- il y a 8 heures
Tous les sujets qui font la une de l'actualité décryptée par Elodie Huchard et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu
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00:00:00Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Actu. Nous sommes ensemble pendant deux heures, comme chaque dimanche.
00:00:05On va évidemment ouvrir nos débats dans un instant, mais d'abord c'est le journal avec Augustin Donadieu. Bonjour
00:00:10Augustin.
00:00:13Bonjour Elodie, bonjour à tous. Les affrontements se poursuivent au Liban malgré les pourparlers à Washington.
00:00:19Une frappe dans le sud du pays a tué samedi trois soldats libanais.
00:00:23L'armée israélienne indiquant qu'un véhicule se dirigeait de manière suspecte en direction de ses soldats
00:00:28dans une zone de combat où le Hezbollah est très présent.
00:00:31Ça l'annonce par ailleurs la mort de deux de ses militaires.
00:00:34Le pape Léon XIV célèbre aujourd'hui une messe en plein air dans le centre de Madrid.
00:00:39Plus d'un million de fidèles sont attendus.
00:00:42Le roi Felipe VI et la reine Laetitia sont présents, seront présents.
00:00:46Le souverain pontife est arrivé hier en Espagne pour une visite d'une semaine.
00:00:51Retour en France avec Bruno Retailleau qui veut créer une cour disciplinaire de la magistrature.
00:00:55Elle pourrait prononcer d'éventuelles sanctions à la place de l'actuel conseil supérieur de la magistrature
00:01:01que le patron des LR juge trop corporatiste.
00:01:04Cette cour comprendrait un collège de citoyens désigné par tirage au sort
00:01:08qui siègerait aux côtés de magistrats et de personnalités qualifiées.
00:01:13Et enfin Sébastien Delogu, député insoumis de Marseille, sera jugé mardi pour avoir détenu
00:01:18puis diffusé publiquement des documents privés volés à un entrepreneur.
00:01:22Le député lui reprochait ses liens avec Israël.
00:01:25L'élu risque une peine d'inéligibilité.
00:01:28Son avocat a d'ores et déjà prévenu.
00:01:30Sébastien Delogu ne se présentera pas à l'audience.
00:01:33Il invoque, je cite, un climat très tendu autour de lui.
00:01:37Merci à vous Augustin de Nagneux, les invités qui vont m'accompagner pendant cette émission.
00:01:42Caroline Pilastre, bonjour.
00:01:43Bonjour Elodie.
00:01:44Éditorialiste et consultante, à vos côtés Tanguyamon, bonjour.
00:01:46Bonjour Elodie.
00:01:47Du service Polyjustice de CNews, Florence Rau, bonjour.
00:01:50Bonjour.
00:01:50Vous êtes avocate pénaliste, Karim Averick, bonjour.
00:01:52Bonjour.
00:01:53De la rédaction de CNews et Frédéric Lose, bonjour.
00:01:56Bonjour.
00:01:56Secrétaire générale SCPN.
00:01:58On va commencer cette émission, évidemment, en parlant toujours de l'affaire Liana.
00:02:03On rappelle qu'une marche blanche sera organisée cet après-midi à 15h.
00:02:07On va justement se rendre sur le terrain.
00:02:09Nous attendent Valentin Rouillon et Emma Loro.
00:02:11Bonjour et merci à tous les deux d'être avec nous.
00:02:14Valentin, on le dit depuis le début de cette affaire,
00:02:17se profile de plus en plus trouble du suspect et de nouveaux dysfonctionnements
00:02:21qu'on apprend malheureusement un petit peu chaque jour.
00:02:26Oui, absolument Elodie.
00:02:28Au-delà de l'émotion, parce que c'est une journée, évidemment,
00:02:31placée sous le signe de l'émotion, du recueillement,
00:02:34c'est précisément la question qui suscite aujourd'hui l'incompréhension et la colère.
00:02:38Parce que selon les révélations du Parisien ce matin,
00:02:41il ne s'agirait pas d'une seule erreur,
00:02:43mais d'une succession de dysfonctionnements à chaque étape de la procédure.
00:02:47D'abord, Jérôme Barrella avait déjà été visé par deux plaintes pour viol en 2017.
00:02:52Puis en 2022, elles avaient toutes les deux été classées sans suite.
00:02:55Mais c'est surtout une troisième plainte déposée en août 2025
00:02:59pour des faits présumés sur une fillette de 10 ans qui interroge.
00:03:02Parce qu'on sait que le dossier contenait des éléments solides,
00:03:06des constatations médicales, une expertise psychologique favorable à la victime
00:03:11et une identification claire du suspect.
00:03:14Malgré cela, la procédure va accumuler les retards.
00:03:17Le dossier est transféré à Toulouse, puis à Auch, par simple courrier.
00:03:21Et mais 13 jours à arriver pour qu'il soit enregistré.
00:03:25Il faut ensuite plusieurs jours, puis attribué à un magistrat avant d'être transmis aux enquêteurs.
00:03:31Donc ça prend énormément de temps.
00:03:32Et surtout, point crucial, c'est le 14 février dernier.
00:03:36Le parquet d'Auge demande explicitement aux gendarmes de placer Jérôme Barrella en garde à vue.
00:03:40À partir de cette date, selon plusieurs sources proches du dossier cité par le Parisien,
00:03:45rien ne s'opposait à son interpellation.
00:03:47Je vous cite cette source proche du dossier cité par le Parisien.
00:03:52On ne peut pas dire que les gendarmes étaient débordés par les procédures lourdes et graves
00:03:56puisque le stock de ce dossier criminel était vide, sauf celui de Jérôme Barrella.
00:04:01Pourtant, aucune arrestation n'a eu lieu.
00:04:03Plus rien ne se passe donc pendant plus de trois mois, jusqu'à l'enlèvement,
00:04:06la séquestration et le meurtre de Liana le 29 mai dernier.
00:04:10Et c'est cette période d'inertie qui est aujourd'hui au cœur des investigations administratives
00:04:15qui sont donc menées par le ministère de la Justice et celui de l'Intérieur, Elodie.
00:04:20Merci beaucoup Valentin Rouillon.
00:04:21Merci à Emma Loro qui était à vos côtés.
00:04:23Je commence avec vous Florence Rôle, vous êtes avocate pénalise.
00:04:27Je le rappelle, quand vous entendez tous ces dysfonctionnements,
00:04:29est-ce que ça vous étonne ?
00:04:31Est-ce que ça ne vous surprend pas tant que ça quand on entend cette lenteur
00:04:34et puis visiblement cette garde à vue qui a été demandée et qui n'a pas été mise en place
00:04:38?
00:04:39Malheureusement, je ne suis pas surprise parce que les services de la justice
00:04:43sont quand même totalement dévastés, n'arrivent plus à rien.
00:04:46Et dans tous les dossiers que je traite ou pratiquement je parle des dossiers criminels
00:04:50et des dossiers au pénal,
00:04:53malheureusement, on est toujours confrontés à des dysfonctionnements.
00:04:57Là, c'est gravissime, mais quel que soit le degré de gravité des errements,
00:05:05ils existent et en fait la justice ne fonctionne plus.
00:05:09Elle pédale complètement.
00:05:11Il n'y a plus moyen d'obtenir quoi que ce soit de qui que ce soit.
00:05:14Vous avez beau vous démener, vous égoziller, aller frapper aux portes...
00:05:20Rien ne fonctionne.
00:05:21Rien ne fonctionne.
00:05:22Et puis en plus, vous ne pouvez même plus frapper aux portes
00:05:25parce qu'il n'y a pas encore si longtemps, mon Dieu, je n'ai pas atteint un âge canonique,
00:05:29il n'y a pas si longtemps quand j'ai commencé à travailler, à être avocat,
00:05:32on pouvait aller voir les magistrats, on pouvait aller au parquet,
00:05:35on pouvait rencontrer un procureur, on pouvait discuter.
00:05:38Il pouvait y avoir des échanges directs qui peut-être facilitent en peu les informations.
00:05:41Il n'y avait des échanges directs qui n'existent plus.
00:05:42Maintenant, ils sont dans des blocos, on ne les voit plus,
00:05:44il n'y a plus de numéro de téléphone.
00:05:46Écrivez donc sur la boîte mail structurelle,
00:05:48personne ne lit jamais les mails.
00:05:50On envoie les documents par la poste, à l'heure du numérique,
00:05:53on a juste, on croit rêvé.
00:05:55Il n'y a pas si longtemps, j'ai eu l'occasion déjà de m'émouvoir sur ce plateau,
00:06:00y compris des dysfonctionnements dans l'affaire des Colquaises de Nanterre
00:06:04reliés à l'affaire Pellicot.
00:06:06Vous voyez ?
00:06:07Et j'ai eu beau m'adresser à M. Darmanin, il ne m'a même pas répondu.
00:06:14Donc non, je ne suis pas surprise.
00:06:15Je suis juste, mais comme tous les Français, révoltée de ce qui se passe,
00:06:20évidemment, parce que je pense à cette petite fille qui est violée.
00:06:26Elle le dit, donc il faut au moins entendre ça et il faut investiguer.
00:06:30Avec des constatations qui avaient eu lieu.
00:06:32Avec des constatations médicales, parce que l'expertise psychologique,
00:06:35c'est un élément du dossier, mais ce n'est pas ça qui apporte des preuves.
00:06:38C'est un complément, mais ce n'est pas une preuve.
00:06:41Mais les certificats médicaux, eux, ce qu'on a pu constater médicalement, ça, ça vaut.
00:06:48Donc ça veut dire qu'il y a eu quelque chose.
00:06:50Il était quand même urgent, depuis le mois d'août 2025,
00:06:54de prendre le dossier et de s'en inquiéter.
00:06:57Il ne s'est rien passé, cette pauvre maman qui a téléphoné à la gendarmerie.
00:07:02Oui, qui insistait d'ailleurs, visiblement.
00:07:04Qui insistait.
00:07:05Elle a raison d'insister, elle aurait dû prendre un avocat.
00:07:07Parce que là, évidemment, un avocat, en tout cas, moi j'appelle un commissariat,
00:07:12j'appelle une gendarmerie, on ne me dit pas madame, je vais déposer une main courante.
00:07:15Non, mais on croit rêver, un gendarme qui va faire une main courante.
00:07:18Mais d'où il sort ? D'où il sort ?
00:07:21On va justement aussi s'intéresser aux forces de l'ordre avec vous, Frédéric Lose.
00:07:24Vous êtes le représentant des commissaires de la police nationale.
00:07:27Quand vous entendez tous ces dysfonctionnements,
00:07:29et visiblement cette nouvelle information de nos confrères du Parisien,
00:07:32estimant qu'il y avait eu une demande d'interpellation de cet homme,
00:07:36au mois de février dernier, qu'elle n'a pas eu lieu,
00:07:38comment c'est possible, comment on peut avoir quelqu'un qui est soupçonné de viol,
00:07:42qu'on demande de l'interpeller, que ce ne soit pas fait ?
00:07:45Il y a deux choses.
00:07:46D'abord, il faut être, moi j'ai une, comme vous tous sur le plateau,
00:07:50une pensée émue, et je suis terriblement meurtri,
00:07:54et en pensant à cette petite fille et à ce que vivent ses parents.
00:07:58Après, sur ce qui a été dit depuis plusieurs jours,
00:08:01il y a des enquêtes, non seulement il y a une enquête,
00:08:05mais il y a des inspections qui vont travailler sur ces dysfonctionnements.
00:08:09Et il y a deux choses.
00:08:10Il y a les dysfonctionnements propres à cette affaire terrible,
00:08:14qui manifestement est un naufrage judiciaire.
00:08:18On va regarder les responsabilités des magistrats, les responsabilités des jambes.
00:08:21Avec cette enquête notamment qui est attendue sous 15 jours.
00:08:23Et également les responsabilités peut-être de l'éducation nationale.
00:08:26Est-ce qu'il y a eu un article 40 lorsque ce suspect a été licencié de son école ?
00:08:33Tout ça, par rapport à la question que vous dites sur cette affaire,
00:08:36oui, ça semble absolument anormal,
00:08:37même si bien souvent on fait la garde à vue après avoir enquêté,
00:08:42de façon à pouvoir confronter l'individu et pas tout de suite le mettre.
00:08:46Mais parfois, il est nécessaire de tout de suite aller le chercher
00:08:49pour le neutraliser au regard de sa dangerosité.
00:08:51Ça, c'est sûr, l'affaire elle-même, je ne veux pas trop développer, on y reviendra.
00:08:55Et après, il y a une deuxième chose, c'est que ce genre d'affaires va se reproduire.
00:08:59Quand vous avez 3 millions de dossiers...
00:09:01Ce genre d'affaires va se reproduire ?
00:09:03C'est sûr.
00:09:04Quand vous avez ce genre de 3 millions de dossiers en stock,
00:09:08les policiers, le syndicat des commissaires de la police nationale que je représente,
00:09:12ne cesse d'alerter en disant, simplifiez la procédure pénale.
00:09:17Les policiers, vous savez ce qu'ils nous disent depuis des années et des années,
00:09:19j'étais encore à Lyon, j'étais à Rennes, j'étais à Nice, j'étais à Rodez, j'étais à
00:09:23Bordeaux.
00:09:24Je n'arrête pas de me déplacer.
00:09:25Ils me disent, à part sur les grandes affaires criminelles,
00:09:29les policiers qui traitent la délinquance du quotidien,
00:09:31ils disent, on ne fait plus d'enquête, on fait des procédures.
00:09:34On nous a noyés au fil du temps, le législateur, dans des procédures.
00:09:39On a mis sous tutelle les policiers.
00:09:41Quand moi j'ai démarré dans la police nationale,
00:09:43les policiers avaient ce qu'on appelle deux choses.
00:09:45De l'autonomie, de l'initiative.
00:09:47Ça n'empêchait pas qu'il y ait des contrôles a posteriori par les magistrats,
00:09:51les destructions, etc. sur le judiciaire.
00:09:53C'est bien normal.
00:09:54Aujourd'hui, vous êtes mis sous tutelle.
00:09:56Tout ce que vous faites doit être écrit,
00:09:58tout ce que vous faites doit faire l'objet d'une réquisition, d'un appel parquet.
00:10:01Vous êtes comme un mineur qui ne peut rien faire.
00:10:03Eh bien, qu'est-ce qu'il se passe ?
00:10:04Il se passe que les procédures enflent.
00:10:06Il se passe que comme on a peur, on prend des plaintes qui ne devraient pas être prises,
00:10:12au détriment d'affaires, de plaintes qui devraient être traitées, etc.
00:10:17Donc le stock augmente.
00:10:19Que les policiers n'ont plus d'initiative et d'autonomie et font de la procédure,
00:10:23eh bien vous avez aussi une désaffection pour le judiciaire.
00:10:26Ajoutez à cela aussi que les moyens de la justice par rapport aux comparaisons européennes
00:10:32ne sont pas du tout, malgré les efforts qui ont été faits ces derniers temps
00:10:35sur le budget de la justice ne sont pas du tout à la hauteur.
00:10:38Voilà, il y a beaucoup de choses.
00:10:40Mais il y a cette affaire-là et ces dysfonctionnements.
00:10:42Et puis il y a le problème qui est le fait qu'on soit encalminé dans les commissariats,
00:10:48les briades de gendarmerie, encore plus dans les commissariats,
00:10:51parce qu'il y a plus d'affaires par OPJ policiers que pour OPJ gendarmes.
00:10:55Et que ça, ça ne va pas.
00:10:56C'est pour ça que je vous dis que ça va se reproduire, malgré la bonne volonté.
00:11:00Même si vous rajoutez des personnels, malgré le plan d'investigation
00:11:03qui a été mis en place par Laurent Nunez, qui est très intéressant,
00:11:07mais ça ne suffit pas.
00:11:08Il faut un choc de simplification de la procédure pénale.
00:11:11C'est une des conditions pour que ne se reproduise pas ce type d'affaires,
00:11:15même si, de façon endogène, elle a peut-être ces spécificités
00:11:19qu'on va découvrir à travers les inspections.
00:11:22Quelles sont les responsabilités ?
00:11:23Et justement, la réponse politique, on en parlera avec notamment
00:11:25les pistes de Bruno Retailleau, mais je voudrais qu'on regarde
00:11:28une nouvelle fois ce profil justement de Jérôme Barrella.
00:11:32Il a 41 ans, c'est le principal suspect, vous le savez.
00:11:34Et donc, il y a eu tous ces signalements.
00:11:37Quels signalements ? Où en sommes-nous ?
00:11:39On revient sur ce parcours judiciaire avec Inès Alican.
00:11:43Jérôme Barrella, 41 ans, père de famille,
00:11:46est aujourd'hui le principal suspect dans le meurtre de Liana.
00:11:50Pourtant, son nom était déjà connu de la justice,
00:11:53avec un premier signalement en 2017 pour des faits de nature sexuelle sur mineurs.
00:11:59Puis en 2021, l'homme est licencié de l'établissement scolaire
00:12:03où il travaille comme agent d'entretien pour comportements inappropriés.
00:12:07En 2022, une première plainte pour viol sur mineurs est déposée à son encontre.
00:12:12Elle sera classée sans suite en 2024.
00:12:14Le 22 août 2025, une fillette de 10 ans dépose plainte à son tour.
00:12:20Les enquêteurs recueillent son témoignage, celui de sa mère.
00:12:23Une expertise psychologique est réalisée
00:12:25et un certificat médical fait état de lésion, jugé sans ambiguïté.
00:12:30Le suspect est identifié, mais la procédure prend plusieurs mois de retard.
00:12:35Et Jérôme Barrella n'est jamais placé en garde à vue.
00:12:38Le 4 juin, une troisième plainte est déposée contre lui.
00:12:42Aujourd'hui, après la mort de Liana, le ministère de la Justice évoque un défaut de priorisation
00:12:48et lance des inspections pour comprendre comment une procédure concernant des violences sexuelles sur mineurs
00:12:54a pu accumuler autant de retard.
00:12:58Tanguy, effectivement, au centre de cette enquête, il y a ces dysfonctionnements.
00:13:02Alors maintenant, on commence, entre guillemets, à y voir un peu plus clair.
00:13:05Mais forcément, il y a du mal à comprendre comment, avec un système informatisé,
00:13:10cette personne a pu finalement vivre totalement normalement,
00:13:13sans que des voyants s'allument en disant qu'il y avait un problème avec cet homme.
00:13:16Oui, c'est ça. Déjà, on se demande comment est-ce possible qu'avec tous les logiciels de la police,
00:13:21des gendarmes, de la justice, comment le profil de cet individu n'est pas remonté de lui-même, j'ai
00:13:26envie de dire.
00:13:27Ensuite, sur la question de la garde à vue, j'ai eu une source sécuritaire qui m'indiquait
00:13:31que c'est tout à fait normal que dans une procédure, le parquet prenne attache avec les gendarmes
00:13:36et ne demande pas forcément à le placer en garde à vue expressément,
00:13:40mais dise, tiens, ce profil-là est inquiétant, il faut enquêter sur lui,
00:13:44voyez ce que vous pouvez rassembler et ensuite, c'est à la fin, il va y avoir une interpellation,
00:13:48puis ensuite la garde à vue.
00:13:50Et concernant cette brigade de gendarmerie, vous parliez des nombreux dossiers,
00:13:54effectivement, il y a beaucoup de dossiers, mais une source proche de l'enquête disait
00:13:59qu'on ne peut pas dire qu'il croulait vraiment sous les dossiers.
00:14:02Oui, ça dépend des endroits sans doute aussi.
00:14:04Ce n'est pas le cas à Hoche, oui, effectivement.
00:14:06C'est ça, et la question dans cette brigade de gendarmerie, par contre, c'est,
00:14:09est-ce que ce n'était pas des gendarmes qui étaient plutôt spécialisés sur le terrain
00:14:12pour intervenir sur le terrain plutôt que pour mener des enquêtes de ce fait ?
00:14:18Et donc, là aussi, c'est une question qu'il va falloir éclaircir.
00:14:21Oui, rajouter quelque chose.
00:14:22Ce qui est surprenant, c'est que quand même, les magistrats ont à leur disposition
00:14:25un outil qui est précieux, Cassiopée.
00:14:28Oui, qui est un logiciel où tout est regroupé.
00:14:30Cassiopée, c'est un fichier, effectivement, c'est l'équivalent du bureau d'ordre
00:14:33que l'on a dans chaque juridiction, qui, dans chaque juridiction,
00:14:36regroupe les dossiers, les affaires.
00:14:38Là, c'est au niveau national, donc c'est un fichier national.
00:14:41Ça prend exactement quatre secondes de le consulter.
00:14:45Et quand vous le consultez, vous voyez qu'il y a déjà deux affaires classées sans suite,
00:14:48qu'il y a une troisième plainte.
00:14:50Donc, là, c'est inquiétant.
00:14:52Et là, j'imagine que n'importe quel parquetier se dit,
00:14:58ah, non seulement le profil est inquiétant, mais il est urgent qu'on s'en occupe.
00:15:02Donc, je confie, parce que c'est le parquet qui confie l'enquête et les investigations,
00:15:08soit à la gendarmerie, soit à la police nationale.
00:15:13Et dans ces cas-là, je crois que la moindre des choses, c'est que celui qui réceptionne,
00:15:19alors j'entends et je partage votre avis, monsieur, sur effectivement la lourdeur
00:15:23et le côté très administratif, maintenant, de la justice et des enquêtes.
00:15:29Malgré tout, vous avez quand même un enquêteur qui a choisi d'être enquêteur,
00:15:34personne n'a forcé, donc il peut peut-être aussi être un peu curieux,
00:15:37peut-être être un peu inquiet de la situation.
00:15:40Et lui-même, à ce moment-là, peut déjà faire un certain nombre de choses.
00:15:43J'entends bien qu'on n'interpelle pas immédiatement le mis en cause à ce moment-là,
00:15:49parce qu'il faut recueillir des informations pour mieux le cerner
00:15:52et pour mieux le confronter.
00:15:54Cela étant, il a sa part de responsabilité, cet enquêteur,
00:15:58mais le parquet qui ne suit pas, parce que c'est bien joli de dire
00:16:03je délègue, c'est ça, je délègue aux enquêteurs,
00:16:07mais si je ne suis pas les enquêteurs qui sont, c'est vrai, sous tutelle
00:16:11et qui ne peuvent rien faire tout seuls,
00:16:13ils ne peuvent plus rien faire d'initiative, c'est le parquet qui commande.
00:16:17Si le parquet ne suit pas ces enquêteurs,
00:16:19et bien voilà, il ne se passe rien.
00:16:22Et cette brigade était-elle d'ailleurs suffisamment équipée
00:16:26pour ce genre d'enquête ? On ne sait pas.
00:16:29Quoi qu'il en soit, on peut quand même observer
00:16:31qu'il y a plus de célérité à aller s'attaquer aux agriculteurs
00:16:37qui refusent que leurs troupeaux soient abattus
00:16:39que de s'occuper d'un dossier comme celui-là.
00:16:41Et ça, c'est gravissime.
00:16:42Frédéric Lillot, avant qu'on écoute un voisin,
00:16:45justement de Jérôme Barrella.
00:16:46Non, je pense qu'un des points sur lesquels il va falloir se pencher,
00:16:50mais ça, ça sera le rôle des inspections,
00:16:52le dossier entre Toulouse et Hoche a mis 11 jours.
00:16:57Si le dossier a mis 11 jours, on peut aussi prendre son téléphone,
00:17:01faire un mail, mais surtout prendre son téléphone.
00:17:04On a tellement l'habitude de faire des mails dans le monde entier,
00:17:07dans tous les métiers pour se couvrir,
00:17:09qu'au bout d'un moment, on a cette pollution numérique,
00:17:11on ne s'est plus traité.
00:17:12Là, sur un cas comme celui-là, probablement qu'il aurait fallu,
00:17:16évidemment, immédiatement, tout simplement s'appeler.
00:17:20Donc, ça va interroger les process et en même temps la traçabilité,
00:17:25les protocoles de transfert d'un parquet à l'autre.
00:17:28Mais c'est pour ça que là, bien sûr, c'est un naufrage,
00:17:32c'est des dysfonctionnements.
00:17:33J'ai séparé ce que les inspections vont dire demain,
00:17:37et j'espère qu'au-delà des inspections,
00:17:39il y aura une commission parlementaire qui va pouvoir dire
00:17:43comment on va faire pour que ça ne se renouvelle pas.
00:17:45C'est-à-dire sortir des préconisations techniques des inspections
00:17:47et dire on en est où.
00:17:49Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:17:50On a recueilli effectivement certains de témoignages
00:17:52qu'on va écouter tout au long de cette émission.
00:17:54Je voudrais qu'on écoute notamment le voisin de Jérôme Barrella.
00:17:58Il a une maison juste à côté.
00:18:00Écoutez ce qu'il disait de la situation.
00:18:02Excusez-moi du terme, mais c'est un peu des bordéliques.
00:18:06C'est des gens un peu bordéliques.
00:18:07Ils traînent souvent dans la rue.
00:18:08Il y a plein de linges.
00:18:09Ils attendent du linge en bas au niveau des voitures.
00:18:12Ils laissent le bordel un peu partout.
00:18:14Ils jettent du manger par terre pour les chats.
00:18:16Il s'était permis de faire une grillade collée à ma voiture.
00:18:19Elle était pleine de graisse.
00:18:21D'ailleurs, c'est vraiment déjà un peu bizarre.
00:18:25Une autre réaction, celle de Marc Roland,
00:18:27l'ancien capitaine de gendarmerie,
00:18:29qui explique qu'il a bien du mal à comprendre
00:18:32comment on a pu avoir autant de dysfonctionnements.
00:18:34Écoutez.
00:18:36Mais on passe souvent sous les radars
00:18:37parce que dans un système de flux tendu,
00:18:39on n'a plus le temps de comprendre,
00:18:41de rapprocher et de réfléchir.
00:18:43On gère les procédures à la pièce.
00:18:45Et une fois qu'elle est gérée positivement
00:18:47ou par défaut avec la classe 68,
00:18:49on passe à autre chose.
00:18:51Et force est de constater que c'est vous autres journalistes
00:18:53aujourd'hui, avec la puissance qui est la vôtre,
00:18:56qui êtes arrivés à faire ce que nous autres,
00:18:58sachant professionnels,
00:18:59n'avons plus le temps de faire,
00:19:01celui d'un rapprochement pérenne,
00:19:03solide et consolidé.
00:19:05Caroline Pilastre, effectivement,
00:19:06ce qui est malheureux,
00:19:07c'est qu'on entend tous ces professionnels
00:19:09de la justice ou des forces de l'ordre
00:19:10nous dire, bien sûr,
00:19:11qu'ils déplorent ce drame,
00:19:13mais en nous disant finalement,
00:19:14non seulement ça n'est pas étonnant,
00:19:15mais ça pourrait se reproduire.
00:19:17Parce qu'une fois que l'émotion sera passée,
00:19:19est-ce qu'on aura davantage de moyens ?
00:19:20Est-ce qu'on aura davantage de circulaires
00:19:22qui sont suivis ?
00:19:23On n'est pas vraiment sûrs, au fond.
00:19:25En dehors de l'émotion suscitée par cette tragédie,
00:19:28par l'assassinat de cette petite fille,
00:19:30les parents, les proches, attendent des réponses.
00:19:32Nous tous attendons des réponses de la justice.
00:19:34Mais bien sûr que, selon moi,
00:19:36il y a eu des manquements,
00:19:37il y a eu des défaillances judiciaires.
00:19:39On fait les mêmes constats sur le régalien
00:19:41depuis des années.
00:19:42Nous sommes l'un des pays les plus imposables
00:19:44et nous payons de plus en plus d'impôts
00:19:46année après année.
00:19:47Et on n'est même pas sûrs d'être protégés,
00:19:50préservés, soignés.
00:19:51Le quotidien, la proximité.
00:19:53Qu'est-ce qu'on va répondre à cette famille ?
00:19:55On traite ce sujet qui nous déchire le cœur,
00:19:58bien évidemment, humainement parlant.
00:19:59Mais on va tout reprendre nos vies.
00:20:01Cette famille, comme j'ai l'habitude de dire,
00:20:04a pris à perpétuer.
00:20:06Et on va leur répondre quoi ?
00:20:07Désolée, madame, il y a eu une erreur de la justice
00:20:10parce qu'il y a un manque de moyens,
00:20:11un manque d'effectifs, que j'entends.
00:20:13Si tant est d'ailleurs que cette enquête administrative
00:20:15arrive à dresser des responsabilités.
00:20:18Pour l'instant, on ne le sait même pas
00:20:19si à la fin, on aura une réelle explication.
00:20:21Vous avez raison.
00:20:22Et ce qui serait scandaleux,
00:20:23comme ça a été le cas aussi dans l'affaire Maïlis,
00:20:26Philippe Lola, etc.
00:20:27On pourrait égrener tant de noms
00:20:29et tant de vies brisées.
00:20:30Et tous ces enfants de l'ASE, du périscolaire,
00:20:32parce qu'on peut aussi faire des parallèles
00:20:34qui sont abusés, plus de 160 000 par an,
00:20:37on laisse faire dans un pays
00:20:39qui est la septième puissance mondiale.
00:20:41Comme j'ai l'habitude également de dire,
00:20:42à défaut de me répéter
00:20:43et d'enfoncer des portes ouvertes.
00:20:45Mais dans un pays où l'on traite mal
00:20:47ces enfants, ces personnes âgées,
00:20:49ces personnes en situation de handicap,
00:20:51les personnes vulnérables,
00:20:52nous sommes dans un pays qui va mal.
00:20:54Parce qu'on maltraite et où on traite mal.
00:20:56Et quoi qu'il en soit, c'est le même résultat.
00:20:58Et malheureusement, cette petite fille n'est plus là.
00:21:00Et on ne meurt pas à 11 ans
00:21:01avec un profil pareil
00:21:03qui n'est pas derrière les barreaux.
00:21:04Vous avez raison.
00:21:05Et justement, on entendra tout à l'heure
00:21:06le témoignage de la maman de Maïlis.
00:21:08Elle s'est confiée à certains de nos confrères.
00:21:11Et évidemment, ça lui rappelle
00:21:12des moments extrêmement douloureux.
00:21:14Karima, c'est vrai qu'on a eu aussi
00:21:16cette circulaire du ministre de la Justice
00:21:18estimant qu'il fallait prioriser
00:21:19les violences sexuelles sur les femmes
00:21:21et les enfants.
00:21:22Ça représente 1 % des plaintes en France.
00:21:24Et on a l'impression qu'aujourd'hui,
00:21:26en France, ce pourcent de plaintes,
00:21:28en fait, on n'y arrive pas.
00:21:29C'est déjà trop.
00:21:30Et on voit, il y a les beaux discours,
00:21:32les circulaires, le message qui est envoyé,
00:21:34la réalité du terrain,
00:21:35la bureaucratie qui est extrêmement lourde.
00:21:37Oui, le manque de moyens,
00:21:39mais plus encore.
00:21:39Vous avez parlé de la simplification
00:21:41qui serait nécessaire aujourd'hui.
00:21:42Mais je vous dirais, sur le fond,
00:21:45c'est comme une société,
00:21:47ça reste quand même un scandale national.
00:21:49Bien sûr.
00:21:49Ces violences sexuelles envers les enfants.
00:21:51Vous savez, il y a eu ce mouvement
00:21:52MeToo, moi aussi,
00:21:54pour les violences sexuelles envers les femmes,
00:21:55la libération de la parole qui s'est faite.
00:21:59On a l'impression, pour l'accueil, justement,
00:22:01de cette parole, de ces enfants,
00:22:03de ces familles qui vont dénoncer,
00:22:05est-ce qu'on prend véritablement au sérieux ce fléau?
00:22:08On a l'impression que dans les principes...
00:22:09Est-ce qu'on sait prendre cette parole?
00:22:10Voilà.
00:22:11Parce que dans le principe,
00:22:13avec, comme je disais, la circulaire ou quoi que ce soit,
00:22:15on a l'impression que oui,
00:22:16mais dans la réalité, non.
00:22:17Il y a véritablement un dysfonctionnement.
00:22:20Maintenant, c'est de savoir
00:22:21est-ce que c'est un problème systémique
00:22:23dans la chaîne pénale
00:22:24ou ce cas est emblématique
00:22:26parce qu'il y a une accumulation,
00:22:27si vous voulez, de ces failles,
00:22:29de ces défaillances.
00:22:30Et l'autre, j'allais dire,
00:22:31l'autre point qui est, je pense,
00:22:32très important aussi,
00:22:34il y a l'enjeu pénal-judiciaire,
00:22:36mais il y a l'enjeu aussi
00:22:37dans l'éducation nationale.
00:22:39Bien sûr.
00:22:40Parce qu'on avait vu,
00:22:41bon, avec le périscolaire,
00:22:42dans ce cas-ci,
00:22:42on voit que le suspect,
00:22:44c'est un individu
00:22:45qui cherche la présence
00:22:47des enfants, des mineurs.
00:22:49Il y a eu déjà un premier signalement
00:22:50il y a presque 10 ans, en 2017.
00:22:53Donc, c'est cette multiplication
00:22:55de signalements, de plein...
00:22:56C'est un long parcours, malheureusement, Réjean.
00:22:58Et ça revient à cette idée
00:23:00que sommes-nous capables
00:23:01d'accueillir cette fameuse parole
00:23:04de ces jeunes,
00:23:04de ces enfants,
00:23:05de ces familles.
00:23:06La réponse, en l'état,
00:23:07c'est non.
00:23:07Donc, je pense qu'il faut
00:23:08cette espèce de révolution
00:23:11déjà dans cet état de pensée,
00:23:13c'est-à-dire d'accueillir
00:23:14et surtout d'agir.
00:23:15On va continuer à en parler
00:23:16juste après la pause.
00:23:17On entendra notamment Gérald,
00:23:20c'est le chauffeur de bus
00:23:21qui emmenait tous les matins
00:23:22Liana à l'école.
00:23:23Et puis, je vous l'ai dit aussi,
00:23:24on écoutera et on lira
00:23:25ce que dit la maman de Maëlys,
00:23:28elle qui estime
00:23:28que de trop nombreuses victimes
00:23:30sont décédées
00:23:31liées à des dysfonctionnements.
00:23:33Restez avec nous,
00:23:33on en parle juste après cette pause.
00:23:38Neu retour dans la suite
00:23:39de 100% Actu.
00:23:40On va continuer à égrener
00:23:42aussi un certain nombre
00:23:43de témoignages
00:23:43sur l'affaire Liana.
00:23:44Et celui-ci, notamment,
00:23:46c'est Gérald de son chauffeur de bus
00:23:48qui l'emmenait tous les matins
00:23:49au collège.
00:23:50Et maintenant,
00:23:51il tente de vivre
00:23:52avec cette absence
00:23:52et ce choc d'ailleurs,
00:23:54évidemment,
00:23:54comme tout le village
00:23:55et sans doute
00:23:55comme la France entière.
00:23:57Reportage sur place
00:23:58de Pauline Trevzer
00:23:58et Noémie Hardy
00:23:59avec le récit
00:24:00de Sarah Fenzari
00:24:01et Anaïs Bauché.
00:24:04Chaque matin,
00:24:05la petite Liana
00:24:05montait dans ce bus
00:24:06pour se rendre au collège.
00:24:07Le chauffeur Gérald
00:24:09l'a côtoyé
00:24:09au fil des trajets.
00:24:10Face au décès
00:24:11de la jeune adolescente,
00:24:12son émotion est immense.
00:24:13Ça me pesait
00:24:14de ne pas être interviewé
00:24:16et de ne pas pouvoir dire
00:24:17ce que je pensais
00:24:18de cette gamine
00:24:19très sympathique,
00:24:20très joviale
00:24:21et qui me manquera beaucoup.
00:24:31Je pense à ses parents
00:24:32que je voyais tous les jours,
00:24:34surtout son papa.
00:24:35Je lui faisais coucou
00:24:36tous les matins.
00:24:37J'arrivais,
00:24:38coucou papa
00:24:38et sa fille montait.
00:24:41C'est horrible.
00:24:42Depuis le drame,
00:24:42son absence
00:24:43est insupportable
00:24:45pour le chauffeur.
00:24:45Le matin,
00:24:46quand je fais ma tournée,
00:24:47que j'ouvre la porte
00:24:48du bus à Goutts
00:24:49et qu'elle n'est pas là,
00:24:50ça me...
00:24:52ça me terrifie.
00:24:53Je quitterais ce monde
00:24:54en ayant l'image
00:24:56de...
00:25:00de Liana dans ma tête.
00:25:02Chaque arrêt,
00:25:03chaque montée d'élèves
00:25:04réveille le souvenir
00:25:05de Liana pour Gérald.
00:25:06Elle se mettait assise
00:25:07comme ça,
00:25:08s'attachait
00:25:08et on discutait
00:25:12de tout et de rien.
00:25:14Une fille éclatante,
00:25:16intelligente,
00:25:17gentille,
00:25:17polie.
00:25:20Que c'est triste.
00:25:21J'aurais presque envie
00:25:22de prendre le siège
00:25:23et de le garder
00:25:23pour moi,
00:25:24en souvenir.
00:25:25Mais derrière l'émotion,
00:25:26il y a aussi la colère
00:25:27qui ne retombe pas.
00:25:29J'attends beaucoup de réponses,
00:25:30surtout des fautifs
00:25:31de l'État,
00:25:32ceux qui n'ont pas pris
00:25:32conscience que cet individu
00:25:34était très très dangereux.
00:25:35il n'aurait jamais dû
00:25:36pouvoir se balader
00:25:38comme ça librement.
00:25:40Entre le chagrin
00:25:41et l'incompréhension,
00:25:42les mots sont parfois
00:25:43difficiles à trouver.
00:25:44Mais une conviction demeure
00:25:45chez ceux qui l'ont connue.
00:25:46Liana aurait dû être protégée
00:25:48et pour beaucoup,
00:25:48cette tragédie
00:25:49aurait pu être évitée.
00:25:51Caroline,
00:25:52on comprend évidemment
00:25:53l'émotion
00:25:54de ce chauffeur de bus
00:25:55comme je le disais
00:25:55de tout un village
00:25:56et sans doute
00:25:56de tout un pays.
00:25:57Mais on comprend aussi
00:25:58la colère
00:25:59parce que les parents,
00:26:01la famille de Liana
00:26:02mais les Français aussi
00:26:02ont envie de comprendre
00:26:04ce qui se passe.
00:26:04c'est-à-dire qu'on ne peut pas
00:26:05tout le temps dire
00:26:07que tout va bien
00:26:07quand on dit que la justice
00:26:08peut-être est parfois
00:26:09trop laxiste.
00:26:10Quand on dit que la justice,
00:26:11les Français ne lui font plus confiance,
00:26:12on a l'impression
00:26:13qu'il n'y a pas de soucis.
00:26:14Là, en tout cas,
00:26:14il y en a eu un
00:26:15et les Français parfois
00:26:16peuvent se sentir aussi
00:26:17un peu trahis par cette justice.
00:26:19Trahis, lésés,
00:26:20mais les Français
00:26:20ont conscience de ce qui se passe.
00:26:22Il n'y a sans doute
00:26:22que les politiques
00:26:23qui veulent nous faire croire
00:26:24le contraire
00:26:25en termes de grande communication
00:26:26à outrance.
00:26:27Mais nous savons tous
00:26:28que nous sommes dans un pays
00:26:29laxiste
00:26:30sur cette question également.
00:26:31Et c'est ça qui est effrayant.
00:26:33Parce qu'on n'a plus confiance
00:26:34en notre justice
00:26:35à chaque fois qu'il y a
00:26:36des enquêtes d'opinion,
00:26:38qu'elles soient transpartisanes
00:26:39ou non,
00:26:40on s'aperçoit bien
00:26:41qu'il y a évidemment
00:26:44une différence de traitement,
00:26:45une dichotomie
00:26:46entre ce que nous vivons
00:26:48et ce que les politiques,
00:26:49quelle que soit leur sensibilité,
00:26:51nous disent.
00:26:52Il faut un changement total
00:26:53de paradigme
00:26:54sur cette question aussi.
00:26:56On le répète sans arrêt,
00:26:57malheureusement,
00:26:58nous n'avons pas
00:26:58beaucoup d'influence.
00:26:59Nous votons
00:27:00pour des politiques
00:27:02qui votent des lois
00:27:03mais qui à l'arrivée
00:27:04agissent de la même manière.
00:27:06Vous aviez raison, madame.
00:27:07Et vous aussi, monsieur.
00:27:09Ça va se reproduire,
00:27:11malheureusement.
00:27:11Cyniquement,
00:27:12on sait très bien
00:27:13que peu de choses vont changer.
00:27:14Il y aura d'autres affaires.
00:27:16Si nous ne jugeons pas
00:27:18les magistrats
00:27:19qui peuvent créer
00:27:20ce genre de défaillance...
00:27:22On va en parler justement
00:27:23de la réponse politique
00:27:24des propositions.
00:27:25Au niveau même
00:27:26conseil constitutionnel,
00:27:27en fait,
00:27:28c'est toute une chaîne
00:27:28de responsabilité
00:27:29en l'occurrence
00:27:31qui doit évoluer,
00:27:33qui doit être modifiée
00:27:34dans notre pays.
00:27:35Il y a une question
00:27:35de volonté politique.
00:27:36Il y a une question
00:27:37de volonté budgétaire.
00:27:38Mais il y a surtout,
00:27:40malheureusement,
00:27:41des non-dits
00:27:41que nous connaissons tous
00:27:43et malheureusement,
00:27:44nous ne sommes pas dupes.
00:27:45Alors, nous attendons
00:27:46des réponses
00:27:46mais des réponses
00:27:47qui soient pérennes
00:27:48en termes de solutions.
00:27:49Et justement,
00:27:50on regardera aussi
00:27:50parce que vous avez parlé
00:27:51du conseil constitutionnel,
00:27:52de la façon dont on peut
00:27:54sanctionner ou juger
00:27:55les juges,
00:27:56entre guillemets.
00:27:56On verra ce que propose
00:27:57Bruno Rotaillot
00:27:58à partir de midi.
00:27:59Florence,
00:27:59on parlait avec vous
00:28:00pendant la pause
00:28:01justement de ces dysfonctionnements
00:28:03et vous me disiez vous-même
00:28:04que des dysfonctionnements,
00:28:05il y en a eu
00:28:06et parfois sur des décennies.
00:28:08Ah mais bien sûr.
00:28:08Quand j'ai écouté
00:28:11tout ce qui s'était passé
00:28:12et toute cette série
00:28:13de dysfonctionnements
00:28:14à propos de cette affaire
00:28:17Liana,
00:28:18ça me fait penser
00:28:19mais très directement
00:28:20à un individu
00:28:22qui a sévi pendant 30 ans
00:28:24et pour lequel
00:28:26on a pu comptabiliser
00:28:28un nombre incalculable
00:28:29de dysfonctionnements.
00:28:30Je parle du violeur
00:28:32de la cambre,
00:28:32Dino Scala.
00:28:33Il y a eu
00:28:34un livre remarquable
00:28:36qui a été écrit
00:28:37qui s'appelle
00:28:38Sambre
00:28:38qui est justement
00:28:40une sorte de radiographie
00:28:42presque d'autopsie
00:28:43de tous les cas
00:28:44où tout est égréné
00:28:46et tout est décortiqué
00:28:47et où on vous montre
00:28:48qu'à chaque affaire
00:28:50il n'y a jamais eu
00:28:51de recoupement
00:28:51sur 30 ans.
00:28:5330 ans,
00:28:53c'est long quand même
00:28:54pour le même individu
00:28:55qui était aussi
00:28:57un peu le même profil
00:28:58ça me parle
00:29:00c'est un peu la même chose
00:29:01un individu marié
00:29:03père de famille
00:29:04qui s'occupait
00:29:05beaucoup des enfants aussi
00:29:06qui faisait le foot
00:29:08le samedi
00:29:09qui s'investissait terriblement
00:29:11un peu
00:29:11voilà on a un peu
00:29:12une sorte de parallèle
00:29:13et à chaque dossier
00:29:16il y a eu des plaintes
00:29:18qui ont été classées
00:29:18alors j'entends
00:29:19que des plaintes
00:29:19puissent être classées
00:29:20parce qu'en droit
00:29:22parfois c'est pas suffisamment
00:29:23mais il y avait toujours
00:29:25des dossiers
00:29:25qui étaient perdus
00:29:26il y avait toujours
00:29:26des gendarmes
00:29:27qui avaient autre chose à faire
00:29:28Oui il y avait aussi
00:29:29des vrais dysfonctionnements
00:29:30il y avait des vrais dysfonctionnements
00:29:31qui ont fait qu'il y a
00:29:32pendant 30 ans
00:29:33jamais eu
00:29:34il n'y a jamais eu personne
00:29:36qui s'est dit
00:29:38si on faisait un recoupement
00:29:40si on s'arrêtait deux minutes
00:29:41si on regardait tout
00:29:43et si on faisait
00:29:44un état des lieux
00:29:45il y a une seule personne
00:29:46une sorte de stagiaire
00:29:48dans un greffe
00:29:49qui s'est dit
00:29:50quand même c'est bizarre
00:29:51et qui a commencé
00:29:51à regrouper
00:29:52dans un petit carnet
00:29:53des procédures
00:29:55et c'est en partie
00:29:56grâce à ça
00:29:56qu'à la fin
00:29:57on a réussi quand même
00:29:58à obtenir des informations
00:29:59pour qu'on sache finalement
00:30:01donc là on a eu quelqu'un
00:30:02qui s'est senti concerné
00:30:03qui n'était pas la première
00:30:05à devoir être concernée
00:30:06parce que les premiers
00:30:07c'est quand même
00:30:07les magistrats
00:30:08les enquêteurs
00:30:08et on a eu effectivement
00:30:10des gendarmes
00:30:11qui en plus
00:30:12là c'était terrible
00:30:12parce que
00:30:13Dino Scala
00:30:14il venait au commissariat
00:30:15c'était le pote des gendarmes
00:30:16il voyait son portrait robot
00:30:18il disait
00:30:18oh là là regarde
00:30:19il me ressemble
00:30:20et tout le monde se marrait
00:30:21c'est dire aussi l'impunité
00:30:23dans ces cas là
00:30:23de savoir que
00:30:24tant que les recoupements
00:30:25ne sont pas faits
00:30:25il y a une certaine
00:30:26tranquillité malheureusement
00:30:28normalement un enquêteur
00:30:29ça doit être
00:30:30un peu suspicieux
00:30:31quand même
00:30:31ça doit s'interroger
00:30:34et il suffisait
00:30:35mais
00:30:36il y en a marre de dire
00:30:37il suffisait
00:30:37parce qu'il faudrait quand même
00:30:38qu'au lieu d'y suffiser
00:30:39il faudrait le faire
00:30:40mais il suffisait
00:30:41qu'on ait dessous de jugeote
00:30:43qu'on rapproche des dossiers
00:30:45qu'on se dise
00:30:45que quand même
00:30:46c'est bizarre
00:30:47il y a déjà eu ça
00:30:47bon là c'est la même chose
00:30:49mais bon sang
00:30:50je le répète
00:30:52Cassiopée
00:30:52je pose mon doigt
00:30:53sur un bouton
00:30:54et j'ai la liste
00:30:56tout est sans être fait
00:30:56pour que ce soit simple
00:30:57mais oui
00:30:58mais bien sûr
00:30:59et après on va vous dire
00:31:00mais il faut encore un fichier
00:31:01il faut encore ci
00:31:01il faut encore ça
00:31:02moi je le veux bien
00:31:03mais quand même
00:31:04quand est-ce qu'on se met au boulot
00:31:05et quand est-ce qu'on se met au travail
00:31:07et justement
00:31:08on était en train de parler
00:31:08de ces dysfonctionnements
00:31:10et je voudrais qu'on s'arrête
00:31:10maintenant sur les propos
00:31:11de la maman
00:31:12de Maïlis
00:31:13Jennifer Desarrogeaux
00:31:14vous le savez
00:31:14Maïlis qui a été
00:31:16tuée par Nordane
00:31:17le lendais
00:31:17en août 2017
00:31:19et bien sa maman
00:31:20a tenu à réagir
00:31:21auprès de nos confrères
00:31:24notamment de ces dysfonctionnements
00:31:26et elle estime
00:31:26que les alertes
00:31:27devraient être prises
00:31:28davantage au sérieux
00:31:29les précisions
00:31:30d'Inès Salikane
00:31:31l'affaire Liana
00:31:32a ravivé une douleur
00:31:34que Jennifer Desarrogeaux
00:31:36la mère de Maïlis
00:31:37connaît
00:31:37elle explique
00:31:38avoir immédiatement
00:31:39pensé à sa fille
00:31:40en apprenant la disparition
00:31:42puis la mort
00:31:43de l'adolescente
00:31:44l'incertitude
00:31:45le fait de ne pas savoir
00:31:46où est notre fille
00:31:47l'espoir qui perdure
00:31:48malgré tout
00:31:49cela a été une torture
00:31:50il faut des morts
00:31:52pour que la justice
00:31:52se réveille
00:31:53mais au-delà de l'émotion
00:31:55c'est la colère
00:31:56qui domine
00:31:57face aux révélations
00:31:58sur les signalements
00:31:59visant le principal suspect
00:32:00Jennifer Desarrogeaux
00:32:02s'interroge
00:32:03sur la prise en compte
00:32:04de la parole des enfants
00:32:05quand un enfant parle
00:32:07et a fortiori
00:32:08des post-plaintes
00:32:09il faut l'écouter
00:32:10pour elle
00:32:12plusieurs affaires récentes
00:32:14illustrent les mêmes failles
00:32:16Maïlis
00:32:16Lola
00:32:17Liana
00:32:17autant d'exemples
00:32:18qui démontrent
00:32:19qu'il faut des morts
00:32:20pour que la justice
00:32:21se réveille
00:32:21je tiens à rappeler
00:32:23que si les droits
00:32:23de la défense existent
00:32:25le droit des enfants
00:32:26à vivre en sécurité aussi
00:32:27la mère de Maïlis
00:32:29pointe également
00:32:29un manque de moyens
00:32:30elle rappelle
00:32:31que dans l'affaire
00:32:32Norda-Lelandais
00:32:33certaines investigations
00:32:34n'avaient pas été menées
00:32:36suffisamment tôt
00:32:37il n'y a peut-être
00:32:38pas suffisamment
00:32:39de personnel policier
00:32:40et judiciaire
00:32:41cela est absurde
00:32:42dans ce cas
00:32:43il faut embaucher
00:32:44si l'autre avait été
00:32:45arrêté plus tôt
00:32:46Maïlis serait encore là
00:32:48aujourd'hui
00:32:49Jennifer de Harojo
00:32:50appelle à un sursaut collectif
00:32:52pour mieux protéger
00:32:53les enfants
00:32:55Frédéric Lose
00:32:56on comprend
00:32:56la colère
00:32:57la tristesse
00:32:57je ne sais même pas
00:32:58quels sont les bons mots
00:32:59de ces familles
00:33:00parce qu'elles se disent
00:33:01s'il n'y a pas de moyens
00:33:02alors pourquoi
00:33:02on ne trouve pas des moyens
00:33:04pourquoi on ne sauve pas
00:33:04nos enfants
00:33:05c'est vrai que pour ces familles-là
00:33:06l'argument du manque de moyens
00:33:07est extrêmement cruel
00:33:08même si je ne doute pas
00:33:09qu'il puisse être vrai
00:33:10par ailleurs
00:33:10je pense qu'en plus
00:33:11la mère
00:33:12de la jeune Maïlis
00:33:15doit être
00:33:15vent debout
00:33:16de savoir aussi
00:33:17que Dornal Llandais
00:33:18s'est mariée en prison
00:33:19a fait un enfant
00:33:20a accès à internet
00:33:21continue à vivre lui
00:33:23continue à vivre
00:33:24normalement
00:33:25au-delà
00:33:25de la détention
00:33:27normale
00:33:28et ça
00:33:29c'est particulièrement
00:33:30choquant
00:33:31après effectivement
00:33:32il y a le problème
00:33:33des moyens
00:33:34de la justice
00:33:35c'est sûr
00:33:36et après
00:33:37je l'ai dit
00:33:37il y a le problème
00:33:38de la lourdeur
00:33:39de la procédure
00:33:40aujourd'hui
00:33:41on prend des plaintes
00:33:43souvent
00:33:43pour n'importe quoi
00:33:44principe de précaution
00:33:45on vous dit
00:33:45il faut prendre une plainte
00:33:46y compris quand il n'y a pas
00:33:48l'obligation légale
00:33:50les éléments constitutifs
00:33:51d'une infraction
00:33:51même pour des questions
00:33:52d'assurance
00:33:52parfois
00:33:53c'est en grand
00:33:53j'en serveur de plainte
00:33:54que l'on prend
00:33:55qu'on ne devrait pas prendre
00:33:56bien évidemment
00:33:57alourdissent le stock
00:33:59de procédures
00:33:59et vous avez beau
00:34:00augmenter le nombre
00:34:02d'enquêteurs
00:34:03et bien vous ne pouvez pas
00:34:04à l'instant T
00:34:05traiter
00:34:05quand j'ai démarré
00:34:07moi dans la police
00:34:08il n'y avait pas
00:34:09le droit au silence
00:34:10si on avait mis
00:34:10le droit au silence
00:34:12dix ans avant
00:34:15certains tueurs
00:34:17auraient continué
00:34:18à tuer
00:34:19moi je pense
00:34:19que le droit au silence
00:34:20je suis contre
00:34:21où il aurait dû
00:34:22s'accompagner
00:34:23du délit de parjure
00:34:25c'est pour ça
00:34:26que je ne pense pas
00:34:26que c'est une avancée
00:34:27comme tout le monde dit
00:34:28etc.
00:34:28on est allé trop loin
00:34:29dans ces droits
00:34:30bien sûr qu'il faut
00:34:31des droits de la défense
00:34:32mais les policiers
00:34:33travaillent à charge
00:34:33et à décharge
00:34:34on n'est pas aux Etats-Unis
00:34:35les juges travaillent
00:34:37à charge et à décharge
00:34:38pour le temps d'enquête
00:34:39on est allé trop loin
00:34:40et on a paralysé
00:34:41excusez-moi
00:34:42on a scotché les enquêtes
00:34:43et on a fait que les enquêteurs
00:34:44ne peuvent plus travailler
00:34:46quand j'ai démarré
00:34:47dans la police
00:34:48à Melun
00:34:48à Coulomiers
00:34:49dans mes premiers postes
00:34:50dans les années 90
00:34:50on avait du temps
00:34:51pour l'initiative
00:34:53on se posait
00:34:54en disant
00:34:55on va prioriser les dossiers
00:34:56on allait voir
00:34:57les magistrats du parquet
00:34:58on recevait
00:34:59les magistrats du parquet
00:35:00on faisait de l'analyse
00:35:02criminelle
00:35:03même locale
00:35:03etc.
00:35:04aujourd'hui
00:35:05les mêmes enquêteurs
00:35:06que je vais voir
00:35:07dans ces commissariats
00:35:0830 ans après
00:35:09à l'occasion de rassemblants
00:35:11me disent
00:35:11on n'a plus
00:35:12monsieur Loz
00:35:1310 dossiers
00:35:14comme on avait avant
00:35:15on en a 150
00:35:17donc c'est décourageant
00:35:19on ne peut plus rien faire
00:35:20on n'a plus
00:35:21une seule minute
00:35:21on ne nous fait pas confiance
00:35:23puisqu'on est sous tutelle
00:35:25etc.
00:35:26donc tout ça
00:35:27il y a les moyens
00:35:29mais en même temps
00:35:30il y a un système
00:35:31à repenser
00:35:32il y a un système
00:35:32à repenser
00:35:33la procédure pénale
00:35:34est absolument inadaptée
00:35:36il faut la reprendre
00:35:38il ne faut pas
00:35:39tout foutre en l'air
00:35:39évidemment qu'on a besoin
00:35:41d'équilibre
00:35:41de droit de la défense
00:35:42etc.
00:35:43et puis
00:35:43après ça sera
00:35:45un autre débat
00:35:45sur la responsabilité
00:35:46des magistrats
00:35:47indépendant de la magistrature
00:35:48c'est fondamental
00:35:50mais
00:35:53les policiers
00:35:54sont responsables
00:35:54c'est bien normal
00:35:55le pouvoir exécutif
00:35:56le pouvoir législatif
00:35:57les gendarmes sont responsables
00:35:59tous les fonctionnaires
00:36:00sont responsables
00:36:00l'irresponsabilité totale
00:36:02des magistrats
00:36:03et je dis
00:36:03je comprends
00:36:05l'indépendance de la justice
00:36:05est un problème
00:36:07il y a peut-être un équilibre
00:36:09il y a peut-être un équilibre
00:36:09à trouver
00:36:09et rappelez-vous
00:36:10l'affaire Outreau
00:36:11et aussi
00:36:13c'est très compliqué
00:36:17parce que là aussi
00:36:17la parole de l'enfant
00:36:18avait été remise en cause
00:36:19mais en même temps
00:36:20on a beaucoup d'enseignements
00:36:22de la même façon
00:36:24les juges
00:36:26de cette faillite judiciaire
00:36:27tout simplement
00:36:29ont poursuivi leur carrière
00:36:30on va en parler justement
00:36:30ça à partir de midi
00:36:32je voudrais juste qu'on fasse
00:36:33un petit pas de côté
00:36:34avant de parler
00:36:34du périscolaire
00:36:35puisque c'est un week-end
00:36:37de commémoration
00:36:38du côté de la Normandie
00:36:39avec évidemment
00:36:40la cérémonie internationale
00:36:41qui s'est tenue hier
00:36:43et ce petit couac
00:36:44le secrétaire
00:36:45à la guerre des Etats-Unis
00:36:46n'était pas
00:36:47à la cérémonie internationale
00:36:49vous êtes sur place
00:36:50à Ouistreham
00:36:51Olivier Benkemoun
00:36:51et Florian Doré
00:36:53on voit donc
00:36:54des commémorations
00:36:55extrêmement politiques
00:36:56Olivier
00:36:57où parfois
00:36:57l'absence est un message
00:36:59plus fort qu'un discours
00:37:03Vous avez raison
00:37:04Pitek Seg
00:37:06a montré
00:37:07qu'il n'était pas
00:37:09tout à fait d'accord
00:37:09aujourd'hui
00:37:10avec la manière
00:37:11dont la France
00:37:12et l'Europe
00:37:14fonctionnaient
00:37:14en matière de défense
00:37:15en tout cas
00:37:15le message était clair
00:37:17je viens ici
00:37:18je viens en France
00:37:19je viens participer
00:37:20aux cérémonies
00:37:21du débarquement
00:37:22mais je viens pas
00:37:22à la cérémonie internationale
00:37:23le message est clair
00:37:24ça veut dire encore une fois
00:37:26attention
00:37:26l'Amérique ne sera pas
00:37:28toujours derrière vous
00:37:29c'est vraiment
00:37:31un message
00:37:32qui était très différent
00:37:33de celui qu'on a perçu
00:37:34nous avec Florian
00:37:35en étant ici
00:37:36ce matin encore
00:37:38au cimetière
00:37:39d'Omahabitch
00:37:40où il y a énormément
00:37:41de monde
00:37:41vous savez chaque année
00:37:42il y a un million
00:37:42de personnes qui viennent
00:37:43où tout est tourné
00:37:44vers la célébration
00:37:46de l'alliance
00:37:47entre la France
00:37:48et les Etats-Unis
00:37:48et tous ces soldats
00:37:49américains qui sont morts
00:37:50et puis moi
00:37:51il y a quelque chose
00:37:51qui m'a marqué
00:37:52encore une fois
00:37:53c'est hier
00:37:54dans les hommages
00:37:55vous avez ces boys
00:37:56ces militaires américains
00:38:00qui chantent
00:38:00la marseillaise
00:38:01preuve encore une fois
00:38:02et vous allez les entendre
00:38:03preuve encore une fois
00:38:04du lien indéfectible
00:38:05et important
00:38:06qui existe
00:38:06entre la France
00:38:07et les Etats-Unis
00:38:07écoutez
00:38:08le jour de la guerre
00:38:11est arrivé
00:38:12contre nous
00:38:14de la tyrannie
00:38:16l'étendance
00:38:19englander la vie
00:38:20l'étendance
00:38:22englander la vie
00:38:25en tant que goût
00:38:27dans notre campagne
00:38:28nous j'ai
00:38:30cette grosse
00:38:31cette sauvage
00:38:32qui viennent
00:38:34jusqu'à dans nos bras
00:38:36en tant que goût
00:39:02voilà quand vous avez
00:39:03des parachutistes américains
00:39:04qui viennent chanter
00:39:05la marseillaise
00:39:06quand vous avez
00:39:06des rangers américains
00:39:07qui viennent se jeter
00:39:08dans l'eau
00:39:09pour commémorer
00:39:10ce qu'ont fait
00:39:11leurs prédécesseurs
00:39:12quand vous avez
00:39:12ce lien
00:39:13qui existe
00:39:14entre la France
00:39:14et les Etats-Unis
00:39:15et bien effectivement
00:39:16il y a une sorte
00:39:17de décalage
00:39:17vous l'avez dit
00:39:19Elodie
00:39:19entre la position
00:39:21officielle aujourd'hui
00:39:22de Pitexec
00:39:23secrétaire d'Etat
00:39:24à la défense
00:39:24et puis
00:39:24ce que vivent
00:39:26d'autres militaires américains
00:39:27je vous dis juste
00:39:28un mot de l'endroit
00:39:28où on est
00:39:29la plage de Wissreham
00:39:30parce que c'est l'endroit
00:39:31où le commandant Kieffer
00:39:32a débarqué
00:39:33c'était les seuls français
00:39:34à participer à ce débarquement
00:39:35ils étaient
00:39:37177
00:39:37il y avait parmi eux
00:39:38Léon Gauthier
00:39:39et Gwenaëlle Bolloré
00:39:41qui ont participé
00:39:41à ce débarquement
00:39:42il y a encore
00:39:43beaucoup de monde
00:39:44aujourd'hui
00:39:44pour célébrer ce dédé
00:39:46Merci beaucoup
00:39:47Lévene Kémoun
00:39:47et merci à Florian Doré
00:39:48qui vous a accompagné
00:39:49pour ce duplex
00:39:51je vous le disais
00:39:52on va reparler maintenant
00:39:53du périscolaire
00:39:54puisque la sénatrice
00:39:55LR de Paris
00:39:56Agnès Évren
00:39:57a demandé
00:39:58une commission parlementaire
00:40:00sur le sujet
00:40:01dans les colonnes
00:40:02du JDD
00:40:02Bruno Retailleau
00:40:03assurait que cette commission
00:40:04aurait bien lieu
00:40:05une commission
00:40:06pourquoi ?
00:40:07comment cela fonctionne
00:40:08et quel est l'objet
00:40:09on voit cela avec
00:40:10Sharon Camara
00:40:12Les sénateurs LR
00:40:13organiseront bien
00:40:14une commission d'enquête
00:40:16sur les violences
00:40:17dans le périscolaire
00:40:18Initiée par la sénatrice
00:40:19de Paris
00:40:20Agnès Évren
00:40:20elle aura pour objectif
00:40:22de faire la lumière
00:40:22sur les failles du système
00:40:24Si les cas de violences
00:40:25dans le périscolaire
00:40:26à Paris
00:40:26ont été très médiatisés
00:40:28cette commission
00:40:29concernera
00:40:29l'encadrement périscolaire
00:40:31à l'échelle nationale
00:40:32Cela nous permettra
00:40:33d'entendre tout le monde
00:40:34de faire des constats
00:40:35sur place
00:40:36et sur pièce
00:40:36Nous allons nous intéresser
00:40:38au périscolaire
00:40:38dans son ensemble
00:40:39sur tout le territoire
00:40:40D'autres villes que Paris
00:40:41ont été touchées
00:40:42Depuis l'annonce
00:40:43de la création
00:40:44de cette commission d'enquête
00:40:45la sénatrice
00:40:46affirme avoir reçu
00:40:47de nombreux mails
00:40:48et lettres de parents
00:40:49concernés
00:40:50Ce sont des sujets tabous
00:40:51dont les parents
00:40:52parlent très difficilement
00:40:53beaucoup refusent
00:40:54de témoigner
00:40:54auprès des journalistes
00:40:55La sénatrice
00:40:56dit vouloir déterminer
00:40:57les responsabilités
00:40:58dans une affaire
00:40:59dont les premiers signalements
00:41:01remontent à 2015
00:41:02Elle appelle aussi
00:41:03à une refonte du système
00:41:04avec notamment
00:41:05une formation obligatoire
00:41:07et des contrôles
00:41:08d'honorabilité
00:41:09pour tous les candidats
00:41:10au poste d'animateur
00:41:13On se dit que ça peut
00:41:14être une bonne occasion
00:41:15de faire la lumière
00:41:16sur ce scandale
00:41:17sur cette omerta
00:41:18aussi du périscolaire
00:41:19mais toujours avec cette question
00:41:20une commission parlementaire
00:41:22pourquoi est-ce qu'on est sûr
00:41:23qu'à la fin
00:41:23ça se passera mieux
00:41:24qu'avant qu'elle ne débute
00:41:26parce que parfois
00:41:26des commissions parlementaires
00:41:27sont mises en place
00:41:29et à la fin
00:41:29on n'a pas franchement
00:41:30avancé sur le sujet
00:41:30Oui mais on parle quand même
00:41:32ça a été un sujet tabou
00:41:34pendant des années
00:41:35c'est encore tabou
00:41:36je pense qu'à un moment donné
00:41:37il faut vraiment faire la lumière
00:41:38il y a eu cette omerta
00:41:41on parle de signalements
00:41:42sur des années
00:41:43et des années
00:41:43on a finalement entendu parler
00:41:45c'est quoi
00:41:46c'est peut-être
00:41:46la pointe de l'iceberg
00:41:47c'est ça qui est extrêmement troublant
00:41:49qui est même traumatisant
00:41:50pour des familles
00:41:51et ça rejoint
00:41:53sur cette question
00:41:53de la vérification
00:41:54des antécédents judiciaires
00:41:56est-ce qu'il y a
00:41:58à disposition par exemple
00:42:00de ces établissements
00:42:02il y a par exemple
00:42:03dans d'autres pays
00:42:04ça se fait
00:42:04bon en France
00:42:05je sais que c'est pas
00:42:06nécessairement ça
00:42:07mais il y a quand même
00:42:08ces idées qui circulent
00:42:09de ces fichiers
00:42:10pour les personnes
00:42:11à au vérifier
00:42:12qui ont des antécédents judiciaires
00:42:14par exemple
00:42:15sur des violences sexuelles
00:42:17envers des mineurs
00:42:18ça devrait être essentiel
00:42:20d'avoir des informations
00:42:22on ne va pas mettre
00:42:23des enfants
00:42:23en présence
00:42:24de prédateurs sexuels
00:42:26et des prédateurs sexuels
00:42:28il y en a
00:42:28on l'a vu
00:42:29qui sont aussi
00:42:29des multirécidivistes
00:42:31et ça pose aussi
00:42:32l'enjeu
00:42:33comment on traite
00:42:34avec ceux
00:42:35qui sont des récidivistes
00:42:36dans ce cas-ci
00:42:37par exemple
00:42:38si on revient
00:42:38à l'affaire Liana
00:42:39bon c'est un suspect
00:42:40bien sûr
00:42:41on traite la chose
00:42:42il y a une enquête
00:42:43c'est un suspect
00:42:44mais quand même
00:42:45quand il y a
00:42:46des multiples signalements
00:42:47depuis des années
00:42:48sur la chaîne
00:42:50justement
00:42:50de l'information
00:42:51qu'est-ce qui se transmet
00:42:53que ce soit aux autorités
00:42:54il y a un véritable problème
00:42:56là-dessus
00:42:56donc là
00:42:57je pense que
00:42:57sur le périscolaire
00:42:58c'est essentiel
00:43:00oui
00:43:01de faire la lumière
00:43:01de prendre moins
00:43:02en fait
00:43:03d'enlever ce tabou
00:43:04entourant
00:43:04les violences sexuelles
00:43:06envers les enfants
00:43:06je pense qu'il y a
00:43:07des gens
00:43:08des responsables
00:43:09qui vont aussi
00:43:10devoir se regarder
00:43:10dans le miroir
00:43:11et surtout
00:43:13de prévenir
00:43:13les dysfonctionnements
00:43:14pour la suite
00:43:15Florence Rau
00:43:16justement
00:43:16ces commissions parlementaires
00:43:18est-ce qu'elles peuvent être utiles
00:43:19pour savoir aussi
00:43:21qui à un moment donné
00:43:22a pu pécher
00:43:22qui a pu couvrir
00:43:24par le secret
00:43:25par exemple
00:43:26ces scandales
00:43:27pourquoi pas
00:43:27mais on en fait
00:43:29maintenant beaucoup
00:43:30c'est une mode
00:43:31c'est pratiquement systématique
00:43:33il y a une affaire
00:43:33on va faire une commission
00:43:34parlementaire ou autre
00:43:35et au bout du compte
00:43:36on en fait quoi ?
00:43:37pas grand chose en fait
00:43:38parce que
00:43:38rappelez-vous
00:43:39pour Outreau
00:43:39il y a eu une commission
00:43:40parlementaire
00:43:41qui a été longue
00:43:42qui a été
00:43:45foisonnante
00:43:46qui a été commentée
00:43:47et recommandée
00:43:49au bout du compte
00:43:50on a quand même
00:43:52un responsable
00:43:52du fiasco judiciaire
00:43:54du traitement
00:43:55de ce dossier
00:43:55Outreau
00:43:56qui n'a jamais été sanctionné
00:43:58donc au bout du compte
00:43:59ça nous donne quoi ?
00:44:00pas grand chose en fait
00:44:01j'ai un peu peur de ça
00:44:02je vous sens
00:44:03partageant le même avis
00:44:04Frédéric Lowe
00:44:04je ne sais pas si je me trompe
00:44:05mais
00:44:05non non je partage
00:44:06le même avis
00:44:08moi je ne vais pas
00:44:09te faire de concurrence
00:44:11imbécile
00:44:12mais par exemple
00:44:13dans la police
00:44:14on a une inspection
00:44:15générale de la police
00:44:16qui sanctionne
00:44:17qui fait peur
00:44:19aux policiers
00:44:19parce qu'elle est crainte
00:44:20et c'est très
00:44:21oui à la fin
00:44:21il peut y avoir sanction
00:44:22en administratif
00:44:23donc sur de la déontologie
00:44:25au niveau judiciaire
00:44:26il n'y a pas de cadeau
00:44:27de la même façon
00:44:27quand on rentre
00:44:28dans la police
00:44:29vous avez une enquête
00:44:30sur les candidats
00:44:31et pendant l'école
00:44:32on observe les candidats
00:44:34d'ailleurs
00:44:35vous avez des jurys
00:44:36d'aptitudes professionnelles
00:44:37dans les écoles
00:44:37et lorsqu'on sent
00:44:38qu'on a des dysfonctionnements
00:44:40des dérives déontologiques
00:44:42ou des profils
00:44:43qui sont problématiques
00:44:45et bien
00:44:45on les vire
00:44:47et je ne sais pas
00:44:48si on fait la même chose
00:44:48dans les écoles d'éducateurs
00:44:49ou à l'école même
00:44:51de la magistrature
00:44:52ou dans les autres métiers
00:44:53mais c'est intéressant
00:44:54et puis bien évidemment
00:44:55il faut se poser la question
00:44:56pourquoi certaines personnes
00:44:58viennent dans certaines institutions
00:45:00vu avec l'église
00:45:01on le voit dans le périscolaire
00:45:02dans tous les métiers
00:45:03il faut regarder pourquoi
00:45:04il faut avoir des outils
00:45:06peut-être avant même
00:45:07qu'ils rentrent en fonction
00:45:08pour pouvoir
00:45:10être sûr que ce ne soit pas
00:45:11par exemple pour rapprocher
00:45:12des jeunes enfants
00:45:12les neutraliser
00:45:13ou les signaler
00:45:14ça c'est absolument important
00:45:17après il y a ce qui relève
00:45:18et je l'ai dit
00:45:18de la police
00:45:19de la justice
00:45:20alors les dysfonctionnements
00:45:21graves en l'espèce
00:45:22les manques de moyens
00:45:23mais il y a aussi en amont
00:45:25bien sûr
00:45:25les problèmes sociétaux
00:45:26d'éducation
00:45:27de civisme
00:45:29voilà on découvre
00:45:30avec l'affaire Epstein
00:45:31également
00:45:32l'ampleur
00:45:33ça c'est tout en amont
00:45:36de la justice
00:45:37et de la police
00:45:38et c'est un vrai sujet sociétal
00:45:39on va s'interrompre
00:45:41quelques secondes
00:45:42dans ce 100% actu
00:45:43et puis on retournera
00:45:44sur le terrain
00:45:46nos équipes sur place
00:45:47ont récolté
00:45:48un témoignage
00:45:49le témoignage
00:45:49d'un papa
00:45:50dont la fille
00:45:51justement
00:45:52aurait été abusé
00:45:54par Jérôme Marrella
00:45:55on en parle
00:45:55juste après la pause
00:45:57et puis on parlera aussi
00:45:58on l'a beaucoup dit
00:45:58de la réponse politique
00:46:00est-ce qu'il faut
00:46:00sanctionner les juges
00:46:02et comment
00:46:02Bruno Retailleau
00:46:03a proposé des pistes
00:46:04on les verra ensemble
00:46:05juste après la pause
00:46:09Il est midi
00:46:10de retour
00:46:10dans 100% actu
00:46:11avec mes invités
00:46:12on va continuer
00:46:13à parler
00:46:14notamment de la marche blanche
00:46:15pour Liana
00:46:16qui sera organisée
00:46:17cet après-midi
00:46:18à 15h
00:46:18mais d'abord
00:46:19le reste de l'actualité
00:46:20avec Augustin Donadieu
00:46:21bonjour Augustin
00:46:25Bonjour Élodie
00:46:26bonjour à tous
00:46:27plus d'1,2 million
00:46:28d'Espagnols
00:46:28ont accueilli
00:46:29le pape Léon XIV
00:46:30dans les rues de Madrid
00:46:31ce matin
00:46:32le souverain pontife
00:46:33arrivé hier en Espagne
00:46:34pour une visite
00:46:35d'une semaine
00:46:35a célébré une messe
00:46:37en présence
00:46:37du roi Felipe VI
00:46:38et de la reine Laetitia
00:46:40tous ont communié
00:46:41sur la place de Sibelès
00:46:43où se rassemblent
00:46:44habituellement
00:46:45les fans du Real Madrid
00:46:46pour célébrer
00:46:47les titres
00:46:47du club de foot
00:46:49un assaillant
00:46:50a ouvert le feu
00:46:51dans une station
00:46:52service du centre
00:46:53d'Israël
00:46:54ce matin
00:46:54les faits
00:46:55se sont passés
00:46:56à Korav Yair
00:46:57localité israélienne
00:46:59accolée à la Cisjordanie
00:47:00occupée
00:47:00la police indique
00:47:01avoir neutralisé
00:47:02l'individu
00:47:03le magan David Adam
00:47:04a fait état
00:47:05d'un homme âgé
00:47:06de 30 ans décédé
00:47:07sans savoir s'il s'agissait
00:47:08des tireurs ou non
00:47:09et d'un autre homme
00:47:10hospitalisé dans un état grave
00:47:11les arméniens
00:47:13appelés aujourd'hui
00:47:14à voter pour des élections
00:47:15législatives déterminantes
00:47:17pour l'avenir du pays
00:47:18et la région
00:47:20ce scrutin
00:47:21fait figure de référendum
00:47:22sur le rapprochement
00:47:23avec l'Union Européenne
00:47:24et les Etats-Unis
00:47:25au détriment
00:47:25de la Russie
00:47:26cette réorientation politique
00:47:28est portée par le premier ministre
00:47:30Nicole Pachignan
00:47:31au pouvoir depuis 2018
00:47:33et favori
00:47:34dans les sondages
00:47:35et retour en France
00:47:36avec Bruno Rotaillot
00:47:37qui veut créer
00:47:38une cour disciplinaire
00:47:39de la magistrature
00:47:40elle pourrait prononcer
00:47:41d'éventuelles sanctions
00:47:42à la place de l'actuel
00:47:43conseil supérieur
00:47:44de la magistrature
00:47:45que le patron DLR
00:47:45juge trop corporatiste
00:47:47cette cour comprendrait
00:47:49un collège de citoyens
00:47:50désigné par tirage au sort
00:47:51qui siégerait
00:47:52aux côtés de magistrats
00:47:53et de personnalités qualifiées
00:47:57Merci beaucoup
00:47:58Augustin Donadieu
00:48:00je vous le disais
00:48:00ce dimanche à 15h
00:48:02une marche blanche
00:48:02est donc organisée
00:48:04à Florence
00:48:04la commune
00:48:05où résidait
00:48:06la collégienne
00:48:07l'hommage est organisé
00:48:08par le maire
00:48:09de la commune
00:48:10à la demande
00:48:10de la famille
00:48:11et de ses proches
00:48:12aucune autre présence politique
00:48:13n'est souhaitée
00:48:15par la famille
00:48:15de très nombreux
00:48:16habitants seront présents
00:48:18on regarde les faits
00:48:19avec Alexis Burry
00:48:23Jamais les quelques
00:48:246 000 âmes de Florence
00:48:25cette petite commune
00:48:26de Gascogne
00:48:27n'aurait imaginé
00:48:28devoir participer
00:48:29à un tel hommage
00:48:30alors pour soutenir
00:48:31concrètement la famille
00:48:33un t-shirt
00:48:34a été créé
00:48:35gratuitement
00:48:36par deux habitantes
00:48:37dont cette commerçante
00:48:38oui je n'ai fait
00:48:40du t-shirt
00:48:41avec elle
00:48:42avec son petit sourire
00:48:44qui nous restera
00:48:45au coeur
00:48:45à tout le monde
00:48:46une chose
00:48:47qu'on n'arrive pas
00:48:49à expliquer
00:48:49on n'a pas de mots
00:48:52on ne peut pas expliquer
00:48:53ce qu'on ressent
00:48:54nous les parents
00:48:55intérieurs de nous
00:48:56c'est vraiment
00:48:57tragique
00:48:58ce qui s'est passé
00:48:58les larmes des habitants
00:49:00qui se mêlent aujourd'hui
00:49:01à celles des parents
00:49:02de Liana
00:49:03sont des larmes
00:49:04de tristesse
00:49:05mais pas seulement
00:49:06ce sont aussi
00:49:07des larmes de colère
00:49:09la justice n'a pas fait
00:49:10son boulot
00:49:10alors pourquoi
00:49:11je ne l'en sais rien
00:49:13ça a été envoyé à droite
00:49:14ça a revenu à gauche
00:49:15le gars
00:49:16il était connu
00:49:17depuis janvier
00:49:18la marche blanche
00:49:19se terminera
00:49:20devant la mairie
00:49:20de Florence
00:49:21un rassemblement nécessaire
00:49:22pour faire face
00:49:23à l'horreur
00:49:24mais à un rituel
00:49:25devenu trop familier
00:49:27en France
00:49:27et qui attend
00:49:28fermement
00:49:29des réponses
00:49:30exigeantes
00:49:31de l'Etat
00:49:31et on se rend justement
00:49:33sur le terrain
00:49:34on rejoint Pauline Trevzer
00:49:35et Noemi Hardy
00:49:35bonjour et merci
00:49:36à toutes les deux
00:49:37d'être dans 100% Actu
00:49:39Pauline
00:49:39il me semble que vous avez
00:49:40justement récolté
00:49:42de nombreux témoignages
00:49:43et un témoignage
00:49:44ce matin
00:49:45d'un papa
00:49:46d'une petite fille
00:49:47expliquez-nous Pauline
00:49:51oui tout à fait
00:49:52Elodie
00:49:52nous avons recueilli
00:49:53en exclusivité
00:49:54avec Noemi Hardy
00:49:56le témoignage
00:49:56d'un père de famille
00:49:58dont la jeune fille
00:49:59aurait été également
00:50:00victime
00:50:01d'attouchements sexuels
00:50:03de la part
00:50:03de Jérôme Barrella
00:50:05sa fille
00:50:05était amie
00:50:06avec la petite fille
00:50:07de Jérôme Barrella
00:50:09il l'a appris
00:50:10vendredi dernier
00:50:11lors de la disparition
00:50:12de la petite Liana
00:50:14lorsqu'une cellule
00:50:15de crise
00:50:15a été mise en place
00:50:16au collège
00:50:17de Florence
00:50:18je vous propose
00:50:19d'écouter ce témoignage
00:50:22j'étais en classe ensemble
00:50:23donc du coup
00:50:24je connaissais très bien
00:50:25la fille de M. Jérôme Barrella
00:50:27ils étaient amis
00:50:28copineux
00:50:28ma fille a été aussi
00:50:30victime
00:50:30de cette histoire
00:50:31un protocole
00:50:33on va dire
00:50:33qu'il avait
00:50:34qu'il l'a invité
00:50:35pour faire une soirée pyjama
00:50:36même protocole
00:50:37avec soirée pizza
00:50:38et ainsi de suite
00:50:39elle a été victime
00:50:40d'attouchement
00:50:40ce monsieur là
00:50:41c'est tout
00:50:41ça date du mois
00:50:42de novembre
00:50:43ma fille a pu parler
00:50:44du coup
00:50:45si on a appris ça
00:50:46vendredi
00:50:46on a fait la dépôt
00:50:47de plainte vendredi
00:50:48à la gendarmerie
00:50:49il n'y a pas de mots
00:50:50je dis il n'y a pas de mots
00:50:50pour ça
00:50:52moi je ferais justice
00:50:52moi-même
00:50:53mais si il n'y aurait pas
00:50:55eu cette faute judiciaise
00:50:57de la justice
00:50:57mon avis
00:50:58ce monsieur là
00:50:58aurait dû être
00:50:59déjà auditionné
00:51:00depuis longtemps
00:51:01très longtemps
00:51:01par rapport à la plainte
00:51:02de la maman
00:51:03du mois d'août
00:51:03qui a été
00:51:04en 2025
00:51:07ce monsieur
00:51:08aurait dû auditionner
00:51:09peut-être que
00:51:09toute cette histoire là
00:51:10ne sera pas passée
00:51:12vous avez entendu
00:51:13ce témoignage
00:51:14très fort
00:51:15cette colère
00:51:16partagée ici
00:51:17par tous les habitants
00:51:18de Florence
00:51:19et des communes
00:51:20alentours
00:51:20pourquoi Jérôme B
00:51:22ce pédocriminel
00:51:23présumé
00:51:24était-il encore en liberté
00:51:26merci beaucoup
00:51:27Pauline Trevzer
00:51:28merci à Noémie Hardy
00:51:29qui vous a accompagné
00:51:30Florence Rau
00:51:31quand on entend ce papa
00:51:32et on remercie vraiment
00:51:33d'ailleurs nos équipes
00:51:34sur le terrain
00:51:35qui font tout ce travail
00:51:36aussi de récolter
00:51:36ces témoignages
00:51:37pour qu'on comprenne
00:51:38un peu ce qui se passe
00:51:39ce papa qui parle même
00:51:40de protocole
00:51:41c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:51:41où les langues se délient
00:51:42on se rend compte
00:51:43que ce suspect
00:51:45en fait évidemment
00:51:45qu'il a fait déjà
00:51:46un certain nombre de victimes
00:51:48peut-être d'autres
00:51:48parce que c'est aussi
00:51:49le moment où les parents
00:51:50montrent parfois
00:51:51les photos de cette personne
00:51:52à leurs enfants
00:51:53et qu'on comprend en fait
00:51:54le désastre
00:51:55et tout ce qui se passe
00:51:56derrière cette affaire
00:51:56oui alors c'est vrai
00:51:58qu'on entend un certain nombre
00:51:59de témoignages
00:52:00et que peut-être
00:52:00pris isolément
00:52:01il y a des choses
00:52:02qui
00:52:03là c'est pas le cas
00:52:04mais il y a eu aussi
00:52:05d'autres choses
00:52:06qui ont été dites
00:52:06qui isolément
00:52:07ne sont pas forcément
00:52:09significatives
00:52:10là on parle quand même
00:52:11d'attouchement
00:52:12donc de toute façon
00:52:13je pense que
00:52:14ces attouchements
00:52:14il faut les signaler
00:52:16quand ils arrivent
00:52:17parce qu'il est important
00:52:18d'entendre l'enfant
00:52:20et puis de déterminer
00:52:22de manière sérieuse
00:52:24si oui
00:52:25ça s'est bien passé
00:52:26comme ça
00:52:26si non
00:52:27peut-être pour x y raison
00:52:29l'enfant aurait dénoncé
00:52:31quelque chose
00:52:31qui ne correspondrait pas
00:52:32ça arrive aussi
00:52:33on n'est pas à l'abri
00:52:34de découvrir
00:52:36des choses surprenantes
00:52:37donc tous ces témoignages
00:52:40c'est important
00:52:41qu'ils soient recueillis
00:52:42et je pense que
00:52:44il y a aussi sûrement
00:52:45des gens qui sont
00:52:47un peu désabusés
00:52:48de la justice
00:52:49et qui se disent
00:52:50je vais aller déposer
00:52:52plainte
00:52:52mais ça va faire quoi
00:52:53alors je vous entendais
00:52:55monsieur dire tout à l'heure
00:52:56qu'il faudrait
00:52:57que les commissariats
00:52:59les gendarmeries
00:53:00soient désengorgés
00:53:01et qu'on prenne peut-être
00:53:02pas toutes les plaintes
00:53:03mais j'ai un petit bémol
00:53:05à apporter à ce propos
00:53:06je comprends
00:53:07je comprends votre propos
00:53:08et je comprends
00:53:09que les services
00:53:10sont engorgés
00:53:11et que c'est compliqué
00:53:12de tout gérer
00:53:12mais il y a aussi
00:53:14des gens qui viennent
00:53:15me voir
00:53:16et qui me disent
00:53:16j'ai voulu déposer plainte
00:53:18pour ça
00:53:18on m'a dit non
00:53:19ça c'est un problème
00:53:20quand même
00:53:21et également
00:53:22autour de problématiques
00:53:24pour déclarer
00:53:25qu'on m'a volé
00:53:26mon téléphone
00:53:27ou autre chose
00:53:27parce que ça
00:53:28évidemment
00:53:29ça devrait être
00:53:30organisé
00:53:31pour qu'on puisse déposer
00:53:32plainte en ligne
00:53:33éventuellement
00:53:33ce qu'on appelle
00:53:34les plaintes pour l'assurance
00:53:35où vous avez besoin
00:53:36du papier pour l'assurance
00:53:36il faut qu'il y ait des services
00:53:37qui s'en occupent
00:53:38et qui justement
00:53:39permettent de désengorger
00:53:41tout en ne pénalisant
00:53:42pas ceux qui ont besoin
00:53:43de déposer plainte quand même
00:53:44mais que ça désengorge
00:53:45les services
00:53:46qui vont devoir se pencher
00:53:47sur des dossiers
00:53:49beaucoup plus graves
00:53:49quand même
00:53:50vous voyez
00:53:50et là
00:53:52aujourd'hui
00:53:53on se rend compte
00:53:54qu'en effet
00:53:55avec la médiatisation
00:53:56qu'il y a eu
00:53:57et avec tout ce qui est porté
00:53:59à la connaissance
00:54:00du public
00:54:01et bien chacun
00:54:02qui ne connaissait peut-être
00:54:03pas les tenants
00:54:04et aboutissants
00:54:05est en mesure
00:54:05de venir dire
00:54:07oui ben moi
00:54:08il est arrivé ça aussi
00:54:09moi aussi
00:54:09j'ai fait un signalement
00:54:10c'est un peu seul quelque part
00:54:11qui est en train de se constituer
00:54:12absolument
00:54:12et ça c'est le travail
00:54:15normalement
00:54:15de la justice
00:54:16de la police
00:54:17de faire ça
00:54:17et on se rend compte
00:54:18aujourd'hui
00:54:19parce que
00:54:20nos services
00:54:21publics
00:54:22sont totalement sinistrés
00:54:23on se rend compte
00:54:24que finalement
00:54:25la presse
00:54:26fait un meilleur travail
00:54:27et un travail
00:54:28beaucoup plus efficace
00:54:29c'est dommage
00:54:29parce que c'est pas son boulot
00:54:30à la presse non plus
00:54:31c'est d'informer
00:54:32c'est pas d'enquêter
00:54:33c'est d'informer
00:54:34c'est pas d'enquêter
00:54:35normalement
00:54:36mais la justice
00:54:37est plus capable
00:54:38et la police
00:54:39n'est parfois plus capable
00:54:41d'enquêter
00:54:42et je modère mon propos
00:54:44en disant que
00:54:45c'est pas tant
00:54:47les critiques
00:54:47que je pourrais adresser
00:54:48ne s'adressent pas tant
00:54:50aux services enquêteurs
00:54:51bien sûr
00:54:51qui bien souvent
00:54:53mais il y a aussi
00:54:54des exceptions
00:54:55il y a des feignants partout
00:54:56il faut quand même
00:54:57pas se leurrer
00:54:57chez nous aussi
00:55:00mais il se trouve
00:55:02quand même
00:55:02qu'il ne faut pas
00:55:04oublier une chose
00:55:05qui est primordiale
00:55:06c'est que les enquêteurs
00:55:07ne peuvent enquêter
00:55:09que sur ordre
00:55:10du parquet
00:55:11je voudrais que vous répondiez
00:55:12parce que Frédéric Lose
00:55:13comme vous avez été interpellé
00:55:14puis après on va rejoindre
00:55:14Francis Nachard
00:55:15procureur général honoraire
00:55:16il faut ramener
00:55:18les choses plus précises
00:55:19vous êtes trompé
00:55:20j'ai pas dit
00:55:21que la police
00:55:22ne doit pas pouvoir
00:55:23prendre les plaintes
00:55:24je dis qu'il y a des gens
00:55:25qui viennent au commissariat
00:55:26ça ne relève pas d'une plainte
00:55:27ça relève d'un litige civil
00:55:29ça relève de quelque chose
00:55:31qui devrait être une médiation
00:55:32et c'est ça qui est en bourbe
00:55:34c'est ce principe de précaution
00:55:35c'est bien ce que j'ai dit
00:55:37précisément
00:55:39après évidemment
00:55:40il y a d'autres problèmes
00:55:42sur le problème
00:55:43des stocks
00:55:44qui enflent
00:55:45il faut quand même
00:55:45se poser des questions
00:55:46qu'est-ce qui s'est passé
00:55:47pour qu'en 40 ans
00:55:48ça enfle
00:55:49bon
00:55:50est-ce qu'il y a 40 000%
00:55:52d'augmentation de la DNK
00:55:53il y a une augmentation
00:55:53de la DNK
00:55:54il y a surtout la complexité
00:55:56de la procédure pénale
00:55:57qui fait que les policiers
00:55:58ont l'impression
00:55:59de faire des procédures
00:56:01et désormais
00:56:01ils ne font plus d'enquête
00:56:02ils font des procédures
00:56:04voilà à quoi ça va
00:56:05ils craquent du papier
00:56:05ça c'est sûr
00:56:06voilà
00:56:06après au niveau des
00:56:08pour terminer
00:56:09il faut qu'on rejoigne
00:56:09Francis Nachard
00:56:10voilà les policiers
00:56:11ont besoin d'autonomie
00:56:12d'initiative
00:56:13de contrôle à postériori
00:56:14et pas d'être
00:56:16bridé tout le temps
00:56:17a priori
00:56:18sinon ce ne sont plus
00:56:18des enquêteurs
00:56:19ça devient des greffiers
00:56:20et là
00:56:21on a besoin d'enquêteurs
00:56:22on va rejoindre justement
00:56:24Francis Nachard
00:56:25procureur général
00:56:26honoraire
00:56:26bonjour et merci
00:56:27d'être l'invité
00:56:28de CNews
00:56:29vous étiez notamment
00:56:29procureur de la République
00:56:30pendant l'affaire
00:56:31Fourniray-Olivier
00:56:32on entend ces dysfonctionnements
00:56:34de plus en plus
00:56:35sur l'affaire
00:56:36Liana
00:56:37ces plaintes
00:56:38peut-être pas prises au sérieux
00:56:39ce temps de justice
00:56:40qui est trop long
00:56:41est-ce que vous
00:56:42cela vous étonne
00:56:43ou est-ce que vous vous dites
00:56:44qu'en l'état actuel
00:56:46de notre justice
00:56:46malheureusement
00:56:47cette affaire
00:56:48n'est pas si étonnante
00:56:48que cela
00:56:51oui bonjour
00:56:52tout d'abord
00:56:52ça ne m'étonne absolument pas
00:56:54ça fait des années
00:56:55que l'on met
00:56:56qu'on est un certain nombre
00:56:58à alerter
00:56:59sur la multiplication
00:57:01non pas de ces faits divers
00:57:03parce que c'est très loin
00:57:04d'être un fait divers
00:57:05ce sont des faits de société
00:57:06des faits de société
00:57:07dus naturellement
00:57:09à des erreurs individuelles
00:57:10elles sont
00:57:11à mon sens
00:57:12incontestables
00:57:13les inspections le diront
00:57:14ces erreurs individuelles
00:57:16ces graves
00:57:17dysfonctionnements individuels
00:57:19ne sont pas dues seulement
00:57:21à la procureure
00:57:22d'Auche
00:57:22parce que c'est un petit peu
00:57:24facile de crier à Rau
00:57:25sur la procureure d'Auche
00:57:26au point d'ailleurs
00:57:27qu'elle reçoit
00:57:27des lettres de menaces
00:57:28c'est dû aussi
00:57:29à d'autres parquets
00:57:30je pense au parquet de Toulouse
00:57:31c'est dû à ces neuf mois
00:57:32complètement délirants
00:57:34on doit transmettre
00:57:36une procédure comme ça
00:57:37le jour même
00:57:37où on la reçoit
00:57:38enfin en janvier 2025
00:57:40c'est quand même
00:57:41une petite
00:57:42une gamine de dix ans
00:57:44on sait qu'elle a fait
00:57:46l'objet
00:57:46de graves lésions
00:57:47anales
00:57:48de graves lésions
00:57:49vaginales
00:57:50il y a une expertise
00:57:50psychologique
00:57:51comment peut-on
00:57:52transmettre ça
00:57:53par courrier
00:57:53bientôt ce sera
00:57:54l'utilisation
00:57:55des charrettes à foin
00:57:56comment ne peut-on
00:57:58ne pas décrocher
00:57:58son téléphone
00:57:59et doubler ça
00:58:00par mail
00:58:00pour prévenir
00:58:01comment pour les gendarmes
00:58:03aussi
00:58:03parce qu'ils auront aussi
00:58:04peut-être à répondre
00:58:05de dysfonctionnement
00:58:06de leur part
00:58:06comment mettre ça
00:58:07sous le coude
00:58:08ou sous une pied de courrier
00:58:10enfin il y a toute une série
00:58:11de dysfonctionnements
00:58:12très graves
00:58:13individuels
00:58:14personnels
00:58:15qui méritent
00:58:15naturellement
00:58:16d'être sanctionnés
00:58:17il ne faut pas du tout
00:58:17faire preuve de corporatisme
00:58:19comme je l'entends
00:58:19depuis un certain nombre
00:58:21de jours
00:58:22mais il y a aussi
00:58:23et c'est là où
00:58:24je suis un peu en colère
00:58:25je l'ai déjà dit
00:58:26et pardonnez-moi
00:58:27si j'utilise des termes forts
00:58:29il y a quand même
00:58:29une absence totale
00:58:32de vision de la justice
00:58:33de la part du président
00:58:34de la république
00:58:35qui parle de sentiment
00:58:36d'insécurité
00:58:37qui parle de bourrage
00:58:38de crâne
00:58:39de façon un peu méprisante
00:58:41qui en 2017
00:58:43fait des chantiers
00:58:43de la justice
00:58:44en 2021
00:58:45les états généraux
00:58:46de la justice
00:58:47qui n'en tirent absolument
00:58:48pas compte
00:58:48qui met personnellement
00:58:50en place
00:58:51la commission
00:58:51de lutte contre
00:58:53les violences
00:58:53faites aux enfants
00:58:54avec le juge
00:58:56avec le juge Durand
00:58:56qui sera d'ailleurs
00:58:57qui fait 82 propositions
00:58:59dont certaines
00:59:00évidences
00:59:01et qui concernent
00:59:02directement l'affaire
00:59:03dont on parle aujourd'hui
00:59:04juge Durand
00:59:04qui sera écarté
00:59:05très rapidement
00:59:06parce qu'il a peut-être
00:59:07le mérite
00:59:07lui aussi
00:59:08de parler un peu clair
00:59:09alors il y a une responsabilité
00:59:11naturellement individuelle
00:59:13il y a une responsabilité
00:59:14collective
00:59:15et je n'oublie pas
00:59:16l'éducation nationale
00:59:17et cette absence
00:59:18de signalement
00:59:19dont on a parlé
00:59:19il y a une responsabilité
00:59:21politique évidente
00:59:22parce que depuis 2017
00:59:24et je le répète
00:59:24c'est pas une obsession
00:59:25mais c'est une réalité
00:59:26depuis 2017
00:59:28il n'y a absolument
00:59:29aucun intérêt porté
00:59:31pour le régalien
00:59:32police
00:59:33justice
00:59:34gendarmerie
00:59:35aucun
00:59:35sans doute d'ailleurs
00:59:36il manque de moyens
00:59:37dans la justice
00:59:37et un certain nombre
00:59:38de réformes
00:59:39datent aussi
00:59:39je pense malheureusement
00:59:41d'avant 2017
00:59:42une fois qu'on a parlé
00:59:43de ces responsabilités
00:59:44qu'elles soient individuelles
00:59:45ou politiques
00:59:46on se dit
00:59:47est-ce que vraiment
00:59:47les choses peuvent s'améliorer
00:59:49on est dans le temps
00:59:50de l'émotion
00:59:50donc tout le monde
00:59:51évidemment déplore
00:59:52condamne
00:59:53s'excuse
00:59:53mais une fois que l'émotion
00:59:55sera passée
00:59:55est-ce qu'on peut se dire
00:59:56que demain
00:59:57les choses pourraient aller mieux
00:59:58pour la justice
00:59:59et que les français
01:00:00pourraient se dire
01:00:01qu'on a vraiment
01:00:01une justice qui fonctionne
01:00:05je l'espère
01:00:06je suis plutôt pessimiste
01:00:08parce que déjà
01:00:09en termes de moyens
01:00:10on va vous dire
01:00:10on a considérablement
01:00:11augmenté le budget
01:00:12de la justice
01:00:13on l'a augmenté
01:00:14c'est vrai
01:00:14on n'a même pas
01:00:15rattrapé le retard
01:00:16que l'on a accumulé
01:00:18depuis 30 ou 40 ans
01:00:19on ne fera pas
01:00:20grand chose de plus
01:00:21sur la numérisation
01:00:22par exemple
01:00:22qui est une catastrophe
01:00:23absolue
01:00:24là il n'y a aucune
01:00:24sanction sur les responsables
01:00:26qui sont à l'origine
01:00:27de cette catastrophe
01:00:28et là-dessus
01:00:29compte tenu
01:00:29de l'état catastrophique
01:00:30de nos finances publiques
01:00:31il ne faut pas compter
01:00:32non plus
01:00:33que l'on puisse rattraper
01:00:35ce retard
01:00:35dans les années à venir
01:00:36donc j'espère
01:00:38j'espère qu'effectivement
01:00:39il y aura enfin
01:00:40une vraie prise de conscience
01:00:41il y aura une prise
01:00:42de responsabilité
01:00:43de nos gouvernants
01:00:45qui sont à l'origine
01:00:46de ces marches blanches
01:00:48qui s'enchaînent
01:00:49tous les 6 mois
01:00:49quand même
01:00:49c'est pour ça
01:00:50que je suis un peu en colère
01:00:51il y a tout de même
01:00:52des détresses perpétuelles
01:00:54pour les familles
01:00:54j'espère qu'on renversera
01:00:56la table
01:00:57que l'on remettra tout
01:00:58posément
01:01:00sur le chantier
01:01:01que l'on ouvrira
01:01:02enfin un véritable chantier
01:01:04sur l'état
01:01:05de la justice pénale
01:01:07catastrophique
01:01:08que connaît aujourd'hui
01:01:08notre pays
01:01:09que l'on réforme
01:01:11en profondeur
01:01:12il ne suffira pas
01:01:13d'une circulaire
01:01:14ou d'une réunion
01:01:15des procureurs généraux
01:01:16pour régler le problème
01:01:17mais je suis plutôt
01:01:18pessimiste
01:01:19en l'état actuel
01:01:20on l'entend
01:01:22merci beaucoup
01:01:23Francis Najbar
01:01:24procureur général honoraire
01:01:26d'avoir été
01:01:26avec nous
01:01:28on va parler maintenant
01:01:29de l'angle politique
01:01:30je vous le disais
01:01:30dans cette marche blanche
01:01:31à 15h
01:01:32il n'y aura pas
01:01:32de présence politique
01:01:34hormis les élus locaux
01:01:35qui se sont tenus
01:01:36aux côtés
01:01:37de la famille
01:01:38nos équipes sur place
01:01:39sont allées interroger
01:01:40les habitants
01:01:41notamment de Florence
01:01:42et des alentours
01:01:42est-ce qu'ils comprennent
01:01:43l'absence de politique
01:01:44écoutez-les
01:01:46je pense pas qu'ils viennent ici
01:01:48non
01:01:50je suis tout à fait d'accord
01:01:51avec la famille
01:01:52pas de politique
01:01:53parce que
01:01:54bon on a vu
01:01:55on voit les limites
01:01:57on a vu l'intervention
01:01:58de Darmanin
01:02:00il a montré
01:02:01plus ou moins
01:02:02il a démontré
01:02:02en tout cas
01:02:03son dernier discours
01:02:07oui mais
01:02:08je pense que
01:02:10c'est pas sa place
01:02:11là il devrait mieux
01:02:12s'abtenir
01:02:13voilà
01:02:14la place est au recueillement
01:02:16à la famille
01:02:18aux maires des communes
01:02:19environnantes
01:02:20qui ont soutenu
01:02:21le maire de Florence
01:02:23mais en aucun cas
01:02:24il doit y avoir
01:02:26de récupération politique
01:02:27quelle qu'elle soit
01:02:28de quelque partie
01:02:30que ce soit
01:02:30ils n'ont pas leur place ici
01:02:32c'est tout
01:02:34Garima
01:02:34on voit aussi
01:02:35un certain fossé
01:02:36qui se creuse
01:02:36c'est-à-dire que
01:02:38le maire
01:02:39ou les maires
01:02:39des villages alentours
01:02:40sont les bienvenus
01:02:41parce qu'ils ont aidé
01:02:42la famille
01:02:42en revanche
01:02:43la famille est très claire
01:02:43et les habitants
01:02:44ne veulent pas
01:02:46de politique
01:02:47ni dans la marche blanche
01:02:49ni d'ailleurs
01:02:50ce qu'ils appellent
01:02:50cette récupération
01:02:52parce qu'ils ne font
01:02:52sans doute plus
01:02:53confiance aux politiques aussi
01:02:54oui c'est ça
01:02:55il y a ce lien de confiance
01:02:56qui a été rompu
01:02:57il y a cet esprit
01:02:59presque d'avoir été
01:03:00trahi
01:03:02par ces institutions
01:03:03qui doivent nous défendre
01:03:05par l'État
01:03:05dont la mission première
01:03:06finalement
01:03:07est d'assurer
01:03:08la sécurité des citoyens
01:03:09donc il y a cette forme
01:03:10de faillite
01:03:11cette colère
01:03:12mais je le vois aussi
01:03:13d'un point de vue
01:03:15symbolique
01:03:15c'est une forme
01:03:16de rituel
01:03:17maintenant
01:03:17une sorte de rituel
01:03:18de civilisation
01:03:19qui nous reste
01:03:20il y a quelque chose
01:03:21de
01:03:23moi je vous dirais
01:03:23il y a quelque chose
01:03:24presque de fataliste
01:03:25en même temps
01:03:26c'est une forme
01:03:28d'aveu d'impuissance
01:03:29et en même temps
01:03:29c'est un rituel
01:03:30de civilisation
01:03:31où on a besoin
01:03:32d'avoir un espace
01:03:33où on peut se recueillir
01:03:35un espace
01:03:35de solidarité
01:03:37un espace
01:03:38où finalement
01:03:39on se reconnecte
01:03:40les uns aux autres
01:03:41parce qu'il y a
01:03:42une douleur
01:03:43qui est incommensurable
01:03:44donc il y a cet aspect
01:03:46qui est important
01:03:47mais l'autre aspect
01:03:48sur la récupération
01:03:50je trouve que malheureusement
01:03:53malheureusement
01:03:53en fait cette idée
01:03:54de récupération
01:03:55elle a été aussi
01:03:56un peu galvaudée
01:03:57c'est-à-dire que c'est aussi
01:03:58le rôle
01:03:59je comprends que la famille
01:04:00les proches
01:04:01n'aient pas envie
01:04:01que les politiques
01:04:02se mêlent de ça
01:04:04en ce moment
01:04:04parce qu'il y a
01:04:06cette défaillance
01:04:07on a parlé de cette défaillance
01:04:08dans la chaîne pénale
01:04:09mais c'est aussi
01:04:11le rôle du politique
01:04:12de se saisir
01:04:13des événements
01:04:14pour essayer
01:04:15de changer les choses
01:04:16d'améliorer les choses
01:04:17et moi aussi
01:04:18ce que j'observe
01:04:19dans cette histoire
01:04:20je regarde les médias
01:04:21les politiques
01:04:22parlent beaucoup
01:04:23de cette histoire
01:04:24mais il y a des histoires
01:04:25où il ne fallait pas
01:04:27trop en parler
01:04:27où c'était automatiquement
01:04:29de la récupération politique
01:04:30je fais référence
01:04:31notamment
01:04:31par exemple
01:04:32à l'affaire Lola
01:04:33parce que
01:04:34dans ce cas-ci
01:04:35il y avait
01:04:35un vrai enjeu
01:04:36c'était
01:04:37la question
01:04:38de la régulation
01:04:39des flux migratoires
01:04:40c'était
01:04:40l'enjeu
01:04:42des OQTF
01:04:43non exécutifs
01:04:43ça n'était pas
01:04:44la bonne victime
01:04:44elle n'était pas
01:04:45le bon coupable
01:04:46non plus
01:04:46voilà
01:04:46et donc
01:04:47parce que
01:04:48si on se saisissait
01:04:49de cette question
01:04:50qui était fondamentale
01:04:51et bien là
01:04:52c'était de la récupération politique
01:04:54c'était aussi une façon
01:04:55d'évacuer
01:04:56ça n'existe pas
01:04:57de ne pas prendre
01:04:58les responsabilités
01:04:59donc je fais la nuance
01:05:01entre le respect
01:05:01de la famille
01:05:02de ses souhaits
01:05:03effectivement de vivre
01:05:04ce moment de recueillement
01:05:05mais aussi le rôle
01:05:07du politique
01:05:07après qui est de se saisir
01:05:08des événements
01:05:09pour changer aussi
01:05:10la vie des gens
01:05:11et je vous rappelle
01:05:11que cette marche blanche
01:05:12sera à partir de 15h
01:05:14et évidemment
01:05:14à suivre sur CNews
01:05:16la réponse politique
01:05:17avec cette piste
01:05:18de Bruno Retailleau
01:05:19l'ancien ministre
01:05:20de l'Intérieur
01:05:21est candidat à l'élection présidentielle
01:05:23veut donc pouvoir
01:05:23sanctionner
01:05:24les magistrats
01:05:25qui commettent
01:05:26des fautes professionnelles
01:05:28il dénonce un naufrage
01:05:29de l'institution judiciaire
01:05:30et donc veut modifier
01:05:31les mécanismes de sanction
01:05:33on regarde d'abord
01:05:34ses propos
01:05:34avec Nicolas Roger
01:05:35et puis ensuite
01:05:36je vous demande
01:05:36votre avis
01:05:39Bruno Retailleau
01:05:40appelle à une révolution pénale
01:05:42le président des républicains
01:05:44dénonce des fautes graves
01:05:45dans plusieurs affaires
01:05:46et un laxisme judiciaire ambiant
01:05:49il appelle l'état
01:05:50à remplir ses devoirs
01:05:52je considère
01:05:53que l'état
01:05:53doit rendre des comptes
01:05:54quand il a failli
01:05:55à ses devoirs élémentaires
01:05:56et le premier d'entre eux
01:05:58est la protection des français
01:05:59pour Bruno Retailleau
01:06:00l'une des causes
01:06:01de la mort de Liana
01:06:02c'est l'administration française
01:06:04beaucoup trop lourde
01:06:06selon le président
01:06:07des républicains
01:06:07ce drame est révélateur
01:06:09de la bureaucratie française
01:06:10l'état est devenu
01:06:12une machine
01:06:12totalement grippée
01:06:13dont les commandes
01:06:14ne répondent plus
01:06:15Bruno Retailleau
01:06:16revient également
01:06:17sur la circulaire
01:06:18adressée en janvier 2025
01:06:20par Gérald Darmanin
01:06:21au magistrat
01:06:22concernant la priorisation
01:06:23des enfants victimes
01:06:24de violences
01:06:25l'ancien ministre
01:06:26de l'intérieur
01:06:27interpelle ceux
01:06:28qui mettent en avant
01:06:28l'indépendance
01:06:29de la justice française
01:06:30ce n'est pas
01:06:31d'indépendance
01:06:32du parquet
01:06:32dont nous avons besoin
01:06:33mais d'un parquet
01:06:34qui respecte
01:06:35les circulaires
01:06:35du ministre
01:06:36de la justice
01:06:36aujourd'hui
01:06:37les sanctions
01:06:38à l'égard des magistrats
01:06:39dépendent du conseil
01:06:41de la magistrature
01:06:42jugé trop corporatiste
01:06:44par Bruno Retailleau
01:06:45ce dernier souhaite
01:06:47créer une cour
01:06:47disciplinaire
01:06:48de la magistrature
01:06:49à la place
01:06:50avec en son sein
01:06:51un collège de citoyens
01:06:52tiré au sort
01:06:53aux côtés de magistrats
01:06:55et de personnalités
01:06:56qualifiées
01:06:56cette cour ne sera pas
01:06:58présidée par un magistrat
01:06:59mais par l'un des autres
01:07:00membres
01:07:00élus par ses pairs
01:07:02candidat à l'élection
01:07:03présidentielle
01:07:04Bruno Retailleau
01:07:05souhaite une révision
01:07:06constitutionnelle
01:07:07avec entre autres
01:07:08la réhabilitation
01:07:09du référendum
01:07:11voilà pour les propositions
01:07:12de Bruno Retailleau
01:07:13on va en parler
01:07:14après la pause
01:07:14vous me direz
01:07:15si cela vous semble
01:07:16être de bonne piste
01:07:17ou non
01:07:17et puis on sera
01:07:18avec le porte-parole
01:07:19du ministère de la justice
01:07:20Sacha Stropkane
01:07:21qui nous dira
01:07:22justement
01:07:23où nous en sommes
01:07:24les dernières informations
01:07:25est-ce que la justice
01:07:26peut être sanctionnée
01:07:28comme le veut
01:07:28Bruno Retailleau
01:07:29on en parle
01:07:29après la pause
01:07:30restez avec nous
01:07:34Ne retour pour la dernière partie
01:07:35de 100% actu
01:07:37dans un instant
01:07:37nous serons avec
01:07:38le porte-parole
01:07:39du ministère de la justice
01:07:40mais d'abord
01:07:40on va réagir
01:07:41à ces propos
01:07:42de Bruno Retailleau
01:07:43le président des républicains
01:07:44et candidat
01:07:45à l'élection présidentielle
01:07:47donc Florence Rau
01:07:48on l'a entendu
01:07:48qui veut pouvoir
01:07:49sanctionner
01:07:50les magistrats
01:07:51il s'attaque aussi
01:07:52au conseil constitutionnel
01:07:54à ce super pouvoir judiciaire
01:07:55en quelque sorte
01:07:56qu'est-ce que vous pensez
01:07:57de ces propositions ?
01:07:59Ces propositions
01:08:00sont-elles
01:08:01de la communication
01:08:03pure et stricte
01:08:04ou est-ce que ça procède
01:08:06d'une réelle volonté
01:08:07de réformer les choses ?
01:08:08Il va quand même être temps
01:08:09qu'un jour
01:08:10quelqu'un s'y colle
01:08:11forcément
01:08:12parce que c'est pas la première fois
01:08:13qu'on nous dit
01:08:14que c'est pas normal
01:08:15que les magistrats
01:08:16ne soient pas responsables
01:08:16c'est pas normal que ceci
01:08:17c'est pas normal que cela
01:08:18donc à force d'entendre
01:08:20toujours les mêmes propos
01:08:21on comprend que les français
01:08:22soient totalement désabusés
01:08:25maintenant
01:08:25c'est un constat
01:08:27les magistrats
01:08:28vous ne pouvez pas
01:08:29engager leurs responsabilités
01:08:31personnelles
01:08:32si tant est
01:08:32que leurs responsabilités
01:08:33soient engagées
01:08:34bien sûr
01:08:34et là je ne fais de procès
01:08:36à personne
01:08:36c'est pas le moment
01:08:38c'est pas ma place
01:08:38et j'ai pas suffisamment
01:08:40oui c'est comme ça
01:08:40c'est comme ça
01:08:41mais en tout cas
01:08:42j'observe que dans la société civile
01:08:44n'importe qui dans son boulot
01:08:46qui commet des erreurs
01:08:48est viré
01:08:48d'accord
01:08:50et puis on discute
01:08:51au prud'homme après
01:08:52alors on entend bien
01:08:53que les magistrats
01:08:54on ne les envoie pas
01:08:54au prud'homme
01:08:55oui bien sûr
01:08:55ce sera d'autres instances
01:08:56encore particuliers
01:08:57mais cette instance
01:08:58n'existe pas pour le moment
01:08:59sauf le CSM
01:09:00le syndicat
01:09:01le conseil supérieur
01:09:03de la magistrature
01:09:03voilà merci
01:09:05qui
01:09:05et là aussi
01:09:07c'est un constat
01:09:08ne sanctionne
01:09:09quasiment jamais
01:09:10mais personne
01:09:10voilà
01:09:11on l'a vu
01:09:12à l'occasion
01:09:13de l'affaire Doutreau
01:09:13à l'occasion
01:09:14d'autres affaires
01:09:15on peut vraiment parler
01:09:16de désastre judiciaire
01:09:17on est entre soi
01:09:18et puis voilà
01:09:19vous l'avez rappelé
01:09:20tout à l'heure monsieur
01:09:21dans la police
01:09:22les gens sont virés
01:09:23quand ils font des conneries
01:09:25ils sont virés
01:09:26chez les avocats
01:09:27quand ils dysfonctionnent
01:09:28gravement
01:09:29ils sont virés aussi
01:09:30et partout
01:09:31ça se passe comme ça
01:09:32oui normalement
01:09:33mais pas
01:09:34mais pas
01:09:35dans la sphère judiciaire
01:09:38donc il faut
01:09:39peut-être
01:09:40qu'à un moment donné
01:09:41je ne dis pas
01:09:42qu'il faut à chaque instant
01:09:43mettre en cause
01:09:44des buts
01:09:45parce qu'il y a
01:09:46beaucoup de magistrats
01:09:47qui font très bien
01:09:48leur travail
01:09:50et malheureusement
01:09:51là on est confronté
01:09:52à un grave dysfonctionnement
01:09:54on nous dira
01:09:55et je pense
01:09:56que les investigations
01:09:57nous diront
01:09:57si c'est plutôt
01:09:58le parquet
01:09:59qui n'a pas fait son boulot
01:10:00ou si ce sont
01:10:02les enquêteurs
01:10:02qui n'ont pas fait
01:10:03leur boulot
01:10:03qu'elles parquaient
01:10:04parce qu'il y en a
01:10:05plusieurs qui ont été
01:10:07sur le coup
01:10:07mais à partir du moment
01:10:10où on va
01:10:11si on y arrive
01:10:12caractériser une faute
01:10:13oui il faut que
01:10:15l'auteur de cette faute
01:10:17soit traduite devant
01:10:19alors peut-être
01:10:20un conseil de discipline
01:10:22nouvellement créé
01:10:23ou je ne sais quelle instance
01:10:24mais oui
01:10:25il faut que la responsabilité
01:10:27soit engagée
01:10:27parce qu'aujourd'hui
01:10:28quand vous avez
01:10:29un service de l'État
01:10:30qui dysfonctionne
01:10:31vous ne pouvez pas
01:10:32attaquer le service
01:10:33de l'État
01:10:33vous attaquez l'État
01:10:34oui la personne
01:10:34est responsable
01:10:35en tout cas personne
01:10:35à la fin
01:10:36ne sera jugée responsable
01:10:37vous attaquez l'État
01:10:38dans le cadre
01:10:39d'une procédure civile
01:10:41alors le pénal
01:10:41n'est pas la panace
01:10:42c'est pour tout
01:10:42on est d'accord
01:10:43mais vous attaquez l'État
01:10:44dans un cadre civil
01:10:48et au mieux
01:10:49vous obtenez
01:10:493 francs 6 sous
01:10:50de dommages intérêts
01:10:51avec ça
01:10:52on n'est pas beaucoup avancé
01:10:53ça ne donne pas
01:10:54grande consolation
01:10:55ça ne change rien
01:10:57et en tout cas
01:10:58l'auteur du trouble
01:10:59de la faute
01:11:00n'est pas sanctionné
01:11:01il s'en fout
01:11:02c'est pas son argent
01:11:03oui
01:11:03et à la fin
01:11:04s'il n'y a pas de sanction
01:11:05effectivement
01:11:05il y a une certaine
01:11:06aussi impunité
01:11:07on le disait
01:11:07avec des magistrats
01:11:08qui commettent des erreurs
01:11:09au mieux
01:11:09on est déplacé
01:11:10on est envoyé ailleurs
01:11:12bon voilà
01:11:12c'est pas une énorme
01:11:13mais c'est vrai que c'est un problème
01:11:15qu'il faut résoudre
01:11:16et qu'il faut prendre à bras le corps
01:11:18maintenant
01:11:19effectivement
01:11:19on est en période électorale
01:11:21et en période électorale
01:11:22on sait qu'il y a beaucoup
01:11:23d'effets d'annonce
01:11:23et tout le monde a beaucoup
01:11:24d'idées formidables
01:11:25les idées formidables
01:11:27après on les oublie complètement
01:11:29et puis après
01:11:30on passe au suivant
01:11:31et puis le suivant
01:11:32il y a encore d'autres idées
01:11:32et puis enfin bref
01:11:33on en est toujours
01:11:34au même point
01:11:35et ce point
01:11:36il faut le constater
01:11:37c'est que
01:11:37les services publics
01:11:39sont en faillite
01:11:40totale
01:11:41mais justement
01:11:41parce que je voudrais
01:11:42avec vous Frédéric Lose
01:11:43qui a représenté
01:11:44plutôt les forces de l'ordre
01:11:44qu'on regarde aussi
01:11:46comment ça se passe chez vous
01:11:47parce que vous aussi
01:11:47vous avez une certaine autonomie
01:11:49une certaine indépendance
01:11:50en revanche
01:11:51vous savez qu'il peut
01:11:52y avoir sanctions
01:11:53et c'est peut-être là
01:11:54où ça change tout
01:11:54par rapport au magistrat justement
01:11:55bien sûr
01:11:56le syndicat
01:11:59des commissaires
01:12:00de la police nationale
01:12:01que je représente
01:12:03on est les premiers
01:12:04les commissaires
01:12:05sur le terrain
01:12:05à exercer
01:12:06le contrôle interne
01:12:08de la déontologie
01:12:09après on a
01:12:10une inspection générale
01:12:11qui est très importante
01:12:13qui intervient
01:12:13en matière disciplinaire
01:12:15en matière judiciaire
01:12:16sous l'autorité du parquet
01:12:17et je crois
01:12:18que la moitié
01:12:18des sanctions
01:12:19qui sont prononcées
01:12:20dans les trois
01:12:21les trois fonctions publiques
01:12:23d'état
01:12:23territorial
01:12:24et fonction publique
01:12:27hospitalière
01:12:28concernent
01:12:29surtout
01:12:30des policiers
01:12:31et qui sont
01:12:32bien souvent
01:12:32révoqués
01:12:33pour des fautes
01:12:34très graves
01:12:35ce qui n'est pas le cas
01:12:35dans les autres administrations
01:12:37c'est pour cela
01:12:38on a même nous
01:12:39un magistrat
01:12:40à la tête
01:12:41de l'inspection générale
01:12:42de la police nationale
01:12:42on pourrait imaginer
01:12:43pour éviter
01:12:44l'entre-soi
01:12:46effectivement
01:12:46l'endogamie
01:12:47qu'on mette
01:12:48à la tête
01:12:48du conseil supérieur
01:12:49de la magistrature
01:12:50ou à la tête
01:12:51de l'inspection générale
01:12:53des services judiciaires
01:12:54quelqu'un
01:12:54de qualifier
01:12:55qu'il ne soit pas magistrat
01:12:56il faut préserver
01:12:57le principe d'indépendance
01:12:59de la magistrature
01:12:59c'est sûr
01:13:00mais en même temps
01:13:01c'est les grands principes
01:13:03vous avez l'article 15
01:13:04de la déclaration
01:13:05des droits
01:13:05de l'homme et du citoyen
01:13:06qui dit
01:13:06la société a le droit
01:13:07de demander des comptes
01:13:08à tout agent public
01:13:09aujourd'hui
01:13:10ce grand principe
01:13:11ne fonctionne pas
01:13:12vous avez des modèles
01:13:13en Italie
01:13:14aujourd'hui
01:13:16les magistrats
01:13:17sont responsables
01:13:18l'état paye
01:13:19pour la responsabilité
01:13:21causée
01:13:22engendrée
01:13:22par des décisions
01:13:23de justice
01:13:24catastrophiques
01:13:25mais surtout
01:13:25l'état italien
01:13:26se retourne
01:13:27contre des magistrats
01:13:28je crois qu'il y a
01:13:28le même mécanisme
01:13:29qui est en train
01:13:30de se mettre en place
01:13:31en Espagne
01:13:32il y a des mécanismes
01:13:33qui existent aux Pays-Bas
01:13:34et c'est indispensable
01:13:36l'affaire
01:13:37l'affaire d'Outreau
01:13:38a montré
01:13:38que cette irresponsabilité
01:13:40parce que vous l'avez
01:13:40très bien dit madame
01:13:41la plupart des magistrats
01:13:42font très bien
01:13:43leur travail
01:13:44moi j'en veux
01:13:45surtout au pouvoir
01:13:46législatif
01:13:47qui au fil des ans
01:13:48a organisé
01:13:50le flingage
01:13:51de la dissuasion judiciaire
01:13:53et en même temps
01:13:53il n'est pas normal
01:13:55dans une corporation
01:13:56qui a du pouvoir
01:13:57jugé
01:13:58c'est un des pouvoirs
01:13:59les plus importants
01:14:00de l'état
01:14:00il doit y avoir
01:14:01une responsabilité
01:14:03en contrepartie
01:14:04de la légitimité
01:14:05qu'on accorde
01:14:06à ceux qui jugent
01:14:06il doit y avoir
01:14:07une responsabilité
01:14:09individuelle
01:14:09voilà
01:14:10compatible avec le principe
01:14:11d'indépendance
01:14:12elle n'existe pas
01:14:13et vous m'avez dit
01:14:14oui elle existe
01:14:14pour la police
01:14:15et c'est indispensable
01:14:16sinon évidemment
01:14:17vous êtes dans l'entre-soi
01:14:18dans l'irresponsabilité
01:14:20et ça c'est inacceptable
01:14:22et c'est de plus en plus
01:14:23sans doute incompréhensible
01:14:23aussi pour les français
01:14:25merci à vous
01:14:26d'avoir été mes invités
01:14:27on va accueillir
01:14:28dans un instant
01:14:28Sacha Stropkan
01:14:30le porte-parole
01:14:30du ministère de la justice
01:14:31en attendant
01:14:32on se rend sur le terrain
01:14:33on rejoint
01:14:34Valentin Rouillon
01:14:35et Emma Loro
01:14:36rebonjour à tous les deux
01:14:37Valentin avec cette marche blanche
01:14:38qui se prépare
01:14:39elle aura lieu à partir
01:14:40de 15h à Florence
01:14:41cher Valentin
01:14:44oui absolument
01:14:45Elodie
01:14:46et puis l'émotion
01:14:47elle reste immense
01:14:47ici à Florence
01:14:48après la disparition
01:14:49de Liana
01:14:50cet après-midi
01:14:51ce sont des habitants
01:14:52des proches
01:14:54et des anonymes
01:14:54qui se réuniront
01:14:55pour lui rendre hommage
01:14:56et soutenir sa famille
01:14:58les préparatifs
01:14:59sont en cours
01:15:00le départ de la marche
01:15:01vous l'avez dit
01:15:01est prévu à 15h
01:15:02depuis la piscine municipale
01:15:04où nous nous trouvons
01:15:05ici avec Emma Loro
01:15:07des fleurs d'ailleurs
01:15:07ont été déposées
01:15:08quelques fleurs
01:15:09par des habitants
01:15:10le cortège
01:15:12rejoindra
01:15:12la place du Marcadet
01:15:14après un parcours
01:15:15d'un peu plus de 2 km
01:15:16à travers la ville
01:15:175000 participants
01:15:19attendus
01:15:19150 gendarmes
01:15:20vont assurer
01:15:21la sécurité
01:15:22possible prise
01:15:24de parole
01:15:24à l'issue
01:15:25de cette marche blanche
01:15:26sur cette place
01:15:26du Marcadet
01:15:27un pupitre
01:15:28a été installé
01:15:29ainsi que
01:15:29de la sonorisation
01:15:30au-delà de l'émotion
01:15:31et du recueillement
01:15:33une question
01:15:33alimente aujourd'hui
01:15:34l'incompréhension
01:15:35et la colère
01:15:36comment
01:15:37Jérôme Barrella
01:15:38a-t-il pu échapper
01:15:39à une interpellation
01:15:40selon les révélations
01:15:41du Parisien
01:15:41plusieurs dysfonctionnements
01:15:43se seraient accumulés
01:15:44une plainte déposée
01:15:45en août 2025
01:15:46pour des faits présumés
01:15:47sur une fillette
01:15:48de 10 ans
01:15:50reposée pourtant
01:15:50sur des éléments
01:15:51solides
01:15:52après des semaines
01:15:54de retard
01:15:54dans le traitement
01:15:55du dossier
01:15:55le parquet
01:15:56d'Auche
01:15:57demande
01:15:57le 14 février
01:15:58dernier
01:15:59le placement
01:16:00en détention
01:16:01en garde à vue
01:16:02pardon
01:16:02de Jérôme Barrella
01:16:04selon une source
01:16:05proche de l'enquête
01:16:06citée par le Parisien
01:16:07rien ne s'opposait
01:16:09alors à son arrestation
01:16:10pourtant
01:16:10aucune interpellation
01:16:11n'a eu lieu
01:16:12pendant plus de 3 mois
01:16:13jusqu'à l'enlèvement
01:16:14la séquestration
01:16:15et le meurtre
01:16:16de la jeune Liana
01:16:17et c'est cette période
01:16:19qui fait aujourd'hui
01:16:20l'objet
01:16:20de cette enquête
01:16:21administrative
01:16:22menée par le ministère
01:16:23de l'Intérieur
01:16:23et celui de la Justice
01:16:25et puis pour revenir
01:16:25sur cette marche blanche
01:16:27elle est aussi marquée
01:16:28par une volonté
01:16:29très claire
01:16:30de la famille
01:16:31préserver ce moment
01:16:32de recueillement
01:16:33de toute récupération
01:16:34politique
01:16:35par la voix
01:16:36de leur avocat
01:16:36les parents de Liana
01:16:37ont souhaité
01:16:38la présence
01:16:38des élus locaux
01:16:39qui les ont accompagnés
01:16:41depuis le début
01:16:41de l'affaire
01:16:42notamment les maires
01:16:43qui ont participé
01:16:44aux recherches
01:16:45mais pas de celles
01:16:46de responsables
01:16:47politiques nationaux
01:16:48l'objectif
01:16:49il reste le même
01:16:50un hommage
01:16:51centré sur Liana
01:16:52son souvenir
01:16:53et le soutien
01:16:54à ses proches
01:16:54Elodie
01:16:56Merci beaucoup
01:16:57Valentin Rouillon
01:16:57merci à Emma Loro
01:16:58qui vous a accompagné
01:16:59je rappelle que
01:17:00la marche blanche
01:17:00sera à suivre
01:17:01sur CNews
01:17:02à partir de 15h
01:17:03j'accueille Sacha Srocan
01:17:05bonjour
01:17:05vous êtes le porte-parole
01:17:06du ministère
01:17:07de la Justice
01:17:08depuis quelques jours
01:17:09on voit tous les dysfonctionnements
01:17:10dans cette affaire
01:17:11visiblement une demande
01:17:12de placement en garde à vue
01:17:14au mois de février dernier
01:17:15qui n'a pas eu lieu
01:17:16les français ont du mal
01:17:17à comprendre aujourd'hui
01:17:18comment un tel dysfonctionnement
01:17:19a été possible
01:17:20est-ce qu'on est sûr
01:17:21qu'un jour
01:17:21on aura la réponse
01:17:22cette enquête diligentée
01:17:24est-ce qu'elle va vraiment
01:17:24donner quelque chose
01:17:25est-ce que la famille
01:17:26de Liana
01:17:26saura pourquoi
01:17:27sa petite fille est morte
01:17:28alors évidemment
01:17:30ça soulève des interrogations
01:17:32et c'est bien normal
01:17:32et c'est pour ça que depuis
01:17:34y compris moi
01:17:35depuis trois jours
01:17:37je multiplie
01:17:38les prises de parole
01:17:38médiatiques
01:17:39parce que c'est mon rôle
01:17:40pour essayer d'expliquer
01:17:41à nos concitoyens
01:17:42en tout cas
01:17:42de ce qu'on en sait
01:17:43à ce stade
01:17:43ce qui a pu dysfonctionner
01:17:45vous l'avez dit
01:17:45il y a trois enquêtes
01:17:46administratives
01:17:47en fait une enquête
01:17:47administrative conjointe
01:17:48à trois inspections
01:17:49l'intérieur
01:17:50la justice
01:17:50l'éducation nationale
01:17:51qui a été diligentée
01:17:52les inspecteurs seront sur place
01:17:54à compter demain matin
01:17:55et le Premier ministre
01:17:56a demandé à ce que
01:17:57ce rapport d'inspection
01:17:58soit rendu très rapidement
01:17:59sous 15 jours
01:18:00le 19 juin
01:18:00donc on en saura plus
01:18:01effectivement
01:18:02le 19 juin
01:18:03le but de cette inspection
01:18:04de fonctionnement
01:18:05est justement
01:18:05de remonter l'ensemble du fil
01:18:07ce que vous avez pu évoquer
01:18:08à l'instant
01:18:08quelles instructions
01:18:09ont été données
01:18:10ou n'ont pas été données
01:18:11éventuellement
01:18:11à ce stade
01:18:12je n'en sais rien
01:18:14et donc oui
01:18:14ça permettra de faire la lumière
01:18:16un parce qu'on le doit
01:18:18à la famille
01:18:19de cette jeune fille
01:18:20ça c'est une évidence
01:18:21le minimum qu'on leur doit
01:18:22c'est de leur expliquer
01:18:23ce qui a pu éventuellement
01:18:24dysfonctionner
01:18:25et comment est-ce qu'on en est arrivé là
01:18:26et la deuxième chose
01:18:27j'entendais avant de rentrer
01:18:28sur votre plateau
01:18:28l'un de vos intervenants
01:18:29qui citait
01:18:30l'article 15
01:18:31de la déclaration
01:18:33des droits de l'homme
01:18:33et du citoyen
01:18:34effectivement
01:18:34parce que
01:18:35on doit rendre des comptes
01:18:36à nos concitoyens
01:18:37quand vous êtes magistrat
01:18:39vous n'existez
01:18:40vous n'avez le droit
01:18:40de rendre la justice
01:18:41que parce que
01:18:42vous collectivement
01:18:43vous nous déléguez ce pouvoir
01:18:45et donc à partir du moment
01:18:46où vous êtes en désaccord
01:18:47ou en tout cas
01:18:47qu'il y a une forme d'incompréhension
01:18:48il est normal
01:18:49que comme tout agent public
01:18:50on rende des comptes
01:18:51à nos concitoyens
01:18:52puisqu'on agit en leur nom
01:18:54on agit au nom du peuple français
01:18:56Justement
01:18:56sur la réponse aussi politique
01:18:57parce que c'est à ce moment là
01:18:58que l'invité en parlait
01:18:59Bruno Rotaillot
01:19:00explique maintenant
01:19:01qu'il faudrait prévoir
01:19:02un mécanisme de sanction
01:19:03pour les juges
01:19:04il parle aussi d'une réforme
01:19:05du conseil constitutionnel
01:19:07est-ce que c'est nécessaire
01:19:08aujourd'hui peut-être
01:19:09de se dire
01:19:09que nos magistrats
01:19:10doivent pouvoir être
01:19:12véritablement sanctionnés
01:19:13quand il y a évidemment
01:19:14un manquement
01:19:15une responsabilité individuelle ?
01:19:16Sur la proposition
01:19:18de Bruno Rotaillot
01:19:18c'est pas à moi
01:19:19qui revient de la commenter
01:19:20là pour le coup
01:19:21on est dans un débat politique
01:19:23démocratique
01:19:24on verra comment
01:19:26la classe politique
01:19:27les commentateurs
01:19:27éventuellement les parlementaires
01:19:29à un moment
01:19:29s'en saisissent
01:19:30dans la parole institutionnelle
01:19:32qui est la mienne
01:19:32moi ce que je peux vous dire
01:19:33c'est qu'aujourd'hui
01:19:34il existe déjà
01:19:35des mécanismes de sanction
01:19:36qu'on puisse s'interroger
01:19:37sur le fonctionnement
01:19:39de ces mécanismes de sanction
01:19:40de comment est-ce qu'on peut
01:19:41les adapter
01:19:42les aménager
01:19:43pour qu'ils correspondent mieux
01:19:44aux attentes de nos concitoyens
01:19:46ça me semble être
01:19:46un débat démocratique légitime
01:19:48et puis on verra
01:19:50soit dans le cadre
01:19:50de l'élection présidentielle
01:19:51soit tout simplement
01:19:52dans le cadre
01:19:52d'un débat parlementaire
01:19:53ce qu'il en ressort
01:19:54c'est vrai que parfois
01:19:55on a tendance à dire
01:19:56que dans la justice
01:19:56peut-être qu'il n'y a pas eu
01:19:57assez de volonté politique
01:19:59on a entendu beaucoup
01:19:59parler de cette fameuse
01:20:01circulaire du ministre
01:20:01de la justice
01:20:02Gérald Darmanin
01:20:03la volonté politique
01:20:04visiblement elle est là
01:20:06le texte également
01:20:07et pourtant à la fin
01:20:08ça ne fonctionne pas
01:20:08il y a un constat
01:20:09d'échec et presque
01:20:10de dépit pour les français
01:20:12parce qu'on se dit
01:20:12même avec un ministre
01:20:13qui veut bien faire les choses
01:20:15et qui tente
01:20:15d'être déterminé
01:20:16visiblement il y a des magistrats
01:20:18qui n'ont pas appliqué
01:20:18cette circulaire
01:20:19je pense qu'il y a
01:20:20un double sujet
01:20:21il y a la notion
01:20:22d'indépendance
01:20:23c'est-à-dire que depuis 2013
01:20:25et c'est plutôt sain
01:20:26dans une démocratie
01:20:27le ministre de la justice
01:20:28ne peut pas donner
01:20:29d'instruction individuelle
01:20:30dans un dossier
01:20:30c'est-à-dire que
01:20:31c'est ce qui vous protège
01:20:32vous, moi
01:20:32ce qui évite que
01:20:33éventuellement
01:20:34on vous place en garde à vue
01:20:36au bon vouloir du politique
01:20:37ce qui me paraît plutôt sain
01:20:39et à l'inverse
01:20:39par contre
01:20:40la prérogative constitutionnelle
01:20:41du gouvernement
01:20:42et donc du garde des Sceaux
01:20:43qui représente le gouvernement
01:20:44au sein de l'institution judiciaire
01:20:46c'est de donner
01:20:46comme vous l'avez dit
01:20:47des instructions
01:20:48ce qu'on appelle
01:20:48de politique pénale générale
01:20:49c'est-à-dire pour ce type de dossier
01:20:51merci d'agir de telle façon
01:20:52et effectivement
01:20:53vous avez au moins
01:20:55trois circulaires
01:20:56qui étaient spécifiques
01:20:57à la justice des mineurs
01:20:58ou en tout cas
01:20:59à la protection des mineurs
01:21:00et qui disaient très clairement
01:21:01que c'était des dossiers
01:21:02qui étaient considérés
01:21:03comme prioritaires
01:21:03en gros depuis 18 mois
01:21:04à la chancellerie
01:21:05il y a deux priorités
01:21:06un la lutte contre
01:21:06la criminalité organisée
01:21:07deux la protection des mineurs
01:21:09et notamment les infractions
01:21:11ou les violences sexuelles
01:21:13sur les mineurs
01:21:13et donc cette circulaire
01:21:14disait clairement
01:21:15qu'il fallait traiter
01:21:16ces dossiers en priorité
01:21:17là aussi l'inspection
01:21:18amènera à s'interroger
01:21:20sur est-ce que
01:21:20cette priorité
01:21:22a bien été mise
01:21:23évidemment qu'il y a
01:21:24un certain nombre de délais
01:21:25tels que ça
01:21:25transparaît pour l'instant
01:21:26dans les médias
01:21:27qui interrogent
01:21:27on verra si effectivement
01:21:28il y a eu des dysfonctionnements
01:21:30et comme l'a dit
01:21:30le garde des Sceaux
01:21:31si dysfonctionnements
01:21:32il y a eu
01:21:33éventuellement
01:21:34des responsabilités individuelles
01:21:35sont pointées
01:21:35il y aura des sanctions
01:21:37disciplinaires
01:21:37en tout cas
01:21:38des demandes
01:21:38de sanctions disciplinaires
01:21:39au regard de ces dysfonctionnements
01:21:41justement sur ces dossiers
01:21:42ces plaintes à prioriser
01:21:44Gérald Darmanin
01:21:44expliquait que c'était
01:21:451% à peu près
01:21:46des plaintes
01:21:47on entend des magistrats
01:21:48on entend des forces de l'ordre
01:21:49nous dire
01:21:50on manque de moyens
01:21:51cruellement
01:21:52on espère quand même
01:21:53que la justice française
01:21:53est aujourd'hui en mesure
01:21:55de pouvoir travailler
01:21:56sur ce petit pourcentage
01:21:58de plaintes
01:21:581% des plaintes
01:21:59ça on est quand même
01:21:59capable de le faire
01:22:00il y a deux sujets
01:22:01il y a évidemment
01:22:02le sujet des moyens
01:22:02l'institution judiciaire
01:22:04est une institution
01:22:06historiquement pauvre
01:22:06je pense que ça n'a échappé
01:22:08à aucun
01:22:08et on met du temps
01:22:08évidemment à rattraper ce retard
01:22:09il y a un rattrapage
01:22:10qui se fait
01:22:11mais qui se fait progressivement
01:22:12je tiens quand même à dire
01:22:121500 magistrats supplémentaires
01:22:14en 4 ans
01:22:151800 greffiers supplémentaires
01:22:16maintenant il y a la question
01:22:17au-delà de la question des moyens
01:22:18qui déjà est rationnellement
01:22:20pas entendable
01:22:20pour par exemple
01:22:22les familles
01:22:22de ces victimes
01:22:23la deuxième chose
01:22:24c'est une question de priorité
01:22:25c'est-à-dire que
01:22:26même à moyens dégradés
01:22:28vous pouvez fixer des priorités
01:22:30effectivement
01:22:30ce qu'a rappelé
01:22:31le garde des Sceaux
01:22:31c'est que vous avez
01:22:323 millions de plaintes
01:22:33en souffrance
01:22:33dans nos commissariats
01:22:34et nos gendarmeries
01:22:35environ 70 000
01:22:36concernent des violences
01:22:37sexuelles sur mineurs
01:22:38c'est-à-dire que ça fait
01:22:390,25%
01:22:41on peut légitimement considérer
01:22:43que ces 0,25%
01:22:45de plaintes
01:22:45doivent être traitées
01:22:46en priorité
01:22:47et on a aussi
01:22:48une des manifestations
01:22:49qui sont attendues
01:22:50à partir de lundi
01:22:51notamment devant
01:22:51le ministère de la justice
01:22:52devant un certain nombre
01:22:53de tribunaux
01:22:54comment on peut
01:22:55aujourd'hui
01:22:55calmer la colère
01:22:57de ces français
01:22:57et faire que
01:22:58ces français aient davantage
01:22:59confiance en leur justice
01:23:01malheureusement
01:23:01sondage après sondage
01:23:02on voit que les français
01:23:03ont tendance
01:23:04à avoir un certain désamour
01:23:05pour leur justice
01:23:06cette affaire
01:23:07malheureusement
01:23:07ne va pas aider
01:23:08tout à fait
01:23:09et c'est aussi pour ça
01:23:10que je me plie
01:23:11à l'exercice démocratique
01:23:12sain
01:23:12que le ministre
01:23:13l'a fait aussi
01:23:14en faisant un certain
01:23:15nombre de médias
01:23:16pour s'excuser
01:23:17s'expliquer
01:23:17pour répondre à votre question
01:23:20vous avez à mon sens
01:23:20la première étape
01:23:21c'est la transparence
01:23:22c'est ce qu'on disait
01:23:22c'est-à-dire expliquer
01:23:23clairement à nos concitoyens
01:23:24et c'est pour ça
01:23:25que le ministre de la justice
01:23:26a dit que le rapport
01:23:28une fois qu'il serait fini
01:23:29serait rendu public
01:23:30parce qu'il n'y a aucune raison
01:23:32de cacher la vérité
01:23:33à nos concitoyens
01:23:34c'est aussi la contrepartie
01:23:36de cette confiance retrouvée
01:23:37et ensuite la deuxième chose
01:23:38c'est une interrogation
01:23:39je pense profonde
01:23:40pour l'institution
01:23:41que je représente
01:23:42et pour moi
01:23:43je suis magistrat
01:23:43et comme je vous le disais
01:23:44c'est si vous voulez
01:23:46quand je rendais des décisions
01:23:47en votre nom
01:23:49la contrepartie de ça
01:23:50c'est qu'il faut
01:23:51que vous me fassiez confiance
01:23:51sinon à partir du moment
01:23:53où le lien de confiance
01:23:54entre vous et moi
01:23:54est rompu
01:23:55de fait vous n'avez plus
01:23:56aucune raison
01:23:57de vouloir me déléguer
01:23:58ce pouvoir
01:23:58qui est quand même
01:23:59extraordinaire et exorbitant
01:24:00de juger les autres
01:24:01de priver les gens
01:24:02de leur liberté
01:24:02de prendre des décisions
01:24:03extrêmement importantes
01:24:04et donc c'est une réflexion
01:24:05quasi systémique
01:24:08ou très profonde
01:24:09en tout cas quasi
01:24:09anthropologique
01:24:10qu'il faut que
01:24:12le corps que je représente
01:24:13et l'institution
01:24:14que je représente
01:24:14s'interroge sur pourquoi
01:24:15nos concitoyens
01:24:16aujourd'hui
01:24:17effectivement vous avez
01:24:17environ 6 français
01:24:19sur 10
01:24:20qui disent ne plus
01:24:20avoir confiance
01:24:21dans la justice
01:24:22qui pose une difficulté
01:24:23quasi démocratique
01:24:25est-ce que cette justice
01:24:26aujourd'hui
01:24:26elle est encore capable
01:24:27de protéger nos enfants
01:24:28on entend beaucoup
01:24:29de parents
01:24:29beaucoup de témoignages
01:24:30qui nous disent
01:24:30l'état est en constat
01:24:32d'échec total
01:24:33et l'état ne protège
01:24:34plus nos enfants
01:24:34est-ce qu'aujourd'hui
01:24:35vous pouvez rassurer
01:24:36ou pas ces français
01:24:37et dire que la justice
01:24:38quand même
01:24:38elle est censée protéger
01:24:39nos enfants
01:24:40les femmes etc
01:24:40mais là sur ce cas
01:24:42nos enfants
01:24:42je pense qu'il y a
01:24:44deux choses
01:24:44un tout le monde
01:24:45s'accorde à dire
01:24:46en tout cas je le martèle
01:24:48depuis plusieurs jours
01:24:48parce que je pense que
01:24:49c'est l'honnêteté intellectuelle
01:24:50qu'on doit à tout le monde
01:24:51c'est un échec collectif
01:24:52et pas que de l'institution judiciaire
01:24:53un échec collectif
01:24:54de l'état
01:24:55face à cet échec collectif
01:24:57je pourrais vous dire
01:24:58qu'on arrive à protéger
01:24:59nos enfants
01:25:00manifestement
01:25:01pas assez
01:25:01parce que vous avez
01:25:02cet exemple là
01:25:03vous avez le périscolaire
01:25:04parisien
01:25:04ces dernières semaines
01:25:05qui prouve aussi
01:25:06que vous pouvez avoir
01:25:07des dysfonctionnements
01:25:08maintenant le sujet
01:25:09c'est comment est-ce qu'on fait
01:25:10pour faire mieux
01:25:11pour faire plus efficace
01:25:13et pour justement
01:25:14arriver à mieux protéger
01:25:15nos enfants
01:25:15et le parallèle que je fais
01:25:17même si c'est pas parfait
01:25:18c'est l'après me too
01:25:20c'est-à-dire que de fait
01:25:21par rapport à il y a 10 ans
01:25:22on protège quand même
01:25:23beaucoup mieux
01:25:24les femmes
01:25:24des violences sexuelles
01:25:26et des violences physiques
01:25:27c'est toujours imparfait
01:25:28on peut toujours faire mieux
01:25:29je pense qu'on est à l'aube
01:25:30d'un me too des enfants
01:25:32qu'en tout cas
01:25:33la porte s'en trouve
01:25:34et que maintenant
01:25:35il va falloir que l'institution judiciaire
01:25:36et l'état de façon générale
01:25:37se mettent à niveau
01:25:38merci beaucoup en tout cas
01:25:40Sacha Stropkan
01:25:40d'avoir été avec nous
01:25:42je rappelle que vous êtes
01:25:42le porte-parole
01:25:43du ministère de la justice
01:25:45merci Tanguy
01:25:45de m'avoir accompagné
01:25:46également pendant ces deux heures
01:25:47on arrive au terme
01:25:48de ce 100% actu
01:25:50tout de suite
01:25:51vous retrouvez
01:25:51Enquête d'Esprit
01:25:52et moi je vous dis
01:25:53rendez-vous à 15h
01:25:54on suivra ensemble
01:25:55cet hommage à Liana
01:25:56cette marche blanche
01:25:57voulue notamment
01:25:58par ses parents
01:25:59et ses proches
01:26:00à tout à l'heure
01:26:00bel après-midi
01:26:01sur CNews
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