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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:00– Bonjour à tous, bonjour Éric Cochrane.
00:03– Merci d'être avec nous ce matin.
00:05L'actualité est toujours dominée par la flambée sur les prix du carburant,
00:08déclenchée par la guerre en Iran.
00:10L'entendait dans le journal de 8h,
00:12Roland Lescure, le ministre de l'économie,
00:13propose une sorte de pré-flash carburant,
00:16c'est comme ça qu'il l'appelle,
00:18destinée à aider dans l'urgence les professions les plus touchées,
00:21notamment les pêcheurs, les agriculteurs, les routiers.
00:23Qu'en pensez-vous ?
00:24– Tout ça c'est des rustines et des diversions.
00:26– Bon, moi je pense que la solution elle est double.
00:30D'abord, permettez-moi de le dire, à moyen et à long terme,
00:33ça passe par la décarbonation, donc une bifurcation écologique,
00:37la fin de cette guerre illégale, les questions d'approvisionnement.
00:40Et à court terme, je ne vois pas pourquoi ce serait la collectivité,
00:44donc l'État ou les consommateurs qui paieraient le coût de cette guerre.
00:47Et donc nous ce que nous disons c'est qu'il faut bloquer les prix,
00:51il y a un article du Code de commerce qui le permet,
00:55le L210-2, je veux être exact,
00:57qui a déjà été utilisé au moment de la guerre du Golfe,
01:01qui a été utilisé en Guadeloupe,
01:03qui a été utilisé pour d'autres produits au moment du Covid,
01:05et pour que ce soit, j'allais dire, qu'on cible ceux qui vont payer,
01:10de bloquer les marges, et en l'occurrence les marges des raffineurs.
01:12– Les marges des raffineurs, qu'on comprenne bien,
01:14quand vous dites bloquer les prix, c'est aussi moins de recettes pour l'État.
01:17Là, le ministre David Amiel disait hier, excusez-moi,
01:21270 millions de recettes supplémentaires, un surplus donc,
01:24qu'il propose, enfin que son collègue Roland Lesture propose en partie
01:27de redistribuer via ses préclages.
01:29– Alors ce n'est pas moins de recettes de l'État pour une situation dite normale,
01:32ce n'est pas plus de recettes pour l'État.
01:34– Mais vous contestez ces recettes pour l'État qu'il faudrait,
01:37quand vous dites que ce n'est pas la collectivité de payer ?
01:39– Et nous, on ne demande pas, contrairement par exemple au Rassemblement National,
01:44de baisser la TVA ou les assises,
01:47ce qui ferait en sorte de pénaliser le budget de l'État.
01:49Ce que nous demandons, c'est bloquer.
01:50Alors évidemment, si vous bloquez, l'État ne fait pas de bénéfice.
01:53Mais vous savez, sur ces 300 millions d'euros annoncés hier,
01:56qui sont bien loin de ce qu'avait dit M. Lecornu la veille,
01:59où il prétendait que ça pouvait permettre l'électrification du pays,
02:02alors qu'il faudrait des dizaines de milliards,
02:04ces 300 millions d'euros, en réalité, malheureusement,
02:06ils sont déjà compensés, c'est-à-dire l'État ne va pas en bénéficier.
02:09Il y a déjà 130 millions d'aides à travers les mécanismes dont vous avez parlé.
02:13Il y a 300 millions par mois qui se perdent,
02:15puisqu'il y a les taux d'intérêt augmente du fait de la guerre.
02:17Et puis, il y a le fait que les gens vont moins consommer d'autres produits,
02:20donc la TVA va baisser par ailleurs.
02:22Donc l'État ne fait pas de bénéfice là-dessus.
02:23– Donc quand vous dites que les raffineurs, qu'on vous comprenne bien,
02:25c'est par exemple Total, mais qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
02:27Prendre plus de bénéfices ?
02:29Quelle est la méthode que vous préconisez ?
02:31– Très clairement, c'est qu'on bloque les prix là où ils sont,
02:35ce qui fait que Total fera moins de bénéfices.
02:36– Total bloque déjà ses prix, vous le savez,
02:37les carburants sont en dessous de 2 euros.
02:40– Total vient de mettre, ce mois-ci, de faire 1 milliard de bénéfices,
02:45parce que le paradoxe, c'est que cette guerre, pour l'instant,
02:47profite aux entreprises qui sont d'entreprises pétrolières.
02:51L'an dernier, Total, c'est 12 milliards de bénéfices,
02:53c'est la deuxième entreprise au niveau du CAC 40.
02:56Donc je pense que c'est à eux, pour l'instant, d'absorber le choc.
03:00Évidemment, c'est sur des situations d'urgence,
03:02en attendant d'arrêter ces guerres illégales.
03:04– On en vient à un autre sujet,
03:06l'appel pour la marche contre le racisme,
03:08qui aura lieu aujourd'hui à 14h devant la mairie de Saint-Denis,
03:11notamment pour, en particulier, même pour soutenir Bally Bagayoko,
03:15qui a été victime, le maire LFI de Saint-Denis,
03:17qui a été victime de propos racistes.
03:19Monsieur Coquerel, est-ce que tout le monde est bienvenu dans cette manifestation ?
03:22On sait qu'il y aura les personnalités de gauche,
03:24tous les leaders de LFI, mais aussi Olivier Faure, Marine Tondelier.
03:27Est-ce que si une personnalité macroniste ou de droite
03:30vient se présenter à cette manifestation, elle sera bien accueillie ?
03:33– Écoutez, tous les gens qui veulent lutter contre le racisme sont bien accueillis.
03:36Maintenant, c'est clair que les gens qui ont entretenu ce climat
03:40avant les propos de CNews que vous imputez,
03:43qui sont effectivement clairement racistes,
03:45j'allais dire, à mon avis, s'ils viennent,
03:49ils vont faire un peu profil bas.
03:51Pourquoi ? Parce qu'il y a eu un climat qui a été installé.
03:53Le climat qui a été installé, c'est qu'aussitôt que M. Bali Bagayoko
03:57a été élu au premier tour,
03:59mais aussitôt que des collègues à lui ont été élus dans les villes populaires
04:02qui représentent ces villes.
04:04C'est-à-dire les gens qui, depuis très longtemps, sont invisibles,
04:07sont passés là tout d'un coup au stade de visible.
04:10Vous remarquerez qu'il y a eu des réactions qui les discriminent
04:12de la part de responsables politiques,
04:14de la part du gouvernement,
04:15qui a dit que M. Bali Bagayoko disait des choses sur les fonctionnaires
04:17qu'il n'avait absolument pas dites.
04:19– Alors, je me permets juste, j'ai écouté attentivement précisément
04:22sur ce que vous dites, une réponse que vous avez faite à Sébastien Lecornu,
04:25où vous dites que M. Bagayoko serait plus attaqué
04:29parce que s'il avait la peau blanche,
04:33il ne subirait pas les mêmes attaques.
04:34– C'est comme les maires d'Aubervilliers, de Blanc-et-Nile,
04:36je vais vous donner deux exemples.
04:37– Vous prétendez qu'il y ait des arrière-pensées racistes,
04:40y compris dans les attaques du gouvernement,
04:41contre la politique de M. Bagayoko.
04:44– Mais c'est quand même une accusation assez grave que vous faites.
04:47– C'est grave, et je la réédite,
04:48quand vous traitez de manière différente des gens
04:50en fonction de leur couleur de peau
04:52et aussi un peu de leur appartenance politique,
04:54parce qu'on voit bien que L.F.I. est toujours la signe,
04:57mais principalement au niveau de leur couleur de peau
04:58et de leur appartenance sociale,
05:00parce que le côté de invisible, de non visible,
05:03c'est les deux, en réalité, qui s'ajoutent pour les maires
05:05des villes populaires.
05:07Eh bien, quand vous les traitez différemment d'autres,
05:09ça veut dire quelque part que c'est quand même la base,
05:11à un moment donné, de la définition du racisme.
05:13– Donc vous pensez qu'il n'aurait pas été attaqué
05:15s'il avait été bon, M. Bagayoko ?
05:17– C'est un maire qui explique à des journalistes
05:20qu'il entend que les fonctionnaires de la mairie
05:22appliquent la politique pour laquelle il a été élu.
05:24– Sans quoi ils partent, c'est ce qu'il a dit, plus ou moins.
05:27– Sans quoi, s'ils ne veulent pas l'appliquer, ça c'est normal,
05:29c'est à peu près la fonction de problème,
05:30et qui tout d'un coup se voit transformé
05:32en sélectionnant les fonctionnaires sur leur opinion,
05:33ce qu'il n'a jamais dit.
05:35Je trouve qu'on a fait une tempête dans un verre d'eau
05:37et que cette tempête, elle a été voulue par le membre du gouvernement.
05:40Quand on accuse des maires et leur soutien
05:44d'avoir fait des huées le soir des élections,
05:47alors que partout, malheureusement, cela se passe en général,
05:50bien sûr, et quand des journalistes disent,
05:53trafiquent les propos de M. Bagayoko,
05:55qui avait parlé de Saint-Denis comme la ville des rois morts
05:58et du peuple vivant, disant qu'il a parlé de la ville des Noirs,
06:00bon, ils sont excusés après,
06:02je trouve qu'on les traite de manière différente.
06:03– M. Correl, ici même à votre place,
06:05Aurore Berger, la ministre en charge de la lutte contre les discriminations,
06:08disait hier, je la cite, qu'elle jugeait les propos
06:10contre M. Bagayoko, insupportable, indigne,
06:13qu'il devrait révolter chaque Français, chaque Républicain.
06:15– C'est bien, elle a eu une semaine pour réagir
06:16alors qu'elle est ministre contre les discriminations,
06:18mais par contre, ça a été une de celles qui a attaqué M. Bagayoko.
06:20– M. Nunez avait réagi lui aussi,
06:22et Sébastien Lecornu également,
06:24donc qu'est-ce que vous ne faites pas un petit peu un projet d'intention
06:25sur le racisme supposé du gouvernement ?
06:28– Bien sûr, ça serait bien mieux si M. Nunez n'avait pas allumé la flamme
06:30en étant le premier à mettre cette question de M. Bagayoko fausse
06:35à partir d'un site d'extrême droite sur la question des fonctionnaires,
06:37et si Mme Orberger n'avait pas embrayé tout de suite,
06:40je crois que c'était même…
06:41– Mais là, vous entendez ses propos, néanmoins.
06:43– Au bout d'une semaine, c'est peut-être un peu normal
06:45qu'elle réagisse quand on compare M. Bagayoko à un grand singe
06:48et la ville de Saint-Denis à une tribu primitive.
06:50– Une dernière question.
06:51– Ce qui devrait amener à fermer ces news, je le dis,
06:53parce que c'est insupportable.
06:55– C'est ce que demande aussi le maire de Saint-Denis.
06:57– Une autre question, je reprends une formule
07:00que vous avez mise également sur vos réseaux sociaux,
07:03je soutiens Rima Hassan.
07:05Lorsque vous dites je soutiens Rima Hassan,
07:07est-ce que vous soutenez tout ce qu'elle défend,
07:09y compris dans le tweet retiré mais controversé,
07:12où elle reprend les mots du terroriste japonais Kozo Okamoto,
07:16qui était responsable en 72 d'un attentat qui avait fait 26 morts.
07:21Est-ce que vous, vous auriez repris ces mots-là ?
07:23Est-ce que ça veut dire que vous soutenez cela aussi ?
07:25– Je soutiens Rima Hassan qui est en but
07:28à une persécution politico-judiciaire.
07:31Rendez-vous compte qu'il y a 16 plaintes
07:33qui ont été déposées souvent par des lobbies pro-israéliens,
07:37il y en a 13 qui sont déjà classées sans suite,
07:39c'est juste le fait de le déposer et qu'on en parle qui fait le bruit.
07:41– Mais elle va être poursuivie pour apologie du terrorisme,
07:44est-ce que c'est justifié ou pas ?
07:45– Eh bien je vous réponds, sur le fait d'un tweet,
07:48on l'a poursuit pour ça,
07:49donc je pense que j'espère en la justice
07:51que tout ça va se terminer là aussi
07:53par quelque chose qui sera évacué.
07:56Pendant ce temps-là, vous remarquerez
07:57qu'on demande à Mme Rima Hassan de faire ça,
08:00mais ça ne pose problème à personne
08:02que le porte-parole de l'armée israélienne,
08:04qui est le porte-parole d'un gouvernement
08:06dont le chef de l'État est recherché
08:08pour crime contre l'humanité,
08:10crime de guerre,
08:11et même sur un génocide en cours,
08:13ça ne gêne personne que là,
08:14vous jugez la procédure judiciaire,
08:15je vous demandais juste si vous souteniez le tweet.
08:18– Vous remarquerez qu'il y a deux points de mesure
08:20dans la manière de faire,
08:21mais c'est vrai que Mme Rima Hassan
08:22est pro-Palestinienne et Calais est l'ÉFI,
08:25donc c'est deux problèmes pour le système.
08:27– Merci Éric Coquerel, député,
08:28donc elle est fille de Seine-Saint-Denis
08:29et président de la commission des financiers
08:30à suite de Télématins.
08:31– Merci.
08:31– Merci.
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