- il y a 2 semaines
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bon, alors, je reviens aux déclarations de Trump tout à l'heure.
00:02Trump qui dit « Je ne veux pas de la guerre, les négociations, etc. »
00:05Mais si ça ne marche pas, vendredi, samedi, dimanche, lundi ou lundi,
00:10on pourra reprendre les frappes.
00:11Qu'est-ce qui retient Trump ce soir, au-delà de vouloir laisser une chance aux négociations ?
00:14C'est peut-être aussi la crainte de la réplique iranienne.
00:17Et on a ce soir, grâce au New York Times, le scénario noir iranien.
00:20Que feraient les Iraniens en cas de nouvelle attaque américaine ?
00:22Les Iraniens pourraient frapper plus fort qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici.
00:25Le New York Times explique qu'en réalité, les Iraniens s'étaient préparés à trois mois de guerre au départ,
00:30que les Américains ont mis à cesser le feu au bout de 40 jours,
00:32et que les Iraniens, du coup, s'étaient un peu, comment dire, freinés, retenus dans leurs frappes.
00:38Aujourd'hui, si les frappes américaines reprennent,
00:40les Iraniens tapent sur quelque chose de bref, de violent, mais de leur côté aussi.
00:44C'est-à-dire qu'ils seraient capables, d'après New York Times et les spécialistes qui les ont interrogés,
00:47de frapper par dizaines, par centaines de missiles chaque jour,
00:51ce qu'ils n'ont pas fait jusqu'ici en réalité, avec un certain nombre de cibles.
00:55Les champs pétroliers, les raffineries, les ports, tout ce qui est autour du détroit d'Hormuz,
01:00notamment, voilà le scénario noir.
01:02Et j'ajoute que le New York Times cite un analyste proche du pouvoir iranien qui dit
01:07« Il faut renvoyer les Émirats à l'âge où ils sevauchaient des chameaux »,
01:10c'est son expression, « si nécessaire, nous occuperons Abu Dhabi ».
01:16Alors, c'est de la rhétorique qui, évidemment, dans les circonstances est tout à fait attendue.
01:19Sinon que ce qui, moi, me concerne, c'est qu'il y a 80 jours, on était tous, ou à
01:24peu près une année,
01:24m'a dit « l'Iran, c'est fini, c'est joué ».
01:27Les Américains, les Israéliens seront rapidement capables de faire la démonstration de leur supériorité.
01:32Alors oui.
01:32Et là, 80 jours après, ce que je viens de raconter est assez crédible.
01:35Et on les croit.
01:36C'est-à-dire que cette fois-ci, on dit « ben oui », puis en plus, on se dit
01:39« c'est le renseignement militaire ».
01:41Je dis « ce potentiel existe ».
01:43Est-ce que c'est le scénario où ils vont renvoyer à l'âge de pierre ou à l'époque
01:47où ils se promenaient à chameaux à Abu Dhabi ?
01:49Peut-être pas.
01:50Mais je pense que la menace est suffisamment prise au sérieux pour que les États-Unis réfléchissent à deux fois,
01:57sachant que si on s'attaque aux infrastructures de production, de raffinage, alors là, c'est une crise durable.
02:03Et je rappelle qu'en ce moment, l'acteur dont on ne parle pas, et ça ennuie tout le monde,
02:07mais c'est le juge de paix depuis quelques mois avec M. Trump,
02:11c'est les taux obligataires sur la dette américaine, qui sont au nord des 5 %,
02:14et j'employais cette image.
02:15Au nord, ça veut dire au-dessus.
02:17Au-dessus, au-dessus, ben alors au-dessus de 5 %, j'étais, parce qu'on est au nord, nous,
02:21des États-Unis,
02:22et on sait ce que c'est, et je disais ce matin chez Apo,
02:27le marché obligataire, c'est le lutteur de sumo qui regarde, par exemple, le boxeur Trump,
02:32et il se dit, mon petit poulet, viens me voir si tu veux, moi, je suis inébranlable.
02:36Et c'est ça, le marché des obligations.
02:38C'est un marché qui dit, il y a de l'inflation dans le pipeline, ça va durer, nous, on
02:42n'y croit plus.
02:43Pour acheter votre dette, on vous demande plus cher.
02:46Et aujourd'hui, un point de pourcentage de plus sur le financement de la dette américaine, en moyenne,
02:52c'est 380 milliards de dollars par année,
02:56juste parce que les taux d'intérêt sur la dette sont augmentés.
02:59Alors, c'est dire le poids, mais c'est pas que les Américains.
03:02C'est la France, c'est les Anglais, on paye tout, on est tous en paix.
03:05Alors, attendez, mon scénario noir, vous n'y croyez pas, Diom Ancel ?
03:10Non, je suis gêné par les sources, pas par le New York Times, bien sûr,
03:13mais par les sources iraniennes, c'est de la pure propagande.
03:16Ça ne coûte rien de dire, on pourrait faire l'apocalypse, d'ailleurs,
03:19on l'a déjà entendu à 15 reprises, et c'est exactement le miroir de ce que raconte Donald Trump.
03:26Un tir à la rigousse, c'est dire, je vais déclencher l'apocalypse, je vais éradiquer l'Iran.
03:29En fait, quand on regarde bien la campagne de 40 jours, la guerre de 40 jours,
03:3525 000 frappes, ce qui est considérable, moi je ne connais pas de campagne aussi intense de bombardement.
03:40Quand on regarde les effets sur l'Iran, qui sont mal documentés, puisqu'on a peu d'informations,
03:44mais la réalité, c'est qu'un pays qui est trois fois vaste comme la France,
03:48en fait, 25 000 frappes ne l'a absolument pas mis à terre.
03:51Ça a détruit un certain nombre de six militaires, et encore,
03:54souvent ce sont des destructions que je vais qualifier de superficielles,
03:57parce que c'est le propre des bombardements,
03:59alors que les Iraniens s'étaient préparés en enterrant beaucoup d'infrastructures militaires.
04:05Et donc, là où les Iraniens ont relativement bien résisté à 25 000 frappes,
04:09les Iraniens n'ont absolument pas les moyens de mettre à feu et à sang les Pays du Golfe.
04:13Par contre, ils l'ont déjà annoncé aujourd'hui,
04:15c'est qu'en cas de nouvelle attaque américaine, ils ouvriront de nouveaux fonds.
04:18– Ah ben voilà, c'était la suite de mon scénario.
04:20– C'est ça les nouveaux fonds, c'est ça les plus emmerdants.
04:22– C'était la suite de mon scénario, je vous donne la suite du scénario noir.
04:26Effectivement, on a le porte-parole de l'armée iranienne qui dit
04:27« Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes
04:31et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé,
04:33nous ouvrirons de nouveaux fonds contre lui ».
04:39Et là, il y a une menace supplémentaire notamment,
04:41c'est un autre des trois, c'est Bab el-Mandeb.
04:44C'est-à-dire qu'il y a eu Hormuz, plus au sud on a Bab el-Mandeb
04:47qui permet d'accéder, vous voyez la carte, au canal de Suez
04:50et donc à la Méditerranée et donc à l'Europe.
04:53Si les outils que vous voyez en rouge ici, qui sont les alliés de l'Iran,
04:58se mettent, pardon pour l'expression, à défourailler,
05:01ce qu'ils n'ont pas tellement fait ces trois derniers mois,
05:04là ça change aussi la donne, Sergei ?
05:06– Pas forcément, parce que Bab el-Mandeb, vous pouvez contourner par l'Afrique.
05:11On dit que c'est plus cher.
05:13Non, ce n'est pas plus cher, c'est plus long.
05:15C'est plus long, ce n'est pas plus cher parce que lorsque vous passez par le canal de Suez,
05:19et je parle sous le contrôle de Mikko,
05:21vous payez chaque bateau 600 000 euros.
05:24– Oui, 400 000 dollars minimum.
05:25– Voilà, minimum.
05:27Et donc, en fait, votre fuel que vous consommez en comptant dans l'Afrique,
05:33en fait, il vaut largement ça, et donc, en fait, c'est kiff-kiff.
05:36Mais en revanche, vous mettez une semaine de plus ou dix jours de plus.
05:40– Vous pouvez mettre dix jours de plus, il y a aussi les temps d'attente
05:41au passage du canal de Suez qui permet de compenser un peu ça.
05:44Le principal problème, c'est que vous avez moins accès à des logiques de transbordement.
05:48Donc, je ne vais pas rentrer dans des délimations trop techniques,
05:51mais de fait, la route, effectivement, par le sud de l'Afrique,
05:54donc c'est-à-dire le Cap de Bonne-Espérance, qui touche la Réunion…
05:56– Je vais faire simple, Mikko, ce serait un problème supplémentaire.
05:58– Ce serait un problème supplémentaire, mais…
06:00– Moi, je raisonne basique.
06:01– Mais c'est en fait, et ce n'est pas du tout basique,
06:02parce que de fait, c'est un problème qu'on connaît depuis 2024,
06:05c'est-à-dire que depuis deux ans déjà, le trafic sur Babel Mandep a été divisé par quatre.
06:10On est passé de 4 millions de tonnes jour de marchandises,
06:13pour faire très court et très simple, à 1 million de tonnes jour.
06:15Donc, l'enjeu ici de Babel Mandep, c'est que les grands armateurs se sont déjà adaptés.
06:20Ça, c'est le premier élément.
06:21Mais le deuxième élément, c'est que ce qui se joue dans le détroit de Babel Mandep,
06:24c'est peut-être autre chose.
06:25C'est-à-dire que si, effectivement, les outils venaient, ou d'autres alliés, que sais-je,
06:30à couper les câbles sous-marins numériques, cette fois-ci, qui passent par Babel Mandep,
06:35donc là, on parle des fonds marins, avec ces câbles de communication-là,
06:39vous avez notamment le câble AAE1, qui est le principal câble de télécommunication,
06:44donc de fibre optique, entre l'Europe, l'Asie, en passant par l'Inde, et le Moyen-Orient,
06:49qui jouent dans cette zone-là.
06:51Et de fait, si vous coupez ce câble-là, là, on a un impact,
06:54c'est pas le blackout Internet, il n'y a plus Internet en Europe, c'est pas ça non plus,
06:57mais là, ça a un impact supplémentaire par rapport à juste la question du trafic maritime.
07:01Michel Polacco, je me tourne vers vous.
07:02Le scénario noir, tel que décrit par le New York Times ce soir,
07:05avec des Iraniens qui seraient encore capables de répliquer,
07:09en masse, si je puis dire, par dizaines, par centaines de missiles par jour,
07:13s'ils étaient attaqués par les États-Unis à nouveau.
07:15Est-ce que vous jugez ça crédible ?
07:18Écoutez, moi, j'y crois pas beaucoup.
07:20Cela dit, c'est pas impossible.
07:23Ça voudrait dire que depuis 45 jours, ils ont décidé de la mettre en sourdine
07:29et de tirer quelques missiles ou quelques drones de manière sporadique
07:34et qu'ils supportent tout le reste et qu'ils considèrent qu'ils peuvent donner du temps
07:39au président Trump, etc.
07:41Moi, ça me surprendrait.
07:43De même, ça me surprendrait qu'en temps de guerre,
07:46après tout ce qu'ils ont pris sur leur territoire,
07:48ils soient capables de reconstruire des missiles, des drones,
07:52etc.
07:53Donc, je crois pas beaucoup à cette hypothèse.
07:55De même, je crois pas beaucoup à l'hypothèse Babel-Mandeb
07:58parce que les outils sont restés extrêmement silencieux depuis trois mois.
08:03Et je vous rappelle quand même qu'il y a un gros bateau
08:06qui est en train de naviguer à proximité,
08:09qui s'appelle le Charles de Gaulle, avec son groupe aéronaval,
08:13et que la France n'a pas dit qu'elle resterait totalement indifférente
08:18s'il y avait des attaques contre les bâtiments qui passent par ce détroit.
08:22N'oubliez pas que juste à côté de ce détroit,
08:26il y a une grosse, grosse base triple
08:28qui abrite des Français, Djibouti,
08:31mais qui abrite aussi des Américains,
08:34qui abrite aussi des Chinois.
08:36Ça veut dire qu'il y a quand même trois pays
08:37qui sont directement concernés par ce qui se passe dans la région
08:41et qui ont des moyens militaires à proximité,
08:44puisque ce sont des bases militaires.
08:45Donc voilà, je pense qu'il faut regarder ça avec une certaine prudence.
08:49Évidemment, tout peut toujours arriver,
08:51mais je n'ai pas l'impression que Bab el-Mondeb
08:54se soit dans la capacité des Iraniens,
08:56en tout cas de manière puissante.
09:00– Juste une petite remarque,
09:02on a quand même eu une frappe venue d'Irak,
09:04donc visiblement de groupes soutenus par l'Iran,
09:07de frappes de drones,
09:07vers une centrale nucléaire du côté d'Abu Dhabi,
09:12où ils ont tapé juste à côté de la centrale.
09:15Est-ce que ce n'était pas aussi un avertissement
09:17pour dire, regardez ce qu'on est capable de faire
09:19ou de faire faire à nos alliés, à nos proxys ?
09:22C'est une manière de dire,
09:23si vous nous attaquez, la réplique,
09:25on sait où sont vos centrales.
09:26– Alors moi, je fais partie du comité de soutien à Michel,
09:29et donc je vais dire que je le rejoins
09:32sur le fait que c'est moins par le Yémen,
09:36en fait, qu'on doit craindre quelque chose,
09:37parce que j'ai le sentiment que pour des raisons
09:39un peu difficiles à saisir,
09:41mais le Yémen n'a pas souhaité les outils.
09:43– Les outils, les outils.
09:45– Ils ne sont plus dans la boîte à outils des Iraniens.
09:47– On le voit bien depuis le début,
09:49on parle de millions de dollars
09:51qui leur ont été versés par l'Arabie saoudite,
09:53il est probable qu'ils aient acheté une forme de paix.
09:55Par contre, les groupes pro-iraniens qui sont en Irak
09:59ont fait la démonstration pour l'Iran
10:01qu'eux pouvaient attaquer avec des drones
10:04qui sont difficiles à détecter
10:06parce qu'on est autour de territoires qui sont gigantesques
10:09et sur lesquels nous n'avons pas de système de détection
10:12qui permettent réellement de les tracer.
10:13Le fait qu'ils aient pu traverser l'Arabie saoudite
10:16pour aller toucher proche,
10:18on ne sait pas exactement ce qu'ils ont touché d'ailleurs
10:20de la centrale puisque l'information est très classifiée
10:23aux Émirats arabes unis,
10:24montre bien une capacité de riposte
10:26et quand les Iraniens parlent de nouveaux fronts,
10:29je pense que c'est plutôt à ça qu'il faut penser,
10:31c'est-à-dire leur capacité à les toucher,
10:33des infrastructures qui sont hyper sensibles
10:37pour les populations,
10:38les usines de désalinisation
10:40et les centrales électriques.
10:43– Mico, vraiment d'un mot à prendre une info avec Lisa ?
10:45– Oui, d'un mot en fait,
10:46on n'a pas parlé de Bab el-Mandeb
10:47parce que ça a été lancé sur la table,
10:48mais il faut voir le reste de la mer Rouge
10:50et effectivement, pour ce qui est du terminal pétrolier de Yambou,
10:53pour ce qui est de l'infrastructure…
10:54– Qui est à l'ouest de l'Arabie saoudite ?
10:56– C'est ça, c'est l'ouest de l'Arabie saoudite,
10:57donc sur la mer Rouge et donc au nord de Bab el-Mandeb,
11:00entre Bab el-Mandeb et le canal de Suez.
11:01Pour ce qui est donc de Yambou, de Jeddah,
11:04de la zone économique spéciale du roi Abdelha
11:06ou même de Neom,
11:08là pour le coup, on a des cibles très symboliques
11:10et des cibles très impactantes d'un point de vue économique
11:12que les Iraniens peuvent toucher
11:13et que moi j'entends les Iraniens parler de nouveaux fronts,
11:16je pense aussi à ça.
11:17– Vous pensez aussi à ça.
11:18Lisa ?
11:18– Le congrès américain diffuse aujourd'hui
11:21un rapport des pertes et dommages
11:23subis par les 42 aéronefs américains.
11:25Le ministre des Affaires étrangères d'Iran,
11:27Abbas Araqchi, réagit,
11:29il dit des mois après le déclenchement
11:30de la guerre contre l'Iran,
11:31le congrès américain reconnaît la perte
11:33de dizaines d'avions qui valent des milliards.
11:35Nos puissantes forces armées sont confirmées
11:37comme les premières à abattre un F-35.
11:39Avec les leçons, c'est là que c'est important,
11:41avec les leçons apprises et les connaissances acquises,
11:43le retour à la guerre présentera bien plus de surprises.
11:46– Voilà la réaction d'Araqchi.
11:47On a la liste des pertes américaines
11:50dans cette guerre justement,
11:52liste donnée par le congrès.
11:54On va vous montrer ça tout de suite.
11:56Je vais dire que c'est le bonheur des démocraties aussi.
11:57Il y a un peu de transparence
11:58et il faut donner,
12:00ce que ne donnent pas évidemment les Iraniens,
12:01ce qui a pu être touché ou en partie.
12:04On a la liste ou on ne l'a pas la liste ?
12:05– Alors moi je l'ai sous les yeux,
12:06mais ça va être le moins.
12:07– Non mais juste quelques exemples.
12:09– Quatre avions de chasse F-15E Strike Eagle,
12:13un avion de chasse F-35A comme le disait le ministre iranien,
12:16un avion d'attaque au sol A-10 Thunderbolt 2.
12:19Il y a aussi sept avions ravitailleurs KC-135,
12:22deux avions d'opération spéciale,
12:24un hélicoptère de recherche et de sauvetage au combat,
12:2624 drones et Reaper.
12:28– Et les quatre F-15, c'est des amis en fait.
12:33– Je vous le fais de tête.
12:34Les quatre F-15, qui sont des appareils très coûteux même,
12:37s'ils sont anciens aujourd'hui,
12:38il y en a trois qui ont été abattus par les propres défenses.
12:40– C'est du coup, oui, dans mon souvenir.
12:42Il y a un F-15 qui a été abattu sans doute parce qu'il a été imprudent
12:45et qu'il est descendu en très basse altitude.
12:48Manifestement, il a été tiré par un missile portable.
12:51Le A-10, normal parce qu'ils volent très très bas
12:54et donc ils sont assez susceptibles de se faire tirer dessus.
12:56La grosse perte, c'est la WAX et les avions ravitailleurs.
12:59Ça, ça coûte très cher.
13:00– Mais frappés au sol.
13:00– Et ils ont été frappés au sol par des frappes de drones ou de missiles
13:04qui montrent bien qu'en fait, les Iraniens
13:07n'ont aucune capacité à résister à l'armée américaine.
13:10Par contre, ils ont une capacité à aller frapper des cibles dans le Golfe
13:14et des cibles très sensibles, comme vous le rappeliez tout à l'heure, Mikko.
13:16Et c'est ça qui est emmerdant, c'est qu'en fait, le front,
13:19ils ne vont pas se battre contre les Américains, ce serait perdu d'avance.
13:22Par contre, ils vont se battre contre les pays,
13:24ou plutôt, ils vont attaquer des pays du Golfe
13:26qui, eux, vont finir de s'étrangler en disant
13:28« On a accueilli des bases américaines, c'était pour sécuriser notre espace. »
13:33Et depuis deux mois, on vit l'enfer.
13:35On se prend les missiles iraniens,
13:37on se prend les tirs de riposte contre les Américains
13:39et les Américains qui nous demandent si on ne voudrait pas venir faire la guerre avec eux
13:42contre un pays qui va rester toute l'éternité en face de nous.
13:46Mais non, c'est eux, c'est les pays du Golfe aujourd'hui
13:49qui sont les victimes, en fait, de cette guerre.
13:51Au niveau économique, vous savez, ces pertes ne représentent rien du tout pour les États-Unis
13:55parce que, de toute façon, lorsque vous investissez dans les forces armées,
14:00c'est de la perte, c'est de la pure perte.
14:02En fait, c'est de les consommables.
14:04Je vais vous dire qu'aux États-Unis, les incidents avec les F-35,
14:09il y en a beaucoup qui se passent dans les aérodromes.
14:14Et les États-Unis, en fait, ils ne se posent pas les questions comme ça.
14:18Il y a l'industrie américaine qui va travailler encore plus,
14:21qui va produire encore plus.
14:23Donc, en fait, l'industrie militaire industrielle va être très contente.
14:27C'est les jobs pour les Américains.
14:29Mais dans le cas qui nous intéresse, c'est un acte de propagande pour l'Iran.
14:33Ça permet de dire, remarquez, que nous avons quand même, au passage,
14:36éliminé une portion considérable de l'arsenal militaire américain.
14:40C'est ça.
14:41C'est vrai que les Américains sont capables d'absorber.
14:43Et les constructeurs sont très heureux d'avoir à remplacer.
14:46Et c'est la guerre.
14:47Ça s'appelle la guerre.
14:47De toute façon, dans toutes les guerres, il y a les pertes en permanence.
14:50On verra dans un instant comment Poutine s'invite dans le jeu.
14:54Il est arrivé en Chine, Poutine qui s'est lancé dans de grandes manœuvres nucléaires.
14:58Je parle de manœuvres, pas d'essais nucléaires, là, aujourd'hui.
15:00De manœuvres nucléaires.
15:01On verra ça dans une seconde.
15:03Mais d'abord, vous parliez de propagande.
15:04La propagande iranienne, c'est notamment…
15:06Alors, hier, on vous montrait les images de présentateurs télé
15:10qui s'essayaient au Kalashnikov, etc.
15:12Là, on va un peu plus loin.
15:14On va voir les images ici, à la télé iranienne.
15:18Non, non, non, non.
15:19On est toujours avec à peu près les mêmes armes.
15:23Sauf qu'ils ont en plateau des cibles.
15:25Alors, vous avez parmi les cibles Donald Trump, Benjamin Netanyahou.
15:28Et vous avez ce militaire qui demande aux présentateurs
15:30« Quelle cible vous voulez choisir ? » etc.
15:31Et finit par dire « Je vais… »
15:33Ils sont déjà fous parce que…
15:35Je vais tirer sur Donald Trump.
15:36contre l'un contre l'autre et en fait, ils baladent leur fusil.
15:39Oui, a priori, c'est pas chargé.
15:41A priori, c'est pas chargé.
15:43Elzabide, ça galvanise qui, ce genre d'image ?
15:46Ah, ça galvanise une partie…
15:49Les gamins ?
15:50Une partie de la population iranienne, notamment la frange la plus radicale,
15:56qui est là pour se dire qu'effectivement, la posture de défiance,
16:00le nationalisme iranien contre l'ennemi de toujours, quasiment…
16:05Le grand satan.
16:05Oui, avant même la révolution.
16:07Il y a quand même eu des moments coloniaux qui ne sont pas oubliés,
16:13sur lesquels même les gardiens de la révolution ont bâti quelque chose en plus
16:17de l'idéologie islamiste.
16:19Alors, il y a un…
16:21Vous savez, le propre de ces programmes, c'est aussi de faire rire,
16:24c'est aussi de proposer un exutoire à peu de prix,
16:30faire rire, ridiculiser l'adversaire.
16:33Bon, c'est une guerre de propagande,
16:35mais ce qui est plus frappant et plus terrible pour la population,
16:39c'est ce qu'on voyait hier, c'est-à-dire ces stands dans les villes
16:42où on propose aux enfants de tirer, aux femmes de se mettre en scène.
16:45Là, c'est la télévision d'État.
16:47Ah, bon, ma foi, c'est aussi fréril…
16:50C'est les Soloviaufs.
16:50Voilà, c'est du Soloviauf plus.
16:51C'est les Soloviaufs iranien.
16:52À des fins de consommation intérieures.
16:55Il faut quand même noter que le présentateur prend de l'assurance
16:58dans le maniement de l'arme.
16:59Hier, on aurait dit une poule qui avait trouvé une paille.
17:01On sentait qu'il était vraiment…
17:03Ma mère dit un couteau.
17:03Un couteau, mais une paille, c'eût été la même chose.
17:07Alors aujourd'hui, il commence à être plus à l'aise.
17:08D'ailleurs, il oriente ostensiblement le canon de son arme vers les caméras.
17:13Moi, je serai caméraman sur la télévision iranienne.
17:16Je dirais, je veux changer de boulot ou avoir un gilet par balle.
17:19Et demain, on attend juste de savoir s'il va nous sortir un lance-roquette ou pas.
17:22Oui, c'est ça.
17:23Mais ça renvoie quand même à l'info qui était donnée par le Télégraphe aujourd'hui,
17:28qui était de dire que les têtes de Trump et de Netanyahou sont mises à prix.
17:3450 millions de dollars ou d'euros selon les traductions.
17:39Mais ça ne serait pas tout à fait nouveau.
17:40C'est-à-dire qu'il y avait des menaces…
17:42Il y a une fatwa qui a été lancée notamment contre Trump.
17:44Et des menaces qui avaient été détectées par les services de renseignement américains.
17:49À l'effet que Trump était en danger, que sa tête était mise à prix,
17:53que des tueurs avaient été déployés sur le territoire.
17:55D'ailleurs, il y a quelqu'un qui a été arrêté.
17:57Il y a eu un procès.
17:58Le FBI avait arrêté quelqu'un.
18:00Alors, on disait, il y a un lien.
18:01Ça n'a jamais été officiellement confirmé.
18:03Mais ce n'est pas tout à fait nouveau.
18:05Et puis, des menaces contre des Américains.
18:08John Bolton, qui était le conseiller à la Sécurité nationale,
18:10aujourd'hui véhémentement anti-Trump,
18:13mais qui est très faucon,
18:15qui était donc aux côtés de M. Trump lors de la première administration,
18:19était sur une liste et on voulait le tuer.
18:20Il a vécu d'ailleurs avec des gens,
18:23une protection rapprochée pendant de nombreuses années.
18:24Et c'est le président, à son arrivée au pouvoir en 2024-25,
18:28qui a dit, ah non, on lui enlève sa protection
18:30parce que finalement, je ne l'aime pas tellement.
18:31– Oui, mais je vous donne la parole, Sagaï,
18:34mais ça montre quand même que, partant de ces images-là,
18:37où on se dit effectivement, dans la propagande,
18:39le délire de la propagande, etc.,
18:40en réalité, par ricochet derrière,
18:43il y a de vraies menaces aux États-Unis,
18:45il y a de vrais liens entre les Iraniens
18:48et un certain nombre de groupes mafieux américains
18:51qui pourraient être éventuellement recrutés
18:53pour faire telle ou telle base besogne.
18:55Enfin, comment dire, ces menaces-là,
18:57elles sont très concrètes, Stéphane.
18:58– Elles sont prises au sérieux aux États-Unis,
18:59il n'y a absolument aucun doute, c'est pas nouveau,
19:00ça ne date pas des 80 derniers jours.
19:02Les Américains savent, il y a, même sur l'Angleterre,
19:07en fait, il y a eu des menaces détectées là aussi,
19:08en Angleterre, sur la vie de généraux Américains
19:11qui étaient en déplacement.
19:12Et à la dernière minute, ils ont dû être mis à l'écart
19:16parce qu'on se disait, il y a quelque chose qui cloche.
19:18Mais c'est donc pas nouveau.
19:20Les Iraniens, depuis très longtemps, ont ce genre de rhétorique
19:22et aussi, probablement, ce genre de pratiques.
19:25Personne, pour l'instant, du côté américain,
19:27est tombé sur ce front.
19:28– Sergueil ?
19:29– Je vous rappelle juste que l'année dernière,
19:31il y a un des ayatollahs de l'Iran
19:33qui a lancé une fêtois contre Trump.
19:37Et donc là, c'est beaucoup plus important
19:38parce que là, c'est une action civile en quelque sorte
19:41parce que c'est le Parlement qui va voter la loi.
19:44– Oui, les 50 millions mis sur la tête de Trump et Netanyahou,
19:46ce serait une loi votée par le Parlement.
19:47– Voilà, c'est ça.
19:48Mais je vous rappelle aussi que le même Trump,
19:50il a mis les mêmes 50 millions sur la tête de Maduro.
19:53Pas peut-être pour le tuer,
19:54mais pour dénoncer celui qui voulait donner les informations
20:00parce qu'en fait, ils ont lancé le prix.
20:03Ce n'est pas pour défendre les Iraniens.
20:05Moi, je les déteste.
20:06Il n'y a aucun problème.
20:07Mais je vous rappelle aussi que pendant la Deuxième Guerre mondiale,
20:12je dois vous dire que la même chose était sur Hitler
20:14et en Allemagne, il y avait la même chose sur Churchill
20:17et sur Roosevelt et sur Stalin.
20:18– Mais je vous rappelle, ça a mal rejeté.
20:20– Oui.
20:20– Ils l'ont finalement eu.
20:22Quelqu'un a réussi à se rendre jusqu'à lui avec un couteau.
20:25– Oui, parce que c'est le signal que ça envoie
20:27à un certain nombre de gens pas totalement stables
20:29et qui pourraient effectivement mettre en pratique ce qu'il dit là.
20:33– C'est un réseau religieux.
20:34Ça veut dire que lorsque la fêtois est lancée,
20:37tout musulman est censé l'exécuter s'il a la possibilité.
20:42– Mais c'est un classique quand une opération de guerre se déclenche
20:46de devoir surveiller la communauté qui lui est rattachée.
20:50Et dans tous les pays d'Europe, il y a une surveillance très importante
20:53des communautés iraniennes dont on sait très bien qu'au milieu,
20:55il y a des groupes qui sont agités par les gardiens de la révolution
20:59et qui peuvent être mandatés ou se mandater tout seuls d'ailleurs d'un attentat.
21:04Alors en général, c'est des pauvres gamins qui prennent ça.
21:07Mais évidemment, on sait qu'à partir du moment où il y a une guerre contre l'Iran,
21:11forcément la diaspora iranienne devient un danger potentiel.
21:15Ce qui n'est pas simple à gérer,
21:16mais qui est très suivi par les services de sécurité.
21:19– Sous-titrage Société Radio-Canada –
Commentaires