00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti Communiste, maire de Saint-Amant-les-Eaux,
00:07ancien et peut-être futur candidat à la présidentielle, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Roussel.
00:12Bonjour à vous tous.
00:13Le Premier ministre Sébastien Lecornu va donc annoncer après-demain jeudi de nouvelles mesures
00:17pour venir en aide aux Français et aux secteurs professionnels
00:20qui subissent le plus durement la hausse des prix à la pompe.
00:23Ça va se passer lors d'une conférence de presse.
00:24Tiens, si vous y étiez invité à cette conférence de presse,
00:27quelles questions vous poseriez à Sébastien Lecornu ce matin ?
00:30D'abord, je l'alerterai sur le fait que tous les signes aujourd'hui
00:34montrent que la France pourrait rentrer dans une récession profonde d'ici quelques mois.
00:39Et s'il n'y a pas des mesures fortes, profondes à mettre en œuvre,
00:45cette récession frapperait un grand coup sur le porte-monnaie des Français,
00:49sur nos entreprises, provoquerait du chômage, de la pauvreté.
00:53Et donc, nous ne voulons pas ça.
00:55Et au contraire, il faut vraiment un choc aujourd'hui pour pouvoir protéger notre économie,
01:01protéger notre pouvoir d'achat, protéger les emplois.
01:04C'est là que c'est un peu la quadrature du sac, parce que vous dites,
01:06on rentre dans une crise économique qui est sans doute lourde,
01:09ça veut dire qu'il n'y a plus de sous dans les caisses,
01:10et vous demandez des mesures fortes. Comment on fait ?
01:12Alors, je ne dirais pas qu'il n'y a plus de sous dans les caisses,
01:14parce que ça, je ne supporte plus de l'entendre.
01:17De temps en temps, il y a une étude qui montre qu'en Europe, en France,
01:22il n'y a jamais eu autant de millionnaires,
01:24il n'y a jamais eu autant de riches qui ont eu des patrimoines aussi importants.
01:29Donc, l'argent existe en France.
01:31Je dirais même qu'il coûte la flot pour les plus fortunés.
01:34C'est un peu la flot ?
01:34Oui, il coûte la flot, oui, pour les plus fortunés de notre pays.
01:37Il coûte la flot.
01:38On peut comprendre le symbole, mais ce n'est pas quelques riches, quelques milliardaires
01:42qui ont oublié les 3 300 milliards de mètres.
01:44Je sais bien, mais c'est un signe.
01:45C'est un signe qu'aujourd'hui, il y a quand même une partie de la richesse nationale
01:51qui est captée par une minorité.
01:53Et il y a une grande majorité de Français, mais aussi des petites entreprises,
01:57des sous-traitants dans l'automobile, qui n'en peuvent plus et qui sont en train de mourir.
02:01Et donc, il y a un moment donné, il faut savoir où cette richesse que nous créons,
02:05nous la mettons pour pouvoir justement aider l'économie nationale, le pays.
02:09Et donc, il y a besoin de prendre des mesures fortes.
02:12D'abord, la guerre illégale qui a lieu au Moyen-Orient
02:15et qui s'ajoute à celle de l'Ukraine provoque des hausses de prix énormes.
02:19Pas seulement sur le prix à la pompe, à l'essence.
02:22D'ailleurs, les prix...
02:22On en parlait hier sur le BTP, il y a beaucoup de secteurs également.
02:25Le gaz, l'électricité, le plastique, la pétrochimie, etc.
02:28Ça dégringole de partout.
02:30Il n'y a jamais eu autant de défaillances d'entreprises.
02:31Donc maintenant, c'est les emplois qui risquent d'être menacés.
02:33Cette guerre, on l'a subie.
02:34On ne peut pas peser sur cette guerre, ni sur son fonds, ni sur sa fin.
02:37Il faut bouger fortement.
02:39Ce ne sont pas des petits chèques, ce ne sont pas des petites mesures
02:41en disant qu'on n'a pas de sous, on ne peut rien faire.
02:43Mais à force de faire ça, on va mourir.
02:45Ce n'est pas possible.
02:46Donc, il faut agir fortement.
02:48Bloquer les prix, mesures immédiates.
02:50Bloquer les prix de l'essence.
02:51Baisser les prix de l'électricité.
02:53Est-ce que vous savez aujourd'hui qu'on produit beaucoup plus d'électricité
02:58que nous en avons besoin ?
03:00On pourrait la distribuer gratuitement, l'électricité.
03:02Il y a des fournisseurs d'énergie qui le disent.
03:04On ne sait plus quoi en faire.
03:06Mais baissons les factures.
03:07Vous connaissez des entreprises qui travaillent gratuitement ?
03:08Non, je ne dis pas de le faire.
03:12Mais je dis, nous demandons aujourd'hui
03:14de baisser les factures d'électricité de nos entreprises et des ménages
03:18de 30%.
03:19C'est possible.
03:20C'est ça compensé par l'État ?
03:21Comment vous obtenez ?
03:23C'est un peu comme les hausses de salaire de la compagnie.
03:26Tout le monde dit qu'il faut des hausses de salaire.
03:27Mais ce n'est pas le gouvernement qui déclenche.
03:28Entre le prix de production de l'électricité et le prix de vente,
03:32il y a un gap, un décalage qui est énorme.
03:35Parce que le prix de l'électricité aujourd'hui,
03:37il est calculé sur des cours de bourse du marché européen.
03:41Et il ne correspond pas à la réalité.
03:44On produit de l'électricité pour beaucoup moins cher que le prix de vente.
03:48Donc nous demandons, nous la France, de reprendre la main sur notre production d'électricité,
03:53de baisser fortement les prix d'électricité.
03:55Ça va aider autant les ménages, les Français, que les entreprises, que les communes.
03:59Tout le monde, ça va aider.
04:01Et donc c'est une manière d'accompagner l'économie.
04:04Et puis il faut augmenter les salaires.
04:05Oui mais ça justement, augmenter les salaires, ça ne se déclenche pas.
04:08Ce n'est pas le gouvernement, on n'est pas dans une économie.
04:10Mais justement, mais justement !
04:12Le SMIC va augmenter en raison de l'inflation.
04:14Est-ce que vous savez qu'en l'espace de 5 ans, l'inflation, ça représente 20%.
04:19Il y a eu 20% d'inflation en 5 ans, entre la guerre en Ukraine et la guerre en
04:23Moyen-Orient.
04:2420% d'augmentation.
04:25Le SMIC a augmenté de l'équivalent, puisque le SMIC est indexé sur l'inflation.
04:29Mais les salaires qui sont juste au-dessus du SMIC, ils sont rattrapés.
04:32Ce qui fait qu'aujourd'hui, on a des salariés qui perçoivent moins que le SWIC et qui sont dépassés.
04:38Les petites entreprises sont fragilisées, notamment les PME.
04:41C'est ça le tissu économique.
04:43Eh bien, il y a besoin de renouer.
04:45Là, si on ne fait rien, on va être dans une spirale descendante.
04:48Comment vous faites ?
04:49On va tomber dans une décroissance, une récession.
04:52Il y a besoin de créer de l'activité, de donner à nos entreprises de l'activité.
04:57Relancer l'économie par les salaires, par le pouvoir d'achat.
05:01Je vous ai parlé de baisser les factures d'électricité, bloquer les prix de l'essence,
05:05augmenter les salaires 5% tout de suite pour tous les salaires inférieurs à 2500 euros net.
05:11Indexer les salaires sur l'inflation ou sur le SMIC.
05:14Mais en tout cas, que tous les salaires progressent.
05:16Et en même temps, aider les entreprises.
05:18Quand je vous dis de baisser les factures d'électricité,
05:21quand nous demandons de cibler les êtres aux entreprises,
05:24pas pour les plus grosses, pas pour LVMH et compagnie,
05:27ils ont assez d'argent, ils n'ont pas besoin d'être publics, elles.
05:30Mais par contre, les petites boîtes, on peut les accompagner.
05:33Et c'est ce que nous demandons.
05:34Autre sujet sensible, le projet de loi d'urgence agricole.
05:37Il sera examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée.
05:38Il doit faciliter le stockage de l'eau et les méga-bassines,
05:41ce qui est un sujet de fâcherie pour les écologistes.
05:43Ou encore l'installation de méga-poulaillers avec un allègement des normes,
05:47des obligations, des règles.
05:49Est-ce que vous êtes favorable à ce texte ?
05:51D'abord, je vais attendre que les débats aient lieu,
05:53parce qu'entre les différentes commissions,
05:55les articles qui ont été enlevés, qui vont être redéposés,
05:58moi j'attends de voir à la fin,
06:00et je fais confiance à nos collègues députés pour y travailler.
06:04Il y a un problème de toute façon posé par nos agriculteurs.
06:07Moi je suis venu ici avec la facture que paye une agricultrice,
06:11productrice de lait dans ma commune.
06:14Sa facture de gazole non routier, elle a pris 50% en l'espace d'un an.
06:22En même temps, le prix du lait que Lactalis lui achète, il baisse.
06:26Et bien elle, elle a des difficultés.
06:28Le problème, c'est entre la production d'un produit par des agriculteurs
06:32et la vente dans le commerce, il y a une marge qui est réalisée,
06:37et les agriculteurs ne voient pas la couleur de cette marge.
06:40Nous demandons un mécanisme qui répartit la marge de manière équitable,
06:44que tout le monde puisse gagner quand il travaille dans l'alimentation.
06:48Est-ce qu'il est censé être organisé lors des grandes négociations annuelles ?
06:50Sauf que les lois Egalim qui avaient cet objectif,
06:52et qui est un bon objectif,
06:54et bien cet objectif n'est pas rempli.
06:56Ça manque de transparence,
06:57et ça manque de coercition,
06:59ça manque de punition envers ceux comme Lactalis
07:02qui ne répartissent pas équitablement la marge réalisée.
07:05C'est intéressant, vous avez raison de le souligner,
07:06mais ce n'est pas du tout ma question.
07:08Non mais c'était ma réponse.
07:09Oui c'est ça Georges Marché, on s'en rappelle.
07:11Les méga-poulaillers, le stockage de l'eau,
07:13vous êtes pour ou contre ?
07:15Je suis pour que l'on augmente le nombre de volaillers,
07:18c'est-à-dire qu'on produise plus de poulet dans notre pays,
07:21puisqu'on en consomme plus,
07:22mais on en importe 50%.
07:24Et d'ailleurs, la question ce n'est pas tant ça.
07:27Ce qui m'agace,
07:28c'est qu'on impose des normes
07:30à nos producteurs de volaille,
07:33de poulet,
07:34qui ne sont pas respectées par ceux
07:36qui les élèvent à l'étranger,
07:39et que l'on importe.
07:40Si on impose des normes sévères et fermes
07:43à nos agriculteurs,
07:45il faut faire respecter ces mêmes normes
07:47par ceux qui les élèvent en Pologne,
07:49en Ukraine et compagnie.
07:50Sinon, on ne les importe pas.
07:52Fabien Roussel,
07:53quand on vous insulte,
07:54est-ce que vous tendez l'autre joue ?
07:56Non.
07:56Non.
07:57Je vous pose la question,
07:58parce que Canal+, a décidé de boycotter
07:59les 600 signataires d'une tribune anti-Bolloré,
08:02et a annoncé qu'elle ne travaillera plus
08:04avec les comédiens qui ont signé cette tribune,
08:06Juliette Binoche,
08:07Jean-Pascal Zadis,
08:08Juan Arlo, etc.
08:09Vous l'auriez signée, vous, cette pétition, ou pas ?
08:11Je l'aurais signée,
08:13mais c'était une pétition
08:14adressée à des réalisateurs,
08:16des producteurs,
08:17et la réaction du directeur de Canal+,
08:20c'est une réaction violente
08:21qui porte atteinte à la liberté d'expression,
08:23c'est pas une insulte.
08:25Ces signataires de pétition
08:26n'ont pas insulté Bolloré,
08:29ils contestent juste le fait que
08:31un des principaux financeurs du cinéma français,
08:36qui est aussi le propriétaire de médias,
08:39du groupe Relais, d'éditeurs,
08:42il conteste Bolloré.
08:44On peut dire un positionnement clair
08:45chez CNews, au journal du dimanche, etc.,
08:47mais dans la production cinéma de Canal,
08:48vous voyez un problème ou pas, honnêtement ?
08:51La réaction du directeur de Canal
08:54est un problème.
08:55Pourquoi lui se permet de dire
08:57ceux qui ont signé une pétition,
08:58je ne travaillerai plus avec eux,
08:59je ne les financerai plus ?
09:00Oui, on nous insulte
09:01et on n'a pas de raison de financer
09:02des gens qui nous insultent.
09:03Mais donc, il montre le vrai visage
09:05du groupe Bolloré.
09:06C'est-à-dire que c'est comme ça
09:07qu'il se comporte.
09:08Il suffit qu'on signe une pétition
09:10pour qu'il ne finance plus le cinéma,
09:13bravo, belle réaction,
09:14je trouve ça indigne de sa part.
09:15Il n'a pas de constance
09:18et il perd son sang-froid.
09:20Il y a un dernier sujet
09:21que je voudrais qu'on aborde,
09:21il reste quelques secondes.
09:23On a été mobilisé par des auditrices,
09:24ça concerne une loi adoptée à l'unanimité
09:26il y a quasiment un an et demi
09:27qui concerne la prise en charge
09:28des soins liés au cancer du sein.
09:30L'idée, c'était qu'il n'y ait plus
09:31de reste à charge pour les malades
09:33et pour les femmes qui ont besoin
09:34d'une reconstruction mammaire
09:35ou d'un soutien psychologique.
09:37Un an et demi après,
09:38rien n'a changé.
09:39Pourquoi, Fabien Roussel ?
09:40On a l'impression que les députés
09:41s'amusent à voter des lois
09:43et qu'il ne se passe rien derrière.
09:44Vous avez entièrement raison,
09:46c'est la raison pour laquelle
09:46on lance une pétition ce matin
09:49avec mon collègue Yannick Monnet
09:50et Katia Pourceau
09:51puisque ce texte,
09:53j'en suis à l'origine,
09:54je l'ai défendu à l'Assemblée nationale,
09:56il a été voté à l'unanimité,
09:57il a été promulgué le 25 février.
09:59Il ne se passe rien.
10:00Il a été promulgué il y a plus d'un an,
10:02voter à l'unanimité au Sénat
10:04et à l'Assemblée nationale.
10:05C'est une mesure de justice
10:06que le gouvernement publie
10:08les décrets tant attendus
10:10pour que le reste à charge
10:11des femmes atteintes du cancer du sein
10:14soit balayé
10:15et qu'aujourd'hui,
10:16elles puissent se soigner
10:19sans avoir à débourser.
10:20C'est peut-être la première question
10:21qu'il faudrait poser à Sébastien Cornu
10:22même si ce n'est pas le sujet
10:23de sa conférence de presse jeudi en tout cas.
10:25Merci beaucoup Fabien Roussel.
10:26Disons, vous avez beaucoup maigri,
10:27ça me rappelle un peu François Hollande
10:28avant une campagne électorale.
10:29Ça veut dire que vous êtes candidat ?
10:31Ça veut dire juste
10:32qu'en faisant du sport
10:33et en changeant un peu son alimentation
10:35on perd du poids
10:36et on se sent mieux
10:37et je me sens super bien comme ça.
10:38Et donc, j'aimerais voir
10:38si vous allez répondre à une question
10:39aujourd'hui quand même ou pas ?
10:40C'est candidat ou pas ?
10:41Mais ça n'a rien à voir
10:42avec les élections,
10:42c'est une question de santé
10:43et je me sens super bien.
10:44voilà.
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