Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Aides au carburant, pouvoir d'achat, profits de TotalEnergies : alors que de nouvelles annonces du Premier ministre sont attendues ce jeudi, il réclame un « état d'urgence énergétique » et une baisse sur les factures d'électricité inspirée des mesures prises en Espagne et au Portugal. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, est l'invité de Thomas Sotto dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 19 mai 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti Communiste, maire de Saint-Amant-les-Eaux,
00:07ancien et peut-être futur candidat à la présidentielle, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Roussel.
00:12Bonjour à vous tous.
00:13Le Premier ministre Sébastien Lecornu va donc annoncer après-demain jeudi de nouvelles mesures
00:17pour venir en aide aux Français et aux secteurs professionnels
00:20qui subissent le plus durement la hausse des prix à la pompe.
00:23Ça va se passer lors d'une conférence de presse.
00:24Tiens, si vous y étiez invité à cette conférence de presse,
00:27quelles questions vous poseriez à Sébastien Lecornu ce matin ?
00:30D'abord, je l'alerterai sur le fait que tous les signes aujourd'hui
00:34montrent que la France pourrait rentrer dans une récession profonde d'ici quelques mois.
00:39Et s'il n'y a pas des mesures fortes, profondes à mettre en œuvre,
00:45cette récession frapperait un grand coup sur le porte-monnaie des Français,
00:49sur nos entreprises, provoquerait du chômage, de la pauvreté.
00:53Et donc, nous ne voulons pas ça.
00:55Et au contraire, il faut vraiment un choc aujourd'hui pour pouvoir protéger notre économie,
01:01protéger notre pouvoir d'achat, protéger les emplois.
01:04C'est là que c'est un peu la quadrature du sac, parce que vous dites,
01:06on rentre dans une crise économique qui est sans doute lourde,
01:09ça veut dire qu'il n'y a plus de sous dans les caisses,
01:10et vous demandez des mesures fortes. Comment on fait ?
01:12Alors, je ne dirais pas qu'il n'y a plus de sous dans les caisses,
01:14parce que ça, je ne supporte plus de l'entendre.
01:17De temps en temps, il y a une étude qui montre qu'en Europe, en France,
01:22il n'y a jamais eu autant de millionnaires,
01:24il n'y a jamais eu autant de riches qui ont eu des patrimoines aussi importants.
01:29Donc, l'argent existe en France.
01:31Je dirais même qu'il coûte la flot pour les plus fortunés.
01:34C'est un peu la flot ?
01:34Oui, il coûte la flot, oui, pour les plus fortunés de notre pays.
01:37Il coûte la flot.
01:38On peut comprendre le symbole, mais ce n'est pas quelques riches, quelques milliardaires
01:42qui ont oublié les 3 300 milliards de mètres.
01:44Je sais bien, mais c'est un signe.
01:45C'est un signe qu'aujourd'hui, il y a quand même une partie de la richesse nationale
01:51qui est captée par une minorité.
01:53Et il y a une grande majorité de Français, mais aussi des petites entreprises,
01:57des sous-traitants dans l'automobile, qui n'en peuvent plus et qui sont en train de mourir.
02:01Et donc, il y a un moment donné, il faut savoir où cette richesse que nous créons,
02:05nous la mettons pour pouvoir justement aider l'économie nationale, le pays.
02:09Et donc, il y a besoin de prendre des mesures fortes.
02:12D'abord, la guerre illégale qui a lieu au Moyen-Orient
02:15et qui s'ajoute à celle de l'Ukraine provoque des hausses de prix énormes.
02:19Pas seulement sur le prix à la pompe, à l'essence.
02:22D'ailleurs, les prix...
02:22On en parlait hier sur le BTP, il y a beaucoup de secteurs également.
02:25Le gaz, l'électricité, le plastique, la pétrochimie, etc.
02:28Ça dégringole de partout.
02:30Il n'y a jamais eu autant de défaillances d'entreprises.
02:31Donc maintenant, c'est les emplois qui risquent d'être menacés.
02:33Cette guerre, on l'a subie.
02:34On ne peut pas peser sur cette guerre, ni sur son fonds, ni sur sa fin.
02:37Il faut bouger fortement.
02:39Ce ne sont pas des petits chèques, ce ne sont pas des petites mesures
02:41en disant qu'on n'a pas de sous, on ne peut rien faire.
02:43Mais à force de faire ça, on va mourir.
02:45Ce n'est pas possible.
02:46Donc, il faut agir fortement.
02:48Bloquer les prix, mesures immédiates.
02:50Bloquer les prix de l'essence.
02:51Baisser les prix de l'électricité.
02:53Est-ce que vous savez aujourd'hui qu'on produit beaucoup plus d'électricité
02:58que nous en avons besoin ?
03:00On pourrait la distribuer gratuitement, l'électricité.
03:02Il y a des fournisseurs d'énergie qui le disent.
03:04On ne sait plus quoi en faire.
03:06Mais baissons les factures.
03:07Vous connaissez des entreprises qui travaillent gratuitement ?
03:08Non, je ne dis pas de le faire.
03:12Mais je dis, nous demandons aujourd'hui
03:14de baisser les factures d'électricité de nos entreprises et des ménages
03:18de 30%.
03:19C'est possible.
03:20C'est ça compensé par l'État ?
03:21Comment vous obtenez ?
03:23C'est un peu comme les hausses de salaire de la compagnie.
03:26Tout le monde dit qu'il faut des hausses de salaire.
03:27Mais ce n'est pas le gouvernement qui déclenche.
03:28Entre le prix de production de l'électricité et le prix de vente,
03:32il y a un gap, un décalage qui est énorme.
03:35Parce que le prix de l'électricité aujourd'hui,
03:37il est calculé sur des cours de bourse du marché européen.
03:41Et il ne correspond pas à la réalité.
03:44On produit de l'électricité pour beaucoup moins cher que le prix de vente.
03:48Donc nous demandons, nous la France, de reprendre la main sur notre production d'électricité,
03:53de baisser fortement les prix d'électricité.
03:55Ça va aider autant les ménages, les Français, que les entreprises, que les communes.
03:59Tout le monde, ça va aider.
04:01Et donc c'est une manière d'accompagner l'économie.
04:04Et puis il faut augmenter les salaires.
04:05Oui mais ça justement, augmenter les salaires, ça ne se déclenche pas.
04:08Ce n'est pas le gouvernement, on n'est pas dans une économie.
04:10Mais justement, mais justement !
04:12Le SMIC va augmenter en raison de l'inflation.
04:14Est-ce que vous savez qu'en l'espace de 5 ans, l'inflation, ça représente 20%.
04:19Il y a eu 20% d'inflation en 5 ans, entre la guerre en Ukraine et la guerre en
04:23Moyen-Orient.
04:2420% d'augmentation.
04:25Le SMIC a augmenté de l'équivalent, puisque le SMIC est indexé sur l'inflation.
04:29Mais les salaires qui sont juste au-dessus du SMIC, ils sont rattrapés.
04:32Ce qui fait qu'aujourd'hui, on a des salariés qui perçoivent moins que le SWIC et qui sont dépassés.
04:38Les petites entreprises sont fragilisées, notamment les PME.
04:41C'est ça le tissu économique.
04:43Eh bien, il y a besoin de renouer.
04:45Là, si on ne fait rien, on va être dans une spirale descendante.
04:48Comment vous faites ?
04:49On va tomber dans une décroissance, une récession.
04:52Il y a besoin de créer de l'activité, de donner à nos entreprises de l'activité.
04:57Relancer l'économie par les salaires, par le pouvoir d'achat.
05:01Je vous ai parlé de baisser les factures d'électricité, bloquer les prix de l'essence,
05:05augmenter les salaires 5% tout de suite pour tous les salaires inférieurs à 2500 euros net.
05:11Indexer les salaires sur l'inflation ou sur le SMIC.
05:14Mais en tout cas, que tous les salaires progressent.
05:16Et en même temps, aider les entreprises.
05:18Quand je vous dis de baisser les factures d'électricité,
05:21quand nous demandons de cibler les êtres aux entreprises,
05:24pas pour les plus grosses, pas pour LVMH et compagnie,
05:27ils ont assez d'argent, ils n'ont pas besoin d'être publics, elles.
05:30Mais par contre, les petites boîtes, on peut les accompagner.
05:33Et c'est ce que nous demandons.
05:34Autre sujet sensible, le projet de loi d'urgence agricole.
05:37Il sera examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée.
05:38Il doit faciliter le stockage de l'eau et les méga-bassines,
05:41ce qui est un sujet de fâcherie pour les écologistes.
05:43Ou encore l'installation de méga-poulaillers avec un allègement des normes,
05:47des obligations, des règles.
05:49Est-ce que vous êtes favorable à ce texte ?
05:51D'abord, je vais attendre que les débats aient lieu,
05:53parce qu'entre les différentes commissions,
05:55les articles qui ont été enlevés, qui vont être redéposés,
05:58moi j'attends de voir à la fin,
06:00et je fais confiance à nos collègues députés pour y travailler.
06:04Il y a un problème de toute façon posé par nos agriculteurs.
06:07Moi je suis venu ici avec la facture que paye une agricultrice,
06:11productrice de lait dans ma commune.
06:14Sa facture de gazole non routier, elle a pris 50% en l'espace d'un an.
06:22En même temps, le prix du lait que Lactalis lui achète, il baisse.
06:26Et bien elle, elle a des difficultés.
06:28Le problème, c'est entre la production d'un produit par des agriculteurs
06:32et la vente dans le commerce, il y a une marge qui est réalisée,
06:37et les agriculteurs ne voient pas la couleur de cette marge.
06:40Nous demandons un mécanisme qui répartit la marge de manière équitable,
06:44que tout le monde puisse gagner quand il travaille dans l'alimentation.
06:48Est-ce qu'il est censé être organisé lors des grandes négociations annuelles ?
06:50Sauf que les lois Egalim qui avaient cet objectif,
06:52et qui est un bon objectif,
06:54et bien cet objectif n'est pas rempli.
06:56Ça manque de transparence,
06:57et ça manque de coercition,
06:59ça manque de punition envers ceux comme Lactalis
07:02qui ne répartissent pas équitablement la marge réalisée.
07:05C'est intéressant, vous avez raison de le souligner,
07:06mais ce n'est pas du tout ma question.
07:08Non mais c'était ma réponse.
07:09Oui c'est ça Georges Marché, on s'en rappelle.
07:11Les méga-poulaillers, le stockage de l'eau,
07:13vous êtes pour ou contre ?
07:15Je suis pour que l'on augmente le nombre de volaillers,
07:18c'est-à-dire qu'on produise plus de poulet dans notre pays,
07:21puisqu'on en consomme plus,
07:22mais on en importe 50%.
07:24Et d'ailleurs, la question ce n'est pas tant ça.
07:27Ce qui m'agace,
07:28c'est qu'on impose des normes
07:30à nos producteurs de volaille,
07:33de poulet,
07:34qui ne sont pas respectées par ceux
07:36qui les élèvent à l'étranger,
07:39et que l'on importe.
07:40Si on impose des normes sévères et fermes
07:43à nos agriculteurs,
07:45il faut faire respecter ces mêmes normes
07:47par ceux qui les élèvent en Pologne,
07:49en Ukraine et compagnie.
07:50Sinon, on ne les importe pas.
07:52Fabien Roussel,
07:53quand on vous insulte,
07:54est-ce que vous tendez l'autre joue ?
07:56Non.
07:56Non.
07:57Je vous pose la question,
07:58parce que Canal+, a décidé de boycotter
07:59les 600 signataires d'une tribune anti-Bolloré,
08:02et a annoncé qu'elle ne travaillera plus
08:04avec les comédiens qui ont signé cette tribune,
08:06Juliette Binoche,
08:07Jean-Pascal Zadis,
08:08Juan Arlo, etc.
08:09Vous l'auriez signée, vous, cette pétition, ou pas ?
08:11Je l'aurais signée,
08:13mais c'était une pétition
08:14adressée à des réalisateurs,
08:16des producteurs,
08:17et la réaction du directeur de Canal+,
08:20c'est une réaction violente
08:21qui porte atteinte à la liberté d'expression,
08:23c'est pas une insulte.
08:25Ces signataires de pétition
08:26n'ont pas insulté Bolloré,
08:29ils contestent juste le fait que
08:31un des principaux financeurs du cinéma français,
08:36qui est aussi le propriétaire de médias,
08:39du groupe Relais, d'éditeurs,
08:42il conteste Bolloré.
08:44On peut dire un positionnement clair
08:45chez CNews, au journal du dimanche, etc.,
08:47mais dans la production cinéma de Canal,
08:48vous voyez un problème ou pas, honnêtement ?
08:51La réaction du directeur de Canal
08:54est un problème.
08:55Pourquoi lui se permet de dire
08:57ceux qui ont signé une pétition,
08:58je ne travaillerai plus avec eux,
08:59je ne les financerai plus ?
09:00Oui, on nous insulte
09:01et on n'a pas de raison de financer
09:02des gens qui nous insultent.
09:03Mais donc, il montre le vrai visage
09:05du groupe Bolloré.
09:06C'est-à-dire que c'est comme ça
09:07qu'il se comporte.
09:08Il suffit qu'on signe une pétition
09:10pour qu'il ne finance plus le cinéma,
09:13bravo, belle réaction,
09:14je trouve ça indigne de sa part.
09:15Il n'a pas de constance
09:18et il perd son sang-froid.
09:20Il y a un dernier sujet
09:21que je voudrais qu'on aborde,
09:21il reste quelques secondes.
09:23On a été mobilisé par des auditrices,
09:24ça concerne une loi adoptée à l'unanimité
09:26il y a quasiment un an et demi
09:27qui concerne la prise en charge
09:28des soins liés au cancer du sein.
09:30L'idée, c'était qu'il n'y ait plus
09:31de reste à charge pour les malades
09:33et pour les femmes qui ont besoin
09:34d'une reconstruction mammaire
09:35ou d'un soutien psychologique.
09:37Un an et demi après,
09:38rien n'a changé.
09:39Pourquoi, Fabien Roussel ?
09:40On a l'impression que les députés
09:41s'amusent à voter des lois
09:43et qu'il ne se passe rien derrière.
09:44Vous avez entièrement raison,
09:46c'est la raison pour laquelle
09:46on lance une pétition ce matin
09:49avec mon collègue Yannick Monnet
09:50et Katia Pourceau
09:51puisque ce texte,
09:53j'en suis à l'origine,
09:54je l'ai défendu à l'Assemblée nationale,
09:56il a été voté à l'unanimité,
09:57il a été promulgué le 25 février.
09:59Il ne se passe rien.
10:00Il a été promulgué il y a plus d'un an,
10:02voter à l'unanimité au Sénat
10:04et à l'Assemblée nationale.
10:05C'est une mesure de justice
10:06que le gouvernement publie
10:08les décrets tant attendus
10:10pour que le reste à charge
10:11des femmes atteintes du cancer du sein
10:14soit balayé
10:15et qu'aujourd'hui,
10:16elles puissent se soigner
10:19sans avoir à débourser.
10:20C'est peut-être la première question
10:21qu'il faudrait poser à Sébastien Cornu
10:22même si ce n'est pas le sujet
10:23de sa conférence de presse jeudi en tout cas.
10:25Merci beaucoup Fabien Roussel.
10:26Disons, vous avez beaucoup maigri,
10:27ça me rappelle un peu François Hollande
10:28avant une campagne électorale.
10:29Ça veut dire que vous êtes candidat ?
10:31Ça veut dire juste
10:32qu'en faisant du sport
10:33et en changeant un peu son alimentation
10:35on perd du poids
10:36et on se sent mieux
10:37et je me sens super bien comme ça.
10:38Et donc, j'aimerais voir
10:38si vous allez répondre à une question
10:39aujourd'hui quand même ou pas ?
10:40C'est candidat ou pas ?
10:41Mais ça n'a rien à voir
10:42avec les élections,
10:42c'est une question de santé
10:43et je me sens super bien.
10:44voilà.
Commentaires

Recommandations