- il y a 2 jours
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On expliquait tout à l'heure que les Iraniens ont profité du cessez-le-feu et profitent du cessez-le
00:04-feu pour se réarmer.
00:05Les hauts-gradés américains, eux, réclament plus d'argent pour avoir de nouvelles armes,
00:09et notamment des bombes qui permettent de frapper plus profondément.
00:12C'est ce que dit l'amiral Cooper.
00:14Nous devons investir davantage dans les armes qui permettent d'atteindre des cibles difficiles à atteindre et profondément enfouies.
00:19Tout le monde, tout le monde s'enfonce sous terre aujourd'hui.
00:23Le gros problème qu'ont rencontré les Américains, c'est ça en réalité en Iran.
00:27C'est ça, les lessons learned, vous voyez, les leçons apprises, comme on dit, des rétextes, des retours d'expérience,
00:32parce que ce que les Iraniens ont fait, les Américains, évidemment, l'ont fait aussi.
00:37C'est la loi du genre, les États-majors apprennent, j'allais dire, de leurs erreurs, ou de ce qui
00:42a fonctionné, moins bien fonctionné.
00:43Et là, j'allais dire, le grand coup d'épée dans l'eau, c'est cette campagne de bombardement
00:49qui, vraisemblablement, n'a pas réussi à éliminer tout ce qui a été frappé.
00:53Et en réalité, eh bien, ça a été atteint en surface.
00:58Il y a des entrées de tunnels, des entrées de villes souterraines qui ont été,
01:02ou en tout cas d'usines ou de stocks et de hangars souterrains qui ont été touchées.
01:07Mais ça, effectivement, ça ne vous détruit pas un stock.
01:09Et ça, les Américains en ont bien pris conscience.
01:12Et le fait que l'amiral déclare ça, c'est la preuve même qu'ils savent,
01:16et d'ailleurs, ils l'ont dit, il n'y a que Donald Trump pour ne pas le savoir,
01:18que le programme balistique n'a absolument pas été éradiqué.
01:23Mais le général Siddos, c'est sans fin.
01:24C'est-à-dire que là, on voyait notamment les images de la fameuse GBU-57
01:27qui avait été utilisée l'an dernier au moment des frappes en juin
01:30contre le programme nucléaire iranien.
01:34On sait qu'elle va à 70 mètres.
01:36C'est-à-dire que c'est sans fin.
01:37Si eux vont à 70 mètres, les Iraniens vont creuser plus profond.
01:40Donc, les Américains vont expliquer, il nous faut une bombe pour aller encore plus profondément,
01:44etc., etc., etc.
01:45Mais ça, c'est la loi de la guerre, c'est la loi des armements.
01:47On a toujours besoin d'un matériel beaucoup plus performant.
01:49Bon, là, il y a un constat d'échec, effectivement, sur un type de matériel qui perce à 70 mètres.
01:54Bon, ben, il faut un matériel plus performant pour dire,
01:56ben, vous voyez, on n'est pas réussi cette fois-ci, mais la prochaine fois, on réussira.
01:59On pourra à nouveau lancer une opération.
02:01On sera encore plus puissant.
02:02Et puis, bon, il réclame là des bombes qui percent un peu plus.
02:05Il va réclamer autre chose, plus de bombardiers, plus de porte-avions, etc.
02:09C'est la loi, c'est son travail, c'est normal qu'il fasse ça, qu'il réclame des armements
02:13plus performants,
02:14puisqu'il n'a pas bien su utiliser les armements qu'il avait à disposition.
02:17– Et c'est la loi aussi de la guerre quand il s'est poussé derrière par tout un arsenal
02:21industriel
02:22qui a inséré aussi à ce qu'on imagine de nouvelles bombes,
02:25qu'on imagine de nouvelles choses comme ça, qui coûtent évidemment des fortunes.
02:28Les Américains sont devenus particulièrement riches après la Deuxième Guerre mondiale
02:31quand leur industrie a tourné à plein régime, c'est évident.
02:34Et quand le président Eisenhower, l'ancien commandant des forces alliées en Europe,
02:40est devenu président, au moment de partir, il a dénoncé,
02:42puisque lui avait une logique plus militaire, intellectuelle, philosophique, je dirais, de la guerre,
02:47il a dénoncé le complexe militaire industriel qui dicte un petit peu, quelque part, les orientations,
02:53qui pèse de son poids dans les orientations stratégiques.
02:57Ça aussi, c'est un élément important à prendre en compte.
03:00– Il y a deux enjeux ici, et là ici, je pense qu'il faut revenir à ce qui a
03:03été fait au mois d'avril,
03:04c'est-à-dire quand la Maison-Blanche a demandé au Congrès,
03:07qui tient toujours les cordons de la Bourse, faut-il toujours le rappeler,
03:10pour le budget de la Défense 2027, une augmentation de 42% par rapport au budget de 2026.
03:16On se parle ici d'un budget qui serait le budget le plus dément en termes de volume dans l
03:21'histoire des États-Unis,
03:221,5 trillion de dollars, donc c'est-à-dire 1 500 milliards de dollars, dont 52% pour les
03:29équipements.
03:30Et les équipements, ici, de quoi je parle ? On parle essentiellement de munitions, d'avions, de tanks, de navires.
03:35Mais il y a aussi, dans ce projet de budget, ou en tout cas dans cette demande qui a été
03:38faite,
03:39un petit chiffre qui est passé inaperçu, je trouve, c'est les 200 milliards, chiffres à finaliser,
03:43qui ont été demandés parmi ces 1 500 milliards,
03:45pour tout simplement la reconstitution et la réparation des équipements et des infrastructures au Moyen-Orient
03:52qui ont été endommagés depuis le début de cette guerre.
03:55200 milliards de coûts prévisionnés sur le budget 2027 demandés, c'est absolument considérable.
04:00Et ça, ça nous donne une indication de ce qu'ils ont, pas juste perdu, mais subi comme dommage.
04:04Jérôme, il y a l'amiral Cooper qui dit qu'il nous faut des bombes plus puissantes, etc.,
04:08pour aller plus profondément, parce que tout est enfoui désormais dans la guerre contre l'Iran et dans d'autres
04:13guerres aussi.
04:14Et puis, il y a ces chars que l'on voit apparaître, chars anti-drones qui sont testés pour la
04:18première fois par les Américains.
04:19On va les voir, ces AMPV-30, alors je vais vous laisser décrypter ce que l'on voit là.
04:24Ils ont été testés, deux blindés ont été testés au Texas,
04:28parce que là aussi, c'est une des leçons de cette guerre, et d'autres en Ukraine notamment.
04:32Il va falloir trouver une solution face au drone.
04:34Oui, et la solution face au drone, là aussi, j'allais dire, elle est, comme on dit, multimodale.
04:39C'est-à-dire qu'il n'y a pas une solution miracle.
04:40On ne peut pas envisager, surtout face à des drones saturants low-cost, de tout intercepter.
04:46D'ailleurs, faut-il tout intercepter ?
04:48La lutte anti-drones, ça va de la détection.
04:50On a vu qu'en Ukraine, les drones leur, qui sont en fait des faux drones,
04:54qui renvoient des éco-radars qui sont ceux des avions ou des vrais drones,
04:58alors qu'en réalité, vous avez juste une paillette qui vole.
05:01J'exagère, mais c'est à peu près ça.
05:02Et donc, forcément, là, vous déployez des tirs de missiles Patriot à 3 millions
05:06pour arriver à intercepter quelque chose qui ne vaut rien.
05:09Donc là, il y a forcément une économie de moyens à faire.
05:11Et donc, il faut arriver déjà à bien détecter, bien identifier, bien classifier, avant que de tirer.
05:16Et quand vous tirez, vous avez la possibilité, évidemment, de faire drone contre drone.
05:20Vous avez la possibilité de brouiller.
05:21C'est de la guerre électronique.
05:22Donc, vous brouillez le message GPS pour qu'il ne sache plus où il va.
05:24Vous le coupez de son alimentation.
05:26Et vous pouvez effectivement le tirer, alors que ce soit avec des armements terrestres,
05:29comme c'est le cas ici.
05:30On y reviendra, d'ailleurs, sur l'armement terrestre.
05:32Et puis, ça, ça, qui est en train de se développer actuellement, d'ailleurs, on ne peut pas nacher les
05:36deux,
05:36avec des armes laser.
05:37Ça, c'est vraiment ce qu'on appelle les armes à énergie dirigées.
05:40Ça, c'est vraiment le coup d'après.
05:41Ce qui est en train de se développer.
05:43Les États-Unis sont dessus.
05:44La Chine est dessus.
05:45Très en avance là-dessus.
05:46Les Anglais commencent à être dessus.
05:48Et vous pouvez maintenir tout ça.
05:49Pourquoi montrent-ils aussi des dispositifs terrestres ?
05:53Il faut bien être conscient.
05:54Et là aussi, le dispositif américain tente aussi à pouvoir tirer vers la Terre.
06:01Pourquoi ?
06:01Parce qu'on voit qu'il y a des hélicoptères aussi qui sont capables de développer et de déployer de
06:05l'artillerie.
06:06Et ça, c'est pour montrer aux Iraniens qu'ils ne rechigneraient pas, je ne sais pas si ce sera
06:10le cas,
06:11à aller au sol.
06:12Parce que les Iraniens les attendent là-dessus.
06:13C'est précisément ce que j'allais dire, Général Sidot.
06:15C'est ça, le message-là.
06:16Si on prend les 40 premiers jours de cette guerre en Iran, les frappes, etc.,
06:20ce char, il n'aurait rien changé du tout.
06:22Alors, il pouvait atteindre quand même, si, des objectifs aériens, des drones, des choses comme ça.
06:28Mais vous le mettez où ?
06:29D'abord, vous le dépensez.
06:31En Arabie Saoudite ?
06:32Oui, en Arabie Saoudite.
06:33Vous le déplacez autour de sites d'intérêt, sur des bases militaires ou des bases civiles ou des zones.
06:39Ça, c'est relativement facile à déployer.
06:41Mais en fait, là, vous avez un matériel.
06:44C'est un peu du réchauffé, tout ça.
06:46Technologiquement, ça doit être beaucoup plus performant que ce que j'ai pu connaître dans ma jeunesse.
06:51Mais dans les régiments de chars, par exemple, de l'armée française, la seule défense antiaérienne, c'était des canons
06:55de 20 mm,
06:56qui étaient à la fois sur les chars et sur des engins qui ressemblaient un petit peu à ça.
07:00Des engins des Amits Odispé.
07:02Vous aviez une belle petite tourelle et c'était relativement efficace.
07:06C'était du guidage optique, mais ça portait, disons, à 2000 mètres et ça marchait très bien.
07:11Donc, visuellement, si le drone ne va pas trop, trop vite, c'était déjà à l'époque, c'était joueur.
07:16Mais là, si vous avez des systèmes d'acquisition, c'est relativement efficace.
07:19Bon, ça va à des distances de 3000 mètres.
07:21Bon, là, le calibre doit être un peu plus important, donc vous allez tirer un petit peu plus loin.
07:25Mais non, mais c'est un matériel économique, mobile, et qui protège à courte distance beaucoup d'installations.
07:31D'un mot, Sergei ?
07:33J'aimerais bien connaître l'expertise ukrainière sur ce chars, parce que les Ukrainiens sont les experts sur les drones.
07:39Et si eux, ils approuvent, là, je signe.
07:41En revanche, je ne suis pas sûr que les Américains leur aient demandé leur avis.
07:45Attendez, Jérôme Klesch.
07:47Juste une chose, dans un instant, on parlera de Cuba, parce qu'on voit que les Américains sont en train
07:50de se rapprocher physiquement et militairement de Cuba avec un porte-avions qui fait route.
07:55Juste une chose, j'ai noté tout à l'heure, j'ai noté ce que vous disiez, Jérôme Klesch.
07:59On a bien compris que Trump était en train de donner une chance, de laisser une chance à la négociation.
08:04Vous nous avez dit, tout à l'heure en commençant, moi je pense que c'est probable, malgré tout, qu
08:09'il y ait un échec des négociations et qu'on retourne à la guerre.
08:12Pourquoi vous dites que c'est probable ?
08:13Parce que je m'informe, et donc je vois, ben oui, et qu'est-ce que je constate ?
08:17Votre cheveu, suis-je bête ?
08:19Non, non, mais qu'est-ce que je fais, moi, pendant la journée ?
08:22Qu'est-ce que je constate ?
08:24Tout simplement, eh bien, que les Iraniens, ayant cette dominance stratégique, n'iront pas à accepter une capitulation, ce que
08:32leur demande Trump.
08:33Et je constate que Donald Trump n'aura certainement pas, ne sera certainement pas en situation de se satisfaire d
08:40'un accord qui ne recouvre à peu près rien de ce qui lui tient véritablement à cœur.
08:44Et donc, cette impasse fait que la loi de la gravité faisant, et comme on le disait aussi, la loi
08:52de Chekhov...
08:53Ah ! Le fusil !
08:55Eh oui !
08:55Le fusil sur scène !
08:57Eh oui ! Eh ben, voilà, les deux combinés font que, faute de mieux, il est possible qu'ils se
09:02laissent entraîner, probable qu'ils se laissent entraîner vers une nouvelle reprise des opérations.
09:07Sergueï, vous avez la même lecture ? Non, pas de Chekhov ?
09:09Et du fusil sur scène qui doit forcément servir, je rappelle.
09:12Bien évidemment, ça, j'ai la même lecture, d'ailleurs c'est la méthode Pavlov, parce qu'à force de
09:17le répéter...
09:18Oui, ça ne reste pas moins vrai.
09:22Voilà. Et... Non, non, mais moi je suis aussi très pessimiste, parce que... Regardez ce qu'ils viennent de nous
09:28sortir avec le détroit de Dormuz.
09:30Maintenant c'est rouge, la prochaine fois c'est l'Arabie Saoudite, la prochaine fois ce sont les Émirats, la
09:35prochaine fois c'est l'Oman, après ce sera Israël, et une troisième fois ce sera l'Europe.
09:39Et donc en fait, il pousse, parce qu'il voit que Trump est hésitant, et donc il en profite de
09:44ces situations pour le pousser.
09:46Et dans ces situations-là, malheureusement, je crois que la logique actuelle, elle nous amène directement vers la reprise des
09:54combats.
09:54Plus l'Israël qui pousse aussi.
09:57Oui, c'est vrai, mais on a expliqué... Pardon, vous dites Israël, ok très bien, on a quand même expliqué
10:00ces derniers jours que Benyamin Netanyahou avait les cheveux...
10:05C'était quoi l'expression ? Les cheveux en feu, en feu, après avoir discuté avec Trump, parce que Trump
10:12voulait plutôt laisser sa chance à la négociation,
10:14et que Netanyahou lui disait non, c'est maintenant, il faut y retourner, il faut retourner dans la guerre et
10:18frapper les Iraniens.
10:19La seule chose qui pourrait peut-être faire la rupture, et effectivement nous sortir de cette loi de la gravité,
10:28de cet inéluctable qui sent se profiler,
10:31ce serait qu'effectivement, si on ne s'est pas trompé dans le diagnostic, que les Iraniens lâchent une partie,
10:38tout ou partie des 440 kilos,
10:39en donnant un trophée à Donald Trump, qui saura s'en satisfaire.
10:43Mais ça n'interviendra, ça n'interviendrait vraiment qu'en bout de course.
10:46Parce qu'encore une fois, le lâcher trop tôt, c'est prendre le risque pour les Iraniens, que les Américains,
10:51et Donald Trump demande plus.
10:52Général Cido, vous avez droit à un mot là-dessus, ou pas ?
10:55Ce sont des options tout à fait envisageables, qui ne sont certainement pas à négliger.
11:00Effectivement, quand on a ce chantage de la prise de possession de toute la zone du détroit d'Harmouz, d
11:04'un nouvel empire,
11:05ça risque d'être mis en cause, quelque part.
11:07Et ça pourrait ne pas s'obtenir uniquement par la négociation.
11:10C'est une option à retenir.
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