- il y a 9 heures
Tous les sujets qui font la une de l'actualité décryptée par Elodie Huchard et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu
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00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour ce 100% Actu.
00:04On va commencer nos débats dans un instant, mais d'abord le journal avec Noémie Hardy.
00:08Bonjour Noémie.
00:11Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:13L'épisode caniculaire continue ce samedi.
00:16En France, 37 départements restent encore en vigilance rouge.
00:19La vague de chaleur se déplace vers l'Est.
00:23Une grande partie de l'Europe, de la France à la Pologne, affronte samedi une nouvelle journée suffocante.
00:28Au Venezuela, les recherches se poursuivent et le bilan du double séisme continue de s'alourdir.
00:34Au moins 920 morts et plus de 50 000 disparus.
00:37Les Vénézuéliens peuvent compter sur une aide internationale.
00:40Des équipes de recherche et de sauvetage d'au moins 17 pays ont commencé à intervenir dans ce pays en
00:46crise.
00:46Pour rappel, le nord du pays a été violemment touché par des secousses de magnitude 7,2 et 7,5.
00:53Ce sont les séismes les plus dévastateurs enregistrés au Venezuela depuis 1900.
00:58Et puis du football avec la Coupe du Monde, le dernier match de poules des Bleus.
01:02L'équipe de France s'est imposée face à la Norvège.
01:05Score finale, 4 buts à 1.
01:07Ousmane Dembélé, la star du Paris Saint-Germain, a inscrit un triplé.
01:11Les hommes de Didier Deschamps terminent ainsi à la première place du groupe I.
01:14Ils affronteront en 16e de finale la Suède.
01:17Coup d'envoi mardi à 23h.
01:20Merci beaucoup Noémie Hardier pour m'accompagner pendant cette émission.
01:24Joseph Thouvenel, bonjour.
01:26Bonjour.
01:26Et Raphaël Saint-Ville, bonjour à vous.
01:28Bonjour Elodie.
01:28On va commencer par revenir sur la mort de Louis, ce jeune homme de 17 ans,
01:33en se posant cette question.
01:35Qui sont les cinq auteurs présumés de cette violente agression ?
01:38Pour l'instant, le mobile reste assez flou.
01:41Mais certains éléments communiqués par le procureur apportent de première piste.
01:45On voit cela avec Sharon Camara.
01:48C'est ici, sur ce chantier, que Louis, 17 ans, a été retrouvé inanimé samedi dernier
01:54après avoir été roué de coup la veille au soir.
01:57Le jeune homme confié à l'aide sociale à l'enfance a été agressé par un groupe de jeunes.
02:01Une agression filmée par les auteurs présumés qui l'ont ensuite diffusé sur les réseaux sociaux
02:06et même envoyé à certains amis du jeune homme.
02:09Des vidéos d'une extrême violence dont la diffusion en ligne a permis d'identifier les protagonistes.
02:13Il s'agit de cinq jeunes hommes qui ont pu être interpellés et placés en garde à vue.
02:19Parmi eux, trois mineurs âgés de 17 ans et deux jeunes majeurs de 19 ans.
02:23Trois d'entre eux sont connus des services de l'aide sociale à l'enfance
02:26mais aucun n'était placé dans la même structure que la victime.
02:29Si le mobile du crime est inconnu pour l'heure,
02:32l'effet recueilli laisse penser que cette agression était préméditée
02:35et que les auteurs présumés avaient tendu un guet-apens à la victime en l'attirant sur ce chantier.
02:40Les cinq suspects ont été présentés mardi à un juge d'instruction
02:44puis mis en examen pour tentative d'assassinat.
02:46Un chef qui devrait être requalifié après le décès de la victime ce mardi.
02:52Et on se rend tout de suite sur le terrain à Narbonne
02:55où nous attendent Chloé Tarka et Alexandre Abischoff.
02:57Bonjour et merci à tous les deux d'être avec nous.
03:00Chloé, on imagine que sur place, évidemment, l'émotion est encore très présente.
03:08Oui, une émotion très présente et aussi beaucoup d'incompréhension.
03:12L'incompréhension qu'un tel drame ait pu se produire dans cette ville de taille moyenne
03:16qui est Narbonne aussi énormément de colère, la colère d'une insécurité,
03:21la colère aussi de drame qui se répète partout en France.
03:25Nous étions tout à l'heure devant les gerbes de fleurs qui sont déposées sur le lieu
03:29où Louis a été assassiné.
03:31Nous avons rencontré une femme venue se recueillir avec ses enfants.
03:35Elle nous raconte que son frère a été agressé, son frère qui est atteint d'autisme,
03:39a été agressé quelques jours avant Louis, deux jours plus tôt, par des hommes.
03:44Et puis, c'est en voyant les vidéos relayées sur les réseaux sociaux des agresseurs de Louis
03:49que ce même frère qui avait donc été agressé a reconnu ses agresseurs.
03:54C'est un témoignage très fort que je vous propose d'écouter.
03:58Mon frère est autiste.
04:00Il est allé au petit carrefour à côté de la maison.
04:02Et ces jeunes-là, donc trois d'entre eux, en tout cas qu'il a reconnus, l'a tabassé.
04:08Il a réussi à partir et puis pouvoir s'échapper et s'isoler.
04:11Et là, de savoir que ce pauvre garçon, il est décédé par les coups, ça nous a affecté aussi.
04:16Mon frère, il marchait tranquillement.
04:18Et puis, apparemment, le regard l'aurait dérangé ces jeunes et ils l'ont tabassé.
04:24Alors, toujours selon cette jeune femme, le jeune homme est allé tout de suite déposer plainte après son agression.
04:30Il s'est ensuite rendu de nouveau au commissariat pour reconnaître ses agresseurs.
04:35Et évidemment, il souffre d'importantes séquelles psychologiques, d'un immense traumatisme, en plus des séquelles physiques.
04:43Merci beaucoup, Chloé Tarka. Merci Alexandre Rabischoff qui vous a accompagné pour ce duplex.
04:47Joseph Tounel, malheureusement, combien d'affaires ?
04:50On a commenté en plateau avec une ultra-violence chez des mineurs, avec des vidéos ensuite qui circulent sur les
04:55réseaux sociaux.
04:56On voit malheureusement toujours les mêmes ingrédients, toujours la même colère, l'exaspération.
05:00Aujourd'hui, à Narbonne, on l'a vu dans tant de villes de France.
05:03Et on se demande ce qu'on fait pour qu'en fait, ça n'arrive plus.
05:05De toute façon, c'est toujours trop, mais ça va continuer pour deux raisons.
05:09Alors, il y a directement les criminels.
05:14Les raisons, on verra que certainement, il n'y a pas de liens familiaux.
05:18Les liens familiaux sont explosés, ils n'ont pas eu de modèle, ils n'ont pas eu d'éducation en
05:22fait.
05:23Que ce soit du côté parental ou que ce soit du côté de la société et de l'éducation nationale
05:27qui faillit dans ces cas-là.
05:28Ça, c'est les responsables directs.
05:30Mais moi, j'en veux, ces gamins doivent être, ces jeunes doivent être punis et servilement punis.
05:36Bien sûr.
05:36Mais j'en veux aux responsables de la société.
05:39Ce qu'on appelle l'aide sociale à l'enfance, mais c'est l'abandon social à l'enfance.
05:43Quand on regarde leur rapport, ils osent écrire que dans ces jeunes confiés, ça s'est confié à l'État.
05:51Il y a 15 000 gamines prostituées.
05:5515 000 gamines prostituées.
05:57Et ils écrivent dans un rapport que la prostitution commence en moyenne entre 11 et 14 ans, sous la responsabilité
06:06de l'État.
06:07Un enfant sur deux qui subit aussi des violences sexuelles.
06:08Et une fois que ça c'est écrit, que c'est constaté, que c'est officiel, tout le monde s
06:13'en fout.
06:13Et la ministre a des grands propos.
06:16Je vous en citais dans un débat à l'Assemblée où il y a une députée RN qui lui dit
06:20« Mais il y a quand même 101 politiques différentes de l'ASE. »
06:23Parce que chaque département fait un peu.
06:26Il faudrait un peu rassembler tout ça pour avoir une politique cohérente et un contrôle cohérent et systématique.
06:33Et vous savez ce qu'elle répond ?
06:35Il faut remettre la science au cœur de la gouvernance.
06:38Et je vais créer un comité scientifique.
06:40Ce n'est pas un comité scientifique qu'il faut se remettre de l'ordre
06:43et avoir la capacité de mettre des gens qui s'occupent de ses enfants
06:47et qui aiment ses enfants, même si ce sont des cas très difficiles.
06:52Mais je sais que dans le monde politique, le mot « amour », on n'a pas le droit d
06:56'en parler.
06:57Non mais c'est vrai que c'est un échec de l'État, comme vous le disiez, Joseph, à plusieurs
07:00égards.
07:00D'ailleurs cette ultra-violence, premièrement, des mineurs.
07:04Et puis c'est vrai que ce cas illustre parfaitement l'échec aussi de l'ASE.
07:07C'est quand même un budget considérable.
07:09On est à 11 milliards pour l'ASE et un enfant sur deux qui est placé est victime de violences
07:15sexuelles.
07:15Donc on voit bien, une fois de plus, un État qui n'arrive pas à punir, comme vous le disiez,
07:19Joseph,
07:20et qui n'arrive pas non plus à protéger en amont, par ailleurs.
07:22Oui, c'est pour ça que je comprends et je partage la colère de Joseph.
07:26Effectivement, il y a à la fois un problème général qui est d'ordre sociétal, civilisationnel,
07:32sur la manière dont aujourd'hui l'État a failli dans la transmission, dans un certain nombre de valeurs.
07:40Et ça commence aussi dès les familles.
07:43Il y a le problème spécifique de l'aide sociale à l'enfance qui aujourd'hui est devenu un accélérateur,
07:49finalement, pour cette violence, là où ces enfants devraient être protégés.
07:53C'est ça le drame, en tout cas, très spécifique, qui a entraîné la mort du petit Louis.
08:03Et d'une certaine manière, ce qui est terrible, c'est que ces gamins qui se sont rendus coupables de
08:10ce crime,
08:13si l'on regarde précisément la manière dont les faits se produisent et se reproduisent,
08:19on voit comme une indifférence, finalement, à la mort, à la violence, comme si, finalement, la société...
08:24Une fierté quand on diffuse sur les réseaux sociaux, on vante aussi ces actes ?
08:28Oui, mais c'est Maurice Berger, le pédopsychiatre, qui, lorsqu'il reçoit ces jeunes, et pour certains, des criminels,
08:35et qu'il les interroge sur leurs actes, il y a une sorte d'indifférence à ce qu'ils ont
08:40pu faire,
08:41comme s'ils ne comprenaient pas la gravité des faits.
08:44Et d'une certaine manière, j'ai essayé de prolonger cette réflexion quand j'ai appris qu'on allait discuter
08:49de ça,
08:50et je me disais, mais forcément, on est dans une société, alors certes, il y a l'ultra-violence dans
08:54les écrans,
08:54dans la culture, dans la rue, partout, mais vous voyez, depuis six mois, plus de six mois,
09:01on débat à l'Assemblée d'une loi sur la fin de vie, sur la banalisation extrême de la mort.
09:08Et on s'étonne aujourd'hui que, finalement, pour des gamins, d'enlever la vie à un contemporain,
09:16finalement, ça serait grave. Pourquoi ça serait grave ? Dans un cas, ça devrait être puni d'une manière extrême,
09:21quand de l'autre, finalement, la banalisation de gestes de donner la mort est devenue acceptable,
09:27et même promue par une partie de la société.
09:30Je pense que si l'on ne pose pas toutes ces questions,
09:32on ne comprend pas l'espèce de désarroi qui explique en partie que des gamins puissent en arriver à ces
09:41actes irréparables.
09:42Nous sommes issus d'une civilisation où on nous a appris que l'autre est un autre soi-même.
09:47Ça, c'est le Christ, c'est la civilisation chrétienne.
09:50Mais quand on oublie ça, on ne devient que soi-même la puissance,
09:54et nous sommes dans une civilisation où on nous dit que l'être humain est hyper puissant.
09:59C'est l'exemple de Raphaël Stainville, on va avoir le droit de donner la vie ou la mort.
10:03Bien non, l'être humain n'a pas le droit de donner la vie ou la mort.
10:06Son devoir, c'est de protéger la vie.
10:08On va continuer à parler, justement, d'affaires judiciaires avec vous.
10:11Célia Barotte, bonjour.
10:12Bonjour, Elodie.
10:12Du service police-justice de CNews, concernant Jérôme Barrella,
10:17puisqu'on a appris que sa femme a déposé plainte contre lui pour viol et violence conjugale.
10:22Célia ?
10:22Oui, selon une source proche de ce dossier, la femme de Jérôme Barrella,
10:26et la mère de ses deux fillettes a déposé plainte pour viol et violence conjugale contre son mari.
10:32Il est suspecté du viol et du meurtre de Liana.
10:35Les filles de Jérôme Barrella, pour rappel, sont âgées de 7 et 11 ans.
10:40La femme de Jérôme Barrella a été entendue par les gendarmes de la section de recherche de Toulouse le 18
10:46juin dernier.
10:46Pour le moment, nous ne savons pas quelles sont ses déclarations lorsqu'elle a été entendue.
10:51Mais pour le moment, et c'est justement vous, Elodie, qui l'avez révélé la semaine dernière,
10:57Jérôme Barrella nie tous les faits reprochés le concernant dans l'affaire Liana.
11:03Il garde le silence.
11:04Il est actuellement incarcéré à la prison de Mont-de-Marsan et il est à l'isolement.
11:08Merci beaucoup, Célia, pour toutes ces pressions.
11:10Vous restez avec nous le temps de ce débat,
11:13puisque dans le même temps, ce sont les magistrats qui entrent en guerre avec leur ministre Gérald Darmanin.
11:18Il n'apprécie pas que certains d'entre eux puissent être visés, puissent être accusés d'avoir commis des fautes.
11:24Et on vous a posé la question à vous, les Français,
11:27est-ce que vous pensez qu'il faut, oui ou non, sanctionner les magistrats qui ont failli dans l'affaire
11:32Liana ?
11:33On parle très précisément de ce cas-là.
11:3581% d'entre vous avaient répondu oui à notre sondage.
11:40Et on va regarder dans le détail du parti par parti,
11:43parce que finalement, on va voir qu'il y a une unanimité.
11:46Et on voit que de la gauche à la droite, en passant par la majorité présidentielle
11:50ou par le Rassemblement national et l'UDR, tout le monde est favorable à ces sanctions.
11:55C'est vrai que, Raphaël, depuis la publication du rapport,
11:58depuis également un certain nombre de déclarations de Laurent Nunez comme de Gérald Darmanin,
12:02on voit un réflexe très corporatiste.
12:04Tout de suite, les magistrats manifestent, créent des boucles WhatsApp
12:07pour tenter de s'opposer aux ministres.
12:10Pourtant, l'opinion publique, on le voit, elle est du côté de Gérald Darmanin dans cette affaire.
12:13Oui, alors je ne sais pas s'il faut poser et opposer du sermier les magistrats Gérald Darmanin,
12:18parce que dans le cadre de l'affaire Liana, on voit qu'effectivement,
12:24il y a eu des dysfonctionnements qui sont terribles
12:26et qui doivent conduire à punir les responsables de ces manquements
12:33qui ont conduit à ce drame.
12:35Pour autant, on ne peut pas exonérer les politiques,
12:38pas seulement le ministre de la Justice,
12:39mais les politiques en général et depuis des années,
12:42qui ont conduit finalement à ce que notre justice soit en déshérence
12:48avec un stock de dossiers jamais traités,
12:50des affaires en souffrance par centaines de milliers.
12:54Donc, je pense que la responsabilité, elle doit être beaucoup plus vaste
12:58que simplement trouver des boucles émissaires,
13:00même si, encore une fois, quand je parle de boucles émissaires
13:03reprenant les mots de certains hauts magistrats,
13:07il s'agit malgré tout de pouvoir, au terme d'une enquête administrative,
13:12que les coupables soient sanctionnés,
13:15chose qui est extrêmement rare au sein de la magistrature.
13:19Et ça, je pense que les Français, à raison, ne le comprennent pas.
13:21Dans tout autre métier, lorsqu'une faute est commise,
13:25lorsque la responsabilité d'une personne est engagée,
13:27elle doit être sanctionnée et punie.
13:29C'est vrai que c'est là-dessus que les Français, sans doute,
13:32ont du mal à comprendre, Joseph,
13:33parce qu'on ne dit pas qu'il faut sanctionner tous les magistrats.
13:36Il y a tout un tas de magistrats et la majorité qui font très bien leur travail.
13:38Mais les Français ne peuvent pas comprendre pourquoi,
13:41dans le privé, s'il y a quoi que ce soit, vous êtes évidemment punis.
13:43C'est vrai aussi pour les forces de l'ordre.
13:45Les magistrats, il y a une sorte d'impunité.
13:47Quoi qu'il se passe, on ne peut pas punir un magistrat.
13:50C'est quand même assez étonnant.
13:51On a l'impression qu'il y a quelques castes d'intouchables dans notre pays.
13:55Alors, ça a été dit, et c'est exact,
13:56que la magistrature manque de moyens depuis des décennies et des décennies,
14:00pas juste ce gouvernement.
14:02Mais enfin, les magistrats, ils acceptent d'abord d'être des fonctionnaires.
14:05C'est-à-dire qu'ils acceptent d'être au service de l'État
14:08avec les avantages qui vont avec.
14:10C'est-à-dire qu'ils ont la sécurité de l'emploi.
14:12Il y a des millions de Français qui voudraient avoir cette sécurité.
14:15Bien sûr.
14:16Eh bien, leur devoir de magistrat, de fonctionnaire et de haut fonctionnaire,
14:20c'est quand ça ne va pas, d'avoir le courage de le dire.
14:23Mais il y a beaucoup de lâcheté.
14:25On laisse passer parce qu'il y a la carrière.
14:27Je ne vais pas me dresser contre la hiérarchie.
14:30Et d'ailleurs, quand j'ai le courage de dire la vérité devant une commission parlementaire,
14:35le ministre de l'époque vient engueuler les magistrats en disant
14:39« Comment vous avez dit la vérité ? »
14:41Mais ce n'est pas ce qu'il fallait dire.
14:43C'est tout ça qu'il faut changer.
14:45Ça n'exonère pas le système failli.
14:47Mais il y a des responsabilités individuelles qui sont dramatiques.
14:51N'importe qui de sensé, dans ces dossiers, quand on a des dossiers à traiter,
14:56qu'on soit dans la magistrature ou ailleurs, on priorise les choses.
14:59Bien sûr.
14:59Et quand on nous amène un dossier avec une fillette, une enfant qui a été violée,
15:04c'est indéniable, il y a les rapports de...
15:06Une cinquantaine de fois.
15:07C'est un truc qui devient prioritaire.
15:09Ou alors on a perdu toute humanité.
15:11Si on a perdu toute humanité, il faut changer de métier.
15:13On va changer de sujet.
15:15Je vous remercie, Salia Barot, d'avoir été avec nous pour ces précisions.
15:17On va dire un mot de la canicule et notamment de la gestion du gouvernement.
15:22On apprend à l'instant que le Premier ministre Sébastien Lecornu a participé ce matin
15:26à une cellule interministérielle de crise.
15:28Ce qu'en retient notamment le gouvernement, nous dit-on, c'est que de nombreux choix
15:32des jours précédents ont bien fonctionné dans la gestion de crise.
15:35Il est cité par exemple la fête de la musique, le fait de déléguer le pouvoir aux acteurs locaux
15:39et que d'autres points peuvent en revanche devenir préoccupants en cas de canicule répétée.
15:44C'est vrai par exemple pour le rafraîchissement des hôpitaux,
15:46la robustesse des réseaux d'eau électrique ou de la SNCF.
15:50On va écouter justement ce que disait Monique Barbu, la ministre de la Transition écologique,
15:54interrogée sur la climatisation.
15:56On l'écoute.
15:57Je suis horrifiée par les gens qui me disent
16:00« Ah, mais il n'y a qu'à mettre la clim partout. »
16:03« Très bien, on va mettre la clim partout. »
16:05Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ?
16:08Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ?
16:12Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ?
16:15Vous croyez que ça va éviter quoi ?
16:18Rien.
16:20Rien.
16:20Ça, ce n'est pas de l'adaptation.
16:22Ça, c'est une mesure d'urgence, peut-être, qu'on peut prendre.
16:26Il faut forcément, bien évidemment, que les gens ne suffoquent pas.
16:30On est bien d'accord.
16:31Mais ce n'est pas de l'adaptation au changement climatique.
16:34Matignon qui précise sur la canicule que l'épisode recule,
16:37mais que ses effets sanitaires, malheureusement, seront encore devant nous pendant plusieurs jours.
16:43Joseph Tounel, quand effectivement on écoute Monique Barbu,
16:47on a un peu l'impression parfois d'un gouvernement un peu à côté de la plaque,
16:50entre ce que demandent les Français et surtout un gouvernement qui infantilise énormément.
16:54On nous explique qu'il ne faut pas boire d'alcool,
16:57on nous explique qu'il faut boire de l'eau, presque comment on doit boire de l'eau.
17:00Est-ce que finalement le gouvernement n'infantilise pas les Français pour masquer un petit peu sa propre inefficacité ?
17:06Alors il n'y a pas que le gouvernement, parce que là on a une démonstration d'idéologie, mais c
17:10'est superbe.
17:11C'est quand même quelqu'un qui a toujours lutté contre le nucléaire.
17:14Oui.
17:16Et qui, comme les écolos, nous disaient qu'il ne fallait surtout pas de clim.
17:19Oui.
17:20Je l'engage à venir prendre la ligne R du RER, la ligne D, pardon, du RER,
17:26qui était prévue avec des wagons, avec la clim, mais les écolos ont obtenu que ça n'y soit pas.
17:29Eh bien hier, j'ai mesuré, on approchait les 50 degrés.
17:33Vous voyez les gens qui vont travailler et qui reviennent du boulot ?
17:37Dans quelles conditions ?
17:38Et voilà, l'idéologue nous dit que ça ne sert à rien.
17:41Si ça sert, alors là où elle n'a pas forcément tort, c'est d'avoir une vision globale.
17:45Évidemment.
17:46Bien sûr.
17:46Évidemment, les fautes forêts, mais elle fait un rapport.
17:49Il n'y a aucun rapport entre les deux.
17:51Personne n'a proposé de mettre la clim dans la forêt.
17:52Exactement.
17:53J'ai entendu ça en tout cas.
17:53Mais qu'est-ce qui se passe ?
17:54On a un gouvernement, en fait, qui n'a aucune ligne idéologique dans la réalité.
18:00Et donc, on mêle des gens.
18:01Elle, elle est écolo-extrémiste, parce que c'est ça, quand on regarde sa carrière.
18:07Alors, je ne suis pas sûr qu'elle connaisse vraiment la nature, mais elle a toujours été
18:09dans les bureaux, dans les fonctions.
18:10Elle l'a étudié le point.
18:11Et elle nous fait de l'idéologie.
18:13Oui, mais on a besoin de gouvernements qui gouvernent, c'est-à-dire qui prennent des
18:16décisions avec une vision à moyen et long terme.
18:19Et malheureusement, ni ce gouvernement, ni ses prédécesseurs n'ont eu cette vision
18:23à long terme.
18:24Est-ce que c'est ça, effectivement, le problème sur la vision à long terme, Raphaël ?
18:26C'est que depuis 2003, des choses ont été faites, certes, mais à chaque épisode
18:30de canicule, on réagit un peu dans l'urgence, mais on ne prévoit pas l'épisode de l'an
18:34prochain ou celui d'en dix ans.
18:35Non, mais en fait, ce gouvernement et ces gouvernements successifs ne fonctionnent que
18:41de crise en crise et n'ont que des gestions de crise sans vision.
18:46Lorsque j'ai entendu Mme Barbu dire qu'elle était effrayée, honnêtement, les mots n'ont
18:51plus de sens.
18:52On vient d'évoquer la mort de Liana, la mort de Louis, et là, tout d'un coup, on
18:58entend la ministre nous dire qu'elle est effrayée.
19:01Non, moi, ce qui m'effraie, c'est l'état de notre justice.
19:04Elle est horrible.
19:04C'est l'état de notre hôpital.
19:07C'est-à-dire qu'aujourd'hui, parce qu'un certain nombre de choses n'ont pas été
19:11anticipées, on se retrouve avec une justice embolisée, un hôpital embolisé, et donc
19:17la moindre petite crise vient paralyser encore davantage le système.
19:21Donc, je pense qu'il y a un certain nombre de conséquences qui doivent être tirées de
19:26ces situations.
19:27et anticiper, avoir une vue et une vision large à 10, 15 ou 20 ans, anticiper ces changements
19:35qui sont, que tout le monde a analysés et s'accordent, notamment ces changements climatiques.
19:41Et donc, notamment, ça passe par probablement des plans climatisation pour un certain nombre
19:47de structures publiques, les hôpitaux, les écoles, et je ne vois pas pourquoi on en est
19:53encore à des débats idéologiques sur ces questions-là.
19:55Peut-être un retour au beau sens traditionnel.
19:58Je vois qu'il y a des gamins qui, le bac, au lieu de le passer dans leur collège, dans
20:01leur lycée, on les a mis dans un vieux monastère du 16e siècle, parce qu'au moins dans le
20:05vieux monastère du 16e siècle, c'était construit de façon à ce qu'il n'y ait pas de problème
20:08climatique.
20:08Avec les murs suffisamment épais.
20:10Eh oui.
20:10On va marquer une pause, on termine ce 100% actu.
20:14Merci à tous les deux d'avoir été mes invités.
20:17Tout de suite, vous retrouvez face à Michel Onfray avec Laurence Ferrari.
20:20Moi, je vous dis rendez-vous à 15h pour 120 minutes infos.
20:23A tout à l'heure.
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