- il y a 9 minutes
Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:28Maggi
00:42Maggi
00:45Maggi
00:47Maggi
00:47Maggi
00:48Maggi
00:49Maggi
00:50Maggi
00:50Maggi
00:52Pousse France
00:55Chère fille
00:57de mon enfance
01:01Bercé
01:01de tendre
01:04asouciance
01:05Je t'ai gardé
01:07dans mon caille
01:09Maman ! Oh, Caro, c'est
01:11impardonnable. Mais enfin, ça ne te regarde pas.
01:12Comment, comment ça ne me regarde pas ?
01:14C'est moi qui serai avec lui, non, c'est pas toi, t'aurais un peu tendance
01:16à l'oublier. De toute façon, j'ai plus envie de discuter ça,
01:18ça vaudra mieux. Tu veux rire ? On va en parler
01:20tout de suite.
01:23Douce trance
01:25Maggi de ma souffrance
01:26Oh, mais je vous en prie, Rose, arrêtez de chanter, ça m'énerve.
01:31Eh bien, quand vous arrêterez de crier ?
01:33C'est vrai, ça, parce qu'après tout le quartier,
01:35il me pose des questions sur ce qui se passe ici.
01:37Ah oui, qu'est-ce qui se passe ici ?
01:40Ici, maintenant ?
01:41Eh bien, comme d'habitude, ça change pas.
01:43Vous vous mêlez de ce qui vous regarde pas.
01:45Voilà ce qui se passe.
01:46Merci, Rose. Tu vois, Rose est de mon avis.
01:48Oh non, mais de quoi je mêle, enfin ?
01:50Ma fille sort avec un type de 60 ans et il faut que je me taise ?
01:53Mais qu'est-ce que vous diriez, vous, si ça arrive à votre fils ?
01:56Oh, dites-moi Maggi, apprenez que mon fils, il sort pas avec des hommes de 60 ans.
02:01Il ne manquerait plus que ça, je lui tord le cou, moi.
02:04Bon, eh bien, si ça vous dérange pas, je vais sortir les poubelles.
02:08Eh, c'est vrai, ça.
02:10Les voisins, ils s'impatientent.
02:12Ils voudraient bien savoir pourquoi vous faites tout ce... ce check-là-là.
02:16C'est vrai, tu veux toujours des drames pour rien.
02:19Pour... pour rien ?
02:19Non, mais en fait, tu sors avec un vieux satire et tu appelles ça rien ?
02:24Oh, si j'avais pas besoin de ce couteau pour le rôti, je... je m'ouvrirais les veines avec.
02:27D'abord, il n'a pas 60 ans, maman, il a ton âge.
02:30Caro, n'insulte pas ta mère.
02:33Ce sale type faisait déjà la sortie des écoles que j'étais même pas née.
02:35Oh, t'exagères pas ! En plus, il arrive dans 5 minutes et j'ai même pas fini de me
02:39préparer.
02:40T'inquiète pas, va, à son âge, il s'en rendra même pas compte.
02:43Mais comment veux-tu discuter avec toi ?
02:45Je veux dire discuter normalement de choses normales.
02:48Eh bien, pour l'instant, je discute normalement de choses anormales.
02:52Tiens, Rose !
02:52Oui ?
02:53Qu'est-ce que vous diriez si votre fils sortait avec une femme de mon âge ?
02:58Hé hé hé hé !
02:59Pourquoi ?
03:00Vous avez des bus sur lui ?
03:03Non.
03:04Parce que ma fille s'est choisi un petit ami qui pourrait être sa mère.
03:08Et alors, Mme Maggie ?
03:09Mais vous en faites pas, justement.
03:12Enfin, vous devriez être rassurés, au contraire.
03:14À cet âge-là, un homme c'est plus très dangereux.
03:17Faut lui mettre beaucoup de harissa dans le couscous.
03:20Ha ha ha !
03:20Enfin, si vous voyez ce que je veux dire.
03:22Ha ha ha !
03:23Très, très drôle.
03:24On pourrait peut-être appeler Mélie Grégoire ou faire un sondage ?
03:27Mais enfin, écoute, mais...
03:28Pourquoi tu m'as caché que tu sortais avec lui ?
03:30Enfin, pourquoi tu m'en parlais pas ?
03:32Enfin, parce que je savais que tu en ferais une maladie.
03:34Une maladie ?
03:35Tu veux dire que je suis à l'agonie, oui.
03:38Ma fille.
03:39Mon unique enfant souffre.
03:41Tu nous lâches avec ton plan Mercourage.
03:43Autant que si tu réagis comme ça, c'est pas pour moi, hein.
03:46Ah, c'est pour qui alors ?
03:46Mais, uniquement parce que mon petit ami est un de tes anciens petits amis.
03:50Mais, enfin, mais Caro, ça n'a rien à voir.
03:53Mais, absolument rien.
03:54Mais, presque rien.
03:56Oh, oh, oh, oh, oh !
03:57J'ai bien entendu.
03:59Le petit ami de Mlle Caro, c'est l'ancien de Mme Maggie.
04:04Oh, oh, oh, oh.
04:04Eh bien, dans cette maison, c'est plus libéré qu'on est.
04:08C'est déchaîné.
04:09Bon.
04:10Alors, les dossiers de l'écran, vous finissez ça sans moi,
04:12parce que moi, le standard a sauté, hein.
04:14Caro, reste ici.
04:17Maman, ça suffit, on a tout dit, hein.
04:19Très bien, très bien, très bien.
04:20Je n'insiste pas.
04:21On parle d'autre chose.
04:22Allez, on parle d'autre chose.
04:23Tiens, donne-moi une raison.
04:24Une seule pour sortir avec un vieux pervers de 65 ans.
04:27Maman.
04:28Pardon, 70 ans.
04:29D'abord, ça n'est pas un vieux pervers.
04:30C'est un grand écrivain.
04:32Il est drôle, il est séduisant.
04:33Et chose de plus en plus rare à notre époque,
04:35il est plein d'attention.
04:37Bon, attention.
04:38Moi, je te dis attention.
04:39Je connais ce type.
04:40Et je peux te dire qu'il n'aime qu'une seule chose au monde.
04:42Et c'est lui-même, maintenant.
04:44Si tu veux faire ton malheur et celui de ta mère.
04:46Maman, j'ai 27 ans et il me semble que je suis assez grande.
04:49Oui, parfaitement.
04:50Tu as 27 ans et lui va sur les 80.
04:52Et bien, je trouve ça obscène, pervers, dégoûtant.
04:56Obscène, pervers et dégoûtant ?
04:57Ah, ben, dis-donc, si c'est un film, il ne faut pas manquer ça.
04:59Tu vois, hein.
05:00À cet âge-là, ben, tu vois, ils sont tous les mêmes.
05:02Qu'est-ce que j'ai encore fait, moi ?
05:03Rien.
05:04Justement, tu n'as rien fait.
05:05Tu ne penses qu'à voir des films porno,
05:07alors que ma fille est au bord du suicide.
05:10Ah bon ?
05:11Oh, ben, tu me rassures, dis-donc.
05:13Enfin, genre.
05:15Je te dis que ma fille sort avec un type de 70 ans
05:18et j'ai tout ce que tu trouves à dire.
05:20En plus, il en fait bien 30 de moins, ce vieil hypocrite.
05:24Alors, d'abord, il n'a pas 70 ans
05:26et ensuite, je n'ai jamais vu une femme
05:27qui fasse vieillir les hommes aussi vite que toi.
05:29Oh, ben, ça, c'est bien vrai.
05:31Tiens, regarde-moi.
05:32Quoi ?
05:33Qui c'est ce Pierre-François qui est la terreur des vieilles mamans ?
05:38Pierre-François d'Amécourt.
05:40Oh, dis-donc.
05:41L'écrivain ?
05:41Oui, l'écrivain.
05:42L'écrivain.
05:43Je peux te dire que ce type est obsédé par une chose,
05:46mais ce n'est pas la littérature.
05:49Ben, heureusement pour Caro,
05:51parce que dis-donc, j'ai lu trois pages de l'huile
05:53et je me suis endormi tout de suite.
05:55Ah, ça, c'est efficace.
05:56Ça vaut mieux que toutes les pilules de la Terre.
05:59Evidemment, ce n'est pas l'équipe.
06:01Bon, il arrive, moi, je vais finir ma bille.
06:02Oh, et puis, tu ne sais pas, Georges.
06:05Ce scribouillard passe à l'apostrophe ce soir.
06:07Alors, vous avez été l'occasion jamais
06:08d'en mettre plein la vue à Caro.
06:10Et bien sûr, elle est tombée dans le panneau.
06:13Oui, oui, oui.
06:14Il me semble que je ne suis pas la première.
06:16Hein ?
06:17Et que ce scribouillard, comme tu dis, son style,
06:19ne te plaisait pas quand tu lisais encore.
06:21Hein ?
06:21Alors, si tu es jalouse...
06:23Jalouse ?
06:24Mais de quoi vous parlez, là ?
06:26Ah, parce que...
06:27T'es pas au courant ?
06:28Oh, mais maman va se faire une joie de te raconter tout ça.
06:31Mais de quoi je ne suis pas au courant ?
06:33C'est rien.
06:34C'est des bêtises.
06:35Des histoires de femmes.
06:36Ça ne t'intéresserait sûrement pas.
06:37C'est...
06:38Mais si, mais si.
06:39Moi, je suis si rencontrée.
06:40Parce que ça va passionner Georges
06:41de savoir qu'avant de te rencontrer,
06:43maman trouvait les romanciers.
06:45Très romantiques.
06:48Dans mes cours et toi, vous...
06:51Enfin, non...
06:52Mais enfin, vous savez, c'est tellement vieux.
06:54Et puis, ça n'a duré que six mois.
06:56C'est tout petit.
06:57Ah oui.
06:58Alors, en somme, tu es sortie avec le Jules de ta fille.
07:00Ah non, pardon.
07:01Oh, alors là, je ne te laissera pas dire ça.
07:03Non, non, non.
07:03C'était mon type.
07:06Mon Jules ?
07:07Ah bon ?
07:07Ah oui.
07:08Là, je suis bien content de le savoir
07:09parce que moi, j'ai toujours cru que ton Jules, c'était moi.
07:11Ah non, non, je suis rude.
07:13Enfin, Georges.
07:15Oh, c'est ridicule, non.
07:17Tu sais, c'était fini avec lui
07:18bien avant que ça commence avec toi.
07:20Et puis, là, n'est pas le problème.
07:22Quand j'étais avec lui, on avait le même âge.
07:24Toi et moi, on a le même âge.
07:26Mais eux ?
07:27Enfin, il a 30 ans de plus qu'elles.
07:29Alors, qu'est-ce que tu dis d'un type qui fait ça, toi ?
07:33Ben, moi, je dis que c'est un sacré vénère.
07:37Georges.
07:41Maman, ça doit être lui.
07:43N'oublie pas que vous étiez de vieux amis.
07:45Oui, oui, ne t'inquiète pas, ma chérie.
07:46Quoi que je puisse penser de ce monsieur,
07:48il sera reçu ici avec beaucoup,
07:50mais beaucoup de sincérité.
07:52Maggie.
07:53Ah, Pierre-François, mon Dieu.
07:57Alors, écoute, j'ai quelque chose à te dire.
08:00Ma fille fait ce qu'elle veut.
08:01Elle est majeure et vaccinée.
08:04Alors, maintenant, tu vas la quitter
08:05et on n'en parle plus.
08:07Maggie, ma petite Maggie,
08:09comme tu es mignonne, tu n'as pas changé.
08:10Toujours cet humour en demi-teinte.
08:13Toujours cette légèreté.
08:14Mais dis donc,
08:16tu étais moins petit autrefois.
08:18Non, mais tu t'es assez, non ?
08:20Ah non, 1m72, comme d'habitude.
08:22Ah oui, alors, permets-moi.
08:23Georges, permets-moi de te présenter
08:25Pierre-François d'Amécoux.
08:27Georges Boissier, mon mari.
08:29Condoléances.
08:29Vous savez, on s'y fait, on s'y fait.
08:32Très drôle, vraiment très drôle.
08:33Dis-moi, Pierre-François, vous boirez bien quelque chose ?
08:36J'ai un vieux scotch de 12 ans d'âge.
08:38Avec plaisir, Georges.
08:42Je crois qu'il préfère les choses de 27 ans d'âge.
08:45Enfin, il en est 12 ans, c'est déjà vieux.
08:48Ce qui advient avec Maggie,
08:50c'est qu'elle met tout de suite le monde à l'aise.
08:51Oui, mais soyez à l'aise.
08:54Restez assis.
08:57Georges, il faut absolument que tu mettes un terme à cette histoire.
09:00Il faut sauver Caro.
09:01Bon, il faut la sauver, la sauver.
09:03Il faut d'abord qu'elle soit en danger.
09:06Ah, Pierre-François.
09:08Vous allez me goûter cette merveille.
09:11Oui, avec plaisir.
09:14Sacré personnage votre femme, Georges.
09:17Très Madame Verdurin, vous trouvez pas ?
09:19Ah, vous êtes proustien, Pierre-François ?
09:21Oui, je serais plutôt...
09:23Hugoïste, vous voyez.
09:24Ah oui, ça, égoïste, sûrement.
09:27Bon, Hugo Phil, si tu préfères.
09:29Ah, quel poète.
09:31Avec ou sans hélas, non, non.
09:33Après, Hugo, on peut plus rien écrire.
09:35Non, non, n'écrivez plus rien, non, non.
09:36Et surtout, c'est ce que je voulais dire,
09:39c'est un bonhomme tellement extraordinaire,
09:41une telle pointure, une telle...
09:43Neuf fois le soir de ses noces.
09:46Et à 80 ans, il assurait encore comme un chef.
09:48Ah, quelle santé, hein.
09:5180 ballets, vite donc, hein.
09:54Ça nous laisse combien de temps devant nous, ça, Georges ?
09:57Six mois, avec sursis.
09:59C'est toujours bon à prendre,
10:00si c'est six mois de bonheur avec ma petite Caroline.
10:03Ah, Caroline, mon amour, ma chérie, te voilà que tu es belle.
10:07Ma Vénus de Milo.
10:09Avec deux bras.
10:10Avec deux bras, autour de mon cou, circonstance aggravante.
10:14Comment tu trouves ma robe ?
10:16Formidable, formidable.
10:18Je peux vraiment dire que tu es le chic pour tes robes et pour tes amants.
10:21Une seconde, je vais embrasser mon fils et je suis à toi.
10:24Va, m'amuse.
10:29Ah, Georges.
10:30Oui ?
10:30Je crois discerner dans votre œil que ma tenue vous interpelle.
10:35Pardon ?
10:37Ben, disons, d'une façon plus proche du vécu, qu'elle vous intrigue.
10:43Ah, non, non, non, pas du tout, je trouve très bien votre tenue.
10:46Non, simplement, je pensais qu'à nos âges, il faut être courageux pour s'habiller comme ça.
10:50Ah oui, alors ça, c'est une flèche empoisonnée.
10:53Ça, c'est Maggie qui est en train de déteindre.
10:55Non, ben, voyez-vous, j'ai mis cette tenue pour passer exceptionnellement ce soir, apostrophe.
11:00Voilà.
11:02Et on n'avait pas été sans remarquer que je porte sur moi les signifiants vestimentaires immédiatement décodables.
11:13Ouais, dominateur, non, dominant, aventurier, mais pas marginal.
11:19Potable, mais imbuvable.
11:22Ce qu'on arrive à lire quand même avec un vieux pantalon et une vieille liquette.
11:25Mais non, c'est ce qu'on appelle le look, ça, maintenant.
11:28C'est pas une question de panoplie, c'est une question d'attitude vis-à-vis de soi-même.
11:33Hum.
11:34Et voyez-vous, mon attitude personnelle...
11:36C'est pédant et narcissique.
11:38Ha, ha, ha.
11:38Si c'était possible, tu te serais marié avec toi-même.
11:41Pourquoi pas ?
11:43Alors, bon, écoute.
11:44Maintenant, parlons de quelque chose qui intéresse tout le monde.
11:46Caro et toi.
11:47Ah, et ben voilà, c'est ça.
11:48Parlons sérieusement.
11:50Parce que c'est sérieux.
11:51Oui.
11:51Très sérieux.
11:53Voilà, ma chère Maggie, je crois que j'ai trouvé enfin la femme de ma vie.
11:57Et cette femme, c'est Caroline.
11:58Mais oui, je ne suis plus le solitaire poète.
12:02Orphée a trouvé son Eurydice.
12:04Oh, oh, oh, oh, oh.
12:05Alors là, dis-moi, je dois rire ou pleurer ?
12:08Eh ben, en tout cas, moi, je me marre.
12:10Tu vas rigoler encore plus quand tu sauras que c'est grâce à toi que je la connais.
12:13Ah ben, alors là, là, c'est à mourir de rire.
12:15Eh ben, meurs, ma chérie, meurs.
12:17Voilà.
12:17Alors, je raconte.
12:19J'étais en Californie où j'étais, soit dit en passant,
12:21j'étais allé donner quelques petites conférences à Berkeley.
12:25Et alors, je voulais avoir des nouvelles de toi.
12:27Je vais être en adresse.
12:28Oh, oh, oh, oh.
12:29Je rigole, rigole.
12:30Je téléphone.
12:32J'ai Caroline au téléphone qui me dit que vous étiez parti,
12:35ton mari et toi, en vacances.
12:37On sympathise.
12:38Et comme ça, machinalement, ça s'est fait tout seul.
12:40Je l'invite à dîner.
12:41Oh, dis-donc.
12:43Que c'est que le hasard quand même ?
12:44Parce que vous auriez téléphoné en semaine et dans la journée.
12:47ce soir, vous sortiriez avec Rose.
12:49C'est pas vrai.
12:52Voilà.
12:52Je suis prête.
12:53Mon cher Georges.
12:55J'étais vraiment ravie de faire votre connaissance.
12:57Mais moi aussi, Pierre-François.
12:59Moi aussi.
13:00Allez, bonne soirée.
13:01Bonsoir.
13:03Maggie.
13:04J'étais vraiment très heureux de te revoir.
13:07Je suis contente qu'il y en ait au moins un d'heureux.
13:10Bonsoir tout le monde.
13:11Allez, bonne soirée.
13:16Ce type est un danger public.
13:18Pauvre Caro.
13:19Il va la détruire.
13:20Non, mais non.
13:22Caroline est majeure, voyons.
13:24Puis je vois pas ce que tu as contre ce type.
13:26Bon, il écrit des bouquins mauvais, d'accord.
13:29Il est un peu pédant, il est un peu matuvu.
13:31Mais enfin, c'est pour ça qu'il va tuer ta fille.
13:32Mais enfin, tu comprends pas qu'il va s'amuser avec elle un petit peu
13:35puis il va la laisser tomber.
13:36Il change de femme comme de chemise.
13:38Ah bon, en somme, c'est lui qui t'a laissé tomber.
13:41Bah oui, oui, oui.
13:42Mais tu vas voir, il va faire la même chose avec Caro.
13:45Seulement, elle est bien plus fragile que moi.
13:47Bon, voyons, elle est sortie avec toutes qu'une ou deux fois.
13:50Rien ne prouve que ça devienne sérieux, voyons.
13:52Bon, je vais lui en parler ce soir, quand elle rentrera.
13:56Ah, alors si tu tiens absolument à lui en parler ce soir,
14:00tu as intérêt à téléphoner chez lui.
14:12Bonjour Maggie.
14:12Bonjour.
14:15Tu n'étais pas couché cette nuit ?
14:16Si, mais tu as le sommeil si profond que tu ne t'en es même pas rendu compte.
14:19Ah bah alors ta fille est rentrée.
14:21Ouais, à 7 heures du matin.
14:24Bah tu vois, elle n'a pas passé toute la nuit avec lui.
14:27Je t'en prie, hein.
14:29Si elle a passé autant de temps avec lui, c'est qu'elle l'aime.
14:31Et si elle l'aime, elle est fichue.
14:33Tu veux en parler ?
14:34Bah non, comment veux-tu ?
14:35Tout ce que j'ai pu en tirer, c'est maman, lâche-moi les baskets.
14:38Ah bah ça prouve au moins une chose, c'est qu'elle n'a pas perdu la tête.
14:41Pourquoi tu la défends toujours, alors ?
14:43Ah, Maggie, lâche-moi les baskets.
14:45Oh, ma fille.
14:46Oh, téléphone encore.
14:52Ouais, allô ?
14:53Oh, mais c'est encore toi Pierre-François, c'est la troisième fois que tu appelles.
14:58Mais non, elle n'est pas encore réveillée.
15:00Bon, attends, ne quitte pas.
15:02J'y vais.
15:02Non, non, non, non.
15:03Plus il attend, plus il vieillit.
15:05J'arrive.
15:07Caro, ton petit déjeuner est prêt.
15:10Pierre-François au téléphone.
15:17Des fleurs pour Mademoiselle Caroline.
15:19Oh, je le savais, j'en étais sûre, mais quel sale type.
15:22Quoi, vous saviez que j'allais vous amener des fleurs ce matin ?
15:25Non.
15:25Mais je savais autre chose.
15:27Vous saviez quoi ?
15:28Oh, oh, oh, oh.
15:29Mais vous êtes quoi, vous ?
15:30Le fleuriste ou un membre de la famille, hein ?
15:33Tenez.
15:34Merci, au revoir.
15:36Un enfant, c'est tout ?
15:37Vous n'avez raison de ne pas, cette pièce.
15:41Bah moi, je la trouve jolie, hein.
15:42Alors écoutez, à partir du moment où elle vous plaît pas et qu'elle me plaît, bah il vaut mieux
15:48que je la garde.
15:48Allez, au revoir.
15:50C'est ça.
15:52Des fleurs.
15:54Oh, des fleurs.
16:00Allô, Pierre-François.
16:01Non, elle dort toujours.
16:02Hein ?
16:03Non, non, il n'y a pas de poste dans sa chambre.
16:06Bon, bah si tu insistes.
16:08Georges.
16:10Georges.
16:10Quoi ?
16:11Tu sais ce qu'il y a là-dedans, hein ?
16:13Non.
16:13Une rose !
16:16Le premier lendemain, Pierre-François envoie toujours une rose.
16:18Une seule belle rose.
16:20Oh bah non, Maggie, c'est pour Caro.
16:22Et bah alors, c'est pas comme si j'ouvrais son courrier, hein ?
16:25Je le hais, je le hais, je le hais, je le hais.
16:27Mais qu'est-ce qu'il a encore fait, ce pauvre garçon ?
16:2924.
16:30Il lui a envoyé 24 roses.
16:36Pierre-François ?
16:37Oui, alors, écoute, euh...
16:39Tu encombres ma ligne depuis 20 minutes et j'attends un coup de fil très important de... de... de... de...
16:44je ne sais plus qui.
16:45Oui.
16:45Alors, euh...
16:46C'est ça. Bah je lui ferai la commission, hein.
16:48Au revoir, Pierre-François.
16:50Oh...
16:51Oh, il faut que je mette un terme à tout ça.
16:54Bah écoute, Maggie, vas-y si tu veux, mais...
16:57Tu connais ta fille quand tu te mêles de ses affaires, hein ?
16:59Ouais.
17:00Bah justement, ses affaires, je m'en suis pas assez mêlée quand elle sortait avec... avec Jacques.
17:05Et c'est pour ça que ça a fini par un divorce.
17:07Et pourquoi tu t'en es pas mêlée ?
17:08Bah j'aurais pas le temps. J'étais trop occupée par mon divorce.
17:12Bonjour, Moulon.
17:13Bonjour, Caro.
17:16Caro, faut que je te parle.
17:18J'ai pas le temps, faut que j'aille bosser.
17:20Quoi, un samedi ?
17:20J'ai un boulot à finir pour lundi.
17:22Non, alors, Caro, euh... Pierre-François t'a envoyé des fleurs.
17:26J'ai pas le temps, je t'ai dit.
17:29Caro, je te dis que Pierre-François t'a envoyé des fleurs.
17:33Oui, alors ?
17:34Mais enfin, ma chérie, essaie de me comprendre.
17:36C'est mon rôle de t'aider.
17:38Dieu ne peut pas être partout, c'est pour ça qu'il a inventé les mères.
17:41Je sais ce que Pierre-François fait aux femmes.
17:44Alors, écoute-moi. Il faut que tu arrêtes de le voir.
17:47D'accord.
17:49Caro, je... Tu sais, je t'ai dit ça sans mauvaise intention et...
17:53Et je t'ai dit d'accord.
17:56Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
17:59Mais qu'est-ce qu'il t'a fait ? Je vais le tuer, moi !
18:00Mais maman, tout va bien !
18:03Ah ouais.
18:04Ah ouais.
18:04Oui, alors, après l'émission, il t'a emmené chez lui sous prétexte de voir le ciné-club ?
18:10Oui.
18:11Ah oui. Et là, il a ouvert une bouteille de champagne.
18:14Exactement.
18:15C'est ça. Et puis, il a baissé les lumières pour créer un climat romantique.
18:20Oui, sauf que ça n'était pas vraiment romantique. Il m'a appelé Maggie.
18:26Il l'a appelé Maggie ? Oh, oui. Il l'a appelé Maggie.
18:35Qu'est-ce qui se passe, Maggie ? Ça va, ça va bien ?
18:37Oui, oui, oui. Oh, oh, oh. Georges.
18:40Oui.
18:40Caro et Pierre-François, c'est fini. Oh, oh, oh. Oh, tu te rends compte ? Il l'a appelé
18:46Maggie.
18:48Il l'a appelé Maggie. Ça te fait rien. Ben moi, ça ne m'amuse pas du tout, vois-tu.
18:53C'est rien. L'important, c'est que Caro soit sauvé.
18:58Alors, au moment de... Il l'a appelé Maggie ?
19:02Mais je n'ai pas dit que c'était à ce moment-là.
19:04Ah bon ? Oui, alors, il joue aux échecs. À 3 heures du matin, il l'a appelé Maggie.
19:08Oh, écoute, mon chéri. Mais qu'est-ce qui se passe ? Mais tu es jaloux ?
19:11Mais enfin, tu es venu complètement folle.
19:13Mais il est jaloux.
19:13En tout cas, ce Pierre-François, il commence à me...
19:16Oh, le pauvre vieux. Mais il ne se rendait même pas compte que c'était moi qui recherchais à travers...
19:22à travers Caro. Oh, il l'a appelé Maggie.
19:26Oh, ben ça va, ça va, on a compris.
19:28En tout cas, moi, je te donne un conseil.
19:30Ne m'appelle pas Pierre-François.
19:40Maggie, excuse-moi, il faut vraiment que je vois Caroline tout de suite.
19:42Mon pauvre Pierre-François, mon pauvre Pierre-François.
19:45Comment mon pauvre, c'est si grave que ça ?
19:47Il faut que nous parlions tous les deux.
19:49Qu'est-ce que tu veux boire ?
19:51Un café ?
19:53Jus de fruits ?
19:54Aspirine effervescente ?
19:55Un peu de tisane, alors ?
19:56Non, non, écoute, rigole pas avec ça.
19:58Je vais me flinguer si ça continue.
19:59Oh non, tu ne peux pas faire ça à la littérature française.
20:02Oh, dis-donc, mon pauvre Pierre-François, nous avons reçu tes fleurs et nous les adorons.
20:06Si, si, si, vraiment.
20:07Mais il faut que je te dise, Caro ne désire pas te revoir.
20:12Écoute, cinq minutes, cinq toutes petites minutes.
20:15Vraiment, je t'assure, ça peut changer les choses.
20:18Allez, fais ça pour moi.
20:19Bon, écoute, je te promets d'essayer, mais ça m'étonnerait que Caro change d'avis.
20:22Bon, alors voilà, je signe dans trois librairies différentes mes livres cet après-midi.
20:31Je vais te laisser les téléphones.
20:32Oui.
20:33Bon, je pense que ça va s'arranger.
20:35Mais oui, mon petit Pierre-François.
20:36Bon, je m'en vais maintenant.
20:38Oh, Caroline.
20:39Caroline.
20:39T'es là, toi.
20:40Laisse-moi t'expliquer pour hier soir.
20:41Je n'ai aucune envie de parler d'hier soir.
20:43Laisse-moi t'expliquer.
20:45C'est facile à comprendre, je n'ai plus envie de te revoir.
20:48Voilà, c'est facile à comprendre, elle n'a plus envie de te revoir.
20:51Mais laisse-moi t'expliquer pourquoi je t'ai appelé Maggie hier.
20:53On s'en fout.
20:54Et voilà, voilà.
20:55Alors ça, c'est exactement ce qu'aurait dit ta mère.
20:58Et ça explique la situation.
20:59Ça explique vraiment pourquoi, au moment où on se disputait, je t'ai appelé Maggie.
21:02Oui, enfin quoi, c'est un lapsus élémentaire.
21:05C'est de la psychologie élémentaire.
21:07C'est peut-être de la psychologie élémentaire, mais moi, je ne suis pas psychanalyste.
21:10D'ailleurs, je suppose que tu en as déjà un.
21:13Caroline, écoute, me parle pas comme ça.
21:16Ne te bute pas pour une bêtise, quand même.
21:19Enfin, ce qui s'est passé hier soir, je m'en fiche.
21:20J'ai plus envie de te voir un point.
21:21C'est tout.
21:22Alors, quand il l'appelait Maggie, il se disputait ?
21:27Qu'est-ce que tu dis ?
21:28Oh, non, non, rien, ma chérie.
21:31Qu'est-ce que tu crois qu'il se passait ?
21:33Rien.
21:34Tu m'as appelé Maggie.
21:35Rien, rien de spécial.
21:36Non, simplement, je suis surprise que vous vous soyez disputé, quoi.
21:40C'est tout.
21:41Ah, parce que quand il m'a appelé Maggie, tu croyais que ça, c'était la meilleure.
21:45Oh, la meilleure, tu trouves ?
21:47Je trouve qu'il n'y a pas de quoi rire, moi, vraiment.
21:48Ah non, il n'y a pas de quoi rire.
21:49Ah ben, vous êtes bien toutes les deux les mêmes, alors.
21:51Deux tigresses, systématiquement.
21:53C'est d'ailleurs pour ça qu'on s'est quittés, ta mère et moi.
21:55Qu'on s'est quittés ?
21:56Que tu t'es sauvé à quatre pattes, oui.
21:57Ah ben, heureusement, je conseille à tout homme normalement constitué d'en faire autant.
22:01Enfin, tu vas pas faire ça pour une chose qui s'est passée il y a dix ans avec ta
22:05mère, quand même.
22:06Mais ça n'a rien à voir.
22:08Comment ?
22:08Je m'en fiche, c'est simplement que...
22:11C'est trop...
22:13Trop quoi ? Cultivé ? Trop célèbre ?
22:16Mais alors, qu'est-ce qui se passe, bon sang ?
22:18Il se passe que tu aurais dû attendre que je sois partie pour écouter ton répondeur.
22:23Ça m'aurait évité d'apprendre ce que tu caches comme une maladie honteuse.
22:26Hein ?
22:26À savoir que tu as une femme qui s'ennuie à Oulgat, un fils qui a eu un accident de
22:30moto
22:31et une fille qui profite de ton absence pour entrer à quatre heures du matin.
22:34Ainsi que des coups de fil de Berthe Françoise, Gertrude, etc.
22:38J'en passe et des meilleurs.
22:39Bon, mais ça, c'est pas ma faute.
22:40Alors maintenant, mon cher Pierre-François, si tu veux me faire excessivement plaisir...
22:46Tu sors.
22:49Tu sors.
22:51Mais...
22:52Mais je suis viré, moi ?
22:54Mais oui, toi.
22:55Toi, tu es viré, Pierre-François.
22:57Je comprends.
22:58Je comprends que...
22:59que tu sois atteint dans ta fierté.
23:01Mais enfin, ne prends pas ça pour une attaque personnelle.
23:03Ah bon ?
23:04Non, non, tiens, réflexion faite.
23:06Tu peux prendre ça pour une attaque personnelle.
23:07Ah bon ?
23:15Bon.
23:17Bon.
23:21Voilà une bonne chose de faite.
23:23Je pense que si tu m'avais pas ouvert les yeux, je serais encore à baie d'admiration.
23:27Oh non.
23:27C'est imbécile.
23:28Oh non, ma chérie.
23:29Non, ça, j'y suis pour rien.
23:30C'est toi qui as été plus lucide que moi.
23:32Pour que je cesse de baie d'admiration, moi, il a fallu qu'il sauve.
23:36Alors ?
23:36Ah !
23:38Agui, euh...
23:41Excuse-moi pour tout à l'heure.
23:43Oh.
23:44J'ai été bêtement jaloux.
23:45Mais non, mon chéri, mais non, ne t'excuse pas, mon chéri, mais tu avais raison.
23:50Mais oui, quoi, après tout, il a appelé Caro Magui, hein ? Mais quand même.
23:55Oh, oui.
23:56Qu'est-ce que ça peut faire, hein ?
23:57Oh, quand même.
23:57Allez, je t'embrasse parce que je file Pierre Matan pour le tennis.
24:03Mais dis-donc, toi, mais pourquoi t'as pas dit à Georges que c'était pendant qu'on se disputait
24:08que Pierre-François m'a appelé Magui ?
24:09Mais pour lui, ma chérie, pour lui, pour Georges, tu comprends, tous les couples ont besoin
24:16d'un peu de mystère.
24:19Elle boit souvent rouge, avec elle sa bouche, Magui soleil ou bien Magui larme.
24:26On est sous le charme quand son cœur s'enflamme.
24:29Elle joue toute la gamme.
24:32Au Magui, elle fait sa météo.
24:35Chez elle, il fait toujours beau.
24:38En roque de soir en pyjama, elle est la même.
24:42Elle change de crème, elle change d'extrême, mais elle change pas.
24:46Magui le jour, Magui la nuit, c'est un poète.
24:51Un peu beaucoup à la folie, c'est elle qu'on aime.
24:58Magui, Magui, Magui, voilà Magui.
25:04Elle crée, mais c'est toujours tendresse.
25:07Elle rêve, et c'est jamais tristesse.
25:09Elle rêve, toujours à toute vitesse.
25:11Sous-titrage Société Radio-Canada
25:14Sous-titrage Société Radio-Canada