Donc voilà, le mot est dit,
20:16c'est la gauche.
20:18Et donc,
20:19ce qu'il rappelle surtout,
20:20c'est que la gauche
20:21a une vision politique
20:23du culturel.
20:24Et depuis que la gauche
20:25a pris en otage la culture,
20:27forcément, le niveau chute.
20:28Parce qu'il faut dire
20:28que ce n'est quand même
20:28pas très raccord
20:30avec le dôme égalitariste,
20:32parce qu'il n'y a pas
20:32plus inégalitaire
20:33que l'art et que la culture.
20:35Alors, je suis peiné de le dire,
20:36mais malheureusement,
20:37je dois rappeler
20:37que Gainsbourg ne joue pas
20:39dans la même cour
20:39qu'Yana Kamoura.
20:41Et que le seul point commun
20:42entre Michel Houellebec
20:43et l'ENA Situation,
20:43c'est que leur écrit passe un jour
20:45par un imprimeur.
20:47Mais donc voilà,
20:48aujourd'hui,
20:48tout est culture,
20:49donc plus rien ne l'est,
20:50merci du cadeau.
20:51Et donc, c'est pour ça,
20:51je préfère qu'on parlait
20:52du mot art
20:53plutôt que du mot culture.
20:54Et donc, pourquoi l'art
20:55donne de l'air,
20:56comme dit M. Ruffin ?
20:57C'est parce que justement,
20:58ça nous permet
20:59de percevoir le monde
21:00en 3D,
21:01c'est-à-dire de voir le monde
21:02avec une manière
21:04moins schématique,
21:06moins linéaire,
21:07et ce qui permet évidemment
21:08de lutter contre
21:09l'entendement des consciences.
21:10Et donc forcément,
21:11le dogmatisme,
21:12il peine à exister
21:13dans du relief,
21:14c'est justement la différence
21:15entre un tract
21:16et une peinture.
21:17Alors si on prend
21:17un autre passage,
21:18il explique,
21:19notre pays est en dépression,
21:20nous ne le relèverons pas
21:21seulement par les fiches de paye,
21:22par le grand travaux,
21:23mais surtout par un horizon commun.
21:25Très bien,
21:25content-il par horizon,
21:26je cite,
21:27je veux qu'on ait notre récit
21:28qui traite de l'esclavage,
21:29qui traite de nos pages sombres
21:30et de nos pages de l'humère.
21:32C'est vrai que le meilleur moyen
21:33de soigner un dépressif
21:34c'est en effet lui taper
21:35sur la tronche
21:35en disant
21:36télé était moche,
21:37l'efficacité a été bien prouvée
21:38et le soft power
21:40de la haine de soi,
21:41on sait que c'est très prometteur,
21:43d'autant que
21:43ce n'est pas comme si
21:44l'audiovisuel public
21:45nous chantait le refrain
21:45matin, midi et soir
21:46sur la France
21:47qui doit être coupable.
21:49Puis c'est quand même
21:50un peu marrant
21:50de sortir l'esclavage
21:51de la France
21:52parce que c'est quand même
21:52le seul pays
21:53qui l'a aboli
21:53au moins trois fois,
21:55c'est quand même
21:55un peu taquin de sa part.
21:57Mais là où le camarade Ruffin
21:58n'a honte de rien,
21:59c'est que
21:59si le pu du fou
22:00est si attaqué
22:01par une petite caste,
22:02c'est justement
22:03parce qu'il ose
22:03aborder une pâche sombre
22:05qui est celle
22:05de la Révolution,
22:07celle du massacre
22:07des Vendéens,
22:08celle de la Terreur.
22:09Il y a les mauvaises
22:10et les bonnes pâches sombres
22:11comme les chasseurs
22:11mais celle-là
22:12où on voit le raisonnement
22:13tordu du camarade Ruffin,
22:14c'est qu'il accue
22:15la droite de manipuler,
22:16dit c'est une manipulation.
22:17Or la droite
22:18n'a jamais prétendu
22:19manipuler quoi que ce soit
22:20et lui répond en disant
22:21on va faire une contre-manipulation.
22:23Donc le récit
22:25avec comme horizon
22:26c'est, en fait
22:27ce n'est pas la France,
22:28c'est la gauche
22:29contre la droite.
22:32Il faudrait juste
22:32leur rappeler un truc
22:33c'est que dans la culture
22:34et dans l'art
22:34en fait on ne veut pas
22:35une oeuvre de droite,
22:36on ne veut pas une oeuvre de gauche,
22:37on ne veut pas une oeuvre du centre
22:37et d'extrême centre,
22:38on veut une oeuvre tout court
22:39et ça ils l'ont oublié
22:40depuis longtemps.
22:41Et si le puits du fou
22:42cartonne autant,
22:43c'est par ses qualités esthétiques,
22:44c'est par ses qualités techniques
22:45et c'est par ses qualités artistiques.
22:48Et enfin la dernière chose
22:49lorsque Philippe de Villiers
22:50a écrit ce spectacle
22:51sur Charette,
22:52c'est moins pour parler
22:52des colonnes infernales
22:53que pour parler de l'honneur
22:55et du panache
22:56de quelques hommes.
22:57Ce qui me fait penser
22:58à cette réponse
22:59du corsaire français sur couf
23:00à un officier anglais
23:01qui lui a affirmé
23:03« Vous français,
23:04vous vous battez pour l'argent,
23:05nous anglais,
23:06nous nous battons pour l'honneur. »
23:07Et il répond
23:07« Chacun se bat
23:08pour ce qui lui manque. »
23:10À méditer.
23:11Et Nicolas de Villiers
23:12que j'ai pu avoir aujourd'hui,
23:14le président du Puy du Fou,
23:15a envoyé une invitation
23:17à François Ruffin
23:19pour qu'il découvre
23:20que le Puy du Fou
23:21n'est ni de gauche
23:22ni de droite,
23:23qu'il est profondément français
23:24et universel.
23:25Voilà pour l'invitation.
23:27J'ai essayé d'avoir
23:27François Ruffin en direct
23:28mais il était occupé.
23:30Nous retournerons demain
23:31peut-être pour qu'il nous explique
23:33quel est son Puy du Fou à lui.
23:34On revient dans un instant.
23:36Marguerite Stern
23:37sera votre invitée
23:37pour les rives contraires
23:39histoire d'une transition politique.
23:42C'est tout de suite
23:42sur CNews.
23:43Restez avec nous.
23:46Quasiment 19h30 sur CNews.
23:48Merci d'être avec nous
23:49pour la suite
23:49de face à Mathieu Beaucoté
23:51toujours avec Mathieu bien sûr,
23:52avec Arthur Devatrigan
23:53à qui on peut ressouhaiter
23:55un joyeux anniversaire.
23:5630 ans,
23:56ça se fête deux fois bien sûr.
23:59Et Marguerite Stern
23:59est avec nous.
24:00Chère Marguerite,
24:01merci de nous rejoindre
24:02sur le plateau de CNews.
24:03Vous avez écrit
24:04Les rives contraires
24:05histoire d'une transition politique.
24:08Je me tourne vers Mathieu Beaucoté.
24:09Pourquoi inviter ce soir
24:10Marguerite Stern ?
24:11Parce qu'elle vient
24:12le publier
24:13avec Les rives contraires
24:14un livre tout à fait magnifique.
24:15C'est-à-dire que
24:16au moment de faire la présentation,
24:18c'est-à-dire comment
24:18la présente-t-on ce soir
24:19militante, féministe,
24:20ex-militante, féministe ?
24:21Écrivain, me semble,
24:23c'est le titre qui s'impose
24:24pour un livre comme celui-là
24:25qui nous raconte
24:26une conversion,
24:27une transition politique,
24:29un récit existentiel,
24:30peut-être une rédemption.
24:31Marguerite Stern,
24:32bonsoir.
24:33Bonsoir.
24:33Merci.
24:33Alors, le point de départ
24:35de l'ouvrage,
24:36on pourrait dire,
24:37si on résumait l'ouvrage,
24:38c'est votre passage
24:39de gauche à droite
24:40en guillemets,
24:41mais c'est beaucoup plus
24:41que ça dans cet ouvrage.
24:42C'est aussi le récit,
24:43à certains égards,
24:44d'une conversion,
24:45d'une rédemption
24:45avec un point de départ
24:46qui est une existence
24:48en province
24:49que vous trouvez peut-être
24:50un peu étroite,
24:51un peu étouffante
24:52et vous cherchez quelque chose
24:53comme une existence transfigurée
24:54et vous allez trouver ça
24:56peut-être dans le militantisme
24:57féministe.
24:57Est-ce que je présente
24:58correctement le point de départ ?
25:00Oui, ça va, c'est correct.
25:02Alors, point de départ,
25:03qu'est-ce que c'est ?
25:03C'est l'étouffement
25:04et qu'est-ce que vous trouvez
25:05dans vos premiers temps militants,
25:08qu'est-ce que vous trouvez
25:08dans le féminisme
25:09que vous ne trouviez pas
25:10dans votre vie ?
25:11Alors, c'est vrai
25:11que je raconte cette enfance
25:13où je me suis beaucoup ennuyée
25:14et où comme seule porte de sortie,
25:17comme seule échappatoire,
25:18finalement, j'avais la littérature
25:20et puis aussi l'art.
25:22Je raconte notamment
25:24un coup de foudre
25:25que j'ai eu face à une œuvre
25:26de Pierre Soulages
25:27quand j'avais 16, 17 ans,
25:29quelque chose comme ça.
25:30Et puis comment
25:30une certaine littérature
25:32comme celle, enfin,
25:34tout mot passant
25:35ou les livres de Harry Potter
25:36m'ont quelque part
25:38sauvé de l'ennui.
25:39Et en fait,
25:40quand j'étais petite,
25:42très tournée
25:42vers les choses abstraites
25:45et vers un certain sens
25:46aussi esthétique.
25:48Je me sentais entourée
25:49de choses un peu nulles
25:51et moches
25:51et j'avais besoin
25:53de choses belles
25:55et intéressantes.
25:56Et quand j'ai vu
25:56les filles de Fémen
25:58entrer dans mes écrans
25:59comme ça,
26:00apparaître
26:01et faire des happenings
26:02comme ça,
26:03extrêmement bien mis en scène,
26:05il faut rappeler que Fémen,
26:05c'était ça à l'époque aussi.
26:08Non seulement,
26:09bon,
26:09j'étais dans une période
26:10de ma vie
26:11où j'étais en colère
26:12face au harcèlement de rue
26:13que je découvrais à Paris,
26:15moi, petite provinciale
26:16qui venait juste d'arriver.
26:17Je ne savais pas trop
26:18ce que c'était avant
26:18et donc premièrement en colère
26:21et en plus de ça,
26:23et donc j'avais besoin
26:23d'exprimer cette colère
26:24et puis je me suis sentie
26:25proche de leur forme
26:26d'expression
26:27et donc je pense
26:28que c'est pour ça aussi
26:29que je suis rentrée
26:29dans Fémen
26:30pour assouvir quelque part
26:31aussi le besoin
26:33d'une expression
26:34aussi esthétique.
26:35Alors,
26:35vous êtes la Fémen
26:36de référence d'ailleurs
26:37pendant un temps
26:38et quand on vous lit,
26:39il y a une série
26:40d'expériences.
26:41On pourrait dire
26:42que vous cherchez peut-être
26:43un monde plus juste
26:43mais vous cherchez aussi
26:44assurément une existence
26:45transfigurée,
26:46une existence incandescente.
26:48Donc,
26:48vous allez vivre en squat
26:49avec les autres Fémen,
26:50vous allez vivre un temps
26:51dans la jungle de Calais,
26:52vous allez faire de la prison
26:53en Tunisie
26:54si je ne me trompe pas
26:55et au terme de tout cela,
26:56au terme de ce parcours,
26:57vous commencez à douter.
26:59Comment vivez-vous
27:00ces moments d'exaltation
27:01et à quel moment
27:02apparaît le doute ?
27:03Les moments d'exaltation
27:05dans Fémen,
27:06je parle dans ce livre
27:08de l'adrénaline.
27:11Il y a notamment,
27:12il y a une action
27:12que j'ai prise la peine
27:14de décrire
27:14un peu plus en longueur
27:15que les autres
27:16parce que c'est celle
27:17qui m'a le plus marquée,
27:19c'est quand on est allé
27:20faire une action
27:21contre l'annexion
27:22de la Crimée
27:24par Vladimir Poutine,
27:25c'est tombé vraiment
27:25la veille.
27:27Et donc,
27:27à ce moment-là,
27:29vous arrivez dans un endroit
27:30où c'est vraiment,
27:31vous avez l'impression
27:31d'être dans un territoire
27:32en guerre,
27:33il y a des hommes
27:34en uniforme
27:35qui ont tous
27:35des uniformes différents,
27:37vous ne savez pas
27:37exactement qui est qui
27:38et donc il y a
27:39une adrénaline très forte
27:40parce que vous avez
27:42l'impression de porter
27:43sur vos épaules
27:45un peu le poids du monde
27:46parce que vous vous sentez
27:48investi d'une mission
27:49ce qui est peut-être
27:49un petit peu exagéré
27:52est un petit peu ridicule
27:53quand on a 23 ans
27:54de vivre les choses
27:55comme ça
27:56mais en tous les cas,
27:57ça crée une forme
27:57d'adrénaline
27:58et au bout d'un moment,
28:02on devient comme addict
28:03à cette forme
28:04d'adrénaline
28:05mais on ne s'en rend pas compte
28:06et j'ai oublié
28:08la suite de votre question,
28:09Mathieu.
28:10On est dans la suite,
28:11c'est-à-dire que vous étiez
28:12dans cette adrénaline
28:13mais au même moment,
28:14qu'est-ce que vous cherchiez ?
28:15C'est-à-dire,
28:15quelle cause portiez-vous ?
28:18Ce que je cherchais,
28:19c'était vraiment
28:19cette aspiration quand même
28:21à un monde plus juste,
28:22un monde plus égal.
28:24J'étais très en accord
28:27avec les idées de Fémen
28:28qui au final étaient
28:29très simples,
28:30des idées féministes
28:31contre la marchandisation
28:32des corps des femmes,
28:34contre toute forme
28:35de dictature
28:36et donc y compris
28:37un fort combat
28:39pour la liberté d'expression
28:40et contre les institutions religieuses.
28:43Théoriquement,
28:44c'était ça que je cherchais
28:46et théoriquement,
28:46c'était ce avec quoi
28:48j'étais d'accord.
28:49Après,
28:49ce que je cherchais,
28:50c'était aussi,
28:51je suis obligée
28:52de me l'avouer maintenant,
28:54dix ans après,
28:55ce que je cherchais,
28:56c'était aussi,
28:56voilà,
28:57sortir de cet ennui
28:58et en fait,
28:59vivre une vie incroyable,
29:01vivre ma vie quelque part
29:02comme un roman
29:03et dix ans après,
29:05j'écris justement
29:06ce livre
29:06un peu comme un roman
29:08parce que c'est vrai
29:08que ma vie a été
29:09une forme de roman.
29:11J'ai eu cette chance.
29:12Arthur Le Matrigan.
29:13C'est vrai que ce livre,
29:15Marguerite Stern,
29:15nous rappelle
29:16ce qu'est aussi un récit,
29:17c'est-à-dire
29:18une écriture
29:19du souffle,
29:21une immense sincérité,
29:22des tragédies humaines
29:23et de la lumière
29:24et c'est pourquoi
29:25il vise aussi juste
29:26et pourquoi
29:27il nous retourne aussi
29:28la tête et le cœur
29:29et je l'ai lu cet après-midi,
29:30c'est ce que je vous disais
29:31et vous dévoiliez
29:32votre corps
29:34avec Fémen
29:34pour une cause
29:35et aujourd'hui,
29:36vous dévoilez votre âme
29:38avec ce livre
29:39pour une quête
29:39et votre âme est belle
29:41et je tenais déjà
29:41à vous remercier
29:42mais ce qui m'a surpris,
29:45ce qui m'a marqué,
29:46c'est qu'il est beaucoup question
29:47de la mort
29:47dans votre livre
29:48et je voulais savoir
29:49quel rôle
29:50avait joué la mort
29:51dans cette quête ?
29:54Alors,
29:54il est question de la mort
29:55effectivement à plusieurs reprises,
29:56il y a un chapitre
29:57qui l'aborde frontalement,
29:59c'est le chapitre
30:00qui parle des attentats
30:01de Charlie Hebdo,
30:02je raconte comment
30:03est-ce que j'ai appris
30:04ce drame ?
30:08On était très proches
30:09avec les filles de Fémen
30:10de ces gens-là
30:11et pour moi,
30:12ça a été un effondrement
30:14réellement,
30:15j'ai eu l'impression
30:15que mon monde s'effondrait,
30:18c'était comme si
30:1811 autres Fémen
30:20étaient mortes
30:21et dans ce même chapitre,
30:25j'espère que ça ne choquera pas
30:26les gens qui le liront
30:27mais je raconte
30:27de façon peut-être
30:28un peu crue
30:29mais parce que
30:30pour moi,
30:31c'est normal,
30:32des cadavres,
30:32j'en ai vu plein
30:33et ceux-là m'ont traumatisé
30:36mais il y a aussi
30:37les morts qui m'aident
30:39à vivre.
30:40Je parle dans ce livre
30:41aussi des épreuves
30:43que j'ai traversées
30:44à cause du harcèlement
30:45que j'ai subi
30:47quand j'ai commencé
30:48à m'opposer
30:49à l'idéologie transgenre.
30:50Je rappelle qu'avec
30:51Doré Mouto,
30:51on a publié un livre
30:52qui s'appelle Transmania
30:53toujours aux éditions Magnus
30:55en 2023
30:56et à cause de ces positions
30:58contre l'idéologie transgenre,
31:01ça a été
31:01menace de mort,
31:04solitude,
31:05tout a lâché dans ma vie
31:06et finalement
31:07tout ce qui me restait
31:08à ce moment-là
31:10c'était
31:10la France
31:11et ses auteurs
31:12et deux en particulier
31:13que je cite
31:14qui sont
31:16Émile Zola
31:16et Jean-Jacques Rousseau
31:18et
31:18je me suis à un moment
31:20dans ma vie
31:21sentie plus proche
31:23en ce sens-là
31:23et c'est peut-être
31:25encore le cas
31:25du royaume des morts
31:26que de celui
31:27des vivants
31:28parce que
31:28à travers ce harcèlement
31:30tout ce que j'ai vu
31:30m'a profondément dégoûtée
31:33de l'être humain
31:35même si bon
31:36j'essaye de relativiser
31:38de sortir de mon propre cas
31:39de voir plus large
31:41mais oui
31:42parfois on n'a que les morts
31:43à qui se raccrocher
31:45et c'est
31:45marrant
31:46parce que
31:46quand j'étais en terminale
31:47ma prof de philosophie
31:51se moquait tout le temps
31:51de Jean-Jacques Rousseau
31:52elle disait tout le temps
31:53que l'inquipide
31:54des confessions
31:55était ridicule
31:57et qu'il se plaignait
31:58beaucoup trop
31:59et moi dans ma tête
32:00je pestais
32:03j'étais pas d'accord
32:05elle se moquait de lui
32:06je trouvais ça nul
32:07et finalement
32:08et je savais pas
32:09pourquoi est-ce que
32:10je sentais cette proximité
32:11avec lui
32:12et finalement
32:12quand ce harcèlement
32:13a commencé
32:14et que j'ai relu
32:15la première promenade
32:17des rêveries
32:17du promeneur solitaire
32:18je peux dire
32:20c'est le seul texte
32:22qui décrit exactement
32:23ce que j'ai vécu
32:25et c'est comme si
32:2510 ans avant
32:27on m'avait donné
32:27l'antidote
32:28avant le poison
32:30alors c'est le récit
32:32on l'a dit
32:33une transition politique
32:34vous êtes passée
32:36de gauche à droite
32:37dirait-on dire
32:38mais vous n'avez pas
32:39toujours été à droite
32:39lorsque vous étiez de gauche
32:41comment voyez-vous
32:41les gens de droite
32:42comme le diable
32:43comme des gens
32:44à qui j'avais pas
32:45le droit de parler
32:46c'est même pas tant
32:47que je voulais pas
32:48leur parler
32:49c'était vraiment ça
32:50j'avais pas le droit
32:50de leur parler
32:51parce que c'est
32:52vous savez ce fameux mantra
32:53on ne discute pas
32:55avec l'extrême droite
32:56et bien c'était ça
32:57et même presque
32:58dans ma tête
32:59ils n'existaient pas
33:00vraiment pour de vrai
33:01je raconte
33:02dans le livre
33:04un moment
33:06où je rencontre
33:07une femme comme ça
33:08qui voulait nous aider
33:09avec Dora
33:09pour notre combat
33:11contre l'idéologie
33:12transgenre
33:12et moi j'étais là
33:14je sortais mes phrases
33:15de féministe
33:17universaliste
33:18de gauche
33:18pensant que tout le monde
33:19pensait comme moi
33:20et j'ai vu dans un
33:20clignement imperceptible
33:22un peu
33:22enfin très petit
33:23qu'en fait
33:24elle n'était pas
33:25trop d'accord avec moi
33:26mais elle s'est dit
33:26bon c'est pas grave
33:27et là à ce moment-là
33:28je me suis sentie bien belle
33:29je me suis dit
33:30mais c'est vrai Marguerite
33:30peut-être que
33:31peut-être que cette femme-là
33:32en face de toi
33:33elle est de droite
33:33elle existe
33:34ce sont des gens
33:35de chair et d'os
33:36à qui tu peux serrer la main
33:37alors quand on est de gauche
33:39c'est qu'on sent
33:40qu'on l'est peut-être
33:41un peu moins qu'avant
33:42et pire encore
33:43qu'on sent qu'on est peut-être
33:44un peu de droite
33:45comment se sent-on ?
33:46c'est très difficile
33:52surtout pour une personne
33:55comme moi
33:56qui a vraiment construit
33:57toute sa vie
33:57autour de la chose publique
33:59c'est-à-dire que
34:00moi je reçois
34:00plein de témoignages
34:01de personnes
34:02qui me disent
34:02qu'elles sont en train
34:03de passer de la gauche
34:04à la droite
34:04et je pense qu'il y a un mouvement
34:07comme ça actuellement
34:08dans la société française
34:10et j'espère que ça va se voir
34:11Mais il ne change pas
34:12seulement de position politique
34:13à vous lire
34:13il change presque de religion
34:14Mais c'est un changement
34:16de paradigme complet
34:17et en fait si vous voulez
34:18quand vous êtes quelqu'un
34:18comme moi
34:19qui vraiment a construit
34:20toute sa vie
34:20autour de la chose publique
34:22le combat politique
34:23le nain
34:24tout ça
34:24en fait c'est tout
34:25un paradigme de pensée
34:26qui s'effondre
34:27en fait
34:27c'est tout votre monde
34:28et donc là commence
34:30une période de doute
34:32qui est extrêmement difficile
34:33à vivre
34:34en fait moi j'ai changé d'avis
34:35quand même très rapidement
34:36ça s'est fait sur
34:37sur deux mois
34:38voilà
34:41j'ai fait des parallèles
34:41rapides dans ma tête
34:42entre idéologie transgenre
34:44et immigrationnisme
34:45finalement
34:46enfin c'est une question
34:47de logique
34:48et une fois que vous avez
34:49compris dans votre tête
34:50après il faut aligner
34:51votre être
34:53votre identité
34:54en fait avec vos
34:56vos nouvelles idées
34:57et c'est
34:57c'est compliqué
34:59Arthur Levatrigan
35:01vous savez dans le monde
35:02politique
35:03dans le monde des idées
35:04beaucoup de gens
35:05changent d'avis
35:06beaucoup
35:07passent une rive à l'autre
35:08encore plus en ce moment
35:10sur les sujets
35:10d'immigration
35:11d'insécurité
35:12d'antisémitisme
35:13ils le font
35:13d'une manière discrète
35:15on loucedait
35:15et l'air de rien
35:16et vous
35:17vous avez demandé pardon
35:18notamment aux catholiques
35:19pourquoi ce besoin
35:21et pourquoi l'avez-vous fait ?
35:23si je dois être
35:24totalement honnête
35:25je l'ai d'abord fait
35:27pour moi-même
35:27je l'ai d'abord fait
35:29pour moi-même
35:30parce que
35:31je ne peux pas dire
35:35je ne regrette absolument rien
35:37de ce qu'il y a écrit
35:38dans ce livre
35:38je ne regrette absolument rien
35:39de ce que j'ai vécu
35:40je ne regrette rien
35:42de ce que j'ai fait
35:43mais ça quand même
35:45il y a eu un moment
35:49de ma vie
35:49où je
35:50en fait j'ai assisté
35:52à la messe
35:54pour l'enterrement
35:55de la jeune Philippine
35:56qui a été assassinée
35:57par un homme
35:57sous OQTF
35:59et ce moment-là
36:01m'a marquée
36:03j'ai eu l'impression
36:05d'assister à quelque chose
36:06de grand
36:07quelque chose de beau
36:08et je me suis dit
36:09que finalement
36:09c'était ça
36:10qui avait façonné
36:11ma civilisation
36:12que c'était ça
36:13qui me constituait
36:13quelque part
36:14et qu'en entrant
36:16dans Notre-Dame
36:17en hurlant
36:18en abîmant
36:18quelque part
36:19ce lieu
36:21finalement
36:21j'avais abîmé
36:23une partie de moi-même
36:24parce que
36:25l'église fait partie
36:26de la France
36:27et la France
36:27me constitue
36:28en fait
36:28et donc
36:29j'ai eu besoin
36:30de réparer ça
36:31et puis
36:32en fréquentant
36:34le milieu de droite
36:35je me suis aussi
36:36rendue compte
36:36que
36:36j'ai essayé
36:38de comprendre
36:39un peu
36:39ce qu'était la foi
36:40et
36:41j'ai rencontré
36:42des catholiques
36:43et j'ai compris
36:43à quel point
36:44réellement
36:45certaines personnes
36:46avaient été blessées
36:47et j'ai fait ça aussi
36:48dans l'espoir
36:49de réparer
36:50un tout petit peu
36:51quelque chose
36:52j'espère que
36:54ça a eu
36:54un effet
36:55nous reviendrons
36:56sur le catholicisme
36:57à la fin
36:58mais vous étiez de gauche
36:59vous êtes de droite
36:59désormais
37:00auparavant
37:01la droite pour vous
37:02c'était le diable
37:02ou à peu près
37:03je devine que vous n'êtes pas
37:05le diable aujourd'hui
37:06donc qu'est-ce que c'est
37:06être de droite
37:07pour vous aujourd'hui ?
37:09pour moi être de droite
37:10c'est
37:10c'être conservatrice
37:14et réactionnaire
37:15conservatrice
37:16parce que
37:17je considère que
37:18vous savez par exemple
37:19les penseurs de gauche
37:21ont beaucoup plus de trucs
37:22à dire
37:22que les penseurs de droite
37:23parce qu'en fait
37:24ils inventent sans cesse
37:25plein d'idées nouvelles
37:27comme ça
37:27plein de concepts
37:28qu'ils essayent de faire
37:29descendre dans le réel
37:30et en plus
37:31quand ils essayent
37:31de les faire descendre
37:32dans le réel
37:32ça ne marche pas
37:33on n'arrive pas
37:34à transformer les hommes
37:35en femmes
37:35bref
37:36et donc ils ont
37:37plein plein de trucs
37:38à dire
37:38pour moi la droite
37:40c'est juste
37:40vouloir conserver
37:41ce qui est
37:42ce qui a toujours été
37:43enfin ce qui a toujours été
37:44vouloir conserver
37:45en fait
37:45notre identité
37:46voilà
37:46une certaine civilisation
37:48la civilisation européenne
37:50la civilisation française
37:52et être réactionnaire
37:53pourquoi ?
37:54parce que c'est une réaction
37:55face à la gauche
37:56en fait
37:56je considère que
37:57la droite est la normalité
37:58c'est juste avoir besoin
37:59de vivre dans le calme
38:01dans la paix
38:02dans une forme de continuité
38:04dans une forme d'ancrage
38:05et c'est aussi
38:07beaucoup pour moi
38:08quand même
38:10la question
38:11des libertés individuelles
38:13et de l'immigration
38:15alors quand je vous ai lu
38:17je me suis dit
38:18au terme de votre parcours
38:19parce que vous le mentionnez
38:20je crois dans
38:20soit à la fête du livre
38:21ou dans un entretien
38:22vous redoutez que des gens
38:23se disent
38:24elle a tellement changé
38:25elle changera encore demain
38:26alors je vous ai lu
38:27j'ai plutôt l'impression
38:28que vous étiez arrivé
38:28à bon port
38:29véritablement
38:30et là je dis
38:31non il y a peut-être
38:31un changement qui va rester
38:32et qui pourrait advenir
38:33et c'est en lien
38:34avec ce qu'on a dit
38:34en fait vous confessez
38:36une forme de catholicisme culturel
38:37vous lisant
38:38j'ai l'impression
38:39que vous êtes au seuil
38:40de la foi
38:40c'est à dire
38:40vous allez moins
38:41prendre une nouvelle direction
38:43j'ai l'impression
38:44que parachever
38:45cette conversion
38:46vers la croix
38:48est-ce que c'est
38:49vous sentez ce mouvement
38:50en vous
38:50ou est-ce que je vous ai mal lu
38:51mais tout le monde
38:52me dit ça
38:53alors vous ne m'avez pas
38:54forcément mal lu
38:55puisque tout le monde
38:58lit ça
38:58enfin beaucoup de personnes
38:59lisent ça
38:59mais je ne sais pas
39:02quoi vous répondre
39:03et quelque part
39:03je suis presque mal à l'aise
39:04à en parler
39:05parce que c'est quelque chose
39:06de très intime
39:07et en même temps
39:07la foi
39:09vous l'avez écrit
39:10vous ne sortez plus
39:12de chez vous
39:12sans une petite croix
39:14aujourd'hui
39:14vous revenez sur
39:15les rituels propres
39:17aux sociétés
39:17paléolithiques
39:19je crois
39:19et donc les premiers rituels
39:21pour être capables
39:22de ritualiser la mort
39:23manifestement
39:24c'est de l'intime
39:25mais c'est de l'intime théorisé
39:26oui c'est vrai
39:27mais vous savez
39:27j'ai aussi écrit ce livre
39:28parce que précisément
39:30j'avais besoin de l'écrire
39:31et aujourd'hui pour moi
39:32je suis très contente
39:33d'être ici
39:34et très contente
39:35de faire cette promo
39:36mais quelque part
39:37pour moi
39:38c'est difficile
39:38d'en parler de ce livre
39:39il y a certains chapitres
39:40sur lesquels
39:42j'avoue
39:42je croise un peu les doigts
39:43pour qu'on ne m'en parle pas trop
39:44parce que
39:44j'ai l'impression
39:45qu'il y aurait une forme
39:48d'impudeur
39:49à les évoquer
39:49à l'oral
39:51que ce serait aussi
39:52que je m'exprimerais moins bien
39:55j'ai mis beaucoup de temps
39:57à écrire ce livre
39:58justement
39:58parce qu'il y a des sujets
39:59qui étaient compliqués
40:01pour moi
40:02à aborder
40:04et donc
40:04c'est plus facile
40:06par écrit
40:06et celui-là
40:07en fait partie
40:07d'accord
40:08mais quand même
40:09vous allez finir
40:11avec la croix
40:11vous allez finir
40:12vous inclinez devant la croix
40:13vous sentez en vous
40:15la pulsion de la foi
40:15ou non ?
40:17je sens le besoin
40:18de porter cette croix
40:19je sens le besoin
40:20d'aller à l'église
40:22je sens le besoin
40:23de
40:26plus de défendre
40:29cette partie de moi-même
40:30en fait
40:30et cette partie de la France
40:32parce que j'ai l'impression
40:33que
40:33sans ça
40:34on n'arrivera pas
40:35à sauver la France
40:36Arthur de Batrigan
40:38vous avez déjà porté une croix
40:39c'est un début de foi
40:40mais
40:41je ne voudrais pas
40:42montrer un intrusif
40:43parce que maintenant
40:44vous vous sentez peut-être
40:45gêné sur des passages
40:46mais il y a beaucoup
40:48de douleur dans ce livre
40:49et vous écrivez
40:50vous êtes un être incomplet
40:51vous êtes fragmenté
40:52il y a même ce mot
40:53à la fin d'une phrase
40:54vous dites
40:54je resterai verdun à vie
40:56et donc
40:57ma question n'est pas sur
40:58ce que vous avez vécu
40:59ou sur pourquoi
40:59mais qu'est-ce qu'apporte
41:00l'écriture maintenant
41:01est-ce que
41:01Mathieu a raison
41:02vous êtes un écrivain
41:04est-ce que l'écriture
41:06un rôle pour vous
41:07est-ce que ça permet
41:09de sortir de l'animal
41:10médiatique
41:11militante
41:12pour retourner
41:13à un individu
41:14et à une personne
41:14est-ce que
41:15c'est une carrière
41:16que vous voulez embrasser
41:17quel rôle a eu
41:18l'écriture
41:19l'écriture particulière
41:20de ce livre d'ailleurs
41:21le pitch
41:25normalement
41:25que je suis censée sortir
41:26quand on me dit
41:27pourquoi avez-vous écrit
41:28ce livre
41:28c'est
41:29donc
41:29j'ai voulu en raconter
41:31comment est-ce qu'on passe
41:32de la gauche à la droite
41:33pour essayer d'aider
41:33les personnes de droite
41:34à comprendre
41:35et les personnes de gauche
41:36à comprendre
41:36la vraie raison
41:37c'est que
41:38j'avais envie d'écrire
41:39j'avais besoin d'écrire
41:41comme je le raconte
41:44il y a des livres
41:44dans ma vie
41:45qui m'ont sauvée
41:47Jean-Jacques Rousseau
41:50pour ses oeuvres littéraires
41:51et pas philosophiques
41:52je le précise
41:53Émile Zola
41:54vraiment j'appelle aussi
41:56les personnes
41:57qui nous regardent
41:57à lire
42:00enfin acheter mon livre
42:01mais lisez aussi
42:03lisez aussi
42:04certains classiques français
42:05dont vous avez peut-être peur
42:07mais qui ne sont pas
42:08difficiles à lire
42:09par exemple
42:09Émile Zola
42:10La curée
42:11il est très court
42:12et donc en fait
42:14pour répondre
42:15à la question
42:17c'est juste que
42:18j'aime énormément
42:19la langue française
42:21je suis éprise
42:22de certains
42:24certains trucs
42:26que les gens
42:27ne remarqueront pas
42:29forcément le lisant
42:30les allitérations
42:32les histoires
42:35de rythme
42:36de ponctuation
42:37de points virgules
42:38et puis il y a des jours
42:40où je me réveille
42:40ou quand je lis
42:42un livre français
42:43ou quand j'écoute
42:43une chanson
42:44de Maxime Le Forestier
42:45ou Francis Cabrel
42:46je ressens presque
42:47une forme d'euphorie
42:48à être française
42:49je me dis
42:49mais en fait
42:50je me sens refaite
42:53je me dis
42:54mais quelle chance incroyable
42:56ok ta vie est horrible
42:57mais quelle chance incroyable
42:58et donc écrire ce livre
42:59c'est aussi juste
43:00pratiquer la langue française
43:01et bien un grand merci
43:03d'être venu
43:03Marguerite Stern
43:04des rives contraires
43:05histoire d'une transition politique
43:07merci à tous les deux
43:07Mathieu Bocoté
43:08Arthur de Vatrigan
43:09on se retrouve la semaine prochaine
43:10restez avec nous
43:11dans un instant
43:11c'est l'heure des pro 2
43:13à tout de suite
43:13C'est parti.
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