- il y a 10 heures
Tous les sujets qui font la une de l'actualité décryptée par Elodie Huchard et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu
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00:01Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Actu, merci beaucoup d'être avec nous pendant la prochaine demi-heure.
00:07Dans un instant, on va revenir avec nos invités sur cette polémique.
00:10Dans la ville d'Ivry-sur-Seine, un élu a sorti un crucifix, récité une prière lors d'un conseil
00:16municipal.
00:17On vous expliquera pourquoi, on commentera bien sûr ces images, mais juste avant le rappel des titres avec Noémie Hardy.
00:23Bonjour Noémie.
00:28Bonjour Mickaël, bonjour à tous.
00:30Dans l'actualité internationale aujourd'hui, c'est cet accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran qui
00:35semblerait être sur le point d'être conclu.
00:38Au Moyen-Orient, au cœur des accords de paix, le nucléaire reste le nerf de la guerre.
00:42Le chef de la diplomatie iranienne s'est exprimé à la télévision d'État.
00:46Il a déclaré qu'un accord pourrait arriver dans les prochains jours avec bon espoir
00:49et que la seule façon de gérer les stocks de matières enrichies est de les diluer en Iran.
00:56Et puis un accord de paix qui pour l'instant n'a pas encore abouti malgré un optimisme affiché ces
01:01derniers jours
01:02puisqu'il y a quelques heures, les Etats-Unis ont annoncé avoir intercepté des drones iraniens.
01:07Ces drones visaient des navires commerciaux dans le détroit d'Hormuz.
01:10Les forces américaines ont annoncé les avoir tous abattues et ont confirmé que le trafic maritime dans le détroit reste
01:16fluide.
01:18Et sans véritable accord de paix du côté d'Israël et de Liban, les hostilités se poursuivent également.
01:24Israël a été visé dans le nord par le Hezbollah.
01:28Tsaal a annoncé avoir intercepté un engin aérien hostile.
01:31En réponse, l'armée israélienne poursuit son combat contre le groupe terroriste
01:35et a appelé ce matin la population du sud du Liban à quitter immédiatement 20 localités.
01:41Et puis l'Etat hébreu a publié la liste des 10 chefs du Hezbollah éliminés depuis le cessez-le-feu
01:46et a annoncé également avoir tué 1300 membres du groupe.
01:50Merci beaucoup Noémie Hardy.
01:52Et pour m'accompagner ce midi, Hélène Rouet à ma gauche, journaliste du JDD.
01:56Bonjour, ma chère Hélène.
01:58Et puis Anthony Bem, avocat, bonjour.
01:59Bonjour, Mickaël.
02:00Anthony, c'est une séquence et on va évoquer bien sûr ces images
02:04qui suscitent de nombreuses réactions à ivry sur scène.
02:08Kevin Nader, élu du Rassemblement national, a sorti un crucifix et récité
02:12le « Je vous salue, Marie » en plein conseil municipal.
02:16Une manière de protester contre le refus d'un de ses amendements.
02:20Il souhaitait modifier le règlement intérieur
02:22afin d'interdire le port ostentatoire de signes religieux par les élus de la ville.
02:27Regardez cette séquence et puis on la commande juste après.
02:31Si je suis élu aujourd'hui, c'est pour mes convictions, pour mes engagements
02:34et je suis fière d'être ici, d'être élu avec mon voile.
02:38Vous refusez la laïcité, c'est bien ça.
02:40Donc, on sera placé sous le signe de la croix à chaque conseil municipal dorénavant.
02:45Et que la croix vous bénisse tous, que Dieu vous bénisse.
02:49Et je vais dire un « Je vous salue, Marie » d'ailleurs.
02:50« Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
02:53Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
02:57Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.
03:01Ainsi soit-il, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
03:06Alors, ce que vous venez de faire, M. Nader, signe votre crime politique.
03:14Et je vous rappelle quand même que vous êtes filmé.
03:18Et moi qui ai un respect profond pour toutes les religions, même si je n'en pratique aucune,
03:25je pense que la communauté chrétienne et catholique d'Ivry appréciera la manière dont vous venez de les traîner dans
03:33la boue.
03:34Par cette attitude. C'est une honte.
03:38C'est un véritable scandale.
03:41En quelques heures de conseil, vous avez atteint tous les sommets et franchi toutes les lignes rouges.
03:49Quand Philippe Bouissoux, le maire d'Ivry-sur-Seine que l'on vient d'entendre, parle de crime politique,
03:54de honte, de scandale, de stigmatiser les femmes voilées,
03:58finalement, est-ce qu'il ne donne pas raison à cet élu du Rassemblement national
04:01qui évoque une laïcité à géométrie variable ?
04:04Hélène Rouet.
04:05Et par ailleurs, je trouve que la réaction de ce maire est quand même extrêmement disproportionnée.
04:09Enfin, je veux dire, il a sorti une croix, il a sorti, il a effectivement fait un « je vous
04:13salue Marie ».
04:14Moi, j'ai vu pire, si vous voulez, comme acte de violence.
04:17Et par ailleurs, moi, je trouve ça toujours très ironique
04:19quand effectivement quelqu'un du parti communiste parle de crime politique.
04:22Moi, je trouve ça très drôle quand on regarde évidemment l'histoire de ce parti.
04:25Sa réaction est bien sûr trop disproportionnée.
04:27Il a suspendu la séance, il a appelé le préfet pour justement que des mesures soient prises, etc.
04:31Alors qu'en réalité, ce qu'a fait cet élu Rassemblement national, en fait, il a pointé quelque chose par
04:35l'absurde
04:36qui, à mon sens, mérite d'être pointé.
04:38C'est-à-dire qu'en fait, on rejette un amendement sur la laïcité.
04:40Donc, on part du principe qu'en réalité, la laïcité n'a pas vraiment sa place dans un conseil municipal.
04:44Bon, d'accord, vous voulez jouer ? On va jouer.
04:46Oui, je vais placer tout le monde sous le signe de la croix et puis je vais baigner l'intégralité
04:49du conseil municipal.
04:50En fait, il n'a pas créé le problème. Il le révèle d'une certaine manière.
04:53Donc, c'est en ça où la réaction du maire est tellement disproportionnée.
04:57C'est à la rigueur. Il avait fait juste un rappel ou quelque chose comme ça.
04:59Mais il faut voir aussi, on ne le voit pas dans la vidéo, mais il a commencé à s'énerver.
05:03Il perd son calme. Il a commencé à taper du poing sur la table.
05:06On se dit non mais attendez doucement quand même.
05:08Oui, effectivement.
05:10Anthony Bem, est-ce que, et c'est ce que souligne aussi avec cette réaction, cet élu Rennes,
05:14est-ce qu'aujourd'hui, on peut porter un voile, et j'en perds mon stylo,
05:18on peut porter un voile dans un conseil municipal, mais on ne peut pas brandir une croix ?
05:23C'est ce que fait cet élu, finalement.
05:25Et on voit notamment les réactions des autres conseillers municipaux
05:29qui sont presque amusés de voir cette réaction de l'élu Rassemblement national.
05:35Et pourtant, il ne fait que mettre en lumière cette, et je reprends ces mots,
05:39c'est les mots de l'élu RN, cette laïcité à géométrie variable.
05:45Michael, je pense qu'il convient de remettre dans le contexte les faits tels qu'ils se sont passés.
05:49C'est jeudi, c'est un conseil municipal à Ivry-sur-Seine, une commune de la région parisienne,
05:54dans lequel nous avons en effet un élu RN de l'opposition,
05:59de l'opposition au Parti communiste français, représenté par le maire Philippe Bouissoux.
06:06Donc on voit en effet cette séquence entre Philippe Bouissoux et Kevin Nader.
06:10Kevin Nader ne demandait à Philippe Bouissoux, le maire, de faire respecter la laïcité
06:16pour empêcher en effet que des élus apparaissent durant ce conseil municipal,
06:22cette assemblée, vêtue d'un voile.
06:27Et donc c'est en voulant rappeler les principes de la laïcité
06:30que finalement Kevin Nader s'inscrit en brandissant cette croix
06:35pour dire que finalement, si la laïcité, on a le droit de faire ce qu'on veut,
06:40il n'y a pas de laïcité chez nous, alors moi je brandis ma croix.
06:44En réalité c'est de la provocation.
06:47La laïcité, il faut le rappeler, c'est un principe juridique
06:50qui veut que dans l'espace public, d'abord chacun est libre
06:53de porter ostensiblement des signes religieux,
06:57mais il est vrai qu'à l'égard des agents publics, la loi de 1905
07:01interdit de faire apparaître quelques signes distinctifs.
07:05Il faut rappeler aussi que la jurisprudence, s'agissant des conseillers municipaux,
07:09la jurisprudence administrative du Conseil d'État et des tribunaux administratifs
07:13n'interdit pas aux conseillers municipaux le port de voile
07:17car ils ne sont pas des agents administratifs
07:20et donc ils ne sont pas soumis au respect de ces dispositions légales
07:23et de ce séparatisme religieux.
07:25Donc chacun est libre finalement de revêtir quelques signes distinctifs.
07:30Et il y a une contradiction, et c'est plutôt cela qui est regrettable pour Kevin Nader.
07:35Il est regrettable d'invoquer d'une part la laïcité d'une main
07:38et de l'autre de brandir un signe religieux.
07:41C'est contradictoire et donc finalement son message politique est inaudible.
07:48Et aussi je trouve regrettable de brandir aussi cette croix
07:51parce qu'elle n'a rien à faire non plus dans le cadre de ce conseil municipal.
07:57Donc c'est aussi quelque part pour les chrétiens, ils doivent se poser une question.
08:00Quel est le sujet ? Quel est le rapport ?
08:03Il ne l'aurait pas fait en temps normal.
08:04C'est une manière de provoquer, de faire réagir.
08:07Et je trouve dommage qu'en conseil municipal, on provoque en sortant des signes religieux
08:11quand de l'autre côté, on veut faire appliquer la laïcité.
08:14Oui mais c'est une démonstration par l'absurde parce qu'évidemment il ne l'aurait jamais fait
08:17si cet amendement n'avait pas été rejeté.
08:19C'est une démonstration par l'absurde.
08:21Il est en train de dire que les religions ne sont pas traitées dans ce conseil municipal de la même
08:25façon.
08:25C'est exactement ça en fait qu'il a voulu prouver.
08:27Je suis d'accord avec vous sur la méthode.
08:28Et quand il a voulu le prouver, il a été traité de raciste à la fin de ce conseil municipal
08:32par les autres conseils municipaux.
08:34Absolument, il a été hué, il a été traité de raciste.
08:36C'est une démonstration par l'absurde.
08:37On peut trouver que c'est une provocation.
08:38Mais en fait, il est en train, encore une fois, il n'a pas créé le problème.
08:42Il est en train de le révéler.
08:43Et je suis désolée, mais par ailleurs le maire aussi, je voudrais pointer aussi l'hypocrisie de ce maire
08:47qui demande, et même lui il le dit, il demande à ses élus que par exemple pour les mariages,
08:52pour les vrais actes effectivement d'État, pour les mariages dans les bureaux de vote,
08:56qu'il n'y ait aucun signe religieux.
08:57Donc à ce moment-là, si cet élu précisément qui porte le voile marie un couple d'ivris,
09:02en l'occurrence là, elle ne le portera pas.
09:04Donc en fait, je ne comprends pas.
09:04C'est-à-dire qu'en fait, quand on a des mariages ou dans des bureaux de vote, on ne
09:07le met pas.
09:08Mais dans le conseil municipal, on le met.
09:09C'est quand même assez curieux.
09:10Le conseil municipal, ce n'est pas un endroit comme un autre.
09:13Ce n'est pas la rue.
09:14C'est une représentation, d'une certaine manière, de l'État, de la localité.
09:17Moi, je trouve en réalité que la réaction du maire est complètement disproportionnée.
09:21Et pour conclure sur cette affaire, et vous le disiez d'ailleurs tout à l'heure, Hélène,
09:25le maire d'Ivry-sur-Seine a demandé au préfet de sanctionner le comportement de l'élu du Rassemblement national.
09:28Il envisage également de saisir le procureur de la République.
09:32Donc il y aura peut-être une possible sanction.
09:35On le verra en tout cas.
09:37Et puis on suivra bien sûr cette affaire de très près.
09:40On va désormais évoquer un tout autre sujet.
09:44Et on va revenir bien sûr sur les déclarations et sur l'interview
09:49faite par Gabriel Attal dans les colonnes du Figaro.
09:56Le candidat à la présidentielle qui est revenu sur sa volonté d'aligner
10:04le traitement des pédocriminels à celui des terroristes.
10:08On va regarder le sujet de Nicolas Roger et puis on en reparle juste après.
10:14Aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes.
10:18Sur le modèle des fichiers S, Gabriel Attal veut un meilleur suivi des prédateurs sexuels.
10:24Il faut un parquet national dédié à la pédocriminalité.
10:27Il faut aussi créer un service de renseignement sur la pédocriminalité.
10:31Cela permettra de beaucoup mieux suivre les délinquants sexuels présumés,
10:34parfois de prononcer des mesures administratives très rapides, de remonter des filières.
10:38Face au dernier scandale, l'ancien Premier ministre remet en cause la magistrature.
10:43Je veux instaurer une culture de la responsabilité et de la sanction pour les magistrats.
10:47Ce système qui donne le sentiment de se protéger, ce n'est plus possible.
10:51Gabriel Attal souhaite ainsi revoir la composition de l'organe chargé de sanctionner un magistrat fautif,
10:57le Conseil supérieur de la magistrature.
11:00Je propose d'intégrer en son sein des représentants des associations de victimes.
11:04Mais le candidat à la présidentielle décrit également un problème de moyens.
11:08Je propose un objectif de 3000 nouveaux recrutements de magistrats et greffiers qui devraient être enclenchés dès 2027.
11:15Et pointe du doigt, un système archaïque.
11:17Il faut unifier les fichiers avec une interconnexion totale entre la police, la gendarmerie, les magistrats et l'éducation nationale.
11:24Il faut mettre de l'IA à tous les étages pour nous permettre dans les trois ans qui viennent de
11:28ne plus avoir une seule procédure papier dans le système judiciaire.
11:31Gabriel Attal souhaite également rendre imprescriptibles les crimes commis contre les mineurs,
11:36alourdir les peines encourues et instaurer la réclusion à perpétuité pour les violeurs en série.
11:42Le candidat à la présidentielle reconnaît toutefois une surpopulation carcérale.
11:46Il établit la construction de nouvelles places de prison au rang de priorité.
11:51Voilà quelques-unes des propositions faites par Gabriel Attal.
11:54Est-ce qu'il faut aujourd'hui traiter de la même manière les pédocriminels que les terroristes ?
11:59C'est en tout cas le souhait de Gabriel Attal avec les mesures que l'on a vues dans ce
12:03sujet,
12:04à savoir un parquet national dédié aussi à la pédocriminalité,
12:08ficher aussi ces pédocriminels comme le sont d'ailleurs les terroristes,
12:11avoir des services de renseignement propres aux pédocriminels.
12:15Est-ce que ces propositions, Anthony Bem, vous les considérez plutôt positives ?
12:22C'est une fausse bonne idée, Mickaël.
12:24Pourquoi ?
12:26Une bonne idée parce que sur le papier, ça permettrait en effet de mettre la main sur les prédateurs sexuels
12:33plus facilement, de manière utopiste.
12:36Mauvaise idée en réalité, pourquoi ?
12:38Qu'on ne peut pas apparenter un pôle d'agression sexuelle, sur mineurs ou pas, peu importe,
12:45au pôle qui existe déjà, par exemple, aux infractions financières ou au narcotrafic.
12:50Parce que les deux dernières sont des infractions que l'on qualifie d'astucieuses,
12:55qui par des montages astucieux, souvent à l'international,
13:00nécessitent des investigations poussées, complexes,
13:04avec des techniques, des connaissances, notamment sur l'aspect financier,
13:09les montages susceptibles bancaires, susceptibles d'exister,
13:12et au-delà du droit pénal.
13:14Je pense que nos parquetiers, les gens sur le terrain, les gendarmes, les policiers
13:19qui enquêtent sur ce type d'affaires, parce qu'ils ne font pas qu'enquêter sur ce type d'affaires,
13:23et pourquoi pas, sont parfaitement compétents et formés pour enquêter sur ce type d'affaires.
13:28Ces affaires sont des affaires permanentes, constantes, dans toutes les juridictions,
13:34dans tous les postes de police, dans tous les services de gendarmerie.
13:37Donc ce n'est pas des nouveautés que l'on découvrirait demain.
13:40En réalité, il faut aussi rappeler, Mickaël, que concernant M. Barrella,
13:43il était déjà fiché au fichier des antécédents judiciaires.
13:47Cela n'a rien changé pour autant.
13:49On voit que le fichier ne change rien.
13:51Il faudrait cependant, c'est vrai, organiser un fichier
13:55où toutes les administrations soient fusionnées, concentrées dans les informations.
14:00Parce qu'il y a l'éducation nationale dans l'affaire Barrella,
14:03il y a l'aide sociale, il y a les parquetiers, il y a les gendarmes.
14:08Il y a donc beaucoup d'administrations qui ont travaillé ici en silo,
14:13et malheureusement pas de concert,
14:15qui auraient pu permettre peut-être d'avancer plus efficacement sur cette affaire,
14:19et évidemment plus rapidement aussi.
14:21Donc oui, c'est peut-être cela qu'il faut mettre en place.
14:23On parle de l'IA, oui, certainement.
14:25Mais vous savez que la justice, lorsqu'elle met en place des moyens techniques,
14:30ils sont obsolètes déjà dès qu'ils sont mis en place.
14:33Donc on a des trains de retard sur toutes les technologies au niveau de la justice.
14:38Donc c'est des belles idées,
14:39mais je trouve qu'elles sont utopistes quand on sait que le ministère,
14:43le budget alloue trop peu de moyens par rapport aux besoins.
14:48Hélène Rouet.
14:49Oui, je suis assez d'accord.
14:50Effectivement, quand on voit sur les moyens de la justice,
14:52si vous avez raison de le dire, sur 100 euros de dépenses publiques,
14:56vous avez moins d'un euro qui est alloué aujourd'hui à la justice,
14:58alors vous en avez 56 euros qui sont alloués à la protection sociale.
15:01Donc ça, c'est le premier sujet, évidemment.
15:03Gabriel Attal, bien sûr, alors il est en campagne présidentielle,
15:05ses idées, vous avez raison, sur le papier, elles sont bonnes.
15:07En revanche, j'ai aussi noté que dans cette interview dans Le Figaro,
15:11il met un point d'honneur également à dire cette phrase,
15:13protéger l'État de droit.
15:15Je vais vous dire, en fait, tout ce qui se passe en ce moment avec justement l'IANA,
15:18avec toutes ces affaires de pédocriminalité en cours,
15:20en fait, moi j'attendrai de ces personnes un véritable renversement de la table.
15:25Moi, il y a certains mots que j'ai vraiment envie d'entendre dans la bouche de ces politiques
15:28et qu'on entend trop rarement.
15:29La réforme de la Constitution, la réforme de l'État de droit,
15:32parce que comme l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau l'a dit,
15:35il n'est pas intangible.
15:36Parce qu'aujourd'hui, en fait, on ne peut rien faire.
15:39Rien.
15:39Il n'y a aucun...
15:40Si vous voulez, quand on parle, Sébastien Lecornu parle de décret,
15:43Yael Broun-Pivet parle de proposition de loi.
15:45Alors, Gabriel Attal, là, j'imagine projet de loi.
15:47Si effectivement, on crée tout un parquet, etc.,
15:49donc projet de loi, etc., qui pourrait émaner d'un gouvernement,
15:51en fait, ça n'est pas suffisant.
15:53Il y a des mots aujourd'hui qu'il faut placer sur la table.
15:55On ne peut rien faire dans ce pays, avec toutes les instances,
15:57les conseils d'État, les conseils constitutionnels,
15:58parce qu'on trouvera toujours quelque chose qui ne fonctionne pas.
16:02Parfois, on entend même parler de l'intégrité physique des pédophiles,
16:05si vous voulez, quand on parle justement,
16:06quand Bruno Retailleau remet le mot « castration chimique » sur la table
16:09et qu'il y en a certains dans ces grandes instances
16:11qui vous opposent à l'intégrité physique des pédophiles.
16:13Moi, personnellement, l'intégrité physique des pédophiles,
16:15je n'en ai rien à faire.
16:16Donc, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, c'est toujours pareil.
16:19On essaye, si vous voulez, de calmer les ardeurs avec des mesurettes.
16:22Ça ne fonctionne pas aujourd'hui.
16:24Nos enfants sont véritablement en danger.
16:26L'État ne les protège pas.
16:27Et par ailleurs, si je peux me permettre,
16:29moi, je trouve ça toujours quand même inquiétant
16:31de voir de la part de personnes qui sont là depuis dix ans,
16:35qui ont soutenu Emmanuel Macron depuis dix ans
16:37et qui s'excitent malheureusement toujours seulement après un drame.
16:41Gabriel Attal n'est pas le seul.
16:42Il n'est pas le seul au centre, effectivement, à fonctionner de cette manière-là.
16:45Et en revanche, si vous me permettez une petite nuance,
16:47je note quand même que Gabriel Attal n'a absolument pas la même désinvolture
16:50et la même indécence qu'Emmanuel Macron a pu avoir
16:53avec cette fameuse phrase cette semaine.
16:54Et on y reviendra, effectivement, Hélène Rouet,
16:57à partir de 15h dans 120 minutes infos.
16:59On écoutera aussi des réactions de Français
17:00puisqu'on vous a posé la question de savoir
17:02s'il faut mettre sur un même plan les terroristes et les pédocriminels.
17:07Et puis, on détaillera aussi les propositions de Gabriel Attal.
17:10On va revenir sur une autre interview très intéressante également ce samedi.
17:14C'est celle du préfet de police de Paris.
17:15Dans le Parisien, Patrice Fort s'inquiète de l'ultra-violence
17:18chez les jeunes, des mineurs de plus en plus jeunes.
17:21Les détails avec Anaïs Bauché.
17:26L'ultra-violence de l'ultra-jeunesse.
17:28C'est l'inquiétude majeure du préfet de police de Paris,
17:31exprimée ce samedi dans les colonnes du Parisien,
17:33quelques jours après les débordements violents
17:35lors de la finale de la Ligue des champions.
17:37La part des mineurs dans les manifestations ne cesse de croître
17:40et leur âge ne cesse de baisser.
17:42J'ai vu des commerces dévalisés après la finale de la Ligue des champions
17:45où des gamins de 11 ans étaient assis sur les caisses
17:48en train de boire de l'alcool tranquillement, sans aucune peur.
17:51Le préfet de police pointe la responsabilité des réseaux sociaux
17:54dans la montée de la délinquance juvénile.
17:56Ces images conduisent à une escalade des violences.
17:59J'espère que la volonté de l'Etat de réguler l'accès aux réseaux sociaux
18:02pour les mineurs de moins de 15 ans se concrétisera rapidement.
18:05On observe également une augmentation des home jacking
18:08avec des agressions très violentes dans les domiciles,
18:10toujours réalisées par des jeunes, voire des très jeunes.
18:13Cette ultra-violence de l'ultra-jeunesse
18:15avec des bouteilles d'acide ou des bombes agricoles est préoccupante.
18:19Patrice Fort pointe également du doigt le laxisme de certains parents
18:22face aux comportements violents de leurs enfants.
18:24Il est fort de café de faire porter au préfet de police
18:27la responsabilité de mineurs de plus en plus jeunes
18:29qui manquent d'autorité chez eux et qui visent les policiers avec des mortiers.
18:33Alors que la Coupe du Monde vient de débuter,
18:35le préfet assure être vigilant face aux éventuels débordements
18:38après certains matchs.
18:39Pour le Mondial, nous savons que certains matchs sont plus sensibles.
18:43Nous évaluons le risque au jour le jour
18:45avec nos services de renseignement
18:46afin d'adapter notre dispositif.
18:49Une seule solution selon le préfet
18:50pour augmenter le taux d'élucidation des affaires,
18:52le développement massif de l'intelligence artificielle.
18:57Hélène, Anthony, à qui la faute ?
18:59C'est la question que je vous pose.
19:00On l'a vu, le préfet de police de Paris
19:02semble pointer du doigt aussi la responsabilité des parents
19:05avec cette déclaration.
19:07Il le dit, il est fort de café de faire porter au préfet de police
19:10la responsabilité des mineurs de plus en plus jeunes
19:11qui manquent d'autorité chez eux.
19:13C'est ce que dit le préfet.
19:14Évidemment, c'est d'abord les parents qui éduquent leurs enfants.
19:19La pomme tombe à côté du pommier, comme on dit.
19:23Donc, on voit bien que tout dépend de comment les enfants sont éduqués,
19:28de la norme, de la règle, de l'autorité,
19:30de la peur de l'autorité aussi,
19:33que l'on doit leur inculquer.
19:37La conscience de la sanction, la peur de la sanction,
19:40la peur du bâton, comme on dit.
19:42Ils n'ont plus.
19:43Et aujourd'hui, le problème, Michael,
19:45c'est qu'il y a une désinhibition de la violence
19:47parce qu'il y a un sentiment d'impunité.
19:50Ils n'ont plus peur.
19:51Cette impunité provient d'un certain laxisme.
19:56Il faut le dire, la justice n'est pas toujours laxiste,
19:59mais à l'égard des mineurs,
20:00elle l'est quasi systématiquement.
20:02Pour quelles raisons ?
20:03Vous le savez très bien.
20:04Au nom de l'assistance, il faut les éduquer.
20:08Et donc, il ne faut pas les sanctionner.
20:10C'est comment ça que la justice, finalement,
20:13crée des délinquants de demain ?
20:14Parce qu'il faut d'abord trouver des mesures éducatives
20:17plutôt que des mesures punitives.
20:19On ne les met pas en prison.
20:21Et donc, par l'absence de sanctions,
20:23même quand il y a des récidives,
20:25finalement, on en arrive à ce sentiment d'impunité,
20:28de disinhibition.
20:29Et puis surtout, il y a un rapport au réel
20:32qui, avec les réseaux sociaux, change.
20:36Cette jeunesse est abreuvée par les réseaux sociaux,
20:39les réseaux sociaux qui sont eux-mêmes extrêmement violents,
20:42pas canalisés, pas filtrés, pas vérifiés par les parents.
20:45Et quand ils sont dans le réel,
20:47ils ont aussi une absence d'empathie.
20:50Et c'est cette absence d'empathie dans un cas sur deux.
20:52Ils ont des couteaux.
20:53Donc, que ce soit dans les établissements
20:54ou dans les établissements, il y a du couteau.
20:56J'entends, effectivement,
20:57on parle de mineurs qui sont déconnectés,
20:59qui n'ont plus peur de la sanction.
21:00Mais qu'est-ce qu'on fait ?
21:01C'est-à-dire, on peut accuser les parents aussi ?
21:04Hélène Roux.
21:04Oui, mais c'est aussi un des problèmes de cette interview.
21:06C'est-à-dire qu'en fait, Patrice Force fait des constats.
21:08Oui, on a les constats, mais pas les solutions.
21:10Exactement.
21:10Donc, il parle de l'ultra-violence, de l'ultra-jeunesse.
21:12C'est son expression.
21:13Sauf qu'en fait, quand on lui parle d'ultra-violence,
21:15d'ultra-jeunesse,
21:16il répond, oui, volonté du chef de l'État
21:18de réguler les réseaux sociaux.
21:19Donc, on n'est même pas en plus dans réguler les réseaux sociaux.
21:21On est dans volonté du chef de l'État
21:23de peut-être réguler les réseaux sociaux.
21:24Je veux dire, ça n'est pas la seule solution.
21:25Vous avez raison, les réseaux sociaux,
21:27évidemment, ça n'aide absolument pas dans ces problèmes-là.
21:29Mais le fond du problème, pareil, il n'est pas là.
21:32C'est la faute de qui ?
21:33Si justement, ces jeunes aujourd'hui,
21:34tous ces casseurs peuvent venir
21:36sans aucune impunité,
21:38c'est la faute de qui ?
21:39Si ce n'est celle de l'État,
21:40ils ont laissé prospérer cet ensauvagement,
21:41ils ont laissé prospérer cette ultra-violence des mineurs
21:44dont les causes sont effectivement multiples.
21:46C'est l'éducation,
21:48ça peut être évidemment...
21:49Les causes sont très multiples là-dessus.
21:51Mais moi, cette interview, pardonnez-moi,
21:52mais encore une fois, elle m'inquiète
21:53parce qu'il fait un constat,
21:55il n'y a pas forcément de solution
21:56et en plus, il précise cette phrase
21:57« Ma liberté d'action est entravée
21:59par des contraintes réglementaires ».
22:00Donc, en fait, il continue de nous dire
22:02« De toute façon, on ne pourra rien faire ».
22:03Et ce même Patrice Forge,
22:04je le précise aussi,
22:05qui avait dit précisément
22:06après la finale de la Ligue des Champions,
22:08il va envoyer un courrier aux parents.
22:11Pardonnez-moi, je suis tombée de ma chaise.
22:12Pas sûr qu'il le liste.
22:13Non, mais attendez,
22:14moi je suis tombée de ma chaise.
22:15Des bonbons et des fleurs aussi ?
22:17Comment on peut dire un truc pareil ?
22:19On va envoyer un courrier aux parents,
22:20mais je veux dire,
22:20si vous êtes déjà des parents
22:21que vous laissez vos mineurs
22:22aller faire n'importe quoi
22:23dans Paris un soir,
22:24mais dans quel monde ?
22:25Un courrier qui va vous rappeler
22:27les principes du vivre ensemble ?
22:28C'est hallucinant.
22:30Il y avait une célèbre chanson à mon époque
22:32qui disait
22:32« Ne laisse pas traîner ton fils
22:34si tu ne veux pas qu'il glisse ».
22:35Oui, c'était Aiam.
22:36Exactement.
22:37La référence est bonne.
22:38Merci en tout cas, Anthony.
22:39Merci beaucoup, Hélène Roué.
22:41Et merci à vous de nous avoir suivis.
22:42On se retrouve à partir de 15h à 17h
22:46pour 120 minutes infos.
22:47On aura l'occasion, bien sûr,
22:48de détailler ces sujets.
22:50Et puis on évoquera aussi, bien sûr,
22:52d'autres informations.
22:54On aura notamment le maire,
22:56le maire de la commune de Puy-Casquet
22:59qui sera en direct avec nous.
23:00On aura l'occasion d'échanger avec lui
23:03sur cette affaire l'INA,
23:04mais surtout sur l'après,
23:06comment on gère effectivement
23:07cette situation
23:08quand on est le maire
23:09d'une petite commune.
23:11A tout à l'heure.
23:12Et l'info continue, bien sûr,
23:12sur CNews.
23:14Sous-titrage Société Radio-Canada
23:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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