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Les invités d’Elodie Huchard débattent de tous les thèmes qui font la une de l'actualité dans #120MinutesInfoWE, tous samedis à 15h

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00:00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour 120 minutes info week-end.
00:00:04On va commencer nos débats dans un instant, mais d'abord le journal avec Sandra Thionbeau.
00:00:08Bonjour Sandra.
00:00:09Bonjour Elodie.
00:00:10Et on commence avec cette française et son compagnon qui sont en détention provisoire
00:00:14après l'abandon des deux enfants de la femme au bord d'une route au Portugal.
00:00:18Oui, la juge d'instruction du tribunal de Setoubal au sud de Lisbonne a évoqué des crimes de coups et
00:00:24blessures aggravés,
00:00:25mis en danger et abandon. Seul le conjoint de la mère est soupçonné de coups et blessures.
00:00:30On voit leur profil avec Anaïs Bauché.
00:00:34Menottée, strictement encadrée par les gendarmes portugais, Marine B a quitté hier soir le tribunal de Setoubal
00:00:40après avoir été présentée à une juge d'instruction, suivie de près par son compagnon Marc B, également menottée.
00:00:46Le couple de français est soupçonné d'avoir abandonné les deux jeunes enfants de la femme dans le sud du
00:00:51Portugal.
00:00:52Mais qui est ce couple au profil inquiétant ?
00:00:54Marine B, 41 ans, se présente sur les réseaux sociaux comme une sexologue spécialisée dans le traitement des traumatismes.
00:01:00Elle a exercé comme psychomotricienne à Troyes de 2014 à 2022.
00:01:04Séparée du père de ses deux enfants, elle s'installe à Colmar en août 2025
00:01:08où elle élève seule ses deux enfants qui sont scolarisés.
00:01:11Le 11 mai, sa famille signale sa disparition.
00:01:14Son compagnon Marc B, 55 ans, est un ancien adjudant qui a quitté la gendarmerie en 2010.
00:01:18Originaire de Perpignan, ce dernier est connu des services de police pour des faits de violence et harcèlement conjugal sur
00:01:24son ex-compagne.
00:01:25Sur son compte Facebook, il publie régulièrement des messages antisémites ou complotistes.
00:01:30Un couple dont le comportement interpelle.
00:01:32Alors arrivé vendredi au tribunal, Marc B a crié à deux reprises « Je vous aime ».
00:01:37Je vous aime ! Je vous aime !
00:01:41Tandis que Marine B fredonnait une mélodie.
00:01:49Un troisième suspect a été écroué hier à Paris dans le cadre d'un projet d'action violente dans le
00:01:54Nord.
00:01:55Il s'agit d'un homme de 36 ans.
00:01:57L'information judiciaire avait été ouverte en février dernier.
00:02:00Les deux mineurs poursuivis dans ce dossier ont déjà été incarcérés.
00:02:04L'un d'entre eux, âgé de 16 ans, est soupçonné de nourrir une fascination pour les figures djihadistes
00:02:09et des plans avec des cibles comme un centre commercial ou une salle de concert.
00:02:15Gabriel Attal est en voyage express dans l'Aubrac au lendemain de l'officialisation dans l'Aveyron de sa candidature
00:02:20pour la présidentielle de 2027.
00:02:22Le secrétaire général de Renaissance a arpenté les rues et commerces ce samedi.
00:02:28Une façon d'incarner une méthode revendiquée, aller au contact des populations.
00:02:31On fait le point avec Valentin Rouillon sur place.
00:02:35Dernière étape ici sur le marché de Rhodes pour Gabriel Attal qui a déclaré sa candidature ce vendredi midi.
00:02:41Regardez Gabriel Attal, vous voyez sur les images de Charles Bagé qui déambule sur ce marché.
00:02:45Donc pour cette dernière étape qui échange avec les habitants, avec les commerçants
00:02:49parce qu'il y a une volonté pour Gabriel Attal de casser son image de produit pur parisien,
00:02:53très associé au haute scène, au macronisme technocratique et à une forme de distance avec la France périphérique.
00:02:59L'Aveyron lui permet de mettre en avant cette ruralité, cette agriculture, les traditions populaires, la France des territoires.
00:03:06Les proches d'Attal évoquent même une inspiration très chiracaine.
00:03:10Elle est au contact de cette France rurale loin de Paris pour construire cette stature présidentielle.
00:03:15Alors à ses côtés hier, Franck Riester, ancien ministre, Prisca Tevno, députée.
00:03:20Et puis aujourd'hui sur le marché de Rhodes, Marlène Schiappa qui accompagne Gabriel Attal,
00:03:24donc candidat officiel pour la présidentielle.
00:03:28A l'international, le bilan s'alourdit à l'est de l'Ukraine après une frappe sur une résidence universitaire
00:03:33dans une région contrôlée par la Russie.
00:03:35Les autorités russes ont fait état ce samedi d'au moins 12 morts et 9 portées disparues au lendemain de
00:03:41cette attaque.
00:03:41Au moins 48 personnes au total ont été touchées.
00:03:44Le président russe Vladimir Poutine a qualifié d'acte terroriste cette salve de drone
00:03:49ordonnant à l'armée de préparer une riposte.
00:03:53Environ 40 000 personnes ont évacué leur domicile par crainte d'une explosion après une fuite chimique en Californie.
00:03:59Regardez ces images aériennes des télévisions locales montrant des réservoirs cylindriques,
00:04:04aspergés d'eau par des lances à incendie.
00:04:06La cuve contenant 26 000 litres d'un produit utilisé pour la fabrication du plastique présente une fuite.
00:04:13Aucun blessé n'a été signalé pour l'instant par les autorités qui n'ont d'ailleurs pas communiqué
00:04:17sur l'origine de la fuite signalée ce jeudi.
00:04:20Véronique Sanson a été hospitalisée d'urgence pour une infection respiratoire aiguë.
00:04:25Sa prestation prévue ce soir au festival Aroch à Saint-Brieuc en Bretagne est donc annulée.
00:04:31La chanteuse française devait député ce samedi sa tournée des festivals d'été.
00:04:36Les autres dates à Autrive, Albivance, Surgère et Orange en juin et juillet sont maintenues selon le service de presse
00:04:43de l'artiste.
00:04:44Et pour terminer ce journal des images de joie avec les joueurs de l'Anse qui ont été accueillis en
00:04:49roi au stade Bollard
00:04:49après leur premier sacre en Coupe de France.
00:04:52C'était suite à leur victoire 3-1 en finale hier contre Nice.
00:04:56Des milliers de supporters l'Ansois étaient présents dans le stade malgré leur tardive.
00:05:00Il était 4h10 du matin quand les hommes de Pierre Sage, auteurs d'une saison remarquable, ont pénétré sur la
00:05:05pelouse.
00:05:06On écoute d'ailleurs l'entraîneur du RC Lens et le milieu offensif, Florian Thauvin.
00:05:11On est fiers de pouvoir donner des sourires, un peu de bonheur aux gens.
00:05:16On est dans une région qui souffre et ces moments, ils n'ont pas de prix en fin de temps.
00:05:22C'est fabuleux, on a un public extraordinaire.
00:05:25On a vécu une saison magnifique.
00:05:27Maintenant c'est écrit dans l'histoire, donc je suis tellement fier, tellement content.
00:05:31Merci à eux.
00:05:32Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
00:05:34Merci Sandra.
00:05:35On vous retrouve à 15h30 pour un prochain journal.
00:05:38On va commencer nos débats avec mes invités du jour.
00:05:41Karim Abrek, bonjour.
00:05:42Bonjour.
00:05:42De la rédaction de CNews.
00:05:43A vos côtés, Bernard Cohen-Addad.
00:05:44Bonjour Bernard.
00:05:45Bonjour Elodie.
00:05:46Président du Cercle de Réflexion, Étienne Marcel.
00:05:48Médie Raïf, bonjour.
00:05:49Bonjour.
00:05:49Analyste politique.
00:05:50Et Sabrina Berlin-Bouillet, bonjour.
00:05:52Bonjour Elodie.
00:05:52De la rédaction de CNews du service Police Justice.
00:05:54On va parler dans un instant de ce qui s'est passé du côté de Reims.
00:05:58Mais avant, je voudrais qu'on revienne sur cette battue citoyenne qui est organisée en ce moment à Saint-Étienne
00:06:03-de-Montluc,
00:06:04là où Manon, on vous en a déjà parlé sur ce plateau,
00:06:06une jeune femme de 31 ans n'a plus donné signe de vie depuis le 27 mars dernier.
00:06:11Autour de sa disparition, les autres nombres malheureusement s'accumulent.
00:06:14Et surtout, les soupçons se multiplient contre son conjoint.
00:06:17Les images de Clément Lopez avec le récit de Sarah Fenzari.
00:06:21Un sourire, un visage, celui de Manon Rolando.
00:06:25Cette agricultrice de 31 ans n'a plus donné le moindre signe de vie depuis deux mois.
00:06:31Mère de famille, éleveuse de chevaux et de bovins près de Nantes,
00:06:35elle disparaît le 27 mars dernier, ici, à Saint-Étienne-de-Montluc.
00:06:40Le 28 mars, l'endemain de sa disparition, un SMS est envoyé à ses proches depuis son téléphone,
00:06:47évoquant un départ en formation pour trois semaines.
00:06:50Un texto, à la syntaxe et à l'écriture douteuse, qui intrigue immédiatement ses parents.
00:06:56Il signale sa disparition le 3 avril, date à laquelle Manon avait rendez-vous
00:07:02dans une association pour les victimes de violences.
00:07:05Rendez-vous qu'elle n'a jamais honorée.
00:07:07Très vite, les soupçons se concentrent sur son conjoint, Abdelkarim Bey.
00:07:13Déjà connu de la justice, il avait été condamné en 2019 pour des violences conjugales sur son ex-compagne.
00:07:20Décrit comme froid et menaçant par certains voisins, il quitte la France pour l'Algérie, avec sa fille de 15
00:07:26mois.
00:07:27Présent dans une vidéo en direct sur l'application TikTok,
00:07:30le principal suspect assure que Manon est bel et bien vivante.
00:07:33C'est après cette prise de parole, le 27 avril, qu'il est interpellé et placé en détention.
00:07:40Deux personnes, la femme de ménage du couple et un chauffeur de taxi,
00:07:44ont déjà été mises en examen en France pour association de malfaiteurs
00:07:47en vue de la préparation d'un crime et modification des lieux d'un crime.
00:07:52Pour évoquer justement cette battue citoyenne, nous sommes en ligne avec le général Bertrand Cavalier.
00:07:58Bonjour et merci d'être avec nous.
00:07:59Je rappelle que vous êtes expert en sécurité.
00:08:01On voulait vous avoir avec nous aujourd'hui pour que vous nous expliquiez un peu comment ça se passe.
00:08:06Parfois, on a l'impression que ce sont des volontaires qui vont un peu au hasard faire des recherches.
00:08:11En réalité, évidemment, tout est très codifié.
00:08:14La gendarmerie prend bien soin de noter toutes les personnes qui participent
00:08:18et de s'assurer que la recherche soit faite dans de bonnes conditions.
00:08:21Oui, c'est une opération très encadrée par la gendarmerie.
00:08:25Il y a une cellule nationale d'enquête qui a été constituée et un engagement d'environ 100 militaires de
00:08:30la gendarmerie.
00:08:31Pour cette battue, il y a des conditions requises.
00:08:33D'abord, s'inscrire, il y a un contrôle d'identité et puis avoir un encadrement.
00:08:37Chaque groupe sera suivi, je dirais, piloté par un binôme de gendarmes.
00:08:43Alors, quels sont les objectifs ?
00:08:45L'objectif, c'est quand même de pouvoir couvrir une zone de recherche plus large.
00:08:48Là, ce sont 60 hectares, mais dans une zone qui est quand même difficile d'accès, avec des marées.
00:08:53Donc, il y a un premier impératif, c'est la sécurité.
00:08:56Deuxième impératif, c'est d'éviter la détérioration d'éléments qui pourraient intéresser les enquêteurs.
00:09:07Troisième impératif, c'est qu'il y a une cartographie tenue par les militaires de la gendarmerie
00:09:11qui va recenser, intégrer tous les itinéraires, les parcours qui ont été suivis par les bénévoles.
00:09:20Et enfin, il faut absolument préserver la régularité de la procédure.
00:09:25C'est que tout fera l'objet de PV d'investigation.
00:09:28Donc, c'est quelque chose qui vient en complément des actions menées par la gendarmerie.
00:09:32Il faut saluer quand même cet élan citoyen, parce que ce sont quand même 300 personnes
00:09:37qui vont pouvoir s'engager dans cette opération.
00:09:40Vous avez raison, évidemment, de souligner l'engagement de ces 300 personnes.
00:09:44Et comment on les briefe, entre guillemets ?
00:09:46Qu'est-ce que les personnes qui vont participer à cette battue sont censées chercher ?
00:09:51On leur demande des indices, des traces.
00:09:53Qu'est-ce qu'on doit chercher quand on est sur ce genre de battue ?
00:09:56Alors, on leur donne, il y a des consignes, on leur donne un petit document
00:10:01dans lequel il y a quelques consignes, des orientations.
00:10:03Mais ils ont surtout un rôle de recherche sous la gouverne, sous le contrôle de ces binômes de gendarmes.
00:10:13C'est véritablement de trouver tout élément, des vêtements, tout élément qui permettront
00:10:17de compléter les indices dont disposent actuellement les enquêteurs,
00:10:23de confirmer, voire d'affirmer des éléments.
00:10:26Donc, ça va être très utile sur une zone quand même qui est très étendue,
00:10:29cette fois-ci de 60 hectares. Sachant que jusqu'à présent, la gendarmerie a travaillé
00:10:34de façon très resserrée sur 10 hectares et on part toujours du plus proche vers le plus loin.
00:10:39Une dernière question parce que ces battues citoyennes, on en entend maintenant régulièrement parler.
00:10:44Est-ce qu'elles s'avèrent en général efficaces ?
00:10:47Est-ce qu'au terme d'une journée ou plusieurs journées de battue,
00:10:49on arrive à récupérer des informations ou à trouver des indices
00:10:53qui permettent de retrouver plus facilement une personne disparue ?
00:10:57Alors, il y a des battues citoyennes qui ont donné le succès, qui ont permis de trouver des éléments.
00:11:02Mais là, chaque fois, on verra les résultats à la fin de cette opération.
00:11:08Ce qui est quand même important, c'est de pouvoir couvrir une zone beaucoup plus large,
00:11:11ce qui va être le cas, avec également des moyens techniques.
00:11:14Les drones de la gendarmerie, il y a tous les moyens qui seront en complément
00:11:18pour essayer d'optimiser cet engagement, cette manœuvre,
00:11:23avec 300 citoyens, je le rappelle, ce qui est quand même assez considérable.
00:11:28Merci beaucoup Bertrand Cavalier d'avoir été avec nous et pour toutes ces précisions.
00:11:33Voilà ce qu'on pouvait dire de cette battue qui est organisée depuis le début de l'après-midi
00:11:37pour trouver des indices sur cette disparition.
00:11:40On va changer maintenant de sujet et revenir sur l'actualité du jour,
00:11:44ce qui s'est passé du côté de Reims.
00:11:46On va en parler avec vous Sabrina, on sait donc que ce sont 8 personnes
00:11:50qui ont été blessées lors d'un rassemblement de tuning parfaitement illégal
00:11:54qui se tenait à Reims.
00:11:55Que sait-on de cet événement et du profit du suspect ?
00:11:58Oui, les faits se sont déroulés hier soir dans la zone commerciale de la Neuville-Lette
00:12:02sur la commune de Reims.
00:12:03C'est là que se tenait un rassemblement de tuning, un rassemblement illégal
00:12:07avec 200 à 300 participants quand une voiture a foncé sur un groupe.
00:12:12Selon les premiers retours policiers, il s'agirait d'un homme
00:12:15qui a perdu le contrôle de son véhicule.
00:12:178 personnes sont blessées, dont au moins 2 graves,
00:12:20en particulier un jeune homme de 18 ans qui est grièvement blessé.
00:12:23Le conducteur, lui, il a été interpellé concernant son profil.
00:12:27On sait que c'est un trentenaire multirécidiviste
00:12:30concernant les infractions routières.
00:12:32Il était là encore sans permis et alcoolisé.
00:12:35Merci beaucoup Sabrina pour ces précisions.
00:12:37Vous restez avec nous.
00:12:38Effectivement, Bernard Kwanadad, on a du mal à comprendre
00:12:41et c'est tellement presque français, c'est un cas d'école.
00:12:44Le rassemblement est parfaitement illégal.
00:12:46Évidemment, c'est un chauffeur qui a déjà commis des infractions,
00:12:49qui n'a pas de permis, qui est alcoolisé et qui a failli tuer au moins 8 personnes
00:12:53parce que quand il a traversé la foule, il aurait pu faire encore plus de dégâts.
00:12:56Oui, et ce n'est pas la première fois que ce type d'événement,
00:13:00rassemblement qui sont bon enfants, on peut dire bons enfants,
00:13:03c'est-à-dire capacité de se réunir pour parler ensemble,
00:13:06même si ce n'est pas autorisé, il y a des débordements.
00:13:10Donc moi, ce qui m'inquiète...
00:13:10On ne veut même pas parler, on veut rouler très vite sur la voie publique.
00:13:13Oui, c'est ça justement.
00:13:14C'est-à-dire que le but, c'est la nuit ou en fin d'après-midi,
00:13:19faire chauffer les moteurs, faire en sorte de dépasser les limites des véhicules
00:13:23et aussi montrer qu'on a la voiture qui est la mieux préparée
00:13:28et qui n'est pas préparée dans les régulières.
00:13:30C'est-à-dire que forcément, elles n'ont pas respecté le contrôle technique
00:13:32ni, comment dirais-je, les règles de sécurité.
00:13:35On voit bien qu'une fois encore, du moment qu'un certain nombre de publics
00:13:39transgressent nos règles, les règles essentielles,
00:13:42il y a des débordements et un risque pour ceux qui les entourent.
00:13:46Ce n'est pas acceptable.
00:13:48Malheureusement, on ne peut pas mettre un gendarme ni un policier
00:13:50derrière chaque événement.
00:13:54Ce qu'on peut regretter, c'est que ce type de manifestations
00:13:58qui sont non autorisées et qui visent aussi à valoriser
00:14:02une sorte de culte de la vitesse et, on peut dire, de la force,
00:14:07ne va pas dans le sens aujourd'hui de ce que veulent les Français.
00:14:11Ils attendent plus de sécurité.
00:14:12Ils attendent aussi plus de paix dans l'espace public.
00:14:16Et ne pas se renverser quand on sort d'un buffet à volonté, par exemple.
00:14:18Et que là, on voit bien qu'on est en pleine transgression
00:14:21et donc en risque pour l'ensemble des personnes
00:14:23qui non seulement participent à ce type d'événement
00:14:25et des riverains qui pourraient s'y trouver.
00:14:27Je voudrais qu'on regarde justement là-dessus la réaction du préfet de Lamarne.
00:14:30Il s'appelle Romain Royer.
00:14:31Il a communiqué assez tôt et il dit ceci, le préfet.
00:14:34Ces événements, organisés au mépris des règles élémentaires de sécurité
00:14:38et de la réglementation, mettent gravement en danger la vie des participants et des spectateurs.
00:14:43Ces rassemblements illégaux font l'objet d'une vigilance constante des services de l'État.
00:14:48Des opérations de contrôle et de sécurisation sont régulièrement conduites
00:14:51afin de prévenir les troubles à l'ordre public et garantir la sécurité de tous.
00:14:55Dans le même temps, on apprend que le préfet de la Moselle prend un arrêté
00:14:59pour interdire tous les rassemblements automobiles entre ce week-end jusqu'à mardi matin inclus.
00:15:05On vient de voir cette citation.
00:15:07Karima, un préfet, qui nous explique qu'il y a des contrôles,
00:15:09qui nous rappelle que tout cela est parfaitement illégal.
00:15:12Certes, tout le monde sera d'accord, mais ça n'empêche pas que ces rassemblements se tiennent
00:15:16et qu'ils amènent quand même une certaine foule.
00:15:18Ça veut dire que c'est bien organisé en amont.
00:15:20Ce n'est pas un hasard que toutes ces personnes se retrouvent en voiture à faire des tours de rond
00:15:24-point.
00:15:24Tout à fait.
00:15:25On a vu qu'il y a plusieurs éléments transgressifs qui se passent, ces actes transgressifs.
00:15:31Quand on pense aussi...
00:15:32Vous savez, quand on regardait les fêtes un peu sauvages en extérieur, ça fait partie de ça aussi.
00:15:37On sait que c'est illégal, mais finalement, on organise quand même ces free-parties
00:15:41et on se dit que de toute façon, la plus grande conséquence, si jamais j'y vais,
00:15:45il ne se passera pas grand-chose.
00:15:46Donc, on a beau avoir une espèce d'arsenal judiciaire, législatif,
00:15:51mais les risques finalement de participer à de tels événements ne sont pas...
00:15:54En fait, ce n'est pas très menaçant pour les participants.
00:15:57Donc, il y a deux choses.
00:15:58Il y a aussi cette tentation de ces actes, comme on dit, transgressifs.
00:16:01Il y a les refus d'obtempérer.
00:16:03Donc, on voit, d'un point de vue même de l'éducation,
00:16:07il y a quelque chose qui a été brisé, il y a quelque chose qui ne s'est pas rendu.
00:16:09Et deuxième chose, je pense que ça, c'est un vrai sujet, c'est sur les multirécidivistes.
00:16:14Parce que les multirécidivistes, ce sont des dangers pour les Français.
00:16:19Ce sont des dangers et dans ce cas-ci, c'est un vrai problème.
00:16:23On regarde le profil du suspect, un trentenaire, donc il n'y a pas non plus 16 ans.
00:16:28Oui, il a l'âge d'avoir le permis en théorie.
00:16:30Il a l'âge en fait de pouvoir réfléchir un peu à ses actes
00:16:33et manifestement, dans son parcours judiciaire, son parcours pénal,
00:16:37on n'a pas réussi à le stopper.
00:16:38Donc, moi, je pense que ça remet en fait au bout du jour, si vous voulez,
00:16:43le débat sur les peines planchées.
00:16:45Vous avez une chance, deux chances, trois chances.
00:16:47Combien de chances vous avez, finalement, de risquer la vie d'autrui?
00:16:51Dans ce cas-ci, manifestement, il y a quelque chose qui bloque
00:16:54dans ce parcours judiciaire législatif pour les multirécidivistes.
00:16:58Effectivement, sur ce parcours, Médie, comme le disait Karima à l'instant,
00:17:01on voit que c'est quelqu'un qui est un multirécidiviste,
00:17:04qui n'a pas de permis, ou en tout cas qui n'a plus de permis,
00:17:07qui a consommé de l'alcool.
00:17:10Et comme le disait Karima, peut-être que cette impunité,
00:17:12elle est aussi possible.
00:17:13Parce que s'il est multirécidiviste,
00:17:15sans doute que les sanctions, si tentées qu'il en ait eues,
00:17:18n'ont pas été assez importantes pour lui faire comprendre
00:17:20qu'il fallait vraiment arrêter ce parcours de délinquance,
00:17:23de délinquance routière au moins.
00:17:24Je rejoins les propos de Karima.
00:17:26Et d'ailleurs, le terme de multirécidiviste, il est quand même très français.
00:17:29Je l'entends très peu à l'étranger.
00:17:30C'est vraiment un caractère qui est très français,
00:17:32le fait d'être en capacité de répéter sans arrêt la même infraction,
00:17:37sans être puni.
00:17:38C'est un problème qui est vraiment franco-français.
00:17:41Sur ce qui s'est passé à Reims, il y a à la fois la culture du tuning,
00:17:44très emplintée localement, donc il y a un effet culturel,
00:17:46mais la vitesse et la perte de contrôle d'un véhicule ne peuvent pas être un...
00:17:50L'espace public ne peut pas devenir un lieu de spectacle,
00:17:53surtout quand on perd le contrôle d'un véhicule.
00:17:55Donc effectivement, pour moi, il y a deux problèmes.
00:17:56Il y a à la fois le profil de la personne qui est problématique,
00:18:00multirécidiviste, concrètement, il y a un trou dans la raquette de la justice.
00:18:02Pourquoi cette personne en capacité de faire sans arrêt les mêmes erreurs,
00:18:05elle n'est jamais punie ?
00:18:06C'est-à-dire aussi qu'elle peut le faire...
00:18:08Il y a même...
00:18:08Il y a presque une permission.
00:18:09Il y a presque une permission, c'est-à-dire qu'il y aurait une illégalité
00:18:12qui serait quasiment légale.
00:18:13En fait, vous tombez dans un champ où c'est un peu une zone grise.
00:18:17Et ensuite, il y a tous ces aspects, c'est ce que disait Bernard,
00:18:21c'est que c'est à la fois un événement festif,
00:18:24ça appartient à une certaine culture locale,
00:18:26mais ce n'est pas une raison suffisante pour avoir ce type d'événement
00:18:30ou du moins dans des conditions de sécurité qui sont totalement agrissantes.
00:18:34Donc il y a deux problèmes.
00:18:35Il y a le multirécidiviste et il y a aussi le problème d'une culture locale,
00:18:38du tuning, même si très implanté, c'est très bien si les gens adorent...
00:18:41Les non-rosent sur une voiture, mais pourquoi pas ?
00:18:43C'est très bien, mais la vitesse, et il faut bien avoir en tête
00:18:45que lorsque vous avez un véhicule qui pèse une tonne, une tonne et demie,
00:18:47et qu'il est modifié, c'est une norme qui peut être transformée par destination.
00:18:51C'est d'ailleurs dans le droit français.
00:18:53Donc il y a plusieurs problématiques et pour moi, il y a un événement culturel important derrière.
00:18:56Il y a quelque chose qui tient de la culture locale.
00:18:57Après, quelle solution trouver ?
00:18:59Parce qu'ici, typiquement à Reims, en août dernier,
00:19:02il y a déjà eu ce type de rassemblement avec des blessés à un autre endroit de la ville.
00:19:06C'est pourquoi il y avait été mis des ralentisseurs.
00:19:08Et le problème, c'est déplacer, puisqu'ils ont trouvé ce rond-point
00:19:11pour se retrouver une fois de plus avec des restaurants autour.
00:19:13Et c'est ce que vous disiez, parmi les victimes,
00:19:16il est très fort probable qu'il y ait des clients qui sortaient simplement du restaurant
00:19:19et qui ont été happés par cette voiture.
00:19:21Donc vous voyez, le problème, c'est simplement déplacer,
00:19:23avec toujours ce côté illégal et interdit pourtant.
00:19:26Alors pour moi, il y a deux choses.
00:19:27Je voulais rebondir sur ce que disait Mehdi.
00:19:30D'une part, c'est vrai que c'est une culture dans certaines régions,
00:19:33cette façon de transgresser les règles du code de la route
00:19:38et dans des espaces clos qui sont les parkings de grands centres.
00:19:42Où ça reste illégal d'ailleurs, par ailleurs.
00:19:44Bien entendu que c'est illégal.
00:19:45Et c'est pour ça que les exploitants mettent des plots en béton
00:19:48pour pouvoir éviter ce type de...
00:19:50On l'a vécu beaucoup en Ile-de-France il y a un certain nombre d'années.
00:19:53Donc aujourd'hui, on sait que ce type d'espace sont propices
00:19:57à l'utilisation, que ce soit des motos ou des autos,
00:20:01en dehors des règles publiques.
00:20:03Mais aussi, ça a été rappelé par tout le monde sur le plateau,
00:20:06il y a un public malheureusement pour ça.
00:20:08C'est que aussi, ces événements, ils ne se font pas sous le manteau.
00:20:12C'est-à-dire qu'il y a ceux qui montent les voitures,
00:20:15il y a les réseaux sociaux,
00:20:16et puis il y a ceux qui viennent voir ces excès de vitesse
00:20:18et qui sont, comment dirais-je,
00:20:20parfois les victimes de ce type de débordement.
00:20:22Qui des fois viennent en famille, donc on rejoint l'aspect culturel.
00:20:24C'est vraiment le local.
00:20:25Voilà ce qu'on peut dire de la situation en tout cas à Reims.
00:20:27Merci Sabria de nous avoir accompagnés pour cette première partie.
00:20:30On va marquer une courte pause dans ce 120 minutes info week-end
00:20:34et puis on reparlera des zones à faible émission
00:20:37puisque le Conseil constitutionnel a de nouveau fait de la politique
00:20:41et explique donc à peu près 3 millions de Français
00:20:43que s'ils n'ont pas les moyens de changer leur voiture,
00:20:46eh bien ils marcheront à pied.
00:20:47On en parle juste après la pause.
00:20:48A tout de suite.
00:20:52Presque 15h30 sur CNews,
00:20:54on se retrouve pour la deuxième partie de 120 minutes info week-end
00:20:57avec un nouveau journal de Sandra Tchombour.
00:20:58Bonjour Sandra.
00:20:59Bonjour Elodie.
00:21:00On commence avec la météo et cet épisode de chaleur précoce et intense
00:21:04sur toute la France qui se traduit par des températures inédites pour un mois de mai.
00:21:08Et oui, il devrait atteindre son paroxysme entre demain et mercredi prochain.
00:21:13Selon Météo France, avec plus de 30 degrés sur une grande partie du pays
00:21:16jusqu'à 35 degrés dans le sud-ouest.
00:21:18Chloé Tarka et Sacha Robin, vous êtes sur le quai Anatole France à Paris.
00:21:23Il fait chaud, très chaud.
00:21:25Les gens tentent de se rafraîchir comme ils le peuvent.
00:21:27Ils vous ont peut-être livré des astuces ?
00:21:33Alors, comme tous les ans, ils nous livrent des astuces, en effet.
00:21:36En tout cas, vous le voyez derrière moi, des quais de Seine bien remplis.
00:21:39Alors, terrasse, transat, pique-nique.
00:21:41Les Parisiens profitent pleinement de cette chaleur exceptionnelle pour un mois de mai.
00:21:45Et ce n'est qu'un début, selon Météo France.
00:21:47Cet épisode est lié à ce qu'on appelle un dôme de chaleur
00:21:50provoqué par un blocage anticyclonique au-dessus de la France.
00:21:53Résultat, les températures pourraient rester très élevées pendant encore une semaine, voire dix jours.
00:21:59Alors forcément, dès aujourd'hui, les promeneurs doivent s'adapter.
00:22:03Écoutez-les.
00:22:06Nous, on vient de Montpellier, donc la chaleur, ça ne me fait pas peur.
00:22:09On a l'habitude, on a la chaleur.
00:22:11Tous les étés, on a 35, 38.
00:22:14On est habitués, quoi.
00:22:15On boit bien, on s'hydrate et puis on mange des glaces, ouais.
00:22:18Ça fait plaisir, mais là, c'est un peu brutal, quand même.
00:22:21Effectivement, la semaine dernière, il faisait encore 15, il pleuvait.
00:22:24Et là, d'un coup, il fait 30.
00:22:27Et pour la semaine d'après aussi, donc bon.
00:22:29C'est un peu brutal, quand même.
00:22:34Et la question, c'est vraiment jusqu'où les températures pourront-elles grimper ?
00:22:38Car demain, dimanche, pourrait déjà être la journée la plus chaude enregistrée en France métropolitaine
00:22:44au mois de mai par Météo France.
00:22:45Un record qui pourrait être battu dès lundi, qui pourrait de nouveau être battu mardi.
00:22:51Vous l'aurez compris, Sandrine, le pic de chaleur n'est pas encore atteint.
00:22:55Merci beaucoup, Chloé Tarka.
00:22:56Merci à Sacha Robin qui vous a accompagnée pour ce duplex.
00:23:00Dans sa dernière prise de parole avant un verdict attendu à Digne,
00:23:04l'accusé a déclaré « je ne pensais pas faire mal ».
00:23:06Oui, c'est ce qu'a dit Guillaume B. ce samedi, au dernier jour de son procès aux Assises pour
00:23:11viol,
00:23:11accompagné d'actes de torture ou de barbarie, commis pendant 7 ans sur son ex-compagne,
00:23:17sous couvert de relations sadomasochistes.
00:23:19On écoute l'avocat de la femme.
00:23:22On a montré comment est-ce qu'il a fait en sorte qu'elle ne puisse pas partir plus tôt
00:23:27et qu'il y a des mécanismes psychologiques qui font qu'on peut être enfermé malgré soi
00:23:32dans une prison psychologique.
00:23:33Et même si ça paraît inconcevable quand on n'est pas habitué à ce genre de situation,
00:23:37je crois qu'on a pu, au cours des débats, exposer ça.
00:23:40Et puis aussi de s'intéresser à la personnalité de l'accusé,
00:23:45à ces gens qu'on appelle des pervers avec des tendances sadiques,
00:23:50qui sont des personnalités très particulières.
00:23:52Le pape Léon XIV s'est rendu au cœur de la terre des feux ravagés par la pollution.
00:23:57Il était à Asera, près de Nalpes aujourd'hui,
00:24:00une zone dévastée par des décennies de décharges illégales contrôlées par la mafia
00:24:04et qui empoisonnent l'environnement de près de 3 millions d'habitants.
00:24:07Le souverain pontife a dénoncé dans son discours un mélange mortel d'intérêts obscurs
00:24:13et d'indifférences envers le bien commun.
00:24:15Et on termine avec cette grosse frayeur pour Alain Prost,
00:24:18qui a été victime d'un violent cambriolage dont sa propriété suisse.
00:24:23Oui, il aurait été blessé à la tête par les malfaiteurs.
00:24:26Les faits ont été rapportés par des médias locaux
00:24:29qui ont évoqué un home-jacking à Nyon mardi dernier.
00:24:32L'ancien champion français de Formule 1 et sa famille
00:24:36auraient été surpris par l'intrusion de plusieurs individus cagoulés.
00:24:40Sous la menace, l'un de ses fils aurait été contraint d'ouvrir le coffre-fort.
00:24:44Le montant du butin n'a pas été révélé.
00:24:47Merci beaucoup Sandra Thiumbo.
00:24:49On va reprendre nos débats avec mes invités.
00:24:51On va parler maintenant, je vous le disais avant la pause,
00:24:54de ces fameuses zones à faible émission.
00:24:56Elles avaient été supprimées par le Parlement.
00:24:58Et bien finalement, le Conseil constitutionnel censure cette suppression.
00:25:03Les sages estiment, je cite, que cette mesure dans la loi de simplification
00:25:07était trop éloignée du texte initial.
00:25:10Vous imaginez que cette annonce a suscité beaucoup de réactions,
00:25:13notamment dans la classe politique.
00:25:15Florian Doré, Sharon Camara et Chloé Tarka les ont compilées pour vous.
00:25:19Leur disparition n'aura été que de courte durée.
00:25:22Les ZFE, zone à faible émission, avaient été supprimées par les parlementaires
00:25:26il y a plus d'un mois.
00:25:28Mais ce jeudi, le Conseil constitutionnel a finalement tranché
00:25:31et a décidé de censurer ce vote.
00:25:33Une décision déjà contestée.
00:25:36Je pense que le Conseil constitutionnel a tort
00:25:38et affaiblit beaucoup son autorité en se comportant ainsi.
00:25:41Il contraigne la volonté exprimée par le peuple.
00:25:44C'est quand même très problématique.
00:25:46Si le Rassemblement national demande sa suppression,
00:25:48les socialistes et les écologistes souhaitent le maintien du dispositif
00:25:52tandis que la France insoumise appelle à mettre en place des alternatives
00:25:55plus adaptées aux besoins des automobilistes.
00:25:58Je pense que c'est reculer pour mieux sauter
00:26:00parce que ces ZFE, elles ne sont pas bien pensées.
00:26:05Elles sanctionnent bien davantage les ménages les plus pauvres
00:26:08qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture.
00:26:12Et donc je pense que c'est faire de l'écologie punitive,
00:26:15là où on devrait repenser notamment l'accès aux services publics
00:26:19et aux services publics de transports
00:26:20en fournissant des alternatives qui sont accessibles financièrement,
00:26:25c'est-à-dire gratuites pour les plus précaires, gratuites pour les jeunes
00:26:28avant de dire de tout de suite sanctionner ceux qui ont une vieille voiture
00:26:32et qui n'ont pas les moyens de la changer.
00:26:34Avec cette réhabilitation, ce sont près de 3 millions de véhicules polluants
00:26:38qui ne pourront plus circuler dans les 25 ZFE déjà en vigueur
00:26:42comme à Paris ou à Lyon.
00:26:44On va parler dans un instant de l'importance,
00:26:47de l'influence même du Conseil constitutionnel désormais.
00:26:51Mais Karima, je reprends d'ailleurs les mots de Mano Aubry pour le coup
00:26:53parce qu'en prenant cette décision,
00:26:56le Conseil constitutionnel prend une décision très discriminante.
00:26:59Les personnes qui n'ont pas les moyens d'avoir des voitures plus neuves
00:27:02et moins polluantes sont donc tout simplement des personnes
00:27:05qu'on va exclure des centres-villes.
00:27:07C'est-à-dire que c'est une discrimination qui est basée en fait
00:27:09sur le niveau de vie et sur la richesse de chacun.
00:27:11Oui, il y a une forme de stigmatisation.
00:27:14Elle n'est pas dite comme ça, elle n'est pas voulue comme ça,
00:27:16mais le résultat, il est celui-là.
00:27:19C'est-à-dire que finalement, non seulement dans ce discours
00:27:22sur l'écologie, sur l'environnement,
00:27:24on est tous pour de l'air plus pur et tout ça,
00:27:28sauf que la réalité, c'est que vous faites finalement
00:27:30payer les moins fortunés.
00:27:31Et si vous ne les faites pas payer, même financièrement,
00:27:34finalement, vous envoyez une espèce d'image
00:27:38qu'il y a un mépris à avoir.
00:27:40Je trouve que c'est ça aussi.
00:27:41Et on l'a vu avec le mouvement dégueu...
00:27:44Oui, d'Alexandre Jardin.
00:27:45D'Alexandre Jardin, où finalement, c'était cette espèce
00:27:48d'opprobre qui était jetée sur une partie de la population.
00:27:50On vous disait, vous n'êtes pas capable de suivre le mouvement,
00:27:52vous êtes dégueu quelque part.
00:27:54Et oui, il y a quelque chose de discriminant.
00:27:56Et on voit qu'on est dans une forme d'idéologie,
00:27:59dans même certains effets de mode.
00:28:01On se dit, on va tout mettre en oeuvre pour...
00:28:03Oui, on est dans cette espèce d'ivresse de dire
00:28:05qu'on va basculer dans cette idée écologique, écologiste.
00:28:09Mais au fond, on ne tient pas compte de la réalité,
00:28:12que ce soit, par exemple, on a besoin d'un accompagnement
00:28:15pour les personnes qui n'ont pas les moyens,
00:28:17justement, de s'offrir une voiture électrique neuve.
00:28:21Je veux dire, ce n'est pas à portée de toutes les bourses.
00:28:23Et on voit que ça avait été mal ficelé, mal conçu,
00:28:27ces idées de zone des ZFE.
00:28:31On était, encore une fois, je pense, dans une idéologie.
00:28:33Et on réalise aujourd'hui que ce n'est pas possible.
00:28:36Sauf que, on voit aussi, je pense que les Français regardent ça
00:28:40et ils se disent, mais on ne comprend plus rien.
00:28:42On vote.
00:28:43Et finalement, il y a des lois, il y a des mesures qu'on souhaite.
00:28:47Et on se retrouve dans une sorte de bureaucratie,
00:28:49une sorte de pouvoir, de juge, de gens qui...
00:28:51On ne sait pas exactement qui sont ces personnes.
00:28:55Et finalement, les lois sont retoquées.
00:28:57On l'avait vu avec la loi immigration, par exemple.
00:28:59Il y avait des mesures importantes.
00:29:01Avec l'écran, avec la loi agriculture.
00:29:02Voilà.
00:29:02Et si on parle d'écran, oui, il y a eu...
00:29:05Donc, ce qui a été proposé par Charles Rodwell,
00:29:08ça a été accepté à l'Assemblée nationale,
00:29:11ça a été validé aussi au Sénat, mais on ne sait pas.
00:29:13Est-ce que ça aussi, ça va être éventuellement retoqué
00:29:16par le Conseil constitutionnel?
00:29:18Donc, il y a aussi peut-être ce pouvoir
00:29:21qui peut être jugé un peu même démesuré, voire détourné.
00:29:25Et je pense que c'est une partie de la population
00:29:27qui peut le voir ici.
00:29:28Justement, là-dessus, Bernard, si on doit faire des économies,
00:29:30peut-être que désormais, on peut supprimer l'Assemblée et le Sénat
00:29:33et puis qu'on laisse les neuf sages.
00:29:34Parce qu'en réalité, aujourd'hui, on a vu l'habitude,
00:29:36avec les exemples qu'a donnés Karima,
00:29:38de lois qu'on n'arrivait pas à mettre en place.
00:29:40Et là, c'est pire, c'est une loi qu'on n'arrive plus à détricoter.
00:29:43Les Français, honnêtement, se demandent, vous le disiez,
00:29:45pourquoi on va élire des députés,
00:29:47pourquoi les grands électeurs vont élire des sénateurs,
00:29:49pour qu'à la fin, neuf personnes décident de tout ?
00:29:52Vous savez, Elodie, si on veut faire des économies,
00:29:54il faut déjà réduire le budget de l'État,
00:29:55faire des économies sur un certain nombre d'agences
00:29:58qui ne servent pas à grand-chose
00:30:00et faire en sorte que l'argent aille sur la tente des Français.
00:30:02Je n'étais pas vraiment pour supprimer l'Assemblée de Sénat.
00:30:05Je sais bien, mais je vous le dis,
00:30:06parce que, comme nous étions ensemble
00:30:08lors de la précédente décision du Conseil constitutionnel,
00:30:11vous aviez dit, connaissez-vous telle et telle personne ?
00:30:14Et bien entendu, personne sur le plateau
00:30:15connaissait certainement du Conseil constitutionnel.
00:30:18Sur la ZFE, parce que moi, il y a deux ans,
00:30:21j'ai écrit un chapitre dans mon livre
00:30:24sur les zones de forte exclusion.
00:30:26Ce sont des zones de forte exclusion
00:30:28qui ont été installées parce que les parlementaires
00:30:31n'ont pas eu le courage il y a quelques années de dire non.
00:30:35Refaisons l'histoire quand même.
00:30:37Beaucoup de parlementaires, tous partis confondus,
00:30:39y compris certains présidents de région,
00:30:41ont vu ces ZFE comme, sauf peut-être,
00:30:44Xavier Bertrand, qui a toujours été contre,
00:30:46ont vu les ZFE comme un moyen de contrôler les mobilités
00:30:50dans leur espace public.
00:30:53Malheureusement, comme pour le passage de 90 à 80,
00:30:57les Français n'en ont pas voulu.
00:30:59Et depuis toujours, les Français n'ont pas voulu des ZFE.
00:31:03Et ça a été rappelé, ce mouvement des gueux
00:31:05qui a porté cette rébellion de manière extrêmement forte.
00:31:10Et qui n'a pas fini de la porter.
00:31:11Et qui n'a pas fini, mais qui l'a porté encore.
00:31:13Donc aujourd'hui, il y a une volonté
00:31:16qui est de faire en sorte qu'on revienne
00:31:19dans une équité sociale dans les territoires.
00:31:22Et surtout dans les territoires ruraux.
00:31:23Parce que lorsqu'on est dans des territoires ruraux,
00:31:27on n'a pas d'autre choix que d'utiliser son véhicule
00:31:30pour aller à l'école, pour aller tout simplement faire ses cours.
00:31:33Et ceux qui ont des voitures polluantes n'ont pas une voiture polluante par plaisir.
00:31:35Pour aller peut-être accompagner une personne à mobilité réduite,
00:31:38aller voir ses grands-parents, ou voir aller voir ses parents,
00:31:40ou tout simplement aller faire des soins.
00:31:44Donc il y a une vraie injustice pour beaucoup de Français.
00:31:47Et moi, je suis peut-être assez sévère pour les parlementaires.
00:31:50Parce que quand on prend aussi un mauvais support législatif,
00:31:53il ne faut pas s'étonner.
00:31:55Là, ça n'est pas discutable.
00:31:55C'est une loi sur la simplification.
00:31:57Je le dis bien.
00:31:58Mais justement, comme c'est quelque chose qui est important aux Français,
00:32:01on fait attention de ne pas prendre le risque d'être retoqué.
00:32:04Mais ça, c'est ma position personnelle, je le dis.
00:32:08Par le Conseil constitutionnel.
00:32:10Et bien entendu, il reste aujourd'hui que les ZFE
00:32:14sont des zones d'exclusion
00:32:16pour, comment dirais-je, les Français les plus fragiles.
00:32:19Ça reste aussi des zones d'hypocrisie
00:32:21puisque vous verrez bien, cher Élodie,
00:32:24que très peu de Français sont finalement sanctionnés
00:32:27à travers des contraventions
00:32:28parce que c'est un brûlot social et politique.
00:32:31C'est vrai que, Mehdi, là-dessus,
00:32:32pour expliquer aussi à nos téléspectateurs,
00:32:33la raison invoquée par le Conseil constitutionnel,
00:32:36c'est que c'est un cavalier législatif.
00:32:37Donc si on vulgarise, pour que tout le monde comprenne bien,
00:32:40ça veut dire que cette partie-là n'aurait pas dû être dans ce texte.
00:32:43C'est un texte sur la simplification.
00:32:44C'est un texte très global d'ailleurs.
00:32:46Il y a beaucoup de tiroirs dans ce texte.
00:32:48Et donc le Conseil constitutionnel décide
00:32:51que ça aurait dû être ailleurs et pas dans ce texte.
00:32:53C'est aussi un argument extrêmement facile
00:32:54parce que le cavalier législatif,
00:32:56ce n'est pas forcément quelque chose de très objectif.
00:32:58On peut aussi avoir une lecture très particulière.
00:33:00On peut avoir une lecture très particulière.
00:33:01C'est-à-dire qu'il y a le sens général du projet de loi.
00:33:05Et on pourrait dire que finalement,
00:33:07les amendements qui ont été retirés grâce à ce cavalier législatif,
00:33:10on estime qu'ils n'ont pas de lien direct entre eux.
00:33:12Pourtant, ils ont un lien direct avec le projet de loi lui-même,
00:33:14avec le sens de la loi.
00:33:16Donc déjà, ça pose un premier problème.
00:33:18Donc là, c'est uniquement à l'appréciation du Conseil constitutionnel.
00:33:20Rappelons que le Conseil constitutionnel est nommé une fois tous les 7 ans.
00:33:24Donc c'est quelque part, c'est un contre-pouvoir naturel aussi.
00:33:26C'est normal, il faut un Conseil constitutionnel.
00:33:28Mais ça casse la dynamique élection législative et élection présidentielle.
00:33:32Le calendrier n'est pas le même précisément
00:33:34pour créer cette sensation de contre-pouvoir.
00:33:35Donc c'est important.
00:33:36Mais ça pose une question politique qui est énorme.
00:33:38Quel est le sens de l'Assemblée nationale aujourd'hui ?
00:33:40Si vous êtes capables à chaque fois d'utiliser le sens du cavalier législatif,
00:33:44qui est un argument qui est apparu notamment dans les années 80,
00:33:47avec François Mitterrand.
00:33:49Quel est le sens de l'Assemblée nationale ?
00:33:51C'est-à-dire que les gens élisent l'Assemblée nationale
00:33:53et ensuite on élit le Sénat avec les grands électeurs.
00:33:55Mais ils sont censés voter la loi, les législateurs, ce sont eux.
00:33:58Mais quel est le sens du Conseil constitutionnel en ce sens ?
00:34:01C'est-à-dire qu'il est capable de retoquer n'importe quelle loi
00:34:06parce qu'en fait, il y a une question de sens.
00:34:09C'est-à-dire que c'est à l'appréciation du Conseil constitutionnel,
00:34:12on estimera parce qu'il existe un cavalier législatif.
00:34:15Dans ce cas-là, la loi, je la retoque.
00:34:16Donc en fait, ça devient très compliqué, ça devient illisible
00:34:18pour la plupart des Français.
00:34:20Quel est le sens de l'Assemblée nationale ?
00:34:21D'autant plus que là, je rejoins, c'est les zones à faible exclusion.
00:34:24Moi, j'ai compris les aides-feux comme des lois anti-pauvres.
00:34:27Oui, malheureusement, oui.
00:34:28C'est une loi anti-pauvres.
00:34:29Aujourd'hui, en plus, on le voit avec les problématiques
00:34:31qu'il y a avec l'essence, le prix.
00:34:32Aujourd'hui, les Français ne peuvent pas changer de voiture.
00:34:34Aujourd'hui, très clairement, l'argent n'y est pas.
00:34:37Donc quel est le sens, finalement, de cette décision politique ?
00:34:40Parce que c'est une décision politique, à mon sens.
00:34:43Et pourquoi utiliser le terme de cavalier législatif
00:34:46alors que le projet de loi, le sens de cette loi,
00:34:50ne va pas forcément contre les amendements
00:34:53qui sont censurés et retirés ?
00:34:55Là, je ne comprends pas.
00:34:56Pour moi, c'est une décision qui est purement tactique
00:34:58et purement politique.
00:34:58On va marquer une pause avant d'entamer la deuxième heure
00:35:02de 120 minutes infos week-end.
00:35:03On parlera notamment des mineurs avec des chiffres.
00:35:07On le verra, les mineurs sont de plus en plus impliqués
00:35:09dans des faits de violences extrêmement graves,
00:35:12notamment des infractions à caractère sexuel,
00:35:14des tentatives d'homicide ou bien encore des violences physiques.
00:35:17Et puis, on parlera de l'état de nos prisons
00:35:19avec un taux désormais de surpopulation carcérale
00:35:22qui atteint les 139%.
00:35:25Voilà pour le programme de la deuxième heure.
00:35:27Restez avec nous. A tout de suite.
00:35:31De retour pour la deuxième heure de 120 minutes infos week-end.
00:35:34On s'arrête d'abord sur l'actualité avec Sandra Tchambour.
00:35:37Rebonjour Sandra.
00:35:41Rebonjour Elodie, rebonjour à tous.
00:35:43Environ 300 personnes participent cet après-midi
00:35:46dans les environs de Saint-Etienne-de-Montluc en Loire-Atlantique
00:35:49à une recherche citoyenne pour retrouver Manon Rolando.
00:35:52Cette agricultrice et mère de famille de 31 ans
00:35:55a été signalée, disparue depuis le 3 avril dernier.
00:35:57Son conjoint de nationalité algérienne a pris l'avion le 2 avril
00:36:01avec leur fille de 15 mois à destination de l'Algérie
00:36:03où il a été arrêté et placé en détention provisoire.
00:36:06Alors que le chef de la diplomatie américaine estime
00:36:09qu'il y a une chance que l'Iran accepte un accord dès aujourd'hui,
00:36:12Téhéran a promis une réponse écrasante sur les États-Unis,
00:36:15reprenait leur guerre.
00:36:16Après son entretien avec le chef de l'armée pakistanaise dans la capitale iranienne,
00:36:20le principal négociateur iranien, Mohamed Bagher Galibaf,
00:36:23a affirmé que le pays avait reconstruit ses forces armées
00:36:26pendant la trêve avec les États-Unis.
00:36:29Et puis Pékin promet de punir sévèrement les responsables du drame meurtrier
00:36:32dans une mine de charbon hier soir au nord-est de la Chine.
00:36:36Le gouvernement a ordonné une campagne de répression à l'échelle nationale
00:36:39contre les activités minières illégales
00:36:42à la suite de l'explosion qui a fait au moins 90 morts.
00:36:45Au total, 247 mineurs étaient sous terre au moment de l'accident.
00:36:50Merci à vous Sandra Thionbo.
00:36:52Je suis toujours accompagnée de Karim Averik, Bernard Kwanadad,
00:36:55Mehdi Raich et je salue Christian Flèche.
00:36:56Bonjour.
00:36:57Bonjour.
00:36:57Je rappelle que vous êtes l'ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
00:37:00On va évoquer tout de suite la délinquance chez les mineurs.
00:37:03Avec ces chiffres, ils nous parviennent du service statistique interministériel
00:37:07de la sécurité intérieure.
00:37:09Il publie son dernier rapport sur les victimes et les mineurs
00:37:12qui sont mis en cause au cours des dix dernières années.
00:37:15On va regarder un certain nombre de chiffres
00:37:17et on voit notamment une forte hausse du nombre de victimes mineures
00:37:21enregistrées par les forces de l'ordre
00:37:23et une violence de plus en plus prégnante chez ces mêmes mineurs.
00:37:26Le résumé avec Célia Barotte.
00:37:28En 2025, les services de police et de gendarmerie nationale
00:37:31ont enregistré près de 300 000 victimes mineures,
00:37:34soit une augmentation de 77% en dix ans.
00:37:37En revanche, la part des mises en cause mineures
00:37:39a diminué de 15% sur cette même période
00:37:42mais elle reste tout de même importante.
00:37:44L'an dernier, les autorités ont enregistré 232 300 mineurs mis en cause.
00:37:49Les infractions qui les concernent sont de différentes natures.
00:37:52Par exemple, 31% d'entre eux ont été mis en cause
00:37:55pour des actes portant atteinte ou visant à porter atteinte à la personne,
00:37:5916% pour des infractions liées aux stupéfiants
00:38:01ou à d'autres substances psychoactives
00:38:03ou encore 9% pour des infractions à caractère sexuel.
00:38:07Dans le détail, par rapport à 2016,
00:38:10le nombre de mineurs mis en cause pour infractions à caractère sexuel
00:38:12a augmenté de plus de 132%,
00:38:15majoritairement pour des actes visant d'autres mineurs.
00:38:18Augmentation également de plus de 6%
00:38:20pour les violences physiques commises par des mineurs.
00:38:23Sur cette même période,
00:38:24les services de sécurité intérieure ont enregistré
00:38:2697 mineurs mis en cause en moyenne par an pour homicide
00:38:30et le nombre de tentatives d'homicide a presque doublé.
00:38:33Enfin, même si le nombre des mineurs mis en cause
00:38:35pour atteinte aux biens et usage de stupéfiants
00:38:37ont diminué respectivement de 41% et 58%,
00:38:41celui des mises en cause pour trafic a augmenté de 55%.
00:38:46Christian Flèche, on voit deux tendances.
00:38:48La première, c'est un peu moins de mineurs mis en cause
00:38:50même s'ils sont toujours trop nombreux.
00:38:52Mais en revanche, les affaires dans lesquelles ils sont mis en cause
00:38:54sont de plus en plus violentes.
00:38:56Quand on parle d'homicide, de tentatives d'homicide,
00:38:58d'infractions à caractère sexuel,
00:39:00on voit que les mineurs, aujourd'hui,
00:39:02effectivement, vont vers de la délinquance
00:39:05et vers du crime davantage que vers de la petite incivilité.
00:39:08Oui, alors c'est l'intérêt de ces chiffres.
00:39:10Il faut les analyser en profondeur
00:39:12pour arriver à déterminer des vraies réponses.
00:39:15Mais c'est un peu ce qu'on ressent.
00:39:16Il y a réellement un sujet sur la délinquance des mineurs.
00:39:19Il y a des mineurs victimes,
00:39:21victimes de la délinquance,
00:39:23souvent manifestement d'autres mineurs.
00:39:24Ce sujet de la délinquance des mineurs
00:39:26est un sujet qui est important
00:39:27et qui est malheureusement pas suffisamment pris en compte.
00:39:32Il y a eu l'ordonnance de 45,
00:39:33de multiples fois modifiée.
00:39:36Et en tout cas, il y a un vrai sujet de prise en compte
00:39:39de la philosophie.
00:39:41Comment on réprime la délinquance ?
00:39:43Est-ce que c'est l'éducation ?
00:39:44Est-ce que c'est la répression ?
00:39:45Est-ce que c'est un mélange des deux comme à l'heure actuelle
00:39:47avec une tendance plutôt à l'éducation ?
00:39:50Voilà, il y a un problème qui est posé
00:39:52et qui doit être résolu.
00:39:54On va se poser la question justement de la réponse adaptée.
00:39:56Mais je voudrais juste avant qu'on écoute David Lérault.
00:39:58Il est superviseur national Alliance Police.
00:40:01Il réagissait à ces chiffres.
00:40:02Écoutez-le.
00:40:03Aujourd'hui, cette violence décomplexée dans tous les domaines,
00:40:06elle se retrouve sur les réseaux en boucle.
00:40:08Elle est parfois glorifiée,
00:40:10parfois minorée par d'autres.
00:40:12Et donc, bien évidemment,
00:40:13sur une certaine frange,
00:40:14en marge de l'éducation pédagogique des parents
00:40:17et des structures de l'État,
00:40:18cela peut avoir un effet dévastateur
00:40:20de passage à l'acte
00:40:21ou avec une faible prise de conscience
00:40:23de la gravité de ses comportements.
00:40:25Bernard, en effet, la question,
00:40:27c'est celle de comment répondre à ce phénomène.
00:40:30Alors, comme le disait à l'instant Christian Flech,
00:40:32on a plutôt tendance chez nous
00:40:33à considérer que l'éducation doit primer.
00:40:36Et on va reparler du Conseil constitutionnel.
00:40:38C'est d'ailleurs l'argument des sages
00:40:40pour censurer la loi de Gabriel Attal.
00:40:42C'est de dire, ces jeunes,
00:40:44et on vient de voir dans les chiffres
00:40:46de quelles infractions,
00:40:46de quels crimes et délits on parle,
00:40:48eh bien, le Conseil constitutionnel
00:40:50nous dit, ces jeunes,
00:40:51il vaut mieux les éduquer que les sanctionner.
00:40:53Quand on parle d'homicide,
00:40:54de tentative d'homicide ou de viol,
00:40:56il faut éduquer.
00:40:58Oui, c'est la difficulté
00:40:59de la politique pénale vis-à-vis des mineurs
00:41:01parce qu'il y a deux philosophies.
00:41:05Il y a une philosophie
00:41:06qui est appliquée par les juges
00:41:10et les éducateurs
00:41:13qui est, il faut leur donner leur chance,
00:41:15il ne faut pas les mettre en prison tout de suite,
00:41:18il faut effectivement les rééduquer,
00:41:20il faut les réinsérer vers l'emploi
00:41:23et il faut leur donner un avenir
00:41:24et non pas les sanctionner immédiatement,
00:41:26y compris si ce n'est pas la première fois
00:41:29qu'ils commettent un certain nombre d'hommes.
00:41:31Et on voit bien que les mineurs
00:41:34sont utilisés par beaucoup de mafias,
00:41:36par beaucoup de groupes organisés,
00:41:38pour bénéficier de cette philosophie,
00:41:40on va dire très positive.
00:41:41Pour risquer moins en termes de justice.
00:41:43Pour risquer moins et pour avoir une chair à canon
00:41:46et des ouvriers du crime
00:41:49qui ne risquent rien
00:41:51parce que tout simplement,
00:41:52la réponse pénale n'est pas à la hauteur.
00:41:55Et puis on a de l'autre côté
00:41:56une attente des citoyens,
00:41:58une attente de la police
00:41:59qui fait bien son travail
00:42:00parce qu'elle arrête les jeunes,
00:42:01mais qui malheureusement
00:42:03les voient repartir le lendemain,
00:42:07voire le surlendemain,
00:42:08sur la voie publique
00:42:10et être dans des points de deal,
00:42:12être dans un certain nombre de quartiers
00:42:15à régenter
00:42:16et avoir une souveraineté nouvelle.
00:42:18Donc il y a un vrai enjeu
00:42:19à la fois de volonté politique
00:42:22parce que lorsque l'on écoute les politiques,
00:42:25on a l'impression
00:42:25que l'arsenal législatif,
00:42:28vous l'avez dit,
00:42:29il est là.
00:42:31Pour certains politiques.
00:42:32J'entends bien.
00:42:33Et que dès qu'on veut pousser plus loin,
00:42:35et vous avez évoqué
00:42:37certaines interventions
00:42:38du Conseil continuel,
00:42:39les mesures sont retoquées.
00:42:41Donc il y a aujourd'hui
00:42:42une vraie dichotomie
00:42:43entre ceux qui veulent
00:42:45un système,
00:42:46on va dire, plus souple,
00:42:48de ceux qui voient bien
00:42:49qu'il y a une volonté aujourd'hui
00:42:51de mettre un frein
00:42:52à cette utilisation des mineurs
00:42:54face à une réponse pénale
00:42:56qui serait plus adaptée
00:42:57à la réalité
00:42:58et aussi à l'attente des Français
00:42:59parce que
00:43:01cette utilisation des mineurs
00:43:02ne correspond plus
00:43:03à notre droit positif
00:43:05et qu'on voit bien
00:43:05que malheureusement,
00:43:07un certain nombre
00:43:08de professionnels de la justice
00:43:09ne l'envisagent pas
00:43:10de cette façon.
00:43:11Oui, et puis l'attente des citoyens
00:43:12mais Karima aussi
00:43:13l'attente peut-être
00:43:13de ces mineurs
00:43:14parce que les mineurs,
00:43:15si on ne les sanctionne pas,
00:43:17on voit par exemple
00:43:17qu'il y a moindres mineurs
00:43:18impliqués dans de l'usage
00:43:20de stupéfiants
00:43:21davantage dans le trafic.
00:43:22On se dit que ce sont peut-être
00:43:23aussi parfois
00:43:23les mêmes mineurs
00:43:24qui ne connaissant pas de sanctions
00:43:26sont montés d'un cran
00:43:27dans la délinquance
00:43:28et que finalement,
00:43:29ces jeunes qu'on ne sanctionne pas
00:43:30ou trop peu,
00:43:31on leur offre plutôt
00:43:32un parcours de récidive
00:43:34puisque tant qu'il n'y a pas
00:43:35de sanctions,
00:43:35ces jeunes vont répéter
00:43:36les mêmes actes
00:43:37et malheureusement,
00:43:38on le voit aller
00:43:39vers une violence
00:43:40de plus en plus
00:43:41sur l'attaque aux personnes
00:43:42notamment.
00:43:43Oui, et puis par rapport
00:43:44aux chiffres sur l'usage
00:43:46de stupéfiants,
00:43:47ça dit moins 58%,
00:43:48mais en même temps,
00:43:49est-ce qu'on continue
00:43:50d'aller interpeller
00:43:51les jeunes?
00:43:52Ça, ça serait une vraie question.
00:43:54On sait qu'aujourd'hui aussi,
00:43:55vous pouvez vous faire livrer
00:43:57de façon très, très simple.
00:43:59Oui, chez vous.
00:44:00Donc, bon, là-dessus,
00:44:02il y a quand même
00:44:03des questions à se poser.
00:44:04Trafic de stupéfiants,
00:44:06plus de 55%.
00:44:07Donc, c'est vrai
00:44:07que le narcotrafic
00:44:09est un problème,
00:44:10est une source
00:44:11qui, si vous voulez,
00:44:12encourage,
00:44:13qui crée aussi
00:44:13cette augmentation
00:44:14de la violence
00:44:15chez les jeunes.
00:44:16Ça, c'est un vrai problème.
00:44:17Mais quand on regarde,
00:44:19par exemple,
00:44:19l'augmentation
00:44:19de 132%
00:44:21pour les violences
00:44:23à caractère sexuel,
00:44:25en 10 ans,
00:44:25là, c'est pas nécessairement
00:44:26en lien avec le narcotrafic.
00:44:28C'est-à-dire qu'il y a vraiment
00:44:29un vrai sujet.
00:44:31Et dans ce cas-ci,
00:44:32on se dit, OK,
00:44:33en termes de limites,
00:44:34il y a quelque chose,
00:44:35je pense,
00:44:35de l'ordre de l'éducation,
00:44:37de la société aussi,
00:44:38quelque part.
00:44:39Je lisais, justement,
00:44:40il y avait cet entretien
00:44:41avec le neuropsychologue
00:44:44Boris Cyrulny,
00:44:45qui parle de cette société
00:44:46en souffrance
00:44:46de réinventer
00:44:47des rituels
00:44:49parce qu'il y a vraiment
00:44:50un impact aussi
00:44:51chez les jeunes.
00:44:52Donc, il faut partir
00:44:53depuis le début.
00:44:53Ça, c'est un chantier,
00:44:54en fait,
00:44:55sur des années et des années.
00:44:57Mais il y a quelque chose,
00:44:58je pense,
00:44:58qui s'est brisé
00:44:59dans la transmission,
00:45:01dans l'éducation,
00:45:02parce que, je veux dire,
00:45:03cette violence,
00:45:04elle n'est pas comme ça.
00:45:05Elle n'est pas apparue
00:45:05par magie.
00:45:07Exactement.
00:45:07Et ensuite, oui,
00:45:08sur la justice des mineurs,
00:45:10sur le parcours,
00:45:11encore une fois,
00:45:12de briser le cycle
00:45:13de la violence.
00:45:15Je pense qu'il y a
00:45:15une part d'éducation,
00:45:16mais il y a une part de sanction.
00:45:17Il faut qu'il y ait
00:45:18tout de suite une conséquence.
00:45:20Je ne dis pas qu'il faut
00:45:21aller passer 12 ans
00:45:22en prison
00:45:23quand vous avez 14 ans,
00:45:24mais clairement,
00:45:25on ne peut pas laisser passer
00:45:27n'importe quoi.
00:45:28Et ensuite,
00:45:29il y a une forme
00:45:29de radicalisation
00:45:30dans les crimes.
00:45:32Il n'y a plus aussi
00:45:32de notion de bien,
00:45:33de mal.
00:45:34Il y a tout ça
00:45:35comme disparu aussi.
00:45:36Je voudrais qu'on regarde
00:45:37justement après les chiffres
00:45:38et je vais vous redonner
00:45:39la parole évidemment,
00:45:40mais il y a les chiffres
00:45:40et il y a malheureusement
00:45:41aussi la réalité,
00:45:42la traduction de ces chiffres
00:45:44avec un nouveau déchaînement
00:45:45de violence.
00:45:46C'était aux abords
00:45:46d'un établissement scolaire.
00:45:48C'est un adolescent
00:45:49qui a été attaqué
00:45:50à la machette
00:45:51devant son lycée.
00:45:52On regarde le reportage
00:45:54de Sarah Fenzari,
00:45:54Mathieu Devez
00:45:55et Jean-Laurent Cosantini.
00:45:57C'est une machette
00:45:58à la main
00:45:59qu'un élève a déclenché
00:46:01une violente agression
00:46:02devant cet établissement scolaire.
00:46:04Il est aux alentours
00:46:05de 10h30,
00:46:06ce jeudi matin.
00:46:07On est devant
00:46:08un établissement professionnel
00:46:09dans la commune d'Antonis
00:46:10et dans les Hauts-de-Seine.
00:46:11Un élève de l'établissement
00:46:13va porter un coup de machette
00:46:15à un autre élève.
00:46:16L'auteur du coup de machette
00:46:17est âgé de 17 ans.
00:46:18Alors on a un surveillant
00:46:19qui tente de s'emparer de l'arme.
00:46:21Il n'y parvient pas.
00:46:22Il est repoussé
00:46:23par le mis en cause.
00:46:23La victime, elle,
00:46:24se rend d'abord
00:46:25à l'infirmerie de l'établissement.
00:46:27Elle est ensuite prise en charge
00:46:28par les sapeurs-pompiers
00:46:29avant d'aller à l'hôpital.
00:46:30La victime est grièvement blessée
00:46:32aux bras sans pronostic vital engagé.
00:46:35L'auteur présumé
00:46:36a pris la fuite immédiatement
00:46:38après les faits
00:46:39avant d'être interpellé
00:46:40quelques heures plus tard
00:46:41à Fontenay-aux-Roses
00:46:42au domicile de sa mère
00:46:44en possession de son arme.
00:46:46Il a été placé en garde à vue.
00:46:49Les enquêteurs
00:46:50privilégient la piste
00:46:51d'un règlement de compte
00:46:53entre quartiers.
00:46:54une attaque
00:46:55d'une rare violence
00:46:56devant des élèves
00:46:57encore sous le choc
00:46:58et une nouvelle affaire
00:47:00qui illustre
00:47:01l'escalade inquiétante
00:47:02des armes blanches
00:47:03chez les mineurs.
00:47:05Avant ce reportage,
00:47:06Christian Fletch,
00:47:07je crois que vous vouliez
00:47:07rajouter quelque chose.
00:47:08J'ai écouté
00:47:09et vous avez raison
00:47:10sur tous les points
00:47:10que vous avez évoqués.
00:47:12Une remarque d'ordre général.
00:47:13Il y a aussi
00:47:13l'utilisation des mineurs
00:47:14par des groupes structurés,
00:47:16par les narcotraffics
00:47:18parce qu'ils ont
00:47:19un statut pénal
00:47:19plus favorable
00:47:20et qu'ils peuvent penser
00:47:21qu'ils vont passer
00:47:22plus facilement au travers.
00:47:23Ce qui n'est pas forcément vrai.
00:47:25Ensuite,
00:47:25il y a un deuxième problème pratique,
00:47:26c'est prouver
00:47:27que la personne est mineure
00:47:28ou prouver
00:47:29qu'il n'est pas mineur
00:47:30plutôt.
00:47:31On a vu,
00:47:32il y a quelques années,
00:47:33ça a été le cas
00:47:33pour la brigade de protection
00:47:34des mineurs à Paris
00:47:35avec des réseaux
00:47:36qui trafiquaient
00:47:38dans le métro,
00:47:39qui faisaient
00:47:39de la mendicité agressive,
00:47:40les fausses pétitions
00:47:41dans tous les lieux touristiques
00:47:43où là,
00:47:44on avait une vraie difficulté
00:47:45pour prouver
00:47:45que la personne,
00:47:47contrairement à ses déclarations,
00:47:48n'était pas mineure.
00:47:50Il y a la nationalité aussi.
00:47:51Oui,
00:47:52et on va voir aussi
00:47:53dans,
00:47:53vous parliez notamment
00:47:54de la mendicité
00:47:55de ces gangs,
00:47:56on va voir dans un instant
00:47:56les femmes aussi justement
00:47:58qui sont concernées
00:47:58par ce type de délinquance.
00:48:00C'est vrai que,
00:48:01Médis,
00:48:01chez ces mineurs,
00:48:02on a l'impression
00:48:03qu'il y a une sorte
00:48:03de consensus
00:48:04où les Français
00:48:05comprendraient
00:48:05qu'en fonction,
00:48:06évidemment,
00:48:07de la gravité des faits,
00:48:08on puisse juger
00:48:09les mineurs
00:48:09plus sévèrement
00:48:11quand il y a
00:48:12une volonté politique.
00:48:12Elles se heurtent
00:48:13aussi au pouvoir des juges
00:48:15alors qu'on voit bien
00:48:15que la société a évolué.
00:48:16Je reprends les mots
00:48:17de Gérald Darmanin.
00:48:18Un mineur d'aujourd'hui
00:48:19n'est pas un mineur
00:48:19de 1945.
00:48:21Là-dessus,
00:48:21il a raison.
00:48:22Mais je reviens
00:48:22sur ce que disait Bernard.
00:48:23Ce n'est pas un problème
00:48:24de philosophie.
00:48:24Je pense qu'on a
00:48:26écarté l'hypothèse
00:48:27que la sanction
00:48:28faisait partie
00:48:28de l'éducation
00:48:29et y compris
00:48:30la sanction très sévère.
00:48:32Donc, certes,
00:48:33il y a la sanction,
00:48:33il y a l'éducation.
00:48:34Tout à l'heure,
00:48:35on avait mis l'hypothèse
00:48:35que les deux
00:48:36pouvaient être mises
00:48:36en même temps.
00:48:37Mais la sanction sévère,
00:48:39quand un jeune
00:48:39utilise une machette
00:48:40pour rentrer dans son collège
00:48:41ou son lycée
00:48:42pour attaquer un autre,
00:48:44là, la sanction,
00:48:49mais c'est qui, on ?
00:48:51Non, c'est le politique.
00:48:52Là, c'est le jeu.
00:48:52Donc là, c'est une philosophie
00:48:53qui tient à la justice.
00:48:54Je suis complètement d'accord.
00:48:56Mais il y a un autre point.
00:48:56Il n'y a plus que les textes aussi.
00:48:57Oui, il y a un autre point.
00:48:58C'est que je pense
00:49:00qu'on a sous-estimé,
00:49:01je pense que c'est aussi
00:49:01d'ordre anthropologique,
00:49:02une question anthropologique
00:49:03chez les jeunes,
00:49:03mais on a sous-estimé
00:49:05la santé mentale des jeunes.
00:49:06On a beaucoup parlé
00:49:07de l'épisode Covid,
00:49:08que ça a créé
00:49:09énormément de troubles
00:49:10chez beaucoup de personnes,
00:49:10mais la santé mentale
00:49:12chez les jeunes,
00:49:13c'est un angle mort
00:49:14total de la politique publique.
00:49:16Et lorsque vous prenez
00:49:17la décision de prendre
00:49:18une machette
00:49:19pour aller régler vos comptes
00:49:20dans l'espace public,
00:49:22dans l'enceinte de l'école
00:49:23qui est censé être un peu
00:49:24le temple de la République
00:49:26pour régler votre problème,
00:49:27c'est déjà que vous avez passé
00:49:29une étape mentale
00:49:30où la violence,
00:49:31c'est le moyen
00:49:32de résoudre le problème.
00:49:33Et ça pose une troisième question.
00:49:34On va reprendre
00:49:35sur le sujet
00:49:35de la féminisation des violences.
00:49:36C'est que le langage,
00:49:39normalement le langage,
00:49:40et là, c'est de manière générale,
00:49:42mais on parle beaucoup
00:49:42de la baisse à l'école
00:49:44du niveau de lecture,
00:49:45de la manière dont les gens
00:49:47sont capables de s'exprimer.
00:49:48Le langage est censé résoudre
00:49:49une grande partie
00:49:50de ces problèmes-là.
00:49:51On peut parler,
00:49:51on peut débattre.
00:49:52Oui, mais ça veut dire
00:49:52que la violence est devenue
00:49:53le langage social.
00:49:54On a remplacé la violence
00:49:55et le passage à l'acte
00:49:58par la violence.
00:50:00La violence est devenue
00:50:01le langage par excellence
00:50:02chez les jeunes.
00:50:03C'est effrayant.
00:50:04En ce sens, c'est effrayant.
00:50:05Avant de passer justement
00:50:06sur la violence féminine,
00:50:08vous vouliez dire
00:50:08un dernier mot, Bernard.
00:50:09Oui, c'est qu'il y a aussi
00:50:10une déscolarisation.
00:50:11Ça a été dit, 10% des jeunes
00:50:13sont déscolarisés.
00:50:14Donc, ce sont eux
00:50:15qui entretiennent
00:50:17ce public de jeunes
00:50:19qui sont la chair à canon,
00:50:21ou sont les ouvriers
00:50:23de ces mafias
00:50:23ou de ces groupuscules violents.
00:50:26Oui, on voit avec la difficulté,
00:50:27quand on parlait
00:50:27de l'importance de l'éducation,
00:50:29chez des jeunes
00:50:29qui sont déscolarisés
00:50:31et qui n'ont pas forcément
00:50:31la bonne éducation à la maison,
00:50:33on peut voir assez facilement
00:50:34où cela pêche.
00:50:35On vous le disait,
00:50:36on va parler maintenant
00:50:36de cette violence féminine
00:50:38parce qu'elle s'étend
00:50:39de plus en plus.
00:50:40On le voit maintenant
00:50:41avec des rixes
00:50:42entre bandes de jeunes filles
00:50:43et des nombreuses mineures femmes
00:50:44aussi qui sont impliquées
00:50:46et qui sont victimes.
00:50:47Les explications de Louisa Paris.
00:50:52Les rixes féminines
00:50:53deviennent-elles banales ?
00:50:56Le 20 mai dernier,
00:50:57dans les Yvelines,
00:50:58une adolescente âgée de 15 ans
00:50:59reçoit un coup de tournevis au thorax.
00:51:01L'agresseuse n'aurait que 14 ans.
00:51:04Scène similaire dans l'un début mars.
00:51:05Une mineure de 13 ans
00:51:07frappée à coups de bâton
00:51:08est forcée de se jeter d'un pont.
00:51:09Là aussi,
00:51:10cette attaque est commise
00:51:11par des jeunes filles.
00:51:12Elles n'hésitent plus
00:51:13à utiliser des couteaux,
00:51:15des armes.
00:51:16Maintenant,
00:51:17les femmes aussi,
00:51:18on va les contrôler
00:51:19parce qu'on se rend compte
00:51:21qu'il y a pas mal
00:51:22de bandes
00:51:23de jeunes filles
00:51:24aussi
00:51:24qui vont agresser.
00:51:27Et ça,
00:51:27c'est une nouveauté aussi.
00:51:28Ces scènes de violence
00:51:29sont pour la plupart
00:51:30filmées et postées
00:51:31sur les réseaux sociaux.
00:51:32Des rixes brutales,
00:51:34reproduites presque
00:51:35par mimétisme,
00:51:35affirme ce policier.
00:51:36Ils sont gavés
00:51:37avec des images
00:51:39extrêmement violentes.
00:51:41Pourquoi pas,
00:51:42je vais faire la même chose
00:51:43puisque par mimétisme,
00:51:45je me suis disputé
00:51:47avec telle ou telle personne.
00:51:48Je vais aussi
00:51:49me faire respecter
00:51:51et pour cela,
00:51:52je vais employer la force.
00:51:54En 2025,
00:51:5538 900 mineurs
00:51:56ont été mis en cause
00:51:57pour violences physiques.
00:51:58Près de 17% sont des femmes,
00:52:00dont 9% sont âgées
00:52:01de 13 à 14 ans.
00:52:09Bien connues
00:52:09des Parisiens
00:52:10et des Parisiennes.
00:52:11Là, on voit
00:52:12un certain nombre d'exemples
00:52:13et puis même dans le narcotrafic,
00:52:14il y a plus de 50%
00:52:15de femmes
00:52:15qui sont impliquées
00:52:16en 5 ans.
00:52:18Les femmes sont presque
00:52:18devenues des délinquants
00:52:19comme les autres,
00:52:20finalement.
00:52:20Oui, c'est vrai.
00:52:21Et c'est vrai aussi
00:52:22qu'en matière de terrorisme,
00:52:23on a vu quelques attentats
00:52:24qui ont été pilotés
00:52:25par des groupes de femmes.
00:52:27Donc, c'est vrai,
00:52:28c'est l'égalité.
00:52:29C'est l'égalité,
00:52:30oui, malheureusement.
00:52:31Et puis, Karima,
00:52:31je voyais réagir
00:52:32quand Axel Ronde
00:52:33parlait notamment
00:52:34des réseaux sociaux
00:52:37en graine
00:52:38des bandes de garçons,
00:52:40etc.,
00:52:40il y a forcément aussi
00:52:41le même effet
00:52:42sur les femmes.
00:52:43Ce côté réseaux sociaux
00:52:44très viral,
00:52:44on veut faire des vues
00:52:45quitte parfois
00:52:46à s'acharner
00:52:47sur une personne
00:52:48pour que, voilà,
00:52:49on ait une communauté
00:52:50de plus en plus nombreuse.
00:52:51Oui, c'est qu'on regarde
00:52:52finalement les jeunes
00:52:53et c'est ce que je disais
00:52:54à Bernard,
00:52:55je disais en fait
00:52:56que les adultes
00:52:57finalement ne parlent plus
00:52:58le même langage
00:52:58que les jeunes.
00:52:59Ils sont justement
00:53:01souvent, bon,
00:53:02sur les réseaux,
00:53:03ils ont leur propre code,
00:53:04leur propre langage.
00:53:05Il y a des phénomènes
00:53:06comme on dit,
00:53:07vous allez avoir
00:53:08par exemple
00:53:08un phénomène viral
00:53:10sur les réseaux sociaux,
00:53:11des images
00:53:11et ça fait partie
00:53:12un petit peu,
00:53:13c'est comme une sous-culture.
00:53:15C'est une sous-culture,
00:53:16une sorte de société
00:53:17de jeunes
00:53:18où ils comprennent
00:53:19leur code
00:53:19et ça fait partie
00:53:20un petit peu
00:53:21dans cette hiérarchie
00:53:22chez les jeunes
00:53:22qui a du pouvoir.
00:53:24Et quand je parlais
00:53:25de l'éducation,
00:53:26de la transmission,
00:53:27c'est-à-dire qu'on voit
00:53:28par exemple
00:53:29chez des réseaux
00:53:30qui vont recruter
00:53:31des jeunes,
00:53:32les règles finalement,
00:53:33c'est assez clair.
00:53:34Vous savez ce que
00:53:35vous pouvez faire,
00:53:35ce que vous ne pouvez pas faire.
00:53:37Les conséquences,
00:53:37elles sont souvent
00:53:38extrêmement violentes,
00:53:39mais vous les voyez,
00:53:40elles sont édictées,
00:53:41c'est clair.
00:53:42Et maintenant,
00:53:42dans cette transmission
00:53:43dans l'éducation,
00:53:44est-ce qu'on est encore
00:53:44capable de transmettre
00:53:45des règles claires?
00:53:46Quand on parle
00:53:47d'autorité,
00:53:47de cette rupture
00:53:48d'autorité
00:53:49qu'on ne sait pas
00:53:50nécessairement transmettre ça,
00:53:51ils vont retrouver ça aussi
00:53:53chez des groupes
00:53:54criminalisés,
00:53:55mais malheureusement
00:53:56avec toute cette violence
00:53:57qui vient avec.
00:53:58Justement,
00:53:59on peut faire aussi
00:54:00un parallèle,
00:54:00Bernard,
00:54:00entre les mineurs
00:54:01et les femmes
00:54:01parce que dans le narcotrafic,
00:54:03certains nous disaient
00:54:04parfois,
00:54:04effectivement,
00:54:05on fait appel à des femmes
00:54:06parce que c'est plus discret.
00:54:07C'est-à-dire que par exemple,
00:54:08une femme qui va livrer
00:54:09de la drogue à domicile,
00:54:10on fait moins attention.
00:54:10Et là,
00:54:11on a entendu Axel Ronde
00:54:12dans ce reportage dire
00:54:13on contrôle maintenant
00:54:14même les femmes.
00:54:15C'est un peu la même logique.
00:54:16On prend des mineurs
00:54:17parce qu'on sait que pénalement,
00:54:19la peine sera moins lourde
00:54:20et on fait aussi appel parfois
00:54:21dans des réseaux structurés
00:54:22à des femmes
00:54:23en se disant
00:54:23on peut gagner un peu de temps
00:54:25et se faire attraper
00:54:26moins rapidement.
00:54:26On voit aussi la logique.
00:54:27C'est malheureux à dire
00:54:29mais assez maligne
00:54:30d'un certain nombre de réseaux.
00:54:31Mais je crois que c'est dégenré.
00:54:33C'est-à-dire que pendant longtemps...
00:54:35C'est déconstruit,
00:54:36ça fera plaisir à Saint-Louis Rousseau.
00:54:37Parce qu'on est arrivé
00:54:37à un tel niveau d'agression
00:54:39et de maturité,
00:54:41on l'a dit tous ensemble
00:54:42sur le plateau,
00:54:43qu'on n'est plus dans la même vision
00:54:45du monde qu'on l'était.
00:54:46Les filles sont roses
00:54:48et les garçons sont bleus.
00:54:50On a évolué.
00:54:51On a évolué.
00:54:51Mais ceci étant,
00:54:52pendant longtemps,
00:54:53les femmes,
00:54:54les jeunes filles
00:54:54étaient les victimes.
00:54:55Aujourd'hui,
00:54:56elles sont aussi à la tête
00:54:57de réseaux,
00:54:58de communautés,
00:54:59de clans,
00:54:59de gangs.
00:55:00Ça peut être religieux,
00:55:01ça peut être d'origine sociale,
00:55:03ça peut être aussi
00:55:03d'origine territoriale.
00:55:05Et donc,
00:55:06il ne faut pas se fier
00:55:07à l'apparence.
00:55:08C'est pour ça que c'est
00:55:09encore plus difficile
00:55:10pour les services de police.
00:55:12Moi, je reste quand même
00:55:13sur ma faim
00:55:14quant à l'application
00:55:15de la réponse pénale,
00:55:16y compris
00:55:17chez les jeunes femmes.
00:55:19On voit bien
00:55:19qu'il y a dans certains
00:55:21territoires
00:55:21des clans,
00:55:22des gangs
00:55:23de jeunes filles,
00:55:24y compris sur le
00:55:25narcotrafic.
00:55:25Pourquoi ?
00:55:26Parce que ça a été vu
00:55:26tout à l'heure
00:55:27par Karima.
00:55:28C'est plus rentable
00:55:30aujourd'hui
00:55:31de vendre de la drogue
00:55:32que tout simplement
00:55:32de rentrer
00:55:33dans un appartement
00:55:35ou dans une villa
00:55:35et de prendre des biens
00:55:37matériels.
00:55:38C'est 100 fois,
00:55:391000 fois plus rentable
00:55:40et ça va beaucoup plus vite.
00:55:42Donc, il y a un vrai enjeu.
00:55:43Et là, on ne peut pas dire
00:55:44que les garçons
00:55:45sont moins agressifs
00:55:47que les femmes.
00:55:47Il y a aujourd'hui
00:55:48une maturité supplémentaire.
00:55:50Il faut peut-être
00:55:50repenser à la maturité
00:55:54ou l'âge,
00:55:55en tous les cas,
00:55:56de la majorité politique.
00:55:58Quand vous êtes dans une cité
00:55:59et que vous avez
00:56:00une femme seule
00:56:01qui élève ses enfants,
00:56:03c'est la cible idéale
00:56:04pour un trafic
00:56:04parce qu'elle peut
00:56:06moyennant finances
00:56:06stocker la cam
00:56:08chez elle.
00:56:09C'est la nourrice,
00:56:10c'est parfaite.
00:56:10Un dernier mot là-dessus,
00:56:11Média Raïs,
00:56:11je vous parlais tout à l'heure
00:56:12du fait que la violence
00:56:14donnait un vrai langage.
00:56:15Et on le voit aussi
00:56:16chez ces femmes
00:56:16parce que dans les exemples
00:56:18qu'on a montrés,
00:56:19on voit l'acharnement
00:56:20qui est exactement le même
00:56:21bande rivale
00:56:22que ce soit des hommes
00:56:23ou des femmes.
00:56:23Quand on voit
00:56:24coup de tournevis,
00:56:25la force à sauter d'un pont,
00:56:26on voit une volonté
00:56:27d'acharnement aussi,
00:56:27cette violence poussée
00:56:28à l'extrême.
00:56:29Il y a la volonté
00:56:29d'acharnement,
00:56:30mais ce qui est intéressant
00:56:31c'est qu'on a les vidéos.
00:56:33Avant ça n'existait pas,
00:56:34les agressions,
00:56:34on ne les voyait pas.
00:56:35On a complètement assimilé
00:56:36et intégré l'idée
00:56:37qu'on était en capacité
00:56:37de voir les vidéos.
00:56:39L'événement est à la fois
00:56:40sur la féminisation,
00:56:41donc là un sujet de féminisation,
00:56:43c'est-à-dire que la violence
00:56:43n'est plus masculine
00:56:44ou on change de paradigme
00:56:46ne serait-ce que pour la police
00:56:46ou la manière dont la justice
00:56:47doit voir ces cas-là.
00:56:49Mais il y a une démonstration
00:56:50publique de sa violence,
00:56:51c'est-à-dire que vous vous affirmez.
00:56:53Donc c'est à la fois
00:56:53un comportement de groupe,
00:56:55donc on parlait de sous-culture,
00:56:56mais ça veut dire
00:56:57que votre propre identité
00:56:58passe par le fait
00:56:59de passer par ce rythme
00:57:00de passage chez certaines personnes.
00:57:01Ça devient une violence de groupe,
00:57:02une violence naturelle.
00:57:03Donc c'est à la fois
00:57:04la féminisation qui est intéressante,
00:57:06mais c'est surtout
00:57:06la démonstration publique
00:57:08de la violence.
00:57:08C'est devenu un moyen
00:57:10de se représenter,
00:57:11d'exercer.
00:57:12Je me souviens de...
00:57:13De se mettre en avant.
00:57:13De se mettre en avant.
00:57:14Je me souviens d'un cas
00:57:15où un jeune homme avait été...
00:57:16On lui avait sauté sur la tête
00:57:18à Piagent,
00:57:18il n'y a pas très longtemps,
00:57:19ça avait fait la une.
00:57:21Mais ce qui était intéressant,
00:57:22c'était de voir
00:57:22les neuropsychiatres
00:57:24ou les psychiatres
00:57:24qui expliquaient que...
00:57:25Mais finalement,
00:57:25tout le monde s'autorise
00:57:26à faire ça quelque part
00:57:27chez les jeunes.
00:57:27C'est le groupe
00:57:28qui vous donne la légitimité
00:57:29de faire ce passage à l'acte
00:57:31parce que d'autres l'ont fait.
00:57:32Donc là,
00:57:32il y a la question
00:57:33des réseaux sociaux
00:57:33et l'accès des jeunes
00:57:35aux réseaux sociaux.
00:57:36C'était un grand débat politique
00:57:37en début d'année.
00:57:38Mais je vous assure
00:57:39que la démonstration publique,
00:57:41c'est le véritable événement.
00:57:46Non, on montre cette violence
00:57:48et c'est devenu un marqueur,
00:57:50une identité.
00:57:51On va marquer une dernière pause
00:57:53dans ce 120 minutes infos week-end
00:57:54et puis on verra peut-être
00:57:55pourquoi tous les sujets
00:57:56qu'on vient d'évoquer
00:57:58ne sont pas résolus.
00:57:59Sans doute en partie
00:58:00parce qu'on a donc désormais
00:58:01une surpopulation carcérale
00:58:03de plus de 139%.
00:58:05Donc comment mettre des gens
00:58:06en prison
00:58:06quand elles sont déjà
00:58:08complètement bondées ?
00:58:09On verra aussi les conséquences
00:58:10pour l'administration pénitentiaire.
00:58:12Restez avec nous,
00:58:12à tout de suite.
00:58:16On se retrouve pour la dernière partie
00:58:17de 120 minutes infos week-end.
00:58:19On va parler maintenant
00:58:20de nos prisons
00:58:20et de surpopulation carcérale.
00:58:23Aujourd'hui,
00:58:23nos prisons sont au bord
00:58:24de l'implosion.
00:58:26139% de surpopulation,
00:58:28le chiffre précis.
00:58:29Nous avons aujourd'hui
00:58:3088 145 détenus
00:58:32et il y a 63 353 places.
00:58:35L'administration pénitentiaire
00:58:37n'a jamais été autant
00:58:38sous pression.
00:58:39Elle est à bout.
00:58:40On regarde les explications
00:58:41avec Félix Pérolas.
00:58:43Des drones qui livrent en prison,
00:58:46des détenus qui possèdent
00:58:48des téléphones.
00:58:49La France est sous pression
00:58:50face à la surpopulation carcérale.
00:58:53Selon les derniers chiffres
00:58:55du ministère de la Justice,
00:58:56il y aurait plus de 88 000 détenus
00:58:59pour environ 63 300 places.
00:59:02Une situation hors de contrôle
00:59:04qui alimente le trafic en prison.
00:59:07Depuis leur cellule,
00:59:09les dealers incarcérés
00:59:10continuent à faire tourner
00:59:11leur marché.
00:59:12En fait,
00:59:13le problème aujourd'hui,
00:59:14c'est que nos établissements
00:59:16se sont des passoires
00:59:17et des dispositifs technologiques
00:59:19qu'on met en place
00:59:19et qui sont déjà obsolètes
00:59:21avant même d'être déployés.
00:59:23Sur le plan européen,
00:59:25la France est en bas du classement.
00:59:27Elle partage avec la Turquie
00:59:29la surpopulation carcérale
00:59:30la plus élevée d'Europe.
00:59:32131 détenus pour 100 places.
00:59:35Un manque de moyens déploré
00:59:37par cet agent pénitentiaire.
00:59:38On est obligé de tripler
00:59:40voire quadrupler certaines cellules
00:59:43pour pouvoir mettre sous main de justice
00:59:45les personnes incarcérées.
00:59:47Malgré les promesses de campagne
00:59:49qui se font à chaque élection,
00:59:51on se rend compte qu'il est bien plus compliqué
00:59:53de créer des établissements
00:59:54qu'il n'y paraît.
00:59:55Les maisons centrales
00:59:57qui abritent les détenus
00:59:58les plus dangereux
00:59:59sont proches de cette situation.
01:00:01Le taux de remplissage
01:00:03frôle désormais les 100%.
01:00:05Christian Flèche,
01:00:06on voit bien la double problématique.
01:00:07A la fois le fait
01:00:08que cette surpopulation carcérale
01:00:10fait qu'on hésite
01:00:11à mettre des personnes en prison
01:00:12parce qu'il n'y a plus de place
01:00:13et qu'à l'intérieur des prisons,
01:00:15l'administration pénitentiaire
01:00:16est totalement débordée.
01:00:17Oui.
01:00:18Ce n'est pas un sujet nouveau.
01:00:19C'est un sujet qui est récurrent
01:00:20et le syndicaliste a raison.
01:00:22C'est-à-dire qu'on nous promet
01:00:23toujours des constructions
01:00:24de places supplémentaires.
01:00:25Il y en a.
01:00:26Mais en même temps,
01:00:27il faut détruire des prisons
01:00:28qui sont complètement insalubres
01:00:30et qui ne tiennent même plus debout
01:00:31au sens physique.
01:00:34Voilà.
01:00:34Et donc, on a une prison
01:00:36qui ne remplit plus son rôle.
01:00:37Un rôle, ça doit être
01:00:38de sécuriser les détenus.
01:00:41On voit qu'il y a aussi
01:00:42un certain nombre d'affaires
01:00:43dans les prisons.
01:00:45Ce sont des passoires
01:00:46parce qu'il y a à la fois
01:00:47la peur sans doute
01:00:49des agents pénitentiaires
01:00:50par rapport au nombre de prisonniers.
01:00:51Il y a un risque de corruption
01:00:53qui est réel,
01:00:54qui fait que les stupes rentrent,
01:00:56les téléphones rentrent.
01:00:57On a vu à MRA,
01:00:57neuf téléphones dans sa cellule.
01:00:59Donc, les prisons de haute sécurité,
01:01:01c'est parfait dans ce domaine-là.
01:01:03Il y a très peu de place.
01:01:04Et le taux d'occupation
01:01:05de ces prisons,
01:01:06pour faire qu'on augmente
01:01:08mathématiquement,
01:01:09si le taux est normal
01:01:10dans ces prisons-là,
01:01:11ailleurs, c'est encore bien.
01:01:12Et j'ai lu cette semaine
01:01:13un tweet de la procureure générale
01:01:15de la Cour d'appel de Paris
01:01:16qui faisait état
01:01:17de la situation de ce ressort.
01:01:19c'est dramatique.
01:01:21Et à la prison,
01:01:22il doit y avoir
01:01:23une certitude de la peine
01:01:24et que la peine serve
01:01:25à quelque chose.
01:01:26Si c'est pour mettre
01:01:27des détenus
01:01:28qui déjà continuent
01:01:29leur trafic,
01:01:30ce qui n'est pas tout à fait normal,
01:01:31donc au sens de la peine,
01:01:32c'est un peu compliqué,
01:01:33mais qu'en plus
01:01:34qu'ils sortent comme des fauves,
01:01:35c'est pas facile.
01:01:37Non, parce qu'effectivement,
01:01:38Mehdi et Raïs,
01:01:39dans ces cas-là,
01:01:39on voit bien que non seulement
01:01:40le trafic continue, évidemment,
01:01:41et que les détenus
01:01:42qui sont je ne sais combien
01:01:43par cellule,
01:01:44effectivement,
01:01:45c'est pas comme ça
01:01:45qu'il y a une réinsertion,
01:01:46c'est pas comme ça
01:01:47qu'on les surveille bien
01:01:48non plus, évidemment.
01:01:49Alors, il y a ça,
01:01:50il y a la pression
01:01:51sur le personnel administratif,
01:01:53sur le personnel des prisons,
01:01:54et il y a un effet mécanique,
01:01:56c'est qu'on a moins,
01:01:57enfin, il y a un...
01:01:58On a un parc
01:01:59de places de prison
01:02:01et tout en parallèle,
01:02:02on a une augmentation
01:02:03des violences.
01:02:05Mécaniquement,
01:02:05tout est saturé,
01:02:06c'est obligatoire.
01:02:07Donc, il y a cet effet-là,
01:02:08et tout à l'heure,
01:02:09on parlait du narcotrafic,
01:02:10mais lorsque vous êtes
01:02:11le personnel dans les prisons,
01:02:13mais quel est l'un ?
01:02:14Enfin, il y a même une question
01:02:16forcément de corruption,
01:02:17c'est que vous ne gagnez rien,
01:02:18concrètement.
01:02:19Il y a une question
01:02:19de paiement pour ces personnes-là.
01:02:21Quand vous avez affaire
01:02:22à des narcotrafiquants
01:02:23qui sont capables
01:02:23de toucher des centaines
01:02:24et des centaines
01:02:24de milliers d'euros
01:02:25ou des millions d'euros,
01:02:26la corruption devient très facile.
01:02:27Donc, il y a à la fois
01:02:28l'effet mécanique
01:02:29de l'augmentation des violences,
01:02:30le ministère de l'Intérieur
01:02:31les montre tout le temps
01:02:32les chiffres,
01:02:32et en même temps,
01:02:33le nombre de places manque,
01:02:35donc c'est plutôt
01:02:35une sous-dotation
01:02:36des places de prison
01:02:37plutôt qu'une surpopulation
01:02:38en ce sens.
01:02:38Oui, vous avez raison.
01:02:39Et en parallèle,
01:02:41il y a les effets de corruption
01:02:42qui sont énormes
01:02:43parce que les personnes
01:02:43qui travaillent,
01:02:44le personnel dans les prisons,
01:02:46lui, est complètement à bout
01:02:46parce qu'en fait,
01:02:47il n'a pas les moyens
01:02:48de faire face à cet effet.
01:02:49C'est vrai qu'on peut parler
01:02:50de sous-dotation,
01:02:51effectivement, Bernard,
01:02:53parce qu'il y a à la fois
01:02:54la promesse
01:02:54des 15 000 places
01:02:55de prison d'Emmanuel Macron
01:02:56qui n'a absolument pas
01:02:58été suivie,
01:02:59et ça, on le voit,
01:03:00en fait, président après président,
01:03:01on ne construit jamais
01:03:02le nombre de places
01:03:03qu'on promet.
01:03:04En revanche,
01:03:04il y a les 3 000 places
01:03:05de prison modulaire
01:03:07que veut mettre en place
01:03:08Gérald Darmanin ?
01:03:093 000 places,
01:03:09bien évidemment,
01:03:10c'est mieux,
01:03:11mais au total,
01:03:12il en manque 20 000 quand même.
01:03:12Oui, c'est bien de rappeler
01:03:13les propos de Gérald Darmanin
01:03:15parce que lorsqu'il arrivait
01:03:16à la place Vendôme,
01:03:17ça a été tout de suite affirmé.
01:03:19Une nouvelle façon
01:03:21de penser le carcéral,
01:03:24c'est-à-dire des prisons modulables,
01:03:26des prisons où on peut rentrer
01:03:27et sortir,
01:03:28et donc moins chères,
01:03:29donc moins de sécurité.
01:03:31Mais le vrai enjeu,
01:03:32vous l'avez dit,
01:03:32Elodie,
01:03:33ce n'est pas un enjeu
01:03:34de politique publique,
01:03:35c'est un enjeu
01:03:36de moyens publics.
01:03:37Une France endettée budgétairement,
01:03:39il manque 5 à 6 milliards d'euros
01:03:41pour pouvoir avoir
01:03:42une politique carcérale,
01:03:44y compris en mieux rémunérant
01:03:46le personnel pénitentiaire
01:03:48qui prend beaucoup de risques
01:03:49pour pas cher,
01:03:50parce qu'aussi,
01:03:51aujourd'hui,
01:03:51ils sont les premières victimes
01:03:52de cette politique
01:03:53à peu de moyens,
01:03:54ne l'oublions pas.
01:03:55Ils sont souvent,
01:03:56eux,
01:03:56les victimes
01:03:57et les cibles
01:03:58d'un certain nombre
01:03:59de détenus peu scrupuleux.
01:04:00Et donc,
01:04:01il y a un vrai enjeu budgétaire
01:04:02tant qu'on n'arrivera pas
01:04:03à ouvrir les cordons de la bourse,
01:04:05comme on l'a fait
01:04:06pour la défense,
01:04:07c'est-à-dire mettre
01:04:07autant de moyens
01:04:09sur les prisons.
01:04:10On arrivera à cette surpopulation
01:04:11qui reste un risque aussi
01:04:12de cocotte minute,
01:04:14surtout quand il fait chaud,
01:04:15comme en ce moment.
01:04:16C'est vrai qu'en plus,
01:04:17Karima,
01:04:17il y a une certaine hypocrisie
01:04:18parce que tout le monde
01:04:19est d'accord pour dire
01:04:19qu'il faut davantage
01:04:20de places de prison.
01:04:21On vient de parler
01:04:22de nos dirigeants
01:04:23qui n'enclenchaient pas
01:04:24ces projets.
01:04:25Il faut aussi parler
01:04:26des maires quand même
01:04:26parce que tous les maires
01:04:27voudraient bien
01:04:28qu'il y ait plus de places
01:04:28de prison,
01:04:29mais aucun ne les veut
01:04:30chez lui.
01:04:30Donc,
01:04:31il y a un moment donné aussi
01:04:31où la classe politique,
01:04:32elle est partagée
01:04:33entre un discours
01:04:35et la réalisation
01:04:36de ce discours.
01:04:37Oui,
01:04:37c'est vrai
01:04:37parce qu'on pense aussi
01:04:40aux citoyens,
01:04:40aux résidents.
01:04:41Certains disent,
01:04:42c'est le syndrome un peu
01:04:43pas dans ma cour,
01:04:44mais je veux aussi
01:04:45élargir le débat.
01:04:47Vous parlez du réel.
01:04:48Je pense que tant mieux,
01:04:49il y a ces prisons
01:04:50à haute sécurité
01:04:50si ça peut aider
01:04:51à briser justement
01:04:54la criminalité
01:04:55dans certaines zones
01:04:56parce qu'on sait
01:04:56que des hauts dirigeants
01:05:00du narcotrafic
01:05:01qui réussissaient
01:05:02à continuer
01:05:02à faire leur business,
01:05:03ça fait en sorte
01:05:04que justement
01:05:05cette criminalité
01:05:06continue de prospérer.
01:05:07Donc,
01:05:07c'est important
01:05:08qu'il y ait ces prisons,
01:05:09mais aussi,
01:05:10il faut parler
01:05:11de la surreprésentation
01:05:12des étrangers
01:05:13dans les prisons françaises.
01:05:14C'est presque...
01:05:14Ce qui pourrait permettre
01:05:15de récupérer un peu des places.
01:05:17Presque un détenu
01:05:18sur quatre dans certains cas.
01:05:20Donc,
01:05:20c'est un vrai sujet.
01:05:21Ça revient à la question
01:05:23de la régulation
01:05:24des flux migratoires.
01:05:25Donc,
01:05:25ça fait aussi partie du sujet.
01:05:26Ensuite,
01:05:27oui,
01:05:27les places de prison
01:05:28et on revient
01:05:29à nos débats finalement
01:05:30au début de cette émission
01:05:32quand on parlait
01:05:33de briser
01:05:34le cycle de la violence,
01:05:35le cycle de la criminalité
01:05:37que souvent,
01:05:37ça commence très jeune
01:05:38et on se retrouve
01:05:39avec soit
01:05:40des multirécidivistes,
01:05:41que ce soit
01:05:42dans le milieu
01:05:43du narcotrafic
01:05:44ou dans les violences
01:05:45qui se voient répétées.
01:05:47si on arrivait déjà
01:05:49au départ
01:05:50à briser ce cycle.
01:05:51Mais ça,
01:05:52c'est un chantier
01:05:52de très longue galère.
01:05:54Oui,
01:05:54un chantier très long
01:05:55en cinq secondes,
01:05:56s'il vous plaît,
01:05:56vraiment.
01:05:56Juste en cinq secondes.
01:05:57Il y a aussi la question
01:05:57de la dignité
01:05:58pour les prisonniers.
01:05:59Bien sûr.
01:05:59Lorsque vous êtes entassés
01:06:00dans des cellules,
01:06:00il y a une question
01:06:01de dignité humaine
01:06:01qui se pose.
01:06:02On va ouvrir pour terminer
01:06:03cette émission
01:06:04une page internationale
01:06:05avec vous,
01:06:05Dora Del Razik.
01:06:06Bonjour.
01:06:07Merci de nous avoir rejoint.
01:06:08On va parler donc
01:06:08des États-Unis
01:06:10avec cette question
01:06:10que tout le monde se pose.
01:06:11vont-ils frapper l'Iran
01:06:13ce week-end
01:06:14dans le même temps
01:06:14où le Pakistan
01:06:15continue de jouer
01:06:16son rôle de médiateur ?
01:06:18Visiblement,
01:06:19Donald Trump envisage
01:06:20sérieusement
01:06:20de frapper
01:06:21la République islamique.
01:06:22Effectivement,
01:06:23entre des négociations
01:06:24qui s'enlisent,
01:06:25on l'a vu ces derniers temps,
01:06:26des réunions de crise
01:06:26à Washington
01:06:27et également
01:06:28des tensions croissantes
01:06:29autour du détroit
01:06:30d'Hormuz,
01:06:30plusieurs indices
01:06:31laissent penser
01:06:33que l'option militaire
01:06:33américaine contre l'Iran
01:06:35est crédible,
01:06:36en tout cas pour ce week-end.
01:06:37Aucune déclaration officielle
01:06:38du côté de la Maison-Blanche,
01:06:39mais plusieurs signaux
01:06:41interpellent.
01:06:42Alors,
01:06:42il y a eu des mouvements
01:06:43militaires
01:06:44qui ont été observés
01:06:45au Moyen-Orient,
01:06:46des déclarations
01:06:46de plus en plus fermes
01:06:47envers Téhéran
01:06:48et il y a également
01:06:49ce changement d'agenda
01:06:51présidentiel
01:06:52à la dernière minute
01:06:52puisque Donald Trump
01:06:53ne va pas assister
01:06:54au mariage
01:06:55de son fils au Bahamas,
01:06:56il reste à Washington.
01:06:58C'est ce qu'il a indiqué
01:06:59sur son réseau social.
01:07:00Vous pouvez donc
01:07:00voir le message
01:07:01à l'écran.
01:07:03Il est important
01:07:04pour moi
01:07:04de rester à la Maison-Blanche
01:07:05pendant cette période
01:07:06cruciale.
01:07:07Les médias américains
01:07:08également,
01:07:09Axios,
01:07:10Washington Post
01:07:10ou encore CBS News,
01:07:13tous généralement
01:07:14bien informés,
01:07:15évoquent la possibilité
01:07:16d'un assaut
01:07:17de ce week-end,
01:07:19sauf percés
01:07:20dans les négociations.
01:07:21Parce que justement,
01:07:21il y a des échanges diplomatiques
01:07:22qui sont toujours en cours
01:07:24à la manœuvre.
01:07:25On le rappelle,
01:07:25on retrouve le Pakistan,
01:07:26le Qatar,
01:07:27qui multiplient pour le coup
01:07:28les efforts
01:07:29pour parvenir
01:07:30à établir une feuille de route.
01:07:31Est-ce qu'on peut dire
01:07:32qu'il y a des avancées ?
01:07:33Alors,
01:07:33c'est encore flou,
01:07:34mais il y a quand même
01:07:35quelques indices là aussi
01:07:37puisque des déclarations
01:07:38se multiplient
01:07:39ces dernières heures.
01:07:41Selon le porte-parole
01:07:42du ministère iranien
01:07:43des Affaires étrangères,
01:07:44il y a une tendance
01:07:45au rapprochement
01:07:45avec les États-Unis
01:07:47dans les discussions.
01:07:49Un protocole d'accord
01:07:50serait même
01:07:51en phase de finalisation.
01:07:52même optimisme également
01:07:54du côté des États-Unis
01:07:55avec une déclaration
01:07:56de Marco Rubio
01:07:57en marge
01:07:58de sa visite
01:07:59en Inde.
01:08:00Il a déclaré
01:08:02que ça serait
01:08:04possible
01:08:04en tout cas.
01:08:05Pas certain.
01:08:06Pas certain.
01:08:07Aujourd'hui,
01:08:07il a quand même
01:08:08un bémol
01:08:08côté iranien
01:08:10puisque
01:08:10Mohamed Galibaf,
01:08:12c'est le président du Parlement,
01:08:13c'est lui aussi
01:08:13qui mène les négociations
01:08:14côté iranien.
01:08:16Il a affirmé
01:08:17que Téhéran
01:08:17ne fera aucun compromis
01:08:19avec Washington.
01:08:20Est-ce que les États-Unis
01:08:21vont accepter
01:08:23la nouvelle feuille de route
01:08:24proposée par les Iraniens ?
01:08:26On va le savoir
01:08:26je pense très rapidement
01:08:27avec Donald Trump
01:08:28qui va bien évidemment
01:08:29tweeter.
01:08:31Il a commencé d'ailleurs
01:08:32à le faire
01:08:32avec une carte
01:08:33du Moyen-Orient
01:08:34revisitée.
01:08:36En tout cas,
01:08:36les Iraniens
01:08:37ont d'ores et déjà
01:08:38prévenu que
01:08:38si jamais les frappes
01:08:39sont relancées,
01:08:41leurs représailles
01:08:42seront plus violentes
01:08:43et plus amères
01:08:44pour les États-Unis.
01:08:45Merci beaucoup
01:08:46pour toutes ces précisions
01:08:47Dora.
01:08:47On suivra ces développements
01:08:49dans les prochaines éditions
01:08:50de la rédaction
01:08:51de CNews.
01:08:52Merci à tous les cinq
01:08:53d'avoir été mes invités.
01:08:55Tout de suite,
01:08:55vous retrouvez Thierry Cabane
01:08:56et ses invités
01:08:57pour Punchline.
01:08:58Bonne fin d'après-midi
01:08:59sur CNews.
01:08:59Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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