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L'impact écologique réel des Jeux Olympiques de Paris 2024 dévoilé par l'ingénieur Laurent Castaignède lors de son passage sur la chaîne partenaire Greenletter Club.
Loin des promesses de sobriété liées à l'absence de grandes constructions sportives, l'expert décortique la stratégie de relance de la destination France. Cet héritage touristique planifié sur une décennie vise délibérément à attirer des millions de visiteurs internationaux à forte empreinte carbone.
Un surtourisme programmé aux conséquences climatiques colossales qui transforme cet événement historique en un véritable gouffre environnemental.

#Castaignède #JO #Écologie #tourisme #climat

00:00 Intro
01:04 Laurent Castaignède
12:49 Outro

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Quel objectif officiel la candidature de la France affichait-elle ?
➡ Relancer la destination France.

Quelle Coupe du monde détenait le record d'émissions de CO2 en 2022 ?
➡ Celle du Qatar.

En quelle unité se compte l'impact carbone du tourisme sur 10 ans ?
➡ Millions tonnes de CO2.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Pendant les Jeux, j'ai pu assister à une toute petite partie
00:02et j'ai pu aller monter au dernier étage de la Tour Eiffel
00:05sans avoir acheté mon billet à l'avance.
00:08Et j'ai dû faire trois minutes de queue.
00:10Il y avait juste cinq personnes devant moi.
00:13Enfin, extraordinaire, extraordinaire.
00:15Donc, qu'est-ce que ça signifie ?
00:16C'est que les gens qui étaient là n'étaient pas les mêmes que d'habitude.
00:20Encore, la population qui est venue assister aux Jeux
00:23n'était pas la même que la population habituelle à Paris.
00:26Mais en nombre, on peut discuter.
00:28Et on est sur les mêmes ordres de grandeur, voire limite un peu moins.
00:31Donc, en fait, quand on parle d'héritage touristique des Jeux,
00:34la cible n'est pas du tout les touristes pendant les Jeux.
00:38On n'aurait pas fait les Jeux, il y aurait eu d'autres touristes à la place.
00:40Non, non, le sujet, c'est relancer la destination France,
00:43c'est-à-dire faire la publicité de Paris et de la France
00:47auprès des touristes internationaux.
00:48Alors, pourquoi les touristes internationaux ?
00:50Parce que c'est ceux qui dépensent statistiquement le plus d'argent.
00:53En fait, la cible, et ça, c'est quand même assez contre-productif vis-à-vis du climat.
01:04On voit que les Jeux Olympiques de Paris ont été faits pour mettre en avant
01:10la destination touristique française et plus particulièrement celle de Paris.
01:15Est-ce qu'on a une idée de l'impact que ça ?
01:17Parce que ça a été fait sciemment.
01:18Oui, oui, tout à fait.
01:20Mais pour avoir une idée de l'impact, c'est sûr qu'il faut qu'on se revoie dans dix
01:23ans.
01:23Parce que les Jeux, c'était juste il y a un an,
01:26alors qu'en fait, l'héritage dont on parle là,
01:29c'est-à-dire que c'est complètement officiel ce qu'on dit,
01:31c'est-à-dire que dans les motivations premières de la candidature
01:34de la France et de Paris en particulier pour les JO de 2024,
01:38il y avait texto la relance de la destination France
01:42auprès des touristes internationaux.
01:44Et si on veut relancer ça, on ne parle pas du tout du mois des Jeux.
01:48Parce qu'en fait, le mois des Jeux,
01:50je veux dire, on a remplacé des touristes par d'autres.
01:53Ce n'est pas le tourisme pendant les Jeux qui était l'objectif.
01:55Absolument pas.
01:56Oui, tu dis d'ailleurs une anecdote marrante,
01:58c'est que la Tour Eiffel était quasiment vide.
02:01Oui, voilà, c'est ça.
02:01En fait, c'est l'anecdote du fait que la Tour Eiffel,
02:05j'ai pu l'expérimenter personnellement,
02:06c'est-à-dire qu'en fait, pendant les Jeux,
02:09j'ai pu assister à une toute petite partie
02:11et j'ai pu aller monter au dernier étage de la Tour Eiffel
02:14sans avoir acheté mon billet à l'avance
02:16et j'ai dû faire trois minutes de queue.
02:18Il y avait juste cinq personnes devant moi.
02:21Enfin, extraordinaire, extraordinaire.
02:24Donc, qu'est-ce que ça signifie ?
02:25C'est que les gens qui étaient là
02:27n'étaient pas les mêmes que d'habitude.
02:29Encore, la population qui est venue assister au jeu
02:32n'était pas la même que la population habituelle à Paris.
02:34Mais en nombre, on peut discuter,
02:37on est sur les mêmes ordres de grandeur,
02:39voire limite un peu moins.
02:40Donc, en fait, quand on parle d'héritage touristique des Jeux,
02:42la cible n'est pas du tout les touristes pendant les Jeux.
02:46On n'aurait pas fait les Jeux,
02:47il y aurait eu d'autres touristes à la place.
02:48Non, non, le sujet, c'est relancer la destination France,
02:52c'est-à-dire faire la publicité de Paris et de la France
02:55auprès des touristes internationaux.
02:57Alors, pourquoi les touristes internationaux ?
02:58Parce que c'est ceux qui dépensent statistiquement le plus d'argent.
03:02En fait, la cible,
03:03et ça, c'est quand même assez contre-productif vis-à-vis du climat,
03:06c'est que la cible, c'est tout simplement plus le touriste ultérieur.
03:11Là, on parle donc de tourisme ultérieur au jeu sur une dizaine d'années.
03:16C'est l'ordre de grandeur.
03:16C'est pour ça que pour Paris, je n'ai pas la réponse.
03:18Je vais essayer de te répondre, mais pour Paris, je n'ai pas la réponse.
03:20Il faut qu'on se revoie dans dix ans et essayer de regarder les statistiques de tourisme en France
03:24de 2025 à 2035 par rapport aux autres pays
03:28et essayer de voir les progressions ou pas, le différentiel.
03:32Donc, dans le cas de la France, les estimations que je fais de ce poste-là,
03:37je mets bien un astérisque en disant, non seulement c'est une estimation,
03:40mais en plus, elle est provisoire parce qu'en fait, voilà.
03:43En revanche, on peut avoir une idée.
03:44Je sais très bien, tu vas parler sans doute de jeu précédent,
03:47mais avant, juste pour montrer la volonté, la volonté, ça a été de faire justement
03:52des épreuves au Champ de Mars, à Versailles.
03:56Même le teasing des jeux lui-même, le teasing des jeux,
04:03il est au diapason de cet objectif.
04:05C'est-à-dire qu'on va le dire, il y a une innovation au jeu de Paris,
04:12c'est de ne pas faire la cérémonie d'ouverture à l'intérieur du stade
04:17où on voit défiler les athlètes sur la piste d'athlétisme
04:21avec des allégories représentant la France au milieu.
04:24On a dit, on va faire une innovation, on va aller sur la scène.
04:28Mais ça fait partie des motivations pour lesquelles j'ai écrit le livre.
04:32C'est de se dire, avant que ça...
04:34Moi, j'ai eu du mal à regarder la cérémonie d'ouverture,
04:38tellement j'avais en tête que c'était une stratégie extraordinaire
04:43pour montrer justement les cartes postales que j'appelle selfie-resques,
04:47qui est un terme que j'avais déjà utilisé dans un précédent livre,
04:50pour montrer les cartes postales selfie-resques de Paris aux touristes internationaux.
04:55Si on reste dans le stade de France à faire des tours,
04:57on va montrer peut-être une danseuse du Lido, je ne sais pas quoi,
05:00mais ça va être limité.
05:01Alors que là, c'était l'occasion de montrer Notre-Dame, la Tour Eiffel, etc.
05:06Alors, ça a été un peu raté à cause de la météo, parce que finalement, voilà.
05:11Mais peut-être que le climat, ce n'est pas à venger,
05:13mais à essayer de tempérer cet objectif, voilà.
05:17Donc, mais en tout cas, voilà, la cérémonie d'ouverture,
05:20elle est au diapason de la relance de la Destination France.
05:22À Versailles, on organise des épreuves à Versailles.
05:25Comme j'ai écrit, on est comme Louis XIV.
05:29Louis XIV, il voulait en mettre plein la vue.
05:32Plein la vue, c'est un terme de l'époque.
05:34Il voulait en mettre plein la vue à ses invités.
05:37Et là, on veut, ben voilà, un touriste international américain, japonais,
05:41s'il vient à Paris, ah oui, il faut y penser.
05:42Oui, il peut aller voir le parc de Versailles, visiter le château,
05:46aller voir la Tour Eiffel.
05:47Et donc, les jeux sont l'occasion de lui montrer toutes ses cartes postales
05:50pour bien qu'il les ait en tête pour 2025, 26, 27, 28, 29, 30.
05:55Ce qui est hyper intéressant là-dedans, c'est qu'il y a un paradoxe.
05:58C'est-à-dire que l'organisation des jeux, tout le monde a dit,
06:00c'est fantastique parce que justement, on ne va pas construire de nouvelles infrastructures.
06:04Tout le monde l'a dit, beaucoup de gens l'ont dit.
06:06Beaucoup de gens l'ont dit.
06:07On ne va pas construire de nouvelles infrastructures.
06:10Pas trop, pas trop, assez peu.
06:11De mémoire, c'était 95% des infrastructures.
06:13Oui, on a construit la piscine, la piscine olympique, le village olympique,
06:16mais très peu de choses en dehors de ça.
06:18Pour justement réutiliser la ville comme structure des JO.
06:23Et toi, ce que tu dis, c'est que d'un point de vue climatique, c'est terrible.
06:28Parce qu'en fait, c'est vendre la ville par derrière dans la décennie qui vient.
06:32Oui, alors c'est vrai qu'évidemment, de ne pas avoir trop construit, c'est bien mieux que d'avoir
06:37construit beaucoup.
06:38C'est évident.
06:40Je vais te prendre un exemple autre que les JO.
06:42On va prendre la Coupe du monde de foot.
06:44Par exemple, celle qui vient aux Etats-Unis.
06:47C'est un poste qui est très faible.
06:49Parce qu'aux Etats-Unis, entre les stades retenus aux Etats-Unis, plus un peu au Canadien et au Mexique,
06:54en gros, les stades en l'état, certains, on va rajouter quelques tribunes provisoires,
06:59mais je crois qu'il y a un stade américain où on va vraiment refaire les tribunes.
07:03Mais à part ça, on est un peu dans la logique JO de Paris 2024,
07:08où finalement, on fait dans l'existant en termes d'infrastructures sportives.
07:13A l'opposé de, si on revient en arrière sur les Coupes du monde de foot,
07:17il me vient à l'esprit la Coupe du monde de 2002, au Japon et en Corée du Sud,
07:23qui a été organisé dans 20 stades, bon, c'est à l'ordre de grandeur,
07:28dont 18 stades neufs.
07:30C'est-à-dire qu'on a construit tout neuf 90% des stades pour cette Coupe du monde-là.
07:36Donc, on voit évidemment qu'il y a beaucoup d'évitements,
07:39ou de non-émissions de CO2, le fait de faire dans l'existant
07:41plutôt que de construire que des infrastructures neuves.
07:43C'est évident.
07:45Pour autant, la Coupe du monde de foot aux Etats-Unis,
07:48enfin en Amérique du Nord, ce poste est très faible,
07:51mais on sent bien que sur beaucoup d'autres postes, ça va être la gabegie colossale.
07:54Et le record actuel de la catégorie tenue par la Coupe du monde du Qatar,
07:59tel que je le montre dans le livre en 2022,
08:02la catégorie Coupe du monde de foot,
08:05il est à penser clairement qu'il va être battu cet été
08:10par la Coupe du monde en Amérique du Nord,
08:12alors même que son poste construction est très contenu,
08:15comme les JO Paris 2024.
08:16Juste pour reprendre le fil de la discussion, tout à l'heure, tu disais
08:18que Paris, on ne sait pas encore l'impact sur les visiteurs
08:22que ça va pouvoir avoir dans la décennie qui vient.
08:25En revanche, il y a déjà eu des JO qui ont eu cette stratégie-là.
08:28Quels ont été les résultats ? Est-ce qu'on arrive à le savoir ?
08:30En fait, c'est à peu près tous les JO qui avaient cette stratégie-là.
08:34Je dirais un peu de plus en plus.
08:37Même, on se souvient, par exemple, les JO de 92.
08:40Barcelone, par exemple, qui a restructuré complètement sa ville
08:43dans la perspective de recevoir les JO
08:46et dans la perspective d'en faire une destination touristique internationale,
08:50alors qu'elle n'était pas une capitale d'État.
08:52Enfin, c'est la capitale de la Catalogne, mais pas de l'Espagne.
08:56Et ça a été très réussi, même presque trop bien réussi,
09:00vu qu'aujourd'hui, ils sont obligés de gérer des problèmes de surtourisme à Barcelone.
09:04On imagine bien que Barcelone n'aurait peut-être pas l'aura qu'elle a aujourd'hui
09:08si elle n'avait pas accueilli les JO en 1992.
09:11Je ne dis pas non plus que la totalité du succès international touristique de Barcelone
09:16est de 100%. Je n'ai pas dit ça, mais bon.
09:19Et donc, quand on regarde...
09:21C'est pour ça que j'ai fait une rétrospective, en fait,
09:23comparée des quelques gros événements internationaux depuis 25 ans
09:27avec les courbes de flux touristique des touristes internationaux.
09:31Et en croisant les deux, on arrive à se rendre compte
09:34qu'il y a des événements...
09:35Je pense qu'à peu près tous les événements avaient envie...
09:38Certains s'étaient complètement assumés de se dire
09:41qu'on organise les JO pour développer le tourisme dans notre pays.
09:44Mais on sent bien qu'il y a eu des ratés.
09:46C'est-à-dire qu'il y a des pays...
09:49Malheureusement, si on regarde le Brésil,
09:51qui a organisé à la fois quasiment en même temps une Coupe du Monde et des JO,
09:56en fait, n'a pas trop vu sa fréquentation touristique internationale augmenter.
09:59Et donc là, on peut considérer que...
10:01Alors, vous allez me dire,
10:02non, elle n'aurait pas forcément baissé s'ils n'avaient pas organisé les JO,
10:04mais on peut se dire, bon, il y a peut-être un petit peu d'héritage touristique,
10:07mais ça ne doit pas être énorme.
10:09Alors que, par exemple, Londres et Londres 2012 et Paris 2024 sont très, très comparables.
10:15D'autant plus que Paris avait souhaité...
10:28Une petite histoire.
10:29moins avouable que ça, enfin, peu importe.
10:32Et donc, vraiment, au même titre que Paris 2024 avait dans ses objectifs principaux
10:37la relance de la Destination France,
10:40il y avait exactement cela dans la candidature de Londres en 2012.
10:44On avait le tourisme en Angleterre qui stagnait depuis plusieurs années
10:49et le gouvernement anglais qui voulait le dynamiser
10:53parce qu'il sentait qu'il y avait du potentiel de croissance économique, simplement.
10:57Et donc, ils ont, dès le départ, misé sur la candidature et sur les JO de 2012
11:04pour vraiment dynamiser complètement les flux touristiques internationaux.
11:07Ils ont, plus ou moins en même temps, il y a eu aussi le Jubilé de l'Arène.
11:11Et par contre, là, on voit, en analysant les courbes, que là, c'est une réussite.
11:15C'est une réussite, c'est-à-dire que le tourisme a vraiment, en Angleterre,
11:20décollé alors qu'il était stagné, complètement lié à ces événements-là,
11:25dans une proportion importante.
11:28Personnellement, bon, il n'y a pas que les JO qui ont permis ce dynamisme.
11:33Donc, j'ai pris un ordre de grandeur d'une proportion prudente de ça.
11:37Mais même en prenant une proportion prudente de ça,
11:39à la fin, on se rend compte que, sur les 10 ans suivants,
11:43ça fait des millions de tonnes de CO2 à l'arrivée.
11:46Et que, du coup, c'est un véritable poste.
11:48Alors, c'est un ordre de grandeur, mais si l'ordre de grandeur est en millions de tonnes,
11:54ça veut dire que c'est un vrai poste.
11:57Mais ça veut dire quoi ?
11:58Ça veut dire que c'est, en fait, des dizaines ou des centaines de milliers de touristes,
12:02chaque année supplémentaire, qui prennent l'avion.
12:04C'est des touristes étrangers qu'ils souhaitent attirer en Angleterre ou à Paris.
12:10Oui, exactement, parce que c'est eux qui vont consommer le plus,
12:11et c'est eux qui vont avoir l'empreinte carbone la plus forte.
12:15Et, effectivement, ces touristes supplémentaires, il faut les regarder sur plusieurs années,
12:20comparativement à d'ensemble d'autres pays comparables.
12:23Parce que, si on voit l'Angleterre décoller,
12:26mais le reste des pays européens, eux-mêmes, étaient en croissance touristique,
12:30mais moins fortes qu'avec un écart significatif avec la croissance anglaise.
12:36D'où le fait de se dire qu'on peut raisonnablement attribuer une partie de ça,
12:40tout en étant prudent, au bénéfice de l'image portée par les Jeux Olympiques pendant un mois.
12:49Musique
13:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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