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  • il y a 7 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Sandrine Rousseau, députée de Paris (Les Écologistes).

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour, Madame Sandrine Rousseau.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être avec nous ce matin.
00:05Avant le Tour de France, la semaine a été quand même marquée par ce fort épisode de canicule sur la France.
00:10Alors on a entendu des partis de gauche, par exemple la France Insoumise,
00:13proposer des solutions comme l'ouverture des piscines gratuites ou l'adaptation du Code du Travail.
00:18On a assez peu entendu les écologistes, pour quelles raisons ?
00:21Et qu'est-ce que vous proposez, vous, dans votre parti, par rapport à ces épisodes récurrents de canicule ?
00:25Alors on l'avait déjà proposé dans des projets de loi de limiter, d'interdire le travail quand il fait au-delà de 40 degrés,
00:35en fait là, de 35 degrés, pardon.
00:37Mais là, en fait, on a été face à un premier épisode qui est devenu insupportable, insupportable pour tout le monde.
00:45Et la question qui nous est posée aujourd'hui, c'est comment nous faisons face à cela, sachant que c'est un début.
00:52Sachant que c'est un début.
00:52C'est la question que je vous pose précisément.
00:54Pour y répondre, il y a une prise de conscience à faire, évidemment.
00:59Il y a des mesures à prendre d'isolation, il y a du rafraîchissement des bâtiments, il y a un plan volé à mettre en place,
01:06il y a la clim dans certaines situations.
01:09Vous ne dites pas non dans certains cas, parce qu'on a toujours un rapport ambivalent entre...
01:13C'est inévitable, mais en dernier ressort, c'est-à-dire qu'il y a vraiment beaucoup de choses à faire avant.
01:17Il y a aussi à aller chercher la fraîcheur du sol par des puits canadiens, par des systèmes de rafraîchissement des bâtiments.
01:23Donc, rafraîchissement, un grand plan rafraîchissement.
01:26En plus, ça crée des emplois, ça crée de l'activité.
01:28C'est urgent.
01:29Mais pour ça, il nous faut de l'argent public.
01:31Pour l'instant, nous ne l'avons pas.
01:32Et puis, à un moment donné, il faut aussi comprendre que c'est notre organisation sociale et notre système économique qui créent ça.
01:37Et donc, il va falloir diminuer les émissions de CO2, vraiment de manière très forte,
01:41parce que sinon, c'est la vie de nos enfants qui est en danger.
01:43On le voit là, aujourd'hui, avec les personnes âgées qui souffrent énormément de la chaleur.
01:48On le voit avec les personnes vulnérables.
01:49Mais demain, ce sont nos enfants.
01:50Il n'est pas encore trop tard, c'est la question qu'on vous pose régulièrement.
01:52Non, il n'est jamais trop tard.
01:53Tous les degrés comptent.
01:54Et là, nous ne pouvons plus...
01:55On peut inverser la tendance ou on peut la stabiliser ?
01:57On peut la stabiliser.
01:58Et c'est très, très important de la stabiliser.
02:00Et maintenant, il faut vraiment faire des efforts extrêmement rapides.
02:03Et pour cela, il faut accepter de changer de logiciel, un peu de réflexion.
02:06C'est-à-dire de se dire qu'on produit trop, on consomme trop, on consomme mal, on produit mal.
02:13Et donc, il faut ralentir.
02:15Il faut ralentir notre machine.
02:16Et pour cela, il faut une volonté politique.
02:18Ça ne va pas être complètement simple.
02:19Enfin, je le dis parce que ce ne sont pas des mesures qui seront toutes faciles à prendre.
02:24Mais on en a besoin.
02:25Juste pour le rafraîchissement, je ne résiste pas à vous demander si vous conseilleriez, par exemple,
02:29parce que ça va être à partir d'aujourd'hui, aux Parisiens, puisque vous êtes députée de Paris,
02:33d'aller se baigner dans la Seine.
02:34Ça va être possible.
02:35Vous, vous le feriez ?
02:36Elle est assez propre pour cela ?
02:37Si la Seine est baignable, parce que ça dépend des jours, on l'a vu pendant les JO,
02:41mais si elle est baignable, évidemment, il faut y aller.
02:43Il faut aller dans les piscines, il faut faire du sport.
02:45Et puis surtout, à un moment, il faut rafraîchir vraiment nos villes.
02:49C'est-à-dire qu'il faut planter des arbres, il faut mettre de la nature dans nos villes.
02:53Moi, je suis dans une circonscription où il y a énormément d'immeubles sans volet.
02:58C'est incroyable.
02:59C'est incroyable qu'aujourd'hui, on n'ait pas un plan volé.
03:01Comment vous avez observé la controverse qui a eu lieu au gouvernement cette semaine
03:06sur le problème des énergies renouvelables,
03:08qui participent à un éventuel frein au réchauffement climatique ?
03:13On a d'un côté un ministre, Bruno Rotaillot, pour ne pas le citer,
03:17qui se prononce contre les subventions, notamment aux énergies éoliennes et photovoltaïques.
03:23Et puis, une autre ministre, Agnès Pannier-Runacher,
03:25qui est tout à fait vent debout contre ces déclarations et qui, je la cite,
03:29dit « la droite et l'extrême droite se servent de l'écologie pour attiser les peurs et fracturer le pays ».
03:33C'est une phrase qui aurait pu être prononcée par vous, ça ?
03:37Mais oui, mais...
03:38On a un gouvernement qui...
03:40En pleine canicule, on a voté des lois climaticides en masse.
03:44On a supprimé les zones...
03:48Enfin, le zéro artificialisation nette.
03:50On a fait un moratoire sur les énergies renouvelables,
03:53heureusement qu'il a été cassé en lecture finale.
03:55On a supprimé les ZFE, alors qu'il fallait sans doute les aménager, mais pas les supprimer.
04:01On a la loi Duplomb qui arrive cette semaine, qui autorise les pesticides.
04:04Il n'y a aucun bilan écologique du président Macron ?
04:05Mais ce n'est pas qu'il n'y a aucun bilan, c'est qu'on est dans du trumpisme, là, en fait.
04:09Il faut bien comprendre que ce qui se passe à l'Assemblée, sous les radars,
04:11de manière très silencieuse, et du trumpisme.
04:14Mais ce que je voudrais dire, c'est qu'on a une dissociation,
04:17on a vraiment un fossé qui se crée entre le monde politique
04:20qui vit sur de vieilles lunes et sur une nostalgie d'une croissance d'après-guerre,
04:27alors que la société est beaucoup plus progressiste.
04:29Là, les gens veulent de l'écologie, en fait.
04:31Les gens, enfin, toutes les études le montrent.
04:33Ils sont très inquiets pour le réchauffement climatique et à raison.
04:36Et en fait, tous et toutes veulent des mesures.
04:37Donc la question, c'est comment on fait des mesures qui soient populaires,
04:41qui permettent à tout le monde d'adhérer, mais là, ils le font.
04:44Et je me dis aussi, il ne faudra pas que des mesures populaires.
04:47C'est-à-dire que l'écologie, à des moments, il va falloir faire des efforts.
04:50Et en fait, c'est une manière de protéger nos enfants.
04:52Donc voilà, comment on crée le débat autour de cela ?
04:56Je crois que les personnes qui ont eu 30, 35, 40 degrés dans leur appartement
05:02comprennent bien que c'est l'absence d'écologie qui est punitive aujourd'hui, largement.
05:05Alors un autre sujet, Sandrine Rousseau, sur l'actualité internationale,
05:10qui percute aussi ce qui se passe en France.
05:13Le Conseil de Paris a l'initiative des écologistes,
05:17auquel vous appartenez à décider de rendre hommage aux victimes civiles de la bande de Gaza.
05:21La tour Eiffel, notamment, sera éteinte pendant une soirée, au-delà du symbole.
05:27Qu'est-ce que vous attendez de cette décision ?
05:29Il est très, très important qu'il y ait des symboles de cette nature
05:33parce qu'il y a eu des massacres de civils,
05:37mais il y a aussi eu un manque d'empathie pour les civils de Gaza
05:40qui ont été tués ces derniers mois.
05:43Et là, qu'il y ait des gens qui, parce qu'ils vont dans des distributions alimentaires,
05:48soient massacrés sur les files d'attente de ces distributions alimentaires.
05:51Non mais je le pose, c'est inadmissible, c'est inhumain, c'est inacceptable.
05:55Donc oui, on va faire un hommage aux civils de Gaza,
05:58et c'est important de le faire.
05:59Et il faut reconnaître l'État de Palestine.
06:01Et j'en appelle à Emmanuel Macron, qui a dit en trois jours,
06:04je reconnais l'État de Palestine,
06:05puis le lendemain, je le reconnaîtrai que s'il y a d'autres...
06:08Il était parti pour le faire avant l'intervention en Iran,
06:10vous savez, puisqu'il devait même se rendre à New York.
06:11En trois jours, il a eu trois positions différentes.
06:14Le premier jour, il a dit, je reconnais l'État de Palestine.
06:16Le deuxième jour, il a dit, je le reconnais,
06:18que s'il y a d'autres pays qui le reconnaissent.
06:20Le troisième jour, il a dit, ben non, en fait,
06:22je ne vais pas le reconnaître tout de suite, je vais attendre un peu.
06:24Donc là, maintenant, il faut reconnaître l'État de Palestine,
06:26parce que c'est l'avenir du peuple palestinien qui est en jeu.
06:29C'est un lien entre la reconnaissance de l'État de Palestine
06:33et, parce que je vous cite, la libération de Boilem Sansal,
06:36l'écrivain franco-algérien qui est détenu arbitrairement en Algérie.
06:40Vous avez dit, il y a quelques jours, j'ai entendu votre déclaration,
06:43qu'il fallait donner des gages à l'Algérie,
06:46puisque cette libération n'a pas lieu,
06:48cette grâce présidentielle attendue n'a pas lieu,
06:51et notamment reconnaître l'État de Palestine.
06:53Quel est le lien entre les deux, excusez-moi ?
06:54Mais la situation s'est tendue avec l'Algérie à partir du moment,
06:58alors ça avait commencé un peu avant,
07:00mais à partir du moment où Emmanuel Macron a dit
07:02que le Sahara occidental allait au Maroc,
07:05et en fait, l'Espagne avait fait la même chose,
07:08et donc il faut re-rentrer en dialogue avec l'Algérie.
07:11Et je sais que pour l'Algérie, un des sujets,
07:13c'est la protection du peuple palestinien,
07:15et aujourd'hui, force est de constater que la situation
07:18dans laquelle se trouve la Palestine,
07:20où on est quand même dans une situation génocidaire,
07:23il faut que la France porte toute sa voix là-dessus.
07:27Et je sais que ce mot « génocide » peut gêner certaines personnes,
07:29mais je le dis aujourd'hui,
07:31compte tenu du fait que la...
07:32Permettez-moi de vous poser une question.
07:34Non, je vous en prie.
07:35Mais parce qu'il nous reste un peu de temps
07:37dans ce contexte de mots employés
07:39et de tensions que cela génère aussi en France,
07:42il y a une montée indiscutable de l'antisémitisme en France,
07:46et pourtant vous, Mme Rousseau,
07:47vous avez refusé de voter,
07:49parmi quelques autres députés,
07:5186 au total,
07:52une loi proposant de plus lutter contre l'antisémitisme à l'université.
07:58Pourquoi ce refus que vous avez fait cette semaine ?
08:00Parce que dans cette loi,
08:02il y avait des sanctions supplémentaires
08:04pour la lutte contre les propos antisémites,
08:07et ça c'était absolument indispensable,
08:09et je le dis,
08:09il y a un problème d'antisémitisme,
08:11et une montée de l'antisémitisme
08:12qui doit être davantage sanctionnée,
08:14mais il y avait aussi dans cette loi
08:16une forme d'interdiction de manifester,
08:18et au nom de nos libertés publiques,
08:21nous ne pouvons pas empêcher des étudiants de manifester,
08:24et cette loi a porté deux choses contradictoires.
08:27Il y a quand même des députés écologistes qui ont voté pour cette loi.
08:29Oui, et c'est pour ça que notre groupe a été divisé,
08:32et je le dis,
08:32je veux que les universités soient plus fermes
08:34sur la sanction de l'antisémitisme,
08:36je veux aussi qu'il y ait une garantie
08:38de la liberté de manifestation
08:40des étudiants sur les campus,
08:42parce que c'est très important,
08:44c'est un lieu de débat intellectuel,
08:46c'est un lieu d'émancipation,
08:48et les campus doivent rester des zones de liberté.
08:50Vous regarderez le Tour de France, rien à voir ?
08:52Je regarderai le Tour de France, oui.
08:53Vous n'êtes pas comme Grégory Doucet,
08:54le maire de Lyon,
08:55qui avait dit que c'était un événement machiste
08:58et peu éco-responsable il y a quelques années ?
09:00La réalité est que le Tour de France
09:02a fait des progrès depuis ses déclarations,
09:04et qu'en fait ses déclarations étaient très utiles,
09:06à la prise de conscience du caractère très carboné,
09:09finalement, de cette compétition.
09:12Donc oui, je regarderai, pas tous les jours,
09:14je regarderai un peu de moins, mais je regarderai.
09:16Merci beaucoup Sabrine Rousseau, députée,
09:17les écologistes de Paris, c'est la suite de Télémata.
09:19Sous-titrage Société Radio-Canada
09:20...
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