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  • il y a 9 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Merci d'être avec nous ce soir. On est en direct. Vous regardez BFM TV. Dans un instant, on va
00:03vous raconter la bataille qui se joue ce soir autour de l'uranium iranien.
00:07Trump le veut, mais Poutine aussi. Il se propose ce soir. Et les Iraniens, eux, ont proposé que ce soit
00:12par exemple les Français qui le récupèrent.
00:14Je vous préviens, Trump a rejeté l'idée. On en parlera dans quelques minutes. Mais avant ça, allez-vous être
00:19aidé par le gouvernement face à la flambée des prix du carburant ?
00:22Le Premier ministre a annoncé cet après-midi de nouvelles aides. 710 millions d'euros supplémentaires qui viennent s'ajouter
00:28aux 470 déjà actés.
00:30Ça fait 1 milliard d'euros au total. Mais attention, la philosophie n'a pas changé. Pas question de baisser
00:36les taxes, par exemple, pour tout le monde.
00:38Nous refusons toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant. Parce que déjà, pardon, j'ai appartenu à
00:48un gouvernement qui l'a fait en 2022-2023.
00:51Ça coûte très cher pour les finances publiques. On ne peut pas faire semblant de dire qu'il y a
00:56un déficit. D'où est-ce qu'il vient ?
00:57Il vient de là. Bouclier énergétique, en grande partie, il avait un impact très très lourd sur les finances publiques.
01:03On n'en finit pas de le rembourser.
01:05Et puis surtout, c'est un contresens. Baisser de la fiscalité sur de l'énergie produite en Algérie, aux États
01:12-Unis, au Brésil ou ailleurs, c'est franchement circuler sur l'autoroute à contresens.
01:16Si une fiscalité devait diminuer dans les temps à venir, y compris les années à venir, ce serait la fiscalité
01:23sur les énergies produites en France.
01:24– Pas de baisse généralisée, on va en parler avec Aurélie Trouvé. Bonsoir, merci d'être là, député de la
01:30France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
01:31Philippe Ballard, bonsoir, porte-parole du RN et député de l'Oise. Yves Tréhard, Bruno Jeudy, bonsoir à tous les
01:36deux.
01:36– Bonsoir. – Lisa ADEF et là aussi, pas de baisse généralisée, donc, mais des aides prolongées jusqu'à l
01:41'été.
01:42Pour les agriculteurs, les transporteurs, le BTP, indemnités kilométriques rehaussées pour les aides à domicile et les fonctionnaires.
01:48L'aide aux gros rouleurs va passer de 50 à 100 euros. On va en parler dans un instant tous
01:53ensemble.
01:54Mais d'abord, bonsoir Manuela.
01:56– Bonsoir à tous.
01:58– Merci d'être avec nous. Vous êtes auxiliaire de vie. On vous a vu ce matin dans un reportage
02:02de BFM TV justement sur ce sujet.
02:04On voulait avoir votre réaction ce soir. Je précise que vous faites 600 kilomètres par semaine.
02:09Qu'est-ce que vous dites ce soir ? Est-ce que vous trouvez votre bonheur dans les aides que
02:13l'on voit là, annoncées par le gouvernement ?
02:15– Alors, je fais jusqu'à 600 kilomètres. On a trouvé des réponses pour certaines choses,
02:23notamment l'augmentation des 20 centimes pour les indemnités kilométriques, c'est très très bien.
02:29Là où on est un petit peu plus sceptique, c'est par rapport aux véhicules électriques,
02:33puisqu'on avait déjà eu une proposition il y a quelques temps de ça, enfin il y a quelques années,
02:37par rapport à ce véhicule.
02:39Le problème, c'est qu'il y a 600 000 intervenantes à domicile en France et qu'on est sur
02:4615 000 voitures.
02:47– Oui, ça va être compliqué.
02:48– Ça sera très bien pour les 15 000 qui vont y avoir droit.
02:51Par contre, que va-t-on faire pour les autres ?
02:54– Alors, je comprends qu'on a une problématique, c'est la production de ces voitures électriques.
02:59La question que l'on se pose également, c'est concernant les conditions.
03:04Parce que quand vous êtes salarié à temps partiel, que vous touchez moins du SMIC,
03:14c'est compliqué d'avoir ce type de véhicule.
03:18Alors, même s'il n'y a pas d'apport initial, ça a quand même un coût.
03:22Et je suppose que quand on va monter les dossiers,
03:25on va quand même être un peu plus regardant par rapport au revenu de la personne.
03:28– Forcément, mais juste une chose pour bien comprendre,
03:31vous, votre indemnité kilométrique, ce soir, elle est rehaussée.
03:35Il y a un petit plus pour vous ce soir ?
03:36– Alors, il y a un petit peu d'augmentation par rapport aux indemnités kilométriques inter-clients.
03:44Il faut savoir quand même que la plus grande partie des kilomètres que l'on fait,
03:47ce n'est pas de l'inter-clients, c'est pour aller dans notre première intervention
03:52et le soir, quand on finit la première intervention et qu'on rentre chez nous.
03:56C'est là où on a plus de kilomètres.
03:59C'est ce qui correspond par exemple à un salarié lambda quand il embauche ou quand il débauche.
04:04Le problème, c'est qu'un salarié lambda peut avoir droit à la prime grand rouleur
04:10parce qu'il peut quantifier le nombre de kilomètres qu'il va faire dans la semaine
04:14pour embaucher et débaucher parce que c'est un endroit fixe.
04:17Nous, les intervenantes à domicile, nous changeons chaque jour de lieu d'embauche,
04:23nous changeons de distance, de parcours,
04:26et ça va être très difficile à pouvoir bénéficier de l'aide grand rouleur
04:31et nous ne bénéficions pas d'indemnités kilométriques pour ces parcours-là.
04:36Et c'est la plus grande partie de notre budget.
04:38On vous a entendu. Merci Manuela, merci d'avoir été avec nous ce soir.
04:42On réentendra le Premier ministre dans un instant,
04:44mais qu'est-ce que vous dites aurait-il trouvé ce soir face aux aides,
04:46le gouvernement, mais au total 1,2 milliard, c'est pas rien quand même ?
04:49Alors, je vais reprendre ce qu'a dit Manuela, auxiliaire de vie.
04:52D'abord, elle n'a toujours rien touché.
04:54C'est pareil pour les chauffeurs de taxi, ça fait 82 jours que les prix ont flambé.
05:0082 jours.
05:01Le gazole qui a pris 50 centimes, l'essence qui a pris 30 centimes.
05:05Donc, ce que propose le gouvernement, d'abord, personne n'a rien touché encore.
05:09Les grands rouleurs, c'est pas avant fin mai non plus.
05:11Et en plus, c'est des rustines, ça ne couvre même pas l'entièreté de la flambée des prix.
05:15C'est pour certaines catégories.
05:17Et puis, le grand absent, c'est quoi ? C'est les ménages, tout simplement.
05:19Parce que vous savez que les entreprises, en fait, leur premier levier de croissance et d'activité, c'est quoi
05:23?
05:24C'est le pouvoir d'achat des ménages.
05:25C'est que les ménages puissent leur acheter quelque chose.
05:27Et moi, j'ai une pensée pour tous les ménages, la plupart des ménages en France.
05:31Parce que les gens avec qui je discute sur les marchés, enfin, voilà.
05:34Et vous aussi, vous avez autour de vous des gens qui vous disent,
05:36mais en fait, moi, je peux...
05:38Si je veux continuer à aller travailler avec ma voiture, je ne vais pas partir en...
05:42Mes enfants, ils ne vont pas pouvoir partir en vacances cet été.
05:45Et puis, peut-être que je ne vais pas acheter de vêtements pour mes gosses dans les mois.
05:49Dans les mois, il y a encore, oui, il y a sorti dans le forum des témoignages comme cela.
05:51Juste, on verra les solutions dans un instant.
05:53Mais là-dessus, sur le constat ce soir, vous partagez le même constat ?
05:56Le même rejet de ce qu'a proposé le gouvernement ce soir ?
05:58Oui, absolument.
05:59Je ne sais pas si M. Lecornu a lu le sondage que vous avez sorti.
06:02Le sondage est là, bien, 81% des Français disent qu'on se sert la ceinture.
06:07Plus de 8 sur 10.
06:08Et 67% disent qu'il nous manque de l'argent pour vivre correctement.
06:12Alors, effectivement, tout à l'heure, c'était...
06:15Excusez-nous, on ne peut rien faire pour vous, puisque de toute façon, il n'y a plus d'argent
06:17en caisse.
06:17Ça fait 9 ans qu'on ruine le pays, comme aurait dit quelqu'un.
06:20On a cramé la caisse.
06:21Donc, ils étaient dans le constat, mais absolument pas dans l'action.
06:24Quelques mesurettes, on saupoudre dans une usine à gaz.
06:27Enfin, si vous avez le mode d'emploi, nous, on est preneurs, parce qu'on n'a rien compris.
06:30Effectivement, il y a des aides qui ont été promis, pas versées.
06:32Moi, j'ai repris la réaction des marins pêcheurs et des agriculteurs.
06:37Parce que là, on prolonge donc les aides.
06:39Jusqu'à l'été, au moins jusqu'à l'été.
06:40Mais quand elles ont été annoncées, il disait, c'est des mesures, c'est insuffisant.
06:43Et en venant, j'écoutais le vice-président de la FNSEA, qui disait, non, mais ça ne va pas.
06:47Le compte n'y est pas.
06:48Donc, nous, on aura l'occasion d'en reparler, je pense.
06:50Nous, on a une solution très simple.
06:51On baisse la fiscalité.
06:53On a compris que M. Le Corneau ne voulait pas, mais c'est la seule solution.
06:57C'est bizarre, avec Mme Trouvé comme avec M. Ballard, c'est que...
07:00Bon, je suis d'accord que ce n'est pas un exercice, le Premier ministre.
07:03Là, on a l'impression de six personnages en quête d'auteurs, quoi, ou en quête de textes.
07:07Ah, parce qu'ils étaient nombreux, hein ?
07:09Oui, oui, non, bon, qu'est-ce qu'ils avaient besoin ?
07:11Enfin bon, tout ça, c'était mis en scène, justement, pour faire du vrai plaisir.
07:14Il y avait le Premier ministre, et quoi ?
07:15Six ministres, six ministres.
07:18C'est que vous, vous contestez la politique du gouvernement.
07:22Vous dites que le gouvernement a cramé la caisse, et l'un et l'autre,
07:26notamment ces dernières années.
07:28Et puis là, qu'est-ce que vous lui demandez ?
07:29Vous lui demandez d'arroser.
07:31Pas du tout.
07:31Mais si, d'arroser gratis.
07:32Mais avec des économies.
07:34Mais attendez, il n'y a plus d'argent.
07:35Mais on fait des économies ?
07:36Ce que je voudrais dire, deux choses.
07:38Et puis après, je...
07:38Mais il en fait des économies.
07:39C'est que, d'une part, il ne peut pas, politiquement,
07:44puisque politiquement, le pays est complètement éclaté,
07:47il n'y a pas de majorité, il ne peut pas faire grand-chose.
07:49Et, deuxièmement, financièrement et économiquement,
07:53il est bloqué, parce que, justement, il a dépensé de l'argent
07:56que vous lui avez demandé, parce que c'est là où est
07:58une partie du mensonge,
08:00c'est que vous l'accusez d'avoir cramé la caisse,
08:02mais vous lui avez demandé, pendant le Covid,
08:06d'aller toujours plus loin.
08:08Toujours plus loin.
08:09Non, non, non, nous, on était pour renforcer les fonds propres,
08:12nous, on était pour renforcer les fonds propres des entreprises
08:14et pas faire ce sous-poudrage qui a eu lieu.
08:17Donc, alors, moi, je vais bien répondre.
08:18Allez-y, Philippe Ballard, allez-y, Philippe Ballard.
08:20Non, non, mais il faut faire des économies, attention, virgule, structurelles.
08:24Pas des coups de rabot, comme ils font depuis des années et des années et des années.
08:27La gauche, la droite, le centre, ont toujours fait la même chose.
08:29Nous, c'est le contre-budget, ce sont des économies structurelles.
08:32Alors, sur la politique migratoire, sur notre contribution au budget de l'Union Européenne,
08:35sur les, attendez, je finis, non, sur les, attendez, je peux finir,
08:40sur les, y compris le train de vie de l'État, sur les énergies intermittentes,
08:45sur la fraude fiscale, la fraude sociale, mais pas le truc qu'on fait une fois dans l'année,
08:48comme ça, c'est quelque chose de structurel.
08:51Vous dites, on fait du structurel, très bien, et vous dites, il faut baisser les taxes.
08:54On est d'accord.
08:55Les impôts de production.
08:56Les taxes sur le carburant, par exemple, sur le carburant.
08:58Oui, oui, tout à fait, ramener de 20 à 5,5, et les assises dans le TICPE
09:01et les certificats d'économie d'énergie.
09:02À la ligne, il peut n'en trouver plus logique que M. Ballard.
09:05Vous inquiétez pas, il y a une logique dans ma tête, ne vous inquiétez pas.
09:08J'attends d'avoir la parole pour...
09:09Oui, mais ça arrive, ça arrive, ça arrive, on a du temps, vous inquiétez pas.
09:12Philippe Ballard, vous dites, on baisse les taxes.
09:15Sébastien Lecornu vous a répondu cet après-midi, de manière un peu,
09:18oui, vertement, presse, regardez.
09:20Si votre question plus précise, c'est une baisse de la fiscalité à l'aveugle,
09:26général, massif sur le carburant,
09:28j'ai appartenu à un gouvernement qui l'a déjà fait.
09:31Alors, c'est parfois la spécialité de la classe politique française,
09:34de faire deux fois la même connerie.
09:36Ce ne serait pas la première fois dans notre histoire que ça arrive.
09:39Mais enfin, nous continuons de tirer ce fardeau en matière de déficit.
09:45Pardon, je ne veux pas polémiquer,
09:47mais bien souvent, en plus,
09:49l'effet à la pompe reste pas toujours si évident que ça.
09:53Sébastien Lecornu vous dit, on ne va pas faire deux fois la même connerie.
09:56C'est bien de reconnaître, parce qu'il est ministre depuis 2017, quand même.
09:58Oui, oui, oui, oui, oui.
09:59Tous les gouvernements.
10:00Il le reconnaît lui-même qu'il était dans le gouvernement.
10:02C'est le grand chelème.
10:03C'est bien de reconnaître ses erreurs,
10:05mais le problème, c'est qu'en ayant fait ça,
10:07il le reconnaît.
10:08En fait, qu'est-ce qu'ils font là ?
10:09Ils font appel au privé.
10:10Ils demandent à Total de plafonner les prix,
10:11ils demandent aux entreprises de faire des chèques carburants,
10:14parce que oui, ils n'ont plus...
10:15Enfin, ils ont planté le pays, pardon.
10:18Mais moi, il y a quelque chose...
10:18Non, mais attendez, vous ne répondez pas à Sébastien Lecornu.
10:20Sébastien Lecornu vous dit, on ne va pas refaire la même erreur
10:22de cramer la caisse une deuxième fois
10:24pour aider comme ce qu'on a fait en 2022 pour l'Ukraine.
10:27On regarde, encore une fois, on propose...
10:29Ça coûte 12 milliards, c'est ce qui a été chiffré.
10:31Tout le monde est d'accord sur ce chiffre.
10:33On fait des économies...
10:34Mais on fait...
10:36J'avoue, je ne comprends pas pourquoi vous ne voulez pas
10:39qu'en France, nous fassions des économies structurelles
10:42sur notre politique migratoire,
10:44sur notre contribution au budget à l'Union Européenne,
10:46sur les énergies intermittentes,
10:48sur le train de vie de l'État.
10:49On l'a chiffré à 50 milliards.
10:51Il y a rien que je peux expliquer, du coup.
10:53On arrive, on va y trouver.
10:54Bon, ben voilà, ça va, on avance.
10:57Mais pas pour arroser...
10:58Attendez, le chiffre 80% des Français qui disent...
11:01Et 80% des Français se serrent la ceinture.
11:04Mais attention, je vais vous emmener avec moi dans ma circonscription.
11:07Vous allez voir, le pays est une cocotte minute.
11:10En 2022, on a fait une belle générale.
11:11Mais il faut en avoir conscience.
11:13Et ça n'a sauvé à rien.
11:13Aurélie Trouvé, qu'est-ce que vous dites au gouvernement ce soir ?
11:17Sébastien Lecordi qui dit
11:18« On ne va pas refaire la même connerie qu'en 2022 ».
11:20Déjà, il dit « On ne va pas refaire la même connerie »,
11:22sauf qu'il dit « On ne change pas de philosophie ».
11:24Donc, on continue d'aller dans le mur.
11:26Voilà, c'est ce que propose le gouvernement.
11:28En réalité...
11:29Il ne change pas de philosophie par rapport au début de la crise.
11:31Monsieur Lea, je n'ai pas parlé depuis maintenant un certain temps.
11:34Donc, je veux bien parler sans être interrompu toutes les minutes.
11:39Mais vous, vous m'interrompez toujours toutes les minutes.
11:41Donc là, je veux bien aller jusqu'au bout du raisonnement.
11:43Il y a une mesure qui ne coûte rien et qui est la plus juste,
11:47qui est le blocage des prix, dont le Premier ministre ne veut pas parler.
11:50Blocage des prix, blocage des marges de qui ?
11:52De Total et des multinationales du pétrole.
11:55C'est quand même dingue.
11:55Total a annoncé, là, il y a deux semaines, vous vous souvenez, qu'ils avaient déjà fait plus d'un
12:02milliard de profits en un seul mois.
12:04Là, ça fait 82 jours.
12:06Donc, ça veut dire que Total a déjà fait plusieurs milliards d'euros de profits sur le dos des consommateurs
12:11de carburant.
12:13Je vais y arriver parce que la dernière fois, on en a déjà parlé.
12:15Plusieurs milliards de profits.
12:17Le lendemain, qu'est-ce qu'ils annoncent ?
12:18Plus 6% de dividendes pour leurs actionnaires.
12:21Qui sont leurs actionnaires ?
12:2240%, c'est des fonds de pension américains.
12:24Donc, en fait, ce que les consommateurs, là, mettent dans la station essence et dans Total,
12:31ça va directement à des fonds de pension américains.
12:33C'est pour ça que les gens n'arrivent pas à boucler leur fin de mois,
12:36pour aller remplir les poches des grands actionnaires de Total, c'est-à-dire des fonds de pension américains.
12:41Donc, le seul moyen de s'attaquer à ça, le seul, c'est le blocage des prix et le blocage
12:45des marques.
12:46Mais c'est ce qu'ils font, hein, Trouvé.
12:47Et M. Tréard, M. Tréard, M. Jody, ils devraient être très intéressés par cette mesure.
12:52C'est la seule qui coûte zéro euro.
12:54Bruno, Bruno, Bruno, Bruno, qu'est-ce que vous répondez à Aurélie Trouvé ?
12:56Mme Trouvé, Total, le pratique.
12:59D'ailleurs, il suffit d'aller sur les stations d'autoroutes Total Énergie.
13:02Il y a plein de monde sur les stations Total, moins chez les autres,
13:05parce que justement, le prix est plafonné.
13:07Je vais vous répondre.
13:07Eh bien, allez-y, répondez-moi, mais c'est la vérité.
13:09Alors, vous plafonnez à combien ?
13:10Allez-y, vous allez voir, moi, je n'en sais rien, vous n'avez fait la queue dans les stations
13:13Total.
13:13À 2 euros, OK, très bien.
13:15Je vous rappelle...
13:162,04, même.
13:17Oui, 2,04, effectivement.
13:18Je vous rappelle à combien était le prix de l'essence avant le début de la guerre ?
13:221,70.
13:221,70.
13:23À combien c'était il y a 5 ans ?
13:251,40.
13:25Vous voyez, regardez, par rapport au prix qu'il y a dernière,
13:27c'est pas une station Total, c'est beaucoup plus haut.
13:29Les marges de Total, que ce soit la raffinerie ou l'extraction,
13:32les marges de Total ont énormément augmenté.
13:37des industries pétrolières en face de moi sur un plateau qui n'a pas pu le nier.
13:42Bien sûr que les multinationales de pétrole se font des profits monstrueux.
13:46Ils s'en sont faits lors de la guerre en Ukraine.
13:48Ils s'en refont maintenant lors de cette guerre.
13:50Vous savez que Total a fait plus d'un milliard de profits.
13:53Rien que comment ?
13:54C'est pas une chose de temps, ce qu'il a raconté.
13:56Ne serait-ce qu'en achetant, juste avant le début de la guerre,
13:59en spéculant sur la guerre,
14:01une tonne de... je ne sais combien de tonnes de pétrole
14:03qui ne passent pas par le détroit d'Orde-Mousse
14:05et qu'ils sont en train de décharger maintenant.
14:08Yves Tréard.
14:09Yves Tréard.
14:09Au prix payé avant la guerre.
14:11Attendez, il faut que ça circule.
14:12Yves Tréard.
14:12Moi, j'entends, Mme Trouvé, et...
14:14OK, votre démonstration est celle-ci.
14:16Très bien.
14:17Il y a une centaine de compagnies pétrolières
14:19qui gagnent leur vie exactement comme Total
14:22grâce à cette crise.
14:23BP, Shell, etc.
14:24Qui sont dans un contexte de mondialisation.
14:26Tout à fait.
14:27Vous êtes d'accord ?
14:28Donc Total, vous lui faites le sort que vous voulez lui réserver.
14:31Qu'est-ce qu'il se passe ?
14:32Total, elle prend ses clics et ses claques.
14:34Elle part à New York.
14:36Ça se fait en deux secondes.
14:37Et on n'a plus de compagnies pétrolières françaises.
14:41Et moralité, eh bien, on aura des compagnies pétrolières
14:43comme celles qui sont les concurrentes de Total
14:45sur notre territoire.
14:47Et qui ne plafonnent pas leur prix.
14:48Qui ne plafonnent pas leur prix.
14:49Qui vendent l'essence plus chère.
14:52Et certaines même, notamment les Britanniques,
14:55qui veulent partir, qui veulent fermer leur station,
14:58Shell, BP, parce que, justement,
15:01elles trouvent que la politique qui est menée en France
15:02est une politique qui est détestable.
15:05Vous êtes vraiment sûr de cela ?
15:06D'abord, Total.
15:08Nous, on a auditionné des responsables de Total
15:10qui ne disent pas du tout ce que vous dites.
15:12D'abord, ils ont plusieurs mois de stockage privé et public.
15:16D'accord ?
15:16Enfin, il y a plusieurs mois de stockage privé chez Total,
15:19plus on a encore plusieurs mois de stockage public.
15:21D'accord ?
15:22Donc là, le chantage à la pénurie, je veux dire,
15:24ça ne tient pas.
15:25Sauf si, évidemment, le blocage des prix
15:27devait durer six mois, un an.
15:30Attendez, juste une chose, sur ce point-là,
15:32sur le chantage à la pénurie,
15:33on a le patron de l'agence à l'énergie aujourd'hui,
15:35qui n'est pas un Français, qui n'a rien à voir avec nous,
15:39et qui dit, on va dans une zone rouge.
15:41On pourrait rentrer dans une zone rouge.
15:43Si rien ne se débloque d'ici l'été,
15:45on va rentrer dans une zone où on va vraiment
15:47commencer à avoir un problème de volume,
15:48et donc de pénurie potentielle.
15:50Alors, on va y aller par étapes.
15:51Premièrement, c'est l'urgence sociale.
15:53L'urgence sociale, c'est bloquer les prix maintenant.
15:55On l'a dit, nous, on est pour un blocage des prix.
15:561,70 € comme avant la guerre,
15:59c'est-à-dire le prix auquel Total a acheté son essence
16:03avant la guerre, par ailleurs.
16:05Ils l'ont acheté avant la guerre.
16:06Bon, 1,70 € l'essence, 1,80 € le gazole,
16:09comme avant la guerre.
16:10Ça, c'est l'urgence maintenant.
16:12Ensuite, si dans six mois, un an Total disait,
16:15« Ah, puisque c'est comme ça, je m'en vais »,
16:17ce qu'ils ne diront pas avant plusieurs mois,
16:19parce qu'en réalité, c'est des coûts phénoménaux
16:21de refaire toutes les chaînes d'approvisionnement
16:23et d'aller ailleurs,
16:24on a des outils.
16:251, la réquisition, c'est dans le code
16:27des collectivités territoriales.
16:29On peut aujourd'hui...
16:30Et vous allez dire deux nationalisations ?
16:32C'est de la menace.
16:33Puisque eux, ils font du chantage à la pénurie.
16:36On peut faire du chantage aussi à la réquisition.
16:38Et 2, la nationalisation de certaines industries pétrolières,
16:41et je pense aux raffineries françaises,
16:44et bien ce n'est pas exclu, non ?
16:45Si jamais on se retrouve dans un chévital pour la France.
16:51Je voudrais expliquer pourquoi nous,
16:52on est contre ce blocage des prix,
16:54parce que ça crée de la pénurie, tout simplement.
16:57Je vends du pétrole, c'est pour le cas.
16:59Est-ce que je vais aller dans un pays
17:00où on bloque le prix ?
17:01Ben non, je vais aller le vendre ailleurs.
17:03Tout simplement, ce n'est pas plus compliqué que ça.
17:05C'est un peu le raisonnement.
17:06C'est Cuba et le Venezuela,
17:08sans le pétrole et sans le soleil.
17:11Et du coup, j'ai oublié votre question.
17:13Oui, il y a du pétrole, la nationalisation, la menace.
17:16Non, mais non, mais non.
17:17En fait, les raffineries, il n'y a plus que 6 en France,
17:19entre parenthèses.
17:20Là aussi, on s'aperçoit qu'il y a un problème de souveraineté,
17:24parce que, oui, on a fait comme pour le reste,
17:26mondialisation heureuse,
17:27on a laissé partir tout le monde.
17:29Et nationalisation, non.
17:31Non, mais nationalisation, non, c'est pas sérieux.
17:35On ne va pas revenir à Mitterrand en 1981.
17:37On laisse Total tout fermer ?
17:38Mais non, on ne laisse pas Total tout fermer.
17:40Ils font, encore une fois,
17:41nous, on était, pour taxer les surprofits,
17:44on s'aperçoit que Total fait un effort,
17:46un effort social, un effort financier,
17:48en capant les prix.
17:50Donc, ils font cet effort.
17:51Donc, on ne va pas taxer les surprofits
17:53qui n'existent pas.
17:55Après, on verra dans 6 mois, un an,
17:56si entre la taxation des prix
17:58et puis des super profits,
18:00il y a un vrai...
18:02Je reviens à la question qui est posée sur l'écran,
18:07flambé des prix à la pompe,
18:08jusqu'où ?
18:08Quand on écoute le Premier ministre cet après-midi,
18:11Yves Tréard,
18:11il dit qu'il y a deux scénarios sur la table.
18:13Le plus optimiste,
18:14c'est un retour à la normale dans quelques mois.
18:17Été, fin d'été, automne.
18:18Et puis, il y a un scénario noir qui l'a en tête.
18:20Il l'a dit, je suis honnête,
18:22quand on demande, notamment aux militaires,
18:24de nous raconter ce qui pourrait se passer dans les scénarios.
18:26Scénario noir.
18:27Reprise des frappes,
18:28destruction d'infrastructures pétrolières
18:29du côté du Moyen-Orient,
18:31fermeture d'Hormuz
18:32et de Babel Mandeb.
18:33Le détroit qui permet d'arriver jusqu'à Suez.
18:36Ce n'est pas un scénario qui est à exclure.
18:38Parce qu'aujourd'hui, ce qui se passe,
18:39c'est que vous avez face à face
18:43l'Iran qui n'a pas du tout intérêt
18:45à ce que le problème se résolve.
18:46C'est-à-dire que l'Iran veut garder son arme nucléaire
18:49et à le temps,
18:50puisque le régime est une dictature dans les mains de...
18:53Alors, on a longtemps dit des mollas.
18:55Non, aujourd'hui, c'est des militaires,
18:56c'est les gardiens de la Révolution.
18:57Et puis, en face, vous avez un homme
18:59qui s'appelle Donald Trump
19:01qui ne sait pas du tout ce qu'il fait.
19:02Où il va ?
19:03On nous raconte qu'il aurait des stratégies.
19:06Mais il n'a pas de stratégie.
19:07Il se réveille le matin,
19:09il dit le contraire de la veille.
19:12Il faut quand même arriver à le comprendre, ça.
19:14Et peut-être que les élections de mid-terme
19:16vont faire que tout va changer aux États-Unis.
19:18Et pour qu'ils mettent un point final
19:20à ce conflit
19:21qui n'aurait pas dû être engagé comme ça,
19:23en tous les cas.
19:24Mais le problème, c'est que
19:26personne n'a la solution.
19:28Trump n'a pas la solution
19:30de sortir de crise.
19:32Donc, on est...
19:33Et vous l'avez dit juste avant ce plateau,
19:35peut-être qu'il y a actuellement
19:37un début de dialogue
19:38qui est en train de se nouer.
19:40Mais on est loin de la fin.
19:43Bruno, d'un mot.
19:44Ensuite, Aurélie, trouver d'un mot.
19:45Non, ce qui est important
19:46par rapport à votre question précédente,
19:48c'est que le gouvernement de Sébastien Lecornu,
19:51qui est en première ligne sur cette affaire
19:53des conséquences économiques
19:55et directement sur le prix du carburant,
19:58évidemment, il a choisi la stratégie
19:59de verser au compte-gouttes
20:01les aides, les subventions
20:04aux entreprises, aux professions
20:06et puis aux gros rouleurs.
20:09Plus la guerre va durer,
20:10plus sa stratégie va être difficile à tenir.
20:12En fait, c'est ça qui est difficile pour lui.
20:14Et jusqu'à présent, sur 82 jours,
20:16il a plutôt soit cherché à gagner du temps,
20:19soit à moduler,
20:20à proportionner les aides.
20:22On le voit.
20:23Il a en tête sans doute
20:25une ligne budgétaire
20:27au-delà de laquelle il ne veut pas aller
20:28parce qu'il sait que...
20:29Il l'a dit d'ailleurs lui-même.
20:31Les aides qui sont versées en mai,
20:32c'est des impôts sans doute en 27.
20:34Et comme il ne veut pas augmenter
20:36les impôts en 27,
20:37déjà qu'il les a augmentés
20:38en 26 et en 25,
20:40c'est là où la stratégie du gouvernement
20:43sera difficile à tenir
20:44si ce conflit devait durer
20:47jusqu'à l'automne, en tous les cas.
20:50Ça peut changer la donne de la présidence.
20:51Je voudrais finir en disant
20:53que oui, la crise va sans doute durer.
20:55Et donc, il est urgent
20:57de planifier la société de la pré-pétrole.
20:59Urgent de planifier l'électrification.
21:02Et ça, il n'y a aucun plan.
21:03Il n'y a rien de la part
21:04du gouvernement.
21:05Mais l'urgence, je le redis,
21:06c'est le blocage des prix.
21:08On l'a fait en 1990
21:09au moment de la guerre du Golfe.
21:10Il y a eu zéro pénurie.
21:11Et même, on le fait
21:12de façon pérenne en Outre-mer.
21:14Et il n'y a pas de pénurie.
21:15Donc, le blocage des prix,
21:16ce n'est pas Venezuela.
21:17Vous avez oublié Cuba.
21:18Non, il l'a dit.
21:19Philippe Ballard l'a dit.
21:20Ça ne m'étonne pas.
21:21Donc, il faut arrêter de caricaturer.
21:23C'est une mesure de bon sens
21:24qui a déjà été utilisée,
21:26qui est la seule à même
21:27de faire face
21:27et de bloquer
21:28les méga-profits de Total
21:29et des multinationales
21:30du pétrole.
21:31Philippe Ballard, encore un mot ?
21:32Après, on avance.
21:34Non, mais il y a tellement
21:35de choses à dire.
21:35Moi, on a vraiment,
21:37en revenant sur ce sondage,
21:39il y a une urgence,
21:40monsieur le Premier ministre.
21:4180% des Français
21:42se serrent la ceinture.
21:43Une baisse de la TVA,
21:44de la fiscalité,
21:45oui, ça coûte 12 milliards,
21:46mais on la compense.
21:47Et c'est l'urgence.
21:48C'est une mesure très claire
21:49que tout le monde comprend
21:50et tout le monde en bénéficie
21:52dès le lendemain.
21:52Moi, je pense à mes retraités
21:53dans ma circonscription,
21:54aux chômeurs,
21:55ceux qui ne peuvent pas faire autrement
21:57que de se déplacer
21:58en mettant de l'essence
21:59ou du gasoil
22:00parce qu'une voiture électrique,
22:01si vous voulez,
22:02ça coûte quand même
22:02un petit peu cher.
22:04Merci.
22:04Merci Aurélie Trouvé,
22:05Philippe Ballard.
22:06Merci, messieurs,
22:07d'avoir été là.
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