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Chaque week-end, Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Générique
00:00Merci de nous rejoindre dans BFM Grand Soir.
00:13À la une, la situation toujours extrêmement tendue entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:18On va d'ailleurs trouver Jeanne Daudet, l'une des correspondantes de BFM TV dans la région.
00:22Jeanne Daudet, vous avez suivi toute la journée les déclarations à la fois iraniennes et ce qui se passe dans la région.
00:28Le moins que l'on puisse dire, c'est que Téhéran entretient un discours de plus en plus ferme et menaçant.
00:34Expliquez-nous.
00:37Oui, le Premier ministre iranien, finalement, multiplie les déclarations depuis que les premiers pour parler se sont terminés.
00:44Du côté du sultanat d'Oman, c'était vendredi, ces négociations indirectes qui ont eu lieu à Oman.
00:49Et depuis, le ministre des Affaires étrangères iranien s'exprime un peu tous les jours.
00:57Et plusieurs fois par jour.
00:59Ça n'a pas coupé aujourd'hui puisqu'il s'est à nouveau exprimé, notamment ce qu'il s'agit de l'enrichissement nucléaire.
01:06Écoutez ce qu'il en dit.
01:07L'idée, c'est de ne pas se laisser dominer par les Etats-Unis.
01:10Écoutez.
01:10Pourquoi insistons-nous tant sur l'enrichissement d'uranium et refusons-nous d'y renoncer, même en cas de guerre ?
01:19Parce que personne n'a le droit de nous dicter ce que nous devrions ou ne devrions pas posséder.
01:24Cela repose sur le principe de non-domination.
01:27J'ai le droit de m'enrichir.
01:29La loi m'autorise à exercer ce droit ou non.
01:31On a répété pendant des années que nous n'avions pas le droit de nous enrichir, que l'enrichissement était interdit.
01:36Pourquoi ?
01:37Parce que les Américains sont préoccupés.
01:39Si vous êtes inquiet, nous sommes prêts à répondre à vos préoccupations.
01:43S'il y a des questions, nous y répondons.
01:45S'il n'y a pas de confiance, nous la rétablissons.
01:48Mais personne n'a le droit de nous interdire cet enrichissement.
01:53Alors, le ministre des Affaires étrangères qui s'est à nouveau exprimé en ce qui s'agit de l'armada, vous savez, américaine, qui est toujours présente ici dans le Golfe.
02:02Non, le déploiement militaire dans la région ne lui fait pas peur, a-t-il dit.
02:05Nous sommes un peuple diplomate, mais nous sommes aussi un peuple guerrier.
02:09Voilà ce qu'il a dit.
02:11Et le chef d'état-major des armées iraniens en a rajouté une couche un peu plus tard.
02:14Nous n'avons aucun intérêt à déclencher une guerre régionale, mais nous sommes prêts pour une guerre à long terme avec les Etats-Unis.
02:20Jeanne Dedé avec Olivier Saint-Paul pour parler de cette situation extrêmement tendue.
02:27Nous sommes avec Ulysse Gosset, éditorialiste internationale BFM TV.
02:30Ai-je besoin de vous présenter ?
02:31Bonsoir.
02:31L'Ovarine nous a rejoint, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique.
02:38Et bonsoir Cyril Gelipter, docteur en histoire et expert en renseignement.
02:43Jeanne le disait il y a quelques instants, ce côté mi-guerrier, mi-diplomate du ministre des Affaires étrangères iranien,
02:51on va réécouter une de ses prises de parole aujourd'hui.
02:55Le déploiement militaire des Etats-Unis dans la région ne nous effraie pas.
02:59Nous sommes un peuple de diplomatie, mais nous sommes aussi un peuple de guerre.
03:04Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous sommes prêts à combattre si nous sommes provoqués.
03:09Nous sommes diplomates car nous avons la logique de notre côté, car nous choisissons nos mots.
03:14Nous sommes logiques.
03:16Ulysse, qu'est-ce qui explique ce durcissement dans le ton hier ?
03:18Ils étaient prêts, peut-être, à un accord éventuel, et on y reviendra avec vous, Lovarinelle, sur l'uranium notamment.
03:24Puis, en disant, oui, mais quand même, on n'est pas tout à fait prêts à cet accord.
03:27Et aujourd'hui, on a un langage guerrier qui s'installe.
03:29Oui, on est toujours dans le bras de fer, c'est-à-dire qu'on montre ses muscles.
03:32Alors, les Iraniens ont moins de muscles militaires, mais ils savent ce que c'est, effectivement,
03:36qu'une diplomatie de la fermeté, c'est ce qu'ils déploient.
03:39D'autant plus que le Parlement iranien, demain, va être réuni à huis clos, à Téhéran,
03:44pour voter, justement, sans doute sur la possibilité ou pas de mener des négociations
03:49sur la capacité d'enrichir l'uranium.
03:51Donc, c'est un moment très important.
03:53Ce qui me frappe, aujourd'hui, c'est le silence de Donald Trump, le silence des Américains, les deux négociateurs.
03:59C'est vrai, normalement, on a l'impression qu'ils se répondent.
04:00Enfin, on a l'habitude qu'ils se répondent.
04:01Oui, mais là, non. Depuis que le gendre de Trump, M. Kouchner, et puis le négociateur,
04:08enfin, l'émissaire spécial Steve Wittkopf, depuis qu'ils ont quitté le sultanat de Man,
04:13ils sont allés sur le porte-avions Eisenhower pour voir ceux qui, éventuellement,
04:17pourraient intervenir contre l'Iran.
04:19Mais ils n'ont dit aucun mot.
04:21Et à Washington, c'est également le silence total.
04:23Est-ce que c'est le silence, le calme avant la tempête ou pas ?
04:26Je pense que les Américains sont en train de réfléchir parce qu'effectivement,
04:30on a le sentiment que les Iraniens les mènent par le bout du nez.
04:33Et ce n'est pas le genre de Trump d'accepter cette situation.
04:35Justement, pourquoi Donald Trump hésite autant ?
04:38Qu'est-ce qu'il a le plus à perdre, finalement, s'il devait lancer des frappes ?
04:42Peut-être l'enlisement dans un conflit dont il ne pourrait pas garmentir,
04:47enfin, donner une date de sortie.
04:48En plus, pour Donald Trump, c'est vraiment l'opposition de sa campagne,
04:54enfin, ses promesses auprès de la population américaine.
04:56Il a dit, je ne m'engagerai pas dans des conflits qui enliseraient les Etats-Unis.
04:59Mais la guerre de 12 jours, il n'y a pas eu d'enlisement.
05:01Oui, mais là, en fait, ce n'est pas pareil.
05:02Il y avait un objectif, c'était frapper et stopper durablement.
05:07Alors, c'était détruire le programme iranien.
05:09La réalité, c'est que ça a stoppé, et disons-le, ce qu'on appelle le temps percé,
05:12donc cette capacité aux Iraniens ou à tous les pays qui veulent avoir l'arme nucléaire,
05:17de passer à la conférence, d'avoir une vraie bombe.
05:20Là, effectivement, il a bombardé, et il y a eu des résultats,
05:24qui permettent de dire que durablement, mais ce n'est pas non plus éternel,
05:27le programme iranien nucléaire existe et demeure.
05:30Ça, c'est en première nuance.
05:32Mais là, en l'occurrence, on ne parle pas, parce que, rappelez-vous,
05:34vous disiez tout à l'heure qu'effectivement, les Iraniens durcissent le ton.
05:37Néanmoins, sur les négociations, ils n'ont pas bougé depuis le début.
05:40Ils ont toujours dit, on ne touche pas au programme nucléaire.
05:43C'est la façon de le dire.
05:44Ni au programme balistique.
05:45En fait, il y a la forme qui change.
05:46Ni au programme balistique.
05:48Finalement, il n'y a pas de surprise.
05:49Alors que les Américains sont venus avec des désidératas extrêmement ambitieux.
05:55Pas de programme ni nucléaire, civil, ni militaire.
05:58Ce qui est quand même autre chose.
06:00Pas de balistique.
06:02Retrait total de vos ambitions, ou plutôt de vos soutiens aux différents groupes terroristes
06:07pour ne pas être une puissance déstabilisatrice.
06:10Aujourd'hui, on entend les Iraniens.
06:12Ça ne veut pas dire qu'on entend moins les Américains.
06:14Ça ne veut pas dire qu'ils ne réfléchissent pas.
06:16Je dis juste qu'à date, nous n'avons pas la version américaine de ce qu'ils souhaitent poser sur la table.
06:23Et ça, ça interroge sur l'objectif.
06:25Pourquoi nous sommes là ?
06:26Pourquoi on en est là ?
06:27On a eu quand même des idées dans l'arrêt du programme balistique.
06:29Notamment, le fait aussi de penser à la population.
06:32Ça, c'est Marco Rubio qui le disait.
06:34En disant qu'il faudrait qu'on pense à la population.
06:36Dès l'entrée des négociations, on n'en parlait plus de la population.
06:39C'était le prétexte de l'arrivée de l'armada.
06:41Non, mais mercredi dernier, Rubio a quand même dit qu'on va peut-être y songer.
06:44Peut-être.
06:44Alors, on voulait aussi faire un point avec vous, Lovarinelle,
06:47sur les informations sur l'état de fonctionnement des infrastructures nucléaires iraniennes
06:50depuis la guerre des 12 jours.
06:52On a vu, par exemple, cette semaine, des photos satellites révélées par le New York Times.
06:55Et notamment celle du site de Natanz.
06:57On le voit là, qui avait été extrêmement endommagé par les frappes.
07:01Image du 3 décembre, le 24 décembre, on voit que ça commence à se reconstruire.
07:04Ma question, c'est, est-ce que c'est pour Fordo ?
07:06C'est beaucoup plus difficile à dire.
07:07On dit Natanz a été fortement endommagé.
07:09Fordo, c'est souterrain.
07:10Est-ce qu'on a plus d'informations sur Fordo que sur Natanz ?
07:13Non.
07:13Voilà.
07:14Très clairement, non.
07:15Parce qu'en plus, pour en avoir, il faut des...
07:17Enfin, je veux dire, à minima, des agences d'inspection,
07:20au mieux, au service de renseignement.
07:20Mais ça, je pense que tu répondras mieux que moi.
07:23Moi, ce que je comprends et ce que je sais,
07:25c'est qu'on n'a pas d'informations sur Fordo.
07:28Et il y a d'autres sites aussi.
07:29Et qu'on n'en aura pas tant que les inspecteurs de l'AEA ?
07:31Non, mais c'était tout l'enjeu aussi de cet accord et du JCPOS,
07:35c'était de l'accord de 2015, duquel les Américains.
07:39Voilà, exactement.
07:41En fait, c'est les inspections.
07:42Et pareil, pardon, mais dans les accords, on n'a pas parlé des inspections.
07:46Je n'ai même pas entendu le mot des inspections.
07:48Je n'ai pas entendu le mot de l'AEA.
07:50Et ça, c'est une vraie interrogation sur l'efficacité de neutraliser un programme nucléaire.
07:56Cyril, j'ai une terre, juste ces images satellites,
07:58elles nous montrent un nouveau toit.
07:59On va peut-être le revoir.
08:01Ça ne veut rien dire, un nouveau toit.
08:03En fait, on ne sait pas ce qu'il y a en dessous.
08:05Surtout qu'il faut comprendre une chose.
08:06Un programme nucléaire, ce n'est pas que de l'enrichissement.
08:08Vous avez ensuite toute la chaîne après.
08:10Par exemple, il faut convertir l'uranium, fortement enrichi, en uranium métal.
08:13Or, les Iraniens avaient bien une installation comme ça, à Isparan,
08:17mais elle fait partie des cibles visées.
08:19Alors, détruite, endommagée, difficile à dire.
08:21Je rappelle juste les propos qu'avait tenus Nicolas Lerner,
08:24le directeur général de la DGSE, il y a plusieurs mois,
08:26où il avait dit que chaque morceau de la chaîne du programme nucléaire iranien
08:30avait été endommagé et touché.
08:32Et le fait que les Iraniens arrivent à avoir une arme nucléaire,
08:35alors sur le court terme, les Allemands avaient dit improbable.
08:38Et je pense que les autres services font la même analyse,
08:41à savoir les Français, nous avons nos propres capacités,
08:44les Américains, les Israéliens, etc.
08:45Alors, l'un des temps forts de la semaine prochaine,
08:48ce sera la rencontre Benjamin Netanyahou, Donald Trump à Washington,
08:52un Premier ministre israélien,
08:54qui semble bouger depuis la mi-janvier
08:57sur le sujet des éventuelles frappes iraniennes.
09:00S'il freinait à ce sujet mi-janvier,
09:05on apprend aujourd'hui qu'il est prêt à agir.
09:06Bonjour Igor Saheri, vous êtes l'envoyé spécial de BFM TV à Tel Aviv.
09:10On le disait, prêt à intervenir, notamment aux côtés des Américains,
09:14mais on apprend qu'Israël pourrait même agir seul
09:16si l'Iran franchissait la ligne rouge au sujet des missiles balistiques.
09:20Quelle est celle-ci de ligne rouge ?
09:21Et que nous dit ce soir le Jérusalem Post,
09:23qui relaie cette information ?
09:24Oui, en réalité, depuis quelques jours,
09:28et d'ailleurs je le dis sur l'antenne de BFM TV,
09:31Israël est particulièrement tendu
09:34à l'idée que les États-Unis puissent signer un accord avec l'Iran
09:38uniquement sur le dossier nucléaire iranien.
09:42Et donc, à plusieurs reprises en Israël,
09:44les hauts responsables de la défense ont montré
09:47qu'Israël était prêt à attaquer et à se défendre
09:50en cas de riposte iranienne.
09:51Et effectivement, aujourd'hui, on apprend dans le Jérusalem Post
09:54que de hauts responsables israéliens de la défense
09:57auraient dit à leurs homologues
09:59qu'ils étaient prêts à attaquer seuls,
10:01de façon unilatérale, le régime des Mollahs,
10:05parce qu'ils craignent qu'effectivement les États-Unis
10:07soient un petit peu trop laxistes avec les Iraniens
10:10et leur accordent le droit au doute, en quelque sorte,
10:13parce que pour eux, ce programme de missiles balistiques
10:16et sa production constituent une menace existentielle pour Israël.
10:20Ils ont donc présenté des plans pour attaquer des bases stratégiques,
10:25des sites de production et de fabrication de missiles balistiques,
10:29car ils évaluent ce nombre à environ 1 000, 1 500, voire même 2 000.
10:34Et pour les Israéliens, ce n'est pas possible
10:36de maintenir le régime iranien avec cette menace.
10:39Alors, attention, ils n'ont pas dit que cette jauge,
10:43cette limite qu'ils proposent aux États-Unis
10:45serait franchie dans les prochains jours,
10:47mais en tout cas, ils l'ont proposée.
10:48Alors, d'après mes informations, il faut quand même rester prudent.
10:52Il y a vraisemblablement très peu de chances
10:53qu'Israël puisse attaquer, agir sans l'aval,
10:57sans le feu vert des États-Unis.
10:58– Igor Saheri avec Julie Roser, Ulysse Gosset,
11:02c'est la grande menace, donc ces missiles balistiques,
11:05depuis la guerre des 12 jours qui s'était soldée
11:07par la destruction d'environ 800 des 2 000 missiles balistiques de l'Iran.
11:12On sait que cette production a repris, mais où en est-elle ?
11:16Est-ce qu'on a des informations là-dessus ?
11:17– Écoutez, selon les services de renseignement,
11:19les Iraniens disposent de 1 500 à 2 000 missiles balistiques…
11:23– Donc ils ont presque reconstitué intégralement ce qui avait été détruit en juin.
11:27– Non seulement atteindre Israël, mais aussi Dubaï,
11:31les champs pétroliers d'Arabie Saoudite.
11:34Donc oui, c'est une menace réelle,
11:37et c'est pour ça que tous les pays environnants font pression sur la Maison-Blanche,
11:41pour dire, ne déclenchez pas une guerre régionale.
11:43– Un petit mot sur les fuites qui nous viennent d'Israël et du Jérôme El-Post.
11:47Les fuites ne sortent jamais par hasard.
11:49– Bien sûr.
11:50– L'idée donc, si vous voulez, c'est d'envoyer un message aux Iraniens,
11:53évidemment, en leur disant, si vous ne négociez pas,
11:56eh bien, une frappe est possible.
11:58Mais on voit mal aujourd'hui Israël intervenir avant les États-Unis.
12:02Pour quelles raisons ?
12:03Déjà que Trump a du mal à justifier son intervention auprès de son opinion publique,
12:08ça ne va pas être facile.
12:09Non, mais il y a quand même une sorte de comptes à rebours qui continue,
12:12parce qu'effectivement, on peut se demander à quel moment
12:14Donald Trump perdra patience.
12:19Il a perdu patience avec le Venezuela.
12:20Vous vous souvenez de ces images de Maduro, le président,
12:23qui dansait pendant un meeting ?
12:25Et Trump ne l'a pas supporté quand il l'a vu à la télé.
12:28– Voilà, là, on ne les voit pas danser les Iraniens.
12:29– Non, mais vous avez vu la diplomatie active de l'Iran,
12:32les déclarations « guerrières » ?
12:34– C'est-à-dire que s'il y en a encore plus dans les jours qui viennent,
12:36ça peut peut-être avoir un effet déclencheur.
12:37– Pas forcément tout de suite, mais on voit quand même qu'il ne faut pas non plus,
12:41comment dire, provoquer trop Donald Trump,
12:44parce qu'il est capable instinctivement d'ordonner une frappe,
12:47alors que la raison voudrait qu'il continue à consolider son dispositif militaire,
12:52pour être certain qu'en cas d'intervention,
12:54il ait tous les moyens pour éviter un conflit régional.
12:58– Cyril Gélipter, si on voulait aussi que vous soyez là ce soir,
13:00c'est pour nous parler de ceux qui infiltrent le mieux le régime iradien.
13:03Je pense notamment au Mossad, au service secret israélien,
13:06on dit que ça fait depuis 40 ans qu'ils sont passés maîtres en la matière,
13:09et on va regarder la une du Figaro Magazine de ce week-end,
13:12qui revient sur ces techniques d'infiltration des agents israéliens.
13:15Vous allez tout nous dire, on nous dit tout d'abord que toutes les strates de la société
13:17sont infiltrées depuis la guerre à peu près Iran-Irak,
13:20avec des contacts dans l'armée iranienne, avec des militaires,
13:23comment à un moment un militaire iranien décide de donner des informations
13:27à l'ennemi juré par exemple ?
13:29– Vous vous recrutez toujours sur quatre raisons,
13:32harmonie, idéologie, compromise, ego, l'argent, l'idéologie,
13:36vous êtes en désaccord avec le régime, on vous a compromis,
13:39on vous a pris en photo avec une autre demoiselle par exemple,
13:42ou bien pour des raisons d'ego, vous n'êtes pas confrontant
13:44parce que c'est un tel qui a eu la promotion et pas vous.
13:47– Bon, mais comment dire, c'est pas facile de manipuler des sources en Iran,
13:51c'est-à-dire que le contre-espionnage iranien est plutôt performant,
13:55les Israéliens et les Américains n'ont pas l'ambassade,
13:57donc vous allez travailler depuis des postes à l'étranger,
13:59par exemple en Turquie, la Turquie est un pays très apprécié des services occidentaux
14:04pour travailler contre l'Iran, parce que les Iraniens n'ont pas besoin de visa
14:07pour aller en Turquie, tout simplement.
14:09Donc c'est pratique, les Émirats, ils utilisent aussi.
14:12Alors pour infiltrer, parfois ils utilisent aussi les familles,
14:15c'est-à-dire que par exemple, vous n'allez pas envoyer,
14:18imaginons un ingénieur nucléaire veut contacter le Mossad,
14:21soit il va faire par le net éventuellement,
14:24soit il va envoyer un proche, un cousin, un frère
14:27qui va aller rencontrer les officiers traitants à l'étranger,
14:31c'est comme ça qu'ils ont fait.
14:32Et les Israéliens, alors ils ont eu des beaux succès,
14:35je vous montre rapidement cet ouvrage, Target Téhéran,
14:38qui est deux journalistes du Jérusalem Post,
14:40qui l'ont publié.
14:42C'est traduit en français quand même ?
14:43Non, désolé, vous devez vous mettre à l'anglais.
14:47Et il racontait que, par exemple, l'un des adjoints de Mohsen Fakhrizadeh,
14:51le patron du programme nucléaire iranien assassiné en 2020,
14:54aurait été une taupe des services secrets israéliens, rien de moins.
14:56Alors les services israéliens, on sait, ils travaillent sur le long cours,
14:59on se souvient de cette déclaration extrêmement spectaculaire
15:01contre le Hezbollah au Liban,
15:03avec ces beepers qui avaient explosé,
15:05ces milliers de beepers qui avaient explosé simultanément.
15:09On apprend que cette opération, il a fallu 15 ans pour la monter.
15:14Comment est-ce qu'on imagine ce genre d'opération sur le si long terme ?
15:18Alors 15 ans, ça me paraît quand même beaucoup.
15:20C'est ce que dit Raphaël Jérusalem, en tout cas,
15:22qui témoigne dans le Figaro Magazine,
15:23notamment qu'il y a un ancien agent...
15:25Mais sur le long terme, les israéliens ont toujours...
15:27En fait, vous avez peu de services qui vraiment font du long terme.
15:30Les Russes le font, les Chinois le font, les Israéliens le font.
15:33Nous, alors moi, on me disait en off des anciens, des services français,
15:38que parfois, mais pas toujours.
15:42Les Américains, ils ont tendance à...
15:44C'est comme les hamburgers, ils les consomment très vite.
15:46Je pense que ça les perd.
15:47D'accord.
15:48Donc, ils ont tendance à griller parfois un peu leurs sources.
15:53Donc, en fait, vous allez fixer des objectifs.
15:55Donc, il faut approcher des personnes, réussir à convaincre
15:58que, voilà, ce serait bien que vous ayez des beepers pour pouvoir...
16:00Ça veut dire qu'ils sont meilleurs que nous ?
16:01Enfin, je veux dire, s'ils peuvent passer des années,
16:03on va dire que c'est pas 15 ans, mais...
16:04Ils sont plus déterminés.
16:05Ils sont plus déterminés, mais meilleurs.
16:06Ça dépend sur quoi, parce que...
16:08Quelle est la priorité du Mossad ?
16:09C'est ce qui se passe au Moyen-Orient, et surtout en Iran.
16:12Mais, par exemple, sur l'Afrique,
16:13c'est généralement la DGSE qui était la mieux implantée,
16:15même s'ils peuvent aussi s'y inventer par le biais des sociétés privées.
16:19Mais c'est moins intéressant.
16:20Mais ce sont des agents français
16:21qui ont les premiers dévoilé le site de Fordot.
16:25Oui, des photographies satellitaires.
16:26Je vois que vous avez lu l'article de Vincent Jauvert
16:28dans le Nouvel Observateur.
16:30Exactement, donc, rendant hommage aux services français
16:32quand ils sont capables d'opération.
16:33Et je préciserai juste qu'effectivement,
16:35pour avoir parlé avec des anciens des services,
16:37effectivement, ils ont suivi Fordot depuis un certain temps
16:40avant que ce soit rendu public.
16:41Cyril Jalipteur, on apprend aussi qu'à l'inverse,
16:42il y a eu des tentatives d'infiltration en France
16:44du Parti Socialiste.
16:45Au moment de la guerre Iran-Irak, particulièrement intense,
16:47il y a Mathieu Gadiri, qui est un ex-agent secret iranien
16:49dont on va voir la photo,
16:51qui était arrivé en France pour ses études à 17 ans.
16:53Il a été contacté pour espionner la France.
16:55Il a averti la France à l'époque
16:57et on lui a demandé de jouer le jeu.
16:58C'était l'agent double.
16:59Oui, classique.
17:00Mais c'est classique, oui.
17:01Alors, je ne sais pas s'ils étaient très bien implantés
17:03dans les années 1980.
17:05Mais il y a eu effectivement des tentatives.
17:08Je vais vous en raconter une.
17:10Est-ce qu'on essayait d'avoir auprès de Mitterrand,
17:12par exemple, ce qu'il pensait dans cette guerre,
17:14son jeu dans cette guerre Iran-Irak ?
17:15Par exemple, oui.
17:17Oui, parce que vous aviez une aide française à l'Irak.
17:20Nous avons fourni des avions.
17:22C'était des super étendards de mémoire.
17:24Moi, je parle sous le contrôle d'Élise Gosset.
17:27C'est des super étendards.
17:29Je crois que la France avait fourni à l'Irak,
17:31à la grande fureur de l'Iran.
17:32Oui, elle ira, absolument.
17:33Et vous avez eu aussi le cas, vers 1986-1987,
17:35d'une secrétaire du Quai d'Orsay qui avait été recrutée,
17:38qui a été démasquée, car je crois qu'elle travaillait pour les Iraniens.
17:42C'est un cas un peu oublié.
17:44Oui, et vous avez eu aussi un autre cas que racontait un journaliste.
17:48Je crois que c'est Frédéric Charpier dans un ouvrage.
17:49Les Iraniens avaient voulu assassiner Rajavi,
17:54le patron du Moudjaldine Al-Khalq,
17:58qui était à l'époque en France.
17:59Et ils ont recruté pour ça un Français de l'extrême droite.
18:02Sauf que ce que ne savaient pas les Iraniens,
18:04c'est qu'ils étaient manipulés par les renseignements généraux.
18:07Vous en parlez formidablement bien dans ces histoires d'agents secrets.
18:10C'était passionnant. Merci à tous les trois.
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